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 Bad Dream, Sweet Dream [Ombre]

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Sappho
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MessageLun 25 Avr 2011 - 18:59


On ne se rend pas compte à quel point les nuits sont longues. On ne fait que dormir, sauf pour les quelques buveurs de sang ou lycans qui hantent l'obscurité, et on oublie que le temps passe aussi. Et il y avait des nuits comme ça... des nuits durant lesquelles Faux ne dormait pas. Et là, on se rend compte qu'on ne sait pas quoi faire. Une partie de jambes en l'air ? Bizarrement, elle n'en avait tout simplement pas envie. Traumatisme ? Peut-être, elle ne sait pas et ne veut pas chercher. Juste ne pas oublier et se venger. Rêver, elle aimerait bien parfois. Les quelques heures de sommeil qu'elle prenait parfois étaient ponctuées de cauchemars qui la laissaient tremblante. Excédée de plonger dans ses fantômes, Sappho la Faux, vêtue d'une robe volante et resserrée à la taille, qui ne faisait qu'accentuer sa maigreur et sa pâleur par sa teinte noire, quitta les appartements royaux dont elle bénéficiait désormais. Cela faisait quelques jours à peine que le Roi Khisath était parti, et que ce soit Von Raelu ou les autres conseillers, aucun ne lui accordaient vraiment sa confiance. Elle revenait de l'ennemi. Elle avait peut-être trahi ? Les doutes pesaient, mais Sappho s'en moquait. Il y avait un être, un peuple, une fourmillière qui n'attendait que d'être piétinnée, innondée, embrasée. Un refuge à détruire, coûte que coûte.

Ses pas étouffés par ses ballerines grises, elle marcha dans le couloir de velours et de carmin décoré. Son pas glissait et son oeil fixait devant elle, sans prendre garde aux soldats qui se statufiaient presque à son passage. Ses épaules dénudées étaient bandées, de même que son cou, pour recouvrir les cicatrices encore suintantes. Les autres marques de griffures ou de brûlures sur ses jambes et ses bras étaient bien visibles, sans parler de son visage mortifié. Comme dans un rêve, elle avança jusqu'à sortir du Palais, dans la nuit noire et déjà avancée, comme une revenante errerait dans sa ville de naissance, à la recherche de proches à torturer. Une fois dans la Cité, elle continua de parcourir les ruelles, ombre parmi les ombres, des volutes de Ténèbres dansant autour d'elle, Mères protectrices. Peut-être croisa-t-elle quelques êtres de la Nuit. Mais son visage suffisait à les écarter. Trop connue, l'enfant à demi-face, la demi-faux. On en racontait des vertes et des pas mûres sur elle, sur ce qu'elle avait subi. Elle-même s'en fichait bien, même si leur fermer le claper en leur trouant la trachée était une solution acceptable.

Et ne me demandez pas comment, elle atterrit devant la Bibliothèque. Ou son vestige. Brûlée de l'extérieur, carbonisée. Toutefois, les rouleaux avaient été conservés, le savoir était sauf, car l'étude de la magie passionait. On avait ajouté de nombreux ouvrages sur la magie démoniaque. Et Sappho avait des nuits à occuper, en attendant de recouvrer tout ses pouvoirs. Alors elle pénétra l'édifice noirci, son pas résonnant entre les murs et le plafond haut en ogive. Elle était une insulte à tout les élémentalistes qui, novices ou professeurs, avaient étudié ici. Peut-être oui. Mais elle voulait la puissance. Pour elle, contre eux. Elle continua dans l'allée pour déboucher sur la bibliothèque à proprement parlée. Des rangées d'étagères dont elle ne voit pas la fin. Une fine pellicule de poussière semblait recouvrir tout, même les nouveaux venus. La gorge pas vraiment au top, elle toussa bruyamment. Le bruit se répercuta entre les grimoires et les parchemins. Magistral endroit.

Au niveau d'une longue table couverte de feuilles arrachées, elle laissa son doigt glisser et ramasser la poussière. Puis elle pénétra une rangée, peut-être au hasard. Ou pas. Elle s'arrêta après quelques pas. Leva une main. De cette dernière sortirent des filaments noirs et lisses, se mouvant avec grâce, serpents noirs des airs. Elle murmura, et ses mots en écho traversèrent les manuscrits.


" Sha'sn esh ta'r de'lin... Que l'Obscuria me revienne. "

Les serpents se tortillèrent et filèrent à travers les rangées, silencieux. Sappho recula et retourna au niveau de la table, attendant devant elle, son oeil distraitement, sondant la pénombre qui regnait malgré les chandeliers. Et soudain, les filaments serpenteux revinrent. Ils enlaçaient un épais ouvrage. De leur noirceur, ils le caressaient, l'Obscuria. Et le déposèrent devant la Faux, avant de disparaitre dans son orbite vide, s'y logeant tels des serpents dans leur nid. La succube laissa ses doigts effleurer la couverture abîmée, poussiéreuse. Elle en dégagea la poussière et un motif, une rune démoniaque, apparut. Un rictus amusée déchira sa face. Et d'un geste tendre, elle souleva la reliure épaisse. Les pages étaient jaunies par le temps, l'écriture manuscrite et parfois effacée. Certaines pages étaient rongées par des mites ou des rats. Mais c'était l'Obscuria. Elle sentait la magie vibrer au travers du parchemin, de l'encre sanguine. Il pulsait les Ténèbres. C'était un recueil de sorts sombres, vicieux et pervers. Des sorts terribles, de torture ou de bataille, ils causaient la mort s'ils étaient lancés convenablement. Mais ils étaient réputés, pour la plupart, être difficiles à manipuler. Sappho soupçonnait Nemrodus et Senector d'en maîtriser, mais elle ne les avait pas assez observés pour le savoir.

D'un geste brusque, elle ramena une chaise à elle, et s'assit pour commencer une lecture ô combien passionante sur un sort quelconque, ouvrant le livre au hasard des pages. Le Sang d'Ebène. Ça commençait soft. Et puis, elle soupira soudain, au milieu d'une page. Sa paupière se ferma, et sa langue humidifa ses lèvres. Elle parla, d'une voix rocailleuse et amusée. Et la partie de cache-cache prit fin.


