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 [Début de Scénario] Chimères d'Ombres et Voûtes d'Ether

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MessageDim 6 Juin 2010 - 22:11

[Début de quête]

    Les Clefs de Voûte sont des Pierres Primales vitales au fonctionnement de la Cité et de tous les sorts qui la composent. Elles sont à la fois générateurs, batteries et piliers. Il en existe 5, une pour chaque élément et la dernière pour l'élément corrompu. Leur fonctionnement et leur nature tiennent du secret d'Etat, mais on se doute que c'est d'elles que proviennent la puissance de la muraille de la cité, la particularité de la Porte d'Entrée, la flexibilité des Salles de Classe, la majesté de nombreux autres édifices de la ville.

    Extrait du Thésaurus des Artefacts
    Parchemin perdu



Sous les doigts tendus des arbres morts, il était assis sur un rocher. Le hurlement du vent lui ravissait le coeur, mhhh, tendre gémissement de souffrance qui à son âme écorchée apportait le repos. Le mal coulait dans ses veines comme la perversion dans celles des autres démons - l'ichor des succubes était d'un fluide bien différent, entre le foutre et l'alcool, qui enivrait autant qu'il tuait. D'un geste lent, il jeta au loin la phalange d'élémentaliste qu'il avait trouvé dans la cendre de ce jardin : elle était vide de toute moëlle, on ne pouvait en tirer aucun sort, et de ses ongles, il griffa la pierre. Mais rien, rien.

A place, et pour se divertir un peu, il invoqua des papillons, chrysalides évoluées qui dansèrent dans l'air, parées des couleurs somptueuses de la Corruption. Mère aurait aimé cela, indubitablement ! Il ne connaissait pas ses goûts, mais étant son fils, ce devait être une personne comme il faut. Père avait sur le visage l'air béat de la dévotion, mais il était mort, et Mère aussi, et lui, Simulacre, ne vivait que pour récupérer leur puissance, ou pour tout autre chose qui lui ravissait le coeur - cet organe était chez lui nécrosé, froid et mort, mais là n'était pas la question.

Il se releva et reprit sa promenade, suivi de son oriflamme de danseurs ailés, et se dirigea vers la muraille. Il posa sa main dessus et laissa son corps ressentir la vibration d'un contact contre-nature : cette vague tentative de rebellion l'excita presque, et le goût de l'interdit flotta dans sa bouche, noyant ses autres sens. Il n'y eut plus que frissons et chatouilles, et l'envie de recommencer. Bien que cette partie de la barrière fut en plus mauvais état, il accorda au moins aux anciens habitants leur goût pour les belles choses : des pierres massives, de la couleur du sang.

Et puis... Une chose attira son regard.
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e'Dierebel
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MessageMer 11 Aoû 2010 - 14:03

Qui aurait pu être tranquille par ces temps sombres ? La ville regorgeait de démons, plus laids les uns que les autres. Dierebel n'était pas très rassurée, mais Saisei s'était absenté de la maison, et elle s'ennuyait à mourir. Elle avait décidé de sortir et lui avait emprunté une cape un peu trop grande avec un capuchon. Elle flottait dedans, qu'importe... Son visage et ses épaules étaient protégées. Les regards se glissaient sur elle sans trop d'insistance.
Elle avait fait un tour à la bibliothèque et avait pris deux beaux ouvrages intitulés "Le temps des souvenirs" et l'autre "Bijoux et pierres magiques". Fière de sa trouvaille, et contente que les démons ne fréquentent pas l'endroit, elle avait commencé à se perdre en arpentant les rues. Chaque pierre lui évoquait quelque chose sur lequel il était impossible de mettre un nom. Chaque fenêtre, chaque enseigne de boutique lui rappellait un visage, un rire. Rien de très précis.

La brise avait commencé à se lever. Le ciel vert-de-gris annoncait une pluie désagréable. Il était temps de rentrer. Mais par où ?
Bon, la fée était perdue, mais qu'importe. Elle finirait bien par retomber sur ses pattes. Ou pas.

Le soleil, déjà faible, avait disparu. Dierebel n'aimait pas trop ça. Si Saisei rentrait sans la trouver, elle allait se prendre une sacrée claque. Il ne l'aurait jamais autorisée à sortir seule. Mais il n'y avait rien à faire dans cette fichue maison. Pas un livre à lire. Plus une assiette à laver. Elle avait déjà récuré le sol et pris deux bains. Point trop n'en fallait. Elle faisait le mur.
Il fallait qu'elle demande son chemin. Mais à qui ? Lui avec ses canines longues comme des couteaux ? Elle avec ses yeux injectés de sang ? Et ce gros bonhomme aux orbites vides ? Brrr... Non, elle continuait à avancer.
"Je vais bien finir par trouver quelqu'un qui n'a pas l'air fou ou mort, non ?"

Et puis, elle le vit. Ce drôle de personnage qui carressait la roche du mur avec une oeillade jouissive. Bon, il n'avait pas l'air plus net que les autres, mais bon. Il était un peu plus petit qu'elle, propre, enfantin. Et quelque chose en lui l'appellait. Etait-ce une fée ? Die s'approcha avec précaution.

"Excusez-moi, euh... Monseigneur... Mais euh... Par où puis-je retrouver les villas mondaines de la cité ? Je me suis un peu, euh... égarée !"

Sous sa capuche, elle faisait un large sourire mal assuré. Ses livres blottis contre sa poitrine, elle avait l'air d'une gamine qui cherchait sa mère.

