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 Vices & Vertus

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Lysias
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MessageVen 19 Fév 2010 - 13:05


[RP PV]



Une semaine.
Une semaine que Lysias rodait partout où il était peu propice d’aller, partout sauf au sein de la cité protectrice. Cité où d’ailleurs, il se passe des choses. Des bruits courent, des rumeurs naissent et disparaissent de nulle part. Est-ce de l’inquiétude ou une prémisse de bon augure ? Parle-ton à nouveau d’usurper le pouvoir ou d’un nouveau dirigeant? Va savoir. La seule chose que le nymphe savait, c’est que ces changements ne le concernaient en rien. Et s’il savait combien il se trompait alors…
Car, chaque vie, chaque espèce de quelque nature qu’il soit, est un pionnier de l’histoire. On s’en rend compte ou non, mais c’est comme ça, on fabrique tous une histoire, en distordant les lignes du présent pour influer un tant soit peu le futur. Un destin qui se jouera quoiqu’il arrive, un destin qui fait toujours un peu flipper, parce qu’on ne sait justement pas ce qu’il nous réserve. Ce qu’on a engendré.


Evidemment Lysias avait vécu tout un tas de périples à plus ou moins grande échelle, dans le courant de la semaine. Des périples qui ne faisaient certes pas le luxe d’un confort, mais qui néanmoins, contribuer à tuer l’ennui de cette tête brûlée. Du genre il était même tombé à moitié malade après avoir bu l’eau des marais, ingurgité une plante pas forcément recommandée dans la gastronomie, mais bon, vivre en aventurier avait en soi, quelque chose de plus excitant que la vie coutumière de la ville. Or, Lysias s’ennuyait, et en bon semeur de pagaille, il en était un expert quand il le voulait bien. En l’occurrence maintenant.

-

Bruits de feuillage, au passage rapide d’un nymphe. Pas précipités, respiration saccadée. Un cœur qui bat à en sortir de la poitrine. Ça cogne. Mais il va falloir qu’il tienne un peu plus s’il ne veut pas finir en pâté pour chien.

Le petit matin s’annonce mouvementé. Pourtant Lysias n’est pas dans son activité la plus détendue, poursuivi par une immonde créature d’une dizaine de mètre. Bon ça, c’est sa vision des choses sur le moment et il n’a pas de temps de demander à la bête de s’arrêter pour lui prendre ses mensurations. En toute objectivité, elle n’en fait que trois, mais c’est déjà trois mètres de trop. Sans compter qu’en plus, l’adolescent ne sait pas sur quoi il est tombé nez à nez, ni par quoi il se fait poursuivre. Mais dans une course poursuite effrénée dans ce genre, les lois sont universelles –à moins d’être un suicidaire- et la seule loi qui incombe à une future victime, c’est… fuir. Fuir à la vie, à la mort, courir à en perdre trois fois le rythme cardiaque, prendre les jambes à son coup, tout mais ne surtout pas s’arrêter, ni même regarder en arrière.

La végétation le griffe sans ménagement ses jambes, ses bras, et son visage y passent mais ce n’est rien comparé à ce qui l’attend dans les minutes à venir. Merde alors, il n’y a même pas l’opportunité de hurler à l’aide. Conserve ta salive Lysias, et cours. Cours.

Pour une fois qu’il peut mettre ses talents de « je me barre quand ça m’arrange », Lysias se voit contraint d’utiliser toutes ses ressources pour mettre ses atouts à profil. Car, même s’il ne le sait pas, c’est près des cavernes démoniaques qu’il s’est effrontément aventuré, et c’est aussi en toute ignorance qu’un Lui le traque, depuis une petite poignée de minutes. Et c’est un laps de temps qui s’étire pour mieux basculer le nymphe à la dernière seconde. Bon sang, ça sent le roussi.

Effectivement, il semblerait que la créature folle brûle des choses sur son passage, ça doit être un dragon ou un lézard frappé de gigantisme. Un espèce de monstre sorti droit des cauchemars les plus enfantins. Sauf que là, il n’y a pas de réveil possible, si, peut être le réveil de la Mort, et dans ce cas, père ou mère auront beau le pincer pour le réveiller, personne ne sera là pour le faire. Personne n’est là, tout comme il n’aura jamais connu ses parents. Triste sort, pour un jeune sot et fou. Il n’y a plus que toi, la bête. Et moi.

Et bientôt, il ne restera plus que…
Toi.

Alors qu’il court, bondit, enjambe et se démène comme jamais il ne l’a fait dans ses années passées, Lysias a déjà l’impression de voir sa vie filer devant ses yeux. C’est quand même bizarre de se dire qu’on est mort en courant comme un dingue. Encore faut-il qu’il soit possible de se dire des choses une fois l’âme rendue. Quelle vieille impression d’avant-mort, avant un sommeil éternel. Diantre, que la vie est cruelle. Et là, le silence s’abat soudain dans la forêt.

