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 Où les chaînes se referment [Pv Sen]

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MessageLun 11 Avr 2011 - 23:07

Il faisait chaud. Trop chaud pour quelqu’un qui n’avait rien bu depuis la veille, mais Eldälie avait vu pire. Au moins le soleil était caché par d’épais nuages qui rendaient l’air saturé d’humidité. Elle ne comptait plus les longs mois durant lesquels elle avait été ainsi exposée sur la place publique dans le but de ramener de l’argent à son «propriétaire». La honte, le dégoût et la peur avaient fini par laisser place à la lassitude et au néant. Le caractère de feu de la jeune femme lui avait d’ailleurs déjà valu plusieurs coups, mais son refus d’obtempérer additionné au fait que personne ne semblait vouloir d’une elfe noire lui avait valu le privilège d’être vendue à un autre marchand d’esclaves bien plus minable que le précédent.

Alors que ce dernier malmenait un jeune Elnihïn pour le plus grand plaisir de son petit auditoire, Eldälie semblait absente, le regard néanmoins tranchant rivé sur le marchand. Autour d’elle, tous se serraient comme pour s’empêcher de se faire prendre, gémissant et braillant autant qu’ils le pouvaient, poussés de tous côtés par les deux employés du marchand d’esclave. Ce n’est que lorsqu’un de ceux-ci s’approcha d’Eldälie et lui asséna un coup dans les côtes pour qu’elle recule dans les rangs que cette dernière accusa le coup avec une plainte étouffée, se recroquevillant légèrement. Le choc passé, il ne fallut que quelques secondes à l’elfe noire pour se redresser complètement, l’air arrogant puis de cracher au visage de son agresseur, avec une expression de profond dégoût. Ses chaînes aux poignets et aux chevilles ne lui permettant pas de mouvements amples, la jeune femme n’avait pas réfléchi à son geste, mais cela ne changeait rien, car d’une manière ou d’une autre, elle aurait tout de même craché au visage de ce Drewar qui ne quittait pas son corbeau. Eldälie avait encore quelques difficultés à reconnaître toutes les races de démons, mais c’était du pareil au même : aucun ne valait mieux qu’un autre.

Se faisant violemment empoigner par ce dernier, ce fut la panique générale chez les esclaves qui poussèrent un cri, comme une seule et unique personne. L’elfe noire fut projetée avec force au centre de la foule, là où se tenaient les acheteurs potentiels, et fut tout aussi paniquée que les autres, bien qu’elle n’en laissa rien paraître. S’éraflant les genoux, les avants bras et la joue droite au passage, Eldälie serra les dents et maudit pour la enième fois son arrivée à Elament, bien avant le jour de la Perte. Évidemment, la jeune femme savait que personne ne voudrait d’elle et elle allait par ailleurs payer pour ses actions, c’était inévitable. Parfois la vie éternelle n’était pas ce qu’il y avait de préférable…
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Tréaga
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MessageMer 13 Avr 2011 - 15:07


La chaleur, cela lui avait toujours parlé, le feu était ancré dans sa nature de bien des manières. C’était l’astre qui la gênait le plus. L’étoile solaire irradiant dans le ciel comme un espoir, répandant ses rayons sur le vaste du monde. La générale n’avait jamais aimé la lumière, son essence ne se troublant qu’au contact de brasier hurlant. Toutefois, ce jour-là, le soleil se dissimulait derrière de lourdes nappes cotonneuses et humides. Certes, celle que l’on nommait Jasdrian frissonnait de tant d’eau flottant au-dessus de sa tête, mais qu’importe. Le jour était bien assez révulsant pour le dénigrer quand elle pouvait enfin y aller. Sa chétive silhouette avançait parmi la foule, la tête à l’abri sous la capuche de sa sombre veste de peau.

