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 [Prison de Sappho] Chroniques d'une captivité

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Shin
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MessageDim 7 Nov 2010 - 4:38

Suite du topic : Sous l'emprise de la lumière


Ce topic retrace la captivité de Mademoiselle la Faux dans les salles obscures de la Commanderie, entre son cachot et les salles de tortures . Ce topic n'est pas exclusif pour la prison de Sappho et d'autres topics pour des scènes particulières peuvent être créées.

Les personnes habilitées à poster sur ce topic sont pour l'instant : Sappho, Shin, Ruby, Lya, Shaloa

Chaque post devra commencer par :

[Le unième jour de la captivité de la Faux]


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Shin
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MessageMer 17 Nov 2010 - 13:06

[Le deuxième jour de captivité de la Faux]

Ce sur quoi on se concentre prend l'ampleur

Il était très facile de perdre l'esprit dans ses souterrains, sur le long terme. Y vivre s'avère très épuisant de part le manque d'horizons et de soleils. Ce qui rythme nos journées disparaît sous la surface et isolé du monde, on se retrouve. Il semble nécessaire à tous de s'accorder du temps à brève échéance pour soi-même. Calmer sa perception par les sens pour se tourner vers soi-même et faire le point. Un temps suffit. Face à soi-même, l'esprit finit par se focaliser vers ses doutes, ses questionnements sans réponse qu'ils oublient dans sa mouvance. L'âme est en branle quant ce qui était minuscule prend des proportions immenses dans sa conscience. Heureusement dans la Forteresse, il y avait du monde autours de chacun et chacun complétait l'autre, lui faisant relativiser sa propre existence pour le bénéfice de la situation et de ces compagnons. Après de nombreuses heures après l'enfermement de la prisonnière, le chef espérait bien qu'elle commencerait à cogiter là où elle avait hurlé son arrogance et sa prétention sous l'emprise de la lumière.

Sous le cadeau surprise amené par l'aasimar, des décisions plus ou moins rationnels avaient été prises. Tout d'abord assez rationnel grâce à un protocole de mise sous enfermement qui avait été pensé un mois auparavant, lorsqu'on commençait à réfléchir sur les prisonniers de guerre. Puis dans la hâte, on avait oublié de confiner Mademoiselle la Faux dans un environnement d'où elle ne pourrait pas tirer profit. La priver de mouvement complétement, de son pouvoir, etc...Mais en même temps c'était la première, si on ne comptait pas le Necromant juste avant elle qui avait fini par dépérir sous la torture. Néanmoins, l'elfe noir et ses bras droits savaient très bien que dans cet état l'ex-commandante de la riposte démoniaque ne pourrait tenter que de vains essais de révolte.

Une réunion d'urgence fut donc mis en place peu après la mise sous cachot de Sappho pour réfléchir au condition de sa captivité. Après tout, l'elfe noir avait quelques idées mais dans le doute sur les mesures extrêmes qu'il s'était suggéré, il voulut prendre en compte l'avis de ses seconds. Cela allait de la peine de mort pour le plus vindicatif, de l'épuisement total physique et mental, à la captivité sans torture. Laissant ses quelques compagnons débattre, l'elfe noir resta légèrement en retrait à les écouter. Il savait qu'il avait affaire là à une dangereuse démone au nerfs solides et à la forte conviction. Qu'il ne pourrait rien obtenir d'elle sans la torture. Cependant jusqu'à quel degré pouvait-il aller? Et puis quels sont les seuils de cette gamine? N'y aurait-il pas un moment où elle finirait par crever si il y allait trop fort? Pour clôturer la réunion, l'elfe noir finit par confirmer ses propres convictions par l'avis à peu près général de ses compères. Il fallait punition et interrogatoire.

Trente-cinq heures se sont passées depuis que la porte du cachot de Sappho fut fermée derrière elle. Accompagné d'un garde aéra, l'elfe noir s'apprêtait à ouvrir la porte après que le garde l'ait recouvert d'un halo de lumières vives. Car tel était le pouvoir de celui-là, entourer son entourage d'une aura de lumières. Une fois, l'opération finie, il poussa la dalle de pierre qui servait de porte au cachot.
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Sappho
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MessageMer 17 Nov 2010 - 19:47

[Le Deuxième jour de la captivité de la Faux]

Trente-cinq heures. C'est long. Très long. Le froid avait pris possession de ses membres, et ses doigts et ses pieds étaient glacés. Le bandeau de givre sur ses yeux lui vrillait le crâne. Elle s'était recroquevillée, dans un élan de peur. Mais au bout d'un certain temps, elle sentit ses sens divaguer et son esprit murmurer un appel au sommeil douloureux. Dormir, c'était sans doute un luxe qu'elle ne pourrait bientôt plus s'offrir. Alors... Elle s'endormit.

Est-ce-qu'elle rêva ? Sûrement oui. Du moins, son sommeil fut agité, puisqu'elle se réveilla allongée, les membres engourdis et l'esprit brouillé. Oui, elle eut ce vague espoir : que tout ceci ne soit qu'un cauchemar idiot. Mais le roc, les liens, le froid... Auxquels venaient s'ajouter la faim et la soif surtout, la ramenèrent sur... Ou plutôt sous terre. 

Elle laissa échapper un innocent juron. Sappho se sentait déjà faible. Mais ils pouvaient demander, ô oui, qu'ils demandent ! jamais elle ne lâcherait quoi que ce fut de vital. Jamais. C'était plus facile à penser qu'à supporter. Et elle eut bien de la peine à se redresser. Elle soufflait et sifflait, la gorge sèche. Mais il faudrait s'y havituer... Comme il faudrait s'habituer à ce grincement. 

Elle était donc assise, les jambes repliés et écartées, appuyant sur la morsure gelée, ses mains effleurant le sol minéral. Elle releva la tête, et passa une langue avide sur ses lèvres sèches, tandis qu'un sourire y naissait. Puis elle sentit cet insupportable pouvoir, cette "lumière" qui la brûlait, qui la révulsait. Sappho, par pur réflexe inutile, rassembla les bribes de ténèbres autour d'elle, formant ce qui s'apparentait à un mince bouclier, à peine visible... Et pour tout vous dire, il n'avait du bouclier que le nom. 

Faux le laissa pourtant, par pur provocation. Même, elle partit d'un léger rire et rassembla les ténèbres jusqu'à elles, et forma avec les particules noires deux petites marionettes. Deux copies approximatives des deux protagonistes ici présents. Sa langue perça à nouveau d'entre ses lèvres alors que son simulacre transperça celui de l'élémentaliste avec ses doigts griffus. Puis, n'en pouvant plus de maintenir ces formes, elles lui échapèrent et s'évanouirent. Cependant elle garda un sourire stoïque et effrayant, avant de s'écrier, la voix encore assez normale : 

" Tu empestes la lumière, vermine ... Hinhin, ça t'a plu ? Vraiment, j'aimerais te le montrer grandeur nature mais... Ah, c'est dommage oui... " Elle inclina la tête, et lâcha, comme ces derniers mots provocateurs : " Hey vous exaucer bien les dernières volontés dans le coin ? Humpf ben jette la mienne aux orties si tu veux, mais écoute, insecte : tout ceux qui voudraient prendre leur part de vengeance tu vois ? Tout ceux qui voudraient me voir pour n'importe quelle raison stupide ... Ben toutes ces vermines... " Sourire plus large, voix nasillarde : " ... laisse les venir ! "

Elle ferma -enfin- sa grande bouche, sur une expression hautaine et sans peur. Alors qu'elle craignait ce qui allait arriver. Peut être que ne rien voir serait finalement une panacée... Mais ne pas voir sa réaction, tout en sentant cette lumière brûlante... Entendre ses pas, sans savoir... Non finalement, c'était pire. D'ailleurs, c'était pas par manque de moyen qu'elle laissait ses esclaves torturés dans le noir complet hein. Pas folle pour ça la Faux...

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Shin
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MessageMer 17 Nov 2010 - 22:06

Le pouvoir des mots est puissant, mais la maîtrise du silence est bien plus important.

Fascinant de voir comment la prisonnière se débat vainement face à son sort. Première fois qu'il a été donné à l'elfe noir d'observer une telle scène, vu qu'il n'avait jamais eu auparavant à surveiller un captif. Dernier bris de fierté? Elan de désespoir? Pic d'humour au milieu de la fatalité? S'agissant d'une succube, cela pourrait être les trois à la fois. Sans prendre la parole, le Chef continua à écouter d'une oreille distraite les propos de Mademoiselle après avoir esquissé un sourire nerveux à la vue des deux marionnettes. Ainsi, même la pire de saloperies de l'univers pouvait revêtir les traits d'une gamine jouant à la poupée. Il ne comprit pas tout à fait en quoi cela pourrait l'atteindre et il se demanda si la démence ne commençait pas déjà à la guetter. Devait-il avoir du zèle pour autant pour cette immondice criminelle? Il songea un instant à ses propres motivations.

Après tout, lui-même n'avait pas perdu grand chose lors de la prise d'Elament et ce fut même un tremplin vers ce qu'il était devenu en ce moment-même, un dirigeant. Ces agissements ne pouvaient donc être mus d'une quelconque colère, voire haine envers cette personne, même si la crapule en face de lui avait tué des résistants et percer la ligne de défense. Après tout, même si ce fut un choc, il était à prévoir que les démons ne laisseraient pas les Commandos agir en toute impunité. C'était un risque, une lourde perte qui incombe des responsabilités au père de la Résistance, bien ancrées dans sa conscience. Néanmoins, l'insecte qui avait encore de quoi parler n'était que les commandes d'une riposte qui devait forcément arrivée.

Ensuite, éprouvait-il le besoin de se défouler de ses frustrations personnelles, à défaut sur une personne qui ne se fera pas entendre des citadins de la forteresse et qui mériterait son sort selon certains. C'était une perspective intéressante puisqu'il pouvait avouer que derrière le masque de commandant, il ressentait certaines envies qu'il se devait de refouler. Le besoin de sortir, de chasser du démons comme au bon vieux temps, boire une bière dans une taverne, respirer l'air fraîs. Bref, s'abandonner à ses désirs égoïstes. La satisfaction que lui avait procuré le pouvoir de créer cette citadelle, de diriger une communauté et d'obtenir des résultats de tous était bien lointaine, s'évanouissant à force que le cahier des charges s'agrandissait. Notamment lors de la réalisation de la Résistance. Tout cela devenait absurde pour lui. Pourquoi s'embarrasser de tant de décisions capitales pour de nombreuses personnes, alors qu'il était un homme libre il y avait un an de cela? Le pouvoir qu'il jouissait depuis plusieurs mois se transformait en une cage soudainement, où il ne pouvait s'échapper sans détruire la vie des personnes et l'organisation qui dépendaient de lui, Peut-être en faisait-il trop et exiger trop. Qu'il devait prendre son souffle plus souvent, bien plus que son sommeil et sa plongée quotidienne dans les eaux de la forteresse.

Mais il y eut Lya pour le soutenir et lui apporter de la douceur à ces rudes journées. Il eut de l'orgueil pour sa propre personnalité et donc il ne pouvait se permettre de douter de sa fonction. Il eut tout ce monde qui l'appréciait pour sa qualité de dirigeant et d'homme. Avec le recul, cette situation lui convenait bien plus que celle d'autrefois. Il était entièrement intégré à cette nouvelle société. Et ces frustrations furent tellement relativisés, qu'avec leurs petits poids elle finirent par s'envoler. Ce n'était donc du pur sadisme.

Suite à cela, était-il motivé par la nécessité de rendre la justice. QUELLE JUSTICE? Si par son existence, le drow avait bien compris une chose, ce fut l'ancrage de la justice dans un modèle de société. Donc qu'elle ne pouvait s'appliquer partout sur le même ton. Qu'il n'existait en réalité aucune réelle justice que celle que notre propre conscience nous cause. Durant un siècle, il avait été la chair à canon de la Tanière. Pourtant, personne ne lui portait grief en raison des meurtres, viols, tortures qu'il avait commis sur des centaines de personnes, pour certaines bien innocentes. On ne l'avait point accusé d'avoir réalisé ces actions. Il n'était donc point coupable au yeux du monde, alors en quelle mépris, cette abjecte gamine devrait-elle payer le prix de ces crimes? De plus, chez les démons où elle avait vécu, sous leur juridiction, ce Mal qu'on affirme délictueux n'est qu'une banalité parmi d'autres. Si torture et punitions, il y avait, ce ne serait dans ce cas pas en raison d'une Justice qui n'a point lieu d'être sur ce théâtre de violences. Le chef n'avait pas le pouvoir de créer un tel systéme.

Dans ce cas-là, il n'y avait plus raison pour laquelle Mademoiselle la Faux devait prendre cher : l'état de guerre. Elle était une ennemie dont il avait la responsabilité de détruire au nom de toutes les pertes qu'avait subi ses frères et camarades. La tuer ne suffirait pas à lui accorder le pardon. Oeil pour oeil, dent pour dent! Cependant, vu la mesure des conséquences de ces actes, elle devait en baver mille fois plus qu'elle avait pu en faire baver à d'autres. Pourtant cela ressemblait à un cercle vicieux, mais on ne pouvait échapper à cette guerre qu'en faisant couler beaucoup de sang. Au nom du passé qu'on ne peut oublier. Afin, en tant qu'ayant connaissances de nombreuses informations sur l'adversaire, et ne voulant pas gentiment nous les fournir, cette infamie devait passer à la table, sous le fer de la torture.

Punition&Torture, c'était le sort dont elle ne pouvait se soutraire à moins de réussir à s'échapper. Vaine volonté qui bien sûr, sera à tout prix réduit à néant.

Tandis qu'elle déblatéra, l'elfe noir fit le tour de la pièce. La température faible de cette salle était un délice pour un manipulateur de la glace comme lui et l'unique luminosité qu'il tirait de son aura lui satisfait. Il pouvait facilement connaître les mouvements de la prisonnière et sa position grâce à l'eau de son corps. Si elle se montrait agressive physiquement, il l'aplatirait. Et en ce qui concerne les sortilèges, point de peur vu l'état de faiblesse. Avec attention, il regarda les murs, le plafond et le sol pour connaître de potentiels failles ou opportunités. A côté, elle conspuait encore.


"Ne vous inquiétez Mademoiselle la Faux, c'est prévu au programme. Tous arrive au poing qui sait attendre."

Il fit signe au garde de commencer son travail.

"Je suis désolé pour le confort dont vous avez pu profité au cours des dernières heures. Nous allons procédé à quelques aménagements qui vous seront, nous l'espérons, désagréables."

Son partenaire aéra alluma quelques étincelles de lumières volantes qui grossirent les unes après les autres dans sa paume pour attendre chacune d'elles, la taille d'une luciole. Puis il laissa ses bestioles de silence et de lumières s'envoler dans la pièce, tout autours de la prisonnière. L'intensité de leurs rayons était pour l'instant encore faible pour laisser aux deux protagonistes, le sens de la vue. Quant à l'elfe noir, il claqua ses mains l'une contre l'autre pour faire émerger d'elle, un coulis d'eau. Un autre claquement des mains, et l'eau se tortilla pour aller ligoter les jambes de la prisonnière et les accrocher au sol par une chaîne liquide. Lorsque cela fut, il fouilla dans sa poche pour chercher un objet, tandis qu'il s'approchait de la minuscule Sappho.

"Ceci est une de mes inventions! Il s'agit d'un collier d'eau qui se gèle si on essaye de l'enlever et qui finit par transpercer la gorge de bris de glace si on persévère. N'essaye pas de vous pendre avec, la résistance de l'eau n'est pas assez forte pour vous étreindre le cou. Je vous en fait cadeau. Je vous prie de ne pas l'apprécier. Et puis je vous conseillerais bien de ne pas penser à vous suicider, mais vous en aurez forcément envie au cours de cette détention"


Malgré une potentielle combativité contre son geste, le chef entoura d'un coup sec le cou de la prisonnière désormais bien enchainée. Puis il lança une germe d'eau au plafond qui chuta tel un lançon sur le collier pour s'y attacher. Ce lien commença à se rétracter et lentement força la prisonnière à se redresser dans une étreinte aquatique qui bloquait ses jambes et sa tête. Lorsque cela fut, il fouilla de nouveau dans ses poches pour chercher deux nouveaux objets.

"Voici aussi des bracelets dont je vous serais gré d'être forcé de les apprécier. C'est le fruit de l'ingéniosité de l'un de mes partenaires. Si vous tentez de vous débattre, l'intérieur de ces bracelets commencent à s'embraser et provoquer de bonnes brûlures insupportables sur votre poignée. Je vous conseillerais bien de ne pas vous enflammer, mais après tout cela ne me dérangerait pas si c'était le cas."

