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 Renaissance

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Svada Nir
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MessageVen 20 Aoû 2010 - 23:06

" Rien d'officiel. Ceux qui sont avides de vengeance réclament sa tête... mais la décision revient à la Matriarche. "

L'hybride cala ses pattes de chaque côté de l'embarcation de bois. Solidement ancrée, elle attrapa la longue rame, qui lui permettait, malgré sa taille, de pagayer aisément. Elle enfonça la rame dans le sable derrière elle, poussant ainsi de toutes ses forces afin de se retrouver à l'eau. Bois contre sable, ça crissait et ça éraillait, le fond de la barque effleurant encore le sable de la plage sur quelques mètres. La rame touchait encore du mou, alors il fallait pousser avec force. Même sans y voir, cette partie là était simple. Tant qu'elle avait encore une accroche solide... puis vint le moment du vide. Pas encore le grand bleu. Mais même en se penchant, la rame ne s'enfonçait plus dans le sable. Doute. Que faire ? Où aller ? Quel mouvement ? La terre est-elle là-haut ? Ou là-bas ? Le courant des Dents, si dangereux, est-il proche déjà ? Et le tourbillon noir ? Par où fallait-il passer pour l'éviter ? Dans quel ordre ? Où ? Comment ? Les questions commencèrent à l'inonder, elle donna un coup de rame à sa droite, avançant sans être sûre. Mais la phrase de Lysias la fait sourire. Ils sont deux à douter. Deux. Douter, c'est savoir. Deuxième coup de rame, tout aussi incertain. Ce n'est que le début, rien de dangereux avec plusieurs longueurs. Rien.

" ... " Bizarrement, elle ne sait pas quoi dire. Il doute avec elle, il est aveugle avec elle. Pour ce passage. Il veut l'aider. Il l'a déjà fait. Alors elle garde son sourire. Dans leur noirceur commune, artifice ou fatidique, ce sourire est invisible, éphémère et inutile. Mais il est évident. Ce sourire, on sent qu'elle l'a, sans le voir. Pour un mot, sur un ton. Un simple mot. " Merci de douter avec moi, je ferai... mon possible pour arriver là haut. "

Encore un coup dans l'eau. Des embruns salés montent jusqu'à eux, rafraichissant. Le bruit des vagues, dans ce silence, est à la fois apaisant et inquiétant. Pas un oiseau des mers ne vient chercher son poisson, pas un animal marin ne vient guigner à la surface. Ses coups sont toujours incertains, et ils s'éloignent de plus en plus du rivage rassurant pour s'enfoncer dans des mers sauvages et indomptables. Pour...

" Le Soleil aura parcouru une bonne partie de son chemin quand nous arriverons sur le continent. Puis, une fois à la Forteresse, la Lune aura déjà commencé sa propre course. "

Elle tremble un peu, raffermit sa prise, ses doigts gigotent sur le bois de bouleau. L'araignée se sent vulnérable sur cette barque, sur la mer, dans le noir. Noir. Puis soudain, sur sa rame, elle sent une pression. Déjà-vue. Elle donne un coup ferme dans l'eau et la barque se déplace vigoureusement, un peu brutalement. C'était... un geste habituel. Elle se souvenait. Technique pour éviter un courant contraire. Elle a du mal à croire qu'elle se souvenait de cette pression. C'est un hasard. Oui, simple coup de chance. Surtout que l'impression de silence pesant revient au galop... Accompagné d'un vent froid et circulaire, qui lui hérisse les poils. D'instinct, elle sort les crocs noirs. Oui, il y a quelque chose de mauvais dans l'air. De lourd... Est-ce qu'on ramènerait un démon sur l'île ?

" ... Je ne sais pas. Si la Dame le veux, on le fera. " Une pensée lui vint, souvenir d'autres informations. " Mais tu sais, il y a déjà un démon sur l'île. Apparemment, c'est un traitre. Alors on l'a laissé vivre ici en échange de son savoir. Je crois, enfin, c'est ce qu'on dit. " Son ton se fit étrangement rassurant, comme si elle voulait l'apaiser lui. Mais que diable ? " Il est toujours possible pour les démons de ne pas se faire tuer ici tu vois. Peut-être qu'on arrivera à récupérer cette succube, qui sait ? "

Bien sûr. Elle n'y croyait pas. Personne n'y croyait. D'autant plus qu'à ce qu'il parait, on en avait rien tiré. Rien, il n'y avait pour l'instant aucune information supplémentaire à sa connaissance sur les démons nous venant de la Forteresse. Mais l'impression mauvaise revint encore une fois. Plus forte. Le vent aussi, était plus fort. Sa mémoire lui cria tempête. Et les premières vagues vinrent taper contre la barque, la faisant tanguer encore doucement. Elle sortit à nouveau ses crocs dans un bruit de défi à ces éléments sans maitres. Ses pattes s'agitèrent et elle raffermit sa prise, contractant ses muscles. Elle donnait des coups plus vifs et plus puissants, pour se mettre au rythme de la mer assez folle pour presque retourner l'embarcation. Elle lâcha, entre deux efforts :

" Ce n'est ... rien ! Juste du mauvais temps, on peut en sortir bientôt. Je crois. "

Elle ne voyait pas. Les nuages noirs s'amoncelant, les vagues grandissant, l'orage menaçant. Elle entendit. Le tonnerre gronder, le rugissement des flots sur la coque, la force des fonds sur ses bras. C'était douloureux, et elle n'était pas sûre de faire les bons choix. Elle ne voyait pas les vagues arriver. Il fallait sentir le courant sous elle, contre la rame, contre ses bras. Trouver d'où viendrait le prochain impact. Et l'éviter. Vite. C'était difficile. Et ce fut in extremis souvent, qu'elle empêcha la barque de chavirer. La première fois, elle cria, par dessus les vents violents :

" Cramponne toi Lysias, au fond de la barque ! Là, essaie de ne pas tomber ! "

C'était facile à dire me direz vous, mais elle n'avait pas trop réfléchi sur le coup. Alors essaie de ne pas tomber hein. Parce qu'en plus, la pluie commence à tomber. Battante. Flèches d'eau sur la peau. Mais le bateau chavire moins. Svada commence à retrouver des marques. Des habitudes qui, par l'usure du temps, l'avaient quittée. Elle se souvient, et elle sent. Comment éviter cette vague qui arrive à sa droite. Comment éviter ce récif malgré le courant qui l'y emmène. Le voyage n'est pas de tout repos, et pour une première fois à l'aveugle, c'est plus une épreuve du feu qu'autre chose. Mais c'est bien en forgeant qu'on devient forgeron, alors c'est en naviguant dans la tempête, que l'aveugle retrouvera ses passagers.

