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 Arrivée de la citrouille [Terminé]

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Baati Pruderonce
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MessageVen 28 Fév 2014 - 16:36

Le voyage avait été long et épuisant. Bien qu'elle ait été accompagnée d'un marchand qui connaissait bien la route, celle-ci n'avait pas été de tout repos. A plusieurs reprises, ils avaient dû faire des détours, à cause d'animaux géants ou de bandits. Baati n'aurait jamais imaginé qu'atteindre Elament fût si compliqué. A la sortie de la Forêt Darke, elle était couverte d'égratignures, et son accompagnateur, qui traînait ses mules derrière lui, était soulagé. Apparemment, ça aurait pu se passer encore plus mal. La fille n'avait qu'une envie: dormir. Elle savait malheureusement que sa journée n'était pas encore finie, et qu'elle avait encore de nombreuses choses à faire avant de pouvoir ne serait-ce que fermer les yeux. La vision de la grande ville au loin lui redonnait néanmoins de l'espoir.

Arrivée à l'entrée de la ville, l'excitation avait remplacé la fatigue. Tout était magnifique. Elament respirait l'histoire, dans ses murs cassés, dans ses pavés salis par le passage des habitants. Le marchand lui avait brièvement raconté les événements des dernières années, mais Baati sentait qu'il y avait d'innombrables secrets et histoires que cette ville gardait au fond de ses pierres. Après de courts adieux à son compagnon de voyage, elle se mit à marcher sans but précis, son gros sac de vêtements sur le dos. Elle déambula à travers les ruines de la cité pendant des heures, tentant de s'imaginer ce à quoi elle pouvait ressembler à son âge d'or. Les gens qui la croisaient la prenaient pour une folle, d'autres pour une ancienne habitante qui venait de retrouver ce qui restait de sa maison, certains lui lancèrent même quelques pièces (qui, si elle avait bien compris, n'avaient plus aucune utilité). Elle n'y prêta aucune attention, trop occupée à s'émerveiller du moindre détail dans l'architecture d'une maison, de la moindre allée.

Elle finit enfin par se ressaisir et prit la route de l'école, qu'elle devinait être le grand bâtiment au milieu de la ville. Son sac commençait à lui peser. Lorsqu'elle passa sous l'arche géante, elle s'arrêta de stupéfaction. L'endroit était magnifique, mais il avait été horriblement souillé, elle pouvait le sentir dans ses fibres de citrouille. L'atmosphère était pesante, les gens qui passaient ici et là ne parlaient pas beaucoup. On sentait que la blessure causée par le passage des démons n'était pas encore guérie. Elle se serait sentie coupable d'avoir été émerveillée par les ruines si elle avait un sens de la convenance. Mais non. Elle tenta de demander son chemin pour s'inscrire à l'école à un homme qui passait, mais ils ne l'écouta pas. Elle tenta la même chose auprès d'une jeune fille, qui lui apprit qu'elle était aussi perdue qu'elle. Elle s'éloigna alors et s'assit sur un banc, épuisée. Elle n'avait pas vraiment envie de faire la conversation à quelqu'un qui ne pouvait l'aider pour le moment. Peut-être après avoir dormi un peu. Elle arrêta donc d'essayer de parler et fixa simplement les gens qui passaient.


Dernière édition par Baati Pruderonce le Lun 28 Juil 2014 - 23:55, édité 1 fois
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Tyrol
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MessageLun 3 Mar 2014 - 4:56


Il n'y avait plus de maison sur les Falaises. Si loin d'Elament mais touchée de très près par un morceau d'île en perdition, envahie par les miasmes, elle avait perdu son aspect de refuge et son atmosphère de réconfort. Des murs effondrés et des coques de bateaux de pêche brisées s'empilaient dans le plus absolu désordre face à un océan muet.

Tyrol était resté un très long moment à penser à ce qu'il devait faire. Il lui avait fallu beaucoup de temps et de courage pour accepter de revenir en ces lieux qu'il savait si vides et si chargés à la fois. Plusieurs mois s'étaient écoulés. Il y avait eu beaucoup de changement pour lui et lorsqu'il pensait à revoir leur maison, le temps et les occupations plus urgentes ne le lui avaient pas permis ; Depuis, la vague était retombée, la mer était plus calme et il avait eu le temps de se préparer. Il était revenu bien avant l'aube, seul. Il connaissait le chemin par cœur et l'aurait évidemment trouvé les yeux fermés s'il n'avait pas plutôt décidé d'épargner à ses jambes un voyage aussi long et pénible ; Son cheval ailé l'y avait conduit avec autant de facilité et, tandis que son maître réfléchissait bien trop, était parti brouter plus loin.

L'elfe avait souhaité être seul. Son habituel garde du corps était désormais bien trop occupé ailleurs, ayant même décidé de s'éloigner d'Elament pendant un temps au vu des derniers évènements. Il avait traité les élémentalistes de "gros demeurés" et s'en était allé avec ses deux enfants sous les bras, sommant son ancien compagnon de se débrouiller tout seul avec sa nouvelle vie. C'est ce qu'il avait fait, non sans mal, sa condition globale nécessitant au moins le double du temps qu'il fallait à d'autres personnes afin de s'adapter au raz-de-marée de nouvelles, d'informations et de nouveautés auquel il avait dû avoir à faire. Il l'avait pris comme il avait pu et s'estimait heureux de ce qu'il avait compris et accompli. Il semblait que tout redémarrait, à un rythme de moucheron englué dans de la mélasse, mais avançant tout de même. Elament était toujours prise dans le gel, hors du temps, mais sa tête commençait à sortir de l'eau.

Indécis, Tyrol avait laissé les heures défiler et le noir de la nuit laisser place au rose du matin. Assis à même le sol dans un salon en ruines, il avait regardé l'étendue d'eau dont le ciel se servait comme d'un miroir, il avait guetté quelque chose au loin. Finalement, il avait récupéré ce qu'il avait pu, laissé les meubles et gardé leur contenu. À la faible force de ses bras, il avait tout chargé en carriole et emporté par la voie des airs vers Elament grâce à l'aide du brave Haeris qui avait attendu à ses côtés sans broncher. Midi sonnèrent lorsqu'il arriva en ville parmi la masse d'habitants-es qui ne se retournaient pas sur lui ; Un elfe, un cheval couleur grenat aux ailes d'ange... Pure banalité. Le soleil était haut dans le ciel et sans savoir pourquoi, le Solan pensa à cet instant qu'Elament, refaisant surface, venait de prendre sa première grande inspiration, celle que l'on attrape au vol, le plus vite possible dès que l'on se sait encore en vie et que l'on tient à le rester.

C'était la journée idéale pour marcher un peu. Même lorsque l'enveloppe corporelle qui nous a été donnée est faible et fragile, l'entretenir dans l'immobilisme était une erreur pour le corps et une prison pour l'esprit. Les lourds pas du massif équidé foulaient le sol avec une assurance sereine tandis que son maître, appuyé sur un grand bâton de vent et de lumière torsadée, suivait le rythme en surveillant continuellement le contenu de la petite carriole dans laquelle de grands sacs de jute et des coffrets de bois s'entassaient en vrombissant. Il avait traversé la ville nouvelle de son entrée, désormais délimitée par les falaises que formait l'Île de Dyferon enfoncée dans le sol et les derniers vestiges encore intacts des anciens remparts d'Elament. Il avait croisé du monde, la fourmillière vivait, s'organisait. Les gens avaient recommencé à parler affaires et à rire des nouveaux arrivants, même si cela n'était pas encore tout à fait spontané et dynamique. Rendu quelque peu hermétique par la fatigue de sa nuit blanche, Tyrol avait entendu sans écouter. Pour l'instant, personne ne mettait encore de nom sur son visage, même si les rumeurs couraient ; On savait qu'il y avait quelqu'un, que la Matriarche avait délégué. La reconstruction ne s'était pas faite sans directives mais il avait souhaité garder le secret le plus longtemps possible, le temps que les plaies soient pansées, que les cœurs se dégèlent. Cela ne pouvait durer mais il savourait encore son mystère et sa tranquillité.

"Bonjour !" dit-il à une jeune femme rousse assise sur un banc le long du chemin.

Hermétique mais pas impoli, il lui sourit. La lumière de bonheur et d'espoir qui animait ses yeux en tout temps n'avait pas été chassée par la fatigue de la nuit et la mélancolie passagère de ce matin. Haeris et sa carriole de chargement la dépassèrent, l'elfe suivant quelques pas en arrière à la vitesse d'une tortue boîteuse. Il avait très ostensiblement besoin de son bâton afin de marcher mais semblait néanmoins à l'aise dans sa condition de promeneur en montagne débutant. Il allait dépasser le banc mais, avant que son sillage de vent boisé et tourbillonnant ne quitte le chemin, il se retourna afin d'y regarder à deux fois. La demoiselle qu'il venait de saluer semblait terriblement chargée et aussi fatiguée que lui et sa préoccupation pour le bien-être d'autrui, fût-ce un-e illustre inconnu-e, ne l'avait jamais abandonné.

"Je peux vous déposer quelque part avec votre sac ?"

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MessageMer 5 Mar 2014 - 16:32

La fatigue du voyage pesait vraiment sur elle et personne ne semblait remarquer sa présence. Elle regarda autour d'elle à la recherche d'un abri potentiel, et aperçu un petit potager au loin, derrière des arbres. Si elle cachait son sac dans un buisson, puis qu'elle allait gentiment se caler entre deux courges, sur un terreau bien moelleux, elle pourrait y rester un bon moment et se reposer. Bien sûr, les potagers sont certainement les endroits les moins sûrs du monde lorsqu'on est un légume, mais à situation désespérée mesure désespérée, n'est-ce pas? Et puis ça ne durerait que quelques heures, le temps de récupérer un peu, et puis elle irait rejoindre l'école juste après...

Le
"bonjour !" d'un elfe aux cheveux blancs la tira de ses rêveries. Elle lui répondit par un sourire fatigué, et le regarda la dépasser sans rien dire. Il avait l'air très gentil, et Baati se demanda s'il serait apte à l'aider à trouver son chemin. Avant qu'elle n'aie pu esquisser un geste, il lui proposa de l'aider à transporter ses affaires. Elle crut d'abord qu'il plaisantait, au vu de sa forme physique, et elle remarqua la carriole qui le précédait. Elle n'avait jamais vu de cheval ailé, elle n'avait d'ailleurs jamais su qu'il en existait. Émerveillée, elle ouvrit de grands yeux et balbutia un "oui", avant de prendre son sac et de le poser dans la carriole. Sous le poids indécent du sac qui se rajoutait à toutes les autres affaires, le cheval hennit de mécontentement. Elle se tourna vers l'elfe avec un sourire reconnaissant.

- Merci beaucoup. Elle voulait le remercier plus, mais elle ne connaissait ni les mots ni la façon de lui expliquer sa situation, alors elle préféra ne pas s'éterniser. Je cherche à m'inscrire à l'école, je suis une.. Le marchand lui avait mentionné ce qu'elle était, mais elle ne parvenait pas à se rappeler du nom exact.. Elle se mordit la lèvre et serra les poings, son manque de vocabulaire  et de mémoire l'handicapait atrocement. Pour se faire comprendre, elle fit apparaître une flammèche au bout de ses doigts et la montra à son interlocuteur. Elle espérait qu'il ne prendrait pas ça pour une agression, elle ne connaissait pas les us et coutumes des elfes.
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MessageSam 8 Mar 2014 - 0:42

Une caresse sur la croupe d'Haeris parut suffire à calmer le cheval indisposé par un poids supplémentaire, qu'il ne supportait guère non pas parce qu'il n'était plus en mesure de le tirer mais parce qu'il venait d'une Igni et non d'une Aera comme l'était son maître. Pour qui se prenait-elle donc, elle qui ne possédait aucune maîtrise sur les vents ? Tyrol fit mine de replacer légèrement le sac afin d'apposer son empreinte magique sur lui et rassurer la robuste bête sur la défensive.

"Une ?" interrogea-t-il en direction de sa rencontre, intrigué.

Mais la réponse ne venait pas. Son interlocutrice ne semblait pas pouvoir trouver son dernier mot et peinait manifestement à le chercher dans sa mémoire. Il tenta donc tout logiquement de lui venir en aide :

"Nouvelle venue ? Rescapée ? Mais non, rien à voir avec l'école. Une future élève ? Une recrue préceptrice ? Une infirmière assermentée ? Une..."

Il fronça ses fins sourcils, non pas pour la demoiselle qui secouait la tête en paraissant être bien plus embêtée que secourue par ses interventions, mais pour lui-même : Il manquait quelque chose d'évident mais ne savait quoi encore et cela portait atteinte à l'égo de ses capacités de devin - dont il ne s'était d'ailleurs point servi depuis bien longtemps.

"Une... Une... Voyons... Une femme sans emploi ? Une espionne à la solde des Démons ? Une défenseuse de la cause animale ? Une fougère ?..."

