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 Une princesse et des escargots [ libre, surtout les démons ]

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Sappho
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MessageJeu 29 Jan 2009 - 21:10

[ Suite de : Jouer et tuer, c'est pareil

Il était une fois une petite princesse enfermée dans une tour... La fille était toujours habillée de noir, sa peau était pâle, elle était petite, ses cheveux aussi étaient d'encre et courts... Etait-ce véritablement une princesse ? Dans les contes, les jeunes filles étaient blondes ou brunes, leurs cheveux étaient longs, elles étaient grandes... Quant à la tour... Il s'agissait d'un lieu magique, caché, enchanteur. Ici, elle était en ruine, bien que l'étage supérieur tint encore. Il y avait bien une gamine en haut... Assise sur le rebord de la fenêtre en pierre, les jambes se balançant dans le vide. Elle jetait des regards indifférents à droite à gauche, blasée. Ennuyée. Ses souliers noirs à boucles mauves percutaient le mur extérieur en rythme.
Tac... Tac... Tac... Tac

Le son se répercutait aux alentours. De plus, elle était bien visible en hauteur. Une proie facile. Mais qui pourrait prendre Sappho en chasse ? Qui oserait attaquer une enfant inno... Euh... En tant que narratrice honnête, je ne peux me résoudre à la qualifier ainsi... Disons : qui oserait s'en prendre à une enfant ? La jeunesse, notre avenir, qui pourrait y toucher ? Qui aurait l'audace de se couvrir les mains du sang de...
CRACK ! SPLASH !

Un innocent escargot qui passait par là, montant sur la tour, se retrouva broyé sous la main de Sappho. La coquille éclatée restait collée à la paroi grâce au corps gélatineux du gastéropode. On aurait dit une forme d'art nouveau... Si titre il y avait, il serait : Amas d'assiette brisée sur confiture à la mûre/mur... Sa main était maintenant collante et visqueuse, elle l'essuya contre de la mousse froide sur la roche.

" Un nuisible de moins ! "

Sa voix, enfantine et déjà tranchante, résonna quelques instant. Cela faisait quelques heures seulement qu'elle était arrivée à Elament, et l'endroit lui paraissait déjà... assez... miteux. Bah oui, on est une succube ou on ne l'est pas. Elle aimait le luxe et la mollesse. Quoi de plus normal ? Et tous ce qu'elle avait vu pour l'instant se résumait à un cimetière, certes plutôt bien garni, et à cette tour perdue au milieu de cette forêt ! L'astre lunaire arrondie illuminait cette froide nuit, et s'imposait parmi les étoiles...

La lune dans son plein éclairait les cieux...

Les étoiles cachent leurs feux brillants dans le voisinage de la lune, surtout lorsque parfaitement arrondi, ce bel astre éclaire la terre...
[*]

Elle regarda la lune, en machouillant sa sucette éternelle. Elle espérait rencontrer des gens à qui elle devait un message de la part d'Alouqua. Et ainsi, elle désirait obtenir des informations à son sujet sur sa vie ici... Peut-être même qu'un démon passerait par là ? En tout cas, elle attendrait. Et si personne ne venait, elle dormirait ici. Après avoir trouver quelqu'un à tuer.

Mais pour le moment, c'était le temps qu'elle essayait de tuer. Et pour cela, le meilleur moyen était de... JOUER. A quoi ? A la poupée, au loup, à chat, à cache-cache, à la dinette... N'importe quoi pour se distraire. Sauf que généralement, quand elle jouait, il y avait un mort. Ou une torture. Ou les deux. Elle chercha autour d'elle, dans la tour, s'il y avait quelque chose d'intéressant... Ahah ! Un arbuste recouvert d'escargots... Elle descendit de son perchoir dans la tour, attrapa les cinq ou six animaux sans défense, et les disposa sur le rebord de la fenêtre, chacun étant séparé de cinq centimètres de son compatriote. Elle se mit à genoux devant eux, et commença son jeu :

" Une lettre... Hum... D ! "

Elle regarda le premier escargot. les ongles de sa main droit s'allongèrent et se placèrent au dessus du "cou" de l'escargot.

" D comme Dé-ca-pi-ta-tion ! "
SPLASH !

Et un escargot en moins, un. Elle prit le suivant.

" E... E comme E-ti-re-ment ! "

Elle attrapa l'escargot, et tira sur sa coquille jusqu'à la détacher de son intestin... Répugnant.

Elle s'arrêta un instant, histoire de faire durer le plaisir. Elle jeta un coup d'oeil par la fenêtre. On ne sait jamais, quelqu'un pourrait passer.

[* extrait des Fragments de Sappho, une poétesse grecque de l'Antiquité ]

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Iblîs Nemrodus
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MessageDim 15 Fév 2009 - 17:18

Spoiler:
 

Cela faisait plusieurs heures qu'il avait quitté Raziel et qu'il marchait sous les feuillages de la forêt Darke, de son pas silencieux. Comme à chaque fois que le Ténébreux hantait les bois, les animaux s'enfuyaient, sentant venir la noire magie qui dévorait la vie. Mais si d'habitude, il traversait les futaies en ligne droite, suivant quelque but mystérieux, ce soir, lui-même ignorait où il se rendait. Ce soir, il se contentait d'errer, et sentant le doute hanter l'esprit de leur maître, les voix des Ombrals autour de lui murmuraient sans cesse leurs mots de folie, toute leur agressivité envolée.

... marche, marche le maître ~ Que veux-tu ? ~ te souviens-tu de la grande porte ~ de l'autre côté du monde ~ Que dit-il ? ~
~ L'erreur est au coeur, tout à l'heure ~ mon nom était Silion ~ neuf fois neuf branches et la racine ~ de ce que j'ai oublié ~
~ Qui es-tu? Qui es-tu? Qui es-tu? ~ voyez, mes frères, le sillage ~ pour notre cri ~ Où est-il? ~ la lune, la lune, la lune est rouge encor !!


"Silence!" gronda Iblîs.

Les voix éthérées se turent instantanément. Les Ombrals continuèrent cependant leur danse dépourvue de sens autour du démon, fascinés, comme des papillons autour d'une flamme. Les ignorant, celui-ci poursuivait sa route. Les troncs de dure écorce défilaient, le sol couvert d'aiguilles s'élevait régulièrement, mais où il allait exactement, il l'ignorait. Ce temps ne faisait pas partie de ses plans. Il n'aurait pas dû être ici cette nuit, sans rien à faire, rien à accomplir. Depuis son réveil, il ne savait même pas exactement en quelle année on était - sûrement un certain temps après la Bataille d'Elament, mais sans doute pas à des siècles d'écart non plus - puisque il venait de rencontrer Raziel.

Il lui faudrait peut-être un refuge ... un endroit profond et sombre, pour décider de l'avenir. Il en était à ce point de ses pensées, quand les arbres s'écartèrent - par hasard, sa route l'avait mené à la Tour de Tÿlos. Autant s'arrêter à son sommet avant de repartir, songea le démon en s'approchant de l'escalier en ruine.

Ploc.

Quelque chose venait de chuter au pied de la tour. Les pupilles sans regard d'Iblîs se posèrent sur la chose en question. Un escargot ... la moitié d'un escargot pour être précis. Etrange. Il n'avait pas senti de présence ...

Il leva les yeux vers la fenêtre, juste à temps pour rencontrer le regard d'un être aux cheveux noirs.

