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 Papa Ours et son logis....

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Eal
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MessageVen 21 Nov 2008 - 16:28

Le jour était bel et bien levé désormais, le marché était loin dans le passé, ce jour était sans doute le jour le plus important de son existence, le jour où il redevenait entier. Un matin brumeux, mais sec. Sa main dans celle de Tyrol, il conduisait ce dernier dans un lieu particulier, sa baraque, enfin, son toit et ses quatre murs, quelque chose de simple mais qui n’appartenait qu’à eux désormais. Un endroit au confort différent du pavillon qu’ils occupaient avant, mais un chez eux, qui ne pouvaient qu’être bénéfique après les temps troublés qu’ils venaient de traverser. Leurs retrouvailles s’étaient faîtes longues et passionnées, si le jour était certes levé, l’heure était moins évidente. Peut-être 16h, peut-être moins. Qu’importe…

Souvent l’oréade jetait des regards en coin à ce visage aimé, des regards presque étonnés. Comment pouvait-on passer d’un tel manque d’envie de vivre, à un second souffle pareil ? Le jeune brun faisait rarement dans le sentimentalisme, mais en cet instant, avec une pointe de conscience de ridicule, il se serait cru, prêt à faire encore une déclaration enflammée à son compagnon. Ouai, la guerre ne change pas un homme, mais un elfe solan peut faire bien des miracles…allez savoir la logique dans tout cela. Les collines sur lesquelles ils avaient marché étaient leurs endroits, un endroit hors du temps, bien que portant les stigmates des combats, mais un endroit à eux… Passant une main dans ses mèches folles (il y a des choses qui ne changent pas…), il esquissa un sourire face aux pensées qui l’assaillaient. Putain, monsieur était une belle guimauve en cet instant…Pathétique ? …C’est à en discuter (S’il y a des amateurs, mes petits poussins Eal sera ravis de répondre à vos questions.)

-« Ne t’étonne pas de la rudesse de ma… maisonnette… Ce n’est pas vraiment le pavillon de notre passé, plutôt une niche, mais qui ne prend pas l’eau et garde la chaleur, ce qui en soi est plutôt… pas mal vu les circonstances de vie du peuple d’Elament. »

Le regard du jeune homme s’aventura jusqu’aux falaises qu’on devinait à vue d’œil, des falaises certes non accueillantes pour les étrangers, mais à qui savait les aborder, pouvaient révéler un vrai nid douillet (Moi exagérer ? Jamais.) Tenant toujours la main de… Lén, Eal l’emmena par un raccourci, à travers broussaille, à vrai dire ça ne ressemblait ni de près, ni de loin à une route de campagne, enfin…les 100 premiers mètres, au détour d’un rocher, caché par ce dernier, se trouvait un chemin de terre, se dirigeant vers un trou à même le rocher. Un passage large qui donnait accès à un promontoire discret et invisible de la terre. Un promontoire où logeait une masure toute en pierre, juste devant cette dernière, une terrasse naturelle balayée par les vents. Et au loin, l’horizon et l’océan. Derrière, dans une autre grotte, un abri avait été construit sommairement pour les munins dont Eal avait la charge. Rien de bien extraordinaire, des filets pendant ici et là à des bois morts, et une carcasse de bateau gisant contre le pan de falaise. On avait vu maison plus charmante, mais jamais Eal n’avait eu le don de décoration, une maison du moment que ça ne s’écroule pas…

-« … » Esquissa t’il en ouvrant les lèvres et en laissant un soupir s’envoler.

Ouai on avait vu mieux. Mais bon, au moins l’endroit était confortable à l’intérieur… Le vent marin qui venait se briser contre les rochers souleva quelques instants ses cheveux de jais, et inspirant doucement, Eal déposa son regard sur Lén. Petite moue sur les lèvres, l’oréade attendait le verdict cinglant.

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Tyrol
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MessageVen 21 Nov 2008 - 22:27

Le chemin lui avait semblé terriblement long, la distance allant des Collines aux Falaises était conséquente à pieds. Tyrol ne sentait plus les siens, il se laissait simplement entraîner et ses pieds, déjà de plomb, foulaient le sol de façon machinale. Ils avaient quitté les Collines, l'elfe allait enfin voir la maison dont son compagnon lui avait d'ores et déjà offert la clé. Il trottait à la suite d'Eal, dissimulant avec peine son essoufflement : lorsque l'oréade faisait un pas, l'elfe en faisait trois ! Il souriait cependant de toute bonne volonté, trop heureux pour porter la moindre attention à son faible cœur. Ainsi suivait-il avec obstination, se refusant à lâcher ne serait-ce qu'une seconde la main qui serrait la sienne et souhaitant se montrer à la hauteur. Marcher n'était pas difficile. Logiquement !

Il était très content, fier même, qu'Eal ait retrouvé un peu de vie : Il avait eu un peu peur au début de leurs retrouvailles, pensant que l'oréade avait sombré dans la même mélancolie que lui et y était resté prostré… Mais bien vite tout était rentré dans l'ordre, ils s'étaient enfin retrouvés, aussi bien de corps que d'esprit, et cela suffisait désormais au Solan qui n'avait espéré que ce moment depuis de longs mois. Ceux-ci lui paraissaient à présent bien loin. Il n'y avait plus à espérer que ces retrouvailles durent, car, même si "lorsqu'on se quitte c'est pour mieux se retrouver", "se retrouver pour mieux se quitter" était une réciproque qui ne plaisait pas à Tyrol.

Son regard croisa très brièvement, pour la énième fois, celui d'Eal qui lui jetait quelques coups d'œil parfois, comme pour s'assurer que l'elfe suivait et que c'était bien lui qu'il traînait à sa suite. L'elfe en question revoyait alors ce qu'il avait toujours préféré : Cet éclat rouge vif et brûlant dans les yeux de son amant. Lui aussi brûlait, l'unique manifestation de cet embrasement étant cette couleur rosée que ses joues prenaient, comme avant ; Toutefois, loin d'être comme avant, ce n'étaient plus la timidité et l'admiration qui étaient la source de cette teinte fraise ; c'était bel et bien la passion, qui, retenue dans un carcan de pudeur d'abord – et quelle erreur ! Si seulement il s'en était rendu compte plus tôt -, avait ensuite dû se contenir dans l'abstinence d'une année de solitude : Et à présent, les liens se défaisaient, rompaient, les enveloppes se déchiraient. Passion ne resterait pas entravée plus longtemps. Quel soulagement !

Après nombre de chemins tortueux et de raccourcis, il s'engouffrèrent dans le passage rocheux au bout duquel "trônait" la fameuse maison, enfin… "quatre murs et un toit " comme se plaisait à dire Eal : Quatre murs et un toit, ce qui, en soi, était déjà la base ! Un regard posé sur lui, Lén, comme un "je te l'avais dis", sans doute pour signaler qu'il fallait un commentaire, un avis décisif… Son Altesse le Juge sourit doucement, rêveur et lâcha la main de son compagnon. Il courut presque au bout de la terrasse, s'arrêtant au bord en riant au moment où, conscient de ce qu'il faisait, il s'arrêtait net, ayant manqué se jeter dans le vide… Le vide de l'horizon. La vue le stupéfiait, et s'il y avait une chose qui venait de le marquer profondément en cet instant, c'était bien elle. Penché dangereusement, l'elfe semblait vouloir faire le grand plongeon du siècle ; Mais ce n'était qu'un rêve, celui de pouvoir planer à l'infini… Malgré sa position suicidaire et les caprices du vent violent des Falaises, le Solan était d'un maintient parfaitement assuré, ignorant avec majesté les courants qui auraient pu le pousser, le déstabiliser. Riant avec légèreté, il se penchait encore pour admirer ce qu'il y avait au bas du promontoire comme les rochers balayés de vagues fracassantes, les rares plantes et arbustes à avoir poussé à même le flanc et qui luttaient contre l'eau salée…

Pris de vertige il se redressa soudainement, toujours essoufflé mais sans perdre son sourire, et recula de plusieurs pas en échappant un soupir - de bien-être ou de soulagement, lui-même ne savait pas avec exactitude. Il jeta un ultime regard au magnifique panorama qui s'étendait devant lui comme un monde qui lui appartenait maintenant, et il se tourna enfin vers la maison, qu'il considéra avec grand intérêt tout en s'approchant, curieux. Il fit un aller-retour sur le seuil, détaillant tout, sous toutes ses coutures, d'un œil critique et expert. D'une main, il alla toucher les filets qui pendaient çà et là, souriant mystérieusement.


