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 Derrière les rideaux, bien derrière les apparences...

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e'Dierebel
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MessageDim 31 Juil 2011 - 14:28






Il était tard, la nuit commençait déjà à voiler la voûte céleste au-dessus de leurs têtes. Le visage penché vers la fenêtre, Dierebel observait la marche des guerriers qui revenaient du combat. Ils avaient l’air épuisés, à bout de souffle. Ses pupilles se posèrent sur leurs mains souillées par le sang. Elle eut un haut-le-cœur et détourna son regard vers la salle à manger.

Oui. Le sang de ses frères coulait sur les paumes odieuses des démons, et elle ne pouvait pas s’empêcher de se sentir honteuse de servir l’un d’entre eux. Malgré tout ce que Saïsei avait fait pour elle, la fée ne perdait pas de vue qu’il était l’un des leur. A jamais. Elle culpabilisait de l’apprécier autant, de se soucier de sa mine tirée lorsqu’il rentrait le soir, de préparer son repas, nettoyer sa couche avec loyauté. Mais avait-elle vraiment le choix ? Quelque part, au creux de son ventre, un tremblement, comme l’écho d’un espoir, ne cessait de lui murmurer qu’il n’était pas comme les autres. Même s’il était un servant de l’armée de Khisath, et qu’elle n’était que son ennemie jurée dans l’ombre, leur respect mutuel, leur douceur l’un vis-à-vis de l’autre avait eu raison de la haine qui semblait inévitablement devoir les opposer. Ils étaient des amis imprévus, l’audace secrète au milieu d’une guerre sans merci.


Dierebel avait changé au cours de ces derniers mois. La petite tête de mule qui fuguait, répondait, s’était brusquement assagie. Elle avait troqué ses robes de mousseline et ses écharpes de velours contre des pantalons de coton sage. Discrète et silencieuse, elle informait paisiblement son maître de ses allées et venues dans la Cité pendant ses absences. Et ce qu’elle avouait semblait concorder avec les faits. Tout était fait, le ménage, la paperasse, le repas. Le feu était allumé quand les nuits étaient trop fraîches, elle se relevait la nuit pour faire du thé quand l’orage grondait trop fort dans les rues pavées du quartier. Elle ne parlait que lorsque le démon ne lui posait de question, elle atténuait ses soupirs. Pourtant…

Certains soirs, elle avait l’air furieusement pensive. Un voile nappait ses yeux d’un autre monde, elle répondait à côté de la plaque, elle oubliait de saler la soupe. Elle s’excusait en la goutant du bout des lèvres et souriait bêtement au berseker. Si des informateurs de Saïsei confirmait bien ses dires, oui, ce jour-là, elle avait bien quitté la maison à midi pour aller au marché, oui, elle était allée au cordonnier faire reprendre les bottines de cuir de son maître, peut-être aurait-il entendu qu’elle traînait beaucoup dans les rues du quartier. Plus longtemps qu’il n’en fallait pour accomplir ses tâches quotidiennes. Ses yeux lorgnaient souvent sur les étals du marchand d’armes. Et la bouteille de liqueur de sang d’aigle noir avait largement était descendue un soir où il était rentré tard. Elle lisait beaucoup. Trop. Des livres qui s’accumulaient sur la bibliothèque autrefois vide du salon. La maison vivait. Dierebel préparait quelque chose, prenant son temps, mais si Saïsei n’était pas trop bête, il l’aurait senti. Isaac devait lui souffler au creux de l’oreille que la petite femme avait bien changé. Que c’était trop soudain. Qu’il devrait se méfier. Mais l’écouterait-il ?


Ce soir là, elle attendait patiemment qu’il rentre. Mais c’était différent ce soir. Sa tête était électrisée par quelque chose. Ses doigts tremblaient seuls et sa peau, encore parfumée du bain, avait l’essence des brûlures du soleil. Chaque parcelle de son épiderme avait quelque chose de changé. Pas physiquement, non, même si elle se tenait plus droite. Ses cheveux ébène étaient coiffés comme elle ne les avait pas coiffé depuis longtemps. Et de la cuisine, l’odeur d’un repas de fête s’échappait. Le gris de ses yeux avait une profondeur inhabituelle, un peu comme celle de la fée avait rencontré la première fois sur les falaises. Oui, la fée sentait la liberté, imperceptiblement.


