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 Tentatives [PV. Iniloth]

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Ruby
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MessageVen 20 Fév 2009 - 19:57

La rencontre précédente s'était bien passée.

Ruby avait accueillit Armand dans son bureau, lui avait remonté les bretelles un bon quart d'heure sur ses méthodes d'enseignement, puis sur ses buts véritables, avant de le complimenter pour l'ardeur qu'il mettait à la tâche. Son investissement personnel dans l'éducation des jeunes Aquas était indéniable... Puis était entré dans son bureau tout de glace couvert, un jeune homme, Ethan, le futur assistant de Naciniah, qui avait maintenant bien du mal à concilier Cours et Administration. Il fallait savoir jongler entre les responsabilités et ça, Naciniah ne savait pas le faire.

Bien sûr, ses efforts étaient admirables, mais il fallait plus que des tentatives pour tenir la ville debout, plus que des essais. Il fallait le faire, point, et ça, Ruby, même s'il aimait vraiment son amie Igni, ne pensait pas qu'elle en serait capable avant des semaines et des semaines d'adaptation supplémentaires. Mais cela faisait déjà près de 4 mois, il n'y avait pas l'ombre d'une amélioration : la population baissait, la richesse et la diversité culturelle de même. Les Marchands boudaient les alentours d'une ville en construction.

la Muraille ? Oh ! Elle, elle était intact, maintenant, parfaitement terminée. Non, ce qu'il fallait, s'était réparer la confiance des habitants : ils n'avaient pas acceptés qu'on leur cache l'arrivée massive de démon, jusqu'au dernier moment. Jusqu'au siège. Jusqu'à ce qu'on voit les lignes de bêtes démoniaques installées à quelques lieues à peine de la cité. Jusqu'à ce que la peur les tétanise.

Mais là n'était pas la question, car, la Cristalléenne, qui était plongée dans ses pensées, fut divertit par un léger "toc toc" porté à sa porte. Encore de la visite ?

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Iniloth
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MessageDim 22 Fév 2009 - 12:35

...Précédemment

La porte légèrement entrebâillée, s’ouvra un peu plus sous les coups du vieillard, laissant voir quelques chandelles accrochées au mur et autre entreposées un peu partout, éclairants par leurs flammes vacillantes l’intérieur de la pièce, un bureau bien ordonné et quelques étagères contenants plusieurs volumes. Iniloth poussa la porte doucement, croyant avoir entendu une voix l‘inviter à entrer. Ses yeux balayèrent la chambre. Tout était en ordre. Il su alors, la source du sentiment qu’il sentit l’envahir en passant le seuil de l’école. Derrière le bureau, assise sur le rebord du fauteuil était une dame belle à regarder. Ses cheveux lisses étaient parfaitement couleur givre, ses bras blancs et son clair visage étaient lisses et sans défaut et une longue lassante et rude vie se lisait dans ses yeux cramoisits. A ce qu'il pouvait voir, elle était vétue d'une étoffe légère translucide à la limite.

L’être qu’était le vieil Aasimar se sentit soulevé lorsque leurs regards se croisèrent, toutes ses peines et malheurs furent pour un moment, qui sembla être suspendu dans le temps, oubliés, se sont tout simplement évanoui. Son cœur enfla, l’air s’infiltrait plus aisément dans ses poumons, il se sentit comblé. Il n’y avait aucun doute, c’était elle, la fastidieuse Aqua dont tout le monde lui a parlé, celle qui détient le pouvoir pour l’aider dans sa quête, celle dont il rêvait de retrouver depuis de si longues années. Elle n’était, à ses yeux fascinés, aucunement pénible, au contraire, il se plairait à passer tout ce qui lui restait de jours à l’admirer ainsi sans se lasser, à veiller sur elle. Bien que d’après les rumeurs, elle n’en avait point besoin.

Iniloth sentait le pouvoir qui résidait en elle, certainement grâce aux facultés qui se sont empreints en lui après sa possession de la Garadrhim pour si longtemps. Jusqu’à maintenant cela n’a lui a était d’aide que dans ses duels, en lui permettant d’évaluer la force de ses adversaire, mais là, la munificence de la dite cristalline, le faisait frissonner. Elle était bien plus qu’on lui avait dit et décrit. Ce fut un sentiment des plus bizarres que l’Aasimar sentit ce jour là, un sentiment qui lui rappelait un temps ancien ou il était beaucoup plus gai, mais il ne pu le définir.

Il baissa les yeux, sentant l’acuité du regard lui transpercer le cœur. Tant les histoires qu’il entendit à son propos, Iniloth ne s’attendait pas à se trouver face à une créature de cette grâce, le roi détrôné se sentait mal à l’aise. Il soutint son regard interrogateur à nouveau, il serait presque impossible pour lui d’espérer qu’elle connaisse son histoire, ni la raison pour laquelle il se trouvait face à elle en ce moment. Le silence dura un moment puis Iniloth s’avisa à le rompre.


‘’Je suis Iniloth de Vakoar, suis-je en la présence de la cristalline Ruby maîtresse des flots et des glaciers ?’’

La question était inutile, voir même stupide, mais la scène qui se passa, le sentiment qu’il ressentit en la voyant et ses méthodes courtoises, trop courtoises le déboussolèrent un instant et il du dire ou faire quelque chose, il ne manquerait plus qu’elle n’éclate de rire en raison de sa maladresse, mais peut être qu’au fond de lui, espérait il un sourire de sa part, ou peut être pas.


Spoiler:
 

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Le glas de la mort est le froid


Dernière édition par Iniloth le Mer 23 Déc 2009 - 3:14, édité 2 fois
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Ruby
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MessageVen 27 Fév 2009 - 19:56

La porte s'ouvrit lentement, comme plus tôt dans la soirée.
Etait-ce une nouvelle fois Ethan qui faisait son entrée dans le bureau, revenant poser quelques questions ? Ou alors Armand qui désirait poursuivre leur conversation quelque peu mouvementée ? Un élève désirant un cours particulier ou un habitant en planifiant un pour plus tard ? Ruby ne le savait pas. Elle recevait peu de visites, généralement, mais lorsqu'elle en avait, elles étaient toutes les unes à la suite des autres, lui pompant le rare temps qu'elle passait dans son bureau, occupée à diverses tâches administratives. Son rôle le lui commandait, et elle s'y résignait.

Mais, ce fut une main décharnée qui enserra le morceau de bois torturé de la porte. Dans le bureau de la professeur de l'eau, il régnait une température très basse - des profanes diraient négatives, mais dans ce monde où les profanes n'existent pas, on se laissait juste à dire qu'il faisait froid. La glace recouvrait les murs, le givre dévorait les poutres du plafond. La pierre même, mise à mal par le froid, s'accrochait à la moindre source de chaleur, arborant ci et là des morceaux de peau des malheureux qui lui avait servit de défouloir.

La Cristalléenne n'entendait pas le hurlement de la pierre gelée dans l'os, tout comme elle n'entendait pas le cri du bois de la charpente ; Ses oreilles n'écoutaient que le murmure cristallin de la neige, que le chant liquoreux des stalagtites et des stalagmites verglacés. Ici, elle était la maîtresse.

L'inconnu encapuchonné s'avança lentement, courbé sous le poids des années, tandis que la jeune femme dardait sur lui des prunelles stoïques, d'un rouge flamboyant. Rien que dans ce regard, elle essayait de deviner qui il était et, par extrapolation, ce qu'il venait faire ici. Un Habitant, se dit-elle tout de go. Elle attendit patiemment qu'il prenne la parole, n'étant pas du genre à chercher des explications, prédatrice, attendant plutôt qu'on les lui donne.

Il se présenta rapidement. Iniloth de Vakoar. De quelque chose, un Noble ? Ou un ancien noble ? Elle essaya de se rappeler des manières qu'il avait eu en entrant, mais peu de choses dans sa façon de se mouvoir parlaient d'un noble ou d'un quelconque héritier d'une bonne famille. Puis il lui demanda si elle était bien Ruby. Normal. Elle ne rit pas face à la formulation - polie - ni ne sourit pour se moquer. Les gens demandent ce qu'ils veulent de la façon dont ils veulent.

D'un mouvement du menton, elle approuva, l'invitant ensuite d'un geste de la main à prendre place dans un des fauteuils de glace qu'elle avait elle-même fait.


" Ruby, tout court. " répondit-elle, pourtant, modeste mais réaliste. " Je ne suis la maîtresse que des élèves dont j'ai à charge l'éducation. "

Ses doigts, accessoires de musiciennes, membres de fée, remontèrent et allèrent placer une mèche derrière ses oreilles légèrement pointue, alors que du bout de ses autres doigts, elle tirait le tissu léger qui lui recouvrait le corps afin de le tendre plus avant - recouvrir plus de surface, ne pas en découvrir d'autres...

Sa nudité presque apparent était devenue une norme d'habillage chez elle, et le regard convoiteur qui lui lançait parfois les hommes s'arrêtait dès qu'elle se retournait, révélant son identité. Ruby, professeur de l'Eau. Tueuse d'élèves lors de la Bataille d'Elament. Il n'y avait pourtant pas grand chose de charmant en elle : albinos de naissance, sa peau était blanche comme la neige - couleur accrue par le fait que la jeune femme utilisait presque continuellement son pouvoir - ses cheveux arboraient la même non-tiente. Ses pupilles, quand a elles, grandement iriguées par ses veines, étaient d'un rouge évoquant le sang et le meurtre, les coquelicots d'été.

Seulement, un petit quelque chose - ses yeux étrangement tiré vers ses tempes ? - la rendait belle. Et elle, pauvre folle, ne connaissait en rien cette beauté. De toute façon, dans une cité peuplée par les elfes et les anges, la beauté était un quolifichet que l'on offre. Banal, presque.

Puis, ses deux mains reprirent une place sur le bureau, ses ongles de verres, transparent, claquant étrangement sur le bois recouvert d'une épaisse couche de glace, se joignant ensuite comme deux ailes de colombe.


" Que puis-je faire pour vous ? "

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Iniloth
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MessageDim 1 Mar 2009 - 16:53

Spoiler:
 
Après plus de trois décennies d’errances, le vieux roi ne s’était toujours pas consentit à abandonner ses manières de souverain, loin de cela il y tenait plus que tout, c’était la seule chose qui lui rappelait son identité, la seule chose qui lui permettait de continuer. Le corps délabré, l’âme mutilé, le plus ancien des vagabonds s’était depuis le retour de la menace forgé un plan qu’il se croyait infaillible. C’était cela la raison pour laquelle il se trouvait dans ce bureau et en cette présence, la terrible maîtresse Aqua de sinistre renommée mais en qui il avait foi sans même la connaître.

