Partagez | .
 

 Le Tombeau des Conscrits [PV puis Libre]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Ruby
Prophétesse
avatar
Nombre de messages : 4776
Âge : 36
Race : Peuple de Cristal
Poste : Errante - Prophétesse
Magie Contrôlée : Arcanes de l'Eau

Feuille de personnage
Puissance:
990/1000  (990/1000)
MessageMar 10 Aoû 2010 - 14:27

<- Tombes Vides et Coeurs Misérables


Et ce fut le plongeon, donc. La chute, enivrante, noya ses perceptions. c'était comme se retrouver au milieu d'un courant puissant, le temps d'un battement de coeur. Puis l'eau fut là : répondant à son appel, la mer vint la chercher, amortissant le choc de ses os contre la surface sombre, l'encre avala le lait. Comme une amante, elle se laissa faire, amoureuse, voltigeant dans un ciel sans nuage, dans un Plein vide des lois qui régissaient le haut. pas de frontière, pas de limite : seulement la traction ferme de sa magie, qui la tirait, encore et encore, vers le rivage. Vers les galets et l'Île, à travers les sorts et les maléfices. Elle était ici une fée pleine de malice, égoïste. Mais elle tira les rennes, réinvestissant son corps.

Sa main, de nouveau, fut dans cette chaude du Nymphe. Ses yeux - rouges, fanal sous-marin - constatèrent avers effroi le sort de la peau du jeune homme dans le courant. Etait-ce normal ? Devait-elle s'en inquiéter ? C'était la première fois qu'elle voyait pareille chose ! Elle se ressaisit, de nouveau, et l'immobilisa. Son autre main se posa sur sa poitrine, et sa bouche, dans bulle, sans heurte, dit distinctement : Respire ! Ici, il ne pouvait parler, seule elle y parvenait en raison de la nature de son pouvoir. Les jeunes aquas n'y arrivaient pas, il fallait se persuader que l'eau réagissait comme l'air pour le faire, tout en gardant à l'esprit qu'il n'y avait pas de chute à qui restait en mouvement.


" Respire, s'il te plait. Et viens. " Elle ouvrit les bras, dévoilant sans pudeur ce sanctuaire que peu avait pu profaner avant lui. Sa cape, autour d'elle, était une aura de la texture exacte de la fumée des bûchés, mais elle l'attira contre elle, se moquant de la brûlure. Il était plus grand aussi encercla-t-elle ses épaules, humant dans gêne le parfum de ses cheveux. Dans l'onde, l'odorat et le goût se confondaient, aussi avait-elle sur la langue l'effluve de sa sueur et dans le nez la saveur salée de son corps. Le monde marin, son monde, l'aima comme un pélerin : la voie s'ouvrit devant eux, chemin pavé d'Electre. On aurait pu voir, dans les eaux obscures, des simulacres de dynasties passées, des tours magnifiques, des colonnes en enfilades, une grande cité, avalée par la bouche gourmande du temps. Puis l'eau les recracha.

Par égard pour sa nature, ils ne furent pas vomi, misérables pantins, sur les galets, mais arrivèrent en douceur, debout et sec. Nulle capuche ne couvrait plus ici ses traits : ils étaient en terrain ami, et seul le terrain lui-même pour leur faire du mal. C'était une île particulière, aux gens qui la voyait pour la première fois : elle donnait l'impression de n'être que le résultat de la présence du volcan, pente douce, forêt humide nourrie au terreau fertile des éruptions, mais il n'en était rien. La cheminée elle-même était morte - pour peu qu'elle eut un jour craché la moindre fumerole - et si la forêt paraissait généreuse, ce n'était qu'à cause de l'étrangeté même de naissance : quelques magies y avaient pourvu, et la Dame elle-même ne pouvait en certifier la nature.

La ville, la partie habitable, se trouvait du côté Est, sur les Falaises, jouant avec le vide. Il se trouvait là-bas des édifices particuliers, temples hétéroclytes et palais en ruine jouxtant des laboratoires ouverts sur le ciel et des caves trop profonde pour être explorée sans un grand stock de torches.. C'est vers ce lieu qu'elle conduisait. On disait que c'était un asile, un endroit de paix et de sécurité, mais il n'en était rien : chaque roche, chaque feuille, chaque brise comportaient l'odeur corrompu de la création. Rien, ici, n'était naturel, et si la Dame restait sur cette île, ce n'était que parce que Wind le lui avait conseillé...

L'être, dans ses bras, eut un geste de recul. Elle le lâcha et constata que, sèche, sa peau ne comportait plus les étranges stigmates écailleux. Elle lui fit la grâce de ne pas le questionner sur ce point : s'il désirait lui expliquer un jour, il le ferait.

_________________________________________________________

http://elament.forumactif.com
Revenir en haut Aller en bas
Lysias
avatar
Nombre de messages : 146
Race : Nymphe Mâle
Poste : Elève
Magie Contrôlée : Air

Feuille de personnage
Puissance:
443/1000  (443/1000)
MessageSam 28 Aoû 2010 - 16:06



Il figure dans un univers de magie, Magie comme il n’en a jamais autant été imprégné, et Lysias ressent cette étrange impression de s’y perdre tout en y voyant clair. D’ailleurs, il va se noyer, ou plutôt mourir asphyxié dans ces eaux hostiles, en terminer comme un idiot sans air dans les vagues de la mer. Là…

Dans le Plein du Vide

Respire.
Respire s’il te plait.
Pourquoi cette prière quand elle s’avère impossible. Immergé dans ces remous mêlé au don de la Matriarche, Lysias a froncé les sourcils, contrarié et furieux contre son sort en même temps. Portant les deux mains en coupe à son visage, devant nez et bouche, comme s’il pouvait emprisonner une bulle d’air dans cet environnement qui lui semble encore trop incertain. Qui lui semble ne jamais devoir mériter sa confiance.

Il ne se souvient pas le comment du pourquoi des enchaînements de ses gestes, mais sa main dans celle de la cristalléenne, retenant son souffle jusqu’à ce que ses poumons commencent à crier douleur, ultime et dernière goulée d’air qui s’échappe enfin vers la surface laissant un Lysias s’étouffer, et se rendre compte qu’il respire quelque chose de comestible. Valse des voiles dans le courant des eaux, étreinte éphémère où le nymphe ne parvient pas à reconnaître les milles et une perception de ce qu’est son entourage hormis cette once de chaleur. Douceur rassurante pour un corps si fin, trop frêle pour tant d’impératifs, et chaleur davantage rassurante qu’il ne pourrait se l’avouer, lui qui, à ce moment n’est qu’une flamme à éteindre dans le monde de la Mer, mystères englouties pour encore une longue éternité.

-

C’est dans un sentiment de vide dans cette plénitude qu’offre l’univers de Ruby, que Lysias en ressort en un morceau, saint et sauf. Et alors qu’il se rend compte qu’il repose bien sur la terre ferme, le nymphe se dégage par réflexe, tentant de détailler cet environnement nouveau, qui rappelle sans tout à fait rappeler, quelques forêts denses d’Elament. Simple, le paysage laisse pourtant une étrange impression au nouveau venu, sans qu’il sache en déterminer l’exacte raison, pendant qu’exposée à l’air frais, sa peau retrouve peu à peu son aspect normal. Habitué à cette réaction, Lysias fait abstraction de ses écailles restantes, puisque probablement elles réapparaitraient à sa prochaine immersion.

-Tout ça pour …ça, a laissé entendre le jeune homme, dans le fil de ses pensées indécises, le regard essayant d’accrocher sur un détail qui aurait rendu cet endroit en tant soit peu plus unique. Spéciale. Ou paradisiaque.

