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 A la recherche du grimaçant

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MessageVen 13 Fév 2009 - 13:26

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Peu d'écrits ont jamais relatés les mystères hantant les entrailles de la montagne, la plupart sûrement né des influences de la porte des enfers. S'y aventurer était un risque non négligeable même pour un démon puissant. s'y rendre sans savoir ce que l'on cherchait était pire, mais grâce au plan astral, Inoÿ avait fini par trouver ce qu'il cherchait.

Les âmes damnés des démons les plus vils, lorsqu'ils étaient vaincus, refusaient souvent de quitter le monde physique pour se perdre dans les limbes désincarnées de l'Aether. Ces démons hantaient alors un lieu qui ne peu être décrit autrement qu'un monde entre les plans. Dans ce lieu ils ne sont ni morts, ni vivants, ni manes, mais désincarnés, n'ayant aucune influence sur aucune chose pas même eux, une sorte de stase éternelle sans retour possible.

Certains majeurs des enfers aimaient à conserver certains de leurs ennemis vaincus dans cette stase, jouissant du néat dans lequel leurs anciens adversaires béeaient. Car il existe un miroir de cet espace vide, un crystal formé par le portail des enfers lorsqu'il s'étaient ouvert il y a des millénaires, au coeur de la montagne.

Ces cristaux rares avaient pourtant leur source dans une caverne au plus profond de la montagne.

Spoiler:
 

Les majeurs utilisant ces objets possédaient le plus souvent de petites amulettes ou de petits miroirs, il fallait quelque chose de plus grand à Inoÿ.

Eux avaient trouvé la caverne et une bande de gobelins sapeurs étaient morts pour avoir du ramener une pierre de taille humaine. Si certains avaient péri par la montagne, les survivants avaient eu comme récompense de servir d'exutoire à Leur envie de sang. Puis de toutes façons, il ne fallait aucun témoin.

Elle était couverte de sang, finissant de se délecter du liquide que le grand Loup laissait, préférant la chair et les os. Eux attendaient, dans une fissure de la montagne, un lieu maudit ou les mânes de l'Aether protégeaient ce qui fut jadis une cité qui peu être était aussi puissante qu'Elament. Une cité déchue, nul ne savait comment, mais dont les anciens habitants gardaient les secrets.
Inoÿ n'aurait pu vaincre ces spectre d'Aether pour dérober leurs savoirs et trésors, mais la puissance d'Elle suffisait à les tenir à l'écart pour ce qu'Eux avait à faire.

Spoiler:
 

Sur le parvis de la cité maudite, ou toutes ces entités démentes voletaient sur le plan astral comme une nuée de corbeaux sur un charnier, Inoÿ savait que résonnerait tout ce qui était envoyé dans l'Ether, bien plus que dans l'artifice.
Eux avaient d'ailleurs découvert ce lieu en appelant le grimaçant ,en cherchant son corps, le reste de l'âme de Senector. Tous les echos venaient de ce lieu, simple résonnance ou réponse étouffée? Eux allaient le savoir.

Si le corps et l'âme perdue de Senector ne se trouvaient pas dans l'Aether, inoü suspectait qu'il se trouvait dans cet entremonde, et un appel suffisamment puissant réveillerait sûrement le grimaçant.

Elle exulta son aura de puissance, comme l'oeil d'un cyclone, elle devint le centre de la toile d'Ether de ce lieu, des milliers de spectre tournoyaient autour d'Eux, relayant l'appel puissant lancé dans l'Aether.

Lui se tenait devant le grand cristal, scrutant l'entre-monde, des signes cabalistiques gravés sur la roche indiquaient grosso-modo ce quEux étaient censés voir au travers.

Après plusieurs minutes les echos revinrent, plus puissants que jamais, une pulsation sourde indiquait qu'Inoÿ avait trouvé ce qu'Eux cherchaient.
Elle sourit derrière un rideau de sang lui couvrant le visage, des empreintes d'energie carmines saturant l'espace. La pierre crépita, luit, et du plus profond du néant, surgit à la surface de la pierre le visage qu'Inoÿ connaissait depuis des dizaines d'années.



Eux exultèrent, Elle appela Senector du plus puissant cri d'ether que ce lieu pouvait relayer, si Inoÿ continuait à voir juste, la présence de Senector réveillerait sa moitié d'âme, même dans l'entre-monde, et ils pourraient fusionner à nouveau.

Le grimaçant n'était pas détruit, la bête referait à nouveau 2.

Il restait cependant le problème du cornu, Le Grand Loup lécha ses canines ,et se faisant fit perler une goutte de sang sur sa lèvre à cette pensée...
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Swa
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MessageVen 13 Fév 2009 - 16:09

Senector était au rendez-vous, Inoÿ était là. Cette voix était bien étrange, mais le plus étrange était de voir Inoÿ, là, planté devant la pierre-miroir, regardant dans le vide. Mais il savait pertinemment que ce n'était en rien du vide. Non... il était là. Un miracle attendu depuis tellement longtemps. Le Cœur de la Montagne n'était vraiment pas un lieu où il faisait bon vivre. Il avait couru dans l'inconnu, pour arriver devant ce... cette chose, ces cristaux plantés là comme par magie. Mais la magie n'est pas la maitresse de mère nature, loin de là.

Peut-être que dans la lourdeur du temps, la déchirure d'un sourire se montrera et la tentative inouïe de la rencontre... Peut-être que quelque chose échappe. Un espace d'improbable. Une faille d'étonnement. Dans la chaîne des mots, un vide, un entre deux. Invitation à l'invention. Invitation aux retrouvailles... les yeux de la bête se fermèrent. La gencive se crispa d'un nouveau sentiment enduit de crainte, de plaisir, de douleur et aussi d'une haine qui avait grandit depuis la séparation.

Des mots s'échappèrent de sa gueule. Le temps semblait s'être arrêté. Le cœur de la Montagne n'avait pas d'impact pour l'instant... mais ce n'était sûrement qu'une impression. Cet instant était beau, éternel à ses yeux, et probablement, lorsqu'il rouvrirait les yeux, il serra trop tard. Il serra rongé par la montagne et la fusion. Mais il espérait. Les mots ne se firent entendre qu'au bout d'un laps de temps...


" - Rien. Je ne vois rien. Ni pensée ni image. L'étroite cage où les mots jouent est vide. Peut-être, même sûrement un souvenir. Un effleurement. L'écho incertain de ta fragile présence au bord de ma mémoire vient à mes oreilles. Si tu savais, j'ai réussi à être saoul. Gai, gai à en pleurer. Un tremblement, onde furtive sur l'eau calme. Peut-être juste le léger envol d'une luciole. Juste un instant, la béance de la chute. J'ai le vertige."

Il s'attendait, il se cherchait. Inoÿ lui offrait une nouvelle ancienne vie, quel cadeau pouvait être plus beau encore que de telles retrouvailles ? Senector avait arrêté de pleurer le jour où dans sa jeunesse, il ne fût plus naïf. Et les larmes se firent rares. Mais ce soir là, une larme coula, fine. Scintillante.

Thème de l'instant



Spoiler:
 

Les souvenirs remontèrent en tête telle une bouffée de soleil que Senector ferrait mieux de ne pas prendre. Le Soleil, vorace astre qui lui rongeait la peau. Une beauté interdite à ses yeux de cristal. Dans sa tête, un champs perdu faisait rage. Retrouver son corps n'était pas sans souffrance après-tout. Les souvenirs du passé scellés avec adresse pour les oublier remontaient avec rage. Enfin, il ne fallait pas s'attarder ici. Au plus profond de lui, il criait son nom. Cherchant sa moité. Il le criait, il le gueulait ! Il en bavait presque... Inoÿ était sûrement certain de son coup, ça ne pouvait pas louper, c'était impossible. Derrière lui, l'ancien bavard était là, à demie conscient de ce qu'il se passait, car à moitié lui il était.

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MessageLun 16 Fév 2009 - 13:19

Exactement ce à quoi Eux s'étaient attendus.
Senector la bête et Senector le grimaçant s'attiraient, se repoussaient comme deux aimant tournants sans cesse sur eux même.
Cependant le corps ne semblait ni éveillé ,ni conscient, tout au plus un relan d'instinct l'habitait, il ne pouvait en aucun cas se libérer de lui même... La bête ,elle, allait devenir folle si ce supplice continuait.

Le plan astral montrait l'ether de Senector se déverser au travers du miroir cristallin, et en ressortir comme reflété dans le monde physique... Ainsi son âme communiquait.

Mais que faire, briser le miroir, ouvrir une brèche, forcer l'écart entre les mondes? Et si finalement la solution était de faire tout celà en même temps...

Le grand loup s'accroupit derrière Elle, prêt à s'interposer au cas ou. Elle redevint pure énergie, son corps libérant par pulsations des arcs d'énergie vermeils. Des lames d'ether entourèrent la pierre dressée, tandis qu'Inoÿ forçait une brêche entre les deux mondes...

Cela pouvait devenir dangereux, mais la bête devait rester devant la brèche pour en recevoir l'hôte. Mais garder le cornu à l'écart pourrait sauver la vie de Senector en cas de problème...


-"Senector recule ton âme cornu, et laisse la bête face au grimaçant, ça ne prendra qu'un instant , c'est quitte ou double".