"Tu t'en sers pour la pêche ou pour décorer ton entrée ?"

Un sourire en coin s'étira sur ses lèvres roses, et par-dessus son épaule il taquina Eal d'un regard insistant avant d'éclater de rire. Puis il tendit une main vers la poignée de la porte, pensant sans savoir pourquoi qu'elle serait ouverte ; Mais, à mi-chemin, il s'arrêta, regarda à nouveau son oréade, puis revint vers lui en souriant de toutes ses dents. Revenu ainsi près de son compagnon, il lui tendit la main comme s'il voulait un baisemain royal. Ce n'était évidemment pas cela - même si l'elfe, la tête haute et les sourcils levés, jouait de ses origines nobles comme un bon comédien.

"Tu me fais visiter ?"demanda-t-il alors dans une parodie d'ordre : Trop poli et trop taquin pour être vrai.

Son essoufflement s'était calmé très lentement, mais il continuait de respirer un peu fort, son torse se soulevant clairement au rythme d'un cœur peu endurant qui criait déjà au repos : Lén resta sourd à cet appel qui ne respectait pas ses envies et attendit qu'on veuille bien le guider, comptant pour quelques instants encore sur les derniers liens qui retenaient sa passion et son impatience – conséquence de la première – encore bien sagement en lui.... Même si elle pouvait bien craquer, être à bout de patience : Ils étaient seuls, quelle importance maintenant !

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MessageSam 22 Nov 2008 - 20:32

Le sourire de son compagnon, parut arrêter le palpitant du jeune oréade, un sourire pareil, il l’avait espéré bon nombre de fois, et bon nombre de fois n’avait du se contenter que des souvenirs que son esprit abritait. Mais cette fois, c’était réel, et Lén était devant lui en cet instant, ils avaient bien passé une éternité dans les herbes des collines, comme autrefois, … c’était réel. La main lâcha celle de l’elfe, et les yeux rougeoyant suivirent ce dernier dans sa progression. Eal laissa échapper une exclamation qui se termina dans un silence vu le geste qu’avait amorcé le solan. C’est vrai, le vent protégeait Lén, et le protégerait sans doute toute sa vie, mais quelle idée de lui faire peur ainsi ? A vrai dire, Eal trouva plutôt sa peur ridicule en cet instant. Bien sûr que Lén ne risquait rien… Secouant doucement la tête, il esquissa un sourire tout en laissant ses yeux sur son compagnon. Sa silhouette se décomposait sur le ciel nuageux, cette silhouette claire, si unique, « Il » riait, le vent lui rapportait ce rire précieux. Croisant les bras, Eal le regarda attentivement, redécouvrant ce corps particulier, voyageant de la nuque jusqu’aux épaules, en déviant vers le bas des reins, la courbe de son corps, ces jambes élancées, les pans de tissus qui flottaient dans cette brise marine, cet être qui changeait la nature du décors soudainement. L’oréade sembla redécouvrir cet endroit, comme un voile qu’on aurait enlevé, une brume enfin disparue.

Un sourire éclaira encore son visage, qui aurait cru, les yeux dirigés vers le sol, dans le vide, il n’y croyait encore qu’à moitié, pourtant…Se mordant la lèvre inférieure, tout son être devait enfin se faire à cette vérité. La guerre avait eu lieu, des milliers de vies avaient été sacrifiés, encore maintenant des troubles existaient, on rapportait des vols et des meurtres plus au sud, on affichait des missives pour retrouver des proches, le peuple manquait de tout, la grande majorité de ses connaissances avaient disparus, la ville avait été détruite à certains endroits, mais… qu’est ce qu’il était heureux en cet instant, il n’avait besoin de rien, ni de la paix (dont il se moquait à vrai dire) dans le pays, ni d’une abondance de provisions, juste besoin de lui, lui auprès de son être, eux, le reste pouvait s’effondrer, il pouvait même aider à cet effondrement, du moment que Lén restait à ses côtés…

Eal releva le regard ,et détourna la tête pour poser son attention sur son elfe qui se trouvait près des filets…L’oréade laissa un rire s’envoler, discret le rire certes, mais un rire et c’était déjà pas mal. Les bras toujours croisés il esquissa un soupir, qu’il se moque ce petit impertinent, n’empêche que ça permet la survie du brun, et inconsciemment peut-être que ce dernier espère que ça devienne un objet de décoration très en vogue, genre, le filet de salon (…). La main de Lén résonna autrement dans l’esprit du manant qu’il était... Enlaçant cette main de la sienne, il déposa un baiser fougueux sur les lèvres de son compagnon tout en passant un bras autour de sa taille. Des choses bien terre à terre, en même temps quand les ancêtres de Lén construisaient de magnifiques palais, les siens couraient dans les bois… La fraicheur de l’air ambiant, la chaleur de leur étreinte, bien assez pour perdre la tête, ne se laissant pas dérouter par la visite guidée au programme, ses lèvres descendirent le long du cou de Lén tandis que sa main exerça une pression sur cette taille désirée.

-« C’est toi qui a la clé… » lui souffla t’il dans l’oreille avant d’afficher un sourire en coin tout aussi taquin que la phrase de son compagnon. La porte était-elle ouverte ou fermée ? Alors là, c’était beaucoup trop demander à sa mémoire…

Et ça reprit de plus belle, de nouveaux baisers, mais pas que ça, l’oréade en profita pour le pousser ni vu ni connu contre la porte de la masure. Le bruit de l’océan venait se répercuter contre les murs solides de leur maison, l’odeur laissait naître une drôle d’ambiance et le sels qui se posait sur leurs peaux avaient quelque chose d’enivrant.

Lén n’était pas habitué à marcher si vite, et cela revint dans l’esprit d’Eal, beaucoup trop impatient, beaucoup trop flottant dans un autre monde pour se rendre compte que oui, monsieur était plus grand que l’elfe, et donc avait de plus grandes enjambées, de plus arriver à cette maison n’était pas chose aisée, pourtant, le solan n’avait pas bronché, seulement son corps montrait clairement sa fatigue, et l’embrasser ainsi n’était peut-être pas la meilleure façon de lui faire reprendre son souffle..
De quoi ? J’entends rien ? On me parle ?
Finalement arrêtant ses baisers, il resta toujours collé à Lén, contre cette porte solide (vu ce qu’elle doit surmonter tout les jours, rien de plus normale, et heureusement qu’elle ne faisait pas totalement face à l’océan.) . La main au niveau de la taille caressa la peau qu’elle devinait sous le tissu. Et les lèvres frôlaient par instant celles qu’elles désiraient. L’absence avait été trop longue et chaque instant avait son importance désormais. Sans doute que l’intérieur serait plus confortable, plus chaud aussi vu la cheminée qui trônait sur un des murs, mais ce n’était que des détails…

-« Alors on rentre chez nous ? »

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Tyrol
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MessageSam 22 Nov 2008 - 23:37

Non, c'est vrai qu'être couvert et pressé de baisers incessants n'était pas ce qu'il y avait de mieux pour reprendre son souffle, mais c'était un très bon exercice pour la respiration en elle-même. L'elfe ne pouvait s'en plaindre, lui qui n'avait désiré que ça… Ce qu'il voulut répondre fut vite étouffé sous le premier baiser, ce baiser-même - un comme seul Eal pouvait les donner - qui lui fit retrouver son état de transe longtemps relégué au rang de souvenir agréable impossible à revivre : Pris dans la fièvre d'un instant, réveillée par la fougue de l'oréade, Tyrol se laissa aller à l'étreinte, tantôt la rendant avec plus de force – le peu qu'il pouvait avoir – tantôt s'y abandonnant avec mollesse, le corps parcouru de frissons. Il était toujours essoufflé et cet état ne s'arrangeait guère. Il était toutefois largement supportable et le Solan ne comptait vraiment s'arrêter pour ce détail, trop occupé qu'il était à rendre avec sa passion toute libérée les baisers qu'il recevait, allant s'étouffer lui-même avec envie. Son manteau noir trop grand pour lui ne cessait de glisser ; il pressentit qu'il allait se prendre les pieds dedans lorsque son dos se plaqua contre la porte de la maison. Etait-ce une invitation à rentrer au plus vite ? A entendre la phrase qui suivit, c'en était une !

