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 La nuit a de nombreuses facettes - [Tyrol]

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Senector
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MessageMer 6 Aoû 2014 - 21:47




Il était temps, l’heure avait sonnée.
Le pas se voulait lent et marqué.

Une nuit calme comme jamais auparavant. Tout juste le froissement des ailes d’un oiseau nocturne de passage. On pouvait entendre le chant de la lune, les échos des branches cassées au loin. La nuit, tout était amplifié. Cette nuit, la bête quitta son sanctuaire. Il lui fallait à tout prix sonder les lieux. C’est à pas de loup, qu’il se faufila entre les derniers arbres de la forêt Dark. Dans ses yeux se reflétait la lune incomplète. Une nuit parfaite. Il en savait trop… beaucoup trop pour se complaire dans son trou. Il fallait voir… il devait savoir si toutes ces choses étaient réellement véridiques.

La forêt derrière, le loup était en chemin. Sans vraiment le vouloir, il se dirigeait vers l'arène. Ce serait finalement, un coin agréable pour savoir… pour voir. La nuit se balançait dans son drap d’ébène tandis qu’un petit vent glissait sur l’herbe de la plaine. l'Arène n’était plus bien loin. Senector huma l’air avec délice. Il trainait sous son corps, cette pauvre flasque noirâtre… une vie de malheurs et de malédictions. La rage au bout des griffes.

Arrivé à l'arène, le loup galopa jusqu’au centre, faisant derrière lui, une petite vague de sable fin. Il était si doux. Puis il gratta dans ce sable, lent à se pressé, mais pressé de ralentir… le paradoxe. Voulait-il vraiment constater cette terrible chose ? L'animal tourna en rond, décrivant à force, un cercle dans le sable. *Oui... non... dans un petit moment, ça peut attendre...* Puis il regarda ses griffes dans le sable. Fallait qu'il en soit sûr. Ses pas le dirigèrent en dehors de l'arène, l'herbe fraiche sous son corps l’apaisait.

Il fit plusieurs mètres, s'éloignant de l'Arène puis essaya alors de se sortir de son ombre… de sa flaque… mais mis à part des remous un peu plus fort, il ne constata rien. Rien de bon. Alors il changea de test. Après-tout, il devait juste ne pas avoir de chance. Il forma devant lui, un bras d’ombres, qui se voulait être grand, fort… imposant ! Mais ce qu’il créa était d’un ridicule affligeant. Une larve… un petit serpent, tentacule… un truc petit qui ouvrit une petite bouche avec une dentition pointue mais qui perdait tout son sens. Rien à voir avec l’idée qu’il comptait modeler. Navrant. C’était donc vrai… la magie ici, n’était plus ce qu’elle était. La bête s’affala de tout son poids dans l'herbe, soufflant de désespoir, les babines collées contre la terre. Il devait de toute évidence, faire passer ce message, celui qu'il avait reçus lors de sa confrontation avec la grande Dame… il devait retrouver Ottö, bon toutou, bon messager qui lui sera fidèle il le savait.

Dans sa tête, les plans qu’il avait déjà imaginés s’élargissaient. Il y avait encore tant de choses à faire. Ses griffes pianotaient entre les brindilles, laissant passer un petit scarabée bleu par respect envers l’insecte. Il était toujours persuadé que plus on était petit et caché du monde, plus on avait de chance de gagner tous les combats. Car lorsqu’on est insignifiant, on a tout le temps et le loisir d’échafauder un plan. Malheureusement, Senector qui pouvait se montrer loin du monde, dans sa bulle, savait qu’il n’était plus cet insecte. Et ça lui poserait des problèmes, d’être dans la ligne de mire. Il huma l’air avant un long bâillement, mais s’arrêta net. En deux temps trois mouvements le voilà déjà dressé sur ses quatre membres. Il venait de flairer quelque chose… ça lui rappelait… quoi déjà ? Non… QUI ? Oui… cette petite touche légèrement prononcée de ténèbres. Cette odeur était une signature. Il ne pouvait pas passer à côté. Que faisait-elle là ? Elle avait donc tenu le choc, passé le génocide ?! Quelle petite courageuse tout de même. Elle avait cette odeur ténébreuse particulière. Une touche d’incertitude mêlée à une volonté de fer. Oui c’était elle ! Senector se réjouissait déjà, ses plans prenaient un sentier qui lui semblait parfait. Il se tourna imaginant la voir arriver, peut-être ne faisait-elle que passer dans le coin... ?

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Tyrol
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MessageMar 12 Aoû 2014 - 14:44


Cette tâche était beaucoup trop difficile. Tyrol s'était entêté, en vain. Bientôt, il devrait cesser ses recherches seul sur le terrain ou bien la Mort viendrait le faucher plus tôt que souhaité.

Pourquoi seul, et pourquoi la nuit. Ah, ça... Seul, car il avait rarement l'occasion de l'être depuis quelques temps ; Et lorsqu'il l'était, son esprit ne se reposait guère, travaillant sans relâche, réfléchissant constamment à tout à la fois... Et la nuit, car, eh bien, c'était le seul moment où il pouvait être réellement seul et reposé. Il dédiait certaines nuits, au moins une par mois, à sa recherche d'indices concernant l'origine, les effets et un éventuel remède au Miasme.

Le Miasme. Un mot facilement sur toutes les bouches, mais une idée jamais précisément claire dans toutes les têtes.

