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 Un torchon blanc pour la liberté [Matt/Die]

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e'Dierebel
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MessageVen 11 Mar 2011 - 16:55

Arrow Description du Manoir de Saisei

C’était comme si le rituel était déjà installé depuis des années, presque des siècles. La petite fée tressait de ses mains le code. Un simple torchon blanc, suspendu à la poignée de la fenêtre. Un symbole, une règle dont elle seule connaissait l’issue. Les dernières lueurs de l’aube caressèrent son visage, elle plissa les yeux et disparu derrière les rideaux qui avaient fait leur temps.
Qu’est-ce qu’un code ? C’est un traité, une sorte de recueil, verbal ou écrit, qui relate l’ensemble des lois instaurées par un groupe, une société. C’est une ligne de conduite, de règles, de droits, de devoirs et d’interdits, conclus entre certaines personnes. C’est un accord à respecter. Un pacte qui ne peut permettre toute marche arrière lorsqu’il est approuvé. Une poignée de main avait servi de signature. Les espoirs encore frémissants dans leurs esprits d’écriture.

Lorsqu’elle avait accroché le signal, elle avait lancé son corps et son âme éperdument dans cette quête de liberté. Les élémentalistes, un genou à terre, commençaient à se redresser. Leur foi tanguait toujours, mais leur volonté était inébranlable. Leur mère avait un cœur de pierre, certes, mais elle les appelait aujourd’hui à reconstruire les fondations qui avaient fait d’eux des créatures de cette terre. Forts, unis, aimants. On ne pouvait pas rester au sol à regarder sa vie disparaître sous le joug d’idéaux que l’on n’avait pas choisi, on ne pouvait pas abandonner. Sur le même front, il y avait deux batailles : celle de la volonté et celle de la colère. Elament leur avait enseigné qui ils étaient et quel était leur destin. Mes enfants, vous êtes élus, différents oui, mais je vous donne l’amour de cette différence. Et pour apprendre à s’en servir comme d’une arme contre le monde, je vous offre la force de l’espoir éternel.
Non, les élémentalistes ne pouvaient pas fléchir indéfiniment. L’heure était au réveil. Douloureux, oui mais, salutaire. Aucune créature au monde n’avait la faiblesse d’abandonner ce pour quoi il s’était toujours entêté de triompher. La guerre des démons ne faisait que commencer, ce ne pouvait pas être la conclusion malhabile d’un coup du sort. Debout mes frères, ce n’est pas en pleurant que nous reprendrons de droit les clefs de notre existence !

Dierebel n’y avait pas cru au début. Elle avait mis quelques jours à comprendre que la révolution était bien en marche. Ils n’étaient que deux, c’était presque grotesque, mais avec la foi, on pouvait abattre des montagnes. Quel que soit le nombre de compagnons…
Elle avait accroché le torchon blanc sur la fenêtre, espérant que Matthew n’avait pas consumé entièrement la flamme qui l’animait et n’avait pas perdu goût à sa liberté. Ils n’étaient qu’un grain de sable dans le rouage bien huilé de la société des démons. Le tout étant de s’installer discrètement en prenant du galon… Facile à dire, simple à penser, passer à l’action allait s’avérer plus compliqué qu’ils ne l’imaginaient. C’est pourquoi la fée envoyait le signal.
Elle avait besoin de parler à Matthew, discuter des risques qu’ils encouraient. De se rassurer, de connaître le plan dans ses moindres détails.

Le signal était envoyé. Elle n’avait plus qu’à attendre.


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e'Dierebel
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Matthew Sombrelune
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MessageVen 11 Mar 2011 - 18:40

C'était petit. Voilà la première chose qui traversa l'esprit de Matthew lorsqu'il vit la porte en bois abimé se trouvant dans la ruelle. Il avait du mal à croire qu'il s'agissait d'un Démon moyen qui vivait ici. Il était encore tôt, et il venait simplement inspecter les lieux. Trouver des informations n'avait pas été difficile, ce Démon, bien que vivant apparemment plutôt discrètement, ne cherchait pas non plus à cultiver trop le secret autour de lui. La rue dans laquelle la maison de trouvait était plutôt étroite, et permettrait sans doute une grande tranquillité sur les activités qui s'y déroulerait. Enfin, au moins un torchon ne serait pas la première chose à vous attirer le regard.

Il repartit peu de temps après, étant simplement passé voir, et retourna s'occuper de ses recherches sur d'autres choses. Il devait infiltrer une cour qui commençait à prendre un peu trop de liberté aux yeux de certains. Et bien que ça faisait quelques temps qu'il avait reçu l'ordre, il avait du mal à trouver des informations. Il fit des recherches une bonne partie de la journée, et lorsque -enfin- le crépuscule commença à se montrer, embrasant les murs de la Cité. Ca lui rappelait des souvenirs, plutôt nombreux à vrai dire, et il eut un vague sourire. Mais la fatigue l'empêchait de le conserver. Ses traits étaient effectivement très tirés. Depuis combien de temps n'avait-il pas dormit? Deux, trois jours peut-être? Il essayait tout de même de se reposer un peu. Il fermait les yeux parfois, simplement, et commençait à s'endormir. Mais N'Jriel le réveillait. Toujours. Il fallait que cela cesse, au moins le temps qu'il puisse se reposer. Apparemment, il comptait bien lui mener la vie dure... Mais Matthew tenait bon. Il parvenait à ne pas trop perdre la tête ni à s'écrouler de sommeil, pour le moment. Mais ça ne saurait tarder.

Une fois préparé, il se rendit chez Saisei. Le torchon était là. Il regarda autour de lui. Personne. Toquer serait stupide à ses yeux, tout comme entrer par la porte, comme ça. En fait, il avait l'impression qu'agir ainsi risquait de les faire se découvrir. Même pour chez lui, il avait du mal à passer par la porte, c'est pour dire. Alors il sauta, saisit l'avant-toit, puis se hissa dessus. De là, il parvint à accéder à une fenêtre du premier étage. Celle où le torchon était pendu. Il profita de son passage pour le défaire et rentra à l'intérieur. Il observa autour de lui, puis passa la tête par la fenête pour vérifier qu'il n'y avait toujours personne dans les parages. Apparemment, c'était bon. Il observa donc ensuite la pièce. Tout était sombre, il ne voyait donc pas vraiment ce qui l'entourait, et il regrettait de ne pas avoir hérité des dons de nyctalope de sa mère.

Voyant qu'il n'y avait personne, il ne s'attarda pas trop et repéra bien vite une porte. Il se dirigea vers celle-ci et la franchit prudemment, faisant en sorte qu'elle ne fasse aucun bruit. Les pièces à côté semblaient vide, aucun bruit n'en provenait. Il descendit donc finalement.

*Tient, elle est là on dirait. Mais est-elle seule? Kufufufufu.*

N'Jriel ne cessait de lui dire qu'il devait s'agir d'un piège. Le fait de voir Matthew commencer à monter quelque chose contre les Démons le dérangeait réellement apparemment. Car tant que Matthew faisait son travail à sa place, pourquoi pas, mais là... Ca n'allait plus. L'idée que les Elémentalistes commencent à faire des leurs le faisait littéralement grogner. Et il la vit effectivement, se tenant dans un salon apparemment, comme semblaient l'indiquer la présence de canapés. Le torchon à la main, Matthew se rapprocha, abandonnant sa démarche discrète.


-Je suis là.


La réunion allait pouvoir débuter.
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e'Dierebel
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MessageVen 11 Mar 2011 - 19:32


Dierebel sursauta. Si elle s’attendait à sa venue, elle ignorait par contre qu’il ne rentrerait pas par la porte d’entrée. D’ailleurs, d’où il sortait ? Comment était-il parvenu jusqu’à elle ? Il lui tendait le chiffon, mollement.

Et elle était là, allongée sur le ventre, les poings sous le menton, la tête dans un livre épais. Elle portait une robe verte qui dévoilait ses épaules et son dos dans un velours grossier mais dissimulait ses mollets. Ses cheveux étaient emprisonnés sous un long chèche anis, laissant à peine quelques mèches rebelles venir caresser son cou ou son visage. Cela dégageait son visage, mettant face à Matt, ce minois qu’il n’avait pu discerner correctement dans le noir. Cette mâchoire carrée, un peu androgyne, et ce creux délicat sous ses pommettes saillantes. Ce gris déconcertant qui colorait ses yeux et cet or qui paraissait pigmenter son épiderme. Ses paupières décoré d’un noir charbon, approfondissant le clair de ses iris…

Elle aussi pouvait à nouveau redécouvrir le visage de son compagnon d’espoir. Ses yeux cernés, cet air pensif, ce teint presque hâlé qui se battait contre la fatigue. Ses pupilles se promenèrent, encore rondes de stupéfaction, sur ses cheveux dont elle n’aurait pu déterminer la longueur exacte. Il lui semblait moins massif que dans ses souvenirs, mais beaucoup plus musclé à la fois. Elle ne l’avait pas compris dans la faible lueur lunaire, mais Mathew avait un charme à se damner. Quelque chose de félin, souple, vif. Ses yeux en amandes, cette barbe à peine naissante, ce nez long qui ne cessait de pointer une direction différente à chaque instant… Il avait l’air de débarquer d’un autre monde, indifférent et charismatique, avec une histoire de preux guerrier à raconter.
Nerveuse, elle se redressa et défroissa par reflexe les pans de sa robe. Il avait l’air d’un noble, elle avait l’air d’une balayeuse des rues. Chacun à sa place, lui debout, fier, droit, une moue autoritaire face à sa surprise, quasi crainte, assise de travers (affalée ?) dans ses tissus de bas étages d’une simplicité ennuyante. Une guiche, elle avait l’air d’une guiche.
Mais elle était censé s’en moquer, non ?

Elle se releva et saisit le torchon en évitant son regard, elle disparu avec derrière une porte [HJ : Naoooon !], probablement la cuisine. Un silence pesant régnait sur la maisonnette. Le tic-tac de la vieille horloge faisait un ramdam d’enfer. Dierebel réapparut, deux tasses dépareillées dans chaque main.


- Buvons quelque chose. Qu’est-ce qui te ferait envie ? demanda-t-elle en les posant sur la table basse.


Elle s’accroupit sur le sol et envoya un coup de poing bien senti sur une latte du plancher. Normal. Tout était normal. La planche vacilla et elle l’enleva. Elle sortit deux bouteilles et replaça la planche. Bon ok, elle avait l’air ridicule, alcoolique et soumise. Mais en attendant, ils avaient de quoi boire, non ? Et puis, ce n’était pas la peine de l’humilier d’avantage. Passer sa vie à faire la cuisine et le ménage pour un démon qui avait prit la place d’un autre dans la cité, c’était déjà bien assez pour elle. Même si elle était plus proche de Saisei que n’importe quelle esclave de son maître, elle restait quoiqu’il arrive une élémentaliste sous la domination.

Elle se redressa et se rassit sur le sofa. Elle entreprit d’enlever le chèche de ses cheveux, mais depuis le début de la journée, ils s’était accoutumés à ce pli de coton et dessinaient des boucles étranges. Elle passa nerveusement ses doigts entre ses mèches brunes.


- Assieds-toi, je t’en prie.


Elle avait l’impression d’être complètement ridicule. Elle referma le livre et le posa sur une console. Pour laisser un semblant de place à son hôte qu’elle ne quittait plus des yeux…


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Matthew Sombrelune
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MessageVen 11 Mar 2011 - 21:09

Dierebel se tenait là, devant lui, allongée sur le ventre. Elle lisait un livre tranquillement, et elle devait être sacrément plongée dedans vu comme elle sursauta en remarquant Matthew. Le jeune homme était assez surpris en redécouvrant sa partenaire de rébellion. En fait, à cause de la nuit, il n'avait pas pu le voir vraiment très bien, mais elle dégageait un charme certain, et elle était réellement captivante. Comme toutes les Fées en fait, mais elle gardait tout de même quelque chose de particulier. Son attitude aussi semblait différente. Elle se redressa, soigna son apparence, comme si Matthew venait de la prendre en faute. Comme s'il était un supérieur surveillant son travail. Et quiconque les aurait vu en aurait peut-être déduis ça. La différence de rang était tellement évidente entre eux que jamais personne n'aurait pu se douter de la collaboration qu'ils avaient établi, même si elle n'était encore qu'à ses débuts.

Elle finit par se relever et s'occuper du torchon, passant par une porte. Il la regarda disparaître par celle-ci un instant, un peu perplexe par son attitude. Il ne décelait pas vraiment le changement, néanmoins... Il se sentait un peu tendu et méfiant encore. Malgré le fait qu'il ignorait ce que disait N'Jriel, il ne pouvait s'empêcher de se montrer méfiant. Il regarda l'intérieur et toucha du bout des doigts le tissu du canapé. Malgré l'apparence extérieure misérable, l'intérieur, bien qu'un peu délabré, semblait assez confortable vu comme ça. Bien qu'exigue, le lieu offrait apparemment assez de place pour que deux personnes y circulent librement et sans contrainte. Il préféra ne pas s'installer tout de suite, observant autour de lui toujours, attentif, réactif au cas où.

