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 Drugs, Sex & Rock'n'roll [Libre]

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Ellän d'Ulwyn
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MessageMer 24 Nov 2010 - 16:38

" Dégage d'là ! Et qu'j'te revoie plus ici ! "

Ben quel accueil... Faut dire que l'Ancang était pas connu pour être un endroit chaleureux et agréable. Et fallait aussi ajouter que l'espèce de démon bourré sur le pavé avait l'air de l'avoir cherché. Le patron du bar de la Sombre attendit devant la porte que la loque s'éloigne en rampant. De l'autre côté de la rue, un petite groupe démoniaque s'approchait, en quête d'alcool, de festivités et de femelles. Surtout de femelles en fait. Ils étaient cinq et avançaient tout en riant à gorge déployée. Ils se racontaient des histoires salaces ou des souvenirs débiles, des mésaventures avec des résistants ou des douces soirées avec une succube tarée. Bref, c'était de la franche camarederie, la grosse marade, la grande rigolade. Précisément, il y avait deux Soquiors aux visages mutins et jeunes, un gasth séduisant, un incube défiguré et un elfe. Ouais, un elfe sylvain même. Qu'est-ce-qu'il foutait là ? Ben, bien sûr, c'était un foutu corrompu. Vermine parmi les vermines, traitre à son camp. Un élémentaliste noir. Et il donnait le change, amusant la galerie en racontant comment sa dernière conquête était tombée du lit comme une pauvre gourde. 

La fine équipe bruyante passa à côté du patron, qui leur jeta un regard mauvais. Genre, vous cassez le moindre carreau, je vous pourris vos tronches de quiches. Ou quelque chose comme ça. Mais sans prendre garde, ils continuèrent leur déconne jusqu'à une table libre, qu'ils prirent d'assaut. Ah et qu'c'était bruyant là dedans aussi. Tout ce bordel, des démons qui se becquottaient dans un coin, à ceux qui commençaient à se foutre des marrons, en passant par tout les stades d'alcoolémie... Ah, l'alcool coulait à flot, et pas que de la bière d'ailleurs... Des boissons plus ou moins ragoûtantes, plus ou moins épaisses; plus ou moins garnies... y'en avait pour tout les goûts... 

Puis tout d'un coup, y'a des chaises qui volent. A leur table, à nos joyeux driles, c'était tendu : l'incube et l'elfe voulaient en découdre... J'sais pas pourquoi moi, sûrement une sombre histoire d'argent, de femelle ou d'alcool. Ou les trois en même temps. Toujours est-il qu'ils voulaient se casser la tronche mutuellement. Le patron et un troll se ramenèrent pour les foutre dehors : y'avait le corrompu tranquillement assis sur son siège, et l'démon qui avait fait valdinguer sa chaise était debout en face de lui, les poings serrés.


"- Spèce de sale charogne, vermine d'élémentaliste, tu veux crever ?! T'as d'jà du bol qu'on t'ait ramassé ... Et tu voudrais nous gruger ?! ....
- Hola vous allez vous entretuer dans la rue ... 
- Tss ouais c'est pas une mauvaise idée ça... Bouge pas chef, on va te le sortir et s'en occuper hein..."


L'elfe aussi plein que ses "compagnons" ne put pas résister lorsque les quatre démons le prirent et le sortirent du bar sous les yeux méfiants du patron. Ils le jettèrent sur le pavé et lui bouchèrent toute possibilité de fuite. De toute façon, vu son état d'ébriété... Et bien sûr, ils lui mirent sa pâté. Ah ça, il en a morflé. Et ça dure, des coups de pieds dans le bide, dans la tête, dans les c... Enfin partout quoi. Ce fut une loque toussotant et crachant qu'ils laissèrent sur le trottoir. 

Vell, puisqu'on l'avait appelé ainsi et que son nom lui échappait, se traina jusqu'au mur d'une maison pour s'asseoir. Ah bordel qu'il avait dégusté... Tout ça pour des conneries bien sûr, et pour tout vous dire, il avait déjà oublié la phrase -le mot ?- qui avait mis le feu aux poudres... Sûrement que les quatre démons n'allaient pas le lâcher de sitôt... Quoique, ils avaient l'air bien bourrés aussi. Pas assez pour viser comme des fillettes malheureusement. Il gémit et cracha un mélange visqueux de sang et de bave. Pff il allait encore en baver. Et c'était souvent comme ça ici. 

Ici. Elament la Sombre. Dans les bribes de souvenirs volés aux noirceurs, il voyait une ville radieuse, animée et vivante avec des gens occupés et des enfants partout. Il voyait aussi une fille, une femme ?... Elle quoi. Quand il plongeait dans ses souvenirs, il l'appelait Lia. Mais difficile d'imaginer que ces images correspondaient à cet endroit : le trottoir degueulasse, les cadavres à tout les coins, des vampires faisant leur office, des démones à chaque ruelle... Et l'air pesant, empli des cendres éternelles, qui régnait tout autant que le Roi. Nan, pas moyen, il devait s'inventer des souvenirs. Il secoua la tête et tenta de se relever. Il ne fit que se rendre ridicule en s'emmêlant les pattes. Vell jura et resta sur l'cul. Il allait peut-être coucher là finalement. Sa baraque était pas loin, à peine deux rues. C'était dans les quartiers de l'armée. Loin du Palais. Des petites maisons avec des matelas et une bassine d'eau. Il ne faisait qu'y dormir... quand il arrivait à la rejoindre... 

Le corrompu leva les yeux au ciel. Dans ses souvenirs, il était plus clair. Et le vent était moins violent. Il passa sa main sur sa joue, où un hématome commençait à apparaitre. Putain, pensa-t-il, ils m'ont pas loupé ces cons... Il aimerait bien se venger, clair ! Mais bon. Il était un corrompu ramassé devant Elament, torturé puis jeté dans l'armée puisque son élément était bien perverti, et qu'il avait lâché quelque truc. Pas grand chose vu sa mémoire défaillante. Même pas son nom. Alors ils l'avaient nommé Vell. Et il devait juste obéir aux démons plus puissants que lui et/ou plus élevés dans la hiérarchie. Lui, il était tout en bas, un peu au dessus de la roture. 

Il souffla un nuage de vapeur, qu'il emporta par un courant d'air au dessus de lui. Ah nom d'un Barzül... Heureusement qu'y'avait les succubes sinon, il aurait tenté de partir depuis belle lurette... Hum ? Des bruits de pas ?
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e'Dierebel
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MessageMar 28 Déc 2010 - 7:29

Oui, il y avait bien un bruit de pas, celui d’une marche lente et pensive. Quelqu’un qui titubait presque, qui ne savait pas où il allait. L’écho de ses godasses usées sur les pavés s’obstinaient à trouver un chemin, en perturbant le silence mortel de la Sombre. A l’angle de la ruelle, se dessina la silhouette de ce marcheur perdu. C’était une ombre, petite, menue, hésitante. C’était le souffle lourd de Ellan, qui dessinait une buée grisâtre dans la pénombre et le froid, qui avait alerté l’inconnu plongé dans ses pensées.

L’ombre s’était stoppée à quelques mètres à peine de lui. Dans l’immensité du noir et par delà tous les mystères que réservaient la cité, impossible de savoir si c’était un homme ou une femme. Emmitouflée sous une lourde cape de laine ardoise, bordée de fourrure de loup sauvage, seules les mains fines et blanches laissaient deviner une figure humanoïde. A cette heure tardive, presque à l’aube, il était rare de croiser une personne de confiance, ici, en la Sombre. D’ailleurs, y en avait-il eu un jour ? Le doute était grand. Il valait mieux se méfier. Visiblement saoul, l’élémentaliste noir s’offrait comme une proie facile. N’importe quel démon se serait régalé de cette rencontre inattendue.

Mais voilà, sous la capeline aussi impénétrable que la nuit, il n’y avait personne d’autre que Dierebel. Elle était l’une des rares encore présente à avoir connu la cité à son apogée lorsqu’Elament évoquait le refuge merveilleux des élémentalistes en herbe. Elle-même avait participé à la floraison de ce lieu, jadis professeur Terra, elle avait enseigné son savoir aux plus jeunes talents pour en faire des magiciens et combattants dignes de la cité. Pourtant, le Destin en avait décidé autrement.


Aujourd’hui, elle rôdait aux côtés des démons. Elle acquiesçait leurs décisions, se soumettait à leurs ordres et souriait même à leurs victoires. Mais aujourd’hui, plus que tout autre jour, elle réalisait. Six mois qu’elle ignorait la souffrance, à ne pas répondre aux appels au secours lancés par son subconscient. Six mois interminables pour faire ressortir de sa mémoire les images du passé, d’Elament la Victorieuse.
Le goût du regret était si amer, si fort, qu’il annihilait la peur. Après tout, peu lui importait la mort, elle avait eu l’ivresse de cette vie là.

Elle soupira en contemplant Ellan ainsi avachi sur le sol, l’œil encore hagard des vapeurs de l’alcool. La cité était tombée aussi bas qu’eux. Ils servaient à genoux ceux qui leur avaient tout pris, dans l’humiliation et la résignation. La défaite n’était finalement pas le prix fort, leur profonde doléance pour leurs actes manqués l’était.
Qu’avaient-ils fait pour perdre de la sorte la cité ? Où avaient-ils échoué ? Quelle était la faille qu’ils n’avaient pas vue à temps ? Par-dessus tout, quelle était l’erreur qu’ils avaient commise ?
Dierebel s’avança, le son feutré de ses pas sur les pavés souillés de sang et de honte comme simple discours. Elle marcha vers lui dans un mutisme mystérieux et inquiétant comme le monde qui les entourait désormais. Elle jaugea la porte de la taverne par laquelle s’échappait un mince filet de lumière et l’écho des rires et des cris en sourdine. Dierebel devina avec désapprobation les mésaventures d’Ellan. Elle se posta devant lui.

Elle n’était pas très grande. A la lueur de la Lune, il pouvait dès lors apercevoir (plus ou moins) son visage. Son nez en trompette, ses fossettes nacrées, sa bouche en cœur, ses yeux d’acier cernés par une langueur infinie. Non Dierebel n’avait pas grand-chose d’effrayant finalement.

Elle s’accroupit vers lui et lui tendit la main. En joignant le geste à la parole, elle lui offrit le son de sa voix, doux et grave à la fois, un peu rauque, comme quelqu’un de mal éveillé.


« Hey, viens, je vais t’aider ! Où habites-tu ? »


Ce geste là n’existait plus depuis la Sombre, mais la fée n’avait rien à perdre. Surtout au sentir des vapeurs d’alcool que Ellan dégageait. Au pire, elle se ferait envoyer au Diable.


Si elle n’y était pas déjà.

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e'Dierebel
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Ellän d'Ulwyn
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MessageJeu 30 Déc 2010 - 14:49

Thème Musical : Find your way

... il devait être bien plus soûl qu'il ne le pensait, ou alors ses camarades avaient foutu des champignons hallucinogènes dans son verre. Ouais parce que vous comprenez, là il se trouve qu'un foutu canon s'est planté devant lui, a tendu sa main et lui demande où qu'il habitait. De une, une aussi belle poupée - nan mais franchement, c'tait possible d'être aussi bien foutue ?! - ne se promène pas la nuit seule... à moins d'être une vampirette. Mais pas de crocs à l'horizon. De deux, une aussi fantasmatique créature - ah, il a une imagination sans borne cet elfe, surtout quand il a bu - ne s'arrête pas pour aider un poivrot qui cuve tranquille sur le trottoir. Alors soit il rêvait, soit il fantasmait, soit il avait complètement perdu la tête. Merde, on était bien dans Elament la Sombre nan ? La Cité des démons, des sadiques, des cruels, des dégénérés, des abrutis mais des victorieux. Ceux qui traitaient les esclaves - et les traîtres comme lui - moins bien que leur animal de compagnie ?! ...

Il devait avoir l'air bien cruche tiens, à la fixer de ses yeux globuleux, la bouche un peu ouverte - le filet de bave, on vous en parle même pas - et à essayer - ouais parce que c'était raté - de prendre un air, sinon perplexe, du moins interrogateur. Et comme je le disais, c'était tout sauf une réussite. Il avait juste l'air con. Et puis, il n'avait pas vraiment l'air d'un démon, avec ses oreilles pointues et ses yeux verts - certes, foncés -, il ressemblait bien à ce qu'il était : un banal sylvain. Faut dire, il était pas devenu un traître par choix, ni même par dépit. Nan, pas vraiment... Juste que de toute façon, il n'avait presque plus de souvenirs d'avant son arrivée ici et que son Air était des plus corrompu. Son passage dans un portail de ténèbres n'était pas étranger à ces particularités, et la torture avait fini de lui retirer toute envie de chercher dans sa mémoire où était le Bien et où était le Mal. Il voulait juste survivre et les démons lui en offraient la possibilité, avec moult plaisirs associés et quelques intérêts. Elle est pas belle la vie ?

Dans un geste à la fois brusque et hésitant, un geste tremblant mais bizarrement assuré, bref un mouvement d'alcoolique, Vell se saisit de l'avant bras de la petite poupée penchée sur lui. Brutal - pas besoin de boisson pour ça par contre... - il l'attira sur lui, et ses yeux globuleux finirent par caresser la poitrine de la demoiselle avant de remonter sur ses lèvres pulpeuses. Punaise, elle avait de beaux atouts cette puce... Ouais, il l'aurait bien prise comme ça dans la rue... Mais apparemment, son cerveau avait décidé que non, non vraiment, son corps n'aurait pas sa dose de sexe ce soir. Foutu cerveau de merde ouais. Du coup, son bras sembla tomber comme s'il était en vérité rempli de paille. Il ne le sentit pendant quelques secondes puis, des picotements douloureux montèrent de ses doigts jusqu'à l'épaule. Il gémit et laissa son crâne s'appuyer contre le mur sale derrière lui, les yeux clos. Il déglutit pour humidifier sa boucher sèche et pouvoir parler.


" Damned ... je dois délirer ... une si jolie chose veut me ramener dans mon trou... "
Il grogna et prit appui contre le mur avec son bras, dans une tentative de se relever et de... se montrer plus viril qu'il n'en avait actuellement l'air. Non mais oh. " Erf... " Peine perdue, il retomba sur les fesses, pantois. Il avait tellement bu ou c'était les coups à ses jambes qui l'avaient mis dans cet état ? ... Il soupira et, vexé dans son amour propre, fuit les yeux de la donzelle... " Tss t'as pas à avoir pitié ... "

Un mince sourire se dessina sur son visage fin. Ce n'était pas une démone. Un démon, un vrai, ça n'aidait pas les gens comme lui, la raclure de l'armée. C'était donc une traître ? Bof, la migraine qui le prit lui arracha l'envie de fouiller cette idée. En fait, il aurait bien fouillé autre chose, si vous voyez ce que j'insinue. Hem. Ouais, tout en délicatesse Vell. Elle allait sans doute partir. Le laisser là, et en fait, il préférait presque. Il se ridiculiserait moins. En plus, il avait fichtrement mal aux côtes et aux jambes. Ces salauds lui avaient cassé quelque chose, à tout les coups. Et la douleur, vous savez, ça va, ça vient. Et là, une décharge lui traversa l'échine. Il avait inspiré trop fort sûrement, et sa face se tordit dans une mimique de douleur. Il tourna la tête et serra les dents, pas franchement désireux d'offrir un spectacle encore plus ridicule.