Plus un râle, -celui de son poursuiveur-, plus de feuilles qui brulent ou d’écorce qui craquent, et le nymphe se rend compte qu’il court encore à en perdre haleine, il court alors qu’il est seul à fuir un ennemi invisible.

Lysias court encore, alors même qu’il voit l’impasse le surplomber. Une falaise. Ce n’est pas celle de Fellt, mais une ancienne falaise qui jadis, devait faire partie de la mer. Le nymphe ne s’arrête pas. Un grotte, une issue, une fente entre la falaise, un trou spatio temporel, tout mais une sortie de secours. Par pitié. L’impasse l’arrête net et Lysias n’a que le temps de se retourner.

Pour le voir.
Bondir.
Sur lui.


C’est une ultime vision assez affreuse.

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Dernière édition par Lysias le Lun 22 Fév 2010 - 12:44, édité 2 fois
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Sappho
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MessageVen 19 Fév 2010 - 21:52

Spoiler:
 

Quel vacarme, nom mais je vous jure... Si maintenant, on ne peut même plus dormir tranquille dans sa propre chambre, mais où vont les Enfers ? Certes, Sappho adorait les fêtes, se coucher tard, voir plus, en bonne compagnie si possible, là n'était pas le problème. Mais justement, il n'était plus tard, mais tôt. Trop tôt à son goût pour continuer à se soûler. A la guerre comme à la guerre, passablement énervée, la naine prit le chemin de la sortie des souterrains, sans grand entrain et habillée d'une robe courte, blanche ainsi que de fines pantoufles. Et tant pis pour les missions urgentes qui l'attendaient aujourd'hui, elle prenait son jour de repos -ce qui arrivait souvent en fait-. Tant pis si on la demandait pour aller égorger quelque centième élamentien, elle était aux abonnés absents. Point barre.

L'entrée - et la sortie - des Enfers était pratiquement invisible aux yeux des non-initiés. Comme apparue de nulle part, la succube émergea entre des rocs et des plantes improbables, la mine soulagée. Elle s'éloigna un peu, et se planta, ou plutôt s'allongea, sous un arbre, bien à l'abri, à l'ombre, dans un petit massif de fleurs. Elle n'eut aucun mal à s'endormir paisiblement, et quiconque passant par là sans la connaitre, ne pourrait que s'extasier devant tant d'innocence. Mais ce nirvana ne dura pas franchement longtemps : elle fut réveillée en sursaut lorsqu'une créature étrange passa à côté d'elle. Elle ne vit qu'une ombre fine courir comme si sa vie en dépendait, puis un quelque chose bien plus gros. Celui-là, elle le reconnut facilement, c'était Lui, cet espèce de dragon de feu qui tournait autour des Enfers. Très gentil, mais juste un peu trop brûlant à son goût. En tout cas, il avait trouvé une proie.

Elle se redressa et se pencha pour regarder Lui s'éloigner rapidement à la poursuite de son casse-croûte. Mais qu'est-ce qu'il avait bien pu trouver ici ? un animal ? un élamentien ? Curieuse, sa colère passée, Sappho entra dans une porte des ténèbres et en ressortit ... je vous le donne en mille, sur Lui. en fait, elle avait prévu de sortir ailleurs, genre, à côté. Mais les aléas des ténèbres étaient parfois imprévisibles, et une malheureuse erreur dans son souhait l'avait fait atterrir sur son dos, brûlant. Bon, il ne fallait pas exagérer en fait, c'était juste un peu plus chaud que la moyenne, et encore, son dos était plus frais... Enfin, bref, dans tout les cas, c'était tout de même un choc de se retrouver là. Et c'était un peu agité aussi. Sappho en profita, après s'être accrochée fermement à ses espèces de cornes, pour regarder sa proie. Ah mais, c'était un humanoïde ! Une seconde... Il lui disait quelque chose. Cette silhouette, ces cheveux... ? Hum, comment il s'appelait déjà ? Ah mais bien sûr, c'était Lyly, enfin Lysias !

Ce nymphe qui avait interrompu sa baignade. La suite était vague. Energa avait rappliqué, ainsi qu'un autre démon. Ça c'était terminé dans un combat, bien sûr, et Sappho et Lysias l'avaient gentiment évité. Pas que ça à faire. Mais elle ne gardait un bon souvenir, assez drôle, surtout qu'il n'avait jamais remarqué qu'elle était une démone... en même temps, égoïste comme il l'était, il devait s'en ficher royalement. Ah mais, cet énergumène avait l'air en mauvaise posture, poursuivi par Lui. D'ailleurs, la poursuite allait tourner court. Une falaise lui barrait la route. Pas de chance ! Mais attendez, la petite succube n'allait certainement pas laissé un de ses jouets se faire manger comme ça. Lui bondit, et la naine sauta de son dos avec agilité pour atterrir entre Lysias et le dragon. Ca ne manqua pas, et l'animal -si tant était qu'on puisse l'appeler ainsi - s'arrêta net en voyant une démone. Il baissa le museau, qui buta contre le sol, et, ayant perdu son élan, il tomba comme une masse avec un bruit terrible. Son freinage d'urgence le stoppa pratiquement aux pieds de Sappho !