Et sans voir le ciel, difficile de dire combien de temps dura ce temps de tempête. Difficile de dire quel chemin ils ont parcouru ainsi. Mais pourtant à un moment, la pluie cessa, et le mer se calma. Svada avait bien faillit tomber plusieurs fois, Lysias aussi. Mais ils étaient saufs pour le moment. Et trempés. La Passeuse détestait être mouillée. Elle s'ébroua. Elle n'était pas sûre de l'endroit où ils étaient. Elle sentait où elle devait aller. Mais il restait du chemin à parcourir. Enfin, Svada souffla un coup et relâcha sa prise, tremblante. Elle avait eu peur, vraiment. De se perdre, de se noyer, d'y rester. D'avoir entrainé Lysias dans un voyage sans arrivée. Mais alors qu'elle s'apprêtait à parler, un bruit aquatique attira son attention. Là-bas, à l'Est, il y avait quelque chose... dans l'eau. pas loin. Sa suspicion laissa place à la surprise puis à un calme plat lorsqu'elle entendit un rassurant hennissement.
Des Licornes Aquatiques, créatures d'Aqua, les accompagnaient.

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Lysias
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MessageDim 5 Sep 2010 - 12:59

Lysias a serré le rebord de la barque et c’est le visage face aux coups de rafales que le périple a commencé.Pourtant c’est avec un fond de pensée sombre que le nymphe quitte le rivage, la pensée de savoir un démon à bord de l’ile. Pourquoi. Suspicion, scepticisme. Les démons sont des traitres entre eux alors une telle présence sur l’île… pour Lysias, c’est trop tôt. Beaucoup trop.

Et trop tôt également pour que le temps se gâte ainsi.
Lysias sera-t-il un jour capable de se rappeler les violents remous d’une mer déchaînée, celle se sentir balloté d’un coin à l’autre de la barque, d’être aspiré quelque part dans les entrailles de la Mer. L’eau. L’eau telle qu’il craindra toujours au fond, élément qu’il perçoit comme étant tellement incertain. Oui, il aura crié, hurlé que ce soit de peur ou pour tenter de communiquer un tant soit peu avec la Passeuse, qui malgré les obstacles tente de rester digne, fier, debout sur ses pattes fines arachnéennes. Même quand la pluie gifle leur visage de ses larmes, pluie sinueusement mêlée au vent. Ô traitres d’éléments, au combien si peu fiable.

Mais Lysias est le passager, et Passager il veut le rester jusqu’au bout.
Trop obstiné pour pouvoir en perdre le fil. Parce qu’au final, il y a tant à perdre. Alors si il peu en préserver un tant soit peu… préserver quoi, il ne le sait pas. Tant d’ignorance pour de si grandes destinées. Le nymphe n’aura pas vu les vagues cogner entre elles, menaçant de les entraîner dans une danse endiablée. Non il n’aura pas pu estimer la distance parcourue depuis l’île, mais les sensations perçues durant le trajet auront été d’autant plus accrues. Violentes.

-

Et pourtant, lui, frêle nymphe têtu, il l’a traversé. Le Passage. Ils l’ont traversé, ils l’ont fait.
Oui, elle l’a fait.

A bout de souffle, éreintés par tant d’énergie mobilisée, un calme plat les surprend soudain, mur de silence qui tombe trop brutalement. Incapable de prononcer un mot, ni l’un ni l’autre ne brise cet instant qui précède le soulagement, poids trop lourd retirés sur de fragiles épaules. Même silence qui précède juste les larmes, celles d’un apaisement inattendu. Lysias s’apprête à se redresser pour tenter d’émerger de cette soudaine torpeur lorsqu’un cri se fait entendre vers là bas. Et le silence de Svada ne jure rien de bon.

Qu’est-ce.

Combien de surprises encore leur réserve la Mer.

Hennissement qui se rapproche.
Aveugle sur la mer s’avère être pire que sur la terre. Ici, il n’y a ni onde de mouvement dans les airs, ni sur le sol. Se relevant lentement à tâtons, Lysias a tenté un pas vers l’Hybride, qui à elle seule reste son seul point de repère. Le seul élément à être resté stable, depuis… toujours ?

-…Svada ?

Une chose approche. Quelque chose, mais quoi.

Une main tendue, ses doigts se crispent sur le bandeau qui voile ses yeux. Prêt à le retirer en cas de nécessité.
Parce que quoiqu’il arrive, il n’est pas question de stagner ici.
Oreilles tendues. Nouvelle vague d’adrénaline prête à se répandre dans ses veines.

-Svada.

La rive de leur destination. Est-ce qu’elle est pour bientôt.
Les choses qui arrivent vers nous. Que sont elles, ces créatures marines d’une Mer, qui jusqu’ici s’est avérée si hostile. A ce moment, Lysias ne peut comprendre comment on peut vouloir risquer tous les jours sa vie en traversant à toute heure le Passage.

Trop de raisons, trop d’enjeux, comme toujours.

-Tu as réussi, tu l'as passé.

Mais il aimerait simplement fermer les yeux, juste un instant.


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Svada Nir
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MessageMar 7 Sep 2010 - 9:17

Discret appel.
Svada...

Répondre au noir, à travers la nuit, à un appel sans le voir. Mais l'hybride, l'araignée, qui a normalement, l'eau en horreur, reste stoïque. Elle entend passer les créatures d'Aqua, sans les voir. Insecte apeurée à la vue d'un animal imposant, la Passeuse ne cille pas (de toute façon, elle en est bien incapable). Cependant, au second appel, elle sent non de la peur ou du doute, mais une certain appréhension du Nymphe. Lui qui l'a accompagnée depuis son aveuglement, voir avant. Le calme est là, quelque vaguelette abandonnée par les mammifères marins vient heurter la barque, mais sinon, tout est plat. On peut presque déjà palper une terre aujourd'hui autant connue que mystérieuse. Comme au premier jour. Comme à l'aube des siècles. Doucement, Svada se penche en avant, et pose sa main sur l'épaule de son passager. Rassurant, apaisant. Mais en a-t-il besoin ? Où bien se rassure-t-elle elle-même ?

