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 De la balistique des Nains volants – libre (élémentalistes)

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Rork Baruk
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MessageMer 16 Fév 2011 - 19:26

Cela faisait deux heures que Rork était au travail.

Il se trouvait dans l’ancienne Cité de Dyferon, occupé à entretenir soigneusement l’une des nombreuses pierres anciennes qui constellaient l’ïle. Ces blocs, menhirs d’un bon mètre de haut, se situaient partout sur la surface de l’ïle, des Sommets endormis aux Etuves. Tous semblaient endormis, mais les anciens habitants y avaient visiblement insufflé une magie élémentale capable d’influencer le climat sur et autour de l’île. Après plusieurs semaines de travail, Rork et ses Dresseurs de Nuages étaient parvenus à en réveiller une partie. Peu à peu, ils édifiaient un réseau de sortilèges défensifs, modeste miniature comparé aux puissants boucliers magiques d’Elament, mais capables de la dissimuler et d’égarer une fois pour toutes un intrus y débarquant par miracle.

Tel était le travail du Nain depuis plusieurs mois, depuis qu’Elament était tombée. Il n’était pas assez discret pour se ranger au rang des combattants de la Résistance, qui demandaient discipline et capacité à agir en silence. Rork restait donc sur l’île, où il employait son talent d’Enchanteur à en fortifier les défenses et à établir des plans de systèmes de défense magique pour la Résistance.

Et c’est ce moment précis, en une belle journée illuminée d’un rayon de soleil, dans la bonne odeur de mousse qui inondait les ruines, que tout se gâta. Il savait que Dyferon était un endroit dangereux, mais la plupart des créatures l’avaient jusqu’ici évité. Seulement, cette fois, un Anubite venait de tourner le coin d’un bâtiment, et se dirigeait droit sur lui en émettant un grognement féroce.

Très doué en matière de grognements, Rork interpréta celui-ci de la manière suivante : « toi le gros à poils, tu es mon dîner, où est ton plus tendre morceau ? » La traduction était peut-être inexacte, mais gros à poils était une raison suffisante pour ne pas chercher plus loin : sans le moindre doute, cet homme-chacal cherchait la bagarre! Parfait ! Il leva son marteau et le braqua en direction de la créature.

« Bon appétit, l’clébard ! »

Le marteau enchanté s’activa. Le Nain n’utilisait ni rituels ni incantations compliquées pour ses pratiques magiques en cas de combat. Il réservait cela à ses créations. Quand il s’agissait de se battre, son principe était généralement beaucoup plus simple : une grosse décharge de magie chargée à bloc, se libérant avec violence. Simple et efficace.

L‘une des gemmes enchâssées dans le manche s’éteignit, son énergie consumée un instant. La tête de l’arme s’irisa d’inquiétants reflets verts, avant de relâcher une onde de choc accompagnée d’un étrange bruit de gong. Le projectile invisible fondit sur l’Anubite, qui l’évita de justesse en bondissant dans les airs, et le seul dommage infligé le fut au mur qui avait eu la mauvaise idée de se trouver par là, et fut pulvérisé dans un geyser de blocs et de mortier. Pendant ce temps, le fauve retombé à terre se précipitait sur Rork, lame levée.

Le Nain eut juste le temps de marmotter un juron et de lever son arme pour bloquer le coup qui s’abattait sur lui. Une seconde, il fut effaré par la force que possédaient ces bêtes. Ses propres muscles étaient capables de produire des poussées deux fois, trois fois supérieures à un mortel ordinaire, mais l’Anubite avait frappé si fort qu’il faillit rompre sa garde. Sa riposte ne se fit pas attendre. Ses yeux s’irisèrent de vert tandis qu’il fixait la lame de son adversaire. En un instant, Rork plongea mentalement au cœur de la matière, appréhenda la façon dont s’organisaient les molécules de métal et les modifia en une structure cristalline très proche du verre.

Une stupéfaction presque comique se peignit sur les traits du fauve quand il vit son arme éclater en éclats. Il n’eut pas le temps de se poser longtemps la question : le marteau, déjà irisé à nouveau de vert, venait de se placer à deux centimètres de son museau … et sans se préoccuper des conséquences, Rork vida entièrement une seconde gemme et relâcha une onde de choc à pleine puissance. L’air sembla se fissurer à l’extrémité de l’arme et…

SPLASH !!!

Sous l’onde de choc qui éclatait de si près, la tête de l’Anubite éclata comme une pastèque à l’atterrissage. De son côté, de ses bras soigneusement croisés devant son visage, Rork se protégeait magiquement des dommages. Ce qu’il n’avait pas prévu était la série d’événements suivants :

  • 1) Selon toutes les lois de la science des réactions, la violence du choc le catapulta comme un missile dans la direction inverse.
  • 2) Selon toutes les lois de la science balistique, il opéra une magnifique parabole dans les airs, démontrant par là que dans certaines conditions, un Nain pouvait présenter une aérodynamique tout à fait acceptable.
  • 3) Selon toutes les lois de la divinité de la poisse, il finit sa trajectoire tout droit dans un buisson d’orties.


Il y eut un de ces fameux instants de blanc où les dieux sont probablement occupés à pisser de rire. Sur terre, un ange passa. Puis le silence de la vénérable Cité fut troublé par un tonitruant « WAAAAAAARGH !!! » de douleur, émis par le Nain qui venait d’atterrir sur les fesses au milieu de ces plantes piquantes. Une violence explosion s’ensuivit, qui indiquait que le propriétaire du postérieur en question venait de régler la question en réduisant le buisson en confetti. Quelques instants plus tard, Rork réapparaissait sur la place en clopinant, rouge de colère, et occupé à beugler à tous les vents une collection de jurons si colorée que par respect de vos oreilles, nous ne la retracerons pas ici…

En revanche, un nouvel arrivant était entretemps arrivé sur la place. Nul doute qu’après avoir assisté à l’une des rares expériences de Nain volants, lui – ou elle – venait aussi d’expérimenter un magnifique échantillon du riche vocabulaire de cette race en matière de noms d’oiseaux…

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Svada Nir
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MessageSam 26 Fév 2011 - 12:53

Y'avait des moments comme ça, on a rien à faire. Mais vraiment, sans blague. Pas envie de manger, pas envie de chercher une connaissance, même pas un petit boulot, un aller-retour sur le continent à faire. Rien à remettre au lendemain ou au surlendemain. Que dalle. On appelle ça des vacances il parait. Ouai ben, parfois, on s'en passerait bien. Si on se souvient bien, lors de ses derniers congés... elle avait carrément perdu la vue. Si elle pouvait éviter de devenir sourde ou muette cette fois, ça serait cool. Vraiment. Mais sans doute, les dieux se foutent bien de leur gueule à eux. À tous. Y'a pas photo hein, faut bien qu'ils passent l'éternité de bonne humeur eux. Qu'ils s'amusent un peu, voyez ? Genre, en faisant des tests de haute voltige, sur l'aérodynamique des corps de petite taille poilus. Communément appelés Nains. Par exemple oui. On peut aussi tester le sens de l'humour d'une araignée. Ça peut aussi occuper les déités en mal de rire.

