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 [Flash] Lumières

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Ruby
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MessageJeu 13 Mai 2010 - 14:18


Citation :
Ce rp retracera la liaison entre la Forteresse et l'Île via la la première visite de gens de l'extérieur. Ne peuvent y participer que les gens habitant déjà la Forteresse, l'Île (car nous apportons avec nous denrées et autres) et les passeurs (afin qu'ils apprennent les routes). Pour le reste, bonne lecture !

Le jour se levait et son coeur chanta.
La lumière éclata dans un Maelström puissant, miroitant au travers de la rosée qui recouvrait toute la verdure des bois. Qu'elle était belle, cette forêt, qu'elle était horrible, aussi, tous ses dangers comme une magnificence supplémentaire, un atout qu'il ne fallait pas négliger ! Là, à l'ombre des arbres millénaires, les voutes s'arquaient parfaitement au dessus de la tourbe humide, dont l'odeur enivrait ses narines. La Dame fit en sorte de se satisfaire de ce moment simple, cette pause sous les arches ancestrales, les visages tordus gravés dans la surface squameuse des troncs veillant de leur regard mort.

Tout autour d'elle, les autres s'affairaient. Les oreilles grandes ouvertes, les sens à l'affût, on recherchait le moindre murmure, la moindre indication d'une présence suspecte. Tout autour, cachés dans les bois, les passeurs éclairaient la voie, apprenant les sentiers, recherchant les chemins les plus sûrs, veillant à la sécurité de la petite troupe hétéroclite. Elle était assise sur une souche abattue, une cape noire recouvrant la blancheur lactescente de son teint, la pâleur opaline de sa chevelure, l'ombre ourlée de ténèbres ne parvenant pas à dissimuler l'éclat incarnat de ses deux orbes sanglants. Et sans son poing serré, le parchemin plein d'espoir.

C'était du vélin de mauvaise qualité, gratté et regratté, dont l'encre passée laissait apparaître des caractères minuscules, presque illisibles, codés, naturellement. Elle le déplia et le relit une dernière fois, bien qu'en connaissait le contenu par coeur. « La roche des plumes sous la lune détient une poussière d'étoile : un paradis existe, un autre. » Le passeur qui le lui avait apporté possédait la seconde partie : la prudence était nécessaire, et mieux valait ne pas avoir d'information plutôt que de laisser l'information à l'ennemi. La nouvelle d'une nouvelle planque relevait du secret divin, qu'une poignée connaissait.

Les membres qui faisaient parti de l'équipage avaient été triés sur le volet, et ne connaissaient pas le but de cette mission : on leur avait demandé de prendre des vivres, plein de vivres, et des objets de la vie quotidienne que l'on possédait en excès. Des autres foyers, de pareils paquets avaient été fait, et portés à dos de passeurs, parfois accompagnés d'une ou deux personnes qui finissaient les derniers sentiers tortueux un bandeau sur les yeux. Les autres, les pères et les mères, se faisaient porter des messages au contenu crypté, qu'eux seuls comprenaient : non pas que le code fut compliqué, mais il relevait d'un passé commun, d'une vie partagée et d'expériences qui forgeaient des associations personnelles.

Le froid monta, mordant profondément la trame âgée, qui se délita, particules de matière friable. Le secret serait gardé jusqu'à la toute fin de la mission. Mais la jeune femme ne se berçait pas d'illusion : les gens ici présents étaient intelligents, et devaient avoir tous compris ce qu'il faisait ici...

Quelques jours plus tôt, aux ruines, on avait capturé un élémentaliste hagard qui errait dans les bois. Cela n'était pas rare, malheureusement : entre les fuyards qui ressortaient de leur cachette des mois après la fin du monde, et les nouveaux venus qui tombaient dans les pièges de la forêt, les esprits saints se faisaient de plus en plus précieux. Mais dans son délire, il parlait d'un refuge situé dans les montagnes. Comment diable avait-il fait pour traverser seul et à demi inconscient la moitié de la région ? Cela relevait de la chance, ou du miracle. Dans les deux cas, Shaloa lui avait fait donner les soins nécessaires, et avait fait porter un message à la Dame.

Quand on le lui avait apporté, elle soufflait sur les braises mourantes d'un feu qui cuisait des cendres, le savon se figeant au fond de la marmite. Négligemment, elle avait essuyé ses mains sur sa robe grise, la marquant d'anthracite, puis avait lu les quelques mots, écoutant attentivement les mots du passeur. « En plus du message, je dois vous dire la chose suivante : Le berceau de la Séductrice. » La Dame s'était alors relevée et avait donné les ordres nécessaires avec l'altier qui la caractérisait, l'autorité comme une cape dont elle se parait naturellement. Et on lui avait obéit, non parce qu'on le devait, mais parce qu'on le voulait.

Et ils s'étaient mis en route dans les deux jours qui avaient suivit. Au coeur de la forêt, après avoir passé l'océan, l'ange était venu à eux, ajoutant son propre présent : des outils, des armes... Elle et lui s'étaient étreint fraternellement, elle l'avait enjoint à la prudence et il avait rit, faisait fit de ses conseils maternels.

« Ma Dame. » On coupa sa réflexion. Elle lui demanda d'un geste de la main de se relever : les saluts martiaux et les révérences profondes étaient déplacés. Ce n'était pas à elle qu'il fallait les adresser. « Les Alentours sont libres, nous pouvons nous remettre en route et quitter la forêt pour les monts dès que vous le voudrez. » Elle acquiesça et se releva sans un bruit. D'un mouvement d'épaule, elle replaça son énorme paquetage sur son épaule et ils reprirent leur marche, sans interruption cette fois.

Trois heures, peut-être quatre, de pas silencieux, de marche souffreteuse, de détours prudents et de retraçages arrières, à piétiner ses propres traces, les effacer par divers sorts et sortilèges, les dissiper par un vent, une brise, des branches ou de la boue. Mais ils étaient tous des marcheurs aguerris, des rôdeurs - si ce n'est par nature, par nécessité tout du moins. Et il avait enfin découvert la bouche de l'antre qu'on lui avait décrit : le malade avait fait son rapport comme de juste, et on lui avait fait jurer de garder le silence.

Ruby déposa son bagage et s'approcha du tunnel étroit. Son coeur se serra en imaginant vivre sous terre, ainsi. Non, c'était impossible, les lieux clos n'étaient pas conçut pour elle, et elle comprit pourquoi le fuyard avait frôler la folie, là, sous des tonnes et des tonnes de roche, l'air statique et les odeurs de putréfaction des racines galopantes, les tunnels comme des boyaux d'un être vous digérant lentement.

« Ma Dame, voulez-vous que je passe en premier(e) ? » La question était idiote, mais généreuse, et elle accepta : ce n'était pas à elle que la gloire devait revenir, la gloire d'avoir ouvert aux habitants de ce village sous-terrain la perspective d'une vie terrienne, sous la lumière du soleil et la douceur du vent. Elle délesta le(la) passeur(seuse) de son fardeau et le posa avec le sien.

L'ouverture ne fut pas longue à dégager, et l'éclaireur revint vite de son expédition. Il y avait, selon ses mots, un hall, assez grand pour tous les abriter, puis un couloir étroit, et au bout, un bouchon de glace opaque. La dame s'engouffra dans l'ouverture, les autres firent de même. On achemina les paquets, dans une longue chaîne vivante, et elle se tint plusieurs longues minutes devant la porte verglacée.

Qu'il était beau, cet ouvrage ! Sous la pierre, la glace n'avait pas d'éclat : on ne sentait que la brûlure vivifiante du froid qui léchait les visages proches. On alluma des torches, car tous ici ne possédait pas le don de nyctalopie, et la surface vitrifiée s'embrasa de mille feux. Ruby en approcha sa main, et caressa du bout des doigts la surface, sondant, les yeux fermés. Malgré elle, elle ricana, son visage figé dans une moue extatique : les autres ne surent trop comment interpréter cela. On la voyait tellement rarement sourire !

« Aaaah, Shin... Quand arrêteras-tu de me surprendre ! » murmura-t-elle.

La Dame baissa sa main, soupira et se recomposa un faciès. Elle reconnaissait le goût de cette glace, le frisson de ce froid. C'était plus qu'une empreinte ou un timbre de voix, mieux qu'une signature, c'était l'incarnation parfaite de l'âme du créateur, et le sort infusé dans la glace lui rappelait un ancien souvenir, la nostalgie comme un chant à ses oreilles. Quiconque aurait tenté de briser le glyphe serait mort, millions d'esquilles glacées de matière parant le sol de cristaux brillant, mais elle était une maîtresse, et maîtrisait des arcanes bien plus complexes que celle-ci. D'autant plus qu'elle avait été la maîtresse du créateur : lui arrivait-il à la taille ? Dans certains domaines, oui...

Elle plaça ses deux mains sur la glace, et ferma les yeux. Elle se lança et chercha le noeud, fouillant la trame. Elle déglutit, et se relança. Et la logique de tout l'ouvrage illumina sa conscience : elle le connaissait si bien, après tout... Il ne fallait pas se faire violence, mais dénouer lentement. Tirer le bon fil... Là, dans un crissement, tout éclata, et une vive lueur bleue l'enveloppa une poignée de secondes. Ruby remit sur son visage le capuchon qui l'avait déserté, recouvrant sa chevelure.

Puis, sans la moindre hésitation, elle s'avança, sa petite troupe prenant les places qu'ils s'étaient octroyés : tout autour d'elle, comme pour la protéger, guerriers puissants environnant une frêle silhouette sous une cape noire...

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Shin
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MessageDim 16 Mai 2010 - 11:08

Disons que vous, chers lecteurs des temps futurs, vous connaissez les résultantes de cet événement sur le quotidien de ces souterrains.

Imaginez alors que les choses étaient auparavant légèrement différentes. Avant le moment passé relaté dans ce rp, cet endroit ne s'appelait pas la Forteresse mais la Citadelle. Non pas que le patron a voulu changer l'enseigne de sa cave parce que le nom ne lui plaisait plus, mais par soucis de respecter le changement du statut du lieu. Autrefois, il n'y avait point de défenses dans toute la caverne, de gardes postés à chaque coin, d'un unique chemin qui nous y conduit. Pour être plus clair, nous prendrons l'image d'une bulle. En dehors de quelques cavités d'eaux et d'airs, l'espace est complétement cloisonné, isolé du reste du monde. Pas de sorties, pas d'entrées. La cinquantaine de fous qui composent cet ermitage ont dû faire preuve d'une grande abnégation pour pouvoir survivre à l'ennui, la claustrophobie aiguë, le désespoir et la dépression de certains. Oh oui que ça travaillait dur la journée et forniquait fort le soir pour oublier l'abysse de la situation. Le temps ici n'avait plus d'importance, on ne comptait plus les jours qui passaient et les sueurs qui gouttaient. Pour tout le monde, cela semblait un éternel enfer sans fin et un accomplissement sans lendemain. Pourtant, il y avait bien un fou pour tous les motiver.

Ce demeuré du pouvoir n'avait pas à l'époque l'apparence de l'homme mystère, avec le masque de carnaval et sa cape de vagabond. Les manches retroussés, la veste déboutonnée, le pantalon trempée par la sueur de ces foulées à travers la citadelle et les soirées avec sa conseillère en magie, les cheveux courts pour lui donner l'apparence crédible d'un chef à la place d'un punk libre comme l'eau, c'était un taré des journées longues et remplis. Shin. Non il ne s'était pas encore surnommé avec ce pompeux titre de Chef. A ce temps on demandait un service à l'"elfe noir" étant le seul drow de cette fourmilière. Cette fourmilière c'était son œuvre, il était la Reine. Il pondait une décision à la seconde. "Toi fais-ci, Toi fais-ça", c'était son surnom. Tout les deux jours, il réunissait ses conseillers pour connaître l'état des avancements partout dans ce village en construction. En dehors de ce moment-là, il sautait partout. D'un côté, il observait et soutenait le travail de ces bras droits, d'un autre, il allait voir chacune de ces fourmis pour leur demander si elles avaient besoin d'un conseil, ou si elles voulaient omettre une opinion sur une de ces décisions. Il mettait autant la main à la pâte qu'il ouvrait sa gueule sur tout ce qui bougeait. Il était aussi exigeant pour soi qu'il l'était pour les autres. Une sorte d'équilibre.