Le contact ne dura pas, une hybride incapable de se lier ne reste pas plantée là, une main sur l'épaule d'un autre. Non, par principe déjà. Elle la retira, et reprit sa posture de navigation, si impropre à sa race. Sans réfléchir, elle pointa sa face vers la rive. Instinct ? Réflexe ? Qui pourrait le dire ? Elle-même n'était sûre de rien, encore moins de leur destination. Jamais, vraiment, elle ne pouvait assurer à ses passagers un voyage sûr. Toujours bien sûr, elle devait s'attendre. A quoi ? Tempête, guet-apens, démoniaques pièges... Au final, ce qu'elle faisait était dangereux, désagréable au possible, et elle n'avait aucune notion de noblesse pour en tirer une quelconque fierté. Non. Elle aimait faire ça... Elle le sentait, mais c'était tout. Rien d'autre vraiment, le forçait à conduire les passagers de l'Île à la Forteresse, de la Forteresse à l'Île. Si jamais sa vie était trop en danger, elle n'hésiterait pas à fuir, petite araignée sans fidélité aucune. Peut-être, certains seraient déçus. Mais avant tout, avant d'être Svada la Passeuse, ou Svada la Terra, elle était une simple araignée. Petit insecte, qui ne se confiait entièrement qu'à son propre instinct de survie. Maintenant plus que jamais, depuis sa cécité.

Elle lâcha, ironiquement, sans animosité aucune :


" Tu doutais donc de Svada la Passeuse ? Tss petit nymphe insolent... "

Et maintenant ? Il fallait avancer pour finir cette traversée, ce passage. Ce renouveau. A travers les eaux profondes et salées, les embruns dans la figure et le vent sur le corps. Resserrant sa prise, tendue comme un arc, l'hybride abattit la rame dans l'eau, écoutant partir les licornes vers l'horizon. Les rives... les falaises de Felt, elles étaient de l'autre côté. Pas si loin, pas si près. Autre coup de rame, succédant au précédent, encore et encore. Dans une avancée simple, ni pressée ni ralentie. On y serait bientôt. Oui, car si leurs yeux ils pouvaient ouvrir... ils verraient, la bande de terre haute qui leur faisait face. A la place, ils peuvent sentir le vent sec du continent, les senteurs du sol. Bientôt, ils pourront mettre les pattes et pieds sur une terre dure. Enfin. Mais rien ne serait encore fini. Pour lui comme pour elle.

Renaissance

Elle toucha le fond avec sa rame. Des rocs sous marins. Elle sut donc qu'il ne restait que quelques battements avant d'accoster. Et oui, encore, elle heurta la roche dans un bruit dur : bois contre pierre, crissement amorti par l'onde. Svada sortit ses pattes ankylosées de la barque, les remua un peu, et les posa sur les appuis qu'elle avait senti avec son pouvoir. Elle amena l'embarcation pour la coincer et la cacher, à l'orée d'une plage de sable caillouteux, au pied des Falaises. Elle posa la pagaie au fond de ce navire de fortune et s'éloigna en faisant signe à Lysias de sortir. Signe qu'elle accompagna, exceptionnellement d'une parole.

" Le plus dur est fait. Mais à partir d'ici, nous sommes tributaires de nos lignes de défense. Rien ne dit que nous ne tomberons pas sur des démons. " Elle commença à avancer vers un petit sentier qui montait en haut des Falaises, afin de rejoindre la forêt. Cependant, se rendant compte que ce qu'elle disait n'avait rien de rassurant, elle ajouta, un sourire en coin aux lèvres : " Mais n'aie crainte, je ne laisse pas mes passagers se faire attraper si facilement... "

Ah ça, il ne manquerait plus que ça. Pour ses pattes d'arachnides, c'était un jeu d'enfant d'escalader ce chemin escarpé. Elle faisait quelques haltes pour attendre Lysias. Elle repensait au paysage qu'elle regardait si peu ici... A chaque passage, elle avait méprisé tout ces endroits. Juste des falaises et des prairies, et des forêts... Rien de bien intéressants. Mais maintenant qu'elle ne voyait plus l'horizon, avec les montagnes au loin, ni même, si le ciel était dégagé, les tours du Palais des Feux... Tout cela lui manquait, aussi étrange que cela pouvait paraitre. Un pincement au cœur la prit, et elle préféra garder le regard fixé vers ses sensations nouvelles, qu'elle tentait d'assimiler à ses souvenirs. Les odeurs, les bruissements... le sol ici, l'arbre là-bas. Le sol tapait sur elle, et il semblait différent de celui de l'Île, plus lourd et pesant. Moins doux. Même l'astre du jour devenait menaçant ?

A un endroit précis, l'araignée s'arrêta, et tourna son regard vide vers la Cité. Comment savait-elle dans quelle direction regarder ? Intuition venue d'ailleurs, ou sixième sens, elle ne savait pas. Elle sentait que les démons étaient par là. Que leur ancien nid était là-haut. A peine quelques secondes, elle resta stoïque. Puis elle reprit le chemin. La forêt devant eux. Elle connaissait la route, elle en était certaine. Elle pouvait se fier à elle-même maintenant.

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Lysias
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MessageLun 20 Sep 2010 - 16:44

Que l’insolence l’emporte alors.
Comment ne pas douter, même en faisant croire que ce n’est pas le cas, quand plus rien dans cet environnement hostile semble être certitude. Quand la nature n’offre plus rien contre quoi s’appuyer, contre quoi se raccrocher. Alors oui, Lysias a douté, un peu de tout et peut être de trop de choses, et c’est une chose qu’il continue de faire. Malgré tout, malgré son vieil air narquois sur le visage qui donne cette vilaine impression de se moquer royalement du monde. Mais la main, rassurante s’est posée un instant sur son épaule, simple et modeste geste qui ne vaut aucun mot supplémentaire, simple geste qui rappelle un nymphe terrifié à l’ordre.

Qui a donc commencé cette quête, quête qui paraît tellement trop absurde parfois.
Et quête qui ramène Lysias sur la terre des Démons.

