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 Nous méritons toutes nos rencontres (Di)

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Iblîs Nemrodus
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MessageLun 19 Nov 2007 - 21:36

Thème musical : Noir OST2, Le Grand Retour


"Il existe des rencontres qui sont dictées par la volonté des Hommes, d'autres par le Destin, d'autres par le Hasard seul. Mais ce qui est important, c'est de savoir comment elles finiront."
Mahel Leephir, Barde de la reine d'Ettine





Nous sommes dans les environs d'Elament.
Il doit être aux alentours de dix-huit heures.
Il fait un temps épouvantable.


La tempête avait commencé il y a plusieurs heures. C'était la première depuis la Bataille d'Elament, et elle avait attendu longtemps avant de frapper. Oh, cela, assurément. elle avait pris son temps, regroupant ses troupes de nuées, battant le rappel du ban et de l'arrière-ban des nuages. Elle avait massé ses troupes, au-dessus de la mer, droit en face des Falaises. Tout l'après-midi, on les avait entendu rugir, et gronder les tambours de guerre.

Et quand elle avait été prête, alors, elle s'était ruée. Le soleil ne s'était jamais couché sur les Falaises, avalé par une masse grisonnante. Le Vent s'était mis à tourbillonner et à hurler. Il n'était plus brise du soir, mais gifle de tempête, et la rafale avait griffes et crocs! Ah! Voyageurs! Est-ce amusant? Tenez! Tenez! Et encore celle-ci! Aprennez que nul n'est avisé de venir se promener en ces lieux quand le ciel est furieux ... comment? Vous en avez assez? Eh bien, pas nous! Rrraaan!

Eclair.


L'espace d'une fraction de seconde, les nuées se sont inondées d'une lueur spectrale. Et pendant cet instant, regarder la mer vous aurait glacé d'effroi. Ce n'était plus le calme rivage de tous les jours, ni une dalle de verre comme aux jours sans vent. C'était à présent un chaos total, un champ de bataille déchaîné, une terre liquide ravagée par un Jugement Dernier! Les montagnes alternaient avec les gouffres, et sur chaque crète déchirée se dressent mille soldats d'écume. Déchiquetées, les masses liquides se jettent les une sur les autres, fondent renaissent pour exploser encore! Et on jurerait tout ce monde hurle d'une voix étrange, aux limites de l'audible ... vraiment, on le jurerait, si le tonnerre et le vent n'empêchaient pas toute écoute ...

Mais le pire est ailleurs ... le pire est en bas, tout en bas ... allez, regardez ... oui, ici, à vos pieds, tout en bas des cent mètres de chute. Là, sans cesse, de gigantesques béliers se ruent contre la muraille. A côté d'eux, la plus puissante machine de guerre des hommes aurait l'air de jouerts, et même une porte d'authentique fabrication Naine volerait au premier coup de ces léviathans ... Les vagues gigantesques arrivent à la vitesse d'un dragon en vol, et avec une furie indescriptible, elles se ruent contre le roc ... alors retentit un bruit ourd et sinistre, qui résonne dans l'air et la pierre comme un bourdon de cathédrale, tandis que jaillit l'écume pulvérisée. Boum .. boum ... BOUM ....

Cette nuit, le froid n'étend pas son étreinte glacée sur les choses. La lune n'y jette pas son rayon d'agent. Les étoiles ne scintillent pas, et on les dirait éteintes à jamais.
Mais qu'importe, car il n'y a personne pour les voir, cette tempête. Aucun homme ne s'y risquerait, surtout pas aussi près d'un précipice.
Non, non, aucun homme.


Et sachez-le, enfants. A partir du moment où vous savez cette nuance, tout change. Car le monde tout entier se peuple soudain de présence en plein coeur de la tourmente. Voyez-vous le Goéland passer comme une flèche, à l'aise au milieu des pires rafles? Voyez-vous le petit rongeur fuir d'un trou à l'autre? Voyez-vous les Sylphes qui dansent presque sur l'eau, en bas du gouffre? Voyez-vous esprits de l'Eau, sur la surface de la mer, y trouver un terrain de eu plus merveilleux que ceux des hommes?

Ah, je vois. Vous ne croyez pas aux merveilles.
Pas à votre âge.
En ce cas restez, justement.


Car si vous ne croyez pas aux fables, vous ne serez pas effrayé par un autre être qui hante cet ouragan. Venez avec vous ... venez, vous dis-je! Longeons le long de la Falaise. Voyez, elle s'abaisse, sa pente se fait plus douce et déjà nous sentons les premiers embruns ... Nous sommes dans la partie basse, là où s'ouvret les Grottes de Finduilas Sûrion. Regardez bien, à présent. Vous la voyez, n'est-ce pas?

Cette chose.
Cette chose noire.


Pourquoi frémissez-vous? Ce n'est qu'un de ces mythes auxquels vous ne croyez pas. Juste un nuage de brume, un peu plus compact que les autres. Il n'a rien de particulier hormis sa couleur d'un noir absolu, et le fait qu'il n'est pas censé se trouver là. Sous un tel vent, aucune nappe de brume ne peut se maintenir avec cette cohésion. Encore moins avancer contre le vent. C'est vrai. Heh!

Mais de quoi avez-vous peur? Regardez, à l'intérieur de la brume noire, ce n'est qu'un homme. Soit, il mesure presque deux mètres de haut, enveloppé dans son manteau qui flotte à la rafle, et il semble glisser plutôt que marcher. Soit, si on le regardait de près, on verrait un masque de statue, lisse et inexpressif, encadrant deux yeux insoutenables, qui brillaient comme des diamants et absorbent pourtant toute lumière. Soit, il émane de lui quelque chose de plus noir et de plus glacé que tout ce que vous connaissez, et rien que son regard donne envie de hurler d'horreur. Mais qu'importe? Ce n'est qu'un homme. Puisque vous ne croyez pas aux démons. Heh.

Venez! Suivons l'homme noir. Ne craignez rien. Nous ne sommes pas de son monde, et nul ne peut nous voir - pas même celui dont vous n'avez jamais écouté la légende. Bonne occasion pour le connaître. D'où vient-il, je l'ignore moi-même. Comme à l'accoutumée, il a surgi du noir du froid, de nulle part. Sous la pluie rageuse, il avance régulièrement. Quand le vent fait voler sa capuche, il n'esquisse même pas le geste de la remonter. La bise froide souffle et déroule sa chevelure de jais. L'eau ruisselle sur son visage pâle. Droit devant lui, il regarde. Droit devant lui, il avance. Heh !!

Allons, venez. Je sais où va le Sombre. Comme bien des fois, comme chaque fois que le tempête gronde. Pourquoi, cela aussi je l'ignore, et peut-être que cela vaut mieux. Venez. Dépassons-le - cessez de tremblez, de grâce ... notre vol est léger, à la vitesse de la pensée. Entrons dans cette grotte, installons-nous, il n'y arrivera pas avant plusieurs minutes, lui ... voyez-vous, c'est l'avantage de ne pas faire réellement partie de l'histoire et ...

Oh, oh ?


Vous verrez, il y a d'autres avantages à cela. Nous pourrions bien assister à un spectacle plus intéressant que je le pensais, aujourd'hui. Car voyez-vous, aujourd'hui, cette grotte n'est pas vide. Pensez-en ce que vous voulez : je n'ai vu personne, mais j'ai ce sentiment. Et je me suis rarement trompé - d'ailleurs, aucun risque. Après tout, c'est moi qui en déciderai ...

La silhouette de l'être sombre est déjà à l'entrée. Il s'est arrêté là, ses mèches plaquées par la pluie, dégouttant d'eau comme un vieux vagabond aviné. Il ne serait plus très effrayant, en fait. Si seulement il n'y avait pas autour de lui cette vibration étrange qui tout à la fois, fascine et met mal à l'aise. Si nous avions des yeux capables de voir l'invisible, nous verrions peut-être quelque chose que nous n'aimerions pas voir. Mais même ainsi, nous le sentons. Dans sa couleur, sa silhouette, ses mouvements, son aura, enfin dans tout en lui ... même dans sa voix spectrale qui vient de résonner dans le silence ...


"Puis-je entrer?"

Evidemment, ce n'est pas à nous qu'il s'adresse - pourtant, dans cette grotte, il n'y a que nous ... que nous ... et ... heh! Ne vous l'avais-je pas dit?

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Di
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MessageMar 20 Nov 2007 - 22:32

Dans un creux de la grotte, dans une vague d’ombre, un être attendait là… effectivement, la grotte n’était pas si vide qu’elle le paraissait. Et cet être n’était pas un homme, pourtant, il était humain. Comment ? Que dis-tu ? C’est quoi cette invention encore ? Je n’invente pas, il arrive que la nature fasse des erreurs… erreurs, c’est vite dit, chacun voit ce phénomène comme il le veut. A savoir, cet étrange personnage est un hybride chacal. Tout de la bête mais avec la parole, et la posture humaine. Il sortit de son coin d’ombre sans mot dire, avec dans ses mouvement, une certaine grâce et dignité. Un animal marchant avec discrétion, estompant les bruits de ses pas. Raclement de gorge, le corps se fend dans la pénombre, apparaissant lentement, découvrant ses formes bestiales. Un poil soyeux, marron aux reflets roux, en apesanteur, son élément vient rafraîchir la bulle qui l’enveloppe. L’air… ses deux billes luisaient dans cette grotte insolite. On pouvait apercevoir, sur son profil gauche, autour de son œil malade, une multitude de piercings en argent, des anneaux pour la plus part, tout comme sur son oreille gauche d’ailleurs. Décrire son style vestimentaire ne ferra pas partie de mes tâches. Vous n’avez qu’à le contempler pour y découvrir son côté vagabond et guerrier. Craquement de nuque, second raclement de gorge.

