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 C'est grave, docteur ? [ Privé : Tyrol ]

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MessageMer 1 Sep 2010 - 13:54

L'elnihïn était nue au milieu de l'eau, elle avait laissé ses vêtements sur la berge pour pouvoir se baigner au pied de la cascade. Un cri perça la tranquillité de l'endroit. Elle savait que ce cri ne s'adressait qu'à elle. Elle se retourna lentement, prête à affronter une fois de plus ses visions. Mais elle fit un bond en arrière en voyant ceux qui la regardaient depuis la rive. Des enfants, une dizaine d'enfants dont les plus vieux ne dépassaient pas douze ans. Tous étaient égorgés, la plupart mutilés. Elle poussa un cri d'horreur mais s'arrêta immédiatement. L'un des enfants s'approcha d'elle en marchant sur l'eau, bien qu'elle n'ait pas été très profonde. Les autres le suivirent, en file indienne. Ils s'arrêtèrent à un pas d'elle. Kara tremblait de peur. Qu'allaient-ils lui montrer d'abominable, cette fois ?

Le plus petit, celui qui se tenait devant elle, pointa du doigt quelque chose. Elle se retourna pour voir ce qu'il montrait, elle ne vit qu'un fille qui pointa dans la direction opposée. Elle s'aperçut de ce que tous les enfants montraient : elle-même. Terrifiée, elle baissa les yeux. Elle découvrit un trait rouge sur sa gorge. Dés qu'elle eut posé les yeux dessus, du sang en jaillit comme d'une cascade, et elle en eut bientôt la poitrine submergée.

Elle hurla d'horreur et se cacha le visage entre les mains, pleurant toutes les larmes de son corps. Elle entendit quelques secondes qui lui parurent interminables les sanglots terrifiés des enfants, et plus rien. Était-ils partis ? Elle retira lentement les mains de son visage, prête à replonger dans cette cachette sombre. Il n'y avait plys rien. La cascade couvrait le bruit des oiseaux et du vent dans les feuilles des arbres. Quelqu'un accourait, elle entendait le bruit de ses pas étouffés. Sèche tes lames, Kara, vite.

Elle s'essuya les larmes d'un revers de la main, renifla et repris sa toilette, comme si de rien n'était.
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MessageSam 4 Sep 2010 - 10:35

Les mains posées contre un rocher, ses yeux d'absinthe fermés sur la vision du monde Matériel, Tyrol exécutait avec bonheur sa tournée habituelle. La Magie de l'Île, au départ si revêche, commençait à prendre ses marques avec lui. Elle ne se dérobait plus sous ses doigts, ne lui causait plus aucune douleur ; Elle venait à lui, se mêler à son énergie. L'elfe avait de quoi être fier : Il était parvenu à atteindre un tel degré d'affinité avec la Magie de la Grande Île que non content de l'avoir habituée à la présence d'élémentalistes, il s'en était fait un allié de grande loyauté. Pas dans l'entièreté-même de l'Île, évidemment, mais sur la plupart de ses reliefs. Il avait souhaité rendre cet environnement accueillant pour les élémentalistes, mais au-delà de cela, avait ardemment désiré retrouver en lui ce sentiment de fusion absolue qu'il avait eu avec la Nature de son enfance. Et en cet instant de pur abandon, rien ne pouvait le rendre plus heureux que cet échange de Magie. Rien ne semblait pouvoir le troubler, pas même ce cri qui…

Ce cri ?