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e'Dierebel
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MessageLun 3 Jan 2011 - 9:00

Dierebel vacilla et manqua de s’écraser sur Ellan lorsqu’il lui agrippa la main. Il retombât mollement sur le sol, dans un bruit de tissu froissé. La fée fronça les sourcils. Il empestait. Et son regard sans délicatesse sur son décolté n’était pas bon signe. Il n’était visiblement plus maître de lui-même. Il l’envoya bouler, gentiment, implorant sa dignité comme il pouvait.

Mais elle ne pouvait pas le laisser là, comme ça. Elle se redressa et frotta ses genoux désormais tâché de poussière, l’air contrarié. Les démons avaient pris jusqu’à leur instinct de survie. Les élémentalistes étaient prêts à mourir à chaque instant, après tout, à quoi bon vivre dans une cité de déchéance quand on avait connu la beauté de son silence. Elle fit grincer ses dents, nerveusement. Une idée la frôla. Elle regarda rapidement autour d’eux et enleva son capuchon.


« Je n’ai pas pitié de toi, j’ai pitié pour ces raclures de démons à cause de qui… » Répondit-elle en laissant sa phrase en suspens.


Son regard se promena sur lui, comme poursuivant sa phrase à la place de sa bouche. Voilà ce qu’ils avaient fait d’eux. Des mendiants quémandant pour leurs vies, leur survie. Aussi belles soient-elles.

Elle retira de son cou un collier. C’était un long morceau de tissu parme qui emprisonnait un médaillon en forme de cristal. Il n’avait l’air que d’une breloque, un bijou fantaisie sans valeur. Et tandis que Vell grimaçait en se tenant les côtes, elle lui glissa autour du cou, sans le lâcher. Elle ferma les yeux. Ses doigts se crispèrent sur le caillou de verre.

Le médaillon se mit à scintiller d’une lumière absente et bleutée. Ellan, élémentaliste noir au désespoir, allait ressentir la douleur un peu plus fort, elle le savait. Mais c’était pour la bonne cause. La lumière de la petite pierre translucide semblait s’insinuer dans le corps de celui qui la portait. Chaud, froid, saisissant, inconnue sensation. Il caressait les endroits endoloris, pinçant, craquelant les os fêlés, plus fort, encore un peu plus fort. Dierebel posa avec vivacité et force sa paume sur la bouche de Vell, pour l’empêcher de crier, et, en ouvrant les yeux, elle l’empêchait avec force de se débattre de l’autre main. Le médaillon restait dans les airs, dans son halo de lumière. C’était douloureux, n’est-ce pas ?

Ellan devait avoir l’impression qu’un petit être, un rat, pourquoi pas, fouillait ses entrailles à la recherches des plaies. Il les touchait, les retournait, les jaugeait, alors que le médaillon brillait de plus en plus fort à son cou. La fée avait une sacrée poigne. En fait, elle profitait qu’il soit immobilisé par la douleur et l’ivresse pour lui empêcher tout mouvement.

Elle admirait dans son regard la douleur, les larmes qui montaient. C’était une sadique, pour sûr. Elle savait y faire pour le dissuader de bouger, ses yeux gris plantés dans les siens.


La douleur fit alors place à une fraîcheur étrange. Après quelques secondes, il pourrait sentir les soubresauts de son cœur se calmer, ses muscles se détendre, comme quelqu’un prêt à s’endormir. Les vapeurs d’alcool devaient le faire tourner, elle en avait conscience, alors elle retira sa main du visage de sa rencontre nocturne pour lui appuyer sur la nuque et le faire se pencher de l’autre côté d’elle. Sa main était tiède, sans aucune brusquerie. S’il devait vomir, le caniveau était là. Elle tenait encore un peu à sa cape en laine. La douleur s’en allait, bizarrement, nettement. Le médaillon retomba sur la poitrine de Vell, sans lumières ni bruit. Elle lui retira du cou et lui fit rejoindre les quelques dizaines de grigris qui pendaient à son cou. Elle s’écarta de lui. Il avait du dégriser un peu, pas trop, le médaillon n’était pas là pour ça visiblement. Mais cette côte qui lui imposait une douleur sournoise sur le flanc gauche, paraissait avoir repris ses droits, alignées en parfaite harmonie avec les autres.


« Ne joue pas avec eux, car pour eux, c’est bien plus qu’un jeu. Nous ne seront pas toujours là pour nous entraider, pour récupérer les morceaux de chacun dans les rues. Ils nous tuent à petit feu, ils veulent notre âme maintenant qu’ils ont la cité. Ne les fréquente pas comme si de rien était. Car eux, ils savent parfaitement ce qu’ils veulent faire de nous. N’implore pas pour ta dignité, prend-la et garde-la. C’est ta seule arme ici. »


Elle soupira en repositionnant son capuchon sur ses mèches brunes, dissimulant à nouveau son visage à la nuit. Elle se releva dans un sursaut en entendant une chope se briser contre la porte de la taverne. Un rire gras résonna dans la rue. Le dégoût lui fit frissonner l’échine.


« Alors tu viens ou pas ? » Lui lança-t-elle en se dirigeant vers le bout de la ruelle. « Je ne reste pas une seconde de plus ici pour ma part. »


Elle posa son regard sur l’ancienne tour Tylos, au loin, qui perçait le ciel. Elle savait où elle voulait aller, elle l’avait aidé, elle ne pouvait pas faire plus que de le mettre à l’abri avant de retourner à sa promenade nocturne. Il ne valait mieux pas s’attacher, et à quoi bon connaître son nom ? Ils seraient peut-être morts demain.

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MessageMar 4 Jan 2011 - 13:27

Ces raclures de démons qui... Pff et si lui, c'était plus proche d'un démon que d'un élémentaliste, hein ?! ... Hey oh là, qu'est-ce-qu'elle fout la donzelle ... Non... t'approche pas... Deux centimètres de plus et je te bouffe hein... ça, c'est ce qu'il aurait aimé dire, ou au moins essayé. Mais l'alcool - ouais non, parce qu'il a PAS été surpris, vous entendez ? - l'empêcha de réagir. Il sentit qu'elle passait un foutu ... collier de son cou. Sympa le bijou de famille... Avec une petite pensée goguenarde, il pensa que ça lui faisait en trois sur lui, et de toute façon, on disait bien "jamais deux, sans trois", nan ? Chouette alors... Hem, si je m'égare dans les pensées perverses de Vell, on est pas sorti de l'auberge (... ou d'ailleurs.... ). Hem je disais donc... c'est quoi ce bordel ? ... Mais c'est une manie chez cette fille de pas prévenir quand il se passe quelque chose d'important ? Genre " hey mais accroche toi à tes viscères, ça va te tuer " ? Nan ? Sur le coup, il lui aurait bien tordu le cou.

Mais... la "douleur" l'en empêcha. Si on pouvait encore appeler cela "douleur". Vell n'était pas en sucre : il avait été torturé quelques semaines tout au plus, mais sauvagement par des démons. Alors niveau souffrance, il savait de quoi il parlait. Mais ça... pinaize, jamais il n'avait... Enfin, il avait entendu dire que certains démons usaient de leur magie pour pénétrer dans le corps des prisonniers, et les exploraient de l'intérieur, causant des souffrances difficilement imaginables.... C'était un bruit qui courrait, et qui effrayait suffisamment pour se tenir à carreau. Ben là.... la première pensée sensée qui lui vint fut que ça devait ressemblait à ce qu'il ressentait. Et sans la main sur sa bouche, il aurait hurlé à mort. Sans l'autre main pour le tenir, il se serait roulé par terre, agonisant sur le pavé. Il sentait les larmes monter, irrésistiblement... et toujours le regard à la limite de la jouissance de cette foutue gamine.... En fait... si ça se trouve, c'était bien une succube... Comment un élémentaliste pourrait détenir pareil objet en Elament la Sombre ? Mais ces pensées ne lui vinrent qu'après la douleur. Après ses geignements plaintifs, hurlements étouffés, après le crissement de ses ongles sur la roche, ses soubresauts et contorsions douloureux et incontrôlables...

... puis, il y eut un moment où cela cessa. Oh, il se souvenait que le temps semblait s'étirer sous la douleur. Alors il ne saurait dire si ça avait duré quelques secondes, minutes ou heures. Juste que c'était fini. Et sa tête tournait, sous les relents d'une souffrance en train de s'évanouir. La sale ... - la décence m'empêche de recopier ses pensées - ... lui appuya sur la nuque pour qu'il se baisse sur le côté, et qu'il ne lui vomisse pas dessus. Dommage, il lui aurait bien dégobillait à la gueule en fait. Mais de fait, il dut se contenter du caniveau pour régurgiter une bile âpre et acide. Il soufflait fort et sa respiration devrait provoquer une douleur à son flanc lui semblait-il... mais rien. La surprise lui arracha un hoquet alors qu'elle lui reprit le collier. Et elle s'écarta enfin. Vell bougea un peu, pratiquement sur les genoux. Il pensait que son flanc lui ferait encore plus mal ou bien qu'il sentirait les séquelles de ce qu'il venait de subir... mais rien. Frais comme un gardon, ou presque. Que venait-il de se passer encore, dans ce monde fou ?! Un peu dans le gaz, il écouta vaguement ses remontrances, et ne laissa rien paraître sur ses traits encore sous le choc de la douleur. Pourtant, intérieurement, il se fendait bien la poire. De ses belles paroles... ah... qu'il en avait entendu... Même lui, il y avait cru. Jusqu'à ce que la réalité crue le rappelle à l'ordre. Et depuis, il ne se considérait plus vraiment comme un élémentaliste. C'étaient les démons qui profitaient le mieux de la vie, lui semblait-il.

Il se releva, encore titubant, mais c'était mieux. L'alcool, il pouvait marcher avec elle dans le sang. Il hésita. La suivre ? Pour quoi faire ? Elle n'avait aucun intérêt pour lui... elle était même assez effrayante. Mais justement, Vell aimait le risque. Sinon, il ne passerait pas ses soirées dans des bars avec des démons soûls. Il la suivit, restant en retrait un moment. Il reprenait ses esprits. Au détour d'une ruelle, il la rattrapa et resta à côté d'elle, un air buté collé à la face, suintant la mauvaise foi.


" Ouais hein... je vais par là aussi. " Bien sûr, on y croit. " Dis, c'est bien mignon ce que tu me racontais là, mais t'sais..." un mince sourire naquit à ses lèvres, il se fichait bien qu'elle soit une traître à n'importe quel camp ou bien une esclave au fond, même si son discours laissait plutôt entrevoir la dernière possibilité. Elle devait le prendre pour un esclave, à tout les coups... " ... c'pas à moi que tu devrais dire ça. " Il passa sa langue sur ses lèvres sèches, geste provoquant s'il en était. " J'suis d'leur armée, jolie coeur. "

Il laissa sa déclaration faire son effet, qu'importe lequel en fait. C'était drôle de toute façon. Enfin, il pensait que ça serait drôle. Petite raclure démoniaque naïve à souhait. Tu crois que l'espoir est mort avec ton âme... Sans doute, tu as tort. Mais jamais tu ne l'accepteras.. jamais tu ne laisseras Ellän revenir pas vrai ? Puis, tu t'en fiches où tu vas, où qu'elle va... Tant que t'avances hein... Ou alors, tu t'en moques aussi, remarque. Juste qu'en jetant un coup d'oeil, tu vois qu'on approche de cette Tour là. Fierté des Aera comme lui autrefois. Vestige d'un temps oublié, comme toute la Cité. Que reste-t-il de cette fierté, sinon les paroles suintantes de cette femme à côté de lui ?

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MessageMer 5 Jan 2011 - 21:05

Dierebel pivota sur elle-même. Sous son capuchon, un large sourire fendait son visage. Non, pas de dents pointues, Ellan avait bien vu. Mais dans son regard, tout le mépris du monde s’était concentré. Elle se mit à rire en le regardant. Doucement, comme un ricanement léger, comme un sursaut qu’on étouffe. Mais qu’est-ce qu’il lui racontait ? Bien sûr qu’il était de leur armée. Elle aussi. Qui ne l’était pas était exécuté sur le champ. Encore heureux qu’il marche à leurs côtés. Il s’en vantait ? C’était donc que la fée n’avait pas fait son petit discours gorgé d’espoirs dans le vide. Cela voulait dire qu’il cherchait aussi à survivre. Il essayait de nier ? C’était drôle. Avait-il peur d’elle ou voulait-il l’effrayer en lui faisant penser qu’il était un démon ? Avant d’être jolie, Dierebel était maligne comme un singe. On ne la lui faisait pas à elle.

Elle lui brandit sa main au visage. Faisait-elle un doigt d’honneur, là, dans le noir ? Oh, elle n’était pas comme lui, ivre, vulgaire et de mauvaise foi. Non ! Elle brandissait son pouce, orné d’une lourde bague. Elle était un peu trop grosse pour son doigt, d’ailleurs, un autre anneau d’argent fin la retenait de glisser hors de sa poigne. Et sur le petit écusson qui captait la lumière traîtresse de la Lune, il y avait celui d’une grande démone. Sappho la Faux. Connue et reconnue en cette cité pour son talent tout particulier à la torture et pour sa haine des élémentalistes. Il trônait sur son doigt comme une menace, un avertissement à l’égard de « Vell ». Etait-elle Sappho ? S’il l’avait déjà rencontré, il aurait su que non, ce n’était pas elle : trop pulpeuse, les cheveux longs, des dents trop sage, le teint trop hâlé. Mais s’il ne l’avait jamais vue, il aurait sûrement eu un doute. On parlait d’elle comme d’une petite brune, menue, folle, sans gêne, des sucreries tout le temps plein la bouche comme une enfant capricieuse.

Elle aussi était de leur armée, « joli cœur ». Ce n’est pourtant pas parce qu’on est dans une équipe qu’on s’entend avec ses coéquipiers.


« Ah oui ? Ca doit-être pour ça qu’ils te laissaient crever dehors, une cote en morceaux, dans le froid. » rétorqua-t-elle.


Elle glissa sa main sous sa cape et entreprit de continuer sa route.


« Et quand je te parlais de dignité, essuie donc ce reste de bave au coin de tes lèvres. Ca ne fait pas trop « copain des démons », mon chou. »


Elle émit un gloussement avant de reprendre son chemin. Visiblement, il la suivait. En fait, elle n’avait aucune idée de ce qu’il faisait. La pistait-elle ? Ou était-il trop ivre pour envisager de trouver sa propre route ? Peu lui importait. Après quelques minutes de marche dans le silence elle pivota à l’opposé de la Tour des Vents. Son regard se promena en l’air, faisant pointer le bout de son nez hors de son couvre-chef. C’était là, elle marcha un peu plus vite, pressée par un rendez-vous inconnu avec l’horizon. Elle cherchait quelque chose, décryptant les bâtiments qui les entouraient avec avidité.


