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 Comment croquer le marmot ? [Die/Matthew]

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e'Dierebel
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MessageMar 5 Juil 2011 - 15:06





Elle avait l’impression qu’une éternité avait fauché la place du temps. La musique de la trotteuse sur la grande horloge du salon avait cessé de l’inquiéter. A présent de longs soupirs de désespoir avaient remplacés ceux de l’angoisse.

Cela faisait deux mois, peut-être trois. Dierebel avait cessé de compter. A quoi bon ? Matthew n’avait donné aucun signe de vie depuis son départ pour les contrées voisines. Pas une lettre, rien. Logique après tout, puisque le démon n’était pas censé envoyer de ses nouvelles à quiconque sinon au détendeur du trône.

Au début, ce manque de présence avait suscité chez la fée une colère noire, profonde. Deidre, leur recrue sauvage, qui commençait à prendre ses repères s’était surprise de son attitude irascible et de son manque de patience. Mais de son instinct animal, elle comprenait bien que l’absence de Matthew était la cause de tout ceci. Si elle considérait Dierebel comme un maître et qu’elle obéissait dorénavant avec dévotion et respect à la belle, elle avait saisit que son mal être coïncidait avec le départ de l’homme. Elle s’accommodait presque des bouffées de tristesse qu’avait parfois la petite créature ailée en regardant la course des aiguilles dans le cadran doré qui surplombait le salon.


Dierebel avait laissé Deidre chez Matthew. Elle venait une fois par semaine, tout au plus, passant par la porte de derrière. Elle rapportait des provisions, et pendant que Deidre se sustentait, elle se promenait pensivement dans le dédale de la maison. Elle avait pris soin de fermer tous les rideaux, seul un filet brumeux s’échappait des fenêtres. Et dans cette atmosphère vaporeuse et tamisée, elle errait songeuse. Elle explorait à chaque fois un peu plus les recoins de la maison sans oser toucher à rien. Elle ne voulait pas rentrer dans la chambre, bien qu’elle observa souvent le dessus de lit prendre la poussière par l’entrebâillement de la porte. Elle s’asseyait dans le fauteuil de son bureau, caressant d’un index las le bois verni qui patientait. Elle savait qu’elle aurait pu, qu’elle aurait du, mais elle ne pouvait pas se résoudre à ouvrir les tiroirs, à lire les papiers, à secouer la poussière et les souvenirs cachés dans les meubles de la maison. Sa curiosité la démangeait, mais elle avait peur de ce qu’elle aurait pu trouver.

Et si Matthew l’avait abandonnée là ?

Et s’il était mort et qu’elle l’attendait ici pour rien ?

Et si l’elfe s’était moqué d’elle depuis le début ?


Dierebel ne savait plus quel Dieu prier. Pour la première fois de sa vie, elle devait faire preuve de patience et de foi, dans le plus grand silence possible. Sans faire de vague.
La tête basculée en arrière, suivant du regard les fêlures du plâtre sur le plafond, elle soupira une énième fois. Ses poings se crispèrent sur les accoudoirs. Deidre posa sa tête sur ses genoux. Elle inclina son visage pour la regarder.

La fée n’arrivait pas à grand-chose avec Deidre. Elle ne parlait pas, couinait sans cesse et devenait nerveuse les soirs de pleine Lune. Elle était son fardeau quotidien. Même si elle semblait comprendre la situation et obéir, elle ne faisait aucun progrès. Et Die avait de plus en plus besoin d’une oreille attentive… Elle avait besoin de parler à quelqu’un qui puisse lui répondre, qui puisse l’entendre. Elle avait la sensation étrange de s’enfoncer dans une déprime sournoise. Et que pouvait-elle y faire ? Sans Matthew, agir seule aurait été une mission suicide. Elle souria et caressa la tête de sa petite protégée avant de se relever. Elle se dirigea vers une table où elle avait installé de nombreuses fioles et conserves. Le seul endroit véritablement investi de l’appartement depuis le départ de son propriétaire. Elle déballa une fiole bleutée et prit une seringue. Deidre couina dans son dos.


« Ne t’inquiète pas petite, j’ai fini le tiens. Mais il faut absolument que je termine mon tatouage. » lui dit-elle tout bas.


Elle reprit sa place derrière le grand bureau et passa une compresse humide sur l’intérieur de son poignet gauche. Elle enleva le bouchon, une odeur de poisson mort se répandit rapidement dans la pièce. Elle prit un petit galet noir et poli à l’extrême qu’elle frotta sur sa peau. Un dessin apparu, doucement, sûrement. Les petites arabesques délicates trouvèrent chemin sous son épiderme, apparaissant miraculeusement au contact du quartz couleur des ténèbres.

Deidre laissa ses yeux dépasser au bout du bureau, volant à Dierebel un éclat de rire. Elle entreprit alors de tremper la seringue dans le produit et de se piquer à plusieurs reprises sur les contours du dessin. Oui, elle avait trouvé la potion que son compagnon de fortune lui avait demandé de réaliser depuis quelques semaines déjà. Et d’une rune calligraphiée et soignée pour symbole, elle avait déjà marqué Deidre pour la protéger. Elle fronça les sourcils et se mordit la lèvre inférieure. La douleur était quasi insupportable. Le produit étant abrasif, l’appliquer sur sa propre peau n’était pas des plus simples.

Si seulement Matthew était là pour voir tout le chemin accompli. Si seulement.


Elle reposa la seringue et pressa le bout de coton contre sa peau avec une grimace de douleur. Deidre s’agita et se refugia précipitamment dans la chambre en grognant. Elle haussa les sourcils et l’appella.


« Petite ! Petite !!! J’ai déjà dit que tu n’avais pas le droit d’aller dans la chambre… »


Elle se leva, posa la compresse pigmentée par des gouttelettes de sang sur le bureau et se précipita à la suite de Deidre dans la chambre. Elle s’arrêta net. La fillette était postée près de la fenêtre, recroquevillée sur elle-même. Comme tétanisée par la peur. Elle lui tendit la main sans faire un pas de plus.

Elle ne pouvait pas. Les draps laissaient planer l’odeur de la peau de Matthew, encore si présente dans cette pièce. Elle faisait le plus grand effort du monde pour cesser de respirer à plein poumons et ignorer ce parfum qui l’électrisait. Celle qu’elle surnommait la Petite, grogna de plus belle.


« Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Viens immédiatement, sors d’ici. Tu vas te faire voir… » ordonna-t-elle sèchement.


Deidre reprit sa course nerveuse et se rua hors de la chambre, bousculant la fée au passage. La fée laissa échapper un juron et entreprit de la suivre en évitant le plus possible de passer près des fenêtres. Quelque chose n’allait pas. Quand elle s’agitait de la sorte, c’est qu’un danger rôdait. La dernière fois, c’était un orc qui avait pris place sur le toit. Elle avait du immobiliser sa protégée et rester là, accroupie dans le noir pendant plusieurs heures. Et lorsque l’intrus s’était acquitté du toit comme tour de gai, la fée s’était effondrée, éreintée par la lutte, sur le marbre du salon.

Elle se précipita à sa suite mais la fillette était d’une rapidité déconcertante. La fée lui intima le silence en sifflant tout doucement, son index posé sur ses lèvres. Mais Deidre avait quelque chose à lui montrer. Elle continua à couiner en courant dans toutes les pièces.


« Arrête ! Je t’en prie… » supplia-t-elle en s’accroupissant pour la voir se cacher sous la grande table du salon.