Dans cette balance, une charge nouvelle arrivera pour tout désorienter dans le comportement du personnage. Mais nous y arriverons bientôt.

A l'époque, il occupait très peu ce que l'on appelle désormais la Commanderie. Déjà la porte de son bureau n'avait pas de verrou, point de porte blindée à l'entrée du chemin qui y menait. Juste le temps de parler à ces dix subalternes dans la tranquillité de l'intimité. Point de salle pour s'exercer à se défendre contre du démon, point de quartier personnel à lui, point de prison, point de passages secrets qui fleurissait par dizaine après cette fameuse journée.

Elle avait pourtant bien commencé. Dans le creux des résidences, une dizaine de personnes courait en rond pendant quelques minutes pour bien débuter de longues heures de durs labeurs. Les nouvelles lumières artificielles qu'avait installé la Magicienne s'allumaient peu à peu pour réveiller les dernières têtes posées sur leurs oreillers respectifs. Puis peu à peu, on allait prendre sa douche dans les vestiaires communs. Quelques uns ruminaient encore cette déplorable hygiène. Ce qu'ils ne savaient point, dans une dizaine de jours, la découverte de nouvelles sources d'eau leur permettront se rafraîchir dans des grands thermes quelques semaines plus tard. Pour l'heure, on priait le couple qui s'était levé plus tôt de les autres, d'aller faire leurs cochonneries ailleurs et de laisser leurs intimités aux femmes à l'abri des hommes. Je parle peut-être trop de débauches? Et pourtant si vous saviez...c'était devenu le sport local tellement on s'y ennuyait dans ce trou. Heureusement qu'il y avait ce fou d'elfe noir qui avait la foi en sa vision. Qu'il voyait dans cet endroit la fondation d'un nouvel espoir, un espoir dont les bases devaient se développer avant de pouvoir exploser cette bulle.

Je disais donc que cette journée avait bien commencé. Pourtant pendant sa course matinale, notre fabuleux personnage trébucha. Ce qui lui a valu quelques fous rires. Pourtant, point de quoi se réjouir, cela n'était pas une chute anodine. Son esprit venait d'être perturbé par une alerte dans son don. Une partie de son pouvoir venait d'être pulvérisée en quelques secondes. C'était l'un des bouchons de glace qui les embouteillaient ici qui venait d'éclater. Suite à ce léger traumatisme, sa mine avait changé du tout au tout. Sombre et perplexe.


"Que ceux qui veulent combattre me supportent dans cette tâche!" Hurla-t-il comme une alarme. "NOUS SOMMES ATTAQUES!"

[i]Silence. Quelques secondes. Puis dans un déchaînement d'action, on s'équipa des armes inutilisés depuis une demie-année mais toujours à portée de main, on se tapota les coudes pour se donner du courage, on se concentra sur les forces des éléments. Pour être prêt à se déployer à tout instant, au moindre bruit de pas de l'ennemi s'approchant. Quant à Shin, il était déjà parti en avant. Son instinct endormi venait de recevoir une bonne claque. Vif, observateur, calculant vite son plan d'action, les différentes techniques qu'il allait utiliser. En une étincelle, il était redevenu le traqueur implacable prêt à se déchainer sur ses adversaires.

QUI? Qui aurait pu arriver à déjouer en une poignée de secondes ce qu'il avait bâti en quelques heures d'un travail titanesque pour y sceller une partie de son âme? Qui aurait pu avec autant de facilités dévaster un tel sortilège? Un ignorant de tel arcane aurait été brisé en s'y approchant, mais la personne ne s'était pas laissé faire. Qui bon sang? Un traître Aqua plutôt bon? Ou bien...

****

Des mois qu'il n'avait pas pensé à elle, trop occupé à développer ces souterrains. Pourtant, son nom lui revint immédiatement. Peut-être était-ce les cicatrices qu'elle lui avait faite. Les souvenirs qui les unissaient dans un enchaînement de scènes plus ou moins tordues. Rien n'était pansé, elle s'était gravée dans son âme à tout jamais. L'aventure du maître du combat et de la reine des eaux qui avaient eu chacun à apprendre de l'autre pour devenir au contact bien plus fort qu'ils ne l'étaient avant. Le duel qui les avait opposé où elle avait fait preuve de toute la différence qui séparait un roi d'une déesse. Le baiser qu'elle lui avait donné dans la bataille désespérée au Lac Yuta et le coup de couteau planté dans le dos de la Cristalléenne pour qu'elle déchaine toute sa démence. Puis cette nuit, tellement fugace, où ils s'étaient revus dans la forêt et où un baiser plus doux que le premier avait été partagé, avant ce départ si soudain. Ces longues nuits où il avait songé à elle pendant qu'il traquait. Puis la Perte. Cet effroyable soirée où il avait percé avec l'aide de KöH dans les troupes démoniaques pour aller la secourir. Comme si c'était naturel pourtant après tout. Cette fuite de l'apocalypse avec la vermine à leurs trousses et la louve estropiée sur leurs dos. Et puis ce départ. Cet fois-ci de lui vers de plus profond horizon.

***

Pourquoi tout cela lui vint à la mémoire alors qu'il était censé défendre contre l'envahisseur? Peut-être bien que cela pourrait être elle, mais pourquoi autant de souvenirs venaient de surgir dans sa mémoire? Tout cela avait-il une finalité? A chacun de ses pas, une nouvelle question en chassait une autre. Puis à cet abîme de perplexité, l'action prima. Il allait en avoir le cœur net. Il passa dans le dôme des chemins, le traversa pour passer à côté de ce qui allait devenir l'entrée officielle de la Forteresse pour aller dans le couloir qui allait être creusé plus tard pour servir de lieu de cultes. Pour l'heure c'était un des nombreux chemins qui menaient à la Citadelle et c'était justement celui-là qui venait d'être percé.

Là au-dessus du lui, un nouveau piège pour l'envahisseur. Une poudrière d'une dizaine de mètres prêt à exploser à l'arrivée d'une personne. Il se tint à distance en formant un verre de glace quasi-transparente contre les parois pour pouvoir se protéger de l'explosion ou d'une quelconque attaque tout en observant ce qui allait arriver.

"DÉCLINEZ VOTRE IDENTITÉ OU PÉRISSEZ!!"
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Svada Nir
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MessageMer 19 Mai 2010 - 10:36

Mais qu'est-ce-qu'elle faisait là au fait ? Rien, rien, comme les autres, elle portait des sacs. On suivait Dame Ruby, la troupe suivait sa Dame. On n'avait rien dit, parce qu'il n'y avait rien à dire. Les Passeurs étaient demandés pour accompagner tout ce monde aussi. De fait, Svada était là, mais elle ne savait pas vraiment pourquoi. Ce fut si rapide, qu'elle se retrouva sur le continent sans trop savoir comment. Et cette silhouette noire, si frêle, mais si forte, qui avançait, entourée et protégée. Bien sûr, c'était Ruby. C'était celle que l'on considérait comme une sauveuse. Svada lui vouait un certain respect, et c'était bien normal. Qu'une si petite chose ait de si grands exploits, c'était incroyable. Dans sa logique primaire d'insecte, c'était difficilement concevable. Mais il fallait bien croire en cela.

La raison de ce déplacement lui était inconnue, et elle ne chercha pas vraiment à savoir pourquoi. Déjà, ses réflexions défiaient la logique du sens commun, et mieux valait ne pas les écrire jaune sur noir, au risque de la faire paraitre pour une folle finie. De plus, elle n'y portait pas d'intérêt. Pourquoi était-on là ? Eh bien, on y était, c'était qu'il y avait une raison. Mais c'était déjà fait, alors à quoi bon chercher le pourquoi du comment de la raison ? Mais lorsqu'on arriva devant le tunnel, il fallut bien que Svada en tire une conclusion logique : on cherchait quelque chose. Ou quelqu'un. Vivre sous terre, c'était pas son truc. Elle n'était pas de ses araignées qui préféraient s'enterrer. Une veuve noire, ça préfère encore les arbres. Question de goût. Bref, il était évident que ce qu'on cherchait se trouvait au fond de se trou. Quelqu'un devait donc descendre en éclaireur... Pourquoi vous me regardez ? Oui bon, d'accord, avec ses pattes d'araignée, descendre ainsi ce tunnel était plutôt aisé. Mais tout de même... Non, vous n'y pensez pas...

Ben si. Svada, alors que personne ne semblait se décider assez vite à son goût, alla au devant de la Dame et lui fit cette demande. Délestée de son paquet, elle était descendue. Plongée dans le noir, elle n'y voyait presque rien. Mais c'était suffisant, encore. Elle avait balayé de ses cinq globes oculaires tout ce qu'elle voyait. C'est-à-dire pas grand chose. Mais son rapport, une fois remontée, était suffisant pour écarter tout risque une fois en bas. C'était suffisant. C'était déjà ça. Mais le plus impressionnant, ça avait été cette structure de glace. C'était l'œuvre d'un Aqua qui méritait le respect. Cher lecteur, je dois vous préciser que cette dernière pensée, Svada la reniera toujours une fois qu'elle aura rencontré l'auteur de ce chef-d'œuvre. Merci donc, de ne pas en prendre note.

Remonter, redescendre. Mais cette fois, elle était derrière. Le cercle protecteur autour de Ruby était difficilement franchissable. On ne voulait plus perdre un dirigeant. Alors on protégeait. Même si Svada avait du mal avec cette notion lorsqu'elle s'appliquait à des êtres vivants. Mais bon, on lui demandait de protéger quelque chose, alors. Continuant sur leur lancé, ils arrivèrent tous devant le mur de glace qui bouchait le passage. Dame Ruby s'en approcha. Dame Ruby le fit voler en éclat. Un mince sourire étira les lèvres de l'hybride. C'était vraiment une surprenante créature, que cette petite femme. Si puissante. Avec une force de caractère qui laisserait bon nombre de soi-disant "chef" sur le carreau. Et alors, on put avancer. Encore et encore.

Et soudain, ce fut un cri qui les stoppa net dans leur avancé. Quelqu'un les invectivait de s'identifiait. Comment savoir de quel côté ils étaient ? Cependant... Et si ... ? Raah les questions inutiles comme celles-là, Svada les ignorait. On les menaçait clairement, ça au moins, c'était du concret. Du réel. Ce qu'elle entendait, ce qu'elle voyait. Pas besoin de réfléchir là-dessus. Mais ce n'était à l'hybride de décider de ce qu'ils devaient faire. Avec Ruby à leurs côtés, comment pourraient-ils périr ici ? Bon, les convictions et tout ça, elle y croyait à moitié. Mais il fallait bien se rassurer. De plus, son instinct, sens d'araignée, et/ou pouvoir sur la terre lui disaient qu'ils n'étaient pas au bout de leur surprise. Une impression désagréable la faisait penser qu'ils étaient... piégés. Bizarre tout de même. En tout cas, ce n'était pas à Svada de parler. Elle n'était qu'une Passeuse parmi les autres. Une passeuse qui n'avait pas l'âme d'une dirigeante, qui avait besoin d'ordre. Oui, c'était une situation qui s'apparentait à de la soumission, mais c'était ainsi.