En dépit de quelques potentiels résistances, le drow posa ses bracelets sur ces jolies poignées salies par la poussière. Ensuite, il lança deux nouvelles germes de part et d'autre de la pièce, sur deux murs opposés. Des filets d'eaux émergèrent d'elles pour aller s'accrocher aux bracelets. Comme le lien précédent, ces filets se rétractèrent pour laisser les bras de la prisonnière à une certaine distance de son corps, tandis que les ceintures qui la serrait précédemment empêchant ses mains de toucher son corps d'une quelconque façon ou de les porter jusqu'à son visage.

Une position bien contraignante et bien embarrassante.

L'elfe noir recula de quelques mètres pour observer son oeuvre. Il y aurait bien quelques détails à rajouter, quelques petites choses à enlever, mais pour l'instant, cela suffisait.


"Je vous prie de déprécier votre position, l'obscurité sur votre vue, la lumière qui vient d'être mis en place et l'air aéra que vous avez l'air de mal respirer. Si votre corps commencent à s'engourdir, dites-le moi, ce sera bon signe. Ne vous inquiétez, je m'arrête là pour l'instant, je laisse la suite de mes cadeaux surprises pour plus tard. Pour l'instant, je suppose que vous devez avoir faim."

[Si tu acceptes de prendre à manger : le garde t'apportera une soupe qu'il te fera boire, si tu refuses, ben tant pis, tu souperas quand même car on veut pas que tu crèves. En tout cas, sache que l'elfe noir veut te poser des questions et donc qu'il ne partira pas tout de suite du cachot.]
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Sappho
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MessageJeu 18 Nov 2010 - 10:17

Un soupir soulagé, laissant échapper une buée volatile, sortit de sa bouche. Soulagement...?! Ça y ressemblait, pourtant la vermine en face lui confirmait qu'elle allaitxen baver. Soulagée de quoi alors, petite Faux ? Ah... Oui bien sûr. Ne me dis pas que tu y penses encore ? Ne me dis pas que tu espères... qu'il vienne ... Illusion perdue, petite, tu vas juste comprendre le sens d'une haine millénaire, tu vas juste vivre un ressenti qui te dépasse. Comprends-tu ce dégoût dans leurs yeux ? Cette colère froide qui les anime ? ... Pas encore... Pas encore... 

Ah ses pas. Elle tenta de suivre son manège, et attendit la suite. Il allait la priver de ses mouvements au maximum ... Sappho sursauta au premier claquement de main et serra les dents lorsque des chaines d'eau saisirent ses pieds. Que voulait-il faire ?! Il s'approcha avec son "collier", la prévenant des risques encourus si jamais elle tentait quoi que ce fut. Elle montra les crocs, mais ne tenta pas de s'y soustraire. A quoi bon ? Folle, elle l'était bien sûr, mais un démon est doté d'un sens de survie assez développé. Celui de Sappho s'arrêtait là où commençait son allégence au Roi. 

Le froid autour de son cou frêle la paralysa. Cette sensation... Un frisson de dégoût la traversa. Mais pire encore, elle dut se laisser tirer vers le haut par une chaine à nouveau. Elle grogna et trebucha, les jambes engourdies, à moitié pendue par cette maudite chaine. Elle régurgita, le souffle coupé. Elle jura et l'insulta, en des termes assez obscures, puisqu'elle usa du langage ancien, celui dont elle usait pour contrôler dans des sorts complexes, les ténèbres. 

Et, puisque ce n'était évidemment pas suffisant, il l'informa que deux bracelets viendraient s'ajouter. Deux objets de douleurs brûlants. À ses poignets, elle sentit le métal chaud. Et à nouveau, des chaines qui l'empêchaient de mouvoir ses bras, ou si peu. Ah, elle avait l'air bien ainsi. Tentative complétement idiote ou simple provocation, Faux serra les poings et tira sur les chaines, comme si elle voulait ramener ses bras contre son corps. La brûlure était belle et bien là. Elle gémit et laissa tomber ses bras, les poignets fumant et la peau brûlée. Elle lâcha dans un souffle

" Pas mal vermine... Tu te débrouilles bien krkrkr "


Et elle déprécia cette position inconfortable, cette lumière qu'elle sentait s'insinuer sur chaque parcelle de son corps presque dénudé, et tout ces bijoux qui la séquestraient... Mais l'obscurité sur ses yeux... Elle hésitait encore entre la chérir comme des ténèbres ou l'abhorrer pour sa cécité. En tout cas, elle détesta les discours méprisants de son hôte. Ses façons et ses paroles.


" Hmpf je ne te ferais pas ce plaisir ... Hey t'as pas un nom que je puisse te maudire proprement ? Ou tu préfères que j'te donne un sobriquet comme à mes jouets ? ... ... Vermiceau ? ..." 

Elle partit dans un rire un peu fou. Démentiel. Et un peu triste. Ils ne la laisseraient pas mourir. Mais ils feraient tout pour qu'elle soit au bord de la mort, tout juste assez pour parler. La nourrir de force serait de toute façon obligatoire si elle refusait. Et elle finirait par refuser. Par vouloir mourir, elle essaiera sans doute de toute les manières possibles. 

" Comme si mes envies avaient la moindre importance ... "


Elle ne protesta pas lorsque quelqu'un lui enfonça une sorte de tétine dans la bouche. Sappho se sentit absolument ridicule. Mais malheureusement, le ridicule ne tue pas. Elle n'avait pas son mot à dire et tout le contenu de ce "biberon" passa dans sa gorge violemment. C'était sans doute une soupe de légumes... Mais bon sang, déjà qu'elle détestait les légumes, elle pouvait sentir sans trop de difficultés qu'on lui avait gentiement relevé le tout avec diverses... choses... Plus ou moins ragoûtantes. Surtout moins en fait. C'était foutrement dégueulasse, et la seule chose qui l'empêcha de vomir fut sa position debout. Et la tétine que l'autre vermine maintint dans sa bouche jusqu'à ce qu'elle avale aussi. 

Elle grimaça en essayant d'oublier tout ce qu'elle avait pu ingurgiter. Et elle sentait que le vermiceau était toujours là. Sans doute voulait-il déjà quelque chose à demander. Passant sa langue sur ses lèvres, elle commença :


" C'était carrément gerbant, vermiceau ... "
Elle soupira encore, apparemment ennuyée : " Aaah j'imagine que tu vas me questionner pas vrai ? Et bien... vas-y ! Je serais peut-être coopérative ... "

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Shin
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MessageJeu 18 Nov 2010 - 14:21

Surement d'Ez3kiel

Les paroles de la prisonnière, le chef les écouta. A son grand dépit, il dut la forcer à ingurgiter cette soupe ragoutante bourrée d'un profond serum de vérité qui ferait effet dans quelques instants. Il contempla la scène. Ressentait-il du plaisir à agir d'une telle sorte, avec autant de mépris et de violence? Non, bien qu'il avait été habitué au sordide depuis tout jeune, ce qui le faisait, fait, et fera endurer à cette misérable gamine ne l'enchantait guère. En tant qu'instrument d'un camp, il se devait de jouer ce rôle de persécuteur. Un devoir dont il ne pouvait se soustraire et dont il devait même lui faire l'honneur d'être bon. Elle demandait un nom. Vaine tentative encore une fois, mais l'elfe noir savait que ce ne sera pas la dernière.

Vaine car l'elfe noir ne lui répondrait pas. D'abord parce qu'il devait garder son identité secrète, rien que cela suffisait à taire son nom. Mais aussi, dans l'état actuelle des choses il ne se considérait pas comme la personne qu'il était d'habitude et d'usages. Enlever sa personnalité, renier son existence même, pour agir comme la pire des espèces, comme les démons donc. Ce qui se passait là allait à l'encontre de ces vingts-cinq dernières années. Son repenti de sa vie d'avant. Il se considérait là comme étant redevenu celui qu'il fut en tant que membre de la Tanière. Ce qui se déroulait dans ces cachots resterait dans cette prison. Il n'était donc pas Shin, mais un simple tortionnaire.

Lorsque le garde finit de vider le contenu du biberon dans la gorge de la sale gamine, l'elfe noir se releva de la position où il s'était assis. Il songea d'ailleurs à se commander un tabouret. Elle avait raison, pour dire qu'elle en avait encore à revendre. Il avait des questions. Il fit signe au garde de sortir de la pièce et d'aller surveiller le couloir de la prison. Entre ses conseillers, ses gardes et lui-même, tous avait appris à parler avec des signes de la main en guise de code, ce qui était pratique pour ne pas se faire entendre. Derrière l'elfe noir, la porte se ferma dans un bruyant grincement strident dont la prisonnière en aura peu à peu l'habitude. Il n'était plus que tout les deux. Dans un violent mouvement, il balança un gros coup de poing dans le ventre de la prisonnière qui devait recevoir ce coup de pleins fouets, à défaut de ne pouvoir reculer à cause des chaînes. Puis il fit quelques pas en arrière et songea aux réactions qu'aurait ces camarades lorsqu'il leur laissera toute liberté d'assouvir leurs volontés sur cette succube. Les poings seront certainement la première idée qui leur passeront par la tête
.

"Mademoiselle la Faux, au cours de mon existence de vermiceau, j'ai appris quelques petites choses. Je vais vous en dire une : L'âme ne peut contenir qu'une certaine quantité d'émotions. Cette quantité varie selon les individus et les moments bien sûr, mais lorsque cette capacité est surmenée par un trop grand flot d'émotions, positives ou négatives, le corps a besoin de se décharger, de se défouler. Lorsqu'on souffre, on éprouve le besoin de crier et de bouger. Lorsqu'on jouit aussi."

Au cours de son discours, un croc de glace se détracta d'entre son index et son majeur gauche. Il s'approcha de l'engeance et posa la pointe sur la joue droite de celle-ci. Cette lame était pourvue de dents pointus avec un bout très fin pour découper aisément la chaire. Depuis longtemps il n'avait pas eu l'usage de ses crocs et cela lui rappela le nombre faramineux de démons qui étaient tombés sous ses crocs. Désormais il venait de leur trouver une nouvelle utilité. Pas forcément très saine.


"Je suppose que vous n'êtes pas encore assez à bout pour répondre à des questions importantes. Nous y viendrons plus tard. Notamment lorsque le contenu de la drogue que je viens de vous injecter fera son effet. Commençons par deux simples questions : Que savez-vous de la Résistance? Et que savez-vous du lieu où nous sommes? Si vous répondez mal, je pense que vous avez compris que votre sourire sera la première victime."


Il allait devoir faire d'abominables choses et il savait que tout ceci n'était q'un début. Il ne pourrait point être fier de ce qui allait se dérouler. Néanmoins il devait y faire face et s'y résignait. Il ne pourrait jamais dire qu'il agissait à son insu, contre son gré. En dehors, tout ce qu'il raconterait sur cette emprisonnement seront des mensonges. Mais à lui, il devait pas esquiver les faits et reconnaître la vérité. Il était tout aussi démoniaque que ses ennemis. C'était sa nouvelle voie, son nouveau credo, celle du Chef. Et cette malheureuse gamine allait passer par de nombreuses expériences de la souffrance. Peut-être en perdrait-elle la tête.
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Sappho
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MessageJeu 18 Nov 2010 - 18:06

Spoiler:
 

Grincement sinistre, l'autre venait de quitter ses quartiers. Elle était à présent en tête à tête avec son tortionnaire. Elle entendit ses pas lourds sur le sol rocailleux. Ah si elle l'avait vu venir ce premier coup... Elle n'aurait guère pu faire grand chose, attachée comme elle l'était. Le coup lui coupa le souffle, et elle lâcha un juron étouffé du genre "Salaud", alors qu'elle ne pouvait même pas se replier sur elle-même et qu'elle se refusait à hurler, pas déjà. Elle serra les dents, contracta ses muscles. Le douleur irradia mais comme il le disait, elle ne pouvait pas exprimer cette souffrance avec son corps. C'était frustant et cela augmentait le douleur. Elle comprit rapidement toute la perversité de cette position ridicule. Elle cracha :

" Appelle moi Faux ou Sappho et cesse tes belles paroles, à moins que tu ne veuilles bien me faire jouir Chouchou ?! "

Elle cessa de parler et se tint stoïque lorsqu'il posa sur sa joue une pointe acérée. Réflexe futil et malencontreux, elle sortit ses griffes et agita ses mains, réveillant une légère magie brûlante. Ah un serum de vérité... C'était donc cela. Elle sourit un peu, pas trop pour ne pas se transpercer la joue. Puis elle s'occupa dudit serum qui circulait en elle, usant de ses désormais rares ténèbres pour se protéger de ses effets.


" Ce que je sais ? Bah quelques camps, des noms lâchés dans les Geôles ou d'autres choses. Pas besoin de plus pour exterminer des vermines. "
Elle inspira et sentit son odeur à lui. Ah il sentait la lumière. Et la glace, la magie... Elle souffla dans sa direction supposée la buée chaude. " Et j'ai une assez bonne idée de mon emplacement... Si Iblîs a attaqué c'est que vous étiez sur son territoire bien sûr. "

Elle hésita à en dire plus, mais la pression sur sa joue, et la frivolité de la question la décidèrent à continuer. A moins que ce ne fut le serum.

" Sous terre, profondément. Dans des grottes récentes. Autant dire que cette fois, personne ne viendra me... Tss Putain de serum. "

Cette fois, c'était de trop. Quelqu'un l'avait déjà sauvée... Ah elle venait d'y penser. C'était en fait la seule chose qu'elle voulait dissimuler. Personne ne l'avait sauvée. Non, personne n'avait trahi pour elle. Elle devait s'en convaincre, sinon elle finirait par le trahir. Oublie Faux... Oublie ce passé, il ne te servira à rien dans ce cachot. 

Elle rentra ses griffes et murmura, montrant les crocs, et laissant sa voix enfler doucement mais sûrement : 

" C'est tout ce que j'ai à repondre. "


Ce n'était pas suffisant. Si un esclave lui répondait ainsi, elle le punirait sans doute. Elle n'en espérait pas moins de cette vermine qui semblait maitriser à merveille l'art de la torture. Quelle chance. Et surtout... Oublie le Sappho. Oublie Lysias, si tu veux toujours le sauver... Si tu veux rendre ce qu'il a oublié. Sourire à la con qui troue sa face, bientôt percée ailleurs... Mais Faux n'a pas dis son dernier mot pour le provoquer. Veut-elle souffrir à ce point ? Non, bien sûr que non... Mais c'est dans sa nature de se révolter. Quitte à rompre ses paroles de Faux, parole à Lysias, parole à Aran. Sans trop réfléchir, elle concentra les minces ténèbres qui lui restaient juste entre sa joue et la griffe de son tortionnaire. Non, Faux ne se laisserai pas faire. Non, elle ne le laisserait pas la briser aussi facilement, pas tant qu'elle pourrait respirer, ou plutôt... pas tant qu'elle garderait une raison de survivre. Peut-être après, abandonnerait-elle. Mais ce temps était encore loin. Et pour le moment, Sappho se maintiendrait en vie et garderait son savoir pour elle. Alors qu'ils essaient de l'étudier... Qu'ils essaient de percer à travers ses ténèbres... La petite succube eut une sorte de frisson de plaisir, qui traversa son corps... plaisir à quoi ? Ah plaisir d'imaginer cet élémentaliste utiliser d'aussi cruelles méthodes, de se montrer tel un démon. Finalement, il finirait bien par la faire jouir.

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Shin
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MessageSam 27 Nov 2010 - 20:37

Everybody Knows That You're Insane - Queens of The Stone Age

"Nous pouvons lutter, nous pouvons avancer, progresser, évoluer, les lois de l'univers agiront toujours sur nous. Sans une véritable transcendance, nous n'échappons jamais totalement aux réflexes du passé. Les miens, ceux d'un démon."
Légende d'un elfe noir, Shinreï Suiton

Partiellement, cette répugnante prisonnière répondait à ses questions. Si le reste ne venait pas, était-ce de l'ignorance ou de la résistance? N'ayant jamais utilisé de serum auparavant,le chef en ignorait les effets dans l'absolu. C'était sensé déverrouiller les langues mais à quel point? Intentionnellement, l'elfe noir avait posé une question qui ne nécessitait pas que la succube fasse une grave entorse à ces engagements. Une façon de commencer doucement un interrogatoire. De connaître les limites de l'esprit de la maudite enchainée. C'était toujours sa manière d'agir, tout en crescendo. Tel un spadassin qui guette sa proie avant de l'abattre.

Etait-il satisfait de ces réponses? Non. Il songea un instant à la question qu'il avait posé. Si elle avait détaillé vaguement l'endroit sans le nommer, peut-être que sa requête était mal formulée. Qu'importe, il devait passer à la suite, sans quoi ce serait la preuve d'une faiblesse dans son raisonnement. La pointe de son croc sur la joue droite de la prisonnière, il décocha un coup de poing du côté gauche de la mâchoire de l'infortunée succube. Les chaînes vibrèrent sous le choc, vacillant légèrement. Dans le mouvement, le visage de la succombante femelle s'écorcha sur la griffe et une vilaine entaille se mit à rougir. Volontairement, l'elfe noir vint lécher goulument le saignement, d'une façon bien perverse. Il murmura ces quelques mots à l'oreille.