*Kufufufufu, finalement tu te méfies plus que tu n'y paraît. Toi qui parlait de confiance. Lamentable. Kufufufu.*

Son hôte revint avec deux tasses entre les mains. Elle proposa de boire quelque chose, et il l'observa étrangement lorsqu'elle se baissa pour tapper dans une planche. Lorsqu'elle en sortie deux bouteilles, un sourire apparut sur les lèvres de Matthew. Bonne planque. Bien qu'un peu étrange, et c'était ça qui le faisait sourire sans doute. Il effaça rapidement son sourire, il n'était pas temps de rigoler.


-Je te débarasse.

Il lui prit les bouteilles des mains et les déposa, pendant qu'elle s'installait sur le canapé. Elle lui débarassa une place et l'invita à s'asseoir. Il s'installa sur le canapé. Il ouvrit une bouteille et en servit une partie du contenu dans les tasses. Il reposa la bouteille puis tendit une des tasses à Dierebel, prenant l'autre. Il accrocha son regard. Ses yeux étaient d'une couleur étrange, gris profond, réhaussé par du noir. Oui, décidément...

*Je croyais que tu voulais former une Résistance, pas la créer...*

Il ferma un instant les yeux et passa une main dans ses cheveux. Puis il reporta son attention sur Dierebel, sans penser à l'intervention de N'Jriel. Il fallait commencer à parler des choses sérieuses.


-Bien, c'est notre première réunion officielle.

Il eut un petit sourire, un poil arrogant, un peu fier. Ce qui était plutôt ridicule, car il n'y avait rien d'exceptionnel dans leur réunion ce soir. Absolument rien. Pourtant, il ne pouvait pas repousser ce sentiment qui poussait en lui. Oui, il était fier d'avoir lancé tout ça. Il ne restait plus qu'à faire marcher le tout.

-Qu'en est-il de ce que nous avions discuté?


Il ne la lâcha pas des yeux. Avait-elle pu commencé à y penser?

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MessageVen 11 Mar 2011 - 22:12

« Première réunion officielle ». Sinon, elle allait bien, merci. Elle vida sa tasse cul-sec, histoire de détendre l’atmosphère. C’était âpre, amer, chaud et puis brûlant à la fois. Du rhum ? Hum. Ou pas.

Elle soupira en remettant sa tignasse emmêlée derrière ses oreilles, elle redressa les épaules en le fixant. Il l’avait surprise en plein « travail », naturelle, pensive, elle-même. Cela faisait des mois qu’elle jouait plus ou moins un rôle pour se protéger, se sentir plus forte. Moins esclave d’une cité emplies de démons et plus fée qui tenait encore entre ses mains sa liberté. Petit-à-petit, elle retrouvait ses réflexes, ses esprits. Elle jouait de nouveau son personnage, sortait de sa torpeur, était prête à faire face à son nouveau destin.
Elle pivota le buste vers le livre qu’elle était en train de lire, le saisit et le posa sur les genoux de Matthew. La couverture en cuir épais, gravé de runes et doré, pesait un poids impressionnant. Voilà pourquoi elle avait du opter pour une attitude si lascive pour le feuilleter. Enfin ! Pour celui qui savait lire les runes élémentalistes, le titre n’était autre que « Encyclopédie des Pierres Magiques, Gemmes et Bijoux ».


- J’ai déjà commencé à réfléchir sur le sujet que tu m’as proposé. La pierre anti-élément a l’air d’être l’assemblage habile de plusieurs gemmes, déballe-t-elle directement en se penchant au-dessus de ses genoux pour feuilleter le livre à sa place et lui montrer les pages. C’est un livre de la bibliothèque d’Elament, un de ceux qui ont été conservé par les démons. Je pense qu’il y a une raison à ça. C’est qu’en analysant cette…


Elle laisse sa phrase en suspens et se lève et va chercher une boîte sur une étagère. Elle se hisse sur la pointe des pieds et la saisit. Elle vacille, papillonne avec ses yeux de biche, esquisse une grimace et la lance sur la table basse. Sur le coup, elle s’ouvre et un caillou s’en échappe. D’un bleu tirant sur le violine.


-… Cette merde. Je lui ai trouvé les propriétés de différentes pierres. Je pense qu’ils ont eu besoin de ce bouquin pour la constituer. Il y a une sorte de memento de modification des genres dans les annexes. En l’utilisant à l’envers, je pense pouvoir mieux comprendre comment la maîtriser.


Elle frémit en se réinstallant à côté de lui. Son avant-bras touche le sien. Elle se râcle la gorge et lui montre la page concernée en s’écartant un peu.
Bon, elle n’a pas touché un homme sérieusement depuis six mois, c’est compréhensible non ? Passons.

Elle touche avec dégoût la pierre du bout des doigts, une fleur peine à pousser et noirci fatalement contre son avant bras. Elle la pousse dans la boîte et la referme. Comment elle se l’est procurée ? C’est tellement facile d’en obtenir une, les démons ne posent pas de questions, ils les jettent par la fenêtre, fièrement, comme menace. Plus il y en a plus les élémentalistes s’affaiblissent, alors pourquoi s’en priver ? Mais cette sensation en la touchant. Elle n’a jamais rien connu de tel. Elle se sent vide, faible, malade, affreusement fatiguée et incapable de penser. Alors utiliser son pouvoir ? Non, c’est hors-de-portée lorsqu’on est proche de cette horreur.


- Voilà pour le moment. J’ai parlé avec quelques élémentalistes, mais la confiance ne règne absolument pas dans mon quartier. On m’évite, on n’ose pas me regarder dans les yeux. On ne me prend pas au sérieux quand j’essaye d’instaurer le dialogue… Et toi ?

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Matthew Sombrelune
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MessageVen 11 Mar 2011 - 23:01

Finalement, elle sembla redevenir comme lors de leur première rencontre. Sûre d'elle, sans faille. Elle exposa alors ce qu'elle avait trouvé à Matthew. Pendant qu'elle parlait il l'observa, plus attentif encore, ses sens en éveil et prêt à recueillir toutes les informations possibles. Et si c'était principalement dirigé vers ce que disait la Fée, d'autres choses lui parvenaient. Des détails qui pouvaient paraître inintéressant comme ça, mais qui pouvaient aussi présenter leur importance. Comme le fait que Dierebel possédait de magnifiques cheveux, malgré leur forme actuelle plutôt étrange dû à sa précédente coiffe, sa peau à l'air si douce, ses longs cils. Mais là n'était pas la question, et se la poser serait stupide.

Ainsi elle avait accès à la bibliothèque? Intéressant. Tèrs intéressant. Apparemment elle avait ses passes et ses connaissances. Et elle avait bien avancé dans ses recherches, enfin, assez pour pouvoir parler de la façon dont la pierre avait été créé à l'aide de termes que Matthew eut parfois un peu de mal à suivre, mais dont il comprit la globalité. Le gros ouvrage se trouvant sur les genoux de Dierebel laissait penser qu'elle simplifiait même un peu la chose. Il n'était pas vraiment fait pour tous les trucs théoriques. Enfin, il savait dresser des plans et les mettre en pratique, s'occuper de tout ce qui touchait à la stratégie, mais pour le reste... La seule fois où il avait mené de vraies recherches, c'était pour trouver N'Jriel, et regardez le résultat!

*Tu ne devrais pas te plaindre, tu aurais pu tomber sur pire!*

En tout cas elle semblait avoir bien avancé dans sa tâche, alors que lui... Entre sa couverture et son statut, il avait un peu du mal. Il observa la pierre un long moment, mais préféra s'abstenir de la toucher. Il était déjà assez affaiblit et fatigué comme ça. A nouveau, lorsqu'elle se réinstalla, un contact eut lieu entre eux, créant en Matthew un écho de calme, éloignant N'Jriel. Sans doute était-ce grace à la pierre. Sans oublier qu'il ne s'était en effet pas trompé concernant la douceur de Dierebel. Et bien qu'il ait eut l'occasion à divers moment de connaître quelques plaisirs, il n'avait pas pu réellement en profiter à cause de N'Jriel. Il ne pouvait pas s'abandonner, c'était terriblement dangereux.

*Dommage pour toi, moi j'en profitai bien...*

-C'est génial que tu aies pu avancer ainsi.

Il ne pouvait pas se taire? Lorsque Dierebel était là, il se montrait terriblement bavard et avoir un peu de calme devanti particulièrement difficile. En fait, dès qu'il entreprenait quelque chose c'était comme ça. Il ne pouvait pas s'empêcher de lui pourir la vie. Enfin, c'était un démon quoi.

-Personnellement j'ai dû assurer ma couverture, et de ce fait, les rares Elémentalistes me croisant voient en moi un Démon, ou un Traitre s'ils ignorent ma nature de possédé. De fait, il est difficile pour moi d'établir le contact. Ils ont tous l'air de penser que j'essaye de les piéger. Ce qui est normal.

Il soupira. Il n'abandonnerait pas pour autant.


-Les personnes comme toi sont rares. Ceux qui ont la force de tenir tête au Démon notamment.

Et il en faudrait, des comme elle. Des culotées, des sans-peur, des personnes capable de bien des choses pour leurs convictions. Il observa un instant Dierebel. Qu'avait-elle fait pour qu'on l'évite ainsi? C'est vrai qu'elle pouvait être intimidante, mais tout de même. Il était donc temps d'en apprendre un peu plus sur sa collaboratrice. C'était l'occasion ou jamais, peut-être ne se présenterait-elle plus.

-Comment se fait-il qu'ils se méfient ainsi de toi? Après tout tu es une esclave également non?

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MessageSam 12 Mar 2011 - 7:54

Dierebel avait donc raison, Matthew était bel et bien un possédé. A l’instar de son maître Saïsei, il devait avoir dans un coin de sa tête un esprit démoniaque prêt à le commander et à l’agacer pour le pousser à faute. Lorsque le berseker rentrait mal luné de sa journée de combat, elle ne se posait aujourd’hui plus la question des raisons de sa mauvaise humeur. Il lui avait expliqué comment ça fonctionnait. Il voyait tout, sentait tout à travers lui, mais ne pouvait agir qu’en lui laissant (à ses risques et périls) le pouvoir de contrôler son corps. Toute la journée, attendant quelques minutes de délivrance, il ne cessait de parler, taquiner, insulter, glisser des idées folles à Saïsei pour lui permettre de le laisser craquer et aller se dégourdir les jambes. Son médaillon brillait aussi quand elle s’approchait de Saïsei, mais avec une moins grande force que Matthew. Isaac, le fantôme de Saïsei pouvait flotter hors-du-corps de son possédé pour surveiller ses arrières. Du coup, elle avait du mal à repérer sa présence.

Pour Matthew tout cela semblait bien différent. Après son aveu elle n’avait plus aucun doute, sa possession avait fait de lui un démon (à contrario de Saïsei qui en était déjà un de base). Il avait du faire preuve d’une grande force psychologique afin de reprendre le dessus… A moins qu’il jouait un jeu ? Non, après réflexion, les démons pouvaient contrer un pouvoir élémentaliste, le manipuler, le déformer, mais jamais le créer comme Matthew avait pu le faire quelques jours plus tôt lors de leur rencontre. C’était d’ailleurs en grande partie ce phénomène qu’elle n’avait vu depuis des mois qui l’avait convaincue. Bon, elle n’aimait pas les aquas, mais elle s’en accommoderait pour cette fois-ci.

Il la complimenta, elle détourna le regard, gênée, bien qu’une bouffée de fierté lui réchauffa le cœur. D’habitude son caractère faisait le malheur de son maître qui ne cessait de lui demander d’éviter de se mettre dans des pétrins infernaux comme elle avait le don de déclencher. Une Miss Catastrophe qui assumait pleinement ses aventures. Sa vie n’était pas un long fleuve tranquille. Et même si c’était plutôt un tumulte, elle en remerciait les astres : qu’est-ce qu’elle se serait ennuyée dans une vie simple et tranquille ! C’était l’un des premiers compliments depuis longtemps. Elle tenta donc de lui expliquer l’aura de périples qui l’entourait pour mieux qu’il comprenne le rejet des autres vis-à-vis d’elle. Sa langue se délia toute seule. Visiblement, ça lui faisait du bien de parler un peu d’elle :


- J’ai tendance à attirer les ennuis. Enfin, les ennuis… C’est comme ça que les autres élémentalistes le voient. C’est juste que je m’ennuie mortellement. Je fugue, je réponds, je parle sans permission. Ca fait rire la plupart des démons, eux, ils m’apprécient pour ça. J’ai ce petit côté indomptable qu’ils ont. Cette effronterie qu’ils aiment parce qu’elle leur ressemble. Et puis Saïsei prend soin de moi. Ce n’est pas un maître comme les autres. Il a besoin d’une esclave d’avantage pour ne pas se sentir seul que pour assurer son sentiment de domination et assouvir quelconque vengeance envers les élémentalistes.


Elle se resservit une tasse et en descendit la moitié pensivement. Elle joua un moment avec l’anse entre ses doigts. Il y avait d’autres choses, plus profondes pour lesquels les autres esclaves ne voulaient pas lui parler voire l’approcher. Et ça, elle n’avait pas très envie d’en parler à Matthew, bien qu’il lui semblait complètement idiot de ne pas se livrer entièrement et de lui cacher une partie de sa vie. Maintenant qu’elle avait retrouvé ses souvenirs, elle en savait plus sur elle et sur le regard des autres.