Pourquoi Lysias a eu l’audace de penser qu’un bout de terre aux merveilles l’attendrait au bout de cette pénible ascension, de penser à un endroit plus glorieux ou quelque chose qui puisse le rendre plus attractif. Rêve d’enfant, vision puérile. Mais Lysias y croyait vraiment. Et entre fatigue qui l’emporte sur son savoir-être, le nymphe a finalement reporté son attention sur la matriarche.

-Comment pouvoir affirmer qu’il n’y a aucune trace démoniaque, ici… ?


Suspicion.
Avançant alors de quelques pas vers les arbres là bas, végétation plus haute et plus dense, cachant leurs propres secrets. Comme la mer de la Dame. Comme la mer, l’eau tout court. Lysias regarde de nouveau d’un œil hostile cet environnement.

-Cette Terre, je ne l’aime pas, a-t-il déclaré de bout en blanc, contrarié.

Ou comment dire qu’elle ne lui inspire nulle confiance.



_________________________________________________________


Illusion | Désillusion
Fiche
Artefact en possession: *Dÿa Meÿe't Feirk", ou le Souffle de Meÿe*
Revenir en haut Aller en bas
Ruby
Prophétesse
avatar
Nombre de messages : 4776
Âge : 36
Race : Peuple de Cristal
Poste : Errante - Prophétesse
Magie Contrôlée : Arcanes de l'Eau

Feuille de personnage
Puissance:
990/1000  (990/1000)
MessageMer 8 Sep 2010 - 15:47

Elle était, dans le fond, une femme simple. Il lui fallait peu de choses pour être en accord avec la vie, pour avoir l'âme en paix et le coeur au repos. Qu'on lui donne le bleu du ciel, la cîme des arbres et les chants du vent et elle trouvait là un monde de réjouissance à nulle autre pareille ! Même au creux salin des bras de la mer, elle dénichait un contentement dans le silence et l'oubli. Ce n'était pas immobilisme, c'était évolution lente, végétale, croissance et vie indifférente des mouvements rapides des autres créatures. Sur cette berge humide soumise aux caprices des éléments, elle voyait un asile. Aussi, la réaction de Lysias la déçut un peu.

Ne venait-il pas d'Elament la Sombre ? N'avait-il pas vu des choses trop horribles pour être citées ? Ruby avait vu des orphelins se jeter avidement sur du pain rassit, aux jours de la Perte, et s'endormir dans la boue. Lui n'avait eu qu'à s'enfuir pour obtenir la sécurité et il dédaignait un papier-peint trop laid à son goût ! Elle était choquée, un peu, et triste, mais ne répondit rien. S'il réagissait comme ça pour une forêt calme et retirée et pour une plage de sable, que dirait-il en voyant le village de fortune qui les abritait tous...

La Dame se renfrogna et se fustigea elle-même. S'il était vrai qu'au début, à leur arrivée, ses préoccupations premières relevaient de la survie : se pourvoir en nourriture, avoir un toit et des vêtements, être au chaud. Maintenant, le manque d'installation relevait d'un laissé-allé de sa part. Pour un terra, faire pousser une maison arbre était certes long, mais faisable. Elle se promit de mettre ça en oeuvre dans la semaine. Ou celle juste après. Elle avait encore tant à faire !

D'humeur sombre, elle ne lui répondit pas immédiatement, veillant à ne pas donner un ton trop acide à sa voix.

" C'est tout ce qu'il nous reste, et il faudra faire avec. " Sa langue claqua contre son palais. Elle resserra sa cape contre ses épaules, sentant comme un froid s'insinuer en elle. La Matriarche était épuisée. Elle aspirait à un lit tiède et une bouchée de pain, n'importe quoi en fait, tant qu'elle était loin d'ici. D'un geste habile, elle dégraffa le lourd vêtement et le jeta sur le dos d'un Lysias qui observait toujours la forêt, avec à la bouche la moue boudeuse d'un enfant déçu. L'étoffe avait encore maigre tièdeur de son corps et le poids étonnant de l'autorité. Elle le lui laissa sans aucun remord et commença à gravir la pente douce qui menait à l'orée du bois étrange.

" Il nous reste une bonne heure de marche avant d'atteindre le village. Prépare toi à de nouvelles désillusions. "
Le sable roula sous son pas, et les troncs l'avalèrent.

_________________________________________________________

http://elament.forumactif.com
Revenir en haut Aller en bas
Lysias
avatar
Nombre de messages : 146
Race : Nymphe Mâle
Poste : Elève
Magie Contrôlée : Air

Feuille de personnage
Puissance:
443/1000  (443/1000)
MessageDim 12 Sep 2010 - 15:07

Le Plein du Vide

Parce qu’elle avait acquis en elle, ce qu’on appelle communément la sagesse.
Parce que la Matriarche était humble dans le fond, et qu’au-delà de son apparence impénétrable, elle savait apprécier les choses à leur juste valeur, depuis la moindre des choses qui puissent être. Mais parce que Lysias allait encore avoir quelques fils à retordre avant de prétendre à cette forme de paix, savoir accepter et se contenter du peu qui puisse l’entourer, il ne sut pas apprécier ce nouvel environnement. Esprit trop Introverti qui ne sait se fier à toute chose qu’il n’a pas appris à connaître, et qui probablement n’a jamais su ce qu’est réellement la simplicité en tant que vertu.

Personnalité presque naïve sur certains côtés, à pouvoir croire que tout lui est accessible du moment qu’il en a la volonté ; personnalité qui pourtant aurait dû évoluer durant le temps passé si près et en même temps si loin de l’Obscurité. Alors oui, Lysias a probablement [i]changé[i] depuis Elament d’avant la Sombre, -et qui peut donc prétendre être resté identique et sourd à la moindre évolution. Cela étant, si c’est en bien ou en mal qu’il a changé, nul ne saurait le dire et encore moins le principal concerné. Il a changé, oui, et c’est tout ce qu’il aura été capable de sentir. Après tout, quelle importance, puisque personne n’a songé à se mettre au travers de sa route… Sans compter qu’il est de ces personnalité à tirer le fil du mat jusqu’à ce qu’un jour, rompu, il soit trop tard. Mais d’ici là, du temps il en reste, pour semer encore bien du souci là où il va, autant qu’il semble en percevoir. Pauvre nymphe à l’esprit versatile et difficile à vivre, pauvre nymphe Oublié, parmi tant d’autres.

Pour autant, le silence de Ruby ne lui dit de bon, alors il a prolongé un certain mutisme, dans un instant d’incertitude. Mutisme face à ce grand Rien dont il faudra faire avec. Faire avec ce Rien. Faire avec rien. Lysias sait-il le faire ? Dans tous les cas, il le devrait, d’une façon ou d’une autre. Ce nymphe, il a l’air d’un grand gamin qui n’a pas eu le présent aussi grand que souhaité. Alors qu’il contemple encore ce plein qu’offre le vide devant lui, une chaleur recouvre ce grand froid dont ce paysage l’envahit, et il se retrouve avec la cape de la Dame, cette Dame dont il ne voit même pas la noblesse de l’âme, elle qui supporte le poids de ses propres peines et celle de toute une tribu.

Mais tout cela, on l’expliquerait à Lysias, qu’il ne le comprendrait pas réellement.
Du moins, pas aujourd’hui.

-

Les temps sont devenus doux, depuis. Depuis quand, Lysias ne le sait pas, n’a pas eu le temps de s’en rendre compte, mais c’est une fraîcheur trop près de la froideur qui s’infiltre partout là où il peut. Et inlassablement, cette ascension se poursuit sur les traces sablonneuses d’une crystalléene dont rien ne semble pouvoir la faire flancher face à ses devoirs.

-Quel genre de …village ?

Quel genre de peuple.
Si ce ne sont des élamentiens brisés.