L'elfe blanc avait tenté d'utiliser à nouveaux l'étendue de ses pouvoirs afin d'agir sur le Miasme comme il avait agi sur l'énergie de l'Île de Dyféron... À l'époque où les Dresseurs et Dresseuses de Nuages comme lui arpentaient monts, forêts et falaises afin de dompter ce flux instable qui provoquait déséquilibres et désagréments au seins d'une population Élémentaliste nouvellement installée. Rejetant l'intrusion, l'Île avait tenté de s'en défendre. Tyrol avait été là pour faire le lien entre les deux parties, pour les comprendre et les faire communier ensemble, se servant de son corps d'Aera comme d'un vecteur. Il avait été un messager de la Magie, diplomate énergétique quelques temps : Le temps d'apprécier cette Île et de la considérer comme une nouvelle maison où être heureux et développer ses projets, vivre de ses rêves étaient des choses qui lui étaient apparues accessibles, possibles.

Puis un tourbillon d'évènements avait tout emporté. Mais le Solan n'était point malheureux pour lui.

Il errait parfois autour d'Elament, mince silhouette blanche et verte appuyée sur son bâton lumineux. Avait-il un problème avec la discrétion ? Certes. Cela ne faisait que trahir toute la confiance en lui et en son pouvoir qu'il avait acquis jusque là... Et il marchait, inlassablement, protégé du Miasme par son Vent Unique qui courait tout autour de lui, à ras de la peau, l'enfermant dans son hermétique protection. Et l'elfe tentait de magnétiser certains lieux. Le Cairn, les arbres, le sol, les pierres... Il sondait l'Air mais n'y voyait que les couleurs ternes d'une vie en noir et blanc que les rubans n'animaient même plus. Il ne comprenait pas comment toute Magie pouvait mourir sous sa coupe. Sa protection, par ailleurs, ne durait jamais très longtemps. Une heure, tout au plus, peut-être moins... Sa communion énergétique, bien que de bonne volonté, se heurtait toujours à un silence, une apathie complète... À une sorte de Mort latente. Et il n'en apprenait pas plus. Sa Magie était aspirée, soutirée. Elle s'évaporait dans un vide absolu quelque soit le temps et la saison, peu importe ce qu'il avait mangé à midi ou lu la veille au soir.

Il avait chaud. Ses rubans tenaient le coup, tout son Vent faisait front pour l'aider à accomplir sa tâche insensée. Il lui en demandait trop. Un jour, il le paierait. Mais pas aujourd'hui. Pas ce soir ; Ce soir, il avait juste besoin de repos.

Tyrol prit la direction de l'Arène. Il lui arrivait parfois de s'aventurer sur le sable fin, sous les hautes colonnes. La région était si déserte que même les Démons et les Démones étaient rares. Mais pas aujourd'hui. Pas ce soir ; Ce soir, il y avait une ombre qui l'attendait devant le bâtiment.

Ses yeux pâles n'avaient pas vu le Loup aux allures torturées qui se tenait, comme assoupi, non loin de l'entrée. Une bête énorme qu'il n'était pas sûr d'identifier à la lumière de la Lune. Tout pris que son pouvoir était, à le protéger complètement des effets du Miasme, tous ses autres sorts devenus permanents et si faciles à lancer, comme la détection d'aura et de Magie, étaient inactifs. Et sa tête, toute pris qu'elle était à vagabonder constamment entre ce qu'il avait fait et ce qu'il avait à faire, se trouva bien confuse devant cette vision qui lui semblait dater d'une autre époque. Comme s'il avait déjà vécu cet instant. Mais ce n'était pas lui ; Ou bien ce n'était pas ici...

Il soupira douloureusement, contrarié dans son plan de rejoindre l'Arène pour quelques minutes supplémentaires. Son bâton planté aussi solidement qu'il le pouvait à son côté, l'elfe blanc s'appuya lourdement dessus afin de soulager son dos le temps de réfléchir à la situation. Tout ce qu'il éprouvait en cet instant était l'embêtement de ne point pouvoir gagner son lieu de halte de façon aussi rapide qu'à l'accoutumée. Son regard d'absinthe se porta sur le bâtiment, puis revint sur celui, jaune, de la bête qui était désormais face à lui. Et qui l'avait déjà vu. Ressenti qui se concrétisa par un léger, presque étonné mais fort peu effrayé :

"Ah... Zut."

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MessageMar 12 Aoû 2014 - 17:48

Non

Non, ce n’était pas elle. Au lieu de voir ici, ce petit bout de femme au visage marqué par la douleur, ses yeux lui montrèrent quelqu’un d’autre. Quelqu’un de différent. La finesse incarnée dans une conscience. Un visage frisant la sagesse et la douceur. Des vêtements soignés, d’un vert que Sappho ne portera jamais.

Non

Ce ne sera pas ici, pas cette nuit pour lui non plus. Des espoirs rangés de côté. Au chaud et à l’abri des regards et des oreilles. Ici, se tenait un visage d’homme, mais aux traits perdus entre deux opposés, une touche de féminité décorée d’un voile blanc. Il se tenait là, non loin, son poids apaisé par un bâton.

Non

Il était encore fatigué, pas envie de se battre ce soir. Les forces devaient être intelligemment préservées. Que faisait cet homme, seul ici, la nuit ? N’avait-il pas été attaqué par une vague de folie ? Car il était bien imprudent de se balader ainsi… mais la question qui le titillait surtout, était plus intrigante. Pourquoi lui ? Ce devait-être elle, avec cette odeur, ce petit quelque chose qui n’appartient qu’à elle.

Un coup de vent, un peu de poussière, deux trois feuilles mortes égarées et des insectes sous terre. La bête pencha la tête lentement d’un côté, puis de l’autre tel un balancier. Un brave toutou intrigué. Ses oreilles pointées en avant sur l’individu. Il laissa s’échapper un fin ronflement muet, un souffle qui sortait du fond de ses poumons. Calme. Sa posture n’avait rien de celle qu’il adoptait en situation critique, bien loin de se comporter avec lui, comme il le fit avec la visite de Dame Ruby sur son territoire. Ici, il n’était pas chez lui. Ici, l’ambiance légèrement lourde n’était qu’un point d’interrogation posé entre deux êtres. Un vol d’identité… qu’était devenu Sappho ?  Alors il s’approcha silencieusement de lui, la peau roulant sur ses os et ses muscles. Une pauvre peau recousue çà et là.
Qu’elle vienne en enfer, Gaïa et ses abominables idées de création ratées. Puis il se décida à poser ses mots.

