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 Tarasque Nocturne

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MessageVen 23 Jan 2009 - 2:39

Chaque pas était lourd. Le son mat et régulier de quatre énormes pattes foulants le sol se répercutait dans l’atmosphère cendré des monts décharnées... des nuages, nués noirâtres, venaient s’étendre dans l’air, une odeur de souffre et de feu suivant la progression lente et menaçante de l’énorme bête. La saleté s’enlisait dans la fourrure drue, pénétrant les blessures maladives et suintantes du corps à trois têtes. Aveugles et baveuses, les extrémités pensantes réduisaient avec la facilité du monde, les arbres calcinés, vestige de quelques siècles passés.
Le souffle régulier et pesant de la créature bordait la nuit d’un effluve de cadavre endurcit. Perché au sommet de ce corps immonde, à la longue queue rêche et dure, se trouvait une silhouette baignée dans la cruauté de sa nature. Tel le maître et la monture, les deux corps suivaient de concert un chemin tracé par l’usure. Leurs deux paires de yeux baignées dans une noirceur égale, la brillance de leur lucidité, voilée par les nuages poussiéreux de leur marche, s’entrechoquaient contre la cruauté évidente de leurs traits.

Le craquement des branches sèches résonnait en tout lieu… les doigts enfouis dans la crinière écoeurante de son compagnon, l’elfe noire, si c’en était bien une, ne semblait pas souffrir de l’écoeurante odeur qui s’en échappait, l’énorme rat exhalent un parfum moisi, maladif. Les pieds ferrés de la demoiselle aux allures métalliques s’appuyaient sur la nuque des crânes aveugles, donnant une impression de domination, et malgré tout ceci, et cela, ce qui attirait l’attention…

L’animal avait un poitrail, musculeux, d’une taille incroyable. Les craquelures de son corps prenaient des proportions démesurés aux niveaux de ses membres inférieurs, et ses pattes, recouvertes de sang, étaient surmontés de griffes si grosses, qu’il en fallait de peu pour qu’elles vous découpent en deux d’une seule pointe, transperçant les torses, défonçant les corps. De devant et de derrière, il en régnait quelques restes, entre ses armes naturelles, de chair et de peau morte qui n’appartenaient à aucun d’eux. Parfois, quelques amoncellements de cheveux s’ajoutaient ça et là…
Et par la nuit sombre, tout aussi dénudé de lumière que le paysage, ne filtrait aucune lueur lunaire sur les deux corps pairs.

Il faisait froid… on s’attendait presque sans surprise de voir surgir des plais du rat, quelques verres blancs et gluants, gras et repus. Pourtant, aucun insecte, aucune charogne ne semblait tenter par cet appétissant sac de viande en décomposition.
Calme et pensive, mais surtout surmontés de crocs, la tête du milieu scrutait les environs sans prendre garde à ses deux comparses, ils avaient faims. Ils avaient toujours faims… ses énormes babines s’étirant dans une grimace de dépit, la carcasse raide de la demoiselle continuait à caresser le crasseux poils, ses yeux vides, pour l’heure, semblaient plongés loin au devant, la férocité de ses traits accompagnants l’allure de sa colosse moitié, sans vie…

Dans un soupire, plus de grognement que d’air en sortit d’ailleurs, elle se lécha bien les lèvres une ou deux fois, mais les parties de son être, parfois dénudés, réclamaient quelques entrailles chaudes et goulus comme souper… les tresses de la démone se balançaient dans son dos, comptant les secondes qui les rapprochaient peut être d’un but ou d’un échec, sentant écoutant les bruits environnants, bien que pour les êtres moyens, on n’eut perçus que celui des deux voyageurs…

Ils s’arrêtèrent.

