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 La part du diable [ PV Ottö ]

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MessageJeu 20 Jan 2011 - 13:28

J'avais réussi à échapper un temps à Sybaris, certes sous sa surveillance, mais je pouvais aller prendre l'air dans le parc, même si je me doutais que la Manticore n'était pas loin et m'épiait. La nuit commençait à tomber, j'avais donc tout le temps devant moi. Je replaçais mes canons d'avant bras estampillés aux armes de ma famille et resserrais la veste que Sybaris m'avait donnée ne supportant plus mes guenilles et qui permettait de cacher mes dagues.
J'humais l'air autour de moi, juste avant de sortir je m'étais rassasié et avait étanché ma soif donc aucun risques pour les personnes environnantes. Mes pas me conduisirent non loin de la forêt, le vent se leva, faisant frémir les feuillages. Mes pensées vagabondèrent vers ma Maitresse... Que faisait elle? Etait elle en train de souffrir? J'ôtais mon gant droit et contemplais la marque qu'elle m'avait laissé sur le dos de la main.
Un soupir passa mes lèvres puis je remis mon gant, mes pensées allèrent ensuite à Sybaris, son attitude apparemment décontractée, impossible de ne pas penser qu'elle allait se venger et la sentence n'allait sûrement pas tarder.
Au fil de mes pensées, mes pas finirent par me conduire vers la Tour des Vents, le seul édifice qui apparemment n'avait pas été entaché par la souillure démoniaque. Et il était vrai que cet édifice était magnifique, il semblait avoir la splendeur des bâtiments de la civilisation d'où je venais, les Noldors, depuis tout le temps que j'avais été ici mes pensées allèrent vers mes parents, mon ancienne culture et ma famille... Jamais auparavant je n'y avais songé. Pour eux j'étais devenu un monstre, hideux et assoiffé de sang. Je ne ressemblais même plus à un Noldor, j'étais bien plus musclé et couvert de cicatrices que la normale, même les militaires Noldor ne ressemblaient pas à cela, ils restaient graciles malgré une grande rapidité et une grande force.
Un bruit dans les feuillages derrière moi résonna, instinctivement je me retournais dégainant mes dagues, même si cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas vraiment entrainé, je me souvenais toutefois des postures de combat même si j'étais un peu rouillé.
Ma voix se fit menaçante, je pensais avoir affaire à la Manticore de Sybaris et j'avais envie de l'écorcher un petit peu.




Koïte... Sors de la...




Étrangement je n'avais pas réalisé que si c'était bien de la Manticore dont il s'agissait cela aurait fait longtemps qu'elle aurait rugi ou se serait jetée sur moi. Non, il s'agissait d'un ennemi plus entrainé que cette manticore, j'écartais d'une main les buissons et soudain une chose se jeta sur moi, me projetant sur le sol, cassant quelque chose que j'avais emporté de chez Sybaris, quelque chose qui faisait mourir l'herbe qu'elle touchait... Un liquide rougeâtre... Un poison...
Je tombais lourdement sur le sol dans un bruit sourd, j'étais vraiment inexpérimenté, incapable de réagir à n'importe quelle menace. Je me maudits mentalement, la chute m'arrachant un râle.




Sappho...


Je n'allais sûrement pas pouvoir la revoir, même Sybaris, quel fieffé idiot! Mes yeux se posèrent sur la créature qui avait ses deux pattes sur mes épaules, mes yeux alors d'un bleu limpide, s'écarquillèrent... Qu'était ce que ce genre de créature?
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Ottö
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MessageJeu 20 Jan 2011 - 14:17




Ha… ce fichu démon. Stupide, ridicule, pourrit jusqu’à la moelle. Celui-là même qui dans toute sa grandeur si… minuscule, avait envoyé des troupes de démons de bas étage dans la forêt Darke. Une battue. Ce devait être un rejeton des enfers, un petit pion qui n’avait rien d’autre à faire que d’attaquer des lieux déjà bien vides et désertés. Il s’en souvient bien de cette battue, retiré de son doux sommeil. Quelle vulgarité ! Mais quelques jours, peut-être plus, avaient passés depuis et le Nansraré de très mauvaise humeur s’en était allé rejoindre Elament la Sombre. C’était plaisant de pouvoir s’y balader enfin. Mais il n’y avait plus ce petit goût qui rôdait constamment, celui de l’aventure, de la chasse, de l’envie. Non, finit tout ça. La cité leur appartenait maintenant. Ses griffes s’enfonçaient par moment dans les restes de cendres. La guerre d’hier. Il faisait nuit, belle nuit pour arpenter les rues de la cité.

Le parc. Oui, il était dans le parc. Autrefois, ce lieu était d’une douceur paisible que certains démons regrettent encore. Les couleurs n’étaient plus ce qu’elles étaient dans le temps. Même de nuit, l’aspect se voulait déjà beaucoup plus glauque. Comme un félin, la bête marchait en ondulant la colonne vertébrale. Plus loin, la Tour des vents. Sentinelle gigantesque, magnifique et mystérieuse. Beaucoup restaient rêveurs devant elle. Mais pas ce démon. Il n’y voyait qu’un terrain de jeu acrobatique fabuleux et à sa merci. Ni plus, ni moins. L’animal se mit à trotter silencieusement. Sa fine robe noire glissait dans le vent. Un vent de plus en plus présent. On entendait ses plaintes, elles criaient toutes en chœur des choses incompréhensibles du haut de la tour. La misère du monde serait-elle narrée ici ? Mais autre chose attira son attention, quelque chose de plus fin. Une démarche de fugitif. Les règles et les lois étaient faites pour être bafouées et les démons le savaient. Ils étaient des maîtres dans l’art de s’entretuer sans vergogne.

Le nansraré se faufila derrière des branchages bien touffus. Le parc était déjà derrière lui et la tour espionnait étrangement ses gestes. Mais il n’y prêta aucune attention. A l’affût, il observait ce corps froid, tout aussi froid que ce dernier dans la forêt Darke. Des vampires sans nuls doutes. Qu’importe. Celui-ci était armé, bien vêtu et portait une paire de gants de très bon goût pour celui qui apprécie l’art du textile. Lui s’en moquait. Son fin pelage de velours lui suffisait amplement. Sous le poids de son corps, la bête écrasa par mégarde quelques vieilles branches. Repéré, pas grave, cet homme était à sa merci et ça l’étonnait. Une main glissa dans les feuillages. Deux billes blanches brillèrent au contacte de la lumière de la lune et la bête sauta sur sa proie. Du liquide sur ses griffes ? Il n’y fit pas attention, l’avait-il d’ailleurs seulement remarqué ? Un grand tas de muscles taillés pour le corps à corps était penché sur l’homme. La respiration de la bête se voulait lourde et lente, les poumons ronflaient.

A l’odeur de cette chair froide, le nansraré la savait non digeste. Son repas sera donc pour plus tard. Il leva violemment la patte droite, munie de griffes robustes et grosses, pour rabattre son arme corporelle sur le visage de son captif. Mmm… un peu de sang… alors, d’une voix caverneuse, le démon glissa quelques mots entre ses crocs.


" - Maladroit ! Que fuis-tu donc ? "

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MessageJeu 20 Jan 2011 - 15:12

Une brulure... Sur la tempe qui plus est... Je pensais que mon pouvoir allait aider à la régénération, mais il n'en était rien, ses griffes avaient trempé dans le poison répandu sur le sol... Mon sang commençait à couler gouttes a gouttes sur le sol... La créature qui venait de me parler me semblait on ne peut plus inconnue, déjà que le fait qu'elle me parle me laissait pantois. Complètement éberlué de la situation et sans doute un peu groggy par ma chute et la blessure à la tempe, je mis quelques minutes à répondre à sa question.




…. Euh... Je pensais que c'était la Manticore... celle de Sybaris... C'est a cause de Sappho...




Si il avait compris quelque chose à mes paroles alors chapeau. J'entendais sa respiration rugissante en opposition à la mienne apeurée et effrayée. Je dévisageais la créature qui était appuyé sur moi, malgré que l'image vacillait un tantinet, c'était une sorte de fauve au museau allongé, aux crocs qui me dépassaient de bien des centimètres, il portait une fourrure noire qui semblait luire sous la lune. Une question passa mes lèvres, alors que je plongeais mes yeux dans ce que je pensais être les siens.




Dites moi... Qui êtes vous?...