Il y a des mots…

Des mots qui se disent tout haut, d’autres qui se murmurent. Il y a les mots de tous les jours et ceux d’exception. Il y a les mots durs et les mots doux, les mots fous et les mots sourds. Il y les mots qui se disent et d’autres qui ne se disent pas, ceux qu’on garde et ceux qu’on donne. Il y a les mots qu’on jette, ceux qui agressent et ceux qui rassurent. On trouve des mots inventés et d’autres encore incertains. Il y a des mots ronds et les mots anguleux. Mais de tous ces mots, Senector en gardait tout un tas au creux de son cœur. Après un léger « Ah... Zut » de l’inconnu, la bête ajouta les siens. Se fichant pas mal de soigner les détails pour se faire comprendre, il les donnerait, si besoin est… plus tard. Et il passa par ailleurs, les politesses. Droit au but, sa langue n’était pas et ne sera jamais dans sa poche.


"Vous portez le masque de quelqu’un d’autre, veuillez-vous présenter"

Immobile, là, à attendre. Deux billes d’un bleu lunaire, de glace, perçant le regard de l’inconnu. Il essayait de sonder l’esprit… il y avait une faille, mais le savoir était une chose, l’exploiter relevait d’un exercice compliqué et long. Il l’était d’autant plus qu’une barrière devait être à franchir, deux même… un véritable bouclier entourait cet homme mais pas que. Le Miasme. Cette chose sans formes, et pourtant avec toutes les formes à la fois, cette vague aux flux incertains, en déséquilibre constant. On ne pouvait si fier. Il dictait ses règles changeantes en chaque instant, si bien que la magie devenait un piège. Aucun contrôle total n’était possible. Il ne fallait pas compter sur son don. Mais sur qui, quoi pouvons-nous compter à présent, quand l’horizon devient trop flou pour le comprendre ?


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MessageJeu 14 Aoû 2014 - 15:40

"Un masque ?..."

Voilà qui était une entrée en matière originale. Voyons... Non, il n'avait pu dissimuler ni son empreinte magique, ni son aura ; Cela lui aurait très certainement coûté la vie. Il ne les avait pas non plus remplacées par de quelconques subterfuges destinés à tromper d'éventuel•les ennemi•es ; Le résultat aurait été le même. L'elfe blanc chercha à comprendre cette énigme qu'on lui posait bien trop vite, sans même suspecter quelque ruse que ce soit - et qu'il n'aurait de toute évidence pas plus craint qu'autre chose.

La créature approchait de son pas à la fois lourd et feutré, dévoilant entre ombre et lumière les grossières coutures de son pelage. Étrange... Sa taille et son apparence laissaient tout présager d'une origine Drewoor, mais l'animal était seul. Où était donc sa moitié ? Était-elle embusquée ? Disparue ? Était-ce d'ailleurs possible pour ces êtres de vivre séparés, même de peu ? Tandis qu'il se posait ces questions, il demeura fasciné par cette allure massive, recousue et silencieuse qui s'approchait en le fixant. Il n'était point effrayé. Les Démon•es l'effrayaient à l'époque, lorsqu'il ne savait rien faire de son don, de ses dix doigts et de sa vie ; Depuis, leur nature était devenue un élément courant avec lequel il fallait composer. Chacun et chacune ici-bas possédait ses propres démons, comme le disait l'expression : Et parfois, certains, en faisant surface, détruisaient tout sur leur passage.

Le corps gracile ploya gracieusement, toujours appuyé d'une main sur le bâton vibrant d'énergie, afin de ne point regarder de haut le Loup qui s'approchait.

"Mon nom est Tyrol. Je ne sais quoi vous dire d'autre, d'autant que j'ignore le protocole à appliquer dans ce genre de rencontres."

Oh, oui, c'est vrai ; Le masque. Fallait-il lui demander d'être plus spécifique ? Allons, Tyrol était bien capable de réfléchir malgré la fatigue. Alors il chercha, tendant sa main libre devant lui en attendant afin d'encourager son interlocuteur à le renifler plus avant si cela lui était nécessaire. La créature aurait beau sonder son âme toute entière de son regard lunaire, cette dernière était toute dévouée à la tâche de trouver une explication, et à rien d'autre en cet instant. De la rêverie habituelle, flânant d'une pensée à l'autre comme le Vent caresse les brins d'herbe et les grains de sable un à un, son esprit passa à la concentration la plus absolue. Dans ses yeux de jade délavé, il n'y avait ni peur, ni méfiance, pas plus que de haine ou de malice ; Ne transparaissait que le désir de répondre et de communiquer, simplement, comme toujours.

Une fois les pensées bien assemblées dans un commun effort, la réflexion ne mit guère de temps à se faire et à ramener au Solan quelque chose qu'il avait gardé pour lui non pas en souhaitant à tout prix le dissimuler, mais bien parce que cela aussi avait fini par faire partie de lui et de sa vie, un élément avec lequel il composait. Il l'avait conservé au creux de son corps comme l'on range un souvenir, en sachant qu'il pourra servir un peu plus tard. Un souvenir qu'il parvint à matérialiser bientôt dans la paume de sa main : Une boule noire, minuscule. Insignifiante pour qui n'est point habitué à ressentir les vibrations démoniaques, mais que le grand Loup avait senti sans même s'y donner du mal.

