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 Passage aérien [PV Sifr]

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MessageDim 11 Mar 2012 - 10:11

Un vent violent souffle le long de la falaise. De brusques rafales irrégulières qui viennent balloter notre long manteau noir.

J’avance sans ralentir, traversant sans difficulté ce mur de vent. Nahlian lui, a plus de mal. Il avance lentement, une main tenant fermement son chapeau haute forme.


- Tu pourrais m’attendre…

Un sourire nait sur mon visage. Amusé. M’arrêtant, je me tourne vers lui et le soulève de terre.

- Non mais j’ai pas besoin d’être porté non plus…

Je ne lui réponds pas et continue à avancer vers le pic de la falaise, surplombant l’étendu infini de la mer. Nous marchons sans nous presser, le vent devenant de lus en plus violent à mesure que nous nous rapprochons du bord rocheux. Une rafale plus brusque que les autres rejette la capuche de ma lourde cape sur mes épaules, exposant mon visage aux frêles rayons du soleil.

Mes longs cheveux gris et sales sont immédiatement rejetés vers l’arrière et un long frisson nous parcourt. Avec un grognement, je rabats violement ma capuche sur mon visage barré et souillé. Nous n’aimons pas être ainsi exposés à la vue de tous.

Arrivé au bout de l’avancé rocheuse, nous nous arrêtons, contemplant un moment l’étendu marine qui s’offre à nous.

Magnifique.

Je dépose avec douceur Nahlian au sol un petit sourire naissant à la commissure de mes lèvres.


- Ca ne te rappel rien ?

Le pantin se tourne vers l’horizon puis observe les lieux avec attention.

- Vaguement…

Il s’approche du bord et s’y assoit, ses petites jambes de bois battant dans le vide. Ses yeux fixent parcourt les alentours, son sourire faussement joyeux toujours imprimé sur le visage.

- A maintenant que tu le dis…

Un souvenir nous submerge alors.

Puissant.

La voix d’Elya renait dans notre esprit. Claire et cristalline. Une leçon qui a changé beaucoup de chose dans notre vie. La première fois que j’ai insufflé mon pouvoir à Nahlian. Que je lui ai retiré ses liens qui entravaient sa liberté.

Que nous sommes enfin devenu un.


- Ca remonte à loin n’est-ce pas ?

Notre voix est nostalgique. Comme habitait de regrets. Nous chassons immédiatement ce sentiment qui ne nous appartient plus depuis longtemps. Un rire mauvais s’échappe de la gorge de Nahlian.

- Tu commence à faire du sentimentalisme. C’est pas bon ça.

Je lui réponds d’un grognement étouffé avant de m’assoir à côté de lui. Peu désireux de nous essayer à une chute libre, nous fermons les yeux et nous concentrons. Les vibrations de la Terre nous pénètrent.

Et nous la modelons.

Nous la stabilisons. La renforçons sous nos êtres. Nous relâchons finalement notre emprise. Puis poussant un léger soupir, nous portons notre regard sous l‘horizon.


- Il va falloir qu’on améliore notre pouvoir sur la terre…

Le silence nous répond, telle une affirmation soufflé par le vent.

- Bon et maintenant c’est quoi la suite du programme ?

Je fais glisser mon regard sur Nahlian avant de lui répondre.

- Il faut trouver un passeur pour se rendre sur L’île.

- Un passeur ?

- Ce sont les seuls qui peuvent nous y mener. L’emplacement de ce refuge étant gardé secret.


- Hum… et qu’est-ce qu’on va y faire sur l’île ?

Un délicieux sourire se dessine sur mes lèvres, une flamme de sadisme s’allumant dans mon regard.

- Chercher un nouvel apprenti bien sûr. Cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas amusés.

- Et voir comment ils s'en sortent aussi, non?

- Aussi...