Un trou, grand et large, composait la suite du chemin. Devait-il y avait quelque chose de particulier, ou ce n’était qu’un autre aspect de se paysage hospitalier? Ils sentaient aux plus profond d’eux-mêmes que cet endroit avait abrité des lits d’eaux, et la répugnance toute instinctive à l’égard de traverser les fit hésiter quelques secondes… d’un bon qui lui permettait sa taille, le monstre, d’une agilité repoussante par comparaison à son corps, se retrouva au fond de ce qui semblait avoir été jadis un grand bassin d’eau, ou devait sûrement y avoir eut quelques bancs de poissons appétissants, frétillants. Les deux têtes reniflèrent l’endroit, y déposèrent des langues chaudes et visqueuses, cherchant, analysants.

Rien. Des cendres, de la terre craquelée, de la poussière.

D’un soupire qui souleva un nuage, cet étrange cerbère reprit sa route, laissant la marque de ses pieds, provoqués par son poids, là où avait atterrit toute sa masse.
Le bruit d’une armure mal graissée résonna, détonnant, quand la silhouette féminine se tourna vers l’arrière, observant le chemin franchis, alors que ses yeux prenaient enfin vie, la couleur de leur rouge donnant l’impression que sa conscience venait de se réveiller, alors que ses oreilles pointus se relevèrent avec silence et rapidité, sa posture tout en hostilité accompagnant un grognement qui venait de s’échapper.

Qui, quoi? Qu’est-ce?...

D’un geste lent, elle mit le capuchon du manteau de Kish sur sa tête, reniflant l’odeur de son ancien maître comme si ce put la rassurer, bien que son décuplement bestiale fut tout aussi happée par le changement d’air… sa queue se mit à fouetter de droite à gauche, accentuant les élans brunis de l’air, effaçant avec le vent provoqué les traces de ses dangereux pas, brouillant peut être leur opulente vision…
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MessageJeu 29 Jan 2009 - 17:53

Rien que de la terre.

Rien pour manger. La terre était sèche et noire. En cette nuit où la lune n'éclairait que faiblement Labiatta erraient dans les Monts. Elle n'avait pas besoin de voir grâce à la lumière, la lueur des âmes lui suffisait amplement. Des souris, des mulots... Quelques belettes cherchant les précédents, rien ici, qui ne ressemble de près ou de loin à un humain mis à part l'une de son incarnation.

Labiatta commençaient à sentir son estomac se nouer. Certes l'animal n'avait plus besoin de manger car après-tout un squelette n'en a plus besoin. Mais l'humanoïde si. Encore heureux me direz vous, ses dégâts restaient minimes, la lézarde aurait volontiers mangé trois ou quatre humains, mais le fait est qu'il n'y avait plus d'estomacs pour loger la viande, il n'y avait plus de muscle ou de tissus mous réclamant du sucre pour vivre. Non plus rien, rien que du calcaire et du calcium : des os. Parfois la lune éclairait l'étrange duo et alors brillait une gemme, encastrée dans le crâne du lézard. Crâne qui, semblait-il, était en équilibre précaire sur les fines vertèbres qui se prolongeaient en une colonne vertébrale imposante, supportant les omoplates, les côtes ainsi que le bassin. Les pattes avant paraissaient elles aussi fines et légères, plus que les os des pattes arrière, de ce fait la créature semblait toujours penchée en avant, les épaules, ou ce qu'il en reste, saillant vers le ciel. Mais ici même, entre ces épaules massives se logeait, volontiers, l'autre de Labiatta.

Petite, menue, rachitique... Ridicule humanoïde, selon les hommes, elle n'était pourtant pas moche, elle ne manquait pas de charmes ou de courbes, ses oreilles pointues rappelaient celles des elfes, ses longs cheveux blonds aussi... Mais ces yeux, ces grands yeux jaunes, fendus en deux par une pupille qui n'était ni humaine, ni elfique. Ses yeux toujours hagard, curieux et observateur... Espion. Une autre gemme brillait à son cou, symbole du lien entre les deux corps si différents. Ce collier se transformait peu à peu en une étrange armure à l’allure draconienne, après tout autant être lié jusqu’au bout n’est-ce pas ?