Démons…
Au fond, Lysias doit avoir un démon dans l’esprit pour vouloir remettre les pieds ici.
Regagnant les terres hostiles, le nymphe a pilé un moment, derrière les traces de l’hybride.

-Comment ça « nous » ? Tu ne comptes tout de même pas faire Passeuse ici aussi ! s’est exclamé Lysias, d’un ton outragé. -Et tu penses vraiment que je vais me faire attraper !

Comme si elle n’avait pas prit assez de risques.
Comme si Svada n’en n’avait pas déjà fait assez en lui faisant traverser le Passage.

Je suis un nymphe plein de ressources, aurait-il eu l’audace de clamer.
De clamer en d’autres conditions. Pour autant, Lysias n’a rien rajouté, parce que tous deux savent parfaitement qu’une excursion sur ces terres n’est pas partie de plaisir. Mais partagé entre le sentiment de vouloir tout faire tout seul, mener à bout ce qu’il a entreprit de faire sans l’aide de quiconque, et cette vieille peur qui somnole encore en lui… Oui, la lâcheté fait partie des traits de Lysias.

Parce qu’il faut vivre s’il veut pouvoir continuer.
Et que pour vivre, il n’a qu’une vie à préserver ; la sienne.

Au final, peut être qu’il détient la réponse à une de ses propres questions ; parce qu’en fin de compte, c’est sa peau avant celle des autres. En cette pensée, le nymphe rester persuadé que Svada fera le nécessaire pour rester en vie au détriment d’une autre, si besoin est. Et aussi lugubre que cela puisse paraître, c’est une chose qui rassure le jeune homme. Car, malgré toute la bonne volonté de cette dernière, Lysias n’est pas bien sûr, lui, de pouvoir protéger une vie supplémentaire en cas de danger.

Protéger une autre vie, tout en sachant la sienne en perpétuel déséquilibre, menaçant de vaciller d’un instant à l’autre.

-Si… Hm. S’il nous arrive quelque chose, que ce soit à moi ou à toi. Fais ce que tu as à faire.

Bien qu’avertissement inutile, Lysias a finit par le dire, lorsque leur marche a reprit après la brève trêve de Svada. Vis. Je compte sur toi.

Contrairement à l’Hybride, le nymphe est incapable d’imaginer une Elament leur ayant appartenu, il fut un temps, pas si lointain que ça. Non, à la place, ce qu’il perçoit, n’est que cette aura menaçante et dépourvue de chaleur que dégage la magie démoniaque. Magie pesante dont est imprégnée toute cette forêt.

Evitant de trébucher sur une racine haute, l’aera a finit par retirer le voile de ses yeux, incapable d’avancer davantage en ces lieux trop obscures. Non de par la couleur sombre qui harmonise les tons vers le noir, mais de par cette atmosphère étouffante obligeant les sens à rester en alerte à tout moment. Et lorsque ses yeux ont fini par s’adapter au retour brutal de leur fonction, Lysias s’est dit que jamais, la forêt ne lui a parut plus noir qu’a cet instant.



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Svada Nir
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MessageMar 21 Sep 2010 - 20:24

" Tu crois peut-être que j'abandonne mes passagers ici ? Tu vas m'avoir sur le dos jusqu'à l'intérieur de la Forteresse... Car même trouver l'entrée, ce qui relève du miracle, ne suffit pas. C'est un véritable dédale... et piégé en plus. " Elle avançait toujours, à l'instinct, au gré des sensations. Un sourire presque narquois naquit sur son visage : " Et tu cours assez vite pour que je ne m'inquiète pas trop. "

Alors oui, Svada considérait sa vie bien avant celle des autres. Se sacrifier n'avait aucune valeur pour elle, créature à l'existence trop courte pour être mentionnée dans les méandres du temps. Un grain de poussière. Alors pourquoi ferait-elle don de ses années d'ennuis mortels à d'autres ? Elle préférait de loin arpenter cette terre fatigante, même privée de sa vue, plutôt que de mourir. Même pour quelqu'un de précieux. Loin de la lâcheté, c'est plutôt une lucidité simpliste. Car malgré cela, l'hybride n'a pas hésité à se battre pour Dame Ruby et à protéger les élémentalistes. Tant qu'elle ne courrait aucun danger immédiat bien sûr. Égoïste, ça l'était. Pas que sa vie soit supérieur à celle des autres, juste qu'elle y tenait, à sa peau. C'est tout. L'instinct de survie, sans autre pensée. Pas de dilemme. Juste sa vie, les autres après.

Elle hoche lentement la tête à son conseil. Faire ce qu'elle a à faire, c'est sa ligne de conduite. Parfois pas toujours droite, parfois vraiment mauvaise. Mais elle fait ce qu'elle pense devoir être fait au moins. Comme lorsqu'elle a donné quelques informations à Lysias, alors que tout cela n'était encore que secret de polichinelle. Alors avance, petite araignée, avance le regard droit, qu'il soit dirigé vers la lumière ou les ténèbres, au fond, ça n'a pas d'importance, tant qu'il est libre.


" Tu n'étais pas obligé tu sais. " A-t-elle lâché, au bout d'un certain temps. Ils sont déjà bien avancés, mais on ne peut pas s'arrêter sur le chemin menant à la Forteresse. Aucun lieu n'est sûr. La ligne de front est instable, lui avait-on dit, peut-être même que la voie est prise dedans à présent... Alors l'hybride est sur le qui vive, et marche d'un bon pas. Il ne faut pas traîner. " ... pour les yeux. Tu n'étais pas obligé de te les voiler ainsi. "

Il avait voulu apprendre avec elle. Mais lui, il savait très bien qu'il pouvait toujours retirer le bandeau, retrouver la lumière. Elle n'avait pas cette chance, et au début, elle en avait eu mal aux tripes. La certitude que cette obscurité serait éternelle... dans la mort et même après ? Elle ne savait pas. Le Soleil guidait ses pas, mais à présent, elle pouvait tout aussi bien se repérer avec la brindille par terre. Ce serait du pareil au même. Elle avancerait de la même manière. Et maintenant, à vrai dire, qu'il se voile les yeux ou pas, elle s'en fichait bien, tant qu'il avançait aussi. Chacun avait son histoire et sa voie, guidés par le Soleil, la Nuit ou la brindille par terre. Au fond, ça revenait au même. Tant qu'on avançait...