"Cela faisait longtemps que je n'avais pas bu du sang."


Aussitôt, il enfonça son poing dans son abdomen à nouveau. Il en profita pour se détacher d'elle et reculer de quelques pas.

"Continuons."

L'eau jaillit de son bras vers le sol et un tabouret se forma derrière lui avant de se solidifier en glace. Le chef posa ses fesses dessus et croisa les jambes.

"Vous êtes une prisonnière précieuse, Mademoiselle la Faux. Nous savons que vous retenez de nombreuses informations sur vos alliés vu votre position. Si je n'ai pas de réponses maintenant, j'en aurais tôt ou tard. Cela va durer longtemps. Jusqu'à votre épuisement total. Puis on vous jettera comme une putain. Ou que sais-je d'autres. Je ne pense pas que mes associés voudront que je vous tue malheureusement. Comme vous le dites, personne ne viendra vous chercher. Pour cela il faudrait déjà qu'il sache où vous êtes. Et puis qu'ils parviennent jusqu'à nous. Vous êtes donc à moi pour quelques temps. Le temps de voir à quel point vous pouvez haïr quelqu'un et tenir à la vie."

Il leva la main devant lui, vers elle, et les chaînes commencèrent à se rétracter, écartelant la créature démoniaque. Un frisson parcourut son échine. Voir ce corps soumis à son contrôle lui donnait envie de vomir sur ses actions. Pourtant il se connaissait. Il fut un démon, il eut un temps. Et toute sa vie était rythmé par la violence sous toute ses formes. Il ne luttait pas contre même si ces derniers temps, il se sophistiquait en devenant le chef de cette forteresse. Cela lui procurait toujours autant de satisfaction de combattre un bon adversaire, de se défouler sur quelqu'un. Mais torturer une personne qui allait devenir de plus en plus vulnérable ne faisait pas parti de ses plaisirs démoniaques qu'il affectionnait tant. Par contre, il y mettrait tout son coeur à l'ouvrage. C'était son devoir de chef de faire perdre ces charmes à l'ancienne commandante. Et si ces anciens réflexes pouvaient servir à quelques choses, autant bien les manier, même sans convictions.

"Vous parlez de noms lâchés dans les geôles! Comment s'appellent les prisonniers que vous avez détenu? Où se trouvent ces geôles? Et quels sont ces noms lâchés et que savez-vous d'eux?"

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Sappho
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MessageDim 28 Nov 2010 - 12:37

Spoiler:
 

Et encore un coup... Ah il faudrait bien qu'elle s'habitue à en recevoir... Était-ce seulement possible ? Non bien sûr que non. Il ne la ménageait pas et elle gémit de douleur entre le coup lui-même et la coupure sur sa joue. Foutue douleur. Elle croyait la connaitre oui, elle croyait savoir... Et le contact de sa langue contre sa joue... Il la révulsa au plus haut point. Elle voulut repliquer, mais à nouveau, elle eut le souffle coupé par son poing dans son ventre. Elle grogna, toussa. Sappho commençait à comprendre. Quoi donc ? Que cette douleur ne s'arrêterait pas. Elle comprit aussi l'utilité de son collier. Malgré les coups qu'elle recevrait, elle ne risquait pas de se casser le cou. Et au fur et à mesure qu'elle comprenait... Un mélange de respect, de crainte et de haine féroce pour cette vermine montait en elle.

Un frisson de dégoût la parcourut en sentant l'élément aquatique non loin d'elle. Que faisait-il ? Que préparait-il ? Elle garda le silence durant le discours qui ne lui apprenait pas grand chose. Le programme annoncé ne la surprit pas. La garder en vie, l'épuiser, la faire parler. C'était un credo qu'elle-même avait suivie. Elle souffla entre ses dents, insufflant toute la haine possible dans chacun de ces mots, cette haine millénaire des démons aux élémentalistes ...

" Je ne mourrais pas. "
Elle releva son visage, déformé et démoniaque, et cracha en face, à son bourreau invisible : " Jamais ! "

Non elle ne devait pas mourir. Elle avait encore des raisons pour vivre. Lysias... Aran... Elle n'était qu'une gamine, elle avait besoin d'eux. Senector, Iblîs... Seraient-ils déçus si elle crevait ici-bas ? Peinés au mieux, indifférents probablement. Elle sentit les chaines la tirailler : il commençait à l'écarteler. Le meilleur moyen de lui déboiter une articulation en somme. Une pensée saugrenue lui vint : le plus douloureux était-il de se déboiter une articulation... ou de la remettre en place ? 

Elle laissa cette question idiote pour écouter le tortionnaire. Faux, par un reflexe et par une certaine peur, tira sur ses bras pour éviter le pire. Mais bien sûr, elle n'eut le droit qu'à une cuisante brûlure, qui lui arracha un grognement tandis qu'elle serrait les dents. Repondre et trahir ou souffrir encore. C'était toujours ce même choix tentateur. Ce même choix cornelien. Trahir, elle se le refusait. Elle n'était un démon mineur. Si on lui avait confiée des informations, ce n'était pas pour les lâcher au premier venu... Pourtant... ne l'avait-elle pas déjà fait ? Elle avait laissé ce nymphe découvrir les démons. Mais ce n'était pas pareil. Elle sentit les tiraillements sur ses membres se faire plus impatients. Elle garde pourtant le silence encore. Ses griffes inutiles s'allongent un peu tandis qu'elle sert les poings, se perçant elle-même la paume des mains. Elle cracha :


" Leurs noms ?! Ils en avaient ? J'en ai vu passer des vermines et tu crois que je connais leur foutus noms ?! "
elle gémit encore, se mordant la joue : " Mes geôles. Privées. "

Un mince sourire avait réussi à lui venir. Maintenant, il restait cette foutue question... Elle semblait prête à répondre, puis... Sa face abîmée se fendit d'un sourire dentés. Il croyait que ça suffirait ? Sappho filtrait ce foutu sérum en elle. Il en faudrait plus pour lui faire révèler ce qu'elle savait. Beaucoup plus. Mais Faux ne doutait pas que cet ersatz de démon pouvait atteindre sa limite. Limite qu'elle ne connaissait pas mais pouvait approximer. Elle comptait sur sa folie pour oublier la douleur permanente. Peut-être ce pari était-il fou... Elle sentait ses muscles se contracter dans un mince espoir de ramener ses bras. Elle ne reçut que d'autres brûlures à l'avant de ses poignets. Mais elle garda son sourire et lui lança à la figure, avec un calme glacial assez effrayant :


" Va crever salopard. "
Elle esquissa un mouvement du cou, et partit d'un rire moqueur. Elle imita une voix suppliante et fluette, puis reprit son rire dément. " Oh ma Dame venez me sauver... Ô Dame Ruby, libérez moi... KrKrKrKrKr ... "

Alors elle ne trahirait pas. Plus. N'était-ce pas en contradiction avec le premier souhait... Celui de ne pas mourir...? Si, bien sûr. Mais Sappho était orgueilleuse. Elle refusait de trahir et de plier face à lui. De toute façon, vous me direz... Vu sa position et ses chaines, elle ne risquait pas d'être pliée en deux.

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MessageDim 28 Nov 2010 - 15:07

Du temps, il en avait. De l'imagination aussi. Et si la succube malfaisante résistait à de premiers assauts, l'elfe noir en tirait une grande satisfaction. Malgré les supplices qui l'endolorissait, cette gamine encourageait le chef à continuer en répondant de travers. Chaque subversion de sa part était une raison en plus de poursuivre cette scène macabre. Le chef s'en réjouissait. Quelques jours auparavant, la torture du premier prisonnier fut rapide en raison de sa faiblesse d'esprit et il eut été impossible d'aller très loin dans la séquence. Un peu frustrant, étant donné que l'elfe noir voulait découvrir les tréfonds des âmes les plus démoniaques et connaître les limites de chacun. Plus cette frontière entre la fidélité et l'instinct de survie était profonde, plus cela donnait des perspectives intéressantes à l'elfe noir. Une des raisons secondaires de l'elfe noir était son goût prononcé pour la recherche et le développement. Paradoxalement, plus elle se rebellait contre sa fatalité, plus elle participait au progrès des élementalistes. Après tout, ce côté-là n'y connaissait pas grand chose sur la torture et la violation de l'esprit.

Il la laissait continuer de papoter. Chacune de ses phrases était un délice pour l'elfe noir. Cerise sur le cadeau, elle invoquait le nom de la Matriarche, si cher au cœur de l'elfe noir. Après un léger rictus, car le chef n'aimait pas que des ennemis prononçaient le nom de la cristaléenne, il prolongea le rire de la démone sur une dizaine de secondes. Peut-être bien que la saloperie se trompait de personne. C'était peut-être là ce qui faisait une partie de la motivation des démons. Se croire totalement différent des élementalistes pour mieux les pourchasser. Mais c'était bien là de l'ignorance. L'elfe noir ne comptait sur personne pour survivre. Même si l'elfe noir avait des frères, des camarades, des enfants, il était le seul propriétaire de sa façon de penser. Il ne dépendait de personne.

Il reprit la parole.


"Tout ceci est passionnant Mademoiselle la Faux! Je dois vous reconnaître une bonne conscience de démon. J'aime bien être du côté des élementalistes pour cette raison. Ainsi mes ennemis sont des durs à cuire et on ne peut jamais s'ennuyer à vous affronter."

L'elfe noir se releva de sa chaise et commença à tourner autours de l'immondice.

"Ce que j'apprécie particulièrement chez vous, c'est que vous avez une dualité entre vos instincts primaires et vos allégeances. Les petits démons n'ont pas ça. Ils peuvent trahir aisément. Ils se laissent entièrement guider par ce qui fait d'eux des êtres maléfiques. Mais vous, société démoniaque, vous luttez contre cette nature pour vous élever en puissance et en maîtrise. Ce qui fait de vous de féroces cuirassés."

Arrivé derrière elle, il se précipita dans son dos et la prit violemment par le cou. Le bras posé sur sa poitrine, il lui chuchota à l'oreille.


"Mais au fond de vous, vous restez des démons."

Il enleva sa main de sa gorge pour la tirer par les cheveux et pencher sa tête en arrière. Il enfonça ses doigts dans la bouche de la démone et entoura ses canines du dessus avec de la glace. D'un coup sec, Il en arracha une. Puis il refit le même mouvement et en arracha une deuxième. Puis une troisième avant d'arrêter. Le gel évita le saignement. Puis il ramassa les quelques mèches qui pendaient sur le front de la succube pour les rajouter au bouquet de cheveux que l'elfe noir tenait dans sa poigne droite. De nouveau, le croc se dégaina. Petite, petite fille, tu vas vite perdre ton insouciance. Les pointes de sa griffe se mêlèrent aux mèches.

"J'aime bien vos cheveux, Mademoiselle la Faux. Cela se voit que vous en avez pris soin. Vous aimez vos cheveux Mademoiselle la Faux?"

Il ne réfléchissait plus. Sa conscience était éteinte. Il avait des raisons d'agir et donc ne se préoccupait plus de savoir si ce qu'il faisait était moral ou non. C'était un processus de destruction d'une personnalité, petit bout par petit bout. Et ce déchaînement de violence ne ferait qu'augmenter à force de l'insubordination de la prisonnière. Si elle donnait au moins une information utile, elle lui laisserait un laps de temps pour récupérer. Peut-être une journée ou deux. Peut-être seulement quelques heures. De toute façon, il savait que ce n'était que la première séance et que la seconde allait être beaucoup plus...brûlante. Et si elle ne répondait pas à ses questions maintenant, il les reposerait plus tard, encore et encore, jusqu'à fatiguer son esprit au point où tout les plombs sauteront. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle dévoile tout, tout de suite, évidemment. Mais cela viendra et tout ce qui se passait maintenant était nécessaire pour la suite.

"Quelle est la composition de vos troupes? Je veux des noms, leurs pouvoirs, la hiérarchie."

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Sappho
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MessageDim 28 Nov 2010 - 17:37

" Merci du compliment... "

Ricanement, alors qu'elle l'entendait tourner autour d'elle. Et parler et encore parler. Sa voix l'exaspérait. Son ton l'énervait. Ses "mademoiselle Faux" lui tapaient sur les nerfs. Elle écouta ce qu'il disait, et comprit qu'il disait vrai. La loyauté des démons était un paradoxe pour eux, eux qui vivaient pour leur pomme et avaient un instinct de survie fort développé. Alors oui, Sappho devait se faire violence pour ne rien dire au final. En même temps, elle prenait un certain plaisir masochiste à pousser cet élémentaliste à se comporter en démon. Il n'avait pas l'air d'un débutant, il n'hésitait pas et ne la lâchait pas. 

Soudain elle sursauta et commença à tourner la tête lorsqu'il lui ensserra la gorge de sa main. Elle paniqua un peu, et tenta de se defaire de son emprise. Son cou heurtant le collier, des pics commencèrent à y apparaitre. Alors elle resta stoïque. Faux déglutit alors qu'il tira sur ses cheveux, amenant sa tête en arrière. Elle tenta en vain de bouger, alors qu'un froid brûlant sur ses dents lui arracha une exclamation douloureuse. Elle sentit sa main à cet elfe, sa maudite main, pénétrer sa bouche et...


[Souvenir]
Lysias : - Si tu veux vivre et que les autres t’en empêchent... ne leurs cède jamais rien de ce qui t’appartient de droit. Fuis ou écrase-les. …C’est égoïste, hein ? Mais moi c’est ce que je pense. La prochaine fois, ne perds rien.
Sappho: - Je ne peux plus fuir maintenant... Mais puisque tel est ton désir, je ne perdrai plus rien. "
[Souvenir]

Et là, que devait-elle faire ? À part crier. Elle hurla et c'était bien naturel. Des larmes coulèrent, de douleur oui. Des larmes froides. Des larmes de haine. Elle respirait fort et mal, tant la douleur irradiait de sa machoire. Et pas de répit, ô non... Pour elle il n'y aurait pas de répit. Elle gémissait encore qu'il lui posait d'autres questions... Menaçant ses cheveux. Symbole de succube. Symbole de Sappho, cheveux noirs en bataille. Il se riait d'elle avec ces "mademoiselle la Faux" encore... Et la haine viscérale qu'elle entretenait contre les vermines montait en elle, prenait le dessus. Faux jusqu'au bout. Jusqu'au bout... Devait-elle se laisser detruire sans répit ? Non non... Sappho la Faux se battra. Dernière longue danse d'une Faux. 

Respire. Craint. Sa poitrine se soulève trop vite. Elle ne lui répond pas tout de suite. Est-ce qu'elle hésite ? Lui répondra-t-elle finalement ? Faiblira-t-elle aussi aisément ? Sa respiration se fait plus calme, elle deglutit et ravale sa salive. Rien non, il n'aurait rien à se mettre sous la dent.


" Meurs... Meurs meurs meurs ! Meurs mille fois, lombric infâme... Te voir baigner dans ton sang est mon souhait, te transpercer, te découper, t'éviscérer... Te voir supplier cette Dame Ruby ... voilà qui me ferait jouir ! "


Elle avait craché le dernier mot et parlé d'une voix dans laquelle déjà perçait sa folie profonde. Folie qu'elle avait mis un an à maitriser. Folie congénitale, issue d'une généalogie quasi incestueuse. Mais les larmes coulaient de ses yeux bandés : puisqu'elle devait crever, elle préférait essayer de se battre.
Dernière danse d'une Faux
Danse d'une Fille de la Nuit
Danse avec le Douleur et la Souffrance
Qu'il n'essaie pas de laisser reprendre ses forces. Oh non. Qu'il n'essaie même pas. Sappho vivrait, même si c'était dans la douleur, elle préférait vivre. Vivre, parce que c'était sa promesse. Une promesse qu'elle tiendrait, que cet elfe le veuille ou non.

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MessageDim 28 Nov 2010 - 20:50

Versus - Ez3kiel

Hurlement. Haine. Souffrance. Malaise. Le coeur au fond de sa poitrine venait de se faire transpercer une nouvelle fois. Pour faire ce qui devait être fait à cette gamine démoniaque, il devait avoir les viscères accrochées. Il refusait que quiconque d'autres eut à accomplir cette tâche. Cela lui donnait la nausée. Pas dans ses habitudes de torturer une succube qui avait l'apparence d'une fille. Pourtant il se devait impitoyable. Monstrueux. Redevenir tout ce qu'il avait nié pour extirper tout ce qu'elle avait dans les tripes. Tout ce qui se passait ici, dans cette cellule, était d'un autre temps, pas un autre que lui. Ce qu'il fut de plus primitif, ce qu'il se savait avoir, ce qu'il possédait d'un certain passé. Devenir plus misérable que le plus pervers des démons.