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MessageDim 15 Fév 2009 - 23:43

La forêt Darke, Erkios n'y avait pas mis les pieds depuis longtemps, son regard était vague, c'était devenu fréquent chez lui... Son esprit errait en même temps que son corps, qui se contentait d'absorber la vie de tout ce qui l'entourait, exception faite de toutes les créatures autres que petits animaux et végétaux, dont l'âme était trop attachée pour être avalée... Pour le moment du moins, c'est ce qu'il espérait...
Dans son sillage, un spectacle de désolation marquait son passage, les plantes étaient flétris, les animaux s'entretuaient, et un silence, un silence semblable à celui d'un tombeau, mais celui-ci était à découvert, offrant la mort à tout spectateur ayant décidé de suivre le démon, qui n'avait de cesse d'avancer telle une âme en peine sans objectif...
Et pourtant, Erkios en avait un... Sa personnalité était certes altérée, mais peu à peu ses instincts démoniaques reprenaient confiance, le chaos s'était mêlé à chaque parcelle de son être, et son âme avait eu besoin d'un certain temps d'adaptation, temps qui n'était pas encore terminé et qui pourrait encore être long...
Lentement, il sentait s'installer un changement dans ses perceptions, une puissance phénoménale se situait non loin, et ses pas n'avaient de cesse de l'y conduire, et soudainement, un sourire se dessina sur ses lèvres, il reconaissait cette puissance, le néant incarné, le Démon dont tout le monde craignait le nom... Iblîs Nemrodus, deux mots qui glaçaient le sang, tant par la terreur qu'ils inspiraient que par la froideur du démon... Il était le néant, tout simplement, et cela en dérangeait plus d'un...
Mais ce n'était pas le cas d'Erkios, il ne craignait pas Iblîs, il le respectait, et c'était certainement le seul démon au monde qui avait ce privilège, car Erkios n'avait en général de respect que pour lui-même, ce qui lui suffisait d'ordinaire amplement...
Mais Iblîs était différent des autres démons, Erkios le jugeait supérieur, incomparable, car il semblait exister au dessus du temps et de l'espace, et avait daigner lui accorder sa considération, et l'avait aidé alors que rien ne l'y obligeait...


" Nos chemins se croisent à nouveau... "

Il pressa le pas, son regard n'était plus évasif, il était déterminé, sa démarche était rapide, la végétation mourrait autour de lui ce qui lui permettait de ne pas être gêné dans ses déplacements, puis il aperçu ce qui ressemblait à une Tour, il continua de marcher, comme s'il était impatient, puis il arriva à destination... Il se trouvait derrière Iblîs, qui levait les yeux vers ce qui semblait être un enfant, Erkios demeura alors silencieux, comme s'il ne souhaitait pas les interrompre...
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Sappho
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MessageLun 16 Fév 2009 - 21:34

" Pardon, j'ai pas bien visé votre tête... Autant pour vous..."

Elle était prête à jeter l'escargot écartelé, quand soudain, Il était apparu. Les ténèbres se parlent entre elles, chaque être ténébreux est relié à ce monde éthéré que sont les Ténèbres. Ressentir les fluctuations à travers cette mer de sombres pensées n'est pas chose si ardue... surtout lorsque les vagues en question se rapprochent d'un ouragan ! Oui, une tempête était le terme approprié pour définir l'agitation des ténèbres. Agitation ? Oui, d'une part, mais dès que l'étranger apparut, d'un mot, il fit taire et se calmer ce monde si sensible... Qui était-ce ? Grand, le teint pâle comme la mort, les pupilles vides de sentiments, habillé de noir... Il semblait absorbé par quelque importante tâche... Et il aurait bien impoli de ne pas gêner ce "paisible" marcheur de nuits. Oui, totalement inconcevable, de ne pas distraire une personne si concentrée. Insensé de ne pas tenter de l'énerver. Ainsi, elle avait jeté son demi-escargot devant le... la... chose truc bidule noir...

Mais était-ce là, la seule raison de son geste ? N'y avait-il pas... autre chose ? Une réminiscence ? Un souvenir ? Non, quelques mots murmurés à son oreille... Des messages. Oui, ces messages maternels, destinés à divers démons et autres des environs d'Elament... Mais quel rapport ? *Aucun* pensa Sappho. *Si je rencontre un destinataire fortuitement, il me reconnaitra, ou plutôt, il reconnaitra Alouqua.* Oui, c'était sa mère elle-même qui lui avait prédit cela : on me reconnaitra à travers toi, parce que tu es mon enfant unique, et que tu me ressembles autant physiquement que mentalement. Ou un truc du genre. En vérité, ça n'avait aucune espèce d'importance. Elle se fichait d'Alouqua et de son passé... Enfin, sauf si cela la concernait...

Justement, revenons à l'action : le démon - difficile de le qualifier autrement - l'avait regardée. Étrangement, elle retrouva dans ces iris la même absence d'éclats de vie, une note familière... Seul son visage dépassait du rebord de la fenêtre, on pouvait y voir surtout, un sourire espiègle. Et derrière ce sourire, une langue expérimentée et tranchante se mit en mouvement :


" Vous voulez monter, oui ou non ? C'est pas en restant planté à l'entrée que ça va marcher... Ou alors, vous attendez que je délie ma sombre chevelure pour grimper en haut de cette tour, Prince Noir ? Hihihi... Sinon, je peux toujours vous arroser, ça poussera peut-être... qui sait ?"

Tout cela dit d'une voix à la fois sarcastique et charmante : une voix de succube. Ce goût du sarcasme lui venait précisément de sa mère (en même temps, me direz-vous, elle ignore qui est son père...). Mais alors qu'elle conversait gentiment, quelqu'un d'autre arriva : encore un démon ? Elle ne le savait pas, mais en était presque sûre : l'aura sombre qui entoure un démon est reconnaissable entre toutes. Elle le regarda s'avancer vers le premier arrivant. Ah, maintenant, on était assez nombreux pour jouer à la dinette ! Mais surtout, à présent, elle préférait descendre rejoindre cette fête ! Elle s'assit sir le rebord de la fenêtre en pierre, les jambes dans le vide, et cria :

" Bon bah... Je crois que je vais descendre... Héhé, attention en dessous, j'arrive !"

Elle sauta.
Entre le sol et sa fenêtre, il y avait bien cinq mètres : suffisant pour se fracturer les chevilles en atterrissant sur la pierre dure. Les ténèbres ralentirent sa chute. Elle posa en douceur, telle une plume blanche qui, délicatement, glisse à la surface, ses souliers vernies noires sur le sol froid. Elle se trouvait derrière le dernier démon à être arrivé.

Maintenant qu'elle était proche, la ressemblance avec Alouqua devait être frappante : ces mêmes traits méprisant, ce regard dédaigneux, ces yeux aux reflets mauves. Cela concordait. Mais au-delà de cette ressemblance-là, Sappho rappelait étrangement son ancêtre : Lilith. Peut-être même qu'elle lui ressemblait plus qu'Alouqua. La facilité d'une existence choyée et dorlotée avait peut-être encore accentué son arrogance, sa suffisance, et son orgueil... Car il était vrai qu'Alouqua était, disons, plus "ouverte", moins insolente que sa fille. C'était, du moins, l'impression qui se dégageait d'elle.

En tout cas, les deux démons se connaissaient. Mais ils n'avaient pas l'air très bavards... Pff, même pas drôle. Elle se serait bien présentée simplement, amicalement, et... euh... Non, c'était bien plus amusant de titiller un peu les gens, sinon où était le plaisir ?