- Sappho m’adore. Je suis son nouveau jouet, sa poupée. Alors il faut le dire aussi, tant qu’elle ne se sera pas lassée de moi, les autres me prendront pour une traître. Et puis… Et puis, j’ai toujours eu mauvaise réputation, c’est ainsi. Je me moque un peu du regard des autres. Du coup, je les laisse penser ce qu’ils veulent, à mon insu.



Est-ce qu’il avait fait des recherches ? Se souvenait-il que Dierebel était autrefois la professeure des Terras au sein même de l’école ? Elle se risqua à en parler.


- Même quand j’étais enseignante, j’étais mal vue. Je me suis toujours laissé guider par mes envies. Les autres essayent toujours de donner un nom à ma liberté. Catin, fille de joie, matérialiste, égoïste, vaniteuse, vénale…Alcoolique, nymphomane aussi… J’en ai entendu des vertes et des pas mûres à mon sujet. Je dirais plutôt que je m’intéresse à ceux qui peuvent m’apporter quelque chose, et ça, même si tout le monde fait pareil au final, c’est humain, personne n’ose le dire. Se serait s’avouer plus démoniaque qu’on ne l’est.



Elle termina son verre puis soupira en reposant la tasse.


- Je sais qui je suis, je n’ai pas besoin de leur jugement pour avoir besoin de me remettre en question. Tu devrais faire pareil. Possédé ou pas, les gens te craindront quoiqu’il arrive. La guerre est encore trop proche pour se laisser aller à la confiance, même des siens. Ce n’est qu’une question de temps… Et de bons arguments.


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Matthew Sombrelune
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MessageSam 12 Mar 2011 - 17:35

Matthew écouta Dierebel parler, buvant en même temps. Le liquide lui brulait la gorge. Il devait faire attention à ne pas trop boire pour ne pas perdre possession de ses esprits. Au sens propre du terme. A cause de cette crainte, il s'interdisait beaucoup de choses. C'est à peine s'il osait vraiment réfléchir à ses plans pour la Résistance... Car il suffisait que N'Jriel reprenne le dessus un jour pour que tout soit fichu. C'est aussi pour ça qu'il refusait que, si l'organisation se faisait, tout passe par lui. Et comme le risque ne se limitait pas aux possédés, c'était une bonne solution. Néanmoins, ça serait difficile de faire différemment. Car si Dierebel et lui commençaient ce projet, il faudrait un meneur. Et il doutait que Dierebel accepte ce rôle. Quoique... Il lui en parlerait. Mais quelque chose lui disait qu'elle préférait rester dans l'ombre. Enfin...

Elle lui expliqua les raisons. Sa proximité caractériel avec les Démons et son ancienne réputation jouait donc contre elle. C'était assez drôle de voir ça... Finalement, malgré la défaite, les gens n'avaient pas tant changés que ça. Ils jugeaient toujours autant, et la confiance régnait encore moins. Maintenant, tout le monde était l'ennemi de tout le monde dans cette cité. Et si l'extérieur était pareil... Le tableau était donc assez noir pour le moment. Ils n'avaient toujours pas d'alliés, et personne ne voulait leur faire confiance apparemment.

Il découvrit au passage qu'elle avait été professeur ici. Bon sang, alors évidemment elle aurait sans doute le niveau pour s'occuper de cette maudite pierre! Son regard glissa vers le caillou et se posa à nouveau sur Dierebel. Décidément, elle était pleine de surprise. Et avoir une alliée qui pouvait présenter tant de force... Il avait vraiment eu de la chance de la trouver sur son chemin la nuit dernière. Elle acheva ses explications.

*Kufufufu, si ce n'était que pour ça...*

-Je sais... Et j'ai connu ta situation, je n'ai jamais été très bien vu ici. J'avais la sale manie... d'emprunter... certains objet et de ne jamais les rendre. Va savoir pourquoi, les gens n'appréciaient pas trop.


Il eut un petit sourire, légèrement charmeur comme toujours, mais surtout un peu fataliste. Oui, il avait été un voleur ici, il n'avait jamais pu se conformer à une vie normale. Et même aujourd'hui, il n'était pas la personne qu'on aimait recevoir. Les Possédés n'étaient pas forcément bien vus. Matthew se laissa aller en arrière contre le dossier du vieu canapé, qui se montrait toujours aussi confortable. Il mis sa main sous son menton, le grattant en réfléchissant. Oui, sans doute qu'avec un peu de temps... Ils parviendraient peut-être à obtenir quelque chose.


-De toute façon, il va nous falloir encore un peu de temps, pour percer l'énigme de la pierre et nous organiser. Il va nous falloir un lieu de réunion, et sans te vexer, je doute qu'ici soit un lieu réellement approprié.

Il ne se voyait pas non plus accueillir des Elémentalistes chez lui. Il aurait la place, mais ce n'était pas assez discret. Il fallait un lieu déserté, où ils ne seraient pas vus, et où ils pourraient facilement s'échapper s'il le fallait. En fait, il leur faudrait même plusieurs lieux de préférence, qu'ils pourraient changer régulièrement. Et pour ça, il existait peut-être des endroits. Que ce soit des vieux greniers ou des vieilles caves, des souterrains même... S'ils avaient des Elémentalistes avec eux, tout devenait possible de toute façon. Surtout avec Dierebel.

-Mais pour en revenir à la pierre... Le problème que tu risques de rencontrer en essayant de la déjouer ce ne serait pas qu'elle bloque tes pouvoir si tu essayes d'agir dessus, comme si elle était immunisée?

C'était un des problèmes qu'elle risquait de rencontrer. Auquel cas il faudrait trouver une autre solution. Peut-être fabriquer une autre pierre, ou passer par un artefact... Difficile à dire en tout cas. Mais ils trouveraient une solution, ils pourraient y travailler. Après quoi, il faudrait aborder la façon de s'organiser, s'ils avaient une idée d'où recruter. Matthew y avait déjà réfléchit, mais il faudrait mettre les idées en commun.

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MessageDim 13 Mar 2011 - 13:59

Elle hocha la tête silencieusement, le regard planté sur la petite boîte en carton qui renfermait la pierre. Ainsi donc, Matthew était une sorte de voleur. Il « empruntait » disait-il, « sans rendre » ajoutait-il. Les faits étaient dissimulés sous des mots qui pesaient moins lourds, mais la signification de ses propos était tout aussi claire. Peut-être était-il cleptomane ? Il faudrait qu’elle pense à ranger sa bouteille, voire à changer de cachette. Et qu’elle ferme mieux les fenêtres.


- Oui, il y a un risque. C’est pourquoi je ne veux pas la manipuler complètement avant d’avoir décrypté l’assemblage dont elle est composée, répondit-elle les yeux toujours dans le vague. Au pire, si elle est immunisée contre quelconque manipulation élémentaliste, il faut s’attendre à tout, je peux toujours essayer de créer une autre pierre. Disons, quelque chose qui fait état d’armure, de bouclier contre celle-ci. Mais ce sera toujours moins puissant que de pouvoir la détruire.


Elle posa sa tasse sur la table et les débarrassa du livre qui pesait entre leurs genoux. Encore ouvert, il trônait sur la console en pin usée, ouvert à une page noircie de calligraphie et de gravures en tout genre. Il fallait être sacrément motivé pour déchiffrer tout ça, analyser et apprendre. Pourtant, c’était une des activités préférées de la fée. Est-ce que Matthew avait repéré les étagères combles de la pièce ? Les encyclopédies, les dictionnaires, les romans, les essais qui ne se laissait pas jaunir sous la poussière ? Etait-ce à elle ? Bien sûr que non, elle les « empruntait » elle aussi. Dans des petites boutiques du Marché des Lueurs, à la Bibliothèque ou dans des échoppes démoniaques où des trolls baillaient en attendant que les maudits commencent à se soucier de leur culture. Vainement.


- Quant à trouver un lieu plus sûr où nous organiser, je te laisse le choix. Je pense que tu es mieux placé que moi pour savoir où les démons ne se rendent pas.


Dierebel arrangea de nouveau les boucles fatiguées dans sa chevelure, nerveusement. Elle se disait que Matthew soit considéré comme un démon était un véritable avantage. Il devait avoir accès à des informations qu’elle ne pouvait pas connaître. Ce qui l’inquiétait plus, c’était qu’il ne connaisse pas la situation extérieure à Elament. Y avait-il encore des survivants ? Une résistance ? Elle pourrait toujours tirer les vers du nez à Saïsei, mais elle avait peur qu’il se doute de quelque chose.


- Il nous faudra un signe de reconnaissance aussi, pensa-t-elle à voix haute en reposant ses pupilles sur le possédé.


Elle serra entre ses doigts le médaillon étrange qui dormait sur sa poitrine. Un instant à peine. Juste le temps d’imaginer dans sa tête que le plan pouvait marcher et qu’ils pourraient un jour retrouver leur liberté, et par conséquent, leur dignité.


- Je suis toujours partante pour tester la fidélité et l’engagement réel des personnes que nous trouverons sur notre route pour se joindre à nous.


Elle le scruta encore une seconde à peine, détaillant de nouveau les traits de son visage. Elle reprit sa tasse et en finit le contenu, comme pour signifier qu’elle attendait de nouvelles idées, de nouveaux ordres. Parce que dans cette affaire, elle se sentait plus militante que chef. Malgré sa possession, elle pensait pouvoir faire confiance à Matthew. Le rôle de meneur lui allait très bien. Et après tout, c’est lui qui avait eu l’idée saugrenue de se rassembler pour mieux agir. Le plan avait mijoté dans sa tête depuis longtemps déjà, et il était le mieux placé pour prendre les rennes d’une telle rébellion. Elle était toute prête, malgré son caractère indépendant, à se soumettre à lui. Il était plus posé, plus réfléchi que la fée. Et il ne pensait pas qu’à ses intérêts personnels dans cette histoire…

Il était idéal pour gérer cette situation. Elle le suivrait.


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Matthew Sombrelune
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MessageDim 13 Mar 2011 - 15:22

Matthew buvait encore un peu en écoutant Dierebel. Apparemment elle avait déjà pensé à la possibilité de créer une pierre pour immuniser les Elémentalistes. Oui, décidément, elle travaillait bien. Vraiment, c'était un bon élément et il appréciait vraiment de l'avoir là, avec lui, pour mener ce projet. Il suivit le livre du regard lorsqu'elle le reposa. Elle avait sans doute dû travailler dur depuis leur rencontre. Jamais il n'aurait pu se concentrer autant sur un livre aussi épais. Enfin si, mais avec N'Jriel qui lui parlait tout le temps, il aurait eu du mal. Elle lui laissa la tâche de trouver un lieu de rassemblement. Oui, il ne devrait pas avoir trop de mal à s'en occuper. Il avait l'avantage de pouvoir circuler librement grâce à son statut de Chevalier Démoniaque.

Il trouverait un premier lieu sans problème. De toute façon pour le moment, ils n'étaient que deux, et se réunir ici restait le plus facile. Ils ne devraient pas tarder à avoir besoin d'un nouveau lieu, tout du moins il l'espérait. Car cela signifierait qu'ils commenceraient à réussir dans leur organisation.

-Bien, je m'en occuperai alors. Ca ne devrait pas me poser de problème, j'ai l'avantage de pouvoir me déplacer comme je le souhaite.

Le signe de reconnaissance était une excellente idée, mais sans doute faudrait-il en changer régulièrement, et ne pas s'en contenter. Et il faudrait trouver quelque chose permettant de s'assurer qu'il ne s'agit pas d'un piège. Chercher du côté des artefacts pourrait être une bonne idée. Il faudrait vraiment y penser. Mais elle poursuivit sur autre chose. Elle voulait bien les tester. D'accord... Mais comment pensait-elle le faire? Il la regarda de haut en bas rapidement. Elle semblait bien sûr fragile, et sans doute était-elle intelligente. Néanmoins, il ne voyait pas comment elle pourrait s'occuper de ça.

*Kufufufufu, moi j'ai mon idée, mais tu peux toujours lui demander.*

Matthew haussa un instant un sourcil avant de se reprendre. Il n'était pas utile que suite à certaines choses, Dierebel le prenne pour un fou ou lui demande ce que N'Jriel avait dit. Ca serait juste... Gênant en fait. Car depuis le début, le Démon ne faisait quasiment que des remarques salaces. Pourtant, il devait savoir que si jamais il la touchait, il serait affaiblit et repoussé par le bijou qu'elle portait. Mais la question n'était pas là.


-Comment penses-tu les tester?

Oui, il préférait le savoir quand même. Et au pire, il voulait bien servir de "cobaye" pour avoir une meilleure idée de ce qu'auraient à passer les autres Elémentalistes qui les rejoindraient. Ou ceux qui essayeraient pour les espionner. Enfin... La question n'était pas là. Il termina sa tasse et s'en servit une nouvelle rasade, observant la Fée, attendant sa réponse.

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MessageDim 13 Mar 2011 - 16:31

Dierebel cacha son sourire. Ah, il voulait savoir ? Mais comment l’expliquer sans paraître folle à lier ? Le mieux fut encore une démonstration en bonne et due forme. Mais elle avait une certaine gêne, celle qu’il puisse imaginer à loisir la fée, en train de mener sa mission. Pourtant, les choses étaient dites, pour se faire confiance, il fallait tout se dire. Ne pas avoir de secrets l’un pour l’autre. C’était troublant parfois de tout connaître sur une personne. On pouvait ne plus réussir à la regarder droit dans les yeux, même si on ne pouvait pas la juger sur ses aveux. C’était juste que parfois, les gens étaient plein de surprises. On était prévenu, mais on ne s’y attendait pas. Comme à chaque fois, on se disait que ça n’arrivait qu’aux autres.