La cité était méconnaissable. Les murs s’étaient fissurés, ça sentait le rance en plein air, tout était noir, sale, abimé. Pas une âme qui vive dans les grandes artères de la ville, les démons se planquaient dans les petits recoins, comme soumis à une mission : celle de s’effrayer entre eux, de se faire plus méchants et vicieux qu’ils ne l’étaient. Impressionner, gravir dans les échelons, devenir le maître des Clefs d’Elament étaient devenu leur nouvelle lubie.

Elle se stoppa net devant une grande maison. Il y avait quatre étages. Sur le contour des fenêtres, des traces de suies. Le feu avait rongé toute trace de vie. C’était vide et la poussière, fille des cendres, flottait encore tout autour. Dierebel baissa la tête vers le sol. Quelques secondes à peine, à la manière de quelqu’un qui priait. Elle fit un pas en direction du vieux mur de pierre tordu qui faisait office autrefois de façade. Elle caressa la pierre, lentement, flattant le souvenir d’une fière demeure que les incendies avaient effacé. A ses risques et péril, oubliant momentanément la présence d’Ellan, elle rentra par le cadre de la porte, aujourd’hui disparue. Dans la pénombre, les escaliers carbonisés se tordaient. Sous ses pieds, les restes de planches noircies crissaient. Bordel, mais qu’est-ce qu’elle fichait ? Ce truc allait s’effondrer d’une minute à l’autre. Mais elle semblait s’en moquer éperdument. Elle appuya la pointe de sa bottine vernie sur la première marche qui couina, menaçante.

D’un geste de la main elle se mit à secouer la rampe, miraculeusement debout, malgré le carnage. Elle cherchait à mourir là ou bien ? Cette fille était dingue. Sans aucun doute. Sadique et masochiste à la fois. Certainement pas le genre à fréquenter quand on titubait après quelques malheureuses lichettes de piquette servie dans les tavernes de la Sombre. N’est-ce pas.


Elle ôta sa capuche en plongeant son regard gris, empli d’une émotion étrange, dans la paume de sa main enduite de suie. Son pouce frotta son mont de Vénus, dessinant une forme curieuse. Sa bouche se pinça, semblable à un sourire, mais à l’envers. Elle leva son minois vers le sommet des escaliers et commença précautionneusement à gravir les marches unes à unes. En dépit de leurs protestations empreintes de craquèlements pour le moins effrayant.


Après trois marches, elle tordit son cou vers Ellan. Peut-être encore en train de l’observer par l’encadrement de la porte. Il pouvait, au mépris de la noirceur des lieux, distinguer des larmes naissantes au coin de ses paupières.


« S’il te plaît ? Est-ce que tu peux voler ? »


Elle n’avait pas la voix couinante, ni chevrotante. Au contraire, il n’y avait que ses iris pour trahir à quel point elle était ébranlée. Original. Qu’y avait-il ici avant ?

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MessageLun 17 Jan 2011 - 8:06

" Ah... ben... " Surpris ? Perplexe ? Inquiet ? " ... Peuh "

Un peu des trois. Il ne s'attendait pas à ça, tiens. Ce retournement de situation lorsqu'elle se retourne vers lui. Ce geste, ce pouce majestueux offert à sa vue. Pour une bague portant l'insigne. Pour une marque de clan. Comment pourrait-il seulement ne pas reconnaître ce symbole ? Cette rune qu'il ne comprenait pas, et pourtant... sans le hanter, elle pesait un peu sur lui, sur son épaule surtout. En effet, ce dessin d'arabesques croisées, de deux faux mêlées, il l'avait aussi. A la différence que cette jolie demoiselle portait fièrement le bijou et que lui était marqué à l'instar du bétail qu'on emmène à l'abattoir. Son esprit un peu brumeux lui indiqua qu'elle n'était finalement sûrement pas une esclave mais plutôt ... sinon dans les hautes sphères, du moins bien aussi de sa misérable tête. Se retrouver face à face avec un supérieur n'était jamais une bonne chose pour quelqu'un comme lui. Il devrait abréger, parodier un salut, partir aussi vite que l'alcool le lui permettrait et l'oublier avec cette soirée de merde.

Oui mais non, attendez, il a de la bave sur le menton. Une seconde hein. Comment elle parle des démons elle ?! Elle ne se mettait pas dedans... Une traîtresse ? C'était plausible. Aïe, arrête de trop réfléchir Vell, tu vas te faire du mal. Bon, elle n'avait pas l'air décider à le tuer, alors il ne courrait peut-être pas tant de risques... D'un revers de la main, il essuya la bave qui coulait effectivement de la commissure de ses lèvres. Petit geste suffisant. Et il la suivit encore, mû par on ne savait quelle folie auto destructrice. Ils étaient certes du même clan, mais s’entre-tuer n'était pas interdit. Y'avait pas grand chose de proscrit vous me direz ici.

La démone-traîtresse-je-sais-pas-quoi s'arrêta brusquement devant une bâtisse en ruine. Les maisons trop endommagées n'avaient pas pu être habitées bien sûr, alors on les laissait en l'état et parfois des démons de la roture ou des vagabonds y traînaient pour pas crever de froid... mais de temps en temps, elles servaient à d'autres choses moins reluisantes. Fiou ... la baraque était grande dites donc. Il lui semblait dans le reste de souvenirs qu'il avait de la Cité, que sa propre maison était bien plus modeste. Ce truc là, c'était limite un manoir. Enfin, c'était. Il ne restait aujourd'hui de cet imposant édifice qu'un vestige grisonnant de suie, toussant la fumée, sombrant dans la mélancolie au milieu des carnages perpétuels. Un ancêtre qui ne demandait qu'à tomber lentement dans l'oublie et l'indifférence et qui disparaissait tendrement dans les bras de la folies de la Sombre. Oublié, la gloire passée, les enfants courant dans l'entrée et le vase fracassé, l'ancien descendant l'escalier ruineux de son pas lourd et menaçant. Les garnements polis qui montent, dociles jusqu'à leur chambre tandis que, secret de polichinelle, la mère grand prépare aux petits voyous leur dessert favori, dans une cuisine chaude et étouffante.

Tout cela s'est évanoui, le souvenir même n'y est plus, reste la sensation de nostalgie au milieu de cette nuit profonde, de cette nuit folle et grotesque qui mêle l'alcool la drogue et le sang. Que reste-t-il de cette mélancolie ? Vell a l'impression, sens d'elfes obligent, que les murs calcinés, sous la couche de cendres, ont une histoire sans doute passionnante. Mais en fait, il n'en a rien à foutre. Son histoire aussi est partie en fumée. Sa maison sans doute, gît de la même manière, révélant ses secrets aux voyageurs attentifs. Peut-être suinte-t-elle de la même tristesse. Qu'en sait-il ? Il ne regrette pas ce temps, il n'en a plus le courage. Pour regretter, il faut vouloir se battre pour retrouver ce passé. Or, il n'en a strictement aucune envie. Et même l'ancêtre devant lui ne inspire rien de plus qu'un vague instinct perplexe, comme s'il était pris au milieu d'une faute qu'on allait le gronder. Comme s'il avait un choix à faire, là maintenant. Il s'avança et suivit la créature de mystère dans l'encadrement de la porte, découvrant un intérieur aussi cendré que les murs. Aussi fatigué et désespérant. Tenez, si une maison voulait se suicider, elle serait sûrement comme cela.

Il balayait le hall du regard, tandis que la divine créature drapée de sa cape et de sa fierté commençait, hésitante, à emprunter les marches grinçantes. Il trouva l'idée dangereuse, saugrenue, ridicule et grotesque. Il adhéra immédiatement. Il s'approcha. De près, c'était encore moins encourageant : le bois pourrissait ou était déjà attaqué par le feu. Suicidaire aussi, de s'aventurer sur ce fil de bois. Le sortant de ses pensées du comment faire supporter son poids à l'escalier, elle l’interpella. Une minute... On était toujours en Elament la Sombre ? Ouais alors il avait dû rêver. "S'il-te-plait". Ahahah. Il entendait de drôles de choses parfois, ce Vell. Tss.


" Euh... plus vraiment nan.... " Il lui jeta un coup d'oeil et avisa la larme qui coulait. Perplexe, décidément. " ... Hey mais... tu chiales ? " Il haussa un sourcil. Elle commençait à s'imposer comme la plus grande énigme de sa vie là, chapeau bas. " Mais t'es qui, bon sang ?! "

Ouais, quand il en a ras le bol, il va pas passer par quatre chemins. Il commence juste à avoir mal au crâne. Il essaie, un peu désespérément, d'alléger son poids on utilisant son air, en faisant passer sous ses pieds des filaments de vent ténébreux qui le soulevaient quelque peu à chaque pas. Ainsi, il réussit, avec une grimace mi satisfaite, mi concentrée - qui lui donnait un air sans doute grotesque - à gravir les marches grinçantes et protestantes. Fermez la, les marches, je monte.

" Tss qu'est-ce-qu'il faut pas faire pour de si jolies yeux. "

Charmeur ?! Nan, jamais. Si, un peu. A la mode des incubes quoi. Un peu embarrassé par sa larme, il tourna son regard vers le haut de l'escalier. Quand une fille pleure, ça retombe toujours sur la pomme du gars. Bonjour l'égalité des sexes. Il grimpa encore et, nonchalamment, un coup de vent léger et discret, ténébreux comme toujours, passa près du visage gracieux et lui arracha sa larme. Portée par l'air, la gouttelette voltigea avant de s'écraser avec un bruit mat sur le bois des planches. Vell arriva en haut, sur le pallier, en ayant bien cru que son pied allait traverser les lattes et l'entraîner sous le bâtiment. Pourquoi donc prenait-il ce foutu risque grotesque déjà ? Pour ces beaux yeux ? Ouais allez, pour ces beaux yeux. Il poussa un soupir rassuré une fois sur un sol plus stable et balaya le couloir du regard.

" Pfiouuu... me dis pas qu't'habitais ici avant ? "

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MessageLun 17 Jan 2011 - 23:10

Les beaux yeux en question avaient fini par trouver refuge sur le dernier palier de l’immense bâtisse autrefois dévorée par les flammes. Elle avait essayé de cacher son trouble, mais avec une grande délicatesse, Ellan lui avait fait remarqué à quel point elle avait manqué de discrétion. Si elle « chialait » ? Non, elle souffrait le martyr de par le nœud qui serrait sa gorge de plus en plus fort à la vue de ce spectacle macabre. Les souvenirs s’écrivaient dans sa mémoire à mesure qu’elle montait les étages, comme un couteau allant fouiller dans ses tempes puis allant remuer ses tripes avec délectation. Dierebel ignorait à quel point l’amnésie était douloureuse lorsqu’elle s’effaçait. Les images de son passé étaient de violents flashs de lumières, de cris, d’odeurs qui lui explosaient au visage et tétanisaient ses muscles.

Elle laissa les filaments noirs se dissiper et susurra un merci imperceptible en touchant le sol grinçant. Elle ne répondit pas à Vell tout de suite et se pencha pour ramasser une clé sous le paillasson usé de la dernière porte. Accroupie, elle la frotta entre ses doigts, absorbée par la lueur frémissante de l’or dans la pénombre. Elle se redressa et enfila la pointe de son bijou dans la serrure qui, dans un bruit sourd, céda sans résistance. La porte grinça en s’ouvrant. La poussière fit éternuer Dierebel qui frotta son visage nerveusement. Elle jeta un coup d’œil à son compagnon de fortune pour l’inviter à entrer. Elle fit un pas vers la pièce, plongée dans le noir. Des piles de tout et n’importe quoi apparaissaient à mesure que leurs yeux s’habituaient au manque de lumière. Ca sentait le brûlé, l’encens et l’alcool. Le parquet craquait dangereusement sous chacun de leurs pas, mais sans céder.


Dans le noir, la fée s’activa. Elle cherchait quelque chose dans ce qui semblait être un bureau. Elle renversa des cahiers au sol, une fiole se brisa, le vent souffla à travers les carreaux brisés. Elle soupira en serrant contre elle ce qui ressemblait à un petit cahier, qui protégé par le tiroir bien fermé, paraissait intact, dans le noir, entre ses doigts. Elle le glissa sous sa cape et entreprit de fouiller les lieux en retournant à peu près tout ce qui se trouvait sur son passage. Elle s’arrêta net en contemplant la silhouette de Vell qui se dessinait malgré lui dans un rayon de la lune. Elle planqua un sourire sous sa capuche. Peut-être ne s’en rendait-il pas compte, mais avec les vapeurs de l’alcool, il titubait, même lorsqu’il se croyait immobile. Elle se releva et lui prit la main, sans articuler un mot, et elle le guida vers une fenêtre, placée au-dessus d’un lavabo. Elle l’escalada et lui tira fermement le poignet pour l’obliger à le suivre. Elle grimpa sur le toit, il manquait des tuiles.


Elle enleva sa cape et la balança sur le rebord de la fenêtre. Aussitôt, deux longues ailes ambrées aux pointes noires, aussi fines que des feuilles de papiers, presque transparente, se déployèrent dans son dos. Elles étaient longues, et l’astre lunaire perçait leur finesse laissant deviner de petits vaisseaux. Dierebel avait un secret pour garder l’équilibre. Elle escalada le toit jusqu’au sommet en tenant fermement la main de l’ivrogne, il l’avait aidé, elle n’avait pas l’intention de le tuer.


« Fais-moi confiance, tu vas voir. »


Une fois hissée en haut, il y avait comme un rebord pour d’asseoir, une plateforme qui surélevait le toit. Elle fit s’asseoir Vell et se posa à côté de lui à son tour. Elle observa une minute de silence en regardant le panorama de la cité. La Sombre.
Plus Elament revenait à son esprit, plus elle se rendait compte à quel point la cité avait changé. C’était étrange… Cette sensation qui émanait, de là-haut. La brise portait jusqu’à eux l’odeur des démons. Cette odeur intime de moisissure, de sang séché et de folie. La ville était éteinte, la lune peinait à percer le nuage de poussière et de noirceur que les tours de l’école revêtissaient depuis quelques mois. La forêt Darke au loin était dévastée. Les reflets du Lac Yuta se faisaient timides…


« Avant c’était si beau… Je venais tous les soirs ici. »


Sa voix avait percé le silence. Elle lâcha enfin sa main, le jugeant apte à se tenir assis tranquillement. Ses ailes s’étaient plaquées dans son dos. Des ailes de quoi ? Ange ? Mais sans plumes… Ange déchu ? Fée ?


« Je m’appelle Dierebel. »

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MessageMer 19 Jan 2011 - 8:13

Et ce dépotoir là, c'était quoi ? Un foutu bordel sans nom, dans une pièce de ce manoir décrépi, lui arracha un air dégoûté. Tandis que la belle farfouillait dans ce micmac avec élégance et évidence. Comme si ça lui appartenait. Qui sait ? Pff il allait s'en retourner vous voyez, il en avait déjà ras le bol de son manège, la tête lui tournait de la voir s'agiter. Mais soudain, elle revint vers lui et lui saisit brusquement le poignet. L'alcool lui retirait ses maigres réflexes, dont celui de lui foutre une baffe. Il devait déjà se concentrer sur ne pas tomber en se faisant tirer par cette bougresse - aucun double sens, arrêtez d'avoir l'esprit aussi pervers nomdidiou. L'elfe se vit arriver à la fenêtre... puis sur le toit. Non mais, elle voulait le tuer ou quoi ?! Il commençait à protester un peu, tirant sur son bras pour se soustraire à son étreinte, trop imprudent pour se rendre compte que si elle la lâchait, il allait s'écraser la tête contre le pavé. Elle, elle se débrouillait. Avec ses ailes. Bon dieu, des ailes. Translucides.... Une fée ?