" Oh, on pourrait jouer à la dinette, mais bon, je pourrais aussi dire que je me retrouve ici, avec un grand... euh, démon truc machin noir et un autre bidule devant une tour à moitié effondrée... " Était-ce Lilith, Alouqua, ou bien Sappho qui parlait ? Le discours se ressemblait tellement, la voix était si semblable, que sans voir l'interlocuteur, on aurait pu les confondre. " Ah et sinon, je m'appelle Sappho, enchantée de faire votre connaissance ! "

Cette phrase ironique fut ponctuée par un sourire de dents pointues, et une lueur malicieuse dans son regard tandis qu'elle accompagnait la paroles par les gestes en exécutant une révérence comique.

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Iblîs Nemrodus
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MessageJeu 19 Fév 2009 - 21:34

En voyant l'enfant atterrir légèrement sur la dalle de pierre, avec l'aisance d'une plume de corbeau, Iblîs comprit soudainement pourquoi il ne l'avait pas repérée plus tôt. Il ne regardait pas au bon endroit, il n'écoutait pas les bonnes choses. Il n'avait jamais réussi à se débarrasser de cette habitude : chercher instinctivement à connaître les êtres par ses perceptions de la magie, par la vue du monde invisible, plutôt que de tout simplement écouter et voir. Jamais il n'avait pu se faire à l'idée qu'ils étaient fondamentalement différents de lui, que leur être n'était pas tissé d'esprit et d'ombre. Semence de succube ou ancien mortel dévoué au chaos, ils restaient fondamentalement, originellement ... humains? Peut-être pas humains - mais citoyens de plein droit de ce monde, créés de sa poussière, de son eau et de sa vie.

Il aurait donné cher, très cher - tout ce que des siècles de patience et laborieuse industrie auraient pu produire - pour rencontrer un être qui lui ressemble. Quelqu'un de son sang, de sa famille, de son rang, quelqu'un qui puisse partager ses pensées et ses aspirations, car même la Nuit peut parfois sembler exhaler un chant de solitude. Peine perdue. Cette facette de la magie démoniaque n'avait enfanté qu'un rejeton - elle n'avait pas besoin de plus pour incarner sa conscience et sa volonté.

L'enfant en question ne retint pas tout de suite son attention. Encore une distraction qu'il n'aurait jamais dû se permettre. Et qu'il ne serait pas permise en temps normal. Son long sommeil dans l'Etang, depuis la grande guerre d'Elament, l'avait beaucoup plus affecté qu'il ne pensait - il était moins aiguisé, moins réactif, ses intuitions étaient émoussées. Sur le moment, il ignora l'étrange impression qui le parcourut en croisant son regard violet, et ne s'intéressa qu'à l'arrivée du nouveau venu.

"Erkios, voilà bien ..."

La phrase aurait dû se terminer en "bien longtemps que ..." quelque chose, mais il n'eut le temps ni d'imaginer ni de prononcer la suite. Une voix jacassante lui coupa tout simplement la parole, avec un sans-gène qu'il avait rarement rencontré.

Cette gamine!? Quand elle s'était adressée à lui dla fene^tre, il avait à peine prêté attention à elle. Mais à présent qu'elle était plus proche, l'évidence le frappa comme la mèche d'un fouet. Les cheveux étaient plus bleutés, le visage plus rond, les yeux d'une nuance plus colorés, le timbre plus grêle - qu'importe? Elle était l'image vivante de deux autres femmes bien vivantes en sa mémoire. Elle semblait résumer les deux - pire, avoir généreusement hérité de leurs (nombreux) mauvais côtés à toutes les deux. Les pupilles d'Iblîs jetèrent un éclat d'obsidienne.

"Par toutes les pierres du grand gouffre" articula-t-il avec lassitude, "les succubes ne savent-elles rien faire d'autre que copuler? Es-tu la fille ou la soeur d'Alouqua?"

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MessageLun 23 Fév 2009 - 19:57

L'ambiance était étrange... Erkios sentit un étrange changement de la part d'Iblîs, il ne semblait plus être le même, décidément, le temps avait passé beaucoup trop vite, les événements s'étaient enchaînés, les alentours d'Elament avaient évolués, les démons semblaient maintenant bien plus organisés qu'auparavant... D'où provenait tout ce changement ? Le jeune démon du chaos se souvenait de la défaite de ses frères lors de la dernière Bataille d'Elament, Apharez et Layna avaient disparues...

Erkios était resté dans l'ombre trop longtemps, sa lutte intérieure lui avait coûté bien trop de temps, et maintenant, il était de retour vers les siens, en pleine possession de ses moyens mais il avait l'impression d'arriver trop tard, ou à un moment inopportun, il devait se renseigner rapidement, savoir où en étaient les choses, quel rôle il pourrait jouer à présent et surtout, comment allait-il se trouver une place dans la nouvelle hiérarchie démoniaque ? Car à cela, il y pensait, il n'avait pas traversé les enfers, affronté son humanité et absorbé le Chaos qui avait grandit en lui pour en finir à l'état de simple laquais...

Non, il n'était certes aujourd'hui rien de plus qu'un simple démon sans maître ni laquais, ne dépendant de personne, ne devant rien à personne, il était libre... Mais cela ne lui suffisait pas, il avait des projets, il voulait reprendre le contrôle des armées des ténèbres, comme à l'époque durant laquelle il était général... C'est à cela qu'il aspirait, et pour atteindre cet objectif, il devait s'informer, tisser de nouveaux liens, savoir à quoi s'en tenir...

Son regard croisa celui d'Iblîs, Erkios avait l'impression de ne plus être face à la même personne, en supposant que le démon du néant en eût été une, mais il ne laissa rien paraître, ses émotions étant devenu bien plus faciles à contrôler depuis la disparition de son Némésis...

Son Némésis... Il se souvenait de lui, de son passé, car d'un certain côté, l'Igni avait été une partie de lui, et tous les souvenirs qu'il possédait étaient encrés en lui au fer rouge... Oui, un fer rouge comme les flammes qu'il utilisait autrefois...

Le début des paroles d'Iblîs firent naître un sourire sur le visage d'Erkios, mais ce sourire se dissipa lorsqu'une petite voix enfantine le fit presque sursauter intérieurement, car Erkios n'était pas du genre à sursauter... Attendez, c'est Erkios quand même, Celui-Qui-Ne-Sursaute-Jamais !

Bref... Il se retourna et la toisa avec un regard froid bien prononcé, elle se présenta tout naturellement, comme une enfant, et Erkios répondit de manière nonchalante...


" Et bien, Iblîs, je n'imaginais pas que nos retrouvailles se solderaient par du baby-sitting... "

Son regard examina plus soigneusement celle qui se prénommait Sappho, il se pencha lentement vers elle, comme le ferait quelqu'un qui se présente à un enfant, et lui dit avec une voix amusée :

" Bonjour petite Sappho ! Je m'appelle Erkios, tu as perdu ta maman ? "

Il éclata alors de rire, tout en réalisant que le visage de la jeune fille lui était légèrement familier... Iblîs avait parlé d'Alouqua, et Erkios ne pu réprimer un ténébreux sourire...


** Je lui dois une fière chandelle à celle-là... **
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Sappho
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MessageLun 23 Fév 2009 - 22:59

Elle gloussa. C'était si... surprenant ! Amusant. Et son petit rire de gamine ne faisait qu'accentuer le phénomène. Ces fossettes si mignonnes n'étaient-elles pas moqueuses ? Ces petites dents pointues, n'était-ce pas de l'arrogance ? Ses yeux brillants, de l'impertinence ? Si. Tout ce qu'adorait Alouqua et Lilith. La même. Un double. Mais diffèrent. Pire encore. Un double amélioré : plus sadique que jamais, voir même masochiste ! Un véritable petit démon, la pire chose que les Enfers aient pu engendrer. La réaction des deux démons l'amusait d'autant plus, qu'elle ne s'y attendait pas, de prime abord. Certes, c'était des démons, mais comment aurait-elle pu deviner qu'il s'agissait de connaissances d'Alouqua ? Impossible, mais si. C'était bien le cas. Incroyable. Parfait ! Sa sucette dans le dos, elle hésitait encore sur la réponse appropriée... Ah si, finalement, elle en avait une.