Pousser une pierre sur le coté, vérifier qu’il n’y a pas quelque chose de cacher dessous, un signe aquatique, un humain ? Non rien. Labiatta repartirent doucement, remonter la pente sableuse. Plusieurs fois le squelette manqua de retomber vers le bas, ses griffes ne trouvant aucune accroche à travers les cendres du sol. Quelques racines, d’arbres morts il y a bien longtemps, leurs permit de finir l’ascension.
Un massage rapide et presque naturel de l’humanoïde sur les étranges cornes de l’animal et Labiatta se redressèrent.
Prêtes à repartir mais non, la lézarde tourna la tête vers la droite, l’humanoïde suivit le mouvement l’aperçut au loin. Étrange monture, le cavalier était à peine visible. De là où elles étaient rien ne donnait envie de s’approcher de l’étrange créature, mais voilà Labiatta ont un bien vilain défaut : la curiosité.
D’un commun accord muet, elles tentèrent une approche. Doucement, sans gestes brusques. La lézarde s’approcha, bientôt elle purent distinguer les détails. Le rat était bien grand, plus que Labiatta, mais un détail qui n’en était pas réellement un interpella la drewoor : une humanoïde juchée sur une créature.
L’humanoïde sourit, était-ce une autre de leur race ?
Comme l’homme au cheval ?Labiatta se souvinrent de leur rencontre avec l’étrange cavalier, mais surtout de sa douce voix.
Restant à distance suffisant Labiatta émit de son humaine gorge un gargouillement qui, à s’y méprendre, ressemblait plus à un gazouillement.
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MessageJeu 29 Jan 2009 - 20:22

Au travers l’ombre des monts et de son capuchon, le côté femme de Torn fixait de toute la grandeur que pouvait posséder ses yeux rouges 00la créature. De leur personne, il n’y avait aucune lumière qui éclairait leurs corps, aussi, cessant de fouetter l’atmosphère, la masse du Rat se tournant en couvrant une légère distance, les têtes chercheuses qui l’entouraient venant flairer de tous les côtés, leurs crocs en quête de chaire.

La dame à la peau noire se pencha sur la tête de sa moitié, déposant son menton sur le début de son front, et d’un mouvement léger de ses pieds ferrés, incitant les deux couvres chef à se calmer… au contraire de la chose qui les avait hélé, la femme de Torn n’avait rien qui put séduire qui que ce soit. Qu’importait son physique, car s’écoulait de sa personne quelque chose de vénéneux, de froid… du reflet de ses yeux, on pouvait découvrir la silhouette squelettique de la Drewoor, face à elle.

Détaillant sa maigre carcasse, ils se dirent que la lumière qui les couvrait, faisant luire os et peau, ne devait pas être agréable. Des créatures qui se laissaient ainsi inonder, que ce fut de la lune ou du soleil, ne devait sûrement pas être de leur côté. Encore qu’ils fusent assez étrange qu’une ossature de ce type et qu’une femme de cette allure fut normale… du moins de ce qu’ils avaient vue des animaux de ce monde.
Et puis, pour Torn, la normalité n’était pas un concept existant. Pour l’heure, il n’y avait que le moyen d’étancher leur faim qui importait… ami ou ennemi, tant que ce fut comestible.

L’étaient-ils?

Hirsute, la demoiselle releva un peu la tête… laissant le son de son armure s’échoir contre le vide de la végétation locale, et grogna en réponse.
Dans le creux de ce lit d’eau asséché, ils n’osèrent approcher, la lumière un peu trop vive aux goûts des protagonistes.

L’odeur de la terre ne cachait pas, cela dit, l’effluve consanguine, il y avait quelque chose de pourrit. Le squelette? Le rat? Les deux…
Torn n’avait pas grand sens de la communication, ses interactions avec les autres êtres vivants se jouant surtout sur l’invocation de la faim et de la destruction.

Le cerbère jaugeait le lézard… il lui semblait y voir que des cures dents, mais le colosse squelette ne lui disait rien de bienveillant, en soit, rien qui put le nourrir. Cela dit, sa compagne…
Ses trois paires de narine se dilatèrent, flairant son odeur avec nostalgie. Il y avait de la viande, chez cette demoiselle ci.