Qu'elle endure, cette enfant, ce qu'elle avait fait à d'autres. Qu'elle insère dans sa petite tête, ce retour de bâton. Seul ceux préparés à souffrir devrait blesser les autres. En avait-elle vu assez? Que savait-il d'elle au fond? Au cours de ses séances, ils apprendraient certainement l'un de l'autre. Peut-être par des mots, même si ce n'est que insultes ou questions, mais sûrtout par cette douleur, cette haine profonde qu'il instillera en elle. Qu'elle garde le souvenir pour toujours. Oh oui, elle vivra, mais il ne la laissera pas vivre sans en payer un certain prix. Qu'il alourdisse son fardeau. Dans son âme, d'une souffrance éternelle.

Était-il sensible à ces paroles? Évidemment. Déjà qu'elle parla de la cristaléenne en ces termes lui donnait envie de la baffer encore plus fort. D'ailleurs pourquoi elle l'appelait Dame Ruby? La craignait d'elle? Du respect pour elle? Ainsi, la Matriarche avait bien de l'effet sur les démons. A cette pensée il sourit intérieurement. Après le reste, il s'en fichait. Ou du moins, l'idée selon laquelle ce qu'elle prononça pouvait se réaliser ne lui faisait point peur. Non pas qu'il se sentait en sécurité derrière ses différentes forces. Mais qu'il en avait déjà baver assez dans sa vie pour ne pas avoir de se faire trucider. La mort, il l'avait frôlé tellement de fois qu'il savait un jour, Elle ne l'effleura plus. Elle l'enlacera. Ce jour-là, il acceptera son sort pour tout ce qu'il eut réalisé et réalisa ici bas, mais en attendant il était vivant et continuerait ce qu'il avait à vivre.

Barbarie. Ce fut ce qui était réservé aux prisonniers. Sans pitié, sans répit. Pourquoi en user alors que les démons ne leur en avait jamais laissé? L'elfe noir se demanda un moment qu'elle était alors la raison pour laquelle il était là. Cette fille était d'une race issue d'une haine millénaire, une race destinée à la destruction par cette puissante haine. Ancré dans le sang. Mais lui? Il n'était pas né dans une famille qui combattait les démons. Cette même famille fut annihilée par la Tanière, certes. Cette dernière avait néanmoins emporté l'elfe noir et il finit au cours des décennies à ne plus avoir de rancœurs. Envoyé en mission à la Cité, il y a plus de vingt-cinq ans, il avait tissé des liens, fut ami de nombreuses personnes et s'unit à Elament. Puis, Elle était tombée et il avait formé ce petit refuge, devenant alors le fer de lance de nombreuses vies, des élementalistes. En fin de compte, mais si il n'avait pas ses origines ici, il avait noué d'immenses racines avec la Cité et ses habitants. Pour arriver aujourd'hui à torturer une démone. D'une espèce qui n'était pas son ennemie par nature. Mais par un choix. Le choix d'abandonner la Tanière et vivre de l'autre côté.

L'elfe noir était donc là. Bien loin de ce qu'on lui destinait à la naissance. Devenu un élementaliste par le don et un habitant de la cité par adoption. Il avait alors un grand atout en lui. Si il s'était retiré de son clan, il ne niait pas son caractère maléfique, comme une empreinte qui ne tarirait jamais. Il pouvait donc combattre les démons en étant lui-même un démon. Protégeant l'intégrité de ceux qui étaient derrière lui. Pas de crainte, pas d'effroi. Juste un peu de dépit. Puisqu'il se sentait capable de bien mieux. Tout ce qui se passait ici anéantissait cette mutation. Ce serait donc un secret. Un fardeau qu'il devrait porter seul. Il était capable du meilleur comme du pire.

Un lent mouvement. Les mèches commencèrent à glisser vers le sol sous les dents de scie. Puis d'un mouvement brusque, il arracha un grand filon. Découpant à mi-longueur. La tête de la prisonnière revint vers l'avant, mais l'elfe noir agrippa ce qu'il restait de tignasse et fit de nouveau basculer le visage en arrière. De son autre main, il paralysa la mâchoire pour fermer sa gueule. il posa ses yeux à quelques centimètres au-dessus du visage de la succube.


"Pas tout de suite, ma belle. Un jour, peut-être, la vie vous offrira l'opportunité d'exaucer ce souhait. Mais pour l'instant, elle m'a donné tout pouvoir sur votre misérable existence. Cruel n'est-ce pas? Laissez les derniers morceaux de votre esprit disparaître les uns après les autres. Laisse votre haine se diffuser. Laissez-vous aller aux pires pensées. Qu'elles vous détruisent. Détruisent ce qui il y a de plus cher en vous. Et si vous résistez, je serais là pour vous y forcer. D'une manière ou d'un autre, j'obtiendrai de vous ce que je veux avoir."

Délicatement ses lèvres se posèrent sur celle de la succube. Quelques secondes. Suffisamment longtemps pour que l'esprit de l'elfe noir lui-même ne puisse plus en faire plus. Purger totalement sa motivation à torturer pour ce jour. Quand il eut fini, il mordilla la lèvre inférieur de la démone et arracha un morceau pour laisser perler quelques gouttes d'hémoglobine. Du bout de la langue il les lécha. En ayant toujours grand soin de bloquer la mâchoire. Puis il inspira et souffla un air glacial sur le visage de Sappho. Oui elle s'appellait Sappho, elle n'avait pas le monopole ici des termes qu'il pensait à son sujet. Lui aussi était l'immonde, le misérable, le monstrueux, le maléfique, la crapule.


"Fin de cette séance. Je reviens prochainement ne vous inquiétait pas. D'ici là, vous aurez sûrement quelques invités et le garde viendra vous nourrir. Je vous laisse pour l'instant la parole et le bénéfice d'essayer de cracher à la gueule des gens. Profitez-en bien, cela ne va pas durer. Bonne journée Mademoiselle la Faux."

Il la relâcha, se retourna vers la dalle, essuya d'un revers de la manche le sang sur ses lèvres. Sous son pouvoir, la dalle commença à glisser sous les mécanismes de glace et il s'appréta à partir.

[Dépendant de ce que Sappho fera dans l'instant, la séance continuera ou l'elfe noir partira]




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MessageLun 29 Nov 2010 - 7:18

Et sa tête s'allégea... Elle sentit les mèches dégringoler dans son dos et tomber... tomber... Il la lacha, le cou endolori, avant de saisir sa tignasse désordonnée. Que voulait-il encore ? Il lui enserra la machoire, de telle sorte qu'elle ne pouvait plus la bouger. Sappho resista et tenta d'ouvrir la bouche mais c'était bien sûr ridicule. Elle dut l'écouter. Parler et parler encore... Sa voix ... Son souffle sur son visage. Elle voulait protester. Gueuler. Il ne toucherait pas à ce qui était précieux à ses yeux. Non... Mais pour qu'il ne le touche pas... Il faudrait qu'elle l'oublie. 

Puis il y eut ses lèvres froides sur les siennes. Contact glacial. Elle ne broncha pas, de toute façon, elle ne le pouvait pas. Elle supporta. Elle gémit lorsqu'il mordit sa lèvre avant de la lécher. Elle frissonna d'un plaisir malsain, jouissance du torturé à son bourreau. Il la relacha enfin. Ah déjà finie ? Faux souffla imperceptiblement, passant sa langue sur les trois vides couverts d'un peu de glace. Elle se laissa aller à un tremblement avant de relever mollement sa tête et de la laisser apouyer sur le côté. Sappho le laissa partir sans rien ajouter. Elle souffla, une fois parti, avec un rythme doux :


" Dors petite, dors Lala... Lyly est là, Tella... Dors petite, dors Cali... Ulha est là, Mina... Dors petite, dors Vida... Sys est là Tulia... "


Elle continua à murmurer cette berceuse incompréhensible. Tout les noms ridicules... C'étaient les noms de ses jouets, de ses victimes. Sappho sombra dans la folie noire et continua à chantonner longtemps, très longtemps après son départ. Il faut dire qu'elle avait des noms en stock. Puis un moment, elle ferma sa bouche et laissa le silence l'envelopper. Elle avait mal. Au ventre, à la machoire, au crâne, aux poignets, aux jambes, au cou. Savoir que cette douleur serait permanente ne l'aidait pas à s'y habituer. Elle laissa son esprit se calmer, sa folie redescendre. Doucement. Calmement. 

Cependant... Elle n'eut guère le loisir de se calmer plus. La dalle de pierre grinça, signe que quelqu'un venait. Qui que ce fut, il avança vers elle, et Sapoho leva la tête, un peu éberluée. Puis elle lâcha un mince cri alors qu'il lui enfonça son poing dans son ventre. Elle l'avait voulu, tous les rencontrer. Elle allait être servie. Il la prit par la machoire et serra fort, appuyant sur l'écorchure et l'hématome :


" - Elle s'appelait Jeyla. Elle attendait notre enfant. Et c'est toi... Il devrait te tuer. 
- Jeyla ... Jey-la... ? Krkrkr
- Qu'est ce qu'y te fait rire démon ?!
- J'aime connaitre les noms de ceux que j'ai tués. "

Outch ça ne rata pas ça : il lui foutut un bon poing dans sa gueule. Puis un deuxième. Et un troisième dans l'estomac. Il répétait son nom "Jeyla" tout en la frappant. Il s'arrêta et la laissa sonnée, chancelante et épuisée... Tremblante. Il avait l'air satisfait. Sans ajouter de mots, il partit... Pour laisser place à un autre. Celui là agit à peu près de la même façon. Il la baffa d'abord. Il donna son nom et celui de son fils. Ah tiens, ça changeait. Et elle s'en souvenait en plus. Elle lui raconta sa mort en riant à demi... L'homme lui fila encore deux gifles cinglantes qui la laissèrent coites. Il partit sans rien ajouter, la laissant avec ses joues rouges ou violacées. Et elle attendit encore. Encore...

... Grincement. La porte sans doute imposante s'ouvrit doucement, et des pas lourds s'approchèrent. La personne saisit sa machoire endolorie et la força à ouvrir la bouche. Elle sentit la foutue tétine s'enfoncer profondément dans sa gorge. Il lui montenait la bouche hermétiquement fermée avec une main et pressait la poire du biberon de l'autre. Elle sentit la soupe refroidie et surtout emplie d'immondices solides et/ou liquides descendre dans sa gorge. Elle tenta une fois de regurgiter. Grave erreur. Elle crut s'étouffer puisqu'il ne s'arrêta point. Elle sentait dans sa bouche le mélange de soupe et d'excréments... Elle dut attendre que tout le biberon passe avant d'avaler cela. Et encore, il maintint la tétine enfoncée, pour être s'assurer qu'elle ne vomisse pas. Longtemps... Presque trop longtemps. Elle protesta silencieusement, mais finit par attendre simplement. 

Il retira la tétine, lui laissant un goût sec et de sang dans la bouche. Elle passa sa langue et sa salive sur ses lèvres sèches et écorchées. Puis elle laissa sa tête s'appuyer sur le collier de glace, pas trop pour ne pas éveiller son maléfice. Et elle attendit. Voilà grosso modo ce que serait son quotidien. Attendre - se languir ? - d'un tortionnaire démoniaque juste pour une voix, un son quelque chose à quoi parler.


Cycle lent et vicieux de la Folie 
Qui entraine une Faux affaiblie
Dans les tourments de la Nuit
Jusqu'à la Minuit
De son Âme meurtrie

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Shin
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MessageLun 29 Nov 2010 - 22:28

Serj Tankian - Sky is Over

Culpabilité. Scrupules. Regrets. A peine la première séance fut-elle finie qu'il commençait déjà à se tourmenter l'esprit de ces actes insensés. A l'intérieur de cette cage, tout semblait éloigné de la réalité et l'absurde prenait du sens aux yeux d'un chef qui n'avait pas perdu la raison depuis loingtemps. Il devait rester droit et accepter son statut de bourreau, sans le dire à personne, ni même à sa chérie. Que ressentirait-elle si elle savait qu'il avait posé ses lèvres sur celle d'une autre? Contre le gré de cette dernière de plus! Comment agirait-elle si elle apprenait ce déferlement de violences gratuites? Un instant, il ne comprit par son comportement. Tout ce qu'il fit jusqu'à ce moment était logique et porté par ses compagnons, par un espoir bienveillant. Il n'avait point besoin de mentir et il lui suffisait d'invoquer la Résistance pour sceller des informations. Mais CELA, cela ne pouvait se cacher derrière la Résistance. On ne pourrait pas le pardonner et ils le sauront bien assez tôt. Les uns après les autres perdront la foi en lui et tout ce qu'il avait bâti s'effondrerait comme un château de sables secs. Devait-il arrêter alors? Poursuivre l'enterrerait encore plus profond dans le discrédit. Pourtant il l'avait compris au cours de ces derniers mois que chaque action entraîne des responsabilités.

Il quitta les lieux d'un pas vif. Il accéléra après qu'il ait quitté le garde. Il courut. Rapidement. Se cognant contre la paroi du couloir qui le reliait au reste de la Forteresse. Une, deux, trois fois. Il s'effondra au sol. Au contact du sol, il gerba. C'était déjà trop, trop de supplices à donner. Pourtant dans sa vie de drow, il avait commis de nombreuses atrocités. Auparavant, il y avait déjà un année de cela. Des meurtres. Et à des décennies, il fit des viols, du cannibalisme, de la trahison. Du carnage sur un chemin tracé par le sang. Son coeur d'enfant avait péri depuis longtemps. Pétrifié par ses propres actions et la vision d'un monde en proie au désespoir. Pas dans ses habitudes de déglutir à la moindre saloperie. Et pourtant, ses tripes remontèrent violemment dans sa bouche avant d'éclater sur le sol froid. Peut-être était-ce la douceur de Lya et de ses compagnons qui avait allégé son âme, rendu plus vulnérable. Peut-être n'était-il plus capable d'être aussi monstrueux. Plus de force maléfique.

Il se releva, chansonnant contre la paroi, dans l'obscurité, à l'abri des regards. Aucun garde surveillait ce long couloir vers les prisons. Pas très loin après la bifurcation vers la Commanderie, il arriva dans ses quartiers et verrouilla la porte. Que même Lya ne puisse rentrer. Il plongea, les pieds en premier, dans le trou qui le menait à sa réserve d'eau personnelle qui reliait ce petit logis à son bureau. Il ferma les yeux et disparut dans la masse. Un état de libération totale. Apaisant. Revigorant. Loin de cette prison. Il se réveillerait dans longtemps. Le temps d'oublier cette souffrance. Heureux à lui de pouvoir s'en libérer contrairement à Mademoiselle la Faux.

Durant ce temps, il savait que ses compagnons veufs, orphelins ou ayant perdu leurs enfants, frapperait à la porte pour en mettre un coup dans la tronche de celle qui avait ôté la vie. Un? Plusieurs certainement. Sous le coup d'une colère qui ne pouvait s'estomper instantanément. Ils reviendraient certainement et le chef leur laissait libre accès. Lui aussi avait perdu ses enfants dans ces multiples batailles. Il ne s'en rendait compte que maintenant. Ils ne les connaissait pas tous, mais pour une poignée, il avait partagé des mois de vécu avant de les envoyer à la mort. C'était sa faute. Autant qu'à celle de la commandante démoniaque. C'était un devoir de luttes, des hautes responsabilités à prendre et qu'il avait accepté d'endosser. Cela n'empêche qu'il devrait vivre avec leurs morts sur la conscience. Peut-être alors, que cette haine millénaire qu'il infligeait à la pauvre captive n'était qu'un prétexte à souffrir lui aussi. Ils avaient tout les deux du sang de résistants sur leurs sangs. Elle serait la victime et il sera le bourreau jusqu'au bout. Aucune solution au fond, mais une nécessité de subir le passé. Comme une paiement de retour.

Des heures passèrent. On s'inquiéta. Même si c'était fréquent, il avait encore disparu. On se demandait ce qu'il fit dans ses quartiers, mais l'elfe noir s'accorda ses quelques heures d'égoïsme. Puis il remonta à la surface et commença une nouvelle journée, sans dire un mot à Lya, ne l'embrassant même de ses lèvres qui venaient de la trahir. Son visage ne chavira pas dans l'ombre grâce à des mois d'exercices et il continuait ses besognes de commandant dans toute la Forteresse. Des ordres, des conseils, de l'aide. Se donnant ardemment à la tâche. Avec un peu d'acharnement et d'obstination. Oubliant durant un temps, l'immondice dans ses geôles qu'il faudrait bien persécuter encore plus fort. La deuxième séance était déjà prévue et il savait qu'à la fin de la journée, il y passerait.