Mais dans sa pseudo-soumission, cette charmante hybride jouait l'indifférence réfractaire. Elle marmonna, non sans humour, mais surtout, sans conviction :


" Quel petit chef celui-là... ça ne donne pas envie de lui répondre. "


Si elle savait qu'elle était si proche de la vérité, sans doute aurait-elle fermé son clapet. Ses pattes atrophiées s'agitèrent et elle laissa ses mandibules descendre et pointer hors de sa bouche. Des réactions toujours aussi visibles et inutiles. Donc absolument nécessaires.

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Ruby
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MessageJeu 20 Mai 2010 - 23:09

C'était un de ces moment étranges, pendant lequel son coeur était déchiré entre joie et anticipation. Elle espérait tant de choses, de cette découverte ! Il y avait ici un nouveau foyer de la résistance, le plus au nord de la région : il ouvrait directement sur les montagnes, et, avec elles, sur un contact quasi-certain avec les plaines de Kalmanstre ! Fallait-il en exprimer clairement les possibilités : des liens avec les Nordistes, avec sa contrée de naissance, et, avec elle, avec le reste du monde. Non, l'heure des élémentalistes n'étaient pas encore venue, et elle n'était pas prête d'arriver...

Car, malgré son apparente confiance en elle, la Dame était probablement de tous la personne qui doutait le plus : loin de l'abri certain de la cité, de la magie ancestrale des murailles, de la réserve de savoir de la bibliothèque, des secrets grandissants des sous-sols, des reliques perdues des cryptes, etc etc, loin de tout cela, comment espéraient-ils vaincre la pire engeance de cette planète ?! Elle portait contre son coeur la cicatrice douloureuse et vive de sa rencontre avec le démon le plus puissant de cette ère, et, à côté de l'armée qu'il possédait, de la population nombreuse de ceux de sa race, et de ses seigneurs, ses enfants à elle n'étaient qu'une poignée.

Une poignée. Oui, sous ce sombre capuchon, qu'un sourire embellissait, il y avait plus de pensées que de raison et assez de question pour tuer l'esprit fécond. Tandis qu'ils s'avançaient dans le boyau tortueux, elle réprima les tremblements qui prenaient ses mains, ses entrailles plus légères que des plumes, chatouillant son torax. Mais... s'ils étaient morts, depuis le temps ? Si les propos du rescapé n'étaient que ceux d'un fou ? Marchaient-ils dans une tombe, profanant de leurs pieds, de leurs traces de pas dans la poussière, les restes d'un caveau sain ? Fallait-il tracer dans l'air des glyphes de bannissement ?

Et si cette joie s'écroulait, aurait-elle la force, encore une fois, de se relever, de faire face ? Si Shin aussi était mort ? Lui aussi... Comme Archaël. Son nom s'ajoutait à la liste bien trop longue des pertes de cette guerre. En verraient-ils jamais la fin, d'ailleurs, tous autant qu'ils étaient ? Les elfes, anges et autres êtres doués d'une longue vie pouvaient l'espérer, oui, ou alors, mourir dans un monde aliéné, mais les autres ? Mais elle ? Non. Ils ne pouvaient pas être morts, eux aussi, il y avait trop de sang dans les terres de cette partie du monde, trop de sang, et le ciel était plein des chants des femmes en deuil. Elle ne pouvait le permettre, dut-elle ressusciter les dieux pour les châtier ensuite.

C'est ce que beaucoup pensaient : qu'elle était capable de punir les dieux, s'il le fallait. La Dame en avait surpris, des jeunes gens, brûlant des cierges, faisant des offrandes, à une icône à son image. Elle avait froncé les sourcils et leur avait murmuré des paroles douces, mais ils n'avaient pas compris. Elle ne voulait pas de cette dévotion folle et aveugle, de cette loyauté sans borne, inexplicable : comment faisait-elle pour attirer autant la sympathie ? Pour attirer la confiance, l'abnégation ? Elle qui ne le méritait pas ! Elle sentait, dans son dos, les regards de certain d'entre ces plus proches partisans : ils mourraient ou tueraient pour elle, et feraient les deux sans la moindre hésitation.

La plupart avait participé à son sauvetage, dans une vie précédente semblait-il. Ils l'avaient arraché à une morte certaine - piètre figure divine - et avaient ensuite plié le genoux. Ils étaient des sortes d'apôtres. Des idiots ou des visionnaires. Elle s'intima au silence mental, écartant toutes ses réflexions par sa seule volonté : c'était un exercice qu'elle réussissait plutôt bien, maintenant. Et elle stoppa son pas, son cercle faisait de même. Il y avait dans l'air comme une vibration, un fil ténu qui titillait sa conscience, un souvenir plus fragile que du givre.

Se révéler ou mourir. Et la voix : comme un ravissement supplémentaire. Un cri qui venait du coeur, mêlant haine et espoir. Au sien, il n'y avait que pur extase. Il était vivant. Il y avait de l'espoir, et pas seulement en elle ! Et Svada fit une des piques qui la caractérisait tant. Ruby l'appréciait, cette passeuse. Elle avait été l'une des premières à faire preuve de loyauté, de la façon étrange qui était la sienne : celle des araignées, des hybrides insectes solitaires. Lutter, non pas parce que la cause était juste, mais parce qu'on l'attaquait elle, et que sa fierté était telle qu'elle ne lui permettait pas de vivre cachée, recluse, comme une proie. Bien que sa façon de concevoir le monde nécessitait quelques acrobaties de l'esprit, la Cristalléenne la comprenait, et c'était probablement l'une des raisons qui faisait qu'un être comme la Guerrière la respectait.

Pour le reste, il n'y eut qu'une peau de lune, pâle, lactescente, lait renversé sur l'opale, et la main diaphane d'une nymphe musicienne, qui sortait des ténèbres poignantes d'une cape tissée de nuit, brodée d'ombre, frangée de fil d'encre. Le geste, délicat, lent et doux, et la manche qui glissa le long de son poignet, caressant sensuellement son bras : les ongles de glace brillèrent faiblement dans l'obscurité, mais assez pour qu'on en reconnaisse la nature. La résistance de la traction, l'ajustement, et la chute du capuchon : la face de Lys Blanc rendu à la lumière, un sourire dessiné comme du bout d'un pinceau, rieur, gourmand. Etonnement froid. Deux flammes épinglées à même l'albâtre.

Flottement. Silence. Que répondre à la menace ? Elle n'eut pas besoin de réfléchir que ses lèvres mutines lançaient, haut et fort, la provocation.


" Ose. "

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Shin
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MessageMar 25 Mai 2010 - 22:38

Une ombre apparut dans son champ de vision, illuminé peu à peu par une torche incandescente.Les traits de la silhouette en face de lui restaient vagues sous ce qui semblait un sombre tissu. On pouvait tout de même en esquisser quelques caractères. Plutôt petite et blanche au première marque d'échines. Le flou de l'obscurité s'atténuait et le peu qu'offrait l'étranger à la face de la lumière laissait apparaître qu'elle n'était pas si inconnue à ses yeux. Et si il avait bien une bonne mémoire c'était celle des images et de l'eau, contrairement à celles des sons et des odeurs. D'ici il pouvait la sentir. Ressentir l'eau qui vivifait son corps, l'impression d'autorité naturelle qui émanait de cette minuscule personne. Tout portait à croire que l'heure de leurs retrouvailles venaient de retentir. Mais si autrefois il avait pu pousser sa crédulité à accomplir des actes insensés, il était bien moins dupe. Tout était une question de méfiance. Elle n'avait point l'odeur des démons mais ceux-là avaient plus d'un joker dans leurs poches, même face à l'as de pique! Une seule façon de savoir si elle était bien l'une des seules élementalistes d'eau à pouvoir le dominer.

Ose, disait-elle l'impertinente! Et si ce simple mot était trop court pour qu'il soit sûre de la femme qui venait de le prononcer, elle savait le provoquer. Peut-être avait-elle aussi besoin de l'identifier par la façon qu'il avait de répondre.


"Ainsi soit-il!"

Il leva son bras, recouvert d'une bonne couche de givre pour l'occasion, au-delà du périmètre de sécurité et le système se mit en branle. Un déluge de feu émergea des parois. Dans le même instant, l'eau qui entourait perpétuellement l'elfe noir dans l'air humidifiée de la Citadelle, se transforma en une vague de vapeur fluide qui circula autours de lui. Puis après quelques secondes, mimant un coup de fouet, le serpent de vapeur tenta une percée à travers le brasier qui s'estompait sous le soudain grand froid. Les filets devinrent des écailles, des gouttes de glace et une pluie de grêlons s'abattit de tout les côtés sur ceux qui n'était pas invité. Un coup sorti tout droit de ses réserves personnelles d'eau. Mais ce n'était pas le dernier... Il brandit son bras contre le plafond caverneux.

Le sol gronda, un bruit d'inondation perça dans les grottes. La glace du mur détruit, qui restait inerte depuis la percée de notre talentueuse élementaliste, craqua en de nombreuses lames aui s'envolèrent et se mélangèrent à une marée qui arrivait droit derrière sur les arrivants. Des ruisseaux infiltrés dans la roche jaillirent sur les envahisseurs, il pouvait les sentir désormais, nombreux.

Dans un dernier mouvement, il se braqua en position de défense, prêt à se protéger contre une quelconque riposte. Un bras en avant, l'autre contre son torse, les talons enfoncés dans la pierre, les poings nus prêts à décocher une droite. Nul offense dans l'acte, juste une scène bien pensée pour connaître les réactions des invités et donc leurs personnalités et leurs forces. Et si elle était bien celle qui occupait ses pensées jusqu'à ce que la fée y fasse sa place, le retour risquerait d'être cinglant.


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Svada Nir
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MessageMer 26 Mai 2010 - 10:38

Et c'était elle, l'hybride ? La créature mi-animal mi humanoïde ? Pourtant, elle au moins, elle pouvait aligner plus de trois mots par phrases, nom d'un gobelin unijambiste ! Ose... Ainsi soit-il... ? Franchement, il n'y avait pas plus clair ? Plus simple ? Moins provocateur ? Pourquoi fallait-il que ça devienne un étalage de puissance ? Quel bande de gamins... ... Bon, techniquement parlant, avec ses trente-cinq malheureuses petites années, Svada était sûrement la plus jeune de tout les élémentaliste ici présents. Certes. Passons donc cela. Entre la Dame de Glace qui manifestement, s'amusait de cette situation, et l'autre énergumène en face qui faisait la preuve de sa puissance, on était pas sorti de la grotte. Tout les mages ici présents se mirent à se protéger ou à riposter. Dame Ruby saurait bien se protéger elle-même, n'est-ce-pas ? Et pour sa part, se faire protéger ainsi, elle le prendrait presque comme une insulte. Elle laissa à un autre ce travail si ça lui chantait et commença déjà par sauver ses mandibules.

La première salve d'attaque était du feu. Pas de chance lorsqu'on était une terra, direz vous. Surtout qu'utiliser la terre n'était pas son dada. Enfin, elle n'allait pas se laisser roussir les pattes par des flammèches tout de même. Les Igni arrêtèrent la plupart des flammes, et les aqua les réduisirent encore. Svada se contenta de se baisser, et d'ériger une protection de ronces hérissées. Ces choses là, ça ne brûlaient pas facilement, et elle avait surtout senti que cet agresseur commençait une autre attaque. Comment ? Bon j'en ai marre de le répéter : poils sensibles. Mouvements airs. C'est bon, c'est retenu ? Ses mandibules étaient à présent totalement sorties, ce qui était plutôt rare. Suffisamment pour en faire une description rapide : deux crochets luisants d'un venin presque inoffensif, un de chaque côté de sa bouche, déformaient son visage, le faisant pour le coup, vraiment ressembler à celui d'une araignée. La peau qui les recouvrait avait reculé en même temps pour que les mandibules soient totalement en extérieur. Tout de même. C'était bien plus agréable que d'avoir ces machins là dans le bec !

