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 [Terminé] Toute chose a ses défauts

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MessageMer 26 Mai 2010 - 21:46

Emezaël avait une très bonne épée, mais bien sûr, toute chose a ses défauts, comme chaque personne finit par le constater à un moment de sa vie. Alors qu’il s’entraînait, la lame brillait sous le soleil qui propageait une chaleur intense en ce début d’après-midi. L’épéiste répétait la gamme de mouvements de combat qu’il avait soit appris, soit inventés par lui-même. Il sentait parfois un débalancement lorsqu’il exécutait des attaques au mouvement plus large, mais il le compensait en raffermissant sa posture. Il s’entraînait de façon routinière tous les jours depuis son arrivée à Nirotitlàn. Chaque matin, après avoir mangé, il partait pour la forêt et s’y entraînait, seul et à l’abri de toute distraction, jusqu’à épuisement total. Il avait ses propres raisons pour cette conduite. Il voulait compenser sa difficulté à utiliser des sorts aera de haut niveau par la maîtrise absolue de son épée à deux mains. Mais son autre raison, qu’il avait de la difficulté à cacher ces temps-ci, est qu’il se sentait mal à l’aise parmi tous ces réfugiés se faisant confiance l’un à l’autre pour survivre. Emezaël avait dès son enfance appris à ne faire confiance qu’à lui-même. Il avait donc besoin de ce calme à l’écart des autres. Le lieu où il se trouvait se situait à quelques centaines de mètres à l’est de la Cité retrouvée, au pied de la montagne. C’était une magnifique clairière ensoleillée. Ensoleillée... ce n’était peut-être pas ce qu’il y avait de mieux par cette canicule...

L’ange déchu en avait maintenant assez fait pour la pratique du maniement et il passerait donc à la coordination magie/arme. Il enligna des billots de bois à quelques mètres de lui et se prépara à tous les trancher en même temps grâce à une lame de vent qu’il créerait à l’aide de son épée. Il ne se concentra que très peu, cette magie étant très facile à mettre en œuvre. D’un coup de lame, il envoya une énorme quantité d’air sous la forme d’une lame tranchante en direction des billots. Les premières buches se fendirent très facilement, mais à la quatrième sur huit, l’attaque fut dissoute et les cinq derniers billots volèrent sans toutefois s’abîmer. Cela faisait plusieurs jours qu’il se disait cela, mais la faiblesse de cette attaque ne pouvant sûrement pas pénétrer une armure n’était apparemment pas due à un manque de puissance de sa part, mais plutôt à sa lame. Celle-ci n’était pas faite pour conduire la magie. S’acharnant de plus belle, il essaya encore pendant longtemps, mais sans succès, d’affuter ses lames de vent.

La chaleur devint rapidement insupportable. Emezaël se décida, non sans réticences, à mettre fin à ses exercices. Il se dirigea, épuisé, vers un grand arbre au pied duquel il s’étendit et ne tarda pas à se laisser gagner par le sommeil.

À son réveil, il s’émerveilla encore une fois de la tranquillité des lieux. Seuls les oiseaux faisaient entendre leurs gazouillements cacophoniques, mais que tout être vivant peut apprendre à apprécier. Puis l’harmonie fut soudainement brisée par un bruit énervant de pioche. Vous savez, ce bruit qui vous donne mal aux oreilles peu importe l’intensité à laquelle vous l’entendez. Enfin bon, le fait est que c’est ce bruit métallique qui dérangea l’élémentaliste. Plus curieux qu’irrité, cependant, il se dirigea vers la montagne, car c’est bien de là que venaient les bruits. Il pouvait apercevoir le gros postérieur d’un homme de petite taille, à quelques mètres au-dessus de lui. Il entreprit l’escalade de la pente, qui était assez abrupte et jura lorsqu’il trébucha sur une pierre roulant en sens inverse le fit trébucher et qu’une seconde lui laissa une marque douloureuse sur le front.

« Ohé! Vous pourriez pas faire un peu plus attention? » s’écria-t-il en s’adressant au nain.


Dernière édition par Emezaël Fenenn le Lun 20 Sep 2010 - 3:16, édité 2 fois
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Rork Baruk
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MessageMer 16 Juin 2010 - 16:43

Accroché par une corde à un rocher, Rork cala un instant son marteau sur son épaule, sortit de sa poche un mouchoir aussi large qu’un drap, et essuya la sueur qui lui coulait sur le visage. Quelle chaleur ! Avec une température pareille, de nombreux habitants de l’île avaient renoncé à sortir. La plupart en fait, dormaient sous les feuillages, à la fraîche.

Pas tous cependant. A commencer bien sûr par les Sentinelles, qui veillaient sur la cité survivante. Quelques courageux également, qui vaquaient à leurs occupations. Et le Nain, accroché à sa falaise comme un gros bourdon sur un mur. Pour être honnête, lui aussi préférerait être occupé à la sieste, une chope de Bière Cuvée des Trolls fraîche à portée de la main. Mais les affaires n’allaient pas terrible ces derniers temps. La plupart des objets magiques d’agrément n’étaient plus demandés. On ne lui commandait presque plus que des armes, très consommatrices en matériaux magiques.

Autrefois, il commandait simplement ses ingrédients. Et les payait rubis sur l’ongle. Mais à présent, il n’achetait que les plus chers, et récoltait les autres lui-même. Il fallait bien vivre, en attendant que revienne la prospérité à la Cité nouvelle, ou la reconquête de l’ancienne… voilà pourquoi il était encordé le long d’une paroi rocheuse, au-dessus de la forêt de l’Anse. Lieu dangereux, mais riche en minéraux et métaux de toute sorte.

Après une heure de recherches, il avait repéré ce qu’il cherchait : un beau filon de Cyrodilium, aussi nommé la Pierre de Folie. Ainsi nommée car elle était un véritable cauchemar à travailler sans l’aide de la magie, et que les vapeurs qui s’en échappaient à chaud brouillaient l’esprit. Mais une fois étirée et garnie de ferronnerie, elle formait d’excellents boucliers, légers et résistants. Aussi, après avoir enlevé trente centimètres de cailloux à grand coups de pic, le Nain était-il occupé à détacher de leur gangue minérale de minces lames de minerai brut, étonnantes formations minérales semblable à de une ardoise dorée. Concentré sur son travail, il ne revint à la réalité que lorsqu’on l’interpella d’en bas. Il porta la main à sa ceinture, décrocha un mousqueton qui y pendait et se laissa glisser le long de la corde, d’assez mauvaise humeur d’avoir été interrompu. Il le fut bien davantage en découvrant le jeune homme.

« Faire attention ?? » grommela Rork dans un nuage de postillons. « D’toutes les directions possibles, vous v’nez mettre vos grosses pattes droit sous moi et après vous râlez? »

Sans indulgence, il examina son interlocuteur. Un Ange, d’après les traits, et vu l’absence d’ailes, pas un ange habituel. Une épée de belle taille à la main, entièrement vêtu de sombre. Sans signe distinctif particulier – peut-être exactement le but recherché par cet accoutrement ? Un épéiste anonyme…

« Qu’est-ce que vous faites ici ? »


Les deux magiciens avaient sans doute été trop bruyants (l’un des deux au moins, certainement). Car la forêt de l’Anse est emplie de nombreuses créatures, et si la plupart ne frayent pas avec les démons, il en existe bon nombre qu’il vaut mieux ne pas rencontrer.

