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 Vente de secrets ? [PV Simulacre]

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Sekhti d'Arden
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MessageMar 19 Juil 2011 - 20:35

" Le problème majeur du Marché des Lueurs est la populace criarde, pullulante et hautement odorante qui le compose quotidiennement. En plus de faire attention où poser les pieds – ou tout autre appendice ayant la même fonction, il faut constamment surveiller ses arrières et sa bourse. Ca se presse, ça se bouscule, ça flatte le cuir de démons de petite envergure pour vendre des produits bizarres et inutiles, ça gronde dès que la Milice intervient. Ce trop plein de monde fait rejaillir des souvenirs vieux d’un an, à l’époque où je faisais partie de l’Ost infernal, où je tuais pour vivre et monter dans l’estime dans mes pairs, pour qu’on me reconnaisse comme je suis réellement : une puissante démone. Hélas, la masse grouillante du Marché n’a rien à voir avec cet Ost bien-aimé qui fit ma renommée. L’époque est loin où seul le sang qui couvrait mes mains pouvait m’apporter considération. Maintenant, on dirait que mes pairs se plaisent au milieu de leurs esclaves et de leurs possessions. Ils se ramollissent ! "

C’était une mince silhouette écarlate qui se frayait là un passage. Perdue dans la masse qui grouillait dans la caverne qui servait de Marché des Lueurs. Ses yeux verts furetaient un peu, voletant d’un marchand de spiritueux à une collection d’amulettes contre les mauvais rêves – en devinez quoi ? des têtes réduites de petites fées ! – mais son visage ne se déridait pas. Ses traits semblaient marqués dans de la pierre tant l’absence d’émotion sur ce visage d’ange était effarant. On aurait préféré une moue enjôleuse, pour certains un air moins hautain mais personne ne se risquerait à venir lui chercher des noises. Car Krymhild d’Arden était un Chevalier Démoniaque.

Se plaignant silencieusement de la décadence trop tranquille de son peuple surgis des entrailles de la terre, de ses frères et sœurs nés comme elle de la haine des dieux, la Chevalière prenait le temps d’examiner tout ce qui passait sous les feux de son regard acéré, dénué de chaleur. A ne rien rechercher en particulier, à flâner comme une âme en peine et la ténébreuse Matel craignait presque de se ramollir également, comme ces autres dont elle se gaussait ! D’un geste vif et leste, elle évita un démon trop entreprenant à son goût et pivota sur ses talons vers la direction opposée, se laissant dériver au gré des vagues de la foule. C’est alors qu’elle remarqua le changement chez les marchandises exposées dans ce coin-ci. Des créatures humanoïdes enchaînées, étrangères, qui avaient l’habitude de la nature et du soleil, des êtres tout sauf démoniaques. Au regard d’un démon lambda, les élémentalistes se ressemblaient tous. Krymhild, fascinée par leur mode de fonctionnement, leurs cultures et leur magie que les plus téméraires disaient « pure », avait appris à reconnaître certaines distinctions, des caractéristiques dominantes de quelques unes de leurs races. Le marchand, debout près de l’estrade branlante, haranguait la foule, faisait monter les enchères et poussait un juron à chaque fin de phrase, presque. Sa bourse dissimulée sous sa veste lui pesait soudain, comme à chaque fois que ses errances la conduisaient dans cette partie du Marché des Lueurs. Peut-être, un jour, s’offrirait-elle le luxe d’avoir son propre cobaye. Mais il était si difficile de faire son choix...

Ses réflexions internes furent balayées d’un revers de main imaginaire en sentant une présence trop accrue non loin d’elle. Un regard trop insistant pour être innocent. Tous ses sens aux aguets, elle n’était plus la démone qui déambulait nonchalamment à la recherche de rien et de tout ; elle redevenait la Chevalière froide et orgueilleuse qu’elle avait toujours été.