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e'Dierebel
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MessageMer 11 Aoû 2010 - 16:48

Du bout des doigts, il caressa la pierre octogonale, de la gourmandise sur sa bouche rieuse, suivant la scission entre elle et le reste du mur, les vagues de magie contraires passant dans son corps comme un sang impur. Il se retint de ricaner, ne pas paraître fou, comme sa mère - il en avait entendu certain prêcher la folie de sa chère maman, et ceux là, il les tuerai quand il serait grand. Et à côté de lui, une grande dame osa lui parler : rien qu'à son odeur, il l'identifia comme étrangère. Elle n'avait pas dans le corps cette souillure délicieuse, pourtant, rien qu'en la voyant, il eut envie de se l'approprier, mettre sa marque sur elle, oser le blasphème, il haussa les sourcils. Dans le même temps, il se sentit similaire, comme se rappelant d'un rêve flou et moite, un songe ancien au parfum d'éther et au goût de ciguë, l'ombre maternelle.

" Esclave " il détâcha le mot, le lançant d'un ton peremptoire, sans pourtant lui donner le mépris que les autres pouvaient lui donner : il n'était qu'une dénomination claire et franche, un état de fait à l'humanité d'un scalpel. Sous sa capuche, elle faisait jeune, très jeune, et il comprit que si elle lui avait parler à lui, c'était parce qu'il représentait un danger moindre à ses yeux. " Tu fais bien de cacher la marque de ton état, d'autres auraient pu en profiter pour te laisser gisante. A qui appartiens-tu ? "

Mais aussitôt ces mots prononcés, il vit dans les mains de la demoiselle en capuchonnée des choses qu'il aimait : des livres, ni plus ni moins, grimoires anciens sentant la poussière. Sa colère face au manque de peur de l'esclave s'envola pour laisser place au ravissement et à la curiosité ; Il ne connaissait pas ses livres. Même s'il possédait la protection du Général Faux, et l'héritage du rang de sa mère, Acre ne s'aventurait pas là où il risquait de causer du tord à sa... protectrice, par sa mort ou son enlèvement. Quant à s'abaisser à demander une protection, allons bon ! Il coulait dans ses veines un liquide qui rendait son échine plus rigide que l'acier même...

" Qu'est-ce ? " glissa-t-il, en désignait les deux livres. Il tendit la main pour les prendre, sans mendier, offrant à l'esclave la possibilité de lui prêter son bien sans qu'il n'eut à faire preuve de violence...
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e'Dierebel
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MessageJeu 12 Aoû 2010 - 11:16

Le petit être avait un visage pourtant si rassurant. Sa voix sonnait comme un couperet. Elle cru entendre un coup de marteau accompagnant le son de sa voix lorsqu'il finit par lui lancer délibérement ce mot, qu'elle haïssait soudainement.
Esclave ? Elle était une esclave ? Après tout, ça collait. Si Saisei ne lui en avait pas parlé en de tels termes, il avait cependant fait allusion à l'appartenance des êtres vivants aux démons à l'intérieur de la cité. Ce mot avait enchaîné Dierebel sans cordes ni liens visibles, mais il l'avait cloué au sol. La réponse resta bloquée dans sa gorge.

Après tout, le petit être avait sûrement raison. Il avait l'air froid, calme et donnait une impression de connaissances que seuls les vieillards possédaient. Oui, il avait la beauté innocente du diable. Elle se surprit un instant à envier sa peau si parfaite, légèrement dorée et fine, sans aucune imperfection.
Il pointa ses livres du doigts. Décontenancée, elle lui répondit très calmement.

"Ce sont des ouvrages que je viens d'emprunter à la bibliothèque. Le premier est un roman sur l'oubli, le second est un livre scientifique sur l'origine des gemmes et bijoux sacrés. Il y a de belles gravures à l'intérieur..."

La main du petit étranger s'ouvrit comme un signe de paix en direction des manuscrits. Elle enleva son emprise doucement et lui présenta son bien. Elle lui laissa loisir de les saisir.

"Mon... maître... Il s'appelle Saisei. Il est soldat je crois."

Elle posa le roman dans la main tendue de celui qu'elle voyat comme un enfant, bien qu'elle ne le dépassait que d'une tête à peine.

"Je m'ennuyais, j'avais un besoin irresistble de lire quelque chose."

Elle passa nerveusement la main sur son bandage en regardant derrière eux. Lorsqu'elle reposa ses iris sur Simulacre, il lui sembla voir dans la roche un éclat rougeoyant.

"Voulez-vous voir le second ?"

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e'Dierebel
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MessageJeu 12 Aoû 2010 - 18:38

Lorsqu'elle lui donna l'ouvrage, le petit démon sentit dans son corps une joie plus grande encore que la satisfaction d'avoir tué quelqu'un. Sans autre forme de procès, il s'adossa à la muraille et entreprit le parcourt des pages, jugeant à la couverture que le livre devait être plus vieux que lui - voire qu'elle - réunit. Cela lui procura une joie encore plus grande, et la salive vint dans sa bouche, signe d'appétit. Apprendre, pour lui, était joie. Il ne cachait pas son attirance pour les jolies choses, les choses fragiles. Il n'était pas comme les démons barbares et brutaux, les bêtes bavantes et ne désirant que nourriture et viol, qu'or et sang. Non, il était différent, et sa différence lui attirait parfois la moquerie des autres.

La Faux elle-même le faisait, parfois. Troque donc tes bibelots contre une épée, petit, lui disait-elle de ce ton strident qu'elle prenait quand elle le taquinait, et fais-toi pousser de l'acier. Mais, venant d'elle, Simulacre le prenait bien, car la générale elle-aussi était une créature différente. Elle était raffinée. Bon, elle savourait tout aussi le sang, les tripes et la souffrance, mais à la différence des brutes épaisses, elle usait de la torture avec un art consommé. Le petite sang-mêlé l'admirait presque - presque, hein, n'exagérons rien.

" Ne t'inquiète pas pour la punition que ton maître pourrait t'infliger, je suis plus gradé que lui, il ne pourra pas te reprocher d'avoir obéis à au-dessus de lui. " Le petit démon leva la tête et ses yeux d'un vert sombre vert la dame. D'un geste, il lui proposa de s'assoir, allant même jusqu'au frôler le sourire. Lui qui parlait si peu se montrait incroyablement loquace ! Mais il était si rare de croiser des gens qui aimaient les livres ici-bas...