Dans les buissons au-dessus d’eux, un mouvement inhabituel agita les branches. Le vent dans les branches, sans doute. Sûrement…

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MessageVen 18 Juin 2010 - 2:42

Mais pour qui il le prenait, celui-là? Ce petit bonhomme était-il descendu de son perchoir simplement pour lui gueuler après? Non mais! Emezaël n’allait pas se laisser faire comme ça. Il essuya les horribles postillons que cet idiot lui avait carrément crachés à la figure et s’apprêtait à lui dévoiler sa façon de penser lorsque le Nain lui demanda le but de sa présence en cet endroit.

« Je suis... euh... Emezaël... Emezaël Fenenn... et... euh... je m'entraînait un peu dans la clairière, là-bas. Je suis venu voir par ici parce que le vacarme de votre pioche me cassait les oreilles » avait répondu l’Ange, un peu par automatisme, mais aussi déconcerté par une question à laquelle il ne s’attendait pas. « Et qu’en est-il de v... » avait-il commencé quand le feuillage au-dessus d’eux commença à remuer.

Croyant qu’il s’agissait d’une menace, l’exilé voulu prendre son arc de chasse, mais celle-ci se trouvait au sol, là où il avait chuté. N’ayant pas le temps d’en reprendre possession, il décrocha son épée, qui était accrochée sous sa longue cape. Il allait utiliser une de ses lames de vent pour tuer la créature. Il propulsa son énergie à travers l’épée, ce qui libéra littéralement une immense vague d’énergie sous la forme d’air. L’attaque emporta toutes les feuilles, mais l’énorme corbeau qui avait eu le malheur de se trouver à cet emplacement fut vilainement blessé à l’aile. Emezaël, quant à lui, à cause de sa fureur envers le Nain, avait libéré tellement de puissance que celle-ci l’avait envoyé fracasser un vieil arbre mort.

Se sentant ridicule, l’aera se releva et alla voir le volatile mal en point sans même adresser un regard à l’observateur. D’un des sacs attachés à sa ceinture, il sortit un bandage et entreprit de soigner son aile. La bête se débattit, mais lorsqu’elle sentit la douleur se faire moins intense, elle se laissa faire. C’était un animal très intelligent. Emezaël le détailla du regard. Il était énorme, même pour un corbeau. Il avait un plumage en santé et ses yeux noirs ne paraissaient pas du tout effrayés. Son bec et ses serres étaient puissants, comme se devaient de l’être les armes d’un prédateur aérien tel que lui.

« À partir de maintenant, tu te nommeras Oedrek » dit l’Ange d’une voix inhabituellement calme en s’adressant au corbeau. Sa voix flottait encore dans l’air comme un murmure plusieurs secondes après qu’il ait prononcé ces paroles.

Puis il tendit son bras, sur lequel sauta Oedrek. L’élémentaliste le déposa sur son épaule, où la bête resta. Si l’on avait regardé de plus près, on aurait pu voir une étrange lueur s’allumer dans le regard de l’oiseau.

Comme si de rien n’était, Emezaël reprit là où il en était en s’adressant au Nain, mais cette fois-ci avec un peu plus d’égard, comme pour se racheter de cet impression de raté qu’il avait l’impression de projeter :

« À mon tour de vous le demander : que faisiez-vous là haut? Et quel est votre nom? »

Une pause.

« Ah! Et avant que vous ne me le fassiez remarquer : je l’admets, j’ai effectivement quelques petits problèmes avec mon arme. Normalement, même une attaque de ce genre n’aurait pas du me déstabiliser » ajouta-t-il.
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Rork Baruk
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MessageMar 22 Juin 2010 - 21:44

Très occupé à gueuler, le Nain ne s’était pas aperçu du mouvement dans les feuillages, aussi, fut-il assez surpris de voir celui-ci dégainer son arme. Se penchant de côté, il posa la main sur le manche de son marteau. Foi de Nain, cet homme était-il assez fou pour vouloir un règlement de compte l’arme à la main pour quelques pierres dégringolées ?

Apparemment, ce n’était pas ça. Mais ma suite fut encore plus surprenante … non seulement la lame d’air siffla dans l’air au-dessus de lui, et alla couper des brindilles (ainsi que quelques plumes à un piaf), mais encore l’émetteur de la rafale coupante décolla dans l’autre sens pour aller finir les quatre fers en l’air contre un tronc d’arbre. Les sourcils de Rork se soulevèrent avec perplexité. Par tous les rochers pointus de Siddarthâ, il avait affaire à un fou !! Les poings sur les hanches, il faillit lancer une nouvelle gueulante, mais quelque chose l’arrêta net, et il n’émit pas autre chose qu’un grognement surpris.

« Hmmmrrr ! »


Ce qui avait coupé net le Nain dans ses râleries n’était pas tant que le jeune homme se préoccupe d’abord de réparer les blessures infligées à l’oiseau. Pas davantage que celui-ci semble s’entendre facilement avec son agresseur … après tout, il s’agissait sans doute d’un jeune homme aimant les animaux et d’un corbeau au bon caractère ! Non, ce qui avait capté l’intérêt de Rork, c’était l’arme d’Emezaël, à laquelle il venait de jeter un coup d’œil distrait.


bug
Formes étranges, reflets inhabituels sur le métal … une arme forgée dans des régions lointaines, où l’art de la forge différant d’Elament…

Tendant la main, Rork y concentra habilement la magie des Terra. La plupart des gens pensaient que la magie de la Terre se limitait à faire pousser des plantes dans tous les sens. Grossière erreur … les Terras étaient aussi bien capable de contrôler la matière inerte que les végétaux. Avec un peu d’expérience, il était aisé pour un magicien de se transformer en aimant pour n’importe quel métal. Pendant que le jeune homme s’occupait de l’animal blessé, les attaches de l’épée s’ouvrirent, et comme mûe par une volonté propre, celle-ci vint se poser dans la paume tendue de Rork.

Cela aurait pu passer pour du vol, n’était le respect avec lequel le Nain la traita. Dans un geste doux, comme si elle était faite de cristal au lieu de métal dur, il l’inspecta sur toute sa longueur, visiblement admiratif. Ses doigts noueux, habiles malgré leur aspect rustre, effleurèrent le pommeau et la poignée incrustée de dorures. Arabesque de métal, aisée à prendre en main, elle évacuait naturellement la sueur de la paume et restait suffisamment rugueuse pour ne jamais glisser. Le pommeau était suffisamment lourd pour équilibrer la lame, d’ailleurs étonnamment légère pour sa taille…

Et puis cette lame … Elle semblait siffler toute seule dans l’air, comme la corde d’un instrument, d’un son magnifique et terrible. Attentif, Rork l’éleva à la lumière, la tournant vers le soleil aveuglant. Ses yeux, du même bleu que le ciel, se reflétèrent un instant sur la surface polie. La diffraction de la lumière jeta des reflets multicolores sur son visage ridé. Du Sygillum ! L’alliage des Lames Arc-en-ciel des Elfes, les épées qui chantaient… Il n’en existait que très peu à la surface du monde, car seuls des êtres pourvus d’ailes pouvaient aller le chercher son composant principal dans les rares endroits où on en trouvait : à la cime des pics glacés de Sernhran, sous la glace et la neige, où les vents tourbillonnaient rageusement. Et l'art de forger ce métal, capable de trancher net la plupart des matériaux connus, beaucoup l'avaient oublié.

Pris par sa passion, le nain avait totalement oublié son entourage. Il ne revint sur terre qu’en entendant la question d’Emezaël.

