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 Esprit, es-tu là ? [Privé - Ruby]

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Tyrol
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MessageJeu 14 Juil 2011 - 22:14

Il est de ces jours où l'on apprécie l'ironie du destin... Cette ironie qui fait que la journée sera forcément bonne quoiqu'il advienne. A l'évidence, toutes les journées étaient plus ou moins bonnes pour Tyrol, mais il y avait parfois des petits plus qui les rendaient absolument ensoleillées et ce malgré toute la pluie qu'il pouvait bien tomber ; En effet, l'automne était arrivé et avec lui la pluie, tiède et langoureuse. Quelques feuillus précoces avaient commencé à roussir et à perdre leurs feuilles. Bien que l'elfe aux yeux d'absinthe préférât l'été, il trouvait le début de l'automne propice au calme, agréable à admirer. Et c'était dans ce calme pluvieux qu'il se rendait à un rendez-vous aux ruines de l'antique Cité de Dyferon. Un des lieux les plus mystérieux et les plus indomptables de l'île dans lequel il passait toutefois peu de temps par manque d'intérêt. Toute son imagination étant portée sur la mer et l'îlot qui gravirait chaotiquement au-delà et où il avait mené Lysias il y avait un mois tout juste, il ne passait du temps dans les autres endroits de l'île qu'afin d'y jouer ce rôle qui lui plaisait tant : Celui de magnétiseur. Alors pourquoi ne pas s'y adonner plus souvent si ce rôle lui seyait à ce point ? Oh… Sans doute parce que l'île commençait à s'habituer sa Magie à lui, et à celle des autre élémentalistes par extension. Il y avait toujours un besoin, constant et obligatoire, répétitif, de revenir communier avec les pouvoirs de l'île, mais seuls certains lieux posaient de réels "problèmes" de discipline. Les Ruines faisaient partie de ceux-là.

Évidemment, comme cela était difficile et épuisant, Tyrol aimait moins venir en ces lieux, leur préférant d'autres, plus dociles, avec lesquels il aimait communier durant des heures, Magie contre Magie, occupés à s'imprégner mutuellement, se reconnaître… Et une fois la reconnaissance faite, il n'avait plus qu'à marcher la main tendue afin d'étendre le lien, son empreinte, et à s'assurer de sa stabilité. Ses dons d'Aéromancien le lui permettaient, il aimait cela et ne s'en privait pas. Et, de plus, cette île paraissait apprécier ce don en particulier. De là venait sans doute aucun son éternelle sensation de bien-être et cet indéfectible sentiment d'être chez soi.

Il aurait dû retourner aux Ruines dans quelques jours d'après ses estimations, mais il avait été appelé avant par une dénommée Ruby. S'il la connaissait ? Un peu. Comme l'on connaît quelqu'un dont on entend parler tous les jours. Elle avait été professeure un temps en même temps que lui, puis Directrice, et était aujourd'hui celle que certains nommaient la Matriarche. Et de la même façon qu'il s'était trouvé être professeur avant la chute de la Cité, Tyrol se trouvait aujourd'hui être de ceux que l'on appelait les Dresseurs de Nuages. Il n'aimait pas cette appellation : Trop longue, trop abstraite... Drôle, néanmoins, car prise au sens littéral, la scène était fort cocasse. De fait, il demeurait rattaché à cette femme par des postes proches, similaires dans le temps et l'espace. Là où agissait donc l'ironie, c'était dans le fait qu'ils ne se soient jamais côtoyés malgré cela, malgré leur implication respective : C'était à peine s'ils s'étaient entr'aperçus un jour, et encore moins adressé directement la parole. Même Eal l'avait approchée de plus près que lui pour des raisons qu'il n'avait fichtrement pas cherché à connaître et que de toute façon l'oréade n'avait pas voulu divulguer. Secret de Polichinelle entre eux quant à ces raisons, mais un secret bien gardé car sans conséquences. Il s'était appuyé sur ce qu'il avait su de cette Ruby afin d'approcher Logan lors de leur première rencontre puisqu'elles appartenaient toute deux à la même race : Celle des Cristalléens. Hélas, les deux femmes s'étant révélées fort différentes, la comparaison s'était posée là. L'elfe avait finalement improvisé sans se tenir au peu de souvenirs qu'il avait pu avoir de cette dame.