Imitant la femme aux cheveux blonds, Torn dame sourit à son tour, sans démontrer ses dents, mais la noirceur de ses lèvres s’étira, entrecoupant les idées qui mijotaient dans la tête de sa monture du moment… et si… ils chassaient pour de bon?

Assez d’observation! Assez!

Sans se presser d’avantage, ils se mirent à avancer avec lenteur vers ce nouvel être…
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MessageMar 24 Fév 2009 - 17:17

La réponse avait tardé. Labiatta avaient même pensé rebrousser chemin, qu'elles s'étaient trompées.Qu'ils n'étaient rien d'autre qu'une illusion d’un possible gobelin ou autres incarnations démoniaques.
La lézarde avait posé une patte vers l'arrière pour se détourner, mais un léger grognement l'arrêta. Tendant les oreilles, Labiatta écoutèrent fébrilement.
Il y avait eu un son de métal, une armure certainement. Labiatta tournèrent la tête de côté, en même temps, comme pour mieux entendre certains sons.
Labiatta avaient du mal à deviner à quoi ressemblait la créature qu'elles avaient en face d'elles. Elle avait l'air imposante mais l'était-elle réellement ?
Labiatta se sentirent observer, comme si elles étaient sondées… Mais, par quoi… ? Par qui ? Eux ? Pourquoi ? Labiatta inclina doucement la tête sur le coté, étrangement elles n’aimaient pas êtres ainsi observés.

Labiatta savaient qu’elles n’étaient pas jolies.
Mais peut-être, qui sait, que ces créatures ne s’intéressaient pas du tout à son physique mais à autre chose… Pour plus de sécurité Labiatta grogna à nouveau doucement.Un appel en appelant encore un autre, et un autre et encore un autre. Comme une mélopée douce, une discussion de muets, une berceuse avant de dormir. Labiatta se faisaient tendres et malléables. Il ne fallait pas effrayer ou énerver ces créatures. Labiatta ne cherchaient pas à se battre, au contraire. Dans cette région si nouvelle et inconnue pour elles ; il leur fallaient des alliers, des connaissances… Des contacts.
Certes elles étaient deux, mais il y avait cette petite chose au fond de leur âme commune que leur ordonnait presque de prendre contact avec les autres. Comme si, de cette petite chose, de ce contact extérieur, dépendait la survie des consoeurs.

Que pouvaient-elles faire d’autre ?
Juste attendre, un nouveau grognement, un nouvel appel…
Elles ne pouvaient pas reculer, même s’ils avançaient, elles avaient commencé à prendre contact. Ce n’était décidement pas très polie de fuir après avoir commencé. Une petite vieille le lui avait souffler un soir de pluie.
Soupirant la petite marionnette, juché sur les épaules de sa sœur, produisit un nuage de buée. Malgré son cousinage au animaux à sang froid la jeune drewoor n’était pas encore aussi fraîche que cette nuit.
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MessageLun 9 Mar 2009 - 2:24

Les corps de l’être commun avançaient toujours lentement, la femelle répondant avec la même douceur que pouvait lui parler la blonde Drewoor. Les têtes immondes du Rat reniflaient avec autant de discrétion, Torn prenant son temps.
La dame en armure se fit tout de même glisser le long d’une grosse patte qui marchait paresseusement, frôlant la peau suppurante de sa douce moitié du métal qui recouvrait son humanoïde personne. Guidée par la pensée de la partie pensante des deux, elle marcha un peu en avant de la géante créature qui se présentait colossale.

La poussière, comme à l’habitude, montait du sol comme une agréable compagnie noire, s’incrustant partout où elle le pouvait, venant licher, granuleuse, les articulations d’une armure. Le semblant d’elfe noire enleva son capuchon, cela dit, le ventre de Torn grouillant de penser sanglante sous une faim insatiable… malgré tout, l’odeur n’était définitivement pas celle d’un encas, aussi l’idée de croquer dans ce qui semblait être une jeune femme aux cheveux de blés n’était-elle plus vraiment d’actualité.