Nos rires se mêlent. Mauvais.
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MessageDim 11 Mar 2012 - 17:34

L'aigle. Cet oiseau qui était libre de toutes lois, même de celles du vent, avec ses grandes ailes qu'il laissait glisser à la surface de l'air, le fendant en deux, telle une lame bien aiguisée. La majesté qui se dégageait dans l'environnement autour du vol de cet oiseau était imposante, et ne pouvait pas laisser indifférent ceux qui avaient la chance d'observer ce spectacle hypnotisant ; d'en-bas, on ne voyait qu'une ombre noire, floutée par la distance, avec une forme vaguement similaire à un de ces oiseaux que tous les enfants aiment s'amuser à découper dans du papier. Et avec le vent fort qui soufflait en plus, on devait plisser les yeux, ces derniers se faisant battre par la puissance de cet élément, tandis que l'aigle, lui, avait ses deux grands iris jaunes bien ouverts sur le monde, cherchant habilement de leur vue absolue ne serait-ce que la moindre souris à écraser entre les parois son bec. La « loi du plus fort », si cruelle et si mesquine, et pourtant inévitable - surtout face à une créature aussi impériale que cet oiseau, royal pour l’œil certains, signe de malheur pour ses victimes.

Mais cette silhouette dans le bleu du ciel n'était pas un aigle. Il s'agissait bel et bien de quelqu'un que la nature avait fait grâce de plumes et de grandes ailes angéliques, en plus de la robustesse nécessaire lui permettant de s'en servir. Mais ce n'était pas un oiseau non plus - il s'agissait de quelqu'un au visage humanoïde, si ce n'était pour le bec qui lui faisait office de nez. Et contrairement à l'oiseau qu'il incarnait de moitié, il n'avait pas ce regard solitaire au travers des yeux. Il avait un air calme et serein, empli d'une bonté naïve et si propre aux enfants. Şifr faisait partie de ces gens qui n'ont aucune conscience sur leur propre vie, qui étaient incapables de comprendre le malheur. Et pourtant, il savait très bien ce que cela faisait, d'être haï et rejeté. Ce n'était pas pour autant qu'il avait l'air malheureux - c'était même comme si tout cela n'avait jamais eu lieu, que ce n'était qu'une petite blague de son passé. Et même dans des moments où il était seul à seul avec ses pensées, il ne pouvait pas se résoudre à ressentir un peu de nostalgie envers ces années ombrées par sa mémoire. Après tout, c'était peut-être ça, sa malédiction, en tant que bout-en-train. De ne jamais pouvoir comprendre le désespoir éternel dans lequel quelques individus étaient capables de sombrer.

Comme s'ils avaient leur propre vie, ses yeux fixaient le sol avec un instinct purement animal. Ce n'était pas comme si Şifr cherchait quelque chose à manger - il y avait tout ce dont il avait besoin sur l'île. Il l'avait quittée avec une idée différente. Celle de voir ailleurs, tout simplement. D'observer un paysage qui se devait d'être considéré comme « maléfique », puisqu'il appartenait désormais aux démons, non plus aux élémentaires. Et pourtant, même avec les circonstances données, cet éternel enfant ne voyait pas de mal ici non plus. Il ne voyait qu'une nature apaisante, un vent troublé et une mer déchaînée. En tant qu'animal, il savait très bien que même elle ressentait qu'elle était souillée par des êtres dont la nature n'était pas celle de gens qui sourient et qui se partagent les beautés de l'humanité, et qu'elle était juste là, impuissante face à son destin, attendant avec pitié d'être sauvée. Mais tout ça ne lui faisait même pas froncer les sourcils. Il savait très bien que son peuple allait réussir à se redresser. C'était inévitable.

Et enfin, ses pupilles croisèrent une irrégularité à ce paysage désert de vie. Sur l'une des plus hautes falaises se tenait droite une première silhouette, et non loin était assise une deuxième, plus petite. « Ils n'avaient en rien l'air d'être mauvais. » C'était la seule et unique pensée dont Şifr avait besoin. Il n'était pas quelqu'un de très réfléchi lorsqu'il s'agissait d'aller accoster des inconnus, alors c'était la seule chose dont il avait besoin pour se mettre à se rapprocher du sol. Certes, avec ce mode de pensée, il s'était déjà jeté dans de vraiment beaux draps, mais c'était comme s'il était incapable d'apprendre de ces erreurs sur ce point de vue. Il n'agissait que par instinct, comme guidé par une main invisible au fond de son esprit, et il n'avait pas besoin de chercher plus loin si elle en avait décidée qu'il irait à l'encontre de ces personnages.

Freinant le vent avec ses grandes ailes dans un bruit puissant de battements, il plissa un peu les yeux sous ses propres gestes brusques. Il avait un peu mal calculé cet arrêt, mais c'était juste assez bien dirigé pour qu'il se retrouve derrière la plus haute des deux silhouettes.
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MessageLun 23 Avr 2012 - 10:13


Rire.
Mauvais.
Puissant.