C'était donc dépitée et sans entrain que l'hybride aveugle avait quitté les maisons-arbres pour ... errer au hasard. Voilà des lunes qu'elle s'était habituée à sa condition, elle n'avait plus peur de s'aventurer au hasard de l'île, dans le grand n'importe quoi qu'était ce territoire. Alors, elle avance, les bras ballants et le regard vide - de toute façon, elle ne regarde rien en particulier pas vrai ? -, s'arrêtant parfois en retrouvant une toile oubliée, dans laquelle une musaraigne s'était empêtrée. Qu'à cela ne tienne ! Svada emmaillota l'animal dans les fils visqueux et l'accrocha à ses pattes avants, petits appendices atrophiés à la limite entre son abdomen d'insecte et son bassin humanoïde. Elle comptait continuer à marcher jusqu'à la nuit, se trouver un coin tranquille, se tisser un cocon et dormir à la belle étoile. Oui, ça serait une bonne idée. Être enfermée dans ces "maisons", entourée par tout ces foutus gamins ... voilà qui l'insupportait après toute une matinée passée là haut. Il lui en fallait peu ? Allez donc y faire un tour et on verra.

Elle pensait rester dans la forêt, mais vint un moment où elle se rendit compte qu'elle n'y était plus. Effectivement, elle sentit que le bois laissait place à la pierre, les arbres aux arches blanches et la terre aux pavés. Elle ressentit sous ses pattes le changements, la disparition de l'air lourd des sous bois, des pollens et des insectes. Ici régnait une sorte de nostalgie empreinte de beauté. Majestueuse cité transcendant le temps. Dangereuse aussi. On conseillait de ne pas s'en approcher sans un Dompteur de Nuage, tant la magie est présente ici. Svada haussa les épaules et s'apprêtait à faire demi tour... Soudain, elle se stoppa. Un cri. Par réflexe, elle tourna la tête vers l'origine du bruit. Ça venait... d'en haut ? Vous voyez, le genre de hurlement que pousse quelqu'un qu'on jetterait à bout de bras... mais en plus long... Comment cela était-il possible ? La Passeuse resta stoïque, attendant la chute. Oui hein, comptez pas sur elle pour se précipiter et "voir" si elle pouvait sauver le truc volant. Ahah la bonne blague.


Il y eut un silence. Un bruit d'oiseau s'envolant en croassant bêtement. Ça ressemblant à un instant suspendu entre le ciel et la terre. Comme si quelque chose d'incroyable allait arriver. Svada fit un pas en avant et ... un beuglement qui secoua les arbres dans un bruissement rieur retentit. L'hybride pencha la tête sur le côté, interloquée. Suivirent alors une explosion feuillue et enfin un flot de parole dont elle essayait vainement de saisir le sens... Les images abstraites qui lui passèrent par la tête lui semblèrent bien grotesque. Sa curiosité attisée par la voix inconnue et tonitruante, la Passeuse s'approcha de son origine. Elle se retrouva derrière un mur de pierre blanche à demi en ruine, qui la séparait de la beuglante. Elle attendit un instant, et usa de ses sens d'arachnide pour juger de la créature au langage fleurie. Oui, entre temps, elle avait commencé à saisir grosso modo le sens de la flopée de mots prononcés. Le fait qu'il soit de petite taille et pas des plus minces, se déplaçant avec une grâce bien absente et une distinction digne de celle d'une mouche, la mirent sur la voie des Nains. Un nain donc, soit....

Finalement, elle sortit de derrière le muret. Que risquait-elle, hein ? Et ce n'était pas son genre de douter du moindre être croisant sa route. N'ayant pas la possibilité de froncer les sourcils - de fait, elle n'en a pas, pas plus que de muscles autour de ses six globes noirs et inutiles -, elle afficha un demi sourire, rictus moqueur s'il en était. Elle l'entendait et sentait qu'il clopinait. Était-ce donc lui qui venait de "tomber" ? Que s'était-il passé ? Pourquoi diable jurait-il ? Accompagnant le mouvement du tintement du bijou mystérieux à son poignet, Svada amena sa main fine à sa bouche, interrogative. Le pendentif du bracelet, trouvé au coeur de la forêt Darke, n'était qu'une breloque à ses yeux, un imbroglio de lamelles métalliques refermé sur une pierre lisse, en forme de pomme. Elle le portait, ni par coquetterie ou par fierté, mais pour se souvenir. Se souvenir d'une Renaissance. Avec une simple chemise de tissu grossier, elle devait avoir l'air d'une vagabonde sauvage perdue dans ce lieu si serein... Enfin, pas tant que ça vous me direz. Entre elle et ce petit personnage à la langue bien pendue, on se croirait à la taverne du coin...


" ... hum ... un problème peut-être ? "

Oui, n'y allons pas par quatre chemins. Puis elle ne se sentait pas l'envie de faire une phrase plus longue, plus courtoise, plus... .... Elle avait haussé le ton pour couvrir ces belles expressions qui venaient du fond du coeur, y glissant la pointe de sarcasme dont elle avait le secret. Bien sûr qu'il y avait un problème. Mais ce n'était pas comme si elle pouvait vraiment le savoir, ayant suivi la scène à l'aveuglette.... Peut-être que cette fois encore, elle trouverait quelqu'un pour rendre ce congé agréable, tiens. On peut dire... qu'il tombe à pic. Ou à parabole.

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Rork Baruk
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MessageDim 6 Mar 2011 - 14:25


Mâchoires serrées, la peau encore cuisante du contact avec les orties, Rork se dirigeait droit vers le menhir sur lequel il travaillait, bien décidé à terminer son ouvrage et rentrer dans ses pénates. Après cette fichue journée à entretenir des vieux cailloux récalcitrants, il lui fallait une bonne pièce de viande, un atelier rempli de pièces qu’il aimait manœuvrer, et surtout – ah, surtout ! - une bonne pinte de Bière de la Salle d’Armes. Un marchand venu de Siddarthâ lui avait vendu son dernier tonneau à prix d’or, le bandit, mais il n’avait pas goûté cette bière depuis des années – alors pour une fois, il n’avait rechigné que pour la forme.

Oui, il allait rentrer. Il respirait déjà le nectar ambré, sa texture, la mousse qui ne manquerait pas de se former, l’arôme de houblon et de …

« … un problème, peut-être ? »

… soudainement tiré de ses rêves de brasserie, le Nain considéra le nouvel arrivant. La nouvelle arrivante, pour être exact. L’apparence arachnoïde de sa visiteuse choqua beaucoup moins Rork que beaucoup d’autres races. En creusant sous terre, son peuple avait régulièrement l’occasion de tomber sur des êtres plus ou moins étranges. En Kalmastre, loin de la surface toujours glacée, nombreuses étaient les colonies de formes de vie surprenantes, rassemblées autour des sources chaudes ou en périphérie des zones de magma. Les insectes faisaient partie de l’univers quotidien de la cité naine.