"- Entrez donc, je vous attendais."

La voix de l’étrange personnage raisonna dans chaque recoin granuleux de la grotte, une voix douce, mélangée entre le grave et l’aigu, il ne parlait pas très fort, mais une étrange résonance corporelle était distinct. Craquement de mâchoire. Ce serait mentir que de dire qu’il n’était pas intimidé par le Démon entouré d’une brume noire, muni d’un masque inexpressif. Quelle grandeur ! Sans parler de sa taille imposante. Impressionné, si ce n’est dire, admiratif envers la force qu’il dégage. Il l’observa avec humilité, sachant très bien ne pas faire le poids. Mais il avait son jeu de carte en mains, et il était très bon tricheur. Mais une question se posa soudainement en lui, tel un murmure de fourberie… il était un chasseur de prime, voir même, le Maître des traqueurs, et ce qu’il cherchait était en grande partie de l’argent. Que ce soit démon, elfe, nain, ange… le résultat serrait le même pour ses bénéfices. Il se foutait éperdument du côté où il posait sa carcasse, tant que la paye venait dans sa bourse. S’il devait se faufiler dans les maillons des ténèbres, pour une somme bien plus alléchante qu’il ne devrait gagner déjà, il n’hésiterait pas une seule seconde à retourner sa veste. Oui, il n’était pas de ceux qui classent des catégories, ou tout blanc, ou tout noir. Il se foutait aussi que les Démons avaient dévasté bien des terres, saccagé bien des villages et des âmes. Il n’était à la merci de personne, juste un chasseur pas toujours très honnête. Mais ne tournons pas si vite les pages, ne faisons pas de conclusions avant même qu’il n’ait lancé sa pièce, pour choisir pile… la pièce avait en effet deux faces, mais on pouvait aussi voir qu’elle était gravée minutieusement de chaque côté, par le reflet pile. Une pièce truquée, une pièce menteuse. Une pièce… joueuse. Il fit quelques pas encore, puis arrêta sa marche. Dévoilant seulement son profil droit. Les oreilles pointée vers le haut. Sur son visage de chacal, on pouvait y lire une expression placide, sans crainte, avec un petit sourire comme le font si bien ces gens trop superficiels à son goût, des bourgeois qui ne connaissent que le luxe, et les belles paroles vides. C’était un jeu. « Oui entrez donc, sourire faux, comment allez vous ? Voudriez-vous boire quelque chose qui puisse satisfaire vos besoins ? » Un jeu imitant ainsi ce comportement hypocrite. Dehors, le temps est coléreux, ici, ce sont les échos des soupires du vent, qui viennent s’écraser dans chaque recoin. Deux être se font face. Avec une politesse des plus enviable, mais il ne faut jamais se fier aux apparences, vous savez tous aussi bien que moi, qu’elles peuvent être trompeuses. Nous avons tous en nous, une partie mauvaise, certains l’exploitent plus que d’autre, et le Canidé à la posture humaine, l’exploite, savourant le plaisir qu’il a, à tromper ses adversaires. En cet instant, il se doutait bien… rhaaaaa il le connaissait de trop, son second lui, celui qui sommeil au fond de son être, ne s’empêcha pas de prendre la parole, raisonnant dans son crâne.


*- ha bah bien ! En voilà une chose qu’elle est bonne mon pote !
- Quoi ?
– T’est sérieux ? Tu vas le buter, prendre sa tête, vendre son sang, et te faire un paquet de thunes ?
- Euh…
- J’te donne une seconde et je te rejoint au cimetière, ça roule ?
- J’voyais pas ça sous cet angle du schnock…
- Bon allez, soit sérieux Di, j’te connais, tu a peur, tu te pisse dessus, t’en viendrais à crier maman alors que tu n’a jamais vu sa tronche , et après tu va te regarder, tu diras « bobo là » et tu vas te délecter de ton sang, et…
- La ferme !*

Si vous connaissez Di, alors vous n’êtes sans nul doute, aucunement surpris par la manière si habituelle de boucler son dialogue intérieur. Di fit un sourire qui changea un temps soit peu l’expression de son visage. Il avait quitté ce coin d’ombre, ou son dos était reposé contre les parois de la grotte, pour se retrouver debout, une main proche de sa ceinture, l’autre jouant avec sa pièce.

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Iblîs Nemrodus
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MessageLun 26 Nov 2007 - 13:21

Il y eut un éclair.

Un éclair très lointain, sans tonnerre. L'ouragan se déchaînait surtout en mer. Ce soir, au large, l'eau et le ciel s'unissaient, et nul ne savait si c'était une tempête d'amour ou de fureur. De gigantesques étincelles de foudre irisaient les vagues, mais leur bruit mourait dans la tourmente et le vent déchaîné. Seule leur lumière froide traversait les rafales et les embruns, pour venir jusqu'à la côte.

Les rayons blancs arrivèrent si vite qu'on les aurait dit surgis de nulle part. Leur armée déferla soudain sur la côte et inonda le monde d'un blanc spectral. Vous la connaissez, cette étrange impression que laissent souvent les éclairs. Pendant une interminable seconde, le temps parut suspendre sa course, et tout se figea. Les goélands dans leur vol, les vagues écumantes, les falaises couleur de lait, la silhouette à l'entrée de la grotte.

De l'intérieur de la caverne, tout ce qu'on vit dans ce flamboiement silencieux, ce fut deux visages. Celui d'Iblîs se détacha soudainement de son manteau noir, et ses traits de statue furent tout à coup éclairés en grand : l'expression dépourvue de tout sentiment, et les yeux sans fond qui vous regardaient avec un intérêt malsain. Celui de Di fut soudain tiré de l'ombre. L'impitoyable lumière révéla tout, l'espace d'un instant sans fin.

Les poils gris ou bruns, hirsutes et sauvages, rebelles à la loi du peigne comme à tout autre maître.
Les traits burinés comme une sculpture où l'Artiste aurait montré l'homme et la bête fondus en un seul.
L'oeil droit où luit doucement la lueur de la vie, empreinte à la fois de vigilance animale et de roublerie humaine.
Le gauche mort et pourtant si semblable à ceux d'Iblîs lui-même, emplis de ce reflet étrange qui discerne l'Autre Monde.


Le flash s'éteignit. Quand la pénombre revint à nouveau, la statue du nom d'Iblîs s'anima. Il entra dans la grotte, apportant avec lui le froid et l'odeur du vent marin. Avisant un siège naturel taillé dans la pierre, le long de la paroi, le Démon s'installa face à celui qu'il venait de rencontrer. Sa cape glissa de ses épaules, révélant la longue tunique qui le faisait paraître encore plus squelettique.


"Vous m'attendiez ... vous êtes un hôte étrange, Voyant."

Sans hâte, il remonta la jambe jusqu'à sa poitrine, entoura son mollet de ses bras et posa son menton sur son genou. Une pose d'enfant peut-être, mais ce qu'inspirait ces gestes n'était rien moins qu'enfantin. Dans chaque mouvement, on devinait quelque chose de si lent, si glissé, si ... écailleux - oui, c'était cela ... Quelque chose de reptilien. Il en ressemblait presque à un grand serpent enroulant ses anneaux en des poses grotesques et des figures étranges, tout en vous couvant de ses yeux sans vie.

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Di
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MessageMar 27 Nov 2007 - 12:27

Deux oreilles frémissant au moindre son. Le drapé de la cap sur les épaule de cet être, venant se froisser, chatouilla le creux de son ouie. Eh bien, Di s'attendait effectivement à croiser un démon, car avouer le, ce lieu n'était pas un grand jardin de verdure, ou les papillons dansent sous le soleil, ou les elfes se bécotent... cela-dit, il ne s'attendait pas à croiser une telle grandeur... il ne s'était jamais imaginé un Démon aussi flippant. Oui, c'est le cas de le dire, je n'ai d'autres mots pour décrire ce que Di ressentait. Mais il avait confiance en lui, quoi qu'un peu moins en son hôte. Il faut l'avouer. Qui pouvait avoir confiance en un hôte aussi insolite que le sien ? Qui pouvait avoir confiance en cette personne, qui révèle tout juste son identité, et qui, autrefois, avait tué des êtres et des villages sans aucun remord ? Oui, qui ? Mais Di prenait petit à petit, malgré lui, la voie de ce squatteur. On ne peut détourner le destin, seulement la destinée.

" - Avouez que ce n'est pas un lieu ou l'on se balade tous les jours..."

Di inspira lentement, puis expira tout aussi lentement, gardant son calme.

" - Voyez-vous..."


Petite pose au beau milieux de sa phrase. Oui, on ne peut apprendre à être bavard en l'espace de peu de temps.

" - Je me présente... assistant de Vishnu Garland, sous le nom des "Sentinelles".

Di tourna sur lui même en marchant. Gratouillant son crâne, entre les oreilles de ses griffes.

" - Et il me semblait normal de faire votre connaissance."


Le squatteur s'activa une fois de plus dans son petit crâne.