Dans les enfers, il y avait beaucoup de mages, qui enseignaient les arts sombres aux démons comme autrefois les professeurs enseignaient les éléments aux nouveaux arrivants de cette cité. Seuls eux appréciaient les livres, mais ils traitaient toujours des mêmes sujets : théurgies, arcanes, glyphes, langues occultes, ténèbres, incantations... Pourtant, il y avait dans les grimoires d'Elament la Sombre des connaissances certaines, et qui n'attendaient qu'un oeil curieux pour se livrer sans pudeur, comme une catin sans culotte. Des connaissances qui, n'en doutons pas, pouvaient un jour ou l'autre servir les intérêts des Corrompus.

"Tu n'auras qu'à lui dire que Simulacre Arkana - oui c'est moi - t'a menacé. La main de Sappho la Faux elle-même le punira s'il cherche querelle. Allons, allons, fais moi voir celui-ci " Il lui rendit le livre qu'il tenait et pris l'autre, le feuilletant avec la même avidité, la même faim au fond des entrailles, consumant ses sens. Tout - la vie, l'orgueil, le sang, la mort - tout ne pouvait être réductible qu'aux seuls connaissances contenu dans les mains des puissants. Le savoir était une clef qui ouvrait toutes les portes et des yeux neufs se portèrent sur la grande Dame. Il ferma doucement les pages, et caressa presque sensuellement le cuir relié.

" Je possède de nombreux recueils. Si le coeur t'en dit, nous pourrions échanger. " Oh, mais qu'était-ce ? De la gentillesse ? Si peu... De l'absence de méchanceté, tout du moins.
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e'Dierebel
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MessageJeu 12 Aoû 2010 - 20:10

Lui ? Plus gradé que Saisei ? Avec sa minuscule silhouette ? Décidément, le monde était plein de surprises ici bas. Néanmoins, elle le cru sur parole. Probablement à cause de ses sourires forcés et peu naturels. Dans ses yeux verts flottaient la malice des nouveaux nés altérée à la cruauté malsaine des gamins des rues. Assez pour imposer le respect de la fée. En fait, elle ne voulait surtout chercher les ennuis à personne, ni contrarier un démon qui n'en avait pas l'air. Elle eu juste la satisfaction de s'être adressé à la bonne personne au bon moment...


Elle plongea ses yeux gris acier dans ceux de Simulacre en prenant place sur la pierre râpeuse et humide à ses côtés. Silencieusement, elle l’observait feuilleter les livres avec une avidité qui la rassura. Elle avait la même. Elle ne savait pas si elle avait toujours eu cet amour des livres, mais elle savait que cela lui avait manqué. L’odeur des parchemins était un délice apaisant, comme les cheveux d’une mère. Le bruit des pages que l’on tournait une mélodie qui soignaient les maux de l’âme, et le toucher du vieux papier jauni ressemblait aux caresses d’un amant possessif jamais fourbu de partage. Dierebel ne voyait pas sa vie sans éprouver la lecture. En fait, elle n’avait aucun doute. Bien malgré sa mémoire défaillante, elle avait lu comme elle avait pu boire ou manger… Avec une passion qui la consumait.

Elle lisait pour effacer l’ennui. Savoir, apprendre, connaître était l’ennemi du temps et de l’espace. Une découverte sans frontières et sans obstacles de tous les pays, de tous les êtres, de toutes les époques. La fée avait la lubie des mots. Elle ne parlait jamais pour ne rien dire. Une sensation profonde lui appartenait, celle du poids des mots dans le silence. Des phrases qui se liaient et se déliaient dans l’air étrange que se volaient les vivants. Un mot pouvait faire basculer le monde. Elle aimait cette idée. Elle se réapprenait au travers du langage. C’était la seule corde, le seul feu de Bengale qui ravivait les images de son passé tumultueux.


Dierebel ne paraissait pas agressive comme ça, maigrelette et sans formes sous sa cape de toile trop grande. Son visage était creusé par une fatigue inconnue mais ses iris d’argent et son sourire timide laissait entendre qu’elle était quelqu’un de bon, un peu comme un ange incapable de méchanceté. Une pudeur terrifiée dessinait une armure infaillible sur son visage quand elle parlait.

« Je serais ravie de voir votre lecture. Sincèrement. »

Elle laissa un temps de calme passer avant de reprendre la parole.

« J’ai pris celui-ci pour les gravures. Mais je ne sais pas… Hum,… lire les incantations et les noms de certaines pages en runes. Il m’a paru comme mystique au milieu de toutes les reliures trop terre-à-terre. Et puis, j’ai moi-même une petite idée en tête avec ce dernier. » Confia-t-elle dans un semi-murmure.

Elle tendit son poignet à la peau de nacre devant Simulacre, un petit bracelet aux perles rouges et irrégulières l’emprisonnait.
C’était un petit mensonge, car ce bijou n’avait sans doute aucune valeur. Elle cherchait avant tout le secret de son médaillon de cristal en forme de lys endormi. Il se laissait porter sur sa poitrine soulevée au gré de sa respiration. Mais tant qu’elle n’aurait pas trouvé, elle garderait le secret.


Une goutte s’éclata sur la paume de la fée. Elle soupira, puis inspira l’air lourd et salé d’un après-midi de pluie. Ses yeux se levèrent sur le ciel gris.

« Mon nom est Dierebel. Est-ce que vous aimez la pluie ? »

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e'Dierebel
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MessageVen 13 Aoû 2010 - 20:34

Il leva son doux visage vers le ciel : ses traits pareils à ceux des poupées, lisses et ronds, juvéniles. Sur la courbe parfaite de sa joue délicate, une goutte vint s'écraser, après une chute plus longue encore que celle nécessaire à l'entrée en Enfers. Un sourire malicieux déchira son visage, effaçant définitivement le masque de l'enfance pour laisser celui, nu et cru, du démon qu'il était. Sous la voûte percée par les eaux, il n'était qu'un petit être à la cape bordée de fourrure, aux bottes riches et au vêtements délicats. La demoiselle à côté de lui faisait pâle figure en comparaison.