La pauvre bête se redressa, étourdie, et semblait à la fois irritée et heureuse de voir la petite. Sans doute attendait-elle une friandise en fait. La naine s'approcha joyeusement de Lui et lui caressa la tête, tout en plaçant une petite gâterie de ténèbres dans sa gueule. L'animal démoniaque sembla aux anges.


" C'est qui le gentil Lui à sa Sappho ? Gentil, on n'attaque pas les amis de Sappho, hein ? Allez dis bonjour et va chasser ailleurs, zou. "

Privé de ce repas facile, Lui se retourna d'un bloc et s'éloigna en tapant des pattes ! Un vrai gamin ce monstre... Presque pire que Sappho. Mais en fait, il aimait bien les démons, surtout ceux qui lui donnaient à manger. Normal. Enfin, la succube se tourna enfin vers Lysias. Il n'avait vraiment pas de chance celui-là : tomber sur Lui pour le petit-déjeuner. Mais il avait l'air à bout de souffle, au bord de la crise cardiaque le pauvre. Il était pâle et soufflait pas mal pour reprendre son souffle. Elle s'approcha un peu et sourit de toutes ses dents, avant de... s'élancer pour lui faire un câlin un peu étouffant.

" Lylyyy ! Ca faisait longtemps ! Tu m'as manqué tu sais ? Mais comment t'as fait pour te retrouver avec Lui, hein ? Pauvre Lyly, heureusement que j'étais là, pas vrai ? Tu me remercies pas dis ? Je t'ai sauvé la vie quand même ! Nan ? Lyly, tu m'écoutes ? "

Tout en finesse et en délicatesse Sappho, comme d'habitude.

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Dernière édition par Sappho le Sam 6 Mar 2010 - 22:31, édité 1 fois
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Lysias
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MessageDim 21 Fév 2010 - 14:26

Sauve qui peut.
Enfin. Maintenant c’est trop tard. Les poumons en feu, le dos tassé contre la paroi, Lysias s’apprête à se laisser cramer, déchiqueter par ce monstre sans nom. Et là, tout se passe trop vite, un éclair s’intercale entre eux, Lui se mange le sol face à terre, comme écrasé par un poids invisible. Le nymphe croit halluciner. Les dernières visions avant de lâcher prise. Essoufflé, il attend ses dernières minutes, et ce sont des minutes qui ne viennent pas. Qu’on lui lève cet atroce suspens, c’est insoutenable. Les yeux rivés sur Lui, Lysias reste encore dans sa posture immobile, la sueur perlant à la tempe. Pour finir, Lui se relève de son obstacle invisible et alors que sa victime reste pétrifié, sur place.

Ce n’est qu’à ce moment qu’il remarque le lutin qui fait la conversation à la créature, comme à un toutou de compagnie, comme s’il avait l’habitude de le faire tous les jours. Enfin le lutin est une lutine et alors que la frayeur du moment se dissipe à petite dose, la lutine est…
Nom du pipo de sa grand-mère ! Lysias se laisse glisser au sol, reconnaissant Sappho alors qu’elle se jette littéralement sur lui. Le poids qui s’envole d’un coup des épaules du nymphe le chamboule encore, si bien qu’il serait prêt à se mettre à pleurer histoire d’évacuer ce surplus d’émotion. Et tandis qu’il récupère un semblant de souffle régulier, l’autre l’assaille déjà de paroles qu’il ne comprend qu’à demi, la seule chose à piger dans cette course poursuite étant qu’il est encore envie. Et c’est tellement bon de le savoir.

-Haa mais bon sang ! Laisse-moi au moins respirer, tu ne vois pas que je vais mourir étranglé! Mais pousse-toi !! s’écrie-t-il aussitôt esprit retrouvé. Et le soulagement est tel que Lysias laisse échapper un juron tout en se laissant tomber dos à plat au sol, tellement content de réaliser qu’il est en vie. Sans songer à se débattre.

-Et puis c’est pas moi qui suis allé le retrouver à lui là, l’autre lézard. C’est lui qui m’a sauté dessus en sortant des haies sans prévenir, j’ai rien demandé moi ! Et d’ailleurs, tu le connais cet espèce d’immonde créature, toi?!

Aspirant une goulée d’air qui jamais ne lui a paru si vitale et si fraiche Lysias se relève, s’étirant de tout son long. Bon sang de bonsoir, il est encore en vie alors que quelques secondes plus tôt, elle lui était apparue si lointaine. C’est qu’il a envie de vivre le nymphe, aussi excentrique qu’il puisse se montrer. Vivre et en profiter pleinement, comme tout jeune dynamique qui se respecte, mince quoi ! La suite parait un tantinet cliché, mais l’adolescent éclate quand même de rire un bon coup, soulevant le demi-portion à bout de bras, et la serrant dans les bras, tout content, et même heureux. Voilà, rien ne vaut une telle excursion hors de la cité pour ressentir cet instant de glorieuse liberté. C’est aussi une certaine façon de remercier l’autre minus sans le dire explicitement, en tout bon égoïste que Lysias est.