* - Hé tu pense qu'il va gober ça ?
- Il devra bien, tout est vrai.
- Il va te prendre pour un fou...
- Et alors ? Je le suis.
- Ok... j'te laisse payer la conséquence de tes actes.*

Di savait pertinemment qu'il venait faire une belle connerie, il avait toujours joué dans la manipulation, et réussi à se faufiler pour bosser un peu partout, seulement... ce n'était plus les petites magouilles d'avant. Il était face à la réalité de ce monde. Les ténèbres étaient en face de lui, et il comprenait petit à petit, combien il se lançait dans un périple des plus dangereux. Mais il avait l'esprit assez tranquille. Trop, même. Il remarqua le geste, évidemment enfantin du Démon. Ce qui lui donné sur le coin de la gueule un léger sourire. Au fond, on est tous humain.

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MessageJeu 6 Déc 2007 - 8:52

Cette fois, le démon noir sourit franchement. De ce terrible sourire de glace qui flotte sur les lèvres et ne vient pas du coeur, parodie sardonique de cette douce expression de visage dans la lumière intermittente des éclairs.

"Ceux qui arpentent le monde nocturne finissent toujours par me rencontrer. Mais rares sont ceux qui en sont satisfaits, encore moins ceux qui m'attendent."

Un instrant, l'image de Breïna passa dans l'esprit du démon. Tiens, au fait. Qu'était-elle devenue? Cette femme avait l'étrange habitude d'échapper à toute surveillance, comme si elle passait librement à travers les mailles de la toile de vigilance qu'Iblîs tendait patiemment autour d'Elament. C'était ennuyeux pour le moment, mais c'était une conséquence logique de lui avoir montré ce qu'elle avait vu la Nuit de la Lune Rouge. Et cela était nécessaire pour l'avenir - comme chacun des gestes d'Iblîs.

Pour l'heure, Breïna court encore la nuit, ne craignant plus les ombres désormais. Inconsciente qu'une autre toile était en train de se tisser, non plus les mille créatures qui espionnaient, mais une toile bien plus subtile, quelque part dans les longs couloirs de l'avenir. Mais ne nous égarons pas. Cette nuit, une nouvelle pièce vient d'entrer dans le jeu.


"Ainsi, Garland continue à travailler à ses propres plans ... grand bien lui fasse, du moment qu'ils n'entravent pas les miens. Ravi de faire votre connaissance, Sentinelle, puisqu'il vous plaît de vous faire connaître sous ce nom."

Iblîs pencha la tête de côté et continua de dévisager le Chacal avec une curiosité non dissimulée. Il était vain de le nier : cet individu l'intéressait. D'abord parce qu'il ne le connaissait pas. En soi, c'était déjà anormal, car tout habitant de la Cité un peu exceptionnel était généralement connu par la Caverne. Or s'il connaissait Chilk Agony, qui se faisait apeller le Chacal, mais ce Chacal-ci était bien différent. Il était un authentique hybride, et il n'avait pas l'aura de violence incontrôlable de son homonyme. Semblable - et à la fois différent, car il y avait en lui la ruse et la dissimulation. Et Iblîs était loin de mépriser cela.

Et surtout ... il y avait cet oeil. Celui qui voyait l'invisible et les choses qui devraient être ignorées. Savait-il quel inquiétant pouvoir c'était là, quelles potentialités s'ouvraient aux rares mortels qui possédaient le pouvoir de l'Invisible? Et s'il s'en était rendu compte, jusqu'à quel point le maîtrisait-il? Car les Magiciens sont si souvent effrayés par le vrai pouvoir, qu'ils laissent tant et tant de trésors inutilisés ...


"Vous avez l'odeur de ceux qu'aucun mur ne peut contenir bien longtemps. Pourtant, c'est une nuit où il ne fait pas bon être dehors."

A nouveau, pas de question directe. Juste une remarque, mais qui laisse derrière elle un grand silence - et une infinité de réponses possibles dont peu seront vraies.

Jouons, semblent dire les yeux d'obsidienne avec un sombre amusement. Dis-moi qui tu es peut-être et je te dirai ce que je ne suis sûrement pas.

Le jeu de la question et de la réponse - le jeu du masque et de la marionnette, celui de la vérité et du mensonge. Dis, qui sait ce que nous y découvrirons?

Souviens-toi, souviens-toi ... dis, viens jouer le jeu encore une fois.

Dis ... Dis!

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Di
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MessageJeu 6 Déc 2007 - 17:43

Di écoutait la créature des ténèbres. Et ça manière qu'il avait, à l'observer, l'intriguait. Peut-être qu'il avait une bonne carte en mains. Ce que Di savait, c'est qu'il ne cherchait pas à être satisfait de quoi que ce soit, ne venant chercher qu'une seule chose, à gagner plus. S'il ne pouvait gagner de son côté, il s'amusera avec sa pièce pour gagner sur l'autre face. Celà dit, en effet, il l'avait attendu. Toujours sous le nom de pure folie, mais il avait toujours appris une chose importante pour vivre, survivre. Ne pas se chercher un rang, pour faire comme les normes le veulent, car en faisant ainci, on gagne ou perd les mêmes choses que tous les autres. Il faisait donc son chemin, ne cherchant pas à suivre une quelconque personne. Juste, son chemin, celui qui passe là ou nullle autre personne ne s'aventure.

Sentinelle était un mot comme tant d'autres, mais il avait une raisonnance que Di aimait, mais aussi, une sentinelle à une position importante, des responsabilitées. Mais oui, c'était un mot, et Di parfois s'attachait à leur prononciation plus qu'à leur signification. Peut-être que ça pouvait parraître stupide... au sujet des plans que le masqué cita, Di fit craquer sa nuque. Quoi qu'il ce passe, il se sentait toujours libre pour aller et venir, il n'était pas esclave d'une quelconque liaison. Si celle des sentinelles lui apportait profils, ce qui était pour l'instant le cas, il ne changerait pas le projet, mais s'il devait tout lacher pour gagner plus encore, il s'en lécherait les babines bien avant de tout claquer. Il navait pas de sentiments, d'ailleurs, en revenant au mot "sentinelle", ça colle pas mal. Les sentinelles ne sont pas là pour user de leur sentiments, mais pour les actes.

"Vous avez l'odeur de ceux qu'aucun mur ne peut contenir bien longtemps. Pourtant, c'est une nuit où il ne fait pas bon être dehors."

Interressant. S'il analysait ses dires il pouvait en dire beaucoup de choses. Un passage, une odeur, une odeur différente... assez pour que l'entourage, quel qu'il soit, ne puisse la retenir. Libre. Mais ce n'est qu'une petite interprétation parmis tant d'autres. "l'odeur de ceux". Encore un groupe venant rassembler un genre de personnes, mais ici, un rang très vide, un rang petit. Le temps. L'odeur. Di allait et venait déjà dans sa tête. Ne pouvant s'empêcher d'analyser chaque détail. Mais le second frappe.

*- Regardes le, il te dévisage. Facinant... on dirait qu'il s'interroge à ton sujet. Etrange.
- Peut-être...
- Regardes bien, je ressend une démarche souriante.
- Il porte un masque.
- La démarche, tu ne vas pas me faire croire à ton ignorance ?
- Non. J'analyse.
- Qu'attends-tu de lui ?
- Rien.
- Qu'attends-tu alors ?
- Voir son jeu de cartes.*

Di sentait effectivement un jeu. Une situation amusante en cet instant même.

*- Un peu de thé ?
- Non Di... c'est nul là.*

Ce soir, Di n'avait pas envie de sortir les griffes, mais ne connaissant pas encore le jeu du Démon, il ne pouvait encore affirmer qu'il n' aurrait pas du sang sur le sol.

"- Je me suis présenté, mais en réalitié, maintenant je peux me présenter sous mon nom. Di."

Di tire une cloppe, la dépose avec légerté entre ses lèvres. La fumée... quelle belle fumée. Le temps qui passe, l'espace qui l'entour. Le temps... oui.

"- Je trouvais ce lieu fort sympathique à mon goût. Confortable."

Nouvelle vague de fumée, sillonnant les chemins invisibles de l'espace, glissant sur les colines d'aire qui venaient englober Di. Il avait tout un tas de questions, mais à dire vrai, il n'était pas du genre à les poser, mais de celui qui cherchait à y répondre seul.

Sourire, sur le coin des lèvres. Délicat.



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Dernière édition par le Jeu 20 Déc 2007 - 16:57, édité 1 fois
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MessageJeu 20 Déc 2007 - 14:49

"Oh?"

Le Démon plissa les yeux. Il devait bien l'avouer, ce personnage ... l'intriguait. D'abord parce qu'il était un des rares qu'il n'aie pas immédiatement identifié. Un hybride Chacal ... le seul qu'il connaissait était Chilk, Chilk Agony qu'il avait croisé pendant la Bataille. Encore n'était-ce pas un hybride réel, car son surnom de Chacal était surtout dû à sa ténacité et son goût de la bataille. Témoin le terrible combat qui l'avait opposé à Archael de l'Air. Mais celui qui se trouvait en face de lui était différent. Il n'avait pas cette aura de folie, cette vibration de volcan sur le point d'entrer en éruption, qui caractérisait Chilk.

(un éclair passa, et immédiatement le tonnerre gronda. Ô grand Dieu de l'Orage, quelle fureur te tient, quelle souffrance te ronge, à hurler ainsi ta colère?)


Une autre différence était plus subtile, mais plus profonde. Chilk était simple et clair : une discussion avec lui se faisait à coup d'arguments frappants et percutants. Avec celui-ci, chaque phrase recelait mystères et duplicité. Mensonge? Non, pas vraiment, c'était moins grossier. La vérité est quelque chose de complexe, comme un diamant que l'on contemple sous de multiples facettes. On pouvait louvoyer entre elles, et en découvrir d'improbables contours ...


"Ainsi vous êtes Di, la Sentinelle. Pour moi, vous mériteriez un autre titre."