La frontière entre les plans s'émiettait ,l'espace était à son point de rupture.
Inoÿ força alors un arc électrique à frapper le point le plus fragile des cette frontière pour la faire éclater. L'entre monde allait se déverser ici ,avec le grimaçant. Inoÿ espérait que le grimaçant et la bête refusionneraient à ce contact, mais trop d'inconnues restaient dans l'équation... Le grimaçant pouvait rester inerte, Senector être aspiré vers lui au lieu de l'inverse, d'autres mânes pouvaient sortir de la brèche...

Pour une fois ,si Eux pouvaient compter sur la chance...
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Swa
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MessageLun 16 Fév 2009 - 14:34




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Une voix l’interpella , il compris la demande, mais avec difficulté. Il était déjà ailleurs. Il fit plusieurs pas en arrière avec le cornu, cette tête à claques. Mais il avait l’impression de se parler à lui même, comme si son ancien s’était créé une nouvelle identité chez les morts. La séparation avait-elle pu causer autant de dommages ? Il lui en voulait, sûrement pour n’avoir rien pu faire contre cette mort. Il lui en voulait… il s’en voulait, ils s’en voulaient. Beau nœud d’identités ! ! ! ! _ Trop tard je suis mort ! _ Non, ça ne pouvait pas se passer ainsi ? ! Il reculait ! Pourquoi ? Devait-il faire appel lui aussi à la chance ? Il semblerait malheureusement que ce soit bien la dernière chose à faire, croiser les griffes et espérer. Ca grouillait de l’autre côté, beaucoup d’âmes inconnues, une véritable foule excitée par la brèche qu’Inoÿ tentait de créer. Senector ne comprenait pas tout et à vrai dire, il était devenu bien plus fou qu’il ne l’était déjà pour comprendre quoi ce soit en cet instant fatidique. Allait-il lui aussi y laisser sa peau pour une envie égoïste, un besoin qui grandissait de seconde en seconde… ? L’avenir qui était très proche maintenant, lui en dirait un peu plus. Du moins… s’il aura encore ses oreilles pour l’écouter. Ses yeux s’ouvrirent en grand, comme deux immenses orbites obnubilées par une silhouette pas très visible. Pure folie, pure démence. N’était-il pas déjà assez fou comme ça ? Comment avait-il en un rien de temps, poussé la limite de cette folie ? Puis il ouvrit sa gueule, articula comme à son habitude chaque mot, chaque lettre prononcée.

" - Je ne t’ai pas abandonné ! Tu ment ! "

Syndrome du schizophrène n’est-ce pas ?

" - Ce n’est pas vrai ! L’herbe a repoussé sous la cendre ! Tu ment ! ! ! ! ! Tu me ment si mal que j’en chialerais ! J’ai bavé mon sang en te cherchant, je n’ai pas continué à vivre, je survie ! Ma place n’est pas avec les morts, tu es moi, tu dois donc revenir ! Ne me tournes pas le dos enflure ! "

Plus il parlait, plus sa voix montait, il était à la limite de crier sa rage et son désespoir. Il s’en voulait, oh oui… il s’en voulait de n’avoir pas réussi à arrêter l’arme contre son ancien. Mais avait-il pu faire autrement ? Non… il se répétait sans cesse ce mot. Non. Le passé était toujours douloureux, mais il fallait qu’il revienne.

"- Arrêtes de gueuler… "

Sa voix se posa, il repris son souffle. Inoÿ… quelle folie l’avait amené à l’aider ? Il ne s’en était pas rendu compte. C’était une tâche difficile. Il ne s’en était pas rendu compte ha ha ha… en fin de compte, bien qu’il soit connu pour être un grand calculateur afin d’être par la même occasion un très bon manipulateur, Senector ne faisait attention qu’aux choses qui l’intéressaient sur le moment présent. Avait-il droit aux remords ? Le poil de la bête s’éclaircit. Passant d’un orange automne flamboyant, à un blanc luisant sans joie. Un blanc vide. Désespoir et… peur. Blanc comme neige. Blanc… néant ? Que devenait-il ? Que ce passait-il ? Est-ce le résultat de la rature qui se formait sur son corps animal ? Montrant du doigt la fin ? Où trop pessimiste qu’il était, la peur et la rage lui marquaient cet instant comme rappel de ses erreurs… et qu’il retrouverais enfin l’ancien ? Ses pattes s’avancèrent toutes seules vers un l’inconnu, ce monde parallèle de la mort. Il ne contrôlait rien, sensation très désagréable. Mais il n’arrivait plus àcontrôler son corps pantin cornu pour le garder derrière en retrait, et contrôler son corps animal pour attendre l’ancien… c’était trop, un trop d’identité qui se chamaillaient dans une bulle. C’était trop. Il était comme aspiré, attiré… et étrangement, un sentiment changea en lui, il avançait avec son âme comme appelé dans ce monde, il n’était plus vraiment là, plus vraiment lui, et étrangement en effet, le sentiment en cet instant n’était d’un coup plus désagréable. Il était bien, envoûté comme l’Artifice envoûte les âmes faibles. Désormais, seul Inoÿ pouvait faire quelque chose pour eux…

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MessageMar 17 Fév 2009 - 11:18

Bien entendu, ce qu'il ne fallait pas arrivait... Senector se trouvait lui même attiré par la brèche au lieu que se soit l'inverse... La bête n'avait plus assez d'emprise sur elle même, elle était pour ainsi dire à moitié dingue...

Et le grimaçant n'était qu'à peine réveillé, empreint d'une torpeur justement prévisible.

Il fallait réagir, et la première intention d'Inoÿ fut de tuer le cornu, afin de raffermir l'emprise de Senector sur lui même. Le lien entre la bête et le cornu s'amenuisait au fur et à mesure qu'il revenait à son état originel. Cependant tant que ce lien était présent ,tuer le cornu tuerait surement la bête...

Que faire alors... Un peu de pragmatisme, si la bête était attirée, il fallait la tirer vers le plan physique, et amener de ce fait le grimaçant hors de l'entre-monde...

Puis Inoÿ se souvint de sa mort, de la perte de la moitié de son âme, de la plongée dans l'ether ou il se retrouverait pure énergie, comme naissent et meurent les démons. Eux se souvinrent comment tentant d'empêcher tout ce qu'il étaient de partir en fumée, eux avaient réveillés quelque chose. Ils étaient devenu Eux, une moitié d'âme de pure énergie, déjà un pas dans le monde spectral, perclus d'autre chose de plus grand et profond...

Puis sans savoir pourquoi, Eux surent.
Le Grand Loup se précipita sur la bête, ceinturant et empêchant le corps à demi putréfie de bouger, quitte à le blesser.
Elle satura le miroir cristallin de milliers de pulsation vermeils, et en un point ou l'espace entre les mondes devenait fragile, Elle tissa un arc d'énergie qui fit exploser le centre de la roche en une myriade de fragments d'un autre plan.

Comme un courant d'air puissant vous aspire, les deux plans aspiraient mutuellement leurs substance, de l'autre côté du miroir, des centaines de mânes, d'esprits et de corps d'anciens déchus déments se ruaient vers la brêche qu'Elle tenait ouverte, comme le catalyseur de toutes les énergies de cette ville maudite. Son corps frêl en subissait les conséquences, sa chair brûlait par pan entiers, même l'action de l'anneau de régénération ne suffirait bientôt plus à contenir le phénomène.

La douleur tordait Inoÿ, déchirait ses entrailles, brûlait ses yeux, Eux devait ils souffrir autant pour quelqu'un comme Senector? Renverser les enfers, Elament. trouver le chemin de l'éternité. rien n'était acquis dans tout celà, mais sans la bête et le grimaçant, se serait encore plus difficile. Mais si Senector trahissait ?

le grand loup leva les yeux sur le corps inanimé du grimaçant, et poussa un rugissement articulé amplifié par l'atmosphère du moment :


-" SEEENEEEECCCTOOOOOOORRRRRRR".

Puis le monde s'embrasa, il sembla à Inoÿ que le grimaçant avait ouvert les yeux et que tout avait jailli du miroir vers l'entre-monde.

Qu'avait Ils libérés? Si Senector était à nouveau 2 que devient Swa? Est ce que tout se passait comme prévu si ça avait marché? à savoir que si relier ces deux corps était possible, alors inoÿ pourrait à nouveau les séparer au cas ou?

Dans l'intensité du moment Eux ne s'étaient pas rendu compte qu'Eux avaient été projetés dans les airs, le choc étourdi inoÿ, le Loup comme Elle . Tout ce qu'Eux percevaient était le Cornu, la Bête et le Grimaçant étalés au travers de la poussière et des résidus d'énergie magique...