Plus personnellement, il se souvenait d’avoir vaguement remarqué cette Veuve Noire quelque jours auparavant, au milieu des Elémentalistes de l’île. Pour être franc, il avait surtout remarqué la trace en forme de losange rouge, caractéristique d'une araignée à ne pas contrarier. Il avait rapidement oublié la rencontre, peu soucieux de demander leur nom à tous les habitants de l'île, mais ce souvenir lui permit d'identifier l'arrivante comme non hostile. Aussi, si Rork fit preuve de plus de mauvaise humeur que d’amabilité, au moins ce fut sans trace de répulsion.

« Il est réglé, foi de Rork ! » grommela-t-il, bougon, en frottant vigoureusement ses bras encore rouges de piqûres.

Du menton, il indiqua le cadavre décapité de l’Anubite, étendu un peu plus loin. Allons bon, il avait repeint une bonne partie des pierres de la place … non que grand-monde ne fréquente ces ruines, mais il était tout de même du dernier mauvais goût de laisser des cadavres traîner sur place. Il y avait assez d’Elament pour afficher régulièrement des pendus à ces murs, ces derniers temps.

Le Nain se dirigea vers le corps et appliqua sa main sur le sol. Une vibration semblable à un son de gong silencieux passa dans l’air, et le sol s’ouvrit dans un craquement. La crevasse avala la dépouille du monstre, les pierres souillées de sang, et remonta à la place des blocs plus profonds. Un second geste de la main, auréolée de magie Terra, et le Nain les transforma en dalles identiques au reste de la place. Satisfait de son ménage, il rechargea son marteau sur son épaule, renifla un bon coup et se redirigea vers le menhir principal de la place. L’Hybride se trouvait sur son chemin. Rork ne prit pas la peine de s’expliquer, mais tapota sans brusquerie l’une des pattes l’empêchait d’y accéder.

« …‘scusez-moi, m’dame, j’ai ce citoyen-là à r’mettre en route. »

Il appuya son marteau contre le menhir, sortit de sa ceinture trois petits outils aux formes compliquées, et se remit au travail, en commençant par la base. Il s’agissait de remettre en état les runes qui couvraient la surface de la pierre. Certaines étaient à demi-effacées par le temps, ce qui exigeait d’utiliser le premier outil, sorte de pointe effilée, pour les retracer et les débarrasser de la mousse qui les couvrait. Avec un soin infini, les yeux changés en deux fentes vertes, l’artisan travaillait les anciennes lignes de magie, les réanimant, leur rendant leur fonction de puiser la magie au cœur de la roche. Une fois un ensemble retracé, un petit coup du second outil, semblable à un marteau finement ciselé, les irisait légèrement de magie. On voyait alors clairement les lignes remises en état scintiller une seconde, alors que d’autres restaient noires, encore assoupies.

D’autres fois, le temps avait complètement rongé une partie du schéma, obligeant Rork à faire plusieurs fois le tour de la pierre, suivant du doigt des schémas compliqués en marmonnant des bouts de phrases incompréhensibles (et rarement polis), occupé à comprendre leur fonctionnement pour pouvoir reconstruire la fin de la série de runes.

Le travail était de taille, et il était le seul sur l’île à pouvoir le mener à bien. Avec la Bibliothèque d’Elament, ils avaient perdu une quantité phénoménale d’informations, que les magiciens utilisaient fréquemment. Ils étaient très peu à connaître par cœur l’alphabet runique et les combinaisons qui animaient les objets. Autant dire que depuis son arrivée sur l’île, l’Enchanteur ne chômait pas. C’était une tâche ardue que de retrouver dans l’île tous les menhirs, comme les pièces d’un immense puzzle qui participait à leur survie. Son travail était proche de celui des Dresseurs de Nuages – en fait, c’étaient les menhirs qui généraient le champ magique que ses collègues façonnaient en puissants sortilèges de protection. Il n’avait aucune fonction officielle, ayant refusé de manière très colorée de coordonner leurs actions. De toute manière, avec son célèbre caractère de cochon, il soupçonnait les Dresseurs de Nuages d’être ravis de ne pas l’avoir sur le dos.

Mais Rork n’était pas toujours désagréable. A supposer qu'on lui fiche la paix pour travailler, il lui arrive même d'être occasionnellement buvable. Tenez! En ce moment même, le voilà occupé à un remarquable effort de socialisation.

« Z’êtes en balade ? » interrogea-t-il, tout en suivant du doigt les inscriptions complexes. « Dyferon est pas l’coin le plus agréable que j’connaisse. »

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Svada Nir
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MessageMar 8 Mar 2011 - 7:21

Il est réglé ... Et bien soit ! Svada haussa les épaules, ignorant l'air grincheux de la petite personne. Évidemment, elle ne put voir son geste qui montrait l'Anubite, et resta donc parfaitement immobile lorsqu'il le lui indiqua. En revanche, elle tourna son visage vers lui lorsqu'il usa de son don pour ouvrir la terre et la refermer. Elle sentait le pouvoir circuler. C'était un Terra, tout comme elle... bah, qu'est-ce-que ça faisait, franchement ? Au fond, elle s'en fichait pas mal, de l'élément de ceux avec qui elle causait ou marchait. Elle ne se sentait pas plus proche des uns que des autres, cependant ses sens d'araignées lui disaient de se méfier de l'eau, du feu et aussi du vent trop fort. Dans tout les cas, ça l'handicapait beaucoup, au niveau de ses poils sensitifs disposés sur ses pattes : elle perdait plus qu'un sens, c'était toute sa perception qui s'effaçait, ne lui laissant que l'odorat, l'ouïe, le toucher et son don sur la terre pour se repérer. C'était beaucoup ? Non, sachant qu'elle avait un odorat quasi sous-développé et une ouïe pas fine du tout. De fait, pour pallier à tout cela, elle tentait d'affiner comme elle le pouvait un domaine auquel elle ne s'était jamais intéressé : percevoir et s'imiscer dans la Nature, dans les arbres, le sol, le roc, les plantes. Ce n'était pas si évident, surtout lorsqu'on ne s'était jamais senti très attachée à son élément.

Mais passons les problèmes théoriques, la pratique avant tout. L'hybride sentit soudain sur sa patte des tapotements impatients. Quoi ? Il était là ... Elle ne l'avait même pas senti venir, perdue dans la faille qu'il avait refermé. Voilà qui était loin d'être au point. Elle sursauta et recula prestement, un rictus amusé aux lèvres. Lui au moins, il ne s'embêtait pas avec les paroles ou les gestes... Voilà un curieux personnage... Lui ayant cédé le passage, la Passeuse resta toujours là. Elle pourrait partir. Pour quelles raison devrait-elle rester là ? Elle ne sait pas elle-même mais... pourtant elle reste plantée, bien étrange herbe qui reste enracinée sur la pierre fendillée. Elle croisa ses bras sous sa poitrine et attendit. Elle ne sait quoi, mais elle attendit. La tête légérement penchée de côté, curieuse ou intéressée par ce qu'il faisait là, lui. Elle l'entendit manipuler des objets ... métalliques ? Sans doute... Puis elle continua d'attendre...