Il déblatéra une myriade d'autres propositions toutes plus farfelues et faussées les unes que les autres, prenant finalement plus de plaisir à inventer de légères bêtises qu'à trouver réellement le terme adéquat qui permettrait de terminer la phrase de la jeune femme. Cette dernière se mordit la lèvre en serrant les poings et l'elfe crut une seconde qu'un coup de poing lui serait bientôt destiné, sans le craindre réellement toutefois. Il allait abandonner son entreprise de bavardage et passer à autre chose lorsque l'éclat chaud et dansant d'une petite flamme vint caresser son œil et tiédir légèrement l'atmosphère devant lui.

"Élémentaliste !" s'écria-t-il soudainement au beau milieu de sa litanie avec un immense sourire rempli de bonheur, tendant les mains pour prendre celles de la demoiselle dans les siennes et les y serrer avec ardeur. "Une Igni, que ton dieu te bénisse ! Bien sûr, où avais-je la tête ! Bienvenue ! Allons-y, l'école est sur ma route. Oh. L'école."

Le sourire avait disparu mais aucune tristesse ne l'avait remplacé ; C'était plutôt une certaine forme de perplexité qui avait soudainement empreint le visage de l'elfe blanc, comme s'il venait de se souvenir d'un détail particulièrement gênant. Les choses n'étaient plus aussi simples qu'il y avait quelques années, où les jeunes arrivaient la bouche en cœur en demandant à s'inscrire ou à connaître les meilleures adresses pour manger et faire la fête et où les réponses étaient directes et faciles d'accès, toutes indiquées par des panneaux jalonnant les routes pavées d'une ville spacieuse et bien délimitée ; Aujourd'hui, l'école était toujours debout mais déserte, les précepteurs et préceptrices trop rares et les personnes en besoin de formation bien trop nombreuses mais, hélas, bien trop éparpillées ou bien trop occupées à reconstruire leur vie qu'à étudier quoi que ce fût. L'idée même que quelqu'un puisse demander à s'inscrire semblait subitement surnaturel. Même Tyrol avait oublié que la raison première de la fondation d'Elament, la clé de voûte de toute son existence était basée sur ce simple principe : Former de jeunes élémentalistes à la maîtrise d'un don rare conféré par les Déesses et Dieux des éléments. Comment les choses avaient-elles pu devenir si compliquées et si lointaines ?

"Oui, bien sûr, l'école. L'administration a quelque peu... Disparu, mais aucune inquiétude, ça ne sera que plus rapide maintenant que l'on a supprimé les intermédiaires ! Je vais t'accompagner et faire les démarches avec toi. Ton prénom ?"

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Baati Pruderonce
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MessageVen 14 Mar 2014 - 17:20

Baati ouvrit grands les yeux lorsque l'elfe lui prit les mains et lui cria dessus. Elle n'était pas vraiment habituée à ce genre d'effusions, et certainement pas de la part d'un inconnu. Une Igni, c'était le mot qu'elle cherchait.  Son compagnon de voyage lui avait expliqué que les noms des élémentalistes provenaient des quatre Dieux créateurs, mais elle n'avait pas vraiment prêté attention à ses explications. Elle devrait se renseigner plus tard. L'elfe tenta de lui expliquer d'autres choses en utilisant des mots compliqués qu'elle ne comprenait pas vraiment, alors elle hocha simplement la tête, comprenant simplement qu'il voulait lui montrer la route.

- Baati, dit-elle. Et merci, c'est gentil. Et toi, ton prénom? Elle le regarda en souriant. C'était la première personne dans cette ville qui faisait attention à elle, et la citrouille en oublia presque son envie de faire la sieste ou de reposer ses jambes endolories. Ils se mirent en marche vers l'école, suivant l'énorme charrette. Ils marchaient silencieusement, et la citrouille, qui savaient que les gens ne tardaient pas à se sentir gênés dés qu'il y avait un vide dans la conversation, se sentie obligée de dire quelque chose, n'importe quoi pour que son inespéré sauveur ne s'enfuie pas subitement. Elle se souvint que sa famille d'adoption aimait lui raconter ce qui leur était arrivé le soir, même si ça n'avait pas beaucoup d'intérêt. Elle se souvint qu'en arrivant à l'orée de la forêt Darke, juste avant la plaine d'Elament, elle et son compagnon de voyage avaient étés attaqués par des bandits, et alors qu'il avait utilisé son pouvoir pour se défendre, il avait failli détruire la forêt toute entière. Elle pensait qu'il n'était juste absolument pas doué pour se contrôler, mais il lui avait assuré que quelque chose n'allait pas avec la magie ici. Peut-être que l'autre saurait quelque chose à ce propos.

- Tout à l'heure... On a eu un.. problème avec la.. Magie. Elle était hors de.. Contrôle. Elle parlait lentement, en articulant chaque mot. Elle avait vraiment des progrès à faire dans cette langue si elle souhaitait s'intégrer à cette nouvelle communauté. Elle était peut-être partie sur un coup de tête, mais Thyr ne lui manquait pas pour autant. Il allait juste lui falloir un peu de temps.
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MessageJeu 20 Mar 2014 - 13:12

"Pour tout le monde ici, mon nom est Tyrol."

Il n'avait même pas tiqué au tutoiement ; En revanche, la question de son nom lui sembla étrange, tout aussi lointaine que les souvenirs qu'il avait d'Elament et de tout ce qu'il avait vécu avant elle. Des échos lui parvenaient, portés par son Vent, des échos d'une vie paisible, protégée du monde. Une vie parfaite, sereine et insipide. Et puis les voyages, d'est en ouest et du nord au sud comme autant de courants changeant de direction selon les saisons, des rencontres qui vont et viennent, traversent sa vie et retournent tout, mettant les choses sens-dessus-dessous tels des ouragans... Sa vie était en réalité l'accolement de deux vies distinctes qui possédaient chacune un nom, comme deux rangements soigneusement étiquetés que l'on ne voudrait pas confondre. Il les aimait toutes les deux sans préférence ; Mais il était aujourd'hui dans la seconde partie et son nom, donc, était bel et bien Tyrol en cet instant.

Une impatience soudaine saisit l'elfe aux yeux d'absinthe qui se surprit à espérer pouvoir bientôt entrer dans une troisième partie, une boîte au décor neuf et à l'étiquette propre. Tandis qu'il marchait aux côtés de sa nouvelle connaissance, il se chercha un nouveau nom. Et comme il ne trouva rien de réellement satisfaisant, il en vint à la conclusion que la boîte dans laquelle il se trouvait actuellement n'était pas encore pleine. Ce devait être une très grande boîte, comme la première.

Il suivait Haeris qui connaissait d'instinct le chemin à prendre et tirait sa charrette avec son habituelle force tranquille. L'elfe écoutait, tout en marchant, ce que Baati avait à lui dire. Elle paraissait toujours hésitante, prudente sur les mots qu'elle utilisait.

"C'est un énorme problème que nous avons depuis notre retour ici. Nous avons tenté d'avertir les voyageurs mais les Démons font tout pour abattre les panneaux de signalisation sur les routes marchandes. Tu as eu de la chance car rien ne t'es arrivé, visiblement ; D'autres ont eu moins de chance..."

Cherchant toujours l'appui de son bâton venteux donc la magie vibrait sous ses doigts et pulsait parfois d'une vive lumière blanche, Tyrol se déplaça sur la droite de son interlocutrice de façon à ce que sa main gauche puisse se poser sur son épaule. Il se pencha légèrement vers elle.

"Elament est sûre et certains lieux sur notre territoire le sont aussi. Tu peux y utiliser ton pouvoir comme tu le souhaites - tant que cela ne défie pas nos lois, bien entendu ; Mais lorsque que tu passes la muraille, la grande porte ou que tu t'éloignes du cœur de la ville, prends garde car ton don, si divin soit-il, pourrait causer ta perte."

Il guetta un instant la réaction de la jeune femme, puis, souhaitant anticiper une expression interrogative, expliqua avec beaucoup de gravité :

"Sorti de terre il y a plusieurs mois, un miasme empoisonne l'air de cette région. Tu ne le vois pas, il n'a pas d'odeur particulière, mais partout où il règne, il corrompt toute magie qui entre à son contact : Au-dehors, même un sort que tu destinais à soigner un ou une amie peut se transformer en arme mortelle qui se retournerait contre toi. Est-ce que tu comprends, Baati ?"

L'information était primordiale et il espéra qu'après sa mésaventure à l'extérieur de la Cité, la demoiselle comprendrait l'importance de ce qu'elle venait d'entendre. Elle devait saisir très vite le fait qu'utiliser à nouveau son pouvoir hors des limites sûres de ce monde était l'équivalent de jouer avec sa propre vie.

"Tu es en sécurité ici. Lorsque nous serons à l'école, je t'ausculterais tout de même pour vérifier que le miasme n'ait pas eu d'effet secondaire sur toi ou qu'il ne te soit pas resté accroché au corps... Ça arrive parfois. Cela peut causer des problèmes d'utilisation de la magie, même dans des lieux saufs. Ce serait dommage que tu viennes apprendre à utiliser ton don et qu'il t'explose à la figure au premier cours, n'est-ce-pas ?"

Il sourit afin de la rassurer et lui lâcha l'épaule. Le discours grave et important ayant été prononcé, la solennité de l'elfe blanc le quitta afin de laisser place à sa joyeuseté naturelle.

"Alors, dis-moi... D'où viens-tu ? Y a-t-il des rumeurs sur Elament dans ton pays d'origine ? Sur les démons, la guerre... Y a-t-il eu des problèmes comme les nôtres là-bas ?"

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Baati Pruderonce
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MessageDim 6 Avr 2014 - 15:15

Baati se concentrait du mieux qu'elle pouvait pour saisir tous les mots qui sortaient continuellement de la bouche de Tyrol, mais son jeune esprit de citrouille ne comprenait pas grand chose. Elle se demanda si venir à Elament était une aussi bonne idée qu'il lui avait paru au premier abord, puisqu'elle parvenait à peine à comprendre ce qu'on lui racontait. Les années d'apprentissage qui se profilaient devant elle promettaient d'être pénibles. Elle ouvrit grand les yeux lorsqu'elle comprit enfin ce que l'elfe lui expliquait. Son compagnon de voyage ne lui avait jamais parlé d'une maladie qui infectait les élémentalites et courait dans l'air d'Elament, peut-être qu'il n'en avait pas connaissance. Il lui faudrait peut-être lui en parler si elle le retrouvait.

La main de Tyrol sur son épaule fit légèrement sursauter Baati. Sa proximité soudaine la perturbait. Elle n'avait pas l'habitude d'être approchée par grand monde, puisque son air perdu avait tendance à rebuter la plupart des gens, ou alors ils préféraient garder leurs distances. Vu les compétences sociales de la citrouille, cela ne la dérangeait pas vraiment. Elle s'éloigna doucement, gênée, et le laissa finir son explication. Elle hocha la tête en souriant pour signifier qu'elle avait compris. Il finit par lui poser des questions sur elle et là d'où elle venait. Elle se concentra un moment avant de parler, rassemblant tous les mots qu'on lui avait appris.


- Je viens de Thyr Makrozar. Avant j'étais... Dans un champ. Et puis je suis partie. Un ancien élève m'a dit que j'avais un don, et qu'il fallait que je vienne ici. Personne ne connaissait Elament où j'étais. Mais encore, elle n'avait pas eu le loisir de parler à de nombreux habitants de Thyr en dehors de sa famille d'adoption. Peut-être Elament était connue là bas, et sa famille avait simplement évité de lui en parler. Je n'ai jamais vu de... Démon? J'en ai entendu parler, je crois. Le père de sa famille avait l'habitude de raconter des histoires le soir, après la fermeture. Les enfants et Baati s'asseyaient en cercle autour de lui et il parlait jusqu'à ce qu'ils tombent tous de fatigue. C'était amusant.

Elle espérait que son discours -du moins c'est ce qui lui paraissait- l'avait assez renseigné sur sa situation, elle avait peur de ne pas savoir expliquer plus précisément sa situation. D'ordinaire, c'était elle qui posait les questions aux gens, et non pas l'inverse.
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MessageJeu 10 Avr 2014 - 14:41

"Parfait", murmura l'elfe pour lui-même, le regard perdu dans le lointain. "Parfait, parfait..."

Les ambitions démoniaques ne semblaient pas être sorties d'Elament ; Où, si elles l'avaient été, elles s'y étaient manifestement cassé les dents. Les villes autour d'Elament et les nations voisines ne semblaient aucunement avoir souffert d'une quelconque invasion ces dernières années, et cela semblait rassurant.