Est ce que ça avait marché?
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Senector
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MessageJeu 19 Fév 2009 - 15:57





Le monde semblait tourner, tomber à la renverse, plus rien n’avait sa place. Une vague lumineuse engloba les corps de Senector… des lucioles ! Quelle douce chaleur. Le crâne tournait, mal à la tête, mal aux têtes. Les yeux de la bête ures du mal à s’ouvrire. Il collaient comme des œufs mal éclos le matin. C’était pâteux et douloureux. Quand ils firent enfin ouverts, la bête vie à ses côtés, à terre, son corps chéri. Plus loin, il y avait le cornu, ventre à terre, les ailes ouvertes comme deux grands étendards abattus par le vent. Inerte, mais pas mort pour autant. Un peu plus loin, les corps d’Inoÿ à terre aussi, projetés par cet acte violant, la déchirure de la matière, la déchirure d’une ouverture. Ils n’étaient plus aussi seuls… ça grouillait partout. La fusion avait été une réussite. Oui mais… une réussite se gagne souvent avec des pertes. A bout de souffle, toujours au beau milieu de la folie, Senector essaya de lever ses corps, ils trébuchèrent, rampant au sol comme lors de leur naissance. Senector, corps animal si connu, était d’un poil blanc à tout jamais. Puis un grognement sortit de sa gorge de chien errant, grognement et bâillement. Il était enfin réveillé, enfin lui tout entier. Moins symétrique qu’avant. Oui, il fût symétrique, un corps qui voyait mais que ne parlait pas, un corps qui parlait… mais qui ne voyait rien. Gaya était-elle si cruelle et ironique que ça ? Un chant… encore son chant favoris vint jouer à ses oreilles. Cette voix qu’il aimait faire apparaître dans l’espace pour perdre ses proies dans la démence… mais cette voix, il ne l’avait pas inventé. Voilà un point qu’il voulait éclaircir. Mais ce n’était ni l’endroit, ni le moment de poser ses idées en tête. Il était debout sur ses six pattes. Swa avait fait de même, après s’être lamentablement retrouvé le nez au sol à maintes reprises. Mais le voilà sur ses deux pattes, le voilà lui aussi, seul… aussi seul que le jour où il était venu déranger le sommeil de Senector. Une voix disait à la bête… de manière douce _ tue le_ mais l’autre voix soufflait le contraire _ protège-le_ les lucioles dansaient autour de Senector. Elles étaient le seul insecte qu’il pouvait autant aimer. Mais la raison de cet amour ne serra dévoilé seulement par la bouche de Senector, l’histoire ne peut écrire avant ses paroles. Il fallait être curieux pour lui demander. Inoÿ allait bien, du moins, il n’était pas mort, heureuse découverte ! Senector n’aurait pas supporté l’inverse. Son cœur devenait-il plus tendre ? Qui sait…

Derrière, Swa ricana. Un ricanement qui était un cruel mélange de sentiments. La peur tout d’abord, celle de se faire tuer sur le champ. La joie de se retrouver enfin. Il n’avait pas vraiment été lui ces derniers temps, et il avait un semblant d’impression de renaissance. _ Qui suis-je, où suis-je ? Qui sont-ils eux ? Mais… je parle ? ! J’ai ma voix ! Je bouge, oui, ça c’est bien mon corps, c’est bien moi qui me commande les gestes. Je… je… je peux enfin dire je !_ Ses yeux s’écarquillèrent subitement ! Partir à tout prix d’ici, ne pas attendre à savoir si Senector était toujours l’ami qu’il avait croisé dans la grotte. Partir et régler les questions plus tard, au calme… avec un garde du corps. Savait-il encore se battre ? Avait-il gardé le savoir qu’il avait acquit en étant la moitié de Senector ? Pas le temps, il fallait fuir… à tout prix. Il fallait dégager d’ici. Avant qu’il s’élance dans la fuite, il vit le corps retrouvé de la bête qui crispa ses muscles, sa mâchoire craqua ainsi que tous les os de son corps. Il s’étirait, faisait de brefs mouvements de rééducation. Souriait-il vraiment ? Où n’était-ce seulement que le sourire crispé se sa chair sans peau qui faisait cet effet morbide ? Etrangement Swa n’avait plus sur ses lèvres, son immense sourire de bel enfoiré qu’il était… non, son visage était assez crispé, les muscles tendus vers le bas, la crainte se faisait sentir à plain nez.

L'ancien grimaçant toussa, racla sa gorge avec force. Et alors, un rire explosa.



" - HA HA HA HA HA HA !!!!!!!!!!! "

Le même rire qu'il avait dans la forêt avec Cora... ce rire crispant. La bête hocha de la tête vers Inoÿ en guise de remerciement... Swa avait déjà pris ses jambes à son cou…

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Dernière édition par Senector le Jeu 19 Fév 2009 - 17:13, édité 1 fois
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MessageJeu 19 Fév 2009 - 16:15

~Personnage incarné~ :
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Nous sommes le Grand Chien et nous gardons le Néant des Environs. Nous sommes le Grand Chien le Néant des Environs est Notre Territoire. Nous sommes le Grand Chien, qui ose nous réveiller?

La passerelle entre les mondes qu'était le Miroir s'était mise à trembler, éveillant la créature immense qui y somnolait. Les têtes, ses têtes démesurées et hideuses, posées sur ses immenses pattes de devant griffues, se mirent à bouger. Les six oreilles tremblèrent, se dirigeant vers le bruit. Un œil s'ouvrit, puis deux, puis trois, puis quatre, puis cinq, puis six, et la bête était complètement éveillée. Dans ce paysage familier, son paysage qui était une absence de paysage, il n'y avait ni haut ni bas, ni droite ni gauche, ni blanc ni noir, ni sol ni plafond, ni murs. Juste ce que son esprit créait de pierre dure pour marcher, un sol parceque la créature le voulait, et une couleur grisâtre, sombre, parcequ'elle le désirait. L'air était fait de glace, de feu, de mer et d'écueils. Il massait, était absinthe et chèvrefeuille. La créature elle même n'était qu'obscurité et antimatière et le Chaos était son Antre. De ses yeux glacés luisaient la froideur de l'azote, au bout de ses poils l'oxygène brulait en flammes rouges.

Le Grand Chien était une créature des Abysses Infernales, une créature de l'Autre Monde, mais pas de cet Autre Monde ci, pas de celui là non plus. Les Mondes sur lesquels pouvaient s'ouvrir le Miroir étaient inombrables. Rien à voir avec les Enfers du monde des vivants, chez lui, créatures sans corps côtoyaient les âmes désincarnées. La Grande Chasse était perpétuelle : les Faibles étaient chassés par les Forts et subissaient leurs flots de souffrances habituelles. Les Grands Vers côtoyaient les esprits vagabonds et les Balrogs, et les Dremoras, et les Astonachs, tous lancés dans la Grande Danse Macabre de la Perpétuelle Mascarade.

Le Grand Chien était fort, très fort, surpuissant, mais dans son propre référentiel, lui même avait des créatures à craindre. Dévorer des âmes pendant toutes les années de sa présence éthérée en ces lieux, notion temporelle qui n'était pas mesurable, qui n'avait pas de réalité physique, ne lui avait pas permis de se débarrasser encore de tous ses prédateurs. Mais Grand Chien savait que nul Dévoreur ne se tenait dans les Environs Intangibles qui entouraient sa position.

Grand Chien se leva, et observa les Ténèbres avec circonspection. Cela sentait le poil, la peau. Cela sentait la chair, cela sentait le sang chaud et glougloutant des êtres vivants. Et surtout un vacarme inhabituel dans ce monde de silence et grognements parvenait à ses oreilles. Les trois langues de Grands Chien léchèrent ses trois babines. Sur sa gauche, il y avait un ravin qui n'existait pas réellement, qui disparaitrait bientôt, mais dans lequel il aurait pu tomber et se tuer, exemple parfait de l'incohérence de son propre Territoire. De l'autre côté du ravin se tenait une étrange porte, une ouverture en deux dimensions au milieu du Néant du Rien. L'Odeur et le Son, bien réels dans un monde d'irréalité, l'attiraient trop fortement pour qu'il puisse s'en détourner. La Grande Carcasse se leva, s'ébroua, et des paillettes de souffre se détachèrent de son pelage, tapissant pendant l'espace d'un instant le Néant comme un tapis d'étoiles. D'un bond, Grand Chien franchit le ravin qui était déjà en train de disparaître...

L'ouverture était petite, mais il saurait l'agrandir. D'abord tâter le terrain. Une de ses pattes gigantesques passa par la fente comme un chat testerait la fragilité d'un trou de souris,, balayant l'espace devant lui, toutes griffes dehors, laissant sa matière éthérée à peine visible pénétrer dans le monde réel. Ah, c'était bien trop étroit pour lui laisser accéder à cette si bonne odeur de sang... Grand Chien se mit à donner des coups d'épaules dans l'espace vide autour de la Porte espérant que cela l'agrandirait. Et dans la caverne du monde réel, dans le cœur de la montagne, les murs se mirent à trembler, des rochers se détachant du plafond de la caverne pour atterrir lourdement au sol. A chaque coup d'épaule, d'autres roches tombaient, menaçant les êtres vivants qui s'y tenaient. Ca n'était pas un problème pour le Grand Chien. Il était bien assez grand, bien assez puissant pour soulever les cailloux, après avoir tout cassé, et lécher la pulpe rouge de ceux qui se seraient laissés écrasés.