Elle prit un air faussement courroucé quand le démon arrivée en deuxième avait parlé de babysitting... Elle ? Un bébé ? Non mais, c'était quoi ça ? Le bec cloué, elle n'avait toujours rien dit lorsque ledit démon se pencha devant elle et se présenta. Là, son regard se fit de nouveau de miel. Et c'est toute mielleuse qu'elle s'adressa à lui :


" Bonjours Monsieur Erkios ! " Grand sourire " Ma maman ? " en grande réflexion... " Ah, tu parles d'Alouqua ? Je n'ai aucune idée de l'endroit où elle peut être, mais je suis bien sa fille, née de ses copulations, ô grand monsieur tout noir derrière Erkios... "

Erkios... N'était-ce pas l'un des destinataires d'Alouqua ? Durant la nuit qu'elle avait passé dans la même grotte que Sappho (la dernière), Alouqua avait rédigé de nombreuses lettres, que seules les personnes à qui elles étaient destinées pourraient ouvrir. Elle avait aussi laissé des mots dans les chroniques démoniaques, concernant un certain démon Kïo, Lilith et aussi le Faucheur Rouge... Étrange... La phrase de sa mère le concernant lui revint, celle qu'elle lui avait glissée à l'oreille cette nuit là... " Tu le reconnaitras, parce que lui, te reconnaitra. Il ne sera ni heureux ni triste de te voir, mais tu vas véritablement l'irriter ! Je te conseille de profiter de ce moment pour essayer de l'énerver, lui Iblîs Nemrodus... " Non... Impossible... Était-ce possible ... ? Pouvait-elle le rencontrer dès sa première nuit à Elament ? Lui, Iblîs Nemrodus ? Maintenant qu'elle le regardait attentivement...

De même avec Erkios, sa mère l'avait prévenue. Si elle trouvait un dénommé Erkios, soit il essaierait de la tuer, et alors il vaudrait mieux partir, soit il se montrerait... amical ? Du moins, il n'essaierait pas de la tuer. Tant qu'il ne la connaissait pas. Lorsqu'elle parla à nouveau, s'adressant autant à Erkios qu"à Iblîs (car à présent, elle était pratiquement sûre et certaine qu'il s'agissait d'Iblîs), elle paraissait pensive, mais surtout surprise :


" Mais vous... vous devez être... Non... Iblîs Nemrodus ? Celui qui ne s'est jamais énervé ni après Lilith, ni après Alouqua ? Je ne pensais pas te rencontrer aussi vite... ça te dérange si je te tutoie ? Non, bon... Mais ma maman m'a parlée de toi, elle m'a dit qu'elle n'avait jamais percé ta carapace mais qu'elle espérait que je le ferais et puis... et... oh et .... [charabia sur Alouqua et Iblîs pendant deux minutes très longues...]... Mais... je t'ennuie pas au moins ?"

Avec ses grands yeux d'enfants, elle regardait tour à tour Iblîs et Erkios. C'était etrange de se retrouver devant des démons ayant connu Alouqua, elle-même n'ayant que peu de souvenirs d'elle, ces derniers consistant en divers récits sur la Guerre des Elèments, et donc sur le Faucheur Rouge, Liltih et les autres, ainsi que sur la Guerre d'Elament. Mais n'avait-elle pas rajouter quelque chose ? Une chose qu'elle devait absolument dire à Iblîs... Non, elle devait l'appeler d'une certaine manière... Ah oui, maintenant, elle s'en souvenait, c'était... un message oral :

" Au fait, elle a un petit message pour toi d'ailleurs, je cite : *Sale Faucheur, on se reverra !* ... Hum... Enfin, si elle est morte, c'est pas près d'arriver... "

Sappho, toujours aussi optimiste et pleine d'entrain...

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Iblîs Nemrodus
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MessageLun 9 Mar 2009 - 16:39

Spoiler:
 

"J'approuve" maugréa Iblîs à son propre bénéfice, tout en regardant Erkios se pencher devant la gamine. "Ce n'est pas quelque chose qui me serait venu à l'idée non plus. Et je vais m'asseoir, parce qu'on risque d'en avoir pour un moment."

Le démon noir fit quelques pas pour se diriger vers la tour, là où de gros blocs de moellons pouvaient servir de siège. Quelque peu durs, mais ce n'était pas le moment de se préoccuper de ça. Les mots de la gamine venaient de confirmer ce qu'il avait à peine cru : Alouqua avait une fille. S'il savait encore compter, cela faisait donc la troisième génération d'une lignée de succubes particulièrement insupportables. La grand-mère avait déjà un don pour mettre les gens en boule, la mère y excellait, mais la petite-fille semblait décidée à porter le cynisme au rang d'un art. Il supportait difficilement cela chez les succubes - même si la plupart d'entre elles étaient diaboliques, elle se croyaient toujours obligées de l'enrober dans une couche de superficialités.

Une fois installé le dos au rocher, le menton posé sur un genou, tout en prêtant l'oreille au galimatias émis par la naine aux yeux violets, il observa un instant Erkios. Il l'avait perdu de vue depuis bien longtemps - depuis, en fait, la Bataille d'Elament. Il ne lui restait plus rien de son ancienne aura d'Igni, qui l'avait habité pendant longtemps. Ce son tourmenté qui émanait de lui, inaudible à des oreilles de mortel, indiquait désormais la voie qu'il avait choisie : adepte de la sorcellerie du Chaos. Comment? On apprend pas ainsi la sorcellerie - pas en si peu de temps. Il avait eu recours à quelque chose d'autre, ou bien ce quelque chose ne lui avait pas demandé son avis. Toutefois, il n'eut pas le temps d'approfondir le problème, car Sappho venait de lui poser une question.

Iblîs leva les yeux aux ciel. Je ne t'ennuie pas ? ... L'un des sourcils du démon commença à se contracter sur un tic inquiétant.

"Si, mais tu ne me fera pas croire qu'il suffira de te le dire pour te fermer le bec..."

La phrase suivante l'intrigua profondément. Avec la déplorable habitude des Succubes de faire consciencieusement l'inverse de ce qu'on attendait d'elles, si Alouqua lui lançait un au-revoir, c'était indubitablement un adieu. Mais que songeait-elle à faire? Se suicider? Autant demander à un chat de traverser l'océan à la nage. Elle chérissait trop sa personne pour la mettre en danger, ou alors, c'est qu'elle avait une très, très bonne raison ...

"Et ... pourquoi serait-elle morte?"

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Sappho
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MessageMar 2 Juin 2009 - 21:00

Avant même qu'Erkios puisse intervenir, la gamine s'était pratiquement jetée sur Iblîs le Faucheur. Il lui demandait pourquoi Alouqua était peut-être décédée ? Eh bien, il allait être servi ! Sans autre explication que son rire de lutin, elle attrapa la manche du Grand Seigneur des Ténèbres, le tira brusquement et le traina ainsi. Le pire, c'était qu'il se laissait faire. Et la petite Sappho, ignorant tous les beaux principes de politesse, embarquait sans ménagement le puissant démon. Mais qui pouvait résister à ses beaux yeux ? A son sourire innocent ? ... Sans doute Iblîs. Enfin, même s'il avait résisté, elle aurait continué à tirer. Elle ne laissa derrière elle qu'un rouleau destiné à Erkios, elle aurait bien parlé à ce démon atypique plus longtemps, mais quelque chose de plus important la pressait. Elle avait un message, véritable testament d'Alouqua, à donner.