« Hmmmrh ! J’récupérais du métal. Jeune homme, aussi vrai que j’m’appelle Rork l’Enchanteur, t’as une arme qui m’plaît. Du travail d’Avariel, hein ? Et forgé sous la lune pendant six nuits. Y’a plus beaucoup d’trésors dans c’genre là »

D’une pichenette, il fit résonner la longue lame. La note résonna dans l’air, claire et acérée. Puis il rendit l’arme à son propriétaire, en la présentant poignée en avant, et se gratta la barbe, visiblement pensif.

« Mais c’te lame est pas fabriquée pour envoyer des sorts de c’genre, gars. C’est pas qu’un problème d’pratique. A continuer comme ça, tu pourras t’crever à t’entraîner. T’sais, dans cent ans, t’atterriras encore sur les fesses, et en plus tu l’auras abîmé, c’te bijou... »


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MessageVen 25 Juin 2010 - 2:00

Lorsqu’Emezaël s’était relevé, il s’était rendu compte que son épée avait disparu et l’avait aperçue dans les mains du Nain. En transe, il ne s’était aperçu de rien, mais maintenant, il se maudissait. Il n’en avait fait aucun cas, souhaitant tout régler de manière civilisée. Puis, il avait vu le regard attentif et passionné avec lequel l’autre scrutait son arme. Il en fut assez étonné. Alors, il avait essayé d’attirer son attention de nouveau en lui posant ses questions.

Il lui répondit sur un ton totalement différent de celui qu’il avait utilisé tout à l’heure. Celui-ci était plus… respectueux. Ce Nain se nommait donc Rork et c’était lui, l’enchanteur d’Elament. L’Ange le connaissait de réputation. Du genre grognon, il n’était pas apprécié de tout le monde, mais son travail, quant à lui, était vanté partout. De plus, ses connaissances du travail du métal semblaient être illimitées. Il avait tout de suite su quel alliage avait été utilisé pour forger son épée alors qu’Emezaël lui-même n’en avait aucune idée.

Rork rendit à l’épéiste son arme et celui-ci la prit avec le plus grand soin pour la remettre dans son dos. Le Nain, qui paraissait pensif, lui dit que cette arme ne pouvait pas être maniée pour lancer des sorts comme le faisait Emezaël. En entendant cela, il eut une moue de dépit. Il se sentait incapable d’abandonner cette épée, qui lui avait sauvé la vie lors de la conquête d’Elament par les démons. Oedrek, toujours perché sur l’épaule de l’Ange, émit un petit cri pour attirer son attention et le regarda droit dans les yeux. Le trouble d’Emezaël disparu instantanément. Il avait la solution juste devant lui : Rork. L’enchanteur pourrait à coup sûr apporter les modifications nécessaires pour l’aider à mieux contrôler l’arme. Ainsi, il lui demanda s’il pouvait lui rendre ce service :

« M. Baruk, c’est bien ça? Puisque votre renommée est grande, je me demande… je me demande si vous ne pourriez pas me proposer une solution. Peut-être qu’à l’aide de quelques modifications, l’arme sera parfaite pour moi, qu’en dites-vous? Bien sûr, un service se fait toujours en échange d’une certaine rémunération. L’argent m’est tout à fait accessible, puisque je le réserve pour ce genre d’occasion. Comme vous pouvez le voir, je possède un arc de chasse. Il se trouve que je chasse moi-même la totalité de ma nourriture. »

Emezaël espérait plus que tout que l’enchanteur accepterait sa requête. Il en allait de son avenir en tant qu’élémentaliste. Tant qu’il n’aurait pas trouvé de solution à son manque de concentration, son épée serait son seul et unique avantage lors des combats. Oedrek remua légèrement. L’Ange déchu lui murmura qu’il pouvait décoller s’il en avait envie. Le corbeau pourrait le retrouver n’importe quand, il en était sûr. Le volatile décolla et devint rapidement un minuscule point dans le ciel, où le soleil venait de commencer sa lente descente. Puis l’aera recentra toute sa concentration sur Rork. Les prochaines paroles qu’il prononcerait décideraient de son avenir d’épéiste.
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Rork Baruk
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MessageMer 30 Juin 2010 - 11:48

Pensif, Rork se gratta la barbe, en suivant du regard l’oiseau noir qui volait. Avant de donner sa réponse, il préférait prendre le temps de peser soigneusement chaque aspect du problème. D’abord le côté technique. Enchanter une épée pour en faire un catalyseur de magie en même temps qu’une arme n’était pas une tâche difficile en soi. Il fallait la présence du futur propriétaire pour calibrer les runes de la meilleure façon, et suffisamment de moyens et de connaissances pour reformer le tranchante et le poli de la lame après l’opération.

Mais cette arme n’était pas la première épée bâtarde venue. Non seulement la technique de fabrication était très différente des travailleurs de métal à Elament ou de même l’art des forgerons Nains de Siddarthâ, mais la composition exacte du métal de Sygillum était un secret perdu depuis longtemps. Il n’aurait pas de difficultés à le manipuler, en usant de la magie. Mais les propriétés exactes du métal et sa résonnance avec la magie auraient nécessité une étude prolongée.

A moins de … l’œil de Rork s’alluma. Ses iris bleus viraient lentement à des reflets verts, signe d’un intense intérêt. A moins de changer le métal et d’y intégrer celui qu’il venait d’extraire. Les barres de métal doré, dans son sac, avaient la propriété d’être très malléables à la magie. A petites doses, elles lui permettraient de lier le quartz aera au métal elfique qui constituait l’arme d’Emezaël.

« Ca pourrait s’faire, l’homme… ça s’pourrait, foi de Baruk. Mais ta lame s’maniera pas exactement pareil après ça, qu’ça t’surprenne pas, hein ! Viens par là, tu veux ? »

Le Nain agrippa sa besace et empoigna son pic d’une main. Clopin-clopant, il entreprit de descendre le long de la paroi raide, entraînant son compagnon le long de la descente. Ensemble, ils cheminèrent à flanc de pente pendant une vingtaine de minute. La conversation devrait attendre, car le vent et la nécessité de voyager l’un derrière l’autre empêchaient de toute façon toute communication. Au bout de quelque temps, Rork s’engagea dans une petite caverne ouverte à flanc de rocher. La cavité n’était pas grande, ne contenant qu’un lit de camp temporaire et plusieurs grosses caisses de métal.
Au milieu de la pièce, une table de pierre était encadrée de deux chaises. Les trois pièces de mobilier étaient soudés au sol, comme tirées par magie de la pierre.

Il s’agissait d’un campement temporaire installé là, le temps de sa campagne de récolte d’ingrédients. Ouvrant la première des caisses, le Nain en sortit un pain au son, un morceau de viande sèche et deux vieilles pommes datant de plusieurs mois : ridées, mais saines et douces. D’un pichet placé au frais dans un creux de roches, il tira deux pintes et un cruchon soigneusement bouché, qui contenait – à l’évidence – de la bière. Le tout finit sur la table, invitation muette à s’asseoir et se restaurer. D’ailleurs, un instant plus tard, Rork avait déjà absorbé une grande lampée de bière, sans porter de toast, mettant en application la maxime naine : « je n’ai pas besoin de boire à votre santé, la bière que vous buvez en prend soin ! »

« Bon » fit Rork entre deux bouchées, relevant les yeux sur son interlocuteur. « J’peux te modifier – miom – ton épée. Pour le prix, j’veux pas – miam – d’Elamentias. Mais… »

Une dernière bouchée l’interrompit. Une fois fini, il se caressa le ventre avec un soupir de satisfaction et reprit sa phrase là où il l’avait laissé. Il y avait une place spéciale dans l’au-delà pour ceux qui faisaient passer les affaires avant un bon repas !!