Le gant de ma main droite était éraflé et laissait entrevoir les runes que Sappho avait laissé sur le dos de ma main, mais quelque chose me disait que ce n'était pas elles qui allaient me sauver cette fois. Mes dagues avaient roulé sur le sol et étaient loin de moi, impossibles à attraper. Ma tête commençait à tourner mais moins qu'avant, il semblerait que je pouvais me régénérer mais cela prenait infiniment plus de temps et j'allais sans aucun doutes récupérer une cicatrice.
Toujours était il que la Manticore n'avait pas daigné montrer le bout de son nez, soit la créature qui m'avait attrapée était bien trop puissante pour elle, soit par jalousie elle préférait me laisser mourir et profiter seule de sa Maitresse.
Je déglutis fortement et tentait d'articuler en me donnant une contenance.





Je suis Aran... Esclave de Sappho et sous la « protection » de Sybaris...




J'avais bien accentué le terme protection car évidemment il était factice, elle tenait seulement à me garder près d'elle pour pouvoir me faire payer ce que je lui avais fait subir. Et cela allait sûrement être... exotique... Du moins si je survivais à cette créature dont j'ignorais le nom et l'identité pour le moment...
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Ottö
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MessageJeu 20 Jan 2011 - 18:18

Démuni…

Il lècherait bien volontiers le sang de sa proie… s’il n’avait pas été recyclé. La bête, de plus de 3 mètres de longueur et d’environ 600 kilos de muscles, gardait son appui sur les épaules du dit vampire. Il écoutait avec grande attention les paroles achées de l’homme effrayé. C’était assez embrouillé. Apparemment, il fuyait une Manticore. Une créature assez étrange, il n’en avait pas vu des masses dans toute sa chienne de vie. Puis des noms… Sybaris et Sa… Sa… ça lui reviendra…

Sa longue queue battait le tempo des cris du vent dans le vide. Un sombre ronronnement se glissa dans sa gorge. Rien d’affectif. Puis, sur ses épaules, ses genoux, le long de sa queue ainsi que sur son museau et à chaque extrémité des pointes de sa colonne vertébrale, des petits points luminescents s’éclairèrent d’un vert turquoise. Sa fine crête était balayée par le vent, couchée comme s’allonge les champs de blés sous les rafales de mère nature… moins luminescente que le reste, elle était tout de même bien visible. L’humeur de la créature s’était calmée depuis. Dans son immense calme placide, elle s’apprêta à répondre à la question qui suivie l’essaie de communication mais une autre tentative suivie. Saffff…ooo ? Ha, il avait bien entendu, un nom bizarroïde à son sens mais il aimait beaucoup sa consonance. Alors, ce p’tit gars-là était donc un esclave sous le doux joli et court nom de Aran. Comment pouvait-il être esclave d’un démon et protégé par un autre ? Sybaris… il connaissait ce nom. Mais quelque chose lui revenait, Safffooo… il l’avait déjà entendu dans les lèvres d’une vermine il n’y a pas si longtemps de ça, du moins, la mélodie du nom était la même. La bête retira ses griffes de l’esclave et recula légèrement. Très légèrement à vrai dire.


" - Enchanté. Ottö, esclave de personne, protégé par ma pomme. " Dit-il avec arrogance et ironie.

Il n’avait pas d’intérêt à tuer ce pauvre gars. Ni de s’approprier un esclave qui ne lui appartenait pas. L’idée de retrouver sa maîtresse ne lui aurait pas effleuré l’esprit mais il s’avère que cette Safffooo avait un titre important à la cours du Haut Roi. Certainement un Général, où un truc du genre. Et que la tâche lui semblait un peu plus utile qu’une autre. Le hic, car il y a toujours un hic qui se frimousse de moquerie quand on en a le moins besoin… c’est que les langues pendantes racontaient que ce… Général n’était plus à la Cité. Les résistants auraient trouvé le moyen de la capturer. Mais… ça c’est ce qu’on dit. Si les dires étaient vrais, alors quête il y avait. Elle ne l’intéressait pas, pourtant, elle pouvait être gratifiante. De toute manière, il n’en avait pas la force. Affronter tous ces maîtres dans l’art de la magie ne l’enchantait pas vraiment. De toute évidence un autre s’en chargeait déjà.

" - Les noms que tu cite ne me sont pas totalement inconnus… j’aimerais comprendre une chose. Que fais-tu loin de ta maîtresse ? Pourquoi n’est-elle pas ta seule protection… ? "

Maîtresse… il avait cru entendre que ce Général était une femme. On en disait beaucoup sur elle, où pas assez et dans tous les cas il ne retenait pas tout. Le vent claqua dans le dos d’Ottö, mais il restait de marbre, planté dans la terre comme un solide roc. Cette nuit lui souriait car à en croire les noms cités, Aran avait côtoyé quelques démons importants et ça devrait en cacher d’autres encore. Une porte du destin qui s’ouvrait devant lui peut-être. Non pas qu’il recherchait la gloire et toutes ces choses de pacotille, mais comme toute créature de sa race, il était attiré par le luxe des grandes familles, des dirigeants… le luxe qui donne un logis et une nourriture abondante. Autrefois, de grandes familles s’étaient liées d’amitié avec des Nansrarés. Ils leurs offraient donc un toit et de quoi manger, un confort impeccable. Le lien amical qu’ils partageaient leur était bénéfique car les Nansrarés sont de très bons gardiens tout autant que de bons espions mais à ne pas confondre avec des chiens de garde ni à des esclaves. Dotés de la parole, ils on toujours été libre d’aller et venir comme bon leur semblait. Leur nature bestiale est juste plus forte chez eux. En revanche, la magie n’a jamais était leur point fort.


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MessageLun 24 Jan 2011 - 13:59

L'animal se retira très légèrement mais en ne me laissant me relever que sur mes bras, je demeurais assis sur le sol, mes jambes écrasées sous le poids de la bête. Ainsi donc personne ne le protégeait, d'un côté une créature aussi imposante n'avait pas besoin de protection. Il me demandait pourquoi deux Démones me partageaient ainsi. J'esquissais un sourire amusé.



Et bien... Je n'ai pas accompagné ma Maitresse car elle ne le souhaitait pas... Quant à Sybaris...



Je n'allais tout de même pas lui dire que je m'étais jeté sur elle parce qu'elle était à mes yeux oh combien désirables et que j'aimais peut être un peu trop les femmes. Je me contentais d'une simple remarque.



… Et bien elle a désiré me protéger en l'absence de ma Maitresse... Mais...




J'eus une bonne minute de silence, il est vrai que la protection de Sybaris ne valait plus grand chose, qui sait ce qu'elle me réservait quand je rentrerais. Dans quel état allais je revoir ma Maitresse? Et elle, dans quel état allais je la retrouver? Je déglutis fortement et finit par répondre.



… Mais je crois que ce n'est qu'une illusion... elle souhaite juste se venger d'une chose odieuse que je lui ait faite récemment...




Elle avait beau faire comme si de rien n'était c'était impossible pour moi de ne pas penser qu'elle me voulait du mal. Mes yeux rencontrèrent ceux d'Ottö, je commençais à ressentir le manque de sang, ma peau commençait à se parcheminer, se couvrir de taches de vieillesse et mes yeux devenaient rouges, d'un rouge de la même couleur que le liquide que je recherchais ardemment. Aucun signe de la Manticore, elle devait s'être terrée dans un coin, effrayée par le Nansaré.



… Cela explique aussi la Manticore qui me suit depuis que je suis sorti... Sybaris veut s'assurer que je ne commette pas d'impairs...


Comme par exemple rencontrer un Nansaré, la faim commençait à me tirailler, l'envie de dévorer quelque chose devenait de plus en plus forte, tant et si bien que je fermais les yeux, sous l'impulsion qui me tiraillait des lianes devenues noires irisées de rouge sortirent du sol mais en présence d'Ottö elles ne purent que s'enrouler autour de ses pattes avant de mourir pitoyablement, m'arrachant des cris de douleur de plus en plus forts. Il fallait vraiment que je devienne plus puissant si je ne voulais plus subir ce genre de choses, cela m'était on ne peut plus horrible...
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Ottö
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MessageLun 24 Jan 2011 - 15:18

Il esquissa un sourire. D’après les rumeurs et Satan sait combien il y en a, Sybaris ne faisait rien qui ne lui serait pas bénéfique. Il y avait quelque chose d’autre. Ottö peinait à croire qu’elle l’avait pris sous sa protection sans justification logique. Elle trifouillait quelque chose, quel but cherchait-elle donc ? Que pouvait-elle tirer de ce… pacte. Elle et l’amour (et l’amitié)… étaient des choses incompatibles, opposés. Bref, Aran venait de lui livrer une petite chose plus intéressante pour l’instant présent. La cause de sa fuite. Pourquoi voulait-il en savoir plus sur ce gars-là ? Pourquoi allait-il chercher à lui poser des questions ? La curiosité n’est-elle pas suffisante ? Un démon qui aime fouiner et qui apprend le secret des autres est un démon utile. Où comment se faire remarquer par le Roi lui-même ? En le servant avec Loyauté, si loyauté il y a.

