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 Marées montantes - [Public, attention bagarre au menu!)

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Iblîs Nemrodus
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MessageMer 16 Juin 2010 - 9:15


Ce ne fut d’abord qu’une rumeur.

Quelque chose de ténu, de timide. Un infime frémissement de l’air, qui passa inaperçu aux portes de la sombre Forteresse. Le bastion des élémentalistes y resta sourd, opposant à ce murmure ses murailles sombres. A peine les chauves-souris qui pullulaient dans les grottes, ou un Ebrom dans les galeries, s’immobilisèrent-ils, attentifs.

Peu à peu, le murmure devint chuchotement. Dans quelques galeries, les torches bleues vacillèrent un instant, effleurées par quelque aile mystérieuse. Près de l’un des tunnels d’accès, le magicien de garde fronça les sourcils. Les ombres, là-bas, près des colonnes de pierre, ondulaient de manière étrange. Sans doute l’effet du courant d’air sur les flammes des torches … n’était-ce ce bruissement agaçant. Une boule de lumière générée par magie le rassura : il n’y avait rien là-bas., juste la pénombre entre les colonnades. Et pourtant, à peine le sortilège éteint, le chuchotement revint.

« Qui va là? »

La voix sonna creux, sans sonorité, comme si l’encre là-haut en avait avalé l’écho. Point de réponse. Mais l’obscurité devint soudain lourde, emplie d’une attention inhabituelle. Dans une galerie proche, une colonie de rats détala, effrayés par on ne savait quoi. Un peu plus loin, une touffe de champignons phosphorescents diminua de luminosité, tandis que leur surface émettait quelques spores irritantes. Les ombres des objets semblèrent devenir plus denses. Insidieusement, la lumière baissait. Cela montait des profondeurs, gagnant le long des murs et des colonnes. Et puis soudain, vint une longue plainte sinistre – le son lancinant des sortilèges d’alarme apposés sur les galeries inférieures.

Un étranger arrivait aux frontières des lignes extérieures de la Forteresse…

* * *

Plus bas, plus tôt…

« A la lune qui se lève, à la pièce, à la chance … »

D’où venait cette vieille ritournelle qui lui venait à l’esprit ? Il ne savait plus. Il savait juste qu’il l’avait entendue, retenue, puis à moitié oubliée, quelque part au milieu d’un passé chaque jour plus flou. Même les immortels oublient – du moins, parmi les démons. Il se souvenait juste qu’elle parlait de guerre et de lucioles, de chacals et de mortels. Peut-être datait-elle de l’époque où il s’était rendu en Erestrée, aux temps où l’apparition de la terre des Hommes commençait à faire partie des contes. Les sans-magie …

Mais nous nous éloignons du sujet. Peu importe quelles chansons tournaient dans la tête d’un démon… la seule chose importante, c’est que depuis les profondeurs des Grottes de Sûrion, Iblîs montait. Et les ténèbres, comme une marée, l’accompagnaient. Sur son passage, les champignons phosphorescents et les lignes de gemmes lumineuses dans les murs se soufflaient comme une bougie. Sur les pas du Marcheur des Ombres, tout sombrait dans l’obscurité.


Depuis loin sous les dernières cavernes, de là où sommeillait la Cathédrale d’Ebène, il montait. Il était en route depuis près d’une journée solaire, mais en ces lieux dépourvus de lumière, cette notion n’avait qu’une importance très relative. Il avait patiemment remonté les mille chemins découverts la première fois qu’il était venu ici. Il ne pouvait se téléporter, car une telle opération implique de savoir où il allait. Or, il recherchait quelque chose, guidé par une créature blessée, chantonnant à lui-même des lambeaux de très vieux refrains.

« Iz’ilnur ash kernatilaa, h’ryt alkh nor alazhlan’n
Furlon’z ilemiun féurk al
Hie lëorh
Furlon’z ilemiun,
Hië h’ryt alkh! »


Au rythme des paroles il était monté. Et puis, il était tombé sur le premier piège. Une source que rien n’avait laissé prévoir avait soudain inondé le couloir, manquait de l’emporter. Accrochant ses doigts d’araignée à une aspérité, il avait laissé le courant passer. Une créature normale aurait été asphyxiée avant que celui-ci ne s’écoule, mais la respiration ne faisait pas partie des besoins d’Iblîs. Il avait ri, silencieusement, dans l’eau glacée. Et quand il n’y avait plus rien eu, il avait continué.

« Nous approchons, petit frère, nous approchons ! »

La créature d’ombre émit un bruit crissant, acquiescement sauvage. Avec une ardeur nouvelle, elle entraîna son maître le long du dédale de galerie. Les deux pièges suivants se déclenchèrent presque en même temps. Un éboulement (au milieu de galeries qui n’avaient pas bougé depuis des millénaires ? ) boucha soudain la sortie de la galerie où ils circulaient. Quelques secondes plus tard, le plafond rougit, se liquéfia, et un torrent de lave se déversa sur les deux intrus. La matière pâteuse et brûlante au-delà de toute expression mit longtemps à s’écouler. Quand le cadeau des enfants d’Igni fut évacué, il découvrit le sorcier et sa créature, tous deux protégée par une coquille d’ombre, fine comme une pelure d’oignon, mais infranchissable à la chaleur. Négligemment, le sorcier leva la main et murmura un mot de pouvoir. De sa robe, jaillit une forêt de tentacules d’obscurité. Il ne leur fallut que quelques instants pour dégager la voie. Il poursuivit sa voie, évitant certains pièges, déclenchant la plupart.

A quel moment activa-t-il une alarme ? Peut-être quand un piège supérieurement imaginé combina un cristal de foudre Aera avec des lignes artificielles de métaux magnétiques dans une galerie, inondant le passage de décharges électriques, et qu’il dut gangrener d’ombre la galerie entière pour annihiler sa conductivité. Ou plus tard, quand un mur de glace lui barra le passage, lisse comme du diamant, et qu’une quantité remarquable d’énergie aie été nécessaire pour le faire exploser. A un autre moment, il détecta la présence d’illusions, destinées à faire perdre tout sens de l’orientation. Cependant, ce qui aurait fonctionné sur un esprit normalement constitué n’avait pas de prise sur les schémas mentaux d’Iblîs, inaccessibles à la logique habituelle. En revanche, le piège suivant fut incontestablement le pire. Il le déclencha en brisant du poing une fine tenture de cristal qui barrait la galerie. Il remarqua que sous le choc, elle éclatait en milliers d’éclats très fins.

Etrange : elle n’était donc pas prévue pour résister à un choc ?

Et puis, la galerie s’était soudain embrasée. En une fraction de seconde, il réalisa que ce n’était pas du feu. La lumière était trop blanche, trop froide. Et sur les murs, les choses scintillantes n’étaient pas des gemmes naturelles, mais un appareillage compliqué de miroirs, de prismes et de cristaux lumineux.

« Itz’maeglin ! » jura Iblîs dans le premier langage qui lui vint à l’esprit.

Il eut à peine le temps de lever les bras et de créer une barrière de magie. Un véritable raz-de-marée de lumière déferla le long de la galerie. Les cristaux émettaient des flashs aveuglants en continu – leur lumière était soigneusement reflétée, concentrée, diffractée dans les prismes, puis expédiée dans l’axe du tunnel par un jeu de miroirs. Ce n’était pas encore de la lumière cohérente, mais des faisceaux suffisamment concentrés pour dépasser plusieurs fois la luminosité solaire. Aucun piège ne pouvait être plus redoutable. La barrière d’Iblîs vola en éclats. Bras en croix, le démon encaissa de face le déluge, avec l’effet qu’aurait eu une volée de flèches sur un mortel. Sa robe, apparemment indéchirable, fur trouée comme un chiffon. Les faisceaux de lumière le brûlèrent, les plus intenses ouvrant des blessures à vif.


Furieux, Iblîs ramena ses paumes contre la poitrine, ignorant les dommages reçus, et concentra son énergie. Se ramassant sur lui-même derrière un rocher, pour offrir la cible la plus petite possible, il combina soigneusement plusieurs de ses arts. Un tel barrage nécessiterait d’employer les grands moyens, ou il ne passerait pas. Entre ses paumes, une nuée de poussières noires se mirent à tourbillonner, formant une orbe de la taille d’une pomme. Il la stabilisa, en créa patiemment d’autres, l’une après l’autre. Les sphères tournoyaient sur elles-mêmes en bourdonnant. Ce ne fut que quand il en eut terminé qu’il se dressa et déchaîna ses météores. Leur cortège croisa les faisceaux de lumière, désintégrées dès qu’elles en frôlaient un. Dans cet espace fermé, la plupart furent détruites, mais quelques-uns parvinrent à franchir le barrage et explosèrent. Les dizaines d’aiguilles noires qu’elles contenaient firent le reste, fracassant les miroirs et les cristaux. Une vague de ténèbres fit le reste, terminant de nettoyer le couloir. Iblîs s’appuya contre le mur, le temps de rassembler ses esprits. Les brûlures ne guérissaient pas instantanément : elles ne le privaient pas de ses moyens, mais l’attaque avait été sérieuse.

« Ils apprennent rapidement, petit frère » murmura pensivement le démon noir en ramassant un des éclats de verre. « Ce piège n’a pas été conçu au hasard. Il a été fait pour nous, pour contrer les adeptes des Ténèbres. Je n’ai plus vu une telle chose depuis … longtemps, très longtemps. Il n’y a pas que là des guerriers, mais aussi un stratège. Il a examiné les forces des nôtres en détail et connaît nos faiblesses. Un homme à rencontrer, n’est-ce pas? »

Seul un crissement d’agonie lui répondit, et il tourna la tête juste à temps pour voir la créature d’ombre expirer. Elle avait été percée de part en part par plusieurs faisceaux de lumière. Haussant les épaules, il leva la tête et étendit ses perceptions. La fréquence des galeries piégées augmentait. Il approchait de la source de ces perturbations. Il sentait non loin d’ici des cavités plus grandes, plus hautes, et la présence de vies. Un sourire féroce vint errer sur son visage. Des vies. Ce n’était pas qu’un sanctuaire protégé par une série de pièges autonomes. Il y avait des magiciens là-haut. Beaucoup.

Un sourire inonda ses lèvres. En extérieur, il aurait battu en retraite. Mais dans les profondeurs, il était sur son terrain. Dans son royaume. Son corps tirait de chaque parcelle d’obscurité la force de réparer les dommages infligés. Les forces lui revenaient rapidement. Et en lui transmettant sa force, l’Obscurité immense supplanta également une partie de sa volonté, lui instillant sa faim insatiable, sa haine de tout ce qui vit et luit.

Porté par cet instinct, il franchit les dernières galeries avec agilité. Point d’autres pièges, sans doute les galeries étaient-elles utilisés habituellement. Des gardes devaient s’y trouver, mais sans doute se concentraient-ils autour des issues. Autant leur faire une surprise. Au-dessus de lui, séparée par quelques mètres de roche, il sentait quelques autres galeries, puis une vaste cavité. Son sourire s’élargit. Changement de programme. Habituellement, il se serait tout simplement présenté aux portes, mais il allait faire une exception et choisir une méthode moins délicate. Sa présence étant de toute façon révélée, plus besoin de faire dans la finesse. La roche au-dessus de lui était dure, massive comme la muraille de quelque chose, renforcée de sortilèges de protection...

Il étendit les bras, et laissa son esprit se déployer le long du dédale de galerie et commença à murmurer. Le long du labyrinthe, les mots se répercutèrent à l’infini, en un écho menaçant. En langage de la Surface, elles prenaient la forme d’incantations, mais les mots n’étaient pas vraiment nécessaires. Ne serait-ce pas la jouissance de leur sens, il aurait pu lire une recette de cuisine ou chanter une chanson à la gloire de Dame Timerta. L’important était ce que portait la voix, la volonté qui l’habitait, assemblant des volutes de magie ténébreuse jusque loin dans les profondeurs.

« Sigillaire de minuit, Chapitre de l’aube enfuie, Etoiles dévorant les étoiles – de mon Verbe et de mon Mot, j’annonce la venue du grand Silence et la montée des marées de l’océan sans bord... »

Jusqu’au fond des grottes de Sûrion, l’Obscurité se mit en mouvement. Comme un courant d’eau, elle ondula, fila le long des roches, coula comme un torrent. Le long des galeries elle remonta, de plus en plus vite, de plus en plus violemment. L’Appel de leur Maître assemblait toutes les Ténèbres du lieu. Un courant d’ombre se formait, véritable mascaret, remontant le long des pas du démon. L’influence de cette magie se fit sentir jusque dans la Forteresse, où les sources de lumières vacillèrent imperceptiblement. Le raz-de-marée de magie ténébreuse remontait, feulant comme un fauve. A l’intersection de plusieurs passages, paume tendue vers le plafond, celui qui l’avait déclenché se tenait prêt à le diriger tout entier en un point précis, à la manière d’un bélier.

Ô fous, ne gardez pas les portes … ne vous fiez pas à la roche traîtresse. Ce n’est pas les pierres blanches et bénies d’Elament qui vous abritent. Malgré votre magie instillées en elles, les pierres de vos murs épais sont baignées d’ombres, et elles portent toutes en elles cette fissure infime qui annonce la brèche…

* * *

Dans la Salle du Passage, un grondement menaçant se fit soudain entendre. Au milieu de la salle, le sol s’irisa, luisant d’un réseau de lignes et d’ondes lumineuses. Une fraction de seconde, les forces s’équilibrèrent entre l’assaillant et la ceinture de défense. Mais ceux qui avaient tissé les sortilèges de défense de la Forteresse n’avaient pas le savoir des magiciens des temps anciens. Et contrairement à Elament, ces murs n’avaient pas été expressément bénis par les dieux. Aussi, sous la poussée insensée, finirent-ils par céder.

Le sol se volatilisa. Dans un fracas assourdissant, un mascaret de ténèbres se rua dans la salle, éteignant toutes les lumières sur son passage et noyant la salle dans l’ombre. De la partie de la salle éventrée, où la muraille avait volé en éclats, une silhouette sombre monta lentement, nimbée d’une aura bleuâtre. Le robe trouée par les dommages des pierres ne cachait plus qu’à peine le corps du Marcheur des Ombres. Debout sur la brèche, Iblîs semblait une gorgone noire, des tentacules d’encre luisantes sortant de sa chevelure et de sous sa robe, se tordant comme une forêt de serpents. Le visage inexpressif, le démon fit trois pas en avant, et s’immobilisa devant les premiers gardiens.

Ce n’était pas encore le cœur de ce repaire.

Mais c’était là qu’ils se battraient. Ces hommes n’étaient pas des civils, ni des élèves inexpérimentés. De vrais soldats. Des mages de guerre dignes de ce nom, capable, comme en ce moment, de se dresser sur son passage.

« Ssssssortez de mon chemin ! » feula doucement le démon.

Et sans plus de paroles, les tentacules se ruèrent en avant, avides de chair et de sang.