En réalité, Lysias appréhende tant de choses qu’il transforme ce grand Inconnu en une sourde peur. Crainte de revoir les ruelles mal famées d’Elament, jonchées de corps blessés ou dont les vies ont été volées. Et peur qui rend sourd et aveugle au monde extérieur. Qui rend tellement idiot.
Traces du Désespoir qui a balayé sa route.

Et d’ailleurs que peut-il y faire.

Lysias aimerait, et aurait aimé faire quelque chose, sans jamais trop savoir quoi. Les nombres de fois où il lui a été donné la liberté d’errer dans sa ville. Le nombre de désillusions qui l’ont submergé.

Désillusions.
Illusions, sur désillusions.

Encore un mot qui donne froid au dos. Malgré la cape, malgré cette réconfortante onde de chaleur qu’elle dégage.

Comment réinsuffler espoir quand il ne semble plus y en avoir. A quoi bon reconstruire quand reconstruire rime à détruire. Détruire pour mieux reconstruire ? Lysias ne sait pas s’il doit s’y fier. Pour autant, laisser la destruction telle qu’elle est, ne lui semble pas non plus concevable. Alors quoi.

Regards rivés sur la silhouette de la jeune femme dont la robe danse sur le chant d’une douce brise, Lysias a soupiré, las. La végétation ne s’est pas atténuée et c’est à se demander si une fin il y a dans cette faune, où l’impression d’être épié ne le quitte pas. Emmitouflé dans la cape, il a fini par rejoindre les côtés de la Dame, au lieu de trainailler en arrière, cessant de rechigner tout ce qu’il peut trouver à rechigner.

-Est-ce qu’il vaut mieux se sauver soi-même ou risquer sa vie voire mourir pour en sauver une autre.

Au final est ce que ça ne revient pas au même, se demande Lysias, reposant la cape sur les épaules de sa propriétaire.


_________________________________________________________


Illusion | Désillusion
Fiche
Artefact en possession: *Dÿa Meÿe't Feirk", ou le Souffle de Meÿe*
Revenir en haut Aller en bas
Ruby
Prophétesse
avatar
Nombre de messages : 4776
Âge : 36
Race : Peuple de Cristal
Poste : Errante - Prophétesse
Magie Contrôlée : Arcanes de l'Eau

Feuille de personnage
Puissance:
990/1000  (990/1000)
MessageMer 15 Sep 2010 - 16:20

Elle n'avait répondu "qu'un village, c'est tout" d'un ton sec et claquant, à la question du jeune homme. Il l'avait blessé. En dédaignant son oeuvre, il avait jeté aux orties tout ce qu'elle avait cherché à construire. Elle ne voulait pas lui parler de suite de crainte de verser tout son courroux, toute sa fatigue, toute son impuissance sur celui qu'elle allait former. Elle le regrettait presque, ce choix improvisé, ce caprice. C'était sûrement une bêtise d'ailleurs, mais maintenant que c'était fait, il fallait assumer. La brise légère qui soufflait semblait lui battre les os. Pour peu qu'elle puisse ressentir pareille chose, la Dame avait froid. Elle se sentait petite et misérable, comme si au final, tout ceci ne servait à rien. Elle n'avait pas besoin de ça, de ces craintes, pas maintenant.

Alors, tandis que son pas brisait les feuilles mortes et que sa chevelure libre s'accrochait ici et là aux branches, elle se remémorait les évènements passés : la douleur du combat n'avait pu étouffer la douleur de la perte. Elle avait été vaincu par ce satané effrit alors que le corps de sa commandante n'était même pas encore refroidi. Elle serait morte, pour cette cité et ses habitants, pour des raisons plus obscures que le sang d'un drow. Ils avaient du partir, et elle n'avait pu que les abriter derrière un buisson fragile, et ce jeune homme se permettait de dire que c'était peu ?


" Penses-tu que je soie la meilleure personne à qui poser cette question ? " Elle n'avait pas bougé, elle ne le regardait pas, elle se contentait de se rapprocher encore et encore du village qui, elle le savait, finirait d'achever son compagnon de voyage.

Commander était une joie, mais sa vie en était le sacrifice nécessaire : il n'y avait pas de romance pour elle, pas de vie de famille possible dans une telle situation. La Dame se refusait sans s'en rendre vraiment compte les petits plaisirs, ces petites choses normales. Elle ne rêvait pas de donner la vie, ni d'avoir un époux au sens conventionnel du terme, mais marcher dans une prairie la robe au vent sans contrainte lui était presque interdit. Pour ses escapades personnelles, elle devait s'organiser du temps, aménager des moments privés. Il reposa sa cape sur ses frêles épaules, elle s'arrêta.


" Mais peut-être qu'en te sacrifiant pour les autres, tu te sauves toi-même. " La phrase lui était venue spontanément, d'une voix plus douce aussi. On laissait son souvenir, une trace, une pérennité. C'était peut-être la voie du lâche, mais elle n'était pas la plus facile à prendre : il fallait accepter de se renier. Ou trouver à sa vie si peu d'importance qu'il était préférable d'en faire cadeau aux autres. Celle qu'on nommait la Matriarche réajusta l'étoffe, sans la nouer à sa gorge. Elle n'en possédait qu'une, comme cela, vitale hors de l'île où sa carnation trop claire faisait d'elle une chandelle.

Elle se retourna vers le jeune homme, de la peine dans les yeux, son soupir comme une fleur à sa poitrine : [
b]" Allons, "[/b] reprit-elle, " Dis moi ta vraie question, je suis lasse de ces jeux. " Lui, à côté d'elle, elle l'avala d'un de ces regards froids qui vous disent la dureté du monde. Il portait sa propre croix, avait ses propres cicatrices aux coeux et pourtant... Il sembla à Ruby que les caprices du jeune homme n'était qu'un des reflets de ses épreuves : chipoter, par crainte de voir les choses changer, par crainte de revenir en arrière. Chipoter pour ne pas souffrir, ou ne plus avoir peur. Sa peau hurla de le prendre contre elle et lui murmurer à l'oreille qu'il ne craindrait plus rien tant qu'elle serait là.

Ô inflexible Glace, elle ne bougea pas.

_________________________________________________________

http://elament.forumactif.com
Revenir en haut Aller en bas
Lysias
avatar
Nombre de messages : 146
Race : Nymphe Mâle
Poste : Elève
Magie Contrôlée : Air

Feuille de personnage
Puissance:
443/1000  (443/1000)
MessageSam 2 Oct 2010 - 13:17

Lysias saurait-il un jour, combien de fois il pousserait la Matriarche à regretter son choix ? Combien de fois encore, plongerait-il la cristalléene dans cette âpreté, rendant toujours plus amer cette décision de l’avoir choisi, d’avoir voulu dans un instant éphémère, assurer sa formation. Le réaliserait-il vraiment de lui seul ? Et s’il savait ; s’il le savait, ô combien une parole peut balayer et détruire tant de choses. Une parole, vulgaire parole. Le pouvoir des mots. Pourtant, parsemés de regrets de peines et de douleurs, s’ouvre indéniablement devant eux, un nouveau chemin, pour -peut-être- un nouveau départ promis à une multitude de destinées. Alors vers lesquelles, parmi toutes ces lignes futures, se dirige le nymphe ? Quels autres, l’influenceront encore, tentant de courber et rendre plus souple, cette ligne de mir sombre vers laquelle il semble avancer.

-Non pas que je le pense, mais dans le fond, je me fiche de savoir qui est la meilleure personne ou pas.

A-t-il besoin d’aller consulter ladite meilleure personne pour s’enquérir d’un avis.
L’avis d’un tiers, alors que le sien, cherche sans cesse à aller dans le sens inverse d’une opinion générale. Et ce jour là, en des temps frais et hivernaux, Ruby a dit, qu'en se sacrifiant pour les autres, Lysias se sauvait lui-même. Mais sur le moment, Lysias a tenté d’en tirer un sens, mais ne l’a pas compris.

