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 Chapitre VI : La Folie de Bürêlion [Privé Janus-Rork] - Over

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Janus Von Raelu
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MessageLun 5 Avr 2010 - 14:28

Chapitre VI : La Folie de Bürêlion

L’homme courrait au travers des hautes herbes en haletant, et regardait par à coup par-dessus son épaule meurtrie. Le sang perlait sur sa chemise de laine et commençait à transpercer l’épais tissu. Depuis maintenant plus d’une heure, il tentait d’échapper à son poursuivant, un être froid, dur et foncièrement mauvais qui l’avait suivi depuis qu’il était sorti d’une taverne mal famée d’Elament, gloire passée des pouvoirs élémentaire et sceau de l’ancienne magie.
Après que les élémentalistes n’eussent plus réussi de percée du siège des démons, et que la cité fut tombée, tout un chacun avait pu, dans la mesure du possible, reprendre le cours de sa modeste vie. Tous, sauf ceux qui avaient pu tirer leur épingle du jeu et qui gravitaient autour du nouveau soleil, le Haut-Roi Khisath.
L’une de ces planètes était pourrie jusqu’à son noyau, et sa croûte aussi putride que l’être qu’elle représentait : le conseiller Von Raelu. Pourtant, ce dernier n’avait exigé que peu de choses de son maître en échange de service rendu à la cause des démons : il avait fait de la cité et de ses alentours son terrain de chasse.
Et les rares habitants qui refusaient toujours l’allégeance au trône de feu avaient la fâcheuse tendance à disparaître assez promptement, soit sous la torture, soit sous la brève morsure du vampire…

[…]

L’homme courrait toujours. Droit devant lui, telle la proie apeurée qu’il était. Sous ses yeux, Von Raelu distinguait la plaine agricole et fertile, ou tout du moins ce qu’il en restait depuis le bref passage des armées démoniaques.
Toujours droit devant, il courrait. Von Raelu observait sans ciller la petite tache qui s’éloignait dans la nuit noire, chose qui ne semblait pas l’affecter puisqu’il y voyait comme en plein jour. Accroupi, il humait l’air : relents de transpiration et de peur. Pathétique. Toujours cette même peur chez ces êtres depuis l’ère de la conquête de la cité.
Tel un vautour, Von Raelu se releva, déployant sa cape de voyage en laine noire telles des ailes autour de lui, et se mit à courir. La faim lui compressait les entrailles. Encore un peu. Oui, l’odeur du sang. La proie était bléssée et il pouvait presque sentir son odeur sur sa langue, le goût âpre, sirupeux et chaud du sang frais pris à même la veine de la victime. Cette dernière commençait à ne plus pouvoir soutenir le rythme qu’il lui avait imposé. C’est d’ailleurs pour cela qu’il s’arrêtait de plus en plus fréquemment. Ménager sa proie pour obtenir une plus grande satisfaction lors de l’assaut final. Laisser croire, ou plutôt espérer un répit inutile. Le goût et l’odeur du sang…

[…]

Mais où était-il ? Le vampire le traquait depuis maintenant plus de trois heures et le temps lui manquait maintenant avant le lever du soleil pour pouvoir retourner à la cité. Soit il avait abandonné, soit il se préparait à l’écorcher pour en finir. L’homme accéléra le rythme de sa course, les hautes herbes ayant fait place à un chemin recouvert de cailloux et de mauvaises herbes. La route montait en direction d’une colline, surmontée d’un arbre mort, dénudé. Encore quelques mètres avant d’atteindre le sommet. Le rose de l’aube pointait sur le bleu nuit du ciel encore endormi. Le cri d’un corbeau, peut-être la rare présence vivant qu’il avait croisé jusque là, résonna pendant un long moment. Sonore, strident et comprimant l’espace. Au cœur de cette nuit froide et obscure, où l’air frais commençait à être progressivement remplacé par des odeurs fétides de mort, il aperçu l’être appuyé nonchalamment le long du tronc d’arbre desséché. Il stoppa sa course, mais il était trop tard pour fuir. L’aube allait bientôt poindre. Mais était-il pour autant sauvé ?

[…]

Adossé à l’écorce rêche et partiellement recouverte de lichens, il attendait. L’autre n’allait plus tarder ; d’ailleurs, sa silhouette se distinguait presque au pied de la route caillouteuse. Peut-être allait-il enfin se décider à lui fournir les informations sur ce qu’il recherchait. Après tout, il s’était mis en tête de trouver cet informateur afin de pouvoir progresser dans sa tâche : mais maintenant que l’individu devait les lui fournir, il s’y refusait. Janus avait alors pensé à ce petit jeu comme paiement… L’homme arrivait exténué près de lui. Le vampire lui souriait de toutes ses dents de dessous son capuchon, rabattu sur son visage. Il sentit la peur bien avant de la voir au creux des yeux aigue-marine de sa proie. Il se redressa et avança lentement, faisant face à l’arrivant.
« - Vous en avez mis du temps. Livrez-moi ce que vos connaissances sur les artefacts perdus…
- De quoi voulez-vous parlez, milord ?
- Des informations pour lesquelles je vous ai payé fort cher il y a quelques temps.
- Je vous assure, monseigneur, sur la toute puissance du Haut-Roi, que je n’ai rien appris à propos des ces objets magiques. Vous le savez très bien, je n’ai rien pu apprendre. Les seules données connues sont enfermées dans la bibliothèque personnelle de Marcus de Versanpart.
- Je vous avez pourtant fourni les moyens pour y accéder. Dois-je vous rappeler que vous êtes parti il y a trois mois pour Kalmastre avec cette simple tâche. Qu’avez-vous fait entre temps ? Qu’avez-vous fait de tout l’argent que je vous avais offert pour pourvoir à vos besoins ? Dilapidé j’imagine ! Mais lorsque le moment de payer est arrivé, vous avez tenté de vous y dérober. Je ne quitte la Cité que pour vous y ramener. Peut-être serez-vous plus… coopératif dans les salles de torture du Palais, hum ?
- Pitié monseigneur, je ne sais rien… Vous n’aviez même pas spécifié ce que vous souhaitiez comme informations…
- Pleutre, Menteur, je vais te montrer ce que je fais aux individus tels que toi. »

[…]

Sous l’œil flamboyant du vampire, son commanditaire, l’homme sentit qu’il l’avait saisi au collet. Il sentit aussi ses pieds quitter terre tandis que le vampire le hissait à quelques centimètres du sol, pressant son cou de sa main valide, le bras gauche toujours dissimulé sous sa cape de laine noire.
« -Milord, comment pourrais-je jamais vous montrer ma bonne foi afin de ne pas risquer ma vie sous votre joug ?
- Parles moi des artefacts maudits, le masque et les gantelets de l’enchanteur nain Vaaquiel.
- Je ne peux pas. J’ai juré auprès des autres de ne jamais vous le révéler.
- Répond ! Où sont-ils ? Et qui sont ces autres ?
- Jamais, la force et les menaces ne suffiront pas. Ils me tueront si je le fais…
- Répond te dis-je, ou tu me serviras de plat de résistance… Veux tu une démonstration ? »
Il sentit le vampire le faire descendre jusqu’à ce que ces pieds touchent presque terre. Mais il fut encore plus surpris de sentir le souffle froid et paralysant du vampire sur son cou, avant que les deux canines ne s’y plantent, et que le flot de son sang ne soit aspiré par la sangsue moribonde. Le vampire releva sa tête en arrière :
« - Veux-tu que je continue jusqu’à ce que tu meurs ?
- Laissez-moi la vie sauve, milord, je vous en conjure !
- Alors parle ! Cracha le vampire.
- Mzanech, la forteresse de Mzanech.
- Qui t’as interdit de me le dire ?
- Non ! Je ne peux pas vous le dire, pas cela…
- Bien. »
Le vampire l’attira à lui et lui murmura au creux de l’oreille, sans un sourire, « adieu, jeune homme ». Il sentit le vampire appliquer sa bouche aux deux orifices qu’il avait faits sur son cou, puis se repaître de son sang. Il lâcha le corps et l’envoya rouler dans le fossé bordant la route. Celui-ci respirait toujours. Il vit l’ombre entrouvrir sa cape noire, et sortir de sa main pourrie la lame noire d’une dague. Trop faible pour bouger, il sentit la faible piqure de celle-ci sur son visage, avant de sentir une brûlure intense sur la plaie et dans tout son corps. Avant de fermer les yeux, il vit le vampire s’enfuir telle une ombre dans la brume de la fin de nuit.
Le corps fut retrouvé par un colporteur qui n’osa pas l’enterrer, de peur d’une contamination. Le visage était méconnaissable, recouvert de croûtes et de difformités immondes. Les maladies virulentes contenues dans le poison de la lame avaient achevé le travail du vampire. Le cadavre continua de pourrir et à être dévoré par les charognards du coin.
Janus avait ses informations. La forteresse de Mzanech. Celle-ci se situait quelque part dans les Monts décharnés, au cœur d’une ancienne caldéra.