" Elle n'est rien pour moi. Que le ciel nous noie. " Au dessus, aussi irréel que la gentillesse en ces terres, un mince dôme apparaissait à chaque fois qu'une goutte atterrissait : on voyait son impact qui s'élargissait, comme à la surface d'un lac, et la petite larme du ciel coulait sur la protection invisible. Cela protégeait juste de la pluie et des désagréments d'une séance de torture de la Faux trop sanglante - voire la formation d'un novice. Le petit continuait à tourner les pages, indifférent au sort du monde, lorsqu'une des pages lui resta dans la main.

Tout d'abord, il crut que sa force l'avait trompée, et qu'il n'avait pas fait preuve d'assez de douceur envers l'ouvrage. Une rage aveuglante gonfla, virulante, acide, avant de s'étouffer sur elle-même comme un soufflet : les typographies étaient différentes, la page n'appartenait pas à ce livre. Il soupira, soulagé à un point impossible à comprendre pour qui n'aimait pas les livres. Sa bouche gourmande sourit, et il se tourna vers la dame, l'amorce d'une morsure sur sa lèvre supérieure :
" En parlant de runes, en voici que ma science que connait p ... " et au lieu de continuer sur ses connaissances, il se figea.

Mais dans quel pauvre état était cette fée ! Elle était mince et pâle, les traits tirés. Des cernes semblables à des traces de cendre s'étendaient sous ses yeux, insultes suprêmes à la beauté de ses prunelles. L'âme entière du démon - ou ce qui pouvait en tenir lieu - s'outragea devant pareil affront pour quelqu'un de la race de sa mère. C'était inconcevable, impossible. Il fronça les sourcils et se releva brutalement, la volonté de répandre sur le sol les tripes de ce Saisei aussi tenace d'un parasite. Et puis... il se rendit compte que sa puissance n'était pas suffisante pour cela, et était même loin de l'être. Ce Saisei attendrait donc son heure, comme toutes les autres personnes dont le nom était noté sur le petit calepin qui tenait si chaud au coeur du démon, dans sa poche intérieure.


" L'injure qu'on te fait sera réparée un jour. Tu acqueras la puissance nécessaire à la destruction de tes ennemis. " Ce discours, prophétique, avait un accent de fatalité - ou de certitude, et Simulacre retourna à la contemplation du parchemin. Il l'observa quelques secondes, ayant stoppé d'un geste de la main la question inévitable qui avait suivit sa pseudo prédiction. Il était encore trop en colère pour laisser e'Dierebel parler. Elle avait beau être une fée, elle portait encore trop le parfum de la cité d'avant pour que le sang-mêlé ne la désire pas. Elle avait beau porter le parfum de la cité, elle était une fée et il n'osait s'avouer qu'il prenait ombrage à son manque de fortune.

Ses oreilles bourdonnaient. La tête lui tournait. Il avait l'impression d'avoir oublié quelque chose, une chose d'une importance capitale. Il porta sa main à son front, se frotta l'arcade, porta de nouveau le regard sur l'illustration du parchemin. La sensation revenait. Le socle octogonale de l'artefact de forme presque pyramidale... les veines colorées, la lueur diffuse promesse de la puissance de l'objet. Le sôcle... L'Octogone.


" Quel don possèdes-tu ? " demanda-t-il pour masquer son trouble.
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e'Dierebel
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MessageVen 13 Aoû 2010 - 23:21

La pluie cessa comme par magie. Qu’est-ce que ça pouvait être d’autre ? L’eau s’écrasait au-dessus de leurs têtes sur un toit invisible et protecteur. Ses ailes aux reflets du cuivre palpitèrent d’indignation sous sa cape, laissant apparaître leurs pointes veineuses et dorées. Elles étaient fines comme le couteau aiguisé d’un maître cuisinier, se colorant comme les feuilles des arbres de la Forêt Darke à l’automne. Elle replia ses doigts blancs sur sa paume souillée par les larmes du ciel. Dierebel aimait la pluie. Froide, insidieuse, elle était l’ami des solitaires, l’amoureux des rues désertes et de la mélodie terrestre.

Simulacre arracha une page. Un moment de panique ébranla son visage parfait. Elle se rendit pourtant compte avant lui que la page n’était pas jaunie comme les autres et ne devait appartenir à l’ouvrage. Elle jeta une œillade admirative à la gravure qui côtoyait sur le papier des runes aussi belles que des peintures elfiques ancestrales. Il avoua, dans une impression de calme, ne pas les reconnaître. Die non plus.

Simulacre s’emporta soudainement. Elle balbutia. Il lui maugréa quelque chose à propos d’une injure qu’on lui avait faite. Elle replia son avant-bras bandé sous sa cape en sifflant pour elle-même entre ses dents quelque chose de ce goût là :
« Les résistants me le payeront, c’est certain… »


Il avait vu sa faiblesse. Elle détourna la tête, gênée. Dans son mouvement, des mèches brunes se libérèrent de son chignon et la fée vit encore cette étrange lueur rouge entre les pierres de l’immense mur qui les séparaient du monde extérieur.

« Quel don possèdes-tu ? demanda alors le petit être parfait aux tumultes si inattendus.

- Quel don vous me dites ? Répéta bêtement la petite fée qui s’évertuait à le vouvoyer. Eh bien, tout dépend de quoi l’on parle. »

Son regard s’était rivé sur l’étincelle couleur sang qui hurlait sa force de lumière dissimulé dans la roche. Aussi prompte que la foudre, elle tendit le doigt vers cette aspérité magnifique. A peine l’eut-elle frôlé qu’elle sentit une décharge violente traverser toute sa poitrine. Elle se releva brusquement en se frottant l’épaule avec maladresse. La surprise mélangée à la douleur éveilla une expression de stupeur sur son visage. Elle entrouvrit les lèvres, penaude, tandis que ses joues se creusaient autour de deux fossettes terriblement puériles.