Plongé dans un silence méditatif et d’épuisement, le nymphe a simplement continué son ascension, sans plus regarder le paysage qui défile lentement, au gré de ses pas. Et au lieu de s’évaporer à mesure de l’avancement de la matinée, s’est maintenue une brume épaisse, tentant de camoufler bien des secrets régissant l’ile.

-

Une vraie question.
S’il en avait une, l’aurait-il posée d’avance, sans détournement. Alors que son regard étonné puis plus dur croise celui de la Dame, Lysias ne peut s’empêcher de penser où un jeu aurait eu la place de s’installer dans tout ça. Le fondement de ses questions… le connaît-il lui-même ? Se rend-il compte qu’il tourne déjà autour d’un pot comme un idiot, sans même s’en apercevoir.

Les pensées de l’aéra se brouillent dans un mélange confus d’images et de sons, de perceptions, tentant de le plonger dans un souvenir second, sur un enchaînement de souvenirs trop intenses pour pouvoir prétendre y voir clair. La violence d’un combat. Des combats. Des peurs extrêmes, des larmes et des pertes. Ah, la Perte. Un jour, un ange a laissé sa vie au profil de celle du nymphe.

…Pourquoi.

-La différence entre les vrais questions et les fausses… a-t-il commencé, d’un air momentanément plus froid,… je ne la connais pas, mais j’essayerai d’en poser des vrais quand j’en aurais.

Il existe pourtant mille et une façon de détourner une question…
Haussant des épaules, il s’est simplement détourné, pour devancer la matriarche dans la même direction qu’ils suivent depuis tout à l’heure. Comme s’il connaissait la destination, alors qu’il ne connait que ce que le Rien peut représenter dans son esprit. Du rien, du grand vide. Ou du trop plein.
Brouhaha difforme de …choses.

Mais assurément, aux yeux de Lysias, il n’a jamais été question de jeu.
Sensibilité du nymphe mise à l’épreuve, sans même réaliser qu’il entraîne celle de la Dame sur son passage. Combien encore aurait-il de pas à faire, dans ce tunnel d’apprentissage. Et une fin, existe-t-elle peut être.

Sa vie pour une autre, contre celle d’une autre à la place de la sienne.

_________________________________________________________


Illusion | Désillusion
Fiche
Artefact en possession: *Dÿa Meÿe't Feirk", ou le Souffle de Meÿe*
Revenir en haut Aller en bas
Ruby
Prophétesse
avatar
Nombre de messages : 4776
Âge : 36
Race : Peuple de Cristal
Poste : Errante - Prophétesse
Magie Contrôlée : Arcanes de l'Eau

Feuille de personnage
Puissance:
990/1000  (990/1000)
MessageVen 15 Oct 2010 - 11:46

Et ils reprirent leur route, simplement, sans plus se poser de questions. De son côté, la Dame observait la végétation, cherchant des lieux connus, des troncs familiers, des sentiers déjà pris. C'était leur nouvelle demeure, elle se faisait violence à en apprendre le moindre pouce, à en connaître chaque parcelle. En ce moment même, les hommes qu'elle avait envoyé explorer plus avant ces terres découvraient probablement un ouvrage antique et de l'autre côté du monde une nymhe dormait dans un sarcophage de glace. Mais elle n'était qu'ici, fragile et misérable, abruti de fatigue. La forêt se fit moins dense. L'odeur du feu monta à ses narines, collante, un ravissement en soi, et elle se tourna vers le nymphe, hésitant à lui jeter une nouvelle fois sa cape sur les épaules.

" Il nous reste moins d'une lieue. Par égard pour toi, on ne t'interrogera pas de suite : repose toi, mange, lave toi et, quand tu seras remis, viens à moi. J'ai beaucoup de choses à te demander. "

Elle se retourna et regarda entre les arbres une chose qu'elle seule, probablement, pouvait voir. Un futur possible, des possibilités, des craintes, l'espoir ? Les colonnes végétales avaient été les témoins de trop de choses pour prêter attention à l'éphémère créature qui évitait leurs racines quand elle marchait. Ruby reprit la route, son pas faisait légèrement craquer les branches mortes, bruisser les feuilles. Se faisait, elle conta à Lysias comment ils étaient arrivés ici, après la Perte. Comment il avait construit un abri temporaire, à l'orée d'une cité en ruine qui était l'écho de leur propre déchéance. Ils avaient investit des bâtisses délabrées et avaient plus ou moins remis quelques maisons en état. De nombreuses maisons, de fait. Des tentes plus ou moins permanentes étaient installées aussi.

Ce n'était pas le grand luxe, mais il y faisait chaud et y mangeait à sa faim. Elle ne voulait pas qu'il ait l'air désabusé ou déçu, triste d'avoir quitté une prison pour un taudis. La Dame, sans être fière, aurait mal pris la déception du jeune homme, comme un petit coup de grattoir sur son âme à vif, du sel sur une plaie. Elle se mordit l'intérieur de la joue, réajusta l'étoffe qui glissait de ses épaules et héla vers l'inconnu. Le silence suivit l'écho du cri, et une voix reprit plus fort : " La Matriarche est de retour ! ". La nouvelle fut probablement reprise plus loin encore, car Ruby entendit parfaitement la voix exaspérée du père des Orphelins hurler aux enfants de retourner en classe, que non, plus tard, revenez bande de chenapan ou j'vous donne à manger à une hydre de mer ! mais rien n'y fit et une horde de monstres se rua vers les deux voyageurs épuisés.

Si Lysias dut répondre à une foule de questions, Ruby ne le sut trop : elle avait encore dans les oreilles l'échos des petits hurlements stridents, et des mains avides avaient attrapés ses vêtements pour la tirer plus vite encore vers le camp. Ils étaient certes pauvres, tous autant qu'ils furent, mais l'amour était là bas une richesse à nulle autre pareille. Après avoir marché à un pas forcé sur une petite distance encore, on poussa la Matriarche sur un banc et la recouvrit de trucs à manger. De ce qu'elle put en voir, Lysias avait le même sort : ici, les enfants commandaient parfois, et quand quelqu'un suivait la Dame, bah on l'aimait bien (bien qu'on se comporte avec prudence, tout de même). Le calme revint peu à peu, et les enfants se dispersèrent. Un resta assis près de Ruby.


" Ce sont les enfants des adultes morts pendant la Prise de la Cité. L'Île n'est pas un endroit où l'on se bat. Ici, on cultive la terre et on veille à ce que les enfants grandissent. On accueille les blessés... C'est un asile reculé. Tu es libre d'errer en nos murs, Lysias. Nul mal pour toi en ces terres. "

_________________________________________________________

http://elament.forumactif.com
Revenir en haut Aller en bas
Lysias
avatar
Nombre de messages : 146
Race : Nymphe Mâle
Poste : Elève
Magie Contrôlée : Air

Feuille de personnage
Puissance:
443/1000  (443/1000)
MessageMer 19 Jan 2011 - 7:03


L’acheminement vers le village des naufragés d’Elament fut long, et sans doute l’aurait-il été davantage, plongé dans la solitude. Mais peu à peu changea le paysage au fur et à mesure de ses pas, dévoilant un autre pan en ces terres reculées, petit coin sonnant si paradisiaque pour ceux à qui l’espoir a été volé.
Pour autant, le nymphe n’y pense pas, ni ne sait où son entêtement le mène, si ce n'est sur les traces d’une ancienne de la Cité. Conviction ou idiotie pure, il est des fois où, le manque de sommeil, -la fatigue, engourdit tous les autres sens au point de les étouffer. Une oreille tendue vers le récit de la cristalléene, Lysias a gardé son silence, sans songer une seule fois à l’interrompre. L’aurait-il fait, qu’il n’aurait pas trouvé de quoi dire, -sentiment de lourdeur au souvenir d’une Elament ravagée.