Elle s’installa dans le fauteuil qui faisait face à la cheminée et glissa sa tête contre les paumes de ses mains. Puis se basculant en arrière, ses mèches éparpillées sur son visage, elle fixa la porte qui s’entrouvrait…


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e'Dierebel
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MessageMer 3 Aoû 2011 - 12:13

Une longue journée.

Comme toute celles avant, interminable et fatigante au possible.
Leurs supérieurs avaient envoyé les soldats démoniaques au quatre coins de la région, tuer les élémentaires ignorants, imprudents qu’ils rencontreraient… Mais il y avait des imprévus…

Saisei avait eut de la chance ce jour-là, son bataillon avait trouvé trois terras. Un précepteur et deux élèves. Ils avaient capturé les jeunes vivants, de futur esclave… Ou repas ; mais le précepteurs, un ange au ailes dorés… lui ne c’était pas laissé capturer. Il avait voulu couvrir la fuite de ses élèves, il l’avait payé de sa vie et échoué… Mais à quel prix. Une vingtaine de démon était mort face à lui. Le problème des soldats, de la chair à canon, c’est qu’il s’agissait en grande partie de démon mineur à la puissance plus que limitée. Saisei était puissant pour un simple soldat. Plusieurs fois on lui avait proposé un poste plus haut gradé… Mais à quoi bon, il n’était pas un donneur d’ordre.
Oh ! Bien sûr l’ancêtre aurait adoré conseiller Saisei si sa place avait été meilleure… Mais la gloire n’intéressait vraiment pas le berserk.

Une dalle plus haute que les autres, sur laquelle il manqua de trébucher le réveilla et le fit retomber sur terre. Il cligna des yeux un instant avant de sentir une main sur son épaule. En regardant le démon à qui cette main appartenait un sourire vint au lèvre du berserk : Karsh.
Ce démon mineur avait trouvé Saisei sur le champ de bataille et, comme il le dit si bien, l’avait trouvé « distrayant ». De fourreau en épée ils étaient devenus de bon ami, Karsh permettant à Saisei d’oublier sa solitude, son ancêtre et ses tracas grâce à son caractère joueur et bon vivant.

"Attention ou tu marche incube, je sais que ta race possède un certain besoin physique mais je t’assure que les dalles ne sont pas de bonnes compagnie !"

Saisei sourit sincèrement alors que l’ogre éclata d’un rire gras en tapant le dos du berserk. Les deux amis continuèrent de marche parmi le sinistre cortège puis vint le quartier où Saisei résidait. Il salua son supérieur, Karsh et quelques autres démons puis quitta les guerriers pour se retrouver dans une rue perpendiculaire, bien plus calme.
Résonant du fracas des armures non loin, Saisei traina les pieds pour se rendre à la porte. Des odeurs diffusent de nourriture lui parvint, faisant grogner son ventre d’envie mais son cerveau ne réagissait qu’à moitié. Trop occupé à puiser dans les forces restantes de ses muscles pour pousser la porte.


La première chose qu’il vit fut dierebel, assise dans un fauteuil. Il crut un instant avoir la fée rebelle des collines devant lui mais un clignement des yeux lui effaça cette image et il entra dans la pièce en fermant la porte derrière lui.


"Bonsoir. Je… vais prendre un bain et j’arrive…"

S’appuyant sur le mur il se pencha pour retirer ses bottes armurées, il avait pris soin de ne marcher que le moins possible avec dans la maison. Dierebel pourra comprendre pourquoi au vu du « peu » de saleté qu’il mit sur le sol à l’entrée.

Le dos courbé, Saisei semblait fatigué. Son visage restait le même, malgré que des cernes soient apparues sous ses yeux, creusant son regard pour le rendre plus sombre. Ses joues s’étaient un peu creusées, ses cheveux étaient ternes et, malgré les bains quotidiens de Saisei, sales. Depuis peu, lorsqu’il rentrait il portait une armure plus complète qu’à l’accoutumé : Un torse qui, certes court, protégeait la gorge et le buste de son porteur. Une épaulière de taille conséquente sur la droite, sur ce même côté, un gant court en cuir, renforcé à certain endroit… Mais son véritable gant se trouvait sur le coté gauche, armuré comme un bouclier mais en plus léger, Arborant des runes étranges et des pics incapable de tuer mais certainement d’handicapé s’ils vous blessaient. Dierebel pourrait certainement comprendre pourquoi cette différence, Saisei étant droitier, il avait privilégier la mobilité de l’épée tout en permettant au guerrier de se protéger si nécessaire. Son ventre n’était protéger que par son gilet de cuir et tissu. Une ceinture épaisse soutenait le fourreau de l’épée de Saisei, l’épée s’y trouvait à se moment, sa lame bleutée luisante, visible même à travers le fer noir de cette protection. Une sacoche y pendouillant aussi, des bandages, quelques herbes médicinales ou dopantes… Si le pouvoir berserk est l’un des pouvoirs les plus basique des démons il semble être rare dans cette cité, les supérieurs de Saisei lui avaient conseillée une herbe qui le plaçait dans un état second qui déclenchait immédiatement son pouvoir. Une racine dont le vouivre avait oublier le nom, mais il se souvenait son goût : repoussant et à vomir.

