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 [ Prison ] Montrer les crocs... [ PV Sappho ]

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MessageMar 11 Mai 2010 - 7:46

Le noir... Mais pas le noir que j'appréciais non... Quelque chose de plus glauque, de plus oppressant et plus malsain. Mes ravisseurs m'avaient attaché les poignets au mur derrière moi mais de façon très basse, ce qui me forçait à demeurer à genoux sur le pavé et la fange. Mes bras tendus me faisaient souffrir, cela faisait maintenant quelques jours que j'étais là et que je n'avais rencontré âme qui vive. Parfois des cris et des rires mauvais déchiraient le silence, m'arrachant des frissons que je ne pouvais refréner. Et dire que je me voyais comme un monstre... En réalité il existait bien pire que moi dans ce monde. Je m'en voulais d'être parti, d'avoir quitté l'opulence de mon foyer, d'avoir succombé à tout ce que ma race détestait... Je me dégoutais et pourtant... Je ne voulais pas mourir. Si j'avais pu me libérer je serais sûrement parti ailleurs et j'aurais combattu les Démons mais maintenant l'heure n'était plus aux hypothèses. Lentement, je fis quelques pas en arrière pour desserrer l'étreinte de mes chaînes et attraper un rat au passage pour lui boire son sang, cela m'apaisait pour quelques temps mais jamais assez. Qui plus est, le sang d'un rat ne vaut pas celui d'un humain et mes papilles s'en rendaient bien compte. Je m'adossais au mur et laissais ma tête aller contre la pierre froide, cela m'apportait un peu de réconfort car elle était toujours douloureuse.

J'essayais de me remémorer ce qui c'était passé ces derniers jours, j'avais touché le symbole de mon élément sur la porte de la cité et là... Et là ils se sont jetés sur moi et ce fut le noir complet pour ensuite me retrouver ici. Je ne comprenais pas, mon percepteur m'avait pourtant parlé d'une cité joyeuse où les rires résonnent et où tous vivent heureux en apprenant à maîtriser leurs pouvoirs. Il ne devait pas être au courant que la cité appartenait plus aux Démons qu'à des peuples joyeux... Ou bien peut être voulait il se débarrasser de moi?... Non cela n'avait aucun sens, il était déjà parti quand j'ai pris la décision de quitter mon foyer... Mais alors qui?... Mes parents? Honteux d'avoir un fils tel que moi?... Non, impossible également, dans notre famille nous nous basons plus sur nos armes que sur nos pouvoirs mais pas au point d'envoyer quelqu'un à la mort... Force m'était de constater que j'étais ici par un simple mauvais tour du destin... Même si cela semblait stupide... Poussant un soupir, je me ravançais dans ma cellule, tendant de nouveau mes chaînes et je me mis à hurler dans le couloir sombre qui me faisait face...



IL Y A QUELQU'UN?



Mon cri résonna encore quelques minutes mais plus rien. Heureusement que je n'avais pas à souffrir de la lumière car à part une bougie dans le couloir on y voyait goutte. Qu'allaient ils faire de moi? Me tuer? Pourquoi ne pas l'avoir fait dès le début alors? Tout cela me demeurait incompréhensible et puis soudain...

Des bruits de pas retentirent dans le couloir, on m'avait donc entendu? Qui osait venir ici alors que cela faisait plusieurs jours que je ne voyais personne?... Venait on enfin me dire ce qu'il allait advenir de moi? Je fis encore une légère avancée dans ma cellule, tendant les chaînes au maximum et bandant ce que j'avais de muscles pour pouvoir tenir quelque minutes dans cette position... Qu'allait il se passer?


Dernière édition par Aran Moiread le Mer 12 Mai 2010 - 10:17, édité 1 fois
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Sappho
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MessageMar 11 Mai 2010 - 20:56

Noirs sont mes desseins
Sombres sont mes arcanes
Faux sont mes sentiments
Faux des Ténèbres, Faux Impétueuse, Faux Majestueuse... De tous ces démons, il semblait que ces surnoms soient des éloges. Flatterie de mes pairs. Oh, mais la succube aime ça. Elle aime entendre Faux dans la bouche des autres. Elle aime les voir la vénérer. C'était si prenant... Alors elle jouait avec eux. Les flagorneurs parmi sa cours, elle les contentait, elle les choyait. C'était grisant, d'être à la tête de Seladeg. C'était incroyablement distrayant. C'était un plaisir non dissimulé chez elle. Elle gouvernait avec les incubes et les succubes sur une cours dépravée et pourtant prête à se ranger à ses côtés. Malgré sa folie et son intransigeance, elle n'arrivait pas à la cheville de la précédente Reine, Tarna.

Faux... semblants ? Faux amours ? Ah oui. Elle se souvenait de ça aussi. C'étaient les mots gravés dans le dos de son Lysias. Ceux qui marquaient son appartenance et son asservissement. Sa fausse servitude. Son départ, elle l'avait surmonté. Elle était sûre de le revoir. Ils avaient tenu leurs premières promesses, alors il ne pouvait pas l'oublier cette fois. Depuis, elle s'était déjà trouvée une esclave. Ba, cette petite plantimorphe qui s'occupait de ses quartiers. Elle était fragile, mais ses lacunes dans les connaissances des élémentalistes étaient un avantage. Et Sappho lui permettait tout de même de sortir, un peu. Avec cette petite, elle se montrait moins violente que d'habitude, sauf dans des cas d'extrême énervement. Alors pour se défouler, elle torturait des esclaves un peu au hasard. Mais sa dernière lubie, c'était de s'en trouver un autre, qui tiendrait assez pour qu'elle joue avec.

C'était dans ce contexte pensif que la Faux sortait de ses quartiers, dans la Palais. Assez peu habillée - comme une succube en somme - elle se dirigeait vers la Cité à proprement parlé et ce, afin de s'y promener avec quelques partisans. Bon, ne passons pas par quatre chemins, cette "promenade" se terminerait bien, très bien. On aura compris. Bref, c'était censé se dérouler comme ça, aujourd'hui. Comme hier. Mais au détour d'un couloir, elle entendit un cri. Une voix. Un captif délaissé par ses tortionnaires ? Il y en avait à la pelle ! Oubliés après quelques alcools forts, on les laissait mourir ainsi. Mais peut-être que celui-là aurait de la chance... Intriguée, la succube marcha en direction de ce cri, descendant vers les salles d'en bas. Elle arriva à une pièce dans la porte était ouverte et de laquelle s'échappait une lumière dansante. Que les couloirs étaient sombres par ici... Repérer cette lueur était simple de cette façon.

Elle sentait un élémentaliste là dedans. Il portait en lui cette pierre scellant les pouvoirs, facilement repérable pour elle. C'était un mâle. Et il n'avait pas l'air trop... usé, dirait-elle. Elle se positionna dans l'entrebâillement de la porte. Elle, fine, gamine, et pourtant terriblement attirante, comme le sont les succubes. Elle faisait plus grande qu'avant, plus mâture dans son regard. Un sourire lui sciait la face et ses yeux luisaient d'un éclat désireux. Son ton était amusé.


" Mais qu'avons nous là ? " Il s'était avancé au maximum, cet insecte. Alors Faux s'avança rapidement et le plaqua contre le mur de cette cellule atypique. Elle n'en avait pas l'air, avec ses bras chétifs, mais elle avait une force suffisante et souple. Pas de quoi casser des briques, certes. " Une petite vermine abandonnée ? "

Elle se rendit compte à ce moment de sa pâleur et de sa froideur. C'était sûrement un vampire, comme le marchand d'esclave là, cet Armand. Oh, il pouvait toujours essayer de la mordre, il n'en retirerait rien de bon. Avec l'odorat si spécifique de cette espèce, il devrait bien sentir que son sang était imbuvable, intoxiqué par les ténèbres qu'elle consommait comme des sucreries. Mais si jamais la faim l'aveuglait à ce point... Il le regretterait ! Le goût devait déjà vraiment être abjecte... Enfin, elle n'en savait pas grand chose elle-même. Mais elle avait constaté que plus elle ingérait de ténèbres, plus son sang était sombre. Une coïncidence ? Je ne pense pas.

Ses yeux plutôt grands et expressifs parcouraient son visage et le verdict tomba : Diable, ce qu'il était à croquer ! Pourquoi fallait-il que tous les vampires soient beaux ? Certains incubes pourraient aller se rhabiller. Elle passa ses doigts filiformes sur son visage pâle et marqué par des rictus de souffrances, dans un geste plutôt apaisant. Il ne ressemblait pas à son Lysias... Son visage à lui, en face d'elle, n'était pas aussi fin, ses cheveux étaient bruns et il était plus musclé que son nymphe. Mais justement. Il ne lui ressemblait pas. Alors peut-être qu'elle pourrait en faire son esclave... C'était une conclusion logique. Après tout, pour lui, c'était ça ou la mort ici... Elle se recula de son corps froid de vampire, et plissa les yeux.

" Mais une vermine aussi craquante... On ne va pas la laisser crever ici quand même..." Elle claqua des mains, toute joyeuse. " T'es d'accord avec moi j'imagine ? "

Elle avisa les chaînes qu'il portait aux poignets, et se pencha sur lui pour les atteindre. Faux passa sa main sur les liens, déverrouillant le mécanisme magique dedans. Il était désormais libre de ses mouvements. Ils étaient aussi assez loin de tout autre lien fréquenté par les démons.

Mais quoi ?
Sappho ne craint rien.
Sappho n'a peur de rien.
La Nuit, mère des Ténèbres, la protège.

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MessageMer 12 Mai 2010 - 16:32

Les chaînes de mes poignets disparurent sur un simple ordre de ce Démon, pris dans mon élan je tombais sur le sol, à ses pieds... Gisant là dans la honte la plus grande, mon visage ramassé presque contre elle. Mes vêtements étaient en lambeaux et ma manche droite arrachée révélait par endroits mon tatouage et ma musculature. Si on omettait mes oreilles pointues, je ne ressemblais plus à un Elfe Noldor depuis bien longtemps. Lentement, je me relevais en toisant la Démone face à moi de pied en cape. Elle était sans nulle doute splendide, pétrie par la main même du désir, malgré sa forme chétive. J'avais l'impression que je pouvais la briser d'une seule main et pourtant... C'était elle qui m'avait repoussé le long de la paroi, je devais me méfier. On m'avait toujours dit que dans le monde des Démons, rien n'était comme ce que l'apparence le laissait montrer et cette Succube semblait en être un exemple parfait. Mes jambes me faisaient souffrir, je mis donc un genou à terre à mon grand désarroi. Baissant les yeux sur le sol je lui répondis d'une voix hautaine et teintée d'une certaine moquerie.


Vous n'allez pas me laisser crever... Du moins pas ici... Vous allez commencer par me sucer ce qui me reste de vie jusqu'à la moelle... Je me trompe?



Un léger sourire naquit sur mes lèvres, montrant en partie mes crocs. Je me doutais bien de ce qu'une succube savait faire, je n'étais pas si ignorant même si, je pense, je n'effleurais qu'une bien mince partie de ses capacités. Je n'osais tenter quoique ce soit pour le moment, après tout j'étais encore dans ma cellule mais quelque chose me troublait... Je devais être un Elfe bien faible pour succomber si vite... Ou bien était ce dû à cette nouvelle nature enjôleuse et charmeuse que j'avais acquise avec mes nouvelles dents aiguisées. Après tout, je voulais tenter le tout pour le tout, il fallait que j'agisse... D'un geste ma main griffue attrapa celle de la Démone et l'attira contre moi en me relevant... Un sourire plus enjôleur naquit sur mes lèvres... Ma bouche s'approcha de son oreille et je pris ma voix la plus suave pour m'adresser à elle, cette voix que je sortais aux femmes que je voulais séduire pour me repaître d'elles dans les tavernes.


Dites moi... Que voulez vous de moi... Je suis prêt à me damner pour vous... Vous êtes si... Si désirable... Laissez moi vous montrer...


Je jouais le grand jeu à mes risques et périls, elle pouvait très bien se lasser et me déchiqueter en mille morceaux, j'étais dans son antre et j'aurais mieux fait de la suivre elle plutôt que de forfanter seul mais je ne savais que faire. Elle pourrait très bien m'emmener à la lumière et me regarder mourir, ou bien me laisser là, privé de ce délicieux sang que j'adorais boire et me regarder devenir un monstre affamé prêt à tout pour une simple goutte de sang de rat. J'étais à sa merci maintenant, serré contre elle et m'attendant à tout... Si mon cœur avait pu encore battre je suis sûr qu'il aurait pu sortir de sa cage tant son rythme aurait été effréné...
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Sappho
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MessageJeu 13 Mai 2010 - 21:54

Spoiler:
 

Mais qu'il était amusant, celui-là... Sa main dans la sienne, elle la sentait. Mais ce n'était pas... comment appelaient-ils ça, déjà ? Lyly lui avait appris, lui avait montré... Chaleureux ? Oui, c'était cela même. Mais ici, avec ce vampire, c'était juste froid. Cette fraicheur la fit frissonner. C'était si étrange. Elle le laissa user de ses charmes. C'était drôle, ça aussi. Cette vermine avait l'air de vouloir vivre, quitte à tenter le diable. En l'occurrence, une diablesse. Mais qu'importe. Elle sourit à ses avances. Alors comme ça, il était prêt à se ... damner ? Bizarrement, elle aurait aimé que quelqu'un d'autre se damne pour elle. Mais elle n'avait pas pu l'y contraindre. Finalement, elle avait plutôt désiré qu'il reste un être pur. Mais lui, celui qu'elle venait de libérer de ses chaînes, il voulait tellement vivre, qu'il essayait de l'amadouer ? Pourquoi pas, après tout. Ses yeux se plissèrent alors que son sourire grandissait. Puis soudain, elle éclata d'un rire cassant, moqueur et cruel. Pour quelle raison riait-elle ? Y avait-il quelque chose de drôle là-dedans ? Pour elle sûrement, pour une Faux toujours. Elle attrapa le visage de cet esclave atypique entre ses mains aux longues griffes.