Elle grogna, Die se recula. Elle pouvait être une vraie teigne lorsqu’elle avait peur. Elle l’avait déjà mordu quelques jours plus tôt. Elle se posta à l’entrée du bureau, assise au sol et dos au mur. De là, elle la voyait. Elle frotta son pantalon nerveusement. Pantalon ? Oh, oui, avait-on oublié de préciser à quel point la fée avait changé ?


Quand Matthew était parti, on recherchait dans les rues une femme coquette aux longues boucles brunes et à la peau nacrée. Si on vantait sa beauté, son décolleté vertigineux, sa robe multicolore et le claquement léger de ses talonnettes sur les pavés du marché, on parlait aussi de l’esclave qu’elle était. On disait qu’elle avait ensorcelé N’Jriel en l’embrassant et l’avait forcé à libérer un esclave. On parlait de sa course poursuite, du marchand qu’elle avait tué… Mais surtout de cette robe aux motifs trop délicats pour une femmelette censée récurer les carrelages d’un démon.

Oui, dans sa quête vers la mémoire, Die avait omis que si l’habit ne faisait pas le moine, son apparence était primordiale dans sa quête. Elle avait rangé les jolies robes, les bottines vernies, les rubans et les bijoux. Pire, elle avait attisé la cheminée de Saïsei avec. Et remplie d’une amertume inégalable, elle avait reprit le chemin du marché en pantalon, blouse et veston d’homme. Oui, malgré sa longue queue de cheval dissimulée sous un turban en mousseline ou sous un chapeau, Dierebel ressemblait dorénavant, pour un œil inattentif, à un adolescent. Sous son large manteau en cuir couleur sable noir, sa féminité restait étouffée et silencieuse. Bien planquée sous son capuchon, on ne pouvait deviner les formes et les ailes qu’elle dissimulait.

Totalement androgyne, elle se découvrait (sans se l’avouer) un amour tout particulier pour cette contredanse. Qui aurait cru qu’il fut si agréable et aisé de courir ainsi attifé ?



Deidre fixait la porte d’entrée, méfiante. Mince, et si quelqu’un venait vérifier que tout était en ordre dans les appartements du chevalier démoniaque ?
Dierebel susurra avec une épouvante naissante :


« Petite, maintenant, reviens ! Petite ! Vite !!! »





Citation :
Option réactivité ! Quand votre personnage entre dans la pièce, à peine est-il aperçu que le joueur s'échappe dans une autre pièce en courant.

Soit, mis en contexte, à peine la porte/fenêtre/trou de souris s'ouvre, qui que se soit qui entre (joueur/PNJ/Chuck Norris), Die et Deidre se carapatent plus loin voir si l'herbe n'est pas plus verte ailleurs, tiens !
Bon courage Matthew !

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Matthew Sombrelune
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MessageMer 6 Juil 2011 - 18:42

Trois longs mois qu'il était parti. Trois mois passés en dehors de la cité, des semaines et des jours pendant lesquels il en avait profité pour mettre sur pied diverses choses. Le voyage avait été long, mais particulièrement utile. Il était parvenu jusqu'à Luscannian en un peu moins de deux semaine en prenant un bateau à Thyr Makrozar, sur la côté ouest de Magyar. Les gens là-bas se montraient plutôt méfiant au vu des derniers événements, et Matthew avait eu du mal à trouver un navire prêt à le prendre en son bord. Mais une fois fait, et le capitaine du navire grassement payé, il avait pu embarquer sans problème. Le bateau n'avait pas vraiment quitté les côtes et avait fait quelques escales de ci de là, mais rien qui retarda vraiment le voyage.

Pendant le temps que cela dura, Matthew s'était senti particulièrement inactif et inutile. Il avait l'impression de perdre son temps et il regrettait d'avoir laissé Dierebel là-bas. Il aurait aimé l'emmener avec lui, mais il n'était pas son maître, et c'eut été trop dangereux pour elle au retour. Mais sa présence manquait à Matthew, indubitablement. Son sale caractère, leurs discutions, leurs projets... Tout ça lui manquait, sans qu'il puisse se l'avouer. Il s'était surpris de nombreuses fois à soupirer, et d'autres nombreuses fois il avait chassé les piques de N'Jriel.

Une fois débarqué sur les côtes de Luscannian, il avait aidé les marchands du navire à apporter leurs marchandises jusqu'à Luxania, où il espérait retrouver le vieil élémentaliste. Il ne le trouva jamais, mais il rencontra par la suite deux Elémentalistes dont il gagna difficilement la confiance et dont il rallia la cause. Il s'agissait d'une quête. Grâce à elles, il pu également trouver une des planques de la résistance sur le retour. Et c'est au final ce qui lui prit le plus de temps. Ce qu'il s'y passa, il n'avait pas le droit de le raconter, tout comme il avait promit de ne rien dire sur la quête à laquelle il avait participé. Les Elémentalistes refusaient de la laisser partir au début. Ils n'avait absolument aucune confiance en l'homme qu'était Matthew. Et c'est sans doute ce qui lui prit le plus de temps avant de revenir à la cité.

Mais maintenant, le contact était établit. Il ne savait pas au final si c'était vraiment une bonne chose ou non, car ça signifiait prendre le risque de voir la Résistance extérieur tenter de les diriger, et ça il savait que Dierebel comme lui n'apprécieraient pas. Il n'oubliait pas ce qu'elle lui avait dit.

Toujours était-il qu'il avait parfaitement programmé son retour dans la cité. Il savait quoi faire, quoi dire, comment cela se passerait. Aussi, lorsqu'il se présenta devant l'immense porte, tout se déroula comme il l'avait prévu. Il se tenait alors droit, enveloppé dans une longue cape malgré la chaleur étouffante liée à la saison. Bien sûr, ça interpela les gardes qui l'arrêtèrent, lui demandant de décliner son identité. Il avait alors saisit la tête du premier garde, un Sokior, et l'avait repousé vers l'arrière, le faisant tomber au sol. Il avait alors défait sa cape, découvrant son visage sous le regard des démons.


-N'Jriel est mon nom. Et effacez cet air surpris de votre visage, c'est fortement agaçant.

Il avait alors affiché un sourire inquiétant, tandis qu'il continua son chemin tranquillement. Bien sûr que les gardes se souvenaient de lui et de sa réputation. Sa disparition avait fait du bruit. Il savait qu'il avait encore quelques petites choses à faire, notamment voir une certaine personne.

*Kufufufufu, étonnant, tu ne files pas dans les bras de ta chère et tendre...*

Matthew ignora cette remarque et se dirigea de pied ferme retrouver un référant de la cour de Sappho pour annoncer son retour. Il n'eut aucun mal à le trouver, et l'annonce de son retour commençait déjà à se répondre comme une traînée de poudre. Bien que s'arrêter à "comme une traînée" dans la cité démoniaque aurait suffit à bien y réfléchir. A nouveau la surprise sur le visage de celui-ci s'était lu, ce qui avait fait sourire Matthew. Décidémment, il en fallait peu pour les surprendre. Oh bien sûr, ça ne se passa pas particulièrement bien, néanmoins l'homme rappela que les Démons restaient des individus avant tout et qu'ils n'étaient esclaves de quiconque. Et encore moins lui. Suita à ça, il décida qu'il pouvait se retirer. Il irait voir Dame Sappho plus tard. Maintenant il n'avait plus qu'à se rendre chez lui. Le reste attendrait, il était trop impatient. Même s'il savait qu'il ne la trouverait sans doute pas là-bas. Y passer lui permettrait de poser ses affaires avant d'aller la retrouver.