Elle acquisa d’un signe de la tête à sa question, une mèche de cheveux retomba sur son visage angélique. Puis, modestement, elle ajouta n’être la maîtresse que des élèves, imposant encore plus de respect à Iniloth. D’un léger mouvement des doigts elle la remit derrière une oreille, le vieil Aasimar était comme sous un enchantement. Il continuait à admirer cette charmante créature, un regard confus surmontant son visage. Le froid était mordant, l’atmosphère détendue, elle lui fit signe de s’assoir.


Citation :
" Que puis-je faire pour vous ? "

Il se tenait toujours debout, par habitude, pas par manque de courtoisie. Il ne savait par où commencer. Comment s’était il mit en tête qu’elle accepterait. Il l’avait observée toute à l’heure, dans l’Arène, et avant cela parmi la foule en chahut, elle était bien impassible, les traits fantomatiques de son visages ne laissaient rien deviner de sa pensée. Iniloth n’avait plus rien à perdre, sa requête était bien bizarre mais il le fallait s’il voulait que son plan réussisse.

‘’Mon histoire est longue et lassante, dit il en un soupir, il de cela des décennies, je fus le roi d’un clan d’Aasimars. Je me suis disputé en duel face à mon frère, la couronne de notre peuple à la tradition. Mauvais perdant il revint en possession d’un sombre pouvoir, une armure faite d’ombre et mit la cité à feu et à sang me forçant à un autre duel. Je le défis à la fin à l’aide de mon vieux père qui le paya de sa vie. Quelque chose de plus sombre que les ténébres s’était saisit de lui ce soir là’’

À mesure qu’il parlait, une matière ni vapeur ni liquide se dégageait de lui, allant enlacer les murs gelées du bureau, des visions se défilèrent dessus, le duel des deux frères, le retour d’Olorin vêtu de l’armure, la scène découverte du don d’Iniloth puis la mort de son père et l’emprisonnement de son frère corrompu. Les dernières images furent de lui mettant la main sur le sinistre artefact, qui se mua, perdant sa teinte ombreuse et devint, comme fait d’un mélange d’eau liquide et de glace emmêlées.

‘’J’en pris possession pour commémorer ce jour maudit, mais je découvris plus tard qu’elle n’était en rien ordinaire’’ continua t il sombrement

Des lamentations se répercutèrent, puis de tendres paroles alléchantes, qui promettaient un pouvoir suprême. À présent, Iniloth se tenait face à une armée de démons écorchés, lui-même se tenait à peine debout, chair pendante, visage meurtrit. La Garadrhim comme il l’avait baptisé ou le mal l’habitant avait prit possession de son corps et surexploité ses forces. La paroi vibra, et les images se défilèrent à nouveau, d’autres scènes détaillées du passé de l’Aasimar, quelques une filez sans que la cristaléenne aie le temps de les analyser convenablement, d’autre s’attardaient. Le combat face à Senector et Inöy puis celui contre Energa notamment. Enfin, la scène pendant laquelle il enfoui l’armure en dessous de la cité à travers le lac.

‘’J’ai acquis assez de savoir pour maitriser le mal dans l’artefact, mais mon corps n’est plus. Je pars donc retrouver le dernier de mes siens, qui détient à lui seul le pouvoir de la dompter et de venger Les Vakoars. Je me suis confié à vous en espérant bénéficier de votre aide. Je ne suis pas sûr d’avoir assez de temps pour lui apprendre tout ce que je sais, je dois être certain qu’il ne mettra la main dessus qu’en étant prêt.’’

C’était fait. Reste à voir si elle accepterait. Il est assez désobligeant de demander à quelqu’un de s’engager dans une histoire de magie noire. Iniloth ne pouvait espérer plus. Il était bien connu que Ruby était assez serviable, c’est pour cela qu’il lui avait tout montré. En sa présence, il se sentait allégrement en sécurité, car bien qu'il se sentait assez dégoutant, sa chair brulée, son visage asséché. Le regard rougeoyant agissait comme un remède sur son âme meurtrie.

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Ruby
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MessageDim 8 Mar 2009 - 14:47

Il y eut un discourt épique.
Et des images mouvantes, comme des petits volutes de fumées, qui se promenaient dans l'air. Un petit personnage bataillant contre une marée sombre, une tâche de noirceur dans ce tableau. L'haleine d'hiver s'en allait en s'effaçant, évanescente, se dissipant peu à peu pour être finalement rendue au néant, sa mère d'origine. Dans le froid permanent, il y avait des brises de fraicheur éphémère, des souffles, des palpitations. De la scène qui se déroulait sous ses yeux, la Cristalléenne ne put percevoir que quelques passages nets, les autres, trop flou, hypnotisaient ses yeux. De la vapeur, de l'eau et de la glace mêlés. Ce vieux monsieur devait avoir un bon niveau.

Il était un roi, il avait été chassé. Elle retrouvait dans son histoire un peu de sa vie passée, du pouvoir qu'elle aurait pu avoir si elle était restée chez elle, de l'influence, de l'autorité... Des responsabilités et de la folie. La jeune femme soupira, et toucha pensivement la tiare d'argent qui ornait son front. Une bataille, oui, la vie n'est qu'un vaste champ de bataille. Paupière close, elle se repassa la scène en dimension qu'elle avait vu évoluer dans l'air, son cerveau se répétant les paroles de l'Aasimar.

Au final, on en revenait toujours à lui demander son aide à elle. Elle était puissante, certes, mais ce n'était que de la force brute, la force patiente de l'eau qui s'abat sur un rocher jusqu'à le trouer, le détruire, le transformer en sable. La puissance des aquas n'était qu'un mensonge et, au fur et à mesure qu'elle avançait en âge, la cristalléenne croyait de plus en plus à cette maxime. Elle avait lu, des années auparavant, des ouvrages sur les philosophies des élémentalistes, leur façon de concevoir le monde. Certains arrivaient à remettre en question les origines de la création du monde, alors qu'à l'époque de la Grandeur, les dieux eux-même l'avaient dictée aux mortels. Ce qu'elle se disait sur les aquas n'était-il qu'une façon arrangée de son esprit de combattre son orgueil, de la rendre modeste ?

Non, ça, la modestie coulait dans ses veines, comme la lave dans les chairs de la terre.

Lentement, la jeune femme rouvrit les paupières, soufflant dans la vapeur de son esprit, dissipant les volutes mercuriels qui fluctuaient doucement sous les vagues acharnées de sa propre logique. Néant, de nouveau, une respiration calme. Puis une question remonta doucement à la surface, crevant l'agitation : de quelle façon pourrait-elle bien l'aider ? En allant chercher ce Vakoar quelque chose ? Le fait d'avoir formulées ses deux questions signifiait-il de sa part une acceptation ?


" Naturellement. " Elle se répondit à la fois à elle-même et à la fois à l'Aasimar.

Epuisée... Elle était fatiguée. Elle avait eu une dure journée, et quelque chose, au fond de son coeur, lui disait que celle de demain serait pire. Déjà, sur le coin de son bureau trônait une épaisse pile de feuilles : ses obligations urgentes. Aller rencontrer la future professeur de la terre, destituée donc l'intérimaire actuelle de son statut. Etaient présents leurs noms, prénoms, lieux de résidence, courts résumés psychiques, races, âges, éléments contrôlés... Et en dessous, il y avait encore plus urgent : dépêcher des espions dans les enfers, car courrait depuis peu une étrange rumeur : une cour importante serait en formation, prenant peu à peu de l'ampleur sur les autres, dévorant des miettes d'autorité et de pouvoir.

Ruby soupira, et se leva dans un geste souple.
A pas lent, elle s'approcha de l'Aasimar qui avait décliné son invitation à s'assoir. Sa main remonta, trouva la fibre de la capuche et la rabattit en arrière, laissant découvert un visage mutilé, dévasté. La jeune femme n'eut aucune réaction : pas d'inspiration signifiant la stupéfaction, pas de pas en arrière de dégoût, pas d'écarquillement des yeux. Elle posait toujours sur le vieil homme un regard stoïque, froid, à l'effigie de son élément. Limpides, les rouges de ses prunelles glissèrent, évaluèrent les dégâts, l'âge de son invité.

La jeune femme prit une respiration, qu'elle bloqua quelques secondes, le temps de faire le vide dans son esprit. Elle leva les bras, les dressant au niveau du torse de l'Aasimar, paumes offertes.

Pffff.

Son esprit éclos comme une fleur, libérant quantité de frustration, de ras-le-bol. Jusque quelques secondes, le temps d'endiguer le flux de pensée, elle garda les yeux fermés, puis, celle que l'on avait jadis nommée la Chasseresse de Glace, ou la Comète Blanche, sonda le corps délabré.

Des bras d'encre s'accrochaient ici et là, grattant de leurs ongles de nuit de maigres défenses d'une carcasse tourmentée. Leurs petites bouches, leurs petites dents, dévoraient la moindre parcelle d'énergie, pour s'en nourrir, pour grossir, et lutter encore plus ardemment. Aussi puissant était-on, il y avait toujours un moment où l'énergie déclinait, où, passé l'apex, on entrait tout bonnement dans le crépuscule de sa propre magnificence. Chez ce roi, la nuit était proche, et la Cristalléenne le sentait. Il avait déjà vécu plus longtemps qu'une grande partie de ses congénères, actuellement, il refusait simplement la mort, juste pour pérenniser un acte d'une grande importance.

Inclinaison dans son esprit, ajustement de ses pensées, elle continua son investigation, coulant dans le corps du Roi déchu comme son propre sang, faisant un avec l'eau qui le constituait. Elle apprit ainsi mieux son histoire, ses anciennes cicatrices corporelles, ses blessures physiques, là où l'eau manquait, là où le sang était plus liquoreux. Et partout, des zones d'ombre et de lumière. Lentement, comme une mer qui se retire d'une plage, elle sortit son esprit de l'Aasimar.


" Ce sera un travail long et difficile de vous octroyer quelques années de vie supplémentaire, et probablement contre nature. Mon pouvoir seul n'y pourra rien, il faudra d'autres choses : des plantes, des pierres. "

La professeur se redressa et fit le tour de son bureau de glace, continuant de parler.

" Beaucoup pense que les cultes païens ne servent à rien. Grande erreur ! Ils nous offrent une médecine efficace et des utilisations particulières des pierres. Il nous faudra de l'ambre, de l'onix et du granit. Ainsi que de la lavande et du citron. "

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Iniloth
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MessageSam 14 Mar 2009 - 2:31

L’étrange matière informe cessa de vibrer mais continua à vaguer dans la pièce, embrassant ces murs recouverts de glace. Le professeur reporta ses yeux sur le vieil être las, l’air toujours aussi impassible, imperturbable. Elle s’attarda un moment, puis se releva tout en murmurant un doux ‘’naturellement’’. Arrivant devant lui, elle s’approcha, tendit un bras d’un blanc de neige, son habit court et translucide révélant encore plus sa grâce, et de ses fins doigts aux ongles de glace, retira le capuchon de tissu noir qui embrumait les traits de son hôte.