Iblîs n'avait pas relevé la réponse énigmatique de son interlocuteur. Ni l'un ni l'autre ne se trouvaient ici complètement volontairement. Ni l'un ni l'autre n'y étaient complètement par hasard, non plus. Et si une raison était plus importante que le hasard, elle deviendrait vite évidente.

Levant la main, il capta une partie de la légère fumée qui émanait de la cigarette. Ah, cettte manie des mortels de l'avaler, cette fumée ... n'était-t-elle pas mille fois plus belle avant, avec encore ses arabesques fragiles et changeantes, ces danseuses irréelles qui passaient et s'estompaient? Sous les doigts du démon, sous la magie sombre qui savait se faire délicate, elle dansa, cette fumée. Pourtant, les yeux noirs d'Iblîs ne la regardaient pas vraiment. a travers le nuage bleu, ils fixaient toujours le compagnon d'une nuit d'orage.


"Fermez votre oeil droit, cet oeil qui ne voit que l'apparence et la surface. Ouvrez l'autre, celui qui est aveugle et pourtant vit. Dites-moi ce que vous voyez en me regardant, Di le Voyant?"

Cette question avait toujours été divertissante pour le démon. Comment les mortels le voyaient-il?

Les enfants des eléments avaient tous en eux quelque chose qui les rapprochait de leur elément. Dans le cas de son interlocuteur, c'était quelque chose de souple, d'ondoyant, une grâce de danseur dans chaque geste et chaque pas. Et cette légèreté, cette liberté de mouvement unique était soulignée par l'apparence faussement rugueuse. Incontestablement, un enfant de l'Air. Et simultanément, les sens de l'invisible vous montraient autre chose. Quelque chose qu'il est difficile de traduire en mots : une étoile aux reflets bruns, une odeur de terre sèche, de poils mouillés, la vision fugace d'un vent de sable, la vigilance de l'oeil des fauve et le sourire rusé de l'escroc.

Et cet ensemble se nommait Di, le Chacal.



[désolé, post un peu bateau, manque d'inspi et de temps -_-]

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Di
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MessageSam 22 Déc 2007 - 18:22

[HRP] Pas grave Wink personnellement j'aime beaucoup ton poste. Bon je vais changer mes balises texte, ce serra plus lisible ainsi xD[/HRP]


Une exlamation, un visage caché par le masque. Quelle expression pouvait t-il bien adopter en cet instant ? Son visage avait-il une expression ? Ou était-il aussi innexpressif que son masque lisse ? Puis une remarque pas forcément innatendue, mais tout de même étrange, venant d'un Démon comme lui. Quel autre surnom Di méritait-t'il donc ? Quel mot ? Quel verbe... pouvait le définir ? Que méritait-il donc ? Di ne se souciant pas vraiment des surnoms, il ne savait pas lui même. Un mot, un nom... celà lui importait peu au final. Celà dit, sa curiositée lui demandait de questionner cet individus. Tout en l'observant, il le vit plonger sa main dans les méandres de sa fumée. Mmm...

Son oeil... en général, tout le monde le pense borgne. Etrange Démon. Que voyait-il donc avec cet oeil ? Rien d'extraordinaire. Ce n'était pas un élément magique avec de superbes visions. Certe utile parfois, mais qui le dérangeait plus qu'autre chose. Voir les spectres n'était pas une partie de plaisir. Et des spectres, ce n'est pas ce qui manquait. Son oeil droit lui montrait le monde comme tout le monde le voit. Le gauche le voyait de manière différante il est vrai, sans parler des spectres. Le monde spectral... comment le décrire ? Pouvait-on seulement le décrire ? Et surtout, le voyait-il comme toute personne possédant la même facultée ? Ou chacun avait une vision propre à lui même ? Parfois, il se bandait l'oeil gauche. Pas forcément pour éviter les spectres, mais tout simplement parce que l'addition des deux images, celle du monde materiel et du monde spectral, lui troublait la vue et pouvait être très problématique par moments. Di voyait le monde spectral de manière diforme, chaque élément étant plongé dans de délicats mouvements, ils ondulent tel des algues se laissant aller dans les courants chauds. L'atmosphère formait des vagues, le froid et le chaud se distinguaient assez bien. D'ailleurs, autour des corps vivants, Di voyait une fine couche chaude tout juste perceptible. Les couleurs dans le monde spéctral n'étaient pas très nombreuses. Des couleurs froides, une sorte de solitude, l'abandon de la vie tout simplement, et logiquement. Mais parfois, des pointes de couleurs plus chaudes, mais discrètes étaient visibles, mis à part la chaleur des corps. Di observa l'être masqué avec du recul et une petite dose d'humilité. L'humilité étant une chose importante. Un respect envers ce monde, envers ses ennemis tout aussi bien que la vie, la mort... il ne le voyait pas de manière extraordinnaire, bien qu'il remarqua une chose qu'il n'avait jamais vraiment vu sur les autres démons. Peut-être est-ce tout simplement parce que la force de celui-ci était plus développée. Pas la force physique, non, ceci n'est pas un point des plus important. En effet, il était comme noyé dans une fine brume spectrale. Pourtant, il était bien vivant. D'ailleurs, même chez les vampires, ces êtres qui marchent entre la vie et la mort... aucune trace de spectre. Ce qui aurait était logique si on jouait avec les mots. Mais la nature n'est pas faite ainsi. Les Ténèbres. Peut-être que cette vagues spéctrale venait d'ici ? En réalité, Di ne savait que très peut de choses. Mais bien assez pour ne pas se perdre.


" - Une vague spectrale."

Di tira sur sa cloppe.

" - Je ne vois rien de special. Cet oeil me montre le monde spéctral. Ni plus, ni moins."

La fumée sortie de sa bouche durant cette phrase. Entre ses crocs, elle glissait.

" - Je ne vois que cette vague. Votre corps lui même réside dans la sphère materielle et pourtant... je vous y retrouve parallèlement dans le monde spectral..."

Di se demandait si cette vague n'était pas le reflet spectral de la brume noire qui l'entourait dans la sphère materielle... possible. Peut-être même fort probable.

Le monde spectral, à ses yeux, c'était quoi ? Un lieu de désolation, il pouvait presque ressentir les sons, les cris et les pleurs de cette sphère, mais ce n'était que le travail de son imagination, car il ne possédait que la vision. Ce lieu... vide. Toute chose n'étant pas materielle, les spectres ne peuvent rien toucher. Ce qui pouvait être paradoxal lorsque Di observait un spectre bloqué dans une pièce... des champs de force sûrement.


* - Hé bonhomme, tu veux du frique ou une discussion ?
- Les deux.
- Tu devrait te motiver un peu plus mon grand.
- C'est toi qui dit ça ?
- Tu t'y prend comme une patate, et encore, c'est méchant pour les patates !
- La ferme !*

Eh encore un dialogue bouclé avec finesse. Di ne lachait pas cet être insolite des yeux. Etonnant, Di tenait un dialogue. Un dialogue autre qu'interne à lui même. Très étonnant, mis à part ce premier long dialogue au cimetière avec Ashe... il ne parlait pas. Mais il ne pouvait s'empêcher de parler avec lui. Il était démoniaque certe, mais en lui, Di ressanté un grande part d'humanité. Un être réfléchit et interressant. Tout en l'observant, il fit cogner par trois fois son "pied" gauche contre le sol, derrière le talon de l'autre, comme s'il voulait retirer une couche de terre. Il fit de même avec l'autre pied. La crainte était toujours présente, ce n'était pas un tel dialogue qui pouvait la lui estomper... quand on est face à plus fort que nous, le corps se crispe. Celui de Di n'était pas crispé, mais à l'interieur de ses pensées, il avait la trouille. Dehors, la rage du monde faisait entendre ses cris. Quelques éclairs, quelques grondements... que pouvait t-il bien ce passer en cet instant ? Ce lieu était-t-il toujours plongé dans l'orage ? Ou y'avait-il autre chose ?

" - Sentinelle... un mot comme un autre."

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Iblîs Nemrodus
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MessageVen 21 Mar 2008 - 23:19

Dans un bruit de tonnerre, une vague plus forte que les autres s'écrasa contre la falaise, résonnant dans la grotte et couvrant presque les paroles de Di. L' étrange interlocuteur du chacal ne mit cependant qu'un instant pour répondre.

"Un nom comme un autre?"

Le Démon se leva, haussant les épaules. En cette seconde, il incarnait toute l'arrogance et le mépris des êtres des ténèbres pour les autres races - la force et la sagesse supérieure qu'ils possédaient - ou plutôt, qu'ils croyaient posséder.

"Ceux de votre espèce ignorent la vraie nature du Nom. Il contient l'essence de toutes choses, ce que les définit, leur donne leur réalité. Plus vous serez proche de connaître le véritable nom d'une chose, plus vous serez proche de la comprendre et de la posséder. Ainsi pour tout être. Vous ne connaissez pas encore mon nom, n'est-ce pas, Di la Sentinelle. Je suis l'Ombre. Je suis la Nuit. Je suis Iblîs."

Le dernier mot avait été à peine murmuré, mais il avait été plus qu'un nom. Car instantanément, comme si un doigt divin avait couvert l'entrée, toute lumière s'éteignit. L'aura de linceul avait purement et simplement soufflé toute lumière en s'étalant autour d'eux. L'ouverture de la grotte, le reflet des éclairs, même la lueur de la cigarette de Di placée juste sous son nez ... toutes s'éteignirent, dévorées par les Ténèbres complètes, plus indicibles que la plus noire des nuits. Cela dura à peine un instant, mais qui parut horriblement long - car le monde avait totalement disparu, les laissant nus au milieu du Néant. Il envahissait tout, enserrant le coeur lui-même de sa main de glace, rongeant tout sentiment, vous changeant pour une seconde en un être de froid et d'insensibilité.