Le chemin fut simple à retrouver, malgré les mois d'absences. Son pas contre le pavé de la rue était à peine audible, et il pu voir Deirdre contre la fenêtre. Du moins, c'était ce qui lui avait semblé tellement ce fut figitif lorsqu'il arriva au coin de la rue. Donc elle l'avait laissé ici... Bien. Il passa l'arche qui le séparait de la petite cour intérieur. Rien n'avait changé. Une partie du crépit du mur tombait en lambeau sur le sol et des plantes grimpaient de ci de là à travers la pierre, sans se soucier des obstacles. L'escalier était toujours en état précaire, mais il le grimpa sans mal pour atteindre la porte. Bien sûr il avait confié les clefs à Dierebel, mais il en avait gardé une copie. Néanmoins, quelque chose le troubla au moment d'approcher celle-ci de la porte. Comme si... Il pressentait quelque chose. Il enfonça tout de même la clef dans la serrure et la tourna aussi discrètement que possible pour entrer. Il observa l'intérieur. Les globes lumineux étaient déjà allumés, diffusant une douce lumière. Quelqu'un était là avant lui, et pas seulement Deirdre apparemment. Il s'avança dans le salon pour trouver un veston. Etrange... Sortant son poignard attaché à sa ceinture dans son dos, il avança à pas de loup à travers la maison, se repérant aux sons. Apparemment, du bruit venait du bureau. Bien. Il s'avança sans produire le moindre son sur le carrelage sans doute froid, et ce malgré les bottes de voyage qu'il portait. Il restait un voleur, il avait un véritable don pour être silencieux.

*Si ça se trouve, quelqu'un est entré alors qu'elle était là et l'a tué, entre autre chose...*

Il serra la machoire à cette pensée et tenta de chasser l'image en question. Non, c'était impossible, et puis aucune odeur de sang ne flottait dans la maison de toute façon. Néanmoins, il frissonna, une sueur froide lui glissant le long du dos. La porte du bureau était entrebaillée et lorsqu'il la poussa, quelque chose, ou plutôt quelqu'un lui sauta dessus pour essayer de l'assomer. Il repoussa la personne d'un coup d'épaule, l'envoyant contre le mur derrière le bureau et la chaise de celui-ci. Matthew passa par dessus le bureau et prit appuie sur le dossier de la chaise pour le pousser contre la personne qui se relevait et la bloquer contre le mur. Il observa la personne devant lui. On aurait dit un jeune homme. Son poignard pointé contre son cou, Matthew l'observait. Un coup d'oeil dans la pièce l'informa que Deirdre n'était pas là et les pas à l'étage le renseignèrent très bien. Elles avaient dû se séparer à l'arriver de Matthew.


-Qui es-tu?
*Kufufufufu, tu es un idiot.*


Il avait pendant des jours et des jours conservé une image de Dierebel féminine, simplement très différente de ce qu'il avait pour le moment face à lui. Alors non, il ne pouvait la reconnaître là comme ça, et aurait sans doute besoin d'un meilleur éclairage et de plus de temps. Quelques secondes sans doute, et pas un visage appeuré. Et des cheveux lâchés aussi peut-être...

Bref, deux trois détails sans importances.

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MessageMer 6 Juil 2011 - 21:28





Deidre avait filé comme une flèche vers les escaliers. La peste. Un bruit de clé dans la serrure, Dierebel attrape son chapeau qui traîne sur le dossier d’une chaise, oubliant malencontreusement le veston qui protégeait ses épaules et se précipite vers le bureau. Aucune trace de sa présence ne doit rester. Enfin, c’est ce qu’elle pense bien faire…

Quelqu’un rentre, et avec la nuit qui commence à tomber, la pénombre se fait profonde dans l’appartement. Elle commence à paniquer. Son cœur se déchaine dans sa poitrine, ses jambes se font coton. Dans sa gorge, un cri se terre, prêt à briser le silence. Un coup d’œil furtif vers la pièce. Il n’y a rien, rien qui puisse la cacher, aussi petite soit-elle. Pas de contrefort sous le bureau, pas de meuble assez épais ou grand pour se cacher. Il n’y a que la porte de la chambre…

Non, elle ne peut pas.

Elle pivote sur elle-même dans un tourbillon de folie, apeurée. Elle sort de son fourreau une petite épée fine, un katana pour un enfant, un couteau long comme son avant-bras. Elle se faufile derrière la porte tandis qu’elle entend la serrure se taire. En haut, les pas de Deidre se font entendre. Ah ! Elle ne comprend donc rien ? Silence Petite ! Silence ! Car quand il m’aura tué, il viendra pour toi après…


Planquée derrière son battant de chêne, elle retient cette respiration déjà haletante qui la secouait, elle retenait le temps. Une ombre se dessine. Il vient vers elle. Elle ne l’entend plus. Est-ce une ombre de la rue ? Un homme dans la maison ? Pire, un démon ? Levant son épée au-dessus de son épaule, prête à sortir de sa cachette puérile, elle guette le moindre mouvement. Où est-il ? Intrus, montre-toi ! Y a-t-il quelqu’un ? Elle aurait juré que quelqu’un rentrait dans la pièce, mais il était impossible de faire aussi peu de bruit. Tandis que l’ombre grandissait sur le parquet, elle se mit à douter… La porte bougea. Oui, il était là. Juste derrière elle. Et cette odeur… Non… Matthew ? Elle pencha son visage.

Elle le voyait maintenant. Ce bras, sa silhouette, la danse de ses cheveux sur ses tempes. Matthew… Matthew ! Elle lâcha brusquement son épée pour se ruer dans ses bras, sans réfléchir, en surgissant comme un tigre de sa tanière. Bras tendus, lui sautant au cou…

Mais une douleur aigüe déferla dans ses côtes. Elle se sentit propulsée vers l’autre bout de la pièce. Sa tête heurta violemment le mur. Elle ne réalisa pas vraiment. Et quand elle releva les yeux vers lui en s’effondrant à demi sur ses propres jambes, il lui planta dans la poitrine le dossier d’une chaise pour l’immobiliser. La lame glacée de son couteau caressa la peau blanche de son menton. La respiration coupée, aucun hurlement ne réussit à se frayer chemin jusqu’à ses lèvres. Pourtant, elle eut aimé crier tout ce qu’elle pu. Lui dire d’arrêter… Avant qu’il ne soit trop tard. Deidre s’agita à l’étage. Il la défia du regard… Entre douleur et terreur, elle le dévisagea. Quelle froideur pouvait-elle lire dans l’obscurité ! Pourtant ce n’était pas les traits de N’Jriel qui déformait son visage. C’était bien lui, en chair et en os, devant elle. Le visage crispé par la colère.


Citation :
-Qui es-tu?


Elle écarquilla les yeux. Bien sûr… Pourquoi n’y avait-elle pas pensé ? Il ne la reconnaissait pas. Le visage dissimulé sous son foulard de coton, les cheveux tirés et entremêlés, avec un simple trait de charbon sous ses yeux gris comme le métal… Et cette chemise masculine, ce pantalon… Elle savait pertinemment qu’elle ressemblait à un jeune homme. Elle l’avait souhaité et s’était si bien déguisée ! Elle ne pouvait même pas bouger les bras, ni parler. Il l’écrasait complètement… Il était en train de lui broyer les os. Elle gémit comme elle pu, on aurait cru entendre un chaton appeler sa mère. Rien de bien glorieux. Deirdre se mit à galoper à l’étage. Surement avait-elle compris que la fée était en train de crever plus bas et qu’il était temps de mettre en application ce qu’elle lui avait appris.