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KöH
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MessageLun 19 Juil 2010 - 14:52

Ça chantait des mots de guerre dans sa tête, des notes de sang. Ça chantait l’avenir du monde, les destins croisés, les regards oubliés et ceux qui les remplaceront. Tellement de notes et de sentiments que l’homme porteur de ce chant fit le vide. Marchant dans les couloirs de la forteresse après avoir accepté un poste qu’il n’aurait jamais pensé vouloir. Parfois, il faut passer outre sa petite personne. De sa solitude tant aimée, il en viendrait à devoir donner des ordres…

L’homme marchait lentement. Avant de se mettre à son travail, l’Aasimar voulait faire un tour dans la Forêt Dark. Pourquoi ? Comme si toutes ses envies pouvaient être expliquées. Peut-être pour donner des mots de vengeance à qui voudra bien les entendre. Le souvenir des anciennes promenades sur sa monture. Je vous laisse le plaisir d’imaginer toutes les possibilités qui s’offrent à vous en ce qui concerne son désir de s’y balader une fois encore. Cela-dit, ses pas claquaient toujours sous terre. Vêtu de son armure la plus sauvage qu’il possède, une capuche, une protection pour les abdominaux, un pantalon miteux serré par des lanières, dix longues griffes de métal courbé glissées avec les petits couteaux de lancé. Il sifflotait avant de faire le vide en lui. Savait-il vraiment ou ses pas le menaient ? Pas vraiment, en réalité il visitait sans vraiment regarder. Le simple fait de marcher lui faisait un bien fou.

Avait-il croisé des bâtiments ? Aucune idée, le regard était vitreux, ça pouvait être un éléphant qui venait de le saluer que ça serrait pareil. Le décore ne lui plaisait pas, alors il évitait de s’y intéresser. KöH est un homme qui n’aime pas vivre entre quelques murs, encore moins sous terre. Avait-il marché quelques minutes le temps de faire rouler des graviers sous les pieds, ou beaucoup plus longtemps ? Logiquement, assez pour se retrouver à cet endroit précis… ça venait de bouger, la destruction d’un mur… quelque chose, c’était cassé, ça bougeait, ça grondait terriblement… jusqu’à ce que les ténèbres prirent le dessus sur la lumière. L’Aasimar accéléra sa marche, soucieux. Des chuchotements, des interrogations, les soldats semblaient préparer une offensive. Peu de lumière revint alors pour dessiner l’objet de cette frayeur. Les armes en avant, ça allait bastonner.

Les yeux de l’Aasimar s’écarquillèrent alors en voyant cette tâche noire. Cauchemar infernal incarné dans la réalité… le temps de voir et de comprendre l’ampleur de la gravité que la créature démoniaque attaqua. Une multitude de serpents filèrent après l’ordre lancé par le démon, comme poussés par la fin et une envie dévastatrice. Serait-ce don Iblîs, le marcheur d’ombre ? Celui qui aurait traversé plus de siècles qui n’importe quelle autre créature encore vivante dans ce monde ?! Pas le temps de savoir, pas le temps des questions. Les mains de l’igni se levèrent en direction du ciel, les doigts ondulèrent pour sentir la force, tisser dans les flammes, une créature éphémère. La lumière alors, pointa du doigt l’Aasimar masqué. Les cheveux blancs se nouaient et dénouaient sur ses épaules. Qu’importe ce que les autres comptaient faire pour leur survie et celle de tous… il fallait agir. Un petit griffon prenait vie au creux des mains de l’igni, grandissant bien vite. Les flammes tournoyaient autour des bras de l’homme pour alimenter sa création.

Un cri… et les bras se ruèrent en avant, lançant la bête ailée conçue dans le feu. La gueule grande ouverte d’un bec tranchant, des fines plumes sans fin, elle n’était là que pour éclairer le chemin et s’écraser contre la terreur de l’instant, barrer la route aux serpents ombrés qui allaient droit sur KöH. Son cri n’avait rien de celui d’un animal, ce n’était en réalité rien d’autre que le crissement des flammes qui donnait un effet de voix. La créature gronda, les battements de ses ailes fouettant l’air écrasèrent quelques serpentins, dissipant la menasse… du mieux que faire ce peu, l’écartant dans le pire des cas de la direction de l’igni. La bête de flammes avait été conçue avec une trajectoire précise et non modifiable, et dans le bute d’exploser lors de l’impacte avec le démon.


Derrière, son créateur attendait, les bras en feu préparaant des boules de flammes prêtes pour une nouvelle attaque explosive. Mais KöH n’était très certainement pas de taille à affronter un tel démon cela-dit, ça l’importer peu de mourir ici. Après-tout ne s’était-il pas entièrement voué corps et âme à la protection du bien ? Quel honneur que de mourir en défendant cette Forteresse. Mais il avait une grande volonté et de l’ambition, il ne donnera son dernier souffle qu'après s’être battu avec fierté. C’est du moins ce qu’il espérait, il est toujours trop tôt pour mourir. Le temps de décrire la scène est peut-être long, mais sachez que les attaques sont bien plus rapides que votre lecture.

La respiration avait été rapide, le cœur affolé pour donner de l'énergie, mais ça se calmait, le sourire arrogant revint alors sur les lèvres de l'Aasimar.

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Shin
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MessageDim 5 Sep 2010 - 3:08

[Ce post est écrit sous l'emprise de Sordid d'Amon Tobin]

Dans le noir, il n'y a plus de monde. A la merci de nos peurs les plus profondes, celle qui n'ont pas de formes et qui ne se combattent qu'avec le temps. Le temps de connaître ces effrois, d'apercevoir leur contours et de les accepter comme des parties de soi. Alors les parties les plus méconnus de notre être savourent enfin le regard de l'âme qui les abrite et ne les rejete plus. Puis tel un reflet de l'intérieur, le monde apparaît enfin comme un univers vaste qui ne demande qu'on lui ouvre les bras pour le comprendre et l'intégrer à nos pensées.

Cela se ressentit comme une brisure dans son don de l'eau, comme une faille dans de la glace pourtant aussi dur que de la roche. A l'heure qu'il était, si tenté qu'on puisse appliquer une notion de temps dans ses souterrains, l'être qui dirigeait ces lieux avait disparu comme à son habitude quotidienne. Des sens communs comme des sens élementaires comme la chaleur, l'eau du corps, les mouvements de l'air sous le déplacement ou même la consistance physique. Comme peu le sache, il s'adonnait à un exercice qui lui permettait d'acquérir une maîtrise d'esprit sur son pouvoir. Submergé sous des réserves liquides enfouis sous la Commanderie, son corps se diluait dans la masse pour ne former qu'un lac animé d'une conscience. Nul à part sa bien-aimée n'était sensé savoir que ce fut l'un des projets personnels du chef que de se construire cette nappe phréatique pour y plonger ses songes. Et durant une heure par jour, il abandonnait la gouvernance de sa fourmilière et de l'essaim de résistants qu'il commandait, pour apprendre l'art subtil de l'harmonie aqueuse. Des cubes d'eaux par milliers qui peu à peu lui appartenait entièrement, sous une forme qu'aucune type de contrôle Aqua ne pouvait s'emparer, à part le premier qui se l'appropriait.

Il avait soupçonné l'existence d'une telle arcane, lu dans des livres quelques rumeurs sur le sujet. Mais étant l'un des ultimes bastions de magie élementaire, un mur se formait quant il s'agit de l'enseignement d'un pouvoir aussi grand. Seul des professeurs pouvaient vous l'enseigner, à part si vous ayez assez de patience et de persévérance pour vous aventurer sur ce chemin. Ce fut le cas de notre elfe noir qui voulut s'élever au-delà des limites de domination que lui avait montré sa chère ancienne enseignante à de multiples fois. La frustration que sa main-mise lui filait toujours entre les doigts quand il s'y mettait sérieusement. Une eau rien qu'à lui et qui n'obéit qu'à lui seul. Pour cela soumettre par la force de son mental des masses et étendre son esprit jusqu'à des marées.

Une heure chaque jour. C'était le défi qu'il s'était lancé. Soumettre de plus en plus loin et de plus en plus vite, disparaître entièrement pour mieux régner. Sept mois maintenant qu'il avait préservé pour lui ce qui faisait de lui un plus grand chef encore, par la grandeur de son empire d'eau.

Et ce fut durant ce temps, que son exercice fut perturbé par une de ces étranges vibrations qui se font ressentir à l'intérieur de soi. Une fissure. De toute chose aqueuse, il pouvait en voir sur des kilomètres. Et ce n'est pas exagéré de le dire ainsi après des années à vouloir aiguiser ce sens d'élementaliste. Il y avait cette fourmilière au-dessus de lui dont seul les vampires échappaient à sa perception. Il y avait ses réserves naturelles isolées dans la roche tout autours d'eux, qu'elles soient exploitées ou pas encore. Il y avait cet air humide qui empreignait la Forteresse, qu'il avait pris soin d'imbiber entièrement. Puis aussi les pièges glaces ou liquides parsemés dans le cercle de protection de la grotte. En gros de là il était, il avait une vision quasiment totale de l'ancienne citadelle et ses alentours.

Ce quasiment n'était donc pas parfait. Ce fut là la faille que l'ombre approchante profita un instant avant d'éveiller les pièges dont le drow était l'artiste. Alerte, il tenta un moment de comprendre ce qui leur arrivait du bas-fond des grottes. Avant de conclure qu'en vain, il ne pouvait dessiner le danger.

On frappa à sa porte. On tambourina à grand coups de poing au seuil de son bureau. La glace dont était pourvu les mécanismes de l'entrée à son office, vibra de tel sorte qu'il comprit qu'on le demandait. Là où son siège était normalement établi, un trou cylindrique accédait à sa salle privée. De celui-ci, l'eau jaillit brusquement et à partir des traits d'un humain qui s'esquissaient peu à peu, une silhouette se décrivit. Puis l'eau retomba à son habitat pour laisser apparaître un corps solide. Le chef était revenu.


"J'arrive!" Entendit nettement le garde à sa porte. Mais entre cette parole et le moment où l'elfe noir allait franchir la sortie de son bureau, il y eut un écart. Quelque chose d'invisible à ces sens commençait à rassembler ses forces en-dessous et quant à cela, il fut moins inaperçu. Les grottes se mirent à légèrement vibrer et les masses d'eaux s'en firent l'écho. Le vrombissement de l'attaque annonçait son imminence. Il accéléra le pas, pris son masque et le déposa sur sa figure, puis ouvrit la porte...

CRAC!!! La forteresse se mit en branle en un éclair de secondes et la lumière qui parcourait les couloirs s'éteignirent en un seul instant.


"Les ténébres!!" murmura-t-il alors que la secousse l'avait fait chuté par terre.

Instinctivement, il tendit le bras vers le garde qui s'était écrasé sur la porte sous la frappe sismique, le rabattit dans son bureau et élança un grand coup de pied circulaire pour fermer derrière lui.

"Restez-ici! Il y a là un sorcier des ténèbres dont la portée nous dépasse sûrement. Il vient de berner toute notre défense avec une certaine facilité, je suppose déjà que nous avons désormais éveillé ceux qui dorment sous nos pieds. Je veux votre lumière et votre capacité défensive pour me protéger le temps que je regroupe quelques forces, j'en aurais pour une minute. Protégez-moi!"

Il se posa à la surface du trou où la houle remuait sous la force des attaques de l'ennemi qui semblait pouvoir boxer la grotte elle-même.

****
(Dix secondes avant l'extinction des feux dans le Dôme)

Emmanuel se réveilla de son état de somnolence, dont les heures à surveiller des déplacements inoffensifs l'avait attiré. Dure alarme de réveil que le sol qui semble se dérober à vos pieds, votre corps légèrement inerte titube alors à la surface. Ses coéquipiers semblait être étrangement en alerte. Et avouer qu'avec sa fatigue, Emmanuelle, n'avait pas la conscience clair.

"Mais qu'est-ce qui se.....Ahhhhhhhh!"


(Deux secondes avant l'extinction des feux)

Une volupté noir l'engouffra dans la fissure qui venait d'exploser sous lui. Oui, il était juste à l'endroit où le maître de la Nuit allait faire son apparition. Oui...pauvre Emmanuel! Le courant l'emporta, l'écartela et le broya en une fraction de secondes sous l'effet de la fragmentation de l'ombre.

La fissure s'agrandit en gouffre et l'étrange être semblant dénué de formes physiques apparut. Deux gardes aéras formés à produire de la lumière commencèrent immédiatement un combat entre la nuit et le jour, dans un paradoxe d'ombres aux contours indéfinissable, comme un écran de fumée qu'on illuminerait de torches d'éclairs jaillissants. Des mages de la Terre clôturèrent les issues d'une roche solide pour empêcher la divulgation de cette vague ténébreuse. Et trois Ignis combattirent de front avec un peu de terreur dans leur regard, ce monstre d'Opacité. Leurs lances enflammées du bout de leur doigts furent tournoyés dans les airs pour neutraliser la persévérance de l'ombre à vouloir leur passer la corde au cou. Tandis qu'ils avançaient vers le créateur de ce tumulte avec un certain courage. Sur les côtés, deux de ces templiers du feu cherchèrent à planter avec vivacité leur brasiers qui consumaient leurs lances jusqu'à leurs épaules, tandis que le troisième de front s'apprêta à s'élancer quand une créature de feu ailée arriva dans son dos. Il s'aplatit au sol tandis que le pégase s'enfonça vers le ténébreux.


***
Une main se posa sur l'épaule de l'Aasimar. Celui à qui appartenait cette audacieuse main qui s'engouffrait dans cet élan enflammé n'était autre que le chef. Mais il y avait qu'un bras suspendu dans les airs. D'ailleurs il était transparent, comme...de l'eau, aucune consistance alors que le membre se retenait de se transformer en vapeur sous l'influence de la chaleur de note ami à casque de crâne. Une brume fit son apparition, jaillissant de nul part, comme si elle avait été toujours là depuis le début. Dans ce léger brouillard qui encercla l'homme aux membres ardents, la silhouette d'un visage masqué et aux longs cheveux se dessina.

"Merci d'avoir prêté votre force monsieur KöH. A partir d'ici, je vais prendre le relai!"
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Iblîs Nemrodus
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MessageJeu 16 Sep 2010 - 13:13


Ignorée de la surface, loin dans les profondeurs, la bataille s’était engagée. Déjà les magiciens accouraient. Réaction rapide et organisée, nota intérieurement Iblîs. Des pièges et un corps de défense aux méthodes militaires – il ne s’agissait pas d’un camp de réfugiés. Pas seulement. Les héritiers des dons divins avaient-ils donc émigré à leur tour sous terre, dans une ou plusieurs inexpugnables citadelles ?

Il s’accorda quelques instants de réflexion sur ce sujet, tandis que le fourmillement de tentacules qui jaillissaient de sa robe entamait le combat avec les premiers arrivés. Les longs serpents qui le constituaient n’étaient pas réellement vivants. Ils étaient des extensions de sa volonté, tissés de Ténèbres, qu’il avait dotés de crocs, d’épines et d’une minuscule perle de conscience. Insuffisante pour penser – créer la vie était hors de portée d’Iblîs – mais suffisamment pour réagir à l’instinct, comme des armes vivantes, à coup de tortillements déments. Lorsque s’approchèrent les trois Ignis, les premières reculèrent au contact des flammes, hésitèrent une fraction de seconde.

« Inutile ! » gronda Iblîs.

Mûe par un réflexe commun, une dizaine de tentacules fondirent simultanément sur les armes enflammées des magiciens. Aucun membre normal n’aurait affronté le métal brûlant, mais ces diaboliques excroissances n’étaient pas faites de chair et de sang, mais de magie et de volonté. L’une après l’autre, elles s’écrasèrent sur les lances, remontèrent jusqu’à l’épaule…

Pendant une seconde, il y eut un combat de vouloir pur, l’affrontement des deux magies, l’une brûlant, l’autre étouffant. Mais comme une bougie au milieu d’une nuit sans limites, les flammes ne tardèrent pas à s’éteindre, domptées, écrasées. Les tentacules de ténèbres crissèrent leur triomphe, et des gueules garnies de crocs pâles s’ouvrirent soudain à leur extrémité … en un instant, tout fut terminé. Les deux Ignis basculèrent en arrière, la tête et les bras littéralement arrachés.

