Partagez | .
 

 Les Ombres de la Chasse Sauvage [Tréaga]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Sekhti d'Arden
Vagabonde
avatar
Nombre de messages : 57
Âge : 23
Race : Matel - Démone
Poste : Maître d'armes & Mercenaire
Magie Contrôlée : Tenebrae

Feuille de personnage
Puissance:
642/1000  (642/1000)
MessageDim 8 Juin 2014 - 22:12

Ce fut la faim qui obligea Sekhti d’Arden à quitter son campement près de l’Arène. Elle détestait ça. Se nourrir demeurait une nécessité première que son organisme avait parfaitement intégré. Tuer pour se nourrir ne la révulsait pas au point de vouloir devenir végétarienne. Elle n’était pas stupide au point de croire qu’elle pouvait changer à son gré sa nature profonde. Elle était démone, une Matel. Et il est de ces impératifs que même une exilée, ne possédant que sa propre personne comme port d’attache, devait honorer sans rechigner. Sekhti vérifia les environs puis s’enfonça dans les profondeurs des sous-bois. Lorsqu’elle fut hors de vue, sa pensée invoqua sa monture. Des ombres du feuillage et des arbres naquit la forme d’un cheval fin et racé. L’animal jaillit des Ténèbres rassemblés, se solidifia sous le regard attendri de sa cavalière et vint frotter son museau contre la veste de celle-ci. La Matel sauta sur son dos sans attendre. D’une brève pensée encourageante, le cheval partit au galop, filant tel le vent dans la cime des arbres.

La Forêt Darke offrait un parfait terrain de chasse à la Matel. Le gibier y était abondant, quoiqu’agressif. Sans parler des vagabonds et des imprudents qui sillonnaient ces bois. Sekhti n’aimait pas utiliser les artifices de séduction propres à sa race. Krymhild avait toujours été plus douée qu’elle à ce jeu-là. Et elle ne voulait pas ressembler à sa jumelle. Krymhild était morte parce qu’elle n’avait pas su s’adapter. Habituée à être traitée de faible créature dans sa jeunesse, sa sœur avait vite compris l’intérêt de certains comportements face à l’adversité. La rage de vaincre, la rage de vivre. Si Krymhild avait vécu en sachant ce que Sekhti savait aujourd’hui, peut-être aurait-elle survécu.

Sekhti fit disparaître son cheval d’ombres d’un claquement de doigts. L’animal se cabra et finit par s’étioler en filaments de noirceur dans l’air, pour aller rejoindre l’ombre dispensée par les hauts arbres et les recoins où la lumière ne pouvait pénétrer. Cette forêt plaisait à la mercenaire. Sauvage, où seuls les forts peuvent survivre, belle et libre nature dans toute sa splendeur. Elle s’y sentait bien. Devant de tels paysages, elle se demandait parfois comment elle avait pu supporter toutes ces années les larges couloirs rougeoyants des Enfers. Tout était tellement plus coloré, parfumé et beau. Mais toute beauté possède son propre revers. Comme tout pan d’une vérité dissimule un mensonge. La grâce de la Matel se révélait aussi dangereuse que la pureté sauvage du lieu. Sekhti devait rester sur ses gardes. La faim qui la tenaillait ne l’empêchait pas d’être prudente. Si elle tombait sur un Elémentaliste, elle avait peu de chances de survie. Elle risquait de se trahir et donc de se condamner. Les démons n’étaient pas les bienvenus nulle part autour d’Elament la Deux-Fois-Née.

Elle s’enfonça dans les profondeurs de Darke de son pas le plus silencieux, une dague effilée à la ceinture, ses cheveux rouges noués sur sa nuque, les crocs de sa matrice claquant avec impatience sous la broigne de cuir.

_________________________________________________________

" Il y a toujours l'odeur du sang...
Tous les parfums d'Arabie ne rendraient pas suave cette petite main ! "

Macbeth, Shakespeare
Revenir en haut Aller en bas
Tréaga
Vagabonde
avatar
Nombre de messages : 425
Âge : 26
Race : Halfling
Poste : Vagabonde
Magie Contrôlée : Igni

Feuille de personnage
Puissance:
490/1000  (490/1000)
MessageJeu 12 Juin 2014 - 22:15

Il y a l’étendue du ciel, tranquille, paisible, avec les cimes des arbres qui frôlent délicatement sa surface, et puis le dessous. En-dessous du vent sifflant entre les branches et de ces doigts tendus vers l’univers. L’envers. Et puis à la fin, il y a l’ombre.