« Mais qu’est-ce que … ? cria-t-elle presque sur le ton d’une insulte. »

Une sensation étrange fit pétiller le bas de son ventre. Il lui semblait être parcouru de l’intérieur par des fourmis qui remontèrent jusque dans son menton, encore tremblant. C’était affreusement agréable. Elle connaissait ce sentiment jouissif qui s’immisçaient dans ses veines sans retenue ni sagesse. Le pouvoir.

Ce petit caillou translucide lui avait donné le goût aussi vif que fou du pouvoir.

A cet instant précis, elle cru qu’elle ne pourrait jamais plus aimer n’importe qui sur cette terre capable de lui donner cet émoi. Et ces pupilles aussi dilatées qu’emplies de noirceur ne pouvaient pas mentir sur cet état d’âme infâme et si bon.

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e'Dierebel
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MessageMer 25 Aoû 2010 - 19:32

Il sourit face à son intelligence, face à la beauté mordante de sa fragilité et la force de son esprit. Elle était telle un serpent et esquiva avec une facilité déconcertante la question du petit démon qui, leste, se précipitait pour l'assaillir de nouveau. Et puis... Il sentit, très proche de lui, une décharge de magie pure, un éclair, terriblement fort, une claque en soit. Il eut l'impression d'une douche froide et de la présence de galets chauds dans ses entrailles, qui fouraillaient ses boyaux. La souffrance, ici, n'était qu'expression du plaisir, tranchant, vivifiant, la jouissance des démons. Et la Fée, ici, s'hérissa comme un petit chat ravissant, griffes et crocs minuscules mais dangereux, l'outrage à la bouche. Mais ses yeux...

Elle avait un air que Simulacre ne connaissait pas, mais qu'il avait déjà vu sur la face béate de démones lascives, la peau encore en sueur. Il l'envia, les yeux rétrécie par la suspicion, la langue collée au palais et sa main, rapide, se posa sur elle. Il sentit un frisson le parcourir, continuité de ce qu'elle-même devait ressentir. Ses jambes flageolèrent et son nombril s'accrocha à un crochet vibrant. Ses paupières se fermèrent sous le coup d'une pression inconnue, des fossettes figées dans ses joues comme deux traces de burin. Ses petites dents blanches semblèrent luire de leur propre lumière lorsqu'il dénuda la lame parfaite de son sourire. La sensation passa, et il dut puiser au plus profond de ses ressources pour trouver la force de se mouvoir.

Il lâcha la Fée - dans son autre main, il tenait toujours serré l'ouvrage - et paupières toujours closent sur les orbes magnifiques de ses prunelles, il suivit, la main dans l'air, un fil invisible. Il le sentait là, jusque au delà de sa perception. Il percevait sa vibration, l'écho sourd qui faisait se mouvoir l'air aux limites même de sa conscience. Son index, limier de génie, frôle la muraille en un point précis, sur une pierre octogonale. Elle tranchait si parfaitement avec les blocs grossiers du reste du mur que sa singularité même chanta au coeur de l'enfant. Sa paume se posa sur toute la surface parfaite, il rouvrit les yeux, posa le grimoire ancien sur sa poitrine.

" Juste ici " Murmura-t-il d'une voix flûtée " Là... Elle nous appelle. " Il se retourna vers la Fée qui, les joues rouges, le fixait avec un mélange de gêne et de colère. Quelques mèches de ses cheveux s'étaient échappées de son chignon grossier et retombaient élégamment sur ses épaules. Ses petits seins tendaient le tissu de sa robe au grès de sa respiration saccadée. Elle valait mieux qu'une vie de servante auprès d'un démon mineur : elle avait l'étoffe d'une courtisane de grand talent, la beauté opaline d'une camériste démoniaque... Le sang-mêlé recula sa main et la pierre encastrée dans la muraille suivit le mouvement, s'extrayant avec facilité. De la poussière cascada au sol. Une fois la pointe retirée de son fourreau minéral, le mur, comme par magie, se résorba, effaça le souvenir même de la présence de l'artefact...

Acre releva sa main, paume vers le ciel, et l'objet l'accompagna une nouvelle fois. De forme pyramidale, son sol était épais et de forme octogonale, tandis que le reste de la structure se construisait vers la voûte sombre du firmament démoniaque. Il était veiné de lumière, lueur chamarée qui pulsait tantôt blanche, tantôt noire, l'encre irradiant sur la pierre sombre comme un ciel d'orage. Une voix puissante semblait chanter de lui la promesse du pouvoir. Les petits doigts du démon se refermèrent dessus et l'ongle de la fée s'approcha. Il ne recula pas et la laissa frôler l'artefact.


" Haha ! Voici objet étrange que je ne pensais pas votre cité de nature à posséder, Fée de mon coeur... "
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e'Dierebel
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MessageVen 27 Aoû 2010 - 10:48

La sensation était belle, intense, continue. Elle lui hérissait les poils fins de ses bras blancs comme le frisson fatidique d’un orgasme. Elle s’outrageait de pouvoir penser ainsi, que cette « chose » pénètre en elle comme l’air qu’elle respirait. Elle la sentait lire en elle. Toutes ses frénésies, ses peurs, son ennui et ses carences dues à l’oubli trouvait un confident parfait. Elle lui susurrait insidieusement sa chance, son désir inébranlable de pouvoir. Oui, cet objet aux reflets des ténèbres lui suggérait, sa force bien enfouie en elle, à quel point elle avait besoin de lui. Elle ignorait ce que cette clef pouvait être, mais elle ouvrait en elle les abysses de son inconscient. Comme elle n’avait pas exhalée depuis bien longtemps, elle se voyait de nouveau exister, être. Et bien que cette perception soit floue, il lui sembla se reconnaître enfin.