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Dernière édition par Janus Von Raelu le Ven 10 Sep 2010 - 12:45, édité 1 fois
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Janus Von Raelu
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MessageMer 21 Avr 2010 - 17:18

Le plus gros souci avec les artefacts, c’est que dès qu’il s’agit de les trouver, soit l’endroit est inconnu, soit il est connu mais le peu d’information disponible permettent d’en revenir à la première solution, soit on sait où ils sont, avec précision, mais aucune information précise n’est disponible quant aux dangers encourus pour leur découverte.
Vraisemblablement, le conseiller du Haut-Roi, Janus Von Raelu, était dans cette situation. Plongé depuis plusieurs heures dans les ouvrages de référence de la bibliothèque du Palais des feux, au cœur de l’ancienne cité élémentaliste, il savait où chercher, disposait d’une mine quasiment inépuisable de documentation sur la géographie des Monts décharnés ; mais dans toutes les différentes descriptions et chroniques manquaient l’élément principal : les cartes. Et peu de gens se souvenaient encore de la localisation de l’antique forteresse de Mzanech.

Certes, il est simple de critiquer le travail incalculable de tout ce qui avait été fait depuis lors, mais les Monts décharnés ayant été le cœur battant du pouvoir démoniaque, on aurait pu s’attendre à autre chose que les rares ouvrages généraux tels « Mœurs et habitat des populations des Monts décharnés » ou encore le plus répandu « Démons blasphématoires de la chaîne montagneuse du Nord ». Enfin, les seuls ouvrages sur le sujet ayant été rédigé par les élémentalistes et laissés sur place lors de la Perte, on ne pouvait leur en tenir rigueur… Les sources de la bibliothèque personnelle du Haut-Roi mises à sa disposition étaient bien plus fournies.

Se levant pour déranger l’Archi-archiviste Eon de Belgandor de sa chair, dans laquelle il trônait en somnolant (il est vrai que les heures de travail du conseiller Von Raelu étaient le plus souvent décalées par rapport aux autres membres de la cour), afin d’obtenir une cinquante-quatrième tome des chroniques du début du règne de Celil-Galas le Sanglant, il fit tomber une copie reliée de « La Guerre du Troisième Royaume », qu’il avait écartée dès le début de ses recherches, connaissant déjà cette référence. L’ouvrage avait été hérité de la bibliothèque de l’ancienne Haute-Reine Apharez, puis transmis aux archives royales du Palais. Une feuille volante s’en était échappée. Ou plutôt une note de travail sur un morceau de parchemin et portant ces inscriptions :



Bien, bien. Les catacombes hurlantes et les grottes de Finduilas Surion. Celles-ci, au moins, il les connaissait. Ayant pris sa carte de voyage du continent Magyar, il se mit à chercher la probable position de la forteresse sur la carte à partir de l’information récoltée. Le Nord-ouest des Grottes de Finduilas Surion. Voilà. La caldéra de Rugnus Guglanginar. Cinq jours de voyage depuis la capitale du royaume démoniaque. Son carrosse attendait son bon vouloir, tout comme ses chevaux, Noir-Enfer et Gangrénoïde. Il lui faudrait aussi du « ravitaillement » pour ce trajet ; quelques esclaves devraient suffir… Délaissant son étude, il se leva, et quitta la pièce dans un lourd silence, sa cape de laine noire flottant à son dos dans l’air vicié de la bibliothèque, comme elle le ferait bientôt sous les vents perturbateurs du nid d’aigle, la forteresse de Mzanech.


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Rork Baruk
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MessageMer 26 Mai 2010 - 11:57

* * *

Aïe.

La première sensation qui revint fut la douleur. Elle lui vrillait le crâne, allumant une moisson de soleils sous son crâne. Par les grands marteaux de Knorr Aromat … Il ouvrit péniblement un œil, ne vit que du gris. Le referma. Flotta un moment dans le flou… Une question idiote planait dans son esprit embrouillé : les œufs au jambon …. au jambon … devaient-ils ou non… être …. salés …

Aïe …

Salés … pas salés … œufs. Les œufs au jambon, c’était bon... et lorsqu’il revint à nouveau à lui, plusieurs minutes avaient dû s’écouler. La douleur était toujours là, mais elle semblait presque amie, une compagne au milieu des limbes ou il flottait. Des mots indistincts, des fantômes de questions lui vinrent, puis passèrent, noyés dans le coton.

Aïe …

Sacrément … mal au crâne. Il entrouvrit à nouveau une paupière, difficilement, à cause de quelque chose de sec qui la maintenait collée. Peu à peu, le flou se précisa. Le gris devint une texture, la texture devint de la pierre, la pierre devint un mur. Ahh. Oui, c’était bien ça. Il devait regarder un mur … oui … d’assez près … couché à l’horizontale. Granit … granit bardé de métal forgé, nota-t-il vaguement. Il était bien fait …. Ce mur.

CE MUR D’UNE CELLULE DU MANOIR DE MZANECH.

La pensée avait explosé dans son esprit. A la seconde où ce nom lui revint en mémoire, elle lui fit l’effet d’une douche glacée, balayant les brumes de l’inconscience. Furieusement, il lutta pour se redresser. Faire face. Faire face, Rork !!

« YAAAAAAAARGH !! »

Le rugissement étranglé qui jaillit de ses poumons l’étonna par sa propre sonorité. Allons, il ne devait pas être encore mort, s’il était capable de donner de la voix. Il fallait dire qu’il avait l’habitude : quand il avait trop bu, ses jambes lâchaient apparemment bien avant ses cordes vocales… sa plaisanterie ne le fit toutefois pas vraiment rire. Non, il ne riait pas, notre Nain, en se redressant en chancelant. C’était bien une cellule où il venait de se réveiller et c’était bien du sang séché qui collait ses paupières en lui poissait le visage. Le seul bon point, c’est qu’il n’y avait personne dans cette cellule. Cette certitude acquise, il se laissa retomber contre le mur, affalé contre la roche. Ô Siddarthâ, si seulement ce mal de tête pouvait se calmer … allons, pas de danger immédiat. Quitte à être en cellule, il pouvait se permettre de … de quoi déjà ? Ne …. savait … plus …

De toute façon, il venait de retomber dans les vappes.

* * *

Quand il émergea à nouveau de l’inconscience, plusieurs heures devaient avoir passé, cette fois (information fournie par son estomac). Il se sentait mieux. La tête encore lourde, douloureuse, et des élancements dans tous les muscles, mais mieux. Après un essai ou deux, il parvint à se mettre debout, mais un vertige l’obligea à se rasseoir sur la paillasse. Il se passa la main sur les yeux, tentant de remettre ses idées en place.

Qu’était-il arrivé, au juste ?

Le lendemain de son marché mouvementé à l’Auberge des Cent Âmes, il s’était mis en route pour Mzanech. Après plusieurs heures de marche, il avait fini par atteindre le manoir, aussi silencieux que d’habitude. Seuls les vols de corbeaux sur les toits troublaient le silence. Raffermissant sa prise sur son marteau, il était entré par une brèche dans la porte de bois. Si réellement les ouvrages qu’il cherchait se trouvaient là, ils pouvaient être dissimulés à peu près n’importe où. Il commencerait néanmoins par la bibliothèque et les salles de travail. Il serait toujours temps de chercher les portes cachées ensuite. La seule rencontre désagréable avait été une Bête Eclipsante, mais un coup de marteau solidement appliqué avait expédié le monstre contre un mur. Coup de chance qu’il ait visé sur la bonne trajectoire, nom d’un Gnoll. Ces monstres, bien nommés, avaient la déplaisante habitude d’apparaître et disparaître plus vite que l’œil ne pouvait suivre. Mais il avait le coup d’œil …

Le coup d’œil !! Il ne put s’empêcher de sourire, étouffant un grognement de douleur quand la plaie ouverte sur son front se rouvrit. Le coup d’œil, hein !! Pièce suivante, la seule chose dont il se rappelait avait été la vision de lames tirées et d’un gourdin qui fonçait sur son crâne. Il avait eu le temps de réaliser qu’on l’attendait, de maudire l’informateur qui l’avait incomplètement renseigné … puis, le noir.