Et elle sautillait encore, s'éloignant du démon Erkios vers un lieu plus calme, à l'orée du bois qui entourait la Tour de Tyiös. Elle sautillait gaiement, sifflotait presque, on aurait pu croire qu'elle avait oublié à qui appartenait le vêtement sur lequel elle tirait comme une enfant. Une enfant qui cherche à attirer l'attention de sa maman vers le merveilleux truc non identifié qui traine par terre.

Pourquoi serait-elle morte ? C'était presque la question que Sappho voulait demander à Iblîs. En vérité elle n'en savait rien. Alouqua était venue, elle l'avait reconnue comme sa descendante légitime, avait laissé des messages pour quelques démons d'Elament et chargé Sappho de les remettre en main propre... Puis elle avait disparu. Plus aucune trace. Officiellement introuvable chez les démons. Mais qu'en était-il vraiment ? Etait-elle vraiment morte ? Quand ? Où ? Comment ? Personne n'avait la réponse. Mais Sappho avait une petite idée : les derniers messages d'Alouqua devait sans doute concerner ce départ, or Iblîs était sûrement celui qui la connaissait le mieux... Elle se posta debout sur une pierre, histoire de prendre de la hauteur sur la situation... Puis elle parla, avec l'indifférence d'un monarque observant mourir ses sujets :


" Je sais pas... Elle a disparu de la surface et de l'intérieur de la terre... "

Mouais, pas vraiment intéressant tout ça. Elle avait autre chose à montrer. Oh oui. Alors elle ouvrit une mini porte de ténèbres, comme un tiroir. C'était là qu'elle rangeait la plupart de ses affaires les plus fragiles. Elle enfonça sa main dans le concentré de noirceur et la ressortit pleine d'un message. Une enveloppe méticuleusement cachetée de magie démoniaque. En effet, seul celui à qui était destiné cette missive pouvait l"ouvrir. Refermant son "tiroir" ténébreux, elle tendit l'enveloppe à Iblîs avec un sourire d'enfant impatiente.

" Allez ouvre ça ! Je suis sûre d'y trouver des informations croustillantes ! Allez Grand-père Iblîs ! "

Houlà... Théoriquement, elle pouvait l'appeler "grand-père", puisqu'il y avait bien deux voir trois générations entre eux mais tout de même... C'était surprenant et pas forcément agréable à entendre pour l'intéressé.

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Iblîs Nemrodus
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MessageMer 17 Juin 2009 - 17:37


Ce qu'il y avait d'intéressant quand une Succube de cette famille était ax alentours, c'était que la scène tournait invariablement au surréaliste. Peu de gens pouvaient se vanter d'avoir traîné un Démon Majeur par la manche, encore moins que celui-ci obéisse sans commencer à massacrer tout ce qui bougeait. Mais bon, Lilith était Lilith, Alouqua était Alouqua, et Sappho était Sappho - ce qui expliquait bien des choses. Peu de chances qu'Iblîs les considère comme une famille, mais elles étaient les seules à qui il permettait ce genre de familiarités. Accessoirement, elles étaient aussi les seules assez cinglées pour se le permettre - Sappho repoussant les limites dans la digne succession de ses génitrices.

La remarque de l'enfant-démon était impossible à vérifier pour Iblîs. Tout juste réveillé de son long sommeil de plusieurs mois, il était incapable d'étendre comme autrefois son esprit le long des lignes d'ombre, afin de trouver celui ou celle qu'il cherchait. Mais si elle le disait, alors Alouqua avait probablement quitté la région. Pourquoi, comment, ... elle seul le savait. Elle seule et le parchemin que Sappho venait de faire apparaître. Avec un intérêt soudain, le démon observa le geste de la jeune succube. Son don sur les Ténèbres avait un naturel surprenant, surtout dans une famille qui n'avait compté aucune magicienne ... l'intérêt grandit dans les prunelles vagues d'Iblîs, quand il reçut le papier craquelé au creux de sa main.

Intérêt qui tourna rapidement à l'indignation à l'ouïe des dernières paroles de Sappho.

"Par toutes les ombres d'En-Bas!" fulmina l'homme noir, "s'il y a bien une chose que je serais ravi que tu évites, c'est de m'appeler Grand-père!!"

Grand-père !! Pourquoi pas pépé, non plus, pendant qu'on y était? Il fallait bien reconnaître que s'il appréciait certains traits des mortels, le sens de l'humour était l'une de leur plus déplorables inventions. Et bien entendu, à force de s'accoupler avec tout ce qui bougeait, les Succubes avaient fini par s'habituer à cette innovation. Tout en grommelant dans sa barbe quelques adjectifs contraires à la politesse (expression purement rhétorique puisqu'il était né et mourrait sans le moindre poil), Iblîs posa l'index sur le sceau de cire qui fermait le parchemin. D'une flexion de volonté, il s'accorda au cachet apposé par Alouqua, y reconnut sa trace familière, et leva les runes qui le protégeaient. Le sceau s'envola en poussière, sans un bruit. Lentement, le démon parcourut le parchemin. Une première, puis une seconde fois. Puis le replia, silencieusement, avec application. Un instant, il parut perdu dans ses pensées, puis finit par secouer la tête.

"Déterrer les cadavres du passé n'est déjà pas une bonne idée. Mais quand ces cadavres s'apellent Seth, l'issue de tout ceci m'est cachée. Il semblerait que tu aies raison, infante : il y a peu de chances qu'on revoie ta mère un jour. Tiens" - et le parchemin fut lancé à Sappho, en haut de son rocher - "je suppose que c'est son testament, temporaire ou pas. "

Lentement, Iblîs se rassit au pied du roc, exactement deux mètres en dessous de l'infante diabolique. Au creux de sa main blanche, une petite flamme noire vint danser, se parant de reflets irisés. Tout en la contemplant, la voix du démon monta jusqu'à Sappho.

"Et toi, qu'est-ce que tu as en tête?"

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Sappho
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MessageJeu 18 Juin 2009 - 21:32

" Ah bon ? Tu préfères Pépé alors ?"

Grand sourire narquois avait parlé. Avec ce sérieux caractéristique des enfants innocents. Ou plutôt, cette imitation de sérieux. Après avoir trainé Iblîs, le Marcheur d'Ombre, par la manche comme un vulgaire démon commun, et en être sortie vivante, Sappho pouvait bien s'amuser un peu. Et elle n'avait ni la sagesse de Lilith, ni la retenue d'Alouqua. Autant dire qu'elle ne posait aucune limite à ses fantaisies... Habituellement. Mais voilà, lorsque l'être de ténèbres plongea dans la missive parcheminée de sa mère, elle ne put que faire silence, et attendre. Mais l'impatiente succube ne savait pas patienter. Elle montrait en effet tous les signes d'un gamin exigeant : les yeux ouverts comme des soucoupes, une main jouant dans ses cheveux, et ses petites dents mordant sa lèvre inférieure. Autant de gestes puériles et inutiles pour exprimer son impatience.