Dierebel aura pu le noté lors de son entrée, Saisei empestait le sang, bien que son armure fut de couleur sombre on pouvait voir des tâches de ce liquide si précieux sur lui, coulant même parfois de son gant ou du fourreau… Rapidement il monta les escaliers et s’engouffra dans sa chambre pour retirer son armure. Il avait été clair : pas toucher.
Même si c’était pour la nettoyer ou la ranger, Dierebel n’avait pas le droit de toucher cette armure. Délicat et suffisamment intelligent, Saisei ne parlait jamais à Dierebel de ses entrainements ou des batailles en dehors de la cité, ou alors il ne parlait que des paysages.
À peine une heure plus tard Saisei sortit de la salle de bain, propre, les cheveux mouillés et des habits plus agréables que son armure. Il descendit les escaliers douloureusement puis se laissa tomber dans le fauteuil inoccupé le plus proche. Il resta un instant immobile puis se redressa et chercha Dierebel du regard et lui sourit de son mieux (avec ses cernes et ses cheveux mouillés = un peu psychopathe quand même).


"Je t’ai dit bonsoir ? »
*- Oui… Tu lui as déjà dit…
- ah zut !"


Elle aurait du s’y habituer, il oubliait souvent ce qu’il faisait ou disant lorsque ce n’était que de moindre importance. Il se frotta les arrêtes du nez en ricanant doucement à sa réponse puis se frotta les cheveux.
C’est alors que son nez nota la douce odeur de nourriture et, relevant la tête, il regarda vers la cuisine, analysant les odeurs qu’il sentait et ne put s’empêcher de sourire tout en plaisantant :


"Nous fêtons quelque chose ?"
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e'Dierebel
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MessageMer 3 Aoû 2011 - 19:14




Dierebel souria simplement lorsqu’il entra dans la maison. Ses chaussures souillèrent l’entrée mais elle n’émit aucun signe de mécontentement. La terre fraîche de l’extérieur était plus qu’un cadeau pour elle. Et un sol se nettoyait.
Quelque fois, elle gardait la terre qu’il ramenait. Elle l’enfermait dans de petits bocaux qu’elle cachait sous l’évier de la cuisine. C’était instinctif chez elle, elle tenait à tout garder. Tout avait une importance, une signification, un souvenir. Alors, cet humus qui avait touché à l’air de la liberté, cette tourbe qu’elle souhaitait fouler de nouveau un jour, elle la collectionnait. Comme on amasse de vieux clichés ou des bijoux, elle ne se lassait de sentir sa collecte, mélange de terre et de sang. La fée collectionnait l’espoir. Saïsei s’éclipsa à l’étage, avec le poids lourd de sa journée sur le dos. Ses pas étaient maladroits, engourdis.
Bien des fois elle avait voulu l’aider à enlever cette armure pesante, mais il la repoussait. Elle connaissait la règle : on ne touche ni à l’épée, ni à l’armure. Penaude, elle faisait ses yeux de chaton pour l’amadouer et la permettre de comprendre, mais il gardait un silence digne, froid, implacable. Elle se demandait ce qu’il pourrait bien lui arriver… Les démons se faisaient mystérieux avec leur ribambelle d’artefacts. Probablement, ne voulaient-ils pas que les élémentalistes cherchent à s’accaparer certaines de leurs forces. Elle se faisait une raison.