La main de Simulacre fut le partage charnel de cette ivresse. Son visage effaça sa crainte pour laisser place à une joie étrange. Elle répondit à son sourire, ses yeux disaient : « Nous l’avons trouvée », sans même posséder la connaissance de cet objet céleste. Elle se délectait à chaque centième de seconde de ce flux qui savait tout d’elle sans qu’elle ne sache elle-même d’où elle venait.

Son compagnon de fortune retira l’objet du mur qui se referma comme une huître fâchée qu’on lui arrache sa perle. Elle le frôla encore de l’index pour maintenir en elle l’aura de perfection qui réchauffait ses entrailles. Simulacre lui offrait de la caresser alors qu’il la tenait de pleine main. L’épée de pouvoir, aussi petite fut-elle, leur chanta au plus profond d’entre eux, la promesse d’un avenir glorieux. Elle sifflait dans leur tête la fin de leur perdition et la fin de leur soif encore si vive de pouvoir. Abrutie, elle se laissait porter par l’effluve doucereuse de leur trouvaille.


« Haha ! Voici objet étrange que je ne pensais pas votre cité de nature à posséder, Fée de mon coeur... » ricana sournoisement Simulacre en refermant sa main.
« Quel est-il ? Avez-vous senti ? L’avez-vous entendue ? » témoigna la fée encore tendue par l’excitation de leur découverte inattendue.


Elle se recoiffa nerveusement comme une jeune pucelle s’essuie la bouche avec la honte d’un plaisir sournois après son premier baiser.


« Je crois qu’elle demande a être révélée… Pensez-vous que nous puissions l’ouvrir ou la manipuler ? Elle a un secret que j’aimerai connaître. »


Sa voix s’essoufla, le plaisir s’estompa brutalement. Son esprit chassa le brouillard de délectation qui l’entourait. Elle se sentait plus forte, comme si elle avait dormi un millénaire et mangé les meilleurs mets du monde entier. Elle était rassasiée. Pour l’instant…

Le soleil chassa quelques nuages, la pluie s’arrêta. Sur l’épiderme de la fée, un reflet de nacre semblait s’être formé comme une armure. Ses yeux n’étaient plus si gris, il était presque noirs…
Quelque chose la tiqua, cette page volante dans le livre. C’était comme si la clef, à distance, lui ordonnait de la trouver et de la lire. Simulacre ressentait-il cela aussi ?

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e'Dierebel
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MessageDim 29 Aoû 2010 - 16:04

Ce pouvoir, il eut d'ailleurs bien du mal à l'empêcher de le dévorer tout entier. Comme une goutte de pluie qui aspirait à rejoindre l'océan, la force de Simulacre voulait se déverser dans l'artefact, puis revenir vers lui charger. Ou ne jamais lui revenir. Dans le doute, il tint fermement serrée la bride de sa puissance, si dérisoire certes, mais à laquelle il tenait comme à la prunelle de ses yeux ! Il percevait bien que cette chose pouvait lui donner la puissance, une puissance qui lui revenait de droit en raison de son ascendance. Le démon arracha son regard de l'objet - découvrant ainsi qu'une nouvelle souffrance était possible - pour le poser sur la Fée.

Il y découvrit des couleurs nouvelles, entre la fin du jour et la nuit complète. L'ombre d'une aile de corbeau. Il la trouva encore plus belle, si cela était possible, et ignora un instant sa question, la réalité entière coupée de sa petite personne. Et puis, à regrêt, il réinvestit son corps, une fois ses prunelles rassasiées de la vision troublante qui les avait touchés, et s'éclarcir la gorge.

" Aaah, Femme de ma parenté... As-tu donc oublié ceci, aussi ? La flatterie et la douceur permettent d'obtenir bien plus que la force. " Quelque chose, une petite voix, murmurait à Simulacre les évidence : il y avait sur le visage de Dierebel un voile d'oubli. Il y avait dans ses gestes la fatigue des longues heures de veille et de la faim. Elle avait du être capturée de force pendant la bataille, et gardée prisonnière, et s'il en jugeait de ces dernières réponses, elle pensait les élémentalistes ses ennemis. Voila qui était bien, bonne petite fée bien sage !

Acre tendit les livres à la fée, histoire d'avoir les deux mains de libre pour manipuler l'artefact. Elle les feuilleta distraitement, comme poussée par on ne savait quoi, tandis que, main dessus, main dessous, le sang-mêlé lançait les harpons délicats de son pouvoir si sournois afin de sonder la petite chose si fragile qu'il tenait là. Il ressentit une violent vibration qui lui renvoya ses tentatives avec la même force qu'il avait donné. Il y eut un éclat lumineux, l'artefact vibra - rien de plus. Il préféra ne pas retenter l'expérience et s'usa les yeux sur les petits caractères.

Mais la poigne de la fée tira doucement sur sa précieuse cape ourlée de fourrure. Il leva vers elle son visage, un peu énervé qu'on le stoppe ainsi dans son exploration, mais elle n'y prit pas garde et se contenta de montrer du doigt quelque chose sur l'ouvrage. Le parchemin volant. l'illustration... Diantre !

" Par toutes les verges démoniques ! " souffla le gamin, coupant court à l'image d'aristocrate poli qu'il affichait presque parfaitement depuis le début de sa rencontre avec la fée. S'il avait grandit parmi des démons snobs au port altier, il avait aussi dès son plus jeune temps assisté à des orgies bacchanales à faire peur aux pires sadiques humanoïdes, aussi , classe et horreur vivaient en lui sans que l'un ne sanctifie l'autre ou ne le souille. Mais reportons-nous plutôt sur le parchemin plus vieux que lui que la dame tenait, et qu'il déchiffrait difficilement.