-Te remercier ? Tu rigoles ! C’est l’autre idiot qui a vu de quelle force j’irradiais ! Forcément, ça l’a dissuadé, tu crois quoi ! réplique Lysias d’un ton provocateur, avant de laisser sa joie éclater, tout en faisant tournoyer la lutine dans les airs. Enfin, un truc dans le genre, pour imager la scène ; on aura comprit que Sappho n’est pas une baballe non plus. -Ah mais je suis content !

Content d’avoir survécu, (d’avoir été sauvé), et peut être aussi de revoir la gamine haute comme trois pommes. La dernière fois qu’il l’avait vu remontait probablement à plusieurs lunaisons en arrière, et il en gardait surtout le souvenir –certes du combat avec un démon-, mais de ce bref passage dans le vide, où il s’était senti basculer du haut de son perchoir, le mini-mini accroché à son pied. Un instant pour le moins étrange, surtout traduit par une vilaine sensation douloureuse, comme si on chiffonnait son organisme intérieur, en même temps que des dards et aiguillons lui transperçaient la chaire. Une sensation de quelques secondes dont il était sorti pantois et haletant l’instant d’après. Peut-être s’était-il reçu un coup de pouvoir du combat voisin ; ou pas. Allez donc savoir.

Il se souvient également que pendant une fraction de seconde, son élément a réagi dans un violent hurlement intérieur, comme jamais il ne s’était manifesté. …Avant de disparaître à nouveau. Enfin bref, en tout cas, Lysias s’était décidé, après cette soirée, de s’accorder des promenades incongrues en dehors de la ville, en tant qu’observateur curieux et avide de nouveautés. Et il avait été gâté jusqu’à là. Reposant la gamine au sol, il se rassied, tout sourire.

-T’a perdu une mini-pantoufle, se moque-t-il en se demandant c’est comment qu’on fabrique ces minis trucs. –Mais dis moi Sappho, tu lui as dis quoi au monstre pour qu’il s’en aille ? D’ailleurs, comment il a fait pour se casser la gueule comme ça ?

C’est quand même intéressant à savoir.
Au cas où l’opération se renouvellerait. Peut-être que c’est une bête qui a peur des lutins. Mais ce serait un peu tiré par les cheveux. Lysias lève la tête, pour se repérer à quelle heure il se situe par rapport au soleil. C’est d’ailleurs un réflexe qui lui donne la dalle.

–Et puis d’abord, je suis où là, par rapport à la cité, hein? Tu es vraiment folle pour vivre par ici, toi.

En plein milieu de lézards. De chiens monstrueux.
De créatures pullulant comme jamais Lysias n’aura imaginé.

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Sappho
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MessageDim 21 Fév 2010 - 19:59

Olala, mais il avait perdu quelques neurones au passage ou quoi ? Voilà qu'il prenait Sappho à bout de bras pour lui faire un câlin ! Devant l'hilarité du nymphe, la démone répondit par le même fou rire. Et c'était assez mignon de voir ces deux là rigolaient comme des enfants, rire sur la vie. Au passage, elle évita aussi de répondre à cette question piège. Comment une gamine pouvait-elle bien connaitre pareil créature ? Mais alors qu'elle essayait de réfléchir à une possible réponse, elle se retrouva à tournoyer dans les bras du sauvé. Elle-même trouvait cela fortement amusant. Entre deux éclats de rire, elle articula une vague réponse à son pic d'égocentrisme :

" Il avait l'air très effrayé, ça c'est sûre ! "

Bah, il venait sans doute, après la prise de conscience je-suis-en-vie, de retrouver son vrai fond. Au moins, il se souvenait d'elle, c'était flatteur. Bon, après, de ce qu'il avait retenu, elle n'en savait pas grand chose... Ah, mais elle espérait juste que son rapide passage dans les ténèbres ne l'avait pas marqué. Apparemment, il la regardait toujours de la même façon : comme si elle était une simple gamine. Lysias la reposa au sol, avant de s'asseoir, imitée par la mini. Elle sourit de plus belle lorsqu'il lui rendit sa pantoufle. En fait, elle s'en était à peine rendue compte, puisqu'elle avait assez rapidement quitté le plancher des Hurleurs. Elle la remit prestement en écoutant avec une grimace intérieure la question de Lyly. Aïe. Que répondre ? Ah mais, avant qu'elle ait même ouvert la bouche, il enchaina avec une autre question. Seulement, elle se doutait qu'il oublierait la première... C'était, quand même assez incongru lorsqu'on n'était pas au courant !

Mais elle pourrait peut-être jouer encore un peu.