Le duo et sa charrette arrivaient au bout du jardin. Ce dernier donnait sur une grande avenue, qui elle-même jouxtait une immense place  bordée de plantes et d'arbres en pleine repousse, et au bout de laquelle trônait l'École. Gigantesque, se dressant toujours fièrement malgré ses tours atrophiées et son marbre noirci, elle ne semblait plus réellement se faire symbole d'un lieu simplement cordial et accueillant ; Elle étendait plutôt ses lignes blanches jusqu'au ciel telle une ultime survivante, seule victorieuse d'une longue bataille. Ce qu'elle était,  sans le vouloir.

Les escaliers étaient bordés, sur la droite, d'une rampe permettant l'accès de véhicules comme celui que Tyrol possédait actuellement. Il y mena donc Haeris qui entama sa montée sans broncher, lentement, permettant à la carriole de suivre sans violence et sans déverser son contenu dans le processus. Le Solan quant à lui entama l'escalade par les marches, précautionneusement. Il se tourna une première fois, gardant un œil circonspect sur l'évolution de ses pieds le long de la pierre.

"Tu es la première depuis bien longtemps à venir ici afin d'étudier. J'en suis réellement très heureux et j'espère qu'avec ta venue, tout le monde se souviendra vite ce pour quoi cette ville existe. S'il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour t'aider, demande-le moi. Et si je vais bien trop vite, eh bien... Tu as le droit de m'arrêter."

Tandis que tout ce petit monde évoluait, Baati pouvait voir en levant les yeux de grandes bannières dispersées de chaque côté des escaliers et des grandes portes du bâtiment. Attachées à leur hampe, elle laissaient claquer au vent les ailes que formaient les lignes immaculées de leurs bordures. Lorsque l'air leur laissait un peu de repos, la toile se détendait, ondulant et animant sur elles l'image d'un Phénix déployant ses ailes sur un fond aux couleurs des quatre éléments. Couplées à l'allure du bâtiment, elles offraient un accueil solennel et digne à la jeune fille. Bien que suivant l'elfe blanc, elle semblait toujours aller plus vite que lui et devait l'attendre parfois, lui pour qui monter un escalier paraissait être une épreuve à prendre avec une grande délicatesse. Il lui souriait pourtant toujours avec affabilité, sa sincérité ne faisant aucun doute à chaque mot.

"Dans un champ, dis-tu ? Est-ce là que tu as découvert ton pouvoir ?"

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MessageMer 30 Avr 2014 - 19:59

La citrouille marchait lentement, écoutant avec intérêt ce que l'elfe lui disait. Son allure ne la dérangeait pas, au contraire elle aimait prendre son temps. Rien ne pressait, si ce n'est la sieste qui l'attendait. Mais le chemin semblait long jusqu'à ce qu'elle se trouve un lit: il faudrait s'inscrire, trouver une chambre... Cela prendrait certainement une éternité. Cependant elle se dit que ce plaindre n'était pas la solution à ses problèmes. Ce que Tyrol lui dit à propos de sa venue lui fit chaud au coeur alors que cela n'aurait pas dû la rassurer. Elle arrivait sûrement au pire moment pour un élève pour commencer son apprentissage dans la cité.

L'école se présenta devant elle. Elle était magnifique, malgré ses tours détruites et ses murs sales. Baati sentait qu'elle avait dû être grandiose avant que les démons ne la réquisitionnent. Elle entendit Tyrol lui proposer son aide, et bien qu'elle avait une idée à ce sujet, elle le laissa finir. Elle avait le sentiment que cet elfe, comme elle, avait besoin de beaucoup de temps. Elle en profita pour regarder plus autour d'elle. Les habitants vagabondaient ça et là, sans trop savoir où aller pour la plupart, d'autres à l'air déterminé marchaient en ignorant le reste du monde. Peut-être étaient-ils investis d'une tâche importante. L'elfe posa enfin une question sur son origine. Baati pensait avoir été claire à ce sujet, mais apparement elle ne s'était pas assez bien expliquée. Elle parla lentement, en réfléchissant à chacun de ses mots.


- Je suis.. Née, citrouille. J'ai grandis dans un champ, et un jour on m'a enlevé et mis sur une... Elle mima une vague avec sa main droite. barque... Bateau? C'est là que j'ai découvert mes pouvoirs. Et je suis arrivée à Thyr.

Elle espérait avoir été claire, car elle ne pensait pas être en capacité de donner une explication plus poussée. Tyrol avait l'air gentil, elle se décida à lui exposer son problème, alors qu'ils continuaient à marcher.


- En fait, je n'ai pas de... Chambre... Il y en a ici? C'était sa priorité pour le moment, mais elle voulait demander quelque chose de bien plus important à ses yeux. Et... Est-ce que je pourrais apprendre à, lire? Elle se doutait que l'Ecole ne prodiguait pas ce genre d'enseignements, mais il valait le coup d'essayer. Peut-être parviendrait-elle à trouver un précepteur qui serait enclin à lui apprendre.

Elle se rendit quelques instants plus tard compte de l'absurdité de sa question. Elle se passa la main sur la nuque l'air gêné et murmura un
"Non, rien".
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Tyrol
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MessageLun 5 Mai 2014 - 15:10

Née Citrouille. Née. Citrouille. Née...

Pourtant, Tyrol en avait vu des choses. Des créatures étranges dotées d'exosquelettes en cristal, de plusieurs cœurs, des races qu'il n'avait rencontré que dans les livres comme les sirènes, les Anges... Il avait notamment déjà vu des animorphes. Mais des gens-plantes ? Jusqu'où la transformation d'un métabolisme pouvait aller ? Comment la jeune fille à l'allure presque humaine qui se tenait devant lui pouvait-elle se modifier au point de devenir entièrement un végétal ? Quel était le processus de modification du corps ? Autant de questions qui frappèrent soudainement l'elfe blanc en pleine face : Tout dévoué qu'il avait été à parfaire la maîtrise de son don et à veiller sur des personnes dont il avait déjà compris et intégré les différences depuis bien longtemps, il n'avait plus réellement le temps de se tourner vers la nouveauté. Il avait cessé d'étudier et de lire sur de nouveaux sujets, occupé à approfondir ceux qu'il connaissait déjà, et ce autant par nécessité que par envie. Il n'y avait aucun jugement de valeur à porter là-dessus, mais tout comme le fait que Baati venait ici afin d'étudier - chose presque oubliée pour beaucoup d'élémentalistes ici, sa présence-même rappelait à quel point la Perte, et avec elle la réquisition de la Bibliothèque, avaient pu affecter une population trop occupée à survivre. Figée dans la peur de l'instant, elle en avait oublié son héritage et sa fonction. Elle avait oublié de s'éduquer.

"C'est fascinant. Tu n'es pas hybr..." et l'elfe s'arrêta net, se souvenant des difficultés que la demoiselle avait à s'exprimer et à le comprendre. "Tu n'as aucune trace de végétal sur toi. Tu peux donc entièrement te transformer et avoir l'apparence qu'il te plaît de laisser voir..."

Et les yeux de printemps de l'elfe trahissaient à cet instant une admiration tout particulière envers cette capacité. La modification des corps visibles et solides était quelque chose d'extrêmement complexe à appréhender lors de l'apprentissage de la Magie. La Terre et l'Eau s'y prédisposaient plus facilement que le Vent ou le Feu mais Baati n'avait pas attendu de connaître son don pour en être capable. Cela était dans son métabolisme, quoiqu'il arrive.

Il arriva un temps où la jeune fille lui posa de nouvelles questions et où Tyrol dut se rendre compte qu'il la fixait depuis bien trop longtemps, même si son regard ne s'était pas posé directement sur elle. Il sortit de sa réflexion, et par la même occasion de son absence de quelques longues secondes, et reprit sa marche vers les portes où Haeris et sa carriole attendaient déjà.

"Les cours dispensés, même à l'époque, attendaient déjà des élèves des acquis solides en lecture et écriture... Et sans cela, tu risques d'être perdue. Quant à dormir, je comprends que ce soit ta première préoccupation. Voyons..."

Arrivé au niveau de son cheval ailé, le Solan porta une main à sa bouche, fronçant ses pâles sourcils dans une moue de profonde réflexion. Que dire ? Le moment était-il bon pour Baati ? Peut-être pas. Rien n'était réellement prêt. Il y avait toujours eu la volonté de ne pas s'arrêter, mais aucune infrastructure ni aucun personnel pour confirmer cette volonté. Que faire alors en cet instant ? L'elfe conduisit Haeris contre l'une des portes grandes ouvertes, écartant du passage le lourd chargement mais intimant à l'animal l'ordre de l'attendre ici. Puis il pénétra dans le bâtiment de marbre dépoli et de vitres colorées, traçant son chemin jusqu'au grand escalier central qui s'érigeait au fond de la pièce principale. Aux pieds de celui-ci trônaient quatre représentations symboliques des éléments, quatre immenses blocs de pierre taillés avec maestria comme l'étaient ceux qui ornaient la nouvelle porte de la Cité. Aucun corps ni aucun visage humanoïde ne venait porter à la connaissance de la mortalité ce à quoi pouvaient ressembler les Divinités Fondatrices par qui chaque élémentaliste avait été béni•e ; Au contraire, chaque symbole était d'une simplicité absolue et n'était qu'une simple déclinaison d'un même symbole en forme de goutte plus ou moins épaisse. L'elfe, toujours appuyé sur son bâton, s'approcha lentement d'un symbole aux contours solides et épais, ouvert en son dessous mais d'où dépassait une autre pierre taillée en courbe et qui épousait la forme du côté droit de la goutte. Les deux pierres de marbre blanc et d'obsidienne pure flottaient ainsi l'une dans l'autre sans se toucher, oscillant tranquillement dans leur aura chaude et orangée. En-dessous d'elles se trouvait un piédestal neuf tel que l'on en trouvait dans certains temples ; Mais ici, point d'offrande présentée aux déités ni de relique d'un autre temps. Il n'y avait là en son centre qu'une seule plaque de métal occupée à refléter la lumière, dans l'attente qu'une jeune pousse vienne y apposer sa main.

"C'est un nouveau système qui évite la paperasse mais il faut tout de même pouvoir écrire un peu", expliqua Tyrol en prenant soin de ne pas aller trop vite. "Promis, cela n'explose pas, il a été mis à l'épreuve et approuvé par les autorités compétentes ! Si tu souhaites t'inscrire, il te suffit de poser ta main sur la plaque. Tu peux le faire dès que tu te sens prête mais sois sûre de toi... Car une fois que c'est fait, tu t'engages à suivre les consignes du précepteur ou de la préceptrice qui te sera assigné•e et à être sérieuse dans l'apprentissage de ta Magie."

Il avait dit cela en regardant la plaque avec beaucoup de gravité, le reflet de l'aura enflammée qui baignait la pierre dansant dans ses yeux clairs. Puis il se tourna avec un grand sourire et continua, toujours à rythme réduit :

"Je vais t'aider. Je peux t'apprendre à lire et à écrire si tu le souhaites : À ma décharge, j'ai déjà éduqué la fille d'un ami en ce sens, et j'ai également été professeur de Littérature dans cette même École. Je ne peux pas me vendre mieux que cela ! Quant à dormir, je crains que les dortoirs ne soient plus accessibles... Voici ce que je te propose : Mon ami est Igni, comme toi. Il ne sera pas ton professeur mais si tu participes aux tâches de sa maisonnée, il acceptera sûrement de te garder avec lui en attendant que tu puisses trouver mieux, peut-être même pourra-t-il t'expliquer certaines choses concernant ton pouvoir. Ainsi, lorsque je viendrais faire cours à sa fille, tu pourras suivre avec elle."

Un éclat embrasé attira son regard sur le côté et un instant et il reporta de nouveau son attention sur le symbole Igni, puis sur la plaque de métal. Il revint finalement à Baati.

"Pour aujourd'hui, si tu souhaites t'inscrire, je peux t'aider à tracer les lettres dans le questionnaire qui apparaîtra lorsque tu auras posé ta main sur la plaque. Seule la main d'un ou d'une Igni peut le faire, mais je pourrais guider tes gestes et lire les questions pour toi. Et si tu souhaites te reposer, tu pourras dormir dans mon ancien bureau. J'y monte toutes les affaires qui sont dehors. Il y a un lit de fortune et beaucoup de bazar, mais je tâcherais de ranger tout cela sans faire de bruit. Cela peut te dépanner."

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Baati Pruderonce
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MessageSam 10 Mai 2014 - 14:49

Baati hocha lentement de la tête lorsque Tyrol comprit enfin ce qu'elle était. Plantimorphe, c'est ce dont elle avait été qualifiée à plusieurs reprises déjà. Elle vit les beaux yeux de l'elfe briller d'admiration et se demanda ce qu'il y avait de si spécial à être dans sa condition. Peut-être ne connaissait-il pas les gens de sa race? Elle était étonnée qu'il n'en ai jamais entendu parler, puisqu'il avait l'air d'avoir vu tant de choses. Peut-être en avait-il croisé et ne s'en était pas rendu compte. Après, tout, elle-même n'avait jamais vu d'autres gens comme elle, pas même dans sa famille, là-bas dans le champ -ou du moins, elle n'en avait jamais entendu parler.