L’Aasimar tressaillit en sentant le souffle tiède sur sa chair tourmentée. L’avait elle perçue? Le souvenir de la dernière créature de sexe opposé qui l’avait ainsi approchée, s’était perdu dans les ténébreux méandres de sa longue et épuisante vie. Il s’appreta à recevoir le regard répugné qu’elle lui porterait, une fois le visage mutilé comme taillé à coups de serpe est découvert. Pourquoi n’avait il pas réagit ? Il ne le savait point. D’habitude il évitait de se faire dévisager du mieux qu’il pouvait car pendant toutes ces années d’existence, le peu de gens qui eurent la mauvaise fortune de contempler en quoi il était mué, leurs regards furent les mêmes, comme si ils avaient insufflé une odeur nauséabonde tout d’un coups. Mais ce qu’il haïssait, était le regard de pitié que certains lui avaient porté, des gens de bons cœurs aux quels il avait jadis été lié, un regard résigné qui exprimait l’impuissance qu’ils éprouvaient.

Le dégout et la fureur montèrent en lui comme un flot de vomissures. Il cligna des yeux soulignés de cernes et s'agita. Mais dès que les prunelles de la cristaléenne se posèrent sur lui, il fut instantanément paralysé. Loin de tout attente, son visage avait toujours la même expression grave, elle paraissait encore plus implacable que la première fois qu’il la perçue. Ni dégout, ni pitié, ni humilité, rien, c’était comme si elle n’avait rien d’inhabituel devant elle. Les iris d’un rouge flamboyant fixèrent les yeux bleues du visage émacié sans ciller, les mains de la munificente montèrent jusqu’au niveau du torse d’Iniloth, puis elle expira lentement, une dense buée.

Dans une profonde respiration, il inhala les veloutes de vapeurs blanches, se laissant envahir par une délicieuse sensation d’oubli. La seule réalité qui comptait, c’était elle. Ruby. Il la sentit en lui, scrutant les recoins de son corps, hantant son être. Elle et lui ne faisaient plus qu’un. Il se relâcha savourant ce sentiment allègre, ce sentiment qui embrasa une flamme au fond de lui. Pendant plus de quinze siècle de vie, il n’avait rien éprouvé de pareil. Cependant la rêverie ne dura pas longtemps, elle ne tarda pas à être perturbée par endroits par des visions et des souvenir qui n’étaient pas sien, un passé pleins de malheurs et de rudes épreuves. Ainsi se fait il que l’Aqua la plus puissante depuis la déesse elle-même, ait autre fois flirté avec les ténébres. Une ancienne vie, une existence marginale, une mort lente et douloureuse puis un retour des plus suppliciants, des êtres chères qui allaient et venaient ne laissant qu’un vide béant que la divine créature apprit à combler au fur et à mesure, se durcissant d’épreuve en épreuve, se renfermant, refoulant ses sentiments, son être et son identité pour cacher ses faiblesses derrière ses fonctions, obligations et pouvoirs.

Ils étaient tellement pareils tout les deux, qu’elle seule pourrait comprendre ses peines et tourments pareillement à lui pour elle.

L’intrusion dans les souvenirs du professeur se fit sans qu’il l’ait cherché, au cours des années en la possession de la Garadhrim, il du apprendre à éveiller son esprit et le contrôler, sans quoi il aurait été consumé par la chose qui hantait l’artefact. Cependant pendant cette entrevue et pour une quelconque raison, l’éveil y était mais pas le contrôle.

Elle se retira le plus subitement qu’elle s’est introduite, puis adoptant un ton dégagé


Citation :
" Ce sera un travail long et difficile de vous octroyer quelques années de vie supplémentaire, et probablement contre nature. Mon pouvoir seul n'y pourra rien, il faudra d'autres choses : des plantes, des pierres... "
Iniloth resta un moment perplexe. Il ne lui avait pas demandé si elle pouvait le guérir, bien que l’idée lui passa souvent par la tête. Ce qu’il avait formulé l’aurait tout simplement incitée à demander en quoi consistait l’aide et il n’aurait demandé rien d’autre qu’elle révèle le lieu de l’armure au jeune être de son clan lorsqu’il viendra, en s’assurant qu’il avait acquit assez de pouvoirs psychiques pour la soumettre à sa volonté. C’est ce qu’il aurait dit. Mais il paraît que chasseresse, lassée par les manières trop formelles et courtoises du roi déçu fini par aller chercher elle-même des réponses. Iniloth était presque certain qu’elle les eu, pendant ce moment où ils n’avaient plus besoin de mots pour se comprendre. Car ce qu’Iniloth vît et sentit en cet instant, se passait de paroles.

Iniloth était toujours ému puis se sentant plus à son aise dit :

‘’Je vous remercie pour ne pas avoir fâcheusement réagie, rares sont les rencontres que j’en porte bon souvenir. Merci Ruby’’

Il été très désobligeant de parler ainsi à quelqu’un qu’on ne connaît que pour quelques instants, mais lui, il sentait autre chose à son propos. Comme si il la connaissait depuis une éternité. La Garadhrim n’est donc pas une malédiction à part entière…


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Ruby
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MessageSam 21 Mar 2009 - 22:37

Etrangement, elle n'avait pas remarqué ce qui s'était passé.

Si la Cristalléenne avait eu écho de la lecture de ses souvenirs par l'Aasimar, elle l'aurait probablement tué sur place, sans le moindre remord, sans la moindre colère, ou aurait au moins demandé pourquoi. Elle n'avait pas encore senti le lien, toujours établi, et ce n'est que lorsqu'elle posa ses fesses sur la surface glaciale de son fauteuil de verglas qu'elle eut l'impression d'une rupture, d'un fil qui se casse, d'un fin ajustement, comme si quelque chose reprenait sa place rapidement, sans concession pour les choses déplacées ou bousculées.

Le monde se voila d'une cape d'obscurité, vaste rideau chutant sur ses prunelles. Leur couleur elle-même les quitta, se changeant en gris clair, et il y eut la surface du bureau sous sa joue, réconfortante, comme la douceur de l'herbe sur son corps lorsque, allongée dans les prairies du Nord, la jeune femme se relaxait au soleil, pendant sa longue errance.

Et des images vinrent hameçonner son esprit, le tiraillant doucement, essayant de le séduire. Des mots aussi, dans une langue sombre mais douce, tel le grondement d'un loup acculé. Mais quelque chose dans le coeur de la jeune femme lui disait de ne pas écouter cette voix, de ne pas prêter attention à ces rimes mystiques.

Dans un état second, au bord de l'évanouissement et pourtant inconsciente, des brides de son passé lui revinrent, tandis que sa peau se fit marmoréenne, pour moitié opale, pour mi perle. Sur la fumée - ses prunelles, se dessinèrent des images que seule la Louve pouvait voir.

Elle devait avoir 8 ou 9 ans, elle était assise sur une pierre dans les grottes de son clan de naissance. Du bout des doigts, elle jouait avec un couteau en ivoire d'os, réfléchissant à sa vie. A la méchanceté des femmes, à la cruauté des hommes, au manque de logique de ses divers raisonnements. A peine huit années de vie et déjà de la haine, et une infinité de tristesse. Et si elle se tuait maintenant, ou si elle tuait plutôt, cela résolverait-il son calvaire ?

Autre flash. L'année de l'aposement de son tatouage, abalourdit par l'épreuve, la jeune femme au cheveux ni blanc, ni vraiment coloré de bleu, était en paix. Extérieurement du moins. Toujours ce conflit entre la vie et la mort. Thanatos et ... Vivos ? Etourdit, épuisée, elle écoutait la plainte d'une Voix suave, qui lui promettait le repos. Mais le repos résidait-il réellement dans l'anéantissement ? Tandis qu'elle s'approchait vers le lac sous-terrain pour y laver sa sueur, elle songe à une grande faille, à une immense rupture. Cette épreuve marque la fin de sa vie d'enfant. Alors, elle revoit qui passe dans son esprit ces choses qu'elle perd : la protection, la sécurité, la stabilité. Peut-on réellement abandonner autant sur la seule foi de .. la croissance ? Colère, l'eau s'écarte. Etonnement, la découverte de son pouvoir.

Autre flash, parmi une multitude d'autres moments volés de sa vie. La jeune femme est dans la forêt, elle court au côté d'un élève. Eal. Elle chasse avec lui, elle tue encore et encore, et est tentée déjà de partir, loin, pour toujours, d'abréger ses propres souffrances, comme elle abrège la vie des démons qui rôdent.

Elle est maintenant transformée en flocon qui volètent doucement dans les airs, elle s'engouffre dans les enfers. Elle sait que si elle lâche sa concentration, elle s'éparpille en milion d'esquilles de matière, qu'elle mourra. Pourtant, elle ne relâche rien, elle s'agrippe de toute la puissance de sa folie à son intégrité. Elle ablue sa magie, revient à une presque-vie.

Une voix résonne dans son esprit. Est-ce la même qui, des années, des siècles plus tôt lui semble-t-il, avait guidé son esprit vers Archaël ? Reviens, lui dit-elle, en contradiction avec la voix suave qui l'appelle vers les ombres, vers tout les moments de sa vie où la Cristalléenne se trouvait à la frontière entre la vie et la mort, où le choix de la mort.

Reviens.
Reviens à nous.


* Pourquoi je ferai ça ? *


La voix ne parle plus. Il y a une ordalie de l'esprit de la cristalléenne, un combat à nulle autre pareille. Elle observe, se laisse emporter. Mais, malgré elle, son esprit est rabiboné tant bien que mal. A l'extérieur de son corps, elle entend une voix, des excuses, de la panique. Elle voudrait qu'on lui dise de la laisser aller, que tout va bien, qu'il y a une magnifique duel quelque part par là bas, mais, comme si son inconscience était une bulle qui éclate, la vérité enfla dans son esprit et l'inonda.

Ainsi, une partie de la magie démoniaque qui habitait cet ancien roi s'était engouffré en elle et essayait de la séduire ? Comment cela se faisait-il, essaya-t-elle de comprendre.

Par le lien, lui répondit la voix.

Par le lien qui s'était créé entre elle et l'ancien roi lorsqu'elle avait sondé son corps, et pendant qu'il lisait dans son esprit, dans sa mémoire. Révolte, colère, coup de mâchoire, crocs et griffes qui lascèrent et brisent. Inspiration.