L'échange se termina, les énergies retournèrent à leur place et la main du Solan quitta la pierre. Levant un regard inquiet alentours, il se redressa avec lenteur. Il lui était difficile de déterminer l'origine de ce cri, tout du moins l'endroit depuis lequel il avait été émis… Malgré tout, Tyrol était intrigué. Et puis, si cela était grave ? Il avait beau penser que la Nature ne devrait plus jouer de tours aux nouveaux habitants, les animaux, eux, conservaient leur caractère et leur territoire… Il alla dans la direction qu'il supposait bonne, ne pouvant accourir trop vite du fait de son incapacité à courir et la téléportation ne lui étant d'aucune utilité dans des lieux qu'il ne connaissait pas encore tout à fait. Il ne se souvenait plus exactement de la disposition de l'Île, ayant oublié sa carte "artisanale" et ne sut qu'il s'approchait de la Cascade que lorsque le bruit de l'eau chutant dans le lac parvint à ses oreilles ; Mais autre chose l'inquiétait alors qu'il s'approchait, son Etoile qui commençait à vibrer contre son cou. Un second hurlement résonna. Ne sachant à quoi s'attendre, il allait donc à l'aveuglette en craignant d'arriver trop tard… Mais rien : Lorsqu'il arriva, il n'y avait rien aux alentours, hormis une demoiselle. Mais rien ne disait qu'elle était l'auteure du cri… Or, qui d'autre ? L'elfe ne crut pas avoir raté un épisode, tout bonnement car il ne voyait pas de quel autre endroit aurait pu provenir le cri ; De même, son Etoile réagissait encore, plus fortement que tout à l'heure... Et l'Etoile ne se trompait jamais. Il y avait bien quelque chose ici… Mais quoi ? Il n'en savait rien. Cela ne l'avançait pas tellement ! Il ne saurait faire comme si rien ne s'était passé, mais prit avant tout le temps de calmer son essoufflement. Il se sentait infiniment… Inapproprié.

Il devait s'être fatigué pour rien. Un soupir de douleur lui échappa, et il passa brièvement la manche de sa chemise sur son front comme pour contrôler qu'aucun mal de tête ne survenait de façon insidieuse. Heureusement, rien, hormis la fatigue ! Malgré une vêture légère et blanche, simple chemise et pantalon de lin afin de ne pas souffrir de la chaleur en cette fin d'été, il avait chaud. Sans doute à cause de sa trépidante… "course". Eh bien, maintenant qu'il était là, autant être sûr du caractère vain de sa précipitation !

"Excusez-moi, est-ce vous qui avez crié ?" lança-t-il depuis la berge.

Il s'approcha sans gêne, n'ayant aucun souci de fausse pudeur ou de désir prédateur face à la nudité ; Et généralement, les gens se baignant seuls dans la Nature en avaient peu aussi ! Les mains sur les hanches, il attendait qu'elle se tourne au moins vers lui, l'air toujours aussi sincèrement inquiet mais préparant son plus aimable sourire.

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MessageMar 2 Nov 2010 - 8:42

Spoiler:
 

Kara sursauta au son de la voix de l'homme. Elle se retourna, ne cherchant pas à cacher sa nudité.

- Quel cri ? Je n'ai rien entendu. Vous êtes sûr ?

Elle rougit, se trouvant pitoyable d'avoir eût une réaction pareille. Elle s'approcha de la berge, n'ayant aucun soucis de pudeur face à l'homme - plutôt mignon, d'ailleurs - qui était près d'elle. Elle enfila sa tunique, ne prenant même pas le temps de se sécher. Elle ébouriffa ses cheveux trempés, leur redonna leur aspect de crinière. Elle se tourna alors vers l'homme, qui semblait être un elfe.

- Je me nomme Kara, Kara Demge. A qui ai-je l'honneur ? dit-elle en souriant.

Un bruissement la fit sursauter. Elle se retourna, mais ce n'était qu'un couple de Brokmïns qui s'envolaient. Elle poussa un soupir de soulagement, ayant cru un instant que c'était encore une de ces visions gores dont elle avait l'habitude. Elle ne voulait pas paraitre folle devant un si joli garçon, surtout pas. Elle se retourna.

- Vous êtes un elfe, n'est-ce pas ? J'ai remarqué les.... Elle pointa ses oreilles et rit, gênée.

[ Et en plus c'est court, chui nuuulle ! >o< ]
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MessageDim 14 Nov 2010 - 1:15

"Sûr ? Oui. Mais ma foi…"

Ma foi, ma foi… Ma foi rien. Mais le regard dubitatif de l'elfe en disait long sur son doute quant à la sincérité de la jeune femme, bien jolie à regarder au demeurant. Il n'y avait qu'elle alentours, et bien qu'il ne fût pas un bon pisteur, ses oreilles étaient suffisamment longues et son ouïe suffisamment intacte pour ne pas le tromper de trop : Il ne voyait pas qui autrement aurait pu crier. De tout évidence, qu'il ait raison ou non, il ne chercherait pas la petite bête à fouiller l'absolue vérité et la raison de ce cri ; Au fond, il ne ressentait rien d'autre de mauvais autour, il en déduisait donc que cela ne pouvait être un mauvais tour de magie. Sans doute avait-elle croisé une araignée et en était-elle phobique ; Sans doute…

Le sursaut de la jeune femme tira un sourire discret à Tyrol, mais toujours aussi éloquent. Il ne le dirigea pas à la dénommée Kara qui se présentait, l'adressant plutôt à l'eau qui se trouvait sous lui. Elle venait de confirmer, par sa fébrilité, la fragilité d'un mensonge anodin et futile dont il ne lui porterait aucunement ombrage.