Pourtant, quelques instants plus tard déjà, le nymphe ne put que briser son mur de silence face à une horde de petits êtres hauts comme trois pommes, venus se précipiter à leur rencontre tout en clamant le retour de la Dame. Et aussi inconnu puisse-t-il paraître derrière ses traits tirés par la fatigue, l’accueil n’en fut pas moins chaleureux, et c’est sans bien comprendre le pourquoi du comment qu’il se retrouve embarqué dans une hutte –ou une tente, voilà que ses souvenirs de cet instant s’effritent déjà-, entouré de nourriture et de jeunots l’observant avec de grands yeux avides et empreints de curiosité.


" Ce sont les enfants des adultes morts pendant la Prise de la Cité. L'Île n'est pas un endroit où l'on se bat. Ici, on cultive la terre et on veille à ce que les enfants grandissent. On accueille les blessés... C'est un asile reculé. Tu es libre d'errer en nos murs, Lysias. Nul mal pour toi en ces terres. "
***

[Des jours plus tard]

Nul mal pour lui d’errer en ces terres…
Phrase qui résonne encore dans l’esprit du nymphe à son réveil. Un réveil brutal après un sommeil lourd et nerveux à la fois. La première fois qu’il a ouvert les yeux sur l’île, Lysias se rappelle son hébétude totale, plongé dans l’obscurité. Noir qu’il faisait autour de lui, noir qu’il faisait comme s’il avait fermé les yeux. Incapable de se situer, -ni dans l’espace, ni dans le temps-, il était resté là, immobile, avec un vieux mal de crâne étourdissant, jusqu’à ce que l’appel du ventre prenne le dessus sur tout autre besoin. […]


-…esclave d’un démon.

Assis en tailleur sur un large tronçon de bois –faisant office de chaise- Lysias dessine des ronds du bout des doigts, sur la table. Modeste décor et véritable luxe après l’élimination de toute une ville. Mais en cet instant, l’aéra n’a aucune notion de ce qu’il en pense ou non. Simplement il fait bien trop vide dans sa tête.

Quant au fameux interrogatoire… finalement, esprit retrouvé, tour des tentes fait, le nymphe s’était improvisée dans celle où il pensait se sentir le plus à l’aise, en outre, là où s’y trouvait la Dame, ce jour là. Et nul interrogatoire formel, mais une paisible discussion –bien mangé ? bien reposé ? besoin d’autre chose ?- entre la Matriarche affairée à ses affaires, ponctuée par des allées venues des habitants, et un Lysias un peu trop d’humeur observatrice que d’ordinaire. Et puis soudain, sans grande cohérence avec la discussion entamée, il avait lâché au milieu d’un long silence, une phrase, de bout en blanc : je suis Lysias, esclave d’un démon. Comme ça, comme il aurait balancé un galet à l’eau.

Sauf que ce galet n’a fait aucun ricochet.

Et puis il retomba dans un mutisme –comme si c’était naturel.
Pensées déjà partie ailleurs, trop loin et trop emmêlées pour pouvoir y mettre un semblant d’ordre.


***
D’après les dires de ceux à qui il avait dû se fier, près de trois jours était-il resté dans un sommeil de plomb, -un tir de canon n’aurait même pas réussi à le réveiller. Devait-il le croire ?

Autre chose, -fait qui l’avait frappé-, c’était cette chaleur qu’émanait les habitants de l’île, envers lui, étranger sans bagages. Déconcertant.

Depuis combien de temps n’avait-il pas vécu ce relationnel, cette l’humilité.
Mais au final, peut-être ne l’avait-il jamais vécu, lui, de caractère déjà si tourné vers sa petite personne.



_________________________________________________________


Illusion | Désillusion
Fiche
Artefact en possession: *Dÿa Meÿe't Feirk", ou le Souffle de Meÿe*
Revenir en haut Aller en bas
Ruby
Prophétesse
avatar
Nombre de messages : 4776
Âge : 36
Race : Peuple de Cristal
Poste : Errante - Prophétesse
Magie Contrôlée : Arcanes de l'Eau

Feuille de personnage
Puissance:
990/1000  (990/1000)
MessageMer 9 Fév 2011 - 0:04

Il semblait mort, quand il dormait, ce jeune homme. Sa poitrine se soulevait à peine, comme celle d'un animal traqué. Il avait parfois – mais il fallait l'observer longtemps – des spasmes dans les muscles, comme s'il esquivait quelque chose. Brièvement, la douleur marquait alors ses traits. S'était-il fait battre, avait-il été torturé ? Le bout de peau nue que la Matriarche voyait n'attestait d'aucune lésion. Un bébé. Un bébé avec le sommeil d'un vieillard.

On avait cru qu'il mourrait dans son sommeil. Il ne buvait pas, ne mangeait pas, s'arrêtait parfois de respirer quelques secondes. Alors, il prenait une grande respiration silencieuse et retombait dans les affres d'un songe quelconque, embués d'éther et marbrés de narcotiques. Au final, il n'avait pas été nécessaire de le plonger dans le coma, d'infuser dans ses veines le mélange précis de petite-morte que l'on donnait aux rares que l'on sauvait. Il fallait du temps pour faire le deuil de sa propre incarcération, et se réaclimater à la radiance du soleil.

Il avait été l'esclave d'un démon.

La plume de la Dame cessa sa danse endiablée sur l'irrégularité du vélin. Lentement, comme on dresse un chat, elle la déposa dans l'encrier, tâchant le coin d'un parchemin d'une goutte plus sombre que le sang d'une matel. Ce n'était rien, tout au plus l'écho de la nature que le jeune homme pensait à avoir. Et son prénom. Lysias. Il coulait comme du miel.

« Tu t'appelles Lysias... » reprit lentement la Matriarche. C'était une leçon, une leçon répétée. Les identités se fondaient, se confondaient, se troublaient et s'oubliaient. On en revenait toujours à la même chose. On en revenait toujours au fait que le monde changeait et qu'il fallait évoluer avec lui. Grandir, se perdre, recommencer. Il avait vécu l'horreur. Elle le comprenait. Sa voix avait la douceur de la neige « ...et tu as été l'esclave d'un démon. »

Le bois de la chaise crissa contre le sol inégal, foulé et refoulé, battu à n'en plus finir. La robe de la Maîtresse chanta quand elle se déplaça d'un pas lent vers le garçon qui s'était de nouveau enfermé dans un mutisme plus acéré que des épées. Elle prit une première respiration, prépara sa flèche mais ne tira pas : les mots, mal adaptés, auraient fait un flop misérable. Lesquels étaient les mieux, de toute façon ? Les banalités ? La vérité ? La banale vérité ? Le mensonge ? Rien, rien n'aurait pu réparer la honte, l'orgueil brisé, l'opprobre. Pas même mille ans de sommeil.


« Je ne peux pas revenir en arrière et te sauver » La banalité. « Mais tu peux construire demain en te servant de ça, que cela n'est pas servi à rien » La vérité, inutile et laide. « Et il faudra du temps » et puis l'agaçante banale vérité. Fallait-il chuter dans le mensonge ? La bouche de la Dame ne se laissait pas aller à pareil artifice. Elle n'avait que des mots vrais et creux pour les survivants, eux qui revenaient cassés et désarticulés.

Des poupées. Des petites poupées qu'on mettait au tombeau.
C'est à elle qu'il appartenait de les réparer.