Brutalement, Svada s'arrêta. Elle tourna à peine la tête vers Lysias, un doigt sur les lèvres, intimant un silence nécessaire. Elle avait entendu un bruit. Mais pas n'importe lequel. Un râle ou elle ne savait quel souffle rauque. Une plainte. Lugubre. Et cet air glacial autour d'air. Une aura démoniaque ? Faible certes. Et puis... ça empestait le sang. Le sang et la chair brûlée à présent. Et ça s'approchait, lentement. L'araignée posa sa main sur un arbre à côté, et, usant de son pouvoir terra, modela un bâton acéré à même le tronc. Arme primitive s'il en était, qu'elle empoigna fermement et brandit vers devant elle. Elle se moquait bien ce que cela pouvait être. L'important était qu'ils puissent passer. Qu'il puisse passer. Soudain, d'un buisson à quelque pas, jaillit, ou plutôt s'étala lamentablement sur le sol, un... truc. Un truc avec des ailes de chauve souris et une queue... ou ce qu'il en restait. La créature, étendue sur le ventre, était salement amochée : se peau était brûlée sur presque toute la surface de son thorax, et sa chair était à vif sur de larges trainées par endroit. Mais malgré tout...

Il était clair que cette loque était un démon, Soquior pour tout dire, aux vus de ses attributs. Il toussait et crachait du sang, face contre terre, les jambes tremblantes et les bras dans une vaine tentative de se redresser. Ces démons ne pensaient qu'à fuir. Svada ne pouvait qu'entendre ses geignements pitoyables et sentir le sang et le démon devant eux. Elle s'approcha à petit pas, et lorsque sa patte heurta la créature, elle le retourna sur le dos. Puis, elle se posta au dessus de lui, une patte sur le cœur. Elle l'écouta, ce cœur. Il battait plus que faiblement. Le démon n'allait pas tarder à rendre l'âme, s'il en avait. Sa présence était de mauvaise augure cependant. Cela signifiait qu'une bataille se déroulait non loin. Et donc que la ligne de front avait bel et bien était enfoncée par ici. Elle garda son bâton en main, et demanda, impérieuse mais sans grand espoir :


" Démon, tu seras mort dans peu de temps. "
Un sourire avait éclairé le visage mutilé du soquior, ses yeux brillèrent un instant. Il le savait sans doute aussi, qu'il allait finir là. " Alors dis moi au moins : où se situe la bataille ? "

L'agonisant émit un gargarisme informe de bave et de sang, sans doute un rire. Moqueur peut-être, elle ne savait trop. Il n'essayait même pas de s'enfuit à présent. De toute façon, il crèverait dans pas longtemps.


" Arg z'avez d'jà eu not' Faux, comme si j'allais laisser des vermines se mett' sur le dos de not' Chaotique. " Svada sentit une substance gluante atterrir sur sa patte, il venait de lui cracher dessus, super... " Rêve, bête de foire ! "

Dans un geste surprenant et inattendu, le démon attrapa vivement le membre inférieur de l'araignée sur son ventre, et un sourire démoniaque aux lèvres, usa de ses dernières forces ... pour s'empaler tout seul. L'hybride n'eut guère le temps de réagir, ne sentant le mouvement, au milieu de toutes les informations qui lui parvenaient, que trop tard. Elle sentit son corps se hérissait à la sensation de chaleur, de moiteur et de glisse quand sa patte pénétra les viscères. C'était répugnant. Vivement, elle retira son membre ensanglanté, et recula de quelques pas, révulsée. Elle était heureuse de ne pas voir ça. D'un geste un brin tremblant, elle utilisa son pouvoir pour ensevelir le corps et le cachait à la vue de tous. Qu'il se fasse donc digérer par les entrailles d'où il vient, le plus profondément possible. L'odeur de sang et de démon était cependant toujours là, de même à présent, que celle d'un corps ouvert et brûlé. C'était à en vomir.

La Passeuse chercha Lysias autour d'elle, et une main devant la bouche et le nez, elle lui fit signe d'avancer. L'endroit était souillé. Elle s'en écarta le plus possible, en gardant en tête qu'il n'était peut-être pas seul et que les autres fuyards n'étaient sans doute pas aussi amochés. L'hybride ravala la nausée qui allait la prendre, et essuya sa patte ensanglantée dans une petite flaque et dans l'herbe. Rapidement. Il devait y avoir des combats non loin, alors il fallait se hâter. Il fallait arriver quand la nuit tomberait.


" Lysias... " elle inspira profondément. Elle était elle-même choquée par ce qu'elle avait senti. Elle espérait que le nymphe ait pu détourner le regard. " ça va aller ? Tu peux continuer ? " Elle lui laissa le temps de se remettre. S'il le désirait, mais elle-même avait besoin de faire taire les battements irréguliers de son cœur. " Des combats doivent avoir lieu non loin. On devrait pouvoir les éviter... mais il faut faire vite pour arriver jusqu'à l'entrée de la Forteresse avant que la lune ne soit au plus haut. "

Car le temps passait aussi. La nuit tomberait bientôt. Et il était hors de question de dormir dans la forêt. Trop dangereux pour tout un tas de raison. En se pressant, ils arriveraient dans la nuit. Peut-être même en soirée. L'hybride plaça le bâton entre son abdomen d'insecte et celui d'humanoïde, en équilibre, coincé entre ses deux "corps". Elle chercha un instant la direction à prendre... Vivement, elle tourna la tête vers le nord-est. C'était par là. Elle en était sûre. Elle commença à faire quelques pas dans cette direction, puis s'arrêta, et se tourna vers le nymphe...

" Ce n'est pas aujourd'hui que je perdrai un passager, tu peux en être certain. "

... et reprit sa route. Vers la Forteresse.