Ruby revint à la conscience, ouvrant sur le monde des yeux écarquillés, alors qu'elle sentait dans sa gorge le goût amer de bile et que les souvenirs nets de cette expérience se déliquaient lentement. Une forte puissance démoniaque l'avait investit. Elle se sentait salie, violentée. Pire, l'Aasimar avait eu accès à des souvenirs à elle, elle se sentait violée. La professeur tomba sur le sol, faisant naître un magnifique bleu sur tout son bras. Qu'avait-il vu au juste, que savait-il d'elle maintenant ? Connaissait-il l'existence d'Iblis ? Avait-il vu son enfance, son instruction ? Avait-il eu accès à tous les moments de joie et de colère qu'elle avait ressenti ? Ou n'avait-il vu que des bribes, morceaux épars et altérés ? Dans le doute, elle se leva brusquement et le toisa de toute sa taille - Ô combien ridicule, alors qu'elle était encore dans les vapes et qu'une nausée persistante lui apportait des relents de son dernier repas.

Ruby garda le silence un moment, observant encore et encore l'Aasimar, mais il lui sembla qu'il n'avait en aucun cas prémédité cette réaction à leur deux magies, alors la jeune femme se détendit un peu, sondant pourtant son esprit à la recherche d'un lien, ou d'un reste de lien. Elle ne trouva rien et retourna s'assoir tranquillement.


" Dites moi quel démon à créé cette armure. " demanda-t-elle. Ses yeux étaient toujours aussi impassibles et sa voix de métal, quoi qu'ordinaire, sonna comme un ordre dont la non exécution aurait de fâcheuses répercutions.

[Si tu as besoin d'explication, MP moi]

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Iniloth
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MessageSam 28 Mar 2009 - 23:54

Ce qui s'ensuivit le mit mal à l'aise. Il ne comprit d'abord rien de ce qui arrivait. Les yeux du professeur perdirent subitement leur couleur rougeâtre, et prirent une tinte grise, puis elle semblait comme perdre conscience. Quelques instants passèrent plus long, semblaient ils, que l'éternité qu'il avait eue comme vie. Il sentit son saut d'humeur, sa haine envers tout ce qui pouvait avoir attrait avec les ténèbres. Elle l'avait sentit en elle, et bien qu'il n'ait pas cherché à camoufler sa trace et qu'il n'ait d'aucune manière prémédite l'acte,il se sentit embarrassé.

Pendant ces instants de méditation, lui qui se tenait toujours debout face à elle, dans la même pose que lorsqu'elle s'est approchée, éprouva une honte sans précédent et un regret qu'il n'a point éprouvé. Comment s'est il, encore une fois, laissé emporté, guidé par ce sombre coté de son être. Le lien avait était brisé entre lui et le Huor, pourquoi donc ressentait il toujours les ténèbres l'enlacer. Il pouvait toujours sentir l'infecte présence, comme s'il ne s'en était jamais débarrassé. Il était maitre de lui même c'était certain, mais il avait prit quelques habitudes indignes pour ne pas dire sombres et douteuses. La réponse ne lui vînt pas à l'esprit, bien qu'il chercha longtemps. Pourquoi donc conservait il encore ces pouvoirs de nature ténébreuse, s'il s'était bel et bien débarrassé de son bourreau une fois pour toute.

Le sentiment de malaise croissait continuellement en lui, il sentit même l'obligation de s'excuser, de partir de ce moment même. Il était éternellement souillé par les ombres du seigneur de la mort, rien ne pouvait changer cette réalité. Ce n'est pas une exorcisation qui pourrait annuler un lien qui dura plus qu'un demi millénaire, même si le Huor ne soit plus impliqué directement dans ses agissement, on ne peut jouer avec les ténèbres sans en payer le du. Elle savait cela plus que personne d'autre.

Iniloth n'avait rien perçu d'autre que des fragments de souvenirs, des flash de scènes qui ont pu se passer des milliers d'années avant leur rencontre, comme ils pouvaient s'être passer le jour qui précédait alors que lui jouait avec son destin échappant de justesse, à la mort à plusieurs reprises. L'unique chose qui le perturba ce fut l'ensemble de sentiments qu'il ressentit, entre joie et tristesse, colère et détente, peur et courage, deuil et désespoir. Tout ces sentiments, emmêlés l'étourdirent, il ne savait plus qu'est ce qu'il ressentait lui même, c'est cela qu'il vit en elle, c'est selon cela qu'il analysa ce qu'elle vécu rien de plus. La mémoire d'un être vivant n'étant pas une boite d'archive, on ne pouvait se contenter d'y entrer et s'attendre à voir des tiroirs avec les souvenirs dedans, non ce qui résidait chez l'être c'est ce qu'il ressentit, c'est cela qui lui permit de la comprendre, de faire la comparaison entre leurs deux expériences tellement semblables et à la fois tellement différents.

Et alors que toute cette confusion régnait dans son être, la cristalléenne se leva de sa chaise de glace contourna encore une fois son bureau, cette fois ses yeux trahissaient une certaine curiosité, l'allure toujours fière, le regard rude, la mèche retomba encore une fois devant son œil gauche mais elle ne sembla point y prêter attention. Puis sa voix sonna froide mais quelque peu menaçante et autoritaire.


Citation :
" Dites moi quel démon à créé cette armure. "

Le vieil Aasimar sourit. Le professeur, malgré qu'elle n'était pas au meilleur de sa forme après l'expérience qu'elle du endurer, s'intéressait toujours à son histoire. Il respira profondément et entama son récit, cette fois en usant de la paroles non des souvenirs.

"J'ai lutté contre sa volonté pendant cinq cents ans et je ne sais toujours que peu de choses à son propos. Tout ce que je sais c'est que son pouvoir est terrible, il peut transformer l'énergie vitale des être qui l'entoure afin d'en user à des fins perfides, sa magie est la plus sombre, ses secrets sont des plus anciens et ses capacités de guerrier sont à craindre. Il put prendre possession de mon corps à deux reprises à travers une armure dans laquelle il insuffla une partie de son être et une grande part de ses pouvoirs ténébreux. La première de ses aventure infortunées, il m'a aidé à pulvérisé toute une armée de démons qui avaient prit mon royaume d'assaut alors que tout espoir semblait perdu. J'ai échappé à son contrôle car à cette époque il fut faible, scellé dans les ténèbres, il ne pouvait me maintenir sous ses ordres pour longtemps. La deuxième viens de se passer il y a quelques jours lorsqu'il me retrouva dans les entrailles d'une montagne face à d'immondes créatures. Il communique avec les ombres ou je ne sais quelle sorcellerie dont il use pour me retrouver à chaque fois. D'habitude j'arrive à renfermer mon esprit et à lui faire perdre ma trace pour quelques temps mais ce jour là, ma crainte et la situation dans laquelle je me trouvais avaient été en sa faveur et je ne pu réagir que trop tard. Le résultat de cette lutte sans fins contre cette entité se voit sans peine sur ma chair, et les plus savants arrivent à le déceler dans mon être. Je suis maudit Professeur, mon âme est mutilée et mon heure approche. J'ai cependant entendu quelques rumeurs, des légendes de l'ancien temps dire que l'un des démons des premières guerres, qui purent échapper à la colère des dieux, avait des pouvoirs similaires. Et pendant les deux siècles qui précédent mon arrivée ici je me suis consacré à connaitre mon ennemi. Il se fait appeler Huor Nemharma, il se faisait une joie de décimer tout peuple qui se retrouvait sur son chemin après la dernière bataille puis s'est fait bâtir une demeure loin à l'est. J'entendis aussi raconter qu'il fut le disciple d'un certain "Faucheur Rouge", l'un des neufs seigneurs démons. Son nom se perd bien avant la fin des dieux, on ne sait toujours pas ce qu'il advint de lui m'a-t-on raconté"

Spoiler:
 

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Le glas de la mort est le froid


Dernière édition par Iniloth le Ven 17 Avr 2009 - 19:20, édité 1 fois
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Ruby
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MessageDim 5 Avr 2009 - 10:57

[hrp - Ruby s'assoit à son bureau, s'évanouit dessus, se relève après et reste debout, elle ne trébuche pas. Mais c'est pas grave, c'était juste pour être claire ^^ Pas la peine d'éditer ! Et il y a 7 Seigneurs : p Sauf erreur de ma part. ]


Le Faucheur Rouge.
L'un des 9 Commandants démoniaques de la Première Grande Bataille qui opposa les démons aux Dieux, le mal incarné sur toute la planète. Mais ils étaient morts ! Tous ! Sauf Le Marcheur Sombre, sauf Iblis ! Leur puissance était telle, lorsqu'ils étaient uni, que si Ruby avait vécu à l'époque des Dieux, ils l'auraient balayé en soupirant, sans même s'en rendre compte. Les livres d'histoire et les chants racontaient le malheur que les 9 Commandants avaient répandu sur le monde.

Il y avait, sur les 9, 4 Cavaliers chevauchaient, ou des dragons, ou d'autres créatures versées dans l'art du mal. Des montures d'une telle sauvagerie qu'elles seules suffisaient à terrasser une armée. Les Cavaliers, eux, semaient le feu, la maladie, les ombres. Ils plantaient des graines de cauchemars dans les esprits sains des fils et des filles des dieux, prenant possession de leur corps.

Puis, il y avait le Marcheur Sombre, Iblis, que Ruby avait eu le plaisir de rencontrer par le passé. Marcheur sombre, car son corps était pétri d'ombre, et d'ombre en dedans. On racontait que si jamais il advenait qu'il se coupe, il n'y aurait pas de sang qui chuinterai de sa blessure, mais de la fumée de narcotique, noire, ténébreuse. On racontait aussi qu'aux temps jadis, lorsqu'il arpentait une terre, la vie la fuyait, le sol devenait stérile et le paysage aride, et que si une bête mangeait une chose venant de sa main, elle tombait, foudroyée par un mal inconnu. On l'appelait aussi le Faucheur Rouge, bien longtemps avant sa propre naissance...

Venant ensuite le Diable, terreur des batailles. Il chantait, racontent les livres, lorsqu'il se battait, et riait, alors qu'il semait la mort dans récolter de vie. Il accrochait, dit-on, à sa ceinture, les phalanges des chefs qu'il avait déchu, ou des créatures que l'on disait de grande puissance. Un disciple de pareil maître ne pouvait pas être un garçon de chenil pacifique, ni à la puissance négligeable !

Puis venait Eofol, une des premières figures féministes, si on veut, sauf que sa beauté était telle qu'elle avait constitué une armée composée uniquement de traître et de parjures... Si le Peuple de la Cristalléenne avait fait parti de cet host, ils auraient tué leurs propres frères et leurs propres soeurs, pour s'éviter la honte d'avoir dans sa famille quelqu'un charriant dans ses veines le mensonge. Le mensonge !