Bien, alors ce serait Son Altesse qui s'occuperait d'explorer son nouveau domaine, puisque c'est celui qui a la clé qui ouvre la voie. Enfin, si on ne le bloquait pas autant contre la porte, peut-être… Comme les baisers avaient cessé, Tyrol tenta de respirer plus calmement, d'apaiser les battements de son cœur - plus éprouvé en quelques secondes qu'il ne l'avait été en un an – et par la même occasion son désir trop soudainement réveillé. Ses joues, devenus plus rouges encore, perdirent lentement leur coloration enflammée pour virer au rose tendre, plus sage. L'elfe, les bras glissés autour du cou d'Eal afin de mieux le serrer contre lui, prit le temps de le regarder un petit moment, sans doute pour retrouver le sens du réel… Cet instant d'abandon, qu'il ne s'était jusque là jamais complètement permis, avait un goût affreusement envoûtant, un peu comme les lèvres de l'oréade. Un instant il avait décroché du monde, lui souhaitant de s'effondrer pour mieux les laisser tranquilles ; A présent, le désir - bien que toujours présent – s'étant calmé, caché afin de mieux ressurgir, Tyrol se sentait d'humeur joueuse. Il voulait encore osciller entre ce tourbillon de l'envie et ce tendre apaisement. Alors dans un dernier baiser, vif et volatil, il repoussa Eal et lui tourna le dos pour mieux se confronter à la porte.

Le Solan rajusta son manteau puis défit le nœud qui retenait à son cou son Etoile et la clé en bronze, côte à côte. Il tira la clé et entreprit d'ouvrir la porte comme on coupe un ruban d'inauguration, sourire aux lèvres. La porte s'entrouvrit dans un cliquetis : Sensationnel ! Eal avait pensé à bien fermer la porte… Tyrol s'en amusa, lui qui n'accordait plus d'importance à ceci ; Cela faisait des lustres qu'il n'avait pas eu de lieu propre à lui à fermer à clé, non seulement parce qu'il n'avait aucun objet à garder précieusement sous scellé, mais aussi parce que quand un voleur veut vraiment rentrer, ce n'est sûrement pas une porte – pas même fermée à double, triple, quadruple tour – qui l'arrête !

Il émit une exclamation chantante, signe de son contentement, et entra en premier parce que moi d'abord. Il poussa précautionneusement la lourde porte, avec un peu de mal quand même mais avec la fierté d'y être arrivé seul, et pénétra sur la pointe des pieds comme on entre dans un lieu sacré. Cette attitude dura le temps d'un regard général, la découverte globale des lieux ; Puis l'elfe se redressa de manière assurée. Il tira des poches de son manteau sa paire de gants blancs aux motifs d'or, et les déposa royalement sur le premier support plat à sa portée – un genre de meuble fourre-tout (qu'en savait-il, il n'avait pas encore fouillé dedans !) - , signe qu'il baptisait les lieux de sa présence, investissait le domaine. Il détailla tout ce qu'il put, tout ce que sa mémoire pouvait recueillir et contenir d'informations, curieux de tout. En comparaison de son actuel logis, qu'il aimait pourtant grandement, cette maison était un palais miniature !… A son échelle, précisons-le…


"Y a-t-il des nuisibles ?" s'enquit-il avant tout, soucieux d'être prévenu d'une probable cohabitation avec quelques créatures de petite taille bien communes aux habitations.

Il tenait à ne pas crier au scandale en croisant par malheur un rat… Non pas qu'il n'aimât point ces rongeurs, mais ils étaient connus pour transporter diverses maladies dont l'elfe serait inévitablement la première victime. Il ne souhaitait pas être un fardeau, et encore moins le plus vite possible après son arrivée… Un peu de décence. Il sourit à son compagnon pour signaler en petit sous-entendu triste cette probabilité gênante, autant pour l'un que pour l'autre. Puis il se détourna. Sur ce, attendant la réponse, le Solan entreprit d'avancer afin de regarder de plus près les pièces et leur disposition, les meubles aussi… Tout en se préparant à voir surgir une bête, s'imaginant déjà l'écraser dans un réflexe innocent de protection. En bon ami des bêtes qu'il était.

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MessageDim 7 Déc 2008 - 0:24

Le regard s’attardant dans celui de Lén, le sourire en coin s’était fait plus taquin. Diantre qu’il était agréable de revivre. Quand son compagnon le repoussa gentiment après un baiser, Eal fit une moue amusée. Oui, s’ils voulaient entrer, il allait falloir qu’il le lâche... pour le moment. La porte enfin ouverte, l’oréade regarda son ami découvrir leur nouvelle maison. La lourde porte en bois ne résista pas longtemps à la …force de Lén et fit apparaître un intérieur sombre. Les jolis gants atterrirent sur le meuble servant à ranger les pinces à filets et l’elfe s’aventura un peu plus loin en posant la question fatidique sur les colocataires possibles…

-« Tu demanderas ça à la bestiole qui loge sur mon fauteuil… »
Articula t’il en fermant la porte derrière lui.

Au loin les nuages se faisaient voir et la tempête ne tarderait pas à se déclarer, mais quoi de plus étonnant ? La maison était solide, juste empêcher le vent d’entrer et le tour serait joué. Si ce n’est pas magique. Eal déposa sur le même meuble son tablier qu’il avait gardé depuis le marché et après avoir passé une main dans le dos du solan, il se dirigea vers une autre pièce de la bâtisse. Directement à droite après l’entrée, un petit couloir conduisait à la pièce centrale, hormis la lumière du jour, aucune lumière n’était présente et, se frayer un chemin sans se cogner dans les différents objets se trouvant au sol (boîtes de rangement) ne serait sans doute pas aisé pour le nouveau locataire. Sur un des murs, une cheminée massive trônait, toute en pierre, une immense grille en fermait l’accès. D’un geste Eal ôta cette dernière et enfourna deux bûches ainsi que du papier dans l’antre. Le bâton qu’il rajouta ensuite n’était pas réellement un bout de bois comme les autres, nous appellerons ça un bâton à combustion instantanée, un bout de bois soumis à un sort basique, et suite à son contact avec le papier ledit bâton embrasa celui-ci.

Une lumière discrète naquit, et quelques secondes plus tard un feu prenait de l’ampleur dans la cheminée, d’ici quelques instants la chaleur allait se faire sentir. Et ce qui était bien avec ce genre de vieille maison c’est qu’elle gardait facilement la chaleur. Se relevant, Eal regarda un instant la pièce que le feu allait réchauffer. Plus grande que les autres pièces, elle n’était que suffisamment grande pour contenir une sorte de canapé couleur sable avec une couverture en tissu vert posée dessus, une table basse où était déposé, en plus de la poussière, un bol avec un reste de breuvage non reconnaissable et une armoire contenant seulement des livres sur la première planche. Dans un coin de la pièce, deux lampes fonctionnant aux bâtons à combustion instantanée attendaient qu’on veuille bien les allumer. Ce qu’Eal ne faisait jamais vu qu’il rentrait généralement fatigué et qu’il filait directement au lit, sans passer par le salon. De plus, pourquoi allumer un lieu dont il connaissait le moindre recoin maintenant ? Aucun intérêt.