A ce jour, il connaissait son physique, son nom et son rôle. Voilà tout ce qu'il savait, ce qui était ce dont il se contentait grandement, tout sourire qu'il était, comme à l'accoutumée.

Il allait donc la retrouver dans le dédale magique des Ruines, là où les énergies se court-circuitaient sans cesse et où de nombreuses choses inexpliquées agissaient encore, sous terre, dans la pierre, le bois et le verre. Là où la Magie courait et grondait, couvant sous les braises comme un feu feignant d'être éteint… Dans le message qu'on lui avait transmis, il était question de bruits. Oh, ça, des bruits, il y en avait en ce lieu, oui ! L'elfe était parfois parvenu à les calmer en apposant sa marque d'Aera par-dessus les pouvoirs enfouis dans la matière, mais cela ne durait jamais plus de quelques jours. Inévitablement, il faudrait aller plus loin ; Il n'aurait cependant jamais imaginé être appelé pour le faire. Jusqu'ici, depuis qu'il s'était proposé afin de mettre son don au service des rescapés de la Cité tombée, il n'avait jamais reçu de directives précises. Par ailleurs, il n'avait jamais rencontré personnellement les autres "Dresseurs de Nuages". Indépendant et volatil comme son élément, l'elfe était partout sans y être et sans jamais trop y rester ! Dans l'aide qu'il apportait quotidiennement avec discrétion et bonne humeur, il n'était pas inattentif à ce qui se disait, ce qui faisait qu'il restait toujours connecté au monde des réfugiés, à leurs on-dit, aux rumeurs et aux décisions prises pour eux ; Il ne s'estimait que très peu concerné, mais s'il y avait eu un réel et grave problème, il ne doutait pas qu'il fût demandé aussitôt avec les autres Dresseurs pour trouver une solution.

Le fait est que lorsqu'il arriva face à la silhouette blanche et froide de Ruby, il était seul. La main caressant brièvement un pan de mur écroulé, Tyrol avait fait tout le chemin à pieds en jouant de son don pour vérifier l'état de la Magie du lieu. Ne pouvant compter sur Tranlthanas désormais occupé à pouponner, l'elfe faiblard se servait d'une espèce de bâton venteux comme aide afin de se tenir debout, un bâton fait de magie si concentrée qu'elle en était parfaitement tangible bien qu'à peine visible. Des courants l'agitaient tranquillement à intervalles aléatoires. L'elfe leva les yeux vers les vestiges qui les entouraient ici précisément, plissant les yeux avec une curiosité non dissimulée et toujours renouvelée. La pluie glissait sur sa peau pâle, ses cheveux blancs et ses vêtements clairs sans le mouiller, aspirée par son bouclier naturel chaud et parfumé. Malgré le temps humide et couvert – qu'il aimait beaucoup, ceci dit -, Tyrol respirait le soleil, la chaleur, la bonne humeur et la sérénité. Contradictoire. Une véritable aura de folie douce qu'il confirma par ce salut détaché et à la fois très cordial :

"La bonne rencontre ! Je suis Tyrol, et je tiens à vous préciser que je suis d'excellente humeur. Concernant les bruits, ils se sont visiblement réveillés beaucoup plus tôt que prévu, je les ai perçus sur le chemin… Il ne semble pas y avoir de désordre magique sur la voie que j'ai emprunté, donc, pas d'épicentre de ce côté. Avez-vous pu localiser le dérangement ?"

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"Combattre une armée d'archers, c'est comme lancer une
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Ruby
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MessageLun 17 Oct 2011 - 13:47

Les pieds au bord du vide, c'est ainsi qu'il la trouva en arrivant. Son salut lui fit tourner la tête et la Dame posa alors les yeux sur un être à la fois similaire et très différent d'elle : pâle, cheveux clair, mais il possédait en dedans une lumière qui pétillait par ses grands yeux verts, avec la chaleur du soleil comme promesse à sa bouche. Il était fait de printemps mourant vers l'été là où elle-même chantait à l'Hiver aussi, en écho et malgré elle, la Matriarche ne put que lui sourire en retour, contaminée par sa bonne humeur et sa joie irradiante.