Des bruits presque inaudibles lui parvenaient : des craquellements dans la roche, des grognements incompréhensibles - et qu'elle ne chercha pas à déchiffrer... - et des petits coups répercutés sur la roche. Intriguée, elle approcha à pas d'araignée loup, envoûtée par la précision des gestes qu'elle devinait précis et gracieux. Surtout... elle sentait les infimes mouvements de magie terra qui suintaient dans le roc. Svada leva un bras et s'apprêta à effleurer le menhir, inconsciente de la présence du petit être qui travaillait... Jusqu'à ce qu'il parle. Sa main tendue s'arrêta à mi-parcours, elle la ramena lentement à elle, sans la regarder, les yeux, comme à son habitude désormais, perdus au loin. Un peu vexée de sa propre curiosité, elle recula de quelques pas, et, le visage toujours pointant au loin, elle lâcha, ennuyée :


" Ah c'est donc bien Dyferon... " Elle avait entendu parler de ces ruines d'une Cité magique... on la disait dangereuse et pleine de magie ancienne. Mieux valait l'éviter, disait-on. Pour le moment, à part un truc volant et braillant, ça allait... Pour une balade... " ... J'essaie de me perdre. "

C'était si facile de se perdre... Surtout lorsqu'on est aveugle et un peu dans la lune. Il en fait peu pour relâcher son attention et se retrouver loin, très loin... ou même avoir fait demi-tour. Elle va là où ses pas la portent, là où le chemin se libère. Mais se retrouver dans un lieu bien défini, ce n'était pas exactement ce à quoi elle pensait. Bah, on faisait avec ce que le hasard nous réservait et advienne que pourra comme disent les gens de Luxania. Les hybrides, ils s'y connaissent en hasard de la Nature, croyez moi. Avec la lenteur qui caractérisait ses gestes coutumiers, elle retira les mèches de cheveux noirs qui tombaient sur ses yeux. Même si ça ne servait plus à rien, c'était un tic qu'elle avait gardé, et surtout, ses yeux étant sensibles, la moindre mèche l'irritait et la grattait. Elle en profita d'ailleurs pour passer sa main sur ses yeux et les essuyer de leur liquide transluscide et nettoyant. Que voulez-vous, on ne change pas les gestes de toute une vie en quelques semaines.

Svada continuait d'écouter le travail du nain et d'essayer de sentir ce qui se passait dans la roche ainsi travaillée. Elle sentait comme de la magie qu'il insérait entre les canaux qu'il creusait. Mais c'était si minuscule... elle posa alors son corps au sol, repliant un peu ses pattes pour attendre le sol. Oui, assise, on était toujours mieux. Surtout pour se faufiler dans les méandres de la pierre et des éléments. Un peu sous le charme du travail elle parla sans s'en rendre compte...


" ... de belles glyphes... "

En entendant le son de sa propre voix, elle secoua la tête et pinça ses lèvres. Ce n'était pas dans ses habitudes en revanche, de se laisser aller comme ça.

" Que faites vous ? "

Non, on ne s'embarassera pas de politesses, de présentations ni rien. On y va direct, franc jeu, on balance ses questions un peu brutalement. La voix de Svada n'a rien de douce et révèle juste une certaine curiosité intéressée. Une incompréhension pour le geste qu'elle ne peut voir. Elle aimerait bien voir parfois, vraiment. Le désir de sonder le paysage à nouveau la prenait comme une vipère vicieuse se faufilant dans son esprit, y distillant une rancune contre le sort, le monde et tout ceux qui pouvaient voir. Puis... ça lui passait. Par flemmardise et indifférence, elle laissait son esprit divaguer ailleurs et se concentrer sur le rocher qui lui barrer le passage et oubliait cette rancune futile. Svada resta attentive à ce que pourrait dire le surprenant personnage. Et avec tout ça, elle en avait presque oublié le petit rongeur empaqueté qu'elle avait ramassé. Voilà au moins une chose qu'elle pouvait faire sans hésiter sans voir : manger. Elle se saisit du sac de toile de fils, en extraya la musaraigne et bah euh... l'avala. Ce fut assez rapide : elle sortit ses mandibules pour ouvrir en grand sa bouche, et y introduisit l'animal encore tout juste vivant. Et voilà. Au revoir la petite bête. C'était bien pratique les rongeurs à poil ras, elle s'en mettait pas partout et ça ne lui irritait pas la gorge. Mieux que les piafs.

Oh elle n'en démordrait pas, elle voulait vraiment savoir ce qu'il faisait, même si son regard pointant loin au dessus du nain ne devait pas aider. Comment pouvait-elle deviner que c'était un être aussi petit aussi, hein ? ... Son aérodynamie ?! ... Svada n'avait jamais été douée en lancé de petits êtres. Il en a de la chance.

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Rork Baruk
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MessageVen 11 Mar 2011 - 6:19

Un Nain peut être relativement Normand quand l’envie lui prend, et bien que Rork n’aie pas raté l’énigmatique réponse de la femme-araignée, il préféra se contenter d’un « hon-hon » en guise de réponse, sans trop se compromettre. Pendant un assez long moment, La chaleur qui régnait sur Dyferon ne fut troublée que par les bruits métalliques des outils de l’Enchanteur. Patiemment, celui-ci continuait son travail. Escaladant le bloc à grand renfort de soufflements, il parvint au sommet, s’y assit à califourchon et entreprit d’examiner la dernière partie du menhir, celle du dessus.

Visiblement, un élément lui manquait. Un creux sur le sommet indiquait l’absence d’un objet encastré là jadis. Rork sortit de sa poche une série de gemmes, taillées en formes diverses, et les essaya les unes après les autres, avant de finalement en trouver une qui convenait à peu près au réceptacle. Il lui fallut quelques minutes de travail supplémentaire pour l’adapter aux lignes sculptées, retaillant légèrement la pierre précieuse à mains nues, d’une simple trainée de magie. C’est pendant cette tâche que survint la question de Svada. Du sommet de son caillou, Rork eut un rire sonore.

« Hu-hu. Z’allez voir. T’ention à vos mirettes, ma p’tite dame. »

Il ne se rendait absolument pas compte de ce que sa formulation pouvait avoir de maladroit en s’adressant à une interlocutrice privée de la vue. Boum, les pieds dans le plat, avec des sabots pointure 47. Du reste, concentré sur sa tâche, il écoutait à peine ce qui se racontait autour de lui. Une fois la pierre précieuse fixée et scellée sur son socle, l’artisan sauta en bas de son perchoir.

« Au boulot, vieille carne ! »

Joyeusement, le Nain donna un grand coup de pied dans le monolithe. Pas rancunier, celui-ci s’illumina et émit un bourdonnement, tous ses glyphes fonctionnant à nouveau. Dans le ciel, quelque chose se passa soudain. Ce fut presque invisible, au moins à l’œil nu – quelque chose comme cette légère vibration de l’air qu’on observe au-dessus de la flamme d’une bougie ou de pierres surchauffées par le soleil. Mais tout magicien habitué à manier son élément – surtout s’il était Terra – aurait senti qu’un pilier de magie se dressait maintenant à travers les airs, impalpable, mais vibrant de quelque mystérieuse manière.