« Fientes de Dragon » siffla Rork, plus furieux contre lui-même que contre quiconque d’autre. « Me v’là dans de sales draps… »

Qui que soient les inconnus qui l’avaient estourbi, il semblait certain qu’ils n’avaient aucune bonne intention envers lui. S’il n’avait pas été exécuté sur-le-champ, c’était probablement qu’ils réservaient un sort peu enviable aux visiteurs. Il était urgent de se tirer de là, maugréa intérieurement le Nain en s’approchant de la grille. Une main posée sur les barreaux, il inspira profondément et projeta à travers le métal la plus forte poussée de magie qu’il pouvait générer – assez puissante pour tordre une aune du meilleur métal comme de l’étain. Peine perdue : des runes minuscules de magie démoniaque empêchaient les élémentalistes de transformer le métal des barreaux. Une prison à magiciens, boîte hermétique dont il ne tirerait pas seul. Si seulement il avait Krôn sur lui, ce ne serait pas impossible de faire éclater la cellule comme un fruit trop mûr. Hélas, le fidèle marteau était posé à l’extérieur, juste quelques mètres devant sa cellule, mais inaccessible. Piégé comme rat dans un piège …

Pas si vite... à sorcier, magicien et demi. Les sortilèges de protection étaient de son domaine. Vouloir sceller les pouvoirs d’un Enchanteur demanderait plus que cela. Même sans ses outils, avec du temps et de la concentration, il finirait par briser le sortilège de protection de la cellule. Restait à savoir si on ne viendrait pas s’occuper de lui avant … mais comme il n’y avait rien d’autre à faire, le Nain s’installa, jambes croisées, face à la grille. Etendant la main, il l’appliqua à plat contre les barreaux et commença sa tâche.

« Montre-moi c’que t’as dans le ventre, bout de ferraille !! »

Fermant les yeux, l’Enchanteur plongea son esprit dans les méandres de la matière, à la recherche de la moindre faille où il soit possible de rompre la chaîne de sorcellerie, remplacer un maillon par le sien, patiemment. Cela prendrait des heures de faire le tour de la cellule, et ….

Et il n’en aurait pas le temps. Déjà, des pas lents, calmes, s’approchaient de sa cellule. Péniblement, Rork arracha son esprit aux détours des magies entremêlées et leva les yeux vers la porte d’entrée. Là-bas, une silhouette de haute taille approchait lentement. Visiteur ou bourreau ? L’un et l’autre verront la même chose : dans la pénombre de la cellule, la forme ramassée du nain, où seuls les yeux scintillent. Dans cette tanière de prisonnier, ils sont comme deux émeraudes, d’un vert éclatant, indomptable...

* * *

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Janus Von Raelu
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MessageMer 26 Mai 2010 - 23:12

« Cliquetez chaînes rouillées, grattez vermines aux griffes acérées, buvez vampire assoiffé ». Telle était la petite litanie que Janus se répétait dans ce couloir interminable qui menait de la surface de la tour en ruine vers les geôles plus ou moins bien gardées par les mercenaires à la solde de Bürêlion. Car c’était bien de cet immonde vermisseau d’aventurier téméraire entouré d’une bande de cancrelats tout aussi affamé que lui dans la recherche et la découverte d’hypothétiques vieilleries et souvenirs en tout genre à vendre à la sauvette dans les rues d’Elament. Quoique de ce côté-là, son commerce devait être quelque peu ralentit…

Méthodiquement, Janus avait franchi les quelques premiers mètres de descente dans un étroit escalier en colimaçon avant de se retrouver à patauger dans des galeries humides, où l’eau, infiltrée depuis le lac de la caldéra, lui arrivait à mis mollets. Sa seule dague, Morsure de la Nuit, enduite de poison, était accrochée à sa ceinture. Il ne comptait pas réellement l’utiliser. Après tout, il s’agissait d’agir discrètement. S’il était encore possible d’être discret après l’intempestive introduction d’un Nain à moitié saoul quelques heures plus tôt par la porte principale de la forteresse.

Deux jours à espionner les activités autour de la forteresse, se nourrissant au cou d’un esclave acheté sur le marché à Elament avant de partir, avaient permis de monter un premier plan d’infiltration. Et là, un nain, surgi des catacombes hurlantes, avait défoncé la porte d’entrée, et avec moult discrétion avait été fait prisonnier ou était mort : n’étant pas ressorti depuis lors et les mercenaires donnant toujours signe d’activité, il s’agissait des conclusions les plus plausibles. Au moins, les forces réelles étaient plus ou moins dévoilées.

Il s’était faufilé de nuit (sic) dans la forteresse, se dissimulant son sa cape de voyage, ombre parmi le voile de ténèbres qui s’étaient abattu sur Mzanech. Le réseau de galeries inondées finissait par déboucher sur une série de couloirs, dont un seul avait survécu à une sismicité importante. Celui-ci, débouchait sur une petite salle de garde ou deux des mercenaires jouaient aux dés. Le problème, s’il en était vraiment un, était que ce même couloir était obstrué par une grille de fer… Accroupi dans l’ombre, Janus usa d’une des rares évolutions du pouvoir de corruption : la création d’acide au touché de certains objets inertes. Il s’interrompit bientôt face à la tournure de la discussion entre les deux gardes, puis continua son travail avec plus de discrétion.
« - Je te l’ai déjà dit on a vraiment un problème.
- Par tous les démons de la création : je ne te le répéterai pas une fois de plus. La ferme et joue !
- Mais tu as vu tout comme moi ce qu’il est devenu ?
- Ecoute, mon gars, not’e chef, Bürêlion, il m’paye pas pour discuter d’son état ni d’sa santé ; il gère ça très bien lui-même. Après moi ce que j’en dis, du moment que je suis payé.
- Tous pareils, vous autres les elfes noirs. L’or, l’or, toujours et encore l’Or ; pire que des nains ! Nan, mais tu l’as pas r’gardé depuis qu’on a ouvert le sarcophage de pierre et qu’on en a extrait le corps du nain Vaaquiel, et qu’on a passé la première nuit ? Le lendemain, il avait déjà changé et vieilli dans des proportions que je n’avais jamais vu. Et les incantations qu’il récite depuis, enfermé dans la chambre du sarcophage, ça pue la nécromancie ou tout autre chose à plein nez. Et ils sont passés où les quatre élémentalistes qu’on avait fait prisonnier et amenés avec nous ? Disparu ?
- Mais tu vas la fermer une bonne fois pour toute ?
- En effet, mais pour le coup, vous allez la fermez tous les deux. »

Un rapide coup de dague pour trancher le cou du premier, une légère piqûre empoisonnée sur le bras du second, et ils s’écroulèrent sur le sol, raide mort. Il récupéra un jeu de clés sur l’un des cadavres. Après un léger sarcasme sur la baisse de qualité des hommes de mains depuis quelques années, Janus emprunta le couloir menant aux geôles. Son pas lent résonnait sur les pierres froides. Arrivant dans l’autre salle, il pu admirer les six cages magiques suspendues à quelques dizaines de centimètres du sol, accrochées aux ogives du plafond. L’une d’elle était occupée. Une forte odeur et un râle s’en échappaient. Faisant le tour de la pièce des yeux, il examina le marteau posé sur une table et scruta les réactions du prisonnier.
«- Il voudrait son joujou ? Qu’est-ce qui pourrait m’inciter à faire sortir de sa cage le clabbert pustuleux ? fit Janus avec un rare air narquois, de sous sa cape de voyage qui le dissimulait totalement aux yeux du prisonnier. Au fait c’est quoi son p’tit nom ? »

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Rork Baruk
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MessageMer 16 Juin 2010 - 9:43

Grand, noiraud et déplaisant. C’est à peu près tout ce qu’on peut supposer à propos du nouvel arrivant. Sous la cape et le capuchon, il n’est pas possible de distinguer le visage. On devine à peine des traits fins, des cheveux pâles et un regard luisant. C’est tout. Et bien sûr, cette voix sarcastique qui met immédiatement le Nain de mauvaise humeur.