« … mais j’me fais payer en nature, ces temps-ci. Pas la peine de m’am’ner une ribaude, j’sais ou les trouver. Non – c’que j’veux, c’est ça. »

Rork posa sur la table sa patte énorme. Dans le creux de sa paume, brillait une petite pierre rouge. Elle ressemblait vaguement à un rubis poli, mais quelque chose dans son reflet dérangeait. Le rouge était plus sombre qu’une pierre de rubis – quelque chose entre l’escarboucle et l’obsidienne. Comme une goutte de sang vitrifiée par quelque sortilège…

« Larmes de Sang. D’puis que les Cornus ont pris Elament, elles perlent sur les murs d’la Cité, à deux ou trois mètres de hauteur. J’sais pas en quoi c’est fait, mais elles m’intéressent diablement – c’est l’cas d’le dire. Y’a pas mieux pour forger d’quoi leur couper le groin. Mais j’ai pas le temps d’me faufiler là-bas en récupérer quelques-uns. Alors une fois qu’j’ai fini ton arme, tu la prends sur le dos et tu d’débrouilles pour m’en trouver une poignée. Si l’contrat t’va, dis-moi c’que tu veux pouvoir faire d’ta lame… »

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MessageMar 6 Juil 2010 - 19:02

Que sa lame se manie différemment était le cadet des soucis de l’Ange déchu. L’opportunité de régler enfin ces problèmes de déflagrations lui apparaissait et il n’allait pas laisser tomber pour si peu. Il suivit donc le Nain jusqu’à son campement. Longer la falaise ne fut pas très difficile pour lui, car il n’avait pas à craindre les bourrasques. En fait, il était sur son territoire et en cas d’agression, il aurait su rapidement se débarrasser de ses ennemis qu’on aurait retrouvés plusieurs dizaines de mètres plus bas, écrasés sur les rochers.

Quand l’Enchanteur lui servit de quoi manger, Emezaël ne se fit pas prier deux fois pour se servir. Il engloutit carrément le pain et la viande et, malgré ses réticences, prit une de ces vieilles pommes. Il devait refaire le plein après son entraînement. En plus de ça, son ventre commençait à réclamer de la nourriture à renforts de grands gargouillis. Même s’il ne raffolait pas du tout des boissons alcoolisées, il prit quelques gorgées de bière, histoire d’étancher sa soif et d’hydrater sa gorge qui lui semblait aussi sèche que les plus grands déserts d’Erestrée.

L’Ange écouta ensuite attentivement les paroles que Rork lui adressait, paroles entrecoupées de bruits de mastication. Quand le Nain arrêta enfin de manger, celui-ci lui dit qu’il ne voulait pas d’Elamentias et lui montra quelque chose : dans la paume de sa main reposait une étrange pierre. Elle ressemblait à une pierre de lune, mais son éclat était rouge et non bleu. Ce rouge, Emezaël aurait pu le reconnaître n’importe où. D’un œil curieux, il prit la Larme de Sang dans ses mains et la soupesa. Elle était très légère, mais semblait aussi très résistante. Sa solidité dépassait de loin celle de la plupart des cristaux, excepté les diamants. En entendant leur provenance, l’épéiste su que ce sang, ce ne pouvait être que celui des milliers d’habitants morts sous les coups des démons. Ces larmes de sang étaient crées par le chagrin des âmes prisonnières des murailles d’Elament.

Emezaël reporta son attention sur Rork :

« Très bien, je vais vous en rapporter. Je… je vais vous ramener vos pierres, autant qu’il en faudra, » dit-il en essuyant une larme qui perlait de son œil.

Il ne pouvait chasser de son esprit tous ces cris poussés par ses confrères étudiants à l’école d’Elament alors qu’ils se faisaient tuer par les démons. Maintenant, ils leur fournissaient le matériau idéal pour égorger ces créatures vicieuses et sans pitié.

Emezaël se ressaisit subitement, comme si ces souvenirs ne lui étaient pas revenus et que cette larme n’avait jamais coulé.

« Alors voilà ce que je demande : il faudrait affiner au maximum la résonnance de cette arme avec mon pouvoir magique, lui permettre de projeter les lames de vent les plus précises et les plus tranchantes qui soient tout en puisant au minimum dans mon énergie magique. Si possible, j’aimerais aussi un moyen d’emmagasiner la pression de l’air pour en faire usage dans des moments où une telle force serait impossible à rassembler ou tout simplement pour projeter une déflagration pour repousser mes ennemis ou amplifier la vitesse et la puissance de mes lames de vent et de mes attaques au corps-à-corps. Et finalement, je souhaiterais que cette lame fende l’air sans aucune résistance, ce qui me permettrait de mieux me battre lorsqu’il vente. »

Évidemment, il ventait constamment lorsque l'aera se battait et cette demande était plus que sensée. Une épée telle que la sienne, car assez lourde malgré l'alliage relativement léger qui la composait, pouvait perdre beaucoup de sa puissance lorsqu'une bourrasque venait la déstabiliser.

Emezaël réfléchit quelques secondes à ce qu’il venait de dire, puis il ajouta :

« Je pense que cette dernière option peut sans problème être possible grâce au pouvoir absorption de la pression aérienne. Il n’y aurait donc que deux conditions à remplir : l’affinité avec mes pouvoirs et l’accumulation de la pression de l’air. Je ne sais pas comment vous y arriverez, mais c’est à vous de trouver, car après tout, c’est vous l’Enchanteur. De mon côté, je suis prêt à vous assister comme il le faudra. »

Il était très rare que l'Ange parlait autant. Sauf dans de rares occasions, il restait silencieux à moins que la situation ne l'oblige à sortir de son mutisme. Celle-ci était de ce genre de situation.
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Rork Baruk
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MessageVen 30 Juil 2010 - 10:08

Rork hocha la tête, grogna dans sa barbe quelque chose d’indistinct mais qui devait correspondre à un acquiescement, et entreprit de débarrasser la table. Cela fut d’ailleurs vite fait : le cruchon rebouché au fond de son tonneau, les assiettes placées à tremper dans la vasque de pierre au fond de la petite grotte, et les fruits restants à nouveau dans leur corbeille. Cela fait, il revint s’asseoir à la table. L’une de ses mains fourrageant dans sa barbe, il posa l’autre à plat sur la table. Elle était bien brune, cette grosse patte, grossière, couturée de cicatrices et de taches de brûlures… elle portait aussi des dizaines de minuscules rides, qui la rendaient si semblable à la pierre sous elle qu’elle en faisait presque partie.

Les yeux du Nain virèrent soudain au vert, à mesure qu’il lançait sa volonté à travers sa paume. Sous l’impulsion de la magie des Terras, la table sembla soudain frémir toute entière. Elle avait été créée de cette façon, modelée depuis un bloc de granit à l’arrivée de Rork – la déformer était donc extrêmement facile. A la surface de la table, des points montèrent soudain. S’affinant, se courbant, se pliant comme une matière vivante, elles formèrent rapidement une rangées de griffes parallèles, sur deux rangs – berceau idéal pour maintenir une lame en équilibre.