" Le monstre il s'appelle Lui, L-U-I " Elle dessina les lettres avec sa main " Et .... C'est un secret ! De toute façon, tu peux pas comprendre, t'es trop grand et trop vieux " Tout cela imagé par un superbe tiré de langue. Très adulte tout ça. " Moi, il m'aime bien nananère, c'est pour ça qu'il est tombé, tête d'haricot ! Il voulait pas me faire de mal à moi tiens. "

Peut-être en avait-elle déjà trop dit ? Et s'il savait que Lui n'appréciait que les démons ? Non impossible... Enfin, elle l'espérait. Un peu. Mais qu'est-ce-qu'il lui arrivait ? Elle était censée être Sappho, une démone, cruelle, sadique, violente, folle. Et elle l'était. Mais alors, que faisait-elle ? Elle devrait l'assommer, l'emmener aux Enfers et le torturer jusqu'à sa mort ! Mais maintenant, elle ne le voulait pas. Ou alors, elle ne le pouvait pas ? Elle ne savait plus. En parlant des Enfers, ils étaient encore très proche de sa sortie : et si des démons partaient en patrouille et la trouvaient là, en train de faire causette avec un nymphe ? Elle serait accusée de trahison, à moins de tuer lesdits démons. Mais en fait, elle essayait de ne pas trop y penser. Insouciante et naïve gamine.

Mais en tout cas, ils étaient très loin de la Cité, pour sûr. Elle se demandait depuis quand il courrait comme ça. En tout cas, cette longue marche -course- devait l'avoir épuisé. Même s'il semblait avoir repris son souffle. Ah mais, que faire ? L'inciter à s'approcher de la Cité ? Discrètement... Ou... Non pas ça.


" Ohla, mais t'es hyper loin d'Elament là Lyly ! En plein cœur des montagnes, et ouais... Tu devrais faire attention, il parait qu'il y a des démons dans le coin ! Mais moi, je suis très bien ici. C'est beau, et puis, il y a des choses... amusantes ! Comme toi ! Ahah. "

Elle jeta un coup d'œil dans son dos, car elle avait cru entendre un bruit : non, c'était juste un oiseau. Mais pourquoi était-elle aussi stressée ? Que craignait-elle ? Si une patrouille arrivait... Non, personne ne viendrait à cette heure... Mais, si une patrouille les trouvait... N'importe quoi, et puis, ils feraient quoi, hein ? ... Ils pourraient attaquer... Et alors ?... Mais je fais quoi alors ? Magnifique dilemme, horrible choix, terrifiante décision. Mais non, n'y pense pas jeune enfant, pense à autre chose. N'y pense pas... Comme une mère qui réconforte son enfant, Sappho tentait de se réconforter elle-même. Inconsciemment peut-être ? Qui sait ? Son esprit était suffisamment tordu pour être inaccessible au commun des mortels comme vous, chers lecteurs.

Malgré tout ses efforts, quelques indices de son trouble apparaissaient : ses yeux fouillaient nerveusement la forêt, et elle n'arrêtait pas de faire tourner sa sucette dans sa main. Heureusement, sa voix ne tremblait pas. Fallait pas exagérer non plus.


" Mais toi, qu'est-ce-que tu fiches ici ? T'es pas un peu fou aussi non ? Remarques, comme ça, on fera la paire ! "

Intérieurement, une petite pensée, un souffle d'esprit, une vague formule répétait sans cesse : heureusement qu'il est tombé sur moi.

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Lysias
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MessageLun 22 Fév 2010 - 1:42

-Ha ! Tu trouves aussi ! renchérit Lysias dans le comble de son égocentrisme. Ouh oui, bien évidemment, Lui avait été tellement terrifié par le menu mais vaillant Lysias, qu’il en était tombé, raide mort. Mais oui, raide mort, ou presque, pourquoi pas, pourquoi se gêner à en rajouter une belle couche de grosbillisme pour se targuer de mérite toujours plus énorme… Bah, ça le gênait pas trop, au nymphe, d’enjoliver « un peu » les choses. Si bien qu’il en oublia le fil de sa conversation, zappant quelques questions qu’il aurait pu poser. Et puis entre deux éclats de rire joyeux, on oublie vite, mine de rien.

-Lui ? L.U.I, vraiment ? s’étonna Lysias. Au cas où ça serait Sappho qui aurait eu l’idée de l’appeler ainsi. Mais la suite de ce qu’elle dit retint davantage son attention. –Trop grand et trop vieux, pff, tu dis vraiment n’importe quoi ! Remarque j’ai le mérite d’être au moins plus sage que toi, demi-portion ! Et qui c’est que tu traites de tête d’haricot !

Voilà, qu’à passer son temps à rétorquer, on en néglige tout plein de chose.
Pour autant, il se serait agi d’un démon de la pire espèce que Lysias aurait toujours son répondant narquois, qui probablement un jour lui vaudrait très cher ! On ne change pas une équipe gagnante, et on ne change pas un nymphe tel que Lysias non plus. Dans le fond, ce dernier préférait nettement avoir aucune affinité avec un Lui, même si à choisir, il penchait évidemment être en de bon termes avec plutôt que l’inverse. Dans son raisonnement non pas naïf mais complètement loufoque, il se dit aussi que cette bête devait probablement être raciste envers les grands êtres, après cette course poursuite injustifiée. Tss… voilà, à vouloir traquer le gros gibier, Lui avait eu les yeux plus gros que le bide, bien fait pour sa sale gueule, oui. De toute façon, pas la peine d’essayer de discuter avec un minimini qui vous tire la langue, Lui n’aime pas les grands, Lysias a eut le temps d’apprécier sa course.