Elle file entre les hautes ramures, mais son regard, lui, est fixé vers le bas. Ses ongles taillés pour la chasse s’accrochent à l’écorce tandis qu’elle ploie son corps, humant les odeurs qui l’environnent. Une vague de plaisir l’envahit peu à peu, quand lentement les différents parfums lui viennent, qu’elle les cueille et les reconnaît. Elle sait où se trouvent les fruits les plus proches, derrière ce tronc il y a une rivière, et là-bas… Oui, là-bas, il y a sa proie. Cette dernière avance, sûre d’elle, explorant elle aussi la forêt, ignorante de celle qui l’observe depuis plusieurs minutes maintenant. Le cœur de ce prédateur chante au rythme lent des feuilles qui ploient et se balancent. Elle attend, le souffle suspendu. Et ce n’est qu’après qu’elle avance, pas à pas, d’arbre en arbre.

Tréaga eut un sourire, l’adrénaline du jeu courant dans ses veines comme un feu follet. Elle aimait ça. Traquer. Observer. Guetter le moment propice.

Le dernier sang qu’avait goûté sa langue remontait à quelques jours à présent, et même si le sang de Frey le Cerf s’était avéré un plaisir à lécher, son instinct commençait à la tirailler. Par chance, l’igni n’avait pas réellement connu encore la faim. La véritable faim. Tout cela ne se résumait pour elle qu’à une distraction, une fabuleuse distraction où tous ses sens hurlaient du bonheur d’être libérés. En ouvrant ses yeux au monde ce matin-là, elle avait senti l’appel de la bête grondante en elle et, amusée, avait répondu à l’appel. Oui, allons droit, allons chasser. L’halfling s’était laissée guider par son unique intuition, jusqu’à apercevoir l’étrangère.

Ce n’était pas une élémentaliste. Elle sentait le souffre, parfum ô combien familier à celle qui un jour avait dirigé une horde de démons. Mais pour Tréaga, elle n’était pas pire que le reste du monde.
Alors, elle l’avait suivie, comme tout le monde. Et l’inconnue, jusqu’à preuve du contraire, ne semblait pas l’avoir remarquée.

Il y eut un temps, un battement. Cette demi-seconde où votre cœur se sert d’extase et de frayeur. Vas-y. Et alors, la jeune fille se jeta sur elle, l’entraînant dans sa chute, sa main en griffe sur son épaule et son bras l’enserrant alors qu’elle se collait à son dos. Toutefois, son adversaire se débattit, et Tréaga fut entraînée à l’intérieur d’un échange de coups sans merci. Elle n’eut qu’un rire, toute à son extase. Elles roulèrent, et si l’inconnue lui cria des mots, la vampirisée ne les entendit pas, ou ne voulut pas y prêter attention. Son regard s’était tout à coup attardé sur le visage de sa victime, son sourire avait laissé place à une expression perplexe. Comme il lui arrivait parfois, des images jaillir en son esprit, floues par endroit.

« Oh. »

Le nez en sang, l’ancienne général porta soudainement ses mains, entourant la figure de l’autre comme si c’eut été une coupe. Longuement, elle la considéra.

« … On se connaît ? »

_________________________________________________________


Revenir en haut Aller en bas
Sekhti d'Arden
Vagabonde
avatar
Nombre de messages : 57
Âge : 23
Race : Matel - Démone
Poste : Maître d'armes & Mercenaire
Magie Contrôlée : Tenebrae

Feuille de personnage
Puissance:
642/1000  (642/1000)
MessageVen 4 Juil 2014 - 12:11

Sekhti sentit plus qu’elle n’entendit l’approche de l’ennemi. De chasseur, elle était devenue proie. Alors que l’alertaient soudain ses filaments ténébreux, dispersés dans cette zone de la Forêt Darke, telle une vaste toile d’araignée, elle leva les yeux dans la direction qu’on lui indiquait. Elle n’eut pas le temps de contre-attaquer. Elle bascula en arrière. Et les deux adversaires roulèrent dans l’herbe. Les ongles pointus de son agresseur écorchaient sa peau satinée. Une autre Matel aurait crié à l’infamie, pour avoir dénaturé sa beauté. Pour les Matels, la beauté est une arme. Pas pour Sekhti d’Arden. Elle ne pouvait pas atteindre la lame dissimulée dans sa botte, avec cette furie sur le dos. Les dents serrées, les yeux étincelants, elle tenta de l’agripper. Sa main se referma sur ce qui ressemblait à une cheville. Elle tomba de nouveau. Et la voix adverse résonna.

Sekhti faisait face à un agresseur surpris. Et semblant terriblement jeune. La frêle jeune fille la maintenait plaquée au sol, cachant une force insoupçonnée dans ses bras maigrelets. L’expression lointaine de la Hafling la laissa d’abord perplexe. Qu’est-ce qui lui prenait ? Etait-ce ainsi qu’elle voulait chasser un démon ? Sekhti fronça les sourcils. Un souvenir refaisait surface, du fin fond de sa mémoire. Une femme-démon, chevauchant à la tête des légions. Une créature que sa jumelle tant haïe servait au temps de la grandeur des Enfers. Elle-même n’avait jamais rencontré de hauts gradés. Durant la grande bataille pour Elament, Cal et elle avaient été fantassins, de la piétaille qu’on écrase volontiers lors des charges infernales, en route pour la victoire. Un nom courut sur les lèvres déchirées de Sekhti.