_________________________________________________________

http://elament.forumactif.com
Revenir en haut Aller en bas
Lysias
avatar
Nombre de messages : 146
Race : Nymphe Mâle
Poste : Elève
Magie Contrôlée : Air

Feuille de personnage
Puissance:
443/1000  (443/1000)
MessageSam 19 Fév 2011 - 21:01

-Ah…

Ah.
Un simple son s’est échappé de sa bouche et Lysias a observé, encore et encore, la Matriarche affairé au dessus du parchemin. Et il s’est senti content qu’elle soit en train de faire autre chose que de le dévisager durant ce qui était censé passer pour un interrogatoire. Pourquoi aurait pu-t-il être sauvé ? Il n’en demande pas tant. Et puis Lysias ne doit pas avoir autant d’humilité pour pouvoir formuler ce genre de pensée. Le son du raclement de chaise contre le sol le fait réagir, et il a avisé Ruby d’un air intrigué. Sourcil levé, à la limité de la contrariété.

-Me sauver ? Pourquoi t’en serais-tu chargée.

Pourquoi en aurais-tu fais ton affaire.
Alors qu’il y a tant de gens qui eux, sont restés là-bas.
Scepticisme ou mauvais caractère. Lysias n’est pas de ceux qui souffrent perpétuellement. Non, il est de ceux, épicuriens, trop occupés à leurs bons plaisirs personnels qu’ils en oublient qu’eux aussi peuvent de temps à autre, avoir mal. Ceux qui ignorent leur propre douleur, pour mieux profiter du présent. Des autres opportunités nouvelles, et aller de l’avant. Ceux pour qui, la douleur ne doit constituer un obstacle à la progression.

-Je ne regrette rien, a-t-il affirmé catégoriquement.

Comme un gamin entêté.

-Et mon lendemain, j’ai commencé à le construire dès lors que m’a été donné la liberté.

Oui la Faux la lui avait rendue. Venait-il de dire, ou de sous entendre, que la démone la lui avait rendue.
A ses torts et à ses périls. Au bonheur de Lysias. Et après ça, tout compte fait ; heureux, l’était-il ?
Question qui se passe de réponse encore.

Il est trop tôt.

Oui, du temps, comme l’approuve la Cristalléenne. Mère des Elémentalistes, Protectrice du peuple.
Pendant un instant, le nymphe s’est demandé comment il était donné possible de penser à autant de gens, à toute une population dans de pareil cas. Et puis c’est une vague pensée qui s’est vie envolée, comme l’écume de la mer qui repose et disparaît, aspirée par le sable.

-Et pendant ce temps... que se passera-t-il ?

Oui, des poupées qu’on mettrait au tombeau.
Un tombeau qui aspire souvenirs et temps.

Un froid, grand courant glacial a enveloppé le nymphe, -à moins que ce ne soit le fruit de son imagination-. Il s’est frictionné les bras, puis c’est un instant, qui, comme ses pensées, a disparu. J’ai froid. Je suis fatigué, il aurait peut être aimé le dire, si ça avait continué.

-Combien de temps, et combien de corps encore.

Encore tomberont avant que ne se lève le voile.
Est-ce que lui aussi devrait-il les réparer ? Lysias a poussé un soupir.

-J’ai été bien traité.

Et il a enfin croisé le regard de la Dame.


_________________________________________________________


Illusion | Désillusion
Fiche
Artefact en possession: *Dÿa Meÿe't Feirk", ou le Souffle de Meÿe*
Revenir en haut Aller en bas
Ruby
Prophétesse
avatar
Nombre de messages : 4776
Âge : 36
Race : Peuple de Cristal
Poste : Errante - Prophétesse
Magie Contrôlée : Arcanes de l'Eau

Feuille de personnage
Puissance:
990/1000  (990/1000)
MessageVen 8 Avr 2011 - 16:55

« Donné » La Dame n'avait qu'à peine prononcé le mot, ces deux syllabes si douces et si coulantes. Pas une question, à peine une affirmation, mais son étonnement troublait la surface parfaite de son calme. Elle croisa les bras sur sa poitrine, se protégeant sans savoir pourquoi. S'il n'y avait pas eu dans son dos la barrière infranchissable de son bureau, elle aurait probablement fait un pas en arrière, s'éloignant d'une chose anormale, complexe, impossible.

On l'avait laissé partir.

Elle fronça les sourcils, ouvrant la bouche pour dire quelque chose. Mais rien ne vient. Sa respiration resta bloquée dans sa gorge, comme un petit oiseau, une flammèche qui n'attendait que l'occasion de s'embraser. Dans l'esprit de glace de la Matriarche, le douce perça la neige, fleur trop vive dans l'immensité neigeuse. Le doute, et une amorce de regrets. Et si.... ? Et si elle s'était trompée, et s'il était était un espion, ou que sa nature ait été transformée.


« Pourquoi ? »

La question, la seule qui puisse être appropriée, fusa d'entre ses lèvres, tranchante. La suspicion était là, dans le ton, de même que la menace. Elle n'aurait pas levé la main sur lui, elle ne l'aurait pas tué dans l'instant, mais elle aurait pu faire quelque chose de grave. Ruby se repassa les derniers événements, la marche inlassable dans la forêt, les leçons, le réconfort, la chaleur dans le froid humide de cette région éloignée. Elle se repassa tout et ne trouva aucune faille, rien.

Dehors, il semblait n'y avoir plus âme qui vive. Il ne parvenait plus aux oreilles de la maîtresse la musique apaisante d'un village en activité. Il n'y avait que Lysias, Lysias qui la regardait avec un éclat inconnu au fond des yeux, et son âme se figea.

_________________________________________________________

http://elament.forumactif.com
Revenir en haut Aller en bas
Lysias
avatar
Nombre de messages : 146
Race : Nymphe Mâle
Poste : Elève
Magie Contrôlée : Air

Feuille de personnage
Puissance:
443/1000  (443/1000)
MessageVen 8 Avr 2011 - 21:24

-POUR NE PAS AVOIR FAIT EXPRES-

Oui, Lysias a levé le regard sur la Cristalléenne, sans se douter de toutes les pensées dont elle est en proie.
Lysias ne se rend simplement pas compte, -ni ne se rendra compte- réellement de quelle menace il porte sur ses épaules depuis qu’il est sorti d’Elament la Noire. L’idée même que de terribles enjeux puissent le remettre en cause à part entière ne lui effleure pas l’esprit, lui l’échappé d’Elament la Sombre. Echappé, probablement un des rares à l’être, et sûrement le seul à avoir été sauvé par un démon. Dans sa tête, il n’a qu’une version et vision des choses, la sienne, celle qu’il a vécu au cours de ces mois passés là bas. Alors comment pourrait-il savoir, lui, dont les perceptions sont trop franches et pures pour pouvoir se douter de quoi que ce soit.

Oui, comment pouvait-il savoir.

Un goût âpre remonte dans sa bouche, et le nymphe a dégluti en même temps qu’il sent clairement l’ambiance se tendre. La Dame est une dame des Glaces, et c’est d’un silence hérissé de piques aussi froides que cuisantes qu’elle se pare soudain, plombant d’un coup les lieux d’un simple mot.

Pourquoi.

Lysias est resté longtemps coi devant la question, se donnant l’impression d’être face au vide d’une falaise abrupte. Sauf que cette fois-ci, il ne s’agit pas de vide, mais de trop plein pour pouvoir être relaté de manière compréhensible. Et au final, il n’a rien à répondre d’intelligent à sa question. Rien qui puisse expliquer le pourquoi du comment, rien mais tout à la fois.

-Peut être parce que Sappho est mon amie …?

Ce disant, Lysias ne se rend toujours pas compte dans quelle position instable il se fourre. Alors face à ça, comment ne pas éveiller davantage la suspicion, plus qu’elle ne l’est déjà. Mais en même temps, avait-il d’autre explication à donner ? A donner sans devoir enjoliver quelconque réalité pour se rendre plus crédible.