" Te damner tu dis ? Héhé tu te damnerais pour moi, vraiment ? " Elle plongea ses yeux de ténèbres dans ceux de cet élémentaliste. Des filaments noirs de ténèbres jaillirent de ses doigts et caressèrent sa peau pâle. " Pourrais-tu désirer les Ténèbres, toi aussi ? "

Non, personne ne le pouvait. Lui, il voulait juste survivre. Sappho, elle voulait juste s'amuser. Désirer les Ténèbres... à part les sorciers parmi les démons, qui le pouvait ? Personne... Mais cette réponse ne convenait à la succube. Elle cherchait de nouvelles questions, de nouvelles réponses, tout le temps. Était-il possible pour un élément et de la sorcellerie de cohabiter ? Pouvaient-ils rester purs, chacun ? Il était entendu que l'un ne pouvait vivre avec l'autre, sous peine d'être corrompu. Pourtant, elle avait pu enfermer de l'Air élémentaliste pure dans ses ténèbres. C'était donc possible, par l'expérience. Ne restait plus qu'à réessayer. Mais c'était pas gagné. Elle retira ses mains de son visage, demeurèrent simplement quelques traces éphémères de sa magie noire sur ses joues.

Mais malgré tout, elle conserva son regard planté dans le sien. Ses yeux... Des yeux d'un être de la Surface. Une expression que seuls ceux d'en haut pouvaient prendre. Pas forcement innocente. C'était un petit quelque chose que même les corrompus gardaient en eux. Comme une étincelle qui les distinguaient. Leur origine peut-être, ou une distinction qu'ils ressentaient. Son cœur s'emballa quelque peu. Que lui arrivait-il ? Elle voyait ce vampire là, mais il l'attirait comme n'importe quel incube le pouvait... Pourtant, elle se sentait retournée. Elle était quelque peu envoûtée par cet être charmeur. D'habitude, elle était insensible à ce genre de séduction, mais là, elle se sentait céder. A tel point, que, subitement, sans un seul signe annonciateur, elle l'attrapa par la nuque et colla ses lèvres sur les siennes. Est-ce-que ça, ça avait un sens ? Ces derniers temps, elle se comportait si bizarrement, que plus rien ne pouvait l'étonner venant d'elle-même. Plus rien ? Vraiment...

Elle s'écarta de lui, avec un sourire malicieux et un éclat étrange dans les yeux. Que voulait-elle en fait ? Elle voulait se distraire. Se distraire parce qu'elle se sentait devenir trop indifférente. Trop indifférente de la vie. De la vie qu'elle chérissait à présent. Elle redevenait ce qu'elle était avant, avant même de venir aux Enfers... Une gamine qui ne croyait qu'aux Ténèbres, et qui avait pour but ultime de s'y fondre pour l'éternité. Bon, ce c'était plus le problème à présent : quoi qu'elle fasse, quels que soient ses actes, elle n'y couperait pas. Lorsque sa vie prendra fin, son corps et son âme finiront dans les Ténèbres. La différence était qu'avant elle désirait cela. Maintenant, elle veut retarder ce moment, et vivre. Vraiment. Alors il fallait qu'elle reste ce qu'elle était devenue au fils du temps. Pour cela, il fallait qu'elle se rappelle de Lysias. Si pour cela, il fallait qu'elle agisse comme la pire des succubes... Et bien soit ! Elle le ferait. Tant que son visage restera gravé dans son esprit, elle essaierait de retrouver ses expressions dans d'autres.


" Héhé... Je pense qu'une vermine comme toi devrait faire l'affaire. " Elle attrapa sa main dans la sienne, celle à laquelle il manquait un doigt. " Oui... tu vas pouvoir te damner, comme tu dis. En tant qu'esclave pour moi. "

Et de son autre main, elle traça un signe, une rune démoniaque, de l'ancien langage des sorciers, sur le dos de la main de son futur -proche- esclave. Cette rune avait un sens bien évidemment. C'était le symbole de Sappho en fait. Celui grâce auquel on reconnaissait ses signatures ou sa bannière. Il ressemblait à deux croissants de lune pointant chacun au centre de l'autre. Il signifiait "Faux", dans le sens de l'arme. La rune se plaqua contre sa peau, sous forme de Ténèbres, et y resta gravée. Cependant, ce n'était rien d'indélébile. Même un élémentaliste pourrait, avec quelques sortilèges de purification, les retirer. Le but était simplement de marquer ses esclaves, afin que, s'ils se retrouvaient dans une situation délicate, cette marque les "protège". En effet, aucun démon n'aimerait subir le courroux d'une Faux... Car Faux tient à ses esclaves. Ils ne sont pas exempts de son sadisme, cependant, ce sont ceux qu'elle garde à ses côtés. Plus longtemps que la moyenne du moins.

Ce marquage n'était pas aussi douloureux que celui imposé par leur Roi : c'était au fer chauffé à blanc, qu'il marquait ses esclaves. Alors ceux de Sappho s'en tirait plutôt bien, même si sa technique n'était pas à proprement parlé indolore. La succube le lâcha enfin et le laissa supporter cette douleur là. Puis, elle posa une main sur sa joue, à la fois tendre et cruelle.


" On me nomme Sappho ou encore Faux des Ténèbres... Mais toi, mon esclave, tu m'appelleras Dame ou Maitresse Faux. " Elle se rapprocha de lui. Alors quoi, elle jouait encore la succube ? Bah, cela faisait si longtemps. " Ton corps et ton âme m'appartiennent. N'en doute pas, j'en ferais ce qu'il me plait et ton devoir sera de me satisfaire... Mais avant ça, il me faut ton nom. A moins que tu ne préfères te faire appeler vermine ? "

Aussi proches, mais si différents.
Damnés ? Traitres ? Nous le sommes tous.
Damnation... Trahison... Dans quel camp suis-je alors ?
Celui des traitres ?
Mon corps et mon âme sont divisés...
Ils n'appartiennent plus à la même personne.

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MessageVen 14 Mai 2010 - 8:53

Son esclave... J'avais joué et je venais de gagner un léger sursis. La Démone semblait apprécier mes viles flatteries, même si je me doutais bien qu'elle le faisait plus pour se distraire plutôt que de succomber à mes charmes. Le contact de ses lèvres contre les miennes m'électrisa, je sentais la noirceur suppurer d'elle par tous ses pores et pourtant... Quelle femme! Mais je n'eus pas le temps de m'appesantir plus sur la question car elle me repoussa pour m'annoncer quel serait désormais mon nouveau statut. J'allais être son chien, son esclave. Elle me prit la main et traça quelque chose sur son dos... Un dessin, une rune que sais je, toujours est il que je dus ployer le genou sous la douleur... Elle n'était pas intense soit mais suffisante pour me faire plier à terre. Ma Maîtresse retira sa main mais je demeurais là, genou à terre, prostré dans une position de servitude, les yeux penchés sur le sol... Ma vie venait juste de prendre le goût amer de l'enfer mais au moins j'étais en vie. Ma main me faisait toujours mal, m'arrachant un cri sourd qui n'eut pas l'effet escompté car sans le vouloir des lianes sortirent du sol mais elles moururent dès qu'elles sentirent l'aura de ma très chère Maîtresse, chaque mort me causait une douleur atroce, pire que celle qui me brûlait la main. Je tentais tant bien que mal de me contenir mais quelques exclamations de douleur passèrent la barrière de mes lèvres. La Dame demanda mon nom, je ne voyais pas pourquoi je lui mentirais, de toutes façons elle allait bien finir par le découvrir un jour ou l'autre, autant lui épargner cette tâche. Je lui répondis d'une voix sourde, empreinte de souffrance et sans cesser de regarder le sol.


Je me nomme Aran... Maîtresse...


Les mots sortaient durement de ma bouche, d'une façon plus que contrite. J'étais un être impulsif, hautain et colérique de nature aussi me faire réduire en esclavage si rapidement me rendait quelque peu amer.


… Et je suis là pour... pour vous satisfaire... et être... votre chose...



Dire qu'avant je traitais les femmes que je rencontrais dans les tavernes avec la même gratitude, c'en était écœurant... Mes papilles étaient sèches, mon corps voulait du sang... J'en était privé depuis bien trop longtemps. Ma respiration se fit sifflante quand je vis un minable rat passer devant moi mais que je ne fis rien de peur d'offusquer la Démone. Lentement je levais les yeux vers elle, ma physionomie changeait, mon visage devenait plus vieux, plus creusé, plus squelettique, mes yeux luisaient d'une façon rougeâtre de plus en plus soutenue. Sans demander quoique ce soit je repris la parole, mais cette fois d'une voix presque suppliante, me dégoutant moi même de ce ton à la fois demandeur et mielleux.


… Ma... Dame... J'aimerais pouvoir me nourrir... Auriez vous du... sang?


Sang... La simple évocation de ce mot faisait naître en moi un sourire de délice malgré cette immonde sensation de soif. Je me haïssais, je détestais le monstre que j'étais devenu et pourtant... Il fallait que je boive, sinon je continuerais à me dessécher jusqu'à ma mort. Je ne pouvais pas la dévorer elle, déjà, je savais que je n'en avais pas la force et ensuite je savais que le liquide qui coulait en elle était d'une noirceur à me tuer à la première goutte. Non, il me fallait le sang d'un être qui n'était pas versé dans le mal, un être élevé au bon air de la surface... Mais il ne fallait peut être pas que j'espère trop. Pour le moment, j'étais là suffocant, ramassé sur moi même et pendu à la première parole de ma Maîtresse, tel un bon esclave qui se respecte à mon grand dégout et désarroi...
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MessageDim 16 Mai 2010 - 17:51

Ah, les esclaves, ils avaient toujours un mal fou à digérer leur nouvel état. Mais enfin, il faudrait bien s'y habituer, car ce serait le dernier avant leur mort précoce. Et elle sous-estimait la douleur procurée par son sceau. Peut-être y était-elle allée un peu fort. Enfin bon, ce serait le cadet de ses soucis dans pas longtemps. Mais il avait l'air déjà très... faible. Il n'avait pas bu de sang depuis un certain temps, semblait-il. Alors, qu'allions-nous pouvoir lui trouver ? Elle l'observa dédaigneusement. Les vampires assoiffés étaient réduits à un état pitoyable. La succube se repaissait de sa douleur si visible, et de son désarroi face à son statut dégradant. Pff Ils étaient tous pareils... Tous, ils la haïssaient. Tous, ils voulaient la tuer. Tous ils voulaient écraser son cœur de ténèbres entre leurs mains soi-disant "pures" et honorables... Tous, ils rampaient devant elle lorsqu'elle les tenait... Tous... sauf son Lysias. Lyly n'était pas comme les autres élémentalistes. Il ne la détestait pas. Il la voyait autrement, parce qu'ils étaient tout les deux aussi égoïstes l'un que l'autre. Deux pauvres fous égoïstes qui avaient pensé pouvoir vivre ensemble...

Sappho s'accroupit devant Aran, posa ses mains au sol, et approcha son visage du sien. Son sourire était plein de petites dents pointues et aiguisées et ses yeux étaient grands ouverts et curieux.


" Tu veux du sang alors ? ... Suis-moi, Aran. "

Elle se releva, et sortit de cette macabre cellule grouillante de rats. Pff que l'air était suffocant aussi bas... C'était presque au niveau des Enfers. Presque. Sappho avançait, sûre du chemin à prendre, remontant jusqu'aux salles de tortures "publiques" pour les démons mineurs ou les soldats n'ayant pas de quartiers personnels. Elle ne se retournait pas pour savoir s'il la suivait. De toute façon, il n'avait pas vraiment le choix. Si on le trouvait seul, sans qu'il sache où aller, elle ne donnait pas cher de sa peau. Il y avait quelques démons de bas rangs qui trainaient leurs griffes dans les couloirs, mais qui s'écartaient sur son passage.

Elle s'arrêta devant une porte en bois couverte de griffures et de brûlures... Un soldat soquior montait la garde. Il y avait dedans une dizaine de futurs sacrifices pour le Roi. Sappho s'avança et le démon sembla rapetisser à vue d'œil.