- Jasdrian…

La peur revint au galop, frapper à la porte du cœur gelé de la Matel. Si Jasdrian voyait en elle sa jumelle, elle risquait d’être découverte. Tous ceux qui avaient un jour, ne serait-ce que soupçonner sa vraie nature, étaient morts. Car les morts ne parlent pas et mentent encore moins, c’est bien connu. Cependant, Sekhti imaginait difficilement se débarrasser du Général Jasdrian comme si de rien n’était. Si d’autres démons traînaient dans les environs, on allait lui demander de faire un choix. Entre le camp des Elémentalistes, et celui des Démons. Un choix qu’elle ne comprendrait d’ailleurs jamais. Elle voulait seulement vivre.

Pourtant, à mieux y regarder, cette chose était-elle réellement Jasdrian ? Il lui manquait quelque chose. Un parfum de souffre sur sa peau. Une étincelle de folie dans le regard. Un éclat cruel dans la lame de son sourire. Jasdrian ne pouvait pas vulgairement chasser son gibier comme une vagabonde. La puissante Jasdrian ne serait pas seulement surprise de revoir le visage d’une ancienne Chevalière qui avait soi-disant déserté…

- Non. Tu n’es pas Jasdrian.

Sekhti envoya son front à la rencontre de celui de la fillette. Elle se libéra de son étreinte, roula sur elle-même et se posta un peu plus loin en une posture défensive. Accroupie face à son adversaire, elle tira la dague de sa botte et dévisagea ce qui aurait dû être sa proie.

_________________________________________________________

" Il y a toujours l'odeur du sang...
Tous les parfums d'Arabie ne rendraient pas suave cette petite main ! "

Macbeth, Shakespeare
Revenir en haut Aller en bas
Tréaga
Vagabonde
avatar
Nombre de messages : 425
Âge : 26
Race : Halfling
Poste : Vagabonde
Magie Contrôlée : Igni

Feuille de personnage
Puissance:
490/1000  (490/1000)
MessageMar 9 Sep 2014 - 18:44

Longuement, les deux jeunes femmes se dévisagèrent, cherchant dans l’autre un souvenir qui pourtant ne leur appartenait pas en main propre. Dans le brouillard à l’intérieur duquel se répétaient parfois quelques scènes autrefois vécues, Tréaga entraperçut la démone dont le visage faisait écho à celle qui se trouvait face à elle. Cependant, la différence, même infime, était bien présente, et si ces yeux aux couleurs de la forêt avaient leur reflet, celui-ci était infiniment plus cruel que ce que l’igni avait présentement devant elle. Elle revit la chasse, la guerre, les déchirures et la souffrance. Elle revit celle qui riait sous les coups, aussi bien ceux distribués que ceux que son corps recevait. Tout comme elle-même n’offrait qu’un sourire moqueur au monde en ce temps-là.

Mais le temps avait passé, et Tréaga n’était pas Jasdrian. Pas plus que l’inconnue n’était Krymhild.

Le nom franchit ses lèvres à l’instant où il lui revenait en mémoire. Perdue dans ses pensées, l’halfling sentit plus qu’elle ne vit le coup brutal que lui assainit son adversaire. Dans une exclamation de douleur et de surprise, elle se sentit tomber à terre. Instinctivement, elle roula et, la main portée à son front, dégaina le poignard qu’elle portait à la cuisse, les genoux pliés, le dos courbé. Son regard rivé sur l’autre exprimait autant de fureur que d’incompréhension.

« Non. » Lâcha-t-elle d’une voix vibrante, vexée de s’être fait avoir, et puis un autre :
« Non. » Lui pour toute la vérité contenue dans ce mot.

Puis, Tréaga se redressa un peu plus, et la main qui soutenait sa tête se serra en poing pour ensuite y faire éclore une flamme rougeoyante. Pleine de défi contenu, elle redressa le menton, toisant celle qui avait été son gibier comme pour la mettre en garde.

« Jasdrian, ce n’est pas moi. Et toi, tu n’es pas Krymhild, pour ce que votre ressemblance vaut. Mais si les noms ne signifient rien pour toi, alors viens. »

Le poignard fendit l’air dans un cri silencieux tandis que d’un pas, elle allait à elle.