Les petites fenêtres de la pièce étaient décorées de rideaux épais et possédaient à l’extérieur de gros volets pour les temps de grosses tempêtes. Un bruit attira l’attention de l’oréade, un animal assez étrange venait de se réveiller et d’émerger de la couverture. L’animal en question possédait une queue de renard, des pattes de chien sauvage, un tronc tacheté de lionceau et une tête de fennec. Ses yeux ambrés se posèrent avec curiosité sur l’oréade, puis sur l’inconnu qui venait d’entrer. Cette chose était un chien du sud, des déserts d’argent. Eal l’avait trouvé dans un marché, blessé et braconné comme toute espèce vivant dans cet endroit. Lui même était passé par ce stade à un moment donné dans son passé. Allez savoir pourquoi, mais il l’avait acheté sans même négocier. L’idée de le relâcher lui était venue, mais sans aucun doute qu’il se ferait encore capturé et cette fois sa fin ne serait pas aussi chanceuse. Sa fibre oréade avait agis pour lui et monsieur l’avait donc ramené avec lui sur le bateau qui le conduisait à Elament. Étrangement la bestiole ne se défendit même pas, et survivait très bien au temps froid de la ville. La compagnie de l’oréade semblait lui convenir. En vérité cette créature était un véritable mystère, on louait les vertus de son sang comme remède aux pires maladies, on louait sa peau comme protection magique, mais allez savoir ce qui était légende et ce qui était la réalité. A vrai dire la seule chose qu’Eal avait constaté c’est que cet animal mangeait les rats et pouvait allumer le feu de la cheminée quand il faisait trop froid (une allumette domestique...)… Ce qui en soi l’aurait révulsé vu sa haine vis à vis des élémentalistes igni, mais quelque chose dans ses yeux là lui disait qu’il n’avait pas à craindre les pouvoirs de ladite bestiole. Cette dernière se releva et sauta sur le sol avec la grâce du félin. S’étirant, il fixa le feu naissant puis se dirigea vers Lén et s’arrêta à un mètre de lui pour l’observer comme il se devait. Après tout, cette chose venait d’être conduite par le grand homme des sables sur son territoire, c’est qu’il devait tout de même avoir un attrait particulier… les yeux ambrés fixèrent longtemps Lén avant de le contourner et de partir en chasse… les rats n’attendaient pas…le grand blanc si.

Eal haussa les épaules avant de rejoindre Lén. Doucement il lui prit la main et le conduisit dans une autre pièce. En face du petit couloir se trouvait une porte fermée, la poussant d’un geste, Eal emmena son compagnon dans ce qui devait ressembler à une cuisine. Deux lavabos primaires, une table en bois, une petite fenêtre, une petite cheminée et un four pour cuire les aliments. Sans oublier la vaisselle en attente et ce genre de chose. L’étage n’avait pas encore été montré, ni le lieu où Eal travaillait sur ses filets et ses coques. La maison était froide vu qu’elle n’avait pas été chauffée depuis la dernière nuit. Eal souffla doucement sur ses mains, avant de s’adosser au mur. Il attendait que son compagnon donne ses premières impressions, tandis que lui gelait. Monsieur n’aimait pas le froid, ne le supportait pas, c’est ce qui avait d’ailleurs provoqué cette envie chez lui d’avoir un toit et quatre murs. Passer l’hiver d’Elament dehors ne l’enchantait pas, déjà qu’il avait testé quelque temps, loin de lui l’envie de recommencer cette tentative idiote.

-« Cela vous convient-il très cher ? »

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MessageLun 8 Déc 2008 - 16:55

"La bestiole qui loge sur mon fauteuil". Qui… Loge ? L'elfe resta bloqué un instant, bouche bée, surpris ou pire, apeuré, il ne savait pas trop lui-même. Eal avait adopté un rat ? Ou dompté… Une puce ? Ou… Mystère. Il ne put poser de question - ou plus précisément n'osa pas le faire, appréhendant la rencontre avec ladite bestiole qu'il chercha sans en avoir l'air dans la pièce, sans succès vu qu'il n'y avait aucun fauteuil par ici. Une main dans son dos l'invita à passer à une autre pièce et il suivit donc le mouvement, perdant à nouveau quelque peu son assurance le temps de passer le fameux couloir. Il n'avait aucun souci de repérage - vision elfique oblige - mais il gardait les yeux rivés sur ses pieds afin de ne rien manquer, prenant garde à ne pas se vautrer royalement et à ne pas déranger ce qu'il y avait à terre par la même occasion, car il ne savait ni à quoi cela servait, ni si ce que contenaient les boîtes était important. Il esquiva le tout en beauté avec toute la grâce qui se doit et parvint enfin dans la pièce principale, aussi grande que l'annexe de Tina, au palais. Tina ayant été sa nourrice et servante, cela vous donne une idée de la taille… A la différence qu'il n'y avait pas de cheminée dans l'annexe.

La présence de l'âtre prêt à réchauffer le rassura complètement, voilà ce dont il s'était inquiété avant tout, l'hiver arrivant déjà sur les alentours de la Cité. Silencieux il continuait désormais son exploration sans trop de mal du fait toujours de sa très pratique vision elfique, se dirigeant comme un aimant vers le semblant de bibliothèque. Il regarda le nom des livres, et il lui sembla progressivement mieux les voir : Sa vision se dissipait car la lumière éclairait de mieux en mieux la pièce. Un peu de chaleur, autre que celle qu'il emmagasinait naturellement pour les jours de grand froid, l'enveloppa un petit peu. Il se tourna vers la cheminée allumée en souriant : Bonne initiative ! Il put voir totalement la pièce et… constater l'état des lieux. Il fit une petite moue gênée avant d'esquisser un geste pour s'en retourner aux livres, quand quelque chose sur le canapé attira son attention. Le fauteuil ! La bestiole ! Comme par réflexe il retourna vers Eal, car sait-on jamais : Si c'est dangereux, espérons au moins que ça obéisse au maître des lieux !

L'hybride animal mi-canidé mi-félin qui sortit de la couverture le laissa interdit. Il n'avait jamais vu une telle chose de sa vie, et pourtant, des hybrides il en avait vu passer ! Lorsque l'étrange bête arriva près de lui il n'eut même pas son réflexe habituel de s'approcher pour faire connaissance ; Il avait inconsciemment l'impression bizarre qu'elle ne devait pas être très sensible à lui, pour des raisons inconnues. Après tout, il n'attirait pas tous les animaux comme dans les contes de fées - et c'était mieux ainsi. Il espéra juste que sa présence ne poserait pas de problème de cohabitation… Et si Eal acceptait que Cynn revienne, est-ce qu'ils s'entendraient ?


"C'est…" Il hésita longtemps en montrant la chose du doigt. "… Ton attrape-nuisibles ?"

L'animal partit, comme voulant montrer que oui, c'était lui, et que d'ailleurs il retournait au travail. Tyrol resta tout penaud et ramena son doigt à lui, presque intimidé. Il murmura pour lui-même :

"Quelle drôle de chose…"

Sa main partit soudain avant lui sans qu'il ne lui en ait donné l'ordre et l'entraîna dans une nouvelle pièce. Eal continuait la visite et lui présentait maintenant la cuisine, qu'il balaya du regard avec le même intérêt que depuis le début. Mentalement, il listait ce qu'il, lui, devrait faire pour aider. Aider entre autres à rendre l'endroit plus propre et agréable, car si pour Eal cela relevait du secondaire, l'hygiène était pour l'elfe blanc un point primordial dans la lutte contre ses maladies ; La maison était bien évidemment loin d'être grouillante de crasse et d'autres joyeusetés, mais la simple poussière vue tout à l'heure et la vaisselle qui attendait représentaient pour lui de potentiels nids à maladie. Et de toute évidence, tant qu'à avoir une maison et y vivre au quotidien, surtout pour lui qui allait y être présent le plus souvent, la rendre la plus agréable possible était une priorité. Il ne pensait pas du tout à la décoration et autres futilités : Juste de l'air sain, de la propreté et de l'espace pour circuler.

"Eh bien… Ma foi, oui !"