Elle profita de voir ses iris se lever au plafond pour pousser avec toute la violence et l’espoir qui lui restait le dossier de la chaise au visage. Elle n’avait pas le choix. Sous son gilet sans manche et trop long, sans qu’il ne puisse les apercevoir encore, ses ailes l’aidèrent à encaisser le choc et lui donnèrent l’élan nécessaire pour se propulser hors de sa trappe. Elle se jeta désespérément sur le meuble où les fioles s’accumulaient. Debout sur son piédestal, elle sauta ensuite de nouveau au sol. Un hurlement siffla enfin dans sa bouche. Il lui avait brisé la cheville sans sa contre-attaque, sans nul doute. Elle couru en boitant vers la porte, sachant pertinemment qu’il serait rapide comme l’éclair à se redresser. Elle fit une glissade sur le sol et saisit son katana à la volée. Deirdre arriva juste derrière elle en grognant, elle se servit de la clenche de la porte pour s’aider à se relever, pointant son arme sur Matthew.

Elle avait un mal de chien. Deirdre attendait les ordres à ses côtés, fixant avec haine Matthew.


« Ne fais pas un pas, pas un ! C’est un ordre ! » Somma-t-elle à l’intention de l’elfe en oubliant de faire les présentations. Elle savait que la Petite allait lui sauter à la gorge s’il bougeait. Elle devait la calmer avant.


Elle ne tenu pas une seconde de plus en position de combat et tomba au sol, laissant choir son épée sur le parquet. Elle en profita pour saisir Deirdre dans ses bras…


« C’est lui, chut… Calme-toi Petite, il est revenu… Calme-toi ! » dit-elle tout bas en la serrant avec force contre son torse secoué par sa respiration saccadée. Deirdre eu un air hébété. Mais elle se laissa gentiment happer contre la fée.


Et pour toute réponse à sa question, Matthew pu voir s’illuminer dans la pénombre un médaillon bleu. Les larmes de Dierebel se mirent à couler après qu’un sanglot eu brisé le silence pesant qui s’était mis à les entourer.

Parce qu’elle avait mal comme jamais, parce qu’elle était devenue une étrangère indésirable, parce que rien ne certifiait à Matthew qu’elle était bien Dierebel. Quiconque, aurait pu prendre sa place et ses artefacts dans cette cité où personne n’était de confiance. Et peut-être n’allait-il pas croire ce qu’il voyait et l’achever vulgairement sur le sol.

Elle avait peur de faire le moindre geste, celui salvateur de se pencher pour retirer son gilet et qu’il puisse voir ses ailes… Le prendrait-il sûrement pour une attaque. Que pouvait-elle faire, là, maintenant ? Comment lui prouver qui elle était ? Il était maintenant en position de force, c’était à lui de prendre une décision…

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Matthew Sombrelune
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MessageJeu 7 Juil 2011 - 19:40

Ce moment d'inattention avait suffit à la fée pour se dégager de l'emprise que Matthew avait sur elle. En effet, d'un geste brusque, elle repoussa la chaise, déséquilibrant l'homme qui tomba en arrière. A peine eut-il touché le sol avec le dos qu'il mit ses deux bras en arrière et profita de l'élan pour faire simplement une roulade, se retrouvant ainsi sur ses pieds, accroupi et prêt à riposter en cas d'attaque de son adversaire. En faisant bien attention, il avait pu conserver son poignard avec lui et ne pas le faire tomber. Il chercha du regard son adversaire. Mais celui-ci cherchait simplement à fuir. Mais vu comme elle boitait, c'était mal parti. Néanmoins, Deirdre arriva alors que Matthew était sur le point de se relever pour bondir derrière son adversaire. Il se stoppa dans son élan alors que Dierebel se relevait, protégée par la garoute et la lame de son arme pointée sur l'homme. Il s'immobilisa vraiment totalement lorsqu'elle le lui ordonna, ne sachant pas de quoi était réellement capable celui qui se tenait devant lui. Il serra la mâchoire et fronça les sourcils, l'air visiblement contrarié de trouver un intrus chez lui. Un intrus à qui Deirdre obéissait, de surcroit.

Dierebel ne tint pas plus longtemps et s'effondra au sol dans une attitude qui interpela Matthew. Elle disait à Deirdre de se calmer, alors même que quelques instants plus tôt, ils étaient en train de se battre et que l'homme menaçait sa vie. Mais lorsque le médaillon s'illumina, Matthew comprit immédiatement, et ses yeux s'écarquillèrent. Bon sang, ce n'était quand même pas...

*Je te l'avais dit, tu es un idiot, kufufufufu.*

Matthew se redressa alors lentement, tandis que les larmes de la Fée coulaient. L'Elfe était encore sous le choc, mais il finit par se ressaisir. Il s'avança doucement, pour éviter de faire trop paniquer Deirdre, et se baissa à côté de Dierebel, toujours doucement. Et cette même douceur se retrouva dans ses gestes lorsqu'il vint défaire le foulard pour laisser glisser les cheveux de la femmes sur ses épaules, les aidant à se défaire en passant une main dedans, accrochant quelques mèches.

Il aurait pu croire à une fausse, à un de ces pièges que les Démons se tendaient toujours entre eux. Mais il y avait trop d'indices montrant que c'était Dierebel. Il y avait Deirdre, le médaillon, ses larmes, et puis ce contact, qui éloignait N'Jriel et toutes ces choses sombres qui pouvaient venir obscurcir l'esprit de Matthew. Il savait que c'était elle, il le sentait. La bouche légèrement entre ouverte, il avala sa salive.


-Dierebel...


Il avait à peine murmuré son nom, et pourtant...

Il l'observait comme si c'était la première fois qu'ils se voyaient. Il sentait sous ses doigts la joue de Dierebel, n'ayant pas retiré sa main, et l'humidité sur ses joues où les larmes coulaient toujours. La douleur sans doute de sa cheville en train d'être ressoudé par la magie de son médaillon, entre autres choses. Il se rappelait malgré les mois de séparation ce qu'elle lui avait révélé. Associé au fait qu'il l'avait vu tenir avec peine sur ses pieds, Matthew serra les dents. Pas étonnant qu'elle pleure ainsi vu la douleur qu'elle devait subir en ce moment même.


-Bon sang, je suis désolé. Mets-toi correctement, je vais...

Non, en fait il ne savait pas quoi faire. Il ne savait pas quoi faire, après l'avoir blessé ainsi. Il ne pouvait rien faire, à part peut-être attendre qu'elle guérisse et ensuite la faire se reposer.

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MessageJeu 7 Juil 2011 - 21:21

Dierebel renifla en renversant sa tête en arrière, comme pour fuir sa propre douleur. Son médaillon s’était comme engouffré en elle, remuant quelque chose dans sa cheville brisée. Ses paumes se posèrent sur son mollet tandis qu’elle abandonna son visage à une grimace crispée. Dès fois, il lui fallait beaucoup de volonté pour garder son talisman autour du cou. Il n’était pas bénéfique en tout, surtout pas pour calmer le feu qui tétanisait de plus en plus violemment sa jambe. Elle grinça, puis se risqua à regarder son adversaire indésirable. Allait-il lui bondir au visage ?