" - Dame Faux... Hum euh... que puis-je...
- J'ai besoin de l'un des sacrifices, laisse moi passer. "
Son ton n'amenait aucune réponse, pourtant, le petit démon ravala sa salive et dit d'une voix ridiculement aigüe :
" - C'est qu'on m'a demandé de ne laisser passer personne... Ma Dame...
- Le Général Faux n'est pas personne. Maintenant, ouvre cette porte. "


Il paraissait prêt à répondre, encore, et si ça avait été le cas, nul doute que Sappho l'aurait transpercé de son arme. Quel arme, vous me demanderez ? Eh bien, avez-vous remarquez le bracelet orné d'un améthyste à son poignet ? Oui ? Non ? Tant pis, en tout cas, cette apparente bricole est en réalité une faux, qu'elle peut transformer à sa guise. Avec le temps, elle avait fini par apprendre à maitriser cette arme pas franchement pratique, même si elle préférait encore utiliser des sorts de ténèbres. Quoi qu'il en soit, le soquior ravala sa réplique et ouvrit la porte.

La pièce des "sacrifices" était plongée dans le noir total, et lorsque la lumière des bougies du couloir s'infiltra insidieusement dans la salle, un grouillement étrange se fit entendre. C'était des raclements sur le sol, des chuchotements apeurés ou des grognements irrités. Car dans cette lugubre salle aux relents de sang, de sueur et de pourriture, il y avait une dizaine d'élémentalistes dont les yeux brillaient dans l'obscurité. Ils s'étaient reculés lorsque la lumière était venue, indicateur sur la présence de démons. Certains se blottissaient les uns contre les autres, d'autres au contraire, essayaient en vain de s'éloigner le plus possible de la porte, avec le mince espoir d'échapper à un sort pire que la mort. Car les "sacrifiés" ne devaient pas espérer de mort rapide et douce : ils subissaient les pires tortures, les pires souffrances imaginables... Cependant, l'un d'entre eux aurait la chance aujourd'hui, de mourir disons, moins douloureusement.

Faux s'avança dans la salle, sans trop prêter de regard à cette démonstration de la bassesse des élémentaliste. Elle laissa entrer Aran, et fit un geste circulaire pour montrer tous les insectes rampant au sol, avec un sourire amusé.


" Choisis celui qui te plait parmi ces vermines pour étancher ta soif... N'ai aucun remord, mon petit Aran, de toute façon, ils seront tous plus ou moins morts ce soir. " Son sourire s'élargit un peu. " Plus ou moins oui..."

Elle passa derrière lui, et se plaça dans l'entrebâillement de la porte, prête à regarder le spectacle avec un plaisir et un amusement non dissimulés. Elle n'avait d'yeux que pour son esclave. Il n'avait pas le choix. Elle prit son coude droit dans sa main gauche, et attrapa son menton dans sa main droite. Sappho ajouta alors, son sourire sciant sa face démoniaque :

" Et c'est un ordre, esclave. "

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MessageLun 17 Mai 2010 - 7:31

Un ordre... La dernière phrase de la Faux résonna en moi comme une sentence accompagnée d'un coup de gong. J'avais traversé les quartiers en silence et maintenant je me trouvais dans une pièce sombre entouré d'Elementalistes apeurés mais gorgés de ce fameux sang, celui que je désirais au moins aussi ardemment que ma liberté en cet instant. Je sentais son regard dans mon dos, elle n'attendait que cela... Que je me jette sur l'un d'entre eux. Lentement, je fis un pas en avant, tous reculèrent comme un seul homme, certains poussèrent même quelques cris. Mes yeux descendirent jusqu'à mes mains qui commençaient à se dessécher, à ne ressembler qu'a des os et à se couvrir de taches de vieillesse... Je n'osais imaginer mon visage en cet instant, je ne devais plus rien avoir du jeune homme beau parleur et tombeur de ces dames. Mes yeux devenus rouges vif se posèrent sur ceux qui m'entouraient... Lequel allait je choisir? Soudain, dans un coin sur ma droite, je sentis un léger mouvement... Un Elfe se trouvait là, un Noldor même, un de mes congénères qui était prostré dans un coin. Je ne l'avais pas remarqué de suite sous la couche de saleté qui le couvrait. Il était fin et gracile, ressemblant presque à un Nymphe mâle à cause de son côté androgyne. Il avait de grands yeux bleus, de longs cheveux d'un noir de jais et des traits quasiment féminins. Je pivotais d'un pas sur la droite, me trouvant face à lui. Les autres s'écartèrent dans un hurlement quand mes deux pupilles rougies allèrent se loger dans les siennes. Il tentait de fuir, mais c'était peine perdue. J'avançais d'un pas, il se redressa. Il avait enfin compris la sentence qu'il allait lui être appliquée. Un nouveau pas, je pouvais maintenant le voir déglutir de façon bruyante et tendue, encore un pas et je voyais les gouttes de sueur perler sur son front. Un dernier pas et enfin je me trouvais à côté de lui. L'atmosphère était lourde, mille fois plus lourde que dans la cellule où je me trouvais tout à l'heure. Il suffit d'un hoquet de trop pour l'Elfe et ce fut pour moi le signe de commencer. Avec une incroyable rapidité, mes canines allèrent se loger directement dans sa carotide, lieu où je savais que ce que je cherchais abondait. L'Elfe poussa un cri de douleur auquel je répondit par un grognement de satisfaction. La façon dont cela se déroulait faisait plus penser à un baiser extrêmement profond entre deux amants passionnés mais il n'en était rien. Je buvais à grandes gorgées, chaque goutte de sang dans ma bouche me redonnant jeunesse et vigueur. L'Elfe lui devenait de plus en plus pâle, il avait essayé de se débattre et sa main fine se retrouvait maintenant à la jonction entre ma joue et mon cou, tenant sans succès de me faire lâcher prise avec le peu de forces qui lui restaient. Lentement sa main descendit de mon cou à mon torse puis se retrouva à terre inanimée tout comme le reste de son corps. Tout ce que ma Maîtresse avait pu voir de moi en cet instant... Elle devait s'en délecter, qu'avait elle pensé de la façon dont je venais de dévorer la vie de cet Elfe dont j'ignorais tout? Malgré mes remords j'avais retrouvé ma jeunesse, ma corpulence musculeuse et mon physique si avenant. Après avoir fermé les yeux de l'Elfe dans un geste qui était odieusement cérémonial après toute cette barbarie, je me retournais en laissant les autres s'écarter du cadavre en poussant des cris et en émettant des chuchotements apeurés. A l'aide de mon vêtement déchiré, j'essuyais le sang qui coulait sur mes lèvres et mon menton alors que certaines gouttes ruisselaient encore sur mon torse. En quelques pas je fus face à la Succube qui conservait son sourire démoniaque. Je posais le genou à terre et murmurait d'une voix où était revenue la force même si elle demeurait toujours contrite.


J'ai exécuté votre ordre Maîtresse Faux...


Le temps d'une seconde je relevais les yeux, l'observant elle qui me dominait de toute sa hauteur. Malgré ses allures d'enfant elle était en tout points désirable et faisait naître en moi quelque chose que je n'arrivais guère à réfréner. J'avais envie de me jeter sur elle et de la dévorer mais d'une autre façon. Elle venait pourtant de me prouver qu'elle était d'une autorité supérieure à tout ce que j'avais bien pu imaginer, mais cela la rendait à la fois inaccessible et d'autant plus désirable pour moi... Avant qu'elle ne remarque quoi que ce soit sur mes sentiments envers elle, je baissais de nouveau les yeux et je murmurais d'une voix sûre et servile, ce qui m'étonna moi même.


Merci de ne pas m'avoir laissé mourir de soif... Je vous en suis éternellement reconnaissant ma Dame...
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Sappho
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MessageLun 17 Mai 2010 - 16:53

Quelle délectation... Maintenant que Sappho y pensait, sa mère, après l'avoir engendrée bien sûr, avait été un vampire. Une succube vampire, n'était-ce pas un pléonasme ? Ou un oxymore ? Qu'importe, mais c'était sans doute trop pour une seule femme, tant de sensualité et de charmes. Faux n'imaginait pas imiter sa défunte maternelle, pour la simple raison que son état lui avait finalement coûté vie : Alouqua avait sombré dans une folie froide et calculatrice, désireuse de vengeance. Si bien qu'elle était morte réduite en cendre par... le soleil. Quoi de plus pathétique ? La seule "chose" intéressante chez les vampires, c'était leur éternelle jeunesse... Mais à quoi bon s'il fallait constamment subvenir à un besoin obsessionnel en sang ? De plus, les succubes étaient déjà pratiquement immortelles, puisqu'elles se nourrissaient en quelque sorte de l'énergie vitale des créatures mâles... Idem pour les incubes. Non au final, il y avait tellement de désavantages pour elle à devenir un vampire, qu'elle n'y penserait même pas au bord de la mort.

Elle l'observa s'agenouiller devant elle. C'était donc si facile ? ... C'était si fade au final... Les élémentalistes avaient peur d'eux, de ce qu'ils pourraient leur faire. Alors ils résistaient si peu à leur asservissement. Dans un sens, c'était bien sûr une excellente nouvelle. Mais quelque chose lui manquait à présent. Un vide qui transperçait son cœur de ténèbres de part en part. Comme si... comme si un trou béant lui déchirait la poitrine, et qu'une brise froide et glaciale le traversait constamment, se riant de la Faux blessée, de la Faux trouée... Mais ça, personne ne l'avait vu. Personne ne devait le savoir. Elle attendait le jour ou la nuit où elle reverrait Lysias. Aucun autre regard ne pourrait la consoler. Du moins, c'était ce qu'elle croyait. Mais celui qu'elle prenait pour un esclave banal, une larve insignifiante rampant facilement à ses pieds releva la tête, une seconde ou deux, suffisamment pour qu'elle capte son regard. Ses yeux étaient d'un bleu profond à présent. Comme s'ils n'avaient jamais été rouges. Elle n'eut guère le temps de sonder cet étrange regard, qu'il baissait à nouveau la tête et la... remerciait. A ce remerciement servile, elle prit un air un peu triste, avec un petit sourire. Qui lui avait dit de ne jamais se dire merci ?


" Tss je n'allais pas laisser mon esclave se dessécher tout de même. "
Elle mit les mains sur ses hanches, et jeta un regard circulaire sur les autres insectes, qui craignaient sûrement encore pour leur vie. Elle en aurait bien pris un pour son cachot, mais elle n'allait pas priver le Roi d'un sacrifice supplémentaire. " Allez, suis moi. "

Elle s'en alla sans un regard en arrière, que ce soit au démon qui lui avait fait de la résistance ou à Aran. La raison en était qu'elle commençait à sentir des larmes lui monter aux yeux, sans vraiment comprendre pourquoi. Ces derniers temps, ce genre de chose lui arrivait souvent. Une simple parole, un simple lieu, lui rappelait forcément quelque chose. Forcément, ça lui rappelait lui. Sept mois, ça laissait des traces partout, dans sa mémoire. Elle secoua un peu la tête, chassant l'eau salée qui arrivait au bord de ses yeux. A chaque fois, elle les retenait. Pas question de pleurer comme une gamine. Manquerait plus que la Faux des ténèbres se mette à chialer comme une enfant... ! Mais où vont les Enfers, je vous le demande.

Maintenant, elle se dirigeait vers ses quartiers. Au moins, la découverte de cet Aran lui avait évité une journée aussi banale que la veille et l'avant-veille. Et d'ailleurs, ses quartiers avaient un peu changé, et ce, grâce aux Dompteurs de Pierre. Deux portes qu'elle croyait condamnées, avaient en fait été scellées par un élémentaliste : il y avait dans les nouvelles pièces une sorte de petit salon et une sorte de chambre, difficile à dire. Maintenant, Faux s'était accommodée ainsi : la porte d'entrée des Quartiers Faux donnait sur un salon aux couleurs de la nuit, table basse et fauteuil confortable au menu. Une porte à droite donnait sur une salle de bain avec baignoire. Après celle-ci, il y avait la porte en bois brut qui marquait l'entrée de son cachot personnel, close par un verrou de ténèbres. A gauche, il y avait deux autres portes, celles qu'elle avait cru scellées : l'une menait à sa chambre, l'autre à celle qu'elle réservait pour ses esclaves personnels. Si on pouvait appeler ça une chambre... Disons, des matelas jetés au sol, une petite baignoire, et quelques vêtements. Son autre esclave, Ba, était pour le moment sortie faire quelques courses pour elle. Mais il y avait dans ses quartiers une chose qu'elle avait tenu à changer et à conserver en même temps. La fenêtre sur laquelle son nymphe s'appuyait tout les jours pour regarder l'horizon, rêvant de sa liberté, elle l'avait laissée, mais y avait mis un rideau épais de velours bleu nuit. Elle n'arrivait simplement pas à regarder par là sans y penser, et c'était ce qu'elle essayait d'éviter.

Elle arriva finalement dans ses quartiers donc, déverrouillant la porte sans trop y penser, et laissant entrer son esclave après elle. Elle ferma la porte, et le laissa regarder par lui-même le salon où se battaient une table basse, un canapé et quelques fauteuils, ainsi qu'une petite bibliothèque, et une commode. Tout cela aux couleurs sombres de sa sorcellerie, accompagné de dentelle et de quelques objets enfantins, tels des poupées au regard vide ou une boîte à musique rose pâle. Des objets qui l'assimilaient encore à une enfant, mais c'était juste ainsi. C'était une apparence apparemment innocente, mais en ces lieux, elle semblait surtout déplacée. Faux se posta devant la première porte à gauche, celle qu'elle réservait aux esclaves de fait.