« Bonjour Maître Aera. Je pense avoir trouvé quelque chose d'intéressant ! » lui répondit-elle d'une voix de cailloux et de ronces, en désignant du menton le trou devant elle : un édifice entier s'était effondré sur lui-même, château de carte misérable provoquant sous lui un gouffre. Mais de cela, la Matriarche n'avait entendu nul écho et vit nul nuage de poussières s'élever vers les cieux. Et, plus intéressant encore, de cette faille vibrait régulièrement une note claire de magie aera que la Dame ne comprenait pas.

« Préparez-vous, il va y avoir un autre écho » prévint Ruby à l'intention de Tyrol. Elle recula d'un pas et se boucha les oreilles bien que le 'bruit' ne fut pas à proprement parler un son mais une vibration, une vague d'énergie pure diffusée violemment par le gouffre. Le silence se fit soudain, et l'air sembla se figer, comme se concentrant sur lui-même, avant de se déployer avec une force prodigieuse, qui bloqua la respiration de la Matriarche de sa gorge et lui laissa les oreilles bourdonnantes.

Il existe deux sortes de gens : ceux qui vivent sans ressentir les changements du monde et sont surpris lorsqu'ils doivent en payer le prix, et ceux qui ont parfaitement compris leur nature et sont parvenu à l'accorder à la lente valse de l'univers, qui sentent au fond d'eux la musique harmonieuse des planètes et vivent profondément les plus subtiles modifications ces strates.

Ruby – et fort probablement le maître Aera – était de cette sorte : ils n'avaient qu'à fermer les yeux pour sentir vibrer autour d'eux une trame que du bout des doigts ils pouvaient modifier. Aussi, devant le gouffre, face à la vague, derrière le bruit, la Dame percevait comme une brisure et souligna, même si c'était une évidence :
« Je pense qu'un fil de la trame est cassé. L'Île est altérée. Pouvez-vous corriger ça ? »

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Tyrol
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MessageSam 12 Mai 2012 - 21:59

[ \o/ \o_ \o/ _o/ \o/]

En effet, ils étaient semblables. Deux êtres pâles, lumières de Lune et de Soleil. Qui avaient mené des vies quasi-similaires par des voies différentes, côte à côte mais sans jamais se voir. Tyrol pressentit comme de la nostalgie le prendre au cœur, voyant en cette femme qu'il n'avait jamais connu l'Elament qu'il avait aimé il y avait de cela près de trente années elfiques. Trois simples années humanoïdes, un goût d'hier pour les autres ; Un goût d'autrefois pour lui. Quand la ville et son école dorées s'étendait encore debout, lumineuse et fière autour de ses rues pavées. Son innocence d'elfe était tombée bien avant la bataille que la Cité avait menée tandis qu'il la fuyait en croyant de plus rien avoir à trouver sur ces terres, sur lequelles il avait pourtant tout appris. Elles lui avaient tout apporté et il y était revenu avec l'espoir de leur rendre la pareille... Mais à présent, ces terres étaient noircies et désolées, stériles, tenues dans la main des démons. La Dame qui se tenait, droite et froide, devant lui, était l'incarnation de son devoir envers Elament. Et la voir lui rendre son sourire ne put qu'amplifier celui qu'il lui avait adressé en premier, avivant un peu plus ses souvenirs et sa volonté d'apporter sa pierre à l'édifice.

L'elfe blanc ne doutait pas une seconde que ce que Ruby avait trouvé fût intéressant ; Dans ces ruines, tout était intéressant et tout était à découvrir. Suivant son geste, il regarda dans le gouffre de pierres en quinconce qu'il n'avait jamais vu ici et qui paraissait être le résultat d'un effondrement dû au temps et à l'usure. Un effondrement récent puisque les pierres avaient laissé des traces fraîches sur le sol tout autour et que certaines d'entre elles, dans la cavalcade, avaient ravivé la lumière émanant de leurs inscriptions runiques, restes faibles d'une magie à la puissance jadis sans égal. La Matriarche recula et se boucha les oreilles ; Tyrol, dans l'interrogation de sa première expérience sur les lieux, se rapprocha au contraire et se pencha quelque peu.

Oh, il la sentit, cette note ! À la fois comme une vague venant s'écraser sur eux et comme un son venant siffler à leurs oreilles ; Une note, certes, mais faussée. Une note qui le submergea un bref instant, lui coupant le souffle et lui serrant le cœur dans un étau d'une puissance terrifiante. Surpris, l'elfe ferma les yeux et demeura en apnée quelques secondes encore après le passage de la vague d'énergie dont l'onde de choc n'était allée guère plus loin que leur présence au bord du gouffre. Mais sous ses pieds, le flux grisé, se retirait comme l'onde salée et l'écume retournent à la mer, glissant lentement sur le sol pour retourner se fondre dans le néant. Grisé...