" Quand sortiras-tu de ta cachette ? "

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Ombre
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MessageMar 26 Avr 2011 - 3:03

En cet instant où l'obscurité régnait, la nuit s'étant déjà complètement emparée de la cité, Ombre se baladait calmement, explorant les ruelles parfaitement sombres. Ah, mais c'est qu'il faisait beau, dehors ! La noirceur battait son plein et c'était le moment parfait pour scruter les différemment bâtiments qui constituaient la ville. Pas à pas, l'enfant de la nuit s'extasiait devant les vieilles structures qu'il ne savait pas décomposées par la guerre.

À force de découvrir les différents dédales d'Elament la Sombre, Ombre déboucha devant l'entrée d'un vieux bâtiment un peu plus brûlé que les autres. Ça semblait ouvert. L'être demeura quelques minutes, immobile, hésitant, fixant l'entrée de la bibliothèque. Entrer ou ne pas entrer ? Il devrait bien commencer son exploration intérieure une nuit ou l'autre. Entrer, donc.

Le lieu était terriblement vaste et notre Ombre entendait chacun de ses pas résonner, alors qu'il pénétrait l'endroit. Une fois à l'intérieur, celui-ci fut agréablement surpris par les tonnes de rangés d'étagères qui dominaient la salle. Elles étaient remplis de divers manuscrits. Ah, mais c'était ce qu'ils appelaient la bibliothèque ! Des milliers de recueils d'information à sa portée, de quoi découvrir ce monde deux fois plus vite ! Dommage que le lieu soit éclairé. Pas trop, au moins, le chemin semblait praticable. Dans un élan de bon sens, Ombre s'engagea dans la rangée la plus sombre, histoire de mieux voir où il allait.

Alors qu'il traversait l'allée, feuilletant du regard chaque titre des diverses archives, l'enfant de la nuit entendit un bruit qui n'avait pas lieu d'être. Il avait pourtant l'habitude d'être seul. Eh bien non, une bruyante quinte de toux lui prouva le contraire. Et comme s'il n'était pas convaincu, l'écho prit tâche de lui rappeler deux ou trois fois l'argument. Curieux de nature, Ombre se dirigea donc vers la source du dit bruit, suivant son objectif d'emprunter un chemin obscur.

Presque arrivé à destination, il perçut au coin d'un meuble une femme prononcé quelques mots dont il ne comprenait pas la signification. Alors qu'un sort parcourait la salle, Ombre décida de rester où il était afin d'observer de loin, sans être vu. Des serpents de ténèbres qui, pour une raison inconnu, se distinguaient particulièrement bien dans sa vision, revinrent vers la dame avec un ouvrage épais qui semblait l'intéresser, avant de disparaitre dans son visage. Elle semblait amusée, l'ouvrage devait forcément être important.

Soudain, alors qu'il l'observait feuilleter le recueil, l'enfant de la nuit fut interpellé, découvert, trahis. Celui-ci sortit donc de l'arrière de son meuble, puis se dirigea vers la dame, l'observant avec encore plus de curiosité qu'un peu avant. Ombre sourit, puis s'adressa à la dame, entreprenant de faire pardonner son petit "espionnage".


-Pardonnez moi, je n'ai pas l'habitude d'être ... Il n'y a pas beaucoup de gens qui parcourent la cité, la nuit, enfin ... Veuillez accepter mes salutations.

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Sappho
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MessageMer 27 Avr 2011 - 14:15

Le voyeur s'approcha et parla. Au moins, il ne tentait pas, futilement, de rester terrer derrière une étagère. Un brin de lucidité. Ce ne pouvait être, de fait, qu'un démon. Les esclaves étaient rarement autorisés à pénétrer ce lieu. Elle tourna sur sa chaise, se retrouvant presque face à lui, et posa son iris violacé sur son visage. Pâle comme un mort, deux globes noirs en lieu et place des yeux, et des cheveux tenant plus du corbeaux que de l'humain. Alors même si, avec un seul oeil, les perspectives étaient plus difficiles à voir, Sappho fronça le sourcil en se rendant compte que le visiteur était... bien peu matériel. Fantômatique. Par moment, elle avait presque l'impression de voir à travers lui. Effet d'optique ? Sortilège ? ... Curieuse du phénomène, elle n'arrivait pas à détacher son regard de l'étrangeté. Ce devait être un enfant. Dans un sens, il lui rappelait Simulacre. Il avait l'air un peu embêté, surpris que d'autres démons arpentent la nuit avec aisance. Et douceureusement, le serpent logé dans son orbite glissa sur son visage et contre son cou, Lentement, il caressait sa peau abîmée. Puis il tomba sur le sol, silencieux, et s'avança jusqu'à l'étranger. Dans un geste presque maternel, le filament de ténèbres enlaça un de ses mollets, avant de repartir jusqu'à la Faux. Elle tendit son bras et le serpent s'y enroula, retournant à son orbite. Un mince sourire déchira sa demi face.

" Salutations... " Sa voix siffla sur la fin. Elle avait encore des difficultés à parler sur un même ton, la faute à sa captivité, évidemment. Elle haussa les épaules. " J'occupe mes nuits, c'est tout. " D'un geste du menton, elle désigna la chaise en face d'elle. " Assied toi donc. "

Qu'il le fasse ou pas, elle retourna à sa lecture. Les illustrations qui décoraient l'ouvrage ancien étaient plus ou moins clairs sur l'utilité des sortilèges. Il s'agissait bien souvent de contrôler avec minutie et précision le corps d'autrui, en insinuant les Ténèbres en lui. Le faire imploser était simple et demander un certain contrôle et une puissance, à distance. Elle pourrait s'y intrainer. Mais il y avait plus simple et rapide ! Elle frissona au souvenir de son bourreau, qui, avec sa main, contrôlait l'eau de son oeil. Il aurait pu le faire exploser comme ça. Elle était certaine qu'il avait compté le lui arracher. Au final, elle avait récolté pire que ça. Ce foutu aqua de... soudain, elle se figea. Son oeil glissa sur son bras droit. L'un des pansement se gorgeait de sang. Sans doute, le fil qui tenait la blessure s'était étiré. Dans un soupir blasé, elle retira le tissu taché et le posa au hasard sur la table, devant elle. Elle posa sa main gauche sur la blessure et appuya un peu, les lèvres serrées. La douleur était bien faible. Mais le simple rappel du coup de griffe ou de fouet qu'elle avait reçu à cet endroit lui glaça les sangs. C'était une ligne sanglante et irrégulière, recousue avec attention poutant. Mais il y avait tant de blessures... Lorsqu'elle retira sa main, un bandeau noir, tout de Ténèbres fait, isolait la blessure de l'air. Oh pourquoi ne le faisait-elle pas pour toutes ses blessures ? Simples, il faudrait qu'elle se concentre pour tenir chaque bandage, et ça serait vite le bazar, vous voyez ?