Le regard de l'elfe resta longtemps figé sur la citrouille, et elle se demanda ce qu'il pouvait bien penser. Cet instant parut durer une éternité et elle en fut quelque peu gênée. Il finit par sortir de sa rêverie et répondit à la question qu'elle avait posé il y a des minutes de cela. La première partie de sa répondit abattit la jeune fille. Aucun précepteur ne voudrait d'elle avec des lacunes comme les siennes. Il lui faudrait une éternité pour apprendre à lire et encore plus longtemps pour apprendre à maîtriser son pouvoir. Elle baissa tristement la tête, mais la redressa presque aussitôt quand elle entendit le mot "dormir". Elle ouvrit de grands yeux reconnaissants et secoua la tête d'un air excité. Enfin, elle allait pouvoir se reposer! Elle avait l'impression de ne pas avoir dormi depuis une éternité. Baati sentit sa fatigue s'atténuer alors qu'elle commençait à voir le bout de ses ennuis, et le début d'une vie nouvelle et passionnante.

Ils laissèrent le chariot et le cheval ailé devant l'entrée et pénétrèrent dans l'école gigantesque. Dés l'instant qu'elle posa le pied à l'intérieur du bâtiment, la citrouille frémit. Des choses horribles étaient arrivées ici, elle pouvait le sentir dans toutes les fibres de son corps. Elle pouvait sentir la souffrance et la haine des gens qui foulaient ces pavés quelques mois auparavant. Elle s'arrêta un instant et inspira lentement. Il lui fallu beaucoup de courage pour avancer jusqu'où Tyrol se trouvait, mais elle y parvint finalement. Toutes ces atrocités étaient finies, à partir de maintenant de nouvelles émotions rempliraient ces murs et la douleur s'en irait doucement. Baati le savait, son compagnon de voyage le lui avait raconté. Les démons ne reviendraient pas. Elle admira un instant les blocs de pierre devant lesquels l'elfe se trouvait et devina qu'ils avaient quelque chose à faire avec l'administration et les éléments auxquels chacun était lié. Peut-être allait-elle les utiliser afin de s'inscrire? Les pierres avaient manifestement étés installées après la reprise de la cité, puisque le reste du bâtiment était en piètre état en comparaison. Les murs étaient fissurés, des traces de sang avaient imprégnées les pavés... Elle se tourna vers l'elfe et l'écouta attentivement.

Au fur et à mesure que l'elfe parlait, un grand sourire se dessinait sur le visage de Baati. Jamais elle n'aurait imaginé que quelqu'un soit aussi gentil avec elle. Il faisait même l'effort de parler lentement pour qu'elle comprenne tout! Bien sûr l'idée d'habiter chez un inconnu la perturbait un peu, elle ne voulait pas déranger; mais elle aimait rencontrer de nouvelles personnes et Tyrol lui offrait la possibilité d'apprendre à lire, ce qui jusqu'à présent n'avait été qu'un simple projet. Elle hochait la tête à chacun de ses mots, toute excitée, et quand il eût fini, elle lui répondit:


Je pense que je vais m'inscrire... tout de suite. Je vous promet d'être sérieuse. Et je veux bien... Pour votre ami... Igni. C'est très gentil de m'aider. Elle fit une courte pause, réfléchissant à un moyen pour le remercier. Elle n'avait pas d'argent, rien à offrir. Laisser moi vous aider avec vos... Affaires. Dormir peut attendre.

Elle lui fit un grand sourire reconnaissant, et approcha sa main de la plaque de métal. Curieusement, elle n'était pas froide comme elle l'aurait attendu d'une plaque de métal, bien au contraire elle semblait dégager une douce chaleur. Au moment où les doigts de la citrouille entrèrent en contact avec elle, des mots en langue commune s'affichèrent devant ses yeux. Elle en reconnaissait quelques uns, mais n'aurait su en déchiffrer la signification. Elle attendit l'aide de l'elfe en fixant les lettres lumineuses avec émerveillement.
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Tyrol
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MessageMar 13 Mai 2014 - 12:18

"Le passage du sommeil attend rarement", dit Tyrol d'une voix soudainement murmurante, comme si elle avait été étouffée par un poids immense. "Je ne t'en voudrai pas si tu tombes de fatigue pendant l'installation. Et puis, que me restera-t-il à faire lorsque tu dormiras, si nous avons déjà tout rangé ?"

Souriant avec douceur, il encouragea la jeune fille à passer le cap de l'inscription en posant une main apaisante dans son dos. Sa question semblait purement rhétorique, sans nécessité de réponse. Son autre main, qui tenait son bâton de vent et d'énergie, lâcha un instant ce dernier afin de se préparer à aider la future élève. Le bâton se tint seul debout, en un équilibre solide, longue canne de vent tourbillonnant et d'énergie lumineuse maintenue droite par la seule volonté de son propriétaire.

La chaleur émise par la plaque du piédestal grandit en même temps que sa lumière, qui s'éleva afin de tracer dans l'air de fines arabesques lumineuses : En changeant de position et donc d'angle de vue, l'on pouvait rapidement s'apercevoir que les lettres ainsi formées devenaient d'un blanc plus pur lorsque l'arrière-plan sur lequel on les visionnait était sombre et, qu'à l'inverse, elles s'assombrissaient jusqu'à devenir noires si l'arrière plan était trop clair. Du point de vue de Tyrol, qui n'était pas très grand, le tout vu sur fond de marbre blanc et d'obsidienne tournoyante ressemblait à un gracieux ballet de niveau de gris mouvants. L'elfe tendit une main vers la première ligne de texte.

"Nom et Prénom", énonça-t-il. "Tends ton doigt ici... Voilà, là où c'est vide, juste à coté..."

Il cessa tout contact physique avec la demoiselle aux cheveux de feu. Sa main cessa également de désigner les mots afin de se rapprocher de celle, désormais tendue, de Baati. Il ne la toucha cependant pas ; Il resta à quelques centimètres à peine d'elle et usa de magie afin de l'aider à tracer ses réponses. Une force inconnue, à la fois douce et directive, venait de prendre contrôle de cette main. La jeune fille pouvait le sentir, mais non s'en défaire, et, sous la directive de cet étrange magnétisme qui la liait désormais à Tyrol, elle vit son propre doigt tracer dans l'air les réponses qu'elle lui donnait. Comment écrivait-elle son prénom ? Avait-elle un nom de famille ? Que savait-elle faire de son pouvoir ? La paume de l'elfe était proche du dos de sa main mais seuls ses doigts bougeaient parfois, donnant vie à une marionnette temporaire via des fils invisibles. Il s'arrêtait dès qu'il discutait avec la jeune fille des réponses à apporter, débattant de l'orthographe de son nom et de son prénom et essayant de mettre des mots sur la maitrise de son don d'Igna. Lorsque la réponse convenait à Baati, il reprenait sa légère guidance, jusqu'à ce qu'enfin tout soit rempli en bonne et due forme ; Alors, et seulement à cet instant, les lettres s'évanouirent dans le vide, comme tombant lentement en poussière en direction de la plaque de métal dont elles semblaient avoir été issues. Avec elles disparut également la force invisible qui avait magnétisé la main de la plantimorphe, laquelle était désormais capable d'en retrouver pleinement le contrôle.

"Félicitations, Baati, et bienvenue à Elament !"

Le Solan s'inclina légèrement devant elle afin d'appuyer ses paroles, puis entreprit de retourner chercher ses affaires à l'entrée. Haeris ne pouvant évidemment pas entrer dans le bâtiment et en emprunter les escaliers, il fallut décrocher la charrette qu'il trainait depuis les Falaises. Les sangles et mousquetons furent donc retiré•es et après une courte incantation, Tyrol fut en mesure de faire léviter le petit - mais néanmoins lourd - véhicule grâce à son pouvoir. Le pégase au pelage grenat prit donc congé de son maître et repartit vers la liberté des cieux tandis que l'elfe blanc revenait dans la grande salle en guidant cette fois non mais la mais de Baati mais une carriole de bois fortement chargée.

"Je vais avoir besoin de beaucoup de concentration et très certainement de beaucoup de pauses", avertit-il sans être aucunement alarmiste.

Et la montée commença. La charrette put rouler sur les sols plats des paliers mais chaque fois que l'escalier reprenait, Tyrol était effectivement obligé de se concentrer chaque fois plus fortement. Chaque étage donnait lieu à une pause mais ne semblait pas lui permettre de trouver réellement son second souffle.

"Quelle idée... D'avoir mis... Ce bureau... Tout en haut... Comme si... Tous les... Professeurs de l'Air... Savaient voler !..."

Il n'y avait pas énormément d'étages en vérité mais les escaliers les séparant semblaient toujours durer une éternité. Enfin, lorsque le petit couple parvint à l'étage où se trouvait le fameux bureau - ce qui, au vu de leur allure, sembla arriver au terme de plusieurs éternités consécutives -, l'elfe laissa échapper un profond et douloureux soupir de soulagement. La dernière ligne droite lui parut hors de ses forces mais lorsque la carriole passa enfin la porte, il en fut bien content et se laissa tomber assis sur le petit lit de camp ramassé contre le mur le plus éloigné de la porte. S'éventant d'une main, essoufflé, le cœur criant pitié, il contempla un instant la petite pièce bondée de bric à brac. Des livres composaient la grande majorité de la population locale et avaient élu domicile un peu partout, du sol aux étagères en passant par les tiroirs et les chaises. Les parchemins n'étaient pas en reste et dépassaient çà et là, coincés entre deux livres afin de ne pas s'envoler. Hormis le lit, il n'y avait pour seuls meubles qu'un bureau, deux chaises et une grande bibliothèque occupant tout le pan de mur opposé. Une unique fenêtre éclairait le tout. Tout semblait très sommaire et réparé sur le pouce, suffisant à dissimuler en grande partie ce à quoi avait pu servir la pièce du temps de la prise de la Cité. La pièce demeurait simplement et manifestement propre, bien qu'usée par le temps. Et le capharnaüm qui l'habitait témoignait sinon d'une vie, au moins d'une présence régulière.

"Dès que mon souffle est revenu, je te laisse le lit", assura-t-il en souriant avant d'être pris d'une quinte de toux.

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Baati Pruderonce
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MessageJeu 29 Mai 2014 - 19:27

Baati hocha doucement la tête. Elle sentait que l'elfe n'attendait pas de réponse, et n'aurait pas su quoi dire de toutes façons. C'était l'inscription qui l'inquiétait: elle craignait de ne pas avoir de réponses aux questions que lui posait le piédestal, ou même de ne pas les comprendre. Elle serait venue jusqu'ici pour rien. Mais lorsque Tyrol posa une main dans son dos, elle se détendit immédiatement. Il dégageait quelque chose de rassurant, qu'elle n'avait jamais ressenti avec personne. Elle appréciait vraiment sa compagnie. Puis il s'écarta d'elle et la main de la citrouille se souleva doucement. Elle poussa un petit cri surpris, avant de se rendre compte que c'était lui qui la guidait grâce à sa magie. Elle se laissa donc faire, et il commença à lui lire les questions, la première étant son nom.

- Baati Pruderonce, dit-elle doucement. C'était le nom que lui avait donné sa famille d'adoption à Thyr, car elle n'avait pas de nom lorsqu'elle était une citrouille. Les Pruderonce étaient une famille très nombreuse et appréciée là d'où elle venait.
Lorsqu'il commença à agiter sa main pour la faire écrire, la citrouille s'imprégna de tous les mouvements qu'il la faisait exécuter. Quand il eu finit, elle contempla un long moment la ligne qu'elle venait de réaliser. C'était donc à cela que ressemblait son nom. C'était beau.

Spoiler:
 
Ils reprirent l'inscription, l'elfe lisant les questions, et Baati y répondant maladroitement. Elle s'émerveillait de ce qu'elle était en train de réaliser, même si elle savait que ce n'était pas elle qui contrôlait son corps, et que l'écriture devait être bien maladroite venant d'une main aussi peu expérimentée. Ce processus dura de longues minutes pendant lesquelles Tyrol chercha surtout à interpréter ce que Baati lui disait. Mais l'inscription prit fin et elle était très satisfaite de son travail. Il la félicita, et elle se retourna face à lui avec un grand sourire. Ce qu'elle venait d'accomplir était somme toute minime, mais elle savait que cela venait de changer sa vie à jamais. Elle allait apprendre pleins de choses, ici.

L'elfe la laissa un instant avant de revenir en portant sa charrette. Il la prévint qu'il allait prendre du temps à tout monter, et elle sentit qu'après ce qu'il avait fait pour elle, la moindre des choses était d'alléger son fardeau, littéralement. Elle se précipita donc vers la charrette, repris son sac qu'elle y avait posé plus tôt et le mis sur son dos. Le poids faillit la faire tomber, mais elle tint le choc -après tout, elle avait traversé la forêt comme cela, elle n'allait pas abandonner maintenant. Elle prit également dans ses bras un petit sac contenant quelques livres et s'écarta avant de laisser passer le convoi. Elle le suivit lentement, manquant de tomber en arrière, emportée par le poids de son sac, à plusieurs reprises. Après ce qui sembla durer une éternité, ils arrivèrent dans le bureau de Tyrol.