Grand Chien ne savait pas qu'une autre créature venaient de passer la porte du Miroir. Comment aurait il pu? Senector ne s'était pas échappé de son plan d'existance. Dans sa propre réalité, il était seul face à l'ouverture. Les mondes éthérés étaient multiples. Là où avait été Senector, il n'était pas, et seul le monde Réel, qui n'était qu'Un et Unique, se retrouvait en communication avec ces différents espaces, comme le tronc d'un arbre serait en contact avec ses différentes ramifications.
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MessageJeu 19 Fév 2009 - 17:39

Le choc avait projeté le Grand loup contre un mur de la caverne, son corps avait servi d'amortisseur à la chute de Elle.
Du coup Elle avait bien encaissé et voyait clairement la scène. Le grimaçant se relevait, ça avait marché, le vrai Senector était de nouveau entier.

Le corps émacié craquait dans tous les sens, se dérouillait comme une vieil engrenage rouillé qui se remettait en marche. Son sourire dément greffé à sa face écorchée presque entièrement rendait l'homme inquiétant et drôle à la fois. Le grimaçant exulta sa liberté en un ricanement puissant, le Cornu décida à ce moment que prendre la tangente... Ce qui était une très bonne idée en fin de compte...

Senector était stupide, il ne ressentait pas ce qu'Eux pouvaient percevoir, une entité supérieure, bien plus puissante que ce qu'ils conaissaient se tenait de l'autre côté de la brèche...

Pas le temps d'exulter de Leur victoire, Elle se releva et repris les fils de la toile d'ether responsable de la brèche et tenta de la refermer de force en injectant tout ce qui passait à sa portée dans le plan astral. Des dizaines d'entités mineures furent sacrifiés pour tenter de boucher le trou béant. Trop tard...

Une masse de ténèbres pures, une énergie incommensurable déchira la brèche entre les mondes. Ce qui allait sortir de cet endroit allez être impressionnant, et ni Eux ni Senector n'étaient en mesure de se mesurer à cet être dans leur état. Le grand Loup se releva péniblement, il ne fallait pas rester ici, la caverne commencer sèrieusement à trembler, comme si une secousse sismique secouait la cité maudite.

Non pas une secousse, ces coups étaient répétés, l'entité qui cherchait à sortir de l'entre-monde forçait l'ouverture, elle ne la déchirait pas avec facilité comme Eux l'avait craint.
une immense patte griffue franchit la brèche, portant par la même une horrible et abjecte puissance, annonciatrice d'un abîme plus profond que l'oubli.
Le grand Loup se posta face à la brèche, Elle dans son dos. Il restait encore une chance de refermer le paradoxe dimensionnel. Elle reprit la reconstruction de la réalité autour de la déchirure, agissant comme une torche attire les insectes et qui grossit à chaque bestiole consumée. Son corps se gorgeait d'énergie, un condensateur gigantesque, si Inoÿ pouvait contrôler toute cette puissance, ce serait un outil destructeur... Oui mais tout était instable, une lutte de chaque instant, Elle brûlait de l'intérieur, ses chairs dévorés malgré l'action de l'anneau. Des fuites d'énergies créaient des volutes de fumée spectrale autour de la frêle gamine, ses robes dansaient comme empreintes d'une vie propre.

Puis Eux relâchèrent le plus puissamment possible ce qui était accumulé pour reconstruire la réalité physique.
Le flot d'énergie projeta Elle contre la paroi de la caverne la plus proche. Le Grand loup grogna de douleur ,écumant du sang , bouillonnant de rage de son impuissance.

la brèche cédait l'entité du chaos de l'autre côté l'ouvrait plus vite qu'elle ne se refermait... Et Inoÿ y mettait toute sa concentration... Il ne pouvait pas plus, et la caverne grondait, des tours et des bâtiments millénaires s'effondraient dans des nuages de poussière séculaire.

La bête de ténèbres poussait aisément l'espace entre les mondes. Inoÿ ne pouvait rien faire de plus. Senector était impuissant ,venant juste de se retrouver. et le cornu avait fuit....

Tout était perdu...

Dans le monde spectral comme dans le monde physique, le Grand Loup hurla de frustration, un cri qui se répercuterait encore dans l'ether pendant bien des années. la rage d'un être si prêt du but, et si prêt d'échouer....
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Senector
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MessageJeu 19 Fév 2009 - 21:02

" - Et… merd… "

Pas le temps de terminer le mot que l’horreur c’était déjà invité à la fête. _Oh… pas maintenant… ! _ pensa tout haut Senector. Quelle fâcheuse situation ! Inspiration, expiration… et ça, répété plusieurs fois de suite afin d’avoir les deux corps totalement réveillés, bien qu’ils soit encore totalement sonnés, ça va de soit. La bête décrocha sa mâchoire une toute dernière fois afin de laisser s’échapper un grand et dernier baillement. Ce n’était pas le sommeil, mais la fatigue des retrouvailles si on peut dire…

" - C’est quoi ce machin tout tordu ? "

Senector c’était défait de Swa, et ça avait causé un étrange mélange d’identité. Le pauvre serrait sûrement d’humeur changeante… bien plus lunatique qu’elle ne l’était déjà. Il changerait de personnalité comme de chaussures, du moins, c’est fort plausible. Tout est-il que ce réveil lui avait un peu déformé la politesse de ses phrases. Les deux doubles corps devaient faire face à plus fort qu’eux. Le lieu lui même ne pouvait plus vraiment être définit comme un lieu mais comme un trou perdu au beau milieu de nul part. Pas très alléchante comme situation. Inoÿ avait essayé de retenir cette créature venue tout droit de… où déjà ? D’un autre monde, ça ferra l’affaire. Senector préférait ne pas trop en connaître sur les autres mondes, c’était pas trop son truc. Et ce grand chien machin ? Rhaaa ! Bordel c’était vraiment pas le moment pour des querelles ! Senector était passé par tous les sentiments, et toutes les couleurs ! Peut-être qu'il pouvait s'engager sur une conversation pas trop musclée... mais en voyant les gueules de cette grosse bête, c'était pas gagné d'avance, autant parler à un bébé, qui c'est, il vous répondra dans son langage. Là, le combat ne semblait pas négociable, mais ne parlons pas trop vite. En y réfléchissant de plus près, serrait-il seulement près à parler ? Non, même la parole, il ne tiendrait pas la route, pas assez longtemps. Dans tout les cas, c'était foutu d'avance. _Quelle crasse ! Le merdier le plus grand, ironie du sort qu'ils disent._eh bien... soit, qu'il me bouffe. Au moins, je serrais moi en crevant !_ Autant trouver de l'aide ! Quelle autre solution ? Être mangé... être mangé, où... être mangé, non... y'a pas vraiment beaucoup de différence. Il pleuvait de grosses pierres ! Mais quelle malchance ! Manquait plus qu'ça ! Qu’il continue comme ça, mais bien sûr, ça ferra une belle bouillie de chair à patté… manque de pot, il était toujours vivant. Il aurait peut-être préféré passer sous une grosse roche que de se faire déchirer par trois grosses mâchoires. Inoÿ de son côté, n’en pouvait plus, il gueulait. Le pauvre, c’était bien lui qui c’était tapé tout le boulot… Senector fit de même, un hurlement de loup, son hurlement qui se triple comme s’il existait trois voix dans une seule gorge animale. Peut-être qu’ils serraient entendus… ces temps-ci, on misait pas mal sur la chance, un peut trop sans doute. Mais c’était ça, où la mort assurée, dans un coin sans rien…

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Iblîs Nemrodus
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MessageVen 20 Fév 2009 - 0:08

Le hurlement conjoint des deux bêtes avait résonné beaucoup plus loin que cette salle où la trame du monde était en train de se rompre. Amplifiée par ce lieu empli de sorcellerie, elle avait remonté à la fois les couloirs de la montagne et les détours des réalités, rugissant la colère pour tous ceux capables de l'entendre. Et quelque part, un autre Démon se hâtait, se guidant sur cet interminable hurlement.

Il s'était senti mal à l'aise depuis que le chant émanant du coeur de la montagne avait commencé à être parcouru de vibrations étrangères. Quelqu'un ... quelqu'un était en train de mouvoir les Frontières. Du fond des Grottes de Sûrion, deux yeux s'étaient soudain ouverts tous grands. Deux yeux sans regard, deux puits donnant sur l'abîme, comme un jeu de miroirs sans fin, des yeux qui ne regardaient pas la roche autour de lui, mais un spectacle tout autre, au-delà des choses.



Un instant, ils avaient scruté l'invisible, et ce qu'ils avaient vu ne leur avait sans doute pas plu. Car, trouant violemment la réalité à son tour, leur propriétaire avait plongé droit dans Ce Qu'il Y Avait de l'autre côté. Ce démon-là n'était pas un être originaire du monde matériel. Tout comme le Grand Chien, il était d'essence différente. Quelque part dans le temps et l'espace, il y a de cela des éons, il avait surgi de ces mondes déments créés par la folie secrète des créateurs. Né d'un remous de ce non-être qui séparait les réalités, de cette encre infiniment obscure qui baignait le chaos. Certes, il était venu sur terre, mais il était ici chez lui. Il lui fallut quelques secondes pour remonter le cri, s'en guidant, pour aboutir droit à sa source.