"Tyrol", répondit-il simplement.

Bien malgré lui, il n'avait rien à ajouter ; Hélas, la suite ne l'aida pas plus à faire s'envoler les présentations vers des cieux plus philosophiques.

"C'est exact."

Il sourit toujours aussi affablement, puis s'en retourna un instant à l'eau avec le silence de la conversation qui s'étiole avec une rapidité déconcertante. Cette eau… Elle l'attirait brusquement. Puisqu'il n'y avait aucun danger il céda à sa pulsion, s'accroupit près de l'eau et décida de boire, les mains tendues en coupole pour y recueillir le précieux liquide qu'il n'avait pas dû voir depuis deux ou trois heures maintenant, et qui, jusqu'ici, ne lui avait pas manqué ; Soudainement, un réflexe de survie l'avait poussé à s'abreuver puisque l'occasion lui était donnée. Il mouilla son visage, sa nuque, puis un mouchoir qu'il tira de sa poche. La brise de son Vent, toujours aussi présent et aussi parfumé, souffla sur sa peau mouillée et lui procura une intense sensation de fraîcheur qui lui semblait aussi ne pas avoir ressentie depuis un bon moment, trop pris qu'il était dans ses sorts méditatifs et ses échanges d'énergie magique avec l'environnement. Il soupira de bien-être en redécouvrant le temps béni d'une pause... Elle aurait certainement été trop fraîche pour lui, pour s'y baigner, mais cela n'était effectivement pas une mauvaise idée. Il y penserait à l'avenir, faire un break et se baigner. Dans cette île, l'eau l'entourait à s'y noyer, et pas une seule fois il s'était réellement accordé le temps d'en profiter. De façon… Durable, disons.

Jetant un regard fatigué, comme s'il émergeait d'une sieste, sur la Cascade, l'elfe soupira une seconde fois. Puis il se releva, avec lenteur, mais grâce, et offrit un nouveau sourire engageant à sa mystérieuse interlocutrice.

"Je fais des rondes sur cette île afin de vérifier que tout se passe bien ; J'ai pensé que ce n'était pas le cas pour quelqu'un ici… Mais si tout va bien, je peux sans doute vous laisser. Attention seulement si vous vous dirigez par là", ajouta-t-il nonchalamment en désignant le Sud-Est, en direction d'une plaine parsemée de bosquets avec, au loin, quelques monts se découpant sur l'horizon bleu, "ce n'est pas encore très stable. Sinon, je compte retourner vers les campements, nous pouvons toujours faire un bout de chemin ensemble…"

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MessageVen 26 Nov 2010 - 15:30

Kara fixa pendant un moment le beau visage de l’elfe, qui s’appelait Tyrol. Un très joli nom. Vu sa manière d’approcher ainsi l’eau, il devait être Aqua, ou quelque chose comme ça. Elle entendit à peine sa proposition.

‘’ Oh, je suppose que je vais vous raccompagner au campement.’’
Dit-elle.

Elle s’approcha de lui et ils marchèrent côte à côte sur le chemin qu’elle se souvenait avoir emprunté. Autour, la forêt semblait calme. Le vent jouait dans les feuilles, les oiseaux volaient tranquillement. Pendant un moment, elle resta silencieuse, ne sachant que dire.

‘’ Cela fait longtemps que vous êtes ici ? Ou, comme moi, vous venez d’arriver ? Vous… ‘’

Une ombre passa devant ses yeux. Une branche craqua. Elle tourna la tête vers la forêt à sa droite. Il lui semblait qu’un buisson bougeait. Elle s’accrocha au bras de Tyrol en étouffant un cri de surprise.

‘’ Vous avez vu ça ? ‘’ Murmura-t-elle.