Il restait silencieux, presque intrigué devant elle. Toujours aussi méfiant, mais visiblement perturbé par une chose. Il s’approcha avec douceur, évitant la rumeur menaçante que la louve lui adressait. Elle savait à quel point il pouvait être fourbe, et quelles horreurs N’Jriel devaient lui souffler pour l’aider à surprendre son ennemi dans la bataille. Deirdre s’écarta dans un couinement agacé lorsque Matthew se pencha sur elle. Mais elle ne la retint pas. Elle redressa la tête vers son coéquipier, cherchant dans un sourire maladroit à protéger le peu de fierté qui lui restait. Malgré l’incision enragée de son bijou sous sa peau. Il ne fallait pas qu’elle bouge, ça ne durerait pas longtemps. Quoique l’idée ne lui vint plus en tête lorsque l’elfe tendit la main vers sa joue. Ce contact était si apaisant qu’elle en ferma les yeux. Bon sang ! Ce qu’elle avait pu l’attendre… Il tritura dans ses cheveux, les répandant partout autour de son minois de poupée. Elle rouvrit ses iris gris pour le fixer, pour lui demander d’un simple regard s’il avait trouvé ce qu’il cherchait.

Le miracle s’accomplit… Brusquement, comme poussé par une raison inconnue, il brisa le silence. Il prononça son nom…

C’était comme si son murmure avait glissé sur les murs, avait éclairé le monde d’espoir. Rien que ses lèvres susurrant la réponse à ses questions, rien que sa voix emplissant la pièce, rien que ça. C’était le pansement le plus efficace contre toutes les blessures qu’avait enduré Dierebel depuis trois longs mois. Elle soupira, riant presque, enfin soulagée. La tiédeur de son épiderme contre la fraîcheur de ses pommettes pâles, le parfum de ses cheveux si prêt d’elle, et son propre cœur prêt à rompre sa poitrine… Elle ne savait pas bien pourquoi ce chaud, ce froid… Il n’y avait rien de plus contradictoire en elle. Rien qu’elle n’eut autant aimé et détesté aussi fort en une seule seconde.
Elle baissa le regard et avala sa salive pour faire disparaître cette sensation. L’ignorer, la remettre à sa place pour garder l’esprit clair.


Citation :
-Bon sang, je suis désolé. Mets-toi correctement, je vais...


- Si tu me touches encore une fois, je te mets par terre et sans faire semblant cette fois-ci ! répliqua-t-elle aussitôt en attrapant son col avec fermeté.


Aussitôt, et sans réfléchir, elle l’attira contre lui. Son médaillon brillant de plus belle, elle se colla contre son torse sous les jappements protestataires de Deirdre qui se faufila, vexée, dans le salon. Sans crier gare, elle plongea son visage noyé par les larmes dans le cou de Matthew, respirant l’odeur de sa peau et des contrées qu’il avait traversé. Elle l’enlaça avec force et détermination, irrésolue à lâcher prise. Ses doigts se crispèrent dans son dos trop grand pour elle. La fée ne voulait pas le laisser s’échapper une seconde de plus. Elle qui avait toujours douté de lui, d’elle, d’eux, et puis qui ne savait plus… Elle n’avait jamais plus eu confiance en lui qu’à cet instant là. Et que ses dieux la pardonnent, elle croyait en lui avec foi et dévotion. Il était son pilier ici bas dans la poussière et le froid. Il était la chaleur qui la portait à se battre contre les démons, mais surtout et avant tout, Matthew était la force qui lui avait toujours manqué pour se battre contre elle-même.


- Tu en as mis du temps ! dit-elle enveloppée par les cotonnades délicates qui tressaient sa chemise d’aventurier. Oh, elle aurait été incapable de dire qu’il lui avait manqué. Aussi simplement.


Sans lui, elle était perdue. Comme hantée par la fragilité de sa condition, possédée par son statut minable. Avec lui elle était enfin quelqu’un de bien. Raisonnable, respectable, sage sans pour autant renier la personnalité qu’elle s’était forgée au gré de sa vie. Dierebel souffla dans son cou, comme repue de son attente et rassasiée de sa présence.

Elle finit par découdre l’étreinte qu’elle lui imposait. La douleur laissait place à une raideur étrange dans sa jambe, elle écarta doucement Matt pour pouvoir retrouver ses sens et bouger. Elle gesticula quelques secondes sa jambe en prenant soin de masser sa cheville. La lumière à son cou disparu dans la pénombre de la pièce. Elle se mit en tailleur avec précaution et prit le bras du chevalier pour s’aider à se redresser…


- J’ai besoin de m’asseoir… Et de boire un bon verre !


Elle ria en attendant capricieusement qu’il la porte sur ses jambes. Après tout, ce n’était pas parce qu’elle était un petit homme dorénavant qu’elle n’avait pas le droit à un peu de galanterie…

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Matthew Sombrelune
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MessageJeu 7 Juil 2011 - 22:37

Il fut plutôt surpris par la véhémence des propos de la Fée, bien qu'au final, ils n'étaient pas si étranges que ça. APrès tout, vu ce qu'il venait de lui faire subir... Néanmoins, il n'était pas au bout de ses surprises, car juste après, Dierebel se jeta littéralement dans les bras de l'Elfe. La sentir contre lui ainsi, légèrement tremblante, le retenant avec force, le laissant entrevoir tout le désespoir qu'avait pu être le sien au cours de son absence. Il ne su trop comment réagir sur le coup. Elle lui avait interdit de la toucher, néanmoins, quelque chose lui disait que cette interdiction, bien que ferme, n'était plus à l'instant même où elle avait prononcé ses mots. Et l'acte qu'elle venait de commettre était bien plus parlant que quoi que ce soit d'autre. Alors il passa ses bras autour d'elle, pour la porter encore plus contre lui, tandis que son coeur semblait tenter de lui transmettre un message dans ses battements affolant.

Il sentait ses cheveux chatouiller son menton et son cou, et sentait l'odeur de la femme monter de ceux-ci. Il ferma les yeux un instant, profitant de chaque secondes de ce contact. Il sentait dans son dos qu'elle s'accrochait à lui de toutes ses forces, plus que jamais. Il était heureux d'être à nouveau là, à ses côtés, de pouvoir la toucher, la voir, la sentir. L'entendre. Car ses paroles firent sourire Matthew, sa tête s'inclinant légèrement en avant. Oui, il avait mis du temps. Bien trop de temps. Mais ça n'avait pas tant d'importance que ça.


-Je sais.

Ni excuses, ni paroles tendres, juste une vérité, un état de conscience. Oui, il savait qu'il avait mis du temps. Trop longtemps il avait été séparé d'elle. Ce n'était même pas une question de ce qu'ils réalisaient ensemble, non, c'était ici affirmer que oui, elle aussi lui avait manqué, qu'il aurait préféré être là qu'ailleurs à se battre ou négocier. Il aurait préféré être là pour la soutenir dans son avancée, dans sa quête, dans sa lutte pour sa survie. Et il regrettait d'avoir dû quitter la ville. Son coeur se serra. Oui, il aurait aimé être là au final.

Elle le repoussa délicatement, le laissant défaire sa propre étreinte en même temps que la sienne, tandis qu'elle changeait de posture, s'asseyant sans doute plus confortablement. Il observa le gris des yeux de Dierebel, plus précieux que le plus pur argent et il sourit à sa demande. Oui, c'était bien elle, la Fée qui aimait boire, installée plus confortablement que ça. Et Matthew manquerait à son rôle s'il ne lui donnait pas ce qu'elle attendait. Et dans l'euphorie des retrouvailles, quoiqu'on ait pu voir plus joyeux et simple, il se pliait volontiers à ce rôle.


-Bien, allons-y alors ma Dame.