« On s’dira nos noms quand on aura gardé les porcs ensemble, l’homme ! Appelle-moi Clabbert, j’te baptise Glaviot. »

Manière discutable d’entamer des négociations. Sauf que le tact et la politesse n’ont jamais compté parmi les qualités premières du maître nain. La finesse, en revanche, est beaucoup plus présente chez lui que son apparence ne le laisse deviner. De même qu’un vocabulaire de lettré se dissimule sous son accent paysan, le regard derrière les sourcils broussailleux dévisage Janus avec attention, détaillant chaque pouce de l’arrivant. Jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent sur un détail.

Là, près des pieds bottés. Quelque chose vient de dégoutter sur le sol : une tache d’un beau rouge sombre, le style exact de ce qui tombe d’une lame utilisée quelques instants auparavant. Et ce silence soudain, après les bruyantes exclamations des gardes… il avait pris ce calme pour le respect dû à un supérieur. Mais ce détail, ce tout petit détail rouge change beaucoup de choses. Les paupières de Rork s’étrécissent.

« Vu ton habit et ce qui en goutte, t’es pas là en invité... chacun sa façon d’faire. J’suis pas aussi discret que toi. Moi, j’fais dans l’sonore et dans la démolition, c’est mon style. J’ai une politesse à rendre à ceux là-haut, et on m’aura pas deux fois. »

Tournant la tête, il gratifie le mur le plus proche d’un crachat bien gras. Puis pointe son index vers le haut, et crispe le poing. Sur le bras du nain, les muscles énormes se crispent de façon menaçante. Le geste est significatif. Ca va chier. A condition bien sûr de récupérer son outil préféré et de sortir de cette cellule avant qu’on revienne et qu’on le trouve toujours prisonnier, avec deux gardes assassinés à quelques mètres. Et cela, bon gré mal gré, dépend quand même de ce désagréable inconnu. A qui il va bien falloir faire une offre.

En espèces sonnantes et trébuchantes ? Pas question. On parle d’un Nain, là. Alors primo, on ne paie que si on n’a pas le choix. Deuxio, on ne paie pas pour sauver sa peau. Sauf en nature. Et comme l’acheteur n’est pas une jolie femme fantasmant sur des nabots à barbe, une rectification est nécessaire : il va falloir faire une offre en services. Rork se gratte la tête, peu disposé à abandonner ses occupations personnelles pour aider un obscur (c’est le cas de le dire) inconnu à vaquer aux siennes. Mais quand il faut, il faut …

« Pustuleux ou pas » finit par renifler le Nain, « quelqu’un prêt à foutre un peu l’bordel pour ton compte dans c’te trou à rats te déplaira p’têt pas. J’peux rien t’offrir de mieux, alors si ça t’intéresse pas, bon voyage. »

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Janus Von Raelu
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MessageMer 23 Juin 2010 - 15:02

Toujours encapuchonné et dissimulé, le visage de Janus se fendit d’un sourire invisible, tandis que le nain enfermé se grattait l’arrête du nez. Après tout, un bon coup de bélier pour foncer dans le tas ne se refuse généralement pas. D’autant plus lorsque celui-ci avait la taille de la petite boule de nerfs enfermée dans sa cage.

Un doigt sur les lèvres, il se mit à songer à toute la puissance que pourrait déchaîner un tel être contre la bande de mercenaire de Bürêlion… Après tout, toute aide serait la bienvenue.
« - Hum, je ne sais pas pourquoi vous êtes là et cela ne m’intéresse pas hormis si vous tenez à marcher sur mes plates bandes. Si vous voulez régler vos compte avec eux, libre à vous… Je suis moi-même à la recherche de certains objets pour… mon maître (il espérait que le nain n’avait pas remarqué cette hésitation). Je ne suis pas aussi souvent altruiste : je compte sur vous. »

Janus sortit de son sa cape noire une main gantée, et une autre recouverte de bandelettes tachées, la plus mutilée, définitivement irrécupérable dans un état tout relatif entre chairs putréfiées et plaies cicatrisées. Après avoir déroulé les bandelettes de cette main, il apposa celle-ci sur la cage couverte de runes, tentant d’appliquer son pouvoir de corruption aux barres de fer. Après plusieurs minutes à s’acharner comme un dément sur celle-ci, le nabot barbu sembla perdre patience.
« - Qu’est-ce qui tente, le Glaviot ? Rend-toi utile pour une fois au moins dans cette aventure, passes moi l’Krôn !
- Plait-il ? Excuses-moi créature primitive, tu tente de communiquer ?
- Le Marteau, abruti, faut qu’j’te l’épèle en plus ?!? »

Après ce sublime échange, verbalement intéressant pour toute sous-espèce intelligente encore au début des bribes de toute communication, il va sans dire que Janus mit un certain temps (peut-être volontairement, allez savoir) à saisir le marteau de sa main pourrie, puis à le faire passer délicatement au travers des barreaux, en direction du nain frétillant. Ce dernier, après avoir regardé le manche sur lequel Janus avait laissé moult morceaux de chairs nécrosées et de traces de pus, l’essuya d’un revers de barbe. Prenant son élan, il souleva de terre l’énorme marteau, aussi grand que lui, et assena un coup puissant sur la porte qui, certes bougea un peu, mais n’eu pas l’effet théâtral de voler en éclat. Devant la mine déconfite du nabot qui souhaitait se débrouiller seul, Janus se retira dans un coin de la pièce, observant celui-ci s’acharner sur les restes de sa prison. Deux coups plus tard, le nain réussi enfin à s’extirper de la cage ayant terminé le travail à la main après l’avoir totalement dégondée.

« - C’est bon, vous avez fini par sortir ? Bien, j’imagine que vu votre état, ils vous ont collé ici manu militari sans que vous n’ayez pu prendre de point de repère. Je vous indiquerai le chemin ; passez devant, et suivez les conseils du guide, ils sont par là. »

Empruntant le boyau bas de plafond par lequel ils étaient arrivés, dans des circonstances distinctes, les deux compères se mirent en route pour nettoyer la forteresse de Mzanech de la bande de mercenaire de Bürêlion.


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Rork Baruk
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MessageMer 30 Juin 2010 - 15:30

Après avoir soigneusement passé ses nerfs sur les barreaux de sa prison, et nettoyé son précieux marteau des infâmes traces de chair lépreuse qui y étaient restées, collées au manche, Rork se mit en route. Il ne put s’empêcher de gratifier son libérateur d’un coup d’œil soupçonneux. Mais même si son odeur étrange et cette façon de rester invisible sous son capuchon lui déplaisaient souverainement, il était difficile de reprocher quelque chose à celui qui venait probablement de lui sauver la mise.

Autant régler sa dette en assommant tout ce qui bougeait dans ce château. Cela lui permettrait de se défouler par la même occasion. Comme le disait si bien le maître de forges Zarak Unklir, « il fallait toujours essayer de faire d’une pierre deux pioches ». Ou l’inverse, peut-être ? Enfin, ce n’était pas le souci premier de Rork. De son pas chaloupé, lent mais sûr, il continuait de descendre le long des couloirs de pierre, dissimulant de son mieux sa mauvaise humeur. Par tous les fils des lames des haches de toutes les guerres que ce monde avait vu passer… il fallait d’urgence que quelque chose se présente.

Un objet ne tarda d’ailleurs pas à se présenter. Pas exactement de la façon prévue. Ce ne fut pas un mercenaire qui surgit devant eux, mais un croisement de galeries. A droite, un escalier qui remontait en pente douce, à gauche, un passage s’enfonçant dans l’ombre. Quelques torches brasillaient ici et là, éclairant les reflets fauves sur la barbe de Rork. Le Nain s’approcha du mur qui leur faisait face, et le tapota pensivement du bruit de son marteau. Prenant sa décision, Rork porta la main à son épaule et empoigna à nouveau le manche de son marteau. De derrière lui, vint la voix de son compagnon.