Puis, comme une main qui se brûle, les tentacules s’écartèrent toutes. Elles auraient désiré dévorer à son tour le troisième Igni qui se jetait à terre, mais quelque d’autre les effrayait. Droit devant, une aveuglante boule de feu arrivait en bourdonnant. Celle-là ne ferait pas que brûler, elle exploserait comme une bombe…

« Mieux. »

Le Noir leva la main et l’abattit comme une lame, en diagonale devant lui. Sur le tranchant de la paume, les volutes de Ténèbres incisèrent la réalité comme une lame de rasoir, créant l’une de ces singularités, paradoxes d’ombre et de réalité qui constituaient le jouet favori d’Iblîs. La brèche dans la réalité s’entrouvrit, et le Griffon enflammé, lancé sur sa trajectoire, s’y engouffra comme une flèche.

Que se serait-il passé, s’il était possible de suivre les quelques fractions de secondes suivantes par les yeux du projectile magique ? Eh bien, c’est à la fois très simple et quelque peu paradoxal. Les zones de paradoxes que manipulaient Iblîs ne constituaient pas réellement des portails de téléportation. On n’y franchissait aucune barrière scintillante, aucun instant de blanc total – d’ailleurs la moindre perturbation aurait suffi à faire exploser la bombe de Köh. Non – il pénétra dans la brèche, toujours en ligne droite, et l’intérieur n’en était rien d’autre qu’un tunnel parfaitement droit, avec une autre ouverture au bout. Rageur, bourdonnant d’énergie à peine contenue, le griffon fila en ligne droite, et émergea à l’autre extrémité … à un endroit différent.

Se demander comment la sorcellerie d’Iblîs opérait nécessitait de renoncer à la logique. Les adeptes de Chaos étaient capables de courber l’espace et de le déchirer, mais si leurs arts ployaient à leur volonté les lois de la physique, ils demeuraient explicables. La Nuit, en revanche, était le domaine d’où Descartes était banni, où ni les rêves ni les choses ne s’expliquent, refuge de tous les paradoxes, passée l’heure entre chien et loup … tout voleur le sait : c’est quand l’ombre vous cache que l’on défie les lois, n’est-ce pas ? N’en est-il pas de même pour celles de la nature ?

Et puis, il n’était plus temps de le vérifier.

Car avec une précision diabolique, l'extrémité du massage menait à quelques centimètres de la poitrine de l’un des deux Aeras combattants. Le projectile embrasé heurta le premier magicien en pleine poitrine et explosa. Un éclair rouge illumina la grotte, accompagné d’un fracas monumental. Deux secondes plus tard, quand les langues de flammes et la fumée se furent dissipées, il ne restait qu’un cadavre carbonisé et un agonisant. Au moins était-il débarrassé de ces empoisonneurs. Il pouvait étouffer de nombreuses formes de magie, mais pas cette lumière condensée qui le harcelait depuis quelques minutes.

A peine son portail ouvert, Iblîs n’avait pas attendu pour en examiner le résultat. Comme les pattes d’un crustacé, les tentacules s’étaient recourbées par-dessus l’ouverture du passage et, s’affinant pour gagner en vivacité, avaient profité de la seconde de stupéfaction du dernier Igni pour l’empaler de cent aiguilles de noirceur. Plongeant en avant, comme s’il volait, le Noir fondit sur les magiciens Terra occupés à sceller les passages. Laissant dans le sillage de sa robe flottante des lambeaux immondes de Ténèbres, qui se rassemblaient en grosses gouttes espacés, comme de l’eau sur une plaque de verre. Dans la demi-seconde qu’il mit à traverser la salle, les tentacules se rassemblèrent en un seul faisceau, et de fouets, devinrent lame. Dans un silence absolu, la silhouette noire passa au milieu du groupe. Sans heurt, l’excroissance de ténèbres opéra un doux mouvement horizontal. Il ne put résister à la tentation de lui donner la forme d’un cimeterre, puis d’une Faux, tandis que dans son esprit, passait muettement le sourire d’une enfant succube...

Mais ce qu’avait regardé le démon, pendant la poignée de secondes qu’il avait mis à massacrer méthodiquement les soldats, ce que ses yeux ne quittaient pas, c’était ces deux hommes situés derrière. Celui nimbé de flammes, qui avait exactement le même sourire étrange qui étirait parfois ses propres lèvres. Et l’autre, indistinct, dont la simple arrivée avait prouvé son identité de Maître de l’Eau.

Il ne poursuivit pas son attaque et s’arrêta net, bras croisés. Derrière lui, s’effondrèrent l’un après l’autre les enfants de Terras, ouverts en deux. La dernière chose qu’ils virent fut Iblîs leur tournant le dos, faisant face à Köh et son compagnon, son arme de moissonneur se scindant à nouveau en tentacules monstrueux et en flaques se répandant à terre.

Pour leur dernière vision, la Faux, le Faucheur et la Faucheuse n’avaient fait qu’un…

* * *

Il y eut un court instant de silence où Iblis dévisagea les deux élémentalistes. Tous deux des guerriers accomplis. Celui qui tenait de nouvelles boules de flammes dans sa main ne lui évoquait pas de souvenir. En revanche, l’autre … l’autre lui évoquait vaguement quelque ancienne rencontre. Ce n’était pas sa taille, ni son visage, d’ailleurs dissimulé sous un masque. Mais quelque chose dans la magie qui émanait de lui ... mais peu importait. A mesure qu’il montait vers la Forteresse, il avait pris conscience de la pulsion instinctive qui l’avait fait monter des profondeurs. Il savait pourquoi il était ici, et rien, ni personne, ne l’empêcherait de mener à bien cette tâche, car d’elle dépendait le Choix.

« Ainsi même la chute d’Elament n’aura pas suffi à mettre fin à cette guerre. Votre existence est courte mais puissante, ô Magiciens … forte, votre volonté de vivre, de repousser le moment de s’endormir une dernière fois. Aussi la mettrai-je à l’épreuve… »

Iblîs décroisa les bras les monta jusqu’à hauteur de visage. Les mains longues s’écartèrent, blanches dans la pénombre. Entre les doigts, il dévisagea les deux magiciens de son regard sans pupille. Puis les longs cils presque féminins descendirent et voilèrent les globes noirs. Quand ils se rouvrirent, l’attaque suivante fut complètement différente des précédentes.

Dormez …

Les démons doués d’un réel don d’hypnotisme sont rares. Seuls quelques maîtres du Contrôle pouvaient pousser la suggestion mentale jusque là. Mais la plupart pouvaient transmettre des émotions ou des suggestions liées à leur pouvoir. De tous les maléfices de la nuit, Iblis d’unir sa volonté au plus simple, au plus inoffensif en apparence, mais le plus insidieux. Cet adversaire qu’on ne peut vaincre et qu’il faut finir par accepter comme maître, celui auquel tout mortel finit tôt ou tard par céder. Le Sommeil.

Avez-vous remarqué qu’un certain temps dans une pièce noire vous fatigue plus rapidement que la même activité en plein soleil ? Par sa présence, l’obscurité influe sur les rythmes biologiques. L’ombre, au plafond, sembla tourner lentement, fascinante, vertigineuse. Toutes les ténèbres de la salle se tendirent à nouveau en tentacules aveugles, mais cette fois, elles étaient invisibles. Elles n’imposaient pas un ordre, comme l’instruction de dormir d’un Contrôleur. Elles ne faisaient qu’en parler entre elles, comme si vous n’étiez pas là. Elles n’agressent pas. Elle ne font qu’effleurer l’esprit de leur caresse sans douleur, attirant sans violence, mais implacablement. La Nuit savait se faire douce, infiniment douce…

Dormez …

Elle ne s’en prenait pas à la volonté, ne tentait ni de dominer ni de courber l’esprit à ses vues. Elle se contentait de passer et repasser, et chaque passage, comme une éponge sur un tableau, rendait les choses un peu moins claires, un peu plus pâles, un peu moins précises. De toute façon, en cet état de demi-veille, les choses ont moins d’importance. Il vaut mieux y réfléchir dans la matinée.

Dormez, magiciens … juste un moment.

On se bat mieux frais et reposé … mais bien sûr, ce n’est pas possible, il faut se battre. Pour protéger la forteresse. Mais avant, il faut se détendre un instant, n’est-ce pas ? Pour rassembler ses forces. A relâcher la volonté qui domptait la magie, au prix de la fatigue. A ouvrir la main, laisser tomber le feu et le fer, juste le temps de prendre une respiration, de s’étirer les muscles. Juste pour bâiller une seconde. Ils ont de la chance, tous ces corps allongés à terre. Ils dorment déjà … paisiblement.

Dormez … dormez … il est tard …

Souvenez-vous, semblait chuchoter une voix tentatrice. Vous protégez la forteresse. Ceux qui vivent ailleurs. Vos amis, vos parents. Pour leur offrir la sécurité, le repos. La douceur d‘un soir, la joie de se coucher sur le sol, de regarder s’éteindre l’horizon… Souvenez-vous des draps de soie, de la chaleur de l’être aimé à vos côtés. De la quiétude et du bonheur tendre et fort qui vous saisit au cœur, de pouvoir reposer à l’abri de murs de pierres, qui protègent contre le froid et les choses du dehors.

Où l’on peut dormir sans crainte.


Cette douceur, n’est-ce pas aussi cela, la Nuit ? De la fenêtre, vous voyez le garde sur la muraille, rassurant, protecteur. Il ne dort pas, lui, il veille sur vous. Debout, immobile. Comme l’homme … l’homme noir que vous regardez en ce moment, il vous verra vous endormir, lui veille. Comme le garde sur la muraille…

Dormez… dormez… il est l’heure, après tout … votre heure …



Oui … il est sûr, vous êtes dans une forteresse … il faut la protéger. Oui, c’est une bonne chose. Oui. Il faut … protéger.



La forteresse … Il faut … c’est important … il faut … il faut qu’elle vous protège. Bien sûr.



C’est important. Parce qu’elles protègent, les forteresses. Il le faut absolument.




Elles protègent. Elles rassurent. Chaque soir, on y éteint les grands feux, dans les Forteresses qui doivent … défendre. Parce que la Forteresse protège.





On peut y dormir sans crainte, y éteindre les bougies.





Regardez, la petite flamme que vous tenez dans votre main.
Ce n’est même pas la peine de se fatiguer à la souffler.
Déjà, elle faiblit doucement, à mesure que de tous côtés, la pénombre se fait, l’ombre s’approche pour vous entourer, comme une couverture douce…




Reposez …






En paix…







… magiciens…
























.

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KöH
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MessageSam 2 Oct 2010 - 13:55

Le sommeil… un ennemi bien coriace.

Le griffon avait été une première tentative qui échoua… lamentablement. Il la pensait capable d’atteindre le démon mais le résultat fut pire qu’il pu l’imaginer. Le feu animé s’engouffra dans un « il ne sait quoi »… un chemin, un gouffre. Malheureusement, l’animal enflammé apparu plus loin, du mauvais côté. Paix à vos âmes. Votre mort fut rapide. Est-ce que nous nous souviendrons de vos noms ?

Et c’est dans ce genre d’instants où le chef des lieux, enfin arrivé, se sentait de taille à affronter seul un maître des Ombres ? Jamais ! Jamais KöH ne quitterait le combat sans avoir accomplit son devoir de protecteur. Il ne répondit pas à son nouveau chef. De toute manière, il n’en avait pas vraiment le temps et préféra se concentrer pour garder son énergie intacte, la faire filer entre ses veines, chauffant l’air autour de lui, créant des flammes sous ses pieds, et le long de son bras droit, une torche ondulait
_ Oxygène, que ferais-je donc sans toi ? _

Mais, alors qu’il voyait les corps inertes autour de lui, que la rage bouillonnait en lui comme du magma… alors que le feu grandissait en grondant autour de lui, l’atmosphère s’était adoucit. Quelques mots glissèrent entre les lèvres invisibles du démon. Puis… les tentacules d’Iblîs n’attaquèrent pas. Au lieu de ça, on aurait-dit le vas et vient des vagues. Douces, prêtes à venir vous bercer tendrement. Elles léchaient les parois du souterrain, envieuse d’envouter ses proies. Le sommeil toquait à la porte, une valise de poudre en main. Le sommeil paradait dans ses sombres vêtements d’ébène aux tâches blanches s’apparentant à des yeux vaporeux. Alors, les yeux sombraient sans demander la permission à la volonté de l’homme. Le corps oscillait lentement. Phase du sommeil léger en courte…

Les paupières lourdes se relevèrent pour laisser les yeux observer une fois encore, les vagues des serpentins de ténèbres. De… ténèbres ? La conscience se réanima alors, la tête se pencha de droit à gauche, claquant les vertèbres de la nuque. La mâchoire se décrocha un instant pour autoriser un petit bâillement. Le feu s’était presque éteint autour de lui, les boules rouges qu’il avait créé d’avance se laissèrent mourir au creux de ses mains. Alors, KöH le réanima d’un seul geste, les flammes crissèrent sur lui, éclairant son corps tout entier. Alors, les jeux d’ombre et de lumière furent plus féroces. L’homme s’empressa de prendre les griffes de métal pour se les accrocher aux doigts. Parer pour le combat. Les flammes dansaient autour de l’Igni, tournoyant autour du bras droit levé au ciel… de longs filaments partants du cœur de l’homme s’embrassaient en tournoyant jusqu’au bout de ses doigts, puis filant plus loin, plus haut… jusqu’à s’agglomérer pour former à l’extrémité des filaments, un petit chapeau fumant de rage. KöH était une brute au corps à corps, mais en matière de magie… c’était un artiste plus qu’autre chose. Une méduse s’était formée, quelques longs filaments se dispersaient autour de l’ancienne Sentinelle d’Elament, pour aller attaquer comme faire ce peu, les branches voraces des ténèbres du démon.



Dessin/colo pas du tout terminé je m'en excuse. Pas vraiment le temps.


Avait-il peur ? Certainement. Mais parfois, il fallait passer outre ces sentiments. Se faire passer pour plus dangereux qu’on ne l’est. Cacher ses doutes, masquer ses craintes, affronter l’avenir. Il se disait, comme simple réconfort…


* Je suis le meilleur. Personne ne pourra égaliser mon courage. Je marche dans l’ombre sans me retourner, la tête haute. La jalousie fuse autour de moi. Je suis… je suis le meilleur, personne ne pourra… non personne ne pourra. Personne ne sait qui se cache derrière mon masque. Personne…*

Il en fallait, du courage pour affronter le cœur de ses peurs qui se dessinait avec facilité et démence dans les tâches d’ombres, au milieu des flammes. L’homme le plus courageux se murmurait certainement des mots, des prières. Mais à moins de lire les pensées, on ne pouvait se douter qu’un homme pouvait intérieurement, se sentir plus bas que terre pour en venir à se la jouer un peu macho sur les bords. Extérieurement, il semblait prêt à endurer toute épreuve.


La mélodie des flammes envoutèrent KöH. Les muscles détendus, l’homme dansaient légèrement, exécutant soigneusement un enchaînement de différents Katas. Les muscles se froissaient par moments, durcissant à chaque contraction. Le feu dansait comme de la poussière dérangée par la danse. La méduse, pantin de son créateur, glissait au-dessus de sa tête. Les mains délicates, aux gestes envoutants de délicatesse et de sincérité. Une maîtrise presque parfaite de l’art du combat rapproché. Mais on vit dans un monde ou l’énergie de chaque élément dépasse le corps à corps… alors, après avoir calmé l’énervement, contrôlé ses peurs… il y eu un… cri.