Ce que vit Baati l'émerveilla. Des montagnes de livres partout, plus de connaissances qu'elle ne pourrait jamais en assimiler! Elle souriait de toutes ses dents. Soudainement, elle n'avait plus envie de dormir, mais de savoir lire, tout de suite. La vision de Tyrol épuisé sur son lit la ramena à la réalité. Elle posa son gros sac à côté de la porte, et s'employa à ranger les livres qu'elle avait emporté avec elle dans la grosse étagère sur le mur. Elle entendit Tyrol s'étouffer à côté d'elle et eu de la peine pour lui. Elle avait eu une dure journée, mais son corps se portait encore bien, à l'inverse de celui de son ami.

Elle souffla un
"Bon" déterminé et posa ses mains sur ses hanches. Elle avait souvent vu sa mère adoptive faire cela avant de se mettre au ménage. La maison se salissait vite, avec quatre jeunes enfants. Baati retourna vers le bureau, prit précautionneusement quelques livres et, après avoir pris le temps de souffler sur la fine couche de poussière qui les recouvrait, les rangea dans la grande étagère. Elle continua ainsi pendant longtemps, et le bureau finit par apparaître sous la montagne de livres. Satisfaite d'elle, elle s'assit sur le bureau, et la fatigue la frappa d'un coup. Avant qu'elle n'ait pu s'en rendre compte, elle reprit sa forme de citrouille et s'endormit.


Dernière édition par Baati Pruderonce le Dim 20 Juil 2014 - 12:30, édité 1 fois
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Tyrol
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MessageMer 4 Juin 2014 - 13:59

La surprise frappa Tyrol lorsqu'il vit la brave jeune femme se mettre aussitôt au travail sans même évoquer son état. Elle avait reprit son sac et même un autre et les avait porté avec elle en pensant alléger la charrette qui, de toute évidence, n'était plus à quelques kilos près, et l'avait suivi dans les étages ainsi en manquant souvent de tomber. Vive et curieuse, elle s'était empressée de tenir sa parole alors que l'elfe lui avait assuré ne la forcer à rien. Il ne sut s'il devait se sentir mal à l'aise ou coupable de la voir ainsi s'agiter alors que lui-même, possesseur de tout ce joyeux fatras, n'était pas même en état de se redresser pour le moment.

"Baati...", murmura-t-il à un moment, avant de refermer la bouche.

Qu'allait-il lui dire ? "Cesse donc" ? Elle semblait s'amuser sans avoir besoin de quiconque et ses jeunes yeux brillaient de bonheur au milieu des ouvrages qu'elle ne savait encore déchiffrer. Il oublia sa demande, toussa encore en tentant de demeurer discret, collant sur sa bouche un mouchoir qui se tâcha de sang. Il le fit disparaître dans la poche de son manteau sitôt que la toux se fut un tant soit peu calmée et, la respiration sifflante, se laissa lentement tomber sur le lit où il s'était assit. Ses yeux pâles regardèrent encore un instant Baati qui s'ébattait rêveusement dans un océan de livres et de parchemins, et c'est cette vision qu'il emporta avec lui dans son sommeil, allant lui-même confirmer et suivre son propre conseil.


Tyrol rêvait peu. il avait toujours très peu rêvé, ou alors s'en souvenait rarement ; Drôle d'ironie pour un homme qui deviendrait, bien longtemps après la découverte de son pouvoir, le Maître des Arts Invisibles. Plus ironique encore lorsque l'on connaissait la signification de son prénom de naissance. Il lui était arrivé d'avoir des visions. De brèves images floues, aux couleurs changeantes comme les rubans de son vent, aux sons étouffés et au sens brumeux ; Le reste du temps, l'elfe blanc nageait perpétuellement dans une lumière aveuglante et chaleureuse et flottait dans le plus agréable des silences. Parfois naissaient autour de lui d'immenses bâtiments blancs, imposants de majesté au milieu de grandes caravelles volantes dont les voiles blanches se fondaient dans le décor. Si l'on devait dire que cela était un rêve, alors il n'avait que celui-ci. Son esprit fonctionnait beaucoup trop lorsqu'il était éveillé et devait même rêver bien plus souvent et plus fort dans cet état que dans l'assoupissement, aussi s'accordait-il sûrement quelque repos en cessant de s'inventer des mondes et des histoires lorsque son propriétaire tombait de fatigue ; Ainsi avait-il toujours le sommeil le plus paisible qu'il fût. La béatitude lui tendait toujours les bras dès que ses yeux se fermaient et cela demeurerait à jamais pour lui une des plus douces expériences.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, Tyrol vit que la lumière qui entrait dans la pièce s'était déplacée le long du mur, le laissant dans l'ombre tandis que le soleil baignait de lumière le bureau central. Et sur ce bureau, une citrouille se réchauffait. Une citrouille. L'elfe se redressa presque instantanément et le regretta aussitôt, couvrant soudainement son visage de ses deux mains. Sa tête le lança brièvement, se gelant sous l'effet d'une décharge traversant son esprit, et sa vue se couvrit d'un voile noir qu'il tenta donc d'outrepasser en s'empêchant lui-même de voir. Puis il retira ses mains, petit à petit, cligna des yeux ; Bien, c'était fini. Son empressement habituel n'allait pas vraiment de pair avec son corps. Cette fois, il se leva du lit, très lentement, pesant chacun de ses gestes afin de ne rien brusquer. Tandis qu'il retrouvait la station debout, le flou de son sommeil se dissipait. Et alors que celui-ci se dissipait totalement et qu'il revenait vers le bureau, l'elfe eut un sursaut de peur. Il ne put garder pour lui son exclamation de surprise qui résonna dans la pièce et, une fois le choc passé et son cœur partit battre la chamade pour quelques bonnes minutes, il constata la scène avec de grand yeux écarquillés, une main devant la bouche.

La citrouille n'avait rien d'ordinaire : Elle était de grande taille, certes, quoique moins que d'autres citrouilles géantes que l'on pouvait trouver dans certaines contrées éloignées, mais surtout, elle était taillée. Le travail était impressionnant quoique grossier par endroit, comme si l'on avait attaqué l'écorce orange à grands renforts de couteau ou de machette, dans des gestes très vifs mais peu précis. Le tout donnait naissance à une sculpture sur légume des plus surprenantes, deux yeux et un sourire particulièrement pointu formant une grimace effrayante et grotesque à la fois. Et là, à l'intérieur, une bougie qui brillait, donnant vie à ce visage incongru et l'animant d'une vie aussi éphémère que saisissante. Était-ce donc cela la forme végétale de la jeune plantimorphe aux airs ravis et curieux de tantôt ?

"Baati ? Est-ce toi ?" appela l'elfe sans se douter un seul instant qu'elle s'était endormie comme lui et était susceptible de ne pas lui répondre.

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MessageVen 20 Juin 2014 - 13:23

Lorsqu'on est une citrouille -ou tout autre végétal-, on ne fait qu'un avec le reste du monde. Chaque mouvement sur la terre, chaque souffle de vent ne fait qu'un avec vous. L'on pourrait croire que c'est terrifiant, de recevoir ainsi tant d'informations à la fois, mais c'est au contraire particulièrement apaisant, de vivre au rythme des battements du monde. Baati aimait cette sensation. Ce n'était pas vraiment un état de conscience ou de sommeil, c'était à la fois rien et beaucoup plus. Elle préférait cela au sommeil des autres créatures, toujours perturbé par des pensées violentes ou douloureuses. Elle ne comprenait pas comment ils arrivaient à prendre du repos en ayant des pensées si troublées.

Au moins lorsqu'elle était une citrouille, personne ne venait l'embêter. Les gens passaient devant elle sans la remarquer, et ils n'avaient pas envie d'une drôle de citrouille dans laquelle était gravée un visage, s'il leur arrivait d'avoir faim. C'était un des avantages d'avoir été défigurée par un sombre barbare: ni les animaux ni les humanoïdes ne voulaient d'elle pour faire une soupe.

Le soleil lui chauffait doucement le dos, et elle sentait la respiration régulière de Tyrol qui dormait. Il n'y avait pas grand monde dans l'école, elle était donc plutôt calme. La citrouille pouvait s'imaginer des jours où ses couloirs grouillaient d'étudiants qui riaient et ignoraient ce qui les attendait. Baati aurait aimé connaître ces jours, mais il faut croire qu'elle était arrivée après la bataille. Elle espérait qu'elle s'en sortirait tout de même ici.

Le cri de Tyrol rompit le calme de la pièce. Elle en déduit qu'il s'était réveillé, mais elle ne jugea pas utile de se re-transformer. Si il avait besoin de faire de la place sur son bureau, il pouvait toujours la déplacer, cela ne la dérangerait pas. Après tout, c'était elle qui s'était installée là, elle ne lui en voudrait pas de reprendre l'espace qui lui appartenait. N'importe quel endroit lui convenait en tant que citrouille, bien que la terre meuble d'un potager chauffée par le soleil était particulièrement appréciable. Quelques minutes passèrent, et l'elfe rompit une fois de plus le silence. Visiblement il tentait de lui parler. Malheureusement, les citrouilles n'ont ni oreilles pour entendre, ni bouche pour parler, et il lui fallut donc reprendre sa forme humaine.

La fille était assise sur le bureau, ses jambes pendaient dans le vide, puisqu'elle était trop petite pour toucher le sol. Elle fixait Tyrol de ses grands yeux bleus, attendant qu'il lui parle.
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Tyrol
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MessageLun 23 Juin 2014 - 10:25

Et là voilà de retour. Stupéfait de la transformation, Tyrol demeura ainsi bouche bée encore quelques secondes.

"Mais... Tu dormais ? T'ai-je réveillée ? Si c'est le cas, je te demande pardon... J'ai beau savoir ce que sont les plantimorphes, je ne connais pas leur spécificités dans le détail. Et notamment, j'ignore le protocole à appliquer en cas de sommeil de leur part... Ta forme de plante est fascinante. Tu es donc une véritable citrouille... Mais c'est étrange cette expression taillée dans l'écorce, et cette bougie... Ce n'est pas un mécanisme de défense naturel, n'est-ce pas ?"

Il s'était incliné légèrement afin d'appuyer son excuse, puis, ayant terminé sa tirade, s'éloigna afin de retirer son manteau qu'il posa sur le montant du lit.

"Tu peux te rendormir si tu le souhaites, je vais juste pousser les documents du bureau."

Et il s'affaira donc, sans trop de précipitation. Il jeta littéralement au sol, et avec un calme olympien, tous les documents et tous les livres qui trônaient sur le meuble. Puis il se dirigea jusqu'à la petite charrette et en sortit tous les sacs et tous les coffres qui contenaient, il le savait, ses autres ouvrages et parchemins. Personnels ou non, empruntés à la Bibliothèque de l'École du temps de son professorat, essais encore à l'état de brouillons ou déjà reliés mais jamais relus, notes éparses... Tout y était. Tout ce qu'il avait pu sauver des eaux. Fort heureusement, il n'avait laissé que peu de documents papier à la maison sur les Falaises, ayant tout emporté avec lui sur l'Île afin de pouvoir y travailler la plupart du temps. Les allers-retours le fatiguaient, d'autant plus lorsqu'il savait que personne ne l'attendait plus sous ce toit.

Le Solan s'assit par terre au milieu de son joyeux fatras et commença à ranger, petit à petit, formant plusieurs piles de livres et de parchemins autour de lui, se servant parfois de ces derniers comme marque-page ou simplement les ajoutant aux ouvrages qui traitaient du même sujet afin de ne rien perdre. Tout avait sa place et il la retrouvait toujours avec beaucoup de facilité, connaissant parfaitement sa propre mémoire et sa façon de fonctionner : Son rangement était donc entièrement calibré selon ses capacités et combines mnémotechniques. Il avançait ainsi sereinement dans son petit travail lorsqu'il releva un instant les yeux sur Baati, souhaitant savoir si elle avait décidé de se rendormir ou non. Il semblait que pour l'instant, son choix s'était porté sur le "non", ou bien elle réfléchissait encore à la question.

"Si tu me le permets, il faudra également que je t'ausculte quelques minutes afin de vérifier que le miasme ne se soit pas accroché à toi."

Il se releva très lentement et très précautionneusement afin de ne brusquer aucune partie de son corps, un peu à la manière d'un Ancien dont les os rouillés par le temps excuseraient un certain manque de grâce de sa part dans son action. Il se pencha afin de récupérer dans ses bras l'une des piles qu'il avait formées et la posa derrière Baati sur le bureau, suffisamment loin pour ne point gêner un potentiel mouvement venant d'elle. Et il se mit à reclasser alphabétiquement le tout dans une étagère encore vide, juste à sa hauteur.