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MessageJeu 23 Sep 2010 - 13:26

Au final, la nuit avait-elle vraiment de l'importance pour elle, et la violence des combats le touchait-il vraiment ? Si c'était le cas, alors que la lune chute. Malgré la barbare du monde, la vie était belle, et la nuit restait magnifique. Et tandis qu'ils avançaient, l'un d'eux put avoir la chance de percevoir, dans les ombres traitresses, un éclat. La lumière de la lune jouait-elle sur un quelconque matériaux naturel, de nacre ou de mica ? Les petites fées, malicieuses, auraient ricané de pareille naïveté ! C'était la chance, purement, qui faisait que cette branche de cet arbre ne soit pas à cet endroit cette nuit, brisée par la chute d'un écureuil maladroit, et qui avait permis aux rayons de la lune, exceptionnellement placée sur cet axe, de frapper cet endroit de la roche. Le reste, on s'en foutait.

Elle était là, en équilibre on ne savait trop comment sur une branche. Elle semblait tombée du ciel, et c'était de fait le cas. Volée par une pie, elle venait de loin, cette dague. Mais le plus étonnant demeurait sa nature : c'était un artefact d'Air. Son manche était gravé des runes du peuple des Monts des Plaines du Coeur des Roches, en Luscannian. Son nom, à jamais marqué dans l'acier, se disait "Dÿa Meÿe't Feirk", ou le Souffle de Meÿe, et précisait son pouvoir. Meÿe était une jeune fille d'un village de cette contrée du monde, attachée aux esprits de la pierre. Elle avait fait de sa vie toute entière un recueillement, une profession de foi : elle se voulait prêtresse des Montagnes. Cette décision affecta énormément le coeur de son amie d'enfance, amoureuse d'elle depuis leur plus tendre enfance, Aja la Tempérée. Celle-ci se contraignit à l'exil, de crainte de commettre l'irréparable et, au cours de son errance, se découvrir un don sur l'Air. Elle fit sa vie à Elament, et n'oublia jamais sa tendre. Aussi, après des années d'absence, elle revint dans son village natal et y apprit la funeste nouvelle : son seul amour avait perdu la vie lors d'une tempête. Les vives bourrasques avaient balayé les plateaux des jours durant et l'obstinée prêtresse avait décidé d'aller prier au temple pour apaiser les esprits. Une lame puissante l'avait précipité dans le vide.

La douce Meÿe était morte ainsi.
De rage, Aja décida de ne plus jamais se servir de son pouvoir, sauf pour une dernière tâche, se sentant trahi par le dieu qui l'avait béni. Elle apprit l'art de la forge, se faisant un nom par la délicatesse de son ouvrage. Dans sa plus belle pièce, une dague fine et délicate, elle enferma à jamais son pouvoir, permettant à celui qui l'utiliserait de déchirer l'air de lames de vent, les mêmes qui avaient été fatales à son amour.


*¤*

A mais cela suffirait-il vraiment, pour nos deux compagnons ? Il fallait une chance plus grande, encore, ou une bonté divine, pour avoir permis qu'en un même lieu, deux objets soient trouvés - ou non.

Le second objet n'était qu'un pendentif au goût douteux, orné d'une pomme d'or. Il faisait la taille d'une phalange de pouce et n'avait certainement pas été fait par une femme... Le Fruit Doré était le seul indice de la fonction magique du bijou : il conférait à qui le portait la capacité d'apprendre plus vite mais aussi et surtout, dotait la personne d'une plus grande sagesse. Celle-ci n'apparaissait pas du jour au lendemain mais avec le temps, en fonction des souvenirs de la personne, que l'objet détaillait d'une façon nouvelle. Qu'ils sont pratiques parfois, les présents des bourgeois. Commandé par un noble lassé de la stupidité de ses apprentis - il se pensait si grand, si supérieur, l'idiot - le bijou était infusé de magie Terra. Ah mais ne racontons pas tout, laissons aux gens le loisir de découvrir par eux-même les spécificités de certaines choses...

Spoiler:
 

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Lysias
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MessageSam 25 Sep 2010 - 17:18

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Svada l’a-t-elle déjà vu courir pour en donner matière à faire prétexte. Néanmoins ce qu’elle a dit a comme rassuré un tant soit peu le nymphe. Mais de toute évidence, il en a rien dit. Leur marche vers les chemins encore plus obscure de ténèbres a continué encore et encore, jusqu’à ce que la voix de l’hybride rompe ce silence oppressant. Lysias aurait été seul et aurait connu la direction, qu’il aurait couru, couru sans un regard en arrière.

-Ah bah… Il a jeté un coup d’œil désintéressé vers l’Araignée, puis a fini par dire, -De toute façon je n’avais rien de mieux à faire.

Tellement rien de mieux, que c’est la chose qui lui a semblé meilleure à faire.
Se priver de la vue pour un temps défini… c’était sûrement aussi, la seule chose qu’il pouvait faire de plus ou moins censé.

-Finalement j’ai appris plus que je pouvais me l’imaginer.

Même si la finalité de ce geste n’avait pas été, en premier lieu, d’apprendre.
Lysias a un instant fermé les yeux -sans interrompre le rythme soutenu de son allure, puis a souri, -plus à lui-même qu’autre chose-, dans un instant bref de souvenir ; instant d’esquisse d’une nuit fraiche ponctuée de chants de bestioles. Un nymphe étalé de tout son long au sol et une hybride en train de s’échanger des tirades comme si de rien n’était. Et de rien, il était justement question…
Finalement, Svada fait partie de ceux qui auront éclairci l’île sous un angle plus attirant et paisible, effaçant petit à petit les ressentis pessimistes du nymphe à l’égard de ce nouvel habitacle. De sa manière bien à elle de percevoir les choses, de son éternel sarcasme et de son côté bien terre à terre, l’araignée ne peut savoir combien elle aura apporté au nymphe. Et probablement que le principal concerné n’en mesure pas l’ampleur non plus.

Au final, Ruby aussi, aura eu raison, en lui dévoilant cet endroit-là, place où il devait être. Malgré toutes les peines qu’il lui aura infligées en guise de retour, Lysias commence à réaliser que ce bout de terre flottante aura été son antre de repos et de guérison. Elle aurait aussi pu être l’ouverture d’une autre alternative qu’un futur plus noir, de l’autre côté du rivage. Et si cela, s’il l’avait réalisé plus tôt, peut-être qu’il ne serait pas en train de se jeter dans la gueule du loup, en traversant la route de la Forteresse. La seule chose dont le nymphe se pense certain, c’est qu’il y a un temps pour la guérison, mais qu’il ne peut pas se résoudre à rester reclus, prétendant le besoin de guérir éternellement. Et toujours cette course poursuite contre le temps…
Et toujours cette arrière pensée espérant… qu’il ne soit pas trop tard.