Spoiler:
 

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MessageDim 24 Juil 2011 - 20:32

Ses grands yeux verts fixaient avec instance l'aura sanglante de la Matel : sa chevelure rousse brillait d'un feu chaleureux sous les torches du Marché des Lueurs, et sa peau délicatement cuivrée appelait le baiser et la cicatrice avec la même force. Sa beauté troublante faisait comme un écho discordant dans la foule hagarde de la ruelle souterraine et, bien que le petit démon ne fut pas venu dans l'enceinte des ventes pour cela, l'envie profonde de converser avec elle le prit aux tripes : il avait dans sa hotte matière à conspirer et il eut été fort dommage de laisser passer là pareille occasion.

A l'origine, c'était surtout l'ennui qui avait conduit ses pas en ces lieux, l'ennui et bien sûr, la fantaisie soudaine de se payer un esclave de plus, un avec un pouvoir et un sceau, un qu'il pourrait étudier tout à loisir dans l'étouffante atmosphère de ses appartements. Habillé de pied en cape de pourpre profond et de violet d'ecchymose, Simulacre Arkana, Conseiller au Trône de la Cour de Sappho se déplaçait altièrement entre les Habitants Mineurs et les Mignons Insolents. Dans ses mains, un chapelet de perles rubis tournait entre ses doigts, jouant des percussions discrètes qui avaient le don d'énerver les puissants de ce monde et de plonger dans le désarroi les misérables. Trois gros bras l'accompagnaient : s'il n'était pas puissant, le démon était important, et cette importance justifiait en bien des points la présence d'une escorte.

Secrètement, et même s'il n'osait se l'avouer, le petit démon louait mille fois la présence de ces machines à frapper : il n'aurait pas fait long feu, dans les ruelles sombres de cette ville où la puissance était un mode de vie et le meurtre une occupation. Il ne possédait pour lui qu'une intelligence vive, un don pour le complot et une subtilité magique que permettait sa maîtrise partielle du contrôle.

Infiniment aristocratique, précieux et raffiné, l'Enfant Bâtard se dirigea vers la Matel, ses bottes lustrées et fourrées claquant froidement sur le sol. Du bout du doigt, un sourire aux lèvres, il vérifia la présence anthracite de son maquillage noir sur la bouche, des étincelles de cruauté au fond des yeux. Puis, confiant en lui-même, avec cette suffisante arrogance caractéristique des démons supérieurs, il salua la Chevalière Démoniaque.


« Dites-moi celui qui vous attire le plus, Belle Flamme, et je vous l'offre sur le champs. » lui murmura-t-il tout bas. Il savait parfaitement que la Démonne ne pouvait que refuser : les biens que l'on offre sont des liens que l'on tisse, les choses que l'on donne sont des signes d'infériorité. Mais la surprise est parfois au rendez-vous lors des rencontres fortuites : si elle disait oui, elle pouvait toujours lui offrir quelque chose en échange, et alors, de belles choses étaient à prévoir !

Simulacre posa un regard critique sur la marchandise : des humanoïdes, avec ou sans pouvoir... De toutes races, de tous physiques et de toutes provenances. Ils les connaissaient relativement mal, les représentants de cette nation qui les attaquaient depuis des âges sans nombre : tout au plus sachait il différencier les elfes des anges, les hybrides des gens de petites tailles. Au final, ils connaissaient si mal leurs ennemis que cela en devenait presque risible. Aussi était-il venu pour ça : en se prenant un esclave lettré, en se prenant un esclave avec un pouvoir et en l'étudiant, il avait accès aux nombreuses informations qui leur manquaient cruellement.
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Sekhti d'Arden
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MessageLun 25 Juil 2011 - 18:13

D'un mouvement fluide, Krymhild fit face à son interlocuteur anonyme. Il avait flatté sa beauté, il méritait peut-être de l'attention. Ses yeux verts comme un spectre se posèrent sur un petit démon au visage d'ange, au regard émeraude qui ne cillait pas et maquillé de noir de surcroît. La Matel s'empressa de fouiller dans sa mémoire pour retrouver son nom et ne pas commettre d’impaires. Faute de quoi, elle finit par dénicher uniquement son grade alors que son nom lui était définitivement inconnu. Un Conseiller de la Faux, hein ? Son intérêt devait dépasser la simple courtoisie ou simplement le plaisir de sa gracieuse compagnie. Les feux verts qui lui servaient de prunelles se portèrent brièvement sur les trois gros bras qui accompagnaient le Conseiller. Une protection rapprochée signifiait pouvoir et faiblesse.

