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 Discrétion est mère d'ébriété [Armän, Nini & El]

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MessageLun 18 Oct 2010 - 19:23

Il manquait au sol qu'il foulait le roulement d'un pont. Et à l'air qu'il respirait, l'odeur de l'iode, des poissons et de la mer.
Son bateau, lui manquait. Cela faisait plus d'un an que ce marin tanné par le soleil n'avait pas touché au bois d'un mât ou au chanvre d'un boût. Il avait presque l'impression de perdre mais cela n'était, de fait qu'une illusion : il tâtait trop de la dague, de l'épée et de l'arc pour que ses paumes n'adoptent la douceur d'une peau de jeune fille. Et en parlant de jeune fille, voila qu'il avait du se transformer en nounou. Dû ? Oui, pas vraiment, mais bon, on ne refusait pas une demande de la Dame. Elle ne donnait pas d'ordre, mais ses désirs en tenaient lieu, un peu. Souvent. Alors, il avait été à la rencontre de ces deux jeunes demoiselles arrivées sur l'île à peine quelques jours plus tôt.

On leur avait laissé le temps de se laver, de manger un peu, bref, histoire de prendre des forces quoi, et voila qu'on les confiait dans ses grandes pâtounes d'homme. C'était pas lui qu'il fallait pour s'occuper de gamines ! Il aurait fallu les mettre dans les pâtes d'une femme, elle aurait su quoi faire, lui les ferait pleurer en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire ! Mais le dos raide, il avait acquiescer à la demande et avait remis son paquetage sur son épaule, en route pour les Ruines.

La route sous la mer avait été longue (car pour passer du continent à l'île, il n'y avait que deux solutions : prendre par la mer et ses écueils, ses siphons et ses monstres affamés, ou choisir la voie souterraine, par des tunnels parfois étroits, humides et glacés, où la lumière tenait lieu de souvenir. Comme de raison, ils avaient choisi les souterrains !) et l'air de l'extérieur était un véritable bol d'une fraicheur incomparable, après avoir respirer l'atmosphère viciée de millénaires d'immobilisme. Le passeur leur avait dit au-revoir de là, et était partie relever la sentinelle non loin de là.

Les bois avaient, à partir d'ici, été un toit qui faisait obstacle au ciel. La forêt Darke était un lieu sombre, où la voûte entrelacée des végétaux formaient des arches de sève, chemins de nymphes ou de fées, bien plus souvent d'animaux dangereux. On rencontrait dans cette région des animaux propres à cette partie du monde. Y'avait-il dans la terre, dans l'eau et dans les plantes une essence particulière qui faisait de n'importe quel animal normal une créature de crocs, de baves et de poisons ? Même les plantes adoptaient la dangerosité d'un prédateur en chasse : n'importe quel pissenlit pouvait avaler le double de sa taille. Et bah ouais, ma bonne dame, ici, on cueillait pas des fleurs pour faire des bouquets. On avait plutôt un bouquet particulière dans la bouche des dites fleurs...

Autant dire que le marin n'en tenait pas large face à cette nature hostile, entouré de donzelles. Il fallait avoir les esgourdes sensibles et l'oeil affuté. Bon, la branche qu'il s'était prise en pleine face, c'était la faute à pas de chance, il ne l'avait pas bien vue, hein. C'était pas sur Elira et Edwyn qu'il fallait compter pour ouvrir la voie, de toute façon. (comment ça elles ne s'appelaient pas comme ça ? Mais n'importe quoi ! Il avait parfaitement entendu la Dame dire : Elira et Edwyn, pff !) Et tandis qu'il allait faire une énième pause pour permettre aux demoiselles de reposer leur délicates gambettes, Aloïs leva une main en signe de demande de silence (il exigeait même, dis donc !). He ! On rigolait, on rigolait, mais y'avait des biches carnivores ici, hein ! Ca a l'air con un marin quand ça meurt bouffer par une biche !

Craquement de branche.

Ah ! Il y avait donc bien quelqu'un. Le Marin sortit de sa ceinture une dague, et demanda aux demoiselles de se baisser. Et... et... Et le discret mâle qu'il était fonça dans le buisson en hurlant à pleine gorge, arme en avant. A son hurlement fit écho un autre cri et alors même qu'il avait parfaitement remarqué qu'il se tenait face à un jeune homme, le fier marin continuait de crier en agitant sa da-dague ... Et bien, si c'était un démon, ce mioche là, il était pas très farouche ! Et c'était pas un animal non plus - et bah ouais ! il avait pas fuit tiens ! hé ! - donc le marin laissa tomber son attaque frontale et se contenta d'attendre que l'air manque au gamin et qu'il cesse de crier.