Elle vibrait, énergique comme au premier jour. D'une furieuse envie de vivre, mais de vivre de ressentiment. Une haine qui avait marqué la peau d'un certain Lysias, lui avait pénétré les chairs en souhaitant le protéger tout en le couvrant de douleur. Il en avait conservé la trace sur lui, même après être arrivé sur l'Île... Et Tyrol, sans rien dire, lui en avait emprunté un petit bout. Une infime partie. Un petit bout de haine pour lui qui ne connaissait rien de ce sentiment.

"Je ne possède que ceci qui ne soit pas à moi", admit-il avec douceur en ne tentant à aucun moment de reculer ou de conserver jalousement ce qu'il tenait.

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MessageSam 16 Aoû 2014 - 13:18

Un doute. Il y avait un doute qui planait. Comme si l’individu attendait quelqu’un d’autre. Mais qui ? Peu importe, cet homme transpirait de politesse et de grâce. Une bonne transpiration. Impossible de ne pas se comparer à lui, quand vous êtes du mauvais côté d’une injustice. Pourquoi ? Pourquoi lui plutôt qu’un autre ? Pourtant il savait s’aimer, en cachant les loupés de Mère Nature. L’homme se présenta à lui. Tyrol, quel joli nom. Il parlait de protocole, y avait-il vraiment un protocole spécifique à cette situation ? Senector n’était pas un adepte des protocoles, ce sera une question dans le vent… lui qui vouvoyait quand bon lui semblait. Pourtant, il restait toujours dans le bain de la politesse, elle soignait son apparence peut soigneuse.

D’ailleurs, cet homme… enfin, Tyrol, l’étonnait beaucoup. Il devait être le seul à qui, sa corpulence n’était pas un prétexte à la peur. Jusqu’à cette nuit, tous les individus qui croisèrent sa route, sauf certains démons à la rigueur, éprouvèrent une forte angoisse et bien d’autres sentiments encore, tel que le dégoût. Mais pas lui, pas Tyrol. Pourquoi ? Un instant de vide dans ses pensées, comme pour marquer la question. Pourquoi pas ?! Question idiote.

Une main se tendit à lui… ah bon ? Devait-il la renifler ? L’odeur était déjà assez présente, inutile de la sentir de plus près encore. Senector pencha la tête. Il n’irait pas renifler cette main, pas question, pas besoin, pas envie. Et alors qu’il s’apprêtait à lui donner un peu plus de détails quand à ce masque, le visage de Tyrol changea légèrement. Il venait de comprendre. Mais comment avait-il… non encore une question idiote et inutile. Lui-même possédait bien une parcelle du chaos de Swa, alors pourquoi serait-il le seul à bénéficier d’un petit quelque chose qui ne lui appartenait pas ? Oui, mais Swa avait été son corps de, comment dire ça, de rechange ? Son corps, mais oui, est-ce lui que semblait chercher Tyrol ? Senector sentait les choses, et bien que Tyrol ne le montrait pas, il avait cherché ce deuxième corps, en pensée, et certaines pensées se voient à travers les muscles et la peau. Il supposa alors, que le point d'interrogation venait de là. Que cet homme savait ce qu'était un Drewoor. Pourtant, ce n'est pas une race très commune...

Les billes lunaires se posèrent sur le sol. Il était là, flasque… boueux et bouillonnant de rage. Mais elles ne s’y attardèrent pas. Elles avaient seulement lâché un instant le regard de Tyrol, triste de se voir tel un prisonnier ambulant. Une cage que l’on transporte, lourde sur l’échine, froide sur la peau, dur sur les os. En attendant, car rien ne pouvait être fait ici, ce soir pour son ombre, d’autres questions méritaient des réponses… il n’avait malheureusement rien pu faire pour Sappho, et il n’avait pas suivi grand-chose.


"Bien… la curiosité... Pourquoi ? L’animal fit une pose de réflexion avant de reprendre. Pourquoi détenez-vous donc cette parcelle de ténèbres ? Que c’est-il passé ? Mais il avait bien d’autres questions qui débordaient de ses babines. Et si je puis me permettre, que faites-vous ici à une heure pareille et seul qui plus est ?"

Senector s’assit. C’était une rencontre calme, et ça lui convenait parfaitement. C’était reposant. Pourtant, il était loin de se douter qu’il avait face à lui, une personne importante à Elament. Le saura-t-il un jour ? De toute manière, l’histoire ne dit pas toujours tout, et jusqu’à cette nuit, elle restait très discrète sur le rôle de Tyrol. Trop important pour être dévoilé. C’était toute la beauté de la discrétion, la politique aussi certainement. Un peuple ne doit pas tout savoir, pour lui, et pour les messes basses qui pourraient s’étendre jusqu’à de mauvaises oreilles.




Sous le corps blanc, la tâche se prononçait un peu plus selon le vent ainsi que les parcelles de lumière nocturne dans l’herbe fraiche. Des petites notes de douceur sur un poil blanc comme neige, balafré. Qui pouvait croire en une nature à double visages, laissant un animal revêtir son manteau d’hiver, observant la nature d’un regard froid mais si beau… tout en lui laissant l’embarras  des paradoxes sur une incompréhensible déchéance des tissus. Ne voyez-vous pas là, une étrange ironie, derrière une blague mal fichue ? Et peut-être alors, que la prochaine fois, lorsque vous croiserez d’autres démons, votre regard changera légèrement. Il sera plus flexible, plus logique. Senector, le pantin Nocturne, le Joker sans corps, n’avait plus que ses yeux pour pleurer. Une vie mélancolique, à marcher seul, sur les terres en sommeil. Lune, oh belle Lune… lui qui ne pouvait pas supporter sa lumière… Soleil, lui si grand si beau, ne tolérant pas la présence de la bête durant son règne de tous les jours. Comment voulez-vous… comment pouvez-vous imaginer un instant, qu’une telle vie de chien puisse exister ? Tel un fantôme, il défiait les années, croulant sous le poids des vagues des sentiments. La bête un peu hébétée par tant de questions cette nuit, s’étira les muscles du dos. Courbure passagère. Fraction du temps. Arrêtons les minutes le temps d’un instant. Arrêtons les querelles, le temps de quelques mots.