_________________________________________________________


Revenir en haut Aller en bas
Sekhti d'Arden
Vagabonde
avatar
Nombre de messages : 57
Âge : 23
Race : Matel - Démone
Poste : Maître d'armes & Mercenaire
Magie Contrôlée : Tenebrae

Feuille de personnage
Puissance:
642/1000  (642/1000)
MessageJeu 11 Sep 2014 - 12:55

Jasdrian se mit également en posture de combat, une lame à la main et dévisagea son adversaire. Non, pas Jasdrian, rectifia mentalement la Matel. Cette fille n’était pas le général démoniaque que sa sœur et elle servaient jadis, l’une en tant que Chevalier et l’autre en tant que simple soldat envoyé au casse-pipe. Une vague brûlante de rancœur et de haine montait dans le cœur de Sekhti. C’était à cause de Jasdrian, au fond, qu’elle avait perdu Cal. Son seul ami, son amant, son frère de guerre. Toutes ces marches forcées, ces vaines batailles, la boue et le sang… Lorsqu’elle fermait les yeux, Sekhti pouvait invoquer à tout moment le visage de l’Incube qui avait partagé sa vie pendant si longtemps. Une vie qui lui avait été arrachée, tandis qu’une fillette, riant aux éclats comme un démon, menait la charge contre les armées d’Elament. Elle ne pouvait pas regarder cette petite chose dans les yeux sans y revoir l’image de Jasdrian…

Les deux images se superposaient mal, cependant. Il était très difficile de croire, pour l’ancienne soldate, que la menue créature hargneuse qui lui faisait face avait pu être le terrible Jasdrian.

Sekhti mit quelques secondes avant de répondre. Après avoir chassé ce bref éclair de haine, elle réfléchit intensément à sa réponse. Que devait-elle dire ? Chaque mot pesait sur sa conscience. Chaque mot qu’elle prononcerait pouvait la perdre. Si elle n’y prenait garde, Sekhti pouvait se condamner sans même bouger un muscle. Tout dépendait de ce que savait cette fillette à propos du Général et de sa jumelle déserteuse.

- Non, je ne suis pas Krymhild. Mon nom est Sekhti. Et tu as troublé ma chasse ! J’ai pendant longtemps été la sœur jumelle de celle qui servait Jasdrian. (Pause.) Krymhild est morte.

Elle dévisagea à son tour, avec une grande attention, son adversaire. Elle maîtrisait la magie du feu. L’avantage, ou plutôt le désavantage commun de la situation, était que ni l’une ni l’autre ne pouvaient correctement utiliser ses pouvoirs dans la forêt. Les alentours d’Elament, exceptée l’Arène – miraculeusement épargnée – rendaient l’usage de la magie extrêmement dangereux. Sekhti ne pouvait guère alors compter que ses capacités martiales et sa force physique. Les Ténèbres n’étaient pas la voie la plus sûre pour réchapper à cette rencontre hasardeuse.

- Si tu n’es pas Jasdrian, alors qui es-tu ?

_________________________________________________________

" Il y a toujours l'odeur du sang...
Tous les parfums d'Arabie ne rendraient pas suave cette petite main ! "

Macbeth, Shakespeare
Revenir en haut Aller en bas
Tréaga
Vagabonde
avatar
Nombre de messages : 425
Âge : 26
Race : Halfling
Poste : Vagabonde
Magie Contrôlée : Igni

Feuille de personnage
Puissance:
490/1000  (490/1000)
MessageSam 13 Sep 2014 - 21:44

Celle qui jadis se faisait appeler Jasdrian gardait ses yeux rivés sur la guerrière. A quelques pas seulement de l’halfling, toute la colère qu’elle contenait était perceptible sur son visage, de même que l’incompréhension. Et l’igni détaillait tout cela, consciente d’être elle-même l’objet d’un examen similaire. Toutefois, elle savait qui elle était, certitude à laquelle elle s’accrochait fermement depuis son éveil. C’était le reste du monde qui, apparemment, ne parvenait pas à le digérer. Le marchand qui l’avait accusé de vol, tout comme cette étrangère… Il y avait chez tous les deux cet air défiant sur leur visage, bien que la jeune femme semble impliquée personnellement dans ce que Tréaga avait un jour été.

En apprenant son nom, de nouveaux souvenirs affluèrent en l’esprit de la vagabonde. Ah, oui… Celle qui était comme Krymhild. Sa sœur. Sa jumelle. A l’évocation de la mort de celle qui l’avait servie, la jeune fille marquée guetta en vain un quelconque regret qui affluerait en elle. Mais rien. Après tout, Tréaga ne l’avait pas connue, et Jasdrian… Oui, Jasdrian n’était liée à rien. En cela, peut-être, la personne qu’elle était devenue s’inscrivait dans une certaine continuité et, un instant, la froideur qui se lut sur le visage de l’halfling aurait pu appartenir au Général. Krymhild était morte. Pourtant, dans une vie comme dans une autre, elle pouvait s’en passer.

« Krymhild ne pouvait que mourir. » Lança-t-elle d’une voix lointaine et minérale.