L'instant ne dura qu'aussi longtemps que l'écho qui prolongeait la voix du démon. Au fur et à mesure que celui-ci s'éteignait, le monde se remettait en place, après avoir été tordu un instant sous la toute-puissance du Verbe. Le monde était-il aussi simple? La clé qui expliquait l'univers et les lois qui le régissaient ne pouvaient être résumée aussi simplement - c'était presque une hérésie. Dans les paroles d'Iblîs, il y avait probablement autant de croyances déformées des démons que de vérité.


"Que ce soit pour nous ou pour vous, la loi est la même. Quand vous lancez un sort, vous utilisez inconsciemment les mots de la magie. La pensée n'est qu'un verbe à l'état encore parfait, avant d'être formulé par la voix. Si vous pensez être Di, la Sentinelle, alors ne considérez jamais ce nom comme quelconque. Chérissez-le comme un trésor."


Une giclée d'embruns pénétra dans la grotte, laissant la tempête se rappeler à leur bon souvenir. Iblîs s'était adossé contre la paroi, près de l'entrée, les bras croisés sur la poitrine. Il n'y avait plus la passion qui avait vibré dans sa voix, quelques secondes plus tôt.

"Alors? Que guettez-vous d'intéressant cette nuit?"

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Di
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MessageLun 24 Mar 2008 - 21:11

" - Vous "

Etrangement, Di secoua discrètement son corps. Un doux frisson venait de parcourir son corps, bien avant qu’il ne lui réponde. Ce n’était pas un frisson tel que celui qui décrit la peur, mais celui de la surprise. Les Ténèbres. Sensation agréable, mais dérangeante. Di voyait dans cette vague étrange d’absence de lumière, un rayon protecteur. Une protection que personne ne peut défaire. Mais aussi, un petit malaise durement descriptible. La peur du noir, est une peur connue, la peur des ténèbres, s’y rapproche. C’est une bulle d’ombre, pas forcément du néant, une bulle qui t’englobe, et te laisse seul, coupant ta vision. Seul, même si tu es accompagné. Le noir a souvent été angoissant. Mais Di n’était pas angoissé. Non pas parce que ses yeux de Chacal lui permettent de voir dans le noir. Dans la nuit noire oui, dans l’absence de toute lumière… non. Pas même son œil mort n’avait sauvé sa vue durant cet instant. Mais parce qu’il respirait calmement, et ça, depuis le début, bien avant même d’arriver dans cette grotte. Bien respirer, peut cacher, ou couper une angoisse. Bien respirer, apporte de la confiance en soit. Pourquoi d’ailleurs, cette tombée de voile noire sur fond lumineux ? Pourquoi après que cet être ait cité son nom ? Pourquoi attachait-il autant d’importance à un nom ? Pour Di un nom était une chose plus ou moins aléatoire. Bien qu’un nom pouvait être beau, contenir une histoire, une légende, pour Di, le nom ne faisait rien, seul celui qui porte le nom pouvait apporter de l’importance à un nom. Si avant sa mort, une personne faisait un acte reconnu par tout un peuple, le nom restera gravé dans la pierre, et deviendra un symbole. La prononciation de ce nom serrait alors, pour tout un chacun, un nom portant une valeur. Mais bien que la parole soit belle, que les langues des différentes races de ce globe soient enviables, un nom, un mot, n’est qu’un moyen de communication. Peut importe alors, le nom de la personne, de l’attaque, de l’objet ou quoi que ce soit… ce qui fait vivre une appellation, c’est ce qui porte l’appellation. bien qu’Iblîs voulait prouver le contraire, bien qu’une couche noire s’était couchée sur l’espace qui l’englobait, et lui, et Di… cela ne changeait pas la manière de penser, du Chacal. Iblîs… un nom, un mot qui lui donnait envie de le rapprocher à un autre mot, de manière totalement naturelle, Abysses.

" - Vous " _ Répéta-t-il.

Bouffée d’air dans les poumons, toujours le contrôle de sa respiration, c’est à dire, le contrôle de son corps. Le canidé fit quelques pas vers l’entrée de la grotte, ou se trouvait l’être le plus étrange qu’il n’avait encore jamais croisé. Il l’observait tel un animal inclinant d’un côté, puis de l’autre, sa tête, basculant ses oreilles légèrement, avec une pointe de curiosité, mais beaucoup de calme et d’attention à chaque fait et geste envisageable. Car il ne fallait toujours pas bannir la possibilité de se défendre, et pour ça, il fallait avant toute chose, ne jamais perdre de vue, les mouvements de l’être qui pourrait devenir l’ennemi. Di parlait peu. Il répondait par un unique mot. Etant donné qu’il était venu attendre cette créature sur ses terres, il était normal que malgré les paroles apparentes tel que : "Puis-je entrer?" _ "- Entrez donc, je vous attendais." Qui étaient un jeu.entre celui qui s’invite chez lui même avec la permission de l’invité, ou selon… l’intrus, il y avait un combat, ou une demande en perspective. Pour l’instant, c’était surtout une demande, une recherche. Pour faire une demande telle que la sienne, il ne fallait pas la faire de vive voix, mais laisser venir dans l’esprit du receveur, pour changer cette demande, en proposition. Avoir ce que nous voulons, sans le demander, avoir peut-être même plus. Car à vrai dire, sa demande n’était pas précise, elle était vaste. Il savait qu’il pouvait être utile, et qu’il pouvait donner de sa personne, s’il avait un retour favorable.

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Iblîs Nemrodus
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MessageSam 29 Mar 2008 - 21:19

"Vous ..."

Iblîs releva lentement la tête. Aaaaah. Ainsi, c'était cela. Aussi dangereux soient les Démons, aussi cruels et impitoyables pouvaient-ils être pour ceux qui n'étaient pas des leurs, ils fascinaient. Que cela soit pour rechercher leur pouvoir ou les éradiquer, ou simplement par ce trait de l'âme qu'on nomme curiosité, ils attiraient mystérieusement des habitants de tous les horizons. Quelque chose dans le coeur des hommes les y poussait invinciblement : parce que même s'ils le niaient avec obstination, les différnces n'étaient parfois pas si grandes entre les uns et les autres.

Quelques secondes passent, ou le démon considère Di avec attention. Pas de sourire machiavélique sur son visage : il n'éprouve pas d'exultation à se voir rechercher par cet hybride étrange. Mais son attention est désormais plus qu'un simple intérêt passager pour un étranger. Iblîs se retourne soudain, face à l'entrée.


"Venez"[/b] jette-t-il simplement par-dessus son épaule, avant de s'engouffrer dans le passage.

A peine dehors, le hurlement du vent les assaillit soudain. Rageusement, la rafale les gifle de sa main d'embruns. La nuit est tombée, et le noir est presque complet. Qu'importe pour les deux passants au creux de la tempête : l'un voit la nuit, l'autre ... n'en parlons pas, mais il serait assez risible qu'un manque de lumière le gêne le moins du monde. L'un derrière l'autre, ils sortent des Grottes de Finduilas Sûrion, longeant la côte au-dessus de la mer hurlante.

La tempête est une chose étrange ... tout n'est que bruit et chaos, l'univers entier semble se tordre, tourmenté ... et pourtant, en fermant les yeux, on perçoit derrière la désordre incontrôlé une note puissante et profonde, plus sûre qu'un bourdon de cathédrale. Vient-elle de la mer ou du ciel, naît-elle au creux du vent ou de l'écume qui danse? Sa vibration accompagne le fracas de la tempête, comme la voix grave d'un Dieu du passé. Peut-être l'esprit d'Aqua plane-t-il encore sur les eaux, en souvenir du temps où le Maître des Océans régnait avec ses frères sur le monde, avant que les Etres Noirs ne viennent au monde.

Iblîs avance, sa silhouette interminable affrontant la rafale. La pluie coule sur son visage, trempant sa robe noire, et le vent du large soulève sa chevelure comme un étendart maudit. Il n'use pas de sa magie pour se protéger. Pourtant, un être de silence et de calme, né des abysses où tout semble figé pour l'éternité, ne doit pas se sentir à son aise au milieu de la fureur des éléments. Mais, silencieux, indifférent, il marche droit devant lui, précédant le Chacal vers un lieu que lui seul connaît.

Devant eux, le sol se relève encore. Un promontoire se dessine, jailli de nulle part, au milieu des brumes qui défilent. Bientôt, tous deux sont à son sommet. Là, se dresse une colonne de pierre lisse. Son socle puissant s'enracine dans le roc, mais son sommet est brisé. Ni blanche, ni noire, elle dresse dans la nuit sa forme grise, rongée par le temps, sentinelle au milieu de l'orage. C'est là qu'Iblîs les mène. Est-elle l'héritage d'un peuple ancien et sage, cette colonne? Ou bien la marque sinistre d'un clan démoniaque? Il n'émane d'elle ni le mal, ni le bien. Sur elle, le Temps a passé et tout emporté. Elle reste pourtant debout, alors que ses bâtisseurs se sont perdus. Alors que les raisons de son existence ont passé pour toujours, au milieu de l'orage, elle demeure ...