Et si c’était une de ses visions ? Pourtant elles ne se déclenchaient généralement qu’une fois par jour. Et bien, elle avait pourtant vu un truc bizarre, et les trucs bizarres elle seule les voyait, généralement. Le buisson se remit à bouger, et une ombre en sortit. Ca ne pouvait pas être un démon, ils ne savaient pas où se trouvait l’Ile – du moins, c’est ce qu’elle avait compris – et les élémentalistes ne devaient pas avoir l’habitude de se cacher dans les buissons. Mais alors ?
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MessageDim 19 Déc 2010 - 12:18

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"Cela fait plusieurs mois que je fais des allers-retours entre l'Île et le Continent. Quand je suis quelque part, c'est souvent par hasard."

Il planifiait toujours d'aller "dehors", "sur l'Île", mais jamais exactement sur l'Île en question. La seule fois où il avait tenté de se donner un point de chute précis, près du Lac, il avait finit dans les Sommets Endormis, non loin de la cachette de Tranlthanas. Depuis là où il était, il avait jeté un œil perplexe sur le lac en question qui le narguait depuis en bas en semblant lui dire "Encore raté, gros malin !"… Puis, s'étant écarté de son but initial, il avait entrepris de commencer son travail par les Sommets avant le reste. Il faut toujours exploiter la chance que l'on avait dans son malheur, bien que dans ce cas-ci, le mot malheur fût d'une exagération absolument honteuse. Il était bien loin du malheur, comparé à d'autres.

La demoiselle devait-elle en déduire qu'elle avait eu de la chance de tomber par hasard sur Tyrol ? Ou plutôt de l'avoir par hasard (toujours) attiré à elle en criant ? Cela, on le laissera à l'appréciation de l'intéressé. Mais cette dernière, qui semblait étrangement sur ses gardes, sursauta brusquement en s'agrippant à lui ; Surpris, l'elfe sursauta lui aussi sans comprendre et sans spécialement craindre quoi que ce soit.

"Euh…Non ? Ah !"

Par réflexe, il se contenta de s'écarter un peu, entraînant la dénommée Kara avec lui quelques pas plus loin du lieu "d'attaque". C'était à peine s'il avait entendu la branche craquer, et, insouciant rêveur qu'il était, il ne l'avait pas interprété comme une mise en garde. Ce ne fut que lorsqu'il vit l'ombre qu'il se posa la question de la nature du bruit et de la chose… Avec un calme sidérant.

"Ne bouge pas", recommanda-t-il simplement à la demoiselle sans plus se soucier de la vouvoyer.

Il se plaça entre elle et l'ombre, calmement, libérant son bras de sa prise pour tenir sa main prête à invoquer un bouclier pour eux deux tandis que l'autre main se préparait à jeter un quelconque autre sort de défense plus matériel, disons plus… Dangereux. Comme il ne ressentait rien de particulier sur cette Île étant donné qu'aucun démon ne s'y pavanait, il s'attendait le plus souvent à un animal sauvage, une imposante chimère, ou… Un autre élémentaliste. Soit farceur, soit sérieusement malintentionné. En tout cas, il voyait cette fameuse ombre, signe que jusque là, ils étaient d'accord sur la réalité du fait ; Seulement, elle restait de taille très modeste, du moins selon lui. Quant à la nature, Tyrol voyait difficilement quelque chose de réellement inquiétant. Sans doute en avait-il trop vu pour être surpris, désormais !

L'ombre disparut un quart de seconde durant, puis émergea des buissons sous la forme d'un Fredak, animal commun sur le Continent et au physique bien peu avenant. L'ombre démesurée sur la paroi rocheuse n'avait été que le fruit de l'inclinaison du soleil alors que la bête se laissait tomber d'un arbuste. Tyrol soupira. Bien que laide, la bête ne nécessitait aucun sacrifice héroïque pour s'en débarrasser ; L'elfe se répugnant à frapper sans trop de raison, il se contenta donc de la maintenir sur place à l'aide d'un discret sort d'entrave, agitant nonchalamment les doigts tout en prenant soin de ne pas les mettre sous le nez de la créature qui piétinait déjà furieusement en poussant d'hideux cris stridents. Puis il recula jusqu'à Kara et l'entraîna plus loin, décidant de longer à nouveau les parois qui formaient l'enclave des Cascades et leur immense bassin d'eau claire. Ils n'auraient qu'à longer la rivière qui menait aux campements.

"Pour ce genre de bestioles, je ne peux rien faire", s'amusa-t-il. "Elles font partie du décor, et quand elles estiment que l'on marche sur leur territoire, elles nous mordraient les fesses sans plus jamais vouloir les lâcher !"