Il s’éteint quelques secondes plus tard, laissant les hurlements du vent reprendre leur droit. Lentement le silence s’installe entre nous. Entendu. Nous restons là à contempler la mer qui se déchaine à nos pieds.


- Ca pourrait être sympas de contrôler l’eau !


Lentement, je tourne ma tête vers Nahlian, légèrement surprit. L’eau. Un élément qui peut vide devenir dévastateur. Mortelle pour quiconque sait le manier. Un léger sourire nait sur mon visage tandis qui j’imagine mille façon de tuer.

- Ca pourrait en effet. Mais ça ne m’intéresse pas.

En réalité, si j’avais eut un don pour l’eau, je n’aurai jamais connu Nahlian. Je serais encore seul.

Un léger frisson me parcourt à cette pensé.
Je la chasse.

Le petit pantin se tourne de nouveau vers moi.


- En fait, tu compte le trouver comment ton passeur ?


Je tourne mon regard vers l’horizon, songeur. En réalité, je n’en ai aucune idée. Il semble me souvenir que cette Falaise est un point de passage régulier pour certains passeurs. Mais ce souvenir est flou. Trop pour que nous puissions l’affirmer. Alors nous tentons notre chance. Qui sait. Peut-être qu’un d’entres eux arrivera dans les jours qui viennent.

En attendant, nous jouerons avec les démons.

Un léger rire nous traverse à cette pensé. Cela va faire une semaine que nous ne nous sommes pas battus. Au fond de nous, l’envie et le manque grandit. Celle du sang et de la violence. Peut-être plus présente chez Nahlian que chez moi.

Mais présente chez nous.

Poussant un léger soupir, nous nous étirons sous les rafales du vent. Bientôt, c’est une fine pluie qui se met à tomber. Légère. Grommelant, nous resserrons notre manteau autour de nos épaules et Nahlian plaque de sa main son chapeau sur sa tête, le tenant pour éviter de le voir s’envoler.


- Temps de merde…


Je lui lance un petit regard amusé.

- On a déjà eut pire.

-Mouais.


Tout à coup, notre attention se dirige vers une forme volant dans le ciel. Un oiseau… Cette créature a bien du courage de s’aventurer dans les nuages par un temps pareil. L’animal décrit des cercles. Large et imposant. D’ici, nous n’arrivons pas à distinguer ses formes exacte.

- Un piaf. Rien d’autre.

Nous nous arrachons de ce spectacle pour reposer une nouvelle fois nos regards sur l’horizon. L’ennui commence à s’installer… Soupirant, nous nous redressons.

- Bon, ça ne sert à rien d’attendre plus ici. Allons chercher quelque chose pour jouer.

Alors que nous nous apprêtons à nous retourner, un grand bruit d’aile nous fait sursauter. Instinctivement, nous invoquons deux lianes hérissées qui jaillissent du sol et fusent vers l’intrus.

Pour s’arrêter à quelques centimètres de son visage, les épines frôlant ses cheveux.


- Hey mais c’est le piaf !

Nahlian regardait l’inconnu avec curiosité et enthousiasme, un grand sourire aux lèvres. Moi, plus méfiant le détail de la tête au pied. Un sourire sadique nait sur mon visage en découvrant sa race.

- Voyez-vous ça. Un homme-oiseau.

Rangeant lentement nos deux lianes, nous l’observons avec intérêt sous notre capuche.

- Veuillez nous excuser pour cet accueil. Votre arrivé nous à quelque peu… surprise.

Mon sourire s’agrandit. Plus mauvais. Plus joueur.

Nous avons trouvés notre nouveau jouet… Nahlian lui s’avance en sautillant. Curieux, il vient se placer au niveau des ailes du nouveau venu, les observant avec attention.


- C’est marrant ce turc ! Ca fait quoi si j’arrache une plume ?

Tout sourire, il en attrape une et commence à tirer dessus.