En relevant la tête, elle croisa le regard du démon singulier. Elle passa sa main sur son crâne chauve mais loin d'être lisse. Effectivement, des marques de coupures et de griffes, des restes d'hématomes aussi, le couturaient. Elle voulait attendre que les cicatrices regressent encore pour laisser ses cheveux repousser. Elle n'aimait pas vraiment avoir sa tête à nue : sentir le regard se porter sur sa nuque et le tatouage de servitude. C'était le prolongement collatéral des tortures infligées. Le regard des autres, qui decrivent ses blessures, imaginent, en parlent entre eux. Elle détestait ça. Elle tuait de sang froid le moindre démon qui mentionnait sa captivité. C'était loin d'être un tabou pour elle, mais leurs affabulations la dégoûtaient. Profondément... Elle se rendit compte soudainement d'une chose. Ce démon ne semblait pas la reconnaitre. Était-ce un nouveau venu ? Peut-être pas un démon après tout, ou alors mal informé. Très mal. Informé. Elle passa sa langue effilée sur ses lèvres sèches.


" Qu'est-ce-que tu veux ? "

Pourquoi il restait, la regardait. Il aurait pu ... Ah nan, elle lui a dit de s'asseoir c'est vrai. M'enfin. La mauvaise foi était une de ses nombreuses qualités. Oui oui, qualités. Et d'un geste las, elle tourna une page du sympathique ouvrage. Hum obstruer les voies aériennes. Quelle belle idée.

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Ombre
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MessageVen 29 Avr 2011 - 0:15

On tournait sa chaise, on le regardait, on fronçait sourcils. Pourquoi ? Bah ... Peu importe. Lui aussi en profiterait pour la regarder, tiens. Ombre la regarda donc droit dans les yeux, ou droit dans l'oeil, bref; puis il détailla la femme qui se tenait devant lui en entier. Elle était belle. Certes, vous, lecteurs, verriez en ce corps ravagé par la torture une abomination, mais Ombre, lui, qui n'avait pas eu le temps d'apprendre les critères de beauté de ce monde, la trouvait intéressante. Elle était comme tous ces bâtiments qu'il avait pris le temps de scruter en ces dernières nuits. Des merveilles d'architectures, ravagés par quelque triste évènement. Du pareil au même.

Soudainement, un des serpents obscures qu'il avait pu observer plus tôt voyagea de l'orbite de la femme jusqu'à sa propre jambe, l'enlaçant pour finalement revenir à sa position de base en passant par un autre chemin. Drôle de sensation. Pas si désagréable, pourtant. Sans qu'il ne sache pourquoi, l'enfant de la nuit était fasciné par ces créatures de ténèbres. Elles lui ... plaisaient. Leur créatrice le salua à son tour, puis l'invita à s'asseoir. Pourquoi pas ? Assis à ses côtés, il serait plus simple d'observer sa lecture. Enfin ... Peut-être qu'avec un peu moins de lumière, ce serait encore mieux. Ce n'était tout de même pas trop mal. Pas sombre à souhait, mais assez pour lire, détailler, avec un peu de concentration.

Alors, que l'être regardait, à tours de rôle, la lecture puis la lectrice, cette dernière s'immobilisa. Ombre se retourna légèrement pour pouvoir observer le phénomène. Elle se décomposait, la pauvre. Pièce par pièce. Lui, qui jadis apparut en un seul et unique morceau uni, avait du mal à saisir le concept. Quoiqu'en pensant à ses vêtements, il comprenait un peu. Là n'était pas le plus surprenant, par contre. Voyez-vous, elle se réparait. Ça, c'est impressionnant. L'enfant de la nuit s'émerveillait alors que la dame remettait tout en place. Finalement, ce fut le bandage qui, comme les serpents, était fait de noirceur pure qui captiva le plus son attention. Alors que le lieu était un peu éclairé, les objets constitués de cet élément lui apparaissait très clairement. Étrange.

On lui demanda ce qu'il voulait, et l'être entreprit de lui répondre. Celui-ci, direct, fut plutôt clair.


-Savoir. Au début, sur vous. Maintenant, sur ça, aussi.

Instinctivement, sans même se rendre compte de ce qu'il faisait, Ombre fit apparaitre une maquette de ténèbres -d'ombres- devant lui, afin de définir ce dont il parlait. Une illusion qui comportait un bras, un sombre bandage et un serpent obscure, des éléments plutôt similaires à leurs homologues de la réalité. Immatériels, inertes.

-Cette matière inhabituelle que vous utilisez. Ça me ... fascine. Vous aussi. Vous semblez plus intéressante que mes précédentes rencontres, je dois l'avouer.

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Sappho
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MessageVen 6 Mai 2011 - 7:16

Savoir.