Ce qu'elle fut jadis, même les Démons l'ignore. Iblîs lui-même serait bien en peine de dire pourquoi ce lieu l'attire. Lui que rien n'attache et pour qui rien ne semble avoir d'importance, aime ce vestige dressé là, sans signification, sans raison d'être, existant pour elle-même et par elle-même. C'est presque avec affection que sa main effleure la surface rongée de sel. Se tournant vers le Chacal, il sourit cette fois, de son éternel sourire de sphinx, et force sa voix pour couvrir la tempête.


"Que vous soyez venu chercher la guerre ou la paix, vous m'intéressez beaucoup ..."

Juste au-dessus de leurs tête, un albatros fend l'air de son cri sinistre. Sa forme blanche strie un instant le ciel sombre, aussitôt disparue. Etranges enfants du ciel, qui volent de jour comme de nuit, à l'aise au milieu des pires tornades, protégés par les vents ... mais ne le regardez pas, car vous ne verriez pas la forme sombre s'approcher de vous, la bouche tout près de votre oreille.

"Mais ce n'est pas à moi de vous trouver, Di."

Et sur ce, la bouche s'est retirée. L'homme noir a détourné le regard et regarde au large, vers la mer déchainée qui danse sa sarabande. Il ne dira rien de plus, ne posera pas de question, ni ne fera de proposition. Celui qui demande, celui qui appelle, est celui qui est en position de faiblesse. Ce jeu, il le mènera à son rythme, comme toujours il l'a fait. De la même manière, en guerre, on croit souvent que l'attaquant a l'avantage - en réalité, l'inverse est souvent plus vrai. La guerre ou la paix viendront de l'autre ...

Et si l'autre ne veut pas?

Alors, il attendra le prochain mortel à l'approcher. Comme pour tant et tant d'autres, il a attendu, des siècles si nécessaire ... après tout, il a le temps. Tout son temps.

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MessageSam 29 Mar 2008 - 22:48

Le Chacal le suivait, de manière simple, détendue, mais toujours sur le qui-vive. Les plaintes du vent venant secouer ses oreilles le détendait. Toute cette fraîcheur, toute cette rage de la nature que l’on ne trouve pas dans tous les lieux… il aimait, même plus, ça le fascinait. Il voyait ici, toute la force et le caractère de la nature, un caractère bien trempé. Il entendait presque, à travers les échos que le vent formait par-ci, par-là, en frappant dans des coins de rochers, en se faufilant et en glissant sur l’eau de cette mer enragée, la voie de Gaïa. Il faisait nuit noire, peut-être avec une pointe de la lune… ce que Di voyait, était mêlé entre les couleurs de ce monde, et les détours déformés propres au monde spectral. Devant lui, le fin corps enveloppé dans sa longue robe, robe qui d’ailleurs, dansait dans les courants des rafales, marchait. Iblîs s’arrêta aux côtés de ce… pilier, cette colonne, de cette roche taillée autrefois, il y a longtemps, à en juger son état. Mais elle était toujours là, au milieux de ce monde. Di observa le Démon, qui semblait attiré par ce monument. Monument ? Pouvait-on en dire autant ? Sûrement oui . La main qui, délicatement, venait se poser sur elle, montrait bien cette touche de sentiment qu’il pouvait éprouver. Les oreilles du canidé frémirent au son de la voie de cette étrange personne. Paix… où guerre ? Di ne le savait pas encore, mais il l’intriguait, et sa demande prenait un sens au fur et à mesure que le temps passait à ses côtés. C’est là, que cet albatros passa non loin d’eux. Ses plumes glissaient dans l’air qui entourait ce vaste monde. C’est là, que son chagrin du passé refit surface une fois de plus. Il s’en était souvenu en passant au cimetière, un souvenir douloureux. Il avait toujours voulu avoir des ailes. Un caprice de gamin sans nul doute. Un caprice qu’il a parfois honte de se remémorer. Le caprice qui lui avait donné des cicatrices cachées maintenant, par ses poils. Quand il avait vu ce corbeau mort, ce corbeau vieux, du haut de sa jeunesse… quand il avait arraché soigneusement ses ailes… quand il avait œuvré pour les incruster dans son dos, au milieux de sa folie, son désire… quand il avait souffer du mal qu’il venait de se procurer… quand il avait pris conscience de son infection et de cette impossibilité à voler. Il était un amoureux du vent, et son désespoir était grand. Et cet albatros… non, cet Albatros, qui venait le narguer. Il baissa les yeux, et retient un grognement qu’il ne voulait pas produir en cet instant. La pluie venait cacher le son de son vol. _ Merci _ Iblîs vint interrompre ses pensées. "Mais ce n'est pas à moi de vous trouver, Di." Quand on est seul, on s’entend réfléchir. Quand on est deux, cela devient un peu plus difficile.

* - Di… dis moi. Voulais-tu arracher mes plumes ? *

Pas de réponse. Il s’avança près de cette colonne. Il ne la toucha pas, mais il la regarda, si ce n’est dire, la dévisagea, l’œil gauche qui la déformait, la rendait vivante de par ses mouvements, elle n’ondulait pas, contrairement au reste de l’environnement. Elle était juste floue, tout comme les êtres vivants. Tout comme Iblîs et lui même.

* - Elle est belle… n’est-ce pas ? Elle est vieille. Sûrement bien plus vieille que moi.
* - Oui… j’ai l’impression que rien ne peut la briser. Ni le temps, ni les guerres… rien.*

Pourquoi Iblîs le menait ici ? Pourquoi n’était-il pas comme la plus par des démons qui n’attendaientt pas pour attaquer ? Pourquoi cette phrase ?

* - Trouver une personne, Di, ne veut pas dire la trouver physiquement. Car tu peux la trouver face de toi, sans rien de plus.*

" - Vous êtes dans un lieux en tout point… fascinant Un lieu, qui malgré cette rage, donne une douceur, une tranquillité, la solitude suffisante pour se poser… je dois avouer aimer cet endroit. "

Il n’en ajouta pas. Visiblement, sa demande n’allait pas être simple à glisser, mais cela, en fin de compte, l’importait peu. Car il venait de trouver ici, un être qui ne ressemblait en rien à tous ces autres Démons. Un être qui n’était pas sans sentiments, même si son visage était comment dire… de glace, sans expressions. Son corps, ses mots, ses gestes parfois enfantins marquaient cette pointe sentimentale.

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MessageVen 2 Mai 2008 - 15:29

Un pli dur barra soudain le front du Démon.

"Il semble seulement. Il n'y a pas de lieu tranquille, Di la Sentinelle. Pas à la surface du monde."

L'index squelettique désigna la surface de la colonne. Dans la pierre, subsistaient des marques de griffes profondes, certaines anciennes et érodées par le vent, d'autres encore fraîche. Sans doute, les nuits où la lune brillait dans le ciel comme un gigantesque oeil livide, des créatures étranges avaient hanté ces lieux. Peut-être attirée par cette colonne aussi ancienne et oubliée qu'elles l'étaient elles-mêmes, les créatures en faisaient un de leurs séjours ... Et cette tache noire sur le sol, qu'Iblîs désigne à présent de son doigt. N'est-ce pas du sang, sec depuis si longtemps qu'il en est presque invisible, dépourvu de toute odeur?

Lentement, l'homme noir laisse sa tête tomber en arrière, offrant son visage à la pluie. Et tandis que sa chevelure trempée retombe lamentablement, dans ses iris de jais se reflètent les longues traînées qui descendent en rang serrés. C'est étrange de voir la pluie sous cet angle - quelque chose qu'il a peu vu au cours de sa longue vie, car rarement il regarde en direction du ciel. Qu'y a-t-il là-haut, au-delà de la carapace noire des nuages? A la lueur des éclairs lointains, on devine des tourbillons de nuées qui font penser à une seconde mer en furie. Mais au-delà encore, y a-t-il l'espoir d'un monde plus vaste? Ou le souvenir d'un ciel dégagé n'est-il qu'illusion, ne laissant qu'une barrière infranchissable qui ferme l'horizon?

La tranquillité? - rêvent sombrement les yeux noirs - Ce monde est une arène de déments, où tous dansent follement en se blessant les uns les autres. Tous courent sans comprendre, sans chercher à voir plus loin que leur propre vie immédiate, car si vite ils naissent et si vite ils meurent. Leur temps ne leur permet pas de se rendre compte que ce monde tout entier n'est qu'une immense prison, que son existence même les enchaîne. La véritable paix n'existera que quand la dernière chose vivante fermera les yeux pour son dernier sommeil. Alors, oui, la tranquillité existera, quand toute chose ressemblera à cette colonne, figée dans l'éternel repos de la pierre et que les étoiles elles-mêmes cesseront de palpiter.

Pourtant Iblîs se tait. Tous deux peuvent se comprendre sur certains points, mais leur conception du monde n'a rien de commun. Il y a des limites à la compréhension entre les êtres. Di pourrait-il considérer cela comme autre chose qu'un nihilisme surgi d'une conscience étrangère à l'humanité? Tout comme lui-même pourrait-il le voir comme autre chose qu'un mortel aux vues limitées? Il ne pourrait pas comprendre - phrase pétrie d'inutile mépris? Mais finalement, où finit l'arrogance, ou commence la sincérité?

Peut-être, tout simplement, que cette nuit ne lui donne pas envie de parler. Ils échangeront leurs philosophiques réflexions plus tard. Dans une heure. Ou un jour. Ou un siècle.


"La nuit vieillit" observe-t-il simplement.

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Di
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MessageMer 11 Juin 2008 - 20:12

"La nuit vieillit"


Est-ce la nuit, ou la présence de ce sombre individus, un peu trop longue à son goût sur terre ?