« Je n’accepte aucun présent, Sire. Je ne puis me le permettre. »

Son masque froid s’éclaira d’une esquisse de sourire enjôleur. Ces mots en cachaient d’autres, moins bien courtois. Je ne veux rien venant de ta main, serais-tu le Roi Ardent lui-même. La Chevalière tenait trop à son indépendance pour se laisser acheter. De toute façon, son choix n’était pas encore fait. Elle avait appris avec le temps à différencier les hybrides des anges et quelques races d’elfes mais ses connaissances actuelles ne lui apportaient qu’une maigre satisfaction. Elle aurait voulu tout savoir, sans vraiment chercher à comprendre si c’était pour mieux combattre leur espèce ou pour vouloir leur ressembler. Krymhild n’aimait pas se poser ce genre de questions dérangeantes. Si la réflexion faisait partie de ses qualités, il n’en demeurait pas moins qu’elle vouait une confiance aveugle en sa nature de démone. Certains principes fondamentaux de son espèce ancrés dans sa chair et son sang ne pouvaient rien contre la pensée abjecte de vouloir être de ces êtres que de tous temps les démons avaient combattus. Elle aurait voulu n’importe lequel d’entre eux, pourvu qu’il soit assez lettré pour ne pas rester muet à ses questions et sourd à ses ordres. Le sang du dernier en date avait finis dans son estomac.

Parfois, Krymhild se demandait si ce qu’elle aimait le plus chez eux n’était pas leur sang. Si elle l’avait pu, elle aurait également bien goûté celui de ce Conseiller. Seulement goûter, pas tuer. Mais elle savait que ce serait une provocation suicidaire vis-à-vis de Sappho. Elle ne s’était jamais mesurée à elle et ne serait pas de ceux qui tombèrent sous sa faux par stupidité. Krymhild avait une réputation à préserver. Sans parler de sa destinée à accomplir, primordiale et secrète. Son visage froid retrouva son impénétrabilité.

« Cherchez-vous, vous aussi, un spécimen particulier ? Un cobaye pour vos expérimentations magiques ou un mignon pour vous soulager ? »

Entretenir la conversation ne faisait pas parti de ses prérogatives. Que le démon dise ce qu’il avait à dire et elle se ferait un plaisir de l’envoyer promené.

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MessageLun 12 Sep 2011 - 8:19

La rumeur, dans la ruelle, semblait mourir doucement, étouffée dans la conversation qui lentement se tissait entre les deux démons. Les perles tournant sous ses doigts, le jeune sang-mêlé se prêta volontiers au jeu des questions-réponses, arguant un « Bien évidemment... » qui claqua sous sa langue au refus de la Matel couturée d'ivoire. Le petit sourire qui troua ses joues de fossettes valait tout l'or du monde à ce moment précis, et les rouages dans sa tête laissaient comme un goût de grenade au fond de sa bouche.

« J'ai de nombreux appétits, mais aucun auquel un mignon puisse répondre, ma Dame. Vous devez me confondre avec quelques uns de ses Fourres-Sofas, vautrés quelque part comme des porcs dans leur fange. » Même s'il n'ignorait rien des choses de la nature, l'enfant démon n'avait pas encore à cœur le goût pour ces choses-là, préférant de loin la compagnie sommaire d'un ouvrage ancien aux caresses alanguies d'une femelle souffreteuse. Non pas qu'il dédaigna l'attrait des femmes, loin de là, il considérait simplement le badinage comme une perte de temps que de nombreux loisirs pouvaient parfaitement remplacer, en mieux.