[Désolée pour ce retard... Cela ne re reproduira plus. Je m'excuse également pour qualité...]
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MessageDim 1 Juil 2012 - 1:01

La beauté du visage humain réside dans sa capacité à transcrire n'importe quelle émotion ; c'est un fait bien connu. Mais quand on a un bec en travers du visage, la bouche reste le plus souvent camouflée sous celui-ci, laissant les yeux seuls orateurs des pensées de l'individu. Pourtant, ce n'était pas ça qui empêchait Şifr de s'exprimer, puisque ses deux iris dorés s'étaient ouverts en grand devant les ronces qui se dressèrent vers lui lors de son atterrissage. Un peu trop abruti par la soudaineté de la chose, il n'eut pas le temps de faire quoi qu'il en soit, et s'était tout simplement contenté de s'écarter comme il le put de la créature qui lui faisait à présent face. Il s'agissait d'un vieillard aux traits masqués par une longue chevelure blanche, qui ne laissait apparaître qu'un long sourire. Ce dernier avait bien de quoi glacer le sang du petit hybride, puisque malgré le fait qu'il ait déjà atteint l'âge adulte, il était incapable de mesurer plus d'une tête de moins que l'homme au dos vouté, même en se tenant bien droit.

Le jeune garçon eut à peine le temps de reprendre son souffle qu'une espèce de petit jouet s'avança vers lui d'un air joueur. Le Piaf le laissa s'approcher, n'y voyant qu'innocence... jusqu'à ce que la chose se mette à tirer sur une de ses plumes d'un air particulièrement sadique. Şifr grimaça sous l'horreur et la pression qu'on venait de lui mettre : il avait à présent un dixième de seconde pour trouver comment faire lâcher prise au bonhomme sans avoir à lui donner un coup de serre dans la tête (parce qu'en plus, ça ferait autant de mal à la créature qu'à lui-même) et sans dire quelque chose qui puisse être pris comme une provocation. Finalement, la panique le fit agir sous le coup d'un réflexe, et le petit être se mangea le pied de Şifr dans la tête avec juste assez d'impact pour le faire tomber au sol, plume en main. Le visage de l'hybride se défigura de façon comique, ses yeux s'ouvrant en grand et ses dents grinçant sous la douleur, tandis qu'il releva les bras avant d'entamer une danse propre aux gens qui viennent de se faire brûler par une bougie parce qu'ils ne savent pas que le feu peut faire bobo.

« Aïaïaïaïaïaïaaaaïe ! » répéta le Piaf au moins quatre fois d'affilée alors qu'il gigotait dans tous les sens, comme s'il espérait que ça allait apaiser la douleur. Après avoir secoué ses bras pendant de longues secondes, il s'arrêta enfin, avec un air épuisé se dessinant sur sa bouille enfantine. Bon sang, il voulait juste dire coucou à des gens, pas se faire plumer...

Pendant qu'il reprenait son souffle, il se rendit compte que le petit être avait une peau dont la texture était proche à du bois. Voilà qui était peu commun, au point même de rendre Şifr perplexe quant à la race du bonhomme. Il abandonna bien vite cette pseudo-réflexion pour regarder à nouveau le plus grand des deux, qui n'avait pas l'air d'apprécier qu'on bouscule son compagnon. Le piaf fit immédiatement un geste qui agrandit l'écart entre eux, puis baissa la tête comme lors d'une petite révérence de politesse. Il éclaircit sa gorge et ferma les yeux avant de se mettre à parler, en espérant quelque part dans sa tête qu'il était dans une espèce d'univers alternatif où il n'y avait rien autour de lui et où tout ceci n'était qu'un mauvais rêve.

« Je... m'appelle Şifr, et je survolais les environs. Il est rare que des démons passent ici, donc j'ai supposé que vous n'en étiez pas ! Ravi de vous rencontrer ! »

Il rouvrit lentement les yeux et regarda à nouveau devant lui. Non, il ne rêvait pas. Il avait bel et bien l'air d'un gros idiot devant deux inconnus qui avaient plutôt l'air d'avoir envie de le cuisiner que de se taper la discute. Ceci l'affola aussitôt, et il fit un pas pour s'éloigner d'avantage, bougeant ses mains de façon hasardeuse, comme si ça avait le pouvoir de le protéger.

« Euh... Pour m'excuser d'avoir fait une intrusion aussi grotesque, je peux vous renseigner sur les locaux ! Je connais bien l'endroit ! Seriez-vous perdus... ? Euh... Ne le prenez pas mal ! »

Il en était tellement un boulet qu'il n'avait prêté aucune attention au fait que le grand homme s'était défendu avec des ronces. C'était un élémentaliste, mon petit Şifr ! Un jour peut-être sauras-tu utiliser la totalité de ton cerveau à la fois...
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MessageDim 29 Juil 2012 - 8:53

Nalhian tire.
Heureux.
Tout sourire.