Et puis, "fais moi confiance", une phrase tout conne, lâchée dans les airs, sur les deux marcheurs de tuiles. Il n'a pas vraiment le choix. Alors il va lui faire confiance, juste pour le risque. Il grommelle et marmonne, courroucé, mais se laisse faire, un pas devant l'autre sur ce toit mal foutu. Pff la misère. Finalement, elle l'amena sur un rebord pour s'asseoir, se mit à côté et... silence. Ecoute. Tu entends, Vell ? Elament la Sombre dort. Elle rêve. Elle rêve d'Elament la Belle. Des rues animées de chants d'enfants, des passages des Gardiens et des Sentinelles, des bagarres de rues et des joyeusetés innocentes. Elle rêve oui, d'un temps passé. Les effluves de douceur et de bonheur semblent s'échapper de ces fenêtres mortes, des souvenirs voltigent au dessus d'eux, s'élèvent vers la lune avant de retomber, impuissants sur une Cité Sombre. Oui, elle a bien changé la Cité. Et c'était beau avant aussi. Sans doute. Vell ne s'en souvenait pas assez pour le dire. Quelques images floues étaient gravées, sans lien entre elles, dans son esprit brisé. Et il voyait une silhouette gracieuse dessus. Il ne savait pas qui était cette femme, mais elle l'oppressait lorsqu'il se replongeait dans les maigres pièces du puzzle de sa mémoire.

L'air frais et l'adrénaline avaient presque fini de le dé-soûler. Il avait encore la gorge sèche et la vue un peu trouble, mais il était presque sûr de ne plus tituber... oui mais, mon petit Vell, si t'essaies de sauter du rebord, tu te casseras les pattes. Alors on ne bouge pas. L'idée saugrenue lui était venue un instant. Avant de disparaître aussi vite. Très mauvaise idée. Alors il resta immobile, regardant d'un oeil vitreux la beauté qu'elle regrettait. Pff pour un elfe sylvain, il n'en avait strictement rien à foutre de la beauté ou de la beauté de la nature. Mais alors vraiment rien. Il préférait cette ville de fou, cette ville de démons. C'était plus à son goût, cette liberté, cette folie qui régnait en maître ici. Il aimait bien ça, Elament la Sombre. Certes, il vivait au crochet des caprices des démons plus puissants, mais hey... au moins, il n'était pas leur ennemi.

Dierebel... En voilà, un nom étrange, aux sonorités douces sur sa langue. Un beau nom, sans doute. Le sien ... ah mais était-il bête ? Cela faisait un certain temps qu'il avait oublié son nom. Vell, c'était le sobriquet que les démons lui avaient donné. Il ne s'en plaignait, de toute façon, il n'en avait rien à faire.


" Pff... Vell, pas enchanté. "

Il darda son regard sur elle. Son profil. Dieux, qu'elle était belle ! Sa silhouette élancée se découpait dans la lueur nocturne. Ses ailes abaissées dans son dos, à peine visibles. Son visage... Il n'y pouvait rien, ce sacré corrompu aimait les belles femmes, les plaisirs charnels, il pouvait bien en profiter au moins, ici. Son regard était sans doute bien pervers, ses yeux verts sombres luisaient, comme des lianes luisantes et dérangeantes. Il détourna les yeux. Il n'avait pas oublié la bague et ce que cela pouvait vouloir dire. Qu'elle était au dessus de lui, qu'elle avait droit de vie ou de mort sur lui. C'était le genre de disposition qu'il était prêt à subir pour la liberté relative ici bas.

" Ouais hein... J'aime bien la Cité comme ça, moi. "

Les toits brisés, la fumée de feux de joie s'élevant, étouffante, vers un ciel obscure. Les rues à peine éclairées, dans lesquelles errent quelques résidus de soirées arrosées, quelques roture sans toits, quelques esclaves en quête de liberté, morts le lendemain matin. Il aimait vraiment ça ? ... Non, ce n'était pas la pure vérité. En fait, il n'avait rien avec quoi comparer cette Cité. Des bribes embrumées, ça ne faisait pas la comparaison. Mais encore une fois, il s'en fichait un peu. Dans un geste désinvolte, il ramena ses cheveux longs et noirs en arrière et les noua avec un fil qui lui restait au poignet. C'était mieux. Il leva les yeux au ciel. Ah, ça c'était bien mieux. Il aimait le ciel, de nuit ou de jour. Qu'il soit brumeux, clair ou pluvieux, il l'appréciait. Même, un sourire apaisé naquit sur son visage, chose rare. Finalement, on était plutôt bien ici.

" Hey tu sais quoi ? " Oui oui, il tutoie direct lui, il se voit mal la vouvoyer après l'avoir insultée. Doucement, il tira sur sa chemise et mit à nu la peau diaphane de son épaule. Sur laquelle la marque de Sappho trônait aussi. Un sourire un peu effrayant, carnassier, prit place. " On est du même clan, pas croyable hein ? "

Incroyable ouais.

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MessageMer 19 Jan 2011 - 21:37

Dierebel ne répondit rien. Vell le provoquait. Voilà un drôle de nom d’ailleurs ! Ce n’était pas très joli, ça sifflait entre les dents, comme une insulte ou une menace. Il le portait bien. Il était négatif, indifférent, versatile et orgueilleux. En bref, même si la fée se contentait de sa compagnie, il était insupportable. Pourtant, plus les minutes passaient, plus il semblait trouver son compte dans le spectacle qui s’offrait à ses yeux. La tête renversée en arrière, il dévorait le plafond céleste avec ses yeux couleur pin grands ouverts. Elle souri en l’observant silencieusement de côté, sans tourner le visage. Il faisait mine de ne pas profiter, de détester les sensibleries. Ca la faisait rire. Avec ses oreilles pointues et ses cheveux trop longs, il avait l’air d’avoir pris goût au pouvoir, de s’être conforté dans sa situation. Les démons, bon, après tout, ce n’était pas si ennuyant si on faisait semblant d’avoir leur avis… Dierebel l’admettait, la cité sous la Sombre avait certains avantages. Sa propre froideur et sa méchanceté, sa manière d’être piquante, ses répliques cinglantes, son mystère n’étaient plus considérés d’un mauvais œil. Les démons l’encourageaient même à être elle-même.

Il pouvait jouer à la fine bouche, chacun prenait son pied dans la cité. Bien que la mélancolie des beaux jours soit encore la plus forte. Mais on niait, on niait pour ne pas s’écrouler en même temps que les ruines d’Elament la glorieuse.


Citation :
‘’ Hey tu sais quoi ? " Oui oui, il tutoie direct lui, il se voit mal la vouvoyer après l'avoir insultée. Doucement, il tira sur sa chemise et mit à nu la peau diaphane de son épaule. Sur laquelle la marque de Sappho trônait aussi. Un sourire un peu effrayant, carnassier, prit place. " On est du même clan, pas croyable hein ? "


Elle regarda la marque avec intérêt, le sourcil levé. Ce sceau qu’elle avait autour du doigt était gravé dans sa peau. Est-ce que ça l’étonnait ? Non, pas vraiment. Ce qui l’effrayait le plus, c’était cet air follement excité à l’idée de lui dévoiler son épaule fièrement tatouée. Ce visage en pleine jouissance. Il aimait vraiment ce monde de chaos. C’était quoi son problème ? Il se sentait surpuissant, intouchable, très certainement. Ca l’agaça. Elle posa un doigt sur son épaule et dessina le symbole du bout de son ongle. Elle n’avait pas ça, elle. Comment cela se faisait-il ? Etait-il plus gradé qu’elle ? Sans nul doute, elle n’était pas grand-chose au bout du compte elle. La fée avait juste pour avantage sa lucidité. Quelques souvenirs en moins. Mais les morceaux de son passé lui revenaient, petit à petit. Elle les gardait sous silence, comme le plus beau des trésors. Quelques bribes de bonheur et de larmes mêlés, son visage dans le reflet d’une glace, les prénoms d’amants qui avaient réchauffé ses nuits, les confidences faites à des amis, ses prises de bec avec les siens.

Elle reposa son regard sur l’horizon, troublée.


« Une chose au moins que nous partageons. »


Une malédiction, un cauchemar qui devait prendre fin, songeait-elle intérieurement. Mais ce n’était pas le cas de Vell, il fallait être perspicace. Il s’amusait. La destruction était un jeu pour lui. Cela devait cacher autre chose, mais la créature aux ailes de verre ignorait de quoi il pouvait s’agir. Beaucoup avaient perdu espoir, mais de là à trouver le bonheur dans ce carnage. C’était le premier à sembler sincère de se conforter dans une telle situation. Elle respectait sa décision sans la comprendre.
Un soupir lui échappa.


« Pourquoi elle t’a choisie ? »


Curieuse de savoir pourquoi cet elfe, aussi inoffensif et fou qu’il paraissait avait choisi son camp. Elle émit un petit claquement de dents en reposant les yeux sur lui. Elle voulait connaître son sort, avoir une explication, connaître son histoire. Pour se rassurer, pour relativiser avec la sienne. Elle souhaitait des aveux, des secrets, même si elle s’attendait bien à ne pas en avoir pour son argent. Elle se retint de le bousculer, de lui poser les mille questions qui lui venait à l’esprit, de le faire fuir.

Le vent souffla, faisant craquer la charpente et soulevant dans les airs son odeur de souffre habituelle… Elle attendait une réponse, elle aimerait une réponse.

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MessageVen 21 Jan 2011 - 12:29

Thème Musical : Cursed Shinshuu Plains I


Partageons alors. Dans un monde en ruine, sur les décombres de notre temps. Partageons alors, la marque de leur désespoir. La marque de leur fin. Rions en, puisque cela semble si léger à porter. Oui, nous sommes dans le même clan. Mais l'un en a l'air plus content que l'autre. Peut-être que la donzelle le laisserait en paix et qu'il pourrait décuver et partir ... discrètement. Il se faisait des illusions, oui, et alors ?! Enfin, pas grave, de toute façon, il n'avait rien d'autre à faire. Nan, vraiment. Alors pourquoi refuserait-il de passer la soirée avec une si belle créature ? Cette Dierebel... Mystère jusqu'à son nom. Mystère qui attire et qui envoûte. Qui est-elle ? Elle n'a pas l'air d'apprécier la vue, ni même les coutumes des démons. Alors... une espionne ? Bah. Qu'en avait-il à foutre lui, vous me direz....

" Qui ? De quoi tu parles ? "

Il se tourna vivement vers elle. Elle semblait troublée par cette marque, pourtant, il n'était pas le seul à l'arborer. Beaucoup d'esclaves et de démons étaient ainsi marqués, bétail échangeable. Non pas qu'il en soit fier, mais elle lui assurait une protection relative. Les marqués de la Faux avaient une once de ténèbres incrustée dans la peau et la Général saurait si l'un d'eux mourrait prématurément. Bien sûr, sur un champs de bataille, elle ne prenait pas cette peine, mais pour ceux qui restaient dans la Cité, c'était un moyen de s'assurer qu'on ne touchait pas à ses possessions. C'était bien une enfant gâtée, cette Sappho, possessive et paranoïaque à souhait. Il regarda, surpris, l'air ailleurs de la fée - supposait-il - et eut une moue d'incompréhension à croquer. Miam.

" Personne m'a choisi. J'étais juste un prisonnier corrompu de plus, j'ai choisi de ne plus l'être, et j'm'en porte mieux, souvent. " Sourire en coin, un peu moqueur, de lui, d'eux, d'elle. " C'est ça ou mourir pour rien. "

Il savait qu'il avait été un élémentaliste. Mais il en avait si peu de souvenirs... Alors pourquoi devrait-il mourir pour leur cause, se laisser torturer par les démons... Alors qu'il n'avait plus de raisons de se battre ? L'instinct de survie, mais pas que. C'était un choix plus ou moins lucide qu'il avait fait, en connaissance de cause. Le choix entre vivre en suivant les démons ou mourir pour un passé oublié. Y'a pas photo. Il avait pas hésité longtemps. Il aimé la vie, les sensations fortes. Manger, boire, prendre son pied. Pas question d'y renoncer pour de brumeux souvenirs. Il souffla et laissa encore ses yeux se balader sur le profil avantageux de la belle. Elle l'excitait presque. Presque, parce qu'il n'avait pas déjà oublié ce qu'elle lui avait fait subir il y a une dizaine de minutes. Non mais, faudrait pas penser à la prendre pour un abruti fini, non plus.

Soudain, il leva de nouveau les yeux au ciel, mu par on ne savait quel sens. Là haut, quelque part, dans un firmament noir et parsemé d'étoile, il aperçut la légende. Dans ses yeux vert et sombre se refléta le tracé blanc et pur d'une étoile filante, étoile du bonheur et des voeux. Il la suivit du regard, jusqu'à sa disparition. C'était pas commun ça. Jamais il n'avait vu pareille chose, une étoile mouvante. Et les étincelles derrière elle étaient un spectacle sublime. Depuis quand ne s'était-il pas extasié devant pareille merveille ? Il leva son index, pointant les cieux du doigt, et laissa ses pupilles descendre sur Dierebel, un sourire étrange au visage, de défi ?


" Tu devrais faire un voeu, parait qu'ils se réalisent. "

D'où avait-il entendu ça ? Bah, parfois, des souvenirs lui revenaient et repartaient, laissant des connaissances fortuites qu'il prenait, avide. Ils venaient peut-être de sa vie d'avant. Pff, qu'importe hein... Mais à force d'indifférence, il finirait sans doute toujours seul. Et tant mieux. Vell, c'était un putain de solitaire. Et personne changerait ça. Il soupira et ramena son bras à lui, le passant sur sa tête. Il commençait à s'étonner lui-même, avec ses envolées lyriques. Faudrait sans doute qu'il boive moins. Ou plus. Allez savoir. Mais maintenant qu'il avait l'esprit plus clair et la fille à côté de lui, ça serait quand même bête de pas en apprendre davantage. Il ne savait toujours pas ce qu'elle était, traître, espionne, esclave. Tout était envisageable. Et c'était une position délicate pour lui. La bague qu'elle portait ne l'aidait, car il en avait déjà vu aux doigts de certains courtisans de la Général. Alors c'était plutôt un symbole des hautes sphères qu'autre chose... Tss elle était plus mystérieuse qu'on ne pouvait le penser...

" T'es euh... une sorte de courtisane ? " Il avait l'air pas très assuré. Si c'était pas ça ? Il loucha sur la bague et la désigna du menton. " C'te bijou là... y'a que les proches de la Faux qui en ont. Sinon, on est marqué aux ténèbres. "

Il avala sa salive. Si c'en était vraiment une, il pouvait se mettre à trembler. Elle aurait largement le droit de l'éliminer, ou pire. Ou mieux. Mais dans le doute, mieux valait imaginer le pire. Toujours.