Les attaques suivantes étant des projectiles, sa protection de ronces suffit à ne pas les recevoir. Mais l'espace réduit du lieu lui laissa tout de même diverses éraflures. Rien de bien grave. Pour le moment, elle n'avait aucune envie de se lancer dans une bataille. Elle attendait encore... jusqu'à sentir l'eau couler en filaments entre ses pattes. Nom de... !? D'où provenait cette eau ? Que... ? Le comble, c'était que ça plaquait ses poils sensibles contre ses pattes. C'était ça, le pire. Vraiment. C'était passablement énervant. Cet énergumène qui avait osé, comme lui avait demandé leur Dame, faire ceci... Elle n'allait pas rester une minute de plus indifférente. Elle baissa la partie humaine de son corps, prête à se jeter en avant, ayant juste une vague idée de l'endroit où se trouvait cet agresseur.

Les ronces autour d'elle tombèrent au sol, retournèrent là d'où elles venaient. Svada n'avait pas d'affiliation particulière avec son élément : elle n'entretenait aucune relation poussée avec les plantes, les rochers ou la terre ne lui apparaissaient pas autrement que comme ... ce qu'ils étaient ! Elle n'avait pas d'affection pour cela. Ce qui expliquait aussi son indifférence à son propre élément. C'était pour elle un sens supplémentaire, une arme supplémentaire et une défense supplémentaire. Mais ça ne remplaçait jamais les aptitudes naturelles. Jamais. Ses pattes parfaitement synchronisées - heureusement pour elle, tiens ! - elle s'élança sur l'élémentaliste à l'origine de cette attaque incongrue. Non mais. Elle ne savait pas si quelqu'un d'autre l'avait précédée ou si même Dame Ruby était déjà allée en ce sens, mais qu'importe.
On ne mouillait pas les papattes de Svada impudemment.

Elle n'avait pas pris son arme habituel, son bâton effilé, en quittant l'île. La flemme. Oui, c'était juste par fainéantise de retourner le chercher. Ces grandes mains étaient donc ouvertes, avec pour but d'agripper les bras de l'adversaire qu'elle pouvait apercevoir. Elle ne comptait pas trop sur sa "force" parce qu'elle n'en avait pas. Elle se reposait plus sur la surprise que ses mandibules sorties, son visage à cinq yeux, et ses pattes atrophiées au bas de son ventre pouvaient provoquer. Pour prendre de la hauteur, elle se hissa particulièrement sur ses trois paires de pattes "arrières", la paire restante remuant et coupant l'aire. Une figure assez effrayante, qui n'était pas sans rappeler les lamias. Mais pour quelqu'un qui en avait déjà vu, les différences étaient évidentes. Elle voulait juste lui faire la peur de sa vie. Ce n'était pas, au final, une tentative de le blesser. Même si, ainsi, on pourrait croire que si. Elle ne faisait que se jeter sur lui, avec l'intention apparente de le plaquer au sol. Quelque soit le résultat de son "offensive", elle serait plutôt contente de son effet. C'était tout de même cool d'être une araignée. Tout de même.

Sauf... que les mandibules l'empêchaient de parler. Quel dommage...


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Ruby
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MessageMar 1 Juin 2010 - 18:55

C'était un jeu, une danse, une chorégraphie rythmée par des lois et des règles très strictes, mais inconnues de tous. Les insultes et les compliments de ces danseurs étaient, par conséquent, incompréhensible aux yeux des autres. Il n'y avait nulle logique dans ces actions, nul schéma visible, tout n'était qu'interprétation, connotations issues des passés communs, morceaux de fils noués ensemble sur une grande tapisserie. Aussi, la Dame avait attendu le coup. Naturellement qu'il oserait ! S'il ne l'avait pas fait, il n'aurait pas été lui. A moins que des mois de claustration sous terre ne puissent changer un homme...

Et il y eut un bruit phénoménal, et l'eau s'insinua partout. Que croyait-il ce fou ? Qu'on pouvait noyer un verre d'eau dans une bassine ? Elle écarta sa cape, révélant une robe gris foncé, dont le bas se gorgeait de boue. A côté d'elle, Svada construisait un mur de ronces, bardés d'épines inextricables, aussi acérées que des épées. Derrière, un igni provoqua un nuage de vapeur qui leur dissimulèrent la vue de leurs adversaires. Acte inconsidéré ! Mais Ruby ne bougea pas. Une être d'ivresse l'avait prise, réminiscence chimérique au goût de sève, qui figeait son visage dans un masque extatique, sourire taillé à burin sur sa face d'albâtre.

Elle aurait pu se sentir insultée du doute de son adversaire : n'avait-elle pas passé l'épreuve de la glace ? N'avait-elle pas brisée la rune ? Ne s'était-elle pas présentée en personne ? Elle l'était d'ailleurs un peu, mais comprenait malgré tous ses doutes. Si l'homme ne change pas tout à faire après une claustration souterraine, il développe une paranoïa qui pousse, mycorhizes nitescent, acqua-toffana schuintant de sa surface pervertie, gonflé du vice méphitique caractérisant sa nature. Allait-il s'empoisonner lui-même ou laisser le sol mourir ? L'Ancienne Dirigeante, quant à elle, redoutait un peu l'issu du combat : elle ne doutait pas de sa victoire, mais craignait le prix, à sa poitrine épinglée l'insigne d'un demi-échec.

L'Hybride araignée s'élança, émettant sur son passage comme un piaulement d'insecte, mandibules frottant les mandibules, les plattes de sa vaste armure de chitine cognant les unes contre les autres, les grands poils sensitifs de son corps comme des petites sentinelles dressées, vives, parées à répliquer au moindre contact. Y avait-il du poison, là dedans ? Des spores, des poils urticants ? Y avait-il là une arme naturelle ? Ruby soupira, la regarda foncer contre un mur plus expérimenté qu'elle. La Passeuse se battit vaillamment quelques minutes durant, puis fut propulsée durement. Elle revint à la charge, obstination de Reine-porteuse, destituée de nouveau.

Laisser les choses se poursuivre risquaient de compter la vie d'une valeureuse guerrière aussi, avant que celle-ci n'aie le temps de s'élever une nouvelle fois, la Dame s'élança. Sa cape claqua derrière elle tandis qu'elle portait le premier coup à son adversaire, qui esquiva aisément. Elle se baissa, tenta de lui choquer les mollets d'un coup placé, mais il sauta sur place et manqua sa riposte d'un cheveux. La Matriarche se laissa tomber sur le côté et roula, avant de se propulser en arrière. Entre chaque geste, sa voix s'était élevée, étouffée par ses expirations et le bruit de l'étoffe. Impossible de communiquer.


    Flash. Un village, dans les marais. Il neige. Elle est nue, le menton en sang, l'épaule droite couverte d'une ecchymose pourpre. L'ichor vermeille coule entre ses seins. Il est grand, fort, les muscles bandés pour le combat. Une elfe se cache, plus loin, dans les maisons en ruine qui puent le cadavre et le démon. Le Ciel se fend de flocons qui choient, espoirs morts-nés, valsant lentement vers le sol qu'ils recouvrent d'un épais manteau. Le balandran pâle appelle au repos. Mais pas de suite.

    Flash. La folie, pure. Des orbes noires, et un tatouage transformé en glyphe. Caprice des éléments. Insulte. Elle est sa mort, ne le comprend-il pas ? Elle ne le tue pas que par caprice. Toujours, enfant gâtée ! Ou bien... enfant infiniment sage, laissant chance après chance aux âmes qui se perdent ? Ah ! Jouissance stylistique. Elle rue, son âme enchaînée, elle rue dans ses fers, et elle se retient de prendre sa dîme de sang. Il ne s'en rend pas compte. Mais, n'a-t-il pas pris la leçon, depuis ?


Assez. Elle commença à en avoir assez. Elle avait mal en quelques endroits, mais c'était une souffrance pure, tranchante, celle provisoire de la chair malmenée après une journée de marche en terrain accidenté. Il était toujours lui, et elle en était ravie, mais elle avait, de son côté, retenue la leçon de ses actes passés : elle ne pouvait pas le battre avec son corps incapable. Si elle était parvenue à l'un des postes le plus puissants de ces terres, ce n'était pas pour sa capacité à coller des mandales, mais bien parce qu'elle était ma maîtresse d'un art d'une puissance redoutable : elle maîtrisait les runes de l'eau, de la glace et de la vapeur. Les arcanes sombres des plus terribles sorts élémentaires ne lui échappaient pas. C'était ainsi.

Il lui porta un dernier coup qu'elle n'esquiva pas, et chancela en arrière, s'éloignant de sa portée : elle avait abandonné l'idée de lui parler de cette façon. Il semblait clair qu'il exigea d'elle qu'elle prouve son identité. Soit. Elle releva le visage, sourire effacé. Il y avait une conviction triste, dans ses yeux sanguinaires, une certitude ferme. En filigrane, sur ses iris, on pouvait lire qu'elle anticipait quelque chose. Une crainte ? La structure du lieu était trop fragile pour voir se déchaîner son pouvoir ? Les gens présents risquaient-ils d'être blessés ?


    Flash. Un mur de glace, le choc. Du Cristal-sang, résidu d'une rencontre antérieure. La mort, aux prémices de ses sens, et son contrôle, absolu, indubitable, par elle. Là, sous le ciel piqueté d'étoiles, où la lune est gibbeuse, elle chante, elle chante... Ne plus se perdre, jamais, ne plus douter non plus. Elle avale sa salive. Tant de choses restent à faire, tant ! Et si peu de temps pour toutes les faire...


Elle invoqua son pouvoir, il fallait achever les choses rapidement afin de ne blesser personne : si l'elfe semblait pétri d'une indifférence insultante à l'égard de ses comparses, ce n'était pas le cas de la Dame. Elle ne voulait pas pour autant le dépouiller de ce qu'il avait bâtit : le briser, sans le moindre remord ? Devant des êtres qu'il devait probablement commander ? Non pas, non pas. Si Ruby savait une chose, c'était qu'une réputation était difficile à bâtir et préserver : la sienne avait couté cher.

Dans l'air, finalement, elle traça une rune de ses ongles de glace, transparents, plus durs que la résolution d'une fée. L'air sembla se condenser autour du geste, et une pâle lueur naquit, rayonnement aquatique sur lequel elle déposa sa main, paume offerte. Impulsion. L'eau boueuse gela instantanément et les parois de la grotte se couvrirent d'une mince pellicule de glace. Sur les peaux dénudées, aussi, le givre craquela, vivifiant, gourmand, comme le baiser doux d'une amante. Elle choisit de maintenir les poignets de l'elfe immobile, légèrement écarté de son corps, poings fermés afin qu'il ne joue pas avec ses dards - elle ne connaissait si bien !


« Je suis heureuse de te savoir en vie, mon frère. Il est loin le temps où nous valsions sous les tempêtes. » Elle avait toujours une main en l'air posée, sur la rune. Quelque chose devait murmurer à l'oreille des gens que retirer sa peau de ce sort signifiait beaucoup « Mais ne pouvais-tu pas dire "mot de passe" au lieu de me provoquer ? » Lentement, les liens invisibles se desserrèrent, jusqu'à libérer totalement l'infortuné elfe « J'imagine que tu voulais une confirmation de mon identité, et bien, admire... admire ta fin... »

Ruby referma sa main sur la rune. Il y eut comme un craquement, et elle baissa le bras. Ses doigts se déplièrent, et elle souffla : des paillettes de glace voletèrent dans l'air glacial, tombant lentement sur le sol dans une pluie féérique, beauté fragile.