« Mets ta lame là » intima Rork en indiquant l’établi nouvellement créé.

Cela fait, il se pencha du côté de la table et agrippa dans une besace deux ou trois outils en métal argenté. Ils ne ressemblaient à aucun autre instrument d’artisan. L’un n’était qu’une pointe très fine, aussi acérée qu’une aiguille. L’autre ressemblait davantage à une loupe sertie dans une poignée incrustée de gemmes, à ceci près qu’il y manquait le verre grossissant ; quand au troisième, c’était une sorte de scalpel à une extrémité, doublé d’une partie plate à l’autre. Tous trois étaient couverts d’inscriptions trop fines pour être lisibles. L’Enchanteur se saisit de l‘instrument semblable à une loupe et tapota plusieurs fois la surface de la lame de métal, avant de relever les yeux sur le jeune ange.

D’habitude, il n’éprouvait pas le besoin d’expliquer ce qu’il faisait à ses clients. Ils arrivaient lui confiaient leur possessions et revenaient quelques jours plus tard échanger l’objet enchanté contre espèces sonnantes et trébuchantes. Il avait tout intérêt à garder ses secrets, les clients ne s’intéressaient pas au détail de l’opération, et tout le monde s’en sortait ravi. Mais le temps changeait.

« T’as d’la chance. L’absorption d’la pression d’l’air peut s’faire directement à travers l’métal d’Sygillum. C’est du bon boulot qu’ils ont fait sur c’bijou. Reste à la stocker. Pour ça, va falloir sertir à l’intérieur une ligne d’une aut’matière, parc’qu’l’Sygyllum, ben l’est pas fait pour retenir l’énergie. Là j’peux m’débrouiller, ça va êt’un peu long mais c’est faisable. »

Sans plus attendre, il se mit au travail. D’un geste habile du scalpel magique, il fendit l’épée dans le sens de la longueur. L’autre main suivait, quelques centimètres derrière, en nimbant le métal d’une pâle clarté protectrice. La magie amollissait le métal, le modelant selon la volonté de l’Enchanteur, évitant que l’arme se fende. Bientôt, le cœur du métal fut à nu. Rork, mordillant sa moustache pour mieux se concentrer, sépara les deux moitiés avec autant de soin qu’en apporterait un…. cuisinier à un cornichon qu’il aurait fendu en deux. Puis il entreprit d’utiliser l’autre bout de son outil. Patiemment, copeau après copeau, il entreprit de creuser un fin tunnel au centre même de l’épée – minuscule, d’un ou deux millimètre de diamètre au mieux. Une moitié sur chaque moitié de l’épée. Il progressait lentement. Même avec l’aide de la magie, le Sygillum restait l’un des trois métaux les plus résistants qu’il aie jamais vus. Un bon quart d’heure de travail fut nécessaire à terminer la rigole sur la première moitié de l’épée. Tout en la déposant délicatement à côté et en posant l’autre moitié dans le berceau, Rork releva les yeux vers son compagnon.

« Ouvre la boîte derrière toi. La p’tite noire, au fond. Et prend une plume ou un parch’min pour toi. D’ssus, dessine-moi trois symboles. Ils n’ont pas besoin d’exister dans les livres, ils doivent sortir de ta tête comme tu les imagines. Ceux qui te viennent quand tu fermes les yeux et que tu imagines certaines choses. D’abord, le vent. Ensuite, ta lame. Et enfin, toi-même. »

Déjà, Rork se remettait au travail. En règle générale, la création d’objets enchantés de ce type se faisait en trois phases. La première était la Forme, la seconde le Vouloir, la troisième le Verbe. La Forme créait toutes les lignes principales de l’objet, ses matériaux, ses détails. Le Vouloir correspondait à la charge de l’objet avec l’énergie magique, soit imprégnée directement dans sa masse, soit stockée dans un réservoir en matière cristalline. Enfin, le Verbe était l’ajout des dizaines, centaines, voir milliers de minuscules Runes sur ou dans l’objet, qui conditionnaient son utilisation à volonté par son propriétaire. Beaucoup d’enchanteurs inexpérimentés négligeaient la forme, prétendant que ce n’était que du travail préparatoire. Mais Rork, en tant que Nain, la considérait comme aussi importante que les autres. C’était celle qui différenciait non pas un artefact puissant d’un faible, mais plutôt une œuvre d’art d’un bricolage. Être puissant ne servait à rien si au bout de quelques mois une tare de fabrication vous cassait votre précieuse possession en deux lamentables morceaux, n’est-ce pas ?

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MessageMar 3 Aoû 2010 - 15:55

Ce fut avec difficulté, cette fois, qu'Emezaël accepta de se séparer de son arme. Elle représentait tout à ses yeux. C'était comme si elle était reliée à son âme d'une façon quelconque. C'était aussi sa seule possession de valeur et il ne voulait pour rien au monde qu'il lui arrive quelque chose. L'Ange déposa finalement sa lame là où on lui indiquait, se fiant aux compétences de l'Enchanteur. Celui-ci n'avait surement pas bâti sa réputation et élevant des poules. Par la suite, il observa l'opération du Nain en tentant de se rassurer par lui-même. Il eut un haut-le-cœur quand la lame fut fendue en son centre, mais ne dit rien.

Il ne s'était pas aperçu que, depuis quelques instants, un corbeau avait fait intrusion dans la pièce et avait prit d'assaut les caisse de provisions toujours ouvertes de Rork. Apparemment, ce dernier ne s'en était pas aperçu lui non-plus. Emezaël se faufila derrière lui et s'empressa de chasser Oedrek des caisses d'où il s'était emparé d'une miche de pain qu'il dévorait avec appétit. L'oiseau, vexé, s'envola avec son butin. Emezaël retourna voir le travail de l'Enchanteur. Il était très avancé dans sa tâche et tout semblait bien se passer, ce qui termina de le rassurer.

Heureusement pour lui, il n'aurait pas à patienter sans rien faire plus longtemps, car Rork lui proposait déjà de participer en écrivant sur un bout de parchemin des symboles qui seraient probablement gravés sur l'arme. Le jeune Ange déchu marcha jusqu'à la boîte qu'on lui indiquait et l'ouvrit. Il en retira la plume et le parchemin. Pour dessiner, il devait se trouver une surface plane. Dans cette grotte, il finit par se rendre à l'évidence que la meilleure surface qu'il pourrait utiliser serait le dessus de la petite boîte noire. Il replaça donc le couvercle, puis s'installa et laissa son esprit vagabonder et guider ses mouvements alors qu'il trempait la plume dans l'encre et traçait sa première ligne.

Première étape: l'air, le vent. Il fit trois lignes parallèles. Deux d'entre elles, une longue et une courte, formaient une sorte de courant en zigzaguant. La troisième, une encore plus courte, croisait la première en son centre. Ainsi prenait forme le premier des trois symboles. Deuxième étape: l'épée, l'arme. Une première ligne, dont sortait un petit segment, prit forme. Deux autres lignes apparurent ensuite près de sa pointe, comme pour la guider. Troisième et dernière étape: lui-même, Emezaël. Ce fut le plus compliqué. Il finit par tracer une sorte de croix et deux lignes qui en partaient pour se rendre dans le coin en haut à droite du bout de papier. Il n'était pas sûr de la signification de ce dernier symbole, mais peut-être était-ce un homme chutant vers le bas.