Le nymphe a gigoté sur sa chaise pour retrouver un équilibre.
A vrai dire, il n’y a jamais eu de pacte pour dire que Sappho est son amie. Ni rien qui puisse officialiser cette amitié, aussi irréelle puisse-elle paraître. Ils le sont devenus sans en connaître la notion, avec comme seul facteur de ce lien, le temps. Et avec pour promesse, des mots, rien que des mots.

-Je ne sais pas pourquoi.


La promesse de devoir vivre.
Est-elle un tord ?

Lysias a juste conscience qu’il en dit trop ou pas assez.
Une vérité qu’il détient, une vérité qui s’apparente plus à des souvenirs, qu’il est peut être le seul à pouvoir répéter. Car la Faux, de son nom, pourrait-elle seulement l’avouer à un autre? Et le ferait-elle.

-J’ai connu Faux avant et pendant la chute de la Cité. Mais peu importe puisqu’à l’époque, je ne savais pas qu’elle était succube.


Et lorsqu’il l’a su, son statut de démone n’a pas vraiment fait réagir Lysias. Puisqu’au final, il ne connaissait pas le Mal dont il était question. Ce genre de notion, le champ de la violence et tout ça, lui sera passé à des années au dessus de la tête. Naïveté ou laisser aller ? Qu’y a-t-il de mal à avoir partagé de bon moment avec un autre. Loin du sang, de l’agonie et de l’enfer. Et en ces temps là, personne n’était là pour lui dire qu’une gamine de démone lui avait sauvé la vie en tuant les siens lorsqu’ils attentaient à la vie du nymphe. Personne ne lui avait dit non plus, qu’il avait promené une démone sur ses épaules pour une excursion nocturne. Personne ne lui avait dit que les démons pouvaient être aussi abordables. D’ailleurs, on le lui aurait dit, que Lysias ne l’aurait pas cru puisque dans son ennui, il s’amusait bien, dans l’innocence en toute sa splendeur. Alors quoi, aurait-il du se méfier ?

Et cela, il l’a raconté calmement à la Matriarche, avant de s’interrompre pour daigner la défier une deuxième fois du regard. Regard qu’il ne cherchera pas à soutenir, haussant des épaules comme un adolescent sur le point de se vexer.
Pourtant, Lysias sait combien il n’est pas à l’aise à cet instant là.

Se tâtant machinalement le poignet, là où une chaîne lui avait été posée, le nymphe a laissé passer un silence hésitant.

-Le meilleur moyen pour elle de me garder en vie, c’était qu’elle puisse surveiller chacun de mes gestes pour que d’autres n’essayent pas de me tuer. Alors je suis resté captif dans ses appartements. J’ai vu sa montée en puissance parmi les siens. J’ai vu les mœurs des démons, j’ai vu…

Les scènes de tortures, de viols. Résistants, capturés, esclaves, tous y sont passés. Il a vu les élamentiens tomber l’un à l’autre sous le poids de la torture. Mais une boule dans la gorge de Lysias a fait qu’il n’a pas pu dire tout ça. Trop de ça.


***
Ce jour là, Lysias ne saurait plus dire si c’était un jour ou une nuit, il a supplié, -tellement supplié un angelot mourant. Un jeune séraphin, sur le point d’être déchiqueté par deux démons assoiffés de violence. S’il avait compris plus tôt que la violence pouvait être une passion… Mais final, Sappho avait aussi prolongé la vie un ange pour garder un nymphe en vie. Même si l’enfant ailé, trop blessé pour revenir en arrière, avait silencieusement rendu l’âme des heures plus tard. Même si Lysias avait encore et encore supplié, que Caliel ne meurt pas.
Le prix de la vie contre une autre.

***

-jusqu’au jour où Faux est devenu suffisamment Prestigieuse …pour pouvoir assurer ma liberté.

Voix étranglée, Lysias a finit par murmurer.
C’est vrai, Caliel, il l’avait oublié.

Pour la première fois, Lysias a ressenti le sentiment poignant qui donne l’impression de suffoquer. Pour la première fois, il a eu l’envie d’hurler en pleur comme un gosse. Alors il s’est d’un coup retourné, faisant dos à la Matriarche…

-Après, je ne sais pas pourquoi.

…Révélant ses deux sceaux uniques, sous la nuque.

_________________________________________________________


Illusion | Désillusion
Fiche
Artefact en possession: *Dÿa Meÿe't Feirk", ou le Souffle de Meÿe*
Revenir en haut Aller en bas
Ruby
Prophétesse
avatar
Nombre de messages : 4776
Âge : 36
Race : Peuple de Cristal
Poste : Errante - Prophétesse
Magie Contrôlée : Arcanes de l'Eau

Feuille de personnage
Puissance:
990/1000  (990/1000)
MessageDim 24 Avr 2011 - 0:54

Mais les deux sceaux, la Dame ne les avait pas vu. Elle n'avait qu'un manque d'air dans la poitrine, et la sensation dans son ventre que le monde s'effondrait. Une remise en question vitale effritait le sol sous ses pas, et la terre sembla soudain tourner trop vite. Son corps, mu par sa propre volonté, recula lentement, et trouva l'obstacle du bureau de fortune. Lentement, celle que l'on nommait la Chasseresse se laissa tomber, ramenant ses genoux sous son menton, les enserrant de ses bras menus. Fragile, elle semblait si fragile...

Ses yeux, qualifiés par beaucoup de sanguinaires, se troublèrent et fixèrent obstinément les pieds de Lysias. Une partie de son esprit, odieux calculateur, se demandait pourquoi avoir laissé partir le nymphe maintenant. Y avait-il du changement dans la cité, y avait-il une puissance nouvelle ou bien la Faux avait-elle juste obtenu une puissance bien plus importante que se que contaient les espions ? Mais cette partie de l'esprit froid de la Dame n'était que peu actif à côté de celui qui, logique, remettait les pièces en place...

Depuis trop longtemps, les élémentalistes avaient considéré les démons comme des êtres inférieurs et laids, malformés et corrompus. Et là, ces créatures si différentes faisaient actes d'amour. Un ennemi, ça ? pourquoi étaient-ils des ennemis ? Parce qu'ils avaient tué un parent, et désiré un territoire ? Mais ne leur avait-on pas fait la même chose ? Ruby serra les poings et fronça les sourcils, refusant cette pensée, refusant la possibilité que tout ce qui avait été fait, toutes les vies qui avaient été perdue, tout cela ne se soit fait pour rien, sur la base de conflits stériles.

Mais c'était vrai...

Elle relâcha l'étreinte de ses jambes et son regard monta, caressant le dos du jeune homme, tendu, à l'affût. Il était la preuve vivante que le monde n'était pas comme on pensait qu'il était. Une anormalité. La preuve que, depuis le début, la route de la Matriarche n'était pas la bonne. Devait-elle le louer ou le maudire ? Elle souffrait encore d'avoir vu cette odieuse vérité en face, mais le remerciait déjà mille fois pour ça. Il lui faudrait du temps, c'était naturel, pour évaluer et parfaire son approche de cette réalité, mais si cela l'empêchait de reproduire les erreurs du passé, le jeu n'en valait-il pas la chandelle ?

Faire preuve de miséricorde.
Et pardonner. Aller sur une route nouvelle.

Au final, le pourquoi n'avait pas d'importance : il était en vie, ici, et portait en lui mille possibilités, cela seul était important. Et l'affreux pressentiment du départ prochain de Lysias effleura le cœur de l'albinos, dissipé aussitôt par son trouble et ses résolutions nouvelles. La gorge sèche, elle murmura son prénom, comme un mantra, une promesse ou un vœu, les yeux posés sur sa magnifique chevelure, voyant enfin les tatouages, leur accordant l'importance que l'on donne à une bague ou un collier...