Quelque part, cela devrait lui convenir de gré ou de force, il allait y vivre ! Voilà pourquoi il y aurait des choses à apporter, une présence elfique à imposer. Aucun autre commentaire ne sortit de sa bouche tandis qu'il imaginait déjà ce qu'il y avait à faire, son esprit listant de façon ordonnée et précise chaque chose, chaque étape et tout ce dont il y aurait besoin pour les réaliser. Il fit le tour de la table pour voir de plus près, toujours aussi expert. Revenu au point de départ, il sembla réintégrer à la réalité, son expression sérieuse et concentrée laissant place à la grande surprise de voir Eal souffler sur ses mains pour se réchauffer.

"Tu as froid ? Veux-tu mon manteau ?"

Il était assez grand et large pour l'oréade, cela ne faisait pas de doute, mais sitôt proposé, Lén eut une meilleure idée. Il prit les mains de son compagnons dans les siennes, naturellement réchauffées par sa réserve solaire, les serra en souriant, puis les porta à ses joues toutes chaudes elles aussi. Il se mit à rire et, à peine deux secondes plus tard, ramenait Eal dans la pièce principale et sa bénie cheminée. Il ouvrit la porte de la cuisine en grand pour que la chaleur pénètre la pièce avant de retourner prendre les mains de l'oréade, effleurant sa joue de la sienne en souriant, amusé. Son regard retourna brièvement au canapé et sa couverture.

"Tu dors là ? Ou y a-t-il une chambre à part ? Et y a-t-il une salle de bain, aussi ?"

Hygiène toujours, trèèèès importante la salle de bain ! Ou une salle d'eau tout simplement, avec le strict minimum. Si pas de bac, tant pis, on se laverait à la bassine, au pichet et à l'éponge ! Qu'il était chiant, cet elfe. Mais il ne lâcherait pas l'affaire tant qu'il n'aurait pas tout vu dans la maison : Il n'avait pas fini sa liste ! La chambre aussi avait son importance, et il en évoquait l'idée avec une taquinerie lascive aucunement dissimulée. Importance, d'une part parce qu'il semblait étrange à Tyrol de mélanger la salle de vie avec la fonction intime d'une chambre, d'autre part parce qu'à deux sur un canapé, cela n'allait pas pouvoir durer très longtemps (quoique l'un dans l'autre) selon lui : Il avait le sommeil agité, pour le peu qu'il dormait. Ou alors on dormirait par roulements…

En attendant, ses yeux cherchaient une autre porte, un couloir ou un escalier, espérant avec foi l'existence de ces deux salles. Dehors, le Vent annonçait la tempête.

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MessageMer 18 Mar 2009 - 22:53

Levant les yeux vers son elfe, l’oréade esquissa un sourire. Son manteau ? C’était une blague ? Oui, c’était une blague, d’ailleurs Lén sembla tout de suite embrayer sur autre chose. Ses mains sur les joues du blond, le sourire du brun ne disparu pas. Décidément il ne le répéterait jamais assez mais cette chaleur lui avait vraiment manqué. La pièce principale avait chauffé pendant leur absence, quoi de plus normal vu la maison, elle conservait bien la chaleur. D’ailleurs dans la chambre il devait aussi faire bon. Les mains de nouveau dans celle de Lén, il l’avait regardé s’afférer. A deux dans cette maison, oui, ça pourrait le faire, l’espace était assez grand et tant pis s’ils étaient obligés d’empiéter un peu sur l’autre. Embrassant le cou de son compagnon, le sourire bien en place, l’oréade finit par emmener l’elfe vers le reste de la bâtisse. Une vieille bâtisse, toute en pierre, le genre qui traverse les siècles sans soucis. Prenant le couloir par lequel ils étaient entrés, l’aqua s’arrêta devant une grande tapisserie, la poussant, une porte apparut en renfoncement. La voilà la porte qui mène aux étages. Simple avec une poignée un peu brute. Mais en même temps pas besoin de décorer quelque chose qui ne s’observait pas. L’ouvrant, un escalier en colimaçon s’éclaira doucement. Encore un sort particulier.

En haut, un parquet différenciait du rez-de-chaussée. Le genre qui craque sous les pas, ou dès qu’un courant d’air entrait. La pièce carré qui leur faisait directement face était assez pauvre en décoration, deux portes donnaient sur elle, une à gauche et une à droite, un gros fauteuil avec une table au centre, à droite près d’une des portes une autre cheminée, et à gauche, un meuble poussiéreux. (Qui n’avait sans doute jamais été nettoyé.) Deux fenêtres éclairaient ladite pièce. Et vu les nuages qu’on percevait à l’extérieur, fermer les volets était une des choses intelligentes à faire.

-« Salle de bain… » Annonça t’il en montrant la porte de gauche.
-« Chambre. » Continua t’il en désignant cette fois-ci celle de droite.

Lâchant la main de l’elfe, Eal s’avança vers une lampe qui se trouvait au milieu de la pièce, sur la table. Et de nouveau la lumière envahit doucement l’endroit. Cette lampe n’avait quasiment jamais été allumée. Certes Eal se lavait tout les jours (ou presque), mais pas besoin de plus de confort que ça et se promener dans le noir n’était qu’un détail. Pourtant, les choses allaient changer désormais. Il n’était plus seul, Lén était avec lui ! Passant une main dans ses mèches noires, il observa ce dernier. Sa silhouette se faisait de plus en plus voyante au milieu de cette noirceur et cette délicate odeur qui l’accompagnait envahissait la pièce.

-« Il y a un bâtiment annexe, mais je te le montrerai quand le temps le permettra… » Les yeux posés à l’extérieur, Eal ferma les volets. Laissant l’unique lampe éclairer toute la pièce.

Vu qu’ils étaient en pleine visite, l’oréade ouvrit la porte de la salle de bain, une pièce encore plus sommaire, sans fenêtre, une pièce plutôt petite, avec un baquet plutôt grand collé à un des pans de murs. L’eau qui arrivait dedans était ravitailler par un système de canalisation faits main. Une sorte de douche-baignoire à la dur. Oui, l’endroit avait vraiment besoin d’une autre touche que celle d’Eal. En l’état, ça ressemblait plus à une cellule de moine qu’à une vraie maison habitée. Normal vous ne pensez pas ? L’oréade n’était plus aussi vivant depuis qu’il avait perdu la trace de Lén, alors à quoi bon s’investir réellement ? A rien. Rien !

Ouvrant la deuxième porte, la chambre pourtant avait quelque chose en plus. Pièce rectangulaire, le lit se trouvait le plus éloigné de la porte. Une grande porte vitrée donnant sur une terrasse faisant face à l’océan. Une armoire en bois noir à gauche contenait des vêtements et un sac de voyage ouvert trônait sur une des chaises près du bureau à droite. C’était seulement au cas où il devait repartir après tout, un oréade ça a besoin de personne… en général. Sauf dans des cas particuliers. Le lit, deux places, était en bois clair, assorti (si on fait preuve d’observation de décoration) au parquet. S’adossant à la porte de la chambre, il dévisageait encore son elfe. Et cette fois, il oublia de fermer le volet de la chambre. La contemplation du solan primait sur tout.

-« Je me demande même si tu n’as pas plus de charme qu’avant… »

Une mine sérieuse, draguer son compagnon n’était pas à l’ordre du jour, quoi que… Mais il devait bien dire ce qui paraissait flagrant à ses yeux. Ce charme qu’il dégageait à la lueur de la lampe, ce charme qui émanait de lui, le rendant irréel aux yeux et dans le cœur de l’oréade. Irrésistible. En cet instant, les souvenirs remontèrent à la surface. Cet homme sur la plage, qu’il avait fait pleurer, cet homme lors d’une soirée, près d’un feu, cet homme un jour de pluie… C’est à cet instant que les premières gouttes percutèrent la vitre. Une pluie qui serait un vrai déluge dans quelques instants. Sourire en coin, cela lui rappelait la rencontre. Celle où il était tombé du toit, ou Lén l’avait accueilli chez lui, l’avait fait dormir dans son lit, et ou lui l’avait embrassé, perturbant leur équilibre à tout les deux. C’était si loin tout ça, et pourtant si proche. Trois ans. Le temps passait vite…

-« Tu te souviens du jour de pluie … Où t’es tombé de choc sur ton canapé ? »

Petit sourire en coin, l’oréade croisa le regard vert de son ami.