« Elle viendra un autre jour, mais de ma main si tu le désires. »

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Shin
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MessageMar 1 Juin 2010 - 21:48

Hallowed Be Thy Name - Iron Maiden

Et le jeu continua.

Sa prudence n'était pas-t-elle trop sur-jouée? C'était une question qui taraudait son esprit tout les jours depuis des années et plus particulièrement ces derniers mois. Exacerber cette qualité à travers de nombreuses démonstrations faisait d'elle du despotisme du doute? De la paranoïa si on devait paraphraser certains? Aux autres d'en juger à leur guise, l'elfe noir n'avait point à prouver la nuance subtile dans sa tête. Cette limite, il l'avait franchi moultes fois au cours de son passé. Si l'elfe noir exigeait de son mental, une puissance extrême, cela ne fut point le cas. Fissure dans le mur, cause de nombreux actes de faiblesse. Et pour boucher les trous et effacer ses sentiments les plus acides, de nombreuses méditations avaient eu lieu. La culpabilité, le sentiment d'infériorité, la solitude, les regrets....Frayeurs ou fantasmes, cela revenait à toujours vérifier ce que nos failles nous demandent de chercher. Et tout ceci, le drow les avaient reconnu. La différence actuelle était désormais nette entre la prudence et les tours de l'inconscient.

On ne la faisait plus à ce guerrier séculaire. Il avait vécu que trop d'expériences pour comprendre l'infinie possibilité que la vie offrait à chacun le moyen de surprendre ses semblables. Avec Sirius Aberbald, il avait vu mille et une façon de manipuler l'esprit des gens, de leur effacer toute traces de personnalité et les utiliser comme de vulgaires marionnettes. A travers son parcours, il avait vu des citadelles volaient en morceaux, des dieux humains se faire terrasser par d'apparents novices, des illusions si puissantes que même les plus lucides s'y trompaient. Malgré tout ce voyage, il ne se lassait pas pourtant d'explorer de nouveaux horizons. C'était un aventurier. Et d'histoires en histoires, il en avait retenu quelques leçon a jamais gravé dans son âme. On est jamais trop prudent.

Il n'y avait qu'une seule manière de prouver son identité, et l'elfe noir fut blasé qu'elle prit son temps. Il s'agissait de tout montrer. Son inaptitude à remporter de manière physique et décisif sur lui, ses paroles qui n'avait de sens que dans sa bouche, la terreur qu'elle déversait implacablement sur ses adversaires quand elle déployait une corde de son arsenal. Sa voix, son corps, son caractère fortement trempé. Le coup de couteau et celui du flamboyant. Son regard si pénétrant. Tout. Tout ce qu'elle était à ses yeux. Sauf peut-être sa démence qu'il n'osait plus chercher. Si elle avait fait un pas de moins, elle aurait été qu'une image d'elle-même, subtilement copiée ou manipulée& par les démons. Rappelons-le ces derniers excellant dans l'art de ruser ou de violer toutes les règles de ce monde, si je devais citer un illustre inhumain. Et la démarche singulière d'une divinité naturelle liée à lui par une relation originale, un mélange de tout les sentiments possibles et même les plus opposés, ne pouvait à son sens n'être garantie que par Elle, de corps et d'esprit sans altération.

Tout cela avait à la fois l'effet papillon et du coup de la destinée. Comme si l'instant présent était l'accomplissement d'un parcours tracé à partir de rencontres qui aurait pu n'avoir jamais eu lieu. Tout d'abord le passage de la Tanière dévastant le clan Suiton. Si les démons n'avaient pas repéré ce petit bourg, ni la force suffisante, ni le charisme de leur chef pour faire disparaître la famille de Shin de la surface de la Terre, et que Kaho Long lui-même n'aurait pas jeté un œil sur l'enfant pleins de haines qu'était le drow à l'époque, il n'aurait jamais eu à affronter toutes ces épreuves et devenir le gaillard robuste qu'il était. Sans la combativité dont il s'était muni pour gagner la confiance de ses supérieurs, on ne lui aurait pas confié l'infiltration de la cité. Et sans cette mission, sa personnalité aurait définitivement chaviré du côté démoniaque, et il serait parti en fumée comme toute son ancienne fraternité, lors de la bataille d'Elament.

Puis si il n'avait pas suivi les enseignements de son maître d'armes Akaaryu, il se serait contenté d'apprendre son don à l'école, il ne serait pas parti en apprentissage solitaire à travers de nombreux combats, entraînements au Lac Yuta, méditation profonde. Dans son périple, il n'aurait pas rencontré Ruby et partager cette histoire si particulière entre deux entités diamétralement opposés qui fait l'identité de leur liaison. Il ne l'aurait pas secouru lors du jour de la perte et n'aurait pas eu l'idée de former un trou perdu avec une cinquantaine de péquenots après. Et si son projet n'aurait pas fait fuir un claustrophobe, et qu'il n'aurait pas été le chef de ce souterrain, il ne sera pas là entrain de chercher à tester sa compagne d'histoires.

Tout cela résonnait comme la suite normale d'un enchaînement de coup du sort qui n'était pas prêt de s'arrêter.

Pour le moment, revenons-en à nos moutons et plus particulièrement à l'araignée.

A l'instant où elle s'avançait comme un pion programmé pour riposter, il ignorait tout d'elle jusqu'à sa silhouette. D'où l'effet de surprise qu'elle aurait du attendre de son attaque. Mettons cela sur le compte de l'inconscience. L'eau de son corps, les pas dans la mare, les rebonds de jets sur ses poils. Quelqu'un venait sur lui et il savait exactement à quel moment frapper. Des mandibules? Il fit un pas en arrière. Une araignée? Son échine frissonna, il avait une répulsion pour ces bestioles et encore plus pour les hybrides de ce genre. En avait-il rencontré une avant, vous vous demandez peut-être? Non, mais de loin il avait aperçu une sentinelle de la cité un jour de cette espèce, et son apparence ne lui avait pas donné assez de sympathie pour qu'il fasse connaissance de cette curiosité.

Un coup de jambe en avant placé contre le thorax pour la repousser. Mais cela ne fut pas suffisant, même au contraire, ce qui suivit parut comme plus agressif, comme si le premier mouvement était en réalité inoffensif. Des secondes passèrent, voire des minutes, mais dans cette pénombre, le temps était la dernière des préoccupations. Seul compte l'action et sa vélocité au possible. Personne n'intervint et un combat commença entre le drow et l'araignée, symbole divin pour son peuple mais ridicule insecte à ses yeux. Elle offrit une certaine résistance et cela lui plaisait de partager quelques poings, pieds et pinces, mais l'envie de lui arracher les nombreux globes occulaires, les mandibules et de démonter cette horreur, se fit plus présent.

Une personne comprit alors que ce combat ne devait pas traîner plus longtemps. Et cette personne fut Ruby. Enfin elle brisa la glace. Ou le contraire, enfin bref. Elle prit la place de l'araignée, ce qui n'était pas pour déplaire à l'elfe noir. Quoique ce corps avait du subir bien des dégâts puisqu'elle ne lui présentait pas un duel à la hauteur de ces souvenirs. Stupide sois-tu, rappelle-toi que tu l'as extirpé d'un duel contre le flamboyant, gravement blessée à la poitrine. Doit-on en conclure qu'elle a réussi à survivre, ou bien que les démons ont réussi à la rattraper et a fait d'elle un de leurs pantins?


*Prouve-moi le contraire qu'autrement qu'avec des mots et des coups de femmelettes ma petite louve! Mais après tout c'est tout toi, ça! Un peu de physique pour éprouver le corps, la parlote pour le style...qu'est-ce qui vient après cela? Rappelle-moi! Rappelle-moi cette force qui m'a soumis à ta puissance! Rappelle-moi ce sentiment de terreur dont tu es la seule à m'avoir fait éprouver depuis mes années de Tanière! Des êtres surpuissants j'en ai vu depuis, mais pas d'aussi près! *

"Silence!"

Peut-être que ce simple mot avait fait son effet ou peut-être bien que la souffrance se faisait l'allié de la lassitude. Au final qu'importe la raison, le combat s'acheva. Il comprit alors qu'il allait passer sous les mains de la Cristalléenne, comme il le pressentait. Autrefois, il aurait pu redouter ce moment arriver. A cet instant, c'était plus une satisfaction. Il savait que c'était elle désormais. Il savait qu'elle ne le tuerait pas. Il savait que ce qui allait suivre n'est que la dernière épreuve de passage. Il sut qu'il ne pourrait pas y résister et même sans cela, il n'en avait point envie. Il s'abandonna au blanchâtre doigtée.

Comme prévu, il perdit le contrôle de ses membres et subit ce froid si nostalgique, si électrisant sur son échine. Sous cette emprise, il perdit momentanément ses esclaves, ses masses d'eau qui lui était propre, gelées par le sortilège calligraphique. La dernière fois qu'ils s'étaient regardés droit dans les yeux, jusqu'au plus profond de l'écarlate de leurs pupilles, cela remontait à des mois. Son cœur chavira alors sous le coup de l'émotion. Si il avait eu des larmes, il en aurait pleuré de joies. Elle était là, vivante, c'était bien elle. Ses paroles finirent de l'achever, des mots qu'eux seuls pouvaient comprendre leur importance. Ils hérissèrent son crâne de frissons salvateurs. L'emprise se libéra peu à peu. Son corps chuta en avant et il la pris dans une étreinte chaleureuse, épargnant au possible les zones sensibles et sûrtout....la main droite frôlant sa signature personnelle.


"Tu m'as manqué, petite sœur!" murmura-t-il à son oreille "Et j'espère avant ma fin que nous aurions d'autres valses à partager, celles-ci en partenaire!"

Quiconque sur les lieux de la scène se serait demandé comment on pouvait parler de la sorte à la Matriarche, cette ancienne professeur de l'Eau qui a combattu le flamboyant pour ceux qui se sont installés à une dizaine de mètres dans le dos de l'elfe noir. Et bien nous pourrions dire que vous ne savez pas tout. Il relâcha son étreinte. Sa plus grande espérance était de ne pas avoir sa femme derrière lui à ce moment-là. Il se retourna...elle n'était pas là...pour le moment...ouf! Cela ne fut pas éternellement long, sachant que l'elfe noir avait le souvenir d'une personne sensible au toucher. Et même si les retrouvailles devait se célébrer, il ne s'attarda pas plus longtemps en salutations.


"Je suppose que nous avons beaucoup de temps à rattraper! Mais dis-moi tu es venue avec un véritable cirque! (Petit clin d'oeil à l'araignée) Je suppose qu'un de mes enfants vous a parlé! Mais je t'en prie, je ne vais pas laisser des visiteurs sur la paillasse!"

Il fit un quart de cercle pour inviter d'un geste élégant les arrivants à le suivre et fit un autre quart de tour pour entamer la marche.
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Svada Nir
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MessageJeu 3 Juin 2010 - 9:54

Out.
Oui, elle était totalement, complètement, nécessairement, intégralement, out.

Elle n'y comprenait rien, et elle n'en mourrait pas, de ne rien savoir. Alors qu'elle commençait à envisager de reculer, histoire de sauver ses pattes, quelqu'un prit sa place. Tant mieux, elle pourrait s'éloigner avec l'honneur. Bah, n'importe quoi. Svada s'en fiche, de l'honneur ou de la fierté. C'est juste un prétexte pour se tirer les mandibules de la-dedans. Alors elle s'écarte, elle regarde, et elle attend. Combat ou danse ? L'hybride n'est pas sûre de ce qu'elle voit. C'est à la fois d'une puissance inouïe, enchainement meurtrier, coup ravageur, et une danse gracieuse, entre deux chorégraphe d'un autre temps, qui se connaissent par cœur. Enfin, c'est peut-être juste la fumée qui lui est montée à la tête. Aussi. Probablement.