Dans la grotte, la lumière diminua soudain d'intensité, tandis qu'une sorte de nuage noir était en train de se matérialiser au milieu de la salle, jusqu'à devenir parfaitement opaque. Lorsqu'il se s'évapora finalement, un nouveau personnage se tenait à côté des deux démons.

Il resta silencieux, car l'heure n'était pas vraiment à saluer ses nouveaux pairs.
Il ne connaissait pas Inöy et avait seulement entendu parler de Senector.
Il ignorait même s'il était connu d'eux, mais pour l'heure qu'importait.
Il était entouré de Ténèbres et les Ténèbres le définissaient.
Il était l'absence de lumière et plus sombre encore.
Il était l'Obscurité, la Nuit, le Sombre, le Noir.


Et parce qu'il était le Noir, il savait que parmi les prédateurs qui hantent l'entre-monde, le Grand Chien n'était pas un des moindres - ce monstre était son égal, peut-être davantage. Et par-dessus tout, il savait qu'il fallait à tout prix lui interdire de s'introduire en ces lieux.


Ce fut tout. Un simple mot - mais l'espace lui-même sembla se cabrer devant l'immensité de cet ordre. De la mer d'ombre, une vague était née. Si l'ombre émanant du Grand Chien était bouillonnante et furieuse, celle-ci avait un calme et un silence d'outre-tombe. Mais cette vague d'encre avançait inéluctablement, et avec la puissance de l'océan, elle vint s'écraser contre le mur qui séparait les deux mondes. Comme une falaise frappée par la mer lors d'une tempête d'hiver, celui-ci rendit une note bourdonnante, gong assourdissant et sinistre. Le grand fauve rugit et se rejeta en arrière, tandis qu'Iblîs jetait un oeil autour de lui. Il ne reconnut pas grand-chose dans le Drewor, mais tiqua en dévisageant Inöy, découvrant dans l'être double la source de la magie qui avait perturbé ce lieu.

Un utilisateur du Contrôle. Ils ne les comprenait pas vraiment et les évitait volontiers ... Depuis le premier qu'il avait connu à ceux qui qui se tenaient aujourd'hui sur le parvis de la cité souterraine, ils n'avaient de cesse de jouer avec les êtres. Et le pîre n'était pas là - car qu'ils partageaient en plus une dangereuse tendance à toucher à deux choses qu'ils risquaient de voir dégénérer. Le seul adepte du Contrôle qu'il aie connu intimement lui avait un jour expliqué que c'était exactement cela qui faisait la fascination et la puissance de leur art. Cela qui emplissait leurs veines de sang brûlant et leur être de plaisir - dompter une force ou une créature d'extrême justesse, maintenir sa propre force au bord de la perte de contrôle, au bord du gouffre, au fil du rasoir ... et finalement, à force de volonté, remporter la victoire, ployer les choses et les esprits selon l'angle désiré.

Jusqu'au jour où le jeu tourne à la catastrophe.

"Qu'avez-vous fait, fous?"

Un fracas monumental empêcha d'entendre toute réponse possible. Le Grand Chien n'avait pas été tenu en respect bien longtemps. Au contraire, l'arrivée d'un être de la même origine que lui l'avait probablement excité. Il ne s'étaient encore jamais mesurés, mais il se souvenait probablement d'avoir déjà senti de loin l'entité qui dévore la lumière, tout comme celle-ci se souvenait d'avoir entendu les hurlements du grand fauve résonner à travers les réalités. Furieux, le monstre se ruait contre la frontière avec plus d'énergie encore, faisant s'écrouler un pan de celle-ci à chaque coup. Encore quelques dizaines de secondes et l'ouverture serait assez grande pour y passer ses tête. Pour commencer.

"Peu importe. Nous ne pouvons plus l'empêcher d'entrer désormais. Vous n'êtes pas en état de l'affronter. Je vais gagner du temps. Je veux que vous refermiez ce miroir cassé et que vous m'en ouvriez un autre sur le sol."

Iblîs recula de quelque pas et leva la main. La marée d'ombre s'enfla à nouveau et s'enroula autour de lui, soulevant ses longs cheveux à la verticale. Mais de cette marée tournoyant follement, il ne venait qu'un silence total, comme si cette noirceur dévorait même le bruit.

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Dernière édition par Iblîs Nemrodus le Jeu 26 Fév 2009 - 15:11, édité 1 fois
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MessageLun 23 Fév 2009 - 10:37

Spoiler:
 

Le Grand Chien avait jeté un coup d'œil à travers la brèche après avoir poussé de ses coups d'épaule répétés la faille entre les deux mondes. Il savait que les « friandises » derrière la frontière de son propre monde ne se laisseraient pas faire, question d’instinct de survie, mais avait été étonné de voir qu'elles tentaient de se défendre aussi fort... En vain bien entendu. D'abord quelqu'un avait tenté de refermer la toile éthérée, mais sans y arriver, sa pression était trop forte. S'en était suivi un grondement de frustration, auquel un hurlement de loup avait répondu en écho. C'était à cause de ce hurlement là que Grand Chien avait regardé par le trou. Un hurlement triple, c'était son genre de cri. Il avait été comme déçu de voir que ça ne venait pas qu'une autre créature telle que lui mais d'un pauvre petit loup gris à moitié mangé par les mites. Quelle pâle imitation de son propre langage... Celui là, il croquerait d’abord sa tête puis finirait par ses pattes.

Et puis il avait recommencé ses coups d'épaules, les doublant avec des coups violents de ses pattes griffues, chaque mouvement arrachant son lot de non-matière, ouvrant la brèche toujours un peu plus. Concentré sur son œuvre, il ne faisait pas tellement attention aux friandises qui s'agitaient, pestaient, grondaient, jusqu'à ce qu'une présence lui fit lever ses têtes, le distrayant de son labeur. Une vague sombre venait de s'écraser sur le continuum, et la note bourdonnante éclata à ses oreilles, faisant vriller ses tympans. Avec un glapissement rageur il recula, outré et vexé. Il secoua ses têtes, désorienté et surpris par la violence du geste. Il n'avait pas cru les friandises capables de ça. Mais non, ça n'était pas leur œuvre, un nouvel arrivant venait de se mêler de Leurs Affaires. Il combattait avec les propres armes du chien, avec sa propre nature Ténébreuse, et en était bien plus redoutable...

La rage fit bouillonner son sang noir, ou plutôt le Mercure Noir gazeux qui lui servait de fluide vital, et Grand Chien repartit à l'assaut de la faille. Ca ne se passerait pas comme ça! Cette entité nouvellement arrivée lui semblait familière, même si il ne se souvenait pas l'avoir jamais rencontrée. Sa mémoire n'était pas très performante de ce côté-là, et puis à quoi bon... Coups d'épaules, coups de griffes, claquement de mâchoires, coups de cornes, tout était bon dans sa rage de détruire, son envie terrible de libérer ses instincts violents. Il voulait sentir la matière couler dans ses gorges de Néant, voulait laper leur pulpe et faire craquer leurs os, se régalant de la moelle grasse et chaude...

Un bruit suspect lui fit lever une tête alors que les autres continuaient l'assaut. Au loin dans le Chaos du Néant il lui avait semblé entendre des cliquetis métalliques, le bruit caractéristique des Dévoreurs. Ces bestioles insectoïdes, si petites mais voraces et indestructibles, étaient les seules qu'il craignait. Individuellement elles n’étaient pas dangereuses, mais elles jouaient du poids du groupe et face à elles il n’avait d’autre choix que de fuir. Avaient elles étaient attirées par le vacarme qu'il faisait. Ses yeux luisant sondèrent les Ténèbres. Non, personne en vue. Il ne leur laisserait pas ses friandises, pas question, mais il ne faudrait pas traîner ici, question de prudence. Un de ses museaux passa à travers la brèche, ses dents énormes claquant et progressant dans le Monde Réel centimètres par centimètres. Il expira l’air du Monde réel qui s’était engouffré dans ses poumons et son haleine soufrée et putride emplit la grotte de senteurs irrespirables.
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MessageMer 25 Fév 2009 - 13:32

Autant la situation semblait déjà critique, autant l'aura de noirceur se déversant dans la pièce commença à paniquer Inoÿ.

Eux crurent d'abord que du monstre de l'entre-monde se déversaient ces ténèbres, leur arrivée coïncidait parfaitement avec l'ouverture progressive de la brèche.
Puis autre chose arriva, un être qu'Eux avaient presque oublié, le Prince des ténèbres, le cœur de la nuit.
Inoÿ savait qu'il n'était pas mort, il ne pouvait surement pas mourir de toutes façons, mais s'il était là ce n'était pas par hasard ,et si c'était Eux et Senector qui l'avaient fait sortir de son sommeil ,c'était quitte ou double...

Se battre et mourrir - vu leur état - contre Iblïs Nemrodus le Noir, ou redonner aux enfers un de ses êtres les plus puissants...

Quoiqu'il en soit il ordonnait et la bête de l'autre côté s'agitait, mais ces ordres ? refermer la brèche? comment Eux le pourraient ils avec l'immense cerbère de l'autre côté? et en ouvrir un nouveau sans autres cristaux que ceux déjà là...... difficile, mais pas impossible.

Dans un éclair de lucidité ,Eux se rendirent compte que la plupart des mânes de l'au delà avaient fui les lieux, terrorisé par le bête de l'autre monde. Du coup Eux auraient bien plus de marge d'action .