La douleur au cœur, l’animal replongea son regard de Givre dans le creux des yeux de Tyrol. Non, il ne laissait pas transparaître ses faiblesses. Restant de marbre, une pierre que le temps n’avait pas encore brisée. Tic tac tic tac… comme s’il pouvait entendre le vieux clocher d’ici. Les battements d’aile d’un corbeau pas bien loin… une tombe ouverte dans un cimetière. La nuit, des choses sombres s’y déroulaient. Mais la nuit est à lui. C’est ce qu’il aimait prétendre, faute de ne pas posséder grand-chose. Alors, avait-il de la jalousie lorsqu’il croisait des êtres tels que Tyrol ? Certainement un peu. Pour ne pas dire beaucoup. Pourtant, il s’était attaché à son mode de vie, à ce second corps… haaaa tout ce qu’il aura fallu faire pour ce dernier… une survie misérable afin de le retrouver. Longue histoire, la partagera-t-il ? Senector n’était pas un fin narrateur, bien souvent difficile à comprendre. Dur de suivre un fou dans son récit. Mais certains fous, ne racontent pas. Non, leur histoire ne se partage pas toujours. Pourtant, ce soir, tout était différent. Prélude d’un il ne sait quoi. Le temps s’était-il réellement figé ? Il soupira légèrement après s’être étiré le dos, attendant des réponses.

La nuit n’était qu’à son début…

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Dernière édition par Senector le Dim 17 Aoû 2014 - 11:21, édité 1 fois
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Tyrol
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MessageDim 17 Aoû 2014 - 11:09

Bien sûr que cela devait être intriguant, surtout lorsque, comme ce soir, toute Magie Aera avait dû être étouffée dans une enveloppe hermétique destinée à la préserver de l'agression du Miasme ; Ainsi, il était probable que l'énergie de Ténèbres qui s'agitait en cet instant au bout des doigts de l'elfe ait pu être perçue avec bien plus de facilité que d'ordinaire. Le cocon élémentaire, mouvante protection tiède aux odeurs de forêt désormais tue, ne permettait plus de la cacher aux yeux de la Nuit. Et même le sortilège d'armure venteuse ne retenait plus sa vivacité, elle qui tentait par tous les moyens de s'échapper de ce corps bien trop blanc et trop faible pour elle. Elle n'avait jamais cessé de se battre. Son courage et sa rage de vaincre étaient admirables.


Toujours aimablement penché vers son interlocuteur, l'elfe aux yeux d'absinthe suivit du regard le mouvement désolé de la bête qui baissait le museau afin d'observer son ombre dans l'herbe déjà obscurcie. Ombre qui frissonna sans que l'herbe ne bouge, subrepticement, tordant ses contours flous dans un effort indéterminé et vain. Lorsque les yeux louvoyants revinrent à lui, le Solan ne montra ni satisfaction, ni condescendance, ni pitié déplacée. Rien de cela n'étreignait son cœur ou ne lui passait par la tête ; Il soutint naturellement et sans manières cette rencontre à mi-distance, l'imitant dans son désir de voir au-delà du simple corps que la vue permettait de distinguer. Il conserva accroché à son regard celui du grand Loup blanc, lui assurant de ne point le perdre. Deux corps en souffrance, couleur d'albâtre dans l'obscurité nocturne, deux regards lumineux, Jour et Nuit s'observant par-delà l'horizon sans encore pouvoir se toucher. Et leurs ombres au sol comme seul terrain commun.

Il ourla un sourire délicat et amusé à la suite de questions que l'animal lui adressa. Voilà qui était bien mieux qu'une bousculade agressive animée par une haine millénaire provenant de l'éducation de deux camps sourds et aveugles. Mais pouvait-on parler d'aveuglement lorsque la preuve-même de toute l'étendue de l'horreur démoniaque se tenait au creux de votre main ?

"J'ai retiré cette Magie à un garçon sur qui Elament s'est refermée comme un piège il y a deux ans de cela. Les Ténèbres l'ont marqué d'un sceau presque indélébile qui a étouffé son pouvoir."

À la simple mention de ces souvenirs, la main sembla trembler légèrement et l'orbe de Ténèbres vacilla de mécontentement tandis que la silhouette blanche du Loup s'étirait. Ses bords arrondis s'allongèrent brièvement, se hérissant de toutes parts de picots provocateurs, se striant d'une lueur violacée sous le choc d'une colère sourde que même la Mort ne saurait faire taire. Le regard qui l'enveloppait de sa chaleur printanière n'était pourtant pas celui que l'on accorde habituellement à ce genre de sentiment ; Il était clair, serein, très doux. Ne pas connaître la douleur et la rancune n'excluait jamais de ne point les comprendre. Car de la douleur... Il y en avait. Elle hurlait d'un cri muet, assourdissant, elle se jetait à corps perdu à la face du monde en souhaitant la lui rendre. Il aurait aimé l'apaiser. Il aurait souhaité tendre encore les bras, la prendre contre lui, lui dire que tout cela était fini... Mais les pieux mensonges et les illusions ne soignaient jamais la douleur. Jamais assez, jamais assez longtemps. Tyrol se refusait à les employer et, par ailleurs, cette énergie-là ne souhaiterait pas ce genre de considération : Sa fierté était aussi admirable que sa ténacité.