Il l'aida à se relever, et une fois qu'elle fut debout, il se pencha en avant pour la faucher au niveau des genoux et la rattraper aux épaules, la portant comme si elle n'avait rien pesée. Il la tenait ainsi contre lui, comme la chose la plus précieuse au monde et que pour rien il n'aurait lâché, protestation ou non, pour la mener jusqu'au salon, où s'était terminée leur précédente discussion. Le bijou de Dierebel s'était éclairé à nouveau au contact de Matthew, signe que N'Jriel était toujours présent chez le jeune homme. Mais pour le moment, ça n'avait pas d'importance, car celui-ci était repoussé. La lumière cessa lorsqu'il la déposa sur un des confortables fauteuils. Il aurait aimé pouvoir la garder contre elle plus longtemps, mais il ne le pouvait pas. Peut-être avait-elle senti son hésitation qui avait duré quelques secondes avant de la poser. Enfin...Elle voulait à boire.

-Je suppose que tes goûts n'ont pas trop changés là-dessus. Met-toi à l'aise.

Il lui lança un sourire lumineux, qui agaça fortement N'Jriel d'après ce que pouvait ressentir Matthew. Ce dernier se dirigea vers le meuble où il avait l'habitude de ranger ses alcools et haussa un sourcil en l'ouvrant, avant de saisir une bouteille au hasard ainsi que deux verres. Il les posa sur la table, en profita au passage pour défaire sa veste, se retrouvant en tunique courte, ouverte au niveau du col. Il remplit les verres tranquillement et revint s'installer vers Dierebel, se posant à ses côtés, sur l'accoudoir du fauteuil. Il lui tendit son verre, dont elle se saisit, se méfiant peut-être un peu plus cette fois-ci du contenu du verre que la première fois. Ils trinquèrent, et buvèrent, le liquide glissant dans leur gorge et brulant tout sur son passage. Il ne savait pas vraiment quoi dire, par quoi commencer. Il aurait aimé tout raconter à Dierebel, mais il ne le pouvait pas. Et il aurait aimé s'enquérir de son avancé à elle, mais il ne voulait pas. Non, pas ce soir. Il ne voulait pas parler de tout ça. Il y avait déjà trop pensé au cours des trois derniers mois. Mais que dire dès lors? Un silence s'installa, un temps, le temps de quelques gorgés, le temps de réaliser ce qu'il venait de se passer peut-être, et d'y réfléchir un peu.

Il passa une main dans ses cheveux et jeta un regard en coin à la Fée. Dire que sur le moment il ne l'avait pas reconnu... Il en avait presque honte en fait. Mais au moins cela prouvait que son déguisement tenait la route. Il regarda finalement à nouveau son verre. Non, décidément, le sujet était inévitable. Il observa l'alcool qui se trouvait dedans profondément lorsqu'il prit à nouveau la parole.

-Alors, comment cela s'est passé de ton côté?

Il aurait voulu éviter ce sujet, mais en même temps... Il n'avait pas vraiment le choix. Il ferma les yeux un instant, ayant hâte de passer à autre chose. Il fit tourner le liquide.

-Non...


Il la fixa, cherchant son regard.

-Parlons d'autre chose.


Il ne voulait pas que leur relation ne soit basé que sur ça au final. C'était ce que ce voyage lui avait appris. Sinon, ça ne marcherait jamais. Ce qui avait toujours fait la force des Elémentalistes jusqu'à présent restait leur unité. Et une unité ne se forgeait pas uniquement sur un objectif commun. Il fallait des liens, et s'ils étaient bien là, les renier en bloc comme ils le faisaient... Ce n'était pas ce dont ils avaient besoin. Et il était temps qu'ils l'acceptent. Alors il continua d'observer Dierebel.

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MessageVen 8 Juil 2011 - 7:58

Dierebel se laissa porter par la force de son compagnon, avec un petit hoquet de surprise. Elle ne demandait pas tant ! Elle fut happée loin du sol, contre lui. Elle s’accrocha à son cou comme si elle avait peur de tomber, mais c’était juste un prétexte pour se coller contre lui. Et ça, malgré le chaos de ses émotions encore toutes renaissantes, elle en avait parfaitement conscience. Ses cheveux s’emmêlèrent dans son dos quand elle posa son visage contre son épaule. Elle refoula un petit soupir de contentement.

Ils traversèrent la pièce tandis qu’elle oubliait un peu le monde qui l’entourait. Deirdre attendait, assise en tailleur et dos voûté sur un fauteuil. Son air penaud et intrigué la fit sourire. Et quand elle rejoignit le sol, elle glissa ses doigts dans ses longs cheveux blonds. Pour la rassurer.


Citation :
-Je suppose que tes goûts n'ont pas trop changés là-dessus. Met-toi à l'aise.



- Pourquoi ça changerait ? Les apparences sont-elles si trompeuses ? rétorqua-t-elle en riant, lancant ses pupilles en direction de Matthew.


Elle le détailla du regard, elle avait l’impression de le voir plus grand, plus fort. Plus beau que jamais. Il enleva la lourde veste qui devait l’étrangler de chaleur par cette saison. Dans son regard, une satisfaction toute particulière prit place. Il avait toujours été robuste et se blessait rarement au combat. Mais visiblement, rien ne l’avait écorché durant son long périple. Comme s’il ne s’était rien passé. Il lui sembla voir une plaque d’écaille sur son coude droit, mais elle n’aurait pas pu le jurer. En tout cas, elle n’y avait jamais porté attention auparavant.

Il lui tendit son verre qu’elle saisit à pleines mains. Deirdre jappa avec un large sourire, comme si elle attendait d’avoir aussi une collation. Elle lui tendit son verre, pour qu’elle renifle le breuvage. L’enfant sauvage prit un air écœuré à l’approche du verre, décochant un éclat de rire à la fée.

Elle le sirota en silence, laissant l’alcool brûler sa gorge et l’enivrer de leurs retrouvailles.


Citation :
-Alors, comment cela s'est passé de ton côté?


Elle tourna son visage vers lui, un peu déçue. Voilà, il brisait encore ce lien étrange qui les laissait tapis dans ce bienheureux mutisme. Bon sang ! Parler affaire ça allait bien deux minutes ! Ne voulait-il pas penser à autre chose quelques instants ? Il venait à peine de revenir. Les démons, leur combat… C’est vrai que finalement, il n’y avait pas grand-chose d’autre dans leurs vies. Parler de la pluie et du beau temps aurait été dérisoire. Mais faire un rapport immédiat de ces trois mois, les revivre encore et encore alors qu’il venait à peine de rompre le charme de sa solitude… Elle fronça les sourcils. Bien, puisqu’il demandait.


- C’est assez long à racon…


Citation :
-Non...


Elle leva un sourcil. Il plongea son regard dans le sien. Avait-elle mal compris la question ? Voulait-il parler en premier ? Il avait sûrement mille fois plus de choses à lui raconter. D’ailleurs, elle rêva un instant qu’il lui parle de « l’extérieur ». Pour voyager un peu à ses côtés…


Citation :
-Parlons d'autre chose.


- Oh… Euh, balbutia-t-elle de plus en plus surprise par son attitude indécise. Elle avala une nouvelle gorgée, plus raisonnable que la première, emprisonnant entre ses lèvres la brûlure du breuvage. Quand il la regardait comme ça, elle avait des pulsions de succube. Après tout, à force de lui avoir résisté, elle n’avait pas perdu le désir qu’elle éprouve pour lui. Et puis, il fallait le dire, elle n’avait touché à personne depuis son arrivée dans la Sombre. Son corps tout entier la suppliait. Un baiser, juste un baiser… Une main dans son cou, une autre dans le creux de ses reins, se laisser aller… En fait, elle n’avait pas envie de parler.

Elle secoua la tête vivement pour chasser ses pensées. Le rose sur ses joues s’estompa.