*- La nuit mon grand... pense-t-il comme moi, je ne le sait point. mais je peux t’en toucher un mot. Quand on a vu les siècles passer, filer droit derrière nous, quand on a passé des guerres, différents combats. Que ce soit pour combattre une cause, un nom, un lieu, un but... on voit la terre se faire vieille. Les visages que l’on croise ne sont jamais les mêmes. Les temps changent. Une boucle qui reprend le passé. Les choses vont de l’avant, mais la boucle éternelle décrit toujours les mêmes choses. Pluie, vent, soleil, nuit, orage. Vie, mort, faim, peur, reproduction... tout revient au point zéro à chaque fin de boucle.
- Tu as raison. Je ne suis pas assez vieux pour le voir, mais je le devine et le comprend. Mon oeil malade ne fait que me montrer la désolation des âmes en peine... j’entendrais presque leurs cris, leurs plaintes, leur haine et leur mépris fondre sur moi.
- Beaucoup ne te voient pas... Di. Leur monde spectral en est encore plus petit.
- Je sais.*

Di s’approcha pour poser sa patte droite sur la pierre de la colonne. Un mince filet de tristesse se faufila en lui. Il était de ceux qui pouvait voir la désolation du monde sans avoir traversé les siècles. Il avait un coeur, peut-être ne le montrait-il pas, passant pour une brute. Peut-être qu’il ne se l’avouait que très rarement, ou peut-être encore que certains instants comme celui-ci, lui rappelaient tout simplement, qu’il était bon de savoir apprécier les bienfaits de mère Gaïa, au milieux des guerres et de la vieillesse que nous ne voulons pas s’autoriser à voir.

“- La surface me semble bien plus paisible que l’éternité dans les bas-fonds.

Di suivit le mouvement de l’ombre, pour poser son regard sur un reste de sang. Étrange, il avait toujours aimé le sang, même si l’odeur n’était pas au rendez-vous. C’était une bête, il ne pourrait changer son côté sauvage, son adoration pour le sang. Mais là, une vague dotée d’un étrange sentiment s’empara de lui. La surface... peut-être ne voulait-il pas forcément faire ainsi, allusion au bas-fonds... mais à une toute autre chose encore. Maiis quoi ? Di se posa cette question, mais abandonna bien vite la réflexion. Parfois, il valait mieux fermer les yeux et se contenter du peu de bonheur que l’ont peut posséder. L’argent, son trafic et son amie à quatre pattes lui suffisaient. Du moins, c’est ce qu’il s’obligeait à maintenir comme étant, la seule et bonne raison d’être sur terre. Alors il se faisait plaisir, jouait avec le comportement de tout un chacun, testait différentes ruses, torturait des esprits. Après Tout, nous n’avons qu’une seule vie... autant se priver de rien. N’est-ce pas ? Le bon, le mauvais, il ne voulait pas les distinguer. Et jugeait bon, seuls ses actes. Après, il se moquait de toute autre chose. Pourquoi venir se lamenter du vieux monde ? Il fallait y poser sa pierre, tenir bon... et quand on défit les siècles, peut-être qu’il vaudrait mieux voyager, et toujours, fermer les yeux sur les choses qui nous chagrines. Il est bon de le savoir, de le voir, de le comprendre, mais si mauvais lorsqu’on en vient à en perdre la raison. Lorsque ZiokoH, car tel est le nom de celui qui le hante, en arrive à avoir le mal du temps qui passe, il s’évade dans de doux paysages, regardant les êtres éphémères. Di, lui, se laissait vivre en tant que bon chacal qu’il est.

“- Qu’attendez-vous ? Que voulez-vous ? De quoi avez-vous donc besoin ?

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Iblîs Nemrodus
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MessageLun 28 Juil 2008 - 14:58

La surface ... bien plus paisible?

De la main, simplement, le Démon se contenta d'indiquer la tempête qui déchaînait sa rage devant eux. Un sourd coup de bélier monte du pied de la falaise, où les vagues ébranlent les rochers. La pluie continue de les cingler, méchamment, comme une marâtre jalouse. Ce soir, la terre parle pour elle-même devant celui qui veut la juger. Elle ne se justifie pas, elle se présente comme elle est, avec ses facettes brillantes ou sombres, et chacune des rafales semblent porter un long ricanement de moquerie. Qui es-tu pour juger, infime poussière face à mon immensité?

Mais les Dieux d'autrefois avaient-ils délibéré sur leur raison morale de façonner la Terre ainsi, ou jugé s'ils en avaient le droit? non – leur nature les poussait à créer, parce que c'était cette volonté de faire naître et de préserver le miracle de la vie qui les définissait. Elle conditionnait chacun de leurs actes, chacune de leurs pensées, mêmes si elles étaient plus grandes que ce que les mortels pouvaient imaginer. Iblîs était exactement l'inverse. Si la Caverne était désormais aux mains d'un nihiliste dangereux, ce n'était pas par rancune personnelle – son existence même avait été vouée à cela dès la seconde de sa naissance. Il était l'écho de l'une des deux forces qui s'opposaient depuis l'Origine – la Création et la Destruction.

Ceux qui construisent doivent se concerter à plusieurs, ceux qui détruisent peuvent être indépendants, leurs actes ne contrediront pas forcément. Iblîs marchait seul et suivait un objectif invariable, comme une comète noire lâchée à travers les âges. Apharez l'avait de ce but rapproché, et pour cela leurs routes s'étaient rejointes pour un temps. Il l'avait servie avec une fidélité totale, jusqu'à ce que leur pacte tacite arrive à ses limites. Le Maîtresse des Enfers cherchait la domination sur le monde et la destruction d'Elament. Le Maître de l'Ombre ne désirait pas la création d'un règne millénaire sur terre. Ce monde devait rentrer peu à peu d'où il était venu – dans les ténèbres et le silence, et viendrait un moment précis de divergence. Alors à cette seconde, il avait abandonné Apharez sans le moindre remors et continué seul ...

Vint la question de Di, et cette fois, le démon le dévisagea franchement. Cette triple question, il n'avait pas besoin de réfléchir pour y répondre – il se la répétait chaque fois qu'il entrait ou sortait de son repaire ténébreux. Les réponses en étaient imprimées de manière indélébile dans son corps et son âme, pour autant qu'il pouvait disposer de ces deux biens.

J'attends que les siècles qui restent à ce monde s'envolent, que l'histoire de ce monde s'achève et m'emporte enfin avec elle.
Je veux y planter les graines qui le libéreront, patiemment, car le ravager par la force ou chercher à le dominer sont folies, l'une est l'autre.
J'ai besoin de laisser ma marque sur chaque être que je croise, afin que Démon ou non, il oeuvre et porte à chaque instant de sa vie mon Verbe et ma Prière!


Il aurait pu répondre ainsi. Mais il existe deux vérités temporelles simultanées. Celles des éternels, que cela ne dérangeait pas de discuter d'une chose, puis de traîner un siècle ou deux avant de passer à la pratique. Et celle des mortels, dont l'échelle de temps est plus courte. L'une n'était pas pire que l'autre, mais elle impliquait de gérer autrement le temps.

Que venait-il faire ici, cette nuit? Il n'avait pas véritablement cherché à rencontrer Di. Il avait été guidé ici par l'instinct et le hasard à la fois. Il ne cherchait pas à savoir comment – c'était sans beaucoup d'intérêt. L'important, c'est qu'il se trouvait là, face à un Chacal, avec une question précise à répondre.

« Je recherche ceux pour qui les frontières importent peu. Ceux qui possèdent le Pouvoir des élémentalistes mais ne suivent pas leurs règles de conduite comme de bons petits soldats. Ceux-là sont un grand facteur de hasard, parce qu'ils peuvent transgresser toutes les règles de l'échiquier. Car ils sont libres. »

Le dernier mot fut empreint d'une intensité particulière. D'une syllabe, on semblait y voir ce qui occupait le démon, ce labyrinthe de possibilités, de stratégie, de plans petits et grands emboîtés les uns dans les autres, à travers le temps. Ce dédale était parcouru d'acteurs divers dont il fallait au maximum prévoir les mouvements. Et au milieu, des électrons libres, d'une façon complètement différente, qui apparaissaient peu à peu. Ils étaient sans importance quand ils étaient de simples mortels. Mais une fois pourvus du Don des anciens dieux, ils pouvaient devenir extrêmement gênants pour le sentier couleur d'encre que suivait Iblîs, au milieu de tous ces avenirs possibles.

« Je veux ... les voir. J'ai besoin de décider si je dois les attirer, les ignorer ou les traquer à mort. Et cela vous concerne, car je sais que vous en faites partie, Di, la Sentinelle. »

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Di
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MessageSam 9 Aoû 2008 - 16:17

Thème musical – Room of Angel – Silent Hill –



Il détruisait son passé, reniant toute idée de l’amour qu’une mère pouvait porter à sa progéniture. Il écrasait ses souvenirs avec de l’opium. Le chacal n’était ni bon, ni mauvais… juste lui. Et pourtant, d’un œil extérieur, on pouvait assister à sa marche funèbre, il descendait lentement dans les coins obscures des enfers… et ça, pas pour y mener un simple combat contre le bien et le mal, pas pour détruire l’ombre en face de lui… car à y réfléchir, cet être si particulier, pouvait être l’ombre de ses propres désirs. En regardant la surface de ses envies, on y voyait de l’argent. L’argent est ce qu’on assimile à Di, mais il a bien d’autres projets. La gloire ? Lui qui reste bien trop souvent dans l’ombre… ne recherche pas la gloire. La connaissance du monde, le savoir. Ce monde était parfois trop injuste, et sa vie en était un bon exemple. Bien que son apparence avait quelque chose de beau et d’enviable, il était jugé comme une bête, un chien sur deux pattes, un chacal charognard… en quoi est-ce donc amusant ? Il ne cherchait pas forcément la vengeance, car elle ne peut rien résoudre. Traquer les démons ne lui rapportait qu’un butin, qu’une étiquette… Iblîs pouvait lui apporter bien plus encore. Une tout autre vision du monde qui l’entour, une raison de se battre, une raison d’exister. Quoi d’autre encore ? Il le découvrirait bien assez vite. Di était heureux de cette conversation, car il n’avait pas encore à tirer les armes pour détruire ce personnage, bien qu’il n’en avait pas la force, quoi qu’avec un peu de malice, il serrait peut-être parvenu à ses fins… qui sait ? Il était prêt à le servire sans pour autant devenir un esclave. Car quiconque voulait réduire la bête en esclavage, se verrait dans l’obligation de répondre à un duel forcé.