Mais même la fumée ne peut pas lui faire imaginer ce qu'elle voit après. Quoi ? Quoi ? Quoi ? Non, elle comprend encore moins. Tout ce qu'elle voit, c'est Ruby traçant quelque chose. Alors de la glace apparait ... un peu partout. Sur eux, sur le sol. Une fine couche. Svada n'a pas franchement le temps de se plaindre ou de balayer le tunnel du regard, que le givre se disperse, pareil à une pluie de confettis bleus et blancs, qui se dépose sur chacun. Elle ne sait pas ce qui est à l'origine de ce phénomène, sans doute Ruby aussi. Mais elle ne l'a pas vue en fait. Est-ce-que ça veut que c'est fini ? ... Quel dommage !

... Quel hypocrisie ! Oui en fait, Svada, elle préférait encore croiser les bras, là, oui comme ça. Elle préférait encore garder ses crochets sortis, parce que... parce que même si Dame Ruby semblait le connaitre, ou quoi que soit du même genre, l'araignée elle, elle n'avait retenu qu'une chose : il avait mouillé ses pattes, la rendant pratiquement aveugle sous terre, sans lumière. Déjà qu'elle y voyait que dalle, alors si on la prouvait de son premier sens. Alors elle observa ce temps suspendu de silence imposé par leur agresseur. C'était des élémentalistes, des réfugiés, comme eux. ... Mais était-ce une raison suffisante pour donner leur confiance aussi vite ? Apparemment, c'était le cas. Cet énergumène et Dame Ruby se connaissaient, alors ce n'était pas à elle, hybride, de dire quoi que ce soit. Enfin, il lui avait mouillé les pattes. ... Comment ça, ce n'était pas une raison ?

Et il suppose beaucoup de choses lui. Et il dit beaucoup de choses aussi. Si les yeux de Svada avaient pu s'animer, si elle avait eu des iris qui pouvaient flamboyer, alors sans doute serait-il mort sur le coup. Mais ses globes noirs restèrent noirs. Et puis voilà. Enfin non, pas vraiment. Cirque. Cirque. Le clin d'œil lui resta en travers de la gorge. Réaction à ses pensées meurtrières, ses pattes atrophiées remuèrent frénétiquement, d'elles-mêmes, et elle laissa encore ses mandibules au dehors de sa bouche, agressive. Non mais. Il s'était vu, lui ? La traiter de phénomène de foire. Pff Et si elle avait pu parler, elle aurait signalé que la paillasse était de toute façon, trempée. Mais au final, alors qu'il se dirigeait on ne sait où, et qu'on le suivait, lui et Dame Ruby, Svada finit par ranger ses crochets, dans un bruit assez peu ragoûtant. Retrouver ses deux organes venimeux, chacun au fond d'une joue, était plutôt désagréable au début. Mais à force, l'impression d'enfermement disparaitrait toute seule.

Alors elle suivit donc, la joyeuse troupe. Les bras croisés, à la fois mécontente et ... non juste mécontente en faite. Alors que les autres semblaient plutôt ravis de voir d'autres survivants, de retrouver peut-être, certains qu'ils croyaient disparus, l'hybride faisait la rabat-joie, enfermée dans son univers. D'autres y avaient rechapé ? Quelle surprise... Et quoi, on organise une fête ? On fait quoi ? Peuh, tout ça n'était que des malheureux en plus. Rien de plus, rien de moins. Ce n'était pas comme si Svada était si attachée aux gens en général, de toute façon. Ils marchèrent et marchèrent, et on se sentait infiniment confiné ici bas. Un insecte, ça ne vit pas aussi loin sous terre. Alors ça n'arrange pas vraiment son humeur. Vraiment pas.

Même, cette araignée était de si mauvais poil, qu'elle ne montra aucun signe d'admiration ou de simple surprise en arrivant dans ce qu'on appelle(rait) le Dôme des Chemins. Non, niet. Elle ne ferait pas ce plaisir à celui qui l'avait rendue aveugle pendant quelques secondes. Elle n'avait pas aimé cette sensation d'aveuglement soudain. Simple, elle avait peur de ne plus rien voir. Quand on croit que ce qu'on voit, on veut voir pleins de choses. Et puis... elle avait bien vu que sa vue baissait. Alors elle promenait, indifférente, son regard là où il la partait encore. Tant qu'il pouvait la porter. Encore.

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Ruby
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MessageDim 6 Juin 2010 - 21:09

Il avait des enfants et elle, elle n'avait qu'un cirque. Elle se sentit presque insultée par cette remarque, alors même qu'il venait de passer ses mains sous ses vêtements pour vérifier une dernière fois, avec son accord, son identité : une cicatrice fine entâchait la pureté de son flanc gauche. C'était lui, qui la lui avait infligée, avec le métal oni qu'un poignard en argent. Elle était une nouvelle sorte de vampire, en cela. Et, au dessus de ce sentiment vil, il y avait la souffrance qui grossissait, inacceptable, à son coeur. Cette cicatrice-ci, elle la détestait. Elle ne la chérissait pas comme les autres, elle n'était pas le souvenir d'une évolution, seulement la preuve d'une faiblesse. Il s'éloigna d'elle et entreprit d'ouvrir la marche. Ruby fit demi tour et retourna auprès de la passeuse.

Si le monde, sous terre, avait changé, le sien aussi s'était transformé : elle ne laissait plus personne en arrière. S'il avait des enfants, elle avait des compagnons. S'il avait une descendance, elle n'avait que des frères. Mais ce détachement égoïste faisait partit de son caractère, était un signe de force, aussi ne lui en voulut-elle pas, et chérit, même, cet aspect de sa personnalité. La Dame posa doucement sa main sur la Passeuse. Elle se rendait compte de sa nature particulière, et de l'anti-conformité de sa façon de penser, elle ne voulait pas être une intrus sur son territoire, mais, de ce qu'elle savait des insectes, l'eau n'était pas son alliée.

La Cristalléenne fit un signe aux autres : ils allaient tous bien, aucun dégât dans les rangs. Ils prirent leurs sacs et suivirent leur guide dans les tunnels écrasants de ce domaine lourd. L'atmosphère, ici, état statique, et si les odeurs d'humains entassés ne faisait vomir personne, c'est qu'ils en avaient vu des choses, les gens qui accompagnaient la Dame. C'était des vétérans auquel allaient tout son respect, et bien plus encore. Aussi, à la vaillante guerrière, elle offrit de porter le sac. Mais l'Araignée refusa. La jeune femme passa sa main droite au dessus du corps de la combattante - l'autre était serrée sur son coeur - et fit sécher cette armure magnifique.

Puis elle remit son capuchon sur son visage, pour cacher ses traits tirés, et la raideur de son sourire forcé, l'humidité de ses yeux fiévreux. Elle tira d'un geste qu'elle voulait nonchalant - pour cacher sa lassitude - son paquetage sur son dos, et ferma la marche des siens, les enfants de l'elfe fermant la sienne propre avec de la dévotion dans le regard, ou de la reconnaissance. Ils arrivèrent finalement dans ce qui devait tenir lieu de salle de vie. Tout... comment dire... tout sentait le sexe. Cela, la Dame ne le comprit pas vraiment, elle qui ne possédait de ce côté que l'expérience des plantes, mais elle se doutait que se tramaient sous terre des activités pour le moins "naturelles". Il fallait bien occuper son temps, non ?

Les habitants offrirent de décharger les visiteurs, touchant leurs épaules, leurs mains, avec la volonté de croire en l'incroyable : était-ce un rêve ? Une chimère ? Une nouvelle hallucination ?! Non pas, non... L'elfe leur avait promis un abri, et voila que l'ancienne dirigeante venait en personne ouvrir les portes de ce qu'ils pensaient être leur tombeau ! Leur confiance en le drow était dorénavant scellée à tout jamais. Le coeur de la Dame s'alourdit en songeant quelles nouvelles du monde elle leur apportait. N'était-ce pas ce qu'ils désiraient tous ? Savoir comment Magyar se portait ? Elle offrit son sac à porter à un enfant plus petit qu'elle, et se sentit mal de la déliction qu'elle lut sur son visage.

Et puis... la douleur devint insupportable, et elle se força à l'immobilité, là, au milieu de cette fourmilière. Le visage baissé, on ne voyait pas ses traits dans les ombres. On pouvait croire qu'elle se plaisait à observer, songeuse, mais ce n'était pas là la vérité. L'elfe s'approcha et posa sa main sur son épaule, légère, puis la retira, comme une plume que le vent emporte, et de sa voix grave, chaude, il lui demanda très bas ce qui se passait. Elle sentait que dans son corps, il y avait la tension de l'inquiétude, et tandis qu'elle sentait que la souffrance passait, elle lui répondit dans un souffle :

« Les Puissances Anciennes se sont dressées et ont presque soumis le monde entier » Elle releva vers lui son visage, aux traits inexpressifs, des yeux de sang immobiles, morts « Et pour cela, d'autres ploient sous leurs jougs » un mince sourire, souvenir ancien, tira sa bouche « Mais ceux qui comme toi gardent une lumière savent qu'il y a un prix à payer. Je paie le mien volontiers si c'est pour rencontrer des êtres aussi extraordinaire que toi. »

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Shin
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MessageDim 29 Aoû 2010 - 23:28

Puissante. Du profond de son être, cela se dispersa dans tout son corps, une vibration de plaisir intense qui frémissait son épiderme. Une émotion forte, condensé d'une grande revendication à la fierté, à la sensation de voir accomplir le fruit des racines, implanté il y a des mois dans ces souterrains ténébreux. Des graines d'espoir que l'on pouvait voir dans chaque regard. Une lueur vive qui à plus d'une fois avait frôlé l'extinction. Mais cette flamme bien que faible, possédaient désormais une immense volonté de vivre. De part il y avait ceux qui avaient survécu dans l'hostilité dans le souffle démoniaque et d'autres qui avaient perduré dans les froides ténèbres. Dans la solitude, chacune d'elle auraient fini par s'éteindre si chaque être ne s'étaient pas conjugués pour former des groupes solides, capables de se soutenir mutuellement. Et en ce jour, c'était le grand souffle. Un brasier immense venait de s'éclairer dans le cœur de chacun. La lueur brillait que jamais.

Ils arrivèrent de partout, se joignirent dans l'immense dôme troglodyte. Les moins crédules semblèrent perdus, prirent du temps et touchèrent des corps, avant de se persuader que le supplice de Tantale, qui leur pendaient au nez, venaient de se terminer. Ils allaient pouvoir se nourrir après une faim plus puissante que la carence alimentaire, celle du désespoir.

Dans cette cohue où gens inconnus s'enlaçaient amicalement en signe de camaraderie de galère, l'elfe noir laissa la foule se serrait les uns contre les autres. De quelques signes de la main, il commanda à des citadins de décharger les arrivants et de leur proposer un peu de confort, du peu qu'offrait la citadelle. Plusieurs gestes, plusieurs ordres sans paroles, et le capharnaüm s'organisa. Le bruit des sacs et des fesses s'adossant au sol, les voix qui s'exclamèrent, demandant des nouvelles, racontant des anecdotes, le gloussement lorsque l'eau jaillissait des gourdes échangés. Dans les ombres, certains prirent des affaires pour les envoyer en cuisine. Certains sortirent des habits de leurs bagages et la plupart des citadins, dont les vêtements étaient déchirés par le travail acharné de ces derniers mois, se changèrent, sans pudeur.