-« Cela me semble pas si lointain que ça, et si j’étais à nouveau devant ce choix, je le ferai encore ! »

Les yeux plus vifs que d’habitude, c’était une des certitudes qui l’habitait depuis sa rencontre avec l’aera. Toujours adossé à la porte, il tourna doucement la tête quand le premier éclair fit son apparition.
Oui, ça serait une belle tempête !

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MessageMer 25 Mar 2009 - 19:53

L'elfe se laissa guider, émerveillé par la cachette de la tapisserie. Cette technique lui rappelait son château natal et ses milliers de caches secrètes, d'escaliers dissimulés, de trompe-l'œil et de passages derrière les murs. Dire que selon son père, un palais dont on connaîtrait toutes les pièces n'était ni digne de son appellation de "palais", ni digne d'être habité ! L'elfe émoustillé accueillait avec enthousiasme cette découverte, même si cela ne devrait être que la seule. Le simple fait de ne pas s'en être aperçu de lui-même lui fit apprécier ce chemin vers la suite de l'exploration.

"Comme c'est grand, en vérité !"

Sa voix résonna un peu dans l'escalier, qu'il grimpa sans attendre. II avait hâte de voir la suite, de prendre connaissance de son nouveau terrain. Sous la conduite d'Eal il fit donc, prenant à nouveau le temps de faire le tour de chaque endroit pour voir de plus près, curieux et toujours si occupé à lister, à organiser. Il découvrit le petit "salon" qui donnait sur l'escalier avec étonnement et ravissement. Non, il ne s'y attendait pas ! L'endroit était même bien éclairé. Et selon les dires de l'oréade il y avait même une annexe à la maison, qu'il promettait de lui montrer... Oui, un autre jour, cela lui convenait. Il y avait le temps.

"Quatre murs et un toit ? Tu es modeste", s'amusa-t-il en analysant l'état des lieux.

Certes, on n'allait pas palabrer sur l'état ménager des meubles, mais quant à la taille de la bâtisse, Tyrol s'était attendu à bien plus petit. Les pièces du bas lui avaient déjà semblé bien grandes, et loin du simple "quatre murs et un toit". C'était bien plus grand et bien plus intéressant à vivre ! Il suivit une nouvelle fois en souriant, allant faire son observation des deux autres pièces, surpris encore par l'état de la salle de bain ; Très franchement il s'était préparé à pire. Tout était parfait pour accueillir Son Altesse ! La chambre qu'il avait tant attendue se présenta enfin et il s'y précipita presque, vraiment comblé. Oui, tout était parfait. Du lit jusqu'à la baie vitrée. L'elfe alla d'un bout à l'autre de la pièce comme s'il calculait chaque distance d'un point à un autre, très contenté ; Et alors pour couronner le tout arriva un compliment bien impromptu.

Gêné, car – oui - il l'était toujours face à de pareils compliments, il s'arrêta de bouger et baissa le regard sur le meuble noir où il avait posé sa main, tapotant discrètement des ongles dessus histoire de se donner contenance. Mais il ne put retenir un sourire contenté, dans un souffle de rire. Haussement d'épaules. Voilà, c'était fait, il était confus et rose de plaisir. T'as gagné Eal, même si ce n'était pas le but premier… L'elfe blanc laissa finalement le meuble tranquille et revint à l'oréade, agrippant et écartant les pans de son manteau pour ne pas s'y prendre les pieds, évitant ainsi une royale chute qui aurait brisé la sensualité de l'instant.

"Un charme différent, disons ?", interrogea-t-il sans attendre réellement de réponse, souriant d'un air mutin.

Arrivé, il saisit son oréade par les hanches pour se coller à lui. Il ne savait apparemment pas avec exactitude ce qu'il voulait, hormis le contact physique. Ses mains s'agrippaient aux vêtements sans savoir à quel endroit rester ; Elles ne tenaient pas en place, cherchaient les épaules, le cou, les cheveux, n'importe quoi à caresser. Besoin irrésistible d'un corps qui lui avait trop manqué et qu'il resta là à enlacer, l'esprit ailleurs et bien loin de la visite de la maison. Elle était finie, d'ailleurs, non ? Il avait tout vu à présent, et aurait bien le temps d'investir ces nouveaux lieux plus tard. Faites comme chez vous, disait-on ! Il releva la tête au moment où Eal lui posa une drôle de question, laissant un instant Tyrol perplexe. Puis il vit l'allusion et éclata de rire sans aucune retenue. Drôle de question et drôle de souvenir ! Drôle quelque part dans la stupidité de l'action. Rapidement calmé il répondit rêveusement :

"Oui, je me souviens…"

Ce jour-là, Eal l'avait embrassé pour la première fois. Non, la deuxième en vérité : La première fois il avait profité du fait que l'elfe soit endormi. La deuxième, il avait profité de sa sotte naïveté pour réitérer le crime : Lén avait voulu reculer et avait stupidement trébuché sur Cynn qui se trouvait dans ses jambes. Il avait eu mal au dos en tombant en travers du siège. Et puis il y avait eu la troisième fois, car jamais deux sans trois et puis on dit souvent que "la troisième, c'est la bonne" : Ils n'avaient pas dérogé à la règle. A la troisième fois, l'elfe avait été définitivement battu. Eal vainqueur par K.O. Headshot.

Avec un sourire pour lui-même, l'elfe resta contre l'oréade, le regard tourné vers la vitre contre laquelle la pluie commençait à tomber. La réplique qui suivit lui tira un pouffement de rire satisfait : Eh bien heureusement, oui, qu'il le ferait encore ! Tyrol, lui s'était souvent demandé s'il n'avait pas scellé son serment un peu trop vite, avec une ingénuité débordante. Pour être franc, il aurait pu ne pas le faire du tout, ou attendre. Sauf qu'il ne l'avait pas fait. Et le fait d'avoir avoué à Eal ce que cela impliquait le torturait : Il avait l'impression non pas de s'être enchaîné lui-même, mais d'avoir enchaîné le jeune homme à lui, consciemment ou non. Il avait cru n'engager que lui et laisser l'oréade tout à sa liberté ; Bon, il espérait que cela était bien le cas. Même si en fait des fois il séquestrerait bien l'oréade histoire de l'empêcher de filer, que ce soit de sa propre initiative ou pas.

"Tu aurais intérêt à le refaire !", parvint-il à dire en riant à nouveau.

Il bénissait le ciel et Haeris de lui avoir envoyé quelqu'un qui ait enfin forcé un peu le destin, d'un seul baiser. Sinon, l'elfe aurait pu attendre encore quelques bons siècles avant d'oser se donner à quelqu'un ! Premier arrivé premier servi, en quelque sorte. Désormais il avait scellé son choix et son amour unique avec lui, quels qu'en soient le prix et les risques ; Lén avait de toute évidence toujours su qu'il se donnerait à un ou une étranger-ère, pas à quelqu'un de son peuple. Donc que les risques en question seraient élevés. On n'avait pas idée comme ces risques-là étaient bien ceux dans lesquels il se jetait sans hésiter une fraction de seconde… Même se battre pour sauver sa peau d'un monstre sanguinaire lui demandait plus d'hésitation. Heureusement qu'il n'est précisé nulle part dans le contrat de la Vie qu'il faut être logique de bout en bout, sinon on n'est pas sortis des ronces.

"Cela m'aurait vexé que tu aies regretté ton choix", ajouta-t-il avec un sourire en coin "Surtout en me l'avouant maintenant, en fait… Crois-moi, ma vengeance aurait été Apocalyptique."