"Pourtant, cette Magie était la moins coercitive que j'aie pu trouver parmi toutes les personnes marquées que j'ai soigné", continua-t-il rêveusement de sa voix affectueuse, rendue murmurante par la fatigue. "Lorsque je l'ai prise, il ne restait d'elle qu'une empreinte, un lointain souvenir, une ombre de ce qu'elle était réellement entre les doigts de sa propriétaire... Ou sur les chairs d'autre élémentalistes. Le sceau était toujours présent mais ses effets d'entrave avaient disparu depuis un long moment déjà."

Le flot ondulé de mèches blanches qui attendait sagement de passer par-dessus l'épaule de l'elfe finit par glisser sur elle, entraîné petit à petit par le bouclier d'Air en mouvement. Le ténébreux globe, minuscule ronde de fumée obsidienne, s'étira à nouveau. Un instant, les yeux de Tyrol quittèrent ceux de cette créature dont il ignorait toujours le nom afin de regarder l'orbe d'énergie.

"De là où je l'ai extirpée, elle était devenue inoffensive. Puis je l'ai touchée pour la retirer, et elle s'est vengée sur moi. Elle me haïssait et me l'a fait savoir... Son histoire... J'ai perçu les atrocités que d'autres ont subi entre les quatre murs ensanglantés d'une Cité noircie, et le plaisir que cette Magie avait eu à les commettre. Alors je l'ai gardée avec moi. Pour comprendre, et ne jamais oublier. Grâce à elle, je sais ce que je ne souhaite plus jamais voir à l'avenir."

Les doigts fins se refermèrent sur la fumerolle noirâtre dont la forme paraissait s'être étirée en un sourire carnassier, puis la main revint vers son propriétaire. N'y tenant plus, fatigué, ce dernier relâcha sur emprise sur l'énergie : D'un soupir douloureux mais déterminé, il la dispersa une nouvelle fois en lui, défaisant délicatement de son souffle les fils de sa sombre toile. Il garderait encore cette Magie en lui, diffuse, latente. Il l'emmènerait partout avec lui, sous le Soleil qu'il chérissait tant ou dans la Nuit qu'elle préférait ardemment, la gardant emmaillotée là entre les fils duveteux de son énergie venteuse qui existaient tels un berceau de douceur, une tranquille parenthèse où les Ténèbres pourraient manifester leur colère sans faire de mal à qui que ce soit. L'orbe disparut. Et alors à nouveau le doux sourire de l'elfe réapparut sur son visage, un léger bout de rire lui échappant, éphémère.

"Moi ? Mais je ne suis point seul : J'ai mon Vent avec moi. Nous poursuivions le Miasme, mais je suis fatigué. Je souhaite me reposer aux Arènes. M'y accompagneriez-vous ?"

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MessageJeu 21 Aoû 2014 - 22:36


Le vent…
                            Un vent…
                                           Si doux…

Un rêve…
                           Son rêve…
                                           Le Fardeau…


L’air, enveloppe vitale. Enrobe les mots, les maux. La douleur, elle si grande, s’estompe au passage du fin baisé volatil. Si loin… si beau… les maux. Malades. Balade improvisée sous le voile nocturne. Alors, laissons la tristesse au pas de la porte. Et suivons le même chemin, un peu, une nuit, ensemble. Blanc et noir se rencontrent. Peinture dans la pénombre, de deux êtres aux rêves pas si éloignés. Là-bas, l’arène. Lieu de combats et de sang. Pas maintenant. Cette nuit donnait son nom aux paradoxes. Une pause. Faisons une pause, l’histoire se raconte un peu trop, trop lourde, les pages se déchirent d’un trop d’encre. L’écrivain fatigue. Cette page, a été mainte fois arrachée, froissée, jetée, recommencée, arrachée, froissée encore et encore jetée. L’encore a bavé. L’encre a coulé.

L’animal, baissa la tête. Il n’avait pas volé, cette parcelle d’identité, cet homme droit et fier. Juste, un curieux. Mais pas cette curiosité à des fins stratégiques… non, juste un curieux. Rêveur. Songeur. Aussi souvent, les mots glissaient sur les babines, aussi follement moites de non-sens. La bête, à pas de Loups, s’approcha encore, et encore. Humant l’air de l’homme, sa bulle, sa carapace, son monastère. Les yeux fermés pour apprécier l’odeur, elle racontait beaucoup. Des rivages calmes, d’autres turbulents, comme dans toute vie. Immense fleuve. Immense page. La tête bascula vers l’Arène. Allez viens, disait-elle doucement. Je suivrais tes pas ce soir. Allons ensemble. Duo d’ombres. Par-dessus les sentiments et les colères, le calme après la tempête.

" Le chat et l’oiseau se reposent le temps d’un lendemain " murmura-t-il tout bas.

Ils se mirent en marche, sans mot. Guidés par une certaine lassitude. Et pourtant, bien des projets se bousculaient dans leur tête, des projets de plus tard. La guerre ne cessera jamais. Tant que des âmes vivront sur terre, elle sera là. Embrassant la poussière sous les corps et la haine. L’histoire en veut, c’est un besoin. Elle est partout, même chez les insectes. Territoires, honneurs, vengeances… amour et haine. Il faut des contradictions. Mais pourtant, ils étaient là, tous deux, sur cette même page. Le Loup brisa ce mince silence

.
" Dites-moi, oiseau… que ne souhaitez-vous pas revoir ? "

Le poil glissait sous un courant d’air chaud. Et un mince filet de lumière fit luire l’iris de l’animal. La lune… cache-toi encore un peu. Repose-toi, cette nuit dans tes nuages.