Elle ôta de son poignet un petit bracelet de coton tressé qui emprisonnait une pierre noire. Elle prit sa main et lui attacha au poignet. Enfin, elle lui serra la main solennellement.


- De quoi veux-tu parler sinon de nos retrouvailles ? Tiens, regarde mon poignet.


Un symbole s’était dessiné, rouge. Une rune qui signifiait « Terra ». Elle n’était pas peu fière de lui montrer qu’elle avait réussit, malgré un peu de sang séché qui perlait sur les parties les plus récentes de son tatouage. L’encre de poulpe avait fonctionné, s’illuminant au contact de leurs peaux.


- Je n’ai pas été aussi efficace avec la Petite. A croire qu’elle ne veut rien entendre. Hein, ma jolie ? dit-elle sans lâcher la main de Matt à l’intention de la louve qui lui décocha un sourire presque bête. Elle refuse de parler. Mais elle a essayé de dire ton nom plusieurs fois. A chaque fois qu’elle voit apparaître le symbole, elle…


Deirdre grogna doucement. Forcant la fée à interrompre son discours.

- Méééé…. Mééétou, articula-t-elle avec application en se penchant vers l’homme et en le pointant du doigt.


Dierebel lâcha la main de Matt pour enlacer sa petite protégée. Elle avait du lui répéter ce nom des milliers de fois pour qu’elle réussisse à le dire. Mais était-ce un acharnement éducatif, ou bien avait-elle appris à écouter la plainte récurrente de sa tutrice ? Deirdre, avec une large expression de fierté, se mit à rire et fonça hors des bras de la fée vers l’étage.


- Elle ne tient pas en place. Surtout quand la Pleine Lune approche, se justifia-t-elle avec un semblant de tristesse.


Elle soupira lascivement en passant une main dans ses mèches brunes. Elle s’enfonça dans son fauteuil en reposant ses yeux sur Matthew.


- J’ai cru qu’elle n’aurait jamais l’occasion de te le dire. Bon sang ! Ca a été long… reprocha-t-elle tout bas tandis que ses iris s’assombrissaient. Je n’en pouvais plus de te savoir loin de moi, j’ai cru que j’allais mourir. Je n’arrêtais pas de penser que s’il t’était arrivé quelque chose parce que je n’avais pas insisté pour venir, je n’arriverais pas à survivre à ça. J’ai prié pour toi, chaque jour. Je n’ai pas cessé de croire et d’espérer pour te donner la force… Je n’arrive pas à réaliser que tu es là.


Voilà, on cessait de parler affaire.
Il était temps.


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MessageSam 9 Juil 2011 - 8:04




Au final, elle entama tout de même la conversation sur un sujet lié à leur alliance respective pour la résistance. Le tatouage. Il se laissa faire par la Fée, appréciant le contact doux de sa peau lorsqu'elle conserva sa main contre la sienne, illuminant le tatouage. Puis elle lui parla de la petite, leur seul membre, s'il ne se trompait pas, à l'heure actuelle. Et elle appuya les paroles de Dierebel en tentant de dire le prénom de Matthew alors que le symbole était apparu. Ou peut-être était-ce simplement la présence de la dite personne qui provoqua cet essaie, vu qu'elle le pointa du doigt en même temps. Il eut un sourire. C'était déjà ça. Dierebel le lâcha pour enlacer Deirdre. Une sensation étrange, de manque peut-être, le saisit immédiatement. Il fronça un court instant les sourcils mais ne fit rien remarquer, défaisant le bracelet autour de son poignet pour le poser ailleurs. L'enfant sauvage finit par s'enfuir en courant et en riant, sous le regard amusé de Matthew. Elle lui expliqua le comportement de la garoute. Les soirs de pleine lune hein...

Il revint à Dierebel, cessant de fixer la porte par laquelle Deirdre était partie, lorsqu'elle reprit la parole. Ces mots sonnaient comme un reproche à son égard, et l'Elfe comprenait parfaitement qu'elle puisse lui en vouloir. Il avait été absent si longtemps. Ce qui suivit... Matthew avait peine à y croire, et il se demanda un instant qu'il ne rêvait pas les paroles de la Fée. Il resta silencieux pendant qu'elle parlait, et totalement immobile, surpris par ce qu'elle disait. Surpris, mais aussi extrêmement touché. Il ignorait ce qu'il se passait dans l'esprit ou dans le coeur de la belle, mais ces mots qu'elle prononçait à l'instant même lui laissait entre apercevoir ce qu'elle pouvait cacher au fond d'elle-même.

*Vous êtes mignooooon, mais ça ne du...*


N'Jriel n'eut pas le temps de finir ce qu'il avait commencé à dire, car il fut projeté au fin fond de l'esprit de son hôte. Matthew s'était penché vers Dierebel et l'avait pris dans ses bras. Elle représentait tant pour lui au final. Elle était sa promesse liberté, son fer de lance, sa force de l'esprit et plus encore. Il ne savait pas comment l'exprimer autrement qu'ainsi, parce que des mots n'auraient pas suffit peut-être. Il lui caressait les cheveux tendrement en respirant son odeur, et il le réalisait à peine. Il réalisait à peine qu'il venait de la retrouver, il réalisait à peine ce qu'elle venait de dire, il réalisait à peine ce qu'il venait de faire. La sentir contre lui animait ses sens, allumait des choses qu'il n'aurait pas pensé pouvoir retrouver en ayant N'Jriel au fond de lui.

Alors il posa son verre sur le sol de sa main gauche, et lorsqu'il remonta son bras, il écarta un peu Dierebel de lui, pour prendre du recul, pour pouvoir se pencher plus avant vers elle, pour mieux la retrouver, lui redressant le visage d'une main sous son menton. Il lui déposa d'abord un simple baisé sur le front.


-Désolé. Et... Tu m'as manqué aussi.


Et il l'embrassa. Simplement, pas par jeu, par par défi, juste pour lui dire à quel point elle lui avait manqué, à quel point il avait attendu ce moment, ces retrouvailles, sans que ce fut par obligation ou par urgence, sans qu'il n'y ait rien qui puisse intervenir dans ça. Un baiser passionné aussi, qu'il s'était juré de ne jamais donné, car leurs objectifs ne le leur permettait pas, car ils n'en avaient pas le droit. Mais tellement l'envie. Il n'avait pas d'autres discours à donner, rien d'aussi long que Dierebel. Mais qui donnait beaucoup plus en revanche.

Depuis combien de temps n'avait-il pas désiré pouvoir à nouveau toucher une femme avec tant de force? Depuis combien de temps la voulait-il, elle? Et pas une autre, pas parce que c'était la seule avec qui il pouvait se le permettre sans craindre de laisser N'Jriel prendre le dessus. Il avait la chance qu'elle puisse le repousser, alors il était temps pour lui de saisir cette chance. Le baiser prit fin, Matthew reculant légèrement son visage.


- Tu arrives à le réaliser, maintenant?

Il eut un sourire, leurs fronts se touchant presque encore, tandis qu'il la regardait.

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MessageDim 10 Juil 2011 - 0:26



Non, Dierebel ne s’était pas vraiment rendue compte à quel point elle avait pu être honnête et aussi juste sur l’expression de ses sentiments. Non seulement parce qu’elle n’en avait pas l’habitude, tout du moins avec autant de sincérité, mais aussi parce qu’elle ne l’avait pas directement voulu. A force de cogiter, elle avait néanmoins réussit à poser des mots sur des images, des phrases sur ce que son cœur endurait. Elle ne pouvait pas expliquer pourquoi, lorsqu’elle avait eu besoin de rejeter toute cette rancœur, elle avait trouvé aussitôt la sagesse et l’équilibre dans ses propos. A force de ruminer, la fée avait trouvé comment expliquer à Matthew en quelques mots ce que son absence avait réveillé chez elle. Et si elle l’avait attendu avec autant de patience, c’était avant tout parce que le chemin parcouru en si peu de temps l’avait changé.