Toutefois, elle fut extraite bien vite de ses songes. La flamme au creux de sa main commença soudain à la démanger. Mauvais signe par les temps qui couraient. Dans le feu de l’action, elle avait omis les nombreux cas où elle avait tenté d’utiliser sa magie hors de certains lieux spécifiques. Rapidement, elle éteignit la flammèche, avant de reporter son attention sur la démone.

« Ta chasse ? » Un rire la prit, bien qu’il ne fût pas moqueur, au contraire. Le sourire qui vint aux lèvres de Tréaga était malicieux, et la distanciation qui l’avait pris céda soudain le pas à un amusement sincère. « Ma chasse plutôt. Mais rien n’est troublé. Je croyais avoir affaire à un gibier ordinaire, j’ai mieux que cela. »

Sans jamais relâcher son poignard ou sa vigilance, elle alla un peu plus à elle.

« Je suis Tréaga, et tu es sur mon territoire, Sekhti d’Arden. »

_________________________________________________________


Revenir en haut Aller en bas
Sekhti d'Arden
Vagabonde
avatar
Nombre de messages : 57
Âge : 23
Race : Matel - Démone
Poste : Maître d'armes & Mercenaire
Magie Contrôlée : Tenebrae

Feuille de personnage
Puissance:
642/1000  (642/1000)
MessageDim 14 Sep 2014 - 13:38

A l’évocation, pleine de froideur et de désintérêt, du sort malheureux de sa sœur, Sekhti ne broncha pas. Qu’aurait-elle pu répondre à cela ? Krymhild avait toujours cru être promise à un grand destin. Et tous ce que les dieux perfides avaient bien voulu lui donner en échanges de ses folles rêveries… Etait la mort. Elle n’avait pas survécu, car elle n’avait jamais été prête à le faire. Tout devait lui revenir de droit, pour la puissante et belle Krymhild d’Arden. Sa jumelle s’était battue toute sa vie pour quelques miettes de nourriture, de reconnaissance et même, tout simplement, pour vivre. Krymhild n’aurait jamais compris ce qu’il fallait accomplir pour survivre quand le monde se renverse soudain – comme il l’avait fait avec le triomphe d’Elament -. Il valait mieux qu’elle soit morte, en vérité. Et Sekhti ne pouvait pas donner tort à l’halfling sur ce point.

La minuscule flamme de son adversaire s’éteignit rapidement. Ce qui conforta Sekhti dans l’idée que, si combat il y aurait, elle ne pourrait définitivement compter que sur son entraînement. Elle qui était née, comme sa sœur, avec la magie des Ténèbres coulant dans ses veines et imprégnant sa chair jusqu’à la lie, ses pouvoirs se révélaient maintenant un handicap. Alors qu’elle avait passé la majeure partie de sa vie à se reposer – parfois beaucoup trop – sur ceux-ci pour compenser sa faible constitution. Les Ténèbres, chaque jour, repoussaient les limites de son corps et la fragilité de sa santé. Souvent, l’ironie de la gémellité des filles d’Arden lui sautait aux yeux : Krymhild naissait forte avec un esprit dangereusement instable, quand Sekhti cédait cette force physique à une intelligence lucide et rationnelle.

La petite Tréaga, si fluette et si jeune, comparée à la demi-centenaire qui lui faisait face, démontrait une agressivité incroyable. Surestimait-elle ses capacités ? Comment pouvait-elle espérer battre une démone adulte, sinon par surprise ? Son rire ne reflétait pas la folie mais plutôt une malice arrogante et dérangeante. L’étrange inconnue semblait décidée à faire de la maîtresse d’armes son prochain repas. Ce qui amenait cette dernière à se poser une question cruciale : quel genre de créature était-ce, qui dévorait les démons comme du gibier ordinaire ? Un éclair de peur traversa ses yeux de sylve, avant que Sekhti ne recouvre son sang-froid.

- L’ignorance n’est pas une excuse. Mais sache que si j’avais su que j’arpentais le territoire de quelqu’un, j’aurais fait demi-tour.

Elle surveillait attentivement l’approche progressive de son adversaire. La proie était devenue chasseur. Sekhti aurait pu rire de l’ironie de la situation… Si seulement la nouvelle proie désignée n’avait pas été elle-même.

- Ton nom ne signifie rien pour moi, Tréaga de la forêt Darke. Pas plus que le mien pour toi, j’en suis sûre. Qui es-tu donc, toi qui aimes la viande infernale ?

Ou plutôt : qu’es-tu ? Quelle sorte de créature est née après le retour de la Cité et la disparition de la plupart des généreux démoniaques ?

Sekhti garda ces pensées pour elle-seule. Elle fit un pas de côté. Sans quitter des Tréaga, elle se déplaçait lentement sur la gauche, pour conserver une distance respectable entre elles. Si la jeune fille décidait subitement d’attaquer, la lame de son poignard était prête à mordre ses chairs. Elle retourna son poignet, le pommeau vers son torse, l’acier éclatant pointé vers l’halfling.

- Je ferais un très mauvais repas pour toi.