Cela dit, la curiosité était maintenant de mise, et c’est dans un écart respectable qu’ils s’arrêtèrent. D’un esprit d’action, notre Drewoor avait des interrogations qu’elle ne pouvait pas formuler. Les yeux de la créature fixaient les orbites vides du lézard, les deux têtes annexes la truffe vers le sol, enfin calme.

D’un pas aux airs tranquilles, l’humaine avançait entre les drewars qu’ils étaient, invitants d’un grognement à l’autre d’en faire autant…

D’un autre côté, Torn n’avait aucune idée quoi faire. Ne sachant ni parler et n’aillant pas de contact physique particulier avec les autres, sauf pour les dévorer, il lui était difficile de concevoir quelque chose qui puisse se baser sur une communication pacifique, il lui faudra être observateur…
Peut être pourraient-ils, si une entente il y avait entre eux deux, chasser de concert…
Chose étrange, idée particulière.

Quoiqu’il en soit, l’humaine leva un bras devant elle, paume vers le haut, comme une salutation quelconque et dérisoire. Pourtant, le visage restait dur et froid, les lèvres dans une moue inexistante, les yeux rouges baignant d’une lueur égale à celle de la bête d’égout…
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MessageMer 18 Mar 2009 - 12:13

Labiatta avaient réagit comme un miroir.
Lorsque cette femme en face était descendue de son perchoir la marionnette en avait fait de même. C’était bien une femme, ça en avait l’air. Labiatta étaient aussi en armure, du moins sa partie humanoïde. Un assemblage de rouages, de cerceaux et de boulons, imitant à s’y méprendre à des griffes sur l’une de ses mains. Un casque étrange, ressemblant à un crâne de lézard, l’une des orbite vide cachant le deuxième œil de la blonde. Ses épaules étaient larges, trop larges pour une simple femme blonde. Autour de son cou le fameux collier, lien physique avec son autre moitié, qui elle la portait au front. Son tenue ne se composait que d’une combinaison de maille entourée d’une armure faîtes d’os et de côtes. Ses cuisses n’étaient pas couvertes, proposées à de possibles et éventuelles blessures en combats, mais ses mollets eut étaient très protégés une armure d’écaille les recouvrait, avec sur chaque bout de pieds une griffe de métal.

Labiatta avaient appris à se battre. Elles avaient surtout appris que les gens attaquaient souvent une jeune femme et son lézard géant. Labiatta n’avaient jamais compris pourquoi.
Mais parfois elles regrettaient de porter une armure comme celle-là, notamment lorsqu’il y avait des poussières comme maintenant, alors que la lézarde posait doucement ses pieds au sol pour tenter de soulever le moins de sables et autres parasites rocailleux, cette rate semblait aimer à les déplacer. Mais Labiatta n’en montra rien.
Elle avança jusqu’en face d’elle et regarda la main tendue.

Labiatta tourna la tête un moment autour de cette main. Pas d’arme, pas de griffes plus proéminentes que le reste… Finalement c’était plutôt pacifique. La blonde décida de la prendre. Elles posa donc sa main à plat, de façon a ce que les jointures des doigts soient l’une en face de l’autre. Labiatta avait fait cela avec sa main gauche, celle qui n’avait pas de griffe.
Elle serra ses doigts sur le poignet de l’elfe noir et s’approcha encore.

Elle gazouilla tout en tentant d’établir un semblant de discussion. Cette femme n’avait pas parler, c’était pourtant tellement simple. Les autres posaient les questions et Labiatta répondaient par oui ou par non. Mais qu’allaient-elles faire si ni l’une, ni l’autre ne pouvait parler ? Déjà il fallait vérifier la race de cette inconnue. L’humanoïde s’approcha et renifla l’odeur de cette femme, elle ne sentait pas l’elfe noir, du moins pas l’odeur habituelle de l’elfe, eux sentaient la forêt et l’herbe. Cette femme sentait la mort et la chair en décomposition… Comme Labiatta… Comme Poslan…
La lézarde se mit aux abois et s’agita un instant. La petite humaine s’éloigna legêrement de Torn et commença à faire des signes.