S'il avait la chance d'être lettré, il n'avait pas science infuse : tout juste parvenait-il à comprendre le caractère 'soutient' et 'pouvoir' qui ressemblaient vaguement à ceux de la langue commune des enfers, mais c'était tout. Et encore ! Ces deux caractères apparaissaient tellement tarabiscotés qu'on pouvait les prendre sans peine pour un dessin raté...
" Il me semble que nous tenons là quelque chose de grand, et de puissant. " reprit-il sur le ton enjoué du petit enfant se trouvant un nouveau jouet.
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e'Dierebel
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MessageDim 29 Aoû 2010 - 21:50

Dierebel sourit fièrement à son camarade d’exploration. Son injure déclencha en elle une explosion de satisfaction, elle avait compris plus vite que le petit aristocrate au visage de poupin. Elle se délecta de la surprise lisible sur ses traits. Elle trouva le masque froid dont il habillait son regard soudain superflu et lui reconnu une beauté étrange, sensuelle et un peu folle. Malgré son jeune âge apparent. Et cette délicatesse, ses rides d’expression, les petites perles de couleurs qui irisaient soudain ses yeux lui furent si familières qu’elle ne s’étonna pas qu’il lui rappelle leur parenté étroite.

Ainsi dont, ils étaient tous deux fées. Lui n’avait pas d’ailes apparentes, mais elle savait que sa race pouvait être transcendée par d’autres êtres. Elle était fée sombre, papillon volubile de nuit. Ephémère et sauvage, impalpable et associale. Rien ne l’étonna de trouver alors une froideur et une dureté à Simulacre qui n’était pas de son jeune âge. Si beaucoup de fées communes était rayonnantes, enjouées et s’enivraient des contacts, certaines races de fées plus rares, s’enfermaient aux cœurs des forêts, à l’abri des regards, cultivant leur singularité et leur patrimoine particulier.

Des réflexes instinctifs lui revenaient en mémoire, avec la douceur de leur complicité naissante…


Simulacre plongea dans le livre ouvert par-dessus son bras. Quelque chose le perturbait. Bien sûr, il ne connaissait pas l’art délicat des runes… Dierebel se fit alors une triste réflexion. Il était mi-fée mi-démon sans aucun doute et n’avait pas reçu l’éducation élémentaire que les jeunes fées reçoivent.
Dierebel ne connaissait pas ses runes mais savaient pertinemment d’où elles provenaient. Elle prit la parole pour ôter tout malaise.

« Se sont des runes démoniaques, mais pas de l’alphabet populaire que je pourrais déchiffrer. Il vient de la très haute aristocratie démoniaque. Chaque mot est recherché à l’extrême, observez les courbes délicates, le style particulier et si agressif. Chaque mot est un poème en rune, il a de multiples traductions. »

Elle pointa le mot pouvoir de son index blanc :

« Celui-ci doit devoir entendre pouvoir, chef, roi… Et que sais-je encore ? Sans aucun doute il nous faut un haut scribe démon pour traduire ce texte. Mais… »

Elle caressa la main brûlante de Simulacre qui enfermait leur sésame avec désir et folie :

« Mais ils comprendraient vite ce que nous détenons et nous le prendraient. »

Elle referma sa main autour du poing serré de son frère de sang. Elle ferma les yeux, chatouillée par la puissance que lui communiquait ce contact. Il lui sembla que sa mémoire s’éveilla. Elle sentit l’odeur d’une forêt et des cheveux de sa mère… Elle crut voir ses yeux et sentir son souffle dans le creux de son cou. Elle se souvint du timbre fin de sa voix. Une colère sucrée trahie sa chair. Un frisson la fit soupirer. Depuis combien de temps ne lui avait-elle pas parlé ? Quand s’étaient-elles vues pour la dernière fois ? Pourquoi était-elle seule dans cette cité horrible ? Qui étaient ces êtres qui l'avaient chassée pour les jeter dans les griffes des démons ? Était-elle l'une d'entre eux ? Elle les servait et s'était promis de tenir son serment, mais d'où venait-elle réellement ?

« J’aimerais que nous gardions cet objet… »

Elle avait rompu le silence sans ouvrir les yeux, sans doute pour chercher sur ses paupières fermées la réponse à ses questions.

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e'Dierebel
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MessageMar 31 Aoû 2010 - 13:23

Le nous qui glissait si bien dans sa bouche lui fit un effet étrange venant de sa camarade de fortune. Oh, et puis, au diable son éducation d'égoïste, et longue vie à ses propres décisions, non !? Le Démon aquiesca aux paroles de la fée : il se doutait bien qu'à confier pareil artefact dans des mains démoniaques autres que les siennes, il risquait de ne jamais voir le bout de cette affaire... Acre comprenait aussi le manège de la demoiselle, qui tentait de le manipuler. Il ne réagit pas, et la laissa faire, attendant de voir où elle voulait en venir, attendant de voir s'il devait la tuer ou non et au final, il décida de cette vive intelligence lui plaisait. Sa poigne, à son bras, démontrait sa force physique. Par le passé, elle avait du lutter, ou se battre. Il aurait aimé la voir se battre, les cheveux emmêlés, les muscles tendu, le visage déformé par l'effort. Oui...

Mais il devait partir, maintenant. Il avait passé bien plus de temps à l'ombre de la muraille qu'il ne l'avair prévu : une campagne se préparait, aux alentours, et les veneurs de l'aristocratie pouvaient obtenir de bonnes proies en arrivant tôt. Le jeune démon voulait régler les détails de cette afffaire rapidement, bien qu'au creux de sa paume, la vibration antique le déconcentrai. Sans brutalité, il se libéra de l'étreinte des doigts de e'Dierebel.