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Baati Pruderonce
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MessageMer 2 Juil 2014 - 19:39

La citrouille ne comprenait pas la stupéfaction de Tyrol. Lorsqu'elle s'était pour la première fois transformée devant sa famille d'adoption, ils n'avaient pas eu l'air plus étonnés que ça -à vrai dire, ils étaient issus d'une race hybride, ce qui signifie qu'ils devaient être familiers avec les gens de son espèce. Il se confondait en excuses, alors qu'elle n'était plus fatiguée du tout. Le sommeil des plantes est très réparateur. Elle tenta de l'expliquer à Tyrol.

- Les plantes ne dorment pas comme toi, c'est pas un vrai sommeil mais plutôt une connexion avec le reste des choses, elle butait à chaque mot comme à son habitude, et les grands gestes qu'elle faisait devait rajouter à la confusion du pauvre Tyrol, qui devait sûrement se donner beaucoup de mal pour la comprendre. Elle n'avait été que quatre années dans le monde animal, et elle n'avait pas eu le temps de maîtriser parfaitement la langue commune. Ce qui lui semblait clair pouvait ne pas l'être pour d'autres.

A la mention du visage de la citrouille, Baati frissonna, et de douloureux souvenirs lui revinrent en mémoire. Elle ne se rappelait pas vraiment de cette journée, seulement que ça avait été atrocement désagréable et qu'à cet instant précis elle aurait préféré la mort. Curieusement, son corps n'avait pas voulu. Peut-être était-ce la bougie  dans son ventre ou la magie dans ses veines qui lui avait sauvé la vie, elle n'en savait rien.


- Quelqu'un m'a fait ça, pour se défendre lui-même. Je ne suis pas sûre que ça ai marché. Elle ne savait vraiment pas ce qui était arrivé aux autres membres d'équipages du navire. Aucun corps n'avait été retrouvé, du moins on ne lui avait rien dit. Elle détourna les yeux en frissonnant. Le premier jour de sa vie consciente n'avait pas été le plus agréable.

Elle regarda avec de grands yeux Tyrol ranger tout son bureau. Il venait de lui proposer de continuer à dormir, mais elle se sentait parfaitement bien. Comme elle avait voulu lui expliquer, le sommeil des plantes est beaucoup plus réparateur que celui des animaux. Elle esquissa un mouvement pour l'aider, puis remarqua qu'il ne rangeait pas de façon hasardeuse, mais bien organisée. Il devait être en train de reconstituer son bureau d'avant la chute d'Elament. Cette idée perturba Baati. Elle pensait qu'au lieu de tenter de reconstituer ce qui avait été avant la blessure qu'avait infligé le règne des démons, il fallait faire avec les cicatrices que celui-ci avait laissé. Elle l'avait bien fait, elle. Mais elle n'osa rien dire, et le courir dans tous les sens jusqu'à ce qu'il lui parle enfin.

Baati ne comprenait pas sa requête, mais elle supposa que Tyrol savait ce qu'il faisait. Après avoir longuement réfléchi au sens de ses paroles, qu'elle ne comprenait toujours pas, elle finit par tourner son buste vers lui.


- Euh... D'accord. Maintenant?
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Tyrol
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MessageSam 5 Juil 2014 - 18:45

"Oh", s'exclama Tyrol tandis qu'il essayait de faire rentrer un livre sur la classification des plantes hallucinogènes entre deux encyclopédies herborisitques. "Je crois comprendre ! Certains êtres humanoïdes atteignent ce type d'état par la méditation. Je n'ai jamais été très doué pour cela."

Et il ne le regrettait manifestement pas. Là où certaines personnes devaient faire le vide afin d'entrer en état de calme absolu et de communion ultime, l'elfe passait par la prière et l'illumination divine ; Cependant, cela ne lui permettait pas de se connecter avec le reste du monde et des choses. Il ne pouvait entrer en résonance qu'avec certains aspects bien définis des mondes terrestre et éthéré dont son Dieu acceptait de lui ouvrir l'accès, momentanément... Mais tout cela n'avait rien à voir avec le repos en ce qui le concernait.

Il continuait son rangement et Baati répondait tranquillement à ses questions, comme elle le pouvait. Elle le regardait faire et s'agiter à la fois frénétiquement et douloureusement, analyser chaque titre et chaque auteur•e afin de savoir où placer les ouvrages. La charrette se vida ainsi, lentement mais sûrement... Et là, la réponse concernant le visage de la citrouille. Le blanc Solan cessa net son activité à l'écoute des mots qu'elle utilisait pour désigner non pas un simple fait, mais une expérience. Qui plus est, une expérience qui ne paraissait pas avoir été agréable... Il ignorait tout de la coutume qui voulait que l'on grime des citrouilles en affreuses lanternes afin de repousser les mauvais esprits et chaque évocation du passé de la jeune fille soulevait en lui de nouvelles interrogations curieuses et embarrassées.

Les mots manquaient à Baati. Elle ne savait encore les poser tous exactement sur ce qu'elle vivait et sur ce qu'elle ressentait, mais dans ce manque d'exhaustivité elle parlait avec le bon sens et la simplicité des personnes qui savaient faire avec ce qu'elles ont et qui le faisaient avec cœur. Elle ne cherchait ni l'emphase, ni la dramatisation. La quantité de mots et de syllabes n'avait aucune importance tant que les choses étaient dites, ce qui ne justifiait en rien de brusquer les choses ; Son voyage pour arriver ici avait dû être long, peut-être semé de nombreuses embûches, elle découvrait beaucoup de nouvelles choses en très peu de temps... Elament était un refuge et non une prison. Elle n'avait nulle obligation d'y jeter son passé en pâture au premier venu.

Les bras chargés de livres, Tyrol se tourna vers elle.

"Là, je ne suis en revanche pas sûr de comprendre... Mais je ne t'en demanderais pas plus si cela t'es désagréable. Sache simplement que si des douleurs sont toujours présentes, je suis en mesure de les soigner."

Ne pouvant se permettre de déplacer son corps chargé jusqu'à la rousse demoiselle, il se contenta d'un léger sourire qui se voulait à la fois rassurant et compatissant. Puis il fit volte-face et se hâta de délester ses bras endoloris des livres qui leur pesaient tant. Le volume d'ouvrages empilés au sol avait progressivement diminué, jusqu'à ne devenir plus que quelques piles éparses et hautes comme trois pommes ; Ce qui n'avait pu être classé correctement faute d'auteur, de titre ou de thématique fixe se retrouva finalement dans une des plus hautes étagères, à laquelle l'elfe accédait uniquement grâce à son pouvoir de lévitation. Il l'appliquait directement aux objets qui s'en allaient ainsi l'un après l'autre trouver leur place sur l'étagère, et, comme leur propriétaire manquait d'indices pour les classer, finirent donc organisés par taille. Les plus grands sur les côtés et les plus petits au milieu, en parfaite symétrie. Tyrol ne se concentrait même pas sur eux et ne les regardait pas, sûr de lui, s'occupant plutôt à tirer de la charrette les meubles restant. Des coffres vides, d'autres renfermant des vêtements, une table basse, un guéridon... Une autre partie de son pouvoir se chargea d'empiler le tout au fond de la pièce, près de la fenêtre, de façon stable et de manière à prendre le moins d'espace possible au sol.

"Quand je pense qu'il faudra tout déménager à nouveau plus tard...", soupira-t-il dans un murmure las et résigné, destiné uniquement à lui-même mais très aisément audible dans le silence de la pièce.

Sitôt cette phrase terminée, Baati lui demandait si l'auscultation devait avoir lieu maintenant et signalait son accord. Souhaitant cette intervention bienveillante, comme toutes celles qui pouvaient émaner de lui, le blanc Solan la rassura à nouveau du murmure de sa voix :

"Le plus tôt sera le mieux, pour ta sécurité et celle des autres. J'arrive."

Il s'assura de la stabilité des meubles et vérifia le chemin que prenaient les livres encore occupés à danser dans le vide tels d'infatigables farfadets de connaissance, puis revint vers le coin du bureau où la jeune fille était toujours assise. Il l'imita avec une légère difficulté, se hissant maladroitement à bonne hauteur en appuyant sur des bras trop faibles et fatigués. Mais il souriait toujours et acceptait l'effort sans aucunement se brusquer. Il traversait cette journée avec une bonne disposition constante et une préoccupation pour le bien-être d'autrui que même toute la fatigue du monde ne pouvait lui enlever.

"Cela peut surprendre au début mais ne fait pas mal. Ne t'en fais pas, tu n'as rien à faire. Si cela te gêne, je peux arrêter."

Alors il leva ses mains jusque vers la plantimorphe et, de la même façon qu'il avait agi sur ses doigts un peu plus tôt lors de son inscription, il magnétisa chaque parcelle de corps à portée. Ses mains ne touchaient rien, elles voguaient simplement à une dizaine de centimètres au-dessus de la peau, sans bruit, sans lumière ; Seule la caresse de la Magie pouvait se ressentir, comme un voile léger venu couvrir des épaules dénudées un soir de fraîcheur. Baati put sentir quelque chose se mettre en mouvement dans son corps, une sève nouvelle courant au creux de ses veines, s'allongeant et se multipliant comme milles racines venues chercher en elle une source de vie afin de s'y abreuver. Chaque fois que Tyrol laissait glisser sa main et emportait sa Magie avec lui, les racines grandissaient et s'entremêlaient les unes à la suite des autres pour ne pas perdre son contact. Le chemin qu'elles formaient ainsi suivait parfaitement le réseaux de veines et d'artères de la forme humanoïde de Baati et l'imitaient en glissant paisiblement. Mais elle le sentait, ces racines n'étaient pas totalement faites de végétal ; Leur passage lui procurait cette sensation de chaleur douce et enveloppante propre au feu qui définissait la Vie.

L'elfe ne sembla inspecter que des points très précis et l'auscultation fut ainsi rapidement faite. La main entourée de Vent tiède et de Magie aérienne se positionna au niveau de la nuque tandis que l'autre inspectait la gorge, et ainsi de suite pour chaque articulation : Épaule, coude, genou, cheville... Parfois, elles s'arrêtaient ailleurs, en passant, et la jeune femme pouvait sentir les racines bloquer, pousser de toutes leurs forces, puis se dénouer et reprendre leur périple très naturellement. Leur flot était continu, sans fin. Il s'agitait particulièrement sous la force exercée par Tyrol mais continuait à vivre dans le reste du corps tel un courant en circuit fermé diffusant sa chaleur sans tarir. Et puis plus rien. Plus de force, plus de magnétisme, et les racines qui calmaient lentement leur course et se rendormaient en leur sol.

"Bien, quelques nœuds magiques mais rien de très grave", indiqua le Solan en plantant son regard éthéré et souriant dans les yeux de rivière de Baati. "Le miasme ne s'est pas accroché à toi, tu ne risques rien à utiliser ta magie. C'est ce que je pensais mais il vaut toujours mieux en être sûr."

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Baati Pruderonce
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MessageDim 13 Juil 2014 - 20:31

La citrouille regardait Tyrol travailler sans relâche au rangement de son bureau. Elle voulait l'aider, mais elle réalisait que le classement des livres était lié à leur contenu, et le mieux qu'elle aurait fait eût été de les classer par la couleur de leur couverture. Cela lui faisait beaucoup de peine, d'autant qu'il avait toujours l'air à bout de force, comme si il n'avait pas dormi. Ils étaient tous deux très différents. Il avait l'air très intrigué par son mode de vie, alors que personne à Thyr n'avait jamais semblé étonné de ce qu'elle faisait. Peut-être n'était-elle pas aussi normale qu'on le lui avait laissé supposer. Après tout, elle n'avait jamais croisé quelqu'un comme elle. Les gens disaient souvent que les plantimorphes et animorphes préféraient s'exclure de la société et vivre en harmonie avec leur nature. Elle n'y avait jamais pensé.

Sa tentative d'explication n'avait apparemment pas été fructueuse. Elle même ne connaissait pas vraiment l'origine de l'acte de l'homme qui avait un jour exposé ses viscères à l'air libre. Elle avait seulement compris, au cours de son court voyage en bateau, qu'elle était supposée le protéger d'une attaque quelconque. Une simple superstition bien entendu, car aucune citrouille, aussi grosse qu'elle soit, n'était en capacité de se battre. Ou peut-être ces gens choisissaient-ils uniquement les citrouilles qu'ils savaient être plantimorphes et espéraient qu'ils monteraient la garde à leur place, sans avoir à leur demander. Elle ne connaîtrait certainement jamais les réponses à ses questions.

Tyrol avait l'air inquiet pour elle. Seulement, les souvenirs de cette douloureuse journée n'étaient plus que gravés dans sa peau, et elle ne ressentait plus rien. Simplement la chaleur rassurante d'une bougie au creux de son ventre, qu'elle avait finit par apprécier. Elle secoua doucement la tête pour lui signifier que c'était inutile.