Elle redevint un pylône à énergie et concentra toute sa puissance pour bombarder la brèche. Les éons maudits de la cité antique procuraient plus de pouvoirs que l'artifice et cela fonctionna, enfin du moins un minimum.

La brèche était désormais assez grande pour que la bête y passe ses tête et ses pattes, mais elle ne grandissait plus. Elle affichait un sourire sadique, grisée par tant de pouvoir circulant en Eux.

Le grand Loup devint spectre, et dans le plan astral il se positionna et attendit l'ouverture qui lui permettrait d'exposer une autre face de la pierre pour faire ce qu'Iblîs demandait... Même si Eux n'en voyaient pas la raison. Mieux valait agir que mourir ,et ce maudit Senector n'allait pas disparaître après tant d'efforts. Ca en serait inutile et Inoÿ déstestait l'inutile...
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Senector
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MessageSam 28 Fév 2009 - 17:45

Rien à faire. Lancer un gueulement, c'était tout ce qu'il pouvait faire, un instant de lucidité passagère. Autour, ça grouillait, ça bougeait, tournait. L'instant changeait, passant au futur. C'était comme un moulin d'images, ça tournait vite et lentement, il était fou et ça l'amusait. Le corps humain, aussi étrange soit-il, se mit à danser, comme s'il avait en face, une magnifique cavalière. Et il dansait au milieu du carnage, décadence fantastique. Tsouin tsouintsouiiin !!! Un pas en avant, le second suivant le conjoint. Tsouin tsouin tsouiiiin ! Les instruments inexistants jouaient le tempo à merveille. Tsouin tsouin tsouin !!! Valse fabuleuse. Il était beau, il était pourtant macabre, une classe déplacée, une tenue propre sur un corps totalement décharné, des yeux morts... Un soleil qu'il ne pourra jamais voir illuminait ses yeux, tandis que son corps animal s'observait danser. C'était tellement irréel. Jamais, non, jamais il n'avais pensé se revoir en face. Ce bonheur soudain l'avait décalé de la réalité, si la réalité existait encore. Le lieu n'avait rien de semblable à cette nature matérielle. Parfois palpable et d'autres fois impalpable.

Le néant tendait ses bras, et la bête regarda de plus près, ce n'était pas le néant. Oh, cette grosse bestiole aux trois gueules, il était là, oui, c'était bien là... il n'était toujours pas partit. Mince, n'avait-il pas pourtant pris la route de la sortie ? N'avait-il pas passé les roches... n'avait-il pas rejoint l'extérieur du domaine ? Décidément, il ne savait plus vraiment. Un rêve inachevé qui venait de recommencer dans la première partie, le cauchemar. Ce pouvait-il de faire un tel bond en arrière ? Non, il n'avait pas même quitté le lieu. Et, malgré cette prise de conscience soudaine, son corps humain au sourire sarcastique dansait encore, et la bête louchait dans le vide. il n'était pas près de revenir, ce n'était pas un acte de lâcheté, il se serrait redonné la mort pour sauver son sauveur, et pour... le Prince des ténèbres. Bien que ça n'avait aucun sens de crever car dans ce cas là, pourquoi Inoÿ aurait retrouvé l'ancien corps...

La musique battait le tempo de plus en plus vite, il tournait sur lui même, au milieu de cette apocalypse. Ça n'avait aucun sens, mais croyez vous que tout ait un sens pour le double corps ? Il tournait, et autour, ils se démerdaient. Injuste, mais vrai.

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MessageMar 10 Mar 2009 - 1:19

Au milieu du tourbillon d'encre qui l'entourait en grandissant, Iblîs demeurait de marbre, fixant la brèche avec intensité. La pression renouvelée d'Inöy avait stoppé le fauve, qui hésita une seconde. Face à lui, Iblîs leva lentement la main.

"Retourne d'où tu viens, fils du désordre. Cours sur le grand lac de mercure, suis les lumières des âmes, hurle aux vents de l'Aether !! Retourne en arrière - ce monde n'est pas pour toi. Fais demi-tour! Retourne aux Limbes! Tel est ton royaume, telle est ta place, telle est la Loi!"

Pour toute réponse, la créature grogna longuement, puis leva la tête et hurla avec une férocité qui sembla faire trembler jusqu'aux murs de la grotte. Elle avait su jadis le langage et les interdits des Démons, mais cette masse d'éléments en fusion n'était désormais plus qu'une conscience rudimentaire, dirigée par ses pulsions. Impossible à arrêter ou ralentir, elle ne savait plus qu'une chose : pousser encore et encore, d'une poussée lente et monstrueuse, aspirant déjà à déchaîner sa rage sur ce monde d'ordre. S'arquant sur ses pattes, il rua de toute sa force contre l'ouverture. Maintenue par Inöy, celle-ci ne s'agrandit pas, mais se blessant jusqu'au sang au passage, centimètre par centimètre, il s'avançait, la bave aux crocs. Depuis tellement d'éternités il avait attendu, attendu, ATTENDU de trouver une sortie ... à présent il y en avait une, et nul désormais, pas même un de ses pairs, n'aurait le pouvoir de l'arrêter.

Sous l'effort du monstre, des pans entiers de la réalités se fendillèrent. Des lambeaux de mondes éclatèrent comme un cristal s'abîmèrent dans l'infini, laissant derrière eux une traînée d'atomes ... et le Grand fauve poussait, poussait, et sous sa force, les mondes reculaient, laissant peu à peu passer son poitrail ...

Iblîs contracta la mâchoire. Il avait pensé faire douter le Grand Chien assez longtemps pour permettre à Inöy d'en profiter. Peine perdue. Il était hors de question de laisser ce monstre se déchaîner au cœur de la Montagne, puis sur le monde. Sa force était sans limite, car chaque chose détruite et brisée nourrissait sa puissance. Libéré sur le monde, même les Démons n'auraient plus qu'à prier. Cette possibilité d'avenir étant inacceptable, il fallait renvoyer la créature dans ses limbes d'origine. Mais il était désormais impossible de l'empêcher d'achever son passage. Comment garder prisonnier un être capable de défoncer toutes les barrières? Le problème était presque insoluble pour un être de la terre, mais une solution simple existait, à condition d'agir selon la logique tourmentée et déformée de ce monde dément.

Sous l'impulsion d'Iblîs, l'empire de l'Obscurité grandit, absorbant presque toute la lumière ambiante. Les vagues de Ténèbres s'enflèrent comme une marée et accélérèrent leur danse. Ondoyant, elles prirent de la hauteur, jusqu'à rejoindre le plafond. Là, elles commencèrent à orbiter d'une façon différente. Une sombre lueur y naquit, d'un violet irisé et profond.

"Laissez le Miroir se rompre à présent. Nous n'aurons pas la force de le retenir. Il faut lui tendre un autre piège. Toi qui tisse les reflets des miroirs" ajouta Iblîs en tournant ses globes sans fond vers Inöy, "prête-moi ton aide quand je la demanderai. Projette toute tes forces sur moi - je les guiderai."

Ce qu'il s'apprêtait à faire n'allait pas être agréable. La sensation de douleur physique lui était étrangère, et une lame le perçant ne l'incommodait pas. Mais ses sens recouvraient d'autres domaines, et certaines choses apparemment indolores étaient pour lui aussi douloureuses à accomplir que plonger sa main dans les flammes. Là-haut, les Ténèbres s'agitaient toujours, et des éclairs noirs commençaient à jaillir du centre de la nébuleuse. Ce qui s'y préparait apparut peu à peu. Une forme d'encre se dessinait lentement, agitant l'air comme la surface de l'eau ...

"Maintenant!"

Bien qu'il se soit attendu à ce qui allait se passer, le Noir ne put empêcher un rictus de souffrance de déformer hideusement ses traits. Ce fut un véritable maelström d'énergie vibrante qui déferla entre ses mains. Cette énergie n'était pas sombre et glacée - à la plus infime variation, la plus petite flexion de votre volonté, elle pétillait, grésillait, brûlait atrocement. La peau de ses mains et de ses bras fuma et se calcina, arrachant à Iblîs une longue plainte furieuse. Dire que le Drewor semblait prendre plaisir à jouer avec cette force ... La Magie du Contrôle lui permettait-elle de calmer cette tempête, de la sculpter plutôt que d'être blessé par elle?

Malgré ses mains brûlées, Iblîs parvint à rassembler la magie ambiante sous la forme d'une colonne, qui se dressa scintillante et vint se fondre dans la forme noire qu'il avait créée. Sous l'afflux, toute la nébuleuse de ténèbres s'irisa de blanc et de violet, dévoilant l'objet qui se cachait en son centre.



Un tore.


Figure géométrique non-euclidienne de plusieurs mètres de large, aberration mathématique dont l'existence était illogique dans une réalité normale, comme un ruban qui n'aurait qu'un seul côté, ou un volume n'ayant pas d'intérieur, elle défiait les lois de la nature. A l'intérieur, on se trouvait dans une singularité. Une fois entré, point de sortie, non qu'elle soit inaccessible, mais elle n'existait tout simplement pas. En s'y déplaçant en lige droite, on se retrouvait toujours au point de départ. Une analogie assez proche serait une fourmi marchant droit devant elle sur la surface extérieure d'une bague.