Une course de quelques minutes qui n’avait fait que l’éloigner davantage de la cité, comme ce qu’il faisait depuis la semaine, à s’aventurer dans les bois. Sans être rentré de plusieurs jours. A son retour, qui donc serait-là pour le réprimander ? Voilà, tant qu’à être engueulé de quelque chose, autant l’être en ayant vraiment fauté, hein. Comme s’il n’était pas en tord en côtoyant inconsciemment une démone. Mais franchement, qu’est-ce qu’il en avait à faire de fréquenter le Mal en personne, tant qu’on ne nuisait pas à son bon petit quotidien joyeux ? Incorrigible et intenable. Tel est ce nymphe, de jour en jour plus téméraire, de jour en jour plus provocateur et insouciant. Lysias est aussi un petit démon dans son genre, et lui, il rétorquerait aussitôt qu’il est lui-même, un nymphe, point barre. Oui, Lysias est carrément fier d’être lui-même, cela va de soi.
Au moins, ne mène-t-il pas une vie à la dure ; c’est le côté des choses.

-Quoi olala ?! Ah je suis loin d’Elament ? reprend Lysias fronçant un sourcil. Et ben… tant mieux !

Il se lève d’un coup, bien content d’apprendre que la ville n’est pas voisine de son chemin. Il n’a aucune envie d’y retourner ! Là bas, on lui reproche toujours tout un tas de trucs.

-De toute façon, c’est le bordel en ville, surtout en ce moment. Je suis content de pas être à côté, confirme-t-il, haussant des épaules. Tu dis qu’il y a des démons ? Après Lui, peut être qu’eux, ils ne discrimineront pas les grands au profil des minus comme toi ! Pff… et à la fin, ça ne m’étonnerait même pas que tu les connaisses, tu as des goûts tellement singuliers ! Enfin bon moi je ne suis pas bien en me sachant à côté d’un Lui !

Non mais c’est vrai quoi, quelle idée de se venter de bien être aimé par un Lui ! L’animal le plus affreux qui soit. C’est l’aspect qu’en retient Lysias, ignorant que cet animal affectionne les démons, en général.

-Arrête de m’appeler Lyly ! Déjà, je ne suis pas une fille et encore moins… une chose amusante! Et puisque tu connais un peu la région, tu vas me dire où il y a un semblant de végétation dense sans Lui dans les parages…

Il trouverait bien de quoi grignoter et se rassasier de plante fraîche, comme au temps de son éducation primaire chez les elfes. Alors que Sappho, elle, ne cesse de jeter quelques coups d’œil vifs dans la forêt, le nymphe, lui, pense à son ventre. Ah… mieux vaut mourir le ventre plein que le ventre vide, ça y a pas photo ! Même dans devant une falaise sans issue comme ça.

-J’en sais rien ce que je fais là moi. Je me ballade, je m’en vais d’Elament ! Je m’ennuie dans la cité. Alors je sors ! Et je fais ce que je veux, où je veux et quand je… hey, Sappho, arrête de tourner ta sucette, tu me donnes mal au crâne ! Qu’est ce qu’il t’arrive hein ?

Lysias en était sûr, Sappho avait peur que Lui revienne, Lui et sa méchante et vilaine tête de monstre. Lui et son 3 mètres de corps brûlant. Un grouillement de l’estomac rappela le nymphe à l’ordre. Il ne s’était pas rempli la pense depuis deux jours ? A grignoter un bout par ci, par là.

-Et au fait… fit-il d’un sérieux comme jamais la minus devait lui en avoir vu jusqu’à là. -La dernière fois, quand on s’est mangé le vide depuis la branche… c’était toi qui nous a fait atterrir au sol sans dégâts après ? *ça ne peut pas être moi et ce n’est pas moi en tout cas.* …mais c’était drôlement efficace. Mais désagréable. Et si c’est toi, qui en est l’origine, poursuivit-il, pensif, avant de zieuter la gamine avec un air sans rire : -tu veux pas refaire la même chose pour que …l’on arrive plus facilement et plus rapidement à destina…

Crack.
Oui, un gros craquement, plus loin, vers sa droite. Pile au moment où le lyly allait sortir une énormité. Est-ce possible d’espérer un bruit… bienvenu ?