Il finit enfin son aménagement, bien que la pièce avait bien besoin d'un coup de balais. Baati jeta un coup d'oeil circulaire à la pièce et envia Tyrol qui avait accès à toutes les connaissances empilées sur les étagères et le bureau. Elle avait hâte qu'il lui apprenne à lire. Elle pensa au fait que l'Ecole devait avoir une bibliothèque, qui contenait certainement une infinité de livres et de parchemins, et le personnel qui y travaillait nécessitait certainement un coup de main. Peut-être pourrait-elle y travailler. Elle le demanderait à Tyrol plus tard, elle ne pouvait pas faire de pronostics trop vite. Peut-être n'arriverait-elle même pas à lire.

Tyrol s'approcha et passa ses mains au dessus d'elle. Au début, elle eut un sursaut de peur: elle sentait quelque chose de chaud se propager dans ses veines. Puisque l'elfe ne réagissait pas, elle réalisa que c'était son fait et se détendit. Le Vent circula tranquillement jusqu'à rencontrer un premier nœud de Miasme. Le Vent se bloqua dans sa course, et tout son corps se crispa. Ce n'était certainement pas une sensation agréable, mais lorsque le noeud se défit, elle se détendit instantanément. Cela se reproduisit à plusieurs reprises, jusqu'à ce que l'elfe parut satisfait de son travail. Apparemment, elle n'avait été affectée que de façon mineure et ne risquait rien. Ce qui était parfait. Baati le remercia donc et se leva du bureau sur lequel elle empiétait depuis une heure déjà.

Elle resta penaude un moment, ne sachant que faire ou que dire. Elle ignorait si il comptait le mener directement au foyer qu'il lui avait promis, ou si il voulait la laisser découvrir l'école auparavant. Elle préféra simplement lui demander.


- Est-ce qu'on va rendre visite à votre ami maintenant, ou est-ce que vous voulez être seul? Elle avait beaucoup hésité quant à la façon de désigner cette personne car elle ne connaissait pas son nom: la personne dont il lui avait parlé, celle qui devait l'héberger? Et s'était rendu compte que c'était beaucoup trop long, ou qu'elle ne connaissait pas les mots. Elle avait hâte de le rencontrer et de s'installer, mais elle avait également peur d'un potentiel refus de sa part, auquel cas elle devrait se contenter des potagers de l'Ecole comme foyer. Non pas que ça la dérangeait, mais elle préférait faire connaissance avec le plus de monde possible. Et faire un tour pour visiter l'Ecole ne la dérangeait pas non plus.
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MessageJeu 17 Juil 2014 - 19:12

Dieu qu'il était épuisant de bouger. Baati était retournée les deux pieds au sol et s'inquiétait déjà de la suite du programme tandis que Tyrol réfléchissait encore au miasme et à son bureau surencombré. L'interrogation de la demoiselle aux cheveux de flammes mit du temps à recevoir sa réponse, temps durant lequel le Solan sursauta légèrement, les yeux grands ouverts, puis chercha comment s'organiser... Et organiser son discours. Il ouvrit la bouche, se ravisa, tendit un doigt à la verticale devant lui afin de demander un instant de réflexion à son interlocutrice puis se laissa lentement glisser du bureau qu'il contourna. Il s'approcha de la fenêtre et tira le rideau afin de jauger l'avancement de la journée à la position du soleil qui amorçait sa descente de l'après-midi. Sa lumière aveuglante réchauffa agréablement le corps endolori de l'elfe.

"Eh bien...", commença-t-il dans un murmure, "Ta compagnie m'est agréable et il faut bien s'occuper de te trouver un lieu où dormir en tout tranquillité, ainsi que où poser ton sac. Cela étant, il est encore tôt et nous avons peu de raisons de nous presser, sachant qu'au vu de mon état, nous irons le retrouver à dos de cheval."

Afin de mieux profiter de la tendre chaleur que le soleil diffusait dans la pièce, il ouvrit un peu plus en grand le rideau et le noua sur le côté afin de laisser entrer l'étouffante lumière qu'il affectionnait tant.

"Voilà qui réchauffera un peu ce gourbi à l'abandon !" s'exclama-t-il joyeusement.

Et il revint vers Baati à qui il désigna son sac à dos, laissé apposé contre un mur tout à côté de la bibliothèque enfin remplie et en ordre. Intouché par les sortilèges, il était demeuré sagement posé ici, dans son coin, en attendant de reprendre son rôle habituel.

"Tu peux le reprendre. Nous allons commencer à descendre et je vais te montrer quelques salles qui pourraient t'intéresser dans les étages du dessous."

Il sourit aimablement et, reprenant en main son propre bâton qu'il avait déposé près du sac de la jeune femme, désigna à cette dernière la porte du bureau qu'il fallait désormais quitter. Il ferma à double tour à leur passage et leur longue descente commença. Les deux étages directement en-dessous du bureau furent rapidement évincés du fait de leur contenu, qui se bornait à une longue suite de pièces mêlant anciens autres Bureaux de professeur•es, des Directrices, salles de réunions et chambre protocolaires dont l'utilité après la Perte avait sans aucun doute radicalement été déviée. La plupart servaient de stockage pour matériaux légers ou étaient fermées dans l'attente d'une rénovation, les autres servaient de résidence temporaire à des personnes en attente de logement. Il n'y eut pas lieu de s'attarder ici, de même qu'à l'étage inférieur où une cantine semblait s'être improvisée.

En dessous encore, de vieilles salles de classes vides accueillaient de véritable usines à paperasses où quelques personnes allaient et venaient, documents en main. Le reste était tas de parchemins et tâches d'encre à l'envie. Les tableaux en état récupérés à la reprise servaient afin que tout le monde y note sa liste de rendez-vous ou de tâches à accomplir dans les délais.

Puis il y avait l'étage de l'infirmerie, toujours fonctionnelle et constamment occupée. L'étage entier était dédié aux soins mineurs et des sanitaires communs propres occupaient le fond du couloir. Le couple croisa plusieurs élémentalistes légèrement blessé•es occupées à renouveler leurs bandages, à discuter avec les soigneurs et les soigneuses des traitements. Certaines personnes y emmenaient leurs enfants en bas âge pour demander de quoi curer des maladies infantiles ou des bobos anodins. Les médicaments semblaient rares et dispensés avec beaucoup de parcimonie. Dans les discussions, l'usage de traitements plus artisanaux revenait et l'on en échangeait régulièrement les recettes. À la vue de Tyrol, une femme très grande aux cheveux bruns s'approcha, l'air très sérieux, et lui tendit un parchemin. Elle et lui discutèrent un peu au sujet d'un acheminement de médicaments en attente, puis l'elfe blanc emmena Baati vers la suite de la visite.

"Tu peux venir ici en cas de blessures physiques ou magiques, toutes les personnes compétentes seront là pour t'aider."

La descente continua tranquillement, au rythme lent du Solan, à travers d'autres salles de classes vides, tout juste nettoyées mais dépourvues de tout équipement. Dans l'une d'elles, une femme faisait face à un petit groupe avec qui elle semblait constituer une réunion en petit comité. Puis d'autres bureaux, actifs cette fois, où beaucoup de monde se croisait en faisant son rapport commercial, agraire ou architectural du jour. Tyrol eut le loisir de récupérer de nouveaux parchemins à la volée alors qu'il saluait discrètement tout ce petit univers en mouvement. Personne ne semblait faire réellement attention à Baati et pourtant, sans le savoir, certain•es parlaient d'elle en échangeant leurs nouvelles. On disait que la lumière de la tour de l'École avait brillé aujourd'hui, pour la première fois en dix mois. Une lueur rouge avait pulsé, attestant l'inscription d'un ou d'une Igni dans l'école.
Enfin, leur périple les ramena au rez-de-chaussée, dans le Hall principal de marbre brillant et de vitraux colorés. Tyrol indiqua quelques salles de réunion derrière le comptoir d'accueil situé à mi-chemin dans le Hall, sur lequel il récupéra un plan de l'École afin de le donner à la jeune plantimorphe. Il prit de même un autre plan situé derrière le comptoir.

"Voilà pour toi si jamais ta mémoire ou ton sens de l'orientation te jouent des tours !" s'amusa-t-il avec gentillesse. "Il y a un plan officiel de la ville près de la Grande Porte, et ceci est une carte de la région d'Elament avec la disposition de tous les lieux sécuritaires où tu peux utiliser ta magie sans risque. Mais je ne peux te conseiller de sortir de la Cité, ce serait meurtrier de ma part de te laisser croire que l'extérieur peut être traversé sans danger...  As-tu des questions au sujet de l'École ? Des inquiétudes en général ?"

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Baati Pruderonce
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MessageDim 20 Juil 2014 - 7:18

Baati ne s'inquiéta pas du temps que prit la réponse de Tyrol à venir, la patience n'étant pas une qualité qui lui faisait défaut. Elle observait simplement le curieux manège de l'elfe avec attention. Il était vraiment drôle. Elle appréciait sa joie de vivre et sa tranquillité, il lui semblait que sa simple présence apaisait l'ensemble de la pièce. Lorsqu'il ouvrit encore plus le rideau, la douce chaleur envahit complètement la pièce et la citrouille eût un frisson de plaisir; la lumière du soleil et l'eau étaient les deux seules choses dont elle avait besoin pour survivre. C'était également les deux choses qu'elle appréciait le plus.

Elle sourit discrètement lorsque Tyrol lui annonça qu'ils partaient, et acquiesça de la tête. Elle saisit son sac à dos qui était resté là où elle l'avait laissé, à côté de l'entrée, et le jeta sur son épaule. Elle réalisa à ce moment là que d'énormes courbatures lui tiraillaient le dos, et grimaça de douleur. Son corps humain n'était décidément pas pleinement restauré de son long voyage. Elle resta un long moment debout, sans bouger, pour s'adapter à la sensation, et suivit l'elfe qui l'attendait pour fermer la porte.

L'Ecole était encore plus grande qu'elle ne l'avait imaginé. D'inombrables salles se trouvaient de tous côtés, et leurs utilisations différaient radicalement. Baati regardait partout avec de grands yeux curieux. Elle était déchirée entre plusieurs sentiments: d'un côté, elle était émerveillée par la beauté du bâtiment, et devait se retenir de sourire car les gens qui le parcouraient étaient visiblement malheureux ou préoccupés. Elle avait de la peine pour ceux qui devaient occuper une seule chambre alors qu'ils étaient une famille entière, tandis que la citrouille avait réussi à se trouver une maison, qu'elle devrait partager avec seulement deux personnes. Les deux premiers étages fûrent rapidement parcourus. Ils marchaient tous deux lentement, lui à cause de sa fatigue perpétuelle, et elle à cause du gros sac qui lui pesait sur le dos. Tout le monde grouillait autour d'eux. Lheure était à l'agitation, non pas pour la préparation des cours -il n'y en avait pas, mais pour la reconstruction de la Cité. Il semblait qu'en attente d'une meilleure solution, tous les services de décision de la ville avaient étés déplacés dans l'enceinte de l'Ecole. C'était certainement bien plus pratique, étant donné que pour le moment les élèves n'affluaient pas en masse.

Il passèrent devant les salles de classe vides, et Baati se demanda si elle pouvait en utiliser une, malgré le fait qu'il n'y avait pas de professeur. Ce n'était pas la place qui manquait, après tout. Elle poserait la question plus tard à Tyrol. Ils continuèrent à errer dans l'Ecole, et elle regardait distraiement autour d'elle. Chaque détail attirait son attention, que ce soit dans la construction même du bâtiment ou dans les élémentalistes. Tous étaient très différents, et pourtant tous s'employaient à la même tâche : sauvegarder la Cité. Ici, une petite fée bleutée parlait de la reconstruction d'un silo à grains, là un elfe pansait les blessures d'un jeune garçon qui avait été attaqué par les démons. Elle aurait aimé les aider, mais n'avait aucune idée quant à ce qu'elle pourrait leur apporter d'utile. Elle se sentait comme une intruse au milieu de ces gens qui savaient ce qu'ils faisaient. Tout le monde s'arrêtait pour parler à Tyrol alors qu'ils l'ignoraient, ou au mieux la saluaient de la tête. Baati en déduisit que son compagnon jouait un rôle important dans l'organisation de la Cité. En écoutant les conversations des élémentalistes qui passaient, elle se rendit compte qu'elle était la première élève à s'être inscrite depuis la Chute. Cela lui procurait une sensation étrange, mais elle ne sût se l'expliquer.