Elle resta assise là un moment et quand les tuyaux s’agitèrent entre les murs, elle se leva pour aller récolter son précieux bien. Elle passa par la cuisine pour aller chercher un vieux torchon et une petite verrine. Et devant la porte de l’entrée elle s’agenouilla pour nettoyer le paillasson. Ses narines se dilatèrent. C’était quoi cette odeur ? Ca lui était familier. Il y avait l’odeur âpre de la mousse humide, l’acidité du sang. L’effluve des forêts, l’essence des feuilles mortes. Elle porta le petit pot à son visage. Ca sentait le sang. Fort. Le sang de terra. Elle aurait reconnu entre mille ce parfum qui coulait dans ses propres veines et ternissait sa peau aux yeux des détenteurs de sa liberté…

Elle se redressa, le regard perdu dans le vague. Quelque part vers où l’eau du bain semblait flotter à l’étage. Elle baissa ses pupilles grises sur sa récolte de fortune. Et le refermant, elle partit le dissimuler à la cuisine. Sans mot dire, sans un bruit, son cœur serré dans sa poitrine comme une amie qu’on vient de trahir.

Ce n’était pas la première fois. Bien sûr qu’elle savait. Il n’était pas soldat contre du vent. Le vouivre ne revenait pas yeux tirés et la peau salie par un exercice contre son ombre. Même si tout cela la blessait plus que nécessaire, elle essayait d’oublier que l’homme qui lui avait sauvé la vie en avait pris d’autres à sa place. Parce que c’était dans sa nature et que ça finirait à arriver à Dierebel si elle s’en mêlait. Elle aurait aimé pouvoir le changer, c’était un vœux tellement ridicule.
Elle enfila deux gants épais et alla sortir la marmite de la cheminée. Dans les vapeurs du ragoût, il lui sembla discerner le visage de ses anciens compagnons d’école. Elle réprima un frisson en posant le plat sur la table en chêne et parti se rasseoir, enveloppée dans sa torpeur.

Doucement, elle glissa entre ses doigts le petit sifflet de bois. Pensive et distraite. Les reliefs et les gravures dessinèrent sur sa peau une mélodie rassurante. Elle avait tellement pris l’habitude de l’avoir au cou…

Citation :
« Je t’ai dit bonsoir ? … Ah, zut… »

Ses lèvres se pincèrent dans un sourire tendre, ils étaient au moins tout aussi tête en l’air l’un que l’autre. Elle avec ses idées secrètes sur la révolution, lui avec le bagage imposant de ses journées de berseker. Elle posa sa tête entre les deux paumes de ses mains, prête à écouter, comme à l’habituée, son récit sur les paysages qui bordaient la muraille. Le repas pouvait attendre, elle préférait manger froid et avoir sa petite histoire. C’était véritablement les seuls moments où ils parlaient ensemble comme deux êtres apprivoisés. Mais ce soir était différent, après tout, c’était elle qui l’avait voulu.

Il jeta un bref coup d’œil vers la cuisine, en direction de la table ou la marmite trônait.

Citation :
"Nous fêtons quelque chose ?"

« Oh… Oui… Enfin, non ! Euh… C'est-à-dire que je ne comptais pas te le dire tout de suite. Mais si tu as faim, nous pouvons nous mettre à table tout de suite. »

Elle fixa son petit minois trop jeune, trop dur, trop fatigué, entourés de mèches ruisselantes. Autant la fée savait que Saisei était le type de créature absolument infréquentable à l’extérieur, autant quand elle le voyait ainsi, elle le trouvait inoffensif. Il lui faisait penser à un gamin avec ses yeux brillants de plaisir. L’instant s’éternisa, c’était presque idiot leur manière de se fixer comme ça. Elle brisa le moment étrange en se levant.

« Tu m’avais parlé de cette auberge qui faisait un excellent ragoût d’oiseaux du Lac de Stymphale. Je n’ai pas pu m’empêcher de te demander de goûter ma recette… Tu m’autorises ? »

Son petit discours pouvait attendre. La faim d’un guerrier démoniaque, moins.

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e'Dierebel
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MessageJeu 25 Aoû 2011 - 18:55

« Du ragoût de… ? Oh ! Oui bien sûr. Ce sera avec plaisir. Je pense mourir de faim. »

Le démon se leva lourdement, ses jambes lourdes et douloureuses. Il se dirigea vers la table, attendant Dierebel pour s’asseoir et respirer l’odeur du plat. On aurait presque pu dire qu’il soupirait… En vérité Saisei aimait cette situation. Dierebel, même si il ne lui montrait pas, lui était d’un grand soutient. Jamais il n’aurait le courage (ou la connaissance) de cuisiner quelque chose comme ça à son retour de bataille. Et certainement que le vouivre serait tombée mort de faim au plein milieu d’un combat. Mais grâce à la fée et sa cuisine, le démon tenait bon face au démon, il dormait presque paisiblement.
Bien sûr reste cette voix dans sa tête, son ancêtre, toujours bourdonnant et méfiant. Il ne cessait depuis plusieurs semaines de souffler des idioties à Saisei : « méfies-toi ! Elle change ! elle t’apprivoise ! … » Oui, bien entendu, qu’il s’en était rendu compte. Oui ça l’inquiétait. Oui il se demandait pourquoi…

Non, il ne devait pas y penser. Pas maintenant.
Il cligna des yeux et sortit de sa rêverie pour se concentrer sur Dierebel. Tandis qu’elle le servait le démon empoigna son couvert et commença bêtement à parler de l’endroit où il était aller.