Maintenant… à chaque fois que je n’y verrai que du noir.
C’est à une certaine araignée qu’iraient ses pensées.

[-]

Lysias n’a pas eu besoin de lever le regard pour s’apercevoir le changement soudain. Svada vient de s’immobiliser, et c’est dans le même mutisme tendu qu’il ajuste ses pas aux siens, se tenant prêt à tout et n’importe quoi à la fois. Ici, c’est le terrain de l’Autre, terrain tellement trop incertain que tous les sens réunis ne suffisent pas à prétendre à une once de sécurité. Peu importe, tant que rien n’attentait à leur progression. Entendant les mêmes bruits que l’hybride, Lysias a vu cette dernière prendre les avants, et a senti l’adrénaline se répandre d’un coup dans tout son corps, lorsque quelque chose est tombé là, sous leurs yeux.

Un corps. Mutilé.
Un cadavre ?
Pas encore.

Pas encore.

Lysias voit déjà la pile de cadavre s’amonceler sur le chemin qu’il a décidé de tracer de sa propre initiative. Et c’est dans souvenir empli de pourpre et de violence qu’il a l’impression de retomber. Comme un jeu où on retombe sur la case de départ. Il écoute vaguement les gargouillements du Soquior qui finalement ne leur dira rien de nouveau à part agacer un Lysias las d’entendre la même chose. Resté non loin de Svada, il verra le démon se donner la mort avant même qu’il n’esquisse un geste pour le faire. Bête de foire ? Ne l’est-il pas davantage avec ses ailes de chauves souris. Propos subjectif… Peu importe. Il n’est pas question de perdre du temps pour ceux qui ne se donnent plus la peine de vivre, pendant que d’autres, s’y acharnent.

C’est d’un regard neutre que le nymphe a regardé l’hybride se défaire des traces du Soquior, et alors que tout deux cherchent déjà à se hâter vers leur destination, Lysias a plissé du nez, vague air écœuré pour la patte de Sva’.

-C’est pas moi qui l’ait senti se transpercer sous ma pattes non plus,
a-t-il fait en tapotant l’épaule de la Passeuse.

Ah ça… je pourrai en voir encore un paquet de fois avant de m’y arrêter dessus, ne peut-il s’empêcher de penser. Mais il n’y a pas de quoi s’en venter dessus.

-Et ce n’est pas aujourd’hui que j’ai envie de perdre ma Passeuse alors faisons en sorte d’y arriver en entrée… disons triomphale.

Triomphale, tu parles. C’est dit avec ironie. Lysias est déjà sur ses qui-vive depuis son premier pas en ces lieux. Il a levé la tête pour estimer le décompte de leur temps à venir.

-La lune va bientôt se lever...

Et la lune ne tarda pas à paraître, de son inquiétante et magnifique pâleur.

-

L’odeur de brulé les poursuivit encore un moment avant que la nuit prenne son pas de victoire sur le jour mourant, un autre jour parmi tant d’autre avec ô combien encore de violence probablement partout autour d’eux, mais suffisamment loin –pour l’instant- pour ne pas toucher deux promeneurs nocturnes bien empressés.
Alors que leur ascension se poursuit sans trêve, Lysias retient soudain l’hybride par le bras, ayant aperçu un étrange étincellement là bas, plus loin. Et à ce moment là, il trouve le moyen de se féliciter de ne pas avoir fait le malin en se pavanant les yeux fermés, parce que ce genre de piège étrange et immobile comme une pierre, l’aurait-il perçu, lui ?

Avançant de quelques pas, Lysias ne cesse de veiller de tous les côtés, s’imaginant presque une présence en train de les guetter, puis après une longue inspection répétée, il se baisse vers l’objet en question qui s’avère être un coutelas, ou même une dague en fait. Alors qu’il tend un doigt prudent vers l’artefact, il sent l’air, -le sien- faire bruisser l’herbe autour de lui, comme réagissant à cet objet tombé de nulle part, planté dans une branche morte. Lentement ses doigts s’en emparent avec l’agréable sensation que son air tenterait bien de faire bruisser la lame telle il le fait sur les brindilles. Et, dans un mouvement sans brusquerie, le nymphe déloge la dague faisant tomber autre chose au sol.

Un truc.

L’attrapant de l’autre main, il se tourne vers l’araignée, curieux de sa trouvaille.

-Imagine deux machins plantés par terre, là, sous ton nez. Une dague et une… je dirai perle ? commence-t-il à mi voix, sans oublier de veiller sur leurs alentours. Tout en remettant les deux objets dans les mains de Svada pour qu’elle puisse juger d’elle-même, -qu’en fais-tu ?

S'il avait été seul, le nymphe n'aurait pas posé 36 questions et aurait continué sa route les deux objets en poche. Néanmoins dans un contexte démoniaque... peut être était ce artefact maléfique? Svada le saurait peut être. Et, en simple d'esprit, elle lui dirait de les jeter là bas, qu'il le ferait sans poser de question. Lysias observe encore ces deux curiosités –quelle bonté divine, cette nuit-là- puis se lève, tout en reprenant la marche qui se poursuit vers le nord est.

-…une fois là bas, que va-t-il se passer …?

Qui sera à la Forteresse.
Qui hormis la Faux.


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MessageLun 27 Sep 2010 - 14:39

Spoiler:
 

Au final, avait-elle appris quoi que ce soit, elle ? Elle pensait que oui, mais au fond... elle n'avait fait que marcher dans le noir. Marcher droit, oblique, ou tordu. Juste avancer dans la nuit...

Avancer, ça ne veut pas dire apprendre
Avancer, c'est juste... éviter de regretter ?

******

Une grimace décora son visage. Certes, sentir les os et les viscères sur sa patte sensible, ce fut assez éprouvant. Pourtant, elle mangeait bien des proies vivantes. Oui mais tuer des êtres plus grands, c'est autre chose que de gober un lapin. Elle remercie pour la première la Nature ou elle ne sait quoi de n'avoir conféré aux araignées qu'un odorat très limité... déjà qu'elle arrivait à sentir l'odeur de mort ainsi, elle imaginait à peine l'horrible réalité. Mais on ne peut en ces temps troublés s'arrêter sur de pareils détails. Aussi l'hybride ne s'attarda-t-elle pas sur la sensation de répulsion et de nausée qui lui venait en pensant à sa patte.