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MessageVen 21 Jan 2011 - 16:12





Le petit être ailé s’y attendait. Vell n’avait pas répondu à sa question, pas comme elle aurait souhaité. Il fit mine de ne pas comprendre que « elle » n’était autre que Sappho la Faux, l’une des démones qui détenait une partie des anciens élémentalistes comme une poignée de cartes à jouer. Jouer, c’était le mot. Cette dernière n’était pas intéressée spécialement par la conquête et le pouvoir, pas vraiment. Ce qui l’excitait dans cette prise d’otage grandeur nature, c’était d’acquérir, d’obtenir, d’agrandir sa « collection ». Pour avoir croisé ceux qui portaient son sceau, la fée savait parfaitement que la Faux ne choisissait pas ses esclaves et ses propriétés par hasard. Elle voulait des élémentalistes divertissants. Aux pouvoirs étranges, incongrus, aux passés remplis, aux caractères bien trempés. Elle ne souhaitait pas de rebelles dans ses rangs, elle avait besoin de plus que ça. Elle se confortait probablement dans l’idée que l’étendu de ses pouvoirs était d’autant plus fort avec ses alliances ennemies. Des fées, des elfes, des ogres, des trolls, de tous horizons, de toutes formes, de tous éléments avaient rejoint ses rangs. Chacun avait quelque chose d’elle, et un petit plus. Le petit bonus sublime qui lui permettait de se défendre ou de savoir qui envoyer pour telle ou telle quête aux travers des murs de la Sombre. Si elle avait choisi Vell, c’est qu’il y avait une raison. Elle avait besoin de quelque chose en lui. La réflexion qu’elle s’accordait venait seulement de lui parvenir à l’esprit.

Citation :
" Personne m'a choisi. J'étais juste un prisonnier corrompu de plus, j'ai choisi de ne plus l'être, et j'm'en porte mieux, souvent. C'est ça ou mourir pour rien. "

Voilà, elle savait. Il avait été choisi pour son amour de la Sombre. Parce qu’il était convaincant. Il se fondait dans le décor, il s’accoutumait aux parois ténébreuses de la ville, il devenait démon. Il savait, d’un seul regard nappé de la couleur de l’espoir, détruire l’illusion encore intacte que la cité retrouverait ses glorieuses heures. Il fricotait avec eux comme avec de vieux amis. Buvait à leur table, mangeait dans leurs plats, plaidait leur cause, était fier de leurs résultats, se vantait de les aimer, à juste titre. Dans ses yeux, il n’y avait nul doute, nulle peur, nul regret. La cité était bien mieux ainsi. Dans le chaos et le froid des pouvoirs maléfique qui la détenait. La cité avait enfin les titulaires qu’elle méritait, développant à la vitesse de la lumière son aura sublime et démoniaque aux contrées alentours. Elament était un nom peu connu. Seuls les anciens la connaissaient, c’en était presque un secret pour ceux qui ne détenait pas un pouvoir. Aujourd’hui, la Sombre évoquait tout de suite la crainte, le respect, la grandeur. Et il n’avait fallu que peu de temps pour arriver à cela. Ce que n’avait jamais réussi à faire les anciens dirigeants de la Victorieuse. Faire trembler, sourire ou pleurer à la simple évocation du nom d’une cité.
La Faux voulait ça, elle avait besoin de Vell pour ça, l’utilisait à cette fin. Montrer qu’en se rangeant, en se mettant de leur côté, sans résistance ni trahisons, alors, ils auraient enfin cette gloire qu’il attendait. Le respect des autres communautés. Elle voulait que tous deviennent démons, oublient leurs pouvoirs, épée de combat de leur passé, et face place à la noirceur ensevelie en chacun d’eux.

Mais Dierebel n’avait pas besoin de ça. Elle avait toujours été l’une des élémentalistes les plus sombres. Elle avait su exploiter sa noirceur au service de ses pouvoirs. Sarcastique, cynique, sa personnalité avait toujours été ainsi faite. A contrario de ses frères de sang, elle était fée sombre. Une créature de l’ombre, de la nuit, pouvant tomber dans les tréfonds de son âme avec dignité et clairvoyance. L’alcool, la drogue, les hommes, le mensonge, les interdits était un terrain de jeu pour elle. Pourtant elle avait ses principes, ses idées, auxquels, même amnésique, elle ne savait renoncer. Têtue, n’ayant pas froid aux yeux, elle parlait sans détour, avec une franchise exacerbée. Et c’était pour ça que la Faux l’avait gardée de côté. Sa beauté était un plaisir supplémentaire sur la liste, sur lequel ses instincts de succube avaient pâli un quart de seconde. Elle était son jouet. Sa poupée. Elle lui ressemblait au fond. Fonçant, avec l’impression de ne jamais réfléchir, mais pesant avec narcissisme et intelligence chaque pas franchi chaque jour. Elle savait où elle allait, ce qu’elle attendait de demain. Et bien qu’elle avait le vague souvenir d’avoir haït sa vie dans Elament, elle aimait qui elle était dans ce cadre. Sa différence était notable, reconnue, crainte et aimée à la fois. Elle aimait à se voir ainsi. Par pur orgueil. Ici, elle n’était que la jolie fée au mauvais caractère. Et ce n’était pas assez pour elle. Car si Sappho était passée à côté de quelque chose chez Dierebel, c’était sa soif de pouvoir. Elle était quelqu’un à Elament. On l’écoutait. Et elle ne supportait plus qu’entre les ruines de la Sombre, elle ne soit considérée que comme le souffre-douleur, l’amusement d’un soir. Voilà pourquoi elle voulait la cité de nouveau sur pied, telle qu’elle fut autrefois.

Citation :
" Tu devrais faire un voeu, parait qu'ils se réalisent. "

Dierebel formulait toujours le même, inlassablement. Elle n’avait pas besoin d’une permission, ni d’une étoile griffant la nuit pour cela. Ses yeux se fermèrent sur la cicatrice lumineuse que l’astre avait laissée dans le ciel. Un demi-sourire arqué sur son visage creusa deux pommettes délicieuses sur le coin de ses joues. Ce n’était pas le genre de sourire qui racontait un rêve de jeune fille innocent et doux…
Lorsqu’elle les rouvrit, elle fixa Vell sans se départir de son air étrange. Elle était un mystère pour lui, certes, mais lui n’en était pas moins. Chaque être croisé, chaque âme rencontrée ici bas était un ennemi dont on ignorait tout. La méfiance était le seul sentiment qui ne les quittait plus. Faire confiance était un luxe, un privilège accordée avec le pouvoir des hautes sphères démoniaque. Vell accordait sans honte avoir trahi les siens pour rester en vie. « Mourir pour rien »… Peut-être était-elle folle à lier, mais mourir pour ses idéaux était pour elle la plus belle manière de s’effacer de l’existence physique. S’il ne le comprenait pas, autant qu’il connaisse le courroux de la vie qui rampait, crocs sortis et bave aux lèvres de ce monde. Qu’il subisse le sang, la haine. Qu’il supplie pour sa libération, sa mort.
Ses ailes tintèrent comme deux clochettes qui s’entrechoquaient dans son dos. Une note hautaine, sûre, qui perça le silence comme un verre qui se brise.

« Mon vœu est fait. »

Citation :
" T'es euh... une sorte de courtisane ? C'te bijou là... y'a que les proches de la Faux qui en ont. Sinon, on est marqué aux ténèbres. "

Elle leva sa main face à elle contemplant le bijou avec un sourire. Pourtant elle lui aurait craché dessus si elle pouvait. Elle joua avec un court instant, comme si elle le narguait, l’ôtant de son doigt pour le faire tourner entre ses phalanges. Elle était l’un des joujous favoris de sa majesté. Etait-ce ça être une courtisane des enfers ? Sûrement. Alors elle hocha la tête en faisant glisser la bague autour de son pouce. Elle était froide, quoiqu’il arrive. Elle pouvait avoir les mains moites de chaleur, la jeter dans le feu, l’anneau restait glacé. Autant que le regard violine de la Faux.

« Je pense que c’est ça. Je ne suis pas marquée. »

Comment lui dire que depuis son arrivée, c’était elle qui avait tiré ses conclusions ? Personne ne lui expliquait jamais rien ici. Les souvenirs qu’elle avait étaient ses seuls repères, l’énoncé de cette inéquation indomptable. Jour après jour, tandis que son maître Saisei, sa reine la Faux s’amusait visiblement de son sort et gardait le silence contre ses questions, elle retrouvait des bribes du puzzle, qu’elle assemblait petit-à-petit. Ce soir en s’endormant, elle avait vu par la fenêtre cette haute tour, perçant les nuages. Et c’est là où lui était revenu le souvenir de son foyer d’où elle pouvait la contempler chaque soir. Il lui fallait juste retrouver le chemin. Demander l’autorisation à son maître ? Il n’en saurait rien, elle s’arrangerait avec le fantôme de la maison pour qu’il garde le secret. Elle avait même un petit marché à lui proposer lorsqu’elle rentrerait. Parce que le petit carnet qu’elle avait dissimulé sous sa large ceinture de tissu était bien plus précieux et important que n’importe quelle pierre ou punition ici bas. Il était la clef qu’elle attendait. Celle que son subconscient lui avait dissimulée jusqu’à ce soir. Mais c’était terminé. Elle l’avait. Et personne n’aurait plus besoin de lui apporter des réponses, elle les aurait. Cela pouvait attendre maintenant. Au moins jusque demain matin… Le temps de savourer cette victoire.

Pas de champagne, pas d’amuses gueules pour cela. Quoique. Vell la regardait avec une excitation étrange. L’alcool y était sûrement pour quelque chose. Et puis elle n’était pas sûre de vouloir en faire son quatre heures. Car ça, Saisei le saurait rien qu’en la regardant, et par effet de cause, devinerait qu’elle n’avait pas passé la nuit dans son lit. Pire, sa jalousie était déjà telle envers la Faux qui voulait se l’approprier pour elle seule, qu’elle se doutait qu’un amant d’un soir le mette dans tous ses états. Elle s’abstiendrait. De toute manière, Vell était plutôt du genre à repousser les autres ? N’est-ce pas ? Chaque tentative de discussion était soldée par un échec ou par une réflexion désagréable.

« Elle s’amuse avec moi, rien de plus. J’appartiens depuis le départ à un autre à qui elle veut me voler. » avoua-t-elle à demi-mots.

Ses yeux restaient plantés dans ceux de Vell, guetant une réaction, pour tester ses propres limites. Savoir quand l’aveu devenait intéressant pour lui. Pour une fois encore connaître la vérité par elle-même.


« Je suis prêtée pour la distraire si tu veux, mais je suis l’esclave d’un démon soldat. Je veux rester vivre avec lui parce que… »


Ses mots se perdirent. Comment dire les choses justement sans trop en dire ?


« Parce que je suis habituée à lui. Je le connaissais de longue date. D’avant tout ça. »


Ses pupilles se glissèrent sur l’horizon. Elle rougissait ?


« C’est un bon maître. Et fréquenter la Faux à trop haute dose ne ferait plus de moi un jouet intéressant. Je suis le petit plaisir exceptionnel de sa Majesté. Sa petite folie, sa distraction des meilleurs jours. »


Cela faisait-elle quelqu’un de plus important que Vell ici bas ? A lui de voir…

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MessageSam 22 Jan 2011 - 10:39

Bordel, elle foutait les jetons. Presque autant que la sale gamine des Enfers. Presque. Son regard... Brr, son excitation retombait immédiatement. C'était pas un petit bout de femme facile, ni une succube s'offrant au premier venu ça... Elle avait un foutu caractère et surtout, des mystères qui semblaient planer autour de sa tête. En plus, elle avait un regard effrayant. Pour tout dire, sur le coup, Vell détourna les yeux, comme il le ferait avec un supérieur. C'était le genre de personne qui pouvait t'insulter d'un regard, te rabrouer avec leur iris. Lui-même en était incapable. Ses yeux verts, la couleur des vieilles feuilles d'un chêne, pouvaient parfois être incisifs, mais jamais aussi puissants. Puis tu rajoutes ses ailes et le sursaut que leur tintement avait provoqué chez lui, et vous comprenez qu'il se sente bien idiot. Avoir peur d'une femelette ? Cela ne lui ressemblait pas. Il devait se reprendre, avant de passer pour un idiot fini.

Et comment cela, "je pense que c'est ça" ?! Mais... qui était-elle à la fin ? Comment pouvait-elle ignorer ce qu'elle était ? Elle était inconsciente, pas possible... Chacun en la Sombre, se devait de connaitre son rang, de savoir qui lui était supérieur ou non. C'était ça aussi, la loi du plus fort. Or entre eux deux, il n'y avait, semblait-il, rien de tel, puisque l'une ignorait ce qu'elle était. Oh mais... il écouta avec une attention surprenante le discours et l'explication proposée. C'était donc ça. Elle était une foutue esclave. Mais qui avait eu la chance de taper dans l'oeil à la Faux. C'te veine. Un jouet, une lubie, un passe temps amusant.... Pour le coup, il comprenait la Général : Dierebel était un être à part, et ça se voyait au premier regard posé sur ses formes... Erf, je m'égare. En tout cas, personne ne la prendrait pour ce qu'elle était, la preuve, elle se baladait dans la Cité dans la nuit et n'avait guère était apostrophée par un démon empli de zèle. Elle impressionnait, tout simplement. Elle avait la carrure d'une succube, le tempérament rebelle en plus. On avait rarement ça ici. Perle rare. Fée rare.

" Le jouet préféré de Faux hein... Essaie de pas la lasser, ou tu tiendras pas longtemps. "
Il eut un petit gloussement méprisant. Pour rien au monde, il ne voudrait être à sa place. Jouet de la Faux, ça ne durait pas. Et elle était si instable, qu'elle tuait parfois, souvent, sans raison apparente... sans raison tout court en fait. Juste pour le plaisir. Et on le voyait, elle prenait vraiment son pied à le faire. " J'suis qu'un soldat tu sais. Le pion dans l'armée. "

Pourquoi avait-il rajouté ça ? Bah, allez comprendre. Il lâcha la divine créature des yeux, et regarda l'horizon. Dans toutes ces maisons, des démons. Dans le Palais, des démons si puissants ... Sous leurs pieds, encore des démons. Il n'y était jamais allé, aux Enfers, mais on disait que le gros de l'armée y était, et qu'on y formait les jeunes démons aussi. Et il y avait aussi ces vagabonds, parfois plus puissants que certains pontes voguant autour du Haut-Roi. L'Effrit... il ne l'avait jamais, et c'était tant mieux. Comme monarque, même Faux était plus proche du commun de son armée. Elle avait un corps de chair et de sang... Bon certes, et de ténèbres. Mais c'était toujours plus facile à appréhender qu'un corps de feu.... Quoique... Allez savoir. Il passa une main sur son front puis dans ses cheveux, apparemment surpris. De sa franchise. Elle connaissait un démon hein... et il l'avait pris sous son aile. Il parait que c'était plus fréquent qu'on ne le pensait. Allez savoir....