« C'est ainsi » dit-elle enfin, ne voyant rien à ajouter. Et « Toi, as-tu des questions ? »

Assise au sol, comme un animal apeuré, la matriarche avait dans les yeux les étoiles hurlantes de l'énergie, et la force de ceux qui veulent vivre. Il lui sembla pourtant qu'elle omettait un détail vital, mais, ne pouvant remettre le doigt dessus, essayant de faire bonne figure...

_________________________________________________________

http://elament.forumactif.com
Revenir en haut Aller en bas
Lysias
avatar
Nombre de messages : 146
Race : Nymphe Mâle
Poste : Elève
Magie Contrôlée : Air

Feuille de personnage
Puissance:
443/1000  (443/1000)
MessageDim 8 Mai 2011 - 8:11

Elle était là assise à même le sol, renvoyant une impression de délicatesse, ou peut être de fragilité, pour une matriarche qui porte trop de poids sur ses frêles épaules. Et son regard, jamais aussi résolu qui semble voir ci et ça, et tout ce à quoi Lysias n’imaginerait même pas. Alors avait-il des questions ? Non, à cet instant probablement pas... ou peut être que si, il en avait justement trop. Grimaçant à l’idée de devoir s’en débarrasser, le nymphe a finit par s’assoir en tailleur en face de la cristalléene. Des questions, des doutes et des incertitudes... peut être parce que dans le fond, Lysias est justement un de ces gosses qui ne se sont pas encore voué à une destinée pré-tracée. Un jeune errant et qui se fixe une raison d'être au gré de ce qui lui arrive. Le choix du possible et de l’inimaginable.

-Je n’ai pas envie de semer le mal,
a-t-il finalement dit dans une de ses dernières paroles. Mais parfois, j’oublie ce que signifie réellement le mauvais du bon.

A la pensée des résistants qui hurlent vengeance, à la pensée que des démons sont capables de sentiments, autre que la haine. A la pensée que la violence existe dans tous les camps. Alors face à de telles déviances... laquelle prendre comme modèle ? Et pourquoi ce nymphe cherche-t-il sans cesse calquer ses pas sur ceux qu’ont déjà laissé les autres ? Entre incertitude et lâcheté... c’est probablement une fusion des deux. L'horizon de Lysias est un horizon qu'il ne peut voir.
Donne moi une raison à laquelle me vouer et je m'y adonne corps et âme, si juste elle me paraît être. Une raison qui me permet de côtoyer les habitants de cette Île, moi esclave marqué au démon. Mais je ne suis pas un esclave. Une pensée, des pensées qui traversent le regard d'un nymphe qui se surprend à sourire malgré tout.

-Je ferai de mon mieux, pour faire ce qui me semble être juste.

Une phrase qui laisse autant de réconfort que de crainte quand la notion du juste change d'un individu à un autre.
Les pieds trempés dans deux chemins qui semblent ne jamais vouloir se rejoindre, Lysias s'est fourré dans un carrefour, carrefour entre le du choix et le non choix, amené à prendre des tours et des détours complexes au fil de son environnement.


_________________________________________________________


Illusion | Désillusion
Fiche
Artefact en possession: *Dÿa Meÿe't Feirk", ou le Souffle de Meÿe*
Revenir en haut Aller en bas
Ruby
Prophétesse
avatar
Nombre de messages : 4776
Âge : 36
Race : Peuple de Cristal
Poste : Errante - Prophétesse
Magie Contrôlée : Arcanes de l'Eau

Feuille de personnage
Puissance:
990/1000  (990/1000)
MessageMar 12 Juil 2011 - 20:37

Tout ce à quoi elle aspirait maintenant, c'était du silence, et d'un peu de temps pour rassembler ses pensées. L'arbre de sa réflexion s'étendait loin, englobant la route, la marche sans la moindre résistance, l'absence de sentinelles postées non loin de la cité, alors que la Dame se recueillait, juste avant de tomber sur le jeune homme. Elle n'avait rien vu, ou préféré ne rien voir, ou avait simplement fait trop confiance à son « talent ». Elle avait été présomptueuse et suffisante. Et elle remarqua les tatouages du jeune homme, les notant pour rien : marques d'appartenance clanique, petites touches de coquetterie...

« Je ne sais pas de quoi demain sera fait » murmura-t-elle sur le même ton que lui « mais je m'efforce d'agir de façon à ne pas avoir honte de ce que je fais. » Elle esquissa une tentative de sourire, qui se révéla un peu trop tendu, avant de se diriger vers la porte.

L'extérieur l'aveugla un instant : le soleil était si vif, et la caresse de l'air si vivifiante, qu'elle se rendit compte qu'elle en oubliait parfois la beauté de l'existence, enfermée entre les 4 murs de sa case. À une distance respectable de la porte attendait une sentinelle, désireuse de faire son rapport. La Dame toussa, lui demanda d'un geste de la main de patienter encore, et de se mettre à l'aise sur le banc, là bas. La sensation de ses orteils sur la terre battue la ravie.


« Lysias ? » Elle ramena d'un geste ses cheveux sur son épaule droite, cascade de lait sur un océan de lune, fixant de ses escarboucles les iris vertes du jeune homme. « Je t'invite à vivre ici, un temps. Celui nécessaire à ta réflexion. Faire ce qui te semble être juste, c'est déjà faire quelque chose, et si cela ne suffit pas pour remplir tes journées, viens me voir. »

Il ne lui avait rien demandé, posé aucune question. Il semblait prendre la vie avec un détachement presque effrayant, comme si son sort – à défaut de suivre une voie naturelle – l'indifférait totalement. Il était donc dangereux, il fallait le surveiller.

_________________________________________________________

http://elament.forumactif.com
Revenir en haut Aller en bas
Lysias
avatar
Nombre de messages : 146
Race : Nymphe Mâle
Poste : Elève
Magie Contrôlée : Air

Feuille de personnage
Puissance:
443/1000  (443/1000)
MessageJeu 30 Aoû 2012 - 11:16



RP DE CLOTURE
FIN

Il se souvient encore, de la chevelure blanche de la matriarche alors qu’elle se tourne une autre fois avant de disparaître happée par la lumière extérieure. Il avait simplement acquiescé à ce qu’elle lui avait dit, puis le temps était passé. Inexorablement.

-
Entre temps, il avait eu le temps de se familiariser un tant soi peu avec ce nouvel environnement, revu quelques rares têtes rencontrées jadis à Elament en des temps plus cléments, rencontré d’autres enfants de la misère, réfugiés, révoltés, anéantis. Il y en avait pour tous les bords, dans ce peuple chassé de ses propres terres et si Lysias y avait pris place, il avait pris le parti de ne pas se trouver au cœur de ces remous, préférant les recoins plus mystiques de l’île.

Un jour, il avait fini par laisser un parchemin laissé au sol à l’entrée de la tente de la matriarche.

Je m’en vais, me recueillir. Lysias.

C’était le lendemain de l’annonce officielle de la mort de Sappho. Faire ce qui lui semble être juste, c'est déjà faire quelque chose, répète encore une voix. Et si cela ne suffit pas pour remplir tes journées, viens me voir.

Il reviendrait.




_________________________________________________________


Illusion | Désillusion
Fiche
Artefact en possession: *Dÿa Meÿe't Feirk", ou le Souffle de Meÿe*
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Message

Revenir en haut Aller en bas
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

La Cité d'Elament :: Forum RPG Médiéval-Fantastique École  :: Hors Jeu :: Taverne du Troll Lavé :: Tartare :: Reliquats du Jeu-

 Sujets similaires

-
» Un écrivain en herbe... ou pas [Priorité Ella puis Libre]
» Tout débute où je le désire... [PV Léandrà puis libre]
» Les flammes m'engloutissent [Nick puis libre]
» Pour elle, il nous faudra être deux. [Première rép' à Blasphème puis libre sur demande]
» Clic. Bang ! Bang ! Bang ! [ 1 message de Séléné Saralondë puis libre]