Abaissant les bras, Iblîs libéra le tore. La prison diabolique fut attirée par la plus forte perturbation présente dans les environs. Avec une vitesse grandissante, elle flotta vers le bas, gobant tout ce qui croisait sa trajectoire. Les rochers qui tombaient à sa surface disparaissaient, avalés par les replis. Bloqué dans l'ouverture, le Grand Chien leva le museau et grogna puissamment, montrant pour la première fois de l'inquiétude en voyant la forme bourdonnante approcher. Ce genre de piège, quoique rare, n'était pas quelque chose d'inconnu pour lui. Les tores naturels existaient dans son monde, et pour même lui, que l'on disait impossible à enfermer, ils étaient des pièges dangereux. Face à lui, Iblîs posa lourdement genou en terre, sa peau et ses vêtements fumants, toute son énergie drainée lors de l'ouverture de la singularité.

A présent, il ne restait qu'à espérer. Puisqu'il était impossible d'empêcher le miroir de se briser, il ne restait comme solution que d'engloutir le Grand Chien et son passage dans quelque chose de plus grand encore. Définitivement. Le Tore ne disparaîtrait de cette réalité, emportant son contenu, qu'après avoir englouti une quantité d'énergie exactement équivalente à celle impliquée dans sa création.

Restait un détail ~ un détail auquel il ne pouvait plus rien. Le premier à se trouver sur la trajectoire n'était pas le cerbère. Celui que le Tore risquait d'avaler en premier, c'était cet être à la crinière rouge, en transe, perdu dans sa danse absurde et superbe ...

L'Entre-monde bâillait, comme désireux de reprendre sa proie.
Peut-être n'échappe-t-on jamais complètement des Limbes.
A moins de le mériter.

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MessageJeu 19 Mar 2009 - 17:13

C'était... pas normal, c'était un truc tout flasque, d'air et d'eau...de rien et de tout. En fait, il ne sait pas trop ce que c'était, mais une chose certaine : il était dedans. Son corps animal se regarda... la peur, encore la peur, elle vint lui prendre le cœur, le suspendre sur une seconde éternelle, la respiration subitement coupée après une grosse bouffée d'air qui rentra dans ses poumons. Devait-il se dire une nouvelle fois Adieu ? il n'était pas chacal pour dire ce genre de chose, seul ce poilu était assez fou pour dire "Ameeen". Impossible, tout ce chemin pour en arriver là ? Serait-ce donc là un signe d'Eulalie, madame la mort ? in signe venant dire que s'en était déjà trop, son âge avait dépassé l'espérance de sa race, lui qui croyait pouvoir défier cette grande dame, peut-être c'était-il trompé. Peut-être y avait-il cru, alors qu'en réalité, c'est elle, qui lui accordait cette chance...

Gueule de sang ne dansait plus, même réaction que l'animal... normal, il était deux, mais un. Unique fois deux ? Cours de mathématiques sur la symétrie ça vous enchante ?

La bête gueula de toutes ses tripes, elle crachait ses poumons. Non ! Tout simplement NON ! Il ne voulait pas rejoindre ce gros chien à trois têtes, ce machin qu'on dit cerbère. Et puis quoi encore ? Il en était sortie, s'était retrouvé, fallait faire durer ses retrouvailles. Ses cracha devinrent de plus plus en plus noir, de plus en plus vaseux... c'est une lave noire qui s'écoulait par accoues, de sa gueule béante. La bave ne se voyait plus, et de ses poumons, de ses entrailles, de lui tout entier, c'est une immense immondice qui jaillit hors de lui. Un amas de chairs aux bouches multiples et aux dents affreuses. Une tête de reptile ? Des ailes d'insectes ? Des creux et des bosses, un intérieur à l'extérieur.

Qu'y a-t-il dans le noir maman ?
Rien mon enfant...
Mais j'ai vue bouger quelque chose !
Tu as fais un cauchemar, rendors-toi.




Cette chose immonde, qui n'avait rien d'immatérielle et pourtant rien de matériel non plus, s'engouffra dans le Tore, enveloppant le corps qui, il n'y a pas plus de cinq minutes, était encore totalement dingues, dans son mode à part entière. Entière ? Dur de savoir pour un drewoor ! Y'avait des cris d'effrois, les ténèbres avaient un goût amer et chaotique. Normal, quand on avait un pantin comme Swa, manipulateur du chaos. C'était terrible, un combat perdu au beau milieu de nulle part. Si tous les êtres ici présent mourraient, personne ne serrait là pour raconter cette lutte acharnée qui a démarré pour de simples retrouvailles. Le bonheur d'un seul ne fait pas celui des autres. Le Tore s'engouffra sur le cerbère... devant, au sol, une flaque sanglante résultait de cette violente attaque. La flaque pris forme, elle qui était plate, laissa le corps de Senector se relever, comme s'il venait de quelques pieds sous terre. Le sang coula, et s'enfuma telle une brume mauve qui s'évanouissait autour du corps. Il était là. Peut-être que pour mériter la vie, il fallait s'acharner jusqu'à la fin... et ne pas attendre en regardant les choses passer. Il faut tenir, pour la garder. Une morale ? Toute personne acharnée méritait de survivre ? Même les plus odieuses ? On dirait bien que oui...

La respiration repris son cours normal. Les yeux du double corps regardaient Inoÿ et cette ombre magnifique qui venait peut-être de retourner la bête dans sa tombe.

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MessageVen 20 Mar 2009 - 10:29

Que s'était il passé?
La concentration nécessaire à Inoÿ pour contenir l'engeance du chaos dans son monde l'avait coupé de ce qu'il entourait... Tout lui revenait par a-coups, Senector qui dansait comme un dément devant le grand chien des enfers pénétrant un monde qui n'était pas le sien, une scène hors du temps et de l'esprit, comme toujours avec Senector il était difficile de comprendre.

Puis Iblis et les ténèbres qui n'en étaient pas, un maelström d'anti-énergie qui avait empli le monde spectral pour des éons.

Puis tout s'était emballé, Eux étaient devenus des conducteurs spectraux, sans autres possibilités que contrôler les énergies naissant et mourant dans la brèche. Iblis avait lancé un sort d'une puissance terrifiante, le Grand Cerbère empiétait sur le monde, Senector crevait puis renaissait et vomissait des immondices...

Et la bête confirma son patronyme, de ses entrailles avait jailli l'horreur et la dépravation de la chair, Eux ne savaient pas et ne voulaient pas savoir ce qu'était cette chose, l'aura de l'immondice les avait refoulés comme on refoule une remontée gastrique, Eux avait failli perdre leur emprise sur l'Aether et plonger dans les limbes du non-être.

tout ce qui se produisait était difficilement compréhensible, mais le résultat était là, la brêche était close, et semblait devoir le rester... Inoÿ croisa le regard de Senector, comme à son habitude sanguinolent et semblant plus un cadavre qu'autre chose, puis Eux se tournèrent vers Iblis, le démon qui venait de réapparaître de nul part.... toujours aussi terrifiant...

Et maintenant ,quelle serait la suite?
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Iblîs Nemrodus
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MessageDim 29 Mar 2009 - 23:43



Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes,
Pour qui sonne le glas de la mort qui s'apprête?
A qui destinez-vous l'appareil qui vous suit?
Voulez-vous m'entraîner dans l'éternelle nuit?

Racine ~ Andromaque, VI



Laissant dans son sillage d'invisibles filaments de douleur, le Tore quittait son créateur et se précipitait vers sa destination. Son murmure inquiétant grandissait en même temps que sa taille. Ce n'était pas le sifflement du vent aspiré dans le puits sans fond, ce n'était pas non plus le grésillement des champs de magie qui le nourrissaient, pas davantage les échos du grondement du Grand Chien ~ Non, frère ~ de l'ouverture où la matière des environs s'engloutissait, jaillissait paradoxalement un chant. Un son qui faisait se dresser les poils sur la peau. Car rien, absolument rien dans ce monde n'aurait pu produire quelque chose de pareil. On aurait dit un accord parfait né d'une corde de violoncelle, mais où aurait vibré une note aussi discordante qu'une craie sur un tableau. Qu'y avait-il de l'autre côté du Tore, pour produire une hérésie pareille? Certainement même son créateur aurait-il été bien en peine de le dire, certainement valait-il mieux que lui et tous ceux ici ne l'apprennent jamais.

Poursuivant sa course aveugle, accélérant sans cesse, le tourbillon fondit sur le Portail. Sur son passage, se trouvait quelque chose d'étrange, amas de chairs contre nature, vomissure des enfers rouge et noire, humide et pourrissante. Sans s'arrêter, la singularité goba instantanément cette abomination. Les émanations magiques qu'elle émettait interférèrent un instant avec le chaos ambiant. Dans une gerbe d'éclairs noirs, le Tore éjecta quelque chose au sol, informe flaque incarnat, et continua sur sa trajectoire. Un peu plus loin, Iblîs se releva lentement, encore trop secoué pour pouvoir prêter grande attention à ce qui venait de se passer. Toute son attention se focalisait sur le Tore qui se ruait vers sa cible, exhalant sa mélopée de destruction.