" Triomphale ? ... " Elle imagina l'allure de leur petit groupe : l'hybride qui menait comme à son habitude, mais cette fois, elle ne gardait pas ses distances avec son passager, et ils discutaient même... Sûr qu'ils en auraient pour leur argent, les veilleurs de nuit. Et puis... cela faisait longtemps qu'ils ne l'avait vue, leur araignée. " Hum, on peut toujours essayer... "

Ironie pour ironie, elle suivit son idée saugrenue, tant que cela détournait son esprit de la sensation de dégoût. Mais le temps les rattrapa, la lune, lui dit-il, se lève, et elle doit bien le croire sur parole. Elle sent la fraicheur s'installer, la nuit les recouvrir. Ne plus voir ni coucher ni levé de soleil ou de lune l'avait quelque peu attristée, même si elle n'avait jamais véritablement contemplé ces spectacles. C'était tout de même ... un quelque chose qui nous rattachait au temps qui passait. La preuve qu'on avançait aussi, même si on regardait simplement un astre se déplacer.

Et puis... Svada s'arrête en entendant Lysias prendre les devants. Qu'avait-il vu ? Senti ? Que se passait-il ? Elle eut le réponse rapidement, et pencha la tête de côté, perplexe. Lysias posa dans ses mains la dague et la perle comme il disait, et l'hybride les palpa sous divers angles, sans trop savoir quoi faire. Les artefacts, si c'en était, ce n'était pas sa tasse de thé. Il y avait bien en tout cas, une dague effilée, et une... sorte de petit bijou, apparemment moins lisse qu'une perle, aux circonvolutions complexes. Svada essaya ensuite de percevoir une magie quelconque à l'intérieur... ces objets, à son avis, n'avaient rien de démoniaques. Mais elle ne savait rien de plus. Simple dague, simple bijou ? Aucune idée. La passeuse tendit cependant l'arme au nymphe.

" Je n'ai pas la moindre idée de ce que sont ces choses, si elles sont des œuvres démoniaques ou autres... mais ça ne te ferait pas de mal d'avoir ça sur toi. " Elle prit le bijou entre deux doigts, puis le porta à sa bouche, le recouvrant d'une bave épaisse qui se solidifia dès qu'elle se retrouva à l'air libre. L'objet était ainsi comme protégé dans une sacoche. Sacoche qu'elle fixa à une de ses pattes atrophiées. Hey oui, pas besoin de porter des sacs ou d'avoir des poches, Svada portait tout via ses pattes. C'est beau la nature hein ? Elle haussa les épaules. " ... de toute façon, si on les avait apportés à la Forteresse, on ne les aurait plus revus. "

Et ils continuèrent leur chemin. La nuit était bien là, et l'hybride sentait qu'ils se rapprochaient de l'entrée, si bien camouflée. Oui, bientôt ils y seraient. Elle espérait ainsi avoir aider Lysias... autant qu'il l'avait aidée. Après tout, s'il n'avait pas été là quand ses yeux avaient perdu leur lumière, qu'aurait-elle fait ? Elle aurait abandonné. Au fond, c'est lui qui lui a ordonnée d'apprendre. Apprendre à voir sans voir. A croire sans voir. C'était grâce à lui. Alors elle ferait ce qu'il fallait pour l'aider dans son chemin. Qu'il soit noir ou lumineux.

" Hum... " une fois là-bas ? Bah, sans doute que la moitié de la Forteresse devait gaiement batifoler dans leur lit, tandis que l'autre montait la garde ou s'occupait de quelque tâche. Et le Chef était souvent dans la partie... réveillée bien sûr, vous vous attendiez à quoi ? " Eh bien, tu seras accueilli par le Chef, celui qui a organisé ce bastion. Il te faudra faire ta demande j'imagine... " En voilà une demande saugrenue s'il en était. Voir un prisonnier tiens... enfin, bien sûr, Sva s'en fichait un peu. Mais il ne devait pas être le seul. " Cependant, je ne sais pas si tu pourras la voir, sans une bonne raison. "

Oh mais il devait bien en avoir une.

" ... mais le fait d'avoir été son esclave devrait lui suffire à ce foutu Chef. "

... c'était sûrement la première fois qu'elle laissait ses propos sortir d'une certaine neutralité. Car oui, elle ne l'aimait pas vraiment cet elfe noir. Il avait quelque chose d'antipathique qui ne lui revenait pas... Enfin. On continuait d'avancer, les sens en alerte. Mais au milieu de la nuit, en général, il n'y avait pas de combats. Juste de rares patrouilles à horaire fixe. Mais la nuit, on pansait ses blessures. Alors le reste du trajet, qui n'était plus si long, se déroula sans accroc. Comme la plupart de ses passages aussi, hein. Svada, c'était une professionnelle tout de même. Elle n'avait pas encore perdu de passager, et ça n'allait pas commencé avec ce nymphe. Ainsi... oui, voilà. C'était là. Elle le sentait, le savait. C'était l'entrée. C'était ici. L'embouchure du tunnel. Le début d'une longue descente. Descente aux Enfers ? Non, que nenni cher lecteur. Descente en la Forteresse. Lente et terrible descente. Elle déplaça à tâtons le mécanisme qui bouchait l'entrée, et y pénétra la première, laissant à son passager la place de s'y engouffrer à son tour.

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MessageSam 9 Oct 2010 - 15:59

Et donc, pour continuer sur la lancée, Lysias a laissé le soin à la Passeuse de vérifier leur trouvaille, puis n’a pas pu s’empêcher de laisser échapper une exclamation écœurée :

-Bon sang Svada, tu as le don de faire des choses toujours plus sexy.

Mais Svada n’est pas hybride araignée pour de faux. Et c’est bien la franchise dans ses manières de faire qui va de paire avec le côté effronté de Lysias. Belle entrée triomphale. Avançons.

Parce qu’avancer, c’est juste se dire qu’il existe une suite après la fin.
Pour se dire que continuer en vaut la peine.



-
SUITE : FORTERESSE
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