Dierebel avait perdu beaucoup de ce petit quelque chose magique en faisant la connaissance de la Sombre. Amnésique, d’ailleurs, voilà un détail que Matthew n’avait pas encore en sa possession, elle ne s’était pas servie de son pouvoir depuis des lustres. Il avait fallu un choc, une volonté de fer, un désir d’éveil plus puissant que tout autre afin de retrouver la vie et le passé qui lui appartenait. Elle avait perdu du poids, sa peau avait pâli comme celle d’une femme vieillissante, à l’article de la mort, ses cheveux avaient perdu de leur souplesse, un rien les abîmait. Pourtant, autrefois, la fée était une femme digne de ce nom. Oh, elle avait bien quelques petits kilos superflus, mais sa poitrine jaillissait comme une promesse de sa féminité toute proclamée. Sa peau douce et parfumée avait fait le bonheur de ceux qui avait pu la toucher, la frôler même, l’approcher, la caresser et parfois, l’embrasser à pleine bouche. Chaque parcelle de son corps était une ode à la féminité, orgueilleuse, fière, vaniteuse, elle prenait soin d’elle comme du plus beau diamant. Ses ongles étaient limés à la perfection, brillant, durs, ils griffaient le dos des meilleurs amants. Ses mains étaient douces, leurs mouvements étaient toujours calculés, soignés, beaucoup plus qu’on ne le pensait y était attentif. Même ses coiffures les plus simples étaient travaillées. Son apparence n’était jamais laissée au hasard, elle avait été sa meilleure amie, sa plus belle arme pendant des années.

Oui, son pouvoir. Celui infernal de la séduction. Car rares étaient les hommes, ou femmes, prêts à lui résister. Il était toujours de bonne augure pour embellir son autosatisfaction d’avoir cette femme là, sous les draps, avec soi.


Elle hésita un instant. Elle n’était pas vraiment prête à lui montrer. Elle était encore intimidée aussi par cette rencontre inattendue. Elle ne voulait pas être mal vue, pas dès le départ, pas cette fois-ci. Elle observa ses mains trouva sa peau terne, tirée, ses ongles mous tandis que les pointes de ses cheveux griffaient son cou comme un appel au secours. Il y avait une partie d’elle qui lui disait de le faire, que c’était le moment parfait, qu’il serait à ses genoux après, qu’il ne verrait pas ces détails sordides qu’elle seule ressentait comme une honte. Une autre voix en elle criait gare, il allait la trouver ridicule, elle se croyait trop parfaite alors qu’elle n’avait pas eu le temps de se remettre de six mois de négligence. D’autant plus qu’il était démon (en partie) et qu’il avait du voir des femmes plus femmes que jamais. Les démones étaient sur leurs meilleurs jours et ne se privaient pas de leurs attributs, qui, il fallait le dire, restaient intacts malgré le temps et leur manque de zèle physique, grâce à leur nature.

Elle se leva en dressant sa paume face à son visage. C’était imprévu, il le savait, il lui demandait, il n’aurait donc pas à se plaindre. Au pire, elle lui dirait qu’elle mettrait ça au point plus tard. Stop, disait-elle dans ce mouvement, ne bouge pas. Elle disparut dans les escaliers, le son de ses pas comme seul fantôme encore existant de sa présence dans la pièce. Dix longues minutes interminables passèrent avant qu’elle ne réapparaisse en haut des marches.


Plus de robe simple, plus de cheveux emmêlés. Elle descendait dorénavant les marches dans une longue robe* d’un violet intense, profond. Il faisait briller la peau de ses bras, donnait à leur pâleur cette lumière que seule la nacre semble réussir à capter. Elle avait brossé ses cheveux dans un chignon haut, quelques boucles s’évadaient sur ses tempes, son visage était dégagé, avec une pointe d’inquiétude peut-être, mais à peine notable. Ses yeux étaient maquillés d’un trait de charbon sur la paupière, aussi long que ses cils. Le gris de leurs iris semblaient fou, profond, glacial, impénétrable. Le tissu qui l’entourait était fluide, vaporeux et se soulevait au rythme du battement à peine perceptible de ses ailes, fermées, dans son dos. Il dessinait les formes de ses seins, de ses hanches. Elle n’était pas très épaisse, ses coudes étaient même un peu pointus, mais ce n’était qu’une question de remise en forme aux yeux de la fée. Son épaule droite s’enfuyait de son décolté.
Elle n’avait pas l’air d’une esclave, pas plus que d’une fille fragile. Ainsi donc, voilà comment elle avait ses entrées à la Bibliothèque, à n’en pas douter. Elle s’approcha de lui et lui tendit un papier vierge et une enveloppe vide.


- Maintenant, imagine que tu viens de rejoindre notre… euh… clan !? et que nous nous trouvons actuellement en sécurité dans notre future salle de réunion. Disons cela comme ça.


Elle attrapa une plume et de l’encre dans le tiroir du buffet et le posa sur la table basse.


- On va donc faire un jeu de rôle pour que tu comprennes. Je suis moi-même, enfin, plus ou moins… Tu dois absolument me cacher une chose qui pourrait nuire au clan. Bien sûr, tu sais tenir ta langue alors c’est là où je m’en mêle.


Elle trempe la plume dans le petit encrier sans lui décrocher le moindre regard.


- Écris sur le papier que je t’ai donné ce que tu dois me cacher.


Elle lui tend la plume en posant enfin ses yeux dans les siens.


- Tu imagines ce que tu veux, une phrase, un mot, une couleur, n’importe quoi que tu ne doives pas me dire. Tu le mets dans l’enveloppe, tu la caches dans la pièce. Je vais me mettre dans la cuisine le temps que tu réfléchisses. Appelle-moi quand tu as terminé.


Elle se dirige vers une porte, visiblement celle de sa cachette le temps que Matthew se décide. Elle pivote sur elle-même au dernier moment.


- Oh, et, comme tu connais les règles du jeu, que tu sais que je vais essayer de te faire avouer quelque chose, tu vas beaucoup plus te fermer que ce que je ne peux l’imaginer. Donc, pour te montrer que ma démonstration peut être concluante hors ce contexte, je vais être obligée d’aller plus loin sûrement que tu ne peux l’imaginer. Si ça va trop loin pour toi, notre mot d’entente est « Papillon ». Tout est permis tant que ce mot n’est pas dit au moment où tu enclenches le jeu, compris ?


Elle n’attend même pas sa réponse et disparaît dans l’entrebâillement de la porte qui se ferme. On entend couler presque aussitôt de l’eau…


Alors très cher, vous êtes prêt ?





* Plus d'infos sur la ROBE ?

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Matthew Sombrelune
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MessageDim 13 Mar 2011 - 17:18

Matthew allait se montrer docile pour le coup. Elle sembla hésiter un moment, avant de finalement se décider. Il ignorait ce qu'elle comptait faire, comment elle comptait le faire. Mais il savait juste qu'elle le ferait. Et c'est ainsi qu'après l'hésitation qu'elle eut, bien que peu visible, elle se décida finalement. Elle lui fit un simple signe de la main. Le possédé comprit plus ou moins, et ne bougea pas le temps qu'elle se retire. Il joua avec le liquide se trouvant dans sa tasse. Liquide de couleur ambré, si doux, si chaud, qui vous laissait vous évader lorsque vous le vouliez. Dangereux... Il ferma un instant les yeux en ramenant sa tête en arrière. Tout ceci était dangereux. Et lorsqu'il fermait les yeux, il en était encore plus conscient que jamais. Il avait l'impression de voir N'Jriel, caché au fond de sa tête, dans un coin, dans ce noir total. Il avait joué un jour, il avait perdu. Mais aujourd'hui, le jeu n'en était plus un, car il ne s'agissait plus simplement de lui. Non, maintenant, il ne pouvait pas laisser N'Jriel reprendre le dessus, jamais. Car Il y avait aussi Dierebel, et d'autres qui viendrez sans doute bientôt.

Finalement, il l'entendit revenir, descendant les marches. Instinctivement, il se retourna pour la voir. Et là, il fut soufflé. Ce n'était plus une simple esclave qui se tenait devant lui. Ce n'était plus celle à qui il parlait. Elle semblait... Transformée. Comme si tout d'un coup, la simple pierre avait été polie et avait révélé le diamant se trouvant en son coeur. Elle était absolument magnifique, et ce n'était pas une de ces beauté simple, classique, qu'il pouvait voir chez les Démones qu'il apercevait tous les jours où même qu'il côtoyait. Non, c'était une beauté précieuse, inestimable, un charme imbrisable. Il se releva du canapé, juste un peu, avant de se rendre compte de son geste et de reprendre ses esprits et son calme. Il s'était attendu à bien des choses, mais pas à ça. Même N'Jriel se taisait pour une fois. Tous deux avaient le souffle coupés.

Elle se posta devant lui, et lui tendit un papier qu'il prit, perplexe, essayant de rester maître de lui. Il ne posa pas de question, il savait qu'il obtiendrait bientôt les réponses. Oui, à n'en pas douter. Et effectivement, elle lui apporta, en même temps qu'une plume et de l'encre. Toujours assis, il écoutait, et il comprit rapidement ce qu'il allait devoir faire. Un jeu de rôle hein? Très bien, il allait voir ce qu'elle comptait faire. Lorsqu'elle se retira dans la cuisine, il se mit à réfléchir. Il ne voulait pas la faire attendre trop longtemps. Mais il avait encore un peu de mal à se remettre. L'image de Dierebel en haut des escaliers s'imposait devant ses yeux. Finalement, il les ferma un instant, respira un bon coup, puis se lança. Bien, il ne lui restait plus qu'à écrire ce qu'il voulait cacher et ensuite cacher l'enveloppe. Il mit peut-être une minute ou deux avant de trouver. Après quoi, il glissa le papier dans l'enveloppe puis la cacha quelque part dans la pièce. Voilà.

*Kufufufu, en fait, tu ne veux pas qu'elle trouve n'est-ce pas? Tu veux voir ce qu'est ce "jusqu'où elle est prête à aller", hein... Kufufufu.*

-Même si c'était le cas, ce n'est pas le sujet, alors tais-toi.


Il avait chuchoté sa réponse à N'Jriel. Peut-être avait-il raison. Matthew voulait voir jusqu'où la Fée serait prête à aller pour découvrir les secrets et les mensonges. Pour voir si les gens étaient dignes de confiance. Il avait besoin de savoir. Peut-être était-ce pour lui faire passer un test avant les autres, même si elle avait déjà montré qu'elle voulait se battre. Peut-être était-ce autre chose, mais en attendant... Maintenant que c'était lancé, il ne pouvait plus reculé. Alors il verrait bien.

Il s'assura une dernière fois que l'enveloppe était bien à sa place. Normalement, tout était bon. Il jeta un nouveau coup d'oeil dans la pièce, vérifiant que rien n'avait bougé. C'était bon, tout était parfait... Il alla vers la porte de la cuisine et s'arrêta un instant devant, se préparant à nouveau à revoir la Fée. Remis un peu de sa surprise, il savait parfaitement que pourtant, il ne pourrait pas y échapper à nouveau. Il posa sa main sur la poignée et ouvrit.


-C'est bon, nous pouvons commencer.

Un sourire arrogant s'afficha sur le visage de Matthew. Il était quasiment sûr que Dierebel ne trouverait pas, malgré ma méthode qu'elle utiliserait. Malgré la transformation qui asséchait la gorge de l'Aqua, qui déglutit en la voyant à nouveau. Ce regard de la Fée était tellement... Différent d'avant. En fait, l'ambiance même était un peu différente. Mais il n'y faisait pas attention. Papillon... C'était le mot qu'il fallait prononcer si ça allait trop loin. Etre gracieux et dansant dans les airs, évoluant, naissant d'un être que beaucoup trouvaient répugnant. Ce mot était bien choisit au final, car cet être était sans doute le symbole de la transformation.

Alors que le jeu commence.
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MessageDim 13 Mar 2011 - 18:06



Dierebel était penchée au-dessus de l’évier lorsqu’il ouvrit la porte, elle avalait une longue rasade d’eau à même le robinet. Elle se redressa et coupa la petite vanne en étain. Des gouttes filèrent sur son menton et chutèrent sur sa poitrine. Elle saisit un torchon, oh, le blanc, pour éponger le coin de ses lèvres. Elle acquiesça du chef et posa ses deux mains sur le ventre de Matthew pour le pousser légèrement et passer. Elle minaudait, pour sûr, et prenait tout avantage de la situation : pas de dégoût dans son regard, juste de la surprise. Comme quelqu’un à qui on offre un cadeau inattendu. Elle lui plaisait ? A sa guise, c’était un très bon moyen de détourner son attention. Même si elle n’avait pas joué à ça depuis des lustres, elle se souvenait parfaitement de ces petits gestes, ces petits riens, innocents mais si puissants qui faisait balbutier le plus secret des templiers.

Elle plaqua ses doigts sur le tissu violet, comme si elle caressait son ventre. Cela tirait à peine sur l’étoffe, mais assez pour dessiner le creux généreux entre ses deux seins. Attendez, ils sont libres sous sa robe ?