L'elfe souriait à cette idée puisque c'est ce qui avait bien failli lui arriver plusieurs fois. Il tentait d'apaiser un peu Kara qui paraissait se mettre sur le qui-vive à chaque mouvement autour d'elle. Etre sur ses gardes ainsi, si facilement, il admettait que cela pouvait être un très bon réflexe de survie. Autour de lui, il n'y avait que des personnes de ce tempérament. Mais plus que de la méfiance et de la réactivité, la demoiselle s'apeurait et se recroquevillait sur elle-même – ou contre lui, en l'occurrence. Marchant à son côté, il lui sourit.

"Tu me sembles tendue, jeune fille. Ne te sens-tu pas en sécurité sur cette île ?"

Il tendit la main vers elle, fronçant les sourcils, et la posa sur le front parsemé de mèches blondes. Cela n'aurait pu être qu'un prétexte pour établir un contact avec la demoiselle, et lui transmettre ainsi un peu d'énergie pour l'apaiser comme il avait l'habitude de le faire avec les gens quelque peu angoissés, mais il retira sa main presque aussitôt, avec étonnement cette fois.

"Tu as de la fièvre ! Ou bien ma main est trop froide…"

Il vérifia en serrant ladite main dans la seconde, mais elles étaient bel et bien à température égale toutes deux. Il la reposa sur le front de la demoiselle, jouant les diagnostiqueurs.

"Ce n'est pas probant. Tu ne te sens pas mal ?"

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MessageJeu 21 Avr 2011 - 17:38

Kara était terrorisée, peut-être même un peu plus que les autres fois. Bien qu'elle commençait à s'habituer à la présence de cadavres autour d'elle, elle était encore choquée par le groupe d'enfants qu'elle venait de voir. Tyrol lui intima de ne plus bouger, mais même si elle l'avait voulu, elle n'aurait pas pu esquisser un mouvement. Il la poussa en arrière, et elle failli tomber. Une goutte de sueur perla sur son front. Qui allait venir la hanter cette fois ? Une nymphe ensanglantée ? Une mère et son enfant ? Elle ne pouvait imaginer de pires horreurs que celles qu'elle avait déjà vues, et plus particulièrement qu'on puisse infliger de telles supplices.

Elle chercha du regard les yeux rassurants de l'elfe, et elle vit qu'il fixait l'ombre de la créature. Elle n'eut pas le temps de réaliser sa lamentable erreur qu'un... Fredak immonde jaillit des buissons ! Au lieu de ça, elle étouffa un cri et, rouge de honte, baissa la tête. L'elfe essaya de la réconforter comme il pouvait, mais elle n'entendait que ses propres remontrances. "Mais quelle idiote, Kara, mais qu'elle idiote !" pensait-elle. Toute sa vie n'avait été que méfiance envers le monde mais elle en devenait quelques fois malade. Et ridicule. Le Fredak releva fièrement la tête et parti se cacher derrière un buisson en dandinant fièrement son postérieur. Tyrol sembla lui poser une question.

- Je suis désolée, je suis désolée... Murmura-t-elle, bien qu'elle sentait bien que ce n'était pas la réponse qu'il attendait.

Il posa la main sur son front et la retira aussitôt, et elle ne comprit pas. Il lui dit qu'elle avait apparemment de la fièvre. Étonnée, elle l'imita et fixa sa main avec étonnement. Comment cela se pouvait-il ? Elle n'avait jamais remarqué qu'une de ses visions lui procurait tant de stress. Jusqu'alors elle s'était cru plutôt brave. Bien que sa réaction de tout à l'heure n'était pas des plus courageuses. Le Fredak, toujours derrière son buisson, poussa un cri qui semblait être un acquiescement, ou simplement une raillerie. Rageuse, elle donna un coup de pied dans un caillou qui alla se loger dans le buisson, ce qui fit fuir l'oiseau. Elle tourna sa tête vers Tyrol.

- Oui... Enfin, non ! Je vais bien ! Ne t'inquiète pas.

Enfin, si. Elle allait vraiment très mal. Elle avait un problème. Elle aurait voulu que ses visions sans but s'arrêtent tout de suite de la harceler. Qu'elles choisissent quelqu'un d'autre.
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MessageDim 24 Avr 2011 - 23:04

"Ce ne doit être que temporaire, un simple accès. Tu n'aurais peut-être pas dû te baigner."