Menaces en l'air ?… On va vous laisser apprécier le suspens je crois. A noter toutefois qu'il serait dangereux de sous-estimer notre nouveau Lén ; Quoiqu'il en soit l'heure n'était pas à la vengeance, bien au contraire. L'elfe blanc apprécia la vue de l'éclair et de la pluie qui battait à présent les vitres, tout à fait ravi de cette tempête. Allaient-elles tenir ? Là était sa problématique actuelle, à laquelle il décida de répondre lui-même : Pour sûr. Ca allait juste faire du bruit à cause du vent… Sachant qu'en ultime recours il aurait toujours moyen de moyenner avec ses boucliers. Problématique réglée avec satisfaction et empressement.

Sa main prit celle d'Eal, qu'il entraîna dans la pièce en souriant. Il n'y avait plus rien à visiter. Quant à un tour de la pièce, cela serait du superflu. La maison désormais bien vue dans son ensemble, elle n'intéresserait plus Tyrol avant un bon moment. Et plutôt que de parler ménage, il attira l'oréade sur le lit grâce à l'un de ses rubans de Vent, invisible, qu'il appuya derrière la nuque du jeune homme afin de l'obliger à rester lèvres contre lèvres, jusqu'à l'atterrissage sur le matelas. L'elfe abandonna son manteau sur le sol, et entreprit entre caresses et baisers d'aider son amant à se débarrasser de ses propres vêtements, sourire aux lèvres.

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MessageMar 26 Mai 2009 - 23:16

Que faire dans une situation pareille ? Ben ce laisser faire pardi ! Quoi d’autre ? Sur le lit, ses mains voyageaient sur le corps de son amant. Ses lèvres redécouvraient le goût de ce dernier. Le temps avait été long avant qu’ils ne puissent se retrouver. Trop long. Tandis qu’il se défaisait de ses habits, il aida Lén à faire de même. Tous ses tissus bien trop encombrants en cet instant. Sa peau se réchauffait au contact des lèvres de son ami, sa respiration devenait irrégulière, Eal renversa l’elfe sur le lit avec un sourire en coin. Dehors la pluie battait et frappait contre la vitre. La tempête s’était levée et donnait une lumière irréelle dans la pièce.

La nuit passa délicieusement et le jour ne tarda pas à poindre. Ce latin là Eal ne parti pas à la pèche, en vérité il pouvait se le permettre. Le soleil n’apparut pas pourtant, le climat sur les falaises était capricieux et ce matin là il pleuvait encore. Ouvrant doucement les yeux, l’oréade passa une main sur ses yeux avant de se retourner sur sa place. Le lit était bien froid. Bien trop froid en fait ! Se relevant prit d’un sursaut il regarda la place à coté de lui. Vide. Personne, plus personne… Les pupilles de l’oréade se teintèrent d’une teinte plus claire. L’odeur de l’elfe était encore trop présente pour qu’il se dise que c’était un rêve… Et quand la porte s’ouvrit doucement la certitude se fit plus forte. Mais loin de ses yeux un elfe blanc, son regard descendit vers le sol. C’était la créature qu’il avait ramené du désert. Cette dernière releva la tête vers lui avant de longer le lit et se grimper dessus. Et comme un chat s’enroula sur les couvertures en grognant doucement. Qu’est ce qu’il faisait là lui. Il ne montait jamais sur le lit…

L’oréade regarda quelques minutes la créature qui s’était installée, et elle fit de même. Bah quoi ? C’était normal qu’elle prenne place comme ça ! On l’avait dérangé en bas !

Se levant du lit, Eal passa une main dans ses cheveux avant de se passer des fringues. Qu’est ce qu’il se passait en bas ? S’engouffrant dans les escaliers, certains bruits lui arrivaient aux oreilles. Passant la porte camouflée, il arriva dans le petit couloir et se dirigea vers le salon.

… S’arrêtant sur place Eal jeta un rapide coup d’œil à ce qui était son salon… Ce qui avait été son salon… De l’ordre et de la propreté, plus aucune poussière, les meubles en bois étaient comme neufs et le sol brillait de milles feu. Au milieu de la pièce un Lén en plein rangement, les caisses qui trainaient dans le chemin hier n’existaient plus et ce qu’elles contenaient se trouvait rangé dans les étagères… Une autre pièce en somme… Son regard dévia directement sur le canapé, la couverture qui servait à la bestiole était propre et pliée… voilà pourquoi la chose l’avait rejoint !

-« T’as d’autres qualités que le rangement mister ? »

Bien sûr qu’il le taquinait… enfin à moitié. Mais bon fallait avouer que ranger sa nouvelle maison après une première nuit après une longue séparation n’était pas banale comme activité… même carrément étrange…

-« T’as vu qu’il y a aussi de la vaisselle ? »

Double sourire…

-« Et un étage…sans oublier la remise… »

Bon là il poussait peut-être… Vous pensez ? Non arrêtez de vous faire du mal…
Adossé au mur, les bras croisés, c’est un sourire moqueur qui s’afficha sur ses lèvres tandis que la pluie faisait encore des siennes à l’extérieur. Un matin irréel. Et dire que Lén était juste là, face à lui, dans leur maison.

-« Et ensuite la chambre… quoi que je doute que l’autre là-haut, le prenne bien… » Vous savez celui qui squatte le lit et donc met du désordre par la même occasion. Car malgré sa grande classe, ça reste une bestiole qui s’amuse d’un rien. Drame de sa vie.

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MessageMar 9 Juin 2009 - 22:18

Un soupir de douleur échappa à Tyrol dont le dos faiblissait lentement mais sûrement malgré toutes les pauses qu'il avait prises lors de ces longues heures de rangement. Il n'avait pas compté combien d'heures, mais cela devait faire beaucoup car le jour s'était levé depuis très longtemps ; Toutefois, le ciel gris et la pluie ne permettaient pas de donner une idée, même approximative, de l'heure. La tête lui tournait mais il s'obstinait à finir au moins cette pièce pour aujourd'hui. Pour aujourd'hui ? Mais combien de jours allait-il passer à nettoyer ?! Ah, pas question d'y rester une semaine à lui tout seul. Son pouvoir l'aidait beaucoup, mais il y avait bien des choses qu'il ne pouvait pas faire à la place de l'elfe, hélas. Il lui faudrait deux autres bras pour l'aider… Mais ces deux bras en question, ainsi que le corps livré avec, étaient encore en train de dormir à l'étage. Son étrange chasseur de nuisibles était parti le rejoindre lorsqu'on l'avait odieusement privé de sa couverture. Elle était sale. Elle ne l'était plus ! Alors, merci qui ?… Merci… "Mister". Surpris, Tyrol délaissa le rangement final des cartons et se tourna vers la voix qui lui était parvenue. Il n'eut pas le temps de répondre, prit au dépourvu par cette remarque d'humour vite suivie par d'autres. Eh bien… Eal était levé, et avec lui son ironie. D'abord surpris, puis un peu vexé, et enfin amusé, l'elfe blanc secoua la tête en levant les yeux au ciel avant de jeter le chiffon qu'il avait à la main au visage de l'oréade.

"Eh bien, jeune ingrat, tu attendras que je m'accorde une pause !"

Il était fatigué, oui, et n'avait pas de second souffle. A chaque nouvelle pause, il allait un petit peu mieux, mais lorsqu'il reprenait sa tâche, son corps faiblissait toujours plus rapidement. N'ayant besoin que de deux heures de sommeil, il avait de nombreuses autres heures à occuper : Il s'était donc dit qu'il était temps de commencer à accomplir ce que son compagnon, encore seul il y avait quelques jours, avait bien rechigné à faire. Et croyez-le il y avait eu du travail… Surtout pour quelqu'un qui n'avait jamais fait de ménage de sa vie. Un membre de la Famille Royale ne s'occupe pas de cela logiquement, et, bien que sa formation de Haut-Prêtre lui ait appris les bases des tâches quotidiennes – cela vous inculque l'humilité de très bonne façon –, la pratique avait manqué. Enfin, il n'avait rien cassé et ça, c'était quelque chose. Il s'en était vu avec le contenu des boîtes, ayant même longuement hésité avant de les toucher. Mais au final, quoique très usé physiquement et espérant ne pas avoir à refaire ça tous les jours, Tyrol avait la fierté d'avoir réussi seul. Il soupira et se laissa tomber sur ce qui servait de divan. Une douleur fulgurante lui traversa le dos et lui brûla les hanches, mais il souriait.