Ses muscles abdominaux se contractèrent, durcis et bandés, comme parés à l'attaque. Délacer son corset de cuir, cachée sous sa chemise, ne lui poserait pas trop de problème en matière de rapidité. Sa cinquantaine d'années en avait conservé l'habitude. Ce qui n'empêchait pas Sekhti d'être soudain rebutée à l'idée de dévorer cette étrange fillette.

_________________________________________________________

" Il y a toujours l'odeur du sang...
Tous les parfums d'Arabie ne rendraient pas suave cette petite main ! "

Macbeth, Shakespeare
Revenir en haut Aller en bas
Tréaga
Vagabonde
avatar
Nombre de messages : 425
Âge : 26
Race : Halfling
Poste : Vagabonde
Magie Contrôlée : Igni

Feuille de personnage
Puissance:
490/1000  (490/1000)
MessageLun 15 Sep 2014 - 20:00

Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas eu de proie se débattant ainsi, bien qu’il faille tout de même concéder aux autres l’impossibilité de réagir face à la surprise. Soyons honnêtes, se prendre une furie à poils roses dessus reste relativement rare au cours de l’existence. Aussi, Tréaga trouvait-elle toujours des victimes à demi-consentantes qu’elle pouvait se mettre sous la dent. Les pauvres réalisaient bien peu ce qui leur arrivait, et parfois se réveillaient sans aucun souvenir, perdues au milieu des bois, leur sang goûtant d’une morsure encore fraîche. Il leur arrivait de percevoir un bruissement de feuilles non loin du lieu profane mais, à s’y aventurer, elles n’y trouvaient rien. Quelques minutes plus tard, la vampirisée se vautrait au fin fond d’une prairie, repue.

Et pourtant, les Quatre savaient combien Tréaga appréciait les défis. Elle avait ça dans le sang, littéralement, outre la racine démoniaque qui la reliait encore à cette partie du monde où les vertueux osent à peine poser le pied.

Voir Sekhti, c’était comme regarder l’ancien reflet d’un souvenir oublié. Comme retrouver quelque chose. L’extase de la lutte. Et cette danse n’en est que meilleure quand on devine que la perdition est réciproque. La démone criait vers tous ses instincts bestiaux, en vérité, et si fort que Tréaga ne pouvait que répondre à l’appel, même si cette partie d’elle-même, trop jeune encore, n’aurait su expliquer son attachement envers la matel.

Son regard toujours ancré sur elle, celle qui fut Jasdrian s’amusait à faire jouer son arme blanche entre ses doigts, ne se départant jamais du sourire en demi-lune sur son visage. Elle n’eut qu’un vague haussement d’épaules face à ce qui ressemblait à des explications. Celles-ci ne lui étaient pas nécessaires, la provocation qu’elle avait lancée ne contenant aucun ressentiment.

« J’apprécie la compagnie. »

Ses pas se calquèrent sur ceux de sa comparse, dont elle observait la prudence avec une joie non-dissimulée. D’un mouvement leste du poignet, elle fit effectuer un léger bond à son poignard pour le rattraper immédiatement. Juste le temps que les yeux de l’autre s’écarquillent, aux aguets, ce qui lui arracha un nouveau rire plein de malice. Elle était drôle. Véritablement. La vagabonde aimait à la contempler, chaque nouvelle personne s’attardant sur son chemin étant une source inépuisable de curiosité pour elle.

A la question que lui lança l’ancien soldat, son sourire ne fut que grandi. D’un coup, elle s’élança vers elle, l’arme levée. Les deux lames s’entrechoquèrent en un tintement qui troubla la paix des bois plus que leurs mots ne l’avaient fait.

A quelques centimètres de Sekhti, elle put sentir toute la force contenue de cette dernière, tandis qu’elle-même contractait son propre corps, s’appuyant autant qu’elle le pouvait sur son arme que la démone tentait de repousser avec la sienne. Jaugeant de l’effort qu’elle devait fournir et le comparant à celui apparent de son adversaire, Tréaga devina qu’une lutte au corps à corps ne serait pas à son avantage, ou en tout cas lui demanderait de miser bien trop sur l’astuce. Jasdrian se battait ainsi. Avec toute la magie dont elle était capable, ainsi que tous les avantages qu’elle pouvait se procurer, même s’ils devaient friser la lâcheté. La jeune âme ne put réprimer un grognement de frustration devant cette constatation. Néanmoins, le regard qu’elle porta sur son vis-à-vis était dénué de toute rage meurtrière.

« Aurais-tu peur de moi parce que tu ne m’aurais jamais vue ou parce qu’il t’est impossible de me classer avec vos étiquettes bien précises ? Ton nom ne signifie actuellement rien pour moi non plus, Sekhti d’Arden, mais ce n’est pas ta nature que je chasse. Ni même ta chair. »


Son ton s’était mordant au fur et à mesure que ses paroles sortaient. L’injure encore trop vive qu’on lui avait faite lors de son escapade dans la Cité revenait rapidement. Si Jasdrian méritait d’être méprisée, qu’est-ce que Tréaga avait, elle, bien pu faire ?