Le Seigneur fou, aussi, hantait les esprits, car le but ses actes était impossible à déterminé pour le commun des mortels - comme des immortels. Sans logique, sans ligne de conduite, sans.... sans raison ! A tel point qu'il envoya ses armées combattre ses alliés, pour d'obscures raisons...

Le dernier Commandant, personne ne le connaissait. On parlait vaguement de lui comme le pire de tous, un fléau invisible. Alors que les autres étaient sur terre ou dans les cieux, lui, habitait une autre dimension, celle des rêves, ou chaque élément pouvait être contrôlé par ses pensées. Est-il donc normal de craindre un ennemi que l'on ne voit pas ? Bien sûr ! Surtout quand l'ennemi en question gâche chaque seconde d'un repos salvateur pour se batte contre vous, sans que vous ne puissiez répliquer.

Une goutte de sueur glissa le long de sa tempe, coula sur sa gorge, roula entre ses seins et se perdit dans les tissus. Sa gorge monta et descendit tandis que la jeune femme avalait sa salive. Vaincre un maléfice pareil. Mais faut-il être fout pour garder aussi longtemps un pareil objet ! Et maintenant, une trace infime de la malédiction était en elle, rongeait de ses microscopiques dents les parois de son esprit. Sa seule satisfaction résidait dans le fait que, étant albinos de naissance, son espérance de vie était plus courte que le sort ne l'emporterait pas, qu'elle mourrait avant.

Maigre consolation.
Après tout, peut-être qu'il n'y avait rien. Doutes.
Non, penser à autre chose, oui, ça, l'aider.

Elle avait déjà rencontré Iblis, après tout. Elle connaissait la marque de ses sorts, sa façon si... délicate d'aider les autres, la pure énergie noire qui se dégageait de lui. Combien peuvent se vanter d'avoir jouer aux échecs avec le Marcheur d'Ombre, le Faucheur Rouge ? Combien se targuent d'être encore en vie après avoir vu son visage ? Elle, elle l'avait vu, sa face, ses traits si parfaitement parfait, androgynes, purs, comme ceux d'un ange. L'éclat noir de ses yeux - parfaits onix, qui étaient comme deux morceaux de nuit tombés dans son crâne. Pourquoi, alors, pourquoi n'avait-elle pas remarqué que la magie qui pétrissait Iniloth était celle d'Iblis ?

La jeune femme trouva dans la peur une énergie qu'elle ne soupçonnait pas. Car oui, elle était terrifiée. Seuls les fous ne le seraient pas en présence d'un être maudit par un disciple d'un Commandant de la Première Guerre. Seuls les fous, ou les suicidaires. Et dans ce monde où les dieux étaient morts, il valait mieux compter sur son intelligence que sur la chance.

La jeune femme claqua sa langue contre son palais, une nouvelle fois, tic de réflexion. Le froid se fit plus mordant dans la pièce, tandis qu'elle aspirait un peu de force dans la chaleur ambiante, puis, elle tendit la main devant elle, semblant vouloir donner quelque chose à l'Aasimar.

Le froid sembla se condenser là et devenir peu à peu visible, troublant la réalité. Une aiguille de glace naquit, comme une fleur au soleil, d'une fragilité apparente telle qu'un coup de vent aurait pu la détruire si ... si sa créatrice n'avait pas été la Cristalléenne.


" Contre les Pouvoirs d'Iblis, j'aurai probablement été incapable de faire quoi que ce soit, mais fasse à son disciple, je suis de taille, je crois. Huor Nemharma a cheminé toute sa vie sur les chemins de ce monde. Il s'est constitué une armée de taille, mais il a fait une chose stupide. Alors que son maître était sous les ordres du Diable (premier seigneur démoniaque), lui a choisit d'affronter le premier de tous les démons. "

La jeune femme marqua une pose, prenant délicatement entre ses doigts l'aiguille de glace, elle se rapprocha d'Iniloth, et, passant ses mains sous les tissus et les cuirs, tâta la peau dévastée.

" Son orgueil était suicidaire. Car, même après la Première Bataille, le Diable n'avait pas succombé. Seule son armée s'était dissoute, emportée par les pouvoirs des dieux. Son armée comme le Faucheur et 3 des 4 Cavaliers. Le Seigneur des Démons était vivant, mais seul. Et lorsque l'armée de Huor vint à sa rencontre, il se battit en duel contre le disciple d'Iblis, qui avait été un de ses préférés et à qui il avait tout appris. "

Remarquait-il, ce roi en exil, qu'elle appelait d'une des Terreurs par son prénom ? Comme s'il n'était qu'un ami avec lequel elle avait l'habitude de prendre le thé ?

Ses doigts tournèrent autour d'une même zone, au dessus du pectoral, au dessus du coeur, sous la clavicule. Tâtonnant, son touché se fit caresse, puis le bout de ses ongles de verre, capable de trancher du diamant, s'immobilisèrent, et ouvrirent la peau. La jeune femme traça des runes ancestrâles, dans une langue qu'elle-même ne connaissait pas.


" Le combat fut long, raconte les livres, tellement que les démons de l'armée de Huor moururent de vieillesse pendant le combat qui opposait leur maître au plus grand des démons. Au final, une fois tous les soldats décimés par le temps, les deux Seigneurs se portèrent simultanément le coup fatal."

" Enfin, ça, c'est un livre d'histoire plus ancien que ceux datant de l'époque d'oppression (période pendant laquelle les élémentalistes étaient chassés à cause de leur pouvoir). Les autres livres disent que le Diable est mort pendant l'assaut qui l'opposa aux Dieux. Dans ces mêmes livres, on raconte que Huor était un bandit de grands chemins qui prenait plaisir au massacre. Sauf que pareil démon ne pourrait pas construire une armure avec un morceau de son âme à l'intérieur. "


Oui, c'était un morceau de l'âme du démon, qui pulsait dans le métal froid de cette armure. Et pas son esprit. Car de tels pouvoirs ne peuvent être accordés à un simple esprit. D'un coup sec, la Cristalléenne enfonça l'aiguille de glace dans le corps de l'Aasimar.

Ce point, très particulier, bloquait la circulation des énergies magiques négatives. Ce savoir venait de l'enseignement de Shin avait donné à la jeune professeur. Si un jour on lui avait dit qu'elle s'en servirait autrement que pour accroître ses pouvoirs, elle aurait rit et aurait tourné le dos à de telles divagations. A la place, elle venait de clouer un point important, et d'inscrire dans la chair de l'Aqua des runes de protection. Elle seule pourrait enlever ce sceau.

Maintenant, il fallait attendre que le blocage fasse effet, et ces effets, Ruby ne les connaissait pas.

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Iniloth
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MessageVen 17 Avr 2009 - 23:25

Fascinant ce que les siècles d'errance purent apprendre au vieil Aasimar. Les Vakoars avaient une connaissance très limitée des maitres des éléments, ils les craignaient et n'avaient même pas assez de sources écrites sur eux. C’est notamment pour ça qu’il du partir. Pour assouvir sa soif de savoir. Pendant longtemps, il vagabonda les terres ravagées, retraçant la marche de terreur qu'effectua son ennemi juré longtemps au part avant. Certes il n’eu droit, la plus part du temps, qu’a des récits de l’ancien temps transmis de bouche à oreille et même après tant d’années, Iniloth percevait toujours de l’effroi dans les tremblements des voix de ces interlocuteurs.Le Huor s’est fait forger une effroyable renommée.Parfois un ouvrage aux pages délabrés tombait entre ces mains, et c’est ainsi qu’il pu peu à peu reconstituer le passé du Huor.

Par ci il lisait que le seigneur de l’effroi avait quitté les rangs des anciens pour chercher à venger son maître déchu, le faucheur rouge, le chercher peut être, ou par simple ambition personnelle. Par là, un autre ouvrage parlait des horreurs qu’il répandit en passant telle ou telle contrée, une marée d’êtres vils sur ces talons, répandant mort et désolation sur le monde, on lui dit que les tombes s’ouvraient à l’approche de l’être perfide recrachant ce qu’elles conservaient, les tas de chairs et d’os allaient rejoindre les rangs du Démon renforçant son pouvoir déjà trop étendu. Quelque part d’autre il lu, qu’il ne retrouva point son maître exilé, si jamais il l’avait cherché et qu’il se contenta de se construire une forteresse et d’y résider et que son armée trop nombreuse fini par se rebeller contre lui. D’autres sources racontent qu’après la dernière bataille des dieux, il partit à la chasse du Diable lui-même pour venger son maître, le faucheur. On lit de même que le combat dura une éternité, que le temps cessa d’être une réalité et qu’ils se livrèrent un duel des plus terribles. La lutte des deux titans passait sans cesse entre le plan physique, celui des mânes et le monde des rêves, qu’en fin ils se perdirent tout les deux entre les réalités, chacun détruisant le corps de l’autre. Ils furent tout les deux scellés dans le néant errant sans fin ni but.

Mais de toutes les versions, à la quelle se fier était la question. C’est ainsi qu’Iniloth fit la conclusion que son frère, dans sa quête désespérée de moyen pour le terrasser et conquérir le trône, avait fini par retrouver le Huor ou était ce l’inverse et ce dernier usurpa de la confiance que mit en lui Olorin pour prendre possession de son corps et reprendre une forme physique. Ensuite, lorsqu’il s’est avéré que lui Iniloth avait un pouvoir que son frère n’avait pas, le Huor, en quête d’encore plus de puissance chercha de se procurer son corps.

C’était l’unique hypothèse qui tenait, et il s’apprêtait à en faire part à la cristalléenne, cette dernière le fixait à présent avec des yeux écarquillés, elle connaissait les noms pour sûr, elle s’agitait, les mouvements de sa poitrine s’accéléraient à mesure que sa respiration se faisait plus pénible. Une expression d’effarement apparu sur le visage angélique. Toute fois, elle s’avança encore et tendit une main blanchâtre, fantomatique, Iniloth s’apprêtait à trouver quelque chose qui lui était destinée dans le poing entre ouvert. Iniloth se pencha en avant pour voir. Rien il n’y avait rien. La température baissa encore plus, son souffla fumait. Une poussière vînt tournoyer autour de la main du professeur pour ensuite se condenser laissant place à une sorte d’aiguille.