« Aujourd’hui j’ai revu les collines, tu te souviens ? l’endroit de notre toute première rencontre. » Oublier de dire dans quelles circonstances… « Elles m’ont semblé plus herbeuses qu’autrefois. Je ne suis peut-être trompé mais dans mon souvenir ce n’était presqu’un tas de cendres avec des troncs calcinés. » Prendre une bouchée du ragoût et se régaler, avaler avant de continuer de parler « mmh ! C’est délicieux ! Combien de sorte d’oiseaux y a tu mis ? » Boire une gorgée de boisson et écouter la réponse de la fée.



Saisei… Quel naïf… Il ne voyait pas sa situation d’au-dessus… Il ne savait pas les pots sous l’évier… Lui il savait… Oooh oui, Isaac savait. Elle préparait quelque chose la fouine. Cette sale petite belette, elle arrondissait les angles devant son maître, mais préparait quelque chose. Il le ressentait au plus profond de sa matière ectoplasmique… Tourner autour d’elle pour la faire frissonner n’était plus drôle depuis longtemps. Lui rendre visite la nuit non plus… Et ce poussin trop faible pour faire quoi que ce soit… Isaac avait vu les mouchoirs, il avait prévenu le vouivre mais ce crétin pensait à un amant… Mais non ! Isaac savait qu’il y avait autre chose… Pourquoi collectionner la terre ? Pourquoi sentit l’encre aussi fort… Il avait cherché… Aucun trace d’un livre quelconque qu’elle aurait écrit… Non…
Autre chose…



Saisei racla les derniers portions de ragoût de son assiette et soupira d’aise tout en s’appuyant sur le dossier de sa chaise.


« Et bien… C’est triste à dire mais… Ton ragoût est bien meilleur que celui de l’auberge. »

Il se redressa et entreprit de ranger ses couverts. Habitude d’enfant élevé à aider ses parents après le dîner.
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e'Dierebel
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MessageJeu 25 Aoû 2011 - 21:07

Citation :
« Aujourd’hui j’ai revu les collines, tu te souviens ? l’endroit de notre toute première rencontre.

Dierebel hocha la tête bien gentiment. Bien sûr qu’elle se souvenait. Par réflexe, elle mima une moue douteuse. L’habitude de mentir. Après tout, elle n’était pas censée avoir recouvrée la mémoire. Saisei se doutait-il de quelque chose ? Sans doute. Il n’était pas seul. Isaac veillait plus qu’elle ne devait se l’imaginer. Les courants d’air s’étaient progressivement atténués. Mais sa présence était d’autant plus perceptible et inquiétante. Il l’épiait dans les ombres. Mais son descendant était-il au courant ? Elle ne connaissait finalement que très peu la relation qui les liait. Se disaient-ils tout ? Ou bien, à l’instar de Matthew et de son propre démon, se disputaient-ils sans cesse sans jamais trouver de terrain d’entente ? Pour n’avoir jamais vécu cette situation, elle préférait imaginer que les contacts verbaux étaient trop rares et épuisants pour être quotidiens. C’était comme un souhait qu’elle formulait en elle, un fantasme qui lui évitait de trop s’inquiéter de son sort.

Citation :
Combien de sorte d’oiseaux y a tu mis ?