" Ici, c'est chez moi. Personne n'y entre ou n'en sort sans mon accord... Ah oui sache que je possède une autre esclave, qui arrivera sous peu je pense. Vous deux logeraient dans cette chambre ci. Moi je suis à côté. "
Elle pointa la porte de sa chambre, puis montra les deux autres salles. " là, c'est ma salle de bain, et à côté... ma salle de torture à moi. "

Un petit sourire éclaira son visage mutin lorsqu'elle eut dit cela. En ce moment, il n'y avait personne à l'intérieur. Sinon, c'était une salle sombre et humide. Une salle de torture quoi... Sappho se jeta pratiquement sur le canapé confortable, négligemment, moitié allongée, moitié assise. Elle avisa la bouteille rempli de Deliruim, sa boisson alcoolisée préférée, ainsi que le verre aux courbes raffinées à ses côtés, sur la commode. Elle indiqua la commode à son esclave en ajoutant.


" Apporte moi un verre de ça là. Tout ça m'a donnée une soif... " Elle remarqua alors une feuille posée sur la table. Oh, c'était un rapport laissé par un subordonné. Quelques informations mineurs sur des élémentalistes capturés, ou encore une fête en l'honneur d'un Général. Peuh, quel intérêt ? Elle parla dans le vide, à elle-même ou à son esclave sans trop s'en soucier, en lisant l'écriture difficilement déchiffrable en patte de brökmin. " Pff franchement, faire une fête pour si peu, alors qu'on va relancer une offensive dans pas longtemps... Quel intérêt ? "

Elle jouait à l'indifférence. Elle jouait à l'ignorance. Peut-être était-ce vrai qu'elle ne savait pas. Mais moi, je suis les ténèbres qui voient tout. Les ténèbres aux rouges rouges qui traversent les brumes d'un esprit aveuglé par ses sentiments, même si l'esprit essaie de se persuader du contraire. Car, avec tout les malheureux et pathétiques changements que le Général Faux a apporté à son logis, il y avait une chose que, depuis tout ce temps, elle n'avait pas remarqué. Une chose. Une minuscule ... chose. La petite Faux trouée qui jouait à la succube aguichante n'avait pas vu cette petite chose apparemment anodine... Mais si elle la voyait, que ferait-elle ? Car cette chose, chers lecteurs, est le dernier cadeau qu'elle fit à Lysias, qui, par un accident hasardeux, l'oublia ici même.

Par terre.
Une bille.
Noire avec un filament bleu ciel...
Et siffle la bise des ténèbres...

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MessageLun 17 Mai 2010 - 19:47

Elle tourna les talons sans demander son reste, l'avais je déçue? M'avait elle surpris en train de la regarder d'un air désireux? Toujours est il qu'elle venait de se fermer telle une porte de prison et qu'elle m'entraînait maintenant de couloirs en couloirs sans desserrer les dents. Je ne comprenais pas ce qui se passait, cela m'échappait totalement. Au bout de quelques minutes nous nous retrouvons devant une porte qu'elle poussa. Elle entra la première, me cachant tout d'abord la vue de la pièce que je ne pus que contempler ensuite. Ainsi donc voilà à quoi ressemblait les quartiers d'un Démon qui avait pris place dans cette cité. Le salon était en tout point semblable à celui des quartiers sombres dans lesquels je me mêlais quand j'avais abusé des alcools forts dans les tavernes. Même si celui ci était plus richement décoré. J'observais les autres portes alors que ma Maîtresse me décrivait ou non. Ici une salle de bain richement décorée, là une salle qui laissait entrevoir que ma chère Dame Faux aimait les plaisirs de la torture et deux chambres se juxtaposant. C'était donc mon nouveau chez moi, il contrastait grandement avec les maisons Noldors, toute plus vaniteuses et hautaines les unes que les autres. Ici, tout était petit mais sombre, à l'image de ma Maîtresse dont je venais de noter le regard mutin alors qu'elle me parlait de sa salle de torture, regard auquel je répondit pas un léger sourire presque provocateur. Debout, campé sur mes pieds et droit comme un I, je la regardais s'affaler sur le canapé d'une façon qui, de nouveau, ne me laissa pas indifférent. Après tout j'étais un être de sexe masculin et il était normal qu'une personne de sexe féminin, Succube de surcroît, me mette dans te tels états. Je n'eus guère le temps de m'appesantir plus car elle m'ordonna de lui servir un verre. Du mieux que je le pus, à l'aide de mes mains griffues, je m'exécutait. Lentement, je m'agenouillais de nouveau pour lui tendre le verre. Je sentais un certain désarroi qui émanait d'elle mais je ne savais que faire pour lui faire oublier. Quand elle prit le verre nos mains se touchèrent mais je retirais rapidement la mienne au risque de faire tomber le verre. Bon sang, quelle était cette fichue soumission que montait en moi dès qu'elle était là? Était ce parce que j'étais faible? Non, avant c'était moi qui mettait les femmes à genoux et pas le contraire! En était ce totalement fini de l'ancien moi? Celui qui ne vivait que dans l'excès pour oublier sa vie passée de Noldor?... Peut être après tout, du moins pour le moment. Quoiqu'il en soit ce contact m'avait rendu nerveux, aussi je me relevais et fit quelques pas en arrière alors qu'elle parlait d'une fête ou je ne sais quoi. Mon pied heurta un meuble et je dus me pencher pour voir si je n'avais pas abimé quoi que ce soit, par terre, je trouvais une petite bille grise que je ramassais délicatement dans la main. Elle était d'un gris perlé mais en son centre quelque chose semblait émettre une faible lueur. Je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait être, mais avant qu'elle se doute de quelque chose je préférais la dissimuler dans une de mes poches qui n'était pas trop déchirée. Je me trouvais de nouveau debout, droit et à la fois perdu dans mes pensées. Elle avait parlé d'une autre esclave, ainsi je n'étais pas le seul à convoiter ses faveurs. J'attendais de voir a qui d'autre j'avais affaire pour juger de l'attitude à adopter. Me rendant compte que j'étais quelques peu perdu dans mes songes, je me tournais de nouveau vers ma Maîtresse, baissant les yeux déjà comme un réflexe acquis et murmurant d'une voix basse et tentatrice avec un léger sourire aux lèvres.



Si ma Maîtresse a besoin de quoi que ce soit... Je suis prêt à donner de ma personne pour la satisfaire... Un mot seul suffit et je me plie à votre ordre...



Qu'étais je en train de faire? Jouer le flagorneur encore et toujours, à croire que je ne pouvais me retenir... Heureusement pour elle que je n'étais ni ivre ni drogué sinon je n'aurais même pas demandé mon reste... Démone ou pas elle restait tel un alcool interdit par son prix mais tentateur par sa force et son caractère... J'avais même très envie de boire le calice jusqu'à la lie...
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Sappho
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MessageMar 18 Mai 2010 - 6:25

Cette boisson avait de quoi réveiller un mort, mais sans doute que les démons étaient naturellement résistant à l'alcool, au moins jusqu'à un certain point. Sappho ne remarque pas les étranges indices que lui laissent cet esclave : lorsqu'il retire prestement sa main, lorsqu'il la regarde. Faux est trouée et aveugle. Faux ne voie plus. Faux n'entend plus. Elle ne veut voir qu'une seule chose, ne veut entendre qu'une seule voix. Le reste n'est qu'un épais brouillard dans lequel tout est sombre et morne. Les autres sont fades... Elle trouve que la vie a perdu une couleur, sans savoir laquelle exactement. Mais il manque quelque chose à son monde, et elle sait qu'elle ne pourra pas la retrouver. C'est lui qui doit la retrouvait cette fois.

Une étrange sensation la prend, comme une étincelle ou une lueur au loin dans la brume de son esprit s'allumant. Cette lumière floue attire ses ténèbres, inconsciemment. Elle fronce les sourcils, alors qu'un élan affectif et chaleureux l'emplit. D'où ça vient ça ? Quelle est cette réaction ? A quoi ? Rien de ce qu'elle avait lu ne méritait pareil élan, et la seule autre chose ici, c'était Aran. Mais à peine put-elle y réfléchir posément que l'esclave lui adressa la parole. Était-ce vers lui que se dirigeait ces sentiments qui lui paraissaient étrangers à elle-même ? D'où cela viendrait ? Pourquoi maintenant ? Et ses paroles n'étaient qu'un désir. Ce qu'il voulait, pas vrai... Il essayait de la séduire ? Que faisait-il d'autre... Faux crut avoir la nausée de ses sentiments favorables à sa demande. Elle aurait bien demandé ce qu'il voulait, si elle s'était laissée faire par son étrange désir.

Mais Sappho refoula tout ça. Son Maître lui avait dit de contrôler ses folles actions, et la seule fois où elle avait dérogé à sa règle, elle aurait pu en mourir. Certes, c'était volontaire, mais c'était aussi de la folie pure. Alors Faux hésite, Faux ne veut plus. Faux prend un air indéchiffrable, se lève et s'approche de lui. Non non et non, criait son cœur. Oui oui et oui, criait son esprit. Lequel était le plus fou ? Lequel suivre ? Quand elle pensait qu'elle avait offert son corps à Lysias, et qu'il n'avait rien fait. C'était incroyable qu'il soit resté si pur ici-bas... A côté de ça, elle avait Aran en face d'elle, qui était apparemment plus prompte à la satisfaire. Était-ce céder à ses pulsions que de laisser faire ? Était-ce mal ? Depuis quand se posait-elle ce genre de question ? Elle posa sa main sur sa joue froide sans se rebuter. Et son regard était toujours mystérieux quant à ses intentions.


" Quelle surprenante vermine tu fais... " Vive comme un serpent, Faux retira sa main, ferma son poing, et frappa son esclave avec violence. Elle se sentait prête à céder, une je-ne-sais-quelle force l'attirait vers lui, désormais par terre. Sappho aurait voulu y mettre de la force, dans ce coup. Mais une force l'en empêchait. C'était comme avec Lysias, elle ne pouvait pas lui faire de mal. Ce n'était pas normal. Elle ne devait être ainsi prisonnière. Pourquoi ne pouvait-elle pas faire ce qu'elle voulait ? Qui de l'esclave ou de Sappho était le plus asservi ? La succube recula, les sourcils froncés dans une incompréhension explicite. Elle commençait à se sentir défaillir. Faible, qu'elle était. Fausse, qu'elle était. Et dans la fosse elle finirait.

En levant les yeux de la vermine par terre, elle tomba sur cette fenêtre pleine de souvenirs, et sans doute, cela fut la goutte de sang qui fit déborder le calice ! Avant même de pouvoir tomber dans un fauteuil, Sappho sentit ses jambes fléchir sous un poids imaginaire mais si réel. Elle se retrouva les jambes comme fixées par terre. Pourquoi ? Pourquoi ? Ce mot se répétait dans sa tête. Elle était plus que confuse, et ce n'était pas dû uniquement à la boisson. Elle ne comprenait pas pourquoi elle n'arrivait pas à être ce qu'elle était avant tout ça. A faire ce qu'elle devait faire. Elle murmura, les mains fermées sur le sol.


" Pourquoi, Lysias ? Pourquoi je ne peux rien faire de ce qu'il faut ? "

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MessageMar 18 Mai 2010 - 8:04

Le coup partit mais sans trop de violence, instinctivement je l'esquivais sans trop de difficultés. Cependant, ce fut pour voir la Démone tomber sur le sol et se mettre à murmurer des choses de façon désespérée. Elle parlait d'un Lysias et de la manière dont elle devait faire certaines choses... Etait moi qui l'avait mise dans cet état? Sûrement et à grands renforts d'alcool. Malgré le fait qu'elle avait essayé de me frapper, je me penchais et la prit dans mes bras, comme une mariée qu'on enlève de l'autel. Elle était légère et semblait ne rien peser du tout. En espérant ne pas me faire frapper de nouveau, je fis quelques pas pour ouvrir violemment la porte de sa chambre et, sans m'arrêter sur la décoration, la poser délicatement sur son lit. L'alcool semblait l'avoir rendue en proie à des délires plus qu'étranges mais comme elle n'avait pas semblé être de bonne humeur avant même d'entrer ici, je me doutais bien que quelque chose n'allait pas. Mais je n'étais qu'un simple esclave fraîchement sorti de prison et je ne savais rien de ma Maîtresse...

Je cherchais quoi lui donner pour l'apaiser mais je n'en avait aucune idée. Aussi, de façon plus inconsciente qu'autre chose, je m'agenouillais à son chevet et tentait de poser ma main griffue dans la sienne qui semblait si frêle et si petite. Qu'allait elle me faire? Je n'en savais rien... Que lui donner? Je le savais encore moins. Mon autre main alla chercher la petite bille que j'avais trouvée sous un meuble, mais était ce qu'elle désirait? Je ne l'ignorait tout autant. D'une voix inquiète je me surpris à murmurer.


Ma Dame... Que puis je faire pour vous?... Dites moi...


Cela ne faisait que quelques heures que je la connaissais et pourtant... Elle embrumait déjà mon esprit, aussi bien par sa complexité que sa beauté... Dame Faux... Vous allez me rendre fou... J'avais bien dit que je me damnerais pour elle et j'étais tout bonnement incapable de résister aux jeunes femmes désirables, si elle avait besoin de moi comme esclave alors je le resterais.