C’est sans pensée qu’elle laissait son regard errer sur les personnes aux alentours. Ses prunelles glissaient, allant de l’un à l’autre et l’éraflant de son œil acéré au mépris cuisant. Les esclaves n’étaient source d’intérêt pour elle que par leur nature d’élémentaliste, ou de traître selon les cas. Son cœur s’abreuvait de la délectation de leur soumission, aboutissement de tout un combat. Mais son esprit les repoussait avec aigreur, tels des objets trop usagés pour posséder quelque valeur. Ils étaient là, amas de chair, et c’est tout. Ils n’avaient que ce privilège, être là, tout du moins en apparence. Déjà, la plupart sentait la mort. Ce n’était même pas des proies. Les mains dans les poches, Jasdrian avançait, les yeux sur ce qu’elle aurait pu être.

Quand quelqu’un fut jeté à ses pieds.

Elle avait l’habitude des offrandes. Certains parmi ceux de sa cour aimaient à lui faire des présents, souvent objet de leur chasse. Toutefois il lui apparut rapidement que l’action n’était pas dans ce but, et sa conséquence fruit du hasard.

Deux sphères de saphir, étangs infinis, se jetèrent sur elle et l’engloutirent. L’elfe retint la douleur dans sa gorge, de la terre dans les cheveux et parsemant son corps éraflé. Jasdrian n’aimait pas l’eau. Des égratignures sur sa peau, le sang coula, colorant son visage pâle. Jasdrian trouvait aux esclaves un pathétisme sans borne. La poitrine de l’autre se soulevait rapidement, et ses yeux haïssaient le monde. Jasdrian ne supportait pas tout ce qui n’entrait pas dans la dualité, la rage, la force et l’honneur. Ses bottes de vieux cuir crissèrent sur le sol et elle l’enjamba, une jambe de par et d’autre de son corps svelte. A elle, Jasdrian présentait son dos, et c’est quand elle n’eut plus son regard ancré au sien que le temps s’écoula à nouveau.

Autour, la masse s’était écartée, certains observant la scène avec un amusement non dissimulé, d’autres l’ignorant, ce n’était pas denrée rare en ces lieux. Les esclaves agglutinés en face les fixaient, la fixaient avec crainte, la terreur gravant leurs traits. Cette même appréhension, allégée toutefois, commençait à se peindre sur la figure du marchand d’esclaves et des deux êtres sous ses ordres. Le trafiquant de chair vivante fit un pas, un pas (déjà) de trop. Sa voix balbutiante s’éleva :


« Excusez, une esclave turbulente… »

« Je sais. » Répondit-elle sans attendre la suite. Elle sourit quand son interlocuteur en parut plus gêné encore.

« Vous a-t-elle causé quelques désagréments ? »

« Non. »


Un blanc. Apparemment, les trois hommes devant elle ne saisissaient pas quel était la cause de cette conversation, son but. Au bout de quelques minutes, l’estimant close, l’un d’eux s’avança pour récupérer la fille, la main tendue vers elle. Le bras de la possédée s’éleva. Barrière entre lui et l’esclave. Il la regarda, indécis.

« Vous ne comprenez pas. Elle est à moi. »

Et son sourire, le sourire de Jasdrian s’élargit quand elle vit, du coin de l’œil, le marchand froncer les sourcils, l’excitation naissant au creux de son ventre. Elle avait une proie. Elle avait une chasse.

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MessageSam 16 Avr 2011 - 17:38


Mettre enfin un terme à tout cela aurait été d’un soulagement des plus bienvenus. Peut-être qu’avec un peu de chance, le marchand la tuerait en quelques coups. L’état d’épuisement général d’Eldälie lui donnait l’impression que tout son corps allait se rompre d’un moment à l’autre, et la chaleur étouffante la clouait au sol. Face contre terre, l’elfe noire respirait difficilement, le temps semblait s’être arrêté l’espace de quelques secondes. Elle ne reprit conscience de l’instant présent que lorsqu’elle vit un filet de sang couler sur l’arrête de son nez. Tournant lentement la tête sur le côté, elle ne se préoccupait guère de ses tortionnaires, préférant jeter un regard rempli de mépris à la foule l’entourant, quitte à ce que ce soit la dernière chose qu’elle puisse faire. Les corrections qui se terminaient par la mort de l’esclave qui se voyait le malheur d’être corrigé n’étaient pas très rares, et permettaient de bien rappeler aux autres quelle était leur place.