De la même manière qu’un homme aveugle peut dire où se trouve le soleil, on pouvait même ressentir des fils invisibles en rayonner comme des fils horizontaux, qui filaient à travers les airs – certains vers d’autres piliers, d’autres se perdant probablement dans le vide. La toile d’araignée de sortilèges se reconstruisait patiemment, tissant autour de l’île son délicat réseau protecteur. Rork gloussa, très fier de lui.

« Les Dompteurs d’Nuages utilisent c’truc pour t’nir l’île à l’abri. Des illusions et des barrières, c’est leur boulot. Quoiqu’y doivent s’arracher les ch’veux aujourd’hui, évidemment, vu qu’ça fout tout en l’air quand on ajoute des piliers. D’ici qu’jaie fini d’réactiver toutes les pierres, vont d’voir engager du monde... plus qu’dix-sept à r’trouver à et à s’scouer ! » grommela le Nain.

Tout en parlant, il avait sorti de se poche une carte crasseuse et l’avait étalée devant lui. Elle représentait Dyferon, mais d’une manière étrange. D’abord, parce qu’une bonne partie des encres étaient invisibles à l’œil nu – elle était couvert de runes, de traits, de cercles et de diagrammes, visiblement ensorcelés, parce qu’ils s’animaient de la même façon que les glyphes du menhir, scintillant de lueurs rouges et dorées. Ensuite, parce qu’elle montrait un vaste double cercle de croix rouges, chacune symbolisant un menhir, sur toute la surface de l’île. Il fallait une bonne dose de patience, pour rechercher et de réactiver chacune des pierres anciennes … travail de fourmi, ou de Nain !

Spoiler:
 

Et comme tout travail mérite salaire, Rork décida que l’araignée avait eu une bonne idée en prenant un casse-croûte. Il s’installa non loin d’elle, se penche pour attrapper une grosse besace informe dans les buissons et commença à en sortir ses victuailles. Lesdites victuailles se composaient de la liste suivante :
- Une grosse pièce de viande fumée
- Un pot de bière (vide)
- Une autre grosse pièce de viande, rôtie à point
- Un deuxième pot de bière (vide)
- Une énorme miche de pain aux céréales
- Un troisième pot de bière (vide)
- Six pommes
- Un dernier pot de bière (plein)

« Si vous mangez comme moi, ‘pouvez vous servir. Mais pas d’ma bière ! » ajouta le Nain après un instant de réflexion. C’était la dernière. Fallait pas exagérer. « Sinon, pour vous perdre, suffit d’aller tout droit. »

Sur cette réflexion hautement philosophique, Rork empoigna la miche de pain et en rompit une énorme bouchée, en clignant des yeux. Il en était à son effort maximum de conversation, mais ça irait sans doute mieux avec un estomac rempli.

Tout va toujours mieux, avec un estomac rempli.

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Svada Nir
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MessageSam 12 Mar 2011 - 15:48

Oh bien, elle ferait gaffe à ses mirettes. Elle soupira, amusée. Elle avait presque l'impression de le voir, alors qu'il pensait qu'elle le voyait. Étrange sensation que de se sentir voir. Sans voir. Indicible joie que de se sentir prise comme voyante. Elle l'avait entendu grimper sur le rocher, se tenir dessus et prendre un certain temps à ... à ... elle n'en savait rien. Le bruit ne lui disait rien. À quoi devrait-elle s'attendre ? Surprise alors... Un petit "poum" et le revoilà sur le plancher des goules. Il n'arrêtait donc jamais ? Et à qui parle-t-il donc ? ... Un autre bruit mat la fit sursauter et ... des grésillements lui parvinrent mais surtout, la magie la subjuga. Elle resta la bouche en "o" alors que les filaments du don de Terra traversaient l'air, puis pénétraient le monolithe avant de s'infiltrer, de prendre racine dans la terre. C'était... magique ! Chaque perception lui sembla démultipliée, chaque infime mouvement de la terre, de l'herbe, de la fleur là-bas, sembla se mêler à l'ouragan de sensations qui la prenait. Oui, c'était de la Magie pure, celle que l'on sent monter en soi avant de la transformer, de lui donner forme, de l'utiliser. Svada essaya d'imaginer la pierre depuis laquelle venait le phénomène. Elle tenta de suivre chaque fil, s'attardant à chaque noeud, mais le travail lui sembla infini. Elle se rendit compte alors.

Alors.
Jamais elle n'avait prêté attention à la toile qui recouvrait l'Île. Jamais elle n'avait noté que la protection qui recouvrait leur abri formait un réseau compliqué de magie, s'étendant de point en point, de pierre en pierre. C'était donc ça... Un foutu mal de crâne la prit. Ouh, laisser son esprit partir à la recherche de la magie qui rôde, ça n'était pas si anodin au final. L'hybride essaya de se souvenir des Dompteurs de Nuage qu'elle avait pu croiser. Tyrol, l'ancien professeur de l'Air en était, elle en était certaine. D'autres aussi lui revinrent, mais ça faisait longtemps qu'elle ne les avait vu en vérité. Plusieurs lunes. L'araignée baissa les yeux en entendant le bruit caractéristique du parchemin déplié. Elle ne pouvait évidemment pas deviner de quoi il s'agissait. Alors elle resta silencieuse encore, ayant juste hochée la tête à son explication. Il devait sans doute être un Dompteur de Nuage.... ... quoique, pourquoi parler "d'eux" sans s'inclure dedans si on n'en était ? Étrange donc... Mais après tout, elle n'avait rien à demander, rien à exiger comme explication. Elle était là, il était là, et puis c'était tout. Ils se retrouvaient au même "là", c'te hasard.

Mais est-ce qu'il s'approchait ? Que voulait-il... La tête penchée, perplexe, elle crut l'entendre farfouiller... un sac ? des petits bruits secs, il en sortait certaines choses. Des victuailles à en juger à l'odeur. Partager ? C'était bien aimable de sa part. À l'idée, Svada esquissa un sourire. Voilà quelqu'un de bien sociable... Pour ce qui était de la bière, il pouvait manger de ses deux mains, elle n'y toucherait pas.