Mais cela ne servirait à rien, et elle dut attendre le verdict du grand-père. Auquel elle ne comprit pas grand chose en vérité. Ce n'était pas son histoire, c'était celle de Lilith et d'Alouqua. Tout ces mots, ces noms, lui étaient pratiquement inconnus. Que venait faire Seth dans cette histoire ? Seth, le sorcier de l'Armée des Ombres, aux côtés de Lilith et de Baal... Pourquoi en parlait-il ? Pourquoi aurait-elle raison ? Sappho ne trouva les réponses qu'après avoir lu le parchemin écrit de la main de sa mère... deux fois. Partie... tuer Seth ? Sappho doit rester aux Enfers d'Elament ? Avec ce Raziel ? C'était vrai, on aurait dit un testament, ou un fragment de testament. Et puis, que voulait-elle dire à propos de son géniteur ? Sappho ne s'était jamais posée cette question : pour faire simple, retrouver son père parmi toutes les conquêtes d'Alouqua, c'était comme chercher une aiguille dans une motte de foin ! Impossible, à moins qu'il ne s'agisse d'un démon connu...

Emmêlée, embêtée, remuée, Sappho eut du mal à répondre immédiatement à Iblîs... Oui, qu'avait-elle en tête ? Elle ne pensait pas rester longtemps à Elament, juste quelques mois, le temps de donner toutes ces lettres puis de repartir à la recherche de divertissement... Mais là, sa mère lui offrait autre chose, un nouvel héritage : une vie aux Enfers d'Elament, une introduction directe sous les ordres de ce dénommé Raziel (ne lui devait-elle pas une lettre, à lui aussi ?) : une véritable aubaine ! Mais voulait-elle vraiment qu'Alouqua dirige ainsi sa vie, sa destiné ? Elle avait, un temps, désiré une présence maternelle, mais plus à présent. Devrait-elle partir ? Elle avait bien d'autres questions à poser avant...


"Là tout de suite ? Un sacré mal de crâne..." Elle regarda encore le parchemin, et ajouta " ce Seth, il est si puissant ? Pourquoi qu'elle a fait ça alors... je comprends pas... c'est un suicide ?"

Objectivement, c'en était un. Mais Sappho n'ayant jamais été une grande érudite, elle ne connaissait guère les aptitudes de tous les démons de toutes les armées de la Guerre des Éléments. Mais si ce sorcier était si puissant, alors son instinct de survie aurait dû la dissuader de s'y frotter : fuir n'était pas une honte chez les démons, la vengeance n'était pas monnaie courante... Pourquoi alors ? Iblîs le savait-il seulement ? Lui dirait-il ? Elle ne voulait pas s'impliquer là-dedans, c'était pas ses oignons, mais ceux de sa mère... En même temps, c'était troublant...

" C'est... bizarre... Je sais plus trop quoi faire là... Je voulais pas rester ici en fait... Mais ça dépend : y'a beaucoup de prisonniers dans les Enfers ? J'aime bien jouer moi... " alors qu'elle disait cela, sa décision était sans doute déjà prise au fond d'elle-même, et c'était avec naturel et détermination qu'elle rangea le parchemin comme elle l'avait fait apparaitre. "Hum... Maintenant que j'y pense, t'as une idée sur l'identité de mon géniteur ? Apparemment, maman pensait que tu pourrais le deviner... "

C'était étrange d'entendre parler d'Alouqua comme une "maman", c'était comme une autre Alouqua... Bien sûre, pour Sappho, c'était plutôt l'inverse : elle ne connaissait de cette succube qu'une mère mystérieuse mais tendre, et ignorait tout de son histoire ici ou avant.

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Iblîs Nemrodus
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MessageVen 3 Juil 2009 - 7:37

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Sachant que cette gamine était l'un des rares êtres au monde avec qui il n'aurait jamais le dernier mot, Iblîs préféra ignorer royalement sa dernière pique. Il se contenta de laisser Sappho lire à son tour le parchemin, tout en fixant la flamme qui dansait au creux de sa main, les yeux plissés par la réflexion. Au sortir de ses plusieurs mois de sommeil, il aurait besoin de beaucoup de réflexion pour reprendre le fil des évènements.

Vint la question de l'enfant succube. Seth! Iblîs émit un rire grinçant en se remémorant son ancien compagnon, le turban qui ne le quittait jamais, les trois corbeaux qui l'accompagnaient en permanence, les yeux verts brûlants dans la fente du tissu. Personne n'avait jamais regardé quel genre de visage se dissimulait sous l'étoffe qui le recouvrait. Mieux valait d'ailleurs ne pas s'y risquer : Seth était un sorcier aux pouvoirs exceptionnels et débordait d'inventivité pour leur trouver des applications barbares. Mais la raison qui faisait de lui le plus dangereux du trio était son intelligence. Sur ce plan-là, il faisait probablement jeu égal avec son supérieur. Il avait probablement prévu la révolte de celui-ci et agi en conséquence, probablement des mois avant les évènements.

"Seth le Sorcier? Même moi, à présent, je prendrais soigneusement mes précautions, si je devais me frotter à lui."

Le Démon se leva et s'étira, laissant la petite flamme de sorcellerie s'envoler, grésiller un instant puis disparaître, n'étant plus nourrie par la volonté de son créateur. Autour d'eux, la nuit était toujours noire. Erkios avait disparu, probablement retourné à ses propres occupations. Il prêta l'oreille à la nuit, étendant ses sens dans l'ombre qui les entourait, afin de vérifier si personne ne se trouvait aux alentours. Non - rien, rien que les mille vies grouillantes de la Forêt Darke, une chouette qui volait au-dessus d'eux, un Démon noir et une enfant qui ne se lassait pas de poser les questions. Celle à propos des prisonniers resta sans réponse, Iblîs n'y répliquant que par un haussement d'épaules. A la suivante, en revanche, il se retourna et leva la tête pour regarder son interlocutrice. Il venait de noter qu'elle avait également quelque chose de très différent de sa mère et grand-mère. Là où elles avaient été calculatrices, elle était simple, presque candide, alliant à sa noirceur une touche d'ingénuité enfantine.

Attendrissante??? Vous l'avez bien regardée? Non, Sappho n'avait rien de mignon - mais démone ou pas, il lui restait quelque chose de l'enfant.

"Réfléchis une minute. Alouqua n'a jamais été très attachée à ta grand-mère, donc les histoires du passé ne seraient pas suffisantes pour la motiver à aller se jeter dans les griffes de l'un des démons les plus dangereux que je connaisse. Si elle est allée voir Seth, c'est qu'elle s'est rendue compte qu'elle avait des raisons de lui en vouloir. Et alors que ça fait des siècles qu'elle en aurait l'occasion, elle n'a réalisé ça que quand tu es apparue sur la scène. Ajoute à ça que tu es la seule vraie magicienne de la lignée, ça ne te donne pas des idées?"

Iblîs se tut pendant une seconde. Sappho était encore très jeune, n'ayant pas encore le réflexe de réfléchir aux situations en assemblant toutes les informations à la manière d'un grand puzzle, puis en déduisant la forme des pièces manquantes à partir des autres, et ainsi de suite. Mais elle n'était pas stupide. Elle conclurait elle-même le raisonnement. Savoir si elle apprécierait l'identité de son "géniteur", 'était une autre affaire, et ça, Iblîs s'en moquait. Il est inutile de porter un jugement sur le passé, car tous les voeux du monde ne le feront pas changer d'un pouce. Seul l'avenir importait, et c'était déjà à cela que le Démon s'occupait.

"Maintenant, descends de là et viens. Nous avons une longue route cette nuit."

Sans donner à la succube l'occasion de le contredire ou de lui demander quoi que ce soit, Iblîs lui tourna le dos et replongea, de son pas glissé, vers les profondeurs de la Forêt Darke.