En peu de temps la lumière illumina le plafond du dôme par un sort de lumière Aéra, la chaleur Igni remplaça la froideur des grottes, le centre s'éleva pour former une estrade, sur laquelle l'elfe noir allait s'exclamer. Mais avant tout discours, l'elfe noir remarqua l'assombrissement de la Cristalléenne. Il s'approcha d'elle, inquiet de ce soubresaut. A cette quiétude, elle lui affirma sa reconnaissance. L'elfe noir garda son sourire confiant mais si il n'était pas dupe. Au fond de lui, il n'y avait point de lumières, mais une formidable volonté d'aller en avant. Sa force, il ne la tirait pas d'un courage héroïque mais d'une expérience de guerrier rôdé. Moultes fois il avait chuté et s'était relevé pour mieux tomber encore et encore. Pour finalement adopté une discipline de fer qu'il appliquait désormais à ces camarades. Il n'y avait point moyen de se retourner face à son engagement, il se donnait à cent pour cent de lui-même. Car c'était la seule façon qu'il lui convenait de vivre.

Ce n'était pas une lumière, simplement une main de fer sur sa destinée.

Il n'avait point envie de répondre à ses mots sincéres et tendres, de peur de les salir par une maladroite parole. Il se contenta d'incliner la tête lentement en guise de compréhension et de respect. Ce genre de discours, cette fille ne devait pas les employer pour qui que ce soit. Et en cette honneur, le drow ne voulut pas l'offenser. Il lui tendit la main, lui proposant de la prendre.


"Laissons cette foule festoyer de ces fameuses retrouvailles et allons discuter au calme du dessein que nous allons former. "

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Ruby
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MessageSam 11 Sep 2010 - 11:51

Elle inclina sa tête en signe d'assentiment, et cala son pas sur celui du Drow. Il fendit une foule aux yeux caves, aminci et épuisées, que les visiteurs non anoncés noyaient sous les présents divers : dans l'amalgame d'outils et de vêtements, la nourriture - simple chair - paraissait la plus grande des richesses. Pourtant, ces femmes et ces hommes ne se jetèrent pas dessus, obéissant à une discipline étrange. C'est qu'elles étaient devenu dures et âpres, comme ces vagabonds qui cheminent l'épée au côté, ou les femmes abusées, cette troupe hétéroclite.... C'est qu'elles semblaient capable de grandes choses, cette masse d'infortunés. Etait-ce avec des gens pareils qu'on forgeait un nouveau monde ? Assurément, oui. Néanmoins, la Dame ne put s'empêcher de se demander si les épreuves ne les avaient pas, d'une certaine façon, trop abîmés...

Tels des fleurs froissées, ou des feuilles sèches.

Elle se retourna avant qu'eux deux ne quittent le dôme d'accueil, adressant à ses protecteurs, qui se détachaient timidement des naufragés, un geste d'invite de la main : comment pouvait-elle leur refuser le droit de la suivre, alors qu'ils l'avaient fait avant, qu'ils lui avaient sauvé la vie ? Ils empruntèrent un long couloir éclairé à la bougie Igni. Ne craignaient-ils pas s'étouffer avec la combustion ? C'était sûrement des flammes particulières, et la Dame s'enchanta que, même ici, la lumière parvienne à dominer les ténèbres. Elle prit cela comme un signe du futur. Les arceaux de pierre faisaient une demeure lourde, et l'atmosphère pesa au coeur libre de la jeune femme. Elle n'imaginait pas possible une vie de réclusion pareille. C'était pire que l'abstinence dans un monastère : un tombeau.

Leur guide salua, à la fin du chemin, deux gardes étonnés : ils reconnurent sans y croire vraiment la Dame qui avançait maintenant à visage découvert, ses yeux rouges comme la promesse d'une voie possible. L'un d'eux fit un geste de spirale sur son sein et ils leur laissèrent le livre passage. Shin ne décrit rien et garda le silence, il ne donna nulle détail sur les infrastructures ou la population, tut les noms et les rôles. Elle l'admira : il avait l'étoffe d'un chef, mais restait un guerrier et ce la la chagrinait un peu. Néanmoins, rien ne pouvait effacer la joie qu'elle ressentait à le revoir. Dans son dos, les pâtes de Svada faisaient en touchant le sol un bruit de claquement qui l'apaisait.

Il poussa, après plusieurs autres minutes de marche, la porte d'une vaste pièce, à la décoration absente et au mobilier spartiate. L'austérité du lieu ne sonnait pas comme une marque de pauvreté, mais comme la volonté de céder à la finesse le fonctionnel. C'était le bureau d'un soldat, et il aurait pu au final appartenir à n'importe qui. C'était une salle de réunion, en fait, pour témoin la grande table de pierre centrale haute dressée : ici, on ne s'asseyait pas pour causer, visiblement, mais on pensait à l'ordre et à l'organisation. Elle arrivait à la taille de Shin, et par conséquent à la poitrine de la Matriarche qui ne vit là nulle offense. Sous la couverture de roche, ils avaient façonné un monde à leur taille, futurs géants de pierre.

Sous sa cape, son poing était serré sur la blessure vive qui pulsait comme une étoile agonisante. La douleur et le plaisir se disputaient, et un masque rigide figeait ses traits dans un simulacre de sourire. Leur hôte, Père d'une résistance, reprit la parole.

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Shin
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MessageDim 14 Nov 2010 - 18:38

D'un geste de la main droite, il invita ces compagnons, présents et futurs, à s'asseoir sur les dix chaises entourant la table circulaire ou à se répartir pour les derniers arrivés. Lorsque le dernier d'entre eux franchit la porte, l'elfe noir tendit sa main vers celle-ci et la porte se ferma sous l'attraction des verrous de glace. Un brève instant d'obscurité suivit d'un claquement de doigt. La lumière apparut en sphère au creux de la paume d'un des seconds de Shin, qui la lança sur le plafond. La boule se dissolut en plusieurs tracés creusés dans le plafond et la pièce fut illuminée équitablement dans tout les coins.

Sa chaise légèrement en retrait, l'elfe noir resta debout, les cuisses fermes posées contre la table en bois, les bras dégagés prêt à gesticuler au fur et à mesure des propos du chef des lieux. A sa droite, était assis son second assurant son regard à chaque fois qu'il le croisait pour lui donner confiance. Il balaya de ses yeux et sans un mot, cette petite foule qui s'était réunie dans cette salle qui n'était habituellement fréquentée que par ses conseillers et lui-même. Elle avait de la volonté et de l'espoir. Tout en chacun comprenait qu'ici se jouait une nouvelle solution aux enjeux de survie et l'esprit de l'elfe noir tournait à vive allure pour trouver ce qu'il allait dire, le stress monta. Après tout, il y avait de nombreux inconnus à cette réunion et peut-être avait-il était trop coupé du monde pour être doté d'une logique utile aux problèmes de cet aire. Cependant, il resta confiant. Après tout, il n'avait pas créé cette citadelle souterraine en toute innocence. Il aurait été malsain de former cette petite communauté et de les enfouir sous terre, dans le but unique d'y vivre. Non. Il savait parfaitement les avantages stratégiques de cette position qu'ils pouvaient en tirer pour la protection des élamentiens....et la résistance.

Pourtant cela n'était point joué d'avance et tout le but de ceci n'avait pas été tout les jours très clair pour les fous qui avait soutenu son projet en le suivant. La démence guettait chaque jour la lassitude et le manque d'enthousiasme et heureusement l'elfe noir avait trouvé en chacun, soutien et potentiel. Lui-même se demandait souvent si ce n'était pas une trop grande ambition d'espérer que ce lieu aurait son utilité.

Mais aujourd'hui, ils pouvaient tous souffler et respirer derrière leurs rides et leurs courbatures. Aujourd'hui à la croisée des chemins.

L'elfe noir décocha un léger sourire à la Cristaléenne. Si il était dôté de larmes, il en aurait perlé une de joie à cet instant.


"Bienvenue à tous! Je tiens tout d'abord à vous remercier de vous être déplacés jusqu'ici et d'y apporter autant de vivres et de plaisirs aux habitants de notre citadelle. Je ne connais pas la plupart d'entre vous, mais je tiens à exprimer la joie de tout mes concitoyens de vous savoir en vie malgré tout ce qui s'est passé. Sans quoi l'espoir qui nous a permit de construire ce lieu aurait été vain."


Comme si il lui donnait quelque chose, il tendit la main vers la Cristaléenne.

"J'aimerais confier la parole à votre chef. Je vous prie d'apprécier votre visite et sachez que nous avons à coeur de vous la rendre la plus confortable posssible."

Enfin, il ramena sa chaise dessus et posa ses fesses dessus.

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Ruby
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MessageLun 29 Nov 2010 - 3:40

Son discours avait été court, direct. Les morts prononcés avaient le parfum d'une terre natale : depuis combien de temps ne lui avait-elle pas parlé ? Depuis combien de temps s'étaient-ils séparés ? Il y avait entre eux une haine farouche, et une affection certaine, leurs liens étaient fait pour moitié de traîtrise et pour moitié d'entraide. Mais cela, au final, importait peu, quand on se trouvait être la détentrice de l'unique clef de sa prison. Elle n'était pas venue à eux portée par le devoir, ou par la raison, si elle était venue en personne, c'était parce qu'elle les aimait, tous ces visages, toutes ces identités, tous ces habitants. Elle les aimait comme on aime son peuple.

En lui accordant la parole, l'elfe noir se rendait parfaitement compte de l'honneur qu'il lui octroyait, il lui reconnaissait son rang, un rang égal au sien, et une nature particulière. Elle inclina son menton délicat, ses traits n'ayant au cours de mois pas changé : c'était toujours un visage juvénile, aux courbes de l'enfance, à la minceur étrange, aux regards plus sanglants d'une bataille, surmonté de l'arc blanc de sourcils laiteux. En dessous, sa bouche souriait, et quand ses lèvres se décollèrent l'une de l'autre pour parler, il y eut comme un baiser, qu'elle envoya au drow.


« Après le Jour de la Perte, les habitants d'Elament se sont enfuit dans les bois, traqués par les démons, attaqués par la faune et la flore locale. Et puis, Wind Ailes-Grises est venue à nous, et nous a guidé vers une ancienne Cité volante : L'Île. » En retraçant simplement le fil des évènements, la Dame espérait pourvoir clarifier certains détails dans l'esprit des villageois de cet étrange village souterrain. En donnant une réalité à leur vie, une substance à l'extérieur, elle voulait les remercier de leur lutte, les glorifier dans leur combat. « Nous avons battit là-bas un village de fortune, près de terre arables sauves et saines : nous pourvoyons ainsi la Résistance actuelle en nourriture. Car à l'extérieur, nous ne sommes pas seuls. Il existe des petits foyers, constitués de poignées de combattant, qui taillent dans les troupes une part maigre. »

Et le visage de la Dame changea, se teintant d'une rage sourde, d'une colère brûlante. Elle aurait pu, sur un mot, un geste de ses doigts, invoquer des esprits de glace plus vieux que le monde, et mourir, ici, de honte, ensevelissant la roche sous la neige. Mais ce pouvoir n'aurait servit à rien : il fallait mourir pour invoquer pareille puissance, et sa mort ne servirait en rien les intérêts de son peuple.

« Cela doit changer. Cela va changer. Vous nous avez prouvé, en survivant ici, que nous étions forts. Vous nous avez prouvé, en survivant ici, que nous n'étions pas des proies à la merci d'un prédateur trop fort pour nous. Nous avons commencé, dehors, à jalonner des sentiers vers le rétablissement. Vous nous avez prouvé que nous étions capables de bâtir de grandes choses. »

L'étoile à sa poitrine pulsa doucement, instillant souffrance sur souffrance, donnant à sa voix une gravité soudaine qui scellait peut-être avec son charisme. Ruby était de ceux qui parlait souvent pour ne rien dire, jeune fille ayant vécu loin des lieux où les voix portent loin. Elle était sotte, parfois, et ignorante de beaucoup de choses. Mais ceci, c'était avant. Avant la mort, et la perte, avant la chute et la dissolution. Elle avait grandit et n'avait pas besoin de le prouver à l'elfe noir. Et au diable les fous qui demanderaient des preuves : elle les broierait, sans hésitation.