Spoiler:
 

Il continua de se questionner jusqu'à ce qu'il se souvienne qu'il n'était pas seul et que le Nain attendait toujours son résultat. Emezaël se releva et alla lui porter en mains propres. Alors que Rork inspectait le parchemin, l'épéiste se rendit compte qu'Oedrek était de retour et que sa cible n'était plus la nourriture. Le volatile s'approchait dangereusement des outils de l'Enchanteur en se faufilant dans son dos. Les yeux d'Emezaël s'écarquillèrent au point de ressembler à ceux d'un poisson rouge. Alors que le corbeau s'apprêtait à se saisir du scalpel magique, il fut happé par un vent si puissant qu'il le projeta instantanément à l'extérieur de la caverne. Oedrek n'allait pas se laisser faire comme ça! Il pénétra de nouveau dans la forge improvisée et se dirigea vers l'Ange, qui se préparait à intervenir encore une fois. Seulement, cette fois-ci, son but n'était pas de chaparder autre chose. Lorsqu'il parvint à l'aera, il lâcha une fiente qui termina sur la tête de celui-ci. Le corbeau partit en croassant de façon provocatrice. Une chance pour Emezaël qu'il portait son capuchon. Il n'eut d'autre choix que de le rabattre derrière lui.
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Rork Baruk
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MessageSam 14 Aoû 2010 - 15:35

Ayant terminé de façonner l’enveloppe de Sygillum, Rork la replaça dans son berceau et attaqua la seconde partie de son travail. Il s’empara d’une petite boîte posée non loin et en sortit une poignée de longues aiguilles de cristal laiteux, plus fines que ce que des civilisations plus avancées nommeraient des spaghettis crus. Quelques mouvements du pouce suffirent pour les souder entre elles, obtenant une véritable ligne de cristal, infiniment fine et fragile.

« Ce que tu vois là, c’est l’cœur de ton épée. C’qui gardera ta magie. Chaque enchanteur utilise ses propr’catalyseurs : moi, j’préfère l’Cristal. Cui-là vient d’Arion. L’pays des cousins d’ceux qui t’ont donné ton bijou. »

Sans en dire davantage, il déposa le cœur de l’arme à côté de son enveloppe, puis fouilla son sac à la recherche des barres métalliques qu’il était en train d’extraire de la falaise lors de sa rencontre avec l’ange. Parmi les échantillons, il choisit celui qui paraissait le plus pur et le déposa au creux de sa paume. Ce matériau là n’avait rien de commun avec l’alliage secret des Elfes. Il était plus tendre, presque malléable – en tous cas, entre les mains d’un Maître de la Matière, il se manipulait aussi facilement que du chewing-gum. Rork s’empressa d’ailleurs de le montrer. D’une seule impulsion de magie, le métal se dressa dans sa main comme un liquide vivant. Il en dégagea une sorte d’hélice, laquelle vint entourer la tige de cristal comme une matrice protectrice.

Le Nain releva les yeux, juste à temps pour voir le corbeau et son jeune maître (compagnon ?) conclure une dispute silencieuse par l’exil de l’oiseau à l’extérieur de la caverne. Sans s’interrompre une seconde, il passa au parchemin où Emezaël avait inscrit les symboles qui lui venaient à l’esprit. Avec un grognement satisfait, il plaqua sa large patte sur le papier encore humide. L’encre y adhéra, dessinant les symboles, qui se mirent à luire d’une pâle lueur.

« Forme Enchanteresse de l’Entrelacs » grogna Rork en tapotant délicatement la surface de l’élément. « Écho. »

Et exactement comme l’écho, sous la pression de la main calleuse iridée de magie, les runes minuscules quittèrent la paume de Rork et s’imprimèrent en de multiples exemplaires dans l’objet. Elles volèrent, véhiculées par les milliers de minuscules particules qui constituaient l’encre. Les grands traits explosèrent en des myriades de fragments infimes, chacun reproduisant chaque nervure et courbure des symboles imaginées par Emezaël. Satisfait, Rork saisit les deux extrémités de la tige et la plaça délicatement dans la lame ouverte en deux. Régulièrement, il ponta, souda, scella, et toujours d’un simple effleurement, utilisant alternativement ses trois instruments. Au bout d’un quart d’heure de patient travail, il commença à refermer le métal de Sygillum, centimètre après centimètre.

Absorbé par son ouvrage, il travaillait sans hâte, muet. Seuls quelques grognements s’échappaient parfois de sa barbe, d’agacement ou de contentement. Il n’avait pas exactement oublié la présence du jeune Ange, mais il n’avait ni le loisir ni le désir d’expliquer de A à Z ce qu’il faisait. Premièrement parce qu’il fallait longtemps pour étudier et comprendre la science des matériaux, les centaines de mouvements infimes dont une partie était invisible à l’œil nu. D’autre part, parce que la science des runes et l’art de dompter la matière était le secret de chaque Enchanteur. Ils résultaient à la fois de ses années de formation, de l’étude des grandes lois de l’alchimie, et également des multiples petites touches et astuces personnelles qu’on gagnait à force d’essais, d’erreurs, de temps, d’efforts. Aussi quoi d’étonnant que le Nain, déjà peu bavard habituellement, gardât le silence le plus obstiné ?

Mais s’il ne parlait pas, ses mains parlaient pour lui. Elles volaient sur le métal, à la fois grossières et gracieuses, puissantes et précises, toujours nimbées de la magie Terra. Elles ne faisaient pas que sculpter le métal. Elles lui conféraient ce poli mystérieux des objets qu’on a façonné, qu’on a soigné, qu’on a aimé….

Et puis, au bout d’un long moment, ce fut terminé.

Ou presque. Rork déposa finalement ses instruments sur la table, fixant intensément la lame encore luisante de magie. L’arme de Syygillum avait à peine changé. Plus épaisse peut-être, à peine. Son éclat chatoyant était le même, et nul n’aurait pu deviner la force nouvelle qu’elle allait abriter… Rork s’étira, se versa une nouvelle chope de bière et resservit Emezaël au passage. Après un vigoureux grattage de barbe, il grimaça un sourire.

« Hrmph. ‘sra bientôt prête. »

Seules trois choses au monde qui pouvaient pousser Rork à finir une bière en vitesse au lieu de prendre son temps. La première était la diarrhée. La deuxième, Mélody Huit-Lunes en colère. Et la troisième, être en plein milieu d’un travail passionnant. Le contenu de la chope fut aspiré aussi efficacement qu’un évier, et le Nain se remit aussitôt au travail. Ou plus exactement, il se mit à la recherche de quelque chose dans son sac, puis parut se souvenir de quelque chose.

« J’lai émoussée. Avant d’l’aiguiser d’nouveau, faut l’habituer à ta magie. C’pas obligé mais elle s’ra bien plus facile à utiliser. Prends la lame à deux mains, ‘elle coupe plus. Et laisse ta magie y courir. Force pas. Laisse-la juste flotter dans l’métal, d’accord ? J’vais m’occuper d’la poignée, .. enfin, quand j’aurai trouvé c’foutu fils de nansraré d’caillou d’mes deux ! »


Mais le juron était dépourvu de colère. Déjà, Rork avait replongé la tête toute entière dans son coffre, en balançant par-dessus son épaule tout ce qui n’était pas ce qu’il cherchait. Avant qu’il ne trouve ce qu’il cherchait, on put ainsi voir voler successivement dans la pièce un rouleau de corde, une fiole marquée "acide", deux pommes, une écaille de Viouvre, un caleçon, une lamépine, une sculpture de roi elfe, six pièces d’or, un peigne à barbe, une pépite de mithril pur, le Guide d’Elament par M.A. Archael, une pioche, quelques feuilles de menthe, une boucle d’oreille, trois oignons, un débouche-toilettes à usage pneumatique pour aera, un rubis brillant, une brosse à dents, un parchemin couvert de formules, la moitié d’un pantalon, des dents de Dedroo, un flacon lumineux, des miettes, une lunette astronomique, un canard vivant (qui fait coin), trois lingots d’or, du savon, deux poignards et un saucisson.