Aran devenait bancal. Quelque chose clochait chez lui. Ottö n’y connaissait pas grand-chose en matière de vampirisme… mais à voir sa gueule, des yeux malades, une peau vieillissante… fallait pas chercher plus loin, il avait les crocs. Fascinant, piégé entre les griffes de l’éternité, au beau milieu de la vie et de la mort. Une race fragile… trop dépendante des autres pour sa survie. Mais répétons qu’elle se veut fascinante.


" - Alors soit… racontes moi ton hist… " il baissa la tête, tout en levant les pattes du sol.

Un grondement sortit de sa gorge. Bien qu’il fût doté de la parole, l’expression animale était très présente. Il s’exprimait avec toute une gamme de sonorités. Des gloussements, très proches des créatures marines telles que les baleines et pourtant aux expressions parfois très félines. La tonalité qu’il émit en cet instant, n’avait rien d’amicale. Un gloussement grave partant du fond de sa gorge, monta en flèche pour atteindre une note plus aigue, fine, propre et sans gloussements. La fin de la note retomba avec légèreté. Etrange vocalise.

Mais il n’eut nullement besoin de lutter contre ces lianes sanguinaires. Sans force, certainement en manque de vitalité, elles cessèrent leur monté, desserrant leur emprise… mourant comme fane une rose.


" - Gardes ces tentatives pour d’autres ! " gronda-t-il, la gueule à quelques centimètres du visage malade. Le long de son étrange dorsale, s’échappa une brume violette, comme un poulpe peut cracher son encre. Entre brume et fumée, splendide œuvre éphémère qui glisse dans le vent. " On en reparlera… je vais te faire une fleure… nous partons chasser. " Ha, la chasse, un instant qu’il privilégiait ! Le goût de la traque, comme un hors d’œuvre avant le plat principal. Ottö recula. Il émit d’autres gloussements profonds, tels des ronronnements. Instinctif.

" - Allez vas, je te suis… " de près pensait-il. On est souvent plus coopératif après un bon repas. Ottö ne pensait pas à cette manticore qui pouvait surgir à n'importe quel moment. Peut-être qu'il s'en inquiétera plus tard... peut-être pas.


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MessageLun 24 Jan 2011 - 17:04

Je me relevais avec peine, Ottö m'avait hurlé dessus quand les lianes étaient sorties du sol... Chose qui ne devait pas lui plaire mais qui malheureusement ne relevait pas de mon fait, du moins cette fois ci. Il proposa que nous allions chasser, chose que je n'avais pas faite depuis longtemps, je me servais allégrement dans les prisons de la cité, autant dire que la perspective de la chance m'enchantait; je finissais par me rouiller. Je ramassais d'une main, que je surpris couverte de taches de vieillesse et qui révélait mon age véritable, mes dagues que je dissimulais de nouveau dans ma veste quelque peu salie par ce qui venait de se produire. J'eus un regard pour le Nansaré et murmurais d'un air froid.



Et bien allons y Ottö...




Nous nous mirent en marche vers la forêt, dès que nous entrâmes sous les arbres mes sens étaient aux aguets. Je me concentrais sur le moindre bruit aux alentours qui plus est ma faim grandissante m'aidait amplement. Je fis quelques pas quand soudain un bruissement de feuilles résonna. Instinctivement ma tête se tourna vers la direction du bruit, un couple... Une biche et un cerf accompagnés de leur faon... Malgré l'aura malsaine émanant de la cité ces animaux avaient osé s'aventurer dans les parages, chose en somme toute fatale. Je m'immobilisais prêt à fondre sur l'animal que j'avais choisi... La biche et ensuite le faon, cela pouvait bien compenser le cerf qui était, sans nul doute assez gros pour le Nansaré. Lentement j'esquissais deux ou trois pas silencieusement puis cela se passa en quelques secondes, je me retrouvais en train d'égorger la biche à l'aide de mes ongles. Le faon tenta de s'échapper mais ma main se tendit vers lui, des lianes sortirent du sol pour l'immobiliser. Il assista d'un air apeuré à la mise a mort de sa mère, mes ongles, mes bras et ma bouche dégoulinaient de sang alors que je m'approchais de lui. Le cerf de son côté n'avait pas du aller loin avec Ottö à ses trousses. J'enfonçais mes ongles dans le cou du faon qui vagissait de peur, le sang d'animaux ne valait pas celui des humains et il allait sûrement falloir que je m'abreuve dans les prisons mais l'adrénaline qu'avait déclenché la partie de chasse était bénéfique pour moi. Je ne pris même pas le temps d'essuyer le sang qui coulait de mes mains et de mes lèvres, bientôt il fit son office, mes yeux devinrent moins rougeâtres et ma peau retrouva la blancheur d'avant. Je me dirigeais vers l'endroit où était le Nansaré et j'attendis qu'il ait terminé avant de m'adresser à lui d'une voix sourde.



… Selon toi, doit on chasser encore ou cela suffit?...



Il m'aurait fallu encore deux ou trois cerfs afin de combler complètement mon appétit mais si Ottö en avait décidé autrement, je tendais la main vers les cadavres que j'avais laissés, des lianes noires les recouvrirent avant de les ensevelir dans l'humus. Il n'y avait donc qu'en présence et quand je m'attaquais aux Démons qu'elle me faisaient défaut, il fallait donc que je devienne plus puissant... Mais déjà mes lianes avaient changé d'aspect comparé au moment où elles était lisses, d'un vert tendre avec certaines feuilles, maintenant elles ressemblaient plus à des choses tortueuses et calcinées... Je murmurais malgré moi quelque chose qu'Ottö entendit sûrement.



...Il faut que je devienne plus puissant...
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MessageLun 24 Jan 2011 - 21:18

Il avait faim, ça ce voyait. Ottö ne s’était pas attendu à une petite virée en forêt. Encore moins à la cible choisie. Il y avait pourtant largement de quoi se goinfrer dans la cité… soit. Il avait certainement ses raisons et à vrai dire, Ottö était déjà passé à autre chose. Il l’avait donc suivit jusqu’aux bois. Un esclave livré à lui-même. Sappho devait fortement l’apprécier pour ne pas l’avoir emporté avec elle. A moins que sa quête lui semblait trop importante pour qu'il ne puisse y jeter le moindre coup d’œil. Ottö ne s’en plaignait pas, un peu de compagnie finalement c’est toujours agréable. La notion de groupe est un peu loin, mais elle reste gravée dans ses instincts et ça commençait à lui manquer. Ce besoin non pas forcément de parler, mais d’avoir un être qui suis nos pas.

La chasse était ouverte. Battant des oreilles, un cerf humait l’air. Pas rassuré. Il avait de quoi, voici sa dernière soirée, après quoi… un repas, un festin. Le vampire avait ouvert la chasse. L’effet de surprise avait sont petit effet. Ottö s’était lancé comme une flèche, filant entre les arbres, cassant des branches sous ses griffes. Ce soir, on dine modérément ! Les cornes du cerf, immenses, hautes… effleuraient des branches d’arbre biscornues. Cette chasse était tellement vitale pour Aran, qu’Ottö avait dégagé d’un coup de griffes l’idée qu’il se sauve pour lui échapper. Il avait d’ailleurs raison, ce dernier revint le voir. La gueule de la bête était barbouillée de sang. La finesse ? Non… il ne connaissait pas, il était plutôt de genre bourrin.

Aran… il avait un art à approfondir. N’était-ce qu’une idée de respect, lorsqu’il avait enseveli les corps asséchés ? Ou faisait-il ça pour cacher son passage. Peut-être que cette manticore avait entièrement pris ses pensées. Ces lianes… Ottö n’en avait pas vu de pareil, pas chez les êtres foncièrement bons. Il y avait cette noirceur, ces zigzagues tortueux. Sappho n’avait certainement pas choisit ce vampire à l’aveuglette. Aran avait encore faim. C’est qu’il était à deux doigts de le lâcher ! Mais Ottö jugeait qu’il s’était assez alimenté. Les couleurs lui étaient revenues. En guise de réponse, un nouveau gloussement, long, chaud, qui partit légèrement dans un sifflement aiguë.

