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 Entre toi et moi [Mono-rp]

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Sappho
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Poste : Souveraine des Enfers
Magie Contrôlée : Ténèbres

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MessageDim 30 Sep 2012 - 21:11

Spoiler:
 

Thème Musical ~ Sabbath Bloody Sabbath by Black Sabbath ~

Elle balaya la pièce du regard. Peut-être était-ce la plus isolée de toutes. Sans doute fut-elle un cagibi quelconque, une buanderie, un local à balais. Elle imagina les élémentalistes, vaquant à leurs occupations, récupérant un drap pour un nouvel arrivant, une serpillière pour un couloir sale... L'image s'imposa à elle, elle pouvait presque voir l'agitation d'un anniversaire, l'angoisse des examens, les professeurs surveillants les étudiants, le rire cristallin d'une enfant... Elle ouvrit son oeil unique, et la réalité fut bien loin du songe. La porte en bois moisi grinçait sur ses gonds, la pièce étroite n'avait qu'une meurtrière comme seul éclairage. Les murs de pierre étaient noircis par la cendre, les blocs de grès eux-mêmes étaient rugueux et mal taillés. S'il y avait eu quelque chose ici, ce n'était plus que des cendres. Pourtant, la jeune démone, couverte d'un drap noir, y pénétra sans hésiter, sans s'arrêter. Derrière elle, une succube et une soquior, toutes deux jeunes, la suivaient à pas prudents.

La Faux s'arrêta au milieu de la petite pièce, attendit que les deux jeunes filles passent la porte, puis d'un mouvement du poignet, ferma la porte avec les Ténèbres. Elles sursautèrent, peu rassurées. Aucune des deux n'osait prononcer un mot ou même respirer trop fort. Elles étaient tout juste entrées à son service, elles étaient effrayées, et ne savaient ce qu'elles faisaient là. La lumière orangée du crépuscule filtrait par la meurtrière, découpant la silhouette de Sappho. Celle-ci respirait encore lourdement, les côtes douloureuses, certaines brûlures tirant encore sur son dos ou ses cuisses. Ses cheveux avaient un peu repoussés, ils tombaient, noirs et fins, sur sa nuque et son front. Le côté droit de son visage cicatrisait mal, la chair était à vif et noircissait lentement. La demi succube tourna son visage vers la fenêtre, puis, d'un pas lent, alla s'asseoir en dessous, accroupie, le dos déformé par les contours du mur. Ah, pourtant, il lui semblait que son corps reprenait une posture coutumière, à la fois inconfortable et rassurante. Sous le tissu noir qui couvrait, elle était complètement nue. Sans les regarder, elle s'adressa aux deux autres.


" Vous allez assister et aider à la naissance de mon bâtard. "

Sa voix rocailleuse résonna dans le néant de la pièce, hachée, entrecoupée de râle. Elle avait mal, si mal au ventre, ce ventre à peine rebondi... L'une des démones, la soquior répondit de sa voix fluette.

" - Mais Intendante, nous... nous n'avons rien pris pour vous aider et nous ne sommes pas... " elle chercha le regard de la succube " ... qualifiées pour faire accoucher quel...
- Silence ! "
Ce n'était qu'un murmure, et ça suffisait pourtant. " Tais-toi, idiote. Je n'ai pas besoin de ce genre d'aide.
- Alors...
- Toi ! "
Sappho désigna la succube, qui semblait un peu plus dégourdie. " Va chercher un esclave, un jeune quelconque.
- Tout de suite Intendante. "


Elle sortit de la salle en trottinant, bien contente de quitter l'atmosphère lugubre ici-bas. Elle s'appelait Dilya, et ne désirait pas mourir ici. Elle avait senti que leur Intendante se moquait bien de leur survie si, dans sa folie et la douleur, elle déchaînait sa magie. Tandis qu'elle ramenait une adolescente couverte de bleues, une nymphe peut-être, elle perçut les cris - ou plutôt les râles - de Sappho. Cependant, elle ouvrit la porte abîmée, jetant l'esclave à l'intérieure. La Faux se tordait de douleur, serrant les poings sur le sol de pierre, s'écorchant la peau. La Soquior se terrait dans un coin de la pièce, apeurée. Le regard de Dilya passa de l'esclave à l'Intendante, et sans attendre d'ordre, elle poussa la première vers leur chef. Celle-ci, sentant peut-être la proie, l'agrippa toutes griffes sorties, et mordit à pleine dent dans sa chair. Cela semblait la calmer. Mais à la place des cris de la démone, elles avaient à présent ceux de la jeune fille. Enfin, c'était mieux que rien.

**********

Le soleil avait disparu depuis longtemps, et la pièce était plongée dans le noir. La Faux avait mâchouillé l'esclave pendant des heures, ses cris devenant des mugissements et des pleurs, puis, la perte de sang et la douleur aidant, elle avait sombré dans l'inconscience. L'Intendante Infernale l'avait dévorée et offerte aux Ténèbres, comme un sacrifice. Mais le travail n'avait fait que commencer. Avant qu'elle ait pu y réfléchir, Dilya la succube attrapa la Soquior par un bras et la jeta en pâture à son tour. Sans rancune.