Finalement, elle et Matthew ne se connaissaient pas de longue date. Ils s’étaient rencontrés, connus et reconnu très rapidement. Ils ne s’étaient pas vus à une fréquence anecdotique. Mais il n’avait peut-être suffit que quelques secondes à Dierebel pour comprendre que cet homme qui se tenait devant elle était la clé de l’avenir qu’elle attendait.
La liberté comme credo, l’espoir comme épée contre les obstacles.

Et si depuis toujours la fée avait eu besoin d’être deux pour avancer ? Et si elle s’était toujours voilé la face ? Ses doutes, ses peurs trouvaient refuge dans les yeux noisette de son compagnon de fortune. Il avait consolé ses larmes et ses déceptions en lui tendant la main de la manière la plus noble qui soit. Il lui avait promis fidélité, affranchissement et confiance sans compromis. Elle, qui perdu dans le chaos de sa vie, avait la nécessité de trouver des repères.
Il ne pouvait pas lui offrir plus, bien que la chasse ait pu être drôle. Mais seuls contre tous, les liens étaient trop forts. Elle développait un attachement émotionnel qui ne lui ressemblait pas.


Non. Il n’est jamais trop tard pour changer.


Même pour la putain, l’enragée, l’indomptable, l’hystérique.


Pour celle qui n’écoutait que sa vanité et qui ne songeait qu’à s’enrichir pour sauver l’insouciance de sa jeunesse. Elle avait trouvé en Matthew le confident, le calme, le respect, la patience et la dignité, la vraie. Avoir foi en soi ne comptait pas si l’on n’avait pas de cause à défendre et de destin à accomplir.

Le jeu de son existence était de prouver qu’elle pouvait être aimée, désirée, suppliée malgré ses mœurs. Sans changer, sans conciliation.

Ce qu’elle venait de comprendre, c’est que jouer impliquait des règles. Et que les règles pouvaient bouleverser l’ordre des choses.


Et quand Matthew se jeta dans ses bras, elle comprit qu’elle avait franchit le pas. Elle avait toujours rêvé qu’il la désire comme les autres. Elle venait de comprendre qu’il n’était pas les autres. Elle lui avait tendu la perche, provocatrice, presque folle. Il n’attendait qu’une chose, qu’elle la retire pour lui montrer qu’il lui la tendrait au moment venu. Et bien qu’elle ait toujours cru que l’elfe ne la côtoyait d’aussi près que pour le pouvoir particulier de son médaillon, elle sentit dans cette étreinte là qu’il n’y avait pas qu’une histoire de faire taire un démon qui possédait son esprit. Il y avait un merci.

Merci de m’avoir ouvert enfin ton cœur, enfant gâtée.

Et pour une fois, il n’y avait pas de doutes ni de questions. Il n’y avait que ses bras. Pour faire taire le flot de ses pensées et panser ses blessures. Pour mettre fin à ce qui n’aurait jamais du commencer : l’incertitude du but de leur présence ici bas. Ils étaient faits pour se rencontrer et se battre ensemble pour ce en quoi ils avaient toujours cru. Purifiant leurs cœurs et leurs actes passés au gré de leur métamorphose.

Elle s’envola, loin. A mille lieux de la Sombre, du cataclysme de leurs vies et de la discorde qui faisait trembler le monde entier. Elle le laissa plonger sa tête dans ses cheveux, franchir la limite, embrasser son front, voler la naissance de ses sentiments. Sans le retenir, car elle ne savait pas s’il allait rompre le charme aussi vite qu’à l’habitué, elle lui accorda le contact soudain de leurs révoltes entremêlées.

Dierebel se sentait enfin respirer, apaisée, l’air de l’insouciance. Et sans mot dire, sans refus, sans gêne, elle lui céda de se taire et de se laisser embrasser. Avec une passion brûlante mêlée à la simplicité de leur bonheur si soudain. Elle lui rendit ce baiser, doucement, pudiquement faisant fi de l’accord tacite et silencieux de leur amitié platonique. Elle agrippa sa nuque pour ne pas le laisser se défiler. Elle avait trop attendu pour finir déçue.
C’était chaud, doux, infiniment lénitif. Ses lèvres contre les siennes, c’était le soleil après la pluie, la victoire d’une bataille sans ennemi. Il n’y avait pas de frisson qui courait sur sa peau, juste une impression de s’évaporer avec l’air. On ne l’avait jamais embrassé comme ça. Ou peut-être était-ce elle qui n’avait jamais embrassé ainsi. L’attente avait été infernale, mais il n’y avait aucun regret en elle. Il lui donnait ce qu’il avait de plus beau, elle l’accepta avec ardeur, sans regretter les secondes interminables à attendre qu’il se rende compte qu’elle n’attendait pas mieux de lui.

Il se recula, elle aurait été incapable de dire si ça avait duré quelques secondes ou mille ans. Elle retrouva le son de sa voix avec envoûtement.


Citation :
Tu arrives à le réaliser, maintenant?

- Je ne suis pas sûre, répondit-elle en se délectant de le voir sourire comme rarement il ne l’avait fait.


Elle ne perdait pas en elle le brin de provocation qui l’avait toujours animé. Elle le repoussa, interdite, dans le fond de l’épais siège de velours. Elle ne souriait pas, mais dans ses pupilles, une fièvre inconnue voilait ses yeux. Elle posa ses doigts sur ses lèvres, pour saisir le feu qui les avait consumées, sans le quitter du regard. Une mèche de cheveux tomba devant son visage. Pouvait-elle s’arrêter maintenant ? Finalement attendre renforçait tellement cette sensation de tendresse qu’elle avait envers lui. Elle qui n’avait jamais patienté pour goûter au fruit interdit se permit d’imaginer toute la passion qu’il pourrait encaisser encore si elle se refusait encore un peu à lui.


- J’ai besoin de plus de temps, ajouta-elle en se penchant vers lui.


Elle s’inclina pour embrasser sa joue. Encore, puis encore. Elle glissa doucement jusqu’à sa bouche et frôla ses lèvres petit à petit. Comme pour goûter à lui, savourant la permission exceptionnelle qui s’offrait à elle. Les yeux fermés, elle se nourrissait de délivrance. Les frontières étaient faites pour être franchies et traversées après tout.

Ses mains emprisonnèrent les siennes de chaque côté de son visage, l’interdisant de se rebeller. Elle lui rendit ce qu’il lui avait donné sans détour. Elle se laissa attirer contre son torse, lâchant ses mains et enlaçant son cou. Elle lui fit posséder à son tour le désir qui l’animait. Elle perdit notion du temps et s’engouffra dans le néant un peu plus. Lorsqu’elle s’arrêta, elle refusa de le quitter et plongea une dernière fois la tête dans son cou pour savourer un frisson qui disparaissait sur sa peau.


Elle se redressa, comme surprise de sa propre réaction, un sourire de vierge effarouchée creusant une fossette au coin de sa joue. Elle s’écarta tout doucement de lui, gardant comme trophée le goût insaisissable de sa flamme au coin des lèvres.


- Oui… Tu es revenu, murmura-t-elle en détournant la tête pour cacher son sourire. Et j’adore le souvenir que tu m’as amené.

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