Elle aussi, elle voulait savoir. Elle avait tellement à apprendre... et à ré-apprendre. Maisi ll y avait des choses qu'elle n'avait pas envie de retrouver. Le contrôle de sa folie latente par exemple. Elle devait s'y plonger avec toute sa volonté pour espérer regagner sa vie. Mais sur elle, il n'y avait pas grand chose à savoir. Du moins, la plupart des gens se contentaient de son nom, de son rang. Et ils pensaient tout savoir. Ah les sots... Lui, il avait l'air sincère, il ne savait pas qui elle était. Voilà qui l'amusait. Et l'intriguait. Elle ne se prenait pas pour n'importe qui, non, mais elle savait qu'il était souvent nécessaire de savoir reconnaitre les puissants pour survivre, lorsqu'on ne l'était pas soi-même. Et ça. Son oeil s'agrandit. Elle ne cacha pas son intêret pour ses tours de passe-passe. Son iris suivit le bras, le bandage et le serpent noirs. Elle avança sa main sur les formes sombres, et passa ses doigts dans les méandres de Ténèbres, comme si c'était de l'eau ou des cheveux. Elle s'en imbiba, ferma son oeil à demi, les ressentit. Des Ténèbres oui, s'en étaient définitivement. Il semblait les manipuler sans savoir. Ça lui rappelait ses premières expériences sur les Ténèbres, étant quelques années plus jeune. C'était souvent sanglant, de très bons souvenirs.

Elle sortit sa main de ses maquettes et reflechit un peu. Il semblait complétement à l'ouest, plus qu'elle en tout cas. Mais il avait un don certain pour la sorcellerie. Ce serait dommage de gâcher cela. Ces maquettes fantômatiques étaient habituellement plus difficile à matérialiser qu'on pourrait le croire. La maitrise des Ténèbres ne se faisait pas en quelques jours, et s'il était intrigué par ce qu'elle faisait... c'est qu'il ne savait pas ce qu'elles étaient. Et ça, c'était intéressant. Son iris le parcourut, et elle comprit qu'il était différent. Il n'était pas totalement matériel, un peu trop immatériel.

" Sappho est mon nom. Quant à ceci... "
Sur la table se dressa un petit théâtre de figurines noires, des formes dansantes dans des flammes de ténèbres, nymphoïdes. " ... des Ténèbres. "

Elle avait observé son petit ménage avec avidité. Les humanoïdes miniatures dansant dans des flammes sombres, dans ce silence lourd et poussiéreux, semblaient bien malheureux. Des marionettes sans vie, de simples jouets entre ses doigts. Ses yeux revinrent sur l'étranger. Leurs doigts. Elle devait s'assurer qu'il ne faisait pas semblant de tout ignorer et de ne rien savoir. Elle devait être certaine de ses pensées.

" Donne moi ton nom et dis moi d'où tu viens, et je t'en dirais plus à leur propos. "
D'un geste las, elle tourna une page abîmée de son ouvrage, plongeant son regard unique dans les lignes de runes et les annotations mystérieuses à l'encre de sang. " Promis. "

Mince rictus qui tord son face, alors qu'elle n'offre plus que la partie abîmée de son visage, la droite. Lentement, elle laissa l'un des serpent de ténèbres glisser de son orbite, jusqu'à ses lèvres fines et pâles. Le filament passa dans sa bouche et elle l'avala. Il avait un goût sucré et doux, qu'elle affectionnait. Voilà qui lui avait manqué. Le goût du sucre et de ses ténèbres. La soupe donnée au biberon et bien souvent agrémentée de quelques... "épices" naturelles... l'avait dégoûtée de ce breuvage. Et tellement amaigrie. Elle n'était qu'un sac d'os, la peau sur les os. Mais petit à petit, elle reprenait "vie" et c'était tout les jours une victoire contre la Résistance et un petit pas pour sa vengeance (mais un grand pas pour les démons).

Elle parcourut la page rongée par les mites. Tout reposait sur les Ténèbres liquides que l'on injectait aux pauvres victimes... Diverses façons de procéder étaient alors détaillées. Parfois, Sappho essayait de choisir la meilleure mort pour son bourreau adoré. L'étouffer lentement en bouchant sa gorge ? L'attacher et le découper le plus longtemps possible ? Lui arracher les yeux, la langue... Non pas la langue. Elle voulait l'entendre crier, sans ça, elle ne prendrait pas son plaisir. Oh oui, rien que d'imaginer sa souffrance, elle frissonait. Et son sourire s'étendait sur sa face, la sciant en deux. Et faisant fuser la douleur de son côté torturé. Pourtant, elle ne cessa pas de sourire. La douleur avait pris son nid dans sa tête, dans son corps, son esprit. C'était une habitude jusqu'à un certain seuil. Elle la supportait mieux, mais ce n'était pas forcément un avantage. Lentement, le sourire disparut, et une mine presque sérieuse prit sa place, toutes ses pensées concentrées sur la technique qu'il faudrait mettre en place pour arrêter le coeur d'un ennemi en le compressant dans un étau de ténèbres... Réjouissante perspéctive.

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Ombre
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MessageVen 22 Juil 2011 - 3:47

Sappho, une appellation aussi originale qu’ambigu. Soit. Ironie de la situation, celle qui passait sa main dans ces maquettes lui expliquait ensuite de quoi elles étaient constituées. Des Ténèbres. Ténèbres ? Ténèbres. C'était un nom qui lui rappelait quelque chose. N'était-il pas né pendant leur règne ? Peu importe. Ombre dut revenir de ses pensées quand on lui demanda à son tour de décliner un peu de son identité, en l’occurrence son nom et son origine. Pourquoi pas.

-Je suis Ombre, originaire d'une des ruelles de cette belle cité et ce, depuis quelques semaines déjà. Puis-je me permettre de vous poser la même question ? Non pas à propos de votre nom, évidemment, mais plutôt de vos origines.

En l'attente d'une réaction quelconque, Ombre se remit à son observation de l'ouvrage que contemplait son interlocutrice. Apparemment, les diverses pages qu'Ombre tentait de lire avec difficulté malgré la lumière la faisaient sourire. Pourquoi ?

-Puis-je vous demander ce qu'il y a de si intéressant en ces pages ? Je dois avouer avoir une certaine difficulté à suivre votre rythme de lecture. C'est la lumière ...