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MessageMar 17 Aoû 2010 - 22:42

Maintenant qu’Oedrek était partit, Emezaël put enfin observer attentivement le travail de l’Enchanteur alors que celui-ci traçait magiquement des milliers de petits symboles tels que ceux qu’il avait dessiné. Même si l’artisanat n’intéressait pas ou du moins très peu l’Ange, le travail de Rork avait de quoi impressionner et il devait l’admettre. Lorsqu’il en vint à refermer la lame, le stress s’empara de nouveau de l’épéiste au point qu’il s’en rongeait les ongles, mais, comme on peut s’y attendre, tout se déroula très bien. Et le résultat! L’épée n’avait presque pas changé et il n’y avait aucune différence notable. C’était un travail de pro. Non, en fait, dire que c’était un travail de pro n’était en fait qu’un euphémisme. L’expression correcte était que c’était le travail d’une personne depuis longtemps passée maître dans ce genre d’opération délicate.

Puis l’Enchanteur lui tendit sa lame. Émoussée, ça elle l’était! Elle ne coupait même plus! Avec ça, tout ce qu’on aurait pu faire, c’est fracasser des crânes. Sans un mot, Emezaël la prit entre ses mains en écoutant le Nain. Dès que la lame entra en contact avec sa paume, une étrange impression s’empara de l’aera. Cette épée résonnait avec son âme. Sans qu’il ait à se concentrer le moins du monde, son pouvoir parcouru ses bras en une pulsion qu’il ne contrôlait pas. En s’infiltrant dans la lame, la magie créa une douce lumière blanche qui prit quelques instants à disparaître. L’épée avait reconnu son manieur. C’était comme si Emezaël venait de lui donner vie.

Cette épée devait absolument être nommée! Cette idée obsessionnelle prit le dessus sur tout. Tenant toujours son arme incomplète à deux mains, il s’assit sur une pierre et commença à réfléchir sans porter attention à ce qui se passait autour de lui. L’idée venait à peine de germer dans son esprit que toute sorte de noms se chevauchaient dans ses pensées. Emezaël n’arrivait pas à trouver un nom qui convienne et il resta ainsi pendant plusieurs longues minutes.

Finalement, un nom parfaitement approprié prit forme: « Loup-Des-Cieux ». Le loup protège les membres de sa meute. Le loup ne mord que pour se défendre ou pour nourrir les siens. Ses crocs transpercent la chair et la déchirent. Dans le ciel circule l’air nécessaire à toute vie. Dans cet air se crée les courants aériens de vent. Ce vent peut se montrer destructeur et donner naissance à une tempête qui rase tout sur son passage.

« Cette lame se doit d’avoir un nom, n’est-ce pas? Ainsi, elle s’appellera Loup-Des-Cieux. »

Dès qu’il eut prononcé son nom, la lame réagit de nouveau en diffusant encore une fois sa lumière d’un blanc immaculé. Ce nom, Emezaël ne l’avait pas inventé. Au contraire, il l’avait deviné et la lame y avait répondu, confirmant que ce nom était le sien et se liant encore plus avec son manieur.

L’Ange déchu observa encore une fois très attentivement chaque détail de la lame avant de la ramener à Rork. Par la suite, il la remit de nouveau entre les mains de l’Enchanteur.
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Rork Baruk
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MessageDim 19 Sep 2010 - 17:36

« Loup-des-Cieux, hein ! » grogna le Nain du fond de sa malle. « Si tu veux. Ha ! J’lai. »

Rork ressortit de ses fouilles archéologiques juste à temps pour voir la lueur qui avait nimbé Emezaël et l’épée pendant quelques instants. Bien. Le lien avec le possesseur étant fait, il ne restait plus qu’à ajouter à l’arme un réservoir capable de stocker une bonne quantité de magie. Et par chance, il avait exactement ce qu’il fallait sous la main. S’approchant du jeune Ange, il ouvrit la paume.


Au milieu de la grosse patte calleuse, brillait un étrange joyau. De la taille d’un œuf de pigeon, il n’avait rien à voir avec les cristaux colorés de Rork. Taillé en facettes rondes comme un diamant, laiteux comme une perle, parcouru d’irisations comme une opale, il réunissait la beauté de ces trois pierres précieuses.

Le Zéphyrin. Il était en possession de Rork depuis la Bataille de la Cité – l’un des trésors d’Elament qu’il avait réussi à sauver. Quand il avait, par un procédé connu de lui seul, « transféré » son Atelier, ses biens (et quelques Habitants au passage) sur l’Ile qui leur donnait à présent asile. Juste avant de refermer une fois pour toute la porte de son ancien atelier, il s’était précipité à l’Ecole, et avait rassemblé tout ce qu’il avait pu comme artefacts. Les livres et les trésors étaient ce qu’il y avait de plus précieux à Elament – ce que les Démons convoitaient le plus. Il ne pouvait déjà plus sauver la Bibliothèque, dont l’entrée était déjà conquise. Mais il avait réussi à emporter avec lui la plupart des objets ensorcelés gardés à l’Ecole. Avec un peu de satisfaction, il devait l’admettre, en songeant à la fureur des Démons une fois qu’ils auraient forcé les portes des Salles aux Trésors.

Pensif, le Nain fit tourner le cristal à facettes entre ses paumes. Le bijou, créé pour doter d’ailes quiconque le tenait dans sa paume, avait perdu ce pouvoir à la mort de celui qui l’avait créé. Archael … Rork l’avait très peu connu. Pourtant, le Zéphyrin restait l’un des plus beaux travaux qu’il n’ait jamais vu. Il s’était demandé qu’en faire. Il avait rendu la plupart des objets de l’Ecole à Ruby et son état-major, mais … il avait préféré « oublier » celui-ci au fond d’un coffre. Bien qu’il se donne beaucoup de mal pour avoir l’air d’un Nain rustre et borné, l’Enchanteur est assez fin pour remarquer que quand quelque chose ou quelqu’un évoque feu Archael devant Ruby, la température baisse de plusieurs degrés. Littéralement.

Non … il ne rendrait pas le Zéphyrin à la jeune femme. Mieux valait qu’il continue de vivre, ce bijou scintillant, de tisser le vent, enchâssé dans l’épée d’un autre Ange, d’un autre Aera. On disait qu’autrefois, Archael s’était lié d’amitié avec des animaux volant tout en haut du ciel. A son tour, Emezaël avait pris soin d’un petit frère des cieux, gagnant sa confiance avec le même naturel que le professeur défunt. Peut-être ses deux-là se ressemblaient-ils un peu, sur le fond. Il parierait là-dessus.