Ottö repris le chemin vers la Cité. Pour aller où ? Aucune idée. Il préférait marcher que de rester immobile. Sans détourner le regard de sa trajectoire il s’apprêta à reprendre enfin la parole mais il la retarda de quelques secondes. Oui, il l’avait entendu marmonner ces quelques mots. La puissance… haaaa ! Qui ne souhaite pas en avoir ? Mais il n’en dit mot. Il ne serait certainement pas esclave toute ça vie celui-là. Encore fallait-il qu’il survive. Sa perte serait regrettable. Bien que pour l’heure, la bête s’en foutait éperdument. Qu’il parle ! Après suivront les actes.


" - Alors… ton histoire, ça vient ? "

Pourquoi être chaleureux ? Tout se mérite dans la vie… la non-vie aussi d’ailleurs. Et la puissance devait s’acquérir. Ce n’est pas en étant bichonné et ménagé qu’on arrive à atteindre notre but… plus difficilement en tout cas. Un terra corrompu… une idée réjouissante. Un avenir radieux rythmé par les secousses des plantes sous la terre. Alors Ottö tendit l’oreille, salivant déjà ce qu’il allait apprendre ce soir là.

Au loin… un corbeau ricana dans le vent.

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MessageMar 25 Jan 2011 - 14:01

Il prenait le chemin de la cité, je le suivais derrière lui silencieusement, il attendait mon histoire... Pendant que nous marchions, j'enfonçais mes mains dans les poches de ma veste et je marmonnais, observant le paysage de la cité qui grandissait à vue d'œil au fur et à mesure que nous nous rapprochions.



… Tu la veux... Très bien... Je suis un fils de Nobles Noldor qui était pourtant friand de tout ce qui lui était interdit... Alcool, luxure, drogues... J'ai été transformé en Vampire à cause de mon arrogance et de mon amour des femmes... C'est à l'une d'entre elle que je le dois... Je l'ai...



Mon ton se fit plus sombre, je ne savais pas ce que je ressentais vis à vis de ce que j'avais fait, était ce de la honte? Non ce n'était pas cela... Un mélange de honte et d'arrogance sans doute, je me refusais à penser que j'avais tort, j'étais de la Noblesse et je le resterais même si j'étais esclave ici, ne serait ce que dans les gestes. Ma voix se fit l'ombre d'un murmure me ramenant brusquement à la réalité.



… Violée...



Le vent se mit à mugir dans les arbres, ajoutant un coté outrageusement dramatique à cette scène, je gardais le silence quelques minutes puis repris d'une voix enrouée.




… J'avais fui ma contrée de toutes façons... Au fur et à mesure de mes pérégrinations, je me suis dirigé vers Elament cité dont j'avais subtilisé la carte au percepteur Noldor qui m'avais appris la magie... Enfin pas grand chose... Et quand j'ai trouvé la cité, après de longs passages dans les tavernes, maisons de joie et autre, que j'ai posé ma main sur le symbole de mon élément... Je me suis fait capturer conduire dans les geôles et au bout d'un moment Sappho m'a remarqué...



J'eus un soupir contrit, après tout ma situation n'était pas si détestable, sans nul doute que maints esclaves étaient beaucoup moins bien traités que moi en ce moment même...


… Je suis devenu son esclave... son favori... Puis elle est partie faire la guerre... Je me suis retrouvé à errer dans la cité, Sybaris est venue... Je lui ait plu... Et maintenant me voici ici...



Je laissais passer quelques minutes puis mon regard se tourna vers le Nansaré, ma voix fut neutre, un tantinet froide alors que je lui rendais la pareille, après tout c'était donnant donnant non?



Et toi alors?... Ton histoire?...
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MessageMar 1 Fév 2011 - 13:22

Homme à femme, pas étonnant pour un gars qui se retrouve entre deux femmes. L’une succube, l’autre… il n’en savait pas assez. Alors c’est donc un violeur qui se trouve à ses côtés. Le viol… sacré concept. Chez lui, ce machin ça n’existe pas. Du moins, on ne le définit pas comme tel. La loi de la jungle en bref ! Mais en zappant ce petit passage inintéressant au final, le luxe lui semble déjà beaucoup plus juteux. Mais à le voir, il en était déchu. Dommage. On peut toujours le retrouver quelque part, une belle demeure confortable… le rêve, le pied total ! Les griffes de la bête s’écrasèrent sur un malheureux petit escargot. La coquille craqua et la forme visqueuse et gluante péta, alors l’intérieure du minuscule petit corps glissa sur l’herbe. La vie est parfois écourtée sans raison. Il suffit d’être au mauvais moment au mauvais endroit. Sa mort n’est pas même remarquée, encore moins pleurée. La dure réalité des choses.

Il en avait du culot ce vampire, à lui parler en misant sur l’arrogance. Bon petit gars ! Il pouvait avoir de l’avenir celui-là. Mais certainement pas en allant dans la résistance de ces petits magiciens… il y avait du mieux dans la cité, du mieux sous les ordres du Haut Roi. Pas étonnant qu’il plaisait à ces dames de haut rang. Il avait le corps et le caractère bien trempé adéquat.

La question arriva inévitablement dans sa gueule. A chacun son tour ! Roulez-jeunesse ! Bah voyons… qu’avait-il à raconter… ? Ses origines, loin… dans cette île que l’on appelle la Terre des vents ? Vivant caché sous terre depuis toujours ? La guerre de ses ancêtres contre ces étranges Aasimars ? Mieux, son voyage jusqu’à Elament ? Trop long à raconter… et était-ce donc si intéressant que ça ?


" - J’aime ton arrogance. "

Mais il n’en dit rien. Après-tout, il pouvait se le permettre. Un jour, peut-être qu’il échangerait un peu plus avec lui. Peut-être pas. La route les guidait au lieu de départ. La Tour des Vents. On entendait de nouveau ces voix hurler de douleur. Ce n’est que le vent sifflant en s’engouffrant dans les recoins de la Tour. La tête de la bête se pencha de droite à gauche, craquant les os de sa nuque. Les pates avant s’étirèrent, la poitrine plus proche du sol, comme un chat qui s’étire. La gueule s’ouvrit, large. Des dents aiguisées à souhait. Petit bâillement qui enclencha une petite brume au-dessus de son dos.

" - Je fais quoi de toi ? T’es pas mangeable. Propose donc… "

D’un battement de queue, il envoya Aran rencontrer le sol. Est-ce vraiment de la violence gratuite, méchanceté pure ? Pas vraiment, ça ressemblait plutôt à un jeu. Ottö venait de trouver un jouet, pourquoi alors ne pas s’amuser avec ? Qui sait, un jour ce jouet deviendra une arme interdite aux mineurs ?!

" - On doit bien pouvoir s’entendre un peu qu’en dis-tu ? "

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MessageMer 2 Fév 2011 - 10:18

Ma tête rencontra violemment le sol, apparemment Ottö aimait jouer... Et bien jouons alors. Je me relevais en prenant appui sur mes mains et me remis debout. Ottö demanda ce qu'il allait faire de moi, et à vrai dire je ne savais pas moi-même, mais pour le moment... il allait regretter ce qu'il venait de me faire. Serrant les dents, un sourire crispé aux lèvres, je levais la main vers le Nansaré, je savais très bien que cela allait me faire souffrir mais je m'en fichais. Des lianes noires irisées de rouge sortirent de terre pour immobiliser le Démon, elles s'enroulèrent autour de ses pattes et de sa queue, malgré la faiblesse que je ressentais, je faisais tout pour qu'elles résistent le plus longtemps possible alors je tirais mes dagues de ma ceinture, ôtait ma veste et ajustait mes canons d'avant bras. Je me doutais bien qu'elle ne serviraient même pas à le griffer mais après tout je voulais devenir plus fort.
La pression mentale que je maintenais sur les lianes commençait à céder, commençant à me faire cracher du sang. J'eus un sourire mauvais presque fou, j'eus le courage d'articuler en riant.




Peut être sait on jamais...