- Hé bien ? Assieds-toi. J’ai des tonnes de questions à te poser. C’est au moins un bon moyen de faire connaissance. Non ?


Sans l’attendre, elle prit place sur le canapé. Elle restait droite, le menton levé. Se tenait-elle aussi bien quelques minutes auparavant ou le tissu donnait l’impression qu’elle s’asseyait avec d’avantage de grâce ? Elle frappa la place libre à côté d’elle pour l’inciter à la rejoindre. Elle fixait son regard sans sourciller. Oui, voilà une autre Dierebel, bien différente, sûre d’elle. Elle ne quittait pas chacun de ses faits et gestes. On avait l’impression qu’elle savait déjà tout, qu’elle nous jugeait en un battement de paupière. Vous êtes mal à l’aise ?


- Donc, Matthew… murmura-t-elle en posant sa main sur la sienne. Parle-moi un peu de toi. Qui es-tu ? D’où viens-tu ? Quel âge as-tu ? Je t’écoute.


Au moins elle était directe. Elle l’allumait, à moins que ce ne soit qu’un jeu pour connaître ces propres limites, un piège, dans ce cas, il fallait y réfléchir à deux fois avant de se laisser aller. Elle rentrait dans le vif du sujet. De toute manière, tourner autour du pot aurait été une perte de temps infinie dans la mesure où Matthew savait parfaitement où Dierebel allait en venir. Elle lui abrégeait donc l’introduction et passait directement aux choses sérieuses. C’était aussi une manière de jouer à « chaud » ou « froid » et de noter les sujets sensibles ou qu’il tentait d’éviter. Mais peut-être brûlait-elle les étapes ? Oh, laissez-la donc faire, vous verrez bien.

Pas de prologue, elle attendait une réponse. Il fallait aussi voir comment ce dernier se comportait face à un interrogatoire. Parlait-il trop tout de suite ? S’enflammait-il dans les discutions chiffons ? Ou au contraire, avait-il du mal à se livrer, à parler de lui ? Avant de bavarder, il fallait connaître le débit de son interlocuteur. Trois questions ouvertes étaient lancées sur la table. Il pouvait prendre le temps d’y répondre, pimenter sa vie, faire le bellâtre, raconter n’importe quoi. Ou se taire et se contenter de parler simplement, brièvement. Sans faire d’écho ni de débordements.


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Matthew Sombrelune
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MessageDim 13 Mar 2011 - 18:37

Bon sang, elle était vraiment différente. Tellement différente que s'il l'avait croisé dans la rue, il ne l'aurait peut-être pas reconnu. En fait, c'était surtout son comportement qui était particulièrement différent. Autant, il y a peu, elle croisait à peine son regard, autant maintenant, elle cherchait à le fixer, à l'accrocher. Et Matthew n'était pas homme à céder. Sauf lorsque d'autres choses attiraient son regard. Il avait pleinement conscience qu'en ce moment précis, ce que cherchait à provoquer Dierebel chez lui était du désir, mais aussi, elle voulait l'intimider. Elle voulait prendre le dessus sur lui pour ensuite lui faire révéler ce qu'il avait mis sur le mot et où il l'avait caché. C'était purement logique. Peu seraient capables de résister. Pas même les personnes les plus entraînées, car autant on pouvait entraîner quelqu'un à résister à la douleur. Autant résister à ce que l'on désire posséder était autrement plus difficile.

C'était comme ça, les gens étaient fait pour vouloir s'approprier ce qui leur faisait envie. Il se laissa entraîner par le contact, puis par l'invitation, allant gagner sa place à côté de la belle Dierebel. Faire connaissance hein... Voilà qui allait se montrer passionnant. Un ricanement de N'Jriel ne laissa rien présager de bon à Matthew, bien évidemment, surtout que pour une fois, il savait que le Démon avait raison. Ca pourrait tourner ainsi. Mais ça ne le ferait pas. Il ne fallait pas, ce n'était clairement pas une bonne idée. Il fixait son regard, refusant de le détourner le premier, et même en s'installant il ne le détourna pas autant que possible. Le regard gris de la Fée était profond, mystérieux, emplie de choses impossibles à comprendre, des petits éclats imperceptibles, qui vous poussaient à les regarder. Ils créaient un certain malaise, mais qui étrangement était moins désagréable qu'on pourrait le penser pour qui possédait l'assurance nécessaire à l'assumer.


-Bien... Commençons.


Oui, Matthew, lui-même. Matthew, surpris de constater qu'en effet, la peau de Dierebel possédait la douceur à laquelle il s'attendait. Mais il ne détourna pas le regard pour regarder cette main, malgré le léger frisson qui remonta le long de son bras et de son échine. Non, il voulait jouer son jeu. Il s'y glissait parfaitement. Il savait qu'il était testé, et pour cette raison, il serait sans doute plus efficace que d'autres qui ne le remarqueraient que plus tard, ou qui même en s'en doutant, s'y laisseraient probablement prendre. Lui il préférait rester tendu, malgré le fait que la présence de N'Jriel, grâce à se contact se réduisait à un gargouillis inaudible au fond de son esprit où il était repoussé.

Ses questions plutôt classiques lui firent haussé un sourcil. Plutôt étranges, quoiqu'en fait, normal. Elle devait d'abord établir une base pour voir lorsqu'il mentait ou non. La voix de la Fée provoqua chez Matthew un sourire assuré, comme souvent dès qu'il s'adressait aux femmes. Il ne pouvait pas s'en empêcher, c'était automatique, et il savait que ça adoucissait ses traits et le rendait plus avenant, lui donnant également un côté charmeur. Oui, il ne pouvait pas s'en empêcher, c'était comme ça...


-Bien, qui je suis... Cette question est sans réponse. Alors simplement Matthew, avec mon rang de Chevalier Démoniaque, ça sera suffisant non? Je suis dans ma trente-deuxième année et je suis originaire de Luxania, enfin, les alentours...

Il n'y avait rien d'autre à ajouter. Il restait simple, bien qu'il ajoutait quelques détails négligeamment. Les questions posées étaient trop flous pour mériter des réponses réellement précises. Soit il restait simple et sommaire, soit il en disait un peu plus, ce qui pouvait le trahir. Il continuait de se concentrer sur Dierebel, sur son regard, sur son visage, ses lèvres, son cou, les courbes de son corps. Puis revenait sur les yeux, pour ne pas trop s'égarer, tandis que N'Jriel faisait silence pour une fois. Grace à ce simple contact.

-D'autres choses?

Il fit un léger mouvement de tête, arrogant. Sa position était clairement tournée vers Dierebel, son corps étant en biais par rapport au canapé. Apparemment, le charme de la Fée faisait son effet.
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e'Dierebel
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MessageDim 13 Mar 2011 - 19:19




Une question sans réponse ? disait-il. Mais il lui trouva une signification quand même et répondit. Il la fixait, prenait un air sûr, détendu. Parfait. Il jouait aussi de son charme, et il fallait l’avouer, ils étaient à égalité sur ce terrain là. Quand Matthew se mettait à sourire, quelque chose illuminait son visage. Il devenait moqueur, arrogant, intouchable. Pour celui ou celle qui n’y aurait jeté qu’un regard. Mais la fée comptait bien creuser cette attitude. Lui aussi changeait, il tenait son rôle. Chacun d’entre eux était une personne différente des jours précédents, déployant dans une robe ou dans un sourire, leur volonté de résistance vis-à-vis l’un de l’autre. La partie allait être complexe, surtout que la fée avait bien compris, si Matthew jouait au démon, il avait l’habitude de mentir. C’était un voleur avait-il à demi-mots avoué. Il savait lui aussi détourner l’attention, charmer pour mieux rebondir. Les dés étaient lancés pour les deux antagonistes.

Lui, restait plutôt silencieux, quoique ouvert à la discussion. Elle était encore un peu tendue dans son attitude, sérieuse, presque professionnelle. Sa main toujours posée sur la sienne, elle laissait la chaleur de sa peau traverser ses doigts, sans gêne mais avec une effronterie digne des plus grands. La partie n’était pas gagnée d’avance, elle le savait très bien. Il était temps d’entrer en finesse dans le sujet, de se laisser porter par ses aveux.


Son médaillon éclairait paisiblement le cou tressé de sa robe, suivant avec lascivité les respirations calmes de sa propriétaire. Elle éloignait son démon un instant, pour que Matthew ne soit pas influencé. Quand elle cherchait à savoir quelque chose de Saïsei, elle s’était rendu compte que le contact physique était du genre à éloigner son fantôme, Isaac, et donc, à le faire taire. Car lorsqu’on lançait un défi, même s’ils n’étaient pas concernés par l’affaire, ceux là s’amusaient toujours à torpiller les esprits qu’ils possédaient d’idées pour déjouer les tours de la fée. A force de posséder des êtres comme eux, ils avaient pris des millénaires à les observer et à les rendre prévisibles. Si N’Jriel était dans la tête de Matthew, il pouvait aussi bien être dans la sienne, par conséquent…


- Trente deux ans ? s’étonna-t-elle en levant un sourcil. Je pensais que tu étais bien plus jeune. Mais si tu viens du Luxania, alors rien ne me paraît plus normal. On y rencontre des créatures si particulières…


Elle lui rendit alors son plus beau sourire, comme si elle avait trouvé un frère en lui. Elle aussi avait vécu un moment dans sa vie, mais elle se garda bien de le dire en jouant des sous-entendus. La main encore fermement posée sur la sienne, elle remonta ses doigts sur son poignet.

D’ailleurs, elle venait peut-être déjà trouver de quoi le surprendre. S’il venait de ce royaume là, alors il connaissait forcément Omel Tokir*, la grande cité féerique qui dominait les Plaines des Cœurs de Roche. Ils avaient été voisins toute leur vie sans le savoir. De deux régions qui se frôlaient et s’évitaient cordialement. Dierebel avait été élevée là-bas, et cela en disait long sur elle. Très long.


A Omel Tokir, et dans les forêts tropicales qui l’entouraient, les fées sauvages rôdaient. On les appelait les Sombres, mais chaque tribu avait son nom et sa renommée. Toutes étaient réputées pour leur cruauté. Des séductrices de l’enfer, bien trop proches caractériellement parlant des démons, qui capturaient les hommes pour engrosser leurs élues. Des femmes qui tuaient leurs enfants s’ils étaient des garçons, indépendantes, impossible à dominer, asociales. De véritables guerrières qui ne vivaient que pour le sang et la domination et qui respectaient une seule et unique chose : leur nature.
Raser des forêts pour construire un Empire ? Sacrilège. Luxania en était un. Et à l’amiable, on ne se sautait pas dessus. Mais un grain de sable dans le rouage pouvait tout faire imploser à tout moment.


- Je suis de la Plaine des Cœurs de Roche, décreta-t-elle avec un air satisfait. En fait, je pense que nous nous connaissons mieux que tu ne le penses.


Elle inspira une grande bouffée d’air et inclina la tête sur le côté. Juste pour guetter sa réaction… Jouissif…







* Petit mémo sur : Omel Tokir / Plaine des Coeurs de Roche

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Matthew Sombrelune
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MessageDim 13 Mar 2011 - 19:57

Beaucoup de personnes voyaient Matthew bien plus jeune, ce qui était normal. En tant que Semi-Elfe, il vieillissait moins vite que nombre de race, mais plus vite que tous les Elfes. C'est ce qui faisait qu'au cours de son enfance, il avait été considéré comme un prodige par ses pairs. Au final, ça l'arrangeait dans bien des situations, car ainsi, il garderait son charme plus longtemps que s'il avait hérité des gênes d'hybride félin de son père. Bien qu'il avait acquis d'autres choses tout aussi intéressantes. En fait, le plus étrange dans tout ça était que malgré ses deux origines, il ne puisse pas voir dans la nuit. Car entre le fait de venir d'un peuple d'Elfe nyctalope et que son père voyait également dans la nuit, c'était assez étonnant. Peut-être était-ce d'autres ancêtes qui avaient provoqués ceci. Enfin, la question n'était pas là. Ainsi elle connaissait Luxania? Aurait-elle visité la région un jour... Ca n'aurait pas étonné Matthew. Vraiment pas.

Le sourire qu'elle lui rendit fit vibrer Matthew. Oui, décidément, pleine de charme. En fait, à ce moment précis, il regrettait presque les remarque de N'Jriel, car à trop réter concentré sur Dierebel, il pourrait facilement perdre la tête, oubliant la présence de son Démon, se laisser entraîner dans ce petit jeu... Au final, dans un sens, le Démon le protégeait, l'obligeait à rester sur ses gardes, même en le privant de sommeil et en l'éprouvant. Et cette caresse insidieuse sur sa main, remontant sur son pognet n'aidait pas pour le moment à sa concentration sur le fait de ne pas cacher son secret. D'ailleurs, il faillit décrocher un regard ailleurs, indiquant peut-être le lieu où il avait caché l'objet que la Fée devait trouver. Son coeur accéléra un coup face à l'erreur qu'il avait faillit faire. Mais il se calma rapidement. Il retint également un soupire. Dans ce petit jeu, chaque parole, chaque geste, chaque respiration devait rester contrôlé.