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Sappho
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MessageMar 29 Mai 2012 - 21:23

Faux cligna de l'oeil, surprise. Une ruelle. Une Ombre. Non, un Ombre. Ombre de la Cité, né des Ténèbres qui l'occupaient. Quelques semaines... Elle fronça son sourcil, intriguée, et lui lança un regard oblique. Qui était-il ? Il lui rappelait quelqu'un. Mais sa mémoire refusait de faire un lien. Et lorsqu'elle força, une douleur fulgurante lui prit le crâne. Elle retroussa ses lèvres et plissa le nez, secoua sa tête. Elle ne répondit rien. Lentement, elle souffla entre ses canines aiguisées et neuves, blanches comme celles d'un enfant. Le sifflement résonna à travers les sombres étagères. Les lumières vacillèrent et faiblirent jusqu'à mourir lentement... L'oeil mauve de Sappho luisait dans la nuit noire qui les entourait désormais. Elle le posa sur Ombre, et le vit entièrement. Complètement matériel. Elle s'humecta les lèvres, et hocha la tête, pensive.

" Jeune Ombre, enfant des Ténèbres, soit le bienvenu à Elament la Sombre. Ma Cité. " Elle lui fit signe d'approcher. Comme lui sans doute, elle voyait parfaitement dans l'obscurité. " Je suis de la lignée de Lilith, et j'ai vécu près de Luxania pendant quelques années. Ces noms ont ils un sens pour toi ? "

Elle esquissa un sourire narquois. Ce jeune démon semblait bien ingénu, bien téméraire ou juste inconscient. Simplement sans connaissance. Il ne tenait qu'à un démon mieux renseigné de remplier son esprit malléable. Sappho se délectait d'avance de jouer avec cet Ombre. Elle posa son index sur une ligne de texte, traitant de mort douloureuse et lente. Une mort atroce.

" Je cherche une vengeance approprié, Ombre des Ténèbres. "

Puis, soudain, sans signe indicateur, Sappho se dispersa dans des volutes de Ténèbres, sans bruit. Les filaments de noirceur valsèrent un instant sur la chaise qu'elle occupait, puis disparurent. La petite succube réapparut juste derrière Ombre. Elle passa un bras autour de son cou d'albâtre et le serra contre elle. Une lente inspiration, éraillée et douloureuse, s'ensuivit. Elle appliqua ses lèvres sur son cou et mordit sans se retenir. Ses petites dents pointues pénètrent comme dans du beurre, et pourtant, il n'y avait rien. Pas de sang. Juste des Ténèbres. Elle aspira un peu, puis retira ses canines et posa son menton sur son épaule.

" Tu es un drôle d'être, mais tu as plutôt bon goût. " Elle pouffa à sa boutade douteuse et recula enfin, le libérant de son étreinte. " Tu es né des Ténèbres, tu es un être parfait. Un démon parfait. Un potentiel sorcier parfait. Je suis une enfant des Ténèbres, considère moi comme ta grande soeur, Ombre. "

Elle laissa briller son sourire aigu. Son regard scrutait la moindre réaction du démon nouveau né. Un démon avec des pouvoirs si grands. Juste sous sa main. Juste pour elle. Un cadeau des Ténèbres. Merveilleux. Et en le regardant sans lumière, la mémoire lui revient. Ce gamin pâle aux yeux d'ébène ... ressemblait à Iblîs Nemrodus, le Marcheur d'Ombre. La maîtrise en moins. Elle avait sous les yeux le matériaux brut. Ne tenait plus qu'à elle de l'aider. Et d'en profiter un peu, si possible... C'était un enfant. Elle pouvait communiquer avec lui, à la différence de Maître Senector, elle avait encore un côté enfant, cruel et gâté. Elle pouvait vraiment jouer sa soeur. Ou son amie. Et le lier à elle, à la vie, à la mort. Un plan simple en apparence, qui lui donnerait un but secondaire, outre sa vengeance qui lui occultait l'esprit trop souvent.

" Jeune Ombre, veux-tu apprendre de moi ? "

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Ombre
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MessageJeu 6 Sep 2012 - 7:31

Un souffle et noirceur fut. Enfin, la bibliothèque se dévoilait pleinement au jeune Ombre. Ses homologues avaient finalement dominés les lieux, s'installant lentement mais sûrement, au terme d'un faible murmure. "Hhhh" Les cieux en moins, il faisait désormais encore plus sombre qu'à l'extérieur. Tout semblait alors plus ... clair. Curieux, l'être nocturne fixa alors la jeune dame qui lui offrait une telle vision. Étrangement, elle semblait porter en lui plus d'intérêt que ceux qu'il croisait en moyenne. Généralement, c'était lui qui tenait le rôle d'observateur et non l'inverse, mais ... la découverte semblait mutuelle, cette fois.

En ces lieux inéclairés, sombres, elle l'accueillait à Elament. "Sa" cité. "Suis-je ainsi né dans une ... possession ?", murmura très faiblement l'enfant de la nuit, des Ténèbres. Ces plaisantes entités ... Pourquoi l'y associait-elle? Avaient-elles un lien intime avec son existence ? Ce fut une question que l'être n'eut le temps de verbaliser. Déjà, on lui parlait de lignée et d'autres noms en "L". Tout cela s'harmonisait bien, mais un sens ?


-Non. En ont-ils pour vous ?

Et la lectrice interlocutrice continua de s'introduire, retournant la conversation au sujet principal. Au savoir. Savoir. Savoir comment. Comment se venger ? Vengeance était-elle quelque chose qui s'apprend, qui se lit ? N'était-ce pas quelque chose que l'on vit ? Quelle expérience était assez terrible pour que notre haine innée ne soit pas assez suffisante pour bien prendre revanche ? Eh bien, encore une fois, des actes venaient perturber les pensées d'Ombre avant que celui-ci ne formule quoi que ce soit. Des actes de ces entités, les ténèbres. Elles venaient cette fois lui dérober sa découverte, le laissant seul, déjà.

Ou pas. Elles changeaient d'idées, elles la recrachaient derrière lui. Son divertissement prospérait et pareillement, la jeune dame semblait se divertir aussi. Ils étaient maintenant proche. Très proche. Trop proche. Douleur. Oh, nouvelle sensation ! Était-ce désagréable ? Était-ce agréable ? Le sombre être était incertain : Déjà, l'expérience était finie, emportant avec elle une petite partie de lui. Un bon goût ?

Ainsi était-il libéré et on lui faisait éloge. On parlait de famille. Ténèbre' et sa faux formaient apparemment parenté et semblait l'accueillir chaleureusement. Curieux. On lui proposait du savoir. Elle lui proposait "son" savoir.