J'avançais vers lui, je ne comprenais pas pourquoi j'étais capable de faire durer la pression d'attache si longtemps. Soudain, la douleur m'arracha un gémissement de douleur me faisant tomber à quatre pattes devant le Nansaré, mes mains et mes ongles s'enfoncèrent dans le sol alors que je poussais des cris déchirants et continuait à cracher du sang par terre, certes je souffrais mais je voulais maintenir mes lianes en vie le plus longtemps possible. Soudain, quelque chose comme une sorte de lance mentale sembla m'empaler l'esprit, je poussais un hurlement et ne remarquais pas que mes lianes étaient en train de changer, légèrement certes mais c'était déjà une avancée: en effet, de légères épines rougeâtres, de la même couleur que mes yeux en cet instant, commençaient à pousser. Mes lianes ressemblaient maintenant aux branchages des roses, avec certes des petites épines mais c'était un début. En attendant, je me tenais là, prostré sur le sol, gémissant de douleur et n'ayant rien remarqué du changement qui s'était produit.
Ma souffrance était trop grande, je dis relâcher la pression spirituelle que je maintenais sur les lianes, elles se mirent à se flétrir mais pas assez rapidement à mon goût, qui plus est, la mort des lianes me causait elle aussi une souffrance qui était intenable. Malgré moi, je murmurais.



… Si tu pouvais m'aider... cela... m'éviterait de...mourir... mais fais... à ta... guise... surtout...




Je m'étonnais moi même du ton sarcastique que je venais de prendre, pourquoi faire preuve d'arrogance maintenant? C'était sûrement plus fort que moi. Toujours est il qu'à la vitesse où les lianes mourraient, j'allais bientôt les suivre si on ne me donnait pas un coup de main... Le sang coulait de ma bouche et de mes narines, je commençais à tourner de l'œil. Voilà où ça menait de jouer avec plus fort que soi... Mes yeux étaient d'un rouge vif, pas à cause de la faim, quoique j'usais mes forces à la vitesse où généralement je buvais de l'alcool en temps normal. J'eus un regard pour le Nansaré entouré de lianes mourantes, je n'avais même pas réussi à aller jusqu'à lui avec mes dagues... Il allait sûrement profiter de tout cela pour tirer la situation à son avantage, je ne le connaissais que depuis peu mais il semblait être autant un opportuniste que ma propre personne...
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MessageJeu 3 Fév 2011 - 14:17

Le monde tourne, les choses changent, les avis se perdent et se retrouvent. La folie devient une parodie des guerres. Le bien et le mal sont beaucoup plus proches qu’on ne veut le croire. La musique balance entre de fines notes joyeuses et de sombres murmures des enfers. Les paroles se mélangent, se côtoient inévitablement. On avance tout en reculant, languissant le jour de notre gloire. Nos yeux cherchent la lumière tandis que notre cœur bat le rythme effrayant de nos sentiments les plus malsains. Nuit et jour se disputent la place sur le monde et le temps nous fait croire qu’il peut se perdre. Il y a des naissances et des sourires, des morts et des pleurs. Des cris de rage et de douleur qui s’adosse aux rires de joie et de bien-être. Le tout se veut être le maître, car il se nomme l’équilibre. Pourtant… il est bien fragile.

Certains suivent la voie de la solitude, d’autre préfèrent encore s’entourer pour l’éviter. Il y en a dont les rêves leur suffisent, d’autre encore qui s’acharnent à les réaliser. On tend le bras pour survivre et exister, on s’accroche à ce qu’on peut. Certains le font bien, d’autre beaucoup moins. On peut croiser le regard étrange de ceux qui retourne leur chemise sans le moindre scrupule et dans l’instant qui suit, parler avec un être qui tient à rester fidèle jusqu’à ce que la mort vienne le bercer. Parfois, les êtres les plus bons se retrouvent dans les bras de la Géhenne alors qu’à côté un démon souris et empreinte la voix de la sagesse.

Il était tombé, s’était pris au jeu. Était-ce donc là vraiment une petite chamaille à la rigolade ? Ou l’apprentissage du mal ? Ce furent des lianes qui voulurent se prendre pour des ronces. Assez bien imité, mais encore bien trop fragile. Il souffrait. Qui avait dit que retourner sa veste n’était pas douloureux ? Ottö pouvait le pousser à se surpasser. Mais il n’était pas fait pour comprendre et encore moins apprendre l’art de la magie. Il y avait ce démon… replié dans son antre au fin fond de l’Artifice, qui pouvait très bien lui apprendre à se contrôler. Car la douleur qu’Aran éprouvait pouvait se maîtriser… mais ce grand démon pouvait lui enseigner, pas Ottö. Un Nansraré est connu comme une créature ne comprenant rien à la magie. Ottö lui… était une brute qui n’avait capté que quelques infimes parties de cet art. Mais il restera une brute du corps à corps, agile… mais limité par son pouvoir.

Les lianes filèrent autour de lui. Mais Ottö ne chercha pas à s’en échapper. Il en avait la force, mais sa curiosité avait pris le dessus. Ses grands yeux blancs fixaient alors, le vampire essoufflé qui n’arrivait pas à contrôler son élément. Les lianes tenaient déjà mieux, bientôt, il serra capable de créer des ronces meurtrières qui s’emmêleront avec la terre. Mais voilà, Aran était à bout de forces. Se reconvertir n’était jamais chose aisée. Et… aussi étrange que ça puisse l’être, il implora son aide. Comment aider ce gars ? Pourquoi l’aider ? Ottö baissa la tête, regardant une fois de plus, mourir les lianes. Aran, les armes à terres, criait encore de douleur à la mort de sa création.


" - T’aider… je ne le peux qu’à moitié. Je ne connais pas non plus beaucoup de Terra… à vrai dire, en général ils finissent dans mon gosier. " Il secoua le bout de ses griffes pour écarter les cadavres des… mi-lianes, mi-ronces. " Mais je peux t’indiquer un Démon capable de t’enseigner la maîtrise de ton élément, de tes sentiments. "

Évidemment… il ne pouvait pas lui promettre que ce démon accepterait la demande, et encore moins qu'elle soit gratuite. Il ne pouvait encore moins lui indiquer la route pour le rencontrer, ni savoir s’il serait présent au moment voulu. A dire vrai, il ne savait finalement pas grand choses. Le juste nécessaire. Les " on-dit" sont très courants par ici. L’animal s’approcha du Vampire, penchant la tête sur le côté. Le souffle de sa respiration était très distinct.

" - Relèves-toi, t’es pas encore mort. " Une phrase entre le mensonge et la vérité. Un vampire… créature de non-vie… et de non-mort. Il devait se croire rejeté par Gaya, oublié par ce monde, le cycle de la vie.

Ottö attrapa Aran par le col, entre ses crocs pour le remettre d’aplomb. La nuit était belle. Le vent hurlait toujours au loin. S’arrêtait-il des fois ? Reprenait-il son souffle avant repartir de plus belle ? La créature se coucha près d’Aran. Ironie quand tu nous tiens. Un combat pour survivre. Un combat pour tenir debout, les pieds bien terre à terre. Un combat, une lutte contre la haine et la jalousie. Ce n’était pas à Ottö mais à Aran de se prouver à lui-même qu’apprendre… tenait de peut de choses. Il fallait avant tout se connaître, se contrôler.


" - Je m’ennui. " Ajouta-t-il entre ses crocs, en articulant comme un escargot baveux, la gueule entre ses pattes avant. Sa queue claquait le sol, comme un chat la fouette de tout son long lorsque son attention se focalise sur une seule chose. Énervement, excitation, ennui.

La bête se releva et tourna les talons. Comme si elle en avait finit avec lui. Elle s’éloignait d’une marche lente et gracieuse. La volonté… c’est la volonté qui peut faire toute la différence pour Aran. Il pouvait en rester là, lui aussi, sur ces dernières paroles. Il pouvait aussi rattraper la bête là, maintenant, tout de suite. Il avait encore pas mal d’autres choix, car la vie est faite ainsi, des chemins qui se croisent et recroisent, d’autre qui s’éloignent à jamais, d’autre qui rebroussent chemin… la vie.


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MessageJeu 3 Fév 2011 - 15:10

Ottö!...



Le cri était sorti malgré mon corps épuisé, ma voix qui indiquait une fatigue immense. Le Nansaré s'arrêta, je fis quelques pas pour le rejoindre en murmurant d'une voix sourde mes yeux vissés sur lui.




Si tu t'ennuies... Dis moi ce que nous pourrions faire pour dissiper cet état...




Je l'aimais bien, qui plus est il était la seule compagnie un tant soit peu masculine que j'avais fréquenté depuis mon arrivée ici, les Incubes de la cour de ma Maitresse et les Courtisans avaient valeur d'eunuques pour moi... Qui plus est il avait un caractère que j'appréciais, après si je le dérangeais vraiment je me doutais bien qu'il me le ferait comprendre d'une façon plus ou moins violente. J'enfonçais mes mains affaiblies dans mes poches et je reniflais pour chasser le reste de sang en murmurant.