Des loisirs comme la jouissance de la souffrance des autres, la machination, la manipulation et plein d'autres mots en -tion. Héhéhé.

Reprenant sa marche, il invita comme par mégarde la Chevalière à le suivre, à profiter du spectacle des étals et des marchands hurlant à tue-tête, la joignant innocemment à la suite de sa garde. Sa redingote boutonnée jusqu'à sa gorge lui donnait une prestance certaine, et, tout particulièrement fier de son apparence et de sa beauté, comme le sont tous les enfants des fées, il fendait la foule avec une assurance énervante, laissant derrière lui l'oriflamme d'un parfum entêtant, entre le poivre et l'encens, fait de musc et de menthe.


« Je recherche quelque chose pour me donner l'avantage. Un point. Une femme sauvage de préférence, avec du caractère et assez de fougue pour faire passer une Succube pour une douce créature. J'aime les défis. » La concession de ses goûts n'aurait pu être que le résultat d'une suite hasardeuse de sujets de conversation énoncés les uns après les autres, mais, rangeant dans sa poche le chapelet cliquetant, Simulacre changea imperceptible le ton de sa voix, certain que même avec la plus grande délicatesse au monde, la paranoïa naturelle des Matels reconnaîtrait de toute façon le temps de la fausse confidence. Autant dire la vérité. Tranchante et blessante vérité.

« Je m'étonne d'ailleurs, en parlant de défi, que vous ne soyez pas en train de répondre à l'un de ceux que Denathyr lance à la face des Cours. Qui dédaigne ainsi la capture d'un artefact aussi puissant, s'il n'est dépourvu d'un minimum d'amour propre ? »
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Sekhti d'Arden
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MessageDim 18 Sep 2011 - 11:12

Si le feu de l’orgueil coulait dans ses veines, Krymhild fille d’Arden n’en demeurait pas moins une créature au cœur de glace. Tel un serpent prêt à mordre, elle observait l’enfant-démon sans compassion. Entre êtres façonnés de fiel, on se comprend. Digne représentante d’une race fondamentalement prédatrice envers ses semblables, la Cavalière des Vents se faisait un devoir de ne montrer qu’un mépris glacial quand on lui adressait la parole et qu’on ne s’était pas illustré, dans un domaine ou un autre, pour qu’elle s’inclinât à répondre à l’interlocuteur plus courtoisement – selon les circonstances. Au demeurant, elle était plus indifférente qu’une statue.

En contemplant Simulacre, les leçons d’Arawn le Mutilé lui revenaient en mémoire par éclats. La sauvageonne qu’elle était alors avait eu bien du mal à saisir ce concept étranger qui montrait certains démons élevés à un rang supérieur sur un caprice du possible ou par un dément ayant fait preuve de bonté. Un concept nommé Destin. Un idéal qu’elle avait adopté corps et âme.

La prenait-il pour une catin ? Un objet de désir voué à finir brûlé par un échec et être aussitôt remplacé ? Elle ne devait sa place qu’à sa rage de vaincre, portée par ce souffle murmurant et caressant qu’elle nommait destinée comme un amant. Du reste, elle n’éprouvait nullement le besoin de se justifier. Elle ne bafouerait pas sa fierté en prenant la peine de marteler sa supériorité ni de clamer haut et fort sa hardiesse. Nage dans ton ignorance, affreux poisson maquillé. La glace brûle plus cruellement que le feu et l’eau lui était en horreur. Songeant à son association entre Simulacre et un poisson, son regard s’alluma davantage mais elle fit taire son amusement.