Deux mètres ...
Un mètre ...
Cinquante centimètres ...
Trente centimètres ...

Le temps lui-même céda la place au blasphème, semblant s'étendre sans fin à la mesure où les deux sources de puissance se touchaient. Un instant, par transparence, on put apercevoir la silhouette du fauve géant, tentant de repousser la menace, mais il était trop tard. Après quelques interminables secondes, le Tore finit par tout englober, à la manière d'une amibe géante. L'image de la brisure dans l'air et du Cerbère se déformèrent et s'enroulèrent autour du Tore, comme dans une spirale sans fond. A la seconde où ils furent absorbés, le sortilège maléfique s'immobilisa net et vira au noir absolu, sous la forme d'une sphère de plusieurs mètres de large.

Aucune explosion cataclysmique ne suivit. Il ne se passa pour ainsi dire rien. Il y eut un léger grésillement, et tout sembla s'estomper. La forme vague perdit en densité, en obscurité, avant de de s'effondrer sur elle-même en un point infiniment petit, sans fin, ne laissant derrière elle qu'une ondulation et un courant d'air. En se refermant, le Tore avait tout nivelé autour de lui, refermant la brèche. Le Grand Chien, le portail lui-même, et les quelques décimètres cube de roche qui se trouvaient dans le périmètres avaient été éjectés, envoyés culbuter probablement très loin d'ici. Ni l'un ni l'autre n'était détruits ~ le Portail devait probablement être encore ouvert, ajoutant au chaos ambiant, et le monstre finirait bien par se sortir du piège. Mais tous deux auraient définitivement perdu le chemin et l'accès de cette réalité.

Dans la grotte, Iblîs pinça les lèvres. Faute d'un point de comparaison, il ignorait comment se sentait un mortel qu'on venait d'écorcher vif. Mais il avait l'intime certitude que ça ne devait pas être beaucoup moins agréable que le plomb en fusion qui lui parcourait les membres.

"C'était une visite extrêmement déplaisante" se contenta d'observer le démon avec une certaine mauvaise humeur. "Et j'apprécierais quelques explications sur vos exploits, à moins que ce ne soit maintenant un nouveau loisir aux Cours que d'aller chasser le Grand Cerbère?"

Venant de n'importe qui, la plaisanterie aurait été d'un dédain de mauvais goût. Mais Iblîs n'était pas exactement réputé pour un sens délirant de l'humour, et aussi ridicule qu'elle puisse paraître, la question était probablement à prendre au premier degré. De toute façon, avec les démons en général, se faire la remarque "jamais quelqu'un n'oserait faire ça" était la meilleure façon d'aller au devant de nombreuses déceptions...

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Senector
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MessageMar 7 Avr 2009 - 15:59

Spoiler:
 


Musique

**** Un renouveau, l'espace brûlait de rires d'enfants.
La joie de la renaissance.
Un tempo lent et envoutant pour qui sait l'écouter.
Un émotion ****
.


Le revoilà, propre bien que décharné. Ravalant ses immondices. Le revoilà, double, sans Swa. Le retour, revenant. Sauvé, il ne pouvait pas vraiment dire ce qu'il venait d'arriver, c'était encore trouble, un mélange d'hiver et d'automne. Un mélange de sel et de poivre. Les deux corps se touchèrent, la main caressa le poil dorénavant blanc jusqu'à sa prochaine mort. Le gros loup blanc bailla, débouchant ses oreilles, secouant la tête. Il entendit des mots, une phrase. Était--ce lui, le magnifique ? Le sauveur ? Cet créature sans expression apparente, aux gestes parfois enfantins ? Oui. Il n'était pas heureux. Normal. Senector toussa. Il fallait répondre. Inoÿ semblait épuisé, sa voix ne venait pas.

" - Ce sont... "

La bête inspira profondément. Autour, le vent soufflait. Est-ce le vent ? Ici ? Il repris le cours de sa phrase tout juste commencée.

" - Il s'agit d'une résurrection."

La bête soufflait, et réfléchissait en même temps. Ce moment était étrange, il n'était pas totalement revenu sur terre dira-t-on. Son poil se froissait, et sa veste balayait le vide en claquant furieusement. Il ferma ses quatre yeux. C'était bon d'être sois. Il pensait fortement intérieurement - Merci -un merci destiné autant à Inoÿ qu'à... Iblïs, le chacal avait raison dans sa description. Ce fou qui avait osé le rencontré, pas même démon qu'il s'y était engagé. Le corps humain s'agenouilla pour gratter la gorge de la bête. Puis il se releva, filant ses doigts le long de sa veste afin de l'ajuster et d'écraser les plis de trop. Sa main se posa sur son ventre, puis il s'inclina en guise de remerciement.

" - L'égoïsme me jouera des tours jusqu'à mon dernier souffle. Puis il se permis d'ajouter. Seigneur "

Vivre... lui qui donnait la mort comme on donne du pain en trop aux vagabonds. En avait-il droit, à cette vie ? Apparemment oui. Etrange nature, étrange monde où le mal est Roi.

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MessageMar 14 Avr 2009 - 10:01

Elle était inconsciente, le Grand Loup la soutenait sur sa croupe... perdre la moitié de sa conscience était éprouvant, Inoÿ voyait tout ce qui se passait derrière un voile de brumes imaginaires...

Senector était debout et semblait en bonne forme...Eux avaient réussis, avec le vieux Drewar en service la vie aux enfers allait s'accélérer.

Le soucis qu'il restait était Iblis, le seigneur des ombres n'était pas ravi, ce n'était jamais bon présage. Mais le seigneur noir avait sauvé la mise, et de façon impressionnante, déconcertante. Inoÿ lui devait la vie..

Le grand loup articula avec peine, Eux accusaient encore le retour de bâton dû au tore d'anti énergie déployé pas nemrodus, Inoÿ n'avait pas encore l'habitude de composer avec tant de puissance.

"- Nous avons joué un jeu dangereux seigneur, grâce à vous le pire a été évité, soyez grès de Leur reconnaissance et de leur humilité."


Inoÿ n'était pas du genre chien asservi, mais Iblis avait toujours été la plus grande force des enfers ,et sûrement qu'il en était aujourd'hui la plus ancienne.
Si les plans d'Inoÿ devaient fonctionner, se serait sûrement en ayant Iblis comme souverain plutôt que comme ennemi...
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Iblîs Nemrodus
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MessageMer 29 Avr 2009 - 22:03

Citation :
[Je fais court également, puisque l'essentiel est dit.]

Le regard d'Iblîs perdit de sa dureté en entendant les deux Drewoor répondre. Pour quelle raison ne leur reprochait-il pas d'avoir mis en danger les Enfers entiers pour une seule vie ... allez savoir. Peut-être l'égoïsme si vanté des Démons. Peut-être une raison perverse, commencement d'un plan à nouveau ébauché. Ou, beaucoup plus probablement, parce qu'il devait avoir soudain autre chose en tête, passant allègrement d'un sujet de préoccupation à un autre, au gré d'une logique inexistante. Allez donc savoir.

"Soit..."

Iblîs banda sa volonté et ouvrit à son tour un de ses propres passages - moins nets et puissants que ceux créés par les sorciers du contrôle. L'air ondoya, parcouru de vapeurs noires et floues. La réalité ne se "troua" pas - elle fondit sous l'encre noire qui l'attaquait, se mêla à une autre, créa un couloir flou aux reflets changeants, ressemblant plus à un marécage vertical qu'à une porte. L'entité noire tourna un instant la tête, dévisageant les deux autres de ses orbites noires. Il n'oublierait pas leurs silhouettes, leurs noms, leur essence. Ils étaient les premiers qu'il rencontrait depuis la guerre.

"Je me retire donc, princes de l'enfer."

Pour lui, retourner au repaire démoniaque n'aurait plus de sens désormais ~ n'y avait plus rien à faire. Et d'ailleurs, il avait lui aussi un royaume à administrer. Différent du leur. Plus fragile, sans cesse eprdu et regagné et pourtant tellement immense. Car à l'extérieur, la nuit froide était son domaine. Il y avait trop longtemps qu'elle s'était endormie, paisible, que les Ombrals ne hantaient plus la forêt. Il était temps qu'elle redevienne ce qu'ell était - reine. Sous les étoiles indifférentes, au coucher du soleil, elle devaient s'éveiller à nouveau, hantée par quelque chose de sombre et de mortel.

Il irait visiter les alentours, humer les coins sombres, observer Elament, voir si toute la toile qu'il avait tissée avec tant de patience était toujours en place, et où il faudrait la réparer. Il y aurait du travail, surtout depuis que de nouvelles puissances étaient apparues aux Enfers. Mais les jeux du Destin prouvaient une fois de plus qu'ils ne pouvaient être arrêtés. Après la Grande Bataille, ils avaient simplement suspendu leur course, se mouvant au ralenti, comme dans un rêve fragile. Accordant aux uns l'oubli et aux autres le réconfort, attendant que les grandes aiguilles se meuvent à nouveau. Il lui semblait entendre, dans l'onde magique qui l'avait alerté et guidé jusqu'ici, le gong solennel du temps se remettant en route.

Les choses avaient recommencé à bouger.
Une fois de plus, le cycle avait recommencé.



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