La fée redressa subitement le regard, interloquée. Et devant le sérieux du soldat, un sourire brisa le calme de son visage. Ses lèvres s’étirèrent à n’en plus finir, malgré elle. Dierebel tenta de retenir le fou rire qui lui démangeait les entrailles. Elle fut doucement secouée et plaqua poliment une main devant sa bouche. Elle ria, doucement avant de se reprendre :

« Saisei, dit-elle avec précaution, les Oiseaux du Lac de Stymphale sont une espèce à part entière. A vrai dire, ils tiennent leur nom d’une légende très ancienne. Ton ancêtre doit la connaître par cœur. »

Elle disait rarement son prénom. C’était bizarre. Le tutoyer n’avait jamais été vraiment un problème, mais prononcer son nom, c’était comme lui manquer de respect ou le traiter comme un enfant qu’on reprend. Souvent, elle marquait une pause après l’avoir évoqué, comme pour se reprendre. A son souvenir, il ne prononçait pas non plus souvent le sien. Se parler de la sorte, c’était comme avouer qu’ils s’étaient apprivoisés comme de vieux amis. Ca semblait indélicat et pourtant, cela les humanisait d’avantage qu’ils ne le pensaient.

Elle le laissa terminer son assiette en silence. Il se perdit un court moment dans ses pensées. Elle le fixa et fit un bond hors de sa chaise pour le débarrasser avant qu’il ne se lève. Elle avait pris l’habitude d’être irréprochable. Après tout les caprices et l’instabilité dont elle avait fait preuve à son arrivée dans la Sombre, il y avait une part d’elle qui culpabilisait et qui souhaitait se rattraper. Et puis… Comme il était plus fort qu’elle de le pousser à bout, elle cherchait à récupérer des bons points ailleurs.

Ses petits bras s’emparèrent de la vaisselle salle. Elle s’éclipsa dans la cuisine un court instant puis revint à la charge pour déplacer le verre de Saisei sur la petite table du salon. Ses gestes étaient rôdés, presque automatiques. Elle disparut de nouveau dans la cuisine, préparer le thé qu’il préférait. Ca aussi, c’était une habitude. En attendant d’entendre l’eau bouillir, elle s’adossa contre l’évier en pierre, l’endroit d’où elle pouvait l’apercevoir se lever et disparaître dans son fauteuil.

Elle brisa le silence, enfin.

« Merci pour tes compliments, je suis contente que ça t’ai plu. »

Le démon l’avait compris, elle avait quelque chose à lui dire ce soir. Visiblement elle cherchait à retarder l’échéance. La raideur dans son dos, sa manière particulière de se tenir droite indiquait qu’elle semblait inquiète. Soucieuse de ce discours qu’il allait surement lui réclamer.
Encore à cet instant, elle réfléchissait aux mots qu’elle allait employer. Elle s’encourageait elle-même à prendre la parole et faire preuve de courage. Ses yeux gris enfouis dans leur voile songeur, elle ne se rendit pas compte qu’elle se mordait la lèvre inférieure avec voracité. Et qu’elle n’avait pour ainsi dire jamais eu ce genre d’attitude passablement nerveuse.

Il ne se levait toujours pas, son air épuisé marquant ses tempes, la bouilloire siffla doucement sur le poêle. .. Elle ne l’entendait apparemment pas. Plongée dans le dédale des projections qu’elle se faisait de son monologue.

Elle avait peur. Pour de vrai.

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e'Dierebel
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MessageMer 7 Sep 2011 - 15:14

Le démon la regarda être secouée d’un rire dont il ignorait la raison mais, comme une légère paranoïa, il se doutait être la source. Il écouta sa réponse avec intérêt, comme un enfant à qui l’ont explique quelque chose de totalement nouveau. Et c’était le cas. Saisei ignorait totalement cette histoire d’oiseaux. Il avala une nouvelle bouchée puis déglutit.
Mais avant d’écouter réellement la fée, il s’était perdu dans un souvenir. Son prénom, dit avec gentillesse et par une voix féminine, il revu, pendant un instant, la maison où il avait grandit, dans la forêt, la douce odeur du feu et de la nourriture montant à ses marines. Et le réveil par son ancêtre. Saisei ne lui en ovulait pas de le réveiller dans son moment-là, au contraire. Ça l’empêchait d’y rester trop longtemps…
La fée parla d’une légende. Le démon sourit à l’évocation de la connaissance de son grand-père.