Sa bouche si peu sujette aux sourires sincères marqua un pli dur. Le ton avait changé, la danse prenait un autre tour. Le petit Conseiller de la Faux jetait des menaces. Et le nom de Denathyr était suffisamment connu pour éveiller sa curiosité.ne souhaitant pas rentrer dans son jeu, elle prit alors sur elle et envisagea de faire l’effort de prendre la défense d’un « compatriote » :

- De l’amour-propre... On ne retire aucune fierté à s’être lancé à l’aveuglette dans une quête pour n’y trouver que la mort la plus banale et stupide.

Elle releva le menton, le vent jouant dans ses longues mèches rousses et bouclées, balayant ses innombrables cicatrices.

- Peut-être est-ce une ruse, une duperie de sa part. Vous ne voyez peut-être que la surface d’un plan plus vaste et, vous m’en voyez navré, qui vous échappe. De plus, tant que le sujet ne s’étend pas à un conflit ouvert entre les Cours et tant que mon Général n’aura pas donné d’ordre là-dessus, cela ne me concerne nullement. Allons donc trouver une autre tigresse à appâter...

Ses yeux verts s’étrécirent tels ceux d’un fauve. Promesse de douleurs et de plaisirs. Au fond d’elle, l’appel ténu de sa destinée lui soufflait de voir plus que ses basses ambitions. L’enfant-démon devait parler.
Sois plus malin que ça.

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MessageSam 5 Nov 2011 - 19:19

[ Bonjour et désolé pour le délais de ma réponse D: Cela fait longtemps que je n'ai pas rp alors excuse la qualité du message pitié Ô grande démone D: ]


Un mince sourire déchira le visage angélique du démon, lui donnant une profondeur abissale. Prenant son coude gauche dans sa paume droite, les doigts de sa senestre vinrent caresser sa bouche, tentant pour le mieux de contenir la remarque qu'il devait absolument formuler en réponse à l'insulte à moitié cachée. Notant la présence de far cendré sur ses doigts, Simulacre les essuya négligemment de son pouce, glissant comme si le monde l'indifférait :

Il m'étonnerait que je demeure ignorant de certaines parties de ce plan, ayant moi-même mis au courant le Sire Denathyr de l'existence de cette prophétie... Poursuivant sa marche lente et fendant la foule de son pas de vainceur, le Bâtard laissa sa voix se répéter encore et encore dans l'esprit de la démone, avant de reprendre : Mais je pensais que l'importance de celle nouvelle ne pourrait être ignorée des ... oreilles attentives d'autres Cours.

Le jeune garçon soupira et, essayant de prendre de vitesse les arguments et la pensée de la Cavalière des Vents, reconnue pour sa fougue, précisa que si lui-même ne s'intéressait pas à cette quête, c'est parce qu'elle n'était issue que d'une prophétie, et qu'il ne croyait pas aux présages des Oracles. Même si cela était étrange, précisa le jeune garçon, il ne croyait ni au Destin, ni à la Chance : s'il avait obtenu son rang actuel avec facilité, c'était grace à son intelligence, et pas parce que la Roue de la Fatalité l'y avait conduit.

Mais beaucoup de puissants écoutent avidement les murmures des Fatas, étourdies de drogues et infusées de poisons. Je suis heureux de contaster qu'une guerrière comme vous n'accorde aucun crédit aux légendes... Oh !

Interrompant brutalement son petit monologue, l'enfant démon mima l'émerveillement, ajoutant dans ses yeux une petite étincelle d'innocence qui avait fait de lui, autrefois, une proie trop misérable aux yeux d'autres démons, et désigna une échoppe dôtée d'une lanterne bleue.

Regardez. Un salon à chicha. Me feriez-vous l'honneur, Belle Flamme ?
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Sekhti d'Arden
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MessageSam 5 Nov 2011 - 23:13

La flamme de la colère incendia brièvement les yeux d’un vert spectral de la Chevalière Démoniaque. Non, pas encore. Ce serait pour un autre combat, une lutte plus acharnée à venir. Simulacre Arkana masquait son dédain derrière des mots pragmatiques, censés et voilés par des insultes tenaces. Il conclut par un jeu de mot pire que le reste. Un salon à chicha ? Voulait-il ainsi ridiculiser les Fatas en les imitant ? Devisant gaiement autour de la drogue, espérait-il coincer la fille d’Arden, la fougueuse gladiatrice des Enfers ? Il ne croyait pas au Destin, avait-il dit. Si seulement il savait...