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Sappho
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MessageVen 3 Juil 2009 - 22:10

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Niveau "rire diabolique", il était pas mal non plus dans son genre... Bon d'accord, ça lui donnait presque froid dans le dos en vérité. Sa noirceur semblait infinie, s'insinuant dans chaque être vivant aux alentours, rendant l'atmosphère plus pesante que jamais. Elle, petite Sappho, n'était qu'un point, un insecte ténébreux, au milieu de cette immensité profonde. Le pire, c'était qu'elle s'en rendait compte, et c'était plus qu'énervant. Alors imaginer que Seth le sorcier était sans doute aussi puissant, aussi sombre qu'Iblîs... c'était quelque chose de très abstrait pour la jeune succube, comme les notions d'infinité. Elle ne saisissait pas très bien le concept, elle ne pouvait qu'imaginer. Non pas qu'elle manquât d'intelligence, mais certaines choses sont sans doute hors de portée des enfants.

En tout cas, cette affirmation ne faisait qu'ajouter à son malaise : pourquoi ? Son instinct d'enfant avait repris le dessus, elle voulait savoir, la petite curieuse, oh oui. Une partie plus froide et démoniaque lui disait que le passé, c'était le passé, et qu'on en avait vraiment rien à faire. Cependant, autant Alouqua qu'Iblîs l'avaient intriguée. Et maintenant, elle voulait une réponse. Non, des réponses. D'abord, pourquoi sa mère était partie tuer Seth, puis qui était son père. Petite Sappho ne pouvait savoir que ces deux questions étaient liées.

Perdue dans ses réflexions, elle ne prit pas la peine de répondre au démon des ténèbres, à moins que l'on considère sa moue surprise et ses sourcils froncés comme une réponse bien sûr. Mais quand Iblîs parla à nouveau, elle écouta attentivement, et prit cela comme une devinette. Toutes ces informations... Seth... Raison suffisante... Son apparition... Ténèbres... Seth... La conclusion ne lui vint pas immédiatement. Mais rapidement, elle dut bien assimiler ce constat : si Alouqua était partie tuer Seth, c'était bien pour une raison personnelle, mais dans son présent, et non dans son passé. Elle avait donc quelque chose contre lui... Or, Alouqua venait de la reconnaitre comme sa descendante, de plus, elle était la première succube de la lignée de Lilith a utilisé les ténèbres, avec un naturel déroutant. Seth était bien, à l'instar d'Iblîs, un concentré de magie ténébreuse à lui tout seul... Donc, si Alouqua voulait se venger, c'était pour l'avoir... hum, passons les détails, mais disons que cette union ancienne (avant qu'Alouqua ne devienne un vampire), ne s'est sans doute pas faite avec le consentement de la succube. N'allons pas jusqu'à parler de viol, car violer une succube, ça sonne un peu faux, n'est-ce-pas ?

Et le fruit de cette union c'était elle, Sappho. Son père, c'était Seth. Seth le sorcier. Seth le sombre. Au final, tous les Généraux étaient enfin réunis. Baal, Lilith et Seth ne formaient plus qu'une seule et même entité démoniaque : Sappho. Sa réaction fut d'abord de la colère. Pourquoi ? Une colère, non un caprice : ses deux parents étaient sans doute morts. Mais rapidement, cette calère devint une certaine fierté envers ces puissants démons qui formaient son arbre généalogique.


"Alors... Mon papa c'est... Seth ? Seth, le sorcier...? Incroyable..."

Et pourtant, elle n'appelait aucune réponse, c'était presque une affirmation. Comme avec Alouqua, dire que Seth était un "papa" sonnait encore plus faux, comme un piano désaccordé. Mais pourtant, il fallait le croire, petite Sappho, oh oui, il fallait le croire... Et elle sourit, béate, avant de sautiller, gaie comme un pinçon, suivant Iblîs le sombre vers la noire forêt, sa sucette dans la main. Elle demanda soudain :

"Mais où on va ? On arrive bientôt ? T'aime bien ma sucette ? C'est un cadeau de maman ! Et puis d'abord, comment Seth a-t-il fait ... ? Hihihi j'ai vraiment plein de questions ! "

Un véritable moustique qui vous asticote pendant des heures, mais que vous n'arrivez jamais à avoir. Enervant pas vrai ? Eh bien, imaginez que le moustique soit une gamine. Voilà. Alors Sappho le moustique asticote Iblîs, alliant paroles et gestes, ainsi, elle lève sa sucette juste devant lui, ou bien elle agite ses petites mains sous son nez, et même elle tire sur ses vêtements. Décidément, elle n'est pas prête de le lâcher son Pépé.

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Iblîs Nemrodus
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MessageDim 19 Juil 2009 - 23:12

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Côte à côté, Iblîs et l'enfant succube cheminaient dans les pistes de la Forêt Noire. Ignorant les quelques chemins forestiers, ils cheminaient en ligne droite - et sous les feuilles, les prunelles scintillantes des habitants des lieux suivaient ces passants inhabituels avec méfiance. Il est d'ordinaire risqué de se trouver la nuit sous les branches, car l'immense forêt est emplie de choses et d'êtres dangereux. Sans être liés aux démons, de nombreuses plantes et bêtes de la région semblaient avoir été frappées par des changements étranges, créant nombre d'espèces normalement impensables dans le règne animal et végétal. Peu pouvaient être qualifiées de plaisantes, l'immense majorité était carnivore, certaines même présentant un danger pour les démons en personne. Une ancienne malédiction planait, disait-on, sur la Forêt Darke toute entière...

Mais cependant, ceux qui avançaient au creux des ombres ne craignaient pas ces dangers. Non parce qu'ils étaient redoutables au sens primaires du terme. Tout être possédait ses prédateurs naturels. Le Grand Cerbère lui-même, l'un des fauves les plus redoutables jamais nés, capable d'inquiéter même un Démon Majeur, avait ses propres craintes - les hordes de minuscules Dévoreurs qui ne laisseraient rien de lui. Iblîs n'échappait pas davantage à la règle - il existait, en vérité, des certaines créatures qu'il faisait tout pour éviter. De même en était-il pour tous, sans exception. Mais chaque être possède aussi son fief, un environnement où il se sent à l'aise, protégé et renforcé. Au milieu d'une éruption volcanique, un Ardent ne craint rien ni personne; en plein ciel les Aigles et les Aeras sont rois; au coeur du brouillard ou sous la pluie battante, peu de fous oseraient s'en prendre à un magicien de l'eau. De même, en pleine nuit noire sous les feuillages, les créatures sauvages évitaient instinctivement les utilisateurs des Ténèbres.

Aussi ceux-ci pouvaient-ils se livrer à leurs occupations habituelles, surtout en ce qui concernait Sappho, particulièrement en forme cette nuit-là. Etait-elle émoustillée par ce qu'elle venait d'apprendre? Elle débordait d'énergie, bombardant son guide de questions. Celui-ci, imperturbable, se contentait de l'ignorer ou d'y répondre parfois d'un mot bref, à moins que la question ne retienne son intérêt. Néanmoins, son ton devenait plus sec qu'habituellement, signe que même la patience acquise au bout d'une très longue vie n'est pas suffisante pour supporter une pesste du calibre de Sappho.

"Si tu tiens à le savoir, ta sucette est affreuse. Et à propos de savoir comment Seth a mis ta mère enceinte, je doute que tu aies besoin que je t'explique ... oh, à moins que tu sois trop jeune pour avoir eu les habituels loisirs des succubes..."