Mes yeux scrutèrent chaque parcelle de son corps et de son visage, si je l'avais croisée ailleurs qu'ici, dans une taverne ou autre, jamais je n'aurais cru qu'elle aurait pu être un Démon d'une puissance assez importante. C'était étonnant comme l'apparence ne laissait en rien présager de ce qui pouvait se cacher à l'intérieur d'elle. Elle avait manifesté une force assez grande quand elle m'avait repoussé contre le mur de ma cellule mais ici, dans ses appartements, elle a été incapable de me frapper... Pourquoi?

Faisant le vide dans mes pensées, je lâchais lentement sa main pour me lever et revint quelques minutes plus tard avec un bout de tissu humide que je tentais de poser sur son front. Elle allait sûrement me repousser mais qu'importe. Je tenais à m'occuper d'elle en cet instant, elle était mon ennemie mais j'avais été trop hautain dans mon enfance pour ne pas me remettre en question maintenant que j'avais complètement touché le fond. Je ne lui repris pas la main, je restais là, agenouillé près d'elle et je la regardais, silencieusement, scrutant chaque détail qui pourrait me dire qu'elle n'allait pas bien.

Quelques minutes passèrent avant que je rompe malgré moi le silence en murmurant d'une voix plus inquiète que je l'aurais escompté.


Ma Dame... Je...


Qu'étais je prêt à lui dire? Que cela m'interloquait de la voir dans cet état? Allons mon vieux, cela ne fait que quelques heures que tu la connais et déjà tu t'enflammes... Bon à rien va! Garde ta bouche fermée et ça vaudra mieux pour toi et ta peau. Le monde des Démons ne laisse pas de place aux sentiments, du moins le croyais je... et visiblement... j'avais tord...
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MessageMar 18 Mai 2010 - 13:42

Portée comme une gamine blessée, elle se laissa faire, et regarda ailleurs. Bien sûr, la position dans laquelle elle se trouvait lui rappelait quelque chose. Elle avait du mal à dire quoi, mais elle imaginait bien de quoi il s'agissait, car petite Faux a oublié cette nuit-là. La nuit où il la sortit d'un camp d'élémentalistes pour la ramener ici. Peut-être l'avait-il portée comme ça, lui aussi ? De toute façon, ça n'avait pas d'intérêt. Mais pourquoi se sentait-elle si étrange lorsqu'elle regardait Aran, alors ? Encore plus bizarre... Sappho se laissa déposer sur son lit, et elle laissa son esclave prendre sa main. Étrangement, cette sensation lui semblait à la fois familière et lointaine. Comme... une impression de déjà vue, très floue...

Elle subit sans broncher son regard sur son corps et son visage, bien qu'elle détourne les yeux, encore et toujours. Elle conserva un silence peu habituel, elle qui était connue pour ses dires inutiles, ne savait pas quoi dire. Elle avait l'air plus faible encore. Ce n'était pas bon pour elle. Elle devait être plus forte encore que ça, sinon... elle serait destituée. Un Général destitué ne survivait pas longtemps après ça. Alors elle devait rester en haut de l'échelle, si elle voulait le revoir. Dans peu de temps, elle partirait pour une offensive avec d'autres Généraux contre les rescapés de la Perte, drôlement organisés. Elle nourrissait le secret espoir d'y retrouver Lysias, devenu plus puissant. Mais quoi ? Ils seraient ennemis, non ? Alors à quoi bon ? C'était juste pour revoir ses yeux. Juste ça. Après... elle ferait ce qu'elle avait à faire.

Lorsqu'il revint d'on ne sait où avec sa compresse humide, et qu'il essaya de la lui plaquer contre son front, des ténèbres jaillirent au-dessus de ma tête, tandis que ses yeux vinrent perforer les siens. C'étaient des pics de ténèbres aiguisés, pointés sur sa main. Non, elle n'irait pas jusque là. Il y avait une limite à sa faiblesse. Et puis, tant qu'elle avait ses ténèbres, elle n'était pas faible. Une fois qu'il eut abandonné la folle idée de la soigner, elle laissa les noirceurs s'évanouir dans l'air. Mais surtout, alors qu'elle laissa son regard s'attardait sur son esclave apparemment si dévoué, ses yeux furent attirés par un éclat pâle. Si pâle, presque imperceptible. Deux fentes obscures remplacèrent ses globes oculaires. Qu'était-ce ? C'était comme... un vieux souvenir. Une promesse. Des mots dans l'air... Un Air qui souffle doucement autour d'elle.

Et Aran allait ajouter quelque chose, après un silence si long, tandis que Sappho essayait de comprendre. Pourquoi ? Et cette chose... ? Elle n'était pas sûre de ce que c'était. Elle n'était pas sûre de vouloir le savoir. Mais au fond, petite sotte, tu sais ce que c'est, non ? Oui... Imbécile heureuse, tu vois déjà ton malheur : il t'a oubliée, comme la dernière fois. Il ne reviendra pas. Il te détestera. Et tu devras le tuer. Petite Faux, toi et tout tes mensonges, vous partirez dans les ténèbres, et lui, ton petit Lysias, il ira avec ses dieux... tu ne crois pas ? Petite Faux, tu as beau soupirer, t'allonger sur le dos, et fixer le plafond, tu ne rêves que d'une chose, pas vrai ? Tu rêves que tout se soit déroulé comme tu le voulais... Petite Faux, tu te redresses, d'abord sur les coudes, puis sur les mains. Tu t'assis sur le rebord du lit. Puis tu le regarde encore. Qu'il aie la tête basse ou haute, qu'importe, tu le regardes. Un mince sourire naît sur son visage.


" Aran... je devrais te tuer pour toutes les libertés que tu as prises. " Sa voix vibra un peu, et elle se calma, parce qu'elle était prête à exploser d'une antique fureur sur lui. " Cependant... " elle inspira encore, parce qu'elle se sentait de moins en moins calme. " ... il y a peut-être une chance pour que tu vives encore. "

Elle regarda sa main fermée et plissa les yeux, comme sous le coup d'une attaque ennemie.

" Montre moi ce que tu as dans ta main, esclave. "

Qui savait comment elle réagirait ? Et si... et si et si. C'était pavé de "si". Elle pourrait s'énerver, se calmer, pleurer, crier, ou tout à la fois. Une chose était sûre, les illusions qu'elle avait entretenues, elle qui imaginait que Lysias conserverait son présent, cette bille.. Si elle la retrouvait là, entre les mains de cette esclave, qu'importe où et comment, elle les briserait. Ses illusions.

Désillusion.

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MessageMar 18 Mai 2010 - 21:54

Ouch... Cette fois ci j'étais fichu. J'en avais trop fait et je retenais la leçon pour la prochaine fois. Pour le moment elle m'avait coincé et d'une bien belle façon! Quel attardé je fais... Elle veut voir ce que j'ai dans la main?... Et pourquoi pas... D'un geste je pouvais très bien l'escamoter, je faisais souvent ce tour aux femmes un peu trop alcoolisées dans les tavernes alors pourquoi pas à elle? Je ne pouvais pas me dérober éternellement de toutes façons. Mon bras se tendit pour approcher ma main, qui se déplia à son tour pour ne montrer que... le vide. Je savais très bien que j'allais me faire châtier pour avoir eu une telle attitude mais je voulais attendre avant de lui donner ce qu'elle voulait... Pourquoi? Je n'en savais rien, toujours était il que la bille était maintenant partie se loger dans une des poches de mon vêtement, là, tout contre mon torse, où d'habitude j'entassais mes drogues et mes accessoires pour tricher dans les tavernes.

Je n'osais pas lui adresser le léger mouvement de lèvres qui ressemblait à un sourire mesquin et qui disparut aussi vite qu'il était venu. Je restais là, immobile comme une statue, ma main vide tendue devant elle. Mon visage s'était refermé et adoptait maintenant une expression de neutralité parfaite. Je ne pus tout de même m'empêcher de marmonner quelques mots.


Voici ma main Maîtresse... Tuez moi si cela vous chante après tout je ne suis qu'un simple outil de vos désirs... Rien de bien important...



La dernière remarque était peut être de trop, qu'importe, de toutes façons elle l'avait bien entendue. Si je devais mourir et bien soit, qu'il en soit ainsi, je mourrais pour avoir eu l'idée stupide de ne pas avoir voulu lui montrer cette perle grisâtre. Les minutes s'écoulèrent, je n'avais aucune idée de ce qu'elle allait me faire mais je ne bougeais pas d'un seul pouce. Dans la poche contre mon torse je sentais la bille froide bouger au rythme d'une respiration qui n'oxygénait même pas mes poumons. J'étais déjà mort, je pouvais bien mourir une nouvelle fois.

Par respect pour elle, j'avais laissé ma tête baissée, cachant la moindre de mes émotions sous un masque de froideur. Aucun rapport avec l'être prévenant qui l'avait mise dans son lit. Je n'étais plus que glace et comportement hautain, digne d'être fouetté en somme. Pourquoi ce déclic me direz vous? Et bien peut être parce que je venais de prendre conscience de ce que j'étais, où j'en étais et ce qui m'avait poussé à agir ainsi et la conclusion était simple... Je me répugnais. Il n'y avait plus une seule trace du noble Noldor non, je n'étais plus qu'un buveur de sang en guenilles qui courbait l'échine aussi bien qu'une fille de joie!

Cela ne pouvait tout de même pas durer ainsi! Alors si elle voulait me tuer, si elle en ressentait le besoin qu'elle le fasse! Je n'allais pas l'encourager non, mais si la sentence venait alors pourquoi pas, je la méritais amplement. De nouvelles minutes s'égrenaient, laissant un silence de plus en plus pesant s'installer. Je ne desserrais pas les dents et ne bougeait toujours pas... J'attendais la sentence de la Faux, aussi cruelle soit elle...
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Sappho
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MessageMer 19 Mai 2010 - 13:36

Dans son état normal et en pleine capacité de ses fonctions d'analyses logiques, nul doute qu'elle aurait vu la supercherie. Et pour cela, elle l'aurait sans aucun doute, transpercé de sa faux. Sans attendre. Elle aurait levé sa main droite et en une pensée, fait se transformer le bracelet en faux. Ses yeux auraient été révulsés sans doute. Elle se serait acharnée comme un monstre sur son corps sans doute. Elle aurait laissé les ténèbres venir aussi. Scénario catastrophe, quand tu nous tiens...

... Mais non, elle ne fit rien. Déjà, parce qu'elle croyait encore en ses illusions de scénario parfait. Lyly n'aurait pas pu oublier la bille. Non, il avait dû voir que Faux y tenait pour une bonne raison... Il ne pensait pas, sans doute, que c'était parce que la bille lui permettrait de le retrouver. Et quand elle vit la main vide d'Aran, elle ne réfléchit pas. Elle imagina que ça avait été un reflet malencontreux. Donc, elle avait rêvé. Et les étranges sensations qu'elle avait eus n'étaient que des petites phases d'excentricité. Rien d'alarmant. Elle pouvait dormir tranquille. Alors qu'il venait de rendre les armes et de baisser la tête, Faux eut un sourire... joyeux. C'était surprenant, c'était un sourire d'enfant. Rassurée sur ses chimères, Sappho reprit des couleurs et décida de s'amuser un peu.

Tout en gardant l'air le plus sérieux possible, elle leva la main, et fit apparaitre, de son bracelet, son arme. Sa faux. La transformation était des plus naturelle, et silencieuse. La pointe de la faux se retrouva sur le cou d'Aran, prête à le déchiqueter. Qu'est-ce-qu'elle s'amusait bien, la petite Faux, tout de même. Alors que la tension était remontée d'un cran et que le silence devenait insoutenable... Sappho éclata de rire. Un rire vraiment amusé. La faux rétrécit et prit la forme que la petite succube préférait tout de même : une sucette. Qu'elle s'empressa de fourrer dans sa bouche. Elle se leva, mi-pouffant mi-riant, et passa dans le dos de son esclave agenouillé. Elle s'accroupit et posa ses bras sur ses épaules, sa tête venant contre la sienne :


" Justement, c'est moi qui décide si un outil est à jeter ou pas. Et cet outil là... a l'air de pouvoir me servir encore. "
Elle ricana, supérieure. " La question est de savoir jusqu'à quand tu me seras utile. " Puis, elle plaqua sa main droite en haut à gauche de son torse, enfonçant ses griffes dans sa peau. " Mais j'ai un autre souci pour le moment. Qui t'as donné la permission de me toucher et d'entrer dans ma chambre ? " Elle fit descendre sa main, griffant profondément sa peau, jusqu'à la partie gauche de son torse. " Je n'ai pas souvenir d'avoir permis pareille chose. "

Retirant sa main, elle se releva et goûta ce sang de vampire, si particulier, car inactif. Faux se retourna et avança jusqu'au salon, attendant que son esclave sorte de sa chambre et la rejoigne. Elle posa sa sucette sur la commode, et alla s'appuyer sur le fauteuil avec ses mains. A nouveau, elle était tentatrice, alors qu'elle venait de le blesser. Un démon était ainsi fait.

" Si tu veux me toucher, demande moi d'abord, esclave. "

Ah oui, ça avait beaucoup d'humour aussi, un démon. Normal. Et puis, un humour subtil en plus.

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MessageMer 19 Mai 2010 - 18:31

Je la laissais me lacérer le torse en silence, tout en restant de marbre. Les griffures étaient profondes mais je ne bougeais pas, j'allais sûrement garder des cicatrices mais qu'importe. J'étais son esclave je pouvais bien endurer ca. Elle repartit jusqu'à sa chambre, en supposant que je la rejoigne. J'attendis quelques minutes puis je me décidais à sortir pour la trouver là, dans une position on ne peut plus aguicheuse sur le canapé du salon.