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Sappho
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MessageLun 22 Fév 2010 - 17:43

" Sage oui bien sûr... Si t'es sage alors moi je suis quoi ? La protectrice d'Elament ? Ah ! "

Elle éclata d'un rire franc, mais en y repensant, elle était assez cynique. Mais ses yeux plissés, sa frimousse toute joyeuse, ses cheveux ébouriffés la rendaient innocente encore, une dernière fois à chaque fois. Au fond, elle ne le savait pas, mais elle grandissait. Et bientôt, elle serait sans doute plus froide qu'avant, moins encline à s'amuser avec des élamentiens. Elle serait bien un jour hantée par la spectre de la réussite sociale dans les Enfers. Vouloir diriger, avoir toujours plus de pouvoir... Oui, bientôt, ce serait son lot. Est-ce-qu'elle le savait seulement ? Oh oui. Déjà, toute marque d'attention politique à son égard était un intense plaisir. Tisser des liens avec Senector par exemple, n'était pas anodin.

Loin d'Elament, c'était peu dire. Elle espérait une réaction différente en tout cas car à sa grande surprise, il se montra plutôt satisfait, non il était même heureux d'être loin d'Elament, en voilà un être étrange ! Elle retint surtout que c'était le bazar dans la Cité. Leawyn en avait déjà parlé lorsqu'elle était soûle : apparemment, le chaos régnait en ville, et Lysias lui confirmait cette information encore une fois. Décidément, c'était vraiment intéressant ça : c'était sans doute le moment idéal pour frapper Elament... Des bruits courraient dans les Enfers en ce moment, comme quoi une offensive massive pourrait être ç l'ordre du jour. Que des rumeurs, bien sûr.


" Vraiment, à ce point là ? .... Moi, connaitre des démons ? La bonne blague ! Et puis Lui est super gentil... Tu le connais pas, c'est tout... "

Elle eut encore un grand sourire quand il protesta à propos de son sobriquet. Mais pourquoi, elle le trouvait mignon elle. Lyly. Certes, c'était très féminin, mais après tout, c'était lui, le nymphe, et ce n'était pas la race la plus masculine. Elle semblait plus détendue, à force de s'amuser peut-être, mais elle gardait l'œil ouvert et sa sucette tournoyante dans la main.

" Mais ça te va si bien Lyly... Et t'es super amusant, Lyly ! Lyly, Lyly... ça ferait une chouette chanson non ? " Pour ce qui était de la végétation dense... " Dense hein ? Sans Lui ? " Elle se gratta la tête en fronçant les sourcils " Ah mais bien sûr ! Peut-être par là " elle pointa une direction au hasard " ... ou là-bas... " encore une " ... ou alors c'était par là ? ... "

Et une dernière direction pour la route. Elle regarda Lyly tourner la tête vers chacune des directions qu'elle inventait, et quand il revint à elle, elle pouffa de rire devant sa petite blague. Elle s'arrêta de rire pour écouter son étrange discours. Marre d'Elament ? Il s'ennuyait ? Mais à la remarque sur sa sucette, elle stoppa son geste répétitif et serra fort la sucrerie. Qu'est-ce-qu'il lui arrivait ? Oh, rien, trois fois rien. Elle était en train de trahir consciemment les démons voilà. Sa partie plus gamine s'en fichait royalement, elle était une enfant, elle serait pardonnée... peut-être. Mais une partie d'elle-même éventuellement plus mature était coupée en deux : sur la décision qui l'obsédait alors que le problème ne s'était pas encore posé. Elle prit un air disons, surpris, en inclinant la tête de côté. Mais malgré tout, elle avait une voix plus tendue que tout à l'heure. Comme si elle sentait que ce qu'elle craignait ne se réalise finalement...

" Mais... rien du tout... "

Et ce fut ensuite sérieusement qu'il lui parla de... ses ténèbres. Elle eut une moue pas très élégante, comme si elle avait mangé quelque chose de travers. Et au fur et à mesure qu'il parlait, ça ne s'arrangeait pas. Quoi quoi quoi ? Qu'est-ce-qu'il voulait ? Y retourner ? Malheur... Maudit... Mais qu'allait-elle...
Crack Crack

A gauche. Elle se tourna d'un bloc dans cette direction, et sentit leur approche avant de les voir sortir du buisson : un incube et un soquior en vadrouille. Le premier elle le connaissait de manière, disons, intime. Il se nommait ... Lefran ? Oui, Lefran. L'autre en revanche, le Soquior, elle ne l'avait jamais vu. Un simple soldat sans importance, un messager de pacotille... Mais que faisaient-ils ici nom d'un Effrit ? Elle se releva en les voyant s'approcher. Lefran la regarda avec surprise, surtout en voyant le nymphe à ses côtés. Elle ne le tenait pas en son pouvoir, pas de faux sous son menton, pas d'ongles dans ses yeux, aucune peur, aucune plaie, rien. Ils ne faisaient que discuter, et cela se voyait sur leur visages. L'incube s'adressa à elle en pointant l'élamentien de sa main :


" Maitresse Faux ! Que faites vous ici, avec ce déchet ? Une mission vous a été confiée aujourd'hui, alors dépêchez-vous de l'achever et suivez-nous... Ou alors, vous préférez le garder pour plus tard en le mettant aux Geôles ? "