Il découvrit alors d'où elle venait. Ah, ceci expliquait cela. Il comprenait mieux l'allure de Dierebel, son mystère, ce qu'elle était. Car la région qu'elle évoquait, il n'avait jamais osé s'y aventurer. En fait, peu de personnes osaient. Pas quand elles étaient censées. Pas quand elles voulaient vivre... Ou sauf s'il s'agissait de l'une d'entre elle.


-Je vois, en effet...

Il retint son souffle un instant lorsqu'elle pencha la tête, offrant son cou à la lumière de la pièce un peu plus qu'il n'aurait fallut, et il reprit finalement.

-Mais je ne suis pas resté longtemps à Luxania. J'ai des origines d'Elfe Sylvain. Les cités qui prennent le pas sur la nature ne me plaisent donc sans doute pas plus qu'à celles de chez toi...


Il avait lâché une nouvelle information. C'est vrai que ça partait vite, ces petites bêtes là... Il fallait faire attention à ne pas trop les laisser filer, ça pouvait aller tellement vite. Il se demandait tout de même où toutes ces questions allaient le conduire. Comment allait-elle parvenir à ses fins comme ça... C'était un grand mystère. Il aurait bien pris les devants, mais il devait jouer celui qui subissait les questions, et non pas qui prenait le dessus des choses. Alors il se laissait un peu guider, pour le moment, c'était le mieux qu'il avait à faire. Laisser agir le comportement caressant de Dierebel, dans tous les sens du terme. Néanmoins, il arriverait un moment où il chercherait sans doute à reprendre le dessus, à tester la Fée. Mais pas tout de suite, bien qu'il la contrerait un peu, agirait normalement, sans se battre vraiment, relançant un peu pour agir comme une personne normale agirait des ces circonstance. Il ferait la conversation.

-De fait, je doute que tu me connaisses tant que ça.

Aussi naturellement que possible, il retira sa main de l'emprise de celle de Dierebel avec un sourire charmeur, plein de défi. Vient la reprendre si tu le souhaites, petite Fée... Il installa son bras sur le dossier du canapé, changeant légèrement de position pour être bien tourné vers Dierebel, laissant néanmoins son autre main trainer sur sa jambe négligemment, haussant un sourcil, attendant la suite. Cette petite dérobade allait soit la forcer à avancer un peu plus, soit à changer d'attitude. Matthew allait bien voir. Vraiment, comment allait-elle réagir, se comporter, jusqu'où allait-elle aller. Jusqu'où...

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MessageDim 13 Mar 2011 - 20:40




Il retira sa main. Juste le temps de laisser vaciller ses yeux, de manquer de dévoiler son secret. Elle avait remarqué ce petit quelque chose qui le trahissait. Et elle trouvait ça charmant… Il avait parlé un peu trop, l’avait mis au défi de ne pas la connaître et de se rapprocher encore. Une sorte de panique sous un contrôle trop rigoureux de lui-même pour ne pas être fragile. Il s’inclina en arrière, la main sur sa cuisse, ses pupilles firent un aller retour rapide entre les yeux de la fée et ses propres phalanges Pourtant, elle n’avait plus besoin du contact de sa main.

Chez certaines personnes, le malaise se lisait dans leurs yeux. Les pupilles se dilataient, les iris s’agitaient dans leurs orbites. Bref, leur regard ne tenait plus en place, la gêne étant plus forte que l’assurance de mentir. D’autres s’en cachaient mieux, un simple clignement d’œil, un tic au coin de leur paupière faisait office d’indice sur la voie de la vérité. Mais il n’y avait pas que ça. Il y avait en ces lieux d’excellents menteurs. Des personnes dont le regard était crypté, illisible, et ne sillait pas. C’était pourquoi elle avait pris sa main dans la sienne, son index s’était posé sur un petit vaisseau sanguin, qui, chez toutes les personnes qu’elle avait testé, était joint à un petit nerf. Il se crispait à l’approche d’une vérité, et laissait sentir le sang battre dans les veines. A ce moment là, il fallait être observateur, il y avait forcément un détail, un rien du tout, qui indiquait la gêne sur le visage de l’autre. Dierebel n’était pas tactile que pour le plaisir (quoique…). Elle l’avait vu, et trouvait ça absolument adorable. Cela en disait long sur lui.


Sa mâchoire se creusait. Juste là, près de la tempe gauche. Elle dessinait pendant un cinquième de seconde une fossette, adorable et surprenante. Ainsi donc, c’était un nerveux ? Il devait être colérique quand contrarié. Il n’aimait pas qu’on ne se plie pas à son avis, voilà ce qu’elle en déduit. Ou alors, il avait subit des contrariétés régulièrement. Un démon trop bavard dans un coin de sa tête par exemple ? Il devait avoir une grande force de résistance mentale. Ce n’était pas vraiment l’adversaire facile auquel la fée pouvait s’attendre. Il ne lâcherait pas le morceau si vite… Il fallait être beaucoup plus incisive…


Il était temps de passer à l’étape supérieure. La provocation.


Elle se leva et entreprit de faire le tour de la pièce, elle gardait toujours un œil fixe sur lui. Elle caressa les reliures de ses livres, le dossier du fauteuil en face de lui puis finit par s’appuyer sur la cheminée. Dans un silence impérial, la trotteuse griffait l’espace temps avec ses soubresauts. Elle reprit doucement d’une voix plus suave :


- J’imagine que je ne peux pas connaître ta vie en quelques minutes. Mais que tu fuies les cités parce que tu préfères la forêt, que tu sois un elfe fidèle et droit à tes principes, ça me laisse juste penser que tu as envie de libérer une cité monumentale pour une raison plus profonde qu’il n’y paraît. Après tout qu’importe les pierres ?


Elle guetta sa réaction en caressant du bout des doigts la console de l’entrée. Comme si elle dansait entre les meubles. Ce qu’elle cherchait en fait, c’était déclencher ce mouvement imperceptible de mâchoire en touchant le meuble qui renfermait la précieuse enveloppe.


- Dis-moi, c’est quand même pas… Y a quand même pas une femme là-dessous ?


Elle éclata de rire. Oui, elle se foutait de sa gueule.

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Matthew Sombrelune
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MessageDim 13 Mar 2011 - 21:25

Se sentir observer ainsi pouvait parfois être bien désabréable. Il n'aimait pas trop habituellement, changeant assez régulièrement d'endroit pour ne pas qu'on puisse trop s'attarder sur lui. Il n'était pas du genre à laisser les gens le découvrir. Alors cette situation n'était que peu appréciable pour lui en un sens. Surtout que maintenant que le contact avait cessé... Il regrettait de l'avoir brisé. Car N'Jriel avait reprit sa place habituelle dans l'esprit de l'homme. Celle depuis laquelle il pouvait observer en ricanant, cachant son soulagement de cette fin de contact avec Dierebel. Ce qui n'était pas le cas pour Matthew, qui l'aurait bien prolongé un peu. Que ça soit pour la tranquillité ou pour autre chose. Mais la question n'était pas là.

Il regarda Dierebel se lever en haussant un sourcil. Donc, elle changeait de méthode... Bien, voyons ce que ça allait donner. Matthew affichait toujours un sourire pendant qu'elle faisait le tour de la pièce, carressant les tranches des livres. Qu'elle cherche donc, elle n'était pas vers ceux-ci. Non, vers un meuble, il y avait plus de chance... Ou pas. Non, elle se trouvait dans un endroit un peu moins flagrant. Peut-être. Mais pas vers les livres.

Il eut un sourire à la remarque de Dierebel dont il suivait le parcours des yeux, tournant la tête s'il le fallait. Oui, c'est vrai qu'il n'était pas possible de connaître quelqu'un comme ça. On ne pouvait jamais connaître entièrement quelqu'un, certaines part restaient souvent enfouies au plus profond des gens, et eux-même n'en avaient pas forcément conscience. Les personnes qui se croyaient bonnes l'étaient seulement grace à des limites par exemple, qu'elles s'imposaient, ou qu'on leur imposaient. Mais au final, elles n'étaient pas forcément mieux que les autres, n'obéissant à ces règles qu'à cause de ce qui les entouraient. Alors non, connaître réellement quelqu'un était impossible. Et c'était le même principe pour une histoire. Personne ne se souvenait de sa vie entière, c'était impossible, des détails nous échappaient toujours...


-Même en un siècle, tu ne serais probablement pas capable de la connaître entièrement.


La console de l'entrée hein... Non, mais elle s'en approchait. Néanmoins, en continuant de l'observer, elle aurait du mal à trouver quoi que ce soit. Bien sûr, elle se basait sans doute sur ses réactions, mais ça ne serait pas suffisant... Pas suffisant du tout même. Un immense sourire apparut sur ses lèvres lorsqu'elle demanda si une femme n'était pas là-dessous. Bon sang, elle rigolait n'est-ce pas? S'il avait dû se battre chaque fois ainsi pour une femme... Il n'aurait pas fait long feu! Non, il n'avait jamais connu personne pour qui il se serait battu ainsi. Il rigola même à cette simple idée. Première fois qu'il riait face à elle.

-Il est vrai, ce ne serait qu'une Cité comme une autre, sans doute n'aurais-je rien fait. Mais c'est Elament, et elle nous appartient.
*Ouais enfin, plus maintenant mon pote. Kufufufufu!*


Une petite expression agacée passa sur le visage de Matthew après la remarque de N'Jriel. Bien heureusement, à ce moment là Dierebel ne se trouvait pas vers l'endroit où il l'avait caché. Elle s'en était même éloignée. Après tout, il l'avait mis à un endroit où il n'allait pas bien souvent, alors bon. Avez-vous enfin deviné? Peut-être bien, mais que voulez-vous... Son regard et son sourire étaient malicieux plus qu'arrogant, bien qu'il était assez fier de lui évidemment. En fait, en cette instant, un petit aspect enfantin ressortait de lui.


-Inutile d'être jalouse... Je n'ai jamais couru après une femme. Sans vouloir me vanter, ou peut-être un peu en fait, je n'en ai pas besoin.

Bon, ça, il n'avait sans doute pas vraiment besoin de le dire, néanmoins l'humour était là. N'Jriel ricana, tandis qu'ils attendaient de voir où en était Dierebel dans ses recherches et dans son observation. Allait-elle trouver ou non?

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MessageDim 13 Mar 2011 - 22:20

Dierebel écarquilla les yeux. Surprise, décontenancée, vexée. Elle ? Jalouse ? Etait-il toujours dans son rôle ou bien le démon avait-il reprit le dessus ? Elle en oublia un millième de seconde de guetter ce petit centimètre d’épiderme de peau qui aurait pu lui indiquer la direction de l’enveloppe. S’en approcher, c’était faire monter la tension. C’était le moyen de pression qu’elle avait trouvé pour rendre le jeu un peu plus réel. Trop réel.

Ses sourcils se froncèrent, elle stoppa de rire. Son menton pointa l’air un peu plus haut. Dieux, qu’elle était hautaine quand elle s’y mettait. Elle quitta l’entrée et se rapprocha de lui. Elle fonça pour être exacte. Ses bras entourèrent Matthew, ses mains se posèrent de chaque côté de son cou, en appui sur la toile rigide du canapé, elle se pencha et le fixa au plus près qu’elle pouvait le faire.


- Je reconnais bien en toi un élémentaliste convaincu, ne t’inquiète pas. Tu es aussi pédant qu’eux tous, tu es petit, bas, tu ne peux pas t’empêcher de rabaisser les autres en te disant que tu n’as pas besoin d’eux. Ni d’une femme, ni d’une ville. Quand la cité est tombée, ton orgueil et ta dignité se sont effondrés. C’est ça que tu veux récupérer, n’est-ce pas ? Après tout, qu’importe la ville, tant que dans sa renommé, ton nom y figure, ça te va, n’est-ce pas ?


Elle choppa son menton dans sa main. Elle avait une bonne poigne pour une personne de la taille d’un enfant. Mais surtout, elle avait dans ce geste une conviction sans limite.


- Tu veux savoir pourquoi les démons ont la cité aujourd’hui ? Parce qu’ils sont toujours restés unis et solidaires. Oui, se sont des êtres répugnants, avides de sang, de sexe, de mort. Ils profanent nos tombes, ils nous réduisent à l’esclavage. Mais dis-toi bien une chose mon chou, eux, ils n’ont pas eu à se faire passer pour nous pour survivre…


Elle se recula brusquement, lâchant son menton, presque en le griffant. Violement, elle balança un coup de pied dans la table basse faisant tomber la petite boîte en carton et les deux tasses qui s’y trouvaient.


- Ils avaient tout prévu, leur organisation, leur armée, les pierres. Ils avaient gagné d’avance. Pourquoi ? Parce qu’ils ne pensent pas comme toi qu’ils n’ont pas besoin d’une petite fée comme moi pour aller plus haut.


Elle enfouit son visage entre ses mains. Elle sentait son sang ne faire qu’un tour, et ce flux éveiller en elle toute la colère cachée. Non, tout cela ne devait rester qu’un jeu… Une simulation plus vraie que nature. Il fallait qu'elle soit plausible, mais elle devait rester maître de la situation. Elle n’avait pas besoin de ça, pas maintenant. Elle se ressaisit en fixant, de dos à lui, un point sur la porte d’entrée. Non, elle ne fixait pas un point précis en particulier, mais on aurait pu croire qu’elle avait vu quelque chose. Elle soupira.
En pivotant sur elle-même, elle avait retrouvé un semblant de sourire. Lunatique, colérique… Que cachait-elle encore ? Mais ce n’était pas là la question.