Ils arrivèrent enfin au bout de leur périple, qui devait avoir duré près d'une heure. Bien qu'elle l'eût beaucoup apprécié, elle ne souhaitait pas recommencer tout de suite et préférait poser son sac dans un endroit permanent avant de se lancer dans une nouvelle promenade. Elle le laissa tomber au sol alors que Tyrol allait chercher les plans de la l'Ecole et de ses environs. Lorsqu'il revint, elle les examina avec attention. Malgré son ignorance en terme de lecture, elle reconnut les étages qu'elle avait parcouru un peu plus tôt. Elle découvrit aussi une autre aile, que l'elfe et elle n'avaient pas visités. Au signe qui la désignaient, elle en déduisit que c'était la bibliothèque. Elle était énorme. Baati se promis de la visiter dés qu'elle aurait appris à lire. L'autre plan désignait les lieux infectés par le Miasme, désignés par une grande tâche violette, et dans lesquels il ne fallait impérativement pas utiliser sa magie. Lorsqu'elle eut fini de tout observer, elle les roula précautionneusement et les glissa dans son sac. Elle leva les yeux vers Tyrol. 

"Merci" dit-elle avec un sourire. Il avait été tellement gentil et patient avec elle, elle avait du mal à le réaliser. Il lui demanda si elle avait des questions sur l'Ecole, et elle se dit que c'était le moment idéal pour lui poser sa question. Elle hésita un long moment, réfléchissant à la façon dont elle pouvait formuler sa question, et dit enfin "Est-ce que je pourrais emprunter une salle pour m'entraîner, puisqu'il n'y a pas encore de professeur ?"Après tout, Elament n'était-elle pas l'endroit rêvé pour pratiquer ce genre d'expérience ? Elle réalisa bien vite que c'était une idée dangereuse, et après un court silence, ajouta "En étant surveillée, bien sûr"Elle espérait qu'il serait d'accord, elle ne s'imaginait pas attendre passivement que tout le monde fasse le travail pour elle. Si elle ne pouvait les aider autrement, autant faire ce pour quoi elle était venue.

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Tyrol
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MessageSam 26 Juil 2014 - 16:27

"Bien sûr", lui répondit-il avec un léger sourire, penchant sur elle sa chevelure blanche. "Il faudra t'adresser à l'accueil pour réserver une salle. Je chargerai quelqu'un de trouver une personne capable de superviser les entraînements... On ne peut laisser nos jeunes seul·es avec tant de Magie au bout des doigts !"

Il la laissa ranger ses cartes, se tourna vers le ciel bleu sans nuage qui se présentait, grand ouvert, au-dessus de leurs têtes, et, portant une main à sa bouche, siffla quelques notes étranges. Le bijou en forme d'étoile qu'il portait à son cou sembla briller très succinctement, et dans l'air environnant, les notes s'amplifièrent, montant vers les Cieux avant de s'y évanouir. Quelques minutes plus tard, minutes durant lesquelles Tyrol fit avancer Baati un peu plus loin vers le parc où leur rencontre avait eu lieu, le cheval ailé qu'elle avait vu traîner la charrette quelques heures plus tôt revenait vers son maître. Il fendait tranquillement l'air, décrivant quelques larges cercles lui permettant de ralentir, ainsi que de trouver un lieu d'atterrissage convenable où il pourrait se poser en tout quiétude.

Le pégase aux reflets de grenat vint trouver son point d'arrivée non loin du couple qui l'attendait, soulevant quelques exclamations enthousiastes de la part des personnes se trouvant tout autour sur l'herbe et les chemins de promenade. L'elfe blanc s'approcha et tendit gracieusement la main afin de caresser le museau de la majestueuse bête, elle qui semblait si docile à son contact. Le Solan parla tout doucement, murmurant de sa voix claire quelques mots à l'animal qui tendait les oreilles vers lui. Lui seul sembla comprendre la langue étrange dans laquelle son maître communiquait, une langue aux inflexions douces semblables à de l'elfique mais dont les mots et leur prononciation n'avaient rien de connu en ce monde... Et sous l'effet de ces mots soufflés avec beaucoup d'affection, il ploya dignement, offrant au grand public le spectacle d'une révérence solennelle exécutée à la perfection. Cependant, il n'était point question d'un tour de cirque afin d'épater la galerie puisque Tyrol tendit bientôt un bras, le passant par-dessus la large encolure afin de se saisir de la crinière dont il s'aida pour monter. Son bâton se trouva à nouveau immobile et droit, comme planté dans le sol dans l'attente qu'on vienne le reprendre, tandis que son propriétaire était occupé à s'installer sur le dos de sa somptueuse monture.

Il n'était pas en reste, acceptant d'être diminué physiquement mais pas totalement sans ressource. Sa façon de prendre place à cru sur le pelage rougeoyant fut des plus soignées. Lente et précautionneuse, mais sans faute. L'elfe aux yeux clairs caressa la crinière blanche et adressa quelques nouveaux mots à l'animal, qui demeura dans sa position. Une main blanche au contact doux et chaud se tendit vers Baati.

"À toi."

Il l'invita à monter et l'aida à se positionner devant lui, là où il pourrait s'assurer de sa sécurité. Deux claquements de langue plus tard, Haeris était à nouveau debout et prêt à s'élancer dans les airs. Baati se sentit poussée en arrière sous l'impulsion mais ce fut Tyrol qui l'empêcha de glisser en passant ses deux bras de part et d'autre de son corps, les tendant afin de tenir le crin long et soyeux.

Lorsque le petit groupe fut éloigné du sol, l'elfe profita de la traversée afin de désigner quelques lieux à la jeune plantimorphe, lui montrant les limites de la ville, les différents quartiers et ce qu'elle pourrait y trouver... De leur point de vue, tout semblait petit et grouillant et pourtant, rien n'était insignifiant. Les maisons disparates aux styles architecturaux chaotiques s'élançaient vers le ciel comme le faisait l'École et toute la Cité, d'un même élan, s'offrait au soleil et tendait ses bras vers lui. L'Île, qui était si loin à leur départ, se rapprocha d'eux, sa masse grandissant à chaque coup d'aile porté. Imposante, elle englobait dans son ombre et sous les eaux de ses rivières cascadantes de larges terrains fertiles disposés en terrasses à ses pieds, puis se transformant en plaines un peu plus loin. Ce fut ici qu'Haeris les posa.

"Attends-moi là", conseilla doucement Tyrol en aidant Baati à descendre de son haut perchoir. "Ne touche pas à Haeris, il ne répond qu'aux Aeras et prendrait tout contact non-autorisé par ma personne comme une agression."

Il les laissa l'un à côté de l'autre mais le pégase refusa de demeurer trop près de la demoiselle dont il devinait l'élément et qu'il n'estimait pas digne de lui. Le Solan quant à lui s'éloigna, s'approchant de ce qui semblait être une porte très habilement dissimulée dans la végétation d'un grand monticule. Il sembla que les coups portés afin de signaler sa présence étaient rythmés de façon précise, et, après quelques secondes de silence, la porte s'ouvrit. Non pas comme toutes les portes, mais comme une grande trappe que l'on soulevait de l'intérieur. Un homme de très grande taille, bien plus grand que Tyrol et pourtant un elfe comme lui, apparut. Il avait la peau sombre et des yeux orangés, ainsi qu'une expression particulièrement blasée que même la présence de l'elfe aux cheveux blancs ne parut pas dérider. Ils discutèrent un long moment dans deux langues étrangères, chacun parlant la sienne tout en étant visiblement compris par l'autre, jetant parfois quelques coups d'œil vers Baati. La voix du grand elfe était grave et particulièrement forte et autoritaire, mai ce fut bel et bien Tyrol qui eut le dernier mot. La jeune femme se vit jaugée des pieds à la tête, puis le métis disparut dans ce qui devait être son habitat. Troglodytique, pour le moins.

Avec un sourire amusé, Tyrol revint vers elle et, posant une main dans son dos, l'invita à le suivre.

"Ne t'en fais pas. Il est toujours d'humeur bougonne, c'est un coup à prendre... Il a accepté de te garder et m'a demandé si tu savais coudre... Comme je ne connais pas tes compétences dans le détail, je vais te laisser vendre tes capacités auprès de lui ! N'oublie pas, tant que tu participes aux tâches quotidiennes, cela lui conviendra. Et encore plus si tu sais t'y prendre avec les bébés..."

Baati comprendrait bien assez tôt que si la fille dont elle avait entendu parler devait être à peine plus jeune qu'elle, le deuxième enfant, lui, devait tout juste savoir marcher et requerrait une attention tout particulière. Le Solan se pencha vers elle afin de prendre ses mains dans les siennes, les enserrant quelques secondes dans leur doux écrin. Il mumura à nouveau avec gentillesse :

"Ce n'est de toute évidence que temporaire... Je reviendrais tous les deux jours pour les cours de lecture et d'écriture, mais d'ici là, nos chemins se séparent, mon amie. N'hésite pas à me trouver près de l'École si tu as besoin de quoi que ce soit..."

_________________________________________________________

"Combattre une armée d'archers, c'est comme lancer une
pierre dans un nid de guêpes : je ne souhaite l'expérience à personne !"
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MessageLun 28 Juil 2014 - 23:55

Baati sourit joyeusement lorsque Tyrol lui donna son accord. Bien sûr, elle n'apprendrait pas grand chose par elle même, mais cela lui éviterait d'arriver avec un niveau proche de zéro devant son futur tuteur. L'assurance de la présence d'un autre élémentaliste durant ses entraînements la rassura. Elle savait que son pouvoir n'était pour le moment pas très puissant, mais mieux valait prévenir que guérir.

Un son cristallin résonna dans l'air, et il sembla à la citrouille que c'était le chant des anges dont sa famille lui avait tant parlé. Elle tourna la tête vers l'origine du bruit, et s'aperçu que c'était l'elfe qui faisait usage de sa magie. Elle ouvrit grand les yeux d'émerveillement, absorbée par le talent avec lequel il ployait le Vent à ses moindres désirs. Elle espérait devenir aussi douée que lui un jour. Il l'emmena loin de l'Ecole, là où ils s'étaient rencontrés seulement quelques heures plus tôt -et tant de choses avaient changées depuis. Elle accueillit avec satisfaction le doux vent sur sa peau et la sensation l'herbe verte sous ses pieds nus. Elle n'aimait pas rester trop longtemps loin de la Nature; elle devenait alors triste et facilement irritable. Les longs séjours en intérieur se révélaient donc difficile pour elle.

Sa rêverie fût interrompue par la présence du cheval ailé qui la ramena à la réalité. Toujours aussi émerveillée par sa splendeur, elle le regarda décrire de grands cercles dans le ciel, avant qu'il ne se pose doucement près d'eux. Tyrol alla lui parler et lui fit signe de monter à son tour sur son dos, ce qu'elle fit plus ou moins maladroitement: jamais elle n'était montée à cheval. Lorsqu'il s'envola, elle poussa un petit cri de terreur et s'accrocha du plus fort qu'elle pu à sa crinière.

Elle ne rouvrit les yeux que lorsqu'ils étaient haut dans les airs et que le pégase avait terminé son ascension. Ils voyaient alors tout Elament et ses environs, de l'Ile qui prenait une grande partie de la plaine jusqu'à l'embouchure de ce qui avait été le lac Yuta, et qui se jetait maintenant dans la mer. Elle regardait les endroits que Tyrol lui désignait sans vraiment l'écouter, absorbée par la beauté du paysage qui se dévoilait à ses yeux. Croyant qu'ils allaient rejoindre la plaine, la citrouille fût étonnée lorsqu'Haeris les emmena au pied de l'Ile, qui lui avait semblé strictement réservé aux activités agricoles.

Il l'abandonna là, alors qu'il allait converser avec un elfe bien plus grand qu'elle qui vivait dans un trou. Pour passer le temps, elle pensa à aller voir le cheval qui l'avait emmené jusque là, mais il la fusilla d'un regard qui lui fit perdre toute motivation. Il semblait qu'il n'était réceptif qu'aux Aeras. Lorsqu'ils eurent fini de discuter, ils se tournèrent tous les deux vers la citrouille qui attendait les bras croisés. Visiblement, le grand elfe n'était pas content de savoir qu'il avait une nouvelle personne à sa charge. Néanmoins, il lui demandait des choses qui étaient justement dans ses capacités. Elle ouvrit des grands yeux pleins d'espoir et sourit. Enfin, elle allait pouvoir servir à quelque chose, même si ce n'était que pour recoudre quelques pantalons troués et s'occuper d'un enfant.

C'est là que l'elfe blanc lui fit dit au revoir. Elle eût peur un instant d'être mal accueillie dans sa nouvelle demeure, mais elle vit dans le regard des deux enfants qui sortaient la tête du trou beaucoup plus de douceur que dans celui du père. Deux jours. Ils se reverraient vite, et elle apprendrait bientôt à lire, ce dont elle avait particulièrement hâte. Elle fit un sourire à son ami en guise de salut, et attendit qu'il s'envole sur son cheval roux avant de s'avancer vers Tranlthanas et de lui assurer qu'elle savait faire ce qu'il lui demandait, et qu'elle le ferait avec plaisir. Il la laissa entrer dans la grotte et, après avoir posé son sac à côté de la couche qui lui avait été attribuée, s'attela à la tâche.
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