Bercée par son illusion opportune, son rêve ambitieux et aveugle, Krymhild dardait sur l’infortuné Conseiller de Sappho un regard peu amène. Je ne serais pas ton jouet, se promit-elle. Et range tes yeux de chatons. La curiosité était la plus forte cependant. Et comme elle ne portait pas Denathyr dans son cœur – pouvait-elle seulement aimer ?, elle prit les devants en marchant d’un bon pas à travers la foule vers le lieu-dit en lançant un par-dessus son épaule délicatement balafrée :

- L’honneur vous est sans doute inconnu mais pour l’avoir employé devant moi, j’accepte.

Elle pénétra aussi l’étal enfumé, saisie par les fragrances exotiques qui l’étourdirent avant de raviver subitement tous ses sens à la fois, lui donnant la nausée. Elle tâcha de n’en rien montrer. Elle n’était pas familière de ce genre de lieux. Contrairement à la grande majorité des démons, elle appréciait la nature sereine et indomptable, lumineuse et solitaire, parce que c’était un excellent terrain de chasse. Des Enfers, elle n’avait connu que le sable des arènes, les innombrables galeries rougeoyantes et la chaleur des palais de la Cour Bellatrix. Elle en gardait un souvenir vivace mais avait toujours préféré la nature de la surface, malgré la peur quasi religieuse qu’elle lui avait vouée au tout début de la guerre et de la prise d’Elament. Elle avait craint d’être aspirée par le ciel, de se consumer sous l’astre des jours. Mais, heureusement pour elle, elle n’avait pas tardé à comprendre à quel point il serait judicieux d’apprivoiser ce nouveau monde.

- Les apparences sont trompeuses, Conseiller. Si les Cours ne semblent pas agir, cela ne signifie pas qu’elles ne font rien. Vous devriez le savoir, pour être si haut placé à la Cour de notre Maître à tous.

Khisath l'Absent, autrement dit avec moins d'élégance. Elle avait parlé suffisamment bas pour n’être entendue que de lui sur ses talons, jetant des regards polaires aux quelques démons qui pourraient trop s’approcher d’eux. Il leur fallait trouver un coin tranquille où discuter.

- Mon Général Jasdrian connait l’affaire. Donnez-moi donc votre version des faits !


[Hihihi, tu es tout pardonné ;p]

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MessageDim 11 Déc 2011 - 22:15

Dans la chaleur tamisée du bar à chicha, la fumée des narguilés faisaient comme un halo autour des lampes et des torches. Le plafond semblait paré d'un ciel nuageux et sombre, prêt à se fendre en orage au dessus de la tête du premier fou venu. La tenancière, rondelette et au visage squameux, se dirigea tout en bedaine étriquée dans un corset et en seins sur le point de s'enfuir de leur prison, vers les deux arrivants. Elle embaumait la mélasse à tabac, et sa peau semblable à de l'écorce manqua provoquer une moue de dégoût sur le visage du jeune garçon.

Comme à l'accoutumée, il éprouvait un rejet violent face aux gens pourvus de cicatrices immondes ou de malformations quelconques. Les textures étranges et les excroissances osseuses en faisaient parfois partie. La tenancière, qui se présenta sous le nom délicat de Mirka, se pressa de courbette en demandant à ses hôtes ce qu'ils désiraient.


« Deux couffins dans une alcôve. Et toute l'intimité que tu peux posséder, payée au prix qu'il se doit. » trancha le petit homme, dévoilant de ses chausses une bourse replète qu'il confia à l'un de ses suivants, pour le mettre dans les mains de la femme. « Et du tabac à la cerise, relevée d'opium. Un pichet de Vin d'Acide, et des loukoums. » Sans demander son reste, la femme se dirigea vers l'arrière de sa boutique et tira un rideau qui dévoila une alcôve circulaire dans un mur de pierre épaisse.