" Avant ... ça ? Tu parles de la Perte ? "
Ses souvenirs flous, il ne voulait pas qu'ils reviennent, surtout pas. Il feignit l'indifférence en parlant de la plus grande catastrophe qu'avaient connu les élémentalistes depuis des siècles. " Bah... nan moi, ça c'est pas passé comme ça. "

Il hésitait et tournait autour du pot. Pourquoi lui raconterait-il sa mésaventure hein ? Elle avait l'air dangereuse, avec tout ses mystères. Il ferait mieux de fermer sa grande bouche. Ouais. Mais non.

" Je me souviens plus très bien, mais.... "
il lui jeta un coup d'oeil en biais. Non mais, elle voulait vraiment savoir ? ... " .... Ben, je sais pas trop comment, je devais être un résistant ou je sais pas quoi. Au final, je me suis fait avoir. Tombé dans des ténèbres. C'est con hein ? "

Il sourit. Moquerie de lui, d'eux, d'elle.

" J'étais presque mort quand des démons de la Cité m'ont trouvé et... Bah... "
Ça, il s'en souvenait plutôt bien. " ... Pas important. Enfin, mon élément était déjà corrompu et je me souvenais de rien. Je me souviens toujours de rien d'ailleurs. "

Il ramena un pied sur le rebord du toit, le genoux vers le haut, un bras appuyé dessus et l'autre en arrière pour retenir son dos. Indifférence.

" Et je m'en fous tu vois. Je suis bien comme ça. "

Il ne se forçait pas pour dire ça, c'était vrai. Vell se sentait en pleine forme.... le plus souvent, soit, il avait de quoi vivre, il pouvait faire à peu près tout ce qu'il voulait, sans se soucier de l'avenir ou du passé. Moment présent. Tout va bien, dans le meilleur des mondes. Tout va bien, dans le pire des cauchemars. Un petit sourire suffisant avait même pris place sur son visage marqué par son passage sous la torture. Pas tant marqué que le reste de son corps, mais il y avait encore quelque cicatrice courant de sa nuque à sa joue, coup de griffes ou de dents.

Oublie et vit...
Oublie.

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MessageMar 25 Jan 2011 - 13:32

Citation :
[HJ : Ca doit être la fièvre mais, j'ai pimenté le truc... Very Happy]


Dierebel souri. La brise emmêla ses cheveux presque noirs dans la nuit. Quelque part, elle avait eu ce qu’elle voulait, deux aveux, une histoire. Il n’avait pas eu besoin de dire grand-chose, elle s’accommodait des silencieux qui croisaient sa route et s’obstinait à deviner le fond de leur pensée. Dans des demi-phrases, elle apprenait à écouter des romans. A force qu’on lui dissimule toute vérité, elle devenait maître dans l’art du mensonge et passait reine dans la double lecture.

Oui, elle savait qu’être le jouet de la Faux c’était voir sa mort jouer à cache-cache entre les jours. Oui, elle savait qu’on ne donnait pas cher de sa vie ici bas, d’autant plus que le fait que personne ne lui explique rien n’était, mais alors, pas bon signe du tout. Oui, elle savait qu’ici, elle n’était qu’un jouet, une esclave et qu’elle méritait les regards moqueurs de Vell. Mais lui n’en valait pas plus… D’ailleurs… Oh, était-ce des bruits de gens qui courraient en bas ?

La fée avait donc noté deux choses qui l’intéressaient vivement. Tout d’abord, au lieu d’évoquer « La Grande Prise » il avait parlé de la « Perte ». Hors, il ne semblait en aucun cas apprécier les images d’Elament et prendre comme il fallait son pied dans la Sombre. Pourquoi parlait-il d’Elament comme d’une perte alors qu’il se disait ne pas la regretter ? Quelque chose de fort semblait le retenir à un fil au souvenir de l’ancienne cité qui laissait jaillir ses murs hors du sol. Il y avait quelque chose que Dierebel ne pouvait pas deviner. Une famille ? Des amis ? Ce n’était certainement pas son pouvoir qu’il disait avoir perdu sans une once de regrets. Mais un petit rien le retenait encore à l’espoir de revoir la cité.

Tiens, on dirait que des gens discutent dans une ruelle proche… On entend comme un écho.

Deuxième chose qui avait capté toute son attention, il était amnésique. Et ça, Dierebel en connaissait un rayon à ce sujet. Son regard se tourna brusquement vers Vell. Sourcils froncés, perplexe, lèvres tremblantes. Lui, aussi ? Il ignorait donc tout de sa propre vie à l’instar de la fée ? Quelles horreurs avaient-ils du voir pour que leurs têtes refusent de le garder ? Vell avait été torturé, pour sûr, pour que son élément soit corrompu, il n’y avait pas mille solutions. Elle baissa les yeux.

Bordel, être damnés, prisonniers et amnésiques, ça faisait d’eux, là haut, perché sur leur toit, une belle bande de bras cassés ! Et quand Vell lui disait qu’il était « bien comme ça », elle voulait encore bien le croire. Le peu d’images qui étaient revenues à l’esprit de Dierebel étaient insupportable. C’était des flashs, des hurlements, du feu, des larmes, du sang. Pas grand-chose de plus glorieux.


Elle se renfrogna, accroupie sur son bout de charpente. Ce n’était pas Vell qui lui fournirait des informations sur la cité d’avant. Dommage. Elle allait devoir l’éliminer.
Non, mauvaise plaisanterie très cher. Elle allait juste faire une tentative de prendre congé. Mais avant :


« Oui je comprends, ici, la mort rôde tellement partout que nous profitons plus que jamais de chaque jour qui passe. Enfin, comme on peut, hein ? »


Elle eu un sourire gêné. Son regard parcouru une cicatrice qui se dessinait sur l’arrière de sa nuque.


« Le tout étant de ne pas se tuer soi-même en profitant trop… » dit-elle en plongeant son regard dans le sien. Elle évoquait sûrement son état. En fait, elle évoquait l'état dans lequel elle l'avait trouvé. Ses pieds claquèrent le sol nerveusement. « Bon, est-ce que je peux te faire un aveu ? »


Elle n’attendit pas sa réponse et s’étira de tout son long comme quelqu’un qui s’éveille d’une longue nuit de beaux rêves. De nouveau des bruits de pas, en bas dans la rue.


« J’me suis sauvée. Et je pense qu’ils sont en train de se rapprocher. Le mieux, c’est qu’on retrouve notre chemin par les toits. Est-ce que tu t’en sens capable ? »


… Ok, elle est complétement barge.

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MessageVen 28 Jan 2011 - 13:17

... Pourquoi ?

Pourquoi, bordel, ce genre de pourriture ça n'arrivait qu'à lui ?! Quel dieu avait-il blasphémé ? Quel fatalité s'acharnait ? Devait-il se taper toutes les situations les plus étranges, dangereuses et foireuses possibles ? Serait-ce cela, sa vie ? La vie de Vell le corrompu ? ... Profiter de la vie, profiter de la vie... soit ! encore fallait-il que le danger ne vienne pas d'une sombre idiote. Il entendait les échos de voix venant des ruelles, mais ne s'en inquiétaient pas outre mesure. Quoi de plus normal ? C'était son chez lui, ici, il n'avait pas à fuir, juste éviter les plus puissants et plus nombreux que lui. Simple. Et elle... elle, l'esclave, s'est donc enfuie ? Dans un sens, il pouvait la comprendre. Il n'aimerait pas vivre enchaîné, obligé de baisser les yeux devant tout ceux qui passaient. Lui aussi, il tenterait de s'enfuir. Mais... pourquoi fallait-il qu'elle l'implique, lui, dans ses emmerdes ? Et il fait quoi maintenant, il les hèle pour leur dire qu'il a trouvé celle qu'ils cherchent ? Pff... assis à côté d'elle, c'est si frappant qu'il l'a capturée... ?

Il lui lança un regard mauvais et ébahis. Un peu dégoûté. Un peu irrité. Il ne pouvait s'empêcher, comme tout démon, même en étant traître, de mépriser les esclaves. Autant dire des larves. Il pouvait jouir d'une liberté qu'ils priaient chaque soir. Lui, il était du bon côté et voulait le rester. Elle... elle n'avait pas l'air en de si mauvaises mains. Être le jouet personnel de la Faux avait n avantage : cette gamine était possessive et ne supportait pas qu'on touche à ses joujoux. Dans un sens, c'était une protection... Mais là, il avait un autre grand débat sur les bras. Genre... Il ne pouvait pas l'aider à s'enfuir, c'était exclu. Il s'en fichait pas mal d'elle. Mais elle l'avait tout de même soigné... Il pourrait peut-être faire semblant de n'avoir rien vu. La laisser partir... ? ... Oh et puis, au diable les réflexions. D'un mouvement brusque, il se releva et recula doucement, avant de lâcher, un sourire aux lèvres.

" Pour un baiser de toi, j't'e suivrais jusqu'au paradis, rebelle. "


Hum ? Un jeu de mot ? Non, je n'oserai pas. Non vous dis-je, c'est vos yeux. Ahem. Il avait récupérer de sa beuverie, du moins assez pour crapahuter sur les toits d'Elament. Peut-être qu'il s'aiderait de son Air de temps à autres. Tout de même. Vell présumait qu'elle suivrait. Où devaient-ils allé ? Aucune idée, mais loin du groupe qui recherchait la belle. Il marcha sur le rebord du toit, d'abord hésitant et retrouvant peu à peu des réflexes d'elfe. Il lui sembla qu'il retrouvait un peu de lui-même, en avançant sur le fil des toits, à la limite de la chute fatale. Vivre dans la peur de crever. Vivre dans la joie de la mort, espérer y rester et vouloir s'en sortir. Trébucher et se retrouver un pied dans le vide, penser y passer, vraiment. Mais non, se rattraper tout juste, tremblant mais assuré. Rasséréné. On est tous en équilibre entre le vide et les tuiles glissantes. Entre tomber ou glisser, il faut se tenir debout et marcher. Avancer.

Vell avança doucement sur le rebord, marchant toujours avec un peu plus d'assurance, vers l'angle du toit. Il suffisait alors de sauter pour atterrir sur le toit suivant, presque plat. Un peu beau parleur et suffisant, il y alla immédiatement, tandis que les sons de voix approchaient. Il sauta, et en atterrissant sur le toit suivant, son pied s'appuya sur une tuile qui glissa. Dommage, essayez encore. Mais par un réflexe venu d'ailleurs, il se rattrapa de justesse, tout cela dans un bruit qui lui parut assourdissant. Trop sûr de lui, trop zélé le Vell... Même, il entendait les voix se rapprocher. Il jeta un regard en arrière avant de bondir en avant pour traverser le toit, laissant la ruelle dangereuse derrière lui. Et elle ? Oh, elle ne devait pas avoir de soucis. Vu comment elle l'avait tiré sur le rebord de tout à l'heure. Il souffla et passa une main sur son front. Il l'avait échappé belle. Il se pencha en avant et posa ses mains sur ses genoux, tremblant. Damned, il n'avait pas fait des acrobaties pareilles depuis... depuis ... ? Sans doute, avant même Elament. C'était toujours plus difficile de se rendre compte qu'on avait oublié son enfance. Avait-il eu des parents heureux et compréhensifs ? Il était pratiquement sûr d'avoir vécu dans une forêt pendant de nombreuses années... mais le peu de silhouette qu'il apercevait dans ses maigres souvenirs restaient désespérément sombres et floues. Un calvaire que d'avoir perdu toute l'attention qu'on avait pu lui porter durant son enfance, l'éducation aussi. ... ceci explique cela, vous me direz.

Il se redressa et la regarde, l'esclave méprisée en fuite, qui lui avait sauvé la mise. Sa vie avait-elle plus de valeur que celle de cette fée ? Objectivement, non, sans doute. Mais dans cette Cité nouvelle, c'était pourtant quasiment le cas. Quasiment. Un demi sourire scia sa face, ses yeux brillèrent d'un éclat de défi.


" Alors ? Que comptes-tu faire, fugitive ? "

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MessageVen 28 Jan 2011 - 14:38

Tenir l’équilibre n’était effectivement pas donné à tout le monde. Mais Dierebel avait toujours la bonne intuition. Certes Vell laissait courir dans son sang d’elfe les alcools les plus ravageurs de la Sombre, mais ses deux oreilles pointues soufflaient à la fée qu’il n’était pas seulement un être des villes.
Oui, survivre ici bas était un jeu d’équilibre. Il fallait être assez fort et assez doué pour tenir tête aux créatures de ce monde, savoir rendre leurs coups moins violents, éviter leurs gifles, mais aussi il fallait avoir l’équilibre, là, dans sa caboche, pour surmonter chaque épreuve et chaque torture sans en ressortir complètement fou. Et si Vell ne semblait pas être un homme d’équilibre parfait, il semblait aimer les défis. Sinon, pourquoi avoir suivi la fée sans broncher jusque là ?

Dierebel s’était trouvé un compagnon des rues, aussi noire soit devenue son âme. Et bien qu’il lui lança le regard le plus méprisant du monde – oh, on ne l’avait jamais regardé comme ça auparavant ! Baissez ce regard jeune impudent, non mais ! – il s’était levé et avait pris un pas d’avance sur elle avec un sourire tout satisfait. Il voulait un baiser ? Finalement, la fée avait peut-être trouvé adversaire à sa taille ! L’excitation de s’enfuir sans faire de bruit l’avait gagné sans qu’elle eu mot de plus à dire. Et ça, c’était gagné pour elle. Elle s’était mise debout derrière lui et attendait qu’il se pousse pour le rejoindre sur son bout de toit, quelques mètres plus bas. Elle avait récupéré sa capeline au sol et s’emmitoufla en dissimulant un sourire insouciant et satisfait qu’elle ne pouvait refouler face à Vell. Elle adorait qu’on lui lance des défis. Vraiment, et le jeu de cette fuite promettait d’être on ne peut plus divertissant.

Elle s’accroupit et sauta sans encombre sur le toit juste à côté de lui, pour retrouver l’équilibre, elle posa la main sur son bras. Même pour elle ce n’était pas chose aisée de sauter de maison en maison. Ses ailes ne lui permettaient pas de voler, elles la stabilisaient tout juste.

« Encore faut-il que tu sois debout lorsque nous arriverons au Paradis, mon chou ! » lui répondit-elle en pensant son sourire bien dissimulé sous son capuchon de laine.

Citation :
"Alors, que comptes-tu faire fugitive ?

Elle tourna la tête vers l’inclinaison du toit et descendit le plus doucement qu’elle pu. Essayait-elle de se faire voir ou bien ? Non, elle se tassa sur elle-même, dans l’ombre de la nuit et pencha son visage vers la rue. Les bruits de voix se faisaient un peu plus forts. Elle resta penchée quelques secondes à peine. Elle remonta illico presto aux côtés de Vell. Elle faisait moins de bruit que lui sur les tuiles, surement à cause de son petit poids frêle. Le pire, c’était le talon de ses bottines. C’était eux qui faisaient le plus de vacarme. Mais comme les démons en bas se hélaient assez violemment, cela couvrait, pour le moment, le bruit de ses chaussures. Pourquoi était-elle descendue pour les voir ? Vell allait vite voir que cette « raclure d’esclave » était un peu plus futée qu’il ne l’aurait pensé.