Souhaites tu que nous repartions vers la cité... ou as tu quelque chose à faire ici?... Après si je te contrarie, loin de moi l'idée de t'embêter plus...




Je regardais son dos d'un air absent, attendant sa réponse, mon corps me faisait toujours mal, je ne voulais plus tenter le Diable d'une façon aussi saugrenue... Ottö avait parlé d'un Démon... Un Démon qui pouvait m'aider à me contrôler... Mes pensées se mirent à vagabonder, je m'étonnais déjà du fait que mes lianes aient tenu si longtemps... J'avançais de quelques pas pour être au même niveau que le Nansaré embrassant du regard la vue de la Tour que nous avions. Le bâtiment était effrayant que d'habitude. Je revins dans la réalité et murmurant d'un ton neutre.


Tu ne veux toujours pas me raconter...



La Manticore n'était pas réapparue cela semblait on ne peut plus louche, elle devait nous espionner, avide tout répéter à sa Maîtresse si elle le pouvait chose que j'ignorais. J'avisais le parc autour de moi la cherchant du regard. Pas de traces à l'horizon... Je tournais la tête vers Ottö, attendant qu'il daigne me répondre, j'avais bien compris que rien ne se passerait sans que lui y ait réfléchi et l'ait décidé...
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MessageLun 7 Fév 2011 - 12:25

Le vent dans la gueule, les yeux à demi fermés. Blancs.
La rage dans le cœur, une boule dans le ventre. Vides.
Au coin la douleur s’est à jamais enterré. Ronds.

Il y a des blessures qui jamais ne se referment. Il y a des mots qui jamais ne s’oublient. Des situations rarement effacées. La mémoire est un bien étrange fardeau parfois. La bête arrêta sa marche. Son nom avait sonné dans les filaments du vent.


" - Lorsque je m’ennuie, je marche ou je dors. Je ne suis pas bien compliqué. Ta présence ne me dérange pas. Finalement elle m’apaise. "

Ottö s’assit sur son arrière-train.

" - Je crois… je crois que c’est à toi de prendre ton destin en main. Le chemin que tu choisis c’est le tiens. Prends tes décisions. Moi… je ne suis qu’une branche pour t’y reposer finalement non ? "

Il tourna la tête à 90°. Ses yeux observèrent Aran. Des yeux blancs… vides… ronds, où le mensonge et la réalité ne font qu’un.

" - Et pour ma part, je n’ai rien à raconter. Moins t’en sais… "

Il y a tellement de moyens pour faire parler une personne. Parfois suffit de jugeote, d’autre fois la force nous est utile. Peut-être l’un des nombreux butes, une curiosité qui ne se révélera qu’en temps voulu.

" - La Tour des vents… beau point de rendez-vous ne trouves-tu pas ? "

Profonde inspiration… et long souffle. La brume violette s’échappa du Nansraré par sa dorsale. Il respirait lentement, fortement… plusieurs fois de suite tout en sifflant des poumons et de ses cordes vocales. La brume enveloppa la bête, glissant sur le sol comme un doux venin. La brume avait cette particularité, comme la fumée, à s’apparenter au destin, aux esprits, aux fantômes. Petit goût de la mort. Comme si jamais le temps ne pouvait s’en emparer. Elle s’en échappait, sillonnant l’espace comme bon lui semblait. D’apparence éphémère et pourtant. Sans voix, sans chants, la brume est muette et maligne ? Dissipant le monde sous son voile aux vagues mélancoliques et angoissante. Aran n’avait plus qu’à tracer sa route, décider pour lui ce qu’il comptait faire de son avenir.

Un avenir de vampire…


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MessageMar 8 Fév 2011 - 14:14

Prendre des décisions... Une chose bien facile quand on en parle mais dans mon cas... Quand on était tiraillé entre deux Démones différentes et des dizaines de Succubes... La chose semblait extrêmement complexe. J'eus un léger soupir en contemplant la tour des vents avant de murmurer.



Oui... c'est magnifique...


Je replaçais mes canons d'avant bras avant de sortir une dague et de regarder le symbole gravé dessus, les armoiries de ma famille, si mes parents savaient... enfin... Je replaçais la dague dans son fourreau avant de regarder Ottö et de grogner.



Et toi ?... Tu ne pourrais pas me rendre plus fort ?... Pas question magie mais question d'armes... Je crois que je suis un peu rouillé...



Je fis craquer ma nuque avec bruit. Avant de reposer mes yeux sur la tour des vents, le bâtiment était vraiment effrayant de nuit, il paraissait tellement délabré. Ottö s'était posé sur son séant, je décidais de faire de même, histoire de me reposer un peu de tout ce qui venait de se passer, même si maintenant je passais pour un espèce de nain à côté d'Ottö. Faisant craquer d'autres jointures, je me laissais tomber dans l'herbe à côté de lui, de la brume violette nous entourait, crachée par le dos du Nansaré. Pendant plusieurs minutes nous restâmes là silencieux, je passais mon doigt ganté sur la cicatrice qu'il m'avait faite à la tempe, ça y est elle s'était refermée mais avait laissé tout de même une marque, enfin je n'en étais pas défiguré. Ainsi donc il ne voulait pas parler de lui... Tant pis, j'apprendrais en temps et en heure ce qui était à savoir. Je tournais la tête vers lui avant de reprendre d'une voix tout aussi peu forte.




Nous pourrions... et bien nous tenir compagnie... Celle des Démones commence légèrement à devenir légèrement insupportable... et... et tu es le seul qui ne soit pas une Démone qui semble me tolérer à tes côtés...



J'eus un léger rire gêné, tout cela était la pure vérité et je me rendais compte que la compagnie d'un autre être qui n'était pas de sexe féminin était agréable, pas besoin de se cacher sous des airs doucereux, de flagorner à tout va et de badiner comme cela n'était pas permis. Après si j'énervais Ottö, cela ne servait à rien de rester pour se faire dévorer ou, encore une fois, finir dans les geôles en train de ramasser les morceaux de soi qui traînaient aux alentours. Je repris tout aussi bas.



A moins que cela ne te dérange...



Après tout il pouvait très bien tenir à sa solitude et n'avait pas besoin d'un Vampire dans les pattes. Mais faire un bout de chemin avec ce Nansaré me semblait intéressant. Il pouvait très bien me servir comme moi je pouvais le faire réciproquement à son égard...
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MessageJeu 17 Fév 2011 - 17:56

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Admirez autour de vous, ce monde qui se fiche de votre route. Admirez le et dites vous que vos actes attirent son regard.

La bête tourna la tête, remarquant qu’Aran avait aussi rejoint le sol avec certainement beaucoup de plaisir. La nature avait du bon, même si mademoiselle se voulait souvent très farouche et indomptable. Il entendait les paroles du vampire, mais voilà, il y a qu’on ne peut pas toujours savoir à quoi s’en tenir avec un être très… bestial. Son regard avait finalement était attiré un peu plus loin, par un papillon de nuit égaré dans le vent. Sa queue battait déjà derrière lui comme celle d’un chat à l’affût, le désir de la chasse faisant claquer les dents. Mais Ottö se détourna de sa maigre et stupide proie pour se reconcentrer sur Aran. Il parlait d’armes… que pouvait-il faire pour lui ? Ottö se battait sans armes autres que son propre corps ! Peut-être ne fallait-il pas tout prendre mot pour mot. Oui, peut-être qu’un bon combat lui ferait du bien. Après-tout… ça ne lui posait aucun soucis.

Sans prévenir de ses faits et gestes, il balaya le sol de coup de queue. Évidemment le vampire était dans sa trajectoire. Puis, comme si de rien était, il continua la conversation.


" - Je n’y connais rien en armes tu sais. Si tu as besoin de cogner et de revoir tes attaques oui, pourquoi pas, je devrais bien avoir quelques conseils pour toi, mais ne t’attend pas à un cours conventionnel de ma part. "

Il se releva. Sa crête jonglais avec le vent, comme de fines herbes fraîches se couchant sur le sol défié par la nature coléreuse.

"  - Et… pour ce qui est de ton désir d’avoir un peu de compagnie, je ne décline pas ton offre. "

Le silence coupa ses paroles. Ottö avait besoin de compagnie, même s’il faisait tout pour le cacher le voilà qui se lassait de cette solitude qui n’en finissait plus.

"  - On a tous besoin d’une épaule pour faire passer le temps. "

Les griffes raclèrent le sol lorsqu’il se retourna pour faire face à Aran.