« Avez-vous fini de renifler les murs, Clabbert ? C’est à … »

Un formidable fracas interrompit la conversation. Activant du doigt l’une des gemmes vertes fixées sur Krôn, le Nain avait frappé de toutes ses forces en plein dans le mur. La tête du marteau de guerre enchanté avait libéré une puissante onde de choc, pulvérisant la paroi de moellons. Vidée, la gemme s’éteignit. Un ange passa (probablement consterné). Puis, posément, le plus grand des deux infiltrés termina sa phrase.

« … gauche. »

« Ben quoi ? »
grogna Rork en se retournant à demi. « Ca sonnait creux. J’savais bien qu’il y avait une salle derrière. »

Indubitablement, d’un point de vue de Nain, la situation était limpide. Elle l’était probablement beaucoup moins pour ceux qui se trouvaient de l’autre côté. A savoir, une troupe de cinq ou six mercenaires, bouche bée en voyant le mur du fond de la salle qu’ils avaient choisie comme réfectoire, s’écrouler bruyamment. Surtout pour laisser passage à un nabot barbu et grognon et un échalas dissimulé sous un capuchon. Néanmoins, en mercenaires habitués à réagir rapidement, ils identifièrent sans tarder le nain comme fugitif et son acolyte comme indésirable. Il leur fallu peut-être environ deux secondes pour étendre la main vers leurs armes – plus qu’il n’en fallait à Rork pour fondre sur le groupe encore assis, marteau brandi.


* Suite à une succession de scènes pouvant choquer la sensibilité de plus jeunes de nos lecteurs, nous interrompons notre présente émission pour vous passer un documentaire sur la Bière de Trollefauve.*

La Bière de Trollefauve, produit du terroir d’Elament, est le fruit de plus de trois cent ans d’expérience de l’équipe de brassage à l’Auberge des Cent Âmes. Le houblon récolté à la main dans la plaine du Cairn est examiné, puis traité et rôti par des artisans Igni triés sur le volet, chacun ayant bénéficié d’une formation spéciale de Naciniah Naûr, ancienne Professeur du Feu d’Elament plus connue sous le sobriquet du Toaster. L’eau de source la plus pure, examinée par un Aqua confirmé, est alors acheminée par des canalisations en terre cuite jusqu’à l’atelier de brassage, où le mélange avec plus de trente herbes aromatiques confère au breuvage ses propriétés nourrissantes. La composition exacte de la Bière de Trollefauce est gardée secrète depuis la fondation de l’Auberge. Son arôme inimitable, qui s’exprime pleinement après une période de fermentation, lui a valu à trois reprises la Médaille d’Or des Bières de Taverne lors du concours annuel se déroulant à Kalmastre. Forts de leur savoir-faire et de leur expérience, les Brasseurs de l’Auberge des Cent Âmes portent aujourd’hui encore la tradition de la bière, pour le plus grand plaisir de tous.

* Les scènes violentes étant terminées, il est désormais possible de reprendre le cours de notre histoire sans encourir les foudres du démon majeur Sire Accord Parental Souhaitable. *


Après une ou deux minutes de fracas et de cris, le nuage de poussière de brique finit par se dissiper. Visiblement très satisfait de lui-même, Rork était en train de se diriger vers la porte suivante, laissant derrière lui une table en morceaux, de l’hydromel renversé partout, une salle ravagée par les coups de Krôn enchanté, manié à pleine puissance par le Nain furieux. La plupart des gardes avaient été assommés à la première onde de choc, les autres avaient eu le temps de se lever, mais le résultat avait été le même… Sans attendre son compagnon, le Nain se précipita dans le passage adjacent, à la rencontre des gardes suivants.

Environ un quart d’heure plus tard…
Quelques couloirs et quelques bagarres plus loin...

Les gardes de Mzanech étaient peut-être des bandits pénibles, mais faisaient de bien pitoyables soldats. Tout d’abord, aucun d’eux ne semblait disposer de pouvoirs élémentalistes, à l’exception d’un d’entre eux, qui eut le temps de déposer une épaisse couche de givre sur le bras gauche de Rork avant de se faire assommer net. D’autre part, ils se précipitaient vers la source de chaque bruit étranger, au lieu de se rassembler en groupe armé. Aussi ne posèrent-ils pas de problème majeur au Nain vengeur, qui arriva sans encombre à une salle plus grande que les autres, décorées sur les murs de symboles ésotériques.

La porte suivante était massive, décorée de symboles runiques particuliers. Ils éveillèrent l’attention de Rork, qui laissa un instant de côté ses instincts d’assomeur breveté, pour revenir à son premier métier. Reprenant haleine, il laissa son regard parcourir les murs, et ses yeux se plissèrent. Ces runes … elles n’étaient ni naines, ni angéliques, ni méandaliennes. Les Drows utilisaient des symboles moins curvilignes, les Anges écrivaient selon un schéma circulaire et non linéaire. Les Aasimars n’utilisaient pas de runes mais un ensemble sémantique plus proche des idéogrammes… et ces formes tourmentées évoquaient plus le langage démoniaque que les arabesques délicates des érudits elfiques.

Il ne connaissait que les bases de ce langage, ses règles scripturaires les plus simples. A peine pouvait-il déchiffrer une syllabe ici ou là – aran … vestig … arhûn… ychiss … restum – mais elles étaient assez pour le renseigner. Des runes de nécromanciens …

Derrière lui, le pas léger de son compagnon se fit entendre. Rork n’y prêta pas d’abord grande attention, mais une sensation déplaisante le fit sortir de ses pensées. C’était la deuxième fois qu’il sentait ce parfum, complexe et musqué. Il était sûr de ne jamais l’avoir rencontré plus tôt, mais il lui évoquait instinctivement … quoi ? Qui sait. Un instinct, un souvenir vague, et immensément déplaisant. Méfiant, Rork écarta bruyamment les narines, reniflant à la manière peu délicate – mais efficace – des Nains.

« Ca pue ici, Glaviot. J’sais pas quoi, mais j’aime pas çà. C’est toi, c’te puanteur ? »


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Janus Von Raelu
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MessageMer 30 Juin 2010 - 16:07


Une armée de bosmer en file indienne dans un couloir large d’un mètre et demi n’aurait pas mieux fait que ce nain chargeant marteau au clair, barbe au vent, un mince filet de bave sur le côté gauche, les yeux injectés de sang. Ayant assommé pas moins de treize mercenaires jusqu’à la porte du tombeau. Rien de moins.

Janus en avait profité, en bon missionnaire de la corruption, pour leur apporter la paix avec sa dague empoisonnée, sans faire plus de bruits que le mince filet d’acier caressant les chairs. Et là, l’erreur fatale. Bien entendu, il arrive que son odeur de mort vivant passe au-dessus de l’odeur de sa chair corrompue. En quelque sorte, la seconde favorisait la première.
Pour répondre à la réponse de Rork, Janus enleva son gant gauche et mit sa main rongée et décharnée sous le nez du nain.
« - A votre guise, je pensais que vous aviez déjà… hum, déterminé d’où pouvait venir la puanteur.
- Eh, rien qu’à voir ta paluche, ya d’quoi êt’ dégouté définitivement d’la barbaque.
- Je vois que vous conservez toujours une trace d’humour dans votre jargon de nain. Je vous serez grès à l’avenir, maître nain, de faire fis de cette odeur qui pourrait vous être désagréable.
- Ohlala, il fait des grand’ phrases av’c des mots r’cherchés : mais bien sûr m’nseigneur."

En voyant la porte et surtout les runes esotériques de la kabbale qui l’ornementaient, Janus se dit qu’il faudrait peut-être plus qu’une simple clé, ou mieux encore que de frapper quelques coups pour entrer.
Rechignant à le faire, mais y étant obligé par les circonstances, Janus plaqua sa main gauche sur la porte de bois épais. Si le temps n’a parfois pas d’importance face aux sortilèges, il peut avoir un impact négatif sur certains objets eux-mêmes soumis aux effets de sortilèges. Janus tatait méticuleusement la porte à la recherche d’une faiblesse. Bien entendu, comme partout, on pense à faire de lourdes portes, épaisses comme les murs, on les enchante, on y ajoute des barrières protectrices : mais on ne vérifie par l’entretien des gonds.
Avec un sourire malsain, Janus mis sa main sur ceux du battant de droite, rouillés.