**********
La lune laissait filtrer de pâles rayons par la lucarne étroite. La lumière blanchâtre ne permettait pas d'apprécier le spectacle, le carnage véritable. Tandis que la Faux avait dévoré vivantes l'esclave et la Soquior, le bâtard avait effectivement commencé sa descente. L'autre succube n'osait pas s'approcher, et elle avait raison, car Sappho se ruait sur tout ce qui passait à sa porté. La douleur la rendait folle, du moins, un peu plus que d'habitude. Le travail dura toute la nuit, et toute la nuit elle dévora la chair, le coeur, la cervelle, suça la moelle et croqua les os de ses dents pointues. La pièce n'était qu'un étalage de sang et de tripes. Et de l'autre côté - ahah - la créature, née de l'union presque consentante entre un Drow fou et une quasi succube folle. Leur engeance serait ignoble. Au milieu des cris et des grognements, entre deux jets de sangs, un couinement, un hoquet brisa l'équilibre.

Il naquit dans le sang et la souffrance, au centre d'un festin dantesque. D'une mascarade glauque. Dilya était restée stoïque dans un coin de la pièce, immobile statue. Sappho, quant à elle, reposait allongée sur le dos, le souffle court, sa poitrine se soulevant rapidement. Elle était rouge de sang. Sur sa peau perlait des gouttes vermeilles, ses cheveux étaient poisseux et humides, ses mains glissaient sur la pierre. Sa vue était brouillée de pourpre, le goût et l'odeur du fer l'enhardissaient. Rien n'existait d'autre, sinon le vin de nos veines. Le silence n'était rompu que par la respiration sifflante de Faux, et les couinements de la créature. Prenant conscience de sa présence, Sappho rampa aussi loin que possible du nouveau-né, trébuchant sur le grès trempé de sang.

Se redressant sur les coudes, elle s'enveloppa dans son drap noir, car le froid de la nuit vous prenait jusqu'aux os. Elle jeta un regard... un regard effrayé... sur le monstre. Le tout jeune né avait la peau noir des drows, couleur ciel de nuit. Ses cheveux, cependant, semblaient noirs, comme elle. Sa face était amaigri, mais il ressemblait à n'importe quel bébé. Ridé, la peau duveteuse, les yeux... clos ? Non... Ses yeux à lui, étaient grands ouverts. C'était impossible. Deux grands globes à l'iris violette. Deux globes qui fixaient la lune par la meurtrière.


" Toi qui es toujours en vie, va chercher une couverture quelconque. "

La porte claqua de nouveau. Elle était seule avec l'enfant. Lentement, nerveusement, elle s'approcha. Il ne pleurait comme les autres. Il ne faisait que fixer le dehors en couinant. Mais en l'entendant approcher, ses iris se fixèrent sur sa... mère. Le mot dans l'esprit de Sappho ne trouvait aucun écho. Elle secoua la tête, préférant l'ignorer. Ces grands yeux... ressemblaient aux siens. Une fois au dessus de lui, elle l'observa encore. C'était un bâtard sans nom, un futur monstre. Un autre être à modeler, comme Ombre. Mais en pire. Un être qu'elle ne pourrait jamais aimer, pour lequel elle n'aurait que mépris et dégoût. Le petit se mit à pleurer. La faim sans doute. Le sourire de la Faux revint, et elle attrapa du bout des doigts une main déchiquetée tout à l'heure. Elle arracha le pouce, et plaça sur la bouche du nourrisson le côté ouvert. Le sang tomba dans sa petite bouche innocente, le souillant dès maintenant et à jamais. Le spectacle de Sappho donnant à boire du sang à ce bébé était presque attendrissant.

" Dès ce jour tu seras Loargann. Et tu seras mon petit bâtard, mon petit monstre répugnant. Rien qu'à moi... "

Elle murmura un sortilège, et les Ténèbres se joignirent à elle, pour marquer sur la peau pure de l'enfant, à l'emplacement du coeur, le sceau de la Faux. Il n'était qu'à elle. Elle l'enveloppa dans la serviette ramenée par la succube, et, portant le nourrisson dans ses bras frêles, elle sortit de la pièce. Il tétait toujours le pouce de la Soquior, aspirant son sang. Cette vision était si douce pour la Faux. Et ce fut l'aurore, alors qu'elle déposa le petit dans un couffin improvisé, au pied de son lit. Il serait son chien oui, son monstre... rien qu'à elle. Les Ténèbres l'avaient déjà adopté, elles murmuraient son nom à ses oreilles. Il serait ignoble. Il serait une part de sa vengeance.

*Loargann*
*Enfant Drow, Enfant Démon*
*Monstre*


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