[Le troisième jour de captivité de la Faux]


Et elle se termina, peut-être trop rapidement cette fameuse journée. La dalle grinça à nouveau, d'un son qui semblera familier au cours des prochaines semaines. Sans un mot, il s'approcha de la prisonnière et frappa avec force dans la poitrine.

"On se réveille!"
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Sappho
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MessageMar 30 Nov 2010 - 21:54

Le noir c'est chiant. On imagine pas comme ça, on a toujours les yeux ouverts, quand on va dormir, c'est avec des images de la journée pour nous accompagner et fermer les paupières. En vérité, garder les yeux fermés était insupportable. Pour beaucoup de raisons parfois idiote parfois énervante. Finalement, elle avait réussis à trouver le sommeil, la tête légèrement appuyée sur le collier, pas assez pour l'activer, pas assez pour soulager sa nuque. Elle soufflait doucement et respirait encore normalement, alors que la relative faible douleur irradiait de son ventre et de ses joues à vif. 

Elle avait encore toute sa tête la Faux. Il faudrait du temps avant de la lui faire perdre vraiment. Du moins, elle l'espérait. Ses pensées, brumeuses et solitaires, s'égarèrent du côté des démons, se rappelant des paroles de deux sorciers fous, deux sorciers des ténèbres. Iblîs et ses maximes à double tranchant, Senector et ses remarques si pértinentes... Oui Sappho est un démon cruel et sadique, qui n'aspire qu'à tuer dans la souffrance les engeances des dieux. N'était-ce pas une cause noble ? N'était-ce pas une bonne chose que de débarasser la terre des élémentalistes ? Oui, c'était ce pourquoi les démons continuaient à vivre et à se multiplier. 

Et maintenant qu'Elament était à eux... Pourquoi cette pathétique résistance ? Pourquoi vouloir se rebeller ?... Oh oui, elle le savait en vérité. Lysias lui avait dis... Être libre, mais pas que. Vivre libre dans Elament d'avant, c'était ce qu'il appelait "chaleureux"... Elle cracha du sang qui coulait de ses gencives abîmées.


" Chaleureux ?! Ahah Lyly... T'es trop naïfs... "
Elle releva la tête, ayant entendu un bruit. Y aurait-il quelqu'un ? Non impossible... " ... Qu... Qui es là ? C'est toi vermiceau ? "

L'espèce d'espoir qui s'immiça dans sa voix la dégoûta profondément. Non elle n'espérait pas vraiment que ce soit lui. Juste... Qu'elle trouvait presque plus rassurant de savoir qui était là... S'il y avait quelqu'un. Elle remua la tête, un brin affolée. Elle était sûre oui, sûre d'avoir entendue quelqu'un... De ses mains coulait encore quelques gouttelettes de sang, petites griffures qu'elle s'était infligée à elle-même. Son corps fut parcouru d'un tremblement violent, qui fit tinter les chaines et déclencha quelques brûlures aux poignets. Elle sentait la chair à cet endroit crâmer doucement... Voulait-il lui couper les mains ? Les faire pourrir ? Elle balbutia et attendit finalement.

Il n'y eut plus aucun bruit. Silence. Noir. Nuit. La solitude ne l'effrayait pas, elle la démone, mais rester seule des heures avec son propre esprit... Qui pourrait surmonter pareille épreuve sans sombrer dans la folie ? Qui ? Au final, elle s'endormit à moitié, du moins autant qu'il lui fut possible dans cette position et avec cette douleur qui prenait doucement ses quartiers sur et dans son corps. Et la folie qui prenait son esprit, au fur et à mesure que la situation lui apparaissait de plus en plus inextricable. De plus en plus horrible. Et elle ne savait plus oui... Est-ce qu'elle voulait le revoir ou pas son Lysias ? Pourquoi voulait-elle vivre autant ? Avait-elle peur de la mort ? 

***********
Douleur. 
Le souffle coupé, elle tousse, du sang, de l'air, postillone. Et la douleur reste et influe de sa poitrine, à chaque respiration précipitée. À chaque soulévement de son thorax, elle croit qu'un poids vient l'écraser. Des côtes sont félées ou peut-être cassées ? Qu'en sait-elle ? On se réveille... Mais qu'il aille au diable... Elle remua, tenta de reculer par un reflexe matinal et brumeux. Brûlures à ses poignets, pression sur son cou. Elle humecta ses lèvres sèches et continua de respirer par à coup, sous le choc. S'énervant, serrant les dents, elle siffla, mi-moqueuse, mi-déçue :


" Dire qu'on m'avait décris... Hmpf... L'ancienne Cité avec des habitants chaleureux... "
petit sourire, serait-il triste ? " ... Je crois qu'on m'a mentie. "

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Shin
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MessageJeu 9 Déc 2010 - 20:51

Entre la veille et cet instant, la journée fut une réelle purge. Plus que de l'éloignement dans le temps, c'était comme si un monde séparait ce maudit baiser et cette deuxième séance. Il ne le niait pas, ne l'oubliait pas. Cependant il considérait cela déjà comme du passé, comme une pure folie qui, si elle se poursuivait, finirait par le mener à sa destruction. Il n'en blâmait personne, ni ne se plaignait, ni ne s'en justifier. Un geste révélateur que même si il était un chef puissant en ces lieux, sa condition serait à toujours celle d'un mortel, en proie à la faiblesse et à la passion. Comme le besoin de mettre de l'irrationnel dans sa logique. L'elfe noir comprenait ainsi qu'il devait constamment s'entourer de ces camarades ou méditait bien plus profondément pour se retrouver tel qu'il était. Un homme de maîtrise et de puissance qui évitait de se gâcher.

Si cela était sa priorité, dans ce cas pourquoi s'enfouir dans les tourments de la torture? Si il avait pour principe de ne pas se corrompre, pourquoi était-il volontaire pour donner les plus grandes cognes à cette obstinée? Qui sait. Peut-être était-ce une épreuve pour lui-même pour connaître ses propres limites? Pis, il n'aimait point ces chefs qui ne se mouillaient jamais, qui laissaient dériver leurs bateaux sans prendre aucune responsabilités. Cette démone-là devait payer le prix de ces mille crimes au yeux des élementalistes. Elle devait avouer des informations et rien que cela méritait la torture pour démolir les murs de son esprit, les uns après les autres. Il en avait la force intérieure, la résistance mentale pour ne pas sombrer dans les travers de la culpabilité et des regrets. Il était le chef de la Forteresse et ne laisserait personne exécuter à sa place ce qu'il devait assumer.


"De la chaleur? Vous n'en trouverez pas dans ces cachots! Pas de la chaleur humaine, j'entends par là!"


Un gant de glace émergea sur l'épiderme de sa main gauche. Il claqua des doigts et un homme vint lui apporter la fourche métallique, battue tout juste à l'instant au feu de la forge. Il empoigna le manche avec vigueur. La chaleur qui émanait de cet outil brûlant floutait légèrement l'atmosphère tout autours. L'elfe noir passa derrière la prisonnière et positionna les trois pointes tout prêt de la peau du dos de la sorcière.

"Vous vous rappellez d'hier? Je veux des noms, les noms des démons importants de ta troupe. Je veux connaître les points stratégiques de vos représailles. Pour commencer."


A la moindre insubordination, il était prêt à laisser trois longues lignes de chairs cramés dans le dos de cette vilaine succube. Sans hésitation.
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Sappho
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MessageVen 10 Déc 2010 - 8:18

Thème Musical : Prosperity's compensation

Mais c'est qu'il n'était pas dénué d'humour le bougre... Quoi qu'on puisse dire, qui reprocherait à Sappho d'avoir tremblé en sentant la chaleur approcher ? Oh elle ne se faisait pas d'illusions sur ce que ça pouvait être. Du fer chauffé à blanc. C'était bien connu pour délier les langues... Elle paniqua, sa respiration s'accéléra. Qui voulait vraiment souffrir ? Personne non. Même pas elle, enfant des Ténèbres. Elle ne voulait pas tant de douleurs, du moins elle ne le désirait plus. Il y eut pourtant des moments où elle se disait invincible, ne craignant point la torture, adorant la souffrance... Mais l'avait-elle seulement subie ? Non, non jamais. Elle était une idiote. Une sombre imbécile s'imaginant pouvoir résister jusqu'à sa mort. Il viendrait bien un moment où elle lâcherait prise. Mais pas encore. Pas tant qu'elle pourrait garder sa folie au fond d'elle.

Elle l'entendit passer dans son dos, et approcher trois pics de sa peau pâle. Trois pics non pas brûlant, mais pire. Apeurée, elle arqua le dos, dans une pauvre tentative de s'en écarter. Ah il voulait comme hier, des noms. Des positions. Elle avala sa salive. Sappho ne voulait pas ... quoi ? souffrir ou parler ? Elle eut un doute qui faillit sauver son dos. Puis ferma son clapet et baissa la tête, laissant son dos à nouveau plat. À quoi bon ? Elle n'aimait pas le sentir derrière elle. Non, en fait, elle n'aimait sentir sa puissance sur elle. Et comprendre qu'elle n'était qu'une vermine ici lui ôtait un peu de sa répartie. Pourtant, elle ne pouvait le laisser sans réponse. Mais sa voix fut douce, aussi acide qu'un verre de lait, aussi tranchante qu'une feuille de pommier estivale...

" Nos représailles sont là où vous êtes, pour toujours, et mes démons les plus puissants répondent aux doux noms de Vice, Panique et Mort. "

Se foutre de sa gueule, ça avait un prix. Le prix de la chair. Le prix du sang. Le prix de sa vie et de sa lucidité. Comme une caresse sur sa peau, il apposa les trois griffes à blanc en haut de son dos. Douceur d'une brûlure affreuse. Il appuyait et quoi qu'elle tente comme pauvre mouvement, il lui était impossible de se soustraire à cette morsure terrible. L'air chuinta et vibra, tandis que sa peau brûlait et laissait place à une chair à vif, carbonisée. Les trois griffes, trois sœurs de sa perte, descendirent avec une lenteur désespérante le long de sa colonne. Elles laissèrent trois longues lignes d'un rouge sombre, fumantes et palpitantes. Pas assez brûlée cependant, pour cautériser : un sang chatoyant coulait avec délicatesse dans son dos, parcourant les repris de ses vertèbres et de ses côtes avec tendresse....

... et pendant tout ce temps, elle avait crié. D'un cri qu'elle tenta de refouler en serrant les dents. Mais quoi ? Elle n'avait rien d'invincible. Rien d'une héroïne. On ne pourrait jamais dire que Sappho la Faux fut la plus résistante et la plus courageuse sous la torture. Son cri déchira l'air brûlant, et des larmes chaudes mouillèrent le bandeau de ses yeux. La douleur était insidieuse parfois. Là, elle était un peu comme des squatteurs. Elle prenait place sans vergogne à la place du reste, faisant ombrage des sensations de d'habitude. Refusant de partir. Dans l'injustice la plus totale, elle sentait le mal englober tout son corps et la faire trembler. Ah il voulait toujours sa réponse pas vrai ?... Elle respirait fort et vite, comme après un combat. Douloureux combat qui ne lui donnerait aucune victoire...

" Chroniques... Et la lame brûlante de nos Seigneurs les démons s'abattit sur leur tête... et ainsi les élémentalistes tombèrent... que leur corps pourrissent et que leur âmes rejoignent nos rangs ou soient tourmentées à jamais... "

C'était un simple passage des Chroniques des démons, comme il y en avait tant d'autres. Comme il y avait tant de batailles... Sappho les connaissait, sans doute pas toutes, mais elle se targuait de sa connaissance de cet ouvrage. Elle aimait ces histoires de Seigneurs si puissants... Sa voix s'était faite monotone, un peu hachée par la douleur qui la prenait, sans doute trop rauque. Mais qu'importe, pas vrai ? Puisqu'elle pouvait s'attendre à sentir de nouveau les trois sœurs de sa perte contre sa peau diaphane. Elle n'essaya pas de contracter les muscles de son dos... À quoi bon ?

« Et des entrailles de la terre sortit un flot impétueux et sauvage,
et de ce flot sortirent nos frères et nos sœurs, pour le même pouvoir... pour le même but.
Que la roture soit notre bouclier à nous les Seigneurs, et que les secrets restent à jamais nos armes. »
Chroniques Démoniaques, Chapitre II

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MessageMar 8 Fév 2011 - 5:39


Point de repli. Point de répits. Il s'était donné comme objectif de soutirer des informations d'elle. Il devait la détruire pour mieux la dompter et exploiter au mieux ces méthodes pour cela. Il ne pouvait point prendre la tangente vis à vis du comportement qu'il arborait. Un comportement qui devait le mener à réussir son entreprise d'interrogatoire sur un des caractères les plus difficiles à transpercer. A chaque instant, il doutait de ses méthodes de malfaiteurs dont il usait à s'en devenir fou. Néanmoins, il ne renoncerait point jusqu'à ce qu'il est atteint ses fins. Peut-être essuierait-il un échec avec cette façon d'agir. Mais il continuera. Jusqu'au bout. Et si il devait changer en cours de routes la manière de la traiter, il le fera. Dans l'unique but de triompher d'elle si il ne récoltait rien ainsi. Cependant l'heure n'était point à l'indécision, point à la réflexion. La scène était engagée.

Le Chef fit couler le sang et cramer la chair avec sa férocité naturelle. Sans faillir un instant et sans traîner. Trois traces qui la marqueront à vie comme toute les autres marques qu'il venait et allait lui infliger. Il ne s'arrêta point jusqu'à ce que le bassin soit atteint. Il ne pouvait en faire autrement si il voulait paraître un tortionnaire crédible aux yeux aveuglés de la succube. S'imposer comme maître par la puissance et par sa volonté inébranlable. Si elle pouvait croire un instant pouvoir se jouer de son persécuteur, alors cela ne ferait que renforcer l'idée de l'elfe noir de persévérer. Alors la souffrance sera faite. Tant pis si elle s'habituera à la douleur au fil des séances. Pour instiller dans son esprit les peurs qui feront d'elle son pantin, il devait la blesser quand le bluff ne fonctionnait point. Car le patron ne cherchait point en priorité à la faire souffrir physiquement. Le mental pouvait très bien apprendre à y résister.

Mais la peur. Oui, la peur. Elle affaiblit. Elle fait saigner. Elle transforme peu à peu l'être à un mollasson dénué de volonté propre. Elle était capable de détruire les murailles les plus solides pour les remplacer par des barreaux les plus dures, enfermant sa victime dans une prison qui n'a qu'un seul geôlier : la victime elle-même. Nous allons t'apprendre aujourd'hui petite Sappho, que si tu es munie de puissants alliés, tu as en toi ton pire adversaire. L'elfe noir ne l'ai point. Il n'ai qu'un ennemi, certes difficile, parmi d'autres. Comme les autres, il cherche à te combattre. Mais à ceci prêt qu'il sait où chercher son arme la plus puissante face à toi. Dans ton propre esprit. Et si la souffrance pouvait le soutenir, alors il sera ainsi.

Elle, elle cria, elle cita un écrit. Lui, il sourit, il prépara son prochain coup. Oui il sourit car la succube lui donnait elle-même la matière avec laquelle il allait l'attaquer. Un sourire carnassier lui déchira le visage comme à son habitude. Une excitation était palpable. Il aimait à utiliser sa créativité pour personnaliser ce qu'on lui donnait et changer de simples idées en des réalités concrètes. Lorsqu'elle finit ses tristes paroles qui pourrait donner la rage à n'importe quel élementaliste susceptible, l'elfe noir tenta son nouveau coup. Il passa son bras gauche sous l'épaule gauche de la prisonnière pour glisser sa main noir à son cou d'une froide blancheur. Puis il porta ses lèvres à l'oreille droite de la prisonnière et prononça les mots suivants :

"Pourtant, je suis ici le Maître du Vice." Ses doigts passèrent délicatement sur le menton puis avec le revers, il coulissa sur les joues, avec une effroyable douceur. "La Panique est ici mon meilleur Allié". Avec son autre main qui portait la fourche, il passa le long manche brûlant entre les cuisses, frôlant légèrement les jambes pour remonter jusqu'à l'intimité de la succube, laissant l'horrible vague de chaleur insinuer à quel point le moindre contact pourrait être douloureux. "Et la Mort...AHAHAHAH...Elle Ne viendra pas vous Sauver." Des petites lames de glace émergèrent sur ses phalanges de sa main promeneuse et grincèrent sur la gorge. "Vous Tomberez, Votre Corps pourrira, Votre Ame sera mienne ou finira tourmentée. Ne vous trompez pas de personne. Ici, c'est Moi Votre seigneur." Son souffle se rapprocha de l'oreille et un rire maléfique explosa dans la bouche du chef pour venir percer le tympan avec puissance. Puis il se calma aussi rapidement que son rire s'était déclaré. "Ma petite Prisonnière, nous pouvons terminer cette séance maintenant, il ne tient qu'à vous de vous décider. Les démons ne sont plus vos alliés et je peux vous Aider, si vous vous montrez coopérative. Alors dites-moi, ce que je veux entendre. Ce que je veux. Connaître la structure de votre ancienne armée. Les moyens d'approvisionnement. Mais aussi les noms de vos anciens esclaves. Je vous laisse la parole."