L'elfe ne pouvait émettre que de pragmatiques… Et fausses suppositions pour l'instant. Ayant entraîné Kara loin du Fredark, il la maintint agrippée par le bras encore quelques mètres avant de se rapprocher à nouveau de l'eau avec elle. La forçant à s'asseoir, il se posa à côté d'elle. Il tira de sa manche le mouchoir qu'il avait utilisé plus tôt pour lui-même, répétant l'action en l'imbibant d'eau fraîche. L'une de ses mains tenait toujours le bras de la demoiselle, lui intimant de ne pas bouger. Pourquoi la tenait-il avec tant de fermeté ? L'autre main vint avec le mouchoir froid jusqu'au front parsemé de mèches blondes. Tyrol regardait les yeux paniqués de la jeune fille avec une sérénité inébranlable, tentant par de doux gestes d'apaiser ses frayeurs inexpliquées… Ou du moins d'en apaiser les effets. Quant aux paniques, il lui était pour l'instant difficile d'y remédier directement. Kara étant sur la défensive, il y avait une petite étape en plus à franchir… Un sourire calme s'étira sur les aimables lèvres roses de l'elfe.

"Sans fondamentalement m'inquiéter, ton comportement est très étrange… Tu devrais prendre un moment."

La main tenant le bras remonta jusqu'au visage de la demoiselle, dont il vint soutenir le menton le temps de rafraîchir encore le front, lentement.

"Je gage que la médecine n'a rien à voir là-dedans", murmura-t-il sans lâcher la jeune femme du regard. "Prends le temps de respirer. Ferme les yeux…"

Sa main qui tenait le visage semblait inviter Kara à s'avancer, comme à se laisser tomber en avant. Le simple fait de baisser d'un ton à chacune de ses phrases l'obligeait déjà à se rapprocher pour entendre clairement les paroles de Tyrol. La main blanche glissa avec le mouchoir froid sur la nuque de Kara et s'y appuya, amenant définitivement la tête de l'Elnihin contre l'épaule de l'elfe. La noyant dans ses cheveux blancs et dans la chaleur de son Vent parfumé, il l'entoura de ses bras : L'étreinte de cet elfe-là était de celles qui ne réclament jamais de retour, et qui sont faites pour que l'on s'y perde ; Deux bras, deux parenthèses entre lesquelles se cacher le temps de quelques lignes. Rien de plus, rien de moins. Cette étreinte qui sentait bon l'écorce des arbres et les fleurs sauvages, il venait d'y précipiter Kara, amenant une main contre sa chevelure blonde en souriant. Un sourire qui s'entendit alors qu'il reprenait la parole, imperturbable et chaleureux :

"Je peux t'aider un peu si tu prends sur toi de me parler. Cela sera sûrement plus simple que de fouiller ta mémoire à la recherche des causes de ton trouble…"

Il lui laissa le temps d'y penser, puis se dégagea un peu, poussa quelques mèches platine loin du front sur lequel il posa un baiser.

"Tu es possédée, Kara. Non pas par les Démons mais par tes propres ombres. Ta fièvre n'est qu'un prétexte : Quand je m'approche, quand je te tiens dans mes bras, toutes les ondes de ton pouvoir s'agitent, paniquent, cherchent à se cacher de moi. Ton Vent fuit le mien."

Et pour preuve, lorsqu'il laissa sa main glisser dans le cou de la nymphe, elle put nettement expérimenter la douleur que provoquait le rejet de son pouvoir contre celui de l'elfe blanc, dont les doigts avaient eu le temps de se charger de magie Aera. Une magie qui aimantait avec force tous les pouvoirs qu'elle rencontrait sur le corps de l'Aasimar, qui voulait l'attirer en un même endroit. Toute la magie du corps de Kara, désordonnée, acceptait et refusait tour à tour de se soumettre à cet appel, aimant et détestant avec la même force cette invitation à suivre le chemin que l'on traçait pour elle. C'est ce qui s'était passé pour la fièvre, simple réflexe du flot magique de la jeune fille. Les vert des yeux de Tyrol, pâles comme un lever de soleil, semblait sonder à l'infini l'esprit de cette inconnue à laquelle il n'obéissait qu'en partie.