« Ils sont six. Cinq hommes. Deux vampires, une succube mais pour les trois autres je ne sais pas. » lui dit-elle sans quitter du regard le penchant qui donnait vers la rue. « Pas d’élémentalistes, je ne pense pas. Il y a une sorte de gros chien avec eux. C’est lui le plus dangereux. Il peut nous sentir à des kilomètres à la ronde. Alors avançons. »

Hum, visiblement elle était passée maître dans l’art de la traque et n’en était pas à son coup d’essai. Elle poussa un peu Vell pour l’obliger à avancer. Elle prit tout de même soin de passer la première. Bon sang, elle avait quand même un fichu équilibre. Elle vascillait à peine. Ni la peur, ni l’excitation, ni la précipitation ne semblaient altérer la cadence de sa marche sur l’arrête des tuiles. Elle escalada le toit suivant, sans encombre. La fée était aussi un être des forêts, à n’en pas douter par sa confiance en elle. Ce jeu d’acrobaties ne semblait nullement l’atteindre. Elle marchait comme quelqu’un qui se promenait bien à plat, dans les rues de la Sombre. Ses bras bien à l’horizontal comme gage de sa rapidité.

Elle l’appela dans un demi-murmure avant de disparaître sur le toit suivant, encore un peu plus haut.

« Hé bien, tu viens le chercher ton baiser Dom Juan ou tu vas me laisser filer ? »

Oh, elle n’était pas bien loin, elle délassait ses bottines sur la façade du toit suivant. Beaucoup plus simple pour courir là-haut, sans doute. Surtout que cette fois-ci, il fallait sauter l’espace d’une ruelle pour continuer leur route. Un jeu d’enfant. Enfin, presque.
Elle regarda le vide qui la séparait du chemin de la tranquillité avec une réflexion intense. Il y avait un vieux chêne centenaire dont les branches étaient juste à la bonne hauteur pour prendre appui sans avoir à sauter. Elle fit vite le calcul... Il fallait passer par les branches les plus hautes, et donc les plus fragiles. Mais est-ce Vell serait assez léger pour ça ?

Elle pivota la tête en arrière pour voir où il en était. Oh, elle n'allait pas le laisser la rattraper aussi facilement. Elle s'engagea, premier pied nu posé sur la branche. Le chien aboya quelques rues plus loin. Il fallait faire vite.

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MessageMer 2 Fév 2011 - 8:00

Certes, il voudrait mieux qu'il soit toujours entier s'il voulait avoir son dû. Pour le moment donc, il fallait suivre et vivre... comme toujours en fait. Vell ne faisait rien d'autre que fuir, suivre et vivre, toujours. Il avança doucement et l'observa. Elle semblait être habituée à ce genre de filature. Dierebel... mystérieuse créature sortie de la nuit, au travers des fumées de l'alcool. Belle mais effrayante, fascinante mais dangereuse. Un poison, en somme. Une mort qu'on voudrait tout en repoussant le moment de la prendre. Une sale garce aussi. C'était avec un sourire en coin qu'il la regardait, mi-amusé, mi-anxieux. Elle revient au rapport, précise, militaire. Une habituée, hein. Surprenante oui.... La petite troupe qui la -les ? - poursuivait était hétéroclite mais sans doute pas idiote. Et pas aveugle par cette nuit. Ce chien... un nansaré ? Ces bêtes de l'armée... des créatures qui vous coupaient en deux d'un coup de patte. Il ravala sa salive et se demanda si le jeu en valait la chandelle. Bah après tout... Il hocha la tête, comme si c'était une mission des plus banales.

Vell s'élança alors derrière la fée. Il traversèrent le toit, et arrivèrent à une impasse. A moins de sauter au dessus de la rue... Même si c'était un sylvain, un être agile et souple, il n'était pas sûr que ses maigres souvenirs de son enfance en forêt le garde en vie ici. Tss une foultitude de réflexes oubliés ne revenaient pas en quelques secondes. Et en voyant le gouffre entre les bâtisses, il ne chercha pas comment passer. Il regarda le vide, sans voir l'arbre qui permettrait de passer plus facilement. Heyhey mais avec une fée pareille qui le mettait au défi... Comment pouvait-il ne pas se surpasser ?

" Ne t'inquiète pas pour moi, ma jolie, j'y tiens à ce baiser ! "

Vexé, un peu, d'être moins agile qu'il ne le pensait. En fait, il pataugeait un peu sur les tuiles. Et lorsqu'il la vit s'élancer sur le toit suivant, féline et gracieuse, il ressentit une pointe de jalousie et de déception. Il avait quand même perdu quelque chose au final. Enfin, il posa le pied sur la branche et se concentra. Un peu, peut-être pas assez. Il atterrit en vacillant et attrapa la première "chose" à sa portée. Oui, la fée. Il saisit son bras pour se retenir de tomber. Ah bah, c'est pas passé loin... Et l'aboiement qui résonna dans son dos ne lui disait rien qui vaille. Il se remit et souffla un peu fort. Qu'est-ce-qu'il ferait pas pour une jolie fille lui...

" Erf... Merci ? "


Il entendit des pas derrière eux, assez rapides. Peut-être les avaient-ils repérés ? Depuis quand il disait "les" pour cette fugitive ? Vell s'élança avec Die. Ils traversèrent quelques toits, elle devant, lui derrière. Valsant autour des cheminées en ruine, évitant les endroits fragiles, pénétrant les arches et jouant entre les torches. Jamais il n'avait regardé cette Cité ainsi. Il marchait dans ces rues, il vivait dans ces maisons. Il se souvenait y avoir vécu et y vivait encore. Entre les deux, il y avait eu un passage plus flou encore, un passage à vide, avec des images verdoyantes mais sombres... Tout en étant heureuses. Étranges sentiments mêlés. Mais Vell avait arrêté de chercher des réponses, il ne faisait plus qu'accepter le vide de son passé. Un vide un vrai... Un trou noir avec quelques éclaircies, comme ces flammes qui grandissaient leur ombres. Des souvenirs fragiles et piquants, comme ces toits rapiécés qu'ils évitaient. Et plus il avançait en évitant les obstacles, plus il se sentait fatigué. Plus il avançait en oubliant, plus il se sentait vide.

Et elle ? Gracile, de ses ailes translucides, elle filait entre les obstacles, étoile que les flammes n'avaient pas le temps de saisir, ombre qui n'avait pas le temps de grandir. La belle, la mystérieuse, elle dansait ici. Elle hypnotisait, alors qu'il ne pouvait qu'essayer de la suivre, avec ses maigres moyens. Il n'avait pas autant de grâce, c'était certain, pas même assez d'agilité. C'était rageant, de la voir devant. De voir ses ailes battre, ses jambes parfaites, son corps élancé... Hum ne nous déconcentrons pas. Ses cheveux... Ahem. En marchant là, ils faisaient un bruit étrange, comme de petites cloches épaisses battant la mesure. Il espérait que les poursuivants de Dierebel, écoutant leur propre pas et paroles, ne le remarque pas. Et que le chien - le nansaré probablement - ne perçoive que les effluves de ténèbres venant de lui-même. Peut-être.

Pour un baiser.


" Hey l'esclave... tu comptes partir ?


Pour une réponse.

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MessageVen 11 Mar 2011 - 17:52

Dierebel continuait à avancer jetant de temps à autre un regard dans le vide, pour se rassurer d’un danger qui s’éloignait. Visiblement, les démons avaient repéré leur présence mais comptaient les trouver dans la rue. Ils se perdaient derrière eux dans le dédale des ruelles sombres, tandis qu’ils étaient deux fugitifs à danser sur les tuiles inquiétantes de fragilité. Elle planait presque au-dessus des obstacles. Sa peur la portait, l’adrénaline la guidait. Elle glissait à peine, se redressait, sautait silencieusement… Elle adorait et prenait un réel plaisir à fuir. Vell posait sa main sur son bras pour se stabiliser sur son propre équilibre. Il l’avait même remercié. Elle n’avait pas relevé et continuait sa course poursuite dans le tumulte ouaté de la cité.

Après de longues minutes à arpenter les toits, elle se stoppa pour vérifier que personne ne pouvait le voir. Vell prenait un peu d’avance, elle avait commencé à bien le distancer. Elle n’allait pas lui donner son baiser contre une simple séance de gymnastique. Oh, non ! Ce petit jeu l’avait mis en bouche. Elle retrouvait la folie séductrice dont elle était capable. C’était comme l’odeur d’un plat, dont elle sentait le goût mais dont elle n’arrivait pas à se remémorer le souvenir précis. Elle savait juste qu’elle adorait ça, jouer avec cet inconnu (finalement, ils ne se connaissaient pas vraiment) et imaginer de quelles astuces il était capable pour ressortir victorieux de ce pari étrange.

Ce n’était pas tant les démons qui pressaient leur pas maintenant, c’était ce défi incongru et malvenu. Elle accéléra soudainement. Ils étaient assez loin des sentinelles pour pouvoir faire un peu plus de bruit et ne pas être ni vus ni sentis. Elle se hissa au sommet d’une cheminée et lui fit un petit signe de la main. Elle avait retrouvé son sourire. Ses petites dents brillaient sournoisement à la lumière de la lune.


« Si je compte partir ? Je compte disparaître si tu ne m’en empêche pas… Oui ! » répondit-elle avec une malice presque trop sensuelle pour ne pas être celle d’une provocatrice.


Elle sauta sur une autre cheminée, un peu plus haute cette fois-ci. On avait l’impression de toucher les étoiles aussi proche de la voûte céleste.


« Mais avec ce que tu as bu, je doute que tu puisses arriver jusqu’à moi. »


Elle éclata de rire, retrouvant au son du cristal caché dans sa voix, ses reflexes de femme fatale. Qu’y avait-il de mal à jouer ? Il lui semblait n’avoir éprouvé du désir pour un simple baiser depuis des millénaires. Et bien que Vell soutiennent les démons et ne soit qu’un rustre alcoolique orgueilleux, Dierebel s’enchantait de le faire damner tout en lui montrant ses promesses filer. Elle le laissait se rapprocher pour mieux s’enfuir…

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MessageDim 13 Mar 2011 - 21:48

Elle court elle court la sorcière,
S'emballe mon coeur, sans manière,
De la voir à l'envers,
Ça me ferait presque avaler de travers.

Pourquoi la contine enfantine et grivoise lui revient en tête à ce moment, je ne sais pas. Pourquoi son esprit s'embrume encore, pourquoi sa vision devient trouble autour de la fée, de ses belles ailes virevoletantes ? Pourquoi ... Mais merde, réveille toi Vell, qu'est-ce-que tu fiches ?! Tu cours après une élémentaliste dont tu n'es même pas sûr de son rang ? Tu cours à ta perte oui... Et elle le nargait. Elle se jouait de lui, à le laisser apporcher puis à repartir plus vite, à grimper les cheminées calcinées, à lui faire signe de toutes ses dents, de ses lèvres. Il se trouvait lent et aussi gracieux qu'un canard à côté d'elle. C'était pas possible... et ça l'énervait et en même temps, ça l'excitait diaboliquement, de la voir comme ça : elle semblait ravie du défi, ravie de lui arracher ce baiser qu'il croyait acquis. Elle semblait s'amuser comme une gamine, avec le sérieux d'une adulte. Bizarre mélange pétillant que cette fée des nuits, qui hante les rêves de n'importe quel homme la croisant. Peut- être des femmes aussi.

Mais l'alcool a beau embrumer l'univers, le vent a beau lui souffler à la figure un air frais éveillant, il n'empêche que la fatigue commence à peser, car ses pas ne sont pas aussi légers, que ceux, altiers, de la fée. Son souffle s'accèlère et se fait plus instable, ses joues rosissent sous l'effort, une douleur au côté s'ajoute, et voilà longtemps que ce ne sont plus les démons qui le font courir, mais bien la promesse des lèvres et la fin d'ivresse qui le prend, comme une gueule de bois pâteuse et piteuse. Mais c'est parfois dans les moments les plus inattendus que vient l'idée folle. L'esprit libéré, le vent en poupe, dans son esprit germe le plan qui sauvera son honneur, son pari, son coeur et ses jambes. Il attend, il redouble d'efforts, lançant comme un cri du cygne ses dernières forces dans la course. Et elle n'est pas loin. Il peut presque entendre le battement de ses ailes. Presque. Il peut presque sentir son odeur. Presque...

Soudain, il lève un bras. Et de sa main une bourrasque noircit en sortit. Pas besoin de tout ses moyens pour sortir un vent assez violent pour renverser une créature qui se jouait des toits. Elle sautillait plus qu'elle ne courrait, il était facile de la faire trébucher. Ce qu'il avait lancé là était plutôt de l'ordre d'une attaque brouillone, qu'un disciple Aera à peine instruit saurait reproduire. Mais vous savez, quand on est pas frais, on est pas frais hein. Oui d'ailleurs, elle est donc tombée en avant. Bien. Vell arrive derrière. Vell se casse la gueule aussi, pour faire les choses bien, vous voyez ? Oui mais en plus, il se rattrape à quelque chose, vu qu'il commence à glisser sur le bord du toit pentu. Une corniche ? Une tuile ? Une cheminée ? Non non, vous n'y êtes pas, loin de là. Non, notre bon démon a mis la patte sur le mollet de la demoiselle et bien sûr, la cause entraînant la conséquence, il l'entraîna dans sa chute des tuiles, dans un fracas, boaaah, somme toute, pas si extraordinaire pour Elament la Sombre.

Donc ils dégringolent. Fort bien.

... hum ? Ah ? Quoi, ils ne se cassent rien dans la chute ?! Comment ça, un buisson ?! Je croyais qu'il n'y avait des buissons que dans les cavernes sous-terraines ?! ... Oh. On me souffle à l'oreille que, après avoir glissé le long du toit, ils sont tombés donc, l'elfe tenant toujours fermement la jambe de la fée, réalisant un salto parfait, puis ils ont attéri comme des abrutis dans un buisson, non pas d'ortis, mais euh... un buisson quoi, avec des feuilles, des branches, des troncs, le truc qui sert d'armotisseur et pour... pleiiiiin... d'autres "choses". Oui vous voyez, bande de lecteurs lubriques. Je vois bien dans vos yeux, l'étincelle qui s'allume, le vice qui s'installe, vos pensées traversent vos esprits. Mais non, là, ils tombent juste dedans, comme des sacs, sans rien pour se retenir. Lui sur elle. Lui coupait-il le souffle ? Ahaha, il la sentait, et elle était coincée. S'il en avait eu la force, et si ça n'était pas aussi ridicule, il aurait bien poussé un petit rire sardonique. Mais non, il s'appuya juste dans le buisson pour soulever son corps du sien, l'enfermant entre ses bras. Un sourire triomphal s'installa sur ses lèvres. Ses yeux brillèrent d'un éclat ravageur.


" Je te tiens ma belle ! Alors ? J'ai le droit à mon dû ? " Il se pencha sur elle, mais n'osait pas la forcer. Sans trop savoir pourquoi, il n'aimait pas forcer les femmes au final. Un petit côté de son ancienne vie plus vertueuse sans doute. Baah, aucune démon n'est parfait.