Les muscles se contractèrent, les mains se joignirent en face, les bras parallèles au sol, les doits écartés et crochus, alimentant la méduse de sa fureur la plus extrême. On pouvait voir de grosses boules de flammes glisser dans les filaments comme l’eau se fait aspirer dans un tuyau quelconque. Le chapeau ne grossissait pas mais crachait l’énergie qui lui était envoyée, comme les flammes du soleil crachaient durant des irruptions et retombant sur la surface bouillante du soleil, formant une boucle de chaleur.

Un autre cri, arrachant presque la chair dans la gorge de l’homme. Il ne faisait pas vraiment attention à ce que pouvait bien trafiquer le maître des lieux, qui fut en vapeur avant la phase du sommeil. Les bras joints firent tournoyer la méduse, le corps ondulait comme un cowboy faisant tournoyer son lassons au-dessus de sa tête. Ainsi, KöH se gardait un périmètre de… espérons-le, de sécurité. Les griffes métalliques rougirent. Ce n’était pas la chaleur la plus intense qu’un igni pouvait produire, mais seulement la limite de KöH. La capuche s’était gonflée d’air chaud avant de tomber sur la nuque, laissant les cheveux blancs respirer un peu.


* Je veux que tu regardes le combat que je mène. Je veux que tu te souviennes de cet instant… oublie la guerre d’autrefois… oublie mes bavures… attend mon retour je l’espère tardif.*

KöH puisait une grande partie de sa force dans les souvenirs de son égoïsme… cause de la perte d’un amour sincère. Peut-être que la différence entre le bien et le mal était là. Combattre avec le cœur, ou combattre avec l’amertume. Sous son masque, les dents crissaient, les lèvres retroussées comme un chien d’attaque près à bondir. Ne l’oublions pas, il avait un peu de hyène en lui. Son père lui avait légué un peu de son sang de bête. C’était certainement de là que venait la combativité de KöH et ce sourire énigmatique… qu’il cachait souvent derrière son masque.

Quelques mots s’échappèrent entre ses dents, d’un calme contradictoire.


" - Puissiez-vous vivre éternellement… ! "

Avait-il déjà dit ces mots à quelqu’un d’autre ? Oui… il y a bien longtemps. Mais le présent s’est couché sur ce passage de la vie, écrasant ce souvenir. Cette phrase pouvait être douloureuse, envoyée comme un dard dans le cœur d’un démon déjà éternel. Qu’est-ce donc que l’éternité ? On retire le terminus, la fin de toute chose… on retire la peur de la mort, la limite de l’apprentissage, la limite de toute chose. C’est pourtant la conscience de la mort qui a mené beaucoup de races à s’élever, intelligentes (ou pas trop), prêtes à remplir leur vie du mieux que possible.

Il savait, qu’il ne pourrait jamais mettre fin à la vie d’un tel démon, jamais aussi le repousser seul. Il était, avouons-le, rassuré de la présence de Shin.


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Shin
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MessageDim 31 Oct 2010 - 19:10

As-tu conscience de la portée de tes actes? Que crois-tu faire en agissant de la sorte? Tu t'invites tout seul sous mon toit, tu démolis mon sol, tu éteins mes lumières, tu essayes d'appliquer ta logique foireuse dans mon terrier et surtout...tu tues MES ENFANTS!!! Derrière ce voile de ténèbres, il y a un coeur? Ou même une tête? Un simple cerveau capable, au moins un instant, de comprendre l'ampleur de tes caprices? D'utiliser un minimum de logique pour cerner la réalité qui t'entoure? L'ombre t'aurait-il ramolli l'esprit? Je ne te sens pas en mesure de penser même un peu. Sinon, tu n'aurais même pas osé essayer de m'endormir.

Écoute tes petits! Ils n'ont pas d'oreilles, ils ne sont habituellement que tâches sur les murs, mais ils le ressentent sûrement. Tes ombres ne sont pas les seuls ici à vouloir le monopole de la roche. Tu as joué un jeu dangereux, mon chéri. Deux ignis, puis un aéra, puis un autre Igni, puis cinq Terras. Chacune de ces morts sont autant de clous qui vont sceller ton tombeau. A chaque nouveau cadavre, c'est un nouveau coup de marteau qui t'isole vers ta fin. Et tes petits l'ont sûrement ressenti. Ce vrombissement dans ces grottes qui va en crescendo, circulant tout autours de nous, donnant la chair de poule à la paroi. Si tu entends les murmures qu'ils te rapportent, je pense que tu dois avoir saisi où tu as mis les pieds et que tu devrais dégerpir plus vite que ton ombre.

TU ES DANS MES ENTRAILLES! CECI EST MA FORTERESSE!

Cessons de jouer désormais. Les pièges que tu as franchi avec brio n'étaient que facéties, bien installés pour traquer les petits intrus ainsi que tes éclaireurs, pour les repousser. Il s'agit plutôt d'un champ d'expérimentation où le chef laisse libre court à l'imagination de ses sujets pour améliorer leurs techniques, tester de nouveaux sorts, développer la recherche. Car si l'elfe noir avait bien compris quelques choses lors de sa prise de pouvoir, c'était qu'il devait cultiver son jardin. Le traqueur infernal était mort le jour de la perte pour laisser place à un chercheur de fond. Pour remporter une nette victoire sur les démons, en tant que chef il devait s'armer d'une grande patience...et travailler. La première place fut la mise en place de ce solide refuge, pas très loin de nos amis démoniaques, mais assez pour passer inaperçu de nombreux mois. Un endroit où établir son jardin. Puis il dut établir des lignes sur lesquels il pouvait construire les bases de son champ : ses enfants. Leur donner des responsabilités, les faire travailler, les renforcer pour donner des racines dures comme la roche qui nous entoure. Puis vint les premiers rayons de soleil sur la plantation : Ruby. Ainsi à partir de ces bourgeons, il créa la Forteresse. Les plantes poussèrent de partout, des commandos, des spadassins, des éclaireurs. C'était une bonne idée au départ, mais tout cela n'aurait était que quelques ricoches à la surface de l'eau, si il n'y prêtait pas attention constamment. Pour cueillir les plus bons fruits, cela demandait un concentration de tout les instants...mais aussi de la technique. Apprendre constamment était sa première priorité. Connaître l'ennemi, l'allié et soi-même. Et ce fut le point de départ de la section de Magie de la Forteresse contrôlée par Lya.

Et les pièges que tu as affronté, tu as bien fait de les traverser. Car c'est la preuve que nous devons encore nous améliorer. Merci pour cela. Ce sera la seule chose pour laquelle l'elfe noir te serait reconnaissant.

Les pièges n'étaient qu'amuse-gueules, mais les gardes aussi. Les meilleurs hommes étaient envoyés en Spadassin, à travers les tranchées adverses. Le gros des troupes étaient lancés en Commandos pour former une ligne de front, comme un grillage tout autours des jardins. Cette poignée que tu as abattu, ce n'était pas mes meilleurs hommes, et maintenant je le regrette amèrement. Car leurs missions étaient de surveiller et non d'affronter. Et tu les as froidement assassiné. Il y a deux personnes ici encore vivante à qui je ne pourrais pas pardonner ce qui vient de se passer.

L'un payera le prix par un fardeau quotidien, mais l'autre va devoir le payer maintenant. ET MAINTENANT? Sais-tu ce qu'il se passe? Sais-tu ce que tu viens d'éveiller?

C'EST MA COLÈRE!

A l'époque, peu de gens ayant connu le chef, que ce soit physiquement ou par les rumeurs, savaient qu'il était dans l'incapacité de sortir de son terrier et encore moins d'en connaître la raison. Certains se sont posés la question. Et la raison leur a probablement donné de mauvaises réponses. Les plus naïfs, les plus faibles, les plus bas de la chaîne de commandement, pouvaient s'imaginer qu'il s'agissait d'une histoire d'obstination. Que le commandant n'osait pas donné son siège puisqu'il se sentait la colle de toute la résistance, d'une façon bien arrogante. Que ces alliés avaient certes de nombreux talents, mais qu'il se sentait le seul capable de tous les régir. Certes, l'expérience et la connaissance de ses troupes étaient ses deux atouts les plus considérables, et former un nouvel tête prendrait du temps. D'autres pouvaient penser qu'il s'agissait d'une peur, qu'il était confortablement assis sur son trône, laissant les commandos se faire charcuter. Ceux-là étaient bien trop loin de la vérité. Il ne pouvait même pas imaginer la voûte sous laquelle ils se tenaient et à quel point le chef en était la clé. Car voyez-vous, c'était une erreur de penser que la Forteresse était une grotte aux parois renforcés avec des gardes un peu partout et des traquenards tout autours. Ceci n'était qu'un rideau.

LA FORTERESSE EST SHIN! SHIN EST LA FORTERESSE!!

Au-dessus de leurs têtes, à une centaine de mètres plus haut, encore plus haut que le sphinx suspendu, plusieurs détonations s'enclenchèrent. Des bouchons de glace sautèrent les uns après les autres du plafond, sous la pression de la vapeur qui vint submerger le sommet du dôme. Une dizaine de morceau de glace d'une taille de pastèque vinrent percuter le sol...au potentiel détriment des deux entités encore vivantes. Peu avant, pendant que se livrer l'aasimar à une danse enflamée, des ouvertures secrètes apparurent, des jets de lumières avaient jailli d'elles pour les sécuriser et des fils d'eaux s'étaient élancés sur les cadavres et sur l'aéra agonisant pour les rapatrier en dehors de la scène. Aussi subitement que les fils étaient venus, les petites portes se refermèrent pour empêcher l'ombre d'y poser pied. Il n'y avait plus de chairs que celle de l'Aasimar en ces lieux. La projection de vapeur du chef qui avait interloqué notre guerrier de feu précédemment s'était quant à elle retirée sous la chaleur.

Un ondulation de vapeur extrait de la brume qui était apparu perça l'obscurité pour aller s'introduire dans le casque d'une statue. Dans un même temps, une lance de glace vint perforer le sol à quelques mètres de cette sculpture à l'effigie....du chef. Elle avait une autre particularité que l'on ne remarquait pas du premier coup d'oeil, même sous la lumière. La scultpture n'était pas en pierre, mais de la boue gelée. Comprenez-vous? Il s'agit d'un golem pour Terra...et pour Aqua. Mû par l'infime partie de conscience que le chef avait infusé dans la vapeur, la statue prit âme. Le corps se dégela en partie pour apporter de la souplesse aux membres. Il fit un pas pour quitter le piédestal. Sous le poids, on entendit le fracas du sol. Les bras quittèrent leurs positions triomphantes et de toute son envergure, le golem s'étendit pour montrer le colosse qu'il était et extirper de la terre, la lance qu'on lui avait offerte. Ce bâton de glace, dont la dureté faisait la fierté de son créateur, se transforma. La pointe tournoya sur elle-même pour prendre l'allure d'une tête de foreuse. Des plumes liquide se déployèrent tout autours et se mit elle aussi à tournoyer.

Une voix provenant dont ne sait où se fit entendre. Cette voix résonnait avec la vapeur, avec sa magie, ce qui empêchait d'en connaître plus sur sa provenance.


"Je vous prie de m'excuser mon cher invité. Mais j'ai aussi besoin de mettre mes ennemis à l'épreuve de ma force...avant de les rencontrer. Avant tout, je vous présente MON CHAMPION!"

Tel une instance d'attaque, le guerrier de glace répondit aux deux derniers mots et se propulsa sur une tentacule. D'un geste transversale, il transperça le cou d'une tentacule qui vint à sa rencontre. L'attaque passa à travers...mais pas la magie qui en émanait.Si les ténèbres endort, le froid ralentit, voire gèle le présent. Des firmaments de gel s'agrippèrent au cou de la bestiole longiligne et se multiplièrent le long de l'échine ténébreuse et pénétra l'obscurité pour givrer la tête de la bestiole. Le fléau de glace continua sa propagation le long de la ligne vers les dessous de la robe. Mais évidemment c'était trop lent! La lance tel une bourrasque brandit au-dessus de lui, la golem bondit à plusieurs mètres de hauteurs et avec la force la vélocité et la puissance qu'on lui avait insufflé, balança cette petite tornade faite de vapeur, de brindilles de glaces et de masse d'eaux, tel un javelot sur le ténébreux. Doutez vous bien que celle-ci ne finira sa course que lorsqu'elle aura atteint sa cible. Mais comprenez-bien que celle-ci finira par exploser dans tout les sens, dans le seul but d'atteindre sa cible.


*Le Feu mon allié, l'Obscur mon ennemi, fuit la chaleur et marche dans les pas du Ténébreux. Tel est ma volonté, tel est mon pouvoir*
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Iblîs Nemrodus
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MessageJeu 9 Déc 2010 - 13:47

« Puissiez-vous vivre éternellement… »

Les yeux inhumains s’étrécirent, tandis qu’une expression étrange passait sur les traits de cire. Ils se vrillèrent dans les yeux de KöH, ces globes sans regard, opposant toute leur puissance de fascination au venin des mots qui avaient étés prononcés. Dans un instant de silence aussi improbable que total, les lèvres du démon articulèrent distinctement une réponse.

« Vœu déjà exaucé, car le temps s’écoule, et je demeure… mais vous qui connaîtrez l’autre monde, je ne vous envie pas, car la mort ne sauve ni ne libère. Elle fige seulement à tout jamais les choses, et les rend ineffaçables. Si tout finit ce soir, mortel, qu’aurez-vous laissé derrière vous ? »

Etrange combat que celui-là, long d’une seconde à peine, où mots et regards portaient, aussi mortels pour l’âme que le métal ou les sortilèges. Pendant une seconde, toute l’attention d’Iblîs se focalisa sur ce guerrier aux cheveux blancs, teintés d’incarnat par les flammes qui embrasaient l’air autour de lui. Ce regard-là ne se baissait pas, il le défiait de pleine face, comme peu de regards n’avaient jamais osé le défier. La plupart des mortels connaissaient le doute en approchant une présence d’une essence aussi différente que la leur. Certains, un peu plus forts, réagissaient en mesurant leurs pouvoirs aux siens, comme l’enfant d’Aqua le faisait en ce moment. Mais cet homme sans âge l’avait défié sur son propre terrain, avec un calme olympien. Il avait frappé au seul endroit où le Démon ne s’était absolument pas protégé, perçant au point faible de l’immortel - ouvert avec violence la Boîte de Pandore, où dorment au fond de chaque être les sombres vérités qu’on n’ose soi-même affronter, celles qui peuvent tuer, si on les regarde en face.

Dans cette une passe d’armes de conviction pure où s’entrechoquèrent leurs êtres, avec une sorte de stupeur, Iblîs découvrait une âme aussi trempée que la sienne. Et pour lui, habitué à plier les êtres, cet affrontement-là était quelque chose de plus difficile à mener que l’autre bataille, celle qui ravageait en ce moment le dôme. Il entendit à peine le fracas qui accompagna le déchaînement d’eau et de vapeur, ni n’essaya d’empêcher la Forteresse de mettre les siens à l’abri, ni ne jeta un regard au golem qui s’animait. Son attention était focalisée sur KöH, tandis que, comme douées d’une volonté propre, les tentacules de nuit protégeaient leur maître.