Ce n’est que lorsqu’elle s’avança, qu’Eldälie la remarqua. Une si petite carrure pour quelqu’un qui semblait aux yeux de toute l’assistance faire figure d’autorité. L’elfe noire n’avait jamais éprouvé de réelle compassion pour les autres esclaves, ils l’indifféraient et c’était mieux pour eux, mais toutes les autres personnes présentes dans la cité la dégoûtaient jusqu’au plus profond de son être. Et la démone, peu importait ce qu’elle était ne faisait pas exception, même lorsqu’elle s’interposa entre elle et le marchand. L’imbécile semblait lui aussi avoir compris qu’on ne riait pas avec cette femme dont la prestance rappelait à Eldälie la sienne, quelques mois avant qu’on ne l’abaisse au rang de chose, avant qu’elle ne soit jetée au sol, pieds et poings liés.

N’écoutant que vaguement l’échange entre les deux personnes, Eldälie ferma un instant les yeux, tentant de reprendre son souffle. Quelques secondes de répit ne semblaient pas lui être inutiles, d’autant plus qu’elle pouvait se le permettre sans crainte, tous les yeux rivés sur la femme. Néanmoins, le caractère orgueilleux de l’elfe noire ne pouvait plus supporter cette situation d’infériorité, et la força à ramper lentement et silencieusement pour échapper à la protection de l’autre, dont elle ne désirait guère l’aide, si c’en était. S’apprêtant à se relever à l’aide de ses poings, elle entendit ce qu’elle priait tous les jours pour ne pas entendre.

« Vous ne comprenez pas. Elle est à moi. »

Tous les sens en alerte, l’adrénaline parcourant ses veines, Eldälie hurla à pleins poumons, comme devenue folle. Il était hors de question qu’elle quitte la quasi-sûreté de la cave dans laquelle elle passait ses nuits pour se retrouver aux milieux de démons, appartenir à cette menace sur pattes. Si la foule semblait reconnaître son autorité, l’elfe noire s’y refusait.

« Non ! »

Se redressant comme si les onze derniers mois n’avait étés que le fruit de son imagination, Eldälie se positionna face au dos de celle qui clamait la posséder. La rage déformant ses traits, la jeune femme mesurait une bonne trentaine de centimètres de plus que cette dernière, dont elle ne voyait toujours pas le visage. Les cheveux pleins de terre, le sang maculant son visage, Eldälie avait l’air d’une bête sauvage prête à tout pour vous arracher les yeux. Une vague de froid qu’elle n’avait pas ressentie depuis longtemps se propageait rapidement à travers son corps, créant une légère brise tout autour de la foule. Cette brise prit même assez d’ampleur pour qu’on remarque qu’elle venait de l’elfe noire, avant qu’une douleur intense ne la percute de plein fouet. Ses pouvoirs d’élémentaliste ayant refait surface sans qu’elle ne le désire sous le coup de la colère, la petite pierre qu’on avait incrustée derrière l’oreille d’Eldälie afin de l’empêcher d’utiliser ses pouvoirs semblait fonctionner à merveille, faisant tomber cette dernière à genoux au sol, comme si elle avait reçu une charge électrique importante. Les deux mains plaquées sur son front, la jeune femme tentait de faire taire ses gémissements de douleur. Tous ayant assisté à la scène en silence, le marchand décida de saisir l’opportunité : Après tout, qui voudrait d’une rebelle comme cet elfe noire si ce n’était cette étrange cliente ? C’est pourquoi il se pressa de couper court à toute négociation avec un manque de subtilité flagrant.