Iniloth haussa un sourcil, défigurant un peu plus son visage largement ravagé. Elle s’approcha, en lui parlant, cette fois d’un ton moins rude, moins froid. Il sentit ses doigts, de la douceur d’une eau claire qui lave la fatigue et les souillures, effleurer délicatement sa peau tourmentée en dessous des tissus qu’il portait, pressant légèrement par endroit. un ongle venait de transpercer sa chair au niveau de cœur et faisait de légers mouvements en toutes direction. Ce que le professeur dit, détourna l’Aasimar de la douleur. Elle affirmait ses hypothèses sans qu’il ne les ait encore exposées, mais autre chose l’avait surprise. Elle avait appelé Le Huor "le disciple d’Iblis". Aurait-elle appelé le dernier des anciens seigneurs noirs par son nom. Pourtant elle ne paraissait pas être une Elfe, elle ne pouvait donc pas avoir vécu cette ère. Comment alors saurait-elle tant de choses, de si jeune âge ? Effectivement, comment n’y avait il pas pensé avant. C’était pourtant évident, mais incohérent. Il n’avait jamais entendu parler ni lu qu’un démon était arrivé à manipuler son âme, mais ces êtres de l’anciennes époque étaient bien trop imprévisibles, bien trop puissants. Iniloth fut tellement perdu dans ces réflexions qu’il ne remarqua pas le léger mouvement qu’entama Ruby.

Une sensation glacée qui n’avait rien à voir avec l’atmosphère ambiante, se répandit d’un coup dans son corps, rien de plus ne se passa pour un moment mais peu à peu il se sentit raidir. Il releva les yeux pour la fixer en quête de réconfort. Ses pupilles se dilatèrent, la silhouette cadavérique fit un pas en arrière. Il avait poussé un cri de douleur, la faux sur son bras gauche était en feu. Il sentit une fureur qui n’était pas sienne secoua son corps, brève et violente. D’un geste tremblant, il se prit la tête entre les mains, les trempes battantes, puis dans une explosion de souffrance, il ressentit la rage qui n’était pas sienne, happer son âme. Il tendit la main droite tant bien que mal vers la cristalléenne, puis la main dévia de sa course allant ôter la cape d’un mouvement sec, puis déchirant le manche du tissu qu’il revêtait, les traits de la faux était rouges feu. Ses genoux se dérobèrent et il se retrouva accroupit, son corps s’embrasa d’un semblant de feu blanc traversé de lueur bleues.

Au bout d’un moment il releva un visage émacié pétrifié vers elle. L’aura disparu aussi rapidement qu’elle apparut. La faux s’était éteinte. La peau n’était plus desséchée et morbide. Les cloques et cicatrises s’étaient atténuées sur tout son corps. Son visage était plus humain qu’avant, du moins ses lèvres étaient ordinaires, son nez de même, son front ses joues, tout semblait avoir rajeunit de mille ans. La chair ne pendait plus, et se tenait ferme sur une musculature assez développée. Seule la couleur de la peau demeurait grisâtre, les cheveux toujours blancs et les yeux jaune comme ceux d’un serpent enfoncés dans leurs orbites. Une lueur bleue les traversa et une rune se fit voir sur le front légèrement dégarnit.


Spoiler:
 

Le symbole de royauté des Vakoars. Il paraissait aussi vénérable qu'un roi couronné de maints hivers et pourtant aussi vigoureux qu'un guerrier éprouvé dans toute la plénitude de sa force. Il se redressa, regarda ses mains d’abords, que s’est-il donc passé. Il s’approcha lentement du mur toujours recouvert par la matière informe qu’il avait déployé et d’un mouvement de la main la solidifia. Son reflet lui rendit son regard. Ses doigts remontèrent, tâtonnant son visage, caressant la marque de royauté, passant dans ses cheveux laiteux. Il s’en détourna avec peine s’dressant à la cristalléenne.

‘’Co..Comment ? ‘’ Balbutia t il

Sans mûrir l’idée, il avança d'un pas ferme et la prit dans ses bras. Il ne sut pourquoi il fit ainsi, soit pour la remercier soit pour remédier à un besoin. Tout ce qui importait c’était qu’il se sentit s’embraser, une main au creux de son dos, l’autre caressa au passage ses long cheveux au parfum suave. Il ne se fit pas long.

‘’Je ne sais comment vous remercier autrement. Dès que je suis arrivé en ces lieux, votre présence me procura quiétude et paix, c’était déjà loin de ce que j’espérais trouver ici’’ dit il se ressaisissant et parlant d'une voix grave

Il joignit les mains, renfermant un poing sur l’autre comme pour prier. Des particules de givre tournoyèrent un moment tout autour pour enfin se faufiler dans le creux, une rose, à la tige de glace et aux pétales de la même matière informe dont était faite la brume enlaçant les murs, germa. Ses yeux s’embrasèrent un moment de la lueur bleue.

‘’Ce n’est rien, et vous pourriez vous faire pousser une forêt bien mieux faite, mais je tiens à ce que vous l’acceptiez’’

Spoiler:
 

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Ruby
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MessageDim 26 Avr 2009 - 13:25

Ruby avait fit un pas en arrière pour se prémunir de toute réaction inatendue.
Mais, après tout, dans ce genre de situation, toute réaction n'était-elle imprévisible ? Les reins calés contre le bord de son bureau, bras croisé sur sa poitrine, elle attendit que ce qui devait arrivé arrive. Tout d'abord, dans un moment de latence prévisible, il ne se passa rien. L'Aasimar lui-même haussa un sourcil circonspect. Le plantage de l'aiguille de glace n'avait pas du être particulièrement douloureux, la jeune femme ayant les gestes sûrs et rapides d'une personne sachant parfaitement ce qu'elle fait, mais la sensation devait être bizarre. La Cristalléenne elle-même avait vécu pareille chose, lorsque Shin avait bloqué ses pouvoir, il y a presque un an de cela. Sauf que pour elle, c'était un autre point, sur l'autre clavicule, qui avait été titillé. Ciel, qu'elle avait souffert lorsqu'Iblis lui avait retiré ce minuscule morceau de glace. Une douleur que les mots ne peuvent bien évidemment pas décrire : c'était comme se faire cuire doucement dans de l'eau bouillante, pendant des heures et des heures, ou se retrouver sous une douche de plomb fondu, sans les joies de pareille expérience, naturellement. La jeune femme aux yeux rouges ne se rappelait pas vraiment de ce qui s'était passé, mais après avoir reprit connaissance, elle avait vu l'antre d'Iblis prise dans l'étau du vrai froid, du zéro absolu et même au delà, le froid qui transforme la glace blanche en Mort-Noire, et du sang à elle au sol, des vomissures et de la bile mélangée. Tant de choses si ragoutantes !

Enfin, il se passa quelque chose : le roi en exil se cabra, dardant ses prunelles d'or dans celles de sang de la professeur, cherchant dans ces abîmes flamboyants quelque chose, puis il râla, pliée sous des torrents de sentiments contraires probablement - qui pouvait savoir ce qu'il ressentait, sans avoir été possédé ? Il se prit la tête entre ses mains, puis se ravisa et sembla vouloir toucher la Cristalléenne. Le mal qu'il aurait voulu lui faire se sentait comme l'effluve d'un cadavre tapisse les murs d'une pièce renfermée, mais la jeune femme ne bougea pas, se contentant d'observer, impassible. L'homme sans-âge tomba au sol, et il sembla s'embraser d'un feu magique, d'une beauté époustouflante, blanche, veinée de bleu, crépitant de ciel et d'océan. Et une dernière transformation s'opéra : les chairs d'Iniloth se remirent en place sur les os, la mâchoire reprit sa fermeté de jeunesse, ses yeux brillèrent d'un nouvelle éclat : la jeune femme avait maintenant devant elle un jeune homme, tristement émiacé et famélique, rongé par la faim et la fatigue, mais un jeune homme plus "supportablement" regardable. Et sur son front luisait doucement un signe que Ruby ne connaissait pas.

N'avait pas remarquée la fauche rouge ? Si, naturellement qu'elle l'avait vu, elle la connaissait bien, l'ayant lu de nombreuses fois dans les livres, l'ayant vu gravée de sang sur les murs des cavernes des enfers. Mais maintenant qu'elle savait que ce sort était issu d'un disciple d'Iblis, la fauche ne l'étonna pas, elle l'attendait, presque.

C'est alors qu'il se passa, aux yeux de la Cristalléenne, la chose la plut étonnante : Iniloth la prit dans ses bras et l'étreignit longuement, bafouillant des remerciements maladroits mais sincères. Fou ! Comment osait-il porter la main sur elle ? Ne connaissait-il pas les histoires qui racontaient la perte des malheureux ayant fait pareille chose de par le passé ? La jeune femme se tendit vivement, les yeux écarquillés, ses bras tombant le long de son corps. Et puis, réfléchit-elle, quel mal y avait-il à cela ? Il était plein de gratitude, et ce geste de convention humanoïde signifiait l'affection, une amour sincère. Maladroitement, elle tapota le dos offert de l'ensorcelé, réellement mal à l'aise. Elle sentit dans son dos à elle qu'il lui caressait les cheveux. Avait-il fait cela par erreur ou était-ce fait exprès ? Un sentiment de suspicion germa dans son esprit, coupé net lorsqu'il la relacha, une demi seconde après. Ruby retomba sur le sol. Et bah oui, l'Aasimar, beaucoup plus grand qu'elle, l'avait portée alors qu'il l'étreignait ~

Puis le roi en exil joignit les mains, comme pour exécuter une prière païenne. Dans le nid ainsi formé se condensa le givre. Les fluctuations des particulières hypnotisèrent quelques instants la professeur, jusqu'à ce qu'une rose délicate n'apparaisse. D'un geste délicat, elle prit la fleur entre ses doigts et l'observa quelques secondes : la facture était belle, la maîtrise était là, cet Aqua avait un bon niveau, même s'il fallait retravailler un peu un structure elle-même. Ruby se retourna et posa la fleur sur son bureau, au milieu. Elle mit ses mains au dessus et appela la glace : un dôme de verglas transparent se forma, protégeant pour des millénaires le précieux cadeau.

Enfin, elle se retourna une dernière fois et s'inclina gravement devant le roi en exil :


" Vous ne me devez rien, je n'ai fait que ce que je pouvais faire. "

Ruby n'ajouta pas le "et vous n'êtes pas encore sauvé" qui lui chatouillait le palais, a quoi bon semer une graine de désespoir dans un coeur déjà meurtri ? A la place, elle bondit pour s'assoir sur bon bureau, posant négligemment sa main sur le dôme de verglas, comme on caresse un chat. Elle attendait la suite, désirant savoir si elle pouvait faire plus.

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Iniloth
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MessageJeu 30 Avr 2009 - 23:15

La joie et l’exaltation, des sentiments qu’il fut incapable de savourer depuis une éternité, vinrent s’ajouter à la confusion qu’il ressentait chaque fois qu’il croisait son regard, aux tremblements imperceptibles mais incontrôlables qui le saisissaient lorsque les fins doigts caressaient sa peau, au sang qui remontait dans sa tête, refusant de redescendre, engourdissant son cerveau.

