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 Knocking on Hell’s Door [Solo]

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Iblîs Nemrodus
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Âge : 29
Race : Marcheur des Ombres
Poste : Démon Libre
Magie Contrôlée : Magie démoniaque (Tenebrae)

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980/1000  (980/1000)
MessageLun 24 Mai 2010 - 11:44



Cathédrale d’Ebène, sous les grottes de Finduilas Sûrion.

Dans la pénombre, le grand orgue jouait furieusement. Les cascades d’accords s’entremêlaient, tournoyaient en lambeaux d’échos dans la salle. La musique n’avait pas de compositeur, et aucun artiste n’aurait été capable de jouer ainsi, à moins de disposer de plus de mains que la nature n’en autorise normalement. Six tuyaux aigus enchaînaient des trémolos démentiels, douze médiums assuraient la trame principale de la mélodie, et les vingt-quatre tuyaux de basses que possède tout grand-orgue ronflaient de toute leur puissance. Leurs voix amplifiées par la magie auraient probablement rendu à demi-sourd tout mortel assis pour écouter.

Par la magie … oui, car nul n’était assis à son clavier. Les touches s’enfonçaient toutes seules, comme mues par une volonté invisible. Sur les tuyaux d’ivoire, qui couvraient un mur entier et se tordaient en des courbes improbables, couraient fréquemment d’étranges lueurs violettes. Elles s’irisaient soudain, au rythme de l’obscure cantate. Mais elles ne faisaient que rendre plus sombres les coins menaçants de cette cathédrale, et cette lumière mouvante faisait onduler l’ombre de la pièce comme une peau cauchemardesque. Et parfois, une irisation plus violente éclairait à demi une silhouette assise un peu plus loin.

Voilà déjà deux jours qu’Iblîs – car en présence de nul autre l’orgue ensorcelé ne laissait entendre pleinement sa voix – est revenu d’une Elament en ruine. Il n’a vu ni Khisath ni aucun prince démon, à l’exception de Sappho et Komamoel rencontrés par hasard. Enfermé à nouveau dans son repaire, le démon noir semble étrangement troublé, et ses yeux se sont réduits à deux fentes scintillantes. Deux jours que l’instrument diabolique déchaîne requiem sur requiem à tous les échos des Grottes de Sûrion. Son écho sombre se rue sans fin dans le labyrinthe, affolant les créatures des ténèbres ou les frappant de folie meurtrière. La surface est trop éloignée pour qu’on l’y entende, mais toute créature douée de conscience qui se serait endormie à proximité de l’entrée, entendrait l’orgue mystérieux jouer dans ses rêves…

Et assis sur son humble siège de pierre – pas de trône en la cathédrale – Iblîs songe et songe encore. La guerre entre dieux et démons s’est-elle réellement achevée ? Aussi simplement, pendant l’un de ses nombreux sommeils ?

« … mais en ce que nous pensions … » laisse-t-il échapper. « … pouvait-il le chercher… »

Les mots se perdent dans l’ouragan sonore. Ils ne s’adressent à personne, de toute façon. Peut-être aux présences murmurantes qui hantent dans la cathédrale, lambeaux d’âmes déchirées des êtres perdus dans les grottes ou capturés par le démon. Peut-être aux meutes d’Ombrals qui flottent silencieusement près du plafond. Les murmures auraient pu continuer longtemps, si quelque chose n’avait pas bougé dans la salle. De l’entrée, une créature indistincte mais plus grosse que les autres, vient de s’agiter. Tiré de ses rêves, Iblîs relève soudain la tête. Et comme par magie, l’orgue se tait enfin. Avec une sorte de crissement strident, la créature d’ombre s’approche. A mesure qu’elle approche, on en devine les contours, soulignés par une discrète lueur violette : hideuse araignée d’un mètre de haut, au corps tissé de ténèbres…


« Que t’es-t-il arrivé ? » interroge le sorcier de sa voix soyeuse.

Il ne semble pas se préoccuper que la créature soit dépourvue d’yeux ne puisse entendre les mots. Avec eux est venue la pensée, et c’est à elle que répond le monstre, dans son langage crissant. Il semble receler de la souffrance, de la colère, de l’incompréhension. Et en effet, une irisation soudaine venue du grand orgue révèle que l’une de ses ailes et deux de ses pattes ont été déchiquetées, et qu’une couche de glace recouvre encore une partie de son corps.

« Krîîîîî… »

« Un piège ? »


L’impatience de la créature sembla se communiquer d’abord aux Ombrals, qui changèrent le flottement paresseux en une danse endiablée. Puis les voix murmurantes de la cathédrale enflèrent, chuchotant des mots sans suite. L’Orgue fut parcouru d’ondes violettes et bleues, et Iblîs lui-même sortit de sa léthargie. Impatience. Un piège d’élémentaliste. Ici. Dans les grottes. Danger. Colère. De la même manière que sa volonté commandait à l’Ombre, celle-ci influait sur lui, à la manière d’un écho. Si les créatures des ténèbres étaient perturbées, quelque chose de très proche de l’impatience commençait à l’inonder, changeant son comportement habituel.

« Avec moi ! » claque la voix de l’homme noir. « Si quelqu’un de la Surface s’aventure à piéger les grottes, il est plus que temps que nous remontions lui rendre visite. »

Comme soufflée par un vent invisible, la lueur fantomatique de l’orgue s’évanouit, tandis qu’Iblîs s’enfonce dans le labyrinthe de couloirs, guidé par la créature blessée. Un son noir, étouffé mais menaçant, remonta le long de l’interminable labyrinthe. Car à force de creuser loin sous la terre, on dérange des choses et des êtres qu’il aurait mieux valu laisser tranquilles…

~ Topic clos ~

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