Une grappe supplémentaire d’entre elles jaillit spontanément de l’arrière de la robe. Comme attirés par la magie qui venait d’inonder le plafond, elles fendirent l’air avec un sifflement diabolique, et dévorèrent les morceaux de glace qui tombaient. Elles ne firent pas que broyer la matière – elles s’en prirent à la magie qui les habitait encore, nimbant les blocs de glace d’un réseau agressif de filaments de ténèbres, donc l’énergie suffisait à disperser le pouvoir Aqua, à changer la glace surnaturelle en résidus de magie inutilisables.

Au niveau du sol, l’espace d’une fraction de seconde, un ondoiement violacé inonda les tentacules de ténèbres, comme si la volonté du démon se manifestait de manière visible. Puis une violente onde de puissance en émana, et volatilisa le givre qui gagnait le long des excroissances noires. Ce ne fut qu’à cette seconde qu’Iblîs rompit son duel de volonté avec l’Igni pour se concentrer sur l’autre adversaire. Il le suivit du regard bondir en direction du plafond.

« Si ta force réside en ta magie, ne l’oppose pas à la mienne, guerrier. En un duel de sorciers, tu serais broyé. »

Là-haut, l’adversaire fit tournoyer son arme, créant un cyclone tourbillonnant, dont la pointe était dirigée droit sur lui. Ce qu’elle contenait exactement était difficile à déterminer – elle évoquait l’arrivée d’une petite bombe emplie de lames, de pointes, de froid, de chaleur ou de pression, mais son potentiel destructeur était redoutable. Parmi la réputation qu’on leur en faisait parmi les armées démoniaques, les Aquas étaient encore plus redoutés que les Ignis en termes de puissance de destruction. De nombreux Démons pouvaient résister aux flammes – peu à un déluge de lames et de paillettes de givre à cent degrés sous zéros, sous une pression de quinze atmosphères. Pourtant, sans reculer d’un pas, le Démon Noir fit face, laissant son adversaire projeter son attaque. Lorsque le cyclone fut dardé sur lui, il leva l’index.

« Fou… » murmura Iblîs, presque avec affection.

Les tentacules replongèrent soudain dans leur matrice d’ombre, avant d’en ressortir avec une rage renouvelée. Elles étaient différentes des premières : rectilignes au lieu d’être ondoyantes, se cassant en angles droits au lieu de douces courbes. Fourchues, acérées, elles n’évoquaient soudain plus des fauves prêts à dévorer, mais des arcs électriques nés pour foudroyer. La volonté inhumaine les canalisa, les obligeant à concentrer leur puissance en un faisceau destructeur, focalisant leur puissance au rythme de mots.

« Kal-Es Equon ... Foudre de Jais Maudit, Encre dans la main gauche des Rois, Lame qui dévore le Monde. Altanash ! »

L’air lui-même se tordit, comme un claquement de fouet, lorsqu’Iblîs relâcha sa volonté. De l’index tendu, un faisceau tournoyant de magie jaillit, et pendant un instant, on aurait pu croire que les Ténèbres elles-mêmes pouvaient s’iriser d’une nuée de tons différents, festival de nuances toutes absolument noires, et pourtant toutes différentes : non-couleurs, spectre d’ombre, négation de l’arc-en-ciel. Juste avant que les deux sortilèges ne se percutent, Iblîs articula un autre des mots secrets – puis vint le choc.

Bien qu’une violente onde de choc accompagnât la collision, le cyclone aquifère et la lance de nuit pure ne s’annulèrent pas en une explosion aveuglante et sonore. Le faisceau d’éclairs noirs cohérent qu’avait tissé Iblîs n’était pas une simple projection d’énergie incontrôlée destinée à produire un choc ou des projectiles. A la différence de tous les sorciers du monde, il avait un contrôle absolu sur chaque infime parcelle de magie qui la composait. A l’infime instant où les deux projections magiques s’atteignirent, il déchaîna la véritable nature du sortilège. Comme un arbre obscur, le faisceau se décomposa instantanément en un bouquet d’éclairs infiniment complexes. Chacun, de sa course en zig-zag, intercepta une parcelle de glace et de vapeur. Au premier contact, celles-ci explosèrent comme des shrapnels plus petits et plus dangereux, mais chaque lance de ténèbres se divisa à nouveau en arborescences plus fines pour les poursuivre, annihilant chacune dans un petit geyser de noirceur.


Pendant une seconde, la grotte laissa aux prunelles l’image d’un arbre aux ramifications infinies, où les branches d’obscurité étaient habillées de givre le plus pur. Puis soudain, les fleurs fanèrent, le givre s’évapora, et ne restèrent que les branches noires et aigües, intactes, comme si le sortilège qu’elles avaient combattu n’avait pu les effleurer.

Car malgré sa puissance, la déflagration que le golem avait projetée n’était qu’un projectile, une bombe dépourvue de volonté ou de structure consciente. Or, la plus terrible arme d’Iblîs n’était pas son corps étrange, ni son expérience des batailles, ni la puissance brute qui caractérisait les rois de l’enfer tels que Khisath – c’était sa capacité à insuffler dans chaque parcelle de sa magie une volonté froide, contrôlée, dure comme l’acier, grésillante comme un éclair noir. Ce qui était l’objectif d’années d’étude chez les Professeurs d’Elaments – atteindre ces rares instants de grâce de contrôle absolu de ses propres pouvoirs – était chez lui une capacité intuitive, inaccessible à toute créature qui n’était pas née de sorcellerie pure. C’était cela, et nulle autre raison, qui faisait de lui le plus dangereux sorcier de cette ère, capable de combattre non pas les effets glacés ou brûlants de la magie, mais de combattre directement leur source.

Les milliers de scalpels de ténèbres n’avaient pas explosé – ils n’avaient même rien perdu de sa puissance en détruisant le sortilège adverse sur son chemin. A la vitesse de l’éclair, les vastes ramifications changèrent de direction et fondirent droit sur le golem, comme autant d’aiguilles dures comme le diamant. Elles n’étaient pourtant plus en contact avec la main de leur créateur, mais les monstrueuses amibes de Ténèbres, informes, changeantes continuaient leur course dévorante. Mi-créatures, mi-sortilèges, les Foudres d’Altanash étaient connues dans les contes et les légendes, mais aucun ne racontait comme s’en débarrasser avant qu’elles n’aient dévoré toute forme de vie ou de magie.

A la même seconde, comme si la précision de cette action ne nécessitait même pas un regard, Iblîs se mit en route droit en direction de KöH. Autour de lui, d’autres éclairs en zig-zags continuaient à larder l’air, leurs grésillements s’amplifiant sans cesse, comme affamés d’une autre source de magie à annihiler. Cependant, lorsqu’il parla, il ne s’adressait ni complètement à l’Igni, ni complètement au Maître de la Forteresse.

« Vos pouvoirs sont faibles » siffla sa voix d’abîme. « S’ils ont reçu le don de créer et de réparer, ils ne peuvent égaler les nôtres pour la destruction. Pourquoi vous obstiner à protéger ce qui est destiné à être détruit, pourquoi réparer dans le sang et les larmes ce que tôt ou tard nous viendrons jeter à terre, pourquoi faire pousser les récoltes qui brûleront sous nos pas comme désormais brûle Elament? Vous ne faites, mortels, retarder l’inéluctable... »

Croisant les doigts devant sa poitrine Iblîs les déplia soudain comme une offrande, bras levés, paumes écartées. Ses phalanges s’arquèrent selon un angle impossible, comme si on lui avait cassé certains doigts en arrière. Les dix doigts pâles, comme brisés, pointaient désormais à peu près dans toutes les directions.

« Altanash ! »

Cette fois, ce ne fut pas qu’une seule Foudre qui jaillit, mais dix, chacune née d’un doigt, qui venaient de jaillir comme de monstrueux projectiles, chacun bourdonnant de la même énergie que le premier. Quatre filèrent aux quatre points cardinaux, à l’endroit où s’ouvraient les ouvertures des couloirs scellés. Deux jaillirent en direction de KöH, affamées de chaleur et de lumière, trois autres rugirent en direction des hauteurs où la première Foudre déployait déjà ses maléfices, et la dernière se courba, jusqu’à faire un anneau instable et crépitant, tournoyant comme un bouclier autour du Sorcier…

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KöH
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MessageDim 16 Jan 2011 - 21:16

Les mots sont des armes…


Il y a des combats de sang et de coups. On donne nos plus violentes bourrasques en espérant gagner contre l’ennemi. Parfois, lorsque la fin est proche, la folie et la rage s’emparent de nous comme un virus assoiffé par le mal. Alors on cogne, on s’oublie. Chaque cible est un nouveau but à achever. Mise à mort. Mais dans ce cas présent, la folie serait notre perte… car en face c’est un démon qui sonde chaque parcelle de magie.

Le Maître de la sorcellerie, calme comme une mer d’huile, avait certainement plus d’un tour dans son sac. Mais sa réponse sonnait faut. Il y avait quelque chose d’illogique et contradictoire. Pas le temps d’y répondre, ses ténèbres se jetaient déjà sur Shin. Dépassé par la vitesse, la force et la rigueur de ses attaques, KöH devint un spectateur. Que pouvait-il faire d’autre ? La méduse filait toujours autour de lui. Mais elle ne le protègerait pas indéfiniment. En cet instant, ou les évènements le dépassaient, L’Igni se retrouva comme dans une bulle ralentissant le temps. L’inquiétude se faufila dans un clignement d’yeux à une vitesse réduite tandis qu’une goute de sueur glissa entre ses omoplates, pour sillonner le long de son étrange colonne vertébrale. Les efforts du maître des lieux ne semblaient pas intimider le moins du monde le démon. Bien au contraire. Même le golem tomba. La violence des attaques ne l’atteignait pas. Il fallait jouer plus subtilement. Peut-être que le jeu des mots pourrait se révéler bien plus coriace que celui de la magie.


Bon... je ne peux plus finir ni cette colo ni la précédente, je n'ai plus les pdf... XD

Autour de KöH, le monde s’écroulait, des éclairs violets s’attaquaient à tout… et bientôt à lui aussi. Un branchage épineux s’emparait de l’espace caverneux. Il fallait agir. Les ombres dansaient autour de l’Igni qui remarqua bien vite que les filaments de sa méduse peinaient à faire barrière contre la virulente attaque démoniaque. Alors il fit tourner la méduse sur elle-même pour enrouler les filaments entre eux. Ils fusionnèrent et le chapeau modifia son apparence en se déchirant en deux. Deux Éguilles pareilles à des crocs venimeux se présentèrent dans la fissure, et une langue fourchue apparue alors. Un serpent était né. Légèrement enroulé autour de son créateur, il sifflait du chaud. Mordant dans quelques branches biscornues qui s’approchèrent de lui. Peut-être que son venin viendrait à couler le long des veines ténébreuses… jusqu’à rencontrer leur créateur ?! Mais KöH ne se sentait pas pour autant en bonne posture. Les paroles du démon étaient assez ironiques et c’est seulement maintenant que KöH y répondit.


"  - Vous faites erreur… vous parlez de la mort comme si vous la connaissiez. Vous l’imaginez. Elle n’est qu’hypothèses pour vous. Je laisserais derrière moi des vies sauvées pour y retrouver celles que j’ai perdu. Mes ancêtres aussi. "

Le serpent mordait à tout va. La mort… qui qu’elle soit, semblait attendre au seuil de ce combat.

"  - Je ne peux vous battre… nous… ne pouvons vous battre. Peut-être alors, serait-il possible de ranger les armes pour en venir aux mots. Vous l’avez-dit vous-même, nous sommes fous. Fous de croire qu’un ancien Roi démoniaque veuille bien entendre nos paroles. Peut-être qu’alors, nous retarderions d’avantage notre perte. "

Il ne criait pas, mais parlait fort. Et la voix raisonnait le long des parois de la forteresse. La corde de feu s’abattit violement en cercle autour de KöH, la gueule écrasée au sol. Des éclats de feu s’éclipsèrent vers le plafond et les flammes formèrent un fin tapis sous ses pieds avant de remonter le long de son corps allumé par la vitalité des flemmes. Dans chaque main, une boule se forma comme avant son sommeil. Il les projeta au dessus de sa tête. Comme des bombes à retardement, elle éclatèrent avec force, envoyant une onde lumineuse sur les branches du Démon. Une douleur alors, s’empara de son corps, comme foudroyé par la peur, le froid… la faim… la fin. Son attaque ne l’avait pas protégé, pas assez. Les ténèbres le mordaient, comme la morsure du froid. Qu’allait-il ce passer ? Allait-il rejoindre sa douce ? Ou la chance lui sourirait une fois de plus… alors, dans la douleur, il répéta ses dires d'une voix toujours aussi monotone.

" - Oui... puissiez-vous vivre éternellement..."

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Shin
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MessageVen 4 Fév 2011 - 4:43

"Un adversaire, aussi faible soit-il, peut toujours remporter une victoire face à une attaque qu'il connaît déjà. Comment s'en protéger, comment y riposter. Qu'importe la puissance de votre action, si vous affrontez votre ennemi là où il ne s'attend pas, vous pouvez l'ébranler. Il est alors essentiel de constamment se réinventer."
Légende d'un elfe noir, Shinreï Suiton

Terrassé sur place par ce jet foudroyant, l'elfe noir ressentit à nouveau ce sentiment si douloureux qu'il avait oublié depuis des mois, des années. L'impuissance totale. Comme si son monde s'écroulait autours de lui, sa robustesse ébranlée et la chute de la forteresse. En un éclair de temps, comme si tout ici n'était qu'un amas de brindille pour mieux être consumé par les ténèbres. Sur ses épaules, le poids de ses responsabilités se fit écrasant. Lui, le maître des lieux, ne pouvait pas durer quelques instants face à la redoutable anti-magie. A force de triompher et de se faire mousser, la lame froide du traqueur infernal s'était tarie, malgré toute l'abondance d'éléments qu'il disposait ici. Son esprit avait perdu la justesse de l'analyse, et la mauvaise estime qu'il avait eu de ce sorcier venait de le positionner dans un état extrême de faiblesse.

Dépourvu de magie en raison de la rupture des liens qui lui en fournissait, la statue perdit son animation et de nombreuses fissures naissantes la disloquèrent. Cette pathétique carapace n'avait point sa place dans un combat face à un tel démon. Et l'elfe noir vint à payer cher le risque de s'approcher trop près de l'Obscurité. Exposé entièrement, il ne put s'échapper à cette foudre qui commença à dévorer sa Vie, la source de son inépuisable férocité. La structure-même de son esprit peu à peu effacée, de sombre pensées en profitèrent pour se loger dans sa tête. Et il comprit alors qu'il devait réagir vite. Très vite.

Si il n'avait point réagi en un éclair, la foudre aux mille branches l'aurait dévoré, comme venait de l'être le golem. Si il n'avait point eu cette discipline de renégat du Kalmastre, il serait mort sur l'instant. Comme quoi une leçon datant de plus d'un siècle peut toujours porter ses fruits. L'un des seuls apprentissages qui lui provenait de sa famille originel et qui avait façonné à jamais le fils prodigue. Quand il apprenait de la bouche d'un autre, il se taisait. Quand il s'entraînait, il répétait sans cesse ces gestes et ses pensées, jusqu'à ce que ces mouvements et ces sorts lui soient acquis. Après ces exercices, il continuait sans cesse à se perfectionner. Et lorsqu'il affrontait quelqu'un, il tirait parti de tout ce qu'on lui avait enseigné pour se battre. A travers toutes ces expériences, il avait compris le mot d'ordre chez les Suiton : La patience.