"Un fil... Plus qu'un fil, un flot de magie intarissable qui continue de s'échapper d'une fiole brisée que l'on aurait laissée sur place après une expérience désastreuse. La difficulté que les Dresseurs de Nuages ont à se relayer sur ces ruines devait venir d'un seul endroit, il s'est finalement dévoilé de lui-même."

Le bâtiment pouvait être remercié de s'être effondré seul et d'avoir ainsi découvert la plaie béante de son flanc d'où pulsait la vibration magique. Lançant un dernier regard sur les pierres brisées entassées en un monticule disparate et informe, Tyrol recula de trois pas et lâcha son bâton dont la magie s'écroula aussitôt, se dispersant et faisant disparaître l'objet. Le vent qui le composait retourna à l'elfe qui étendit les bras devant lui et commença à incanter à vois basse dans sa langue natale, quelques mots répétés en boucle tandis que son Vent abandonnait sa place de bouclier anti-pluie pour suivre le chemin de la vague disparue, fouinant dans les Ténèbres à sa recherche. Tyrol apprécia guère de sentir les gouttes de pluie lui chatouiller le nez, mais il tint bon jusqu'au retour de la vibration qui pulsa à nouveau avec la même force... Et la même brièveté. Son Vent fut rejeté avec elle, il serra les poings pour s'emparer du flux et le ramener à lui mais la vague glissa entre ses doigts comme l'eau et le sable le feraient. Malgré l'aide de ses fées, le peu de magie qu'il était parvenu à retenir s'évapora sitôt sa main rouverte, comme un gaz volatil et imprenable.

Son bouclier se reforma alors qu'il observait la main qui tenait quelque seconde plus tôt quelques fragments de magie pure agroupés autour d'un mince filet de magie aéromancienne. Un soupir amusé s'échappa de ses lèvres étirées en un sourire en coin.

"Les vagues sont trop brèves pour pouvoir les attraper d'ici. Elles sont puissantes et à la fois très fines, elles résistent à ma prise. La distance m'est un obstacle. Pour corriger cela, il faudrait trouver le moyen de descendre à la source..."

Le bâton venteux se matérialisa à nouveau à son côté et l'elfe aux yeux d'absinthe s'en saisit à nouveau, s'en aidant pour se remettre en marche. Souriant au passage à la Cristalléenne qui devait attendre son diagnostic, il passa derrière elle, la contourna et entreprit de se rapprocher du tas de pierres écroulées par le côté. La faible lumière qui provenait des quelques pierres encore imprégnées de magie semblait s'éteindre petit à petit, chaque pierre perdant son éclat à tour de rôle comme les étoiles s'éteignent l'aube venue. Passant sa main sur l'une d'elle, Tyrol sentit une dernière vibration, similaire à celle qui s'échappait du gouffre, traverser les couches de minéraux basaltiques.

"Le contact de l'air libre a l'air d'affaiblir la vibration à long terme. Ce bâtiment s'est effondré il y a plus de deux jours. La source doit être profondément enfouie, et protégée de l'Air extérieur. Et s'il y avait un accès dans la bâtiment, il doit être condamné à cause de l'effondrement. Râh..."

Une sorte de grommellement sortit de la bouche de l'elfe, le faisant ressembler, lui et son bâton, à un vieux papy radoteur dont le physique se serait arrêté entre l'adolescence et l'âge adulte. Un grommellement sans vulgarité cependant, peu convaincu de lui-même et... Peu convaincant ! Un radotage plus pour la forme que pour le fond, en somme. Après avoir regardé la Dame Blanche d'un petit regard inquisiteur et amusé, il revint vers elle avec bonhommie, sans se hâter et, tendant une main invitante vers le gouffre, lui dit en souriant :

"Auriez-vous de quoi nous faire descendre ? Je ne me risquerais pas à la lévitation sur nos deux corps à moins que vous ne soyiez pressée de vérifier la puissance de l'attraction terrestre et d'arriver en bas en plusieurs morceaux !"

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