_________________________________________________________


Revenir en haut Aller en bas
Sekhti d'Arden
Vagabonde
avatar
Nombre de messages : 57
Âge : 23
Race : Matel - Démone
Poste : Maître d'armes & Mercenaire
Magie Contrôlée : Tenebrae

Feuille de personnage
Puissance:
642/1000  (642/1000)
MessageMar 16 Sep 2014 - 13:59

Les pupilles dilatées, le souffle rapide et tous ses muscles parés au combat, Sekhti ne céda pas un centimètre à son adversaire. Encore une fois, Tréaga faisait preuve d’une agressivité et d’une forme physique qui lui semblaient provenir d’un autre âge. D’un autre règne animal que celui d’une simple halfling. La jeune fille abandonna la partie la première, se reculant d’un bond vif. Sekhti se recula également d’un pas. L’attaque avait été rapide et gracieuse, presque l’équivalent d’un pas de danse. Il n’y avait pas eu de vainqueur dans cette petite escarmouche. Tout juste un défi. La brièveté de l’assaut suffit pourtant à la Matel pour deviner le parfum des bêtes de la nuit dans la chair de Tréaga de la forêt Darke. Un vampire.

Effectivement, ce n’était sans doute pas pour sa nature démoniaque, ni même sa chair tendre, que la jeune fille voulait tant se battre. Seul son sang l’intéressait. Sekhti y vit un bref parallèle entre elles deux. Elle aussi avait soif de sang. Sa survie en dépendait au même titre que le secret sur sa véritable essence.

- Les étiquettes m’embarrassent, rétorqua-t-elle d’un ton neutre, presque désintéressé. Je n’en ai pas l’usage.

Ce genre de questions l’ennuyait. Cette histoire de choix, entre deux camps, la terre d’en bas et elle d’en haut… Comme si on pouvait être prédestiné par sa naissance. Que l’on soit sorti du ventre d’une Elémentaliste ou d’une Démone faisait-il toute la différence ? Sekhti était née d’une gladiatrice au cœur noir et d’un aquamancien à l’esprit agile. Aucun des deux héritages n’était incompatible avec l’autre, selon elle. Et cela ne signifiait pas non plus qu’elle était capable d’attribuer sa préférence à tel ou tel camp. Sekhti voulait vivre libre, étreindre le monde dans toute sa beauté et son horreur sans discrimination, et ne jamais faire de choix.

- Ton sang m’intéresse également beaucoup, Tréaga. Mais ni toi ni moi ne sommes le bon gibier pour cela. Sans effet de surprise et sans magie, tu es faible. Je suis plus âgée, plus expérimentée – n’en déplaise à la mémoire de Jasdrian. Je pourrais te tuer. Difficilement, sans doute mais l’issue de ce combat resterait inévitable.

Sekhti avait faim mais pas au point de mettre sa vie et son identité officielle en danger.

- Tu es trop maigrichonne pour moi. Et je suis trop démone pour toi.

Krymhild aurait hurlé à l’infamie, au déshonneur et à la honte suprême. Elle aurait invoqué les pires malédictions si elle avait su ce que ferait sa sœur. Cependant Krymhild, comme cela avait été dit, gisait quelque part sous une tombe anonyme. Sekhti était taillée pour survivre. Elle laissait volontiers l’honneur aux héros morts et aux imbéciles.

Elle plongea vers Tréaga, la lame en avant, donnant l’impression de vouloir atteindre son sternum. Avant de subitement faire un écart. Elle roula dans l’herbe, plongea sa dague au hasard vers le bas puis bondit sans y accorder un regard. Elle franchit les quelques mètres qui la séparaient de la lisière de la clairière et s’enfonça dans la pénombre silencieuse des sous-bois. Sans un regard en arrière ni pour vérifier que sa dague avait atteint son but. Libre à son adversaire de la poursuivre si l’envie lui prenait. Sekhti espérait être déjà loin lorsque Tréaga retrouverait sa trace… Et elle se ferait un plaisir de rayer cette portion de la forêt sur ses cartes pour la chasse.