Sur cette provocation, le démon s'arrêta au milieu de la clairière qu'ils traversaient, ignorant les sautillement de sa compagne de route. Il cherchait à se repérer - non en guettant un chemin possible, mais plutôt tentait d'écouter quelque chose dans le silence de ces deux heures du matin. Pour les sens d'Iblîs, ce que les mortels nommaient "perception magique" ou aura s'apparentait d'assez près à l'ouïe. Et pour cette raiosn, le bavardage continu autour de lui l'agaçait de plus en plus.

"Tu verras bien où on va. D'ailleurs, Sappho, une autre chose importante ..."

Iblîs joignit les mains et marmonna quelques incantations. Au creux de ses mains, une sorte de bulle de matière noire commença à apparaître, gangant sous les incantations du démon consistance et réalité. Elle n'était pas bien volumineuse, de la taille d'une petite orange. Mais les Ténèbres n'étaient pas seulement l'absence de lumière. Celle-ci était leur forme première, naturelle, presque innoffensive. De la même façon que les Elémentalistes pouvaient tisser leur don de différentes manières, les sorciers des Ténèbres pouvaient les condenser jusqu'à les changer en matière. Les plus expérimentés pouvaient même manipuler les propriétés physiques du matériau obtenu, et c'était exactement cela qu'Iblîs était en train de faire.

"... tu parles trop."

Sploc! Vif comme l'éclair, le visage toujours aussi impassible, le démon enfourna dans la bouche de la bavarde la substance qu'il venait de tisser.

La scène fut aussi rapide que grotesque, résumant assez bien l'expression "aux grands maux, les grands remèdes". Tentative d'empoisonnement? Non - de toute manière, les succubes contrôlent déjà naturellement leur métabolisme de manière assez efficace, et ceux doués d'un don de sorcellerie comme Sappho sont immunisés contre les Ténèbres. En fait, la substance devait avoir pour elle une agréable saveur, assez proches des sucreries. Le piège était la consistance. Tous les enfants ont expérimenté un jour que mordre à pleines mâchoire dans du caramel pouvait se révéler assez problématique. Assez semblable par le concept, le "chewing-gum" fourni obligeamment par Iblîs était cent fois pire. Collant à la peau, aux lèvres, à la langue, vous empâtant les dents comme une véritable colle impossible à retirer, il réduisait Sappho au silence aussi efficacement qu'un baîllon.

Si elle était aussi maligne que son père, elle finirait par trouver la façon de s'en débarasser... mais Iblîs avait pris soin de sadiquement compliquer le sortilège. A part les gesticulations de la gamine, il disposait certainement d'une bonne heure de tranquillité. Il prit donc son temps pour retrouver la note étrange qu'il suivait depuis leur départ, avant de se remettre en route. Ils cheminèrent donc en silence (relatif) quelque temps, s'enfonçant vers le coeur de la forêt. Finalement, le démon reprit la parole.

"Ta mère m'a demandé de te conduire aux Cours des Enfers, à un seigneur nommé Raziel. Mais vois-tu, il n'est pas temps - pas encore. Pour entrer à la Cour, il te faut la Force, le pouvoir. Dans quelque temps, si tu le désires, je t'apprendrai à maîtriser ton don de sorcière... Mais avant, j'aimerais que tu rencontres quelqu'un d'intéressant ..." - et les lèvres d'Iblîs s'étirèrent en son sourire de sphinx. "Oui, oui, de tout à fait fascinant..."


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Sappho
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MessageDim 2 Aoû 2009 - 16:23

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Parler avec Iblîs c'était comme s'adresser à un mur. Du moins, c'était la conclusion hâtive de la gamine. Et pas n'importe quel mur : un mur de prison. Elle pouvait gesticuler dans tout les sens, hurler sous son nez ou encore danser autour de lui, qu'il ne cillait pas, ou alors il répondait laconiquement. Elle pensa un instant que danser nue devant lui aurait des résultats... Mais à la réflexion, non. Finalement, même une statue serait plus réactive. Et puis, ça pourrait être pire. Elle se trouvait tout de même dans un lieu apaisant pour un démon. Les ténèbres épaisses qui les entouraient étaient la plus douce des couvertures, d'immenses piliers soutenaient un plafond de verdure sombre, les branches étaient comme des bras tendus pour vous enlacer...

Mais trêve de poésie, car enfin le Faucheur avait réussi à aligner plusieurs mots les uns à la suite des autres ! Cependant, elle n'eut pas le temps de le lui faire remarquer, car elle était vraiment triste qu'il n'aime pas sa sucette. Sa sucette ? Non, son arme, son héritage, son présent de sa maman... Souvent, les enfants s'accrochaient à des objets, parfois sans valeurs, seulement parce qu'ils avaient appartenu à des êtres chers... Bien que dénuée de sentiments "bons", Sappho restait une gamine, et tous les enfants cherchaient leurs parents au fond d'eux-mêmes. Elle ne l'avouera sans doute jamais, mais elle y tenait comme à la prunelle de ses yeux, à sa sucette. Son arme. Sa défense. Elle jeta un regard noir à Iblîs, qui en plus insinuait qu'elle ne connaissait rien aux pratiques des succubes. Elle tira la langue avant de répondre, acide :


" D'une, ma sucette, elle est très jolie, et puis c'est un cadeau magique, mais comme t'es méchant, je te le montrerai pas. De deux, moi au moins, je suis capable de le faire... Et je te dirai pas non plus si je l'ai fait !!!! "

Elle termina en hurlant presque tandis qu'ils étaient arrêtés. Une véritable harpie, cette naine. Et puis tant qu'elle y était, elle rajouta, sur un ton impatient :

" Et tu peux me dire où on va ? J'ai mal aux pieds, je suis fatigué, quand est-ce qu'on arrive !!? " Il lui répondit enfin, et allait lui révéler quelque chose d'important... " chouette, c'est quoi ? c'est quoi ? Oooh c'est beau ! Mais à quoi ça sert ?... " 3 " Iblîs... Qu'est-ce-que..?" 2 " Hum, attend, j'vais me taire, promis ! Noooonn ! " 1 !

Choquée, elle referma sa bouche, et croqua dans l'étrange substance... Bien mal lui prit, car la mélasse se colla dans toute sa bouche, ses dents, sa langue et son palais ! Pire que du caramel mou ! Elle essaya désespérément de tirer dessus avec ses mains, mais c'était douloureux... Elle tournait sa langue dans tous les sens, et continua ses tentatives les yeux écarquillés. Elle marchait tout en jurant - même si ça ressemblait plus à des grognements -, et en serrant les poings... Que faire ?

Et puis maintenant, c'était tellement silencieux... D'un ennui mortel ! Comment se défaire de ce truc ? C'était un sort, à n'en pas douter, il devait donc y avoir un contre-sort... Elle était cependant gênée dans ses pensées par le goût doux et sucrée de la matière ténébreuse... c'était si bon ! Mais jamais elle n'en demanderait à Iblîs, au pire, elle lui demanderait le sort... Hum, ou elle en était déjà ? Ah oui, contre-sort. Tandis qu'elle passait tous ses sorts en revue - c'était assez maigres en vérité -, Iblîs la renseigna enfin sur la destination de ce périple : un inconnu intéressant ? Bah, c'était mieux que rien... Mais enfin, pourquoi avoir attendu qu'elle ne puisse plus commenter pour parler ? C'était un comble ! Pff, il devait aimer les monologues en fait...


" E gwi ? " C'était tout ce qu'elle pouvait émettre comme son pour demander qui était cette fameuse personne...

[ Suite : Une... deux... trois...]

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