Ainsi donc si je voulais la toucher il fallait que je demande la permission, très bien je n'y manquerais plus. Tout en restant, en apparence, insensible à ses charmes, je posais mon genoux à terre et, baissant les yeux, j'attendis. Un feu dévorant brûlait en moi mais je le dissimulais du mieux que je le pouvais, mais rien à faire. Au bout de quelques nouvelles minutes de silence, malgré mon visage fermé, une voix cassante et neutre, avec un léger soupçon de désir sortit de ma bouche.


Maîtresse... Puis je vous toucher?... Maintenant?...


Quelques gouttes de mon sang coulaient toujours sur le sol. J'étais vraiment un fieffé idiot de me laisser manipuler par la moindre femme un tant soit peu attirante qui passait près de moi. Mais Dame Faux avait l'air de vouloir savoir de quoi j'étais capable et si elle m'en donnait l'occasion, j'allais lui rappeler qu'elle ne devrait pas regretter le fait de m'avoir pris sous sa coupe malgré les derniers manquements à l'étiquette que je m'étais autorisé.

J'étais un homme à femmes, je savais comment m'y prendre, après tout il suffisait d'attendre... Si elle ne le voulait pas aujourd'hui et bien soit, j'attendrais mais le plus tôt serait tout de même le mieux car je n'étais pas à l'abri de ses sautes d'humeurs qui semblaient... violentes.

Pour le moment j'étais là, j'attendais, tête baissée, les yeux regardant mon sang courir sur le sol, dans une position que je trouvais de soumission extrême. Que voulait elle de moi? Qu'attendait elle? Je n'allais pas tarder à le savoir... Mais la bille... Elle était toujours là... Je devais m'en débarrasser ou tout du moins l'éloigner pour un moment, aussi dans un geste lent et quasi irréfléchi, j'ôtais ma fine chemise qui de toutes façons était déjà en lambeaux et sale depuis bien longtemps, pour ne me montrer que torse nu. Hormis mon tatouage courant sur mon épaule, il y avait quelques marques de griffures dans mon dos, chose que Wyrda m'avait laissé en gage de l'éternité qu'elle m'avait offert, deux ou trois marques de coups de fouets et les nouvelles griffures sanglantes laissée par ma Maîtresse.

Sinon et bien je n'avais plus la corpulence de mes pairs depuis bien longtemps, déjà jeune mon père m'entraînait à maîtriser les armes de la famille mais ma transformation en vampire m'avait également doté d'un petit « rajout ». En d'autres termes, j'étais plutôt bien fait pour des canons humains et hideux pour les canons de ma race. Mais ne nous épanchons pas sur ce sujet...

Les secondes s'écoulaient, la chemise en lin avait été jetée dans un recoin de la pièce, et j'attendais sa sentence en restant de marbre... Cela faisait trop longtemps que je n'avais pas touché une femme, je commençais même à en devenir nerveux... Succube, ma très chère Succube, pourquoi me faire languir à ce point?
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Sappho
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MessageJeu 20 Mai 2010 - 11:29

Décidément... cet esclave avait un certain cran. Soit il était fou, soit il était tombé sous son charme de succube. Et dire qu'elle ne maitrisait même pas la magie du Contrôle, pourtant propre à sa race, qui devait lui permettre de ... eh bien, de contrôler les esprits ! Oui, elle était même incapable de beaucoup de choses inhérentes aux succubes. Normalement, elle devrait se nourrir de la peur ou de l'envie de ses victimes, mais elle ne vivait que de ténèbres. Normalement, elle devrait être plus grande, plus charnue, plus séduisante, plus ... succube ! Mais elle était encore entre l'enfance et l'adolescence, peut-être plus de cette dernière présent. Elle était frêle, fragile, et n'avait pas de formes aguichantes. Par rapport à ses semblables, elle était moins belle, objectivement parlant. Mais ça, c'était explicable. Faux n'était pas tout à fait une succube : son père n'était pas un incube, c'était un membre d'une race ancienne et disparue, de sombres sorciers usant de ténèbres.

Mais qu'importe, ainsi, elle était devenue unique en son genre, et pas une fade succube se perdant dans la masse. Elle était fière de son ascendance, même si on pouvait noter que ses parents s'étaient proprement entretués. Bref, une bien longue histoire sur laquelle nous ne nous étalerons pas. Et lui, là, il voulait donc mourir ? Bah, qu'il fasse cela, qu'il lance sa chemise par terre. De toute façon, qu'est-ce-que ça faisait ? Faux regarda ça, regarda la vermine prosternée au sol. Son sang tombait sur le sol, formant de petites tâches éclatées. De petites fleurs rouges sur le parquet. Faux approcha, Faux tourna autour de lui, songeuse sur quoi répondre. Que faire ?

Elle allait répondre, elle allait parler, quand soudain, des coups résonnèrent à la porte. Faux se retourna vers celle-ci, brusquement tirée de ses pensées démoniaques.


" Reste où tu es, Aran. "

Elle déverrouilla la porte, et avec cette indication, le démon mineur derrière l'ouvrit. C'était... un ... quoi ? AH, oui, un gasth, très certainement. La même race que l'ancien roi de Seladeg. Bien sûr, bien sûr. Charmeur, le démon, dont Sappho crut se souvenir qu'il s'appelait Madel - un soldat d'un certain grade, sorte de lieutenant -, s'approcha et, après un salut ostentatoire, garda l'air de prédateur habituel de sa race. Faux le trouvait intéressant, et il était un de ses soutiens de son clan parmi les plus solides.

" - Faux, Sa Majesté Khisath vient de fixer le départ de la prochaine offensive, et sa composition.
- Puisque tu es là, j'imagine que j'en suis. "
Son sourire s'étira.
" - Oui Général, ainsi que vos confrères Kaomael et Rizeï. Vous partirez dans cinq nuits.
- Mon cher Madel, tu m'apportes toujours d'excellentes nouvelles... "


Il acquiesça, sûr de lui, et Faux passa ses mains autour de son cou, prête à l'embrasser. Ce qu'elle fit aussi d'ailleurs. Pourquoi se priverait-elle ? Mais alors que Madel semblait vouloir aller plus loin, la succube l'arrêta, et l'enjoignit de confirmer sa présence à cette expédition aux pontes du Palais. Il ne paraissait pas pour autant déçu, après tout, la petite Faux, il avait déjà pu en profiter. Il partit comme il était venu, sans avoir regarder l'esclave ici présent. Les démons qui ignoraient les vermines, c'étaient les moins cruels. Les autres, ils tombaient sur tous les prisonniers. Mais bien sûr, en général, lorsqu'une succube obtenait un grade plus ou moins élevé, elle devenait l'objet des plus hautes convoitises. Faux n'était pas une exception. Les démons mâles lui couraient autour, et malgré son... "ouverture" dirait-on, elle n'avait pris personne comme époux légitime. Et elle avait sa raison.

Se tournant vers Aran, elle ajouta, exquise :


" Viens finir ce qu'il a commencé. "

Quelle merveilleuse façon de tourner les choses ! Vraiment. Mais c'était aussi un ordre.

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MessageJeu 20 Mai 2010 - 14:12

Elle allait passer aux choses sérieuses quand on frappa à la porte, j'étais toujours là, torse nu, agenouillé et elle m'ordonna de ne pas bouger. La porte s'ouvrit et un Démon apparut, annonçant à ma Maîtresse un départ prochain, je restais là, les yeux vissés sur les taches de mon sang qui étaient encore là sur le sol. Je ne voyais pas et pourtant je devinais... Je l'entendis l'embrasser puis le repousser pour le forcer à partir. Le Démon ne dit rien sur moi... Tant mieux. Je préférais me faire oublier et passer pour le jouet de cette Succube, pour son chien aveugle. J'attendis et puis soudain... Un ordre...

Finir ce qu'il avait commencé... Ainsi donc elle voulait jouer hein? Très bien, elle avait trouvé chaussure à son pied. Lentement, je me relevais, croisant son regard et ne le lâchant pas une seule seconde. Autant j'étais resté neutre tout le temps qu'elle avait parlé à ce Démon, maintenant j'arborais un sourire... Ce sourire, celui qui voulait tout dire et rien à la fois. Ma voix s'était faite mielleuse, doucereuse et flatteuse. Oh oui c'était pour cela que j'étais fait...


Très bien Maîtresse... Laissez moi faire...


Étais je fou? Je ne savais plus... Cette Succube avait un corps de gamine! Mais un charme certain, cela était indéniable. J'avançais de quelques pas, la poussant contre un mur non loin. Ma main alla directement se loger sur sa taille, dans le creux de son dos. Mon sourire s'agrandit quelques peu, dévoilant mes crocs. Lentement, je me penchais pour aller déposer quelques baisers dans son cou, mordant légèrement la chair.

Je détestais passer après quelqu'un d'autre, cela ne m'était arrivé qu'une fois dans une taverne où j'avais un peu trop bu et abusé d'un peu trop de baies hallucinogènes mais ici je ne pouvais pas faire la fine bouche... Après tout elle m'avait donné un ordre.

Mes mains, l'une dans le dos et l'autre contre le mur, allèrent se loger contre ses hanches pour l'attirer contre moi. Un sourire aguicheur était vissé sur mes lèvres alors que je l'embrassais délicatement sur la bouche. Cela dura quelques minutes durant lesquelles un silence des plus religieux s'installa dans la pièce.

A mon grand regret je dus rompre le contact mais je me penchais de nouveau pour aller lui murmurer directement au creux de son oreille, mon souffle caressant son cou, je n'avais pas oublié sa règle, je devais lui demander pour la toucher. Ma voix chuchota donc quelques mots, glissés d'un ton innocent et charmeur.


Dites moi Maîtresse... Puis je vous prendre dans mes bras et vous déposer sur le canapé ou bien sur votre lit... Pour continuer ces... « réjouissances »...


Qu'allait elle me répondre? Elle adorait jouer avec les gens, mais moi aussi... Lequel de nous deux était le plus joueur? Une chose est sûre, je la désirais ardemment et je n'allais pas la laisser s'ennuyer... Pour le moment j'attendais, ce sourire enjôleur était vraiment indélébile, je n'étais pas quelqu'un qui oubliait ses bonnes habitudes...
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MessageJeu 20 Mai 2010 - 20:43

Charmeur sourire charmant. Sans doute était-il fait pour cela. Les vampires étaient connus pour être des êtres envoûtants, et bien, cet Aran en était sûrement parmi les plus... attrayants ! Sappho laissa ce sourire la conquérir. Elle laissa faire son esclave pour satisfaire son envie. Quel ange démoniaque, tout de même. Il semblait bien plus à l'aise ainsi, à la faire reculer jusqu'au mur avec son sourire désirant. Leurs yeux ne se quittaient pas, jusqu'à ce qu'il enfouisse sa tête dans son cou et baise ou mordille sa peau. Faux eut un frémissement de plaisir. Contre lui, elle sentait son assurance. Son souffle sur elle était doux. Elle sentait la puissance qui émanait de lui... Et pendant ce temps, son cerveau ne capta que ce qui venait de son esclave ici et maintenant. Elle oublia... pendant ce temps, elle oublia Lyly.

Jamais son nymphe ne lui avait offert cela. Il disait que ça aurait se rabaisser au niveau des démons. Bien sûr, en même temps, il l'avait insultée, mais Faux n'avait pas été en colère. Faux avait juste été triste. Triste parce qu'il voyait Sappho comme une succube. Comme celles qui étaient définies en long, en large et en travers dans les vieux grimoires. Il pensait pouvoir la connaitre en parcourant un livre ? Apparemment. Mais lui, elle sentait son désir ardent émaner par tout ses pores. Il la voulait, lui, mais dans une violence et une force. Ses lèvres étaient froides. Le sang qui filait encore de ses plaies coulait sur leur deux corps collés l'un à l'autre. Sappho répondait à ses caresses et ses étreintes comme elle le devait. Quand il s'arrêta pour obtenir l'autorisation de continuer de manière plus approfondie, Faux prit son visage entre ses mains griffues. Son sourire à elle était pour le moment plutôt satisfait.


" Le canapé déjà... Mon lit servira pour quelqu'un d'autre que toi. "


Oui, depuis un certain jour, elle avait dit à Lysias qu'il pouvait venir dans son lit lorsqu'il le souhaitait. Alors depuis ce temps, elle ne laissait personne profiter d'elle sur son lit. C'était aussi une manière de ne pas se retrouver une nouvelle fois l'objet d'un assassinat. Et Faux se laissa porter et déposer sur le canapé assez large pour ça. Et somme toutes, une nuit de plaisir avec un esclave valait autant qu'une passée avec un incube. Surtout lorsque cet esclave était particulièrement doué. Et la petite succube joua le jeu. Elle répondit, étreinte pour étreinte, baiser par baiser, croc par croc, griffe par griffe. La nuit fut belle pour elle au moins, elle pensait que pour lui aussi. Pour eux deux donc. Ses yeux bleus l'avaient séduite, il fallait l'avouer. Son air sûr de lui aussi. Oui, elle était quelque peu sous son charme. Et sa frénésie n'en avait été que plus grande cette nuit-là.