" - Soit. "

Le chacal se plaça entre la pierre et l’enfer. Dévisageant le masque rigide de la créature. Il lui faisait face, gommant ses craintes. Provocation ? Di montrait ainsi qu’il savait maîtriser ses peurs… car face à lui, qui ne tremblerait pas ? Qui ne prendrait pas ses jambes à son cou par peur de finir en lambeaux de chair ? Di n’était pas une exception, mais il était sûr de lui. Ce n’était pas un duel, mais peut-être bien un pacte.

" - Vous venez d’en attirer un… "

Un léger sourire s’en suivit. L’œil malade troublait sa vision, il était trop proche… beaucoup trop proche et pouvait voir les fines lames spectrales qui enveloppaient l’immortel. Immortel ? Le monde est fou. Et lui avec. Il prit sa petite pièce fétiche, la fit sauter dans les airs, et la réceptionna au creux de sa patte droite. Face.

" - Si j’puis vous être utile en quoi que ce soit… ? ! "

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MessageDim 19 Avr 2009 - 1:09

Les yeux du Démon étaient peut-être sans regard, mais au léger mouvement de sa tête, on voyait qu'il fixait la pièce qui montait et redescendait. Que pensait-t-il? Rien du tout peut-être, se contenant d'admirer le disque de métal qui tournoyait, jetant ses feux et sa malice à l'orage - une chose absolument, délectablement passionnante. Pile, face, pile, face, pile face pile face pilefacepilefacepilefacepileface, pile, face!

Ou peut-être à songeait-il à bien des choses, depuis que Di avait prononcé la phrase qui scellait le pacte. Car les pactes avec les Démons ont cela de particulier qu'ils ne sont pas scellés par une promesse. Que vaudrait l'acceptation d'un être sans parole, son éphémère bénédiction? Non. Sceller un pacte avec un Démon était plus simple et paradoxalement, plus subtil que cela. L'évoquer était suffisant ~ même ignoré, même refusé, les mots demeuraient. Le simple désir de conclure un pacte avec l'un d'eux était suffisant - car ils le sentaient, ce désir, avec l'obscure soif qui habitait chacun d'eux, d'Iblîs jusqu'au dernier des gogs. Telle était leur pouvoir. Ou peut-être, leur faiblesse.

Iblîs se pencha, lentement, avec la grâce lascive des grands serpents déroulant leurs anneaux. Se pencha plus près, si près ... si près que ses lèvres décolorées touchèrent presque les babines de l'Aera. Pendant une seconde, tous deux demeurèrent figés, comme si une antique malédiction venait de les change en granit, venue portée par l'orage pour punir le parjure et l'anathème.

Le Démon Noir se rejeta en arrière. Et un bouquet de reflets gris irisa un instant les globes de ses yeux, infime signe d'étonnement. Quelque chose l'avait arrêté dans son intention. Il ne pouvait donner le baiser à Di. Pourquoi? Le baiser n'était pas un piège. Point de magie, ou de sortilège ~ point de poison. Le baiser n'était qu'un signe. Un symbole du fil d'or et de jais qui venait de relier leurs deux cous. Alors pourquoi? Il ne savait pas. Dans l'esprit d'Iblîs, l'une des multiples voix nocturnes avait crié d'alarme, sans mots, lui communiquant l'étrange sentiment que ce baiser briserait quelque chose chez tous les deux. Un être pouvait-il être assez étrange pour passer au-delà de sa propre compréhension, agir poussé par des motifs inconnus, même s'ils surgissaient de son propre esprit? Aberration, dirais-je, si ce n'était pas, exactement, la définition des Démons!

Intrigué, Iblîs contempla son interlocuteur avec la mimique de la perplexité chez lui - à savoir que son visage ne s'anima pas plus qu'un masque, mais que ses yeux noirs s'agrandirent un peu, démesurément, tandis qu'il penchait sa tête de côté, interrogatif. Les éclairs se calmaient, comme si l'orage crevait, laissait échapper sa fureur. La nuit devint d'encre à nouveau, et seule la pluie et le vent conservèrent leur rage. Au pied de l'obélisque solitaire, ne demeuraient que deux silhouettes obscures, se faisant face.


"Vous le pourrez. Mais seulement si vous m'entendez quand un jour, j'apellerai. Prêtez l'oreille aux lieux sans lumière, guettez ce qui murmure derrière la porte, très tard le soir! Écoutez la nuit!"

Lentement, le Marcheur recula vers le bord de la falaise. Dans le sifflement des rafales, sa voix vint encore, presque amicale, empreinte d'une sorte de mystérieuse gaîté.

"La nuit! DI!"

Quand un dernier éclair inonda le ciel, Iblîs s'était évanoui. Jeté au vent, le nom ricocha sur les falaises, rebondit de vague en vague, s'envola sur les ailes de la tempête et s'y brisa en mille éclats de rire de mouette, en mille éclats de pleurs d'écume.

Di! Di! Di!
Est-ce que l'histoire finit là?
Est-ce que tout recommencera?
Di !

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MessageDim 19 Avr 2009 - 13:36

C'était un amas de quelques secondes prisonnières au creux d'un temps arrêté, un mouvement vers l'avant, étrange approche de deux corps. L'animal ne s'attendait pas à ça. Ses yeux s'écarquillèrent, ses mains restèrent le long de son corps, comme en apesanteur. Il n'avait en cet instant, nulles questions en tête, nulles idées. Rien. Interloqué. Aurait-il pensé se trouver aussi proche des ténèbres ? Est-ce un baiser que l'ombre humaine s'apprêtait à lui donner ? Un baiser scellant un pacte ? Il jouait avec le feu et pourtant, ce moment insolite lui hotta toutes craintes. Ce grand personnage-là, ne lui ferrait pas de mal, à moins de le chercher, donnant le bâton pour se faire battre. C'était peut-être un privilège, ou était-il ainsi avec tant d'autres rôdeurs un peu trop naïfs, se laissant dompter par cette noirceur qui, avouons-le, attire bien des êtres dans sa toile. Ses yeux qui s'étaient plongés dans ceux du magicien noir, se calmèrent après s'être un peu trop écarquillés. Et ce qu'il vit le surpris tout autant. Dans un mouvement de recul, le démon se vit pris d'un étrange phénomène au creux de ses yeux. Qu'avait-il donc ? Qu'est-ce ? Décidément, vivre était une belle expérience pour ceux qui osaient s'aventurer au delà des limites, afin de découvrir. Toujours découvrir. Puis la voix du démon se réanima enfin et le chacal n'en perdit pas un mot et il s'en souviendrait sûrement jusqu'à son dernier souffle. L'être s'évapora, s'envola... se dématérialisa peut-être. Il n'était plus face à lui, mais sa voix continua encore. Magnifique ! L'hybride prit une grande bouffée d'aire, encore sur le choc de cet entretient.

Non. Di n'aimait pas les fins d'histoires. Mais il n'aimait pas non plus être spectateur d'un recommencement absurde gardant les mêmes erreurs. Il voulait une continuité. Ce monde ne connaissait qu'une boucle infernal. Son regard était toujours plongé en face de lui, là ou, un instant plus tôt, cet être mystérieux se dressait droit, un être digne de sa réputation. Et une promesse scintilla dans son esprit. La promesse qui viendrait parler de retrouvailles. Ça ne pouvait pas finir ici, tomber dans l'oublie de cette nuit qui avait ragé contre les Montagnes de Nord.

Mais la promesse reviendra un peu plus tard, l'histoire nous la délivrera en temps et en heure. Car le chacal, bien qu'en forme vit son corps fendre l'air, s'écrasant au sol de tout son poids. Ses yeux pannaient à rester ouverts, ils étaient lourds, de plus en plus lourds. Sa vue devint trouble. L'animal essayait d'avancer, de se mouvoir, glissant son corps couché, griffant le sol, il bavait presque de fatigue subite. Puis le néant... plus rien. Lorsque ses yeux se réouvrirent, l'hybride fût choqué. Plongé dans l'incompréhension la plus totale. En effet, il se retrouvait au cœur de l'Artifice, face à sa mort, un sommeil obligatoire créé par Senector...

Un jour, les êtres se retrouveront, un jour, le paradoxe de ce monde se dévoilera au grand jour, tout autant qu'au beau milieu de la nuit la plus sombre que vous pourrez connaître. Un jour, il n'y aura plus de boucle. Ni début, ni fin. Peut-être que ce monde s'endormira, peut-être qu'il continuera à vivre, sans guerres... mais cette seconde hypothèse était totalement impossible.

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