« Mais, Shin... Je ne suis le Chef de personne : je n'ai fait que choisir une voie et accepter qu'on me suive. Et cette voie nous a conduit ici, à vous donner vivre et matériel, et à construire, si le cœur vous en dit, de grandes choses. »

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Shin
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MessageMar 8 Fév 2011 - 23:11

"Aucune rencontre des volontés communes n'est laissée au hasard."
Légende d'un Elfe Noir, Shinreï Suiton

Dans un silence de cathédrale, tout les citadins rassemblaient ici présents écoutèrent les paroles de la Cristalléenne, avides de nouvelles et d'espoirs, bouillonant à l'idée qu'à la surface, une résistance avait survécu au Jour de la Perte, le terme qu'elle employait pour définir cette maudite journée. Elle parlait d'une Île où la civilisation des élementalistes avait pris ses droits. Ce fut avec un certain émerveillement, palpable dans leurs yeux, que les habitants de ces souterrains burent ses dires. Elle-même était semblait-il devenu un véritable guide, proue d'un instant de survie digne des élementalistes. Pourtant, la plupart n'étaient point formé à la débrouillardise en milieu hostile, ayant vécu retranché les murailles protectrices d'Elament. Ils auraient pu tous se dispersé et finalement se voir terrasser par l'ennemi. Mais ce ne fut point le cas. Comme ceux qui suivirent Shin dans son projet, d'autres furent guidé par la forte volonté de Ruby.

***
Tout deux avaient pris des chemins différents. L'elfe noir ayant combattu avec fougue les démons qui poursuivaient la femme ensanglantée. Avec des camarades tel que l'Aasimar au casque squelettique, il avait réussi à ramener la Chasseresse de Glace vers un petit campement où un médecin avait été trouvé. Durant deux jours et deux nuits, il enchaina les combats pour protéger les dernières braises d'un feu presque éteint par le souffle démoniaque. Épuisé, il s'était retranché vers les campements et il avait passé sa tête dans l'ouverture de la dernière tente installée en arrière et durant une bonne minute, il avait fixé la Cristalléenne. Son visage rayonnait d'une infinie tendresse pour celle pour qui il éprouvait tant de sentiments contradictoires. Auparavant leurs destins s'étaient liés de multiples façons, mélange d'absurde et de réalité, dont les seuls vérités ne pouvaient véritablement être expliqué. Il y avait un Destin entre eux deux, mélange de haine, d'attirance, de désirs et de reconnaissances. A travers les leçons, à travers la Valse des tempêtes, à travers le coup de poignard, à travers le baiser.

D'un coup, il comprit que leurs chemins devaient se séparer ici, au moins un temps. Il savait que malgré ce qu'elle avait fait durant la première bataille, elle avait gagné le respect de ses compéres, à travers le meurtre de Tarna la Traître et le combat face au Roi. Prête à mettre sa vie en jeu, elle avait inspiré tant de personnes qu'un véritable groupe de guerriers s'étaient formé pour la protéger. Que la plupart des fuyards au courant de leur échappée s'étaient rapprochés de son campement. Il sut que la destinée de la Louve était de guider à présent les survivants. Qu'elle en avait l'étoffe. Et que par conséquent, il ne pouvait pas rester à ses côtés. Peut-être finiraient-ils par être de nouveaux adversaires, vu son besoin d'être libre de toute supériorité. Peut-être qu'au contraire, ils finiraient par être amant. Mais avant tout, l'elfe noir avait besoin de vagabonder avant de revenir à la société qu'il chérissait tant. Il était un Traqueur Infernal après tout, vivant du sang de ses ennemis et des multiples aventures. Alors il partit, demandant au médecin à ses médecins de prendre soin d'elle.

Les jours suivirent, il rencontra sur son chemin des fuyards. Dans un esprit de camaraderie, il forma une petite troupe autours de lui, grâce à l'aide qu'il apportait par sa puissance de combattant. Sa solitude prit fin à cet instant. Il sut qu'il ne pouvait échapper à son amour pour la Cité et qu'il ne pouvait rester seul bien longtemps vu la situation. Il devait protéger ces désespérés qui ne pouvaient grand chose face à cette fatalité. Au fil du premier mois, cette troupe s'agrandit tellement qu'elle devint une véritable communauté d'une cinquantaine de personnes. Initiateur de ce regroupement, l'elfe noir devint aisément le chef et il eut une première idée : La Citadelle Souterraine. Cachée, solide, qui se construirait à la force de cette troupe. Il ne sut point ce qu'il était advenu de la Cristalléenne et de ceux qui la suivirent. Ils s'enfoncèrent dans le sol et durant des mois, mué par la verve de leur chef qui dégageait une puissante énergie d'espoir et un sens de l'organisation presque unique, ils s'effacèrent de la surface du monde. Néanmoins il avait l'intime conviction que tout ceci n'était point vain. La Louve survivrait, il en était certain. Certain qu'un jour, il y aurait une nouvelle Croisée.

***

Plus les secondes passèrent, plus la joie s'intensifiait dans le coeur de l'elfe noir. De la revoir lui procurait un tel sentiment de plaisir et d'enthousiasme, qu'il eut de plus en plus toute la peine à dissimuler son bonheur et d'éviter de sauter sur la Cristallénne. La savoir en vie, la savoir guide d'une résistance et d'une survie possible. La voir de ses propres yeux...elle lui manquait inévitablement. Débordant d'énergie, il fut parcouru de nombreux frissons à chaque fois plus fort, quand leurs regards se croisaient ou qu'elle parlait. Intérieurement un bouillonnement très rare chez lui, tandis qu'un autre part de son esprit s'efforçait à garder un visage éclatant de joies, mais tout de même teinté du sérieux qui le caractérisait d'habitude.

L'elfe noir ferma les yeux sous le flot impétueux des pensées qui fourmillaient dans son esprit à l'instant même. Au fur et à mesure que la Cristaléenne parlait, tout s'imbriquèrent pour former des idées ambitieuses et à partir de là, des plans commencèrent à germer. Tout ceci paraissait si bien se former que le chef en eut le vertige. Une Île où les élementalistes avaient créé un nouvel habitant et fournissant en nourriture de nombreux foyers de résistances disparates. Qui taillait une part maigre dans les défenses de l'ennemi. Il y avait donc déjà beaucoup de choses de faite, et encore beaucoup à faire. Et là, la puissance du destin avait réuni deux foyers des plus renforcés, sous l'égide de deux anciens compagnons. Et l'elfe noir n'eut aucune hésitation à prendre sa décision.

Lorsqu'elle finit de parler il frappa impulsivement la table de son poing et tout le monde se tourna vers lui. Les paupières grandes ouvertes laissant deux globes rouges vifs éclairer la salle de la volonté. Il sourit confiant à cette troupe d'élementalistes réunis autours des deux guides, volontaires pour être leur ailes.


"Tout ceci n'arrive pas par hasard. Si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est pour une bonne raison. Notre but commun nous a permis de nous retrouver, par le désir de chacun d'entre nous de survivre, de reprendre ce qui nous a été volé et de vaincre les démons. Nous avons ici les racines d'une potentielle nouvelle organisation qui nous permettra de ne plus se laisser faire face à l'oppression des démons. J'en suis certain. Nous allons regrouper nos maigres forces et construire ici-même le cœur d'une nouvelle alliance. La force de travail des citadins va nous permettre de créer un cœur à cette résistance que tu nous décrit là. Ces derniers mois durant lesquels chacun d'entre nous avont survécu à notre manière, nous avons développé des capacités que nous ne pensions pas avoir jusqu'à présent, et ces capacités couplées entre elles vont nous permettre de triompher de l'adversité. Nous pouvons retrouver la force d'antan qui a permit aux premiers héritiers des quatre dieux de protéger la cité jusqu'à aujourd'hui."


Il se tourna vers la Matriarche et tendit les mains vers elle.

"Puissons-nous s'allier pour former une Grande Résistance!"

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Ruby
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MessageDim 24 Avr 2011 - 20:31

[Je t'ai un peu pnjisé. Tu peux clore le sujet en répondant : )]

S'allier et former une grande résistance... Dans quelques mois, ces mots sonneraient creux, comme des morceaux de mosaïque tenant par un ciment trop facile. L'édifice s'effrondrerait-il inexorablement ? Pas forcément. La fresque pourrait rester belle, si la Dame en avait la volonté. Dans sa poitrine, son cœur battit d'une nouvelle énergie. Elle avait trouvé un allié puissant. Pas autant qu'elle, c'était certain, mais Shin possédait une expérience humaine qu'elle n'aurait jamais. Il avait vécu le triple de sa vie, ou plus encore, et côtoyés des esprits différents, tandis qu'elle-même n'avait le recul que d'une triple décennie, pour ce que cela valait...

À l'intérieur du bureau, on fit venir du vin et de la nourriture et, pour la première fois depuis longtemps, Ruby se laissa aller à boire une corne d'alcool. Le poison coula, vif, dans sa gorge, brûlant son estomac et infusant dans son ventre une chaleur étrange. Un sourire mutin redressa le coin de ses lèvres et, assis à la table, tous les convives échangèrent des conversations plus légères, comme des amis qui ne s'étaient pas vue depuis longtemps – et au final, c'était le cas. Et puis, un garde annonça que le soleil se couchait, et on posta des hommes près de la porte que la Dame avait fracturée.

Dans le bureau, tout le monde était parti. Il ne restait qu'elle, si froide, si blanche, et lui avec sa force contenu, la prédation dans ses gestes et ses muscles d'animaux qui roulaient sous sa peau. Ses épaules ne tendaient plus ses vêtements comme autrefois, et le manque de lumière avait éclaircit la couleur de sa peau, la faisant cendreuse... Il faudrait corriger tout ça, et se venger, exiger tribu, dans le sang et dans la souffrance, mais plus tard. Pour le moment, la seule chose à faire était la planification : quoi des échanges, quoi des déménagements de la population. Quoi des armes, des vivres et des plans de bataille. Quoi de la direction des choses et des messagers.


« Tu ne pourras pas revenir » avait dit l'Elfe Noir, presque avec regret. Il y avait pourtant la logique de sa réflexion qui sous-tendait : elle, entre tous, était reconnaissable, et facilement duplicable. Sa peau, ses cheveux, ses yeux... Les démons les connaissaient tous. Elle était un danger certain si elle revenait, puisque tous lui obéissait. Aussi, Ruby parla à Shin des pièges de l'Île : de l'impossibilité de rejoindre le caillou émergé, des chenaux, des courants, des écueils, des tourbillons meurtriers.. Et, sous terre, dans les sous-terrains, des créatures, des pièges... de la voie unique que trois connaissaient. Les Passeurs.

« Tu as rebâti un monde ici. Cet endroit... pourrait être notre asile en dernier recours. Ou notre prison. » Et lui-même avait acquiescé. Il lui fit par de quelques idées pour en renforcer la sécurité, et elle y ajouta les siennes, faites d'illusions et de mensonges, de tours de passe-passes. L'alcool rendait les joues de la Dame de la couleur douce des pétales de lotus. Elle avait arrêté de boire depuis longtemps, mais la rareté de ses ingestions décuplait les effets du breuvages. Ses yeux brillaient, luisant comme l'acier.

Elle avait abandonné sa cape depuis longtemps : le manque d'air des lieux l'étouffait, et l'absence du ciel l'oppressait. Sa claustrophobie, acculée depuis des mois sur l'Île, ressurgissait doucement, faisant se rapprocher les parois impeccablement taillées des pièces et des couloirs.
« Tu es toujours avec moi pour te battre ? » lui avait-elle demandé, en repliant un parchemin nouvellement noircie de plans et de batailles.

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