-Je ne saurais refuser une offre à l'apparence si généreuse. Je cherchais justement quelqu'un à qui parler et quelque chose à faire. Vous êtes intéressante, soit. Parlez moi donc et je m'occuperai d'apprendre. Mais apprendre quoi ? Qu'avez-vous à me faire découvrir ? Le monde, la maitrise de ses mécanismes, ou bien ma voie dans toutes ces possibilités ?

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Sappho
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MessageSam 8 Sep 2012 - 22:21

" Les mots n'ont de sens que pour ceux qui leurs en donnent... "

Noir.

La Faux fit quelques pas dans le noir, tournant au tour de la table, se repérant dans l'obscurité avec facilité... Après tout, n'y avait-elle pas passé une lune ? Sans lumière, sans mouvement. À présent, elle comprenait peut-être, ce qu'étaient vraiment les Ténèbres, le Noir total, l'Abysse. Elle avait plongé dedans, en était ressortie... Elle ne les craignait plus. Elle n'avait plus de craintes, tant sa folie occultait son instinct de survie. Elle se jetterais d'un pont si l'idée lui venait, sans distinction, sans voir plus loin. Que pouvait apprendre une folle ? Quelques pas encore, elle se retrouva à nouveau face à Ombre, et se tint debout devant lui. Oh, elle n'était pas bien impressionnante, tant elle était petite. Comment peut-on imaginer un Chef ? une Intendante ? Comme une personne de haute stature, qui vous domine sans difficultés. Sappho pourtant, était bien plus petite que tout les Généraux. Cependant... il y avait d'autres moyens que la taille pour dominer.

" Tout ce que tu dois savoir, je peux te l'apprendre. Maîtriser tes Ténèbres, en faire une arme et une amie, connaître notre Histoire, connaître ce monde oui... Oh oui, il y a tellement à apprendre... " Elle eut alors un grand sourire, et posa sa main sur la joue du jeune Ombre, laissant courir dans les veines de sa paumes des Ténèbres. Les sentait-il ? " ... et toi, tu ne sais rien. "

Son rire était si éraillé, et si incongru en ce lieu. Mais pour une fois, elle ne se moquait pas, oh non. Elle l'aimait bien, ce petit Ombre, ces questions, son envie d'apprendre, son ignorance aussi. Il ne la regardait pas avec de la peur, ni avec dégoût. Il ne la regardait pas comme un monstre - qu'elle était, certes. Il était curieux, il était juste curieux. Elle adorait ça. Dans la noirceur, elle voyait ses yeux, deux grands globes sombres, ressortant sur son visage pâle comme la mort. Si blanc, si pur... qu'il illuminait les Ténèbres, tout en les accueillant à bras ouverts. Peut-être la pâleur était-elle un signe ? Peut-être que seules les êtres sans aucune souillure de la lumière pouvaient contrôler cette part de la magie démoniaque. Avant, Sappho ne l'était pas. Maintenant, elle pouvait l'être. Mais lui, il était né ainsi. Né pour vivre dans le Noir, le Néant. Et parce qu'il était un être né de sa mère la Nuit, elle l'accueillerait comme un frère. Certes, elle y trouvait un avantage, mais qu'importe, de toute façon, Faux était bien trop folle pour penser à tout.

Ses blessures la rappelèrent à l'ordre, et sans signes annonciateurs, elle se retrouva prostrée devant lui, les bras autour de la taille lors que sa chair se révoltait. Son corps la brûlait et elle se mordit la lèvre à sang. Lorsqu'elle put souffler, l'esprit un peu embrouillée, elle posa ses genoux à terre, et colla sa tête contre les genoux de Ombre. Après avoir repris son souffle, elle déclara, d'un ton inquiétant :


" Il y a des gens dehors... des gens qui nous veulent du mal, tu sais ? Ils m'ont fait tout ça, et ils te feront pareil si tu tombes entre leurs mains... Ce sont des monstres, Ombre, des créatures sans merci qui nous haïssent. " Sappho leva la tête et le regarda dans les yeux. D'une voix fluette, elle termina : " Il faut tous les tuer, petit frère. "

Elle continua de le regarder. Tous ? Vraiment Faux, aucun ne mérite de pitié ? Il n'y a pas si longtemps, tu pensais autrement. Il n'y a pas si longtemps... tu pensais. Aujourd'hui, son esprit n'était plus que morceaux de verre brisé qui s'entrechoquaient sans logique, qui sonnaient sans heure.

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MessageLun 10 Sep 2012 - 20:10

Habile leçon. Quel sens la population donnait-elle à ces mots ? Quel sens donnait-elle ? Si vous y donnez un sens nouveau, que les gens l'adoptent, mais que vous, oh, vous n'avez pas changé d'avis ? Vous avez appris à mentir. Mensonge. Doux outil dans cette guerre à l'influence, au pouvoir. Ainsi, le simple outil d'un jardinier peut devenir symbole de terreur. Votre symbole. Par la peur, vous devenez ainsi plus que vous-même, vous êtes ... une image. Luxania, Lilith ... Quels sens leur donnait-on ? Et qu'étaient-ils vraiment ?

Sappho se tenait maintenant devant lui, lui présentant potentiel et donc, opportunité. "Ses" ténèbres, disait-elle, mais étaient-elles sa possession ? Lui qui contemplait cette nature qui lui donna vie, il ne l'avait pas encore assimilé en tant qu'outil. Amie, il préférait. C'était plus ... chaleureux. L'on énonça l'histoire et ce monde, en dehors de la ville. Oui, c'était vrai, il semblait y avoir beaucoup à contempler. Grande soeur posa sa main sur son visage et Ombre la sentit. Cette chaleur. Chaleur, c'était une expression, bien entendu, mais il y avait quelque chose de plaisant. Ombre sourit légèrement. Timide sourire qui se dessinait quand cette petite partie de lui qui était partie toute à l'heure, il croyait, peut-être, la retrouver. Puis, il en revint au vif du sujet.


-Je ne sais rien, non. On pourrait presque croire que c'est une qualité, quand on vous écoute.