Pendant ce moment il n’était plus Iniloth fils d’Orothil le roi damné des Vakoars. Pendant ce moment, il redevînt Ini l’enfant Aasimar jouant dans les plis de la robe de sa mère. Pendant ce moment, l’innocence et la spontanéité de son acte le mirent à nu face à elle. Tous les sentiments qu’il s’était interdit de manifester immergèrent avec une soudaineté effrayante. Caressant ses cheveux, respirant à plein poumon le parfum qu’elle dégageait, le visage enfouit dans le tissu léger, translucide. Il ouvrit les yeux, sentit ses seins contre sa poitrine, les tapotements courtois qu’elle lui faisait. Prit au dépourvu, il la relâcha et s’excusa. Qu’est ce qui la poussé à agir ainsi. Lui le noble, mystérieux, distant et aux manières hautaines.

Elle…

Toute la complexité de sa personnalité s’est volatilisée face à elle.

Retenant sa langue avec grande peine, il se concentra sur ses mains en forme de coupe, voulant à tout prix se détourner de ces pensées trop gênantes qui le rendaient tellement impuissant, faible et fragile. Il mit donc tout son savoir faire dans l’œuvre. Les sentiments qu’il éprouvait s’y glissèrent. L’unique fois qu’il arriva à mêler son pouvoir à ses sentiments, fut après la première incursion du Huor dans son esprit. Le résultat de toute cette haine et colère qu’il avait éprouvé fut l’arme qui pendait à son coté, Erendaës, son arc/épée, redoutable atout lorsqu’il apprit à la manier aussi bien qu’une partie de son corps. Mais cette fois, c’était mille fois mieux. Toute sa bienveillance, sa pureté, son innocence…Son Ame y était. Soignée avec tout l’amour qui le consumait, la rose porterait éternellement en elle l’amour non déclaré de l’Aasimar ainsi que plusieurs pouvoirs qu’il y transmit sans le soupçonner. Elle veillerait sur la cristalléenne, divulguant toute personne qui lui voudrait du mal, régissant instantanément dans l’éventualité où celle qui a happé le cœur de son créateur serait en danger. Tout cela, le roi n’en avait la moindre idée.

Le professeur accepta le cadeau et alla le protéger dans un dôme de glace eternel. Lui il dû recourir à toute la force d’âme et la volonté dont il était capable pour réprimer les paroles, qui lui brulaient les entrailles, de s’échapper, en la regardant regagner agilement et avec grâce son fauteuil. Voulant orienter la conversation vers des chemins moins hasardeux il se rappela un détail concernant le Huor.


*Pourvut qu’elle n’ait rien remarqué*

‘’Iblis. Vous avez appelé celui qui a apprit au Huor toutes ses horreurs, Iblis, celui qui fit trembler les anciens seigneurs démons ! Que pouvez vous me raconter de plus sur lui et son adepte qui puisse m'être utile?’’ Demanda t il en revêtant sa cape, recouvrant son torse nu où brillait un minuscule point, de la lumière d’une étoile, juste en dessus du cœur.

Si ce qu’il pensait s’avérait correct, cela expliquerait le vide béant, les ténébres et la terrible présence qu’il en ressentit le souvenir plutôt dans sa mémoire. Il se rapprocha du bureau, où le professeur continuait à caresser le dôme, et évitant à croiser son regard, ses yeux tombèrent sur une affiche annonçant des examens au bord du lac. Le lac où il enfouit son fléau. Des enfants sans vigilance y seraient. La malice de l’armure était sans limite. Il le savait. Il fallait qu’il y soit. Reste à voir comment y être sans réveiller des soupçons. Aucun habitant n’apprécierait le fait qu’il a caché un artefact d’une telle puissance et perversion aux abord de leur cité.

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Ruby
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MessageVen 8 Mai 2009 - 15:01

Un masque tomba soudainement sur le visage de la Cristalléenne.
Assise sur la surface impeccable de son bureau, les cuisses croisées, les jambes pendant dans le vide, ses yeux fixèrent le vide, le néant, visualisant des souvenirs anciens, perdu, appelant l'oubli. Une des main de la professeur était posée sur le giron, l'autre caressait le dôme de glace, comme un chat affectueux. Iblis. Le nom revenait dans sa tête, coulait dans sa gorge. Dans sa bouche, c'était un nom affectueux, qui glissait, roulait, appelait la prononciation, promesse de bons souvenirs.

Bons souvenirs.
Lorsque Ruby avait croisé le regard du Marcheur Sombre, le premier mot qui lui était venu à l'esprit fut "dieu", car la beauté de ce démon était pareille à celle d'un ange déchu ou à celle du dieu Aqua revenu sur terre, aux traits purs, plus poignant que la plus beau paysage, qu'une prairie recouverte de neige. Il avait un charme unique, inaliénable, paraissait transcendre les âges et les mondes. Il était à la fois l'hiver, au teint aussi blanc que l'os, et à la fois la nuit, pétri d'étoiles. Sa bouche était sensuelle et douce, une bouche de Cupidon, mais son regard recellait la cruauté propre aux démons, et le souvenir de cet éclat de ténèbres consuma le coeur la de Cristalléenne.

Ténèbres, les yeux du démon, ténèbres son univers.
Dans les entrailles de la terre, au bout d'un labyrinthe de tunnels et de couloirs descendant toujours, toujours plus vers les origines des ombres, il y avait son antre, et lui. Il fallait franchir une muraille de magie démoniaque, comme de la soie donnant sur l'indicible, franchir la porte de l'épreuve pour avoir l'honneur d'être en présence de l'un des premiers Nés. Seuls les fous y parviennent, les fous et les forts et avec du recul, la Cristalléenne se rendait compte de la folie de son geste, car sa force n'était rien à l'époque, seule sa folie l'avait sauvée.

Le masque se dissipa, et la bouche de la Professeur de l'Eau se durcit, de ses yeux se releva le voile de la réflexion, elle semblait avoir prit une décision. Elle prit sa respiration, comme pour parler, mais de sa gorge, nul son ne sortit, nul mot ne se fit entendre. Une nouvelle fois, elle recommença, balançant entre chacune de ses respirations entre deux choix : parler de sa véritable expérience à l'Aasimar roi-en-exil, ou rester neutre, imprécise...


" Je dois la vie au Marcheur Sombre. " Ces mots simples furent lancé comme s'il n'avait aucune importance. Laissant le temps à Iniloth de prendre conscience de leur poids, la Cristalléenne fixa la rose de givre, arrêtant de caresser la glace.

" Il y a un peu plus d'un an de cela, avant la Bataille, j'ai suivit un entraînement rude, afin d'être capable de porter à bien une mission dont je me sentais investie. Seulement, j'avais pactisé avec la mauvaise personne, et j'ai été obligée de me parjurer. Pour me libérer d'un sort, j'ai été voir Iblis, la seule personne capable de me venir en aide sans risquer sa vie. Il m'a libéré du sort, il m'a sauvé."

Ses yeux de feu, lave en fusion dans deux sphères de verre, et de sang répendu, rmontèrent et cherchèrent ceux du Aasimar. Elle, froide, chercha dans les prunelles de son interlocuteur du jugement, la moindre trace de crainte ou de dégoût. Cela, ce qu'elle racontait, personne ne le savait, personne n'en avait jamais entendu parler. Pas même Shin, qui pourtant le devinait. Même à Coralline, lors de leur rencontre dans le cimetière, même pour le départ de la jeune fille, elle ne parla pas de ce pacte secret. De toute façon, qui pouvait comprendre ? On ne verrait plus en elle qu'une traître, une tueuse d'élèves, on ne comprendrait pas, ni ne pourrait imaginer le courage - et la folie - qu'il lui avait fallut pour oser le demander au Marcheur Sombre.

" J'ai joué aux échecs avec lui, j'ai fait de l'esprit avec lui. " Un sourire triste apparut sur le coin de sa lèvre " J'ai même su dompter ses Ombrals, en parlant leur langue. "

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Iniloth
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MessageDim 24 Mai 2009 - 15:26

La cristalléenne s’agita, son regard paru se vider, devenir pensif, vaguer au loin, comme à la recherche d’anciens souvenir, insaisissables. Sa langue se délia. Iniloth perçu ses sentiments. Elle parla avec reconnaissance, certes avec respect et crainte mais aussi avec affection. Comme s’il s’agissait d’un ancien parent perdu qu’elle aurait retrouvée. Pourtant c’était l’être maléfique le plus ancien qui subsiste encore, l’ombre plus obscure que les ténébres, le vide le plus accomplit des mages noirs. La peur sans nom ni visage, celui qui survécut à la colère des seigneurs démons unis.

Cette confession aurait de quoi inquiéter n’importe qui, tous ceux dont la légende rapporte qu’ils aient conférés avec lui ont soit périt soit perdu la raison ou bien qu’ils sont eux même d’assez habile être maléfiques. Cependant Iniloth ne s’attarda pas trop sur cette idée. Ruby était l’une des rare personne qui ne l’avaient pas jugée à cause de son apparence et l’avait même aidé en régénérant quelque peu de sa chair et scellant le mal que l’armure sema en lui, sous un autre angle il est la personne la moins suspecte d’adopter des préjugés, de part pour en avoir souffrir trop longtemps, d’autre part son expérience acquise pendant des centaines d’années lui apprit à écouter et essayer de comprendre ceux qui vous ouvrent leurs cœurs, les comprendre et si cela est en son pouvoir, les aider. Pour couronner le tout, le fait qu’elle l’ait rencontrée est une opportunité sans précédent pour le roi déchu, une chance inespérée pour équilibrer la balance des forces. Les fragments de scènes, les sentiments qu’il perçu plutôt, devenaient de plus en plus cohérent et il arrivait à en déduire un sens plus facilement. Les images de l’ancienne expérience du professeur, immergèrent.


‘’Vous l’avez rencontrée ?...’’

Les iris dorés fixaient intensément ceux sanglant du professeur, avec un regard avide il s’approcha du bureau.

‘’…et pourtant vous n’avez point été ternie par ses ténébres, au contraire, c’est grâce à lui que os pouvoirs ont cru…’’

Sa voix tremblait, ses yeux exorbitants, ses lèvres tressaillaient

‘’…Sa magie et la votre se sont emmêlés…’’

Sa respiration haletait, il déglutinait avec peine.

‘’…Vous connaissez l’ampleur de ses pouvoirs, de quoi il capable, peut être même comment il le fait…’’

C’était comme si il avait soudainement trébuché sur quelque chose convoitait désespérément et éternellement. Son visage s’illuminait à fur et à mesure que ses pensées s’éclaircissaient et prenaient forme. Puis ses traits se raidirent, son regard devînt grave.