Un véritable jeu de gamin que je ne peu lui refuser. Il est tellement mignon dans son sadisme.

Dans notre sadisme.

Sautillant sur place, Nalhian se penche en arrière, les deux mains attachées à la plume, tirant de plus belle pour la faire venir à lui. Je pose mon regard amusé sur l’inconnu, le regardant avec délectation chercher désespérément un moyen d’arrêter mon compagnon.


- Hey ! Truss regarde, c’est bien accroché ce tru…

Un pied s’écrase sur son visage, coupant court à sa phrase. Les yeux de Truss se remplissent alors de rage tandis que Nalhian s’écrase sur le sol, la plume à la main. Aussitôt j’invoque de nouveaux mes lianes hérissées de ronces avec la ferme attention d’en finir avec cet intrus.

Frapper Nalhian.
Même le plus fou des hommes n’oserait pas !


- Aoutch mais quel connard celui-là !

M’approchant, je l’aide à se relever et nous nous écartons légèrement, regardant l’imbécile exécuter la danse de la pluie en piaillant comme un oisillon. Cela ajoute à son ridicule. Nous lançons alors nos lianes sur lui mais il s’écarte, peureux.

Minable !

Grognant légèrement, nous ramenons à nous nos plantes pour les laisser danser autour de nous, protectives et hostiles. L’autre se met alors à nous saluer d’un geste du buste, s’éclaircissant la voix.


« Je... m'appelle Şifr, et je survolais les environs. Il est rare que des démons passent ici, donc j'ai supposé que vous n'en étiez pas ! Ravi de vous rencontrer ! »

Şifr ? Drôle de nom. En tout cas voila un être bien imprudent d’une naïveté à toute épreuve.

Nous lui répondons par un regard des plus glacials. Ravi ? Pas nous. Nalhian n’oubli pas d’agrémenter cette pensé par une cabriole grotesque, riant au éclat.


- Haha, pas nous, pas nous !

Pour ma part je ne dis rien, tentant d’endiguer la colère montant à en moi. Ce piaf dut alors sentir mon animosité car il recula, secouant les mains comme pour se protéger.

« Euh... Pour m'excuser d'avoir fait une intrusion aussi grotesque, je peux vous renseigner sur les locaux ! Je connais bien l'endroit ! Seriez-vous perdus... ? Euh... Ne le prenez pas mal ! »

Pour te faire excuser ? Nous partons alors tous les deux dans un rire mauvais. Comment peut-il penser que nous allons l’excuser, il existe vraiment des êtres étranges sur cette terre.

Et stupides.


Lançant un regard amusé vers Nalhian, je lui demande :

- Nous sommes perdus nous ?

Le rire de Nalhian déchire le ciel. Narquois.

- Jamais Truss ! Jamais !

Nous tournons alors notre regard sur Şifr. Puis nous nous avançons, hostile. Un grand sourire mauvais se dessine sur notre visage. Puis ma voix sifflante se fraye un chemin jusqu’à lui.

- Tu connais bien l’endroit donc. Alors mène-nous à l’île des élémentalistes.

Une ponte de menace pour perce dans notre voix. Mauvaise augure pour ce jeune oiseau sortit du nid.
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MessageSam 6 Oct 2012 - 11:01

[Avec la refonte et le changement de contexte du forum, ceci fait passer ce RP au passé. Je propose donc qu'on le continue normalement, comme il était parti, sauf qu'il ne pourra être continué comme il aurait du l'être (avec Truss qui va rencontrer Ruby, guidé par Şifr). Mais pour le moment, pas de soucis, on reprend où on s'en était arrêtés ! (Et je m'excuse par ailleurs pour mon absence non signalée. :c)]

« Aoutch mais quel connard celui-là ! »

En voilà un mot bien haut. Şifr ne l'apprécia pas trop, d'ailleurs, lui qui était bien connu pour sa politesse toujours prête à l'épreuve. Il eut peut-être un tic du visage lorsqu'il l'entendit, et c'est pourquoi il ne tarda pas à se présenter et s'excuser. Mais lorsque les inconnus lui firent part du fait qu'ils n'étaient pas ravis de le rencontrer ; il tiqua à nouveau. C'était possible d'être aussi sec et méchant, comme ça, sans raison ?