"Depuis combien de temps n'avais-tu plus ressenti cette sensation de perdition ? Quand même ton pouvoir t'abandonne et te laisse à tes spectres ?"

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MessageLun 25 Avr 2011 - 7:57

Tyrol traina presque Kara par le bras à travers la forêt. Elle était partagée entre plusieurs sentiments, dont la peur faisait partie. Alors elle se laissa faire. L'eau froide coulant sur son front la ramena à la réalité, et elle se rendit compte qu'elle s'était montrée faible. Elle voulu se débattre, mais n'en trouva pas la force. Elle se laissa tourner la tête dans tous les sens, et finalement enlacer. Elle huma le parfum doux des cheveux de l'elfe et se perdit dans son étreinte, à ressasser les souvenirs de ses visions, à essayer de trouver une explication logique ou magique à tout cela. Mais aucune vision n'était semblable l'une à l'autre, il n'existait aucun point commun, aucun fil logique entre elles. Elles venaient aléatoirement, repartaient si elles le voulaient et ne cessaient de la hanter pour autant. Elle se laissa bercer par Tyrol, ne sachant que faire, ni que répondre à ce qu'il disait.

Il lui dit beaucoup de choses qu'elle perçut à peine, attrapant quelques mots à la volée. Il lui disait qu'il fallait qu'elle lui parle, qu'elle était possédée par on ne sait quoi. Que son pouvoir fuyait celui de Tyrol. Tout cela lui sembla étrange mais ne l'étonna pas. Elle s'était toujours su bizarre, elle ne savait seulement pas à quel point. Elle sentait quelque chose bouillonner en elle chaque fois que l'elfe passait sa main dans son coup. Comme si... Non, c'était une sensation indescriptible, et tout ce q'elle savait c'est que ce n'était pas le désir qu'elle ressentait quand elle était si près d'un homme.


- Je vois des choses... murmura-t-elle d'un voix presque inaudible.

Elle n'avait jamais parlé de ce secret à une autre personne que sa mère, qui li avait interdit d'en parler à quiconque. Pas même à Solis, qui était pourtant comme un frère et qui connaissait presque tout d'elle. Mais maintenant qu'elle se trouvait aussi en sécurité, dans les bras d'un être qui semblait repousser son pouvoir étrange, elle se sentait vraiment capable de partager le poids qu'elle portait seule depuis tant d'années.

- Ce sont des images de mort... Des images horribles, des gens blessés, torturés. Tyrol, je ne sais pas pourquoi elles me hantent, mais elles sont là, je pensais que quitter mon campement les ferait s'en aller, mais elles me suivent ! Elles me cherchent.

Elle se mordit la lèvre inférieure, trouvant tout à coup ce qu'elle venait de faire ridicule. Elle se redressa brusquement, manquant de frapper Tyrol, et recula de plusieurs mètres sur les coudes.
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MessageLun 6 Juin 2011 - 20:18

Le corps de Kara lui échappa soudainement, la frayeur tirant la jeune femme en arrière comme si une autre force l'arrachait à ses bras. Surpris, l'elfe blanc partit en avant dans l'intention de la rattraper, intention inutile bien que bonne puisque l'herbe se chargea de réceptionner la demoiselle sur les coudes. La bouche entrouverte, penché sur elle, il la regarda à nouveau dans les yeux un instant. Il avait obtenu d'elle qu'elle parle, qu'elle assouvisse sa curiosité, qu'elle lui donne les clés pour la comprendre. Une seule once de mal-être en sa présence et Tyrol s'inquiétait de tout. Sans doute n'admettait-il pas que l'on puisse se sentir mal à ses côtés, tout du moins sans raison apparente. Il fallait avoir une bonne raison de l'être ; Et généralement, il se faisait une mission de faire voler cette raison en éclats. Un silence avait suivit les paroles de Kara et sa brusque action de recul. L'elfe aux yeux d'absinthe demeurait dubitatif, l'esprit ailleurs.

"Depuis quand ?" répéta-t-il.

Il se recula, tendant la main à Kara pour l'inviter à revenir à lui.

"J'ai eu des visions moi aussi", dit-il avec le sourire sur le ton de la conversation. "Je n'en ai pas dormi pendant des mois. Je voyais des images de destruction, et très souvent de torture sanglante où je souffrais sans que je ne sois la victime directe."