Le Sorcier en face de lui avait beau tenter de démanteler l'elfe noir, son esprit, endurci à l'extrême, ne vacilla point face à ces doutes et inquiétudes envahissantes. Si de nombreuses peurs l'avait habité auparavant, dorénavant il les domptait au fur et à mesure qu'elles lui arrivaient. Car il en était de sa priorité de régir l'intérieur avant même de vivre à l'extérieur. Entouré d'obscurité, il n'eut nul doute qu'il reverrait la lumière. La crainte de la mort de ces compagnons aurait pu le faire paniquer. L'effroi face à un tel monstre, doté de la magie la plus mystérieuse qu'il soit pour les élementalistes, aurait pu le faire basculer vers la résignation. Le sentiment d'impuissance qui remontait jusqu'à lui, comme la foudre démente venant en s'affranchissant des tentatives du drow, aurait pu le faire chavirer. Mais sa nature l'obligeait à tenir debout quoiqu'il arrivait, son corps autant que son mental. Vivant, on ne pourrait jamais le tuer. Puisqu'il est un Résistant.

Il bomba le torse et il projeta une puissante vague de vapeur qui occupa le temps d'un instant les inévitables éclairs. Une main brandit vers les hauteurs et l'autre affichant sa paume vers le sortilège, il fit deux actions simultanément. De l'index levé vers le phénix, un tissu s'élança pour qu'un crochet à son bout vint agripper à la tête majestueuse du plafond. De son autre main naquit un florilège de vapeur continuel qui alla se sacrifier afin de ralentir la marche funèbre du sortilège du Marcheur d'Ombres. Une quantité massive puisque le Mage d'eau offrit tout ce qu'il avait en lui et qu'il avait accumulé dans son corps au fil des mois précédents. Un exploit qu'il ne pourrait point renouveler.

De la ficelle, le tissu se fit rapidement corde, et l'elfe noir se remorqua vers les hauteurs, glissant contre la paroi du Dôme. Seulement, lorsque le fameux jet tiré d'un des doigts du Sorcier s'ajouta à la forêt déjà bien croissante, la foudre le dépassa et dévora en un instant un bout de la corde. Ayant prévu de nombreux étages de conduits, un bouchon explosa du mur à sa hauteur, sous la pression d'un jet d'eau qui l'enroba après que le bloc de glace l'ait traversé. Concentrant l'immensité de ses réserves autours de lui, un ballon d'eau s'agrandit rapidement et se mit à tournoyer pour échapper aux accrochages.

En observant l'attaque, l'elfe noir comprit ce qui animait ces tentacules dévoreuses. L'appétit de la Magie. Cette impression de perdre son pouvoir sous cette assaut provenait de là. Ces saloperies mangeaient à s'en mettre pleins la panse de son eau, buvant comme une éponge avec la volonté d'un asséché. L'appel du sang avait fait place à la soif de la magie. Ayant bouffé la moindre parcelle de sa magie du sol au plafond, les éclairs se concentrèrent sur la bulle, qui tourbillonnait à une vitesse de plus en plus forte afin d'échapper aux crocs qui inévitablement s'enroulèrent autours d'elle. Malgré la vitesse de la rotation et la quantité croissante qui se comprimait, l'elfe noir savait que le siège ne durerait pas indéfiniment et qu'il devait en finir dans l'instant. La densité était-elle que malgré son don, il ne pouvait point bouger un doigt. Seul avec sa volonté il pouvait agir.

Tout à coup, un autre bouchon explosa de l'autre côté du mur et mille jet s'élancèrent comme une fontaine dans le dôme. Puis, activé par l'esprit de l'elfe noir, la vague vint piégé la foudre entre elle et le ballon. Un formidable combat se déroula alors entre la quantité massive d'eau que possédait l'elfe noir et l'incroyable pouvoir de destruction enfermé dans cette cage. Mais si ce duel entre ténèbres et eau avait déjà ce vainqueur, l'elfe noir ne le laissait pas en être ainsi.


*Arcane du froid Premier des cents, Briseur de lumières et de montagnes, Remplisseur de vide par le gel, Indomptable fantôme du temps, j'ai appris à te maîtriser au fil de ces derniers mois et je veux ici faire la preuve de ta réputation: Fissures du Grand Hiver.*


***

Ils ne pouvaient rien y faire. Ils avaient confiance en leur chef pour affronter l'assaillant. Les habitants de la Forteresse se mirent en quête de construire des barricades de pierre, des murs de flammes, des piliers de lumières et des blocs de glace. Ils ne pouvaient point être spectateur de la calamité qui venait de s'abattre sur eux. A travers les chemins secrets des lieux et guidés par des torches, ils fuyaient résidences, serres et restaurant pour se regrouper dans la Commanderie comme on leur exigeait dans des situations d'urgences comme celle-ci. Après avoir forgé quelques menues défenses, les derniers rejoignaient les autres vers le Refuge. En quelques minutes, l'ensemble de la partie visible de la Forteresse fut déserté.

Freya, frustrée de ne pouvoir faire quoi que ce soit, suivit le troupeau qui s'amassait en nombre vers le Cercle des Décisions. Celui-ci était un second dôme où l'on trouvait les portes des bureaux des Conseillers et les chemins vers le siège de la Résistance. Comme beaucoup, elle n'avait jamais eu accès à cette partie de la Forteresse et se laissa diriger vers l'inconnu dans les couloirs cachés par des gardes. Parcourue par la peur, elle ignorait tout de ce que lui réservait l'avenir et s'inquiétait énormément de son homme qui comme tout soldat à la solde du chef, devait défendre ces lieux. Il s'appelait Miandreux. Ce qu'elle ne savait pas à cet instant, c'était qu'il était l'un des Aéras que l'ennemi venait de carboniser en détournant l'attaque d'un certain Aasimar.

Lorsqu'elle arriva au Cercle, elle jeta un regard sur l'ensemble de la scène bordélique qu'on lui permit de voir. Des gardes s'acharnaient à l'entrée d'un couloir, celui qui devait mener au Dôme. Main dans la main, ceux-ci joignirent leur forces pour constuire un mur de Terre qui brûlait en émettant une lumière très vive, presque éblouissante si celle-ci n'était pas dirigé vers le fameux couloir. Derrière ce mur, Freya estima à une poignée de cents le nombre de personne qui s'abritait. Des médecins s'étaient divisé entre les différents lits d'eaux où étaient allongé des victimes de l'attaque. Ceux qui ont combattu les démons qui venait de d'assiéger la place, mais ceux aussi qui avaient été touché par les vagues de ténèbres. Une dizaine de blessés en tout. Certains membres leur avaient été arrachés, ou sinon ces maléfices leur atrophiaient le corps petit à petit. A côté de ces lits, il y avait des sarcophages de glace dans lequel on avait sûrement mis des cadavres.


"Freya!"

Un elfe sylvain d'une vingtaine de décennies s'approcha d'elle, le regard sombre et triste, résigné. Un spasme parcourut la peau de l'hybride Igni quand elle comprit que cet elfe du nom de Siantre allait lui annoncer une mauvaise nouvelle. Celui-ci aggripa son épaule et posa sa main sur celle de l'hybride qui les lui présenta instinctivement. Leurs regards proches étaient tout les deux chargées d'un désespoir croissant. Des larmes se mirent à rouler le long des joues de la jeune femme. Elle secoua légèrement la tête, incapable de parler, pour lui signalait qu'elle était prête à entendre la mauvaise nouvelle. L'annonce se fit foudroyante.

"Miandreux est mort il y a quelques minutes. Il a été carbonisé par l'ennemi!"

La tête de l'hybride tomba sur la poitrine de Siantre et un hurlement de quelques secondes déchira les bruits chaotiques dans toute la pièce. Certains était tellement concentraient sur leurs tâches qu'ils n'entendirent même pas ce cri, mais la plupart se retournèrent face au frisson provoqué par le désespoir dans le son. Il était étrange de remarquer qu'aucune maladresse ne fut par cette interruption. Alors que la situation pourrait insinuer la panique dans les rangs, chacun était habité d'un calme. Dû au sang-froid de ceux qui ont déjà vécu pire moments, qui ont travaillé sur eux pour dépasser leurs faiblesses de coeur, pour pouvoir se surpasser dans leurs rôles respectifs, quelques soit les turbulences. Il y avait dans leurs comportements, toute la force de ses habitants de la Forteresse, qui ont dû se priver de lumières pour semer les graines d'un nouvel espoir. Il y avait là tout ce que résumait la devise de la Résistance : La paix dans le coeur, le corps forgé par la besogne, l'esprit toujours à l'affût.

Quand l'hybride se reprit un peu au bout de quelques secondes de cette tragédie, elle se retint de continuer sa bruyante plainte, pour les gens attentifs à sa douleur puissent se focaliser sur leurs fonctions, au nom de la force dont tout le monde faisait preuve en ce moment même. Les cœurs pleureront plus tard. D'un revers de la manche, elle essuya ses larmes et vit deux personnes qui se préparaient à plonger au front. Déterminé à venger dans l'immédiat son mari, elle s'entoura de firmaments enflammés et s'avança vers eux.


"Je veux me joindre à l'attaque." s'exclama-t-elle avec l'assurance qui la caractérisait
"Nous sommes déjà assez!" lança une sorte de silhouette embrumé, un aéra capable de devenir le vent lui-même.
"Je peux vous être utile!" déclara Freya.
"Comment?" demanda un Igni du nom de Sumon.
"Je peux créer des fouets de flammes."
"Je vois le principe, cela pourrait être intéressant à joindre à l'homme invisible qui peut accélérer ton attaque et à moi qui peut l'amplifier."

"Pourquoi pas." laissa quelque peu désabusé l'aéra.


"Nous allons nous élancer à une vitesse prodigieuse dans le couloir. Je veux que vous balanciez tout les deux, tout ce que vous avez pour que l'on puisse créer une percée. Notre ennemi est visiblement seul et maîtrise la magie des Ténébres."

Les corps de Sumon et Freya s'embrasèrent et leurs flammes se mélérent. La silhouette de l'aéra autours d'eux en augmentant sa taille et un souffle circulaire enroba les deux ignis. Il n'y eut plus deux êtres mais une mais plus qu'une seule grosse boule de feu. Ils passèrent la paroi défensif lorsque un jet de ténèbres vint à leurs rencontres. BOUM Sous le bruit d'un coup de canon, les trois acolytes se propulsèrent à une vitesse si prodigieuse qu'ils passèrent à travers la foudre, laissant un peu de leur magies au passage.


***
[Trente secondes avant l'attaque de Freya et compagnie]

Dans un ultime effort, l'elfe noir ferma son poing droit. Craquement assourdissant. D'entre ses doigts naquirent des centaines de fissures, filles du froid absolu que l'elfe noir venait de provoquer dans sa main. Parcourant les fines fissures de l'espace, invisible à l'oeil nu, avec leurs férocité redoutables, elles gagnèrent la peau de la bulle et s'en prirent aux éclairs. Elles plongèrent leurs griffes statiques à travers les plus fines branches pour remonter jusqu'au trou, en figeant peu à peu l'arbre de ténèbres qui s'était enroulé autours de la bulle. Évitant soigneusement de laisser l'elfe noir totalement prisonnier de cette prison de froid, un petit espace fut laissé à la foudre le temps d'un instant. Ses membres s'allongérent et peu à peu il se dissipa dans l'eau. Lorsqu'il ne fit qu'un avec son élément, la boule de plusieurs cube liquide se rétracta en une poignée de secondes sur elle-même, comme une spirale, pour avoir la taille d'un ballon.

Imaginez alors le poids de plusieurs tonnes d'eau regroupé en une pastèque. Seul le pouvoir d'un aqua en pleine concentration pouvait porter sur son don un tel poids de son élément. Cependant l'elfe noir lâcha son emprise et la sphére chuta comme un boulet en direction du sol, à travers la foudre encore animée. Celle-ci en absorba un peu mais lors que la boule passa, des fissures s'en extirpèrent pour rejoindre les autres. Et le reste des éclairs finirent figer à jamais, enfermé pour l'éternité dans des fissures de froid extrême. Ainsi venait de naitre la boule d'Altanash gelé dans les airs, incapable d'être déplacé, qui allait rester longtemps dans la Forteresse. A moins que le Marcheur décrochent la guirlande dans les prochaines secondes...Mais l'elfe noir imaginait bien un trophée de la sorte accroché au Dôme.

De l'autre côté, un torrent de flammes jaillit de la Commanderie jusqu'à l'Aasimar et deux Ignis apparurent à ses côtés, quelques peu endommagées par l'éclair qu'ils venaient de traverser. Freya et Sumon fixérent tour à tour l'homme à côté d'eux qui semblait se débattre avec un être entouré d'un étrange anneaux de ténèbres. Le coeur de l'hybride se mit à battre à cent à l'heure. La rage monta dans son esprit.


«JE VOUS TUERAIS, IMMONDICE!»

«SILENCE FREYA!»


Il s'agissait du chef. A la voie retentissante dans toute la salle, il venait de se matérialiser en s'extirpant de sa boule d'eau, celle-ci venant d'arriver à un mètre du sol et qui stagnait à cette hauteur. L'elfe noir était habillé d'un simple tissu de vapeur qui le couvrait des épaules pour se perdre dans le sol. Le chef n'ayant pas entendu le discours du Marcheur d'Ombres, vu qu'il était trop occupé avec une certaine foudre, commença à parler. D'un calme surprenant dans une scène aussi chaotique, il commençait peu à peu à comprendre instinctivement que l'adversaire n'était point là pour anéantir leurs forces. Sans pour autant connaître les intentions derrière cette attaque et les rouages derrière les pensées de ce démon inhumain, l'elfe noir avait la farouche conviction que tout ceci n'était qu'un combat, peut-être mortel si on était trop faible, une joute ludique.

«Nous nous sommes déjà croisé et votre réputation est parvenu à moultes fois à mes oreilles, Monsieur le Marcheur d'Ombres. Je me doutais que tôt ou tard, nous finirions par nous croiser, en tant que voisins des profondeurs. Notre présence ici ne pouvait passer inaperçue au yeux des ténébres. J'ai quelques peu présumer de votre force en installant des pièges de lumières pour contrer le noir. J'en paye le prix aujourd'hui même. Mais nos pouvoirs ne sont pas faibles et notre destinée n'est pas d'être détruit puisque l'on nous a donné l'esprit critique et la volonté. Sinon, nous ne serions plus là pour en parler face à vos folles ambitions de nous voir disparaître. Notre domination durant des millénaires nous a affaibli certes, mais cette dualité entre élémentalistes et démons nous renforcent tout les jours. Nous survivons. Nous résistons. Nous évoluons. Et à travers nos vies, nous permettons la survie des générations qui nous suivront. PUISQUE NOUS SOMMES DES RESISTANTS!! Passion du Kalmastre!»

La sphère éclata en un torrent de vapeur incandescent, des flammes blanches qui s'échappèrent d'un grand froid pour libérer leur puissances. Le tissu se déchira sous la pression et les flammes d'eau envahirent le corps de l'elfe noir. Des cylindres tourbillonnants se formèrent autours de ses jambes et ses avant-bras prêt à surgir sur l'ennemi ou à déplacer le père de la Résistance en une vitesse prodigieuse. Ses mains grandes ouvertes étaient prêtes à envoyer des Fissures du Grand Hiver si il touchait l'adversaire. A travers la blancheur de sa magie, son visage était à peine visible, mais ses yeux rouges rayonnaient sur leurs orbites d'un bel écarlate.