Deux coussins sur le sol encadrait une table basse, recouverte d'une mosaïque rouge sombre qui dépeignait une scène orgiaque. A peine le petit démon eut-il le temps de s'installer, retirant manteau et cape, que la femme reparut, une assiette pleine de loukoums dans une main, et un plateau dans l'autre. Un mignon lui léchait les talons, portant sur son dos le narguilé finement ouvragé duquel s'élevait déjà une lourde fumée. Un sourire content au visage, Simulacre patienta le temps que la patronne dresse la table à sa convenance, posant un regard entendu sur la Démone rousse.

Malgré ses cicatrices, le jeune démon lui trouvait une beauté particulière, qu'il ne remarquait généralement pas chez les représentantes de l'autre sexe. Cela venait probablement de sa force, à peine dissimulée par sa musculature, qui sait. Toujours en est-il que, par pure effronterie, il savourait l'agacement qu'il voyait dans les traits de la Matel. Négligemment, et une fois que la patronne eut quitté les lieux, que les rideaux furent tirés, que ses gardes du corps aient pris leur position où il se devait, l'enfant démon saisit du bout des doigts le cube poudreux du loukoum et le porta à sa bouche, les yeux pleins de malice.


« Je ne sais pas si vous connaissez ces friandises. Elles viennent de l'Ouest. » L'enfant, sans un soupir, songea par devers lui qu'il était fort dommage que les membres de sa race aspirent à détruire pareils endroits, terres d'où pouvaient venir de tels délices. A ne pas piquer ici ou ailleurs les connaissances des autres, leur propre nation ne pourrait que se flétrir et nécroser, puis déchoir du piédestal sur lequel elle était parvenue à se hisser avec grandes difficultés. « Bon » enchaîna-t-il en leur servant du Vin. « Revenons-en à ce plan dont je vous ai parlé. »

Simulacre lui conta alors comment, par le plus grand des hasards, alors qu'il furetait dans la bibliothèque, il trouva dans un vieux ouvrage dont il ne se rappelait plus le nom, un parchemin en démonique ancien. Ne trouvant pas de plus intéressante occupation pour meubler sa journée, il en entreprit alors la traduction, s'enquérant auprès du gardien des lieux de la position de tels ou tels ouvrages de référence pour les termes lui étant inconnu. Le gardien devait être un vassal de Danethyr, car à peine l'enfant eut-il fini sa composition que le Seigneur en personne se pressa à ses côtés, l'enjoignant à lui raconter par le fait le menu du parchemin ancien.

… Le mensonge, si réaliste, coula comme du miel par la bouche du Bâtard. Après tout, la vérité n'était pas loin !

L'ancien vélin contait dans le détail la façon de procéder pour faire du régisseur d'un sortilège le possesseur de la puissance d'un des Premiers-Nés, enfermé dans un sanctuaire dont la position n'était pas définie clairement.


« J'ai, vous le comprenez maintenant je le pense, une inimité certaine avec le Seigneur Denathyr, raison qui me pousse à lui mettre autant de bâton dans les roues que possible. » Le démon marqua une pause, portant à sa bouche la pipe argentée de la chicha. Il tira une longue respiration qui siffla dans les entrailles de la tour, le charbon s'embrasa promptement, grésillant dans l'atmosphère cotonneuse. Le goût de l'opium fut comme un chant dans sa bouche.