Un vingtaine de minutes plus tard…

CCCCCCCRRRRRRRRRRRRRRRRRRRÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂCCCCCCCCCCCCCCCC

Tel fut le bruit de la porte s’écroulant en direction des deux individus, révélant un couloir sombre, orné de torchères dans lesquelles brûlaient un feu magique, blanc/bleu, malsain. Janus s’écarta de justesse, au moment où celle-ci menaçait de lui faire subir un régime forcé. Face aux sourcils froncés de Rork, Janus ne put que répondre : « Et bien, quoi : les gonds étaient pourris… ». Passant par-dessus le morceau de porte gisant lamentablement sur le sol, ils s’enfoncèrent dans le couloir. Au fond une autre porte. Un garde. Rork cours le marteau en l’air et assène un grand coup sur le haut du crâne.

Le temps que le garde reprenne conscience…

Le nain ayant prit au collé le dernier mercenaire, encore vivant, à la ronde stationnant près d’une porte de caveau, se mit en passe de lui assener le coup de grâce à l’aide, de Krön.
« - Attendez, maître nain, je souhaiterai que celui-ci parle.
- A ton aise l'Sire.
- Bien. »
Ayant changé de main, Janus lui mit sa dague sous la pomme d’Adam, afin que l’autre comprenne bien le message, si tu bouge, tu t’empale.
« - Bien, bien. Nous allons discuter entre gentilshommes n’est-ce pas ? Hum. Qu’attendez-vous et que gardez-vous ? Parlez, après tout, vous avez deux alternatives, une mort lente… à vrai dire trois possibilité : pas du tout, mort lente (avec ma dague) ou rapide (avec Krön).
- Gllll… Bürêlion et le vampire… dans le sanctuaire… derrière la porte. Il nous appelle un à un et pour le moment trois n’en sont pas ressortis.
- Y a-t-il des… modifications chez ton maître ?
- Plus agile, plus silencieux…lâchez-moi…
- Comme tu veux… »
Lâchant l’homme, ce dernier vint s’empaler sur la dague toujours sous son cou, répandant des flots de sang sur les bottes de cuir noir de Janus.
« - Pourquoi me regardes- tu de la sorte, clabbert ? Il ne m’a pas demandé de retirer ma dague, seulement de le lâcher… Et pour répondre à votre question précédente, je pense que vous avez eu votre réponse : les morts-vivants sont après cette porte… Non, il ne comprend toujours pas ? Vaaquiel a été transformé en vampire. Et il a créé un certain nombre… d’artefacts que mon maître souhaiterait récupérer. Il me paye grassement pour cela. Poussez la porte, visiblement, ils sont derrière… »

Cette dernière commença à glisser sur ses gonds, visiblement peu entretenus, au son qu’ils produisirent. Et si les deux compères furent surpris de ce qu’ils trouvèrent à l’intérieur, que dire des deux êtres immondes immobiles, sur les genoux, penchés sur une masse, sans doute en train de vider le cadavre d’un des mercenaires.
« - Laisse-les-moi, l’gars !
-Prend le nabot, j’ai un compte à régler avec l’autre imbécile. »
La situation aurait exigé plus de tact et de préparation. Personne ne s’improvise chasseur de vampire comme cela. Sauf peut-être un nain qui veut en découdre…

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Rork Baruk
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MessageJeu 1 Juil 2010 - 10:08


« R’tournez dormir ! CHAROGNES ! »

Les flammes magiques blanc-bleu qui inondaient la salle ne vacillèrent même pas quand un nouveau fracas fit trembler les murs. Sans se soucier du danger de multiplier les ondes de choc sous terre, Rork avait à peine aperçu les deux vampires qu’il avait braqué le marteau enchanté pour les saluer d’une nouvelle salve. C’était une réaction tout à fait typique chez lui en présence de morts-vivants, que certains considéreraient comme de l’agressivité primaire – et que je qualifierai, pour ma part, de diplomatie à la naine.

En vérité – de la surface, la forteresse devait certainement offrir un spectacle étrange, avec des coups sourds montant des caves et des nuages de poussière se dégageant paresseusement des orifices. Toutefois, quelques mètres plus bas, le résultat ne fut pas exactement celui escompté. Quand on put enfin y voir quelque chose, aucune des deux cibles n’avait été mise hors de combat par le sortilège Terra. Bürêlion, le chef mercenaire et nouveau vampire, avait bondi vers le haut et était accroché à deux bons mètres de hauteur, dans un angle, comme une araignée prête à bondir. Quand à Vaaquiel, solidement planté sur ses deux pieds, il avait encaissé le choc de plein fouet, lui opposant la masse d’une lourde hache à deux mains en noir-acier.

bug
Rork avança, méfiant, retenant à grand-peine son envie de décharger une salve supplémentaire. Mais Vaaquiel n’était pas de la même envergure que les piétailles qui encombraient les couloirs, et le perdre de vue encore une fois serait risqué. Ce n’était pas seulement un guerrier aussi expérimenté que Rork dans le maniement des armes nain, mais également un vampire. Pour la première fois, il comprit ce qu’impliquait réellement cet état. Les mouvements de son adversaire n’avaient pas cette légère maladresse qui caractérise les Nains. Puissant, mais infiniment souple, capable de tordre ses articulation avec bien plus de vigueur qu’un corps normal de l’autorise. Et ces yeux, comme deux charbons brûlants sous le rebord des guenilles qui le couvraient encore. Ces yeux où brûlait à la fois quelque chose de calculateur et une rage animale. Les yeux d’un prédateur encore loin d’être repu.

La peur, la vieille peur tordit les entrailles de Rork, lui brûlant les tripes comme un fond de cuite de la veille. Aucune sombre histoire là-derrière, aucun drame de famille crapuleux, mais les choses étaient simples : il détestait (mais alors, cordialement) les morts-vivants. Ce qui était d’au-delà de la tombe n’avait rien à faire sur ce monde, si ? Tout ce qui revenait de l’Autre Côté ne servait à rien sauf à semer une pétoche de tous les diables.

Et réussir à faire peur à un Nain était déjà une raison suffisante pour mériter une peine douloureuse, si possible capitale. Par écrasement des parties sensibles avec un marteau, par exemple.

« Heureuse rencontre, frère de sang » croassa soudain Vaaquiel, et sa voix rauque lui fit courir un frisson le long du dos. « Quel sang plus nourrissant que le tien, très jeune Nain ? »

L’enchanteur ne releva pas la phrase, la gorge de toute façon trop serrée pour parler. Aucun des deux adversaires ne prêtait attention à ce qui se passait probablement non loin d’eux – Janus et Bürelion devaient probablement entamer à leur tour une explication musclée. Mais de cette question, il sera traité plus loin – quand les deux Nains auront réglé leur différent. Lentement, Vaaquiel porta les mains à sa tête et se débarrassa du morceau de tissu qui la recouvrait, dévoilant le casque, les gants et la cuirasse qui le recouvraient de pied en cap.

« Mais … dis-moi, très jeune frère, serais-tu également un adepte de l’Art ? Peut-être venu ici chercher trace de mes œuvres passées ? Oh, ne réponds pas, ce marteau que tu serres précieusement me le dit mieux que toi… »

« Alors goûtes-y, ‘frère’ ! » gronda Rork

Tournant le manche d’un cran, il débloqua la longue chaîne qui y était dissimulée – longue de plusieurs mètres, toute fine, mais assez résistante pour encaisser un coup direct sans se rompre. Au bout du bras musculeux du Nain, deux tours suffirent à transformer l’arme en projectile mortel. Relâché en ligne droite vers sa cible, le marteau semblait siffler dans l’air, affamé !

Vaaquiel ne bougea même pas. D’un large revers de hache, mû par des muscles de nain et de vampire, il appliqua un violent coup sur l’arme de son adversaire. Il y eut un son métallique, et Krôn fut dévié de sa course, terminant sa trajectoire dans une colonne qui perdit quelques moellons sous le choc. Son propriétaire tira sur la chaîne pour le ramener à lui, mais le vampire fut sur lui plus rapidement. Rork évita les deux premiers coups de hache, mais le troisième lui arracha un grognement de douleur lorsque le fil lui entama le bras gauche. Il répliqua en appliquant sa main contre le sol et en faisant jaillir plusieurs longues flèches de pierre. Cependant, le coup suivant de Vaaquiel les pulvérisa comme des brindilles…

Et Rork reculait, reculait encore, sous les coups de son adversaire. Il parvint à gagner un peu de temps en tirant violemment sur la chaîne de Krôn. L’arme, ramenée à grande vitesse, frôla le crâne du vampire et termina dans la main de Rork. L’hésitation de Vaaqueil fut suffisante pour que Rork puisse prendre un peu de champ. Il porta son bras blessé à sa bouche et essuya le sang qui coulait d’un coup de langue.