« Grand bien vous fasse ! Je vous la laisse pour une pièce d’or dans ce cas. »

Eldälie qui tentait toujours de calmer la douleur redressa lentement la tête, son regard d’acier plus meurtrier que jamais et la bouche formant un rictus de dégoût, elle murmura tout de même assez fort pour que tous l’entendent :

« Je vous tuerai. »

Peu importait à présent que sa propriétaire n’approuve guère, qu’elle soit d’une cruauté sans pareil ou qu’elle lui fasse subir les pires des supplices, la jeune femme avait l’impression de perdre une partie d’elle-même, et tous allaient le payer.
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Tréaga
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MessageDim 17 Avr 2011 - 22:35


Les menaces de mort étaient souvent le pain quotidien de l’horde démoniaque, et ce plus encore depuis que la cité était sous leur contrôle. Autrefois, sûrs de leur puissance, les élémentalistes voyaient en eux abomination et objet de haine, à défaut d’un autre, toutefois la haine véritable ne se goûte qu’à la première écorchure. Les promesses de vengeance avaient été proclamées mille fois, mais leur saveur n’avait jamais été aussi délicieuse. Le regard brisé, cela sonnait comme un espoir vain auquel on s’accroche. Alors le démon sourit intérieurement, par pitié. Ses yeux cillèrent dans une moue amusée, presque attendrie pour le faible marchand.

« Une menace pour une pièce. Cela se vaut. »

Et, se détournant, Jasdrian offrit son dos et son oubli au trafiquant.

Autour, la foule se disséminait, les uns retournant à leur occupation quand les autres restaient, faisaient parfois mine de s’éloigner pour apprécier la scène de loin. Au centre, l’elfe noire lui jetait un regard de lame, crasseuse et fière. Jasdrian s’avança, le visage découvert par la bourrasque quelques secondes auparavant. La vague du dégoût l’avait assaillie l’espace d’un temps, le temps que le vent fouette ses vêtements, souffle dans son cou. Les paupières s’étaient faites closes, semblant repousser la révulsion, mais inspirant, allant à la rencontre de la senteur de l’air. Jaugeant. Ne fallait-il pas découvrir ce que l’on souhaite posséder ?

Et quand le mot avait sonné,
aera, ses yeux s’étaient rouverts. Ah, oui… Et elle l’avait reconnue.

Maintenant, l’ancienne halfling se tenait devant l’esclave, un mètre de distance entre elles, et elle l’observait avec la curiosité des enfants envers les nouvelles choses. Elle vit la douleur vriller dans son corps et la générale s’en réjouit, car bien que l’esclave soit à elle, son essence restait inchangée. Qu’elle souffre, chantaient ses pensées, ivres des anciens jours où sa propre perdition avait été si proche. Qu’elle souffre, et qu’elle lutte. Pour mieux souffrir. Jasdrian voulait sa douleur et la voir se débattre contre elle. Sa bouche cruelle sourit et elle pencha la tête sur le côté, des mèches éparses caressant sa veste. Elle haussa les épaules.


« D’accord. »

Quelques uns rirent. Pourtant, ses iris restèrent attachés aux siennes. Le bois de marbre sous la furie de l’eau.

« Si cela peut te faire plaisir. Je te déteste aussi, tu sais. C’est de bonne guerre. »

Puis, elle lâcha sur ce même ton sympathique ce qu’elle considérait comme une évidence, un détail jeté comme lorsqu’on décrit le temps :

« Tu pues. »

La remarque passa, et elle enchaîna, considérant soudain les modalités à suivre, d’un ordre :

« Donne-moi ton nom. »

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MessageVen 22 Avr 2011 - 0:10


Elle avait longtemps pensé avoir changé durant ces onzes derniers mois. Ce n’était qu’aujourd’hui qu’elle prenait conscience qu’il n’en était rien, et la jeune femme ne savait pas si elle devait en être inquiète ou rassurée. Elle ne se laisserait pas mener, elle ne se plierait pas aux exigences de cette psychopathe à qui elle venait d’être vendue, il en était hors de question. Son orgueil venait à l’instant présent d’être violemment blessé, plus qu’il ne l’avait jamais été depuis le jour de la perte, mais c’était bien la dernière fois, elle s’en faisait la promesse. Penser pouvoir manipuler l’ancienne halfling était de la folie, mais Eldälie avait déjà fait le tour du point de non-retour une bonne dizaine de fois, pourquoi ne pas tenter le diable jusqu’à ce qu’elle en crève de toute manière ?