"  - Tous besoin de quelqu’un à qui confier nos pensées. "
Il regarda le ciel pendant un bref instant avant de le fixer de nouveau.

"  - Bon… dis moi vraiment ce que tu veux. Sinon, des armureries tu dois bien en trouver quelque part… "

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MessageVen 18 Fév 2011 - 14:07

Spoiler:
 


Ottö semblait désireux de savoir ce que je voulais faire maintenant. A vrai dire je ne savais pas trop, une chose était sûre en tous cas, je voulais m'améliorer dans mon art. Je me doutais bien que quel cours que Ottö me donnerait, il ne serait pas conventionnel... De toutes façons aucunes des personnes que je rencontrais n'était conventionnelle... Et même, l'art de combat que je pratiquais, même au sein de mes pairs, n'était pas conventionnel. En somme, les conventions je les avaient bazardées depuis longtemps. Je regardais les deux pupilles laiteuses d'Ottö.




… Il me faudrait sûrement quelqu'un qui me pousse à pratiquer mon art... Je suis trop rouillé... Courir la jouvencelle est peut être un sport en soi, mais cela n'aide pas à se défendre...




Je réfléchissais à ce qu'il venait de dire, ainsi donc il tolérait ma compagnie. Quand il parla d'armureries, j'eus un léger rire, tirant mes dagues dans un bruit de métal.




Non... je ne me bats qu'avec celles ci... et elles ont l'air bien affûtées... Pas besoin d'armurerie..
.



Je les remis dans leurs fourreaux, avant de resserrer les lanières de cuir de mes canons d'avant bras, même le cuir du dessous n'avait pas séché... A croire que ma famille ne plaisantait pas avec les armes... J'eus un soupir avant de m'allonger dans l'herbe, les yeux regardant le ciel, songeur...




Et toi Ottö que souhaites tu ?...




Je me relevais dans un feulement d'herbes avant de regarder le Nansaré d'un air grave. Ma voix se fit neutre et je lâchais d'une voix qui se voulait anodine.




Si tu restes avec moi c'est pour un but n'est ce pas ? Tu ne me sembles pas être un philanthrope... Tu sembles comme moi, motivé par un intérêt sous jacent qui prime sur tous les autres, n'est ce pas ?



J'arrachais un brin d'herbe à côté de moi, une phrase d'Ottö me revint, « confier ses pensées »... Il était vrai que j'étais taraudé par beaucoup de choses, qui plus est cela n'allait pas aller en diminuant. Je regardais ma main gantée et soudain... une pensée...




Dis moi Ottö... Comment vis tu le fait d'être un prédateur ?...



Bien sûr à travers cette question je pensais à moi, moi qui avait dès le premier jour de ma transformation haït le fait de devenir un prédateur assoiffé de sang pour conserver sa jeunesse et son aplomb éternellement... Le plus simple aurait été de mourir me direz vous... Mais non, ça non plus je ne le désirais pas...
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MessageDim 27 Fév 2011 - 20:38

Un coup d’œil glissa sur les armes. En effet, bien entretenues. Il n’y avait pas fait attention jusque là. Pas grave. Chose réparée. Aran était un personnage bien étrange. Oser demander de l’aide c’est pas si courant que ça… du moins, pas vraiment chez les démons. En tout cas c’est l’idée que se faisait Ottö de la chose. Peut-être se trompait-il.

" - Tu n’as donc qu’à aller prendre des forces, j’crois que t’as pas assez bouffé. Là, je te dérouillerais, un jour… si on se recroise. "

Le vent s’était un peu calmé. Un peu… ! Et une question lui chatouilla les tympans. Oui, il était évident qu’il ne faisait pas les choses pour rien. Il y avait toujours un intérêt qui se cachait dans un coin.

" - Oh, j’aime la compagnie, je crois que c’est de famille. Mais étant donné que tu es un esclave, te suivre pourrait me mener à… je l’espère bien, un général. Un tournant dans ma vie pourrait s’y produire. C’est toujours mieux que de rester là sans rien faire et attendre que les choses nous viennent d’elles-mêmes non ?"

Il avait regardé le vampire arracher l’herbe, certainement un geste qui s’assimile à une habitude, lorsqu’on parle, il faut bien s’occuper les mains non ? Pourtant… cet acte ne lui resta pas insignifiant à ses yeux. Arracher… couper… casser ainsi la nature, est-ce donc une manière commune à tous les terras ? Ottö en doutait pas mal. Ce geste devait s’approcher de près à la perversion qui travaillait jusqu’au fond du cœur d’Aran. Ottö était parfois très observateur.

"  - Hahaha !!! Mais je le vis très bien ! C’est ma nature ! Je suis venu sur cette terre en tant que prédateur… c’est inscrit dans mes gênes et j’aime ça… ! " Un instant de silence s’installa dans ses dires… puis il repris.Je ne suis pas comme toi, Aran. Tu dois vivre avec et apprendre à aimer ça. Dans le cas contraire tu ne survivras pas. Je te conseil vivement de te mettre au sang des races humanoïdes si tu ne veux pas devenir l’un de ces vampires assoiffé de sang qui ne se gavent que de rats et de gibier. C’est prouvé, le sang humain est plus riche pour vous que n’importe quel autre sang. "

Est-ce vraiment prouvé ? Bonne question, Ottö avait entendu dire ça une fois et l’avait retenu, ça l’avait foutu dans une crise de rire folle, il s’en était même beaucoup moqué à l’époque. Lui qui pouvait se nourrir de viande et de sang. De gibier comme de races humanoïdes. Haaaa… les vampires et leur culpabilité ! Quelle connerie !

" - Démerdes toi pour que dans deux jours... disons deux nuits… tes forces soient entièrement revenues. Il est fort possible que je t’attende ici. En contre partie… tu l’auras compris, j’aimerais rencontrer l’une de tes… maîtresse… "

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MessageLun 14 Mar 2011 - 8:26

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Deux jours et deux nuits… Un peu plus de temps que cela avait passé, le double en fait, et, entretemps, j’avais rencontré Hakane… Celle qui me promettait monts et merveilles en échange de ma protection et de ma présence auprès d’elle. Quand je reparus à la tour des vents, Ottö n’étais pas là… Quoi de plus normal en effet. Je posais donc mon séant dans l’herbe, contemplant la tour. Peut être allait il venir… Ou peut être pas…
Je contemplais le dessus de ma main droite où j’avais barré les deux runes de Sappho… Une cicatrice d’une couleur bleuâtre était maintenant présente. Je contemplais aussi mes nouveaux tatouages, la marque d’Hakane dans ma nuque, ceux sur les bras et enfin celui sur la hanche.
Le vent se leva alors que j’étais perdu dans mes pensées… j’allais donc bientôt quitter ma condition d’esclave pour quelque chose d’un peu plus reluisant. Après tout comme je l’avais souligné devant Ottö, j’étais comme lui, un opportuniste profitant de la moindre occasion pour s’élever…
Soudain, un bruissement d’herbe se fit entendre… Quelque chose s’approchait… Sans doute le Nansaré…
Ainsi donc il souhaitait rencontrer l’une de mes Maitresses, autant que je le présente a Hakane, Sappho était disparue et Sybaris… et bien Sybaris voulait me faire souffrir mille morts pour le seul nom que j’avais prononcé…
Ottö avait tout de même raison, Hakane m’avait amené plusieurs esclaves pour me nourrir et je ne m’étais jamais senti aussi bien qu’après avoir bu tout ce sang… A coté celui des animaux semblait fade et insipide…
Le bruissement dans l’herbe s’approchait, par précautions je tirais mes dagues, on ne sait jamais, il n’y avait pas qu’Ottö comme créature dans ce parc et, de toutes façons, peut être n’était ce pas lui… J’avais grandement dépassé le délai qu’il avait donné. Toutefois, je reconnus la brume que le Nansaré crachait, elle flottait devant moi, signe qu’il n’était pas loin.
Faisant craquer mes jointures je me relevais prestement, un sourire malsain aux lèvres.



… Pardonne moi de ne pas avoir respecté le délai… Je manque à toutes mes civilités… mais j’ai été… retenu…


Au moment où je prononçais ce mot les images avec Hakane me revenaient en tête, m’arrachant un léger rire. Mes yeux rencontrèrent les deux globes blancs du Nansaré et je continuais.