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MessageDim 5 Avr 2009 - 20:34

La main ferrée de Torn se referma sur celle de Labiatta en douceur. Ils avaient comprit le message de la drewar et n’étaient pas près de lui insuffler un semblant de négativité, mais leurs différences étaient si apparentes, Torn était curieux de son physique blond et rocailleux, alors que le sien, humain, était noir et armure. D’un geste léger, bien que la poigne fût ferme, elle approcha la main du corps humain près de son visage et observa les détails de sa peau et de son parfum, l’énorme corps s’approchant par ailleurs du squelette de la demoiselle… faisant à peu près la même chose.

Il n’y avait plus ce côté prédateur, si ce n’est celui de la curiosité qui vrillait maintenant Torn d’un semblant de socialisme. Ils avaient presqu’oublié leur faim, mais l’idée de chasser de concert venait lentement dans l’esprit stratégique de notre Rat. Les têtes sans yeux de celui-ci ne bougeaient plus, mais la respiration constante venait soulever la poussière du sol, seul les yeux rouges du monstre faisaient face aux orbites vides du lézard dénudé de chair.

Mmm…

La femelle remonta ses yeux dans ceux de la seconde, mêlant rouge et bleu sans discernement, laissant filer sa main sous les sons du métal qui la recouvrait de haut en bas. Les lèvres noirs de la femme se soulevèrent sur la ranger de dent carnivore dans un sourire étrange. Labiatta avait, outre son odeur de décomposition, celles de d’autre créature. Avait-elle rencontré des êtres comme eux, à plusieurs reprises ? Torn ne pouvait poser la question, mais retint se détail dans un coin de son esprit, peut être une filature serait de mise, mais avant…
Ils leur fallaient manger.

L’idée de bonne chaire saignante fit rougeoyer les yeux de l’elfe noire et du Rat en même temps. Mmm… Torn eut une idée quelconque, étrange et volatile. L’humaine se tourna vers l’horizon noirâtre de la nuit et reprit la main de la drewoor à son côté… pourquoi ne pas marcher ensemble, après tout? Bien que la vision d’une blonde angélique et d’un être recouvert de métal ne soit pas des plus classique…

Gardant la tête froide, Torn savait que la région était déserte, si ce n’était quelque animal fuyard et maigrelet. Torn détestait la chaire animale… et cette émotion se concrétisa d’un léger grognement du gosier de la femme, alors qu’elle intimait la blonde à faire un pas en avant, question de trouver quelque chose de comestible et de bon, de très bon, des enfants ? Des petits garçonnets, il en faudrait un troupeau pour nourrir la créature qu’était Torn…

Le cerbère se posta au côté de sa douce moitié, attendant la venue… ou le refus du lézard…
Et en ce sens, ils n’avaient pas l’intention d’être désobéis… ils pouvaient toujours, à tout moment, user du pouvoir, ils le savaient…
L’idée d’une confrontation n’était jamais à écarter, à tous les coups.
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MessageMer 20 Mai 2009 - 19:05

Labiatta se laissa faire. La main gantée de l’autre drewoor ne l’effrayait pas, du moins elle ne se faisait pas menaçante. Les blondes observaient sa jumelle de race : Des cheveux noirs, des yeux rouges, une peau noire. Elles avaient déjà vu des créatures solitaires identiques à ce physique, ils s’apellaient drow. Les animaux étaient plus proches, le rat la reniflait, comme elles aimeraient faire la même chose, mais elle n’avait plus vraiment de nerfs olfactifs.
Il était très impressionnant, le cuir souple laissait deviner les muscles saillants et la force brute. Il était plus grand qu’elle, c’était rare, et plusieurs têtes. Vraiment impressionnant.