" C'est bien gentil à vous... "
Un peu hésitante, elle crut sentir des pommes, ces fruits étaient toujours préférables à de la viande cuite, lui semblait-il. Bizarrement, elle avait du mal avec la viande cuisinée... Les goûts, ça ne se discute pas. Alors elle tendit une main et s'en saisit à l'aveugle, aux sensations, aux pulsations des graines de la pomme. Pour se perdre, allez tout droit. " Je n'y avais jamais songé.... " elle apporta la pomme à ses lèvres et croqua dedans. La saveur sucrée lui sembla toujours aussi fabuleuse que dans ses souvenirs, le jus glissait et nettoyait ses mandibules, c'était agréable. " ... La magie que vous avez utilisé... elle est belle. "

Aucune flagornie à discerner là-dedans, elle ne disait rien par flatterie, elle le pensait vraiment. Elle "voyait" que la magie était belle. D'ailleurs sa voix était loin d'être doucereuse ou mielleuse, c'était un banal constat, d'où perçait une certaine admiration. Elle-même avait beau maîtriser son élément, elle était loin de le trouver "beau". Utilitaire oui, agréable à utiliser, pas toujours. Elle n'avait aucun naturel, aucune aisance particulière, pas de réelle affinité avec l'élément. Elle l'utilisait par nécessité, pour survivre. Alors que lui y mêlait la beauté. Oh elle avait déjà ce genre de phénomène. Dame Ruby et Shin maniaient l'Eau avec une grâce certaine : au souvenir de la rencontre à la Forteresse, des images lui revinrent, d'un combat bref et insensé, de quoi comprendre qu'elle ne les vallait pas, de loin. C'était assez amusant dans sa mémoire.... Elle secoua la tête. Depuis quand se perdait-elle dans son esprit ? Cela faisait presque une lune, depuis qu'elle avait pu reprendre son activité de Passeuse, depuis qu'elle amené Lysias à la Forteresse, que, sans qu'elle y fasse quoi que ce fut, les souvenirs remontaient, toujours en rapport avec l'instant présent. Déroutant, parfois utile, souvent futile. Et chiant. Svada ne pensait pas avoir une vie assez longue pour se perdre dans sa mémoire inutile. Elle n'était qu'un insecte dans un temps qui s'écoulerait bien sans elle.

Elle croqua à nouveau dans le fruit mûr. Elle fut prise d'un léger frisson alors : la blessure infligée par les loups des sables lors de l'expédition en Erestrée, une griffure large et superficille juste entre la marque rouge de veuve noire et la jonction de son corps hybride, la lançait encore, parfois. Elle ne pouvait pas y mettre grand chose, de quoi empêcher des infections, boire quelques bouillies d'écorce de Saule pour la douleur... mais rien à faire, seul le temps refermerait l'estafilade dorsale. Et le temps... il s'écoulait, c'était tout. Vivre dans le noir le rendait juste différent.

" Vous n'êtes donc pas un Dompteur de Nuage, dans ce cas, puis-je savoir qui m'offre cette pomme ? "

Elle esquissa un mince sourire perdu en face d'elle. Elle n'osait pas essayer de fixer ses interlocuteurs, étant assurée de les rater la plupart du temps, et donc d'avoir l'air aussi stupide qu'un mort-vivant. Et puis, tout est question de probabilités : elle a plus de chance de tomber sur quelqu'un qui se mettra en face d'elle et donc la tête se trouvera en face aussi. Pas de bol ici, il aurait fallu baisser les yeux. Mais même si elle aurait pu deviner qu'il s'agissait d'un nain - la bière, la provenance de la voix, le poid sur le sol - et bien, elle n'y a tout simplement pas réfléchi. On ne peut pas penser toujours à tout, et connaître absolument la race de l'autre n'a jamais été une priorité pour Svada. Peut-être parce que la sienne est évidente. Allez savoir.

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Rork Baruk
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MessageSam 26 Mar 2011 - 22:47


Aux grandes choses de la vie, les grandes priorités.

Et la priorité n°1 de Rork en ce moment, était son estomac. Successivement, il engloutit la miche de pain, encore croustillant et parfumé, avant de mordre avec enthousiasme dans la viande rôtie. Un peu de graisse lui dégoutta sur la barbe – il l’essuya d’une main experte. Par toutes les portes d’acier de Siddarthâ, Gerd le chasseur était une perle. Ils avaient un arrangement, tous les deux. L’Enchanteur examinait toutes les semaines les armes et l’arc magique de l’Elfe des bois, ancien Habitant devenu chasseur une fois réfugié sur l’Île. De son côté, Gerd lui réservait régulièrement quelques beaux morceaux de sa chasse – et là, il s’était surpassé. Le Nain n’avait aucune idée de l’apparence de l’animal qui avait fourni ce rôti, mais son arôme était superbe…

Belle, la magie ? Les yeux de Rork dévisagèrent un instant l’araignée, avec un peu de surprise. Bien sûr qu’elle était belle, la magie ! grogna la partie ronchonne de sa tête. Oui, mais peu le remarquent, répondit une autre, plus bonhomme. Le compliment touchait une fibre sensible chez le vieux barbu. S’il ne partageait pas (hum, pas trop) l’avarice légendaire de ses compatriotes, il avait tout comme eux l’amour et l’orgueil du travail bien fait. Il ne répondit que d’un grognement approbatif, sans s’étendre sur les qualités de la toile magique, et se contenta de regarder la femme araignée – tandis que celle-ci regardait l’horizon, loin par-dessus lui. Oh, en temps normal, il aurait adoré en parler, mais là, vraiment, ce morceau de viande était si divin que le gâcher par une diatribe lui aurait certainement valu de se faire foudroyer sur place par tous les dieux de la gastronomie en même temps !

Ainsi, le repas se déroulait de manière très tranquille, entre deux silencieux, pour des raisons bien différentes. Le rôti n’empêcha pourtant pas Rork de noter le frisson de douleur de la femme-araignée. Il réalisa que la balafre sombre sur son dos n’était pas une décoration pigmentée, mais bel et bien une large déchirure. Pas très sensible, il fut néanmoins intrigué par sa forme – il fallait vraiment une lame très large ou une corne immense, pour infliger une blessure pareille. Etrange…

Le temps qu’il vide sa bouche pour poser une question, finalement, ce fut l’étrangère qui la posa en premier. Dompteurs de nuages ?

« Hu-hu-uh ! » trompeta-t-il, de son rire si particulier. « Nope. J’travaille pas avec eux. D’abord, j’suis pas très doué pour … mhhh … l’boulot en équipe. Et puis, y’paraît qu’jsuis plus utile ici. Y’a beaucoup d’choses à bricoler sur c’t’île - pour ceux qu’savent comment marchent les vieilles runes. Suffit d’bonnes paluches ! »

Gesticulant, le Nain montra sa large paume à celle qu’il supposait toujours être voyante. Patte d’ours, musclée, calleuse, capable d’agripper et d’écraser. Pourtant, elle montrait aussi les veines claires de l’érudit, la texture de la peau qui a aussi connu les livres d’études et le parchemin. Fermes, solides, capables de force et de précision (t’as vu l’bestiau ?). L’une de ces pelles vint agripper la main de la jeune femme, et l’autre y laissa tomber une seconde pomme. Manières bourrue (tiens, j’te donne d’ma bouffe, fais pas d’manière) de faire comprendre qu’il l’aimait bien, cette dame arachnide peu causeuse (côpain).

« Pis aussi, d’aimer fabriquer des choses au lieu d’faire des gros boums, et d’une patience d’saint. Ou êtr’têtu comme une mule ! Uh-uh-hu. »

Pour lui-même, Rork atrappa une autre pomme et … la fourra toute entière dans sa bouche. Elles n’étaient pas énormes, et rien n’était meilleur qu’une pomme écrasée entre une solide mâchoire, scrouitch. Enfin, rien sauf une bonne bière. Elle viendrait après.