" BON, t'as fini là, dis, oui ? "
Il donna une tape à l'épaule du mioche, un large sourire au visage. " Qu'est-ce tu fous dans cette partie du monde ? T'es pas genre un démon, hein ? Non, sinon, j'te bute tu sais, ciouc ! Tes tripes dans l'humus, ça f'ra d'la bouffe aux asticots ! Bon, tu parles oui ? T'as pas d'langue ? On t'l'a coupée ? " Aloïs rangea sa dague dans son fourreau et hurla un peu moins fort " Les donzelles, ramenez-vous, c'est rien qu'un p'tit gamin comme vous, hé ! "
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MessageMar 19 Oct 2010 - 19:36

Des arbres, des arbres, encore des arbres... Armän marchait depuis des heures, seul. Vas à travers la forêt Darke, lui avait-on dit, tu y trouveras une tour en ruine; c'est là que tu dois aller. Une tour? Dans cette obscurité où il ne percevait même pas le bout de ses mains, comment espèraient-ils que lui, Armän, à peine sortit de sa grotte au fin fond des montagnes, puisse trouver une tour qu'il n'avait jamais vu!

Les pieds en feu, il décida de se reposer un instant sur une pierre qui trainait par là. Dure et fraîche, elle semblait être le seul être de cette forêt à lui vouloir un tant soit peu de bien. La preuve, elle s'était dressée devant lui, sortant du chemin comme une biche sort du bois, dans le seul but de lui offrir un siège; inconfortable, certes, mais un siège quand même!

Longtemps, il écouta sa respiration fendre les ténèbres et effleurer l'écorce des arbres. Les battements sourds de son coeur raisonnaient paisiblement dans sa poitrine tandis qu'il méditait. Étant entouré de toutes parts de bois, il ne pouvait se permettre de perdre le contrôle. Une faille, une seule, et c'était la catastrophe. Combien de fois avait-il carbonnisé les murs de sa grotte, absorbé par quelque pensée, ou simplement distrait par le vol d'un oiseau au loin? Impossible à dire; beaucoup, beaucoup trop!

C'est pourquoi, quand on lui avait parlé de la merveilleuse Elament, cette cité où il pourrait apprendre à contrôler cette malédiction, ce pouvoir indésiré et destructeur; il n'avait pas hésité à quitter sa grotte et s'était élancé sur les routes, traversant contrée après contrée, ville après ville. Et tout cela pour se retrouver complètement perdu au beau milieu d'une forêt hostile, bien loin de la cité promise. Quelle déception!

L'air changea. Léger indice, plus subtil que le battement d'aile d'un papillon, qu'Armän avait appris à percevoir pendant son ermitage au creux des montagnes.
Une présence, non... trois; toutes proches.
De l'aide?
Pas sur, il fallait qu'il soit méfiant, peut-être était-ce des démons. Ils l'avaient largement sermoné sur ce sujet: évite les démons Armän, coûte que coûte.

Lentement, pareil au murmure de la brise, le nymphe se glissa derrière un buisson touffu, tous les sens en alerte, à la recherche d'une silhouette, d'un signe...

Un souffle le fit sursauter. Armän pivota sur ses talons, tous ses muscles bandés et son esprit entièrement concentré dans ses yeux, son regard aiguisé parcourant furieusement les alentours tentant vainement de percer l'obscurité. Il cru voir une forme vaguement humaine à ses cotés. Il se jeta dessus, fendant l'air en silence, croyant attaquer un ennemi; surprise: c'était un arbre!
Armän se maurigéna; pas besoin de paniquer comme ça, il n'y avait personne ici.

Soulagé, il se recula sans prêter attention à la brindille qui craqua sous son pied. Tout s'enchaîna alors très vite. Une espèce de cinglé déboula de nulle part, précédé par un hurlement bestial à efflayer un Cerbere, armé d'une dague qui lançait des éclairs fugages dans les ténèbres. Armän se pétrifia, réfléchit à toute allure, laissant ses pensées s'emballer.

Une seule chose à faire: hurler. Hurler jusqu'à ce que l'adversaire capitule.

Bingo, l'homme baissait son arme. Pourtant, les arbres continuaient de se renvoyer le cri suraigüe qui surgissait de la bouche encore grande ouverte du nymphe. Il entendait vaguement l'homme parler, une ou deux menace parvinrent à ses oreilles.

L'air vint bientôt à lui manquer et son hurlement s'arreta dans un couinement pitoyable. Armän, le coeur battant encore la chamarde, regarda enfin autour de lui. En face se trouvait un homme au visage tanné par la soleil, surmonté d'une crinière de jais, le front cerclé par un bandeau, et incrusté de deux billes noires, entourées par une ribanbelle de tatouages, qui le regardaient comme s'il était sortit d'un autre monde. Derrière le corsaire, Armän le devinait à son accoutrement, se trouvaient deux jeunes filles, visiblement exténuées. L'une parée d'une ravissante chevelure bleutée nouée en tresses, un carquoi et un arc à l'épaule, pâle comme la lune; l'autre, blonde et tout aussi pâle, visiblement contrariée du désordre des ses longs cheveux.

Cette petite troupe, après réflection, ne semblait pas si menaçante que cela, hormis l'espèce d'excité qui venait de lui sauter dessus sauvagement...

Armän décida de s'avancer, gardant tout de même un oeil sur l'homme, et laissa un mince filet de voix couler entre ses lèvres:
- b...bonjour, euh... je suis Armän... Armän LarmedeFeu. Je cherche la Tour de Tyiös.
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