« Je penserais à lui demander de me la raconter avant de m’endormir ce soir… »

Une petite blague à part, glissée sans vraiment avoir été réfléchie. L’ancêtre soupira et confirma au berserk qu’il connaissait bien cette légende. Pendant que le repas se finissait Saisei écouta les exagération de son ancêtre qui disait que cette légende le concernait directement, qu’elle avait été créer à partir de lui, qu’il en était le véritable héros mais que personne n’avait jamais pu le prouver puisque les témoins était, depuis ce temps, mort. Saisei lui continuait de manger, sans vraiment écouter les divagations ectoplasmiques…

Alors qu’il se relevait pour ranger elle fut, à nouveau, plus rapide que lui et il dut se rassoir, penaud et vaincu par la rapidité de son esclave. Il sourit doucement lorsqu’elle déplaça son verre et disparut à nouveau dans la cuisine, enfin, pas tout à fait, elle (et il) pouvait toujours se voir. Il l’observa pendant plusieurs minutes la bouche et le menton posés dans ses mains, croisée. Il nota sa raideur de pose, son manque de… de quelque chose. Il ne pouvait pas dire qu’elle étai totalement différente que d’habitude mais… Il y avait « quelque chose » qui la rendait… « Autre chose »…
Il déglutit puis soupira avant de mettre un instant sa tête entre ses mains et ferma les yeux, pensant se reposé les rétines qui commençait à lui bruler.


« Elle prépare quelque chose… »

La bouilloire siffla doucement, il s’attendait à ce que la fée la prenne et arrête ce sifflement qui, il devait l’avouer, lui faisait mal à la tête, mais non. Il releva la tête et s’aperçut qu’elle ne bougeait pas. Perdue dans ses propres pensées. Il attendit quelques secondes ainsi avant de claquer des doigts. Ça devrait suffire à la réveiller.
Dierebel serait sans doute surprise et, quelques secondes d’observation lui suffiront à remarquer l’éclat trop rouge des yeux de Saisei… Ou plutôt de Isaac.
Le démon fit bouger le corps pour le déplacer dans le fauteuil puis s’y laissa tomber.


« L’entrainement est si épuisant qu’il arrive à s’endormir devant toi… J’espère au moins que ça portera ses fruits. »

Tout en parlant l’ancêtre fit craquer les doigts fins du berserk et observa les ongles de cette dernière. Les ongles de Saisei n’étaient pas soignés, souvent fissurés et sales mais longs, presque des griffes qui, avec une bonne vitesse, peuvent érafler. L’ancêtre se moquait souvent de Saisei parce qu’il avait des ongles « de filles » et griffait « comme une fille » en combat… Ce petits souvenir fit sourire Isaac, et ainsi le visage de Saisei, même fatigué, s’illumina un instant avant de se tourner vers Dierebel qui approchait, plus froid mais toujours en souriant.

« C’est quel thé ? »
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MessageMer 7 Sep 2011 - 20:47


Musique



*Maître… Non ! Saïsei… Enfin, tu… Je… J’aimerai te dire quelque chose. C’est important parce que… Parce que nos vies en dépendent. Oui, ça c’est bien ! Trop tragique non ? Tu représentes plus que… Ridicule. Non.*

Citation :
L’entrainement est si épuisant qu’il arrive à s’endormir devant toi… J’espère au moins que ça portera ses fruits.

Dierebel sursauta. Saïsei avait marmonné quelque chose tout bas. Il l’avait sortie de ses pensées assez brusquement. Elle se saisit de l’anse de la théière, laissant le bec en fonte s’essouffler progressivement. De pair avec lui, un soupir mourut au coin de ses lèvres. L’agaçante mélodie se perdit dans la pièce, le silence reprit ses droits dans le salon.
Elle n’avait pas de quoi s’inquiéter pour le moment. Si elle restait naturelle, calme et franche, le berseck comprendrait probablement ce qu’elle avait à lui dire. Il n’y avait jamais été question de persécution, de domination ou de tyrannie entre eux. Oui, ils se dissimulaient la vérité. Mais il y avait une histoire de respect là-dedans. N’était pas un mensonge une vérité inavouée. Chacun se protégeait mutuellement des mots qui blessaient. Voilà tout.

Son visage pivota vers lui. Elle lui trouva un air bizarre mais familier. Il était assis, les yeux rivés sur ses doigts, se faisant une réflexion intérieure qui lui arrachait un rictus pour le moins… Effrayant. Qu’avait-il dit ? Lui avait-il demandé de s’exprimer ? Probablement. Ses yeux rouges, trop rouges, trahissaient un épuisement intense. D’ailleurs, ils paraissaient vraiment diaboliques de son point de vue. C’était bizarre, la peur lui rongeait tellement le ventre qu’il lui venait des idées saugrenues. Elle aurait abandonné là la théière, aurait pris le siège près de lui, l’aurait regardé dans les yeux, aussi longtemps que ses pupilles auraient pu soutenir son regard, et se serait effondré sur son épaule. Mais pas sûr que cette tactique là fonctionne. Surtout que fatigué, le démon avait une légère tendance à devenir irascible quand il se sentait contrarié. Il n’était pas du genre à se laisser impressionner par des démonstrations affectives. Enfin, du moins, elle n’aurait pas tenté de lui laisser lui montrer l’inverse.