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MessageMar 15 Mar 2011 - 7:42

S’il avait droit à son dû ? Il plaisantait là. A fée grogna en se frottant la tête, secouée. Son médaillon fit une lumière assez intense…

La fée courrait, virevoltait dans les airs, les toits branlants de la ville comme alliés discrets. Et puis, elle avait voulu pivoter sur elle-même pour le voir, le narguer encore un peu. Mais quelque chose de froid poussait ses pieds. Elle avait eu à peine le temps de baisser les yeux pour constater avec stupéfaction cette brume noire, épaisse, encercler ses jambes. Elle avait vacillé. Surprise. Qu’est-ce que c’était ? Elle trébucha. C’était comme une plaque de verglas sous la neige, comme un parquet trop bien ciré, elle n’avait pas eu le temps de réaliser qu’elle avait déjà un genou à terre.
Et à peine dissipée, la main de Vell s’était agrippée à sa jambe. Elle avait trop ralentit. Il s’était jeté sur elle comme un chat sur une souris. Le problème, c’est qu’il tombait aussi. Et il était un peu lourd pour les deux petites ailes cristallines de la fée. Elle poussa un cri de souris, lança ses mains devant elle, au désespoir de trouver un relief, n’importe quoi pour se retenir et leur éviter une chute fatale. Mais le vide était déjà trop près. Ses mains saisirent l’air, frôlant dde peu la gouttière. Elle se sentit partir, tourbillonnant vers les pavés des ruelles, Vell comme pierre de noyade à son pied.

Elle avait prié, son cœur s’était serré, il fallait quelque chose pour amortir la chute. Ses yeux s’étaient fermés. Elle avait imaginé, un buisson, n’importe quoi. Ignorant tout de son pouvoir terra, elle pensait que seule la nature pouvait encore les épargner à trois mètres du sol. Et le miracle se produisit. Elle s’affala mollement, la première, le dos contre les branches cassantes du forsicia. Les pointes s’étaient plantés dans ses ailes, les épines avaient griffés ses bras, sa tête avait tapé le sol. Arrivée la première alors que Vell était nettement plus lourd ? Probablement s’était-elle trop débattue pour jouer avec l’air. Il l’écrasa, lui coupa le souffle. Le silence s’abattit.

Il mit une minute interminable à se redresser, elle toussa. Il était fier de lui visiblement. Il réclamait son du, avec sagesse, attendant poliment son bon point. Penché sur elle. Ses bras et son dos étaient criblés de petites blessures, superficielles, mais douloureuses. Elle regarda en haut, vers le toit. Ils avaient fait une sacré chute. Elle reprenait ses esprits lentement.


- Non seulement tu as manqué de me tuer pour un baiser, mais en plus, tu as du alerter tout le voisinage. Te manque t-il tant d’affection pour être réfléchi ?


Elle s’écarta de lui, un peu énervée. Son sourire avait du tomber plus loin pendant sa chute. Elle se frotta les bras pour enlever les feuilles qui collaient contre ses petites plaies. Elle souffla. Elle était consciente et en vie. Elle secoua sa tête, la frottant entre ses mains. Son médaillon ne cessait de vouloir éclairer la scène. Elle se releva et lui tendit la main pour l’aider à son tour.

Elle vacilla de nouveau lorsqu’il se releva. Ils étaient collés l’un contre l’autre, main dans la main. Il hésitait à prendre son baiser ? C’était le moment de lancer une provocation de plus pour la fée. Elle agrippa son cou pour pencher son visage sur le sien. Mais au lieu de lui décrocher le baiser qui semblait être promis, ses lèvres rencontrèrent sa joue. Trop chastement.



Elle plaisantait, là ?

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MessageJeu 17 Mar 2011 - 7:58

" Nan, j'ai juste pas envie de perdre. "

Alors qu'il s'était décallé, elle avait presque bondis hors du buisson salvateur. Quoi, il l'avait blessée aussi ? Baaah... tant qu'elle accepte sa défaite, elle peut bien gesticuler et brailler, il ne la lâchera pas tant qu'il n'aura pas eu sa récompense. Elle lui tend la main, et il la prend. L'un contre l'autre en se relevant, il pourrait hésiter. Il pourrait aussi la prendre. Là, sans doute avait-il plus de force qu'elle. Il l'avait dans le creux des bras. Ses yeux brillèrent mais son esprit n'agit pas. Il la sentit approcher, ahah, il avait donc gagné ? ... Chastement, elle déposa un baiser à la volée sur sa joue. Il hésita entre s'en contenter ou demande plus. Mais l'avidité des démons, même des simples corrompus est grande, leur avarice n'a pas de limite. Il attrapa de sa main le menton volontaire de Dierebel, un sourire railleur aux lèvres. Il la regardait et l'aurait bien dévorée, mais... sur l'image que lui renvoyait ses yeux, soudain, une autre vision se superposa.

Souvenir d'une autre vie, d'un autre temps.
Une autre femme, un autre lieu... ? Des cheveux d'un bleu marin, un regard assuré et droit, le teint blanc de porcelaine, maladif... Une pointe de tristesse s'insinua dans son regard. La marée de souvenirs était difficile à stopper, même si ce n'étaient pas les siens. Étrange, n'est ce pas ? Il n'a aucune idée de qui est cette personne aux cheveux bleus, il ne connait ni son nom, ni si elle est en vie, ni quelle place elle avait dans la vie d'Ellän. Mais il sentit que c'était terriblement triste... Une tristesse simple, douloureuse et tendre, pas violente. Imaginez, la même impression qu'en pénétrant dans une ancienne bibliothèque, pleine d'ouvrages mystérieux et complexes, nécessaires à la vie, mais oubliés de tous, abandonnés à jamais... La mélancolie, la nostalgie d'un passé qui ne sera plus, mais qui se rappelle à vous de manière innattendue. Par le biais d'une fée, un simple fait et un geste.

Il soupire, Vell. Ce n'était pas la première fois. Des voix parfois, une impression de déjà-vu, une nostalgie surprenante en pénétrant une demeure... Mais là, c'était différent. Parce qu'il y avait du plaisir dans cette mélancolie. Quelque chose de beau et de magique, qui se laisse prendre et regarder mais qui s'échappe à notre compréhension au bout de quelques secondes de concentration. Il approche son visage de celui de la fée, mais laisse son geste en suspens. Les yeux fermés, les lèvres à quelques centimètres des siennes. Il inspira et les senteurs de la fée, apparemment friande de toilette coquette, avec délice. Il laissa sa main glisser sur son cou et effleurer ses cheveux. Il aurait pu plaquer ses lèvres sur les siennes... mais non. Un sourire amusé éclaira son visage, et il ouvrit des yeux malicieux sur l'esclave.


" J'aurai aimé te remercier pour tout à l'heure, jolie fée, mais disons que ça sera pour la prochaine fois. "

Il la lâcha et recula, sans brusquerie. Il n'y pouvait rien et il ne la forcerait pas, c'était tout simplement pas son genre et il n'était plus assez soûl pour aller contre sa nature. Il jeta des regards autour d'eux : le vide de la nuit, pas de bruits, apparemment, ils n'avaient dérangé personne...

" Alors, je te raccompagne ? Mieux vaut pas pour toi qu'on te trouve pas seule en pleine nuit, pas vrai ? "

Ses yeux verts brillèrent dans la nuit.

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MessageJeu 17 Mar 2011 - 9:32

Dierebel hocha la tête respectueusement, geste le plus sage qu’elle avait eu jusque là. Il s’était approché, l’avait presque effleuré dans l’esquisse de son baiser, usant de sa force pour la tenir prisonnière. Mais rien ne s’était passé. Son regard s’était empli de tristesse, quelques secondes dans l’air du temps. Il avait finalement ouvert ses bras pour la laisser libre. Il n’avait pas invoqué de raison particulière, Vell préférait prendre son temps pour la « remercier ». Soit.

Elle n’avait pas particulièrement envie de copuler, là, dans les bas quartiers, dans le froid, avec un élémentaliste corrompu, dont les lèvres envoyaient encore les vapeurs piquantes de l’ivresse. Vell ne l’intéressait pas, il n’avait rien à lui apporter. Elle n’avait rien à lui offrir en retour. Il avait fait mine de jouer, mais le baratin de séduction qu’ils s’étaient envoyés à la face l’un de l’autre n’était qu’un test pour mieux s’appréhender. Ca n’irait pas plus loin, la fée n’en demandait pas plus. Qu’il la trouve désirable et qu’il réclame un baiser était déjà un bien beau remerciement. Elle l’accepta avec une humilité qui ne lui ressemblait pas de prime abord, mais qu’elle semblait assumer avec tact.


Et puis quelque chose voilait son regard, il ne soutenait pas celui de Die avec ferveur. Au contraire. La fée avait déjà joué assez à ce jeu pour comprendre que Vell pensait à une autre. Mais elle avait l’élégance de ne pas le faire remarquer. Quand bien même elle provoquait, elle ne voulait pas de ce baiser qu’elle n’avait pas choisi d’obtenir, mais qu’elle avait accepté en échange d’une fuite silencieuse. S’il l’avait embrassé, elle l’aurait accepté, par simple question de principes. Une promesse était une promesse, un baiser n’était pas grand-chose finalement. Même si son manque de jugement sur sa situation l’agaçait, même si elle le trouvait insupportable, elle l’aurait pris.
Mais il se recula poliment, avec cet air vaincu et victorieux à la fois. Il n’avait pas besoin de plus pour étoffer son orgueil, elle s’inclina devant ce choix. Elle était folle, versatile, imprévisible, oui, mais elle ne cherchait pas les ennuis à tout prix. Parfois un baiser signifiait tellement plus (trop) pour les hommes qu’elle fréquentait, qu’elle ne voulait pas chercher à avoir le dernier mot. Pour cette fois-ci.

Elle ne se serait pas plié aussi facilement devant un homme de pouvoir, sachant pertinemment qu’en donnant plus, elle aurait obtenu plus qu’une étreinte sauvage au cœur de la nuit. Des robes, des bijoux, des informations sur les démons au mieux. Mais de Vell…


- Ce sera déjà un assez ample service de ta part. Tu as déjà beaucoup fait.


Elle pivota sur elle-même pour retrouver le chemin de son logis de fée, le laissant la suivre, la surveiller, la protéger. Oh, elle n’avait pas besoin d’un garde du corps, mais elle acceptait l’invitation car le pari étant rompu, elle n’avait plus rien à craindre. Elle arpenta les ruelles à ses côtés silencieusement. Arrivés à deux rues de la maisonnette de Saisei, elle rompit les ténèbres de sa voix :


- Et toi, où comptes-tu dormir ?

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MessageVen 18 Mar 2011 - 8:27

Elle n'insista pas, tant mieux. Il avait encore sa fierté tout de même, même avec les senteurs d'alcool qui l'entouraient. Et elle commença à partir, alors il se mit à la suivre, sans trop réfléchir au où, quoi, pourquoi. Pas vraiment envie, pas vraiment besoin. Il ne sait pas vraiment s'il l'a effectivement aidée, mais il essaierait de ne pas l'oublier. Petite fée qui joue avec les démons, qui joue avec les hommes, comme on joue avec un pantin de bois. Petite fée qui n'a pas peur de sauver, qui n'a pas peur d'aider. Sans doute l'a-t-il déjà assez aidée, sans trop savoir comment ni pourquoi, sans doute l'a-t-elle déjà assez aidé, sans trop savoir en quoi, sans trop savoir de quelle façon. Mais la nuit vient de se lever, et Elament la Sombre n'est pas encore endormie : regardez, ils marchent encore, ces deux-là,la fée et l'elfe, pour rentrer chez eux. "Chez eux"... Lui, il n'est qu'un soldat lambda, il a un "lit" ... une couche plutôt, un matelas posé à même le sol, qu'il peut dire sien, mais après tout, il n'est même pas sûr de dormir dans le même toutes les nuits. Elle, elle vit chez un Maître : peut-on dire que c'est bien son "chez soi" ?

Il la suit, parfois à côté d'elle, parfois un peu derrière, il ne la quitte pas, et attend un peu avant de répondre. Vrai, ça. Où qu'il va pieuter ce soir ?


" Bah je sais pas encore. Je vais essayer de rentrer dans le bâtiment de ma section. Sinon... je me débrouillerai. "

Oui, une tour de garde, une chaumière laissée à l'abandon, n'importe quoi pour pioncer jusqu'à l'aube. Peut-être n'aurait-il pas de gueule de bois avec un peu de pot. Grâce à la fée encore, il pourrait avoir un minimum de dignité le lendemain. Cool ça. Vell attrapa un lien qui traînait dans sa poche et noua ses cheveux noirs et longs en une queue approximative. C'était mieux que rien. Et il n'osait pas les couper, c'était con vous me direz. Mais sans trop savoir pourquoi, il n'arrivait pas à les couper court. Parfois, il avait des réactions qu'il ne s'expliquait pas, il supposait que ça venait d'Ellän, par défaut, parce qu'il n'a pas envie de se trouver une raison. Comme le pourquoi il ramène cette Dierebel jusque chez elle, pourquoi il l'a aidée à fuir, pourquoi il ne l'a pas prise là haut, derrière le buisson... Il secoua la tête : bah, il n'y pouvait pas grand chose, Vell c'était Vell et parfois, c'était un peu le bazar dans sa tête. Alors il vivait avec et puis, advienne que pourra.

Oui, mieux vaut encore ignorer les douleurs passées quand on n'arrive pas à se souvenir de leur cause. Les yeux dans le vague, il les posa sur la silhouette élancée de la belle fée, fée charmeuse, fée aventureuse. Elle doit en fait chavirer plus d'un, sans doute qu'elle ferait une sacrée courtisane... Ouai, elle avait la carrure pour être courtisane : la force de caractère alliée à un charisme certain, les qualités des succubes les plus fines. Enfin. Sans doute. Après tout, c'était pas lui qui cotoyait le haut du panier hein. Il voit qui, lui ? des succubes de bas étages, des petits chefs de section qui les envoient au casse-pipe, parfois les Généraux quand il doit faire une ronde dans le Palais, chose rare au final. S'il disparaissait, personne ne le remarquerait. Sauf peut-être le chef, lors d'un appel sporadique. Et alors, dirait-il, le sylvain s'est fait dégommé ? Bah ouai, lui répondraient les autres. Et ce serait sans doute tout. Sand doute. Soudain, Dierebel s'arrêta. Devant une maisonnette modeste, pas vraiment un manoir, pas vraiment un taudis. Des maisons comme il y en avait des centaines. Il la jaugea puis posa ses yeux brillants sur l'élémentaliste.


" Essaie de te tenir à carreau, t'as pas l'air d'être trop mal traîtée toi... " Il se gratta l'arrière de la tête, ne sachant trop comment partir. Finalement, il fit volte-face, direction les casernes militaires. Il leva une main en signe d'adieu, et commença à s'avancer. " À la revoyure Dierebel la fée de la Sombre... "

Le lendemain, il partirait sur le front tiens. Après... après... il ne reviendrait jamais à Elament la Sombre. Désolé de t'avoir menti la fée, en fait, on se reverra sans doute jamais. Mais... l'avenir nous le dira, et même mon narrateur n'est pas foutu de savoir.

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