" Vous devez-vous douter, que beaucoup de craintes se réalisent… chagrins aveugles… "

Coussinets moelleux, sur lit de verdure. Un fin sourire aux babines. Senector était moqueur de cette vie si… puis-je le dire ? Allez, je le dis… si prévisible. Balancé par la marche. Un corps qui tangue sur les bords, qui bave dans les coins. Le corps d’un recousu. Brouillon de naissance. Inachevé. Il regarda à nouveau Tyrol et sa chevelure… Dans l’arène… est-ce un piège ? Pourquoi n’y avait-il pas pensé avant ? Méfiance… pourtant, Tyrol n’avait rien, à cet instant d’un calculateur. Perdu dans sa bulle. Toute belle, toute ronde. Après-tout… pourquoi ne pas être un peu imprudent ? Briser les chaînes, cette toile si finement tissée par ce qu’on appelle, le destin. Oui, revenons-en à ce paradoxe ! Et allons-y ! Roulez jeunesse !!!!! Suivons les vents orageux et turbulents, affrontons l’imprévisible ! Soyons fou, simplement ! Alors, Senector enchaîna…

" Chagrins d’un papillon sans poudre "

Le Miasme… avait arraché cette poudre. Et les papillons battaient des ailes sans jamais décoller…

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MessageMar 26 Aoû 2014 - 11:34

Cette douce mélodie... Jouez-là encore un peu.

L'animal au pelage cousu de fil blanc avait accepté de l'escorter jusqu'à cette Arène. Peut-être même y resterait-il avec lui afin de lui poser encore de nombreuses questions... Tyrol s'appuya donc en souriant sur sa fidèle béquille d'énergie compacte et lumineuse afin de relever ses os fragiles, et ainsi leur permit à tous les deux de s'en aller dans le noir, côte à côte, toujours, sans jamais se toucher. Ils étaient semblables à deux fantômes glissant sans bruit à travers le temps, lui qui se suspendait ou s'étirait à loisir afin que leur rencontre ne trouve point trop vite de fin. Très cher temps, le seul capable de reconnaitre la particularité d'un tel instant, la singularité de deux êtres dont le simple concours pouvait changer beaucoup de choses sur ces terres. Symbolique d'une seule nuit, de quelques heures passées à l'abri des remous, de la haine et des rancœurs... Là dans l'obscurité, entre les quatre murs taillés de gradins d'un écrin froid dédié au combat, véritable autel dressé à la gloire de la barbarie et de la vanité. Mais ce soir, il n'y aurait ni duel au nom des Quatre, ni sacrifice offert à un quelconque seigneur ; Ce soir, les ombres du bâtiment de pierre et de ses colonnes gravées se confondaient sous les étoiles et engloutissaient en elles les pas lents et mesurés des nouveaux arrivants.

Lors d'un moment de vertige, le Solan tendit une main à son côté dans un réflexe voué à préserver son équilibre, fût un temps représenté sous la forme d'une panthère faite de flammes. Ses paupières se refermèrent quelques secondes sur ce souvenir, bien que ce ne fût pas de ce chat-là dont il était question entre les crocs du grand Loup dont il venait d'effleurer le poil. Un poil dru et ras, qui couvrait une colonne vertébrale presque à nu. Il y avait quelque chose. Une aura, maintenant que le Miasme se dissipait, une aura autour de ce corps massif de canidé grondant... Il lui semblait l'avoir touchée du bout des doigts. Était-ce de là que le frisson qui avait parcouru son corps, une fraction de seconde, était né ? Sous le voile noir que sa vertigineuse faiblesse lui imposait quelques secondes durant, Tyrol vit d'autres Ténèbres le saisir. Moins vivaces, plus intrigantes. Peut-être plus profondes ; Mais y avait-il réellement une profondeur, ou même une fin aux Ténèbres ? À l'image de l'Air, elles semblaient pleines et infinies et l'on s'y plongeait tantôt avec délice, tantôt avec angoisse, et parfois sans y penser, simplement parce qu'elles étaient là.

Un Loup au corps torturé, strié, entouré d'Ombres. Un Drewoor. Il en était sûr, désormais.


Alors que l'étreinte pesante du Miasme se relâchait de leurs corps las et qu'ils arrivaient tout près du cercle de pierres central, la bulle venteuse s'évapora, le bâton d'énergie s'effondra et le tout tomba aux pieds de l'elfe blanc comme un habit que l'on retire précipitamment sans se soucier de vouloir le ranger. Les sortilèges se brisèrent dans un soupir soulagé et le Vent enfin libéré de son violent effort emplit l'espace afin de se revigorer au contact d'un Air plus pur : Il gonfla et se mêla à la brise nocturne, puisant en elle de nouvelles forces dans d'autres sphères. Plus hautes, plus grandes, plus éthérées. Aussi éthérées que sa réponse, soufflée, murmurée telle une amoureuse prière :

"La torture. L'esclavage. Les sceaux qui privent de Magie et tuent l'essence-même de notre existence. Le sang sur les murs. Tellement de choses..."

L'unique piège qui s'ouvrait sous les pattes du grand Loup était celui de croire que sa gueule aurait pu briser l'elfe en deux sans effort dans un tel instant. Un piège duquel même l'elfe en question ne se souciait pas, tout occupé qu'il était à fixer les mouvements de son Vent dispersé à travers l'espace. Son regard pâle et soudain attristé suivait les courbes des courants et perçut enfin les variations dissonantes, particulières à la Magie Démoniaque, qui s'opéraient autour du Drewoor. Pas un petit orbe de Ténèbres, non, la véritable aura, entière... Différente de celle qu'il hébergeait dans son propre corps. Grondante, menaçante, elle inspirait le respect et s'imposait comme une évidence en antagonisme à la Lumière. À sa lumière, celle qu'il chérissait, celle à laquelle il aspirait toujours, dans chacun de ses gestes, dans chacun de ses mots.

Tyrol avança jusqu'au cercle de pierre et s'assit prudemment sur le muret grossier qu'elles formaient.