La bouche totalement pleine, il réussit à émettre quelques sons intelligibles. Il les accompagna de quelques morceaux de pommes, très étonnés de se voir ainsi rejetés par erreur dans le vaste monde.

« Rork » (miom) « Nain. » (scruntch) « Enchanteur … ‘chanté, aussi. Et vous… ‘trapper … c’te blessure? »

Chomp. Chomp. Chomp. Chomp.

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Svada Nir
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MessageMer 30 Mar 2011 - 13:36

Repas tranquille, faut voir. C'est qu'il aimait parler en fait, le bougre ! De ses mains en l'occurence, de ce qu'il savait faire, et c'était plutôt sympathique à écouter. Certes, il mâchait ses mots comme sa nourriture, certes, il avait de fait, une sorte d'accent qui lui échappait - le monde est vaste, les dialectes nombreux - et certains mots devaient passer deux fois dans son cerveau pour être compris... Mais elle le trouvait marrant à écouter. Marrant oui. Drôle. Ça lui changeait. D'habitude, les élémentalistes étaient d'un fatalisme triste, d'un sérieux ennuyeux ou d'une subjectivité déconcertante. En clair, ils ne parlaient que des démons, de la Cité perdue à reprendre, des combats à mener, des morts, des esclaves... Alors oui, Svada devait l'avouer, elle n'est pas prompte à ressentir beaucoup d'empathie. En fait, on la qualifie volontier de froide. Mais elle n'y peut rien, elle trouve cela chiant de se complaindre sur le passé, le présent ou le futur (!) alors elle ignore. Et là, c'est agréable, qu'on parle d'autre chose.

Un sourire amusé avait pris place sur son visage, et chose rare, il ne partit pas tout de suite. Elle essaya d'imaginer à quoi pouvait bien ressembler son interlocuteur. Décidément, elle n'avait aucune imagination. Elle s'apprêtait à lui répondre quand il lui prit la main et lui fourra une pomme dedans. Geste tout à la fois brusque et adorable. Elle avait frémi quelque peu en le sentant bouger, mais au final, elle ne s'était pas inquiétée. Au moins, elle avait effectivement pu sentir les paluches de bricoleur. Grosses, épaisses, mais on y sentait l'agilité, la dextérité qui faisait les belles choses. Elle essaya de diriger son regard sur lui, sachant pertinemment qu'elle avait plus de chance de le rater qu'autre chose. Quoique, en se dirigeant avec les bruits de mastication... Une patience de saint et une volonté à en ressembler à une mule ? Bah... Que des qualités ! Si Svada pouvait se targuer de la première - on est un chasseur ou on ne l'est pas - elle n'était pas sûre d'être têtue. Il en fallait bien pour ce travail apparemment...

Elle croqua donc la pomme, goûtant de nouveau le sucre et l'acide sur ses crocs. Puis il se présenta finalement. Enchanté l'enchanteur, ahah.

" Svada. "
Elle ramena de sa main libre des mèches noires qui tombaient sur ses yeux, reflexe futil et illusoire. " Passeuse, et enchantée, Rork. " Une blessure ah... Elle ne pensait pas qu'elle était si visible... Certes, elle était profonde, mais heureusement pour elle, son ossature dorsale était profonde, et sa coque noire peu innervée. " Une mésaventure dans le désert d'Erestrée.... " Son visage glissa en arrière, comme si elle y jetait un coup d'oeil. " ... des loups des sables. De vrais saletés. "

Elle croqua dans sa pomme tandis qu'il machouillait la sienne dans un bruit... ... un bruit quoi. Il parait qu'on ne devait pas parler la bouche pleine. Enfin, c'était ce qu'elle avait entendu dire, mais qu'est-ce-qu'une abandonnée, élevée dans le désert par des hybrides de son âge ou presque, pouvait en savoir hein ? Ce n'était que récemment encore qu'elle avait appris les notions de politesse et autres simagrées. Les nains ne semblaient pas s'en faire non plus à ce propos. .... Un nain ... Ah ses yeux. Elle baissa soudainement, un peu, le regard, se rendant compte de son erreur. Elle ne risquait pas de croiser son regard, les yeux au ciel. Elle finit la pomme, ne laissant que le trognon... bah, levant la tête, elle ouvrit sa gueule en grand, laissant sortir ses mandibules luisantes et noires, buccales, et y introduit le trognon. Un peu théâtral comme geste, mais c'était une affaire de goût... Gober une proie était toujours plus agréable que de la mâcher. Sans doute sa machoire n'était pas totalement faite pour mastiquer.

" J'ai déjà entendu votre nom... Hum... "
Elle tenta de fouiller dans quelques souvenirs, mais elle avait une simple impression de déjà vu. Rien de bien précis. Elle sentit un léger picotement à son poignée et, secouant la tête, elle reprit ses esprits. Elle l'avait senti, le petit bijou, la breloque inutile... elle avait ... vibré ? ... Bah, son imagination sûrement. Elle appuya son coude sur sa patte avant, laissant pendre le bracelet. Tout de même, c'était un peu surprenant. " ... De la Matriarche sans doute. "

Elle haussa les épaules. Rien de bien intéressant donc. Pourtant, elle pourrait dire plein de choses, parler du beau temps, des anubites qui pululent, des Brökmins ces plaies, des dernières avancées du front élémentaliste, des ragots, des rumeurs....

" Avez vous déjà exploré ces ruines ? "

... ah ouai. Aussi.

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MessageMer 13 Avr 2011 - 11:30

« Hein, quoi ? Le glaçon ? » renifla Rork, la moustache hérissée. « Qu’est-ce qu’elle raconte encore, celle-là ? »

Le Nain n’avait jamais été en rapport très cordiaux avec la Matriarche, et ne se donnait pas la peine de le cacher. C’était l’une des raisons qui expliquait que malgré son expérience, il restait à l’écart du cercle des dirigeants de la Résistance. Les manières parfois autoritaires de l’une et le caractère buté de l’autre étaient en effet difficilement compatible sans un gros effort de volonté …

Tenez ! Pas plus tard qu’il y a quelques jours, une flèche était venue se planter à deux pas de lui, avec une lettre le sommant fraîchement d’aller porter assistance à la Forteresse, qui se trouvait en pleine attaque par un Démon Majeur plus malin que les autres. Comme s’il n’avait pas grommelé dans sa barbe depuis des mois que s’enterrer sous terre n’était pas une bonne idée quand on savait que la plupart des Cornus y avaient leur terre natale, comme s’il n’avait pas refusé obstinément d’aller y installer des sortilèges de défense … (ils n’avaient d’ailleurs pas besoin de lui, disposant de plusieurs jeunes pas trop mal formés pour ça). Il avait renvoyé la flèche à l’expéditeur à travers les airs, après l’avoir ensorcelée pour qu’elle répande l’odeur la plus nauséabonde possible. Il ignorait si la réponse avait été bien prise, mais foi de Nain, d’abord, on l’avait cherché.

Comme si ledit glaçon se trouvait en face de lui, Il agita d’une manière menaçante sa … fourchette (ce qui enlevait quelque peu de dignité à son geste). Ouvrit la bouche pour récriminer, et se ravisa en pensant qu’en fin de compte, l’autre n’en avait probablement rien à faire. Il s’abstint donc, et se contenta d’enfourner la dernière bouchée de pain qui restait en vue.