- Qu’est-ce que tu es prêt à donner pour obtenir ta liberté ? Jusqu’où es-tu prêt à aller pour racheter nos fautes ? Tu crois que tu n’auras pas besoin de te mettre à quatre pattes devant une fée ? Rien ne t’y oblige, non. Heureusement, que, sans te vanter, tu n’as besoin de courir après personne…


Elle ramassa la bouteille et engloutit au goulot même, une longue rasade.


- Comment s’appelle celui qui est censé te posséder ? N’apprends-tu donc rien de lui ? N’y a-t-il pas du regret en toi ? Tu n'as rien à cacher, vraiment ?


Elle s’assit sur l’accoudoir, juste à côté de lui. Elle lui fourra la bouteille entre les mains.


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Matthew Sombrelune
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MessageDim 13 Mar 2011 - 23:00

Au moins elle quitta l'entrée, c'était déjà ça de gagné. Elle ne risquait pas de découvrir maintenant la cachette, au rythme où ça allait. SOn comportement changea encore. Comme il avait pu en faire l'expérience lors de leur rencontre, elle changeait de caractère comme d'habits, et elle se montra soudainement bien plus aggressive. Oui, elle n'avait pas tord. Beaucoup d'Elémentalistes étaient comme ça. Individualistes, libres, se battant uniquement pour leurs intérêts. Et il en faisait parti, sans nul doute. Mais il n'avait pas l'hypocrisie de le faire passer pour autre chose. C'était pour ça qu'il ne se voyait pas vraiment meneur d'une Résistance de gens qui n'avaient plus que l'espoir. Lui qui se cachait sous une fausse identité, lui qui ne pouvait même pas se battre en son nom, même si ce n'était pas pour une cause qu'il aimait. Il était obligé de vivre dans l'ombre de N'Jriel. Oui, c'était vrai... Aussi vrai que ce jeu commençait à se déplacer à une frontière, à une barrière qu'il ne valait mieux pas franchir. Si au final chacun en venait à tester réellement l'autre.

Non, peut-être était-ce nécessaire en fait. Peut-être, mais en même temps... Cette situation pouvait facilement gangréner. Il fallait la maîtriser. Et il n'arrivait pas à savoir si Dierebel la maîtrisait ou non. Et le simple fait qu'il ne sache pas le laissait penser que oui, elle savait ce qu'elle faisait. Enfin, il l'espérait. ELle saisit son menton entre ses mains, et il s'accrocha au canapé pour ne pas la forcer à lâcher. Non, il devait se maîtriser. Il ne pouvait pas décemment se dégager, surtout en risquant de le faire violemment. Ca serait mauvais pour eux. Oui... Et N'Jriel ne pouvait même pas parler et lui balancer des sarcasmes. En fait, le Démon était devenu son faire valoir en quelque sorte, celui qui l'empêchait de basculer. S'il ne l'avait pas en lui, peut-être serait-il réellement un traître aujourd'hui. Mais il ne l'était pas, alors la question ne se posait pas. Mais cet être qu'il hébergeait était sans doute l'être le plus proche qu'il avait. Même s'il le haïssait, même s'il voulait le voir disparaître, il restait le plus proche.

Finalement elle le lâcha, alors qu'il s'était légèrement relevé, libérant le Démon qui restait ébahit devant la rage de Dierebel. Il ne se moquait pas pour une fois, observant tout de même avec un petit sourire en coin de l'esprit. Oui, il aimait voir la belle critiquer les Elémentalistes, se montrer violente, libérer sa colère comme n'importe quel Démon un peu colérique le ferait. Il aimait ce côté là chez elle. Lorsqu'il la vit fixer la porte, il se tendit un instant. Puis fut soulager en la voyant revenir à lui. Apparemment, elle n'avait pas trouvé.

*Comment peux-tu stresser là-dessus? Ca n'a aucune espèce d'importance qu'elle trouve.*

Tient, il ne riait pas... Il aurait été seul, sans doute se serait-il fait la réflexion. Elle le regardait, un faible sourire au visage. Ce qu'il était prêt à abandonner? Il se laissa retomber sur le fauteuil en soupirant. Ce qui était prêt à donner? Sans doute beaucoup de chose. Mais il n'était pas prêt à tomber lui-même. Non, ce ne serait pas nécessaire normalement, mais s'il le fallait... Peut-être qu'alors oui, s'il fallait se sacrifier, il le ferait. Pour les autres, pour la Cité. Il eut un léger rire lorsqu'elle évoqua N'Jriel. Oui, elle avait sans doute raison...


-Qu'importe le prix à payer, il est le mien. Et ce malgré les protestation de N'Jriel qui semble accorder bien de l'importance à ma vie.
*Ce n'est pas ta vie qui m'intéresse, c'est ton corps.*


Il ferma un instant les yeux, pris la bouteille et bu quelques grandes gorgées avant de se lever et de s'étirer. Il se tourna ensuite vers Dierebel et se pencha sur elle, un bras lui servant d'appuie contre le dossier du canapé, rapprochant son visage de celui de la femme, la regardant dans les yeux, la détermination sur le visage.


-Mais peu importe ce qu'il dit, ce que tu dis, je sais ce pour quoi je me bats, et si pour ça je dois revoir ma façon d'agir, je le ferais. Que mes raisons soient bonnes ou mauvaises, ça ne veut rien dire. Car ce qui a été perdu avec cette Cité, que ce soit des gens ou juste des murs, on ne le retrouvera jamais, même si c'est encore debout. Alors si je dois m'agenouiller devant toi, ou devant le Haut Roi, je le ferai. Si ma pensée va au plus grand nombre, alors je me battrais avec eux, point.

Il s'arrêta un instant, la scrutant toujours, sérieux.

-D'autres choses à ajouter à ce sujet?

Oui, c'était de la détermination. Mais pas cette détermination pure qu'on retrouvait chez les héros des contes, pas cette détermination naïve. C'était la détermination de celui qui voulait retrouver ce qu'il avait perdu. Ce n'était ni bon, ni mauvais, c'était uniquement de l'égoïsme pur, celui qui menait aux chemins tortueux et sombres. Cette détermination qui permettait d'accomplir les pire choses possibles.

Il n'avait pas tout à fait répondu à toutes ces questions, mais au moins à une bonne partie, c'était déjà pas mal. Surtout que certaines devaient être purement rhétoriques, et sans doute en connaissait-elle la réponse.

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MessageDim 13 Mar 2011 - 23:59

Elle souffla sur son visage, doucement. Provocatrice de la dernière heure. Ses yeux pétillèrent, ils disaient : « Tu vois, je sais de quoi tu es capable pour sauver Elament maintenant. Et ça t’énerve tellement, que tu es obligé d’être proche de moi pour être sûr de capter mon regard… ». Il y avait mis tant de cœur, que ça ne pouvait que la faire rire. Se prenait-il à ce point au jeu ce grand gaillard ? Mais elle avait ses aveux, sa détermination. Et quelque part pour elle, c’était rassurant. Elle ne s’était pas engagée auprès de n’importe quel crétin avec le désir fébrilement ambitieux de retrouver sa maison et sa femme dans les décombres. Il avait la tête sur les épaules. Au moins autant qu’elle était capable de changer ses humeurs, papillon volatile et insaisissable qu’elle était.

Lui avait en échange sa véritable pensée sur les élémentalistes, il n’avait pas son but, ni sa motivation, mais il savait avec la plus grande sincérité du monde, ce qu’aujourd’hui elle pensait pouvoir sauver. Une réputation pour repousser les démons, un bouclier contre la terreur. Elle ne croyait plus en la cité, ni aux hommes qui l’avait peuplé. Après tout, ne l’avaient ils pas jetée ? Elle leur était inutile, ils pensaient. Tout comme Matthew, elle savait bien qu’il cherchait une armée, pas une amie.

On avait besoin d’elle ailleurs, sa dernière mission avant de partir était là. Redonner à Elament, ce qu’elle lui avait offert, sans promesses, sans mensonges, sans contreparties. Elle devait ça aux Dieux. Et à elle-même, pour se prouver qu’elle valait encore quelque chose ici bas. Elle passa du coq à l’âne, souriante, presque légère :


- Visiblement, tu as un secret bien gardé, bien enfoui. Tu n’as pas de tabou, ni sur toi-même, ni sur ta quête personnelle… Tu es quelqu’un de sérieux, d’honnête… Tu n’as pas pris à la légère ma demande pour te tester…


Elle se leva, l’obligeant à reculer progressivement. Finalement Dierebel testait en permanence, si tel était sa personnalité au jeu, il n’avait du la voir qu’ainsi dans la vie. Il devait la trouver folle, surprenante, imprévisible, oui, mais, elle captait son regard jusqu’au bout. Elle murmurait avant de crier, marchait avant de courir, battait des ailes avant de s’endormir. Lunatique, serait-ce un tempérament voulu pour dissimuler un caractère plus faible ? Non, elle était forte et tenait tête à Matthew, son regard n’était pas nappé d’une quelconque peur, d’un affaiblissement de sa foi, d’une faille… Elle le poussa contre la porte.


- J’imagine donc qu’il n’y a pas ta couleur préférée dans l’enveloppe, ni le nom de ton animal domestique. Qu’est-ce que ça peut bien être ? Une maladie ? Une addiction ? Pire ?


Non, Dierebel n’était pas lunatique. C’était une dominatrice. Elle prenait plaisir à contrôler toute situation, à la retourner à son avantage, à être maître. Elle était libre, elle décidait, elle menait la danse en toute circonstance. Pour preuve, si Matthew avait organisé cette réunion, c’était pour la connaître elle. Lui parler de son « plan », pas pour se retrouver dans un lieu inconnu, serviteur de son propre jeu macabre. Cela lui plaisait, oui. Ces changements d’humeur intempestifs n’étaient qu’une façade, un rôle.


- Laisse-moi faire le point. Tu es un elfe, tu aimes l’extérieur, tu es un voleur, tu es menteur, passablement rebelle. Tu sais prendre des décisions, tu sais ce que tu veux. Tu fonces. J’ai connu des elfes plus passifs qui supportaient moins bien ce genre de situations… Rythmées. Tu es beau, grand, fort, tu ne trébuches pas quand tu marches à reculons, tu escalades… Tu ne cherches pas la tranquillité ? Bizarre…


Elle souffla à nouveau sur sa joue. Hum, visiblement, elle n’était pas loin de l’enveloppe. Ou du secret. Voire les deux. Cette petite fossette était bien drôle, elle pointa son index dessus, au risque d’être repoussée. Les gens n’aimaient pas trop qu’on leur caresse le visage…

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Matthew Sombrelune
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MessageLun 14 Mar 2011 - 21:22

Peut-être s'était-il un peu emporté au final. Peut-être en avait-il dit plus qu'il le voulait. Mais était-ce réellement important? Ils se faisaient confiance, n'est-ce pas. Alors il devait pouvoir se le permettre. SInon... Il serait stupide de vouloir faire quoi que ça soit avec elle. Le souffle de Dierebel sur son visage le réveilla un peu. Oui, décidément, il s'était sans doute emporté... Mais elle-même se montrait franche envers lui, tout du moins le pensait-il. Car jusqu'à présent, il avait pu observer une certaine constance dans son comportement, bien qu'elle se montre terriblement lunatique. Elle était toujours aussi terriblement franche dans ses mots la plupart du temps. Car lorsqu'elle se montrait douce, elle parlait des autres, et lorsque la colère la gagnait, elle s'exprimait plus sur elle.

Elle résuma rapidement la situation. Oui, c'était à peu de choses près ça. Elle était plutôt douée cette Fée. En se levant, elle le força à reculer et il eut un petit sourire. Elle gardait les commandes, très bien, c'était pas plus mal ainsi, même si ce n'était pas une position des plus plaisantes de se laisser avoir comme ça. Néanmoins, elle était encore loin d'avoir découvert ce qui se trouvait d'inscrit sur le papier. Même si elle était très proche de l'endroit où il se trouvait caché. Il se risqua un coup d'oeil vers le lieu-dit, le regretta aussitôt. Sans doute le remarquerait-elle, et ceci marquait-il la fin du jeu. Oui, elle était observatrice, ça ne pouvait pas lui avoir échappé. Définitivement pas.

*Toujours aussi doué Matthew. Kufufufufu.*


La remarque l'agaça au plus haut point pour une fois. Néanmoins, si elle l'avait noté, elle ne le fit pas remarquer de suite. Non, ça n'aurait pas été drôle sinon, pensez-vous bien... Ou peut-être n'avait-elle pas prit ce regard pour ce qu'il était. Après tout, il venait juste de buter contre la porte... Qui sait? Mais en tout cas, il sourit à ses différentes remarques et à ses questionnements.


-Peut-être te manque-t-il encore quelques informations à mon sujets alors.


Il fit ça avec un petit sourire narquois. Oui, il lui manquait des informations. Elle cernerait sans doute mieux son caractère si elle avait conscience de son métissage dont il tirait certains traits de son caractère, qu'il n'aurait peut-être pas eu s'il avait été uniquement un Elfe Sylvain. Et puis mine de rien, N'Jriel l'influençait aussi dans son comportement. Et puis à nouveau elle lui souffla dessus, et cette fois-ci il fut un peu moins surpris, mais pas forcément plus à l'aise. Il ne comprenait pas très bien le sens de ceci... Mais même si ce n'était rien... Il empêcha la main de Dierebel d'aller plus loin. Pas touche. Il lui fit un sourire à nouveau, un peu arrogant sans doute.