Le second réveil de son Etoile avait été à l'image du premier : Douloureux. Ce qui était aujourd'hui le principal allié de l'elfe blanc n'avait, pendant plus de deux cent ans, eut que deux statut : Celui de cauchemar et celui de babiole inutile. La guerre approchant Elament, la disparition d'Eal, les tensions démoniaques dans l'air… Le flot d'ondes négatives avaient perturbé la tranquillité de l'artefact, avec pour unique conséquence ces visions indescriptibles réduisant à néant l'efficacité de son pouvoir d'Aera. Ce pouvoir qui l'avait pourtant sauvé et protégé le reste de sa vie.

"Les personnes pour qui je souffrais, je les connaissais toutes, elles m'étaient plus ou moins proches : Mon amour, mes amis… Mes élèves, mes voisins… Je délirais éveillé, à en tomber malade. Mon pouvoir ne jouait plus aucun rôle autre que celui d'accessoire de décoration, comme je perdais le contrôle, je me suis affaibli. C'est fou comme la santé mentale et physique peuvent être liées !"

L'elfe tendit l'autre main vers Kara, dont il agrippa les avant-bras en souriant avec douceur. Il l'aida à se redresser, sans pour autant qu'ils ne se relèvent tous deux. Il la tenait serrée avec une force étrange, mêlée d'empathie et de détermination. Mais son sourire n'indiquait en rien une prise en pitié ; Il parlait d'expérience. Certes leurs cas n'étaient pas similaires en tous points, mais il y avait le lieu commun de l'horreur. Il lui disait "Tu n'es pas seule.".

"Ce n'est qu'en reprenant le contrôle sur mon pouvoir que je me suis débarrassé de ces visions. Heureusement, aucune n'était réellement prémonitoire, ce n'étaient que des avertissements. Tes visions en sont sûrement. Il y a toujours une raison rationnelle à voir des choses horribles que personne d'autre ne peut remarquer."

Paradoxe où ça ? Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

"Bon, d'accord, la fièvre n'était qu'un prétexte. Mais c'était une bonne approche, non ? Tiens, nous allons leur dire bonjour ensemble, peut-être qu'il y aura moyen d'instaurer des relations plus cordiales entre vous. Ce n'est pas parce que les morts ont un aspect un peu terrifiant qu'ils sont méchants pour autant ; Les créatures du quasi-éthéré sont même souvent plutôt tristes de l'accueil peu chaleureux qu'on leur fait.

Tandis qu'il la regardait en souriant délicatement, ses mains la tenaient toujours. Sans qu'elle ne puisse rien faire, l'Aasimar put sentir toute magie la quitter, aimantée par les mains chaudes de l'elfe blanc. Tant bien que mal, le pouvoir qui refusait toujours d'approcher cet homme n'eut d'autre choix que de plier, aspiré par une autre magie comme un navire dans un cyclone. Il n'y avait rien de violent ou de douloureux, mais Kara perdait tout contact avec son don. Sa force, il la lui prenait. Pas tout, non… La faire tomber en léthargie comateuse n'était pas son but ; Cette idée là-même lui déplaisait. Ils se connaissaient à peine, il n'allait pas la torturer trop tôt. D'autant que cela serait sans doute inutile… Lorsqu'il estima avoir suffisamment affaibli Kara, tirant de son corps une sphère d'énergie blanchâtre dont une partie sembla se dissoudre en lui, il lâcha ses bras pour mettre ses mains de chaque côté de sa tête et l'obliger à la tourner dans une certaine direction. Kara eut à peine le temps de voir l'Etoile pendant au cou de l'elfe blanc briller légèrement entre les pans de la chemise qu'elle se trouva confrontée de force à une nouvelle vision ensanglantée… Dont l'un des protagoniste semblait désigner Tyrol du doigt. Celui-ci, derrière l'épaule de la jeune fille, les fixait de ses yeux pâles avec une détermination sans faille. Il tenait toujours solidement l'Aasimar contre lui, lui murmurant à l'oreille :

"C'est vrai qu'ils font un peu peur… Respire, ils n'ont pas l'air d'avoir de mauvaises intentions pour l'instant. Il faut être délicat avec eux. Affronte-les en face."

_________________________________________________________

"Combattre une armée d'archers, c'est comme lancer une
pierre dans un nid de guêpes : je ne souhaite l'expérience à personne !"
(
Tyrol)

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