Elle l’humiliait sans cesse, mais à quoi l’elfe noire pouvait-elle s’attendre d’autre ? Accusant les remarques, Eldälie était trop occupée à ramasser les pièces brisées de sa propre personne. Elle haïssait d’une haine pure et profonde la femme qui se tenait devant elle, et elle doutait que cette dernière ne puisse jamais imaginer la rage qui habitait l’elfe noire en ce moment présent. Ayant toujours réussi à contenir ses émotions, Eldälie restait de marbre, plus que jamais concentrée à ne pas flancher. Elle ne se laverait plus si cela pouvait pourrir la vie à cette démone, elle empoisonnerait sa nourriture tous les jours sans relâche et foutrait le bordel partout où elle passerait, peu importe les conséquences.
Soutenant son regard depuis quelques secondes, la démone lui ordonna de lui donner son nom. Son ton autoritaire ne fit même pas sourciller Eldälie, qui en fut elle-même surprise. Si un an auparavant on lui avait ainsi adressé la parole, il y aurait déjà eu un meurtre commis. Peut-être avait-elle réellement changé, au final…

« Eldälie. »

La jeune femme se redressa de toute sa hauteur, jouissant d’une position de supériorité qui n’était malheureusement que physique. L’idée de mentir à propos de son identité lui avait un instant effleuré l’esprit, mais après tout, peu importait. Elle n’était plus personne, et il lui avait même fallu un bref instant avant de se souvenir de son propre nom.
Toujours le regard ancré dans celui de sa propriétaire, Eldälie craignait peut-être, au fond d’elle de détourner les yeux pour perdre la face, pour se faire poignarder dans le dos. Il n’était pas ici question de craindre de mourir, cela aurait d’ailleurs été plutôt bienvenu, mais plutôt de mourir par la main de cette démone. Elle se fichait de son nom, elle ne voulait pas lui adresser la parole, elle ne voulait que la tuer. D’ailleurs les plans de vengeance se multipliaient dans l’esprit de l’elfe, tous plus sombres les uns que les autres. Comment pourrait-elle d’ailleurs s’y prendre si elle ne savait guère quelle serait son utilité ? La raison du choix de l’ancienne halfling lui était inconnue, mais Eldälie se doutait bien que son intervention lui avait valu l’extrême honneur de se faire remarquer.

« Pourquoi ? »

Son ton s’était fait plus suppliant que ce qu’elle aurait voulu laisser entendre, mais la jeune femme ne s’attendait aucune réponse valable, aucun réjouissement quelconque, et cela la tuait.
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MessageLun 25 Avr 2011 - 15:26



Sen l’admirait. Toute en longueur, les os saillants, mais la dureté dans son regard était taillée au sein même d’une volonté de fer. Qu’importe les écorchures sur sa peau, le sang qui en était extrait rehaussait la saleté dont elle était couverte, se mêlait à sa sueur alors que l’elfe haletait au rythme des battements de son cœur. L’halfling voyait tout cela quand d’autres dédaignaient l’esclave désobéissante, consciente d’une beauté que certains des démons avaient aujourd’hui perdue. L’étincelle dans ses yeux brillait face à cette créature, et ainsi Jasdrian la reconnaissait pour ce qu’elle était, l’acceptant toute entière, et plus encore. Elle la voulait. Et le cheval récalcitrant s’était livré à elle, les fers aux pieds, trop fier pour se laisser courber sous leur poids.

Le sourire de Jasdrian grandit, amusée par la fougue de la jeune femme tout comme par sa perdition. Son attention saisit son nom comme dans un poing, décidé à ne plus l’en lâcher, jamais. Le nom est chose précieuse pour qui s’en servir, une clé de l’âme. Eldälie lui avait offert une ouverture vers son être, un passage certain. Cela aurait pu être une provocation si dans le regard de l’esclave ne brûlait pas avec détermination la flamme de la revanche. En vérité, songea la générale, Eldälie entrevoyait par bien trop de côtés une victoire sur elle, et de ce fait ne se souciait pas de ce qu’elle pouvait dire. Cela était plaisant. Jasdrian la nomma, savourant le nom.