‘’…et ses faiblesses.’’

Il se tu. La scène parut en instance. Les conséquences qu’engendraient ces nouvelles données étaient à la fois effrayantes et source d’espoir. Les dernières deux cent ans étaient une fugue sans fin, une fuite d’un ennemi sans visage, un ennemi dont la force dépassait atrocement la sienne, de façon qu’il pouvait à peine se défendre.

Mais maintenant qu’il avait une chance de connaître les faiblesses du maître du Huor, l’espoir entretenu, le plan qu’il avait échafaudé, celui qui avait de si mince chance de réussite, s’épanouit au fond de lui.

Le hasard et la chance lui souriaient enfin.


‘’Apprenez moi tout…Je vous prie’’

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Ruby
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MessageSam 30 Mai 2009 - 14:42

[Désolée, j'avais pas vu que tu avais répondu u_u]

Pouvait-on décemment révéler des secrets qui n'étaient pas siens ? Même si ces secrets concernaient un démon puissant, un ennemi de surcroît ? Ruby se remémora sa galanterie, sa politesse, et la cruauté inimaginable qui habitait ses yeux, couverte par la classe qu'Iblis affichait. Chaque geste, chaque mot de sa bouche avaient l'air d'avoir été dit ou fait par un ange, déchu ou non. Il avait un visage d'icône, de dieu, ... Iniloth supputait que c'était grâce à Iblis que ses pouvoirs avaient cru mais.... n'était-ce pas à cause de sa folie ? A l'entrée de l'antre du démon, il y avait une grande porte à double battants, une fois ouverte, il y avait un voile noir, tissé des ténèbres même, chaque brin semblant incarner la nuit elle-même. Pour la franchir, le prix avait été grand, cela, le roi en exil ne pouvait même pas l'imaginer.

Devant la faim de ses yeux d'ambre liquide, Ruby ne put que détourner le visage. Non, elle ne voulait pas révéler ce qu'elle savait. Pourquoi ? Parce que pour obtenir ce qu'elle désirait, là bas, le prix avait été énorme, inimaginable : s'abaisser à demander, s'abaisser à la pitié. Ravaler sa fierté et sa puissance pour défaire un sort d'une puissance tellement faible ! Et puis la douleur, la mort qui griffait de ses ongles la frontière de sa conscience, qui l'appelait à elle...


" Je refuse. " dit-elle enfin, entre le murmure et le silence, à peine audible. Elle tourna son visage vers le roi en exil, fixa ses yeux dans les siens, l'englobant tout entier dans la ligne de ces deux orbes de sang. Ses sourcils étaient légèrement froncés, mais il n'y avait ni colère ni peine sur ses traits, seulement la foi inabjurable que Ruby avait en ses propres décisions.

" Je ne peux faire cela pour plusieurs raisons. Si vous voulez le tuer, allez-y, apprenez ses faiblesses et ses forces. Ne demandez pas aux autres de souffrir pour vous apporter un enseignement que vous ne comprendrez pas. "

Souffrir... Mourir aussi, presque. L'oeuf de l'ange, voila dans quoi elle avait erré, entre coma et conscience, entre vie et mort. Roulée en boule, en position foetale, son vomis maculant le sol de pierre noire, son sang gouttant à la commissure de ses lèvres... Couverte de sueur, misérable... c'était ainsi qu'elle était apparue aux yeux d'Iblis. Il l'avait vu ramper plus bas que terre pour fuir la douleur, il avait retenu la plus grande partie de ce mal, mais en avait laissé suffisamment dans le corps de la Cristalléenne pour que sa folie se brise sous les crocs du mal. Tout cela à cause de qui ? De Shin. Elle serra la mâchoire.

" Je pourrais vous révéler les points qui lui sont sensibles " reprit-elle " Mais vous ne les comprendrez pas, même en ayant vécu à son époque. Il faut pour cela le connaître. On ne peut réellement faire du mal qu'aux personnes que l'on aime. "

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MessageDim 31 Mai 2009 - 2:05

Se rendant compte de l’impertinence de sa demande, Iniloth se tut. Il ne put rien répondre. Il baissa la tête et se releva d’en dessus du bureau. Pourquoi l’avait il formulé ainsi. Or il avait bel et bien perçu l’affection qu’elle éprouvait envers le démon ainsi que sa reconnaissance.

‘’Tout ce que je veux…’’

Il resserra un poing, qui se mit à trembler

‘’… c’est pouvoir tenir tête au Huor la prochaine fois qu’il me retrouvera.’’

Des veloutes de vapeurs se dégagèrent de lui s’effilant en lambeaux pour se condenser quelques pas derrière lui. L’Aasimar empoigna la garde de son arc-épée et le porta en l’air, à coté de lui.

‘’Tout ce dont je suis capable…’’

Une haute silhouette commença à se dessiner dans le nuage de brume, mais ses contours restaient toujours incertains.

‘’… ne peut même pas l’égratigner.’’

La brume prit la forme d’un loup géant, une fourrure laiteuse l’enveloppait, des crocs acérés dépassaient de sa gueule. Autour de la tête reluisait une crinière de glace, Ses pattes ou plutôt ses bras et jambes étaient de la circonférence de la taille d’Iniloth. Au début l’invocation paraissait parfaite, mais plus le sort durait plus elle devenait translucide et immatérielle.

‘’Ne sous estimez pas mes capacités de compréhension, ni mes pouvoirs, car pendant plus de cinq cents ans j’ai erré…’’

Son bras retomba, son regard soutint une nouvelle fois celui de la cristalléenne.

‘’… parcourant les terres du monde. J’ai appris plus que la plupart des habitants de cette ville pourraient apprendre dans une dizaine de vies. Ce que vous m’apprendrait, je n’ai aucunement l’intension de l’utiliser face au Seigneur Noir. Il n’y plus rien dans ce monde qui puisse tenir face à son pouvoir. C’est le Huor ma quête, son disciple…’’

Iniloth fit retomber le capuchon sur sa tête, recouvrant ses yeux et brisant le contact entre les yeux dorés et ceux de sang. Seuls ses lèvres continuaient à remuer.

‘’Je vous suis éternellement reconnaissant de votre aide et je le serais encore plus, si vous consentez à m’aider dans ma quête. Je me suis promis de libérer le corps de mon ainé de son emprise ainsi que toutes les âmes qu’il tourmente depuis si longtemps. Ses âmes sont sa source de pouvoir. Si j’arrive à l’en défaire, il sera à nouveau vulnérable. Mais mes attaques ne sont que physiques. C’est là que j’ai besoin de votre aide.’’

Il se retourna et s’approcha de la porte. Ses doigts se resserrèrent sur la poignée. Les gonds grincèrent tandis qu’ils tournaient.

‘’Je ne vous imposerais pas davantage ma présence. Je serais aux monts décharnés, si vous vous décidez…’’

Aganërhim s’évanouit dans un nuage de vapeurs et de gouttelettes d’eau. Des bruits de pas se faisaient entendre dans le hall désert. Un sentiment de vide se répandait en Lui à mesure qu’il s’éloignait de la porte au bois décharnée qu’il venait de refermer derrière lui...

Spoiler:
 

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Dernière édition par Iniloth le Mer 23 Déc 2009 - 3:16, édité 1 fois
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MessageDim 31 Mai 2009 - 14:22

Alors qu'il parlait, Ruby le regardait toujours, ses prunelles dardées dans celle de l'Aasimar. Elle soutenait ses yeux, sans faille, tandis que ses façons étaient presque un reproche. Pourquoi ne voulait-elle pas l'aider ? Parce que ce n'était pas son rôle. Elle préférait garder de part devers elle ce qu'elle avait vécu dans les enfers, et c'était déjà beaucoup d'avoir révélé à un inconnu ce qu'elle y avait subit. Il parlait avec verve, plein d'un sentiment de haine et de colère. Il ne voulait pas la peau de Iblis, il voulait celle du démon qui habitait l'armure. Mais ne se rendait-il pas compte que ce démon était mort, et que seule subsistait son âme dans l'objet ? Il suffit de le détruire, de le passer au feu, ou de le terrer profondément dans un lieu oublié pour que plus personne ne souffre du mal qui l'habitait.

De ses mains même, elle pouvait la détruire, y infuser un froid à fendre une montagne et d'un soupire, le réduire en miette, en copeau de métal.

Il couvrit son visage, mais la Professeur fixait toujours l'ombre sous la capuche, cherchait presque les étoiles qui habitaient l'or des yeux du Roi en Exil. C'était un moment poignant, elle serra la bouche, crispa ses lèvres et se retint de le secouer, d'essayer de lui faire comprendre qu'elle n'était pas son ennemi, et que sa quête était vaine. Mais qui était-elle pour lui faire croire pareille chose ? Ne s'était-elle pas elle-même jetée à corps perdu dans une tâche que beaucoup aurait décrite d'impossible ? Aller dans les enfers, sauver une élève, affronter psychologiquement le Marcheur d'Ombre alors que son esprit vacillait au bord de la folie ?

Puis il se dirigea vers la porte, sous-entendant qu'il gênait. Essayait-il de faire de psychologie inversée ? Si c'était le cas, il se trompait de personne. Personne ne pouvait faire flancher Ruby, personne si ce n'était un ang et un elfe, et un démon, bien entendu. Elle écouta le bruit des pas de l'Aasimar qui s'évanouissait dans le couloir, jusque quelques secondes, puis elle soupira, glissa du bureau, sa jupe courte remontant sur ses cuisses, découvrant ses fesses. Elle la tira d'un geste négligeant, oublieuse.


" Puisses-tu mourir proprement. " Murmura-t-elle, comme une prière, à l'adresse d'Iniloth.

Il ne l'entendit probablement pas, car s'était impossible, et ne sentit certainement pas l'esprit de la cristalléenne qui courait à sa suite, l'invitant à renoncer à sa quête absurde. Inconsciemment, la jeune femme en savait la finalité, savait qu'il ne s'en sortirait pas vivant. Il pouvait encore vivre 100 ans, cent années de paix et de sérénité, mais il préférait se plonger corps et âme dans un combat perdu d'avance. Il n'aurait pas la force de finir sa tâche, il n'aurait pas l'occasion d'en voir la fin.

Il l'avait invité à le rejoindre aux Monts Décharnés, mais elle savait qu'en cette saison c'était suicidaire d'y aller seul, sauf pour elle et quelques autres probablement. Elle ne voulait pas s'y rendre, ne pouvait pas d'y rendre. Elle avait trop de chose à faire, des gens à voir, des jugements à donner, des tâches à accomplir. Elle ne pouvait décemment pas aller lui donner l'arme qui le tuerait. Mais, après tous, n'était-ce pas son choix ?

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