Et pourtant... Lorsque finalement, il fallut se laisser emporter dans un sommeil, l'un dans les bras de l'autre, Faux rêva. On lui reprochait cette nuit là, comme sa pire faute parmi ses forfaits de succubes. Qui lui reprochait cela ? Qui osait proférer pareille sentence ? On la condamnait à la déchéance, elle ? Elle vit un éclat rougeoyant dans une brise. Elle n'eut pas besoin de voir cette silhouette de face pour la reconnaitre, tant elle la connaissait bien. Elle appela cette forme par son nom. Mais elle s'en allait. Elle disparait dans la brume. Hors d'atteinte. Loin... A jamais, elle serait trop impure pour une créature aussi pure. Comment pouvait-on penser que cela soit possible ? Son rêve était si réel... Si bien qu'en ouvrant les yeux, sans savoir s'il faisait jour ou non, des larmes chaudes coulaient lentement de ses yeux sur les bras glacés de l'esclave qui l'avait contentée.


Elle avait été une parfaite succube. Alors pourquoi...
Pourquoi se sentait-elle si coupable ? Quelle faute...
Quelle sentence ?
Mais chez les démons, il n'y avait qu'une seule sentence, courte ou longue.
La Mort.
Elle voulait quitter son étreinte, parce qu'elle sentait cette culpabilité imaginaire, tout droit sortie d'un rêve l'envahir. En même temps, elle aurait été idiote de suivre les conseils d'un rêve. Et si... si la culpabilité la hantait toujours, est-ce qu'elle referait le même rêve ? Reverrait-elle alors cette silhouette lointaine et désirable ? ... Faux se blottit contre le corps froid d'Aran, et stoppa le cours de ses larmes en susurrant :

" Je suis amplement satisfaite Aran. "

Son corps disait le contraire. Ses larmes disaient le contraire. Mais elle ferait tout pour revoir cette ombre d'un songe coupable. Tout ce qu'il faudrait.

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MessageJeu 20 Mai 2010 - 21:40

Des larmes... Après cette nuit délicieuse je sentais maintenant la froideur des larmes. Pourtant tout avait bien commencé, elle avait cédé à mes avances et y avait répondu avec la même fougue et la même passion. Tout ce qu'on disait des Succubes était donc vrai, jamais je n'avais ressenti autant de plaisir avec d'autres et apparemment j'étais à la hauteur de ce qu'elle attendait mais cela ne me semblait pas suffisant... J'étais bien trop perfectionniste dans l'âme.

Elle se blottit dans mes bras, instinctivement je l'entourais un peu plus, comme pour la protéger de ce qui venait de susciter en elle un si vif émoi. Sans m'en rendre compte je déposais un baiser sur son front, juste avant de me souvenir de la règle... Je décidais donc de ne pas réitérer ce geste.


Dites moi comment vous combler Dame Faux... Dites moi comment vous combler Maîtresse...


Encore une impulsion, je devrais faire attention à ce que je dis. Aussi décidais je de me taire pour de bon, la serrant dans mes bras. De toutes façons j'avais bien saisi que ce qu'elle cherchait était ailleurs... Que jamais je n'aurais pu l'égaler... Je l'ai entendue, elle l'a appelé dans son rêve... Lysias c'est ainsi qu'il se nomme. Mais moi je ne suis qu'un esclave, un simple esclave juste bon à ramper sur le sol, je n'ai donc rien à faire dans les affaires de ma Maîtresse.

Une nouvelles fois les minutes passèrent, le corps que je serrais contre moi était si petit, si frêle et en même temps si vivant. Tout le contraire de moi en somme, moi je n'étais que muscles et froideur... Était ce pour cela aussi que je la désirais si ardemment? Je ne le savais pas... Toujours était il que je ne pouvais pas faire le poids contre ce Lysias... Je n'étais que le jouet de la Faux, jouet dont elle allait bien finir par se lasser... Et là la course contre la mort arriverait.


* Tousse et râle *... Arg... Soleil...


Le jour commençait déjà à faire sa très légère apparition, lentement puis de façon plus rapide je me mis à suffoquer. Sans plus attendre je me levais, me rhabillais avec les lambeaux de ma chemise et disparut dans demander mon reste dans la salle de bain qui était dénuée de fenêtres. J'étais un jeune vampire, je ne résistais même pas au moindre rayon. Sans attendre je fermais la porte et dissimulais le moindre trou qui aurait pu laisser passer la lumière. Je n'avais rien dit de plus pour expliquer mon attitude, allait elle comprendre ce qui se passait? Il ne fallait surtout pas qu'elle ouvre la porte désormais, sinon s'en était fait de moi. Prenant un lambeau de tissu noir, je m'allongeais dans la baignoire froide et vide et me recouvrait de ce tissu. D'habitude je m'enfonçais dans une cave mais ici... Nulle échappatoire. J'étais donc là, seul avec mes pensées. Sans m'en rendre compte je me surpris de nouveau à marmonner malgré moi d'une voix qui aurait pu être entendue de la porte même.


Succube, ma douce et fragile Succube... Pourquoi donc es tu si triste? Quelle est cette personne qui hante tes nuits?...


Je n'étais qu'un simple esclave... Je n'étais rien d'important à ses yeux... Alors pourquoi me souciais je tant d'elle?... Ma Maîtresse... Un sourire se dessina sur mes lèvres, oui cette nuit avait été délicieuse sous bien des égards...
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MessageVen 21 Mai 2010 - 19:41

" Tu ne le peux pas. "

Il n'y avait pas de place pour le doute. Non, il ne pouvait la combler, d'ailleurs, personne ne le pouvait. Il n'y avait qu'avec Lysias qu'elle se sentait autre. Qu'elle se sentait elle-même. En même temps. Et dire cela ne la gênait pas, pas à un esclave en tout cas. Aux démons, elle apparaissait comme à son habitude. Aux esclaves, elle montrait parfois, par mégarde ou par faiblesse, ce qu'elle était vraiment. Eux, ça n'avait pas d'importance. Au mieux, ils vivraient avec ça sans avoir aucun intérêt à le répéter. Au pire, ils mourraient avec. Et puis quoi, ils étaient à elle. Elle disait ce qu'elle voulait, jamais ils ne sortiraient d'ici. Lui et Ba, resteraient ici...

Le soleil réchauffa sa peau glacée par le contact avec celle du vampire. Mais lui justement, se leva brusquement sous la brûlure solaire. Il partit, sous l'insupportable lumière. Tandis que Faux se laissa réchauffer en s'étirant sur le canapé. Elle l'entendit s'enfermer dans la salle des bains. Pauvre vampire condamné à rester enfermé tout le jour... Ne plus voir le ciel bleu et le soleil serait un supplice invivable pour la jeune fille. Elle se mit debout, passant ses mains dans ses cheveux pour les coiffer-ébouriffer, et alla passer quelques vêtements. Une fois de retour dans sa chambre, elle se dirigea vers la porte des bains, et plaqua son oreille contre celle-ci, un petit sourire aux lèvres. Il parlait, oui. Elle entendit quelques fragments, l'essentiel était là. Elle ricana à ses paroles. Elle, fragile et douce ? Que voilà une étrange définition ! Original sûrement.


" Fragile ? Ahah... douce ? Et moi qui est réputée pour être la plus cruelle des Généraux... " Elle soupira en pensant à ceux et celles qu'elle avait sauvagement torturés dans les pires conditions. Laëwyn, cette espionne avait été une de ses plus belles œuvres, bien qu'elle ait réussi à se trainer, agonisante, hors des Enfers. " Héhé Quant à celui qui hante mes nuits... Tu veux vraiment le savoir, ma chère vermine ? "

Elle forma entre ses mains une flaque de ténèbres. Un liquide noir qui pour elle avait le goût du miel. Elle porta à ses lèvres ce breuvage toxique pour un être non-adepte des ténèbres. Sous le coup de ces ténèbres, à jeûne, ses yeux virèrent aux noirs. C'était une étrange sensation, à la fois agréable et terrifiante. Se laisser submerger par les ténèbres sans pour autant perdre le contrôle. Mais rapidement, après quelques clignements de paupières, ses yeux reprirent leur forme habituelle. Grisant oui. Une succube des ténèbres ne pouvait sûrement se satisfaire que de deux choses dans l'absolu : des plaisirs charnels et de sa sorcellerie. Avant qu'il ne puisse répondre, elle éclata d'un rire clairement moqueur. Mais de qui ? d'elle-même ou de lui ?

" Mais cela n'a plus d'importance... Celui-là est loin d'ici. " Sans doute, se riait-elle d'elle-même. " Mais il y a plus intéressant : tu es un jeune vampire, n'est-ce-pas ? ... Dis-moi, serais-tu prêt à tuer pour moi ? "

Quelles pensées avait-elle derrière la tête ? Pourquoi lui ? C'était simple : des démons qui essayaient de briguer le pouvoir, il n'y en avait pas centaines. Mais certains avaient plus d'influences que d'autres. Mais pourquoi ne pas les tuer elle-même alors ? Simple : elle n'avait pas que ça à faire non plus ! Et un peu de discrétion dans ce genre de chose... faire passer la mort de ces pseudo-dirigeants pour des accidents si nombreux ici-bas. Comme le repas d'un vampire, par exemple. C'était ce dont elle avait besoin.

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MessageSam 22 Mai 2010 - 19:48

Elle se gaussait de moi, peut m'importait... Je pensais ce que je voulais, si j'étais ridicule et bien fi! J'entendais sa voix moqueuse à travers la porte, mais ses dernières paroles me coupèrent le souffle. Tuer?... Elle voulait que je tue?... Si c'était un ordre je ne pouvais de toutes façons pas refuser... et même, ordre ou non, je me sentais déjà faiblir face à elle... C'est que ce qui s'est passé durant la nuit m'avait prouvé une chose, elle savait y faire avec les hommes, mêmes les infatigables forfanteurs comme moi qui pourtant étaient des habitués du boudoir. Pour le moment j'étais là, allongé dans une baignoire en attendant avec terreur que le jour se cache enfin et que le ciel redevienne noir. Mais elle attendait sa réponse. Lentement, je m'avançais vers la porte et posait ma joue sur le bois froid. Tuer... Je n'étais pas un meurtre près de toutes façons, entre les victimes de mes festins, les prostituées et ce jeune Elfe élémentaliste... Dans un soupir de soumission je lui répondis.


Oui Maîtresse... N'ais je pas dit que je me damnerais pour vous ma Dame... Je ne manquerais pas à mes paroles...


Comment pouvais je lui résister? Je n'étais qu'un animal rampant devant les femmes, toutes plus belles les unes des autres. Posant ma main griffue sur le bois, je l'imaginais là, de l'autre côté, je ne pouvais me résoudre à oublier les baisers, les griffures, les caresses... Jamais, oh grand jamais une femme ne m'avait mis dans un tel état. Il m'avait tout de même fallu une Succube, une vraie Succube pour me rendre dans un état proche de la pâmoison...


… Je ferais tout pour vous satisfaire Dame Faux... Je ne suis qu'un simple Sigisbée après tout... Entièrement soumis à vous...


De toutes façons, il allait bien falloir que je me nourrisse à un moment où un autre, si je n'acceptais pas elle allait sûrement m'affamer pour que je dévore tout ce qui se trouve sur mon passage. Mais pour l'instant elle devait attendre que le soleil se cache car j'étais bien incapable de bouger, je redoutais même de faire rentrer le moindre rayon de lumière. Quel bien piètre esclave je faisais... Pourquoi voulait elle de moi?

Elle ne voulait pas me parler de celui qui la hantait et bien soit je ne lui en parlerais plus. Je ne voulais pas sortir la bille que j'avais ramassée de peur qu'elle la sente d'ici. Je la sentais d'ici, roulant contre mon torse. Je passais ma main sur les griffures qu'elle m'avait faites, quelle Succube! Passant ma langue sur mes lèvres je sentais également la morsure qu'elle m'avait faite.

Alors que je regardais mes mains, je passais mon doigt le long du contour de la marque qu'elle m'avait faite... Deux croissants... Deux croissants qui avaient changé ce que j'étais... Avant j'étais un noble Noldor, hautain et vaniteux et maintenant... Un Esclave en fripes soumis à la moindre parole d'un Démon... La question passa mes lèvres sans m'en rendre compte...


Que suis je?... Qui suis je vraiment?


M'avait elle entendu? Je ne savais pas et je n'en avais cure...
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Sappho
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MessageDim 23 Mai 2010 - 19:38

Spoiler:
 

" C'est bien. "

Quoi ? Qu'il soit aussi soumis ? Qu'il lui obéisse aveuglément ? On ne croirait pas entendre parler un esclave, mais plutôt un de ses subalternes. La différence était parfois mince d'ailleurs. Faux des Démons quitta cette porte, et oublia cela. Il n'était qu'une chose entre ses doigts. Une chose devait être utile. Certes, il avait déjà fait la preuve de son "utilité", mais elle ne pouvait se satisfaire de si peu : s'il voulait rester ici en vie, il faudrait qu'il suive ses ordres, immédiatement. Jouer avec ses sentiments, l'asservir d'une manière ou d'une autre, c'était facile. Certains pliaient sous les menaces facilement, d'autres se soumettaient sous le coup d'envoûtements ou de charmes. En l'occurrence, il lui semblait qu'Aran la regardait avec insistance. Il lui semblait qu'il la désirait. Alors elle lui laisserait la prendre au moins autant que les autres. Elle entendit au passage une phrase qu'il lâcha. Qui il était ? Si Sappho avait déjà pu répondre pour elle-même...