« Tu lèches ton sang ? Tu ne crois quand même pas que je vais te mordre pour te transf... »

« Umbre-fer. »
l’interrompit Rork. « Hein, l’vampire. Ca fait longtemps qu’on l’utilise plus. »

« Qu’est-ce que tu racontes ? »


« J’arrivais pas à savoir en quoi était c’tarmure et c’te foutue hache que tu tiens. Jviens dcomprendre, au goût d’ta coupure dans mon cuir. »

Après un instant de stupéfaction, un rire homérique secoua les épaules de Vaaquiel. Dominant de

« Félicitations pour ta dévotion à ton métier, jeune Nain. On vous apprend à identifier les matériaux qui vont vous empaler, dans les Salles des Marteaux ? Ils auraient mieux fait de t’entraîner davantage à la guerre. Parce que même si c’est bien deviné, ça ne te sauvera pas ! »

« Ca, c’est c’que tu crois, l’pourri… »


Prenant son marteau à deux mains, Rork laissa tomber la masse à terre. Un étrange son de gong salua le choc, et contre toute attente, Vaaquiel tomba à genoux, puis couché sur le ventre. Visiblement furieux, il se débattit pour se remettre debout, mais son armure, ses gants et son casque semblaient obstinément collés au sol. Passé la première seconde de surprise, il comprit sans doute rapidement la situation – mais entre comprendre et remédier, il y a un monde… En effet, pour un Terra, une fois connue la composition d’une armure, il était possible de magnétiser puissamment le sol, clouant l’adversaire sur place comme un vulgaire moucheron. Lentement, Rork leva son marteau, mâchoire serrées.

« Fous l’camp, vomissure ! »


Dans un bruit écoeurant, la masse de métal s’abattit sur la cuirasse de Vaaquiel, la fendillant entièrement. Rork frappa une deuxième fois, puis une troisième, le visage contracté de dégoût. Puis les coups se succédèrent, jusqu’à ce que l’abdomen du vampire ne soit plus qu’une bouillie rouge et que le dernier souffle de vie se soit enfui du vampire.

Victoire peu éclatante, de s’acharner ainsi sur un adversaire piégé au sol. Mais chez bien des gens, titiller les peurs secrètes entraîne généralement un sursaut d’agressivité. Vaaquiel avait fait les frais de cette réaction chez Rork, qui se détournait déjà du cadavre, le marteau rechargé sur l’épaule.

« T’AS FINI, L’GLAVIOT ? » beugla-t-il, à la fois par un reste d’énervement et pour se débarrasser de cette boule qui lui nouait la gorge.

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Janus Von Raelu
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MessageDim 11 Juil 2010 - 9:51


A peine les deux portes s’étaient-elles ouvertes que les deux compères y pénétraient, l’un en balançant tout ce que ça magie pouvait lui permettre d’offrir en spectacle de bon artificier, l’autre, plus couard, en se dissimulant dans les ombres que la pièce offrait.

Cette dernière avait été aménagée après la construction de la forteresse et semblait plus récente, un tant soit peu que le terme récent puisse être identifié lorsque l’on parle de millénaires…
bug
Les sorts projetés un peu partout avaient visiblement eu peu d’effet, si ce n’est d’avoir assez illuminé la pièce pour que le seul être vivant ici puisse y voir momentanément quelque chose et s’y déplacer. Les trois autres pouvant voir la nuit comme en plein jour, grâce à leur physionomie vampirique. Bürêlion était accroché en hauteur, près d’une des quatre colonnes qui entouraient le centre de la pièce où un piédestal de pierre avait été érigé pour accueillir un cercueil recouvert de runes, sans doute destiné à être scéllé, puisque similaire aux portes de la prison. Vaaquiel s’était, d’après la légende, lui-même enfermé dans la forteresse. D’autres chroniques, d’origines naines, parlaient d’une troupe menée depuis Siddarthâ pour l’y enfermer.

Le tout jeune vampire toujours accroché observait son Sire qui semblait l’emporter à l’autre bout de la pièce sur son homologue nain. Janus savait qu’il n’avait pas encore la capacité de sentir la présence de ses congénères, ce pouvoir ne s’acquérant qu’avec un âge plus prolongé sous le coup du vampirisme. Parfait. Une proie idéale. Même s’il s’agissait d’un vampire : après tout, la torture, enfin « les expériences médicales », comme il appelait le terme à la cour du Haut-Roi, s’étaient avérées plus intéressantes que jamais sur des sujets test vampires. Cela aidait de mieux comprendre sa propre physiologie.

Toujours dans l’ombre, Janus observait Bürêlion, agrippé aux pierres comme une araignée aux murs, modifiant légèrement sa position pour mieux observer le combat qui faisait rage à l’autre bout de la pièce. Dans son armure étincelante de chef mercenaire, le cadavre qu’était Bürêlion aurait fait rire n’importe qui. Même Rork. Janus s’approcha du pilier sans que l’autre ne s’en aperçoive et posa sa main gauche sur les pierres le constituant. Tout en souriant sous sa cape, il observa la réaction du vampire sur son perchoir. Au moment où celui-ci tenta à nouveau de se mouvoir, il fut surpris de voir que la pierre avait changé de consistance et qu’elle s’accrochait aux parties de son corps appuyées sur la colonne sous la forme d’une boue noirâtre.

Sans un hurlement, alors qu’il tentait de se dépêtrer de cette gélatine noire, qui petit à petit le recouvrait, il réussi à se retourner pour faire face à son adversaire. Janus en bas de la colonne, toujours dissimulé sous sa cape écrivait dans un petit carnet les réactions du sujet vampire, test n°21, à ce qu’il avait appelé la « boue gélatineuse assimilatrice » qu’il pouvait former à partir de n’importe quelle pierre corrompue. Le sujet résistait encore lorsque la boue finit par lui recouvrir le visage. Entièrement recouvert, la masse de boue gélatineuse se décrocha de la colonne maintenant endommagée pour s’écraser au sol en une flaque immonde. Une masse se souleva du sol : Janus réussi à voir qu’il s’agissait d’un bras, puis que celui-ci fut assimilé par la flaque.

Janus se désola de ne pas avoir trouvé le moyen de faire solidifier la boue une fois qu’elle avait entièrement recouvert une forme vivante. Cela aurait pu faire de très belles statues. Ayant finalement rongé l’intégralité de ce que fut autrefois Bürêlion, la boue, en quelques secondes, sécha, puis craquela et tomba en fine poussière. Alors que Rork enfonçait Kron dans les restes de Vaaquiel, Janus se dirigea vers le cercueil ouvert, qui avait accueilli le vieux vampire. Vide, mis à part un lourd livre dont les pages étaient recouvertes de croquis, de schémas et d’une écriture naine, facilement reconnaissable, mais difficilement déchiffrable par ceux qui ne la parlait pas. Pour Janus, il s’agissait de charabia.
« - Bon, en avez-vous terminé avec le votre, Clabbert ? De mon côté, il s’est… liquéfié. Je n’ai rien trouvé d’intéressant dans sa tombe. A par ça : un vieux bouquin moisi illisible. Et de votre côté ? »

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Rork Baruk
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MessageMar 10 Aoû 2010 - 19:05

Aux paroles de Janus, le Nain ne put s’empêcher de jeter un œil acéré au grimoire que celui-ci tenait sous le bras. La texture du livre et les runes qu’il y vit l’espace d’un instant dénotaient une origine indiscutablement naine. L’intérêt de l’Enchanteur s’éveilla. Serait-ce ceci dont parlait l’informateur – les écrits qui recelaient d’anciennes méthodes pour la fabrication d’objets enchantés ?