"Je n'en doute pas un instant", continua-t-il avec un sourire conciliant, les yeux perdus dans ses rêves, "mais ce n'est point une raison pour les laisser dominer. Peut-être est-ce cela aussi que je ne souhaite plus voir... Des gens vivre dans la crainte. Permanente. Attendue. Inévitable... Non, non, je n'en veux pas..."

Les mains blanches de l'elfe caressèrent la pierre, glissant contre elle en emportant dans leur mourvement le reste de son corps tandis que sa voix s'évanouissait un peu plus à chaque mot. Il s'allongea, serein, laissant enfin à son dos la possibilité de se reposer et d'apaiser sa douleur. Une autre douleur, celle de pierres trop anguleuses lui refusant trop de confort, commença à se manifester ; Tyrol la réfuta sans gêne et sans sommation. Heureux de sa nouvelle position géographique, l'elfe aux yeux d'absinthe abandonna la contemplation du Vent et des Étoiles pour regarder à nouveau le Loup lunaire dont il admirait tant l'allure.

"Et vous ? Où est votre moitié ? Où sont vos craintes et vos chagrins ?"

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MessageSam 21 Mar 2015 - 23:36

Il n’y a pas de fin…

Elles ne se terminent jamais, étendues entre le néant et le chaos. Un vide de rien et de tout.

Nous sommes tous seul, face à nous même. Face aux doutes des chemins. Pourtant, une main sur l’échine, frôlant le poil. Ils étaient deux, ce soir, face aux doutes. Et l’animal, dans sa lente marche, buvait l’air qui s’échappait de Tyrol. L’esclavage… funeste mot. Il le haïssait de toutes ses forces. L’esclavage… il l’avait bien connu et côtoyé. Qui pouvait aimer ces mots ? Même la plupart des démons les évitent. Très peu, perdus dans leur folle démence, s’y essaient. Dans leurs laboratoires, des alchimistes tâtant les instruments de tortures, testant la résistance des corps vivants… créant de nouvelles maladies.

Libre… l’arène. Etrange cohabitation des mots. Les liens s’étaient défais, dans un lieu de combats. La bête observait chaque mouvement de Tyrol… celui de sa main douce, sur la pierre rugueuse. Ses oreilles pivotaient à chaque nouvelle parole, chaque mouvement. Alerte mais confiant. Il s’allongeait… ? Alors, aucun doute. La lune ne se montrerait pas cette nuit. Gueule de sang, car il avait récolté déjà pas mal de surnoms, continua lentement sa route, comme si le centre de l’arène l’appelait, mais il s’arrêta à quelque pas del’Elfe, lui tournant le dos en s'asseyant. La queue dans la poussière. Un long souffle s’enfuit d’entre ses crocs. La tête droite.


" Il n’y a pas de fin… elles ne se terminent jamais si c’est ce que vous vouliez savoir. "

Les griffes pianotaient la terre.

" Et il est parfois très difficile de reprendre ce qu’elles nous ont volé. "

Senector tourna lentement la tête comme pour regarder derrière lui, la douceur à même le sol, respirant enfin l’air pur.

" La guerre me l’a arraché, et elles en ont profité pour me la voler. " Puis sa tête glissa de fatigue, pointant le sol qui grouillait sous son poids. Après un bref silence, il se mit à glousser.

" Pour ce qui est de mes craintes… " il toussa. Etait-il prêt à les dire ? Lui qui manipulait à outrance les peurs des autres ?  Restons-en donc aux chagrins. " Nous nous entretuons, nous déchirons, y prenons goût. C’est un jeu d’enfants que nous faisons à cloche pieds en fermant les yeux. Aujourd’hui nous sommes allés tellement loin, que nous nous sommes emprisonné. Un jour alors, peut-être que nos races s’éteindront. Le mot magie ne sera plus qu’un mythe. Et toute notre culture restera dans des ruines et des cendres. "








Loup blanc se leva, grattant sa flaque. Il avait assez noyé ses larmes dedans. Merde. L’hystérie d’être, d’exister pleinement ! Pourquoi ne pas enfin goûter à la chaleur, au bonheur, à ce grand soleil ?! Soleil… ne me déteste plus… Loup se leva, loup claqua la nuque. Donnes-moi ton cœur, le mien est mort. Loup marcha, dandinant son corps malade, fit les cents pas, trainant sa carcasse. Il se doutait bien, qu’un jour, il devrait y retourner. Dans ce royaume des morts. Là où devait encore se retrouver sa moitié. Mais cette fois, y aurait-il Iblîs pour venir le sauver ?

" Vous ne savez pas… " Senector était revenu vers lui, tout près. Il s’était penché sur lui, plongeant son regard dans l’absinthe. Avec une délicatesse et une grande finesse, il déposa sa patte au niveau du cœur, sans animosité aucune. " beaucoup vous envie, mais vous avez tout gâché. " Il fit une légère pression sur sa poitrine puis recula.

"Tout Ruiné !!! ". La haine bavait encore. Le mot faisait écho dans l’arène. " Nous avons suivi… car nous suivons toujours. La trêve n’existe pas, elle ne viendra pas, sachez-le. Ce n’est qu’une fiction."

Loup Hurla, la gueule au ciel, aussi longtemps que ses poumons le lui permettaient. Et au loin, d’autres hurlements lui répondirent. Il y avait une injustice, car il y en a toujours. Un Elfe splendide, qui jamais ne semblait vaciller, la nature lui avait donné un don de beauté, d’intelligence, elle l’a aussi soigneusement placé du bon côté de la barrière. Car oui, là encore, il y a toujours son contraire, le mauvais côté. En réalité, ce côté dépendait de la vision qu’on s’en faisait, il pouvait passer à droite comme à gauche de la barrière selon les points de vus. Senector était juste lassé, mais le lendemain était proche, le combat était une obligation.

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