Et un rire, pourtant autrement destiné, semblait confirmer ses propos. Il n'avait jamais entendu rire par avant. Ce semblait être une expression agréable. Ha ha ha. Oui. Bien qu'il n'eut pas entendu d'autres rires pour pouvoir bien comparer la distinction, celui-ci semblait avoir du bon. Il fut alors dommage que cet état d'esprit ne puisse durer longtemps. Douleur. Encore une fois. Mais oh, cette fois-ci, ce n'était pas lui. C'était elle qui souffrait. Vu de cette perspective, Ombre pouvait enfin décider : La douleur semblait désagréable. Ou bien y en avait-il plusieurs types ? Réflexion, encore et toujours, et la faux poursuivit son habitude de le couper dans ses pensées. Ou bien était-ce lui qui réfléchissait trop ? Oh. Quelle ironie.

Tout semblait être question de haine en ce monde, lorsqu'on osait en parler lors de quelque conversation. On leur voulait du mal. On lui voulait du mal. Déjà ? Que ce soit vrai ou non, Ombre se réjouissait un peu d'être donc né à l'intérieur. Apparemment, tuer semblait être la solution la plus efficace. Ombre n'avait pas encore cette haine en lui, mais sans but, il ne refusait pas de se prêter au jeu de sa soeur, tant qu'il marcherait dans ses pas. Si ça pouvait lui faire du bien. On s'intéressait à lui, pourquoi n'accepterait-il pas cette douce invitation ?


-D'accord, si tu veux. Tuons les.

Il l'avait tutoyé. Après tout, n'étaient-ils pas entrain de construire cette petite ambiance familiale ? Oh, pas de rangs ici ! Enfin, c'est ce qu'il aurait dit, s'il connaissait seulement leur existence. Ombre posa alors les yeux sur ce livre que son interlocutrice consultait autre fois. Vengeance. Tuons ... le ? Mais comment tuait-on, pour commencer ?

-Comment ? Tu parles souvent de nos amies en tant qu'arme. T'aideront-elles à former une vengeance aussi belle ?

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Sappho
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MessageJeu 13 Sep 2012 - 21:23

" Qui sait ? Trop de savoir n'amène qu'à la mort. "

Ah en voilà une réflexion à se faire des noeuds à la cervelle. Faux n'en avait aucune idée, mais les sages aux connaissances infinies n'étaient que des fantômes à ses yeux. Des vieillards errant dans des bibliothèques, ayant oublié le goût de la vie, lui préférant le parchemin sec et craquant. Alors, peut-être la solution était-elle dans l'ignorance, la sainte ignorance, qui nous protège de la vérité, de la cruauté. À partir de quand devenait-on aveugle au monde, à la vie ? Jusqu'où pouvait-on pousser le savoir ou l'ignorance ? ... Bah qui s'en souciait ... Pas Sappho, l'enfant de la Nuit, la Faux monstrueuse. La folie est ignorance et savoir à la fois, alors qu'importe oui...

*********
Elle posa ses avant-bras sur les genoux d'Ombre, la joue posée sur l'un d'eux. Tuons-les. Le tutoiement la surprit l'abord, elle esquissa un sourire et cligna de l'oeil. Peu de gens la tutoyaient. Son maître, Senector. Iblîs aussi, l'avait tutoyé à l'époque. Et puis, il y avait eu... Lysias. Sappho refusa d'y penser, et l'oublia. Elle pouvait tout plonger dans l'oubli. Tout oublier, c'était plus simple. Se souvenir d'avant, c'était faire revenir la mémoire de son calvaire, et c'était bien trop dur à supporter. Et pourtant, ça revenait, tel le reflux d'un marée amère...

Oh oui, il y avait de la haine de sa vie, dans leur vie. Pour un démon, il n'y avait pas d’échappatoire. Même sans le vouloir, il tombera sur un ennemi, sans même le provoquer. Il fut un temps, Faux avait essayé de passer outre, elle n'avait rien dit à un naïf nymphe, et il ne l'avait pas su. Et ils étaient amis. Du moins, elle ne savait pas s'il était encore en vie, ni s'il se souvenait d'elle, ni... Ahah... Pauvre Faucille, perdue dans sa cervelle. Elle soupira, l'esprit encombré, bourdonnant. Oui, si je le veux, nous les tuerons. Elle aime sa façon de le dire, son indifférence. Sait-il seulement ce que "tuer" signifie ? Elle lui apprendra bien assez tôt... Il ne voit pas encore son propre potentiel, il ne sait pas se battre, ni utiliser nos amies en ce sens. Lentement, grimaçant sous la douleur, Sappho se releva et plaça sa main à plat, paume vers le haut, devant le visage d'Ombre.

" Ah mais, les Ténèbres sont certes d'excellentes et doucereuses sucreries... " Elle rassembla des ténèbres, petites particules noires, pour former une bille de la taille d'un bonbon, à la consistance d'un caramel. La prenant entre deux doigts, elle la glissa entre les lèvres de son cher frère... Passant sa langue pointue sur ses lèvres, elle poursuivit : " ... sans elles, je serais morte il y a longtemps. Cependant. " Elle inspira profondément, et dans la même main, elle créa un pieu de Ténèbres, solide comme un roc. Avec force, elle le planta dans le chêne de la table, accompagné d'un son mat. " Nos amies sont aussi violentes, terrifiantes... Elles sont honnies, on les craint... Nos amies nous protègent, nous chérissent et nous endorment. Elles sont Arme, Bouclier et Amour, elles sont en nous. En moi... et en toi. "

Accompagnant ses paroles, elle posa la main sur sa poitrine, puis sur celle d'Ombre. Avec un petit rire, elle s'écarta de lui, mordillant son pouce à la manière d'une enfant.

" Montre moi... montre moi ce que tu peux créer avec nos Amies ! "

Il y avait de l'ordre dans sa demande, et elle n'aurait su comment réagir à un refus, elle serait capable de n'importe. Même, si elle le trouve décevant, elle pourrait faire n'importe quoi. Ah mais... Il n'y avait aucune raison pour ça. Il était fantastique.