« Eldälie… »

Puis, elle eut un rire bref face à la question survenant. Tellement défiante que l’évidence ne lui apparaissait même pas. Le chef des Umbrae Volcanus haussa un sourcil éloquent, de la moquerie dans la voix.

« Parce qu’il faut bien que je te nomme voyons, ou préférerais-tu que je t’appelle Esclave ? Cela ne t’irait pas. »

Un instant, elle envisagea la possibilité que la question recèle plus qu’il n’y paraissait. Le mot en lui-même, « pourquoi », laissait entrevoir un nombre infini d’interrogations à lui tout seul. Aussi la vampire ajouta-t-elle, pour la forme :

« Il en était ainsi. Je t’ai voulu, je t’ai pris. Maintenant, viens. »

Sans un dernier mot d’adieu pour le marchand de vies et ses congénères, elle s’éloigna de l’étalage. Sa chétive silhouette creusa la foule dont les passants s’écartaient, quelques uns se détournant du spectacle publique qui était maintenant terminé. Une fois, elle jeta un coup d’œil par-dessus son épaule afin de vérifier que sa nouvelle possession la suivait à chacun de ses pas.

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MessageSam 23 Juil 2011 - 18:40


Son propre nom sortant de la bouche de sa propriétaire sonnait faux aux oreilles d’Eldälie. Peut-être était-ce car elle ne l’avait elle-même pas entendu depuis trop longtemps ou bien car elle ne s’attendait tout simplement pas à tant de considération. De toute manière elle s’en fichait, tout ce qu’elle voulait en ce moment précis ne consistait qu’en une chose : le meurtre. Tout saccager sur son passage, éventrer toutes ces créatures répugnantes autour d’elle, les innocents attachés derrière le marchand tout comme cette démone devant elle qu’elle haïssait sans cependant pouvoir s’empêcher d’admirer.

Il lui fallait son nom. Eldälie ne désirait en aucun cas la nommer par un quelconque substitut qui l’asservirait. Ainsi elle saurait qui elle tuerait, elle saurait qui contribuait à la fois à sa descente aux enfers et à son salut. C’était probablement inutile, l’elfe noire savait qu’elle ferait mieux de se plier aux désirs de sa propriétaire, mais le simple fait d’y penser lui donnait des nausées. Qu’aurait-elle donné pour ne pas être si têtue ? Le corps ensanglanté, la faim qui la tenaillait, la saleté dans laquelle elle vivait depuis ce qui lui semblait être des années, rien de cela ne pouvait lui faire baisser l’échine. La violence ? Elle en avait déjà eu un avant-goût durant son emprisonnement qui venait, semblait-il, d’achever à l’instant pour quelque chose de pire, de plus dégradant encore pour Eldälie.

Après un court moment durant lequel le temps sembla s’arrêter, l’esclave observa la démone partir, l’ordre de la suivre semblait plus qu’évidente. Eldälie resta un instant plantée là, les muscles contractés par la rage, l’indécision paraissant néanmoins dans son regard, et les quelques rares spectateurs restant n’attendaient plus qu’elle fasse un pas pour retourner à leurs activités. L’elfe noire n’avait absolument aucune option se présentant à elle autre que de suivre l’halfling et elle avait déjà perdu trop de temps, ce qui ne jouait pas en sa faveur. Sans même s’apercevoir de ses propres gestes, Eldälie suivit sa propriétaire à travers les ruelles de la cité dans la chaleur étouffante jusqu’à ce que les mots sortent eux-mêmes de sa bouche.

- Votre nom… Quel est votre nom et qui êtes-vous ?

Elle aurait pu demander ce qu’il adviendrait d’elle, après tout. La démone n’avait jusqu’à présent tenté d’éviter aucune de ses questions ou remarques et la jeune femme était certaine qu’elle aurait répondu avec honêteté à ses questions. Pour peu qu’Eldälie pouvait considérer un démon comme étant doté d’honnêteté. Du moins, lorsqu’il ou elle le désirait…
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