« Tu connais bien l’endroit donc. Alors mène-nous à l’île des élémentalistes. »

La phrase sonna comme une cloche dans le crâne du Piaf, répétée en échos distincts. C'est surtout le mot « élémentaliste » qui troublait Şifr. Ce n'était pas bon. Pas bon du tout. Il sentait déjà l'animosité dans le comportement des deux individus, et il finit par se dire qu'il avait peut-être, en effet, commis une erreur. Peut-être qu'il s'agissait en effet de démons, et qu'il était bien naïf de s'en prendre à eux, qui plus était, seul ; le petit pantin n'en avait pas l'air, mais peut-être qu'il pourrait s'avérer fort au combat. Et c'est alors que les ronces revinrent à l'esprit de Şifr ; ces lianes qui l'avaient attaqué brutalement et qui semblaient avoir été arrêtées de justesse. Il les avait complètement oubliées, perturbé par sa plume arrachée et sa nonchalance. Pourtant, il était clair que c'était ces deux individus (ou alors, l'un d'eux) qui les faisait onduler à sa guise. Et ça ne plaisait pas du tout à l'hybride maintenant que les détenteurs de ce pouvoir aussi étrange lui demandaient de les guider à l'Île. Alors il prit son courage à deux mains, raffermit l'expression de son visage enfantin, et se mit droit comme un i en reculant d'un pas encore. Il tenta de dévisager le visage du plus grand des deux personnages, mais n'y parvint toujours pas. Alors il abandonna, et tenta de poursuivre la conversation, bien que l'on puisse immédiatement sentir que le ton de sa voix n'était plus aussi doux et gentil qu'avant.

« Vous ne vous êtes même pas présentés. Puis-je savoir qui vous êtes et savoir pourquoi vous cherchez à vous rendre sur cette Île ? »

Il s'apprêtait à en rajouter, mais à la place, retint son souffle ; il ne devait surtout pas laisser paraître qu'il en savait plus sur ce lieu, sans quoi des gens aussi mal intentionnés que ces deux gaillards en avaient l'air risqueraient de s'en prendre à lui, afin qu'il leur dise tout ce qu'il savait. Mais il restait confiant sur la situation ; au moindre faux pas de ces individus, il s'enfuirait comme il était venu, en prenant la voie des airs ; après tout, il devait bien avoir une limite concernant le périmètre dans lequel ils pouvaient déployer leurs ronces. Et puis, s'ils comptaient l'encercler, il devra se contenter d'improviser. Mais il ne comptait pas se battre ; pas aujourd'hui, et surtout pas si c'était pour se faire des ennemis. Il n'avait vraiment pas besoin de telles relations vu sa position.
Leur réponse se fit attendre et la tension dans l'air n'en devenait que plus palpable. L'hybride continua de garder son sérieux et tenta même de faire comme s'il ne sentait rien, de ne pas laisser paraître une faiblesse de plus. Déjà que le petit pantin l'avait traité de « connard » il y a à peine quelques minutes, il n'avait pas vraiment l'intention de se manger une autre insulte non-méritée. Mais enfin, le silence devint trop lourd à supporter pour ses petites épaules, alors il ouvrit à nouveau son bec :

« Je ne peux pas vous mener à l'Île comme ça, juste parce que vous voulez passer des vacances ! Je dois savoir qui vous êtes et ce que vous y cherchez. Sans quoi je vais être obligé de refuser de vous y mener, malheureusement. »

Il tentait toujours de rester sur ses gardes et de ne pas trop en dire ; du moins, pas tant qu'il n'était pas sûr qu'il ne s'agissait pas d'émentalistes et qu'ils n'avaient aucune mauvaise attention. Ce qui n'était pas gagné vu leur attirail et leur sombre mine face à lui, qui pourtant ne pensait pas avoir fait quelque chose de mal, si ce n'était peut-être légèrement pousser le pantin ; mais il s'était déjà excusé, que voulaient-ils de plus ? Il n'y avait rien qui pouvait décevoir Şifr plus que la rancune ; décevoir, oui - ça ne l'énervait pas, ça avait juste tendance à le rendre triste pour les personnes qui se perdaient dans ce sentiment. Et il espérait au moins que ces gens qu'il venait à peine de rencontrer n'allaient pas lui en vouloir alors qu'il avait déjà demandé leur pardon, qui plus était en leur proposant un service. Il n'y avait plus qu'à attendre qu'ils rompent enfin ce silence si pesant.
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