A chaque mauvaise réponse, l'elfe noir commencerait à faire saigner la gorge et brulet la jambe droite de la prisonnière dans le sens montant en partant du genou. Et si dans les trente secondes il n'obtiendrait aucune satisfaction, elle pouvait tout simplement dire adieu aux plaisirs charnels. Diabolique n'est-ce pas?
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MessageMar 8 Fév 2011 - 8:39

Spoiler:
 




Et la peur. La peur... Ah elle pouvait déblatérer, sortir ses chroniques. Elle pouvait parler, ruer, crier. Elle pouvait toujours protester. Elle savait. Pour être elle-même un bourreau, elle savait que pour détruire une âme, le mieux était de l'enfermer dans sa peur et sa folie. Sa paranoïa. Savoir qu'elle finirait comme une larve rampante aux pieds de cet elfe... Elle refoulait cette pensée. Loin. Non, elle résisterait. Elle ne le laisserait pas la rendre à ses bas instincts de survie. Jamais, jamais, jamais. Résiste, soit le roc qui se dresse hein... Pff... Belles pensées... Vas-y pour les mettre en pratique, enchaînée et contrite, à la merci de la moindre idée tordue qui passerait dans l'esprit noir de ce tortionnaire. Elle se disait qu'elle n'aurait pas peur. Elle était folle, elle ne devrait pas avoir peur de lui. Belles pensées, si délicieusement optimistes. Si faciles à détruire. En quelques gestes de sa part, elle a peur. Ce contact l'effraie. Il suffit qu'il passe ce bras insidieux sous le sien, qu'il caresse gorge et son visage, qu'il amène ses lèvres à son oreille... L'excitation et la peur mêlée.

Un frisson la prit, de plaisir et de crainte. Mélange doux-amer qui la prend aux tripes. Elle halète, sent une sueur couler sur son front et une moiteur la saisir. Le Vice... pas vrai ? Vicieux bourreau qui la prenait par les "sentiments". Le fer chauffé était entre ses jambes, montant jusqu'à son intimité - oui, c'est pas vraiment crédible pour une succube, mais la situation exige un tel langage. Et la peur la prend vraiment. Elle n'est pas certaine qu'il soit capable d'une telle infamie... Ça se faisait, évidemment, comme torture, chez les démons. Évidemment. Mais pas si souvent que cela, car l'on aimait les tenter et les utiliser pour ce genre de plaisirs. Alors... Non non non il n'oserait pas... Elle panique. Elle sait qu'elle devrait se moquer de la douleur, puisqu'elle finira par mourir, un jour. Mais ce jour semble lointain. Peut-être heureux. Pas sûr. Elle avait rarement autant souhaiter mourir sur le coup. Peur. Irrationnelle et réelle, terrible et... un gouffre.


" ... jamais ... "

Jamais il ne sera son Seigneur. Le jour où elle le considérerait ainsi, elle serait comme morte. Disparue, éteinte, finie. Jamais, mais sa voix vacilla et ce soupir fut recouvert par le rire puissant qui lui vrilla le tympan. Elle geignit. Peur, crainte, terreur. Froide et brûlante, cuisante défaite que de ressentir cette effroi s'insinuer dans tout son corps. Sentir chacun de ses membres trembler. Sentir qu'elle sert les dents, qu'elle ravale sa salive.... Elle va peut-être préférer la mort au final. Pas encore. Elle passe sa langue sous ses dents, prête à la mordre, à saigner, à se laisser pendre par le sang et la langue. Mais elle la retire. Pas encore. Même si ses entrailles frémissent, qu'elle pourrait en vomir. Que son coeur s'emballe, que sa respiration s'accélère. Que ses mains se serrent et tremblent, qu'elle sue à grosse goutte sous la chaleur et la peur. Elle devait lui donner une réponse. Cela lui sembla une évidence.

Évidence terrible. D'en arriver là. Mais bien sûr, elle n'eut pas le temps d'y penser. Elle sentit la fourbe s'approcher de sa cuisse, elle sentait la chaleur dans sa chair, la chaleur sous sa chair, dans les endroits qu'on s'évertuait à protéger. Il y avait encore la douleur dans son dos, la chair qui finissait de cramer... La peur, la douleur, tout cela surpasse les plus âmes les plus droites. Sappho était loin d'avoir une âme droite. Elle gémit, de peur, de honte, de sentir la chaleur et la peur entre ses jambes. De se sentir lâcher prise sur sa fausse folie. Non en vérité, la Faux n'avait pas été si folle que cela. Elle avait un fond rationnel. Qui s'effondra d'un coup. Elle n'était qu'une foutue gamine et elle avait diablement peur de lui. Il faudrait bien qu'elle le comprenne et qu'elle finisse vraiment folle. Pour le moment, elle rejetait cette peur dans un dernier recoin de son être, celui qui était le plus stable. Mais son corps avait déjà cédé. Sous les caresses et les griffes, elle tremblait et claquait des dents, elle frémissait, elle se laissait aller aux pires bassesses pour éviter les contacts destructeurs.

Elle ne répondait rien, elle était tétanisée. Elle sentit... elle sentit la fourbe fourche sur sa cuisse remonter. Et c'en était sans doute déjà beaucoup pour son corps si faible. Pas trop. Pas encore. Mais elle sent qu'il sait ... par où ... la prendre - ceci n'est pas à prendre dans un autre sens... Alors que la fourche montait de son genou, elle sentait encore sa chair brûler, qu'elle se sentait à la fois mouillée et grillée, elle brailla, alors que les trente secondes qui la séparaient de ce cauchemar étaient presque finies :


" ARRÊTE !! ... " Elle frémit et enchaîna, terrorisée : " L'armée qui vous a détruis était dirigée par le Haut-roi Khisath et la Reine de Seladeg, Aï DeïsTarna... Arrête arrête... " Les larmes coulent sous son bandeau en se rendant compte de ce qu'elle faisait. La honte et l'impression d'être sale la prirent. De fait, elle s'était soulagée sur elle-même. " ... Les chevaliers les protégeaient et intervenaient dans les débats, mais au final... au final, les décisions revenaient au Roi. " Tout son corps tremblait, la chair sur sa cuisse grésillait et une odeur de brûlé et de sang montait à ses narines et l'enivrait. " Les approvisionnements... venaient des bastions reparties en Magyar. " Sa voix était faible et défaillante. Elle commençait à peine à comprendre ce qu'elle faisait. Ce qu'elle venait de faire. " ... Mes esclaves ... " Elle ne pouvait pas continuer, elle n'était encore détruite. Elle pouvait encore résister. " ... j'en ai tué trop pour me les rappeler. "

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Shin
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MessageMar 8 Fév 2011 - 20:45

La première question qui vint à l'esprit de l'elfe noir fut de savoir si ses réponses-là étaient suffisantes, pour ne pas laisser son geste se prolonger sur les quelques centimètres de peau restants sur la course de la fourche sur la cheville. Dire oui impliquerait que le Chef de la Résistance était un ignorant. Un naïf qui pouvait se contenter de peu. De quelques paroles assez vagues. Des noms connus, celle du Roi et de la Traître. Évasif sur les Chevaliers et les lieux d'approvisionnements. Et particulièrement tenace sur la fin. Des esclaves? Est-ce que l'elfe noir nommait chaque fourmi qu'il écrasait par son pseudonyme? Alors si on considérait, la très relative considération que les démons avaient pour leurs êtres inférieurs, à quoi bon poser cette question? C'était assez vain. Mais l'elfe noir ne pouvait rien laisser aux détails et retirer tout jusqu'à ce qu'il n'y ait plus une goutte d'eau dans le torchon.

Alors non ce n'était pas satisfaisant. Du moins pas entièrement. Car l'elfe noir venait d'obtenir là les premiers résultats de cette torture. Bien minces, de petits pas, un simple début. Et si la succube tremblait pour si peu, alors il pourrait continuer. Car à cet instant, sa conviction était confirmée. Il pensait aller encore plus loin ne serait-ce que pour dénouer un peu de la langue de la prisonnière. Pour cette séance, c'était suffisant.

Tout les jours, les Commandos se battaient sur le front au péril de leurs vies. Chaque seconde, les Spadassins œuvraient dans l'ombre et se dépassaient pour accomplir leurs tâches, pour certains dans la Cité elle-même, vivant dans la crainte d'être démasqué, capturé, torturé, tué. Dans la nature, des passeurs et des éclaireurs s'évertuaient à être le plus furtif et rapide possible pour communiquer entre les différentes forces de la Résistance. Des êtres à l'autre bout de la planète partaient en quête pour découvrir de nouvelles façons de triompher des démons. Et parfois la survie et la réalisation des objectifs de tous ne tenaient qu'à peu de choses.

Et si la moindre des informations récupérées à la Prisonnière pouvaient permettre de sauver des vies, affiner des plans et élaborer de nouvelles missions, alors l'elfe noir se devait d'être intraitable, sournois, puissant, dévastateur. Fourvoyant son âme jusqu'au bout. Le temps des regrets n'était pas encore arrivé. A supposer qu'elle arrivera un jour. Il n'était pas parfait et tout ceci était horrible, mais il s'agissait là l'unique façon qu'il avait de mettre à sa merci l'une des démones les plus dévouées à la cause du Roi. Il préférait agir plutôt que de ne rien faire. Et si il n'était pas doué par nature pour la torture, alors il le deviendrai. Pour le Salut des Elementalistes. Des larmes, des cris, des supplices, il y en aurait des flots et l'elfe noir aurait à les affronter un par un, gravés dans son âme à jamais.

Une chute. Un claquement de métal par terre. L'elfe noir avait laissé tombé la fourche maladroitement sur le pied gauche de la prisonnière, avant de pousser l'arme de tortionnaire complétement sur le sol. Il retira son main malicieuse et posa ses paumes doucement sur les épaules de la succube avant de les masser de ses tendre doigts. Bien qu'elle n'eut point le voir derrière ce bandeau, l'elfe noir affichait un sourire carnassier jamais autant large. Il posa un baiser sur la jugulaire, puis un autre dans la nuque avant de mettre ses lèvres près de l'autre oreille.


"C'est bien. Je suis fier de toi. Tu es désormais mon Esclave. Nous allons beaucoup nous amuser."

Un tabouret d'eau se créa sous les fesses de l'elfe noir et il put s'élever pour ne pas se fatiguer dans sa prochaine tâche. Laissant du lèse dans le collier, il obligea la succube à tomber sa tête en avant. La nuque découverte en raison de la perte de longueur de cheveux la veille, son prochain travail allait lui être facilité. De la main gauche, il se faufila dans une trousse dans sa ceinture et retira une fine aiguille et un flacon d'encre. Des souvenirs revint à son esprit. Il se rappela de ce tatouage qu'il avait dû lui-même se poser sur son bras le sigle de l'allégeance à la Tanière, il y avait quarante années de cela. A ses côtés, le vieux sorcier du Néant, Sirius Aberbald, surveillait la procédure. Il était devenu alors l'un des cents démons majeurs derrière Kaho Long et les Conseillers. Tant de chemin parcouru...et aujourd'hui il allait apposer sa propre marque sur le cou de sa prisonnière. Un long manche de glace se forma à ses côtés sur lequel il posa son flacon d'encre qu'il venait d'ouvrir. Il plongea le bout de l'aiguille et enleva le trop plein de noir sur le rebord. Il posa délicatement le bout de l'aiguille taché sur la nuque de la succube. A l'endroit précis où il avait posé il y a quelques secondes ses lèvres.

"Détends-toi, cela va prendre au moins une bonne heure. Tu vas avoir un beau symbole de ma possession."

Il enfonça légèrement l'aiguille dans la chaire et l'encre se diffusa. Il la retira, puis enfonça de nouveau à quelques millimètres. Il répéta le geste des centaines de fois, s'interrompant parfois pour prendre de l'encre dans la flacon et nettoyer le sang qui émanait des pores transpercés.. Puis il recommençait. Inlassablement, jusqu'à ce que le dessin suivant soit ancré dans la peau de la prisonnière. Pendant ce temps il restait silencieux et indifférent au comportement de la succube.

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Sappho
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MessageMar 8 Fév 2011 - 22:53

Elle avait donné des banalités. Volontairement ou pas, elle avait réussi. Elle n'avait rien livré d'important. Pouvait-elle s'en réjouir ? En sentant la fourche s'arrêter, elle se dit que oui. Il avait peut-être marché ? ... Etait-ce possible ? Elle continuait de trembler un peu, de gémir aussi. La chair brûlée lui faisait un mal de chien. Sentir la peau morte et noire, l'odeur âcre, le sang couler... C'était beaucoup quand on ne pouvait pas bouger ou se défendre. En soi, se mettre en boule était une protection. Se recroqueviller aussi. Ne pas pouvoir ainsi cacher son corps en soi, c'était déjà une torture terrible. Sappho avait honte d'avoir ainsi "cédé". Même si ce n'était de rien. Même si c'étaient de futiles bagatelles. Elle avait parlé, elle avait dit quelque chose et avait eu peur. Son corps l'avait trahi, mais son esprit aussi. Elle avait perdu un peu de sa verve de tout à l'heure. Elle attendait qu'il se décide. Suspendu entre ses lèvres, ses main, son bras, la fourche. Partout contre elle, elle sentait son contact. Bourreau contre prisonnière. Elémentaliste contre démon. Amant contre amante.

Soudain, la fourche tomba. Sur son pied. Elle lâcha un cri de surprise, et sentit le fer entamait la chair du dessus de son pied. Et il prenait son temps pour déplacer l'objet honni. Les tremblements commençaient doucement à la quitter et sa respiration jusqu'ici rapide ralentit doucement. Puis il y eut ses mains. Des mains... douces. Doucereuses. Sur ses épaules, les massant délicatement. Son corps se laissa faire, son âme se révulsa. Mais le corps avait l'emprise et l'âme était encore enfouie sous la peur. La peur de l'avoir lui dans le dos, pouvant à tout moment ... faire n'importe quoi. Le corps se laissa aller aux caresses et aux baisers sur son cou et sa nuque, inconscient des marques sournoises pour la dompter. Le corps s'apaisa, même si les larmes coulaient encore un peu. De fait, son nez aussi coulait et elle ne s'était jamais sentie aussi mal propre. Même sur le front. Ce serait bien entendu, le cadet de ses soucis, que son hygiène. Surtout, elle se concentrait pour le haïr. Lui, ses mains, ses lèvres. Mais quoi qu'elle pense, son corps réagissait à l'inverse. Elle avait beau l'abhorrer de toute son âme... Ces baisers arrachés l'émoustillaient et ses mots l'excitaient. Esclave... ?


" ... Non ... je ne suis pas ton esclave, vermine ! jamais... jamais tu ne seras mon maître ... "

Elle allait sans doute regretter cela. Oui, une petite partie de son esprit lui disait qu'un jour, elle l'appellerait ainsi. Elle en était... certaine. Elle serra les dents. Quelle autre idée aurait-il avant la fin de la séance ? Quelles autres questions ? Quelles autres tortures ? Elle n'eut guère à attendre longtemps. Elle sentit que le collier l'obligeait à se baisser et à baisser la tête. Lentement, terriblement. Elle se retrouva la nuque à l'air libre. Elle n'avait pensé qu'il lui avait retiré tant de cheveux... Elle essaya vainement de tourner la tête, mais le collier la fixait en plus qu'auparavant. Elle était complètement bloquée dans cette position inconfortable et si soumise. Ridicule. Elle le sentit dans son dos. Que préparait-il ? Elle tremblait un peu, ravala sa salive. Soudain, un frisson. Comme une piqûre légère sur sa nuque. Rien ... Elle ne comprit pas immédiatement ce qu'il comptait et ce qu'il dit n'arrangea pas son incompréhension.

Et le pic s'enfonça dans sa peau. Si peu, si rapide, si douloureux. Il y resta. Ressortit et... de nouveau le pic. C'était une douleur ... vivace, renouvelée à chaque instant. Pas une douleur à laquelle on pouvait s'habituer, car elle partait à différents endroits, tout le temps. Surtout dans la nuque, et pour une succube à la peau aussi fine que Sappho... la douleur lui arrachait des larmes, des gémissements et des cris étouffés. Des grognements. Elle essayait de se tortiller, d'échapper à la douleur. Mais entre son cou et ses poignets et ses pieds, elle ne pouvait rien faire. A part subir, comme... d'habitude. Et ça continuait, rapide mais long. Une aiguille qui perfora mille fois sa peau diaphane. Une aiguille maudite et glaciale. À même pas la moitié, elle abandonna les cris pour des pleurs et des gémissements continus. Elle n'avait plus la volonté d'essayer d'éviter la douleur. Loin de s'y être habituée, elle la subissait, toujours en réagissant par un geignement pitoyable et des larmes. Plus de cris illusoires, comme si quelqu'un viendrait la sauver. Plus de tentatives de mouvements, inutiles.