Arrosant le tout d'une lampée de Vin d'Acide – nectar formidable à la couleur bleue, brûlant de froid sur la langue des ivrognes – le démon tendit la pipe à sa compagne d'infortune, lui laissant le soin de faire une remarque si le cœur lui en disait...
[b]
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MessageJeu 29 Déc 2011 - 13:27

Si Krymhild avait eu des amis, ou des personnes à qui elle tenait, elle n’aurait pas hésité à dénoncer cet avorton pour qu’ils aient l’indulgence de l’en débarrasser. Le seul problème dans l’équation était qu’elle n’aimait personne d’autre qu’elle-même. Même pas vraiment son logis confortable, ou la riante nature. Non, il n’y avait qu’elle et cela lui suffisait. Mais son cœur criait qu’il lui manquait quelque chose. Dans ses mauvais jours, la Matel devenait si féroce qu’elle était capable de tout faire pour tenter de combler sa frustration. Eternelle insatisfaite, niant la richesse et ses beaux atours, le sang avait tout de l’or à ses yeux. Vénale ? Sans doute mais pas dans le sens premier du terme.

La patronne au visage grumeleux revint avec la commande raffinée et totalement inutile. Une chaleur moite emplissait l’alcôve. Elle retint une vague nauséeuse, prête à l’envahir. Elle se rendit soudain compte qu’elle avait besoin de chasser. Et besoin signifiait aussi envie. La Matel savait sa race proche de celle des vampires. Mais quand ces derniers aspiraient à la nuit et n’étaient que parasites, Krymhild se savait dotée d’une certaine forme de noblesse par sa lignée matriarcale. De plus, ses crocs ne se trouvaient pas derrière ses lèvres de jouvencelles. Chasser lui ferait du bien. Si seulement le petit poisson enfariné voulait bien parler plus vite !

Elle l’écouta d’abord d’une oreille distraite, ses pâles yeux verts fixant le vide où se pressaient les ombres de ses songes comme si elles fussent vivantes. Les friandises raffinées la laissèrent de marbre et ce fut tout juste si elle savoura le goût de l’unique loukoum qu’elle goba. Le sang avait tellement plus de saveur à bien des égards. Quant à la chaleur, elle en avait l’habitude, après tant d’années, c’était comme si un feu sauvage couvait en elle. Et elle ne toucha donc pas au vin, si délicieux pût-il être. Les mots dévalaient la bouche intarissable de Simulacre Arkana. Elle ne se sentait pas l’âme d’une érudite et pourtant sa curiosité la poussait à chercher dans les recoins les plus improbables. Et si son âme forgée par les combats restait accrochées à des valeurs guerrières, sa frustration coutumière était souvent causée par ce dualisme intérieur, entre la gladiatrice et la curieuse. Et c’est pourquoi elle se sentait tiraillée par le récit dévoilé par l’hybride.

Etait-ce enfin la destinée qui frappait à sa porte ? Le moment tant attendu était-il enfin venu ? La combattante rechignait à envisager de seulement croire les propos du petit démon et serait volontiers partie chasser. Quant à l’avide de connaissances, elle restait clouée aux mots, cherchant à deviner les mensonges sous les informations délivrées. Un sortilège vieux de plus de mille ans. Une puissance incommensurable. Un des Premiers-Nés enfermés quelque part. Une rivalité avec Denathyr... C’était trop beau. Elle pourrait non seulement combattre enfin Denathyr, aidée en cela par un excellent prétexte autre que du défi mais aussi approcher du fleuve tumultueux du destin. Elle n’allait pas laisser passer sa chance !

- Tout cela est bien joli mais vous savez très bien que je ne peux vous croire sur parole. Pourquoi venir me trouver et m’entretenir de tout ceci, moi qui suis d’une Cour adverse ? Même si Denathyr se révèle votre ennemi, qu’y puis-je ? Cela ne me concerne pas. Oh, bien sûr, tous les démons sont unis sous la même bannière royale, seulement l’Ardent court en ce moment après des rêves de conquête. Les Premiers-Nés n’ont peut-être jamais existés.


[Désolée, c’est beaucoup de blabla, j’apprivoise mon perso au sortir des fêtes ^^’]

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" Il y a toujours l'odeur du sang...
Tous les parfums d'Arabie ne rendraient pas suave cette petite main ! "

Macbeth, Shakespeare
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