« J’ai fait l’tour à la surface. Ya qu’des ruines. Des habitations, des magasins, des temples, et des tas d’bâtiments qu’on sait même pu à quoi y’servent. Tiens, j’y r’pense en vous voyant… yavait même un p’tit temple avec des araignées creusées sur l’mur. »

Il évoqua une seconde la curieuse bâtisse. Les araignées qui la décoraient étaient assez semblables à Svada. La taille correspondait – araignées géantes, probablement. Peu communes mais pas rares. Il n’avait qu’à fermer les yeux, pour tirer les formes des gravures de sa mémoire, habituée qu’elle était à enregistrer formes et symboles. Hm. Elles étaient plus trapues peut-être. Les huit pattes étaient moins fines, plus poilues - là où celles de l’hybride évoquaient l’agilité, la souplesse, elles rappelaient la force des troncs d’arbres. Et elles n’avaient ni le même faciès, ni la marque rouge des Veuves Noires… encore moins un corps semi-humain posé sur le dos. De ça, il était certain.

Il aurait peut-être eu plus d’informations en entrant, mais sur le moment, il n’avait pas de raison de s’intéresser à un temple arachnéen. Et puis, il n’était entré dans aucun bâtiment.

« …‘pas été d’ssous les ruines. Ecouté aux entrées des couloirs, ça m’suffit. Tant qu’y pas une garce d’bonne raison, j’mets pas les pieds dedans. Y’a des … trucs, là-d’dans. Certains vivants, d’autres magiques. Un endroit bizarre, Dyferon, pour sûr. Comme toute c’t’île, trouvez pas, m’zelle Svada ? Mmh, mmh! »

Approuvant ses propres paroles d’un vigoureux hochement de tête, le Nain porta la chope à ses lèvres.

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Svada Nir
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MessageMer 13 Avr 2011 - 16:48

C'était plus fort qu'elle. Elle éclata de rire.

Le
glaçon. La Matriarche, un glaçon. Jamais elle n'avait entendu quelqu'un en parler ainsi, et pourtant, on parlait de tensions avec la Forteresse. On en parlait, et on avait raison. Svada, qui exécutait de nombreux allers et retours entre l'Île et la Forteresse pouvait en témoigner : il y avait quelque chose qui clochait entre eux, comme une fissure. Les messages étaient ambigüs ou carrément froid, même, certaines informations étaient cachées... La Résistance n'était pas au mieux de sa forme et pourtant, il l'aurait fallu. Mais laissons là leurs singeries et leurs pirouettes politiques à peine murmurées, Svada reprit contenance, et calma son fou rire. En voilà un qui ne mâchait pas ses mots et qui ne se voilait pas la face dans l'hypocrisie collective. Oh on pouvait lui répartir qu'il vallait mieux un groupe soudé et hyprocrite que des rivalités sans fin. Certes. Mais il régnait au sein de la Resistance, une atmosphère lourde qui semblait pouvoir imploser n'importe quand. Et il était tout à fait hypocrite de le nier et de prédire une reconquête de la Cité dans les mois qui viennent.

Elle l'écouta ensuite parler de ses explorations sur l'île. Visiblement, il avait bien crapahuté ici ! L'hybride ne pouvait pas se targuer d'en avoir fais autant. Du temps où elle voyait encore - c'était si proche encore -, elle s'était contentée de se perdre dans la forêts des aprés-midi entières... Elle la connaissait assez bien à présent, mais jamais elle n'avait mis les pattes dans les Ruines. Sans trop savoir pourquoi : pas de peur, ni même d'appréhension. Non pas qu'elle était dénuée de peur, mais sa vie lui importait finalement peu. Même en Erestrée, alors qu'elle avait failli mourir, ce n'était pas vraiment de la peur qu'elle ressentait, mais plutôt... une excitation animale et sauvage, un instinct primitif qui lui dicte de survivre et de se battre ou de fuir. Ou d'éviter le danger. Lentement, la Passeuse passa une main sur ses globes occulaires inutiles, retirant le liquide visqueux qui tenait lieu chez elle de paupière. À la différence près qu'il s'accumulait sur son oeil sans couler, il lui fallait donc l'essuyer régulièrement. C'était moyennement agréable, et auparavant, elle le retirait souvent d'un bref coup de main. À présent, elle lui accordait moins d'importance et prenait son temps. C'était pas comme si ça lui importait vraiment, d'avoir une main devant les yeux.

Elle s'essuya donc les yeux et sentait déjà le liquide visqueux sécher sur sa main. Elle fit quelques mouvements de ses doigts et le liquide durci se craquela et tomba en morceau sur la pierre. Sans y accorder d'attention, elle répondit, songeuse :

" Ah oui ? ... il faut vraiment être fou pour vénèrer des araignées.
" Ah ça, il fallait vraiment avoir des cases en moins. Beaucoup, de cases. " ... Mais ce monde est bizarre oui. "

Sacrément même. Il n'y avait pas que Dyferon, il n'y avait pas que l'Île qui étaient étranges.

" Tout le monde est bizarre. "

Le conflit entre les démons et les élémentalistes. Les relations entre la Matriarche et le Chef. Svada. Rork... Tous étaient d'un bizarroïde à s'en crever les mirettes. Et pourtant, ça tournait bien tout cela. Ça avançait, ça se battait, pour ses convictions et/ou celles des autres. Lentement, elle sortit de sa rêverie métaphysique - avec un bon mal de crâne, il faut le dire - et enchaîna :

" Ces Ruines semblent vivre encore sous nos pattes. Magie ou vie, l'exploration mériterait d'être faite, vous ne pensez pas ? Rester dans le noir complet et ignorant, personne ne le voudrait. "

Ahah oui ça, personne le voudrait... Les gens passaient leur temps à la plaindre et même à s'excuser (!) pour elle. Comme si c'était le pire sort possible, que d'être condamné à ne vivre que dans le noir, même de jour. Enfin, elle commençait à s'habituer à cette hypocrisie là. Ils étaient surtout contents de pas être à sa place au final. Au fond, elle s'en fichait bien, elle gérait sa situation comme elle l'entendait. Elle baissa les yeux sur Rork, ou du moins dans une direction proche et porta une main à son menton, une autre contre son ventre, de telle sorte que le coude reposa sur son l'avant bras. Un air pensif sur son visage inexpressif.

" Non personne... Une petite aventure souterraine ne vous intéresse pas ? Qui sait, il reste peut-être des araignées géantes au fond de ce temple ... "

Et elle partit d'un petit rire nerveux. Quelle mouche l'avait piquée ? Pourquoi vouloir à tout prix descendre dans ce temple ? ... Elle ne sait pas. Une ... envie ? Vraiment, elle n'arrive pas à saisir pourquoi elle voudrait mettre les pattes dans ces galeries en ruine. La raison lui échappe, elle sait juste qu'elle doit y aller. Elle doit...

Bizarre ce monde.

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