Mais le livre était le butin de Janus, et il allait falloir marchander pour l’avoir. Heureusement, il ne semblait pas y attacher d’intérêt particulier – les restes de l’équipement de Vaaquiel l’intéresseraient peut-être plus que des pages couvertes de symboles ésotériques indéchiffrables. Bon sang de roc, s’il avait su, il aurait trouvé un moyen plus élégant de se débarrasser du vampire. Etant donné que sa mise à mort s’était accompagnée d’un déluge de coups dignes d’un marteau de forges, l’équipement l’ancien Forgeron Nain devait ressembler à un clafoutis. Et le coulis rouge par-dessus n’était pas de la framboise… enfin, le travail de l’étranger à la capuche avait l’air au moins aussi particulier que le sien : du coin de l’œil, il avait vu la conclusion des examens de Janus. Des deux vampires, difficile de déterminer qui avait eu la fin la plus désagréable. Se faire passer le tronc au marteau-pilon ou être digéré vivant ?

« J’men vais jeter un œil. Son armure avait l’air pas laide. »

D’un air un peu dégoûté, Rork se mit au travail. Il commença par dégager, puis tendre à son compagnon un morceau de plaque d’armure, auquel était encore attaché un morceau de chair sanglante qui se balançait. Quelques gouttes de sang et de bile en tombaient encore.

« Rate » diagnostiqua cliniquement le Nain, avant de se remettre au travail.

Inutile de s’étendre sur l’état de la cuirasse. Un marteau de vingt kilos faisait déjà des dégâts en temps normal. Plus encore manié par un Nain dont les biceps faisaient le diamètre d’un melon. Mais quand en sus, il s’agissait d’un marteau enchanté pour servir de bélier, le résultat pouvait littéralement être ramassé à la petite cuillère. Reniflant de dégoût, le Nain finit par terminer son travail. Il fit les poches au vampire (n’en retirant que deux pièces de bronze si anciennes que totalement dévaluées),examina rapidement les vêtements réduits en bouillie, renonça à lui retirer ses chaussettes et récupéra les quelques pièces d’équipement encore utilisables. La hache que Vaaquiel à terre avait tenté d’interposer au premier coup avait été inefficace. Non seulement elle s’était cassée en deux au lieu de protéger ses cuisses, mais le coup suivant l’avait incrustée pour de bon dans les chairs. Au final, Rork se releva seulement avec deux pièces de butin.

« L’casque et les gants sont encore bons. Mais ‘sont … bizarres. Etranges. »

Attentif, il monta les deux pièces à hauteur de regard. Et voilà que soudain, ses yeux n’étaient plus gris. Comme à chaque fois qu’il utilisait la magie, ils changeaient de couleur. Verts étincelants quand il utilisait son pouvoir comme pendant le combat, rouges quand il tentait de briser des enchantements, dorés lorsqu’il en créait, ils prirent la couleur d’azur qui accompagnait l’extrême attention. La nuance bleue naquit de la pupille, inonda tranquillement l’iris, puis la cornée, jusqu’à ce que les yeux de Rork ne soient plus que deux globes bleu sur bleu, perdus dans quelque seconde vue. En cet instant, utilisant ses pouvoirs de Terra pour plonger au cœur de la matière, il en voyait les ramifications complexes, les délicates attaches des matériaux, les kyrielles de runes magiques qui y fixaient le pouvoir… lorsqu’il parla, il en oublia de colorer sa voix de cet accent paysan si caractéristique.

« Il y a des runes dans ces choses. Des nôtres, la langue de l’Ancienne Siddarthâ. Et puis une autre langue– mais elle est inscrite en runes démoniaques. Elles brillent encore –l’objet est fonctionnel. Ils semblent conçus pour bloquer quelque chose – autre chose que des coups ou de la magie. Je ne peux en déchiffrer son fonctionnement exact, pas sans étude prolongée. Et franchement, ça ne me tente pas. »

Il releva les yeux, et le bleu intense qui y couvait s’évaporait peu à peu. Devant lui, se dressait la forme sombre de son compagnon. Il devinait son regard sous la capuche qui dissimulait ses traits. Et inexplicablement, Rork sentit ses poils se hérisser. Après ce qu’ils avaient accompli ensemble dans le donjon, il ne pensait pas avoir grand-chose à craindre de lui – et pourtant, il ne pouvait s’empêcher de se sentir mal à l’aise à l’ouïe de la respiration légèrement sifflante de cet étranger… et même s’il refusait de l’avouer, cette barre froide dans les entrailles lui rappelait trop la peur bleue qu’il avait eue de Vaaquiel. Heureusement que chez un Nain, même quand la trouille se pointe, le sens des affaires reste prioritaire.

« J’suis plus intéressé par ton bouquin que par ces outils-la. Si tu veux les avoir, j’te les échange. Mais j’aime autant t’prévenir : ils puent la sorcellerie. »

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Janus Von Raelu
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MessageVen 3 Sep 2010 - 8:46



Les yeux du vampire, ou tout du moins le seul qui lui restait, l’autre étant dans un aussi sale état que sa main gauche, s’étaient illuminés sous sa cape en regardant les pièces d’armure que le nain tenait devant lui. Le vieux bouquin moisi n’avait en soi que peu d’intérêt pour Janus, étant écrit en nain, et donc intraduisible ici-même sans un dictionnaire approprié, et ne recelant visiblement que des techniques de construction et d’enchantement d’objet, à la vue des nombreux croquis qu’il recelait.

Toujours étant, le nain semblait vouloir faire affaire et peu lui importait de perdre cet objet. Les gants et le masque étaient bien trop précieux pour lui. Une protection même minime contre le soleil était une chose sur laquelle il ne pouvait pas ne pas se passer. D’autant plus que le nain n’avait visiblement pas la moindre idée de leur utilité finale, ni de la nature réelle de Janus.
« - Seuls ces objets m’intéressent, mon acheteur m’en donnera un bon prix. Mon contrat ne prenait pas en compte la vente de ce vieux codex. Prenez-le, maître nain. »

Plus de clabbert, ni de glaviot. Seuls, au fond du tombeau qui puait la mort autant que Janus un jour sans passage par les bains personnels de son manoir (à tout bien réfléchir il se demandait encore quand il avait bien pu prendre ses dernières ablutions), les deux compagnons de fortune marchandaient tranquillement, tandis que les deux autres rêvaient de noirceur, définitivement perdus dans un maelström de mort.

Janus imaginait très bien que le nain n’allait pas être facile à manœuvrer pour obtenir ce qu’il voulait. Tout doux avec un marchand retors et nain de surcroit ! Les initiateurs du commerce marchand et des premières exportations en caravanes au travers du continent du nord avaient été les nains. Plus âpre négociateur que Palos de Nirya, nain en exil tenant une boutique d’articles de luxe à Kalmastre, n’existait certainement pas sur tout le continent du nord, ni celui de Magyar ni certainement au-delà. Bon, quoiqu’il en soit, s’il réussissait à s’en tirer sans débourser une pièce d’or en plus qu’en négociant seulement le vieux codex moisi, il serait infiniment heureux pour ses finances.
« - Très bien, voici le livre ; faites attention, des pages s’en échappent de part et d’autre. »

Sans un regard vers son interlocuteur, le nain saisi le livre, et poussa du bout du pied les pièces d’armure vers Janus. Pour plus de précaution, ce dernier les fourra dans un sac en toile qu’il avait toujours sur lui. Vu comment le rabougri avait réagi avec les deux autres vampires, mieux valait ne pas esquisser de mettre les gants ni le masque devant lui. Sans un mot, sans un au-revoir, il se fondit dans les ombres et laissa le nain dans le sépulcre. Il se dirigea vers la sortie. Emprunter les conduits et les couloirs à moitié éboulés de la forteresse ne lui posait aucun problème, pouvant voir dans les plus sombres espaces. Arrivé aux restes des geôles, il reprit le même chemin en sens inverse. Aucun bruit à l’horizon, le nain ne le suivait pas. Il aurait pu repérer son pas bovin lourd et bruyant, tout comme son souffle, naseaux en l’air comme un minotaure à la charge.

Il faisait encore nuit à l’extérieur de la forteresse. Il enfila le masque et les gants. Rien ne se passa, évidemment, ils étaient sensés protéger le porteur vampire des effets du soleil pour un court laps de temps. La caldera semblait se languir, tandis que provenaient à ses narines les miasmes surchargée des marais méphitiques à proximité. Il serait sans doute de retour à Elament le lendemain.


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