" Sais-tu pour combien ton maître t'a obtenu ? Je te rachète à lui, tu traduis cela pendant que je garde l'objet. Et nous nous partageons le pouvoir. Ou essayons, tout du moins. " Le démon ne se faisait pas trop d'illusion : il n'était pas de nature à faire des sourires et prêter un de ces crayons à ses camarades relevait du miracle, alors proposer à quelqu'un une chose qu'il considérait comme étant de droit à lui... C'était au dessus du fait extraordinaire ! Il se passa la main dans ses cheveux, repolissant son haume d'arain, naturel travaillé, puis il rangea l'objet dans une de ses grandes poches, se détâchant de son contact avec regret. Il retira ensuite une de ses bagues.

L'anneau était d'argent, aux armoiries de sa mère : un oeil en larme, ancien sceau du clan d'espions qu'elle avait élaboré de main de maître, s'attirant puissance et respect - Ah, sa mère, cette grande femme ! Le petit démon prit la main de la femme de sa parentèle et y déposa le bijou. En raison de la nature de la bague, il était impossible de la retirer à la personne qui la portait, sauf si celle-ci mourrait. On ne pouvait donc obtenir pareille babiole qu'en la demandant à son propriétaire. La bague était à la taille d'un doigt d'enfant, bijou extrémement riche écho de la puissance du rejeton infernal. Ses autres phalages n'arboraient plus que de simples cercles de métal discrêt.

Lethée, elle, les aimait surmontés de petits émaux colorés. Un truc de fille probablement... Simu referma les doigts de la fée sur la bague.


" Met ceci et montre le à ton geôlier. Puis vient au Cercle de la Faux. Exige des appartements et l'accès à la bibliothèque. En tant que ma servante, tu seras au dessus de la plupart des démons. " Ah, voici une indication qui donnait bien une idée de l'importance du petit démon, quand même... Néanmoins, il fallait garder à l'esprit que la fée, de son côté, devait se comporter comme l'esclave d'une personne très haute dans la hiérarchie et ne pas hésiter à menacer tout le monde... Simulacre espérait que faire entrer pareille épave à son service n'allait pas faire reculer son influence dans les Tours Ombragées...
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e'Dierebel
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MessageDim 5 Sep 2010 - 13:25

Comment Saisei l’avait-il obtenue ? Simulacre venait de lui poser une bien étrange question, car pour tout avouer, Dierebel ne savait pas vraiment comment elle était devenue l’esclave, la servante, l’amie du démon. Elle savait qu’ils s’étaient déjà rencontrés par le passé. Qu’ils s’étaient battus jusqu’à entrevoir la fosse abyssale de la mort. Et pour mettre fin à cette haine, ils avaient conclus un pacte qui dureraient trois sifflements. Trois appels de la fée pour partager leur folie meurtrière… Peu d’images lui revenaient de ces jours précis. Elle n’arrivait à se remémorer qui elle était avant. Elle côtoyait les élémentalistes, ceux qui habitaient la cité, mais ces derniers l’avaient bouté hors de leur propre communauté, l’offrant sans ménage à la gueule affamée des démons qui commençaient à prendre possession de la ville. Saisei avait récupéré les morceaux brisés de la fée, son passé qu’il ignorait, et s’il la connaissait mieux qu’il ne semblait le dire, il gardait le silence, laissant à la fée le loisir macabre de retrouver seule les morceaux du puzzle de sa vie.

Dierebel avait accepté de servir cet étrange homme à l’âme tourmentée, il ne lui avait pas posé de question et l’avait pris sous son aile le temps qu’elle guérisse. Il lui offrait gîte et couvert, sans rien demander en échange qu’elle ne reste s’occuper de son logis. Et de ne pas sortir seule…

Mince ! Cela lui revenait en tête… Elle scruta le soleil qui commençait à disparaître à l’horizon. Son souffle s’accéléra accompagnant les battements de son cœur. Il devait être rentré et avoir trouvé la maison vide. Il allait être furieux. Et Dierebel ne savait à quoi s’attendre… Elle avait déjà vu le sang d’inconnus sur les vêtements de son hôte, son air las gavé et apaisé par la mort de ses ennemis, ses muscles encore tendu par l’effort et la colère… De quoi pouvait-il être vraiment capable ? Au pire, s’il la rejetait, il lui serait plus simple de rejoindre Simulacre pour élucider le secret envoûtant de leur précieuse découverte.

Son visage feinta un air froid et distant tandis qu’elle se leva un peu brusquement :

« Simulacre, je lui ferais votre proposition dès ce soir. » dit-elle en regardant les nombreux chemins qui pouvaient la mener jusque son foyer.

Ses doigts tournèrent nerveusement la bague de son nouveau confident autour de son index. Elle la pressait contre sa peau comme la promesse d’un jour nouveau. L’objet avait tant à lui offrir que personne d’autre ne pouvait lui donner. Les souvenirs… La mémoire… La promesse de connaître l’origine du corps dans lequel elle vagabondait depuis ce dernier mois. L’argent glacé de l’anneau se fit de plus en plus tiède au contact de sa peau. Elle souffrait déjà de ne plus ressentir l’apaisement que lui procurait l’étrange artefact.

« Je ferais le nécessaire pour ne pas vous décevoir et être à la hauteur de vos attentes… Il me tarde de n’avoir plus de secrets autour de notre bijou merveilleux… »

Elle plongea son regard dans le sien avant de s’incliner légèrement. Elle remonta sa capuche sur son visage, un peu maladroitement, perturbée par son retard. Elle serra les livres contre son cœur.

Elle hésita un court instant à offrir l’un de ses bracelets au petit être de lumière avec qui elle venait de tant partager sans le connaître. Elle fit glisser de son poignet un petit chapelet de perles noires et brillantes comme le silex. La fée le déposa sur la pierre à côté de son demi-frère de sang et sans attendre qu’il ne la saisisse, elle pivota sur elle-même en prenant le chemin par lequel elle était arrivée.

« Bonne nuit très cher… » souffla t-elle si bas qu’il ne du pas l’entendre en disparaissant derrière une grande bâtisse éraflée par le temps et la guerre.

Ah oui, maintenant elle se souvenait de la route… Elle accéléra le pas.

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e'Dierebel
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