"Apprends que la vaisselle est faite. La cuisine est propre. Par Haeris, je respire !"

Ses poumons allaient en effet mieux maintenant que la majeure partie de la poussière était dehors, sous la pluie, et non plus accumulée sur les meubles. L'elfe blanc se demanda un instant si Eal aurait fait le ménage en apprenant par avance le retour de son compagnon, histoire de lui éviter l'asphyxie… Quant aux qualités autre que le rangement chez "Mister", le Mister en question n'avait pas de réponse à donner. Sans doute à ce propos Eal n'attendait-il pas de réponse, même. Et il devait bien l'avoir. Allons, qu'importe ! Tyrol toussota un peu, se racla la gorge, puis balaya la pièce des yeux, content de lui. Il pointa ensuite du doigt un petit coin à côté de la cheminée.

"J'ai ramené quelques affaires à moi. De la paperasse, du travail… Des vêtements. J'en ai trié d'ailleurs, ceux que je ne voulais plus ont fini en chiffons, tu n'en avais pas."

Il se remit à rire en montrant ledit chiffon qu'il avait jeté à la figure de son compagnon un peu plus tôt. De plus près on pouvait effectivement deviner un bout de tunique à motifs… L'elfe en portait de plus en plus rarement. Pour ainsi dire plus du tout. D'ailleurs n'y avait-il pas clairement quelque chose de changé ?… Bon, tout avait plus ou moins changé de tout évidence. Mais en plus des yeux et des cheveux, il y avait effectivement quelque chose au niveau vestimentaire. Les couleurs étaient globalement les mêmes, blanc, vert, or, mais Le bleu s'y était ajouté, de même que le noir. Il les portait aujourd'hui. A noter que le décalage entre la tenue et la besogne était toutefois toujours présent : En effet, s'il ne portait plus d'amples tuniques peu pratiques et adaptées, ses habits restaient encore bien chics pour un homme qui nettoyait les meubles et récurait le sol : Une chemise en soie à jabot, bleu ciel, sous un veston noir, et un pantalon large de la même couleur, en tissu simple. Il s'était tout juste contenté de retrousser les manches de la chemise. Mais il ne semblait plus vraiment se préoccuper obsessionnellement de la propreté de ses vêtements, désormais. Ni même de l'ordre ou du désordre de ses cheveux, d'ailleurs actuellement attachés en une tresse unique et mal serrée. Cela suffisait pour ne pas être gêné, voilà tout ! Tyrol soupira à nouveau, conservant pourtant son sourire.

"Par contre pour ce qui est de la nourriture, je ne peux rien faire pour toi si tu as faim !"

Il secoua les mains et la tête, amusé, en signe d'abandon. Il ne savait pas ce qu'Eal voulait, ni où les choses se trouvaient exactement, il ne savait pas ne serait-ce que beurrer une tartine et puis…. Il avait une flemme terrible. Il en avait bien le droit.

"Mais avant que tu n'y ailles, chéri…" chantonna-t-il avec un air faussement naïf, se tournant et tendant les bras pour attraper quelque chose non loin du divan, "… Sais-tu ce qu'est ceci ? Un indice, ça ne se mange pas et ça ne mange pas les gens non plus…"

A son tour d'arborer un sourire en coin moqueur, tendant tranquillement vers son compagnon un objet encore mystique fait d'un long manche de bois doté de poils drus au bout, le tout assemblé d'une seule pièce. Etrange et pourtant aussi réel que la présence de Tyrol… Et aussi utile que lui pour le ménage… Prenez votre temps, il vous reste deux jokers !

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Eal
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MessageMar 3 Nov 2009 - 21:52

Sourire en coin, Eal réceptionna de justesse le chiffon, ce truc immonde poissa d’ailleurs sa main. Toujours adossé au mur il ne quittait pas des yeux l’elfe. Ranger la maison ne lui était pas venu à l’esprit, jamais il n’avait du ranger quoi que ce soit pour la simple et bonne raison que pour ranger certaines choses il fallait les posséder. Jamais il n’avait possédé d’objet à long terme, les choses avaient fait en sorte qu’il ne s’attarde jamais à un endroit, c’était la première fois, la première fois qu’il avait un espace réellement à lui, alors certaines notions n’étaient pas encore bien acquises. Ouai on n’avait jamais vu excuse plus bidon que celle là…

Lâchant le chiffon sur une des caisses bonnes à jeter, il dut se rendre compte des efforts que ça représentait pour Lén tout ce ménage. Sa constitution n’était pas aussi forte que la sienne, son regard s’assombrit même quand l’elfe en question toussa légèrement. Il aurait du le réveiller, Eal l’aurait aidé ! Quittant son mur, l’oréade s’avança vers les affaires que lui désignait son cher et tendre.

-« Tu jette des vêtements à toi c’est nouveau ça… » S’arrêtant en plein milieu de sa phrase il se rendit compte de la stupidité de la chose.

Bien sur que c’était nouveau, tellement de choses avaient changé, suffisait de les regarder pour s’en rendre compte.

-« Je vois des cours, tu as gardé toujours ton statut de professeur ? Beaucoup de choses sont différentes à l’école j’imagine…Je me souviens des soirées avec les autres au coin du feu, douce époque, la majorité a sans doute disparu… » Termina t’il plus bas en se tournant vers Tyrol.

L’elfe qui se tenait devant lui n’était plus le Lén d’autrefois et alors ? Ce que reflétaient ses yeux absinthe ne mentait pas. Une part était restée le Tannier d’autrefois, une part qui apparaissait en sa présence et c’était le plus important. Nourriture ? Oh ça il pouvait s’en charger ! C’est que l’oréade peut se montre débrouillard, autant qu’un chacal en manque de bouffe ! Et il allait même nourrir sa nouvelle meute ! L’air employé par Lén lui tira un rire discret.

-« Tu as tout d’une parfaite épouse c’est… mignon. » Esquissa
t’il dans un sourire narquois.

Et là dans un sursaut étrange il lui tendit un truc… un truc… en bois, avec une sorte de touffe de paille à l’extrémité. Mais c’était quoi cette chose ?

-« T’as construit ça pendant que je dormais ? … »

Bien sur que non… mais non là son esprit ratait quelques marches.

-« T’as trouvé ça ici ? » Impossible il était sur qu’il avait bien vérifié quand il avait emménagé que rien ne traînait de trop suspect. Il l’aurait remarqué ce… machin !

Prenant dans la main le balais, il l’observa un instant avant de le jeter derrière lui sur le sol. Aucun intérêt. Une main dans les poches, il se rapprocha de Lén. Déposa un baiser sur son front avant de se diriger vers la cuisine. Son elfe avait bien mérité une boisson chaude. Dehors la pluie s’était arrêtée et le ciel devenait bleu au fur et à mesure que le temps avançait. L’eau bouillait dans sa main avant qu’il ne la dépose dans un grand récipient qui ferait office de pichet. Dans une de ses armoires il sortit un sachet bleu fermé d’une pince en fer. Du thé, plus exactement des feuilles de camélia doré, séchées pendant 3 jours son patron du moment lui avait vanté ses effets thérapeutiques. Une sorte ce calmant et de fortifiant. Juste parfait après une journée de travail. Juste assez pour Lén ! Mettant quelques feuilles dans le récipient sans un regard il refit bouillir l’eau quelques instants et apporta la boisson et deux gobelets (propres du coup) à son ami. Les déposants sur la table l’oréade s’assit à côté de Lén.

-« T’as bien bossé, mais te fatigue quand même pas trop, je te connais suffisamment pour savoir que tu ne dois pas exagérer les efforts physiques. »

Remplissant les deux gobelets, il en donna un à Lén avant de déposer sa tête contre son épaule.

-« J’irai chercher de quoi nous restaurer mais là, laisses moi encore un instant à tes côtés… »

Bah ouai quoi. Ça ne faisait qu’hier qu’ils s’étaient retrouvés !


-Fin du Post-

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