« C’t’e bijou-là » raconta Rork à mi-voix, « c’est l’Zéphyrin. L’appartenait à un professeur, un Trône - Archael, qu’y s’app’lait. Les Aeras l’aimaient bien, y paraît. L’est mort pendant la guerre. Il est enterré dans les Collines Devëlites, près des Montagnes. Y disent qu’l’vent vient toujours tourner autour d’sa tombe, l’soir ... t’iras qu’à vérifier toi-même, ça peut pas faire d’mal à ton épée. Pas plus que d’couper quelques têtes d’Cornus au passage … »

Il n’en dit pas davantage et se remit au travail. Empoignant la poignée, il y présenta le globe de lumière à son extrémité, et tendit son esprit à travers le métal. Comme s’il était vivant, celui-ci s’anima à nouveau, créant une résille de Sygillum à la fois élégante et solide, qui englobait et maintenait le cristal, en faisant un pommeau. Il équilibra soigneusement le poids, puis déposa une dernière fois l’épée sur la table. Empoignant une loupe et son outil en forme de pointe, il entreprit de graver un minuscule et ultime symbole, à l’extrémité du pommeau. Un R en caractères runiques, si délicatement ouvragé qu’il était presque invisible à l’œil nu.
bug
Chaque ensorceleur laissait, au creux de chacune de ses œuvres, un minuscule signe permettant d’identifier celui qui lui avait donné – ou redonné – naissance…

Cela fait, il souleva l’épée et fit signe à Emezaël de le suivre à l’extérieur. Sur le seuil de la petite caverne, il tendit l’épée droite vers le soleil, en fermant un œil, pour en examiner le fil avec attention. La dernière opération, l’aiguisage par magie, n’était pas si délicate en soi, mais elle révélait si le travail avait été bien fait. S’il avait été bâclé, la décharge de magie ferait exploser la lame en éclats. Il fit signe au jeune Ange de rester à distance. Autant que il soit le seul à pâtir de son erreur, si erreur il y avait. Agrippant fermement l’arme dans sa main, il concentra la magie de Terra et la relâcha violemment le long du fil.

Il y eut un son assez semblable au bruit d’un verre que l’on fait vibrer, et quelques poussières de Sygillum s’envolèrent au vent. Prudemment, Rork envoya une pichenette sur le métal, et la lame d’acier résonna joyeusement, pure et sonore. Les propriétés du métal elfique et l’extraordinaire tranchant qu’il venait de lui donner lui rendaient le son qui valait la réputation de « lames chantantes » aux épées des Avariels.

Après plusieurs heures d’effort, leur travail à tous deux venait de se terminer. Les yeux de Rork pétillaient littéralement, quand il rendit Loup-des-Cieux, enfin achevée, à son propriétaire. Mais comme d’habitude, il dissimula sa fierté sous une épaisse couche de grognements.

« Voilà. T’as intérêt à la porter à nu ! Ou de d’mander à un des forgerons de la Cité d’te fabriquer un fourreau à lanières. Elle t’découperait un fourreau normal en morceaux. Et à présent file. T’as des démons à découper et un paiement à m’rapporter, l’jeune ! »


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MessageLun 20 Sep 2010 - 2:58

C’était donc cela que Rork cherchait avec tant d’ardeur depuis de longues minutes.

Ce Zéphyrin.

Cette étrange pierre.

Emezaël n’arrivait pas à en détourner son regard.

Elle lui donnait le vertige.

*Le vertige?* s’étonna-t-il. *Comment moi, un Ange, qui suis né avec des ailes dans le dos, je peux avoir le vertige?* Cette chose avait un grand pouvoir. Ce n’était pas une gemme quelconque. Finalement, non sans difficulté, Emezaël en détacha ses yeux au regard d’acier, de l’air d’un homme sortant d’une transe profonde. Puis il la regarda à nouveau. Il voulait tant la toucher, la tenir entre ses mains, sentir sa douce froideur contre ses paumes. Mais il se retint tel un enfant devant une sucrerie trop chère. Rork n’en avait pas encore fini avec cette gemme. Rork devait la fixer sur son épée. Mieux valait ne pas l’importuner.

Et ensuite, elle lui appartiendrait.

Intrigué par cet Archael dont le Nain lui parlait, l’Ange se promit à lui-même d’aller honorer sa tombe, pas seulement par curiosité, mais aussi par respect. Il voulait le remercier pour cet héritage qu’il lui laissait. La bataille d’Elament avait, dit-on, été excessivement violente. Emezaël n’y avait pas prit part. Il était arrivé dans la Cité au moment où les habitants déchirés tentaient avec peine de reconstruire ce qui avait été détruit. Et ce n’était pas simple. Il avait vu, dans les yeux tristes des enfants cherchant leur mère, leur père ou même leur frère ou leur sœur aînée, la désolation totale. Il y voyait des tas de cicatrices brûlantes qui ne voulaient pas se refermer. Archael devait lui aussi manquer à quelqu’un. Un jour, qui que ce soit, il trouverait cette personne, qui qu’elle soit, et lui prouverait que ce héro n’était pas parti sans rien laisser derrière.

Emezaël fut tiré de ses rêveries par le tintement d’une lame.

Sa lame.

Jamais celle-ci n’avait produit un son aussi pur, aussi clair. C’était littéralement comme un chant divin.

Le chant divin de la prochaine Grande Faucheuse; le chant divin de Loup-des-Cieux.

Puis la lame s’arrêta de tinter, mais le son resta là, quelque part dans l’esprit d’un jeune Ange déchu et égaré, à faire entendre son air étrangement bienfaisant.

Ensuite, respectueusement, Emezaël reprit son arme des mains de Rork, qui la lui tendait, et s’exclama, d’un ton un peu trop amical à son goût :

« Je te revaudrai ça, Enchanteur. J’irai transmettre tes salutations à Archael, j’en fais une promesse. Tout comme tu peux dormir sur tes deux oreilles alors que je t’affirme que je te ramènerai ces Larmes de Sang. Tant qu’à y être, aussi bien faire d’une pierre, d’un coup, n’est-ce pas? Quant à ce fourreau, ne vous en faites pas. (Il se retourna et souleva sa cape.) Comme vous pouvez le voir, j’utilise un système d’attaches mécanique. Je n’ai qu’à y glisser la lame et exercer une pression (ce qu’il fit) pour que ces griffes de métal l’agrippent en douceur. C’est solide et le seul moyen de les rouvrir est de tirer le pommeau légèrement vers le haut. »

Emezaël fit mine de partir, mais se retourna une dernière fois à la sortie de la grotte.

« Merci pour tout. Sache que c’est la première fois que je dis au revoir à quelqu’un avec la certitude de revoir cette personne. Ça fait étrange. Pas comme les chaînes d’entrave que je m’étais imaginé… »

Il sourit, puis tendit le bras, où Oedrek se posa. Il lui adressa quelques paroles et l’oiseau s’envola à nouveau.

« Je lui ai demandé de trouver la tombe d’Archael. Il m’avertira lorsque ce sera fait et je partirai. À la prochaine, Rork Baruk, Enchanteur d’Elament. »

D’un bon, Emezaël sauta de la falaise dans laquelle était nichée la caverne. Pour un Ange qui a perdu ses ailes, descendre est plus facile que monter, admettons-le. Surtout pour un Aera. La chute ne le blesserait pas; il l’amortirait… enfin, du mieux qu’il le pourrait. Et après tout, les branches d’arbre amortiraient sa chute. Il se prit à réaliser qu’il était lui-même bien trop insouciant, mais chassa cette idée dans un coin de son esprit.


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» En toute chose il faut considérer la fin [pv Sasha]
» À toute chose malheur est bon [pv Harry :3]
» [Cycle Échos de la Force] Paquet de Force 5 : La Force Lie toute Chose - It Binds all Things