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MessageJeu 20 Sep 2012 - 2:30

Savoir et mort étaient-ils vraiment liés ? Si oui, quelle tragédie cela serait pour les êtres curieux, tel Ombre. Avide de savoir. Avide de mort ? Peut-être. Peut-être de celle des autres. Qui sait ? Pour l'instant, s'il suivait les pas de sa soeur, ça pouvait s'appliquer. Celle-ci était accotée sur lui, curieusement souriante. L'enfant observait, silencieux. Un soupir ? Qu'est-ce qui se passait en l'esprit de sa nouvelle famille ?

Levée, elle lui fit cadeau. Une confiserie. Douce confiserie. Sombre confiserie. L'être nocturne savourait pour la première fois ce petit délice qu'on offre généralement aux gens de sa carrure. C'était plaisant. Combien d'usages avaient donc leurs amies qu'elle appelait Ténèbres ? Au moins deux, pouvait-on déduire de cette nouvelle prestation qui venait compléter la présentation. Ainsi, la table qui toute sa vie avait accueillie recueils de théorie recevait finalement un peu de pratique. Et durement (Littéralement).

On lui présentait donc une extension de lui-même qui avait apparemment une myriade d'usages. On lui demandait ensuite d'essayer, d'un ton, d'une approche ... faussement familière. Peu importe. Il essaya. Il se concentra sur sa main mais rien ne se produisit. C'était bien normal, l'être n'avait jamais essayé de créer un pieu avant. Il ne savait pas comment faire. Il exprima cette faiblesse.


-Je dois l'admettre, je ne sais pas comment créer cela !

Une maquette d'ombre représentant parfaitement le pieu que sa grande soeur avait plutôt fabriquée se matérialisa devant sa main droite, là où il pointait sans s'en rendre compte. Le démon fixa ce qu'il venait de faire apparaitre. Il essaya naïvement de l’attraper, mais il passa à travers. Il soupira à son tour. Il fit disparaitre le tout, puis réfléchit longuement. Il comprenait maintenant qu'il était capable de créer quelque chose, mais il ne savait le faire sous un aspect ... matériel. Et si il répétait l'action même ?

Ombre créa une maquette de Sappho. Plutôt, une silhouette ressemblant vaguement à Sappho. Elle tenait ce fameux faux pieu. Il se concentra ensuite pour que cette ombre puisse se mouvoir et poignarder la table, mais le tout se déforma en mouvement pour ensuite disparaitre. Trop complexe. Dommage. Tant pis. Une autre méthode !

Finalement, l'enfant fit apparaitre le pieu en sa main, et le déplaça comme s'il était réel. Il poignarda à répétition la table lui-même, se concentrant sur la fausse arme. Peut-être pourrait-il la faire passer d'immatérielle à matérielle ? Ainsi, Ombre fixa le pieu et celui-ci, heureusement plus solide, heurta la table ... et s'écrasa telle une pâte à modeler. Soupir.


-Pardonne moi, grande soeur. Visiblement, je ne sais pas maitriser nos amies.

Déception.

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Sappho
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MessageSam 29 Sep 2012 - 16:07

Elle l'observa après sa présentation. Il essaya de toutes les manières possibles, apparemment hésitant. Il ne maîtrisait que la partie aérienne, volubile des Ténèbres. Personne ne savait quel était l'état naturel de celles-ci, toutefois, le plus facilement contrôlable était gazeux. Sappho supposait que la magie des Ténèbres était dispersée en des milliers de grains de sable dans l'air, et qu'il fallait les rassembler pour les rendre visible. Cependant, rien ne prouvait qu'elles existaient à naturellement dans l'atmosphère, elle pouvait tout aussi bien les invoquer depuis une autre dimension, qu'en savait-elle ? Peut-être Nemrodus savait-il... Peut-être, cet Ombre était-il la clé... ? Elle laissa son oeil vagabonder sur le pseudo-pieu qu'il lui présentait, encore trop mou, pas assez concentré. Dommage.

Elle soupira, puis, après avoir repoussé en arrière quelques cheveux tombant sur son visage, posa sa main sur la joue du jeune démon.


" Tu y arriveras petit frère, et tu auras tout ce qu'il faut pour t'entraîner. " Avec un petit rire, elle recula, et d'un geste sec ferma l'imposant ouvrage encore ouvert sur la table de chêne. Elle hésita un instant, puis poursuivit : " Vois-tu, il existe plusieurs formes de Ténèbres, et peu d'entre nous savent toutes les manipuler. Aériennes, liquides, solides... Mais aussi brûlantes, gelées ou immatérielles... Je te montrerai comment les amadouer et les transformer... Alors, viens avec moi... "

Elle s'immobilisa. Sa main vint se placer mécaniquement sur son ventre. C'était un foutu coup de pied du foutu monstre. Comme si ... comme si elle n'en avait pas eu assez. Sappho cligna des paupières, déglutit et respira profondément. Ça ne faisait pas mal, oh non. La douleur, elle savait ce que c'était, et ça n'en était pas. C'était juste l'impression d'être parasité. Pourtant, rien ne le montrait. Elle était encore bien frêle, trop maigre, sans poitrine. Rien de physique... Elle aurait voulu sortir les griffes et arracher la créature de ses tripes. Le jeter par terre et y mettre le feu. Danser autour du brasier, et envoyer les cendres aux élémentalistes. Oh oui... elle y avait penser. Elle avait recensé toutes les possibilités... Et finalement, elle avait décidé de... Ah mais, que disais-je ? Ce sujet attendra une autre page.

Secouant la tête, elle tendit la main à Ombre.


" Viens avec moi, je vais te conduire chez nous. " Un mince sourire orna son visage déchiqueté. " Là où les Ténèbres dansent et les éléments pleurent... "

Elle désirait tant lui enseigner. Sans doute serait-elle le plus étrange des professeurs. La plus atypique. Mais peut-être... la plus distrayante. Il n'y avait pas que les Ténèbres que l'on pouvait tordre à sa volonté : les désirs, les volontés, la personnalité... Elle avait un matériau si pur sous les mains, il faudrait être un fou pour ne pas en profiter. Et elle était folle à lier. Allons, petit Ombre, allons donc au Palais des Feux. Le mien. Et le tien.

Spoiler:
 

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