Dans son esprit, la pause de la marque sembla durer une journée entière. Et lorsqu'une dernière fois, l'aiguille s'enfonça dans chaire pour la quitter quelques secondes après, elle continua de gémir et de pleurer. Les milles trous minuscules semblaient vriller à travers son cou, tous en même temps. Comme si l'aiguille continuait de s'enfoncer dans chacun des points. Elle soufflait terriblement fort, expirait par à coup. De la sueur trempait ses cheveux et son visage. Sa nuque la brûlait. Il ne lui avait rien demandé... et pourtant, elle lança, comme si tout cela n'avait été qu'une punition pour son absence de vrai réponse de tout à l'heure. Pourquoi Sappho, pourquoi fais-tu cela ? Elle ne le sait pas elle-même. Elle n'a pas réfléchis. La douleur enlève toute réflexion.


" ... Laewyn Law, Erzed Uldia, Ly... " non pas ça. " Lyliane Vand, Ba, Ania Aubopale, Aran Moiread.... "

Des noms, d'esclaves. Et elle se sentait tellement épuisée. Peut-être avait-il dit ça ... en espérant qu'il s'en aille là dessus ? Oui, elle comptait vraiment sur ça. Et oubliées, déjà, ses propres connaissance en matière de torture. Faire croire qu'en parlant, tout sera plus facile. Qu'en parlant, tout sera moins douloureux. Balivernes, et elle avait toujours trouvé les élementalistes idiots de la croire. Maintenant... elle comprenait. Mais c'était trop tard. Elle avait déjà mordu à l'hameçon. Pas entièrement certes, car après tout, elle n'avait toujours rien révélé de capital. Mais... le jeu était déjà bientôt fini, à moins d'un sursaut de sa part, mais ce serait sans trop espérer. Non... Sappho la Faux était rentrée dans le piège. La piège du torturé, se livrant au plus primaire de ses instincts : la survie, à tout prix, même au prix de sa parole et de son serment, de son amour propre, de sa fierté. Perdre tout ça... combien de temps cela prendrait-il ? ... une voix rauque qui s'élève. Moqueuse. Alors... tout n'est pas fini ? Il lui reste donc encore un peu de répondant, hein ? Elle s'accroche à une chimère, la succube... à rien. À son arrogance.

" Jouer aux démons... ça ne va pas à tes lèvres, ni à tes mains, vermine. "

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Shin
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MessageDim 20 Fév 2011 - 20:58

"On ne peut nier le passé jusqu'à la fin de sa vie. Il est même vrai que parfois mes anciennes qualités me furent d'une grande utilité."
Légende d'un elfe noir, Shinreï Suiton


Il y eut des secousses, des cris et des larmes. Il y eut de la fatalité, de l'emprise et une pointe. Le temps paraissait infini tandis que le marionnettiste appliquait sa marque sur cette petite poupée. A chaque instant, chaque piqûre, tout ce cirque paraissait de plus en plus absurde, le sens moins clair. Cela lui avait pris vingt ans pour devenir l'homme qu'il était désormais. Son passé à la Tanière s'était effacé peu à peu avec la distance, pour laisser place à un élementaliste convaincu et traqueur de démons. Il n'avait plus compté le nombre de morts sous ses mains noires, mais si il devait faire une estimation, les milliers seraient approprié. Depuis fort longtemps il ne pratiquait plus le cannibalisme, le viol et la torture. Mais le meurtre était dans sa nature. Et cela, il le traînait encore derrière lui qu'importe la cause qu'il défendait. Derrière quelques valeurs, il combattait ses proies, comme une passion qui ne s'éteindrait jamais. Depuis qu'il était à la forteresse, il n'avait plus pratiqué péché mortel pour s'occuper essentiellement de son rôle de chef, un autre registre.

Cela ne lui manquait pas vraiment puisqu'il s'était découvert d'autres façons de prendre du plaisir. Recruter, commander, diriger entre autres. Coucher avec une certaine fée aussi. Alors pourquoi au nom de l'intérêt commun devait-il revenir à ses anciennes habitudes? Tout ce qui s'était passé depuis vingt ans n'était en réalité qu'une immense hypocrisie? Etait-ce sa véritable nature qui revenait sous couvert d'une "mission" ou simplement un travail comme un autre qu'il était obligé d'accomplir comme responsable? Comment alors toute ces idées de tortures lui venait à l'esprit? D'où lui venait toute cette créativité si son esprit n'était pas émulé par ce qu'il faisait ici bas? Un tel jeu de tortionnaire ne pouvait pas venir d'un simple ancien démon. Aimait-il cela? Si la vue de ce corps en perdition le révulsait, tout ceci lui procurait une certaine...fascination. Le jeu était engagé et il devait gagner. De réfléchir et de décider sur les façons qu'il avait pour remporter les informations qu'il souhaitait, c'était assez...passionnant. Aussi sordide que cela puisse paraître.

Il fallait avouer qu'il trichait assez vu l'état de faiblesse de la succube. Mais arriver à ce point était déjà un exploit. Il était entrain de battre l'une des généraux démoniaques. C'était assez incroyable quand on y pense. L'était-elle vraiment pour que ces séances soient aussi faciles? Le doute l'envahit. Sa confiance en lui avait beau être puissance, récupérer des informations d'un commandant démoniaque, même pour l'elfe noir, relevait d'un miracle. Alors qu'il referma le pot d'encre et le rangea avec l'aiguille dans l'une de ses sacoches, il afficha un sourire carnassier plus éclatant que jamais lorsqu'elle vint à avouer quelques noms. Il était réellement diabolique.

Il sortit un petit carnet et une petite plume qu'il trempa dans l'encrier qu'il venait de poser sur ses genoux alors qu'il l'avait enfoui sous sa cape deux secondes plus tôt. Puis il commença à écrire les noms : Laewyn Law, Erzed Uldia, Lyliane Vand, Ba, Ania Aubopale, Aran Moiread. Ces noms apparaîtraient dans les prochaines missives envoyées aux Spadassins infiltrés dans la cité et dans le marché aux esclaves. L'ordre sera donné de savoir dans quels états ils sont et de préparer des plans d'évacuations si possible. Puis si les spadassins durant leurs missions auraient la malchance d'être pris, alors un certaine nom, d'une certaine prisonnière, serait ressorti. C'était assez maléfique comme plan. Puisque même si elle s'en sortait et rejoindrait son camp, la succube aurait encore à surmonter quelques "difficultés".

Mais la satisfaction d'avoir obtenu ces noms ne l'arrêteraient pas. Après tout, il avait trouvé un grand arbre et ces petites informations qu'il venait de gratter dans le tronc n'étaient qu'une partie de toute la sève qu'on pouvait y extraire. Devait-il s'arrêter en si bon chemin et lui laisser un répis en guise de récompense? A cette question qui lui vint à tête, la prisonnière y répondit avec sa dernière phrase. Quelle prisonnière charmante.

"Ma petite Sappho, si tu savais ce que j'ai fait de mes mains et de mes lèvres au cours du dernier siècle, tu te sentirais moins démoniaque d'un coup." Il rangea son carnet, sa plume et son encrier dans sa ceinture. "Mais si tu insistes, je vais continuer à te montrer un aperçu." En bref c'était ferme ta gueule, subis, confesse le plus possible et laisse-toi détruire. La seule chose sur laquelle elle pourrait encore agir c'était sur le temps que tout ceci durera."Tout dépend de toi ma belle, tu peux rendre la tâche la plus douce possible..." Il s'accola à son dos, posa ses aiselles sur ses épaules, sa main gauche sur son sein droit et sa main droite sur l'oeil droit. Tout ces gestes étaient délicats, d'une froide lenteur, comme un fauve qui s'approche à pas de félin sur sa cible pris aux pièges, savourant l'instant. Puis il susurra faiblement à ses oreilles "...ou sinon même l'enfer aura pitié de toi."

Tandis que ses doigts circulaient finement sur sa poitrine, sa langue parcourut la jugulaire pour aller lécher le sang qui coulait du tatouage tout fraîs. De l'eau sortit de sa bouche pour former une sorte de petit pansement liquide qui s'accrocha aux pores perforés. Il avait hâte de voir le résultat de cette opération, de voir sa belle marque sur sa nouvelle prisonnière. Ses doigts se serrèrent sur le front et sa paume serra le bandeau qui aveuglait les yeux de la succube. L'eau se poussa. La paupière et la main se touchaient désormais. De la vapeur naquit de cette dernière. Elle passa dans la feinte et se glissa derrière le globe occulaire. L'oeil était encerclé. Il suffit d'une simple petite pensée, et la vapeur deviendrait la glace et d'un coup sec, l'elfe noir l'arracherait. Mais cette procédure, il ne l'expliqua à la prisonnière, il la laissa soupçonner ce qui aller se passer si elle ne collaborait pas.


"Tu m'as parlé de chevaliers. Je sais aussi qu'il existe des cours démoniaques. Je veux connaître les noms de chaque dirigeant, les noms de leurs "fiefs" respectifs. Je veux connaître leurs personnalités, leurs apparences, leurs petites habitudes. Tout ce que tu sais sur eux."


Et si elle avait des "problèmes" de mémoire, il savait où appuyer...
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MessageLun 21 Fév 2011 - 8:54


Et il savourait sa victoire, ce con. Comment avait-elle pu se laisser aller ? ... Aussi vite ? Elle n'avait pas compté le temps écoulé, elle ne se souvenait plus. Un jour ? Deux ? Trois ? ... Plus ? On était loin de la fin. Loin de sa propre mort. Elle avait encore tant de choses qu'il pourrait lui demander. Et ... elle avait cédé dès les premières peurs ? Elle avait donné des NOMS. Le plus précieux des biens sur cette terre. Ceux qui font frisonner, ceux qui font rire. Des Noms... Rien n'était perdu : ce n'étaient qu'une poignée d'esclaves, un rien du tout parmi la masse. Mais cela lui suffirait peut-être. Elle l'espérait de toute son âme, que sa dernière pique l'encourage plutôt à la laisser moisir ici. Sappho... naïve enfant, comment peux-tu t'imaginer reine en matière de torture ? Ne sais-tu donc pas que lorsque la moindre ouverture est là, il continuait et persévérait... jusqu'à détruire tout ce pan de mur derrière lequel l'on se cache ? Es-tu seulement prête à céder encore et encore jusqu'à ta misérable mort ?

... NON ...

Le cri résonne dans ton esprit, ébranle ton âme. Non, quoi ? Non, je ne dirais rien de plus aujourd'hui. Quoiqu'il fasse. Ce n'est pas une parole en l'air, une promesse futile, jurée sur que-sais-je. Non, c'est tout. Non, il ne m'aura plus dans cette faiblesse. J'ai encore de quoi lui répondre. J'ai encore de quoi résister. Au fond de moi, il n'a pas encore tout tué. Il faudra qu'il annihile les ténèbres en moi pour m'avoir complètement. Sa petite Sappho aux mains et aux lèvres moins sales que lui, soi disant, peut encore supporter tes idées tordues, enfoiré. Oui c'est cela, viens, ahahahAHAHAHAHAhahahah ! Viens contre moi, montre moi ton aperçu... La folle contre laquelle tu te tiens, la folle dont tu caresses les seins, dont tu lèches le cou, dont tu sèches tes méfaits. Rendre cela plus doux ? Pourquoi donc ?! Mieux vaut que cela ressemble à quelque chose...

... L'enfer... ahah... personne n'a pitié de moi ! JAMAIS.

Il était dans son dos, et lentement, Faux rassembla des ténèbres qui circulaient encore dans son organisme. Oh, elle avait encore quelque réserve. Lentement, elle les amena jusqu'à son épine dorsale, contre laquelle son tortionnaire restait accolé. Elle les amassa en une ligne du haut de son dos jusqu'à son bassin. À cet instant, elle sentit sur sa paupière droite, une main posée. Doucereuse main, presque directement sur son globe droit. Que compte-t-il ... Ah... Il n'y a pas quarante six possibilités quant à un oeil. On l'arrache. Elle sentit comme une pression s'exercer tout autour de son organe de vision. Elle grimaça, avant que sa moue ne se transforme un un sourire. Il voulait jouer encore... il ne demande pas n'importe qui hein. Les dirigeants, carrément. Oh... ne crois pas gagner si facilement pareilles pépites. Je tomberai, soit. Mais pas après seulement ça. Ahah... Rions un peu, tout les deux.


" ... Tu comptes vraiment prendre cet oeil ? " Voix calme, je n'ai pas peur non. Pas peur en cet instant. " ... Tu ne sais donc pas ce qui se produira si tu le prends ? " Ça tombe bien, moi non plus. Elle passe sa langue sur ses lèvres et effleure le bras qui passe devant son visage. " Oh oui... arrache le ! Enlève le ! Libère moi ! ... " Hésite, réfléchis, crois moi, sombre crétin. " ... CRÈVE ! "

En une fraction de seconde, elle forma, des ténèbres rassemblées dans son dos, sous sa peau, des pics qui prolongèrent chaque processus de ses vertèbres, en arrière, sur lui. Elle le sentit la lâcher, reculer. L'a-t-il complètement évité ? Elle ne sait pas. Les pics étaient assez solides, elle espérait avoir eu la force de les faire aussi dur que l'acier. Mais bien sûr que non. Les pics étaient fins et effilés, ils pouvaient pénétrer la chair, mais ils avaient la consistance du bois bien taillé. La glace sur son oeil s'était reformée. Dommage, elle l'aurait bien nargué en l'ouvrant ahah... Sappho partit dans un rire dément, encore. Cette fois, elle l'avait eu. Chacun son tour, pas vrai... Les pics restèrent encore un instant présents, avant de pénétrer son corps à nouveau. Et elle ria et pouffa encore. Stupide créature...

" Ahahahahah..... Petit Chef, ça va ? Tu veux peut-être te reposer ?! ahahah.... tu croyais que ça serait si facile ? Que des noms d'esclaves valaient ceux de mes frères ? ... Dis moi, t'as été bercé trop près des murs de ma cellule c'est ça ?! "

Quitte à en baver ici, autant lâcher son venin jusqu'à plus soif.

" Ta mère t'a jamais rien appris sur la vie ? Se méfier du démon qui dort ? Nan ? Ahah mais quand tu parlais de tes mains sales, tu parlais peut-être de ça ! Oh oui, je t'imagine bien faire pareille à la putain qui t'a engendrée... "

... Quitte à crever ici, autant se laisser aller. Autant se faire plaisir. Le pousser à bout, le pousser à devenir pire démon qu'il ne l'était. Commettre ses derniers méfaits sur et sous cette terre : le condamner à perdre une part d'humanité à chaque fois qu'il viendra. Le condamner à devoir la chercher, à devoir l'entendre crier. Qu'il ait les mains sales à nouveau, plus que jamais. Certes, elle était un démon, mais aussi une enfant. Qu'il ait le sang d'une gamine à peine femme sur chacun de ses doigts. Qu'il y pense tout les jours. Que cela le torture au moins. Que le bourreau et la torturée souffrent tout les deux, mais pas autant l'un que l'autre. Qu'au moins elle fasse cela, et ce sera... beaucoup. Assez ? Probablement pas. Mais... c'est un début...

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MessageLun 21 Fév 2011 - 15:06


Il l'avait bien cherché. Chaque parcelle de ténèbres qui pénétra son corps lui rendait la pareille au tatouage qu'il avait créé. Son imprudence, sa présomption de domination totale...quel désarroi! Pourtant il n'était pas du genre insouciant le bougre. Comment a-t-il pu croire une seule seconde que continuer cette séance allait lui être bénéfique? Après tout, les barrières de l'esprit ne pouvait être lâcher en un claquement de doigts. Demander l'échelon supérieur en terme de trahison était de la pure folie. Comment un être aussi construit sur ses bases et prudent avait-il pu poser son dos sur une générale démoniaque? Quel idiot. C'était bien l'œuvre de la perversion de son mental et si il voulait lui-même reprendre ses esprits, il ne pouvait point continuer. Jamais plus démon. Jamais.