-Désolé, on ne touche pas sans autorisation.

Il ne lâcha pas la main pour autant, la gardant prisonnière dans la sienne. Lui, réduire la mobilité de la Fée? Non, pas du tout, ce n'était qu'une vague impression... Néanmoins, c'était vrai que la garder à sa portée comme ça pouvait être plutôt une bonne chose, surtout qu'à nouveau, N'Jriel se retira.

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MessageLun 14 Mar 2011 - 23:00

Dierebel le laissa serrer sa main dans la sienne. Elle baissa la tête en cherchant à rompre ce lien. Essayait-elle de trouver le moyen de dissimuler une quelconque gêne ? Visiblement, ce geste était une excellente réponse à sa provocation. Elle ne le fixait plus avec détermination, même, elle essayait de s’écarter. Mais Matthew avait la poigne suffisante pour la retenir. Le froid dans son regard s’évapora. Cela ne dura que quelques secondes à peine, quelques battements de cœur pendant lesquels la fée pensa à mille choses.

Depuis combien de temps n’avait-elle pas pris la main de quelqu’un ? Depuis combien de temps ne lui avait-on pas pris la main ? Pour la réprimander, l’accompagner, la réconforter, la protéger, la retenir, la blesser ? C’était un simple contact, mais elle avait l’impression qu’elle en avait oublié le sens. Bien que Matthew ne songe pas précisément à symboliser verbalement son geste, Dierebel, elle ne pouvait s’empêcher de lui trouver une signification. Elle avait un manque, terrible et profond. Cela faisait de long mois qu’elle ne faisait plus confiance à personne, ni même à elle-même. Tenir sa main, sentir quelqu’un la retenir, lui ordonner, la soutenir… C’était une manière de l’intimider, certes, mais ce geste lui rappelait tout l’espoir qu’il transmettait. Prendre quelqu’un par la main, c’était lui montrer le chemin, lui ouvrir les yeux, créer la flamme pour lui suggérer un meilleur choix. Escorter, guider, conduire, chaperonner. Tenir sa main, c’était accepter la familiarité, s’immiscer dans la confidence. Rentrer dans l’intimité. Ce n’était pas se frôler mais bel et bien s’agripper, s’étreindre chastement. On ne pouvait pas se dégager de ce geste sans émotion, rompre la communication sans justification. Toucher la paume de l’autre comme toucher son cœur. On ne lui transmettait plus de chaleur humaine, elle mourrait à petit feu, d’abandon. La colère, la peur, les larmes, le chaos dans sa tête avait besoin de repères. Avait-elle accepté le challenge de trouver encore de l’espoir dans la cité pour cela ? Elle-même l’ignorait.


- Excuse-moi.


Elle soupira et soutint de nouveau son regard. L’enveloppe n’était pas loin. Mais elle aurait aimé ne pas en avoir besoin pour en découvrir le contenu. Elle ne doutait plus d’ailleurs en être proche. La porte ? L’aurait-il dissimulé entre les interstices du chêne élimé ? Elle osa un coup d’œil traître sur le bois endolori. Juste pour voir sa réaction.
Elle dégagea sa main, avec insistance cette fois-ci, et retourna s’asseoir sur le canapé. Au passage, elle s’accroupit pour relever la table basse et récupérer sa bouteille. Elle la fit tourner longuement entre ses mains, plaquant le goulot glacé contre ses paumes, comme pour effacer le contact encore présent de la tiédeur des doigts de Matthew.

Elle n’avait aucune idée de son secret. Pas de lien avec son passé, pas avec sa race, pas de complexe, il parlait franchement, directement. Il évoquait le nom de « N’Jriel » avec aplomb, il ne sillait pas sous ses questions. Oh, elle avait prévu que la partie serait rude. Mais elle se rendait compte à quel point Matthew avait une force mentale à toute épreuve. Il avait souffert, avait lutté et n’en était qu’au prélude de sa bataille contre lui-même. Et ce jeu contre Dierebel n’était qu’un amuse-gueule, que dis-je, une mise en bouche dont il ne connaissait que trop bien la saveur. C’était un allié de taille, elle le reconnaissait.

Elle avala une longue rasade de sa bouteille, désormais vide au tiers :


- Il y a forcément un secret là-dessous, songea-t-elle à voix haute en se mettant à tortiller une mèche de cheveux.


Elle reposa la bouteille sur la table basse et se posta, dos droit, les poings sous le menton, les coudes sur les genoux :


- « Ca » ne parle pas de toi, c’est ça ?

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MessageMer 16 Mar 2011 - 16:27

Ce simple contact fut une nouvelle bouffée d'air frais pour Matthew, qui connaissait à nouveau le silence de N'Jriel. Finalement, peut-être pourrait-il se faire à l'absence du Démon... Mais la question n'était pas là. Dierebel détourna le regard, ce qui surpris un peu l'Elfe. Il se serait plutôt attendit à ce qu'elle le soutienne et le défi un peu, comme pour lui signaler qu'il ferait mieux de la lâcher. Mais non, elle se dégagea simplement d'elle-même, avec quelques mots d'excuses. Matt en resta surpris, ne s'y attendant vraiment pas. C'était ce genre de comportement qui rendait la Fée si insaisissable. Elle se montrait forte, imperturbable, et l'instant d'après elle semblait totalement différente. Néanmoins, peu importe le comportement qu'elle adoptait, elle semblait tout de même se raccrocher à une ligne, qui était son objectif. Elle ne le perdait jamais de vu.

Ignorant de tout ce qui avait bien pu passer dans l'esprit de Dierebel, il se crispa légèrement lorsqu'elle glissa un regard vers le bas de la porte. Sans doute savait-elle, mais le jeu ne serait pas terminé tant qu'elle n'aurait pas trouvé, n'est-ce pas? Alors elle décida de s'éloigner. Au moins, elle savait observer les gens et leurs réactions, c'était déjà ça. Restait à savoir si elle pouvait leur tirer les vers du nez, deviner leurs attentions. Car ici, ce qu'il y avait dans cette enveloppe tenait plus de l'intention que simplement du message. Mais saurait-elle le comprendre, difficile à dire. Car après tout, qu'importe qu'on sache exactement les plans de quelqu'un, tant qu'on savait pour qui il les exécutait. Là on pouvait l'arrêter et après le questionner franchement. Sans doute Matthew se chargerait-il de ça d'ailleurs.

*Kufufufu, le couple parfait. L'un découvre, l'autre torture. J'aime ça.*


Oui N'Jriel, si tu veux... Matthew passa outre, comme souvent. Ce genre de remarques avaient pourtant le don de l'agacer habituellement, mais là il préférait laisser couler. Il avait d'autres choses à faire. Il la regarda remettre d'aplomb la pauvre table qui n'avait rien demandé mais qui avait néanmoins subit son courroux. Elle prit la bouteille, encore. Il se demanda un instant quelle quantité il faudrait à Dierebel pour être saoule, et il déduisit qu'il lui en faudrait beaucoup. Probablement même plus qu'à lui, qui limitait sa consommation pour ne pas perdre le contrôle au cas où N'Jriel déciderait d'en profiter.

Forcément un secret hein... Et pourquoi donc? Il n'avait pas de secret, rien à cacher, rien dont il avait honte. Il assumait ses actes, les dissimulait parfois, mais pouvait en parler dans la mesure où ça ne le mettait pas en danger. Il avait les épaules pour assumer ce qu'il faisait sans s'en cacher. Bon, évidemment, les gens savaient rarement ce qu'il avait fait et faisait. Avoir été voleur et l'être encore faisait de lui un être de secret. Mais il était assez en accord avec lui-même pour assumer et pouvoir se dévoiler face à quelqu'un. Alors un secret... Non. Il n'y avait rien. Rien à cacher, rien à demander, rien à dire. Il pouvait le faire directement, et ce jeu n'était qu'un test. Car si elle devait voir si les gens avaient trop de choses à cacher, elle devait aussi être capable de voir qu'il pouvait n'y avoir rien. Rien qu'une volonté inébranlable. Que les gens soient bon ou non, s'ils se battaient pour eux, tout était bien. Néanmoins, il préférait la laisser réfléchir encore un peu. Elle ne devrait pas tarder à la comprendre.

*Kufufufu, c'est quand même moche de faire ça.*


Il retourna s'installer lui-même, mais choisit cette fois-ci de se poser sur un autre fauteuil. Il appréciait la proximité avec la Fée, l'avoir à ses côtés, néanmoins il ne voulait pas la déconcentrer. Il prit la bouteille lorsqu'elle la reposa et en bu aussi quelques gorgés avant de la reposer et de répondre à sa question, les yeux fermés.


-Non, ça ne parle en effet pas de moi.


Il les rouvrit et sourit malicieusement avant de la regarder à nouveau. Allait-elle trouver ou serait-elle obliger d'ouvrir l'enveloppe? Il la fixait, la jaugeait. Alors... Ou en était-ce?

-Toujours pas d'idée?

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MessageMer 16 Mar 2011 - 19:45



Elle souria, pensivement. Elle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille. Bien sûr que si, elle avait une vague idée. Un peu folle, saugrenue. Mais cela ressemblait bien à Matthew. Il disait tout, sans arrière-pensées, il était sûr de lui, de ses choix, il était déterminé. Pas de gêne, pas d’angoisse, son regard ne se voilait à aucun moment. Avec ses questions sages, Dierebel était bien loin du compte. Elle se laissait surprendre, elle le laissait pimenter le challenge. Elle s’approchait, il reculait. Une valse sans cadence, un tango sans partenaire, une question sans réponse. Car c’était un adversaire de taille. Elle s’attendait à tout. Il l’avait bien dit, elle ne pourrait pas le connaître en une seule journée. Lui-même se connaissait-il ?


- J’ai une idée. Mais laisse-moi encore un peu le temps.


Oui, il fallait à la fée des litres d’alcool pour devenir fébrile. Mais la dose qu’elle avait descendue était déjà bien conséquente. Ses muscles tout entier s’assouplissait. Sa tête se faisait lourde, chaque parcelle de sa peau l’appelait à une réalité lointaine. Fermer ses yeux, entre chaque soupir était une délectation dont elle ne se lassait plus. L’ivresse d’être vivante devenait maîtresse sur le jeu. Elle n’avait pas sorti ses meilleures cartes, mais le bluff était suffisant. Elle aimait jouer avec lui, comme une petite fille qui aurait grandi trop vite, elle se servait de lui pour assouvir ses fantasmes orgueilleux et égoïstes. Et alors ? Ne pouvait-on plus discuter ? Cap ou pas cap ?

Ses doigts s’agitèrent, elle adorait la sensation que procurait l’alcool. La pierre était si douce, l’air fantasque et l’amour si facile. Son index et son majeur piétinait son propre genou, jouant d’entrechats imaginaires, tournoyant comme des danseuses captivées. Elle les fixait avec un air malicieux, comme s’ils bougeaient d’eux-mêmes pour la distraire… Son poignet s’agita et descendit sur le canapé, elle ria. Bon, elle tenait les descentes, mais pas sans conséquences. Ses doigts « enjambèrent » la cuisse de Matthew, ses ailes s’entrouvrirent à peine, elle grimpa jusqu’à son épaule comme ça. Enfant folle des forêts. Elle se pencha pour mieux entortiller une mèche de ses cheveux clairs entre ses phalanges. Dieux, comme ils étaient soignés ! Il devait être plus précieux qu’elle ne l’était. Voilà pourquoi la provocation ne lui faisait pas peur. Ils se ressemblaient, comme deux jumeaux. Matthew le doux condamné, le bien pensant, l’aimant, le tendre, le fort. Dierebel la maléfique, la secoueuse de méninges, la sensuelle, la charnelle, la faible. Faible d’aimer trop sa liberté et de la vouloir à tout prix… Mais au final, ils arrivaient bien au même but, non ?


- En fait, ça te concerne plus qu’il n’y paraît. C’est un joli mensonge.


Elle retira sa main, histoire de ne pas prendre une réprimande (un râteau ?!) à nouveau.


- Une page blanche, ça te ressemble. Tu es pur, tu attends ta libération et tu cultives l’espoir comme un jardin secret. Tu t’es damné pour mieux te battre. Tu n’as rien à cacher, sinon d’être toi.


Elle réprima un éclat de rire. Sa fierté était une ride infime sous ses yeux, un pli vengeur ou on y logeait les larmes de ses craintes dissimulées. Elle se leva, saisissant la bouteille au passage (elle se charge de la terminer, sans nul doute), elle flotte presque jusqu’à la porte et glisse son ongle dans la fente. L’enveloppe, traître, finit par pointer le bout de son nez. Elle la fait chavirer dans sa paume et virevolte avec un sourire effronté vers son rival. Mais elle n’en a pas terminé pour autant.

Elle s’assoit sur ses genoux, en poids plume. Elle pointe le contenu de la vérité sous son nez et se penche à nouveau au-dessous de son visage. Elle souffle contre sa joue, comme seule explication :


- Quelque chose me dit qu’il y a comme du vent dans cette enveloppe, une tornade de supercherie, un blanc immaculé, un secret envolé. Alors ?



Elle savait donc ! Non ?

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