La succube se dirigea vers son bureau, où trainaient parchemins, plumes et sceaux. Elle farfouilla entre les documents, les rouleaux et la cire. Dans les tiroirs, par terre et sur le bois sombre du meuble. Que cherchait-elle, mi frénétique mi nonchalante ? Ses yeux cherchaient doucement, sans se presser. Ce n'était pas une recherche désespérée. Ce fut calmement qu'elle brandit une feuille abîmée et jaunie, sur laquelle était tracé un plan du Palais par des traits grossiers et baveux. Elle l'épousseta de sa main, et l'amena dans le salon, le déposant sur la table basse. Elle inscrit à un endroit, avec l'écriture commune - ce qui lui paraissait assez difficile comme ça, depuis quelques temps, elle n'écrivait qu'avec des runes - "Sappho", puis à un autre, elle traça une croix avec ses ténèbres. Satisfaite de son travail, elle toqua à la porte de la salle des bains.


" Mon petit Aran, il y a une petite course pour toi sur la table. Élimine une certaine Kyria Orden, succube de son état, car elle menace ma vie dans l'ombre. Tu sauras sûrement quand il fera nuit, mais moi, je dois faire un certain travail de mon côté... " Elle commençait déjà à s'éloigner, quand elle ajouta : " Ah et essaie de ne pas trop te faire remarquer. S'il t'arrive quelque chose, montre la marque sur ta main. "

Elle disparut par une de ses portes de ténèbres. Où allait-elle ? Oh, elle avait une réunion avec quelque ponte misérable des autres cours. On devait réfléchir sur quelques sujets absolument passionnant. Entendez par là, d'un ennui mortel. Mais être Général valait bien ce petit sacrifice de son temps, non ? Elle avait décider d'obtenir sa puissance par ce biais, alors elle devait continuer. Quoi qu'il lui en coûte. Même si c'était douloureux.
Et l'ennui était sûrement la pire des souffrances...


******************************

[tard dans la soirée] Heureusement, une fois cette satanée corvée bouclée, elle put aller se détendre convenablement. Dans le faste d'un boudoir, elle discuta de tout et de rien avec quelques uns des démons qui lui étaient le plus fidèle. Succube, incube, soquior, matel... Tout ceux qui étaient censés lui apporter leur soutien. Bien sûr, chez les démons, rien de ce genre n'était acquis. Et jamais, on ne pouvait obtenir la "confiance". Mais c'était son équivalent ici-bas. Dans ce lieu enfumé d'encens, on causait comme on le devait, du Roi, des esclaves, des nobles, des commerces... On parlait bataille comme joyeuseté, travail et badinage. Sans doute la Faux passerait sa nuit ici. Alors c'était l'endroit qu'elle avait indiqué sur la carte d'Aran, avec son nom. S'il finissait son travail, il devait la rejoindre ici. Elle le récompenserait comme il se devait. Après tout, en tuant cette succube maudite, il lui sauverait la vie. Car elle fomentait une révolte contre la seconde cours afin d'en prendre le contrôle. Elle avait un certain charisme et une beauté sans pareille : rousse aux yeux verts provocateurs, elle était une succube comme les autres. Elle trouvait Faux trop jeune pour gouverne, à ce qu'il paraissait. C'était une raison fausse, elle ne cherchait qu'à lui briguer sa place, d'une manière ou d'une autre, on récoltant des sympathisants parmi les démons se sentant apte à diriger.

Mais ce soir, sa révolte prendrait fin. Malheur, un vampire aurait étanché sa soif sur cette chère Kyria. Quel dommage...

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MessageDim 23 Mai 2010 - 21:54

Spoiler:
 


La fumée du boudoir emplit mes narines. Je venais de rentrer, ma fine chemise de lin était couverte de sang qui gouttait de mes lèvres. Ma Maîtresse était ici, je le sentais... J'avançais encore parmi la fumée, les corps entrelacés dans des positions lascives, les Démons parlant et badinant entre eux. Après en avoir bousculé quelques uns qui m'adressèrent soit un regard on ne peut plus méprisant comme si je n'étais qu'un simple animal ou certains qui me donnèrent un coup pour me faire trébucher; je la trouvais enfin...

Elle, tel un joyau au milieu de ces vulgaires cailloux. Je m'agenouillais devant elle, faisant fi des autres Démons qui me lorgnaient d'un air mauvais. L'une d'entre eux demanda même ce qu'un minable chien tel que moi venait faire ici, je tournais mes yeux bleus teintés de rouges dans les siens et la fixait de façon insistante jusqu'à ce que je montre les crocs. Son visage prit une expression on ne peut plus dédaigneuse et je ne pus m'empêcher de rire. Mais pas plus longtemps qu'une simple seconde car ma tête se tourna à nouveau vers ma Maîtresse. Je baissais les yeux et me mit à parler d'une voix où perçait la soumission.


Dame Faux... Je suis revenu... Devons nous discuter en privé?...


Je ne savais pas du tout si je pouvais parler de cela ici, bien entendu ma « commission » s'était déroulé sans accroc. J'étais sorti de la baignoire quand la nuit fut tombée, sans un mot j'avais ramassé le papier et je m'étais mis en quête de viande fraîche. J'avais trouvé cette Succube, j'en avais même plutôt bien profité. Elle s'était donnée à moi sans mot dire, dans un couloir du Palais, dans un recoin sombre où je dus étouffer ses gémissements. Alors qu'elle commençait tout juste à reprendre ses émotions, je l'avais mordue goulument dans un râle affamé. Elle était tombée en pâmoison, à croire que mourir chez certaines Succubes relevait encore une fois de cet art qu'elles maîtrisaient tant.

Je l'ai bue jusqu'à la dernière goutte, certains passèrent près de moi mais ils ne virent qu'un homme et une Succube entrelacés, occupés à se satisfaire mutuellement. Quand elle eut rendu sa dernière goutte, je la pris dans mes bras et m'en débarrassait en la jetant dans les canaux sous les prisons. Personne ne me porta préjudice, personne ne s'aperçut de ce qui s'était passé.

Et maintenant je me trouvais là, de nouveau auprès de ma chère Maîtresse. J'attendais toujours en silence, réactif au moindre mot qu'elle pouvait me dire. L'ambiance du boudoir ne me laissait pas non plus de marbre, tous ces corps enlacés, toute cette moiteur et tous ces gémissements commençait à me travailler quelques peu.

Je tentais de cacher de mon mieux mes sentiments quand une Succube, visiblement quelques peu étourdie par l'encens et l'alcool commença à me caresser de façon ostentatoire l'épaule juste devant ma Maîtresse. J'esquissais un léger sourire imperceptible, qu'allait il se passer?
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Sappho
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MessageMar 25 Mai 2010 - 13:02

Spoiler:
 

Elle pleurait presque de rire, dans un éclat sincère. On venait de blaguer de manière fort juste sur ce cher Roi. Il avait beau être un Effrit, vulcain de surcroit, il n'avait rien de... comment dire ? Ce n'était pas exactement la chaleur que recherchait une succube, voilà tout. C'était une blague faite et refaite, mais c'était toujours bon à faire. Une succube confidente, du nom de Jaëlle, s'approcha de Faux, l'enlaçant, et susurra à son oreille :

" Sappho, je crois que cette vermine veux te parler. "

Baissant les yeux, Faux observa l'être agenouillé devant elle. Soumis, mais à une personne semblait-il. Car il manifestait une rébellion silencieuse face à ceux qui se moquaient : l'incube Sildes avait dû se cacher dans son orgueil, peureux comme il était. La demi succube ne dit rien lorsqu'il eut parlé. Elle avisa le manège de Talaïl avec un sourire amusée. Cette jeune, presque plus jeune que Sappho, mais elle avait déjà l'air d'une adulte, elle, Talaïl était complètement sous l'emprise de plusieurs boissons - car il en fallait, de l'alcool, pour faire perdre la raison à une succube ! Les incubes qui l'avaient poussée à l'encontre d'Aran ricanaient comme des jards caquetant. Faux laissa faire la succube sur le vampire un instant, observant la réaction de sa vermine.

Alors que ses grands yeux violacés fixaient intensément cet esclave, Jaëlle déposait quelques baisers sur le cou de la succube, passait ses mains dans ses cheveux et sur ses frêles épaules. Chez les démons bien sûr, toutes les formes de sexualité s'exprimaient sans retenu. Mais là, Faux restait de marbre, ne faisant que regarder plus bas, Aran. Soudain, elle lâcha, comme une sentence :


" Pas besoin. Je sais que tu as accompli ta tâche. " Comment ? Un espion de Faux surveillait la cible qu'elle avait donné à Aran, il lui avait envoyé la nouvelle, via des ténèbres. Sappho repoussa tendrement Jaëlle, et balaya le boudoir du regard : " Frères et sœurs démons, cette vermine à mes pieds est mon esclave personnel. Le tuer vous est interdit. A moins que vous ne désiriez le rejoindre bien sûr. " Faux se mit à rire en cœur avec d'autres démons : " Mais ce soir, il nous a rendu un grand service. Aussi il mérite bien une récompense, vous ne pensez pas ? "

Les succubes autour d'elle pouffèrent et rirent en posant leurs yeux sur le séduisant vampire. Qu'importe le service que cet esclave avait pu rendre à la Seconde Cour des Enfers, si Faux pensait que qu'il méritait quelque chose, alors c'était sûrement vrai. Et puis, elles n'allaient pas discuter non plus ? Pour le coup, elles n'y perdraient rien. Toutes les succubes demandèrent à leur Général ce à quoi elle pensait. Faux, hautaine Sappho des Démons, tu tapes dans tes mains et tu t'écries :

" Aran, cher vampire, fais ton choix parmi les succubes ici présentes pour passer ta nuit. " Encore des rires. Oui, ça riait tout le temps, un démon. Les femmes magnifiques qui étaient ici papillonnèrent et sourirent avec charme, tandis que Tala - c'était ainsi que l'on appelait Talaïl - continuait son propre manège, indifférente à ce qui venait d'être dit, apparemment. " Et que quelqu'un s'occupe de Tala avant qu'elle ne contrevienne à mon ordre ! "

Sur ce, deux incubes l'attrapèrent, pliés en deux de rire. Alors qui choisirait-il ? Aurait-il l'audace de choisir ? Accepterait-il cet ordre là ? Bah, ça, c'est son histoire.

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MessageMar 25 Mai 2010 - 20:28

Spoiler:
 

Le choix... J'avais donc le choix parmi toutes ces Succubes. Une chose fort cornélienne si il en était. Avant de devenir l'esclave de Dame Faux je crois que je les aurait toutes prises, ensembles, dans ma chambre et que j'aurais réussi à toutes les satisfaire mais je n'en voyais qu'une. Elle n'était pas pourtant celle qui avait le plus de formes, ni même celle qui paraissait la plus sensuelle... Mais je ne voyais que ses yeux violacés qui me fixaient intensément.

Tous se gaussaient de moi, tous riaient à la moindre moquerie, je n'allais tout de même pas pousser la forfantrie à leur donner matière à se moquer. Et pourtant, je ne regardais pas les autres Succubes... Je ne voyais rien d'autre qu'elle. Lentement je me relevais et embrassais du regard cette foule de jeunes femmes à demi dénudées qui me dévoraient des yeux en me caressant langoureusement le corps. Ah Mesdames... Si vous m'aviez connu avant...

Mon bras puis ma main se déroula avec ses ongles griffus couleur de verre, mais cette main n'était pas tendue pour cette Succube ci qui était en train de déchirer encore plus ma chemise pour voir mon tatouage, ni même pour cette Succube là dont la main descendait bien trop bas à mon goût... Non ma main était tendue pour elle... Ma Maîtresse.

Certains Incubes pouffèrent, d'autres se moquèrent ouvertement, mais je ne cillais pas. Je n'étais qu'un simple esclave qui tenait la main pour obtenir ce joyau inaccessible et tranchant qu'était Dame Faux. Cela relevait de l'audace, mais je n'en manquais pas. Toutes les autres me semblaient fades et inintéressantes. Ma voix grave n'eut pas plus d'effet qu'un murmure dans ce boudoir si bondé.


Ma Dame... Pouvez vous venir avec moi?


Le silence se fit, certaines Succubes firent la moue, d'autres essayaient vainement de me tenter plus. Mais rien n'y faisait, je ne regardais que ses grand yeux violacés de gamine qui me lorgnaient d'un air rieur et supérieur. Un rire éclata, deux... Certains me lancèrent un regard rageur et les badinages reprirent. Je n'en démordrais pas, elle allait peut être me ridiculiser devant toute sa cour mais je m'en contrefichais.

Bon sang qu'elle était belle et ô combien désirable, les autres en étaient devenues vulgaires. Je me servirais dans cette cour qui me caressait de milles mains quand mon goût pour le raffinement et la perfection sera devenu absent...

Je restais là, mes deux pupilles bleues rougeâtres comme perdues dans cet océan violacé. Encore une fois je tentais le Diable... Hum pardonnez mon erreur de langage... La Succube plutôt...
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