… Et tu avais raison, l’humanoïde est vraiment meilleur que tous ces animaux…


En me nourrissant de leur sang, j’avais l’impression d’être plus vif et surtout je n’avais pas faim continuellement… Depuis que ma précédente Maitresse était partie, je ne m’étais nourri que d’animaux… Sybaris m’avait bien proposé quelques coupes de sang mais ce n’étaient que des coupes… Alors que l’être humain contient plusieurs litres de sang… Sortant de ces pensées on ne peut plus alléchantes, je m’adressais de nouveau au Nansaré.

Souhaites tu connaître ma nouvelle situation avant que je te présente à celle qui est maintenant ma Maitresse ?
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Ottö
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MessageMer 23 Mar 2011 - 14:33

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Il avait quitté la Tour des Vents quelques temps, quelques heures. Pour se balader dans les rues sinueuses d’Elament la Sombre. Qu’avait-il fait de son temps libre ? Rien d’extraordinaire ni de franchement intéressant. Marcher pour marcher, manger pour manger. Sa vie était pourtant palpitante à ses yeux. Un animal s’ennui à partir du moment où on lui impose des barrières. Alors non, ne rien faire lui était fort plaisant. Se disait-il… pourtant, au fond de lui, l’ennuie grossissait de jour en jour, écrasant la lueur bestiale qui éclairait son cœur de marbre. Il revint bien vite se blottir contre un vieux tronc d’arbres, au milieux des buissons. Un petit somme et quelques regard au sommet de cette immense sentinelle qui criait jours et nuits. Une araignée passagère curieuse glissa ses nombreuses pattes sur le poils court et soyeux d’Ottö en manquant de glisser à plusieurs reprises. Pourquoi ne pas contourner le corps du colosse au lieu de gravir l’impossible ? Qui sait… sa vue ne lui permettait certainement pas de voir qu’elle pouvait faire un détour. Alors le combat était en route. La descente était un vrai moment de gloire lorsque la montée fut enfin franchit.

Aran était enfin là. En retard. Alors, le grand corps se releva, l’araignée qui était à deux pattes du sol dégringola. L’encre sortie de sa dorsale. Il ne la crachait pas si souvent que ça, mais par moment, même s’il n’avait nulle besoin de cette brume, il aimait s’envelopper dans ce doux manteau. Ottö se présenta alors au Vampire qui s’empressa de s’excuser de son retard. Retenu disait-il… son sourire en disait pourtant bien long sur ce temps de retard. Le vampire semblait en forme, rien à voir avec le corps à la limite de la décomposition d’autrefois. Le vent écrasa la fin des mots d’Aran, les emportant loin sur son dos d’air. Animaux… animaux… animaux… il s’envola. Un mot qui interpelait à chaque prononciation la bête qu’était Ottö. Assis sur son train arrière, il était à son coute. L’ennui s’estompait déjà. Les lèvres vampiriques se mouvaient à chaque nouvelle prononciation d’un mot. Que c’était bon d’avoir quelqu’un à qui parler. Il s’imaginait déjà aux côtés de sa dite maîtresse. Les os de sa nuque craquèrent lorsqu’il pencha sa tête de droite à gauche et inversement. La situation du non mort… encore moins vivant avait changée. Soit, disons que toute discussion l’intéressait à tel point qu’il couterais même les récits d’un ivrogne. Tout le monde sait à quel point ils ne tiennent pas la route !


" - Évidemment que je te pardonne. Allez, rien ne presse, racontes moi un peu. Ta Maîtresse peut attendre. "

Avait-il parlé de lui à cette grande dame ? Certainement pas. Pourquoi d’ailleurs un esclave s’oserait à… après tout, sa situation avait changé n’est-ce pas ? Il cligna de l’œil gauche évitant l’atterrissage mal contrôlé d’un insecte. Ha, une nouvelle petite vie qui frisa la mort ! Ottö se releva, il avait assez vu ce lieu alors, il se mit en marche sans prêter attention à Aran. L’indépendance de l’animal passait avant tout. Il trouvait inutile de lui proposer de marcher pour parler. Ça coulait de source. Il croisa le passage d’une luciole. Ha les insectes… ! Lucioles O belles lucioles ! Senector était peut-être passé pas loin d’ici. Le démon aux insectes. Il avait un goût très prononcé pour ces petites lumineuses aillées. Poétique décharné.

"  - Je t’écoute. " _l’ami_ pensa-t-il sans le prononcer. Car méritait-il déjà ce titre envers lui ?

Le vent s’était calmé.


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MessageVen 25 Mar 2011 - 8:55

Ainsi donc il voulait savoir ce qui était advenu de ma personne durant ces jours où j’avais disparu. Il se mit en marche, je le suivais, enveloppé dans une nouvelle veste que j’avais « empruntée » à un démon de la cour d’Hakane. La lune n’était plus là, un nouveau cycle, tout aspirait donc au renouveau, même ma personne.


Je ne suis plus esclave… Elle m’a libéré de mon statut… Toutefois je porte sa marque dans ma nuque…


Libéré enfin, je le désirais depuis si longtemps. Toute chose entravée aspire à sa liberté, c’est inéluctable et enfin je l’avais trouvée. Mon doigt se posa sur ma nuque, frôlant la marque nouvelle que le marquiste avait faite il y a peu. Certes je m’étais avancé sur mon statut, mais cela allait se faire sans tarder, Hakane de toutes façons l’avait déjà ancré dans son cerveau.


Je suis donc son protecteur désormais… Son ombre… Je la suis partout…


Devais je lui parler de la relation particulière que nous entretenions elle et moi ? Un sourire silencieux naquit sur mon visage. Ce n’était sans doute pas nécessaire… Et puis qui sait, il s’en doutait peut être déjà, après tout il n’était pas un être dénué de jugeote.


Je suis donc un corrompu maintenant… Plus un esclave mais pas un Démon… Je n’en demeure pas moins rattaché à la cour d’Hakane… Bellatrix.


Mes yeux se tournèrent vers le Nansaré, tentant de sonder le moindre sentiment qui pouvait bien passer dans son crâne et que je pourrais entrevoir sur cette carcasse poilue. Je continuais à parler d’un ton détaché alors que nous avancions.


Chose qui devrait t’intéresser… J’ai appris que Hakane était une générale, au même titre que Sappho…


Mes yeux se posèrent sur la marque boursouflée sur le dos de ma main, les runes étaient illisibles. Plus les nuits avançaient plus je perdais toute conviction quant à son retour. Un soupir passa mes lèvres.


Voilà la raison de mon retard… Hakane ma retenu… et voici mon nouveau statut dans cette cité…


Une nouvelle fois j’eus un sourire qui voulait en dire long à l’évocation du mot « retenu ». Hakane… Brûlante Démone qui, je le sentais, avait toutes ces chances de me rendre fou… Mes yeux cherchaient les deux billes d’un blanc laiteux qui servaient de globes oculaires à Ottö… Comment allait il réagir à tout ce changement ?
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Ottö
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MessageSam 30 Avr 2011 - 21:17

Spoiler:
 


Hakane... générale. Les choses bougeaient bien vite on dirait. Tout comme les conditions d'Aran d'ailleurs. Il fallait souvent se méfier des nouveaux arrivants. Pas encore totalement corrompus. Un peu à la vadrouille, perdu entre leur droite et leur gauche. Était-t-il vraiment ce qu'il prétendait être ? Les magouilles et les traîtrises allaient tellement de bon train. Mais Ottö ne pouvait pas juger sans savoir. Il n'en dit donc rien. Préférant se réjouir de la nouvelle qu'il lui apportait. Après-tout, ce n'était pas si mal de sortir de l'esclavage.

"- Hakane... nommé au rang de Général. Pourquoi pas, je ne donne pas vraiment dans la politique. Je laisse ça aux autres. Jusque là, ça m'a toujours réussit. "

Un étrange sourire naquis le long de ses crocs. Retenu par une démone certainement très belle... pas de doute sur le pourquoi du comment.

" - Espérons que tu ais choisis le bon chemin. On dirait que tes affaires vont trop vite chez toi. Peut-être n'est-ce pas si bon signe... mais au moins, te voilà éloigné de l'esclavage. Du moins, les choses peuvent souvent se retourner contre toi. Gardes un œil constamment ouvert. Les anciens esclaves ne sont pas toujours les bienvenus ici. Je préfère te le signaler. "

Il bailla longuement et de manière nonchalante.

" - Bon... une petite remise à niveau te ferait-elle du bien maintenant ? A moins qu'on puisse essayer de rejoindre assez rapidement ce si bon co... cette belle démone pardon. Je commence à me lasser de ce vent. "

Un rire narquois s'invita dans sa gorge.



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