Spoiler:
 

_________________________________________________________

" Il y a toujours l'odeur du sang...
Tous les parfums d'Arabie ne rendraient pas suave cette petite main ! "

Macbeth, Shakespeare
Revenir en haut Aller en bas
Tréaga
Vagabonde
avatar
Nombre de messages : 425
Âge : 26
Race : Halfling
Poste : Vagabonde
Magie Contrôlée : Igni

Feuille de personnage
Puissance:
490/1000  (490/1000)
MessageJeu 18 Sep 2014 - 20:34

Spoiler:
 

Il fallut bien se reculer quand l’étreinte frôla le véritable combat. Haletante, Tréaga garda son regard rivé sur la matel tandis que celle-ci rejetait avec mépris les habitudes conformistes. Peu lui importait le statut de l’un ou de l’autre. Ou en tout cas, telle est l’opinion qu’elle laissa transparaître, opinion qui plongea l’halfling dans une perplexité en même temps que dans une méfiance certaine. Trop accusée à tort et à travers, celle-ci avait la certitude absolue d’une évidente frontière entre le monde de la Cité et celui des enfers. Sa langue connaissait encore des réminiscences du goût du sang versé par Jasdrian, et cette envie de revanche que tout démon cultive contre l’existence. Il était étonnant que Sekhti d’Arden n’obéisse pas à ces codes, fondamentaux pour certains.

Les doigts de Tréaga encerclèrent plus fermement le manche de son poignard à la suite des paroles prononcées par l’être démoniaque. Ah. Oui, bien sûr qu’elle avait senti, qu’elle avait fini par deviner la bête sous-jacente, tout comme elle-même ne pouvait ignorer le parfum que la nuit avait déposé sur l’autre. Mais de là à avouer un intérêt réciproque… Est-ce que la mercenaire partageait sa condition à ce point ? En proie au doute, la jeune fille eut à peine une moue de dédain pour ce qui suivit, ne pouvant nier l’évidence de l’issue d’un duel entre elles deux. La dernière remarque qu’eut Sekhti pour elle ne l’irrita même pas. Tréaga se targuait du jeu, pas de la victoire.

« Rien que je ne puisse endurer. Tu oublies à cause de qui je suis là. »

Car Jasdrian avait été Del, lui-même enfanté par une Horreur pire que le néant dans toute sa consistance haineuse. Vomis, entre autres créatures, des entrailles d’une noirceur à nulle autre pareille, il avait été parmi les premiers de leur race à découvrir les rayons éclatants du soleil, rampant sur la terre sèche, apprenant aussitôt à les détester. Pas à haïr. Haïr avait été le commencement pour lui, si l’on pouvait parler de commencement. C’était né là, dans cet endroit oublié où tout n’était que cris d’extase et de douleur, et ça finissait ici, dans cette créature qui s’était elle-même nommée et qui fixait le monde sans ciller.

Sekhti fondit sur elle en un éclair, son arme pointée, si bien que Tréaga n’eut que le temps d’esquiver un mouvement pour parer le coup à venir. Leste, la démone disparut toutefois dans un éclat rouge, non sans oublier un dernier présent pour sa vis-à-vis. L’halfling, qui s’était retournée afin de ne pas quitter des yeux son adversaire, n’eut que le temps d’un écart. La dague, figée dans le sol, trouva bien vite sa place là où elle accrochait son poignard habituellement. Il n’y eut qu’un froissement entre les feuilles des arbres, et l’endroit fut désert. Perchée et serpentant entre les branches, l’igni affichait un sourire féroce.

Si elles se battaient, Sekhti gagnerait, et elles le savaient toutes les deux. Là où Sekhti avait tort, c’est que Tréaga n’avait pas besoin d’être assurée victorieuse pour se lancer dans des entreprises impossibles. Tréaga était faite contre le destin, désireuse de braver les barrières.

Se coulant d’arbre en arbre, elle guettait chaque son, ses sens aux aguets. L’excitation faisait courir l’adrénaline dans ses veines et c’est avec agilité qu’elle passait d’un perchoir à un autre. La forêt n’avait à l’heure actuelle que très peu de secrets pour elle. Elle y passait ses nuits à vagabonder, son temps à y chasser, et n’aimait rien tant que s’enfoncer en ses profondeurs protectrices. Très vite, elle sut distinguer l’odeur étrangère de sa comparse entre les mille autres qu’elle connaissait déjà. La sauvageonne se laissa glisser jusqu’à terre et bondit, mangeant la distance qui les séparait. Un éclat roux attira bientôt le coin de son œil. Elle se sentit comme un puissant prédateur tapi dans l’ombre.

« Hey ! Titi ! »

Elle prit son poignard entre ses dents et dégaina la lame si généreusement laissée, avisant son poids et sa texture sous ses doigts. L’ancien général attendit d’apercevoir le haut du corps de la matel avant de la viser tout en souhaitant épargner un point vital. La dague fendit les airs.

« Tu vas en avoir besoin ! »

_________________________________________________________


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Message

Revenir en haut Aller en bas
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

La Cité d'Elament :: Forum RPG Médiéval-Fantastique École  :: Extérieur de la Ville :: La Forêt Darke-

 Sujets similaires

-
» Artémis, Déesse de la Chasse et de la Lune
» Les Ombres
» Réveil pour la chasse ! [PV Plume]
» Chasse entre mère et fille
» La Chasse, tout un art ... [ Braise ]