Il était trop jeune, trop meurtri par la guerre, trop marqué par sa race démoniaque, trop habitué à être le corps de remplacement d’un ectoplasme.

Il n’était pas le genre d’homme avec qui on avait une préférence pour confier ses sanglots.

Elle posa la théière sur un plateau avec deux tasses. Il ne décolla pas de sa chaise. Peut-être voulait-il bousculer leurs habitudes et boire le thé à table ? Elle le souleva et se dirigea vers lui. Il redressa le visage lumineux, presque joyeux. Qui avait-il de si drôle sur ses doigts ?

Citation :
« C’est quel thé ? »

Elle posa le plateau sur la table doucement, le bruit de ses souliers sur le parquet faisant place à celui des tasses qui tremblotaient sur leur soucoupe. Elle remplit, l’œil concentré sur sa tâche, le premier gobelet de porcelaine.

La fée ne s’était pas rendu compte qu’Isaac était en train de prendre possession de son maître. Pourtant, beaucoup d’indices étaient là : la voix, les yeux, cette façon étrange de sourire, ses tempes trop marquées par les rides, cette rougeur insistante sur la pommette… Très honnêtement, il était fatigué, elle ne pouvait pas lui en vouloir d’être différent ? Si ? Elle était trop occupée par ses pensées...

« Et bien, c’est le thé noir Kemnum. C’est celui un peu âpre en bouche, tu m’avais dit la dernière fois qu’il t’aidait à digérer après un repas copieux. »

Elle servit la deuxième tasse et poussa la première vers le démon. Elle prit ensuite place sur son siège habituel, en face de lui. Ses iris se posèrent sur les siennes, avec toute la pudeur qu’elle avait toujours prise vis-à-vis de lui ces derniers mois.

Elle attira son propre breuvage vers elle, le laissant dessiner des ailes intouchables dans l’air. Elle souffla dessus et posa son coude sur la table, pour reposer son menton dans le creux de sa main. Des éclats de rire parvenaient de la rue, les soldats devaient sortir fêter leur retour dehors. Elle souffla encore sur son thé, lentement, comme si le temps, l’air, l’atmosphère leur appartenait dorénavant.

Et malgré le regard lourd de son hôte, chargé de son empreinte démoniaque, il y avait ce quelque chose intime qui les liait qui commençait à envahir la pièce.

« Tu sais, quand tu me parles de l’endroit où nous nous sommes rencontrés, et bien… Ca me fait quelque chose. En fait… Je crois que je me souviens de ce jour là. Il me semble que j’étais partie à la recherche d’une herbe assez puissante, d’un champignon hallucinogène qu’on ne trouvait que là-bas. Je n’avais pas beaucoup dormi la nuit précédente, et, il y avait un arbre creux. Presque le seul rescapé de la sécheresse qui avait pris tout ce coin de la région ! Je m’étais assoupie, et puis, j’ai entendue ta voix… »

Elle marqua une pause en dérivant son regard sur son eau noire. Elle tourna la tasse entre ses phalanges.

« Tu étais avec un petit homme. Blond, je crois qu’il était blond. Vous parliez, mais, intuition féminine, peut-être, sûrement, je n’ai pris peur que de toi. Tu as trouvé ma cachette, ce n’est pas pour rien que les démons t’envoient sur le terrain. Le soleil était déjà bas sur l’horizon. J’avais bien dormi ! (elle ria) Quand tu m’as vue, j’ai essayé de me défiler, tu croyais que j’étais une espionne. (elle ria encore) Je ne sais plus à partir de quel moment ça a mal tourné. »

Elle porta la tasse à ses lèvres. Aussi doucement qu’elle parlait. Elle se saisit d’un carré de sucre et le plongea dans le thé.

« Ouais, en fait, je me souviens de tout. Isaac, la bagarre, la course, la promesse. Et de toi, Saïsei, bien entendu… »

Machinalement, ses doigts caressèrent le sifflet de bois. Elle souria au corps de Saïsei. Sans aucun doute encore sur la présence de son ancêtre à qui elle venait d’avouer la réminiscence de ses souvenirs.

« Dis-moi, il y a quoi là bas maintenant ? »
[/font]

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