Elle restait coite. Tout ce qu'elle avait voulu faire était gâché par la faute de Lefran, cet incube imbu de lui-même... Il devait bien s'être rendu compte qu'elle n'avait rien fait à cet élamentien. Etait-ce une sorte de piège ? Tout de même non, il devait savoir qu'elle n'était pas si idiote. Elle resta comme pétrifiée, les yeux plissés et fixés sur Lefran et son acolyte qui s'approchaient de Lysias pour le saisir sans doute. Lui, devait sans doute comprendre que la gamine avec qui il avait passée pas mal de temps n'était rien d'autre qu'une succube. Elle suivit le manège des deux démons qui attrapèrent le nymphe sans ménagement. Elle réfléchit vite. Elle ne voulait pas tuer Lysias.

" Alors, maitresse Sappho ? "

Ils s'impatientaient, et la regardaient de plus en plus bizarrement. Elle soupira en baissant la tête. Maintenant, elle n'avait pas tellement le choix. Elle s'approcha des deux démons qui tenaient Lyly, et s'arrêta juste devant lui, les mains sur les hanches. Elle avisa les Lefran et le Soquior. Jusqu'ici elle avait gardé un air un peu grave, mais là, soudainement, elle sourit de toutes ses petites dents pointues. Puis elle changea sa sucette en faux. D'un mouvement assez rapide -quoique-, elle transperça le Soquior de part en part... mais que faisait-elle, couverte du sang d'un semblable ? Ensuite, elle essaya d'atteindre Lefran, mais d'un bond en arrière, il l'esquiva. Il siffla le mot "traitresse" entre ses dents, mais Sappho n'en avait cure. Elle leva la main et créa une balle de ténèbres qu'elle modela en pointe affutée. Celle-ci alla se loger en plein cœur de l'incube. La pointe disparut dans un nuage noir, et Lefran s'écroula dans une mare de sang.

Elle baissa son bras, et regarda sans beaucoup de sentiments les deux coprs par terre. Personne ne pourra savoir que c'était elle qui les avait tués. Normalement. Elle se retourna vers Lyly, qui ne devait plus la reconnaitre, ainsi, pleine de sang... Elle prit un air désolé en passant sa main dans ses cheveux. Puis elle s'approcha de lui et le prit par la main.


" C'est bien toi qui voulait réessayer les ténèbres hein ? De toute façon, il vaut mieux pas rester dans le coin... Allez, viens Lyly, tu pourras me crier dessus et poser tes questions après, d'accord ? "

Elle ouvrit un portail derrière elle, et entra à moitié dedans, sa main avec la faux à l'intérieur, et celle tenant Lysias encore à l'extérieur. La porte menait dans un autre coin des montagnes, assez loin d'ici pour ne pas attirer l'attention. Elle devrait le tenir fermement pour ne pas le perdre dans le noir... Mais qu'avait-elle fait... Elle avait sauvé un élamentien.

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MessageMar 23 Fév 2010 - 22:07

La protectrice d’Elament et Lysias le Sage.
Mais oui, c’était exactement le portrait et l’allure que donnaient ces deux jeunots, se prélassant des ultimes instants d’insouciance (à quelques détails de masse omis)… Une insouciance que tant de choses s’acharnaient à leur arracher, d’une manière comme une autre. Sans le savoir, c’étaient peut-être là, des premiers signes d’une nouvelle ère et parallèlement, les dernières traces d’une page qui se tourne. Les symptômes d’un climat lourd et enfiévrés pesaient sur la cité depuis un moment, forgeant les esprits, avivant les comportements, voire même, changeant quelques habitudes.

Un jour, Lysias serait large d’esprit, serait un « grand dans l’âme », et d’ailleurs, ce jour là, il serait vraiment un vieux sage en tout point. Pas pour ce midi en tout cas. Un midi qui s’annonce plus tôt pour un nymphe affamé, accablé par les indications éparses et certainement hasardeuses que lui indique un petit être. En même temps, comment lui en vouloir ? Car, qui dit minus, dit aussi petite tête, et en l’occurrence, mini-cerveau. Ça va de paire, mince quoi. Pas étonnant qu’elle ne sache pas, tiens ! Heureusement que cette pensée là, Lysias la garda pour lui, sous peine de raviver leur conversation un brin taquine, à la gentil chat/chien. Une ambiance qui se ternit d’un coup à la mention de la transplanation de la dernière fois. Lysias soupçonnait bien que Sappho en était l’origine. A moins que ce ne fut l’œuvre du garçonnet de nymphe de leur dernière rencontre. Mais à cet instant là, ce dernier était occupé à charcuter le démon, alors à moins d’une nouvelle capacité de dédoublement… et puis Crac.

-Mais oui, c’est ça, mieux faire connaissance avec un Lui, on aura tout v…

Crac, ça craque dans les bois.
Deux individus apparaissent, l’un petit et frêle (encore un minus dans son genre) et un autre, bien plus grand, accentuant cette différence taille flagrante. Non pas