«Je pense que nous pourrions laisser tomber les armes et apprendre à nous connaître. Je peux même vous pardonner les vies que vous venez de nous enlever. Mais si nous devons encore nous combattre, alors je me tiens prêt. Et mes amis, je vous confie à monsieur Seth qui se trouvent à vos côtés.»
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Iblîs Nemrodus
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MessageMer 9 Mar 2011 - 19:17

Là-haut, un sinistre craquement annonça la fin de la salve de Foudres, désormais figée dans un bloc de glace. Le sorcier émit un sifflement de déception. Son expérience de la sorcellerie lui permettait de consommer peu de forces chaque fois qu’il lançait un puissant sortilège, bien moins que tout autre. Mais nul stock n’était infini, et les Foudres d’Altanash comptaient parmi les arcanes qui drainaient rapidement ses réserves. Combattre autant d’opposants à la fois finirait tôt ou tard par l’épuiser, aussi y recourir encore une fois était exclu. Peu de combattants avaient résisté à leur faim par le passé, mais cette troupe de magiciens n’était pas des novices…

Peu importait qu’ils aient ou non combattu et résisté – ce qui importait, c’est que tous étaient des manieurs d’éléments expérimentés, chacun dans leur domaine. La précédente guerre, puis leur défaite et leurs incessants combats avaient fait de chacun d’eux des adversaires de taille, leur donnant le temps de polir leurs pouvoirs. Ce qui ne tuait pas rendait plus fort, disaient-ils, et ils avaient raison. L’Igni aux cheveux blancs instillait un venin brûlant capable de combattre même ses lignes dévoreuses de magie, trois jeunots fusionnaient leurs éléments – se rendaient-ils même compte du tour de force dont il s’agissait là ? – et le Drow qui coordonnait l’attaque se débrouillait seul face à une vague de sortilèges vénéneux. Elament était tombée, mais ses soldats restaient héritiers de ceux qui, par le passé, avaient vaincu plusieurs fois les Démons. Résistants ? Ils l’étaient ! sourit intérieurement Iblîs en les contemplant, chacun occupé à son combat. Ils l’étaient même diablement, si on lui passait l’expression.

Mais quelque chose manquait.

Il y eut une pause dans le combat, marquée par l’entrée de nouveaux combattants. Pour cette fois, Iblîs décida d’écouter. Il écouta l’Aasimar, écouta le hurlement de Freja, écouta le Chef parler, sans l’interrompre, jusqu’à ce qu’un lourd silence emplisse la salle. Puis, lentement, il marcha droit en direction de Shin. Passa à côté de lui, silencieux comme une vague noire, sans le les Ténèbres ne fassent même vaciller la lueur de neige que celui-ci irradiait. Avança de quelques pas, posa genou en terre auprès d’un tas de cendres, tout ce qui restait d’un élémentaliste nommé Miandreux. Il ramassa un peu de cendres et l’éparpilla en l’air, presque avec respect.

« Oui. » dit le Marcheur. « Vous êtes des Résistants. Et c’est pourquoi que vous ne pouvez remporter cette bataille. »

Lentement, il se releva, tournant le dos à tous les magiciens. Les mots tombèrent, lourds, comme les premières gouttes de pluie qui précèdent l’orage.

« C’est ce nom qui vous enferme dans ces murs. vous limite à une vie de misère. Durer, survivre, n’est qu’éterniser une défaite. Les miens domptent Elament elle-même parce qu’Elament repose sur votre volonté, et que votre volonté n’est plus que de survivre, non de la relever. »

Les mots s’accélérèrent, se firent plus durs, plus cinglants. L’anneau noir qui protégeait d’Iblîs s’agita, comme une extension de sa volonté, répondant à ses instincts les plus subtils. Ils avaient désiré parler, eh bien peut-être était venu le temps des mots, en effet. Et le Démon ne mâchait pas les siens.

« Regardez-vous ! Ecoutez-vous ! Fourmis, termites, sacrifiés pour retarder votre perte! Est-ce là les enfants des Dieux ? Vous vous battez pour protéger, non plus pour vaincre, terrés ici, préservant d’abord les vôtres, lançant de timides attaques ou cherchant des moyens détournés. Pensez-vous que protéger soit tout ? Vous pouvez sauvegarder votre Refuge, vos blessés, vos familles – mais en mourant pour eux, vous mourrez en vain. Vous ne pouvez vaincre définitivement qu’en sacrifiant tout en retour, et votre vie n’est pas suffisante. Vos Dieux eux-mêmes l’ont su, les pierres de votre cité s’en souviennent, mais vous – vous l’avez oublié.»

La robe s’enroula furieusement autour du corps de son propriétaire. Plus que le visage figé comme un masque, cette extension de sa volonté exprimait ce qui s’approchait le plus des sentiments, chez l’être de cire qu’était Iblîs. Et si c’était possible, on aurait dit que c’était la colère qui l’animait. Puis elle retomba, presque inanimée. Et le Marcheur se retourna, dévisageant tour à tour chacun des présents.

« Ceux qui nous ont fait plier le savaient, il y a quatre ans, devant Elament. Ils ont su délaisser leurs blessés, sacrifié leurs corps, leurs âmes, les leurs, aller jusqu’au bout de la folie, tomber sans savoir s’il y aurait un avenir. Et parce qu’ils n’ont rien cherché à garder, parce qu’ils se sont dressés alors qu’il ne restait aucune chance de vaincre, ils furent vainqueurs. Dans le choc de nos lames avec les leurs, nous sûmes alors pourquoi nous vivions. »

Iblîs ferma les yeux.

« Je ne sais ce qu’est l’Espoir, je ne sais ce qu’est la Haine, je ne sais ce qu’est le vrai Sacrifice, mais ce sont eux qui vous font vivre. Ces choses se sont endormies pendant que vous regardiez à vous-mêmes, et si pour vous réveiller je dois raser votre refuge jusqu’à la dernière pierre, vous chasser nus jusqu’aux murs sanglants de la Sombre… nul ne m’en empêchera. »

Le fracas qui accompagna ces dernières paroles étouffa toute tentative de réponse. Il n’avait pas dit davantage, et personne n’aurait le temps de rien ajouter. Car le Sorcier venait de réveiller trois vagues de ténèbres.

Spoiler:
 

La première fut la conséquence logique de ce qui s’était passé plus tôt. Les lambeaux informes de ténèbres laissés par le Démon sur son passage n’étaient pas des débris inutiles. Ils étaient des pièges mortels, et lorsque le symbole tatoué sur le front d’Iblîs s’irisa, ces pièges s’activèrent soudain. Chaque cloaque de Ténèbres s’éveilla, se tordit en formes hideuses, monstruosités hurlantes qui s’en prirent à KöH et aux acolytes, inondant l’air de crissements.


Spoiler:
 

La seconde résonna de partout, et de nulle part. L’air s’empli d’un murmure intense, aussi assourdissant que le bruit des vagues. Après avoir drainé l’obscurité des profondeurs pour forcer son passage dans la Forteresse, le sorcier éveillait soudain qui avait gagné dans la Forteresse elle-même, depuis son arrivée. Jusque dans la Commanderie, où se réfugiaient les blessés, l’obscurité frémit. Les ombres surnaturelles qui avaient patiemment grandi dans les coins, tandis que tous se ruaient dans les couloirs à la recherche d’envahisseurs s’éveillèrent, et découvrirent qu’elles avaient Faim. Comme un courant glacé, la sombre volonté du sorcier se propagea et changea cette faim en Cauchemars. Car les mauvais rêves faisaient partie du royaume des Ténèbres, et le pouvoir d’Iblîs amenait aux frontières de la réalité toute une cohorte de monstruosités jaillies de l’imagination des mortels. Les Cauchemars, échappant aux lois de la matière et aux pièges chargées d’arrêter les assaillants, ne mirent que quelques secondes à envahir la Forteresse toute entière. Faibles mais nombreux, ils jaillirent comme des fumerolles des moindres fissures et frappèrent en pleine tête tous ceux qui n’eurent pas le réflexe d’employer la magie contre eux. Elles s’en prirent aux blessés en priorité, puis aux bien-portants, et nombreux furent ceux qui hurlèrent de souffrance à la même seconde, les yeux écarquillés, leurs mains crispées sur la tête, en proie à un ennemi aussi invisible qu’insidieux, se nourrissant des ombres des âmes, des peurs noires qui dorment au fond des rêves et peuvent tuer aussi sûrement qu’une lame. Attaque vicieuse, contre qui le meilleur guerrier et l’adolescent avaient les mêmes chances. Avant que cette Nuit-là se lève, les morts seraient nombreux, ce soir.

La troisième vint d’Iblîs lui-même. L’anneau de protection se fragmenta en une myriade de minuscules étoiles noires, constellation maléfique tournoyant autour de lui en bourdonnant. Chaque infime parcelle pleinement contrôlée, chacune entourée d’une zone de crépuscule où la réalité se déformait. La robe sembla éclore comme une fleur obscure, l’entourant de volutes grésillantes, parcourues d’éclairs violets. A chaque main du démon apparurent un bouquet d’éclairs d’un noir de jais, tranchants et dévorants, versions miniatures des foudres d’Altanash, dévorant la vie, la lumière et la magie – griffes noires aux cent doigts extensibles, chacun prêts à déchirer et à percer. Le Sorcier ne fit qu’un seul pas vers le couloir pour parachever son œuvre de destruction, car entre lui et le mur qui menait vers la Commanderie se dressait l’Aqua qui dirigeait la Forteresse.

Le Chef faisait face, enveloppé de flammes blanches qui s’opposaient au fléau noir. Dans le vacarme ambiant, aucun des deux n’aurait pu prononcer quoi que ce soit. Ce qui devait être dit l’avait été, et il leur fallait à présent mesurer leur force. Iblîs rassembla les Ténèbres autour de lui, et sembla jaillir du sol, météore noir lancé droit sur sa cible, emprisonnant tout faux-semblant dans sa toile de crépuscule, où partir dans n’importe direction vous ramenait inexplicablement droit au milieu de la trajectoire d’Iblîs, comme dans les sombres rêves où quelque chose d’implacable vous poursuit

Duel de sorciers, sur le fil du rasoir – car face à ce feu blanc, capable de pétrifier jusqu’à la nuit elle-même même, lui-même n’était pas plus invulnérable qu’un mortel le serait. Se changer en vapeur ou en volutes de Ténèbres n’était plus suffisant pour les protéger, ni l’un ni l’autre. Et alors qu’il se ruait vers l’Elfe nimbé de glace, le démon ferma les yeux – absurdement, en cette seconde, la comptine qu’il fredonnait en montant des profondeurs lui revint à l’esprit.

Qu’es-tu venu chercher ?
Une raison.

Quelle noire raison poursuis-tu ?
Une raison de détruire ou de ne pas détruire.

Quel besoin si urgent d’en chercher une ?
Parce seule une raison permet de trouver sa route, à travers l’éternité.

Le choc fit trembler les murs de la salle. Le Noir Absolu et le Blanc du Pôle se mêlèrent, s’étreignirent violemment. Pendant une seconde, l’Obscurité changea le sol en une plaque d’Obsidienne le sol, et la glace jaillit comme un arbre blanc, comme un trône de roi de l’Hiver. Sous le choc, les murs de la salle qui se trouvait pris dans les faisceaux latéraux se lézardèrent et s’effondrèrent, ouvrant une brèche béante dans l’enceinte. Puis la vision se volatilisa en un éclair, des nappes noires et blanches envahissaient la salle, et le calme retomba.

Puis, lentement, une haute silhouette noire se matérialisa devant KoH. Iblîs était debout, immobile. Derrière lui, flottait dans l’air un grand monolithe obscur, absolument dépourvu de reflets. Sa couleur était si uniforme, si dépourvue de lignes ou de reflets, qu’il était impossible de deviner son relief – s’il était cylindrique, rectangulaire, ou juste un rectangle absolument noir, dessiné dans la salle, au milieu de nulle part. Il n’en émanait rien, et l’imagination seule laissait entrevoir ce qui pouvait se trouver à l’intérieur. Cette aberration, bloc de Ténèbres absolues, évoquait la gueule d’un gouffre vertigineux, où les abîmes succédaient aux abîmes. Jusqu’où y plongeait menait, seul le Chef devait en avoir en cet instant une idée assez précise. S’il en sortirait, et dans quel état, nul ne le saurait avant l’heure.



Hem heu oui c'est pas à l'extérieur, je referai l'image à l'occasion ^^

Iblîs ne s’en était pas tiré sans dommage. Le givre couvrait totalement une partie de son corps, et cette fois, les Ténèbres furent incapables de le faire disparaître. A mesure que le givre tombait, intouché par leur noirceur, il emportait avec lui un morceau de ce qu’il avait couvert. Ce fut toute une partie du torse d’Iblîs qui fut effacée, replacée par d’autres Ténèbres, rongée à nouveau, réapparue, disparue, renaissant pour mieux se consumer. Mais alors qu’il ressemblait à une marionnette parcourue de lignes blanches, le Sorcier était toujours debout.

Lentement, Iblîs leva le bras, juste devant le museau du serpent enflammé par l’Igni. Dans ses doigts trop longs, il tenait une autre main, qui ne lui appartenait pas. Elle était coupée net au poignet, d’une coupure si nette et si parfaite qu’aucune lame au monde n’aurait pu produire. Comme si on avait tracé une ligne, et que ce qui se trouvait d’un côté avait été purement effacé, emporté vers un indicible ailleurs, dans le gouffre d’une Porte de Jais. La main était restée, sinistre trophée. Avec un rictus, Iblîs l’incinéra dans une gerbe de noirceur, et devant le vent noir qui s’en dégagea, le serpent se tordit et mourut.

Debout, Iblîs regardait KöH, dont il ignorait le nom.
Et KöH le regardait.

La main d’Iblîs, prête à tuer à son tour, s’immobilisa. Cet homme-là n’était pas comme le Chef. Le Chef avait sa Forteresse, ses hommes, ses idéaux, une volonté de glace et un pouvoir capable de se mesurer avec le Marcheur lui-même. Et indubitablement, il était fort. En fait, Iblîs doutait très fortement que même une Porte de Jais parvienne à avoir raison de lui. Dans un seconde, dans une heure, ou dans un an, il finirait par la briser. Mais la force ne suffisait pas à arrêter la marche de ceux qui détruisent. Ceux qui tentent de démolir avaient forcément l’avantage. De la confrontation, ils étaient sortis très proches, mais le Démon était debout, et le Chef ne se dressait plus sur sa route.

Alors, pourquoi n’arrivait-il plus à faire un pas ?

Ce n’était pas seulement le froid intolérable qui l’avait rongé. Cela ne suffirait pas. Mais quelque chose se dressait devant lui, aussi inébranlable qu’un mur de métal. Quelque chose qui n’aurait même pas effleuré d’autres Démons, mais qui le stoppait net, au sens propre du terme.

Le regard de KöH.

Cet homme aux cheveux blancs n’avait rien de tout ce qu’avait le Chef. Il se dressait nu, ses flammes éteintes, absolument nu, et son simple regard brûlait. Dans ces yeux-là, Iblîs reconnut le regard des elémentalistes qui l’avaient arrêté au Square Xéna, lors de la précédente Guerre d’Elament. C’était comme si cet homme n’espérait pas pour sa vie, ne se confiait pas en ses pouvoir, avait dépassé la nécessité de protéger quelque chose, et pourtant se tenait debout face à lui. Aussi nu qu’un enfant, mais brûlant de quelque chose qui dépassait la compréhension d’Iblîs. Comme il ne comprenait pas, il chercha vainement une explication. Ne trouva pas. Et à la place, la malédiction de l’Aasimar revient, le frappant si lourdement qu’il vacilla.

Puissiez-vous vivre éternellement.