Il recula, posa genou à terre. Acculé dans ses propres défenses, sa respiration se fit haletante. Du sang commença à s'écouler de son torse. Quelques instants, il ferma ses yeux pour mieux se concentrer, encaisser ce qu'elle disait. Il ne riposta pas tout de suite. La glace qui s'était formé sur l'oeil de la prisonnière par instinct, reprit sa forme de vapeur. Il ne guérit pas de ses blessures non plus. Il laissa les ténèbres le pénétrer encore une fois. Une semaine plus tôt, il avait affronté déjà cette magie. Bien plus puissante, plus féroce. Point de peur, ni de panique ne s'affichaient sur les expressions de l'elfe noir. Si il avait survécu face à l'Être Millénaire, une générale affaiblie ne pouvait rien faire contre lui, si ce n'est lui infliger quelques menus dégâts. L'hémoglobine qui sortit de son corps n'était point en suffisante quantité pour l'inquiéter. Ses pointes n'étaient point allé aussi loin pour le faire saigner à flot. Pareille souffrance était moindre par rapport à ce qu'il venait de lui faire subir. Par rapport à ce que chacun de ses meilleurs adversaires lui avait donné. Perdre du sang, il ne craignait point.

Alors il se mit à réfléchir, s'enferma dans sa propre tête pour reprendre de sa contenance. Les paroles de la succube lui parvinrent de loin. Il tilta sur "Petit Chef" et "Ta mère". A ceci, un petit sourire s'afficha sur ses lèvres. Il ne se prétendait pas être un Grand Chef déjà. Cela faisait moins d'un an qu'il occupait ces responsabilités et malgré quelques brillants résultats, il n'avait point le mérite d'un Seigneur démon de l'ancien temps ou des dirigeants de la Cité qui se sont succédés. Il voulait qu'on l'appelle le Chef car c'était son rôle dans la Forteresse et dans la Résistance. Qu'il ne soit pris pour rien d'autres. Ni pour un ami, ni pour une autre responsabilité. On s'adressait à lui pour des questions et des conversations auxquels il pouvait apporter des réponses en tant que Chef. D'autres étaient plus appropriés à leurs fonctions, alors on les appelait par leurs titres. C'était l'une des règles qui régissait l'entité. Dans le privé, on pouvait s'appeler comme on voulait, mais dans le travail qui avait été engagé de survie et de riposte, tout le monde se nommait par leurs titres. Il était le Chef car Shin n'existait pas dans ces moments-là.

Il sourit aussi à "Ta mère" car cela lui confirma que la prisonnière n'était que dans la provocation. Double sourire puisque c'était un coup dans le vent. A d'autres ce tour-ci. Fallait bien l'avouer que c'était osé de sa part de tenter un coup pareil. Si elle n'était pas tombé sur l'elfe noir, le tortionnaire aurait riposté violemment, battu à mort, lui aurait arraché les deux yeux et peut-être même dans la démence qui habitait ceux prit dans ce genre de transe, violé. Mais le drow n'avait plus de mère depuis plus d'un siècle. Celle qui l'avait engendré n'avait désormais plus de visage, de personnalités, ni de voix. Cette fameuse putain d'après les mots de la succube, bien paradoxale pour l'engeance qui prononçait ses mots, n'était plus que poussière. Il avait beau avoir vécu ses premières cinquante années sous sa couverture, un siècle avait suffit à lui faire tout oublier d'elle. De la moindre éducation au physique même. L'unique personne dont il se souvenait parmi les Suiton était son père, une figure charismatique qui s'était fait démolir par Kaho Long. C'était là l'unique image qui lui restait de sa vie avant les démons. Tout le reste était enfoui dans les plus profondes limbes de sa mémoire. Peut-être qu'un jour, si il aurait le temps, l'elfe noir se mettrait sur les traces des dernières vestiges de sa famille. D'ici là, il devait tout d'abord vaincre les démons.

Si son souffle quand il fut transpercé s'était fait haletant, il prit le temps de le reprendre, de le calmer. Il ferma sa bouche et respira profondément. Tandis que de la glace se formait sur son corps pour panser ses blessures et se protéger des attaques, il se focalisa sur son mental. L'imprudence et la perversion de ses actes furent des faiblesses qu'il ne se permettait pas en temps normal. Et ce fut là la déchéance dont profita la prisonnière. En bon qu'il était il ne se trompa point d'adversaire. Si elle avait réussi son coup, ce n'était point grâce à elle mais à cause de lui. De s'être laissé berné par sa position de force. On ne peut blâmer l'ennemi de la réussite de son plan. On ne peut que critiquer ses propres défenses d'avoir pu se laisser percer. Alors, il ne riposta point, ne se releva point pour l'instant. Il préféra rependre pas à pas ce qui faisait de lui un être accompli dans le sens défensif. Son calme, sa prudence, sa distance. Cela dura quelques secondes qui parurent une éternité de reconstruction.

Cinq, dix, quinze secondes. Durant lesquels, il n'écouta que son coeur qui hurlait face aux infamies qu'il venait de commettre. Si il n'avait point écouté les gémissements de la prisonnière, il était toujours réceptif à ce genre de souffrances. Et toute cette négativité qu'il avait laissé couler en lui pour se concentrer uniquement sur sa tâche, fit son œuvre en quelques secondes. La main sur son coeur, il entendit ses battements s'accélérer et des gouttes de sueurs tombèrent de son menton. La prisonnière avait bien raison sur un point. On ne s'improvisait point démon. Et même si il le fut durant des décennies, il ne l'était plus tant que ça.

Il savait que ce processus ne pouvait durer une éternité et qu'il devait se relever et répondre à la Faux. Lorsqu'il commença enfin à revoir de la lumière dans son âme et que son état se stabilisa à peu près, il redressa ses jambes et fixa les ténèbres qui s'alignait devant lui et à travers elles, Elle. Quelle misérable conscience de vivre une vie privée de lumières, enfermée dans quelques menus plaisirs et être à la botte d'un prétendu roi. Cette liberté était erronée. Mais il n'était point un donneur de leçons et il laisserait la prisonnière comprendre peut-être l'état de médiocrité dans lequel elle s'était mise. Peut-être car avant cela, l'elfe noir devait la torturer.

Il s'avança d'un pas et sa main droite entourée de glace vint à la rencontre de ses lames de ténèbres. Il se mit à la caresser tandis que des souvenirs d'une bataille royale lui vint à l'esprit. Un Marcheur d'Ombres, Un Chef d'Eau, Un Être de Feu. Il reconnaissait dans ses brindilles, la foudre qui s'était abattue sur lui. Mais dans la magie présente, il n'y avait point la volonté implacable de détruire comme celle d'Altanash. Il fallait reconnaître tout de même qu'il y avait là une certaine maîtrise pour faire apparaître des lames qui avait pu traversé sa peau. Malgré tout ce n'était rien comparé à la forêt de ténèbres une semaine plus tôt. Point de peur se lisait sur le visage sur l'elfe noir. Au contraire une certaine tendresse pour ce sort-là. Alors en quelques mouvements il effleura les ténèbres du bout des doigts.

Une vague violente d'eau jaillit de sa bouche pour enrober les lames et la masse liquide commença à tournoyer. A l'intérieur, des petites lames givrées se formèrent pour cisailler les ténèbres. Au départ, elles attaquèrent les brindilles mais rapidement elles s'attaquèrent au dos de la succube pour lui faire perdre le contrôle. Lorsque la magie et le corps furent séparés, une couche de gel se forma sur la bulle d'eau pour empêcher la magie de s'échapper. La masse prit alors la forme d'une sphére qui se compressa sur elle-même en continuant de tourner pour atteindre la taille d'un ballon. Arrivé là l'orbe se posa dans la main de l'élementaliste Aquas.


"Fille du Grand Hiver!"

Sous l'emprise d'un froid naissant, la boule d'eau se congela pour atteindre des degrés bien inférieure à zéro. Contrairement aux Fissures du Grand Hiver, c'était une magie bien moins puissante et qui ne nécissitait pas une forme d'invocation très développée. L'intention de l'elfe noir n'était point de figer à tout jamais cette sphére dans l'espace et par la même occasion les ténèbres qu'elle contenait, mais de la transporter vers le lieu d'études de la Magie Démoniaque. Ainsi la sphère était moins froide que la décoration qui ornait dans le Dôme, mais ce sort pouvait bien emprisonner ses quelques pointes de ténèbres, bien moins insubordonnées que l'Altanash.

Comme si il jonglait, il passa quatre cinq fois la boule entre ses mains avant de la laisser dans la gauche. Sans un mot, il ramassa la fourche et s'apprêta à partir de la cellule. Elle avait bien mérité un peu de répit cette Fille d'Incube! Il avait encore beaucoup à apprendre et réapprendre sur les méthodes de torture et il devait prendre son temps. Ne point se laisser aller au jeu de la provocation et de la pression des événements actuels. Prendre son temps, y aller étape par étape, détruire la succube petit à petit, sans se presser. Cette faute, il se promit de ne plus jamais la laisser passer. Vu qu'il avait les mains prises, il envoya de l'eau sur la poignée de la porte blindée pour l'ouvrir. Le grincement des verroux de glace qu'il avait actionné par son esprit se fit entendre. Il s'apprêta à partir, oui. Mais il s'arrêta avant.


"Je vous présente mes excuses Mademoiselle mon Esclave. J'ai mal estimé vos dernières ressources. Je suppose que je vous en ai peut-être trop demandé pour aujourd'hui. Je vais vous laisser un peu de répits. Je reviendrais évidemment dans quelques temps pour notre troisième séance. Reposez-vous bien....Afin si les visiteurs qui vont venir vous le permettront. Une dernière chose..."

D'un revers de la main, son bras droit s'éleva et pointa le visage de la succube. Dans le prolongement le bout de la fourche, qui venait d'être brandi, s'enfonça à travers le bandeau, à travers la paupière, à travers l'oeil. Brûlant la chair, réduisant en poussières l'œil droit, cautérisant un trou de plusieurs centimètres de profondeurs. Les pointes désaxées de la fourche quant à elle, l'une laissa un peu peau cramé sur le front de la prisonnière tandis que l'autre s'installa sous le menton. Puis il retira les trois lames embrasées et prit la fourche par le milieu alors qu'il venait de la porter à bout de bras.

"Bonne journée ma chère."


Il s'engouffra derrière la porte et disparut dans le couloir. La porte quant à elle se referma derrière lui.
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Sappho
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MessageMar 22 Fév 2011 - 11:36


Elle jubilait. Pour rien en plus... c'était quoi, ce qu'elle venait de faire ? Une maigre révolte ? Une démonstration de sa verve ? Bah... Qu'importe. Elle riait et ne l'entendait que respirer fortement. elle l'avait touché, ahah... Blessé. elle pouvait savourer ça au moins. Elle l'avait mis à terre. Quelques secondes, le temps que son propre rire disparaisse dans le silence lourd des lieux. Puis il se leva, elle l'entendit. Et... elle serra les dents et se contracta. Que faisait-il ?! Elle sentait ses ténèbres se détacher de son corps, son dos se faire lacérer par son élément aqueux, miséreux. Elle n'essaya pas de retenir sa sorcellerie : c'était sans espoirs. Elle lâcha prise, le laissa les prendre. Les lui prendre... ses ténèbres... ses enfants et sa mère. Son berceau, son cercueil. Son âme. Il allait lui enlever ça, évidemment. Elle devait pourtant encore les utiliser si elle voulait vivre... Elle attendit, la Faux victorieuse. Qu'il parte, même avec son butin, mais qu'il parte, défait. Elle l'écouta. Mademoiselle mon Esclave... elle s'apprêtait à lui cracher au visage. Oui, à lui renvoyer son "esclave" dans les dents... Mais soudain... Il y eut d'abord le choc. Le tintement des chaines, le recul de son visage. Puis il y eut le crissement du fer chaud contre sa chair. La chair brûlant.

Et enfin, il y eut la douleur.
Violente, cuisante, terrible. Elle s'abattit sur elle. L'oeil complètement détruit, les veines et artères volatilisées, les muscles atrophiés sous le coup de la fourche. Elle ne hurla pas tout de suite. Elle assimila d'abord le choc. Puis serra les dents en sentant de la peau brûler. Puis quand il retira la fourche brusquement... elle cria. Un cri strident, terrifiant. Il couvrit même le bruit de la porte qui se referma. Puissant, il jaillissait de sa gorge sans qu'elle puisse le contenir. Elle ne sait pas combien de temps elle hurla comme ça. Mais au bout d'un moment, son cri ne fut plus que de misérables piaillements, des hoquets, des pleurs, des gémissements. Ça brûlait, piquait et crissait. Sa peau et sa chair se nécrosaient et se volatilisaient. Son oeil... n'était plus... La bouillie de liquide blanc et translucide qu'aurait pu former son globe crevé s'était consumé sous la chaleur. Ne restait que de la chair cautérisée et sensible. Le moindre mouvement de son visage lui arrachait un cri de douleur. Une souffrance qui n'était pas prête de s'arrêter. Et surtout... sentir l'absence.

Un vide. Vide douloureux. Inconcevable. Non... Elle ne pouvait pas... il n'avait pas... Mais si... et la colère flambait en elle, plus que le fer chauffé à blanc qu'il avait enfoncé dans sa paupière. Contre lui, contre eux. Contre celui qui vient de rentrer. Et elle continue de geindre, elle ne s'occupe pas de lui, de ce qu'il peut dire. Oh il parle de sa famille elle croit. peut-être de son gamin. Qu'en sait-elle ? Elle n'entend que la chair griller sur son visage. Elle serra toujours les dents, et a le souffle coupé par les coups qu'il lui met dans le ventre. Lorsque deux minces filets de sang coulent des commissures de ses lèvres, il disparut.


******
Quelqu'un d'autre passa. Je dormais presque, je crois. Je ne sais plus. Il m'envoya son poing sur ma joue droite, à vif. Je hurlais sur le coup, mais ça sembla surtout lui donner une certaine force, puisqu'il continua. Quand il partit, j'avais l'impression que ma machoire était brisée. Mais non, c'était juste la douleur.

******
Il y eut ensuite le donneur de soupe. Mais Sappho refusa d'ouvrir la bouche. Trop mal. Partout. Le gardien lui saisit la mâchoire mais pour une fois, elle résista vraiment. Elle secoua vainement la tête. Excédé, il la baffa violemment et profita du choc pour lui ouvrir la bouche et y enfoncer le biberon. Il la nourrit de force jusqu'à vider le récipient dans sa gorge. Il attendit même qu'elle ne puisse pas régurgiter pour lui retirer la tétine et s'en aller. Quel zèle...

******
Elle ne réussit finalement pas à s'assoupir. La douleur était périodique, venant par pic violent dans son oeil, comme s'il était transpercé à nouveau, à chaque fois. Elle resta à la porte de l'inconscience, tandis que la plaie commençait à s'infecter. Que les tissus se nécrosaient autour. Ça prendrait du temps, et peut-être que tout son visage y passerait. Nettoieraient-ils la blessure ? Au moins pour éviter qu'elle ne puisse plus parler... Elle continuait de gémir et parfois même de crier, ne pouvait exprimer autrement cette souffrance. Au moindre mouvement, c'étaient ses poignées qui brûlaient et son cou qui se retrouvait enserré. Puis vint un moment où la douleur, toute chronique qu'elle fut, prit siège en elle, naturellement. Non pas qu'elle ne la ressente plus. Loin de là. Mais c'était une habituée. Elle avait pris sa place dans la mosaïque colorée et algique qu'était devenue son corps.

Elle voulait sa vengeance. Folle, démente, elle concentra encore des ténèbres dans son corps. La douleur l'aveuglait, elle ne savait plus ce qu'il lui restait. Ça serait suffisant. Elle les fit circuler jusqu'à sa main gauche. Un filament aiguisé, aussi fin qu'une feuille de papier mais rendu le plus solide possible, se plaça entre son poignet et la chaîne brûlante. Et lentement, un mouvement se fit. Inaudible car lent et petit. Cela lui demandait déjà toute sa concentration... et elle continua à faire faire un aller retour de quelques millimètres à la feuille de ténèbres. Elle voulait l'étrangler. Elle imaginait si bien déjà... sa gorge sous ses doigt... son visage bleuissant... ... C'était un fantasme, évidemment. Irréalisable, mais ça, elle s'en moquait bien. Elle commençait à perdre les notions permettant de séparer le rêve de la réalité... Après tout... tout ceci n'était peut-être qu'un cauchemar ?

... et elle continua son méticuleux travail de fourmi... qu'importe d'autres passages. Et lorsque la porte s'ébranla, elle était à deux doigts de libérer sa main. Attendre désormais. Qu'il approche ne serait-ce qu'un peu... C'est lui, oui, elle en est certaine. Elle reconnait, l'odeur, le pas, la présence, qu'en sait-elle ? C'est SON bourreau, et elle le sent. Approche donc... Laisse moi te fixer de ma chair purulente et noire. De ce globe que tu as volatilisé.


" ... " Non, je ne dirais rien. Je ne fais que te regarder de ce vide que tu as créé. Et attendre.

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