Lorsqu’elle sourit Labiatta furent légèrement surprise et leur sourirent en retour, ses dents n’étaient pas aussi effilées que celle de son reflet négatif, mais restaient plus pointues que la normale. Dans les rubis de l ’autre drewoor Labiatta crurent discerner une envie qu’elles connaissaient bien : la faim, le désir de la chasse.
Torn l’invitait à la suivre, Pourquoi refuser ; à deux, elles auraient besoin de plus de nourriture ; mais à elles deux, elles chasseraient bien mieux. Et puis cela pourrait être amusant.
Labiatta lâchèrent la main de Torn pour escalader la patte avant de son autre elle. À califourchon sur la nuque osseuse de son squelette Labiatta replaça son masque sur son visage et montra une lueur à l’horizon. On devinait des lumières non naturelles, certainement l’un des nombreux petit village qui entourait Elament.
Labiatta commença à avancer, sa blonde se retournait souvent, vérifiant de leur nouveau binôme suivait. Quelques minutes plus tard les voilà qui galopaient dans les Monts, évitant les étangs et les forêts touffus, précédant la fuite de plusieurs petites créatures, fuyant devant les silhouettes démoniaques.

Labiatta aimaient courir ainsi, le vent fouettant son visage lui donnait l’impression de voler, elle regrettait parfois de ne pas avoir d’ailes, mais bon, tant pis. Elles étaient heureuses dans ces moments et devaient s’en contenter.
Quelques minutes, une heure maximum, elles arrivèrent à côté du village.Ils dormaient tous paisiblement, Labiatta s’arrêtèrent et observèrent le village. Elles avaient le choix : descendre du dos et se nourrir silencieusement, se faufilant dans les maisons sans bruit et égorgeant femmes et enfants ? Ou détruire grossièrement les cabanes et dévorer sans distinction ?
Labiatta signalèrent les options à Torn, autant prendre les décisions à quatre, non ?
Soudain une branche qui craque, un bruit de boutons et du liquide qui coule par terre. Il semblerait d’une créature ai été pris d’une pressante envie naturelle, Labiatta ne bougèrent pas, il était seul, il n’était pas menaçant. Sauf s’il possédait un pouvoir. Labiatta avaient appris que des gens ici, surtout ceux derrière les grandes portes de bois possédaient des pouvoirs étranges, capables de faire naître de l’eau, de l’air, des plantes et des flammes depuis leurs mains.
Oui… En prenant compte de cette option la méthode destructrice et rapide s’imposait plus naturellement. Labiatta n’eurent qu’à cligner des yeux pour que Torn comprennent, l’avantage d’être deux à ne pas pouvoir parler c’est qu’on a les mêmes automatisme… Ou presque.

Le squelette s’ébranla alors.
Les articulations claquèrent et un rugissement terrible, semblable au grondement du tonnerre, sortit de la gorge de la blonde. Après s’être cambrés Labiatta partirent au galop vers le village. L’alerte fut donnée lorsque, dans un bruit terrifiant, la première maison tomba sous le poids de la lézarde, écrasant ses occupants par la même occasion. La blonde choisit ce moment pour descendre de sa monture et saisit une poutre de taille conséquente et une lanterne. Après avoir mis le feu à l’extrémité de son arme improvisée Labiatta jeta la lanterne au loin.
Comme dirigée par un dieu de destin la lanterne s’écrasa contre un tas de foins qui, inéluctablement, prirent feu. Ainsi en une soirée, l’avenir du village fut en court : la destruction.
De sa poutre, la blonde éloignait ou frappait ses ennemis. Il ne semblait y avoir d’élémentaire. Tant mieux. Les hommes semblaient vouloir la combattre, un regard vers la ligne d’horizon et Labiatta comprirent pourquoi : ils la ralentissait, laissant ainsi le temps aux femmes et aux enfants de fuir. Quelques vieillards tentaient aussi de sauver leurs misérables vie en fuyant. Ces imbéciles n’apprendraient donc jamais ? Les plus Délicieux ce sont les enfants ; viennent ensuite les femmes et les jeunes enfants. Les hommes peuvent faire l’affaire mais pas trop musclé alors. Par contre les vieillards et les malades étaient plutôt repoussant qu’autre chose.

Labiatta prirent quelques secondes pour observer comment se débrouillait Torn.
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