Lourdement, Iblîs fit un pas en arrière. Deux pas. Détourna le regard. Un instant, les tentacules survivantes de sa robe se tordirent. Peut-être de douleur, occupées à combattre le diabolique feu de glace qui les dévorait de l’intérieur, à leur tour. Peut-être de rage, car ce n’était pas par bonté d’âme que le Marcheur reculait. Il avait vraiment l’intention d’arracher le cœur à cet homme. Une survivante devait sortir de cette salle, et il l’avait déjà choisie : Freja. Les autres devaient mourir. Les uns parce qu’ils étaient faibles, le Chef parce qu’il l’avait défié. Freja devait être sa messagère aux autres. La rancœur de cette femme porterait mieux son message, sa volonté de changer les magiciens en Croisés, pour que gronde la Haine, pour que dure le Guerre, pour que vive le Diable !

Puissiez-vous vivre éternellement.

Face au Chef, même en sentant l’Interdiction de l’Hiver blesser son corps habituellement intouchable, il n’avait pas eu la moindre hésitation. Il détruirait la Forteresse. Il le pouvait encore, même après cette passe d’armes, dût-il passer des années avant qu’il se remette de ses blessures. Il lui suffisait de bander sa volonté, de puiser dans les ténèbres partout autour d’eux, d’aller l’arracher au cœur des hommes pour s’en nourrir. Il y avait beaucoup de choses qu’il pouvait encore faire pour continuer à détruire.

Puissiez-vous vivre éternellement.

Mais quelque chose d’indéfinissable chez KöH le faisait douter, lui, un Démon. Ce simple petit doute créait une brèche dans sa volonté inhumaine, cette volonté dont il était si fier. Et par cette brèche, la malédiction désespérée était en train de prendre le dessus sur la volonté du sorcier, frappant, frappant, frappant encore. Avec frustration, le Sorcier sut qu’il n’irait pas plus loin.

Puissiez-vous vivre éternellement.

Il doutait, et partout dans la Forteresse, les Cauchemars s’évanouissaient, dépouillés du sombre soutien de celui qui les envoyait.

Puissiez-vous vivre éternellement.

Il doutait, et les créatures de Ténèbres perdaient leur cohérence, fondaient comme des ombres sous le soleil.

Puissiez-vous vivre éternellement.

Il doutait, et le givre reprit le dessus. Il dévora une nouvelle partie de la Robe, et le Marcheur d’Ombre commença lentement à s’évaporer à son tour. Les volutes de ténèbres, encore rongées par le blanc absolu, rassemblèrent tout ce qu’il restait de ténèbres dans la salle et en formèrent un disque noir sous Iblîs, qui s’y enfonça lentement. Muet, il conservait le regard rivé à celui de l’Aasimar, et ce fut à lui que s’adressèrent les derniers mots que le démon devait prononcer dans la Forteresse, mais que tous dans la salle entendirent.

« Voici, Héros ... ce qui s’appelle vaincre… »

Et sur le dernier mot, le disque récrécit et disparut. La dernière chose qu’il vit fut le regard de KöH, et ce regard continua de le brûler alors qu’il battait en retraite dans ses funestes catacombes, se laissant instinctivement aller comme un courant noir à travers les couloirs, en direction du sarcophage d’Obsidienne, tout en bas, sous des lieues et lieues de basalte.

Ah… le hanteraient encore, ces mots et ce regard, durant le temps qu’il allait devoir dormir sous la pierre. A son réveil, si jamais il parvenait à se sortir de ce long sommeil, les choses auraient changé. Peut-être retrouverait-il des magiciens, à la surface. Invaincus, dans leur citadelle si convoitée. Et à cette pensée, le sourire d’Iblîs lui revint, tandis que sa conscience s’effaçait pour un temps.

Une image lui revint, dernier fragment de pensée avant l’inconscience. Une citadelle en mer, qu’il avait visitée un soir de tempête, invisible. Méandal, le bastion des Aasimars fanatiques. Qu’avait-il lu, ce jour-là, sur les portes de leur puissant donjon, version marine de la Forteresse ?

Tunc victores quos invictum.
Les vainqueurs de demain à ceux qui ne furent point vaincus.

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Shin
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MessageMer 23 Mai 2012 - 11:28

Il y a des moments où le silence s'impose tel une discipline. Le monde a tellement à nous apprendre, à travers de chaque chose. Écoute et observe, analyse et émerveille-toi. L'origine naît du rythme et il faut toute une vie pour dresser son oreille à l'entendre.

L’orgueil et la colère de l'elfe noir s'était estompé. Comme à son habitude, quand vient le moment de l'action, son cœur s'emballe. Le combat était sa passion, cette lutte contre l'autre pour faire face à soi-même. De plus quand vient une créature les plus dangereuses au monde, après une certaine période de calme, il y avait de quoi réveiller l’appétit du drow.

Il ne bougea plus de sa position. Il ne dit plus un mot. Il inspira plusieurs fois lentement. Puis il commença à regarder la situation. Dix mois sous terre pour apprendre la volonté par la base. Cette volonté de lutter contre l'inertie, en accomplissant des actions certes simples et petites, mais tellement importante. Importante pour ces anciens habitants de la cité, trop habitué au confort des murs, se laissant guider par la paix. Prendre une pelle et creuser n'est pas simple pour tout le monde, et c'est justement là l'audace de sa démarche. Transformer des réfugiés en des actifs de tout les jours, en réalisant ce qu'ils n'ont encore jamais fait auparavant.

Mais là encore, le temps était passé. La roche de ces cavernes était devenue les murs d'Elament. Peu à peu, le courage et l'initiative s'émoussaient. Besoin de lumière, besoin de plus. Besoin de passer à une étape au-dessus.

Et le ténébreux avait eu ceci de positif, de mettre en exergue cette lente chute inconsciente. Vint alors à l'elfe noir des images de conquête et de défis. Gravir la Haute montagne du Kalmastre, se battre face aux créatures qui peuplent le fond des mers, découvrir de nouvelles villes et de nouveaux paysages. Prendre chaque jour comme un nouveau défi. Lui revint ces traques infernales, dansant avec les démons. Lui revint la douceur de la peau des femmes, de leurs baisers et leurs tendresses. L'eau monta à la bouche de Shin. Il avait soif de vitalité. Ses yeux quant à eux réclamaient de l'horizon. Et ses poings requièrent de la bataille.

L'idéal de Shin n'était pas la liberté. Cette forme où on serait libre comme l'air, mais où on n'a plus à lutter pour se libérer. Un monde où tout est permis par la loi de la liberté, est un monde en perdition. La liberté ne s'obtient pas, elle se vit dans la lutte pour sa vitalité.

Shin le savait. Il comprenait les mots du ténébreux car c'était aussi sa propre croyance. Cette étincelle de vie, qui la fait naître dans la Tanière, qui s'est prolongé à Elament, et qui lui a donné l'envie de créer cette Forteresse. Mais il se tut. Et il lui fallu une bonne dose de concentration pour ne plus penser, et écouter chaque mot d'Ibliis.

À cet instant, un être millénaire enseignait une leçon. L'elfe noir avait le privilège d'être là. Alors il l'écouta. Il ne pensa plus. Il n'avait d'ailleurs plus d'espoir. Il pressentait le désastre sur ces compagnons. Mais il savait qu'il allait vivre. Qu'ils allaient vivre. Du fond de sa chaire, cela lui brûlait. Il lui fallut tout une pratique de respiration pour ne pas bouger. Ce n'était pas le moment de bouger. Il apprenait en ce moment même la patience. A faire face sans précipitation

Quand l'ombre eut fini son discours et commença à se rapprocher, l'elfe noir sut la suite des événements. Il n'acceptait pas une sorte de fatalité, mais ce futur proche l'attirait vers lui. Il devait attendre le bon moment. Le moment où s'enclencherait sa tempête. Ce moment où il surprendrait son adversaire. Trop tôt, il tomberait dans le piège, trop tard il serait avalé.

Le rythme était une science pour laquelle toute une vie ne suffirait à en comprendre toutes les arcanes. De la lenteur à la fulgurance, du superflu à la densité, du chaotique au métronome, du brouillon à la netteté, de la synchronicité à la désynchronisation, de la technique et du coeur. Le rythme était une science qui sous les doigts du batteur devenait un art. Mais un bon musicien était avant tout un bon spectateur. Et pour imprégner son propre rythme à la scène, il faut d'abord comprendre celle qui prédomine l'ambiance.

Alors l'elfe noir dédia tout ce temps qui lui restait avant l'impact, à comprendre le rythme de son ennemi. Aussi complexe, et aussi mûre par les âges, que pouvait être la cadence du ténébreux, cet art de s'emparer et de dominer par l'insondable, l'ombre qui vient doucement et lentement, fébrilement, sans qu'on s'aperçoit, et finit par écraser, l'elfe noir était sûre d'y déchiffrer une mélodie. Une mélodie chaotique certes. Celle d'une marée montante, puis hypnotisante, puis foudroyante. Qui comporte deux mesures, celle dans le dôme, visible, et celle dans les coins, à peine discernable. La nouvelle partition était celle de l'inévitable, précédant l'impact qui résume la mélodie en un seul coup.

L'elfe noir se concentra. Un seul coup. Il devait y mettre toute sa force, toute sa foi, toute son âme, tout les désirs de ses compagnons. Il devait tout abandonner, de l'espoir à son fonction de chef. Pour redevenir le simple guerrier, le danseur qui met sa vie en jeu dans le feu du combat. Son coeur se mit à accélérer crescendo, petit à petit. Mais une impulsion maladroite pouvait si vite arriver qu'il focalisa tout son esprit à résister à la tentation d'un mouvement futile et mortel.

L'impact était imminent. Encore un peu, attendre encore un tout petit peu....pas encore, pas encore...

« AH! »
En une micro-seconde, il avait fait un pas en avant. Fulgurant. Sans aucune considération pour la perte d'un chef à la Forteresse, pour sa propre vie. Gagner ou mourir. Il n'y avait pas d'autres alternatives. L'impact de son corps chargé des flammes blanches qui explosèrent en cristal de glace, laissèrent un spectacle de noir et de blanc. Mais les ténèbres avaient bien pris le dessus, à ce moment. Car l'elfe noir avait eu ce geste fou de pénétrer dans le domaine des ombres et du néant. Son attaque était passé à travers, comme il l'eut souhaité, afin d'atteindre son adversaire. Quant à lui...

.
.
.

Il s'était réveillé. Sa conscience le lui dictait. Pour le reste, il ne pouvait y compter. C'était le noir absolu, sans son, ni pression sur sa peau. Tout ses sens ne lui servait à rien. Le noir étouffa un mot qu'il voulut prononcer. Rien ne répondait au moindre de ses mouvements. Il bougea son corps, il sentit son corps partir dans un mouvement, mais rien n'indiquait que ce fut le cas. Rapidement, il perdit la notion du temps. Il aurait pu rester des heures dans ce néant, ou seulement une seconde, qu'il ne s'en serait même pas rendu compte. Tout ce qui comptait à l'heure actuelle était de trouver une solution pour sortir de là. Si rien dans cet environnement ne lui donnerait la clé, il ferma les yeux et focalisa son attention sur son esprit et son corps, les seuls choses dont il avait encore conscience. Il réalisa alors l'immensité de son esprit et de son corps, habituellement réduit par la réalité. Il eut l'impression éphémère d'avoir la grandeur d'une montagne et d'être capable d'occuper tout l'espace disponible par la seule présence de son esprit.

Il se rendit compte que son corps n'avait pas bougé d'un cil, même si il avait eu cru bouger. Du moins au début. Car lentement, il arrivait à se déplacer. Après un temps qui lui parut infiniment long, il arriva à refermer son poing gauche. Il comprit alors sa situation. Les ténèbres environnantes se nourrissaient de ces tensions. Plus il s'efforcerait à bouger rapidement, à se précipiter souss le coup de la panique, plus il s’épuiserait pour rien, car il luttait face à une force invisible qui répond à la vitesse.

Il commença alors un long travail de mouvement. Chacun de ses déplacements brusques menait à un échec et il eut fallut tout un temps d'ajustement pour ralentir son rythme, assouplir ses gestes, calmer ses impulsions. L'elfe noir lutta contre les tensions de son corps, mais aussi persévéra face au désespoir. Car rien ici indiquait l'utilité de sa démarche. Il pouvait s'y atteler pendant un millénaire, y épuisant sa propre vie, que cela ne servirait à rien. Mais lentement, il prit la mesure du temps et la portée de chacun de ses gestes. Sa patience s'épuisait au fur et à mesure et il commença alors à s'accrocher aux vains espoirs. Les lèvres de Lya. La présence de Ruby. Les gestes de respect et d'affection de ses compagnons. Ses rêves et ses souvenirs passèrent en revue. Mais au final rien d'autres ne comptait que de revoir le sourire de ses proches, de revoir ces femmes.

Il prononça alors ce simple mot.

« Ruby »

Contrairement à la première tentative, ce mot vibra dans la roche ténébreuse, parcourut les failles et commença à creuser des fissures par échos successives. Il avait la force de l'espoir et du désir, de sa foi et de ses raisons de vivre. Il avait la force de son souffle.

Le bloc se fissura soudainement et devant la surprise, il ne put contrôler sa chute et s'écroula par terre. Il lui fallut un bon bout de temps, combien il ne sut. Ses yeux s’habituèrent à la lumière, ses oreilles aux tumultes des sons, voix, bruits et rencontres des mouvements. Ce qui lui manqua dans l'obscurité lui revenait avec saturation. Dans ce boucan, il lui fallut plusieurs secondes pour se rendre compte qu'il criait. Il hurlait face à ce tumulte qui perçait ces tympans, ces véritables rayons de soleil à ciel ouvert devant ses pupilles, mais surtout par la chaire qui le brûlait. Car les ténèbres avaient commencé lentement à le dévorer, commençant par la peau.

Deux personnes vinrent à sa rencontre, mais ce ne fut qu'au contact de leurs gestes sur sa peau, de leurs soins face à ses blessures, qu'il s'aperçut de leurs présences, avec un mouvement de recul, de quasi-démence. Il entendit un brouhaha de sons, douce et rassurante, sûrement les voix de ses soigneurs. Sûrement assénait-il des ordres de relaxation, mais face à la brûlure de toutes part, l'elfe noir ne cessait de gigoter.

Puis il reprit peu à peu, contenance, encore par sa respiration. L'eau se mit à circuler à travers son épiderme et se tissa à travers les pores de sa peau brûlante pour lui donner un manteau fluide. Elle s'écoula sur ces plaies brûlantes, soulagea la douleur et commença une lente réparation. Il remarqua rapidement que la souffrance se concentrait sur son torse. La tête et les jambes avaient été épargnées. Les ténèbres avaient sûrement voulu s'attaquer à son cœur, source de vie.

Et il put voir à nouveau. En réalité, le dôme était plongé dans une relative luminosité par des torches. Le vacarme n'était qu'un mouvement de foule des soigneurs qui assuraient des ordres par un minimum de mots. Il y avait des gens partout par contre, toujours sur leurs gardes. Mais certains pointaient leurs yeux en direction de leur chef, qui se releva peu à peu. Il ne sut si Seth était là, il remercia juste ces deux soigneurs, et sans prêter attention au reste de la foule, il s'avança de la brèche faite par le ténébreux au début de son invasion.

Ses yeux se plongèrent dans ce trou qui menait sur rien, et avec toute l'ardeur dont il était encore capable, il regardait fixement le Nemrodus à travers la plaie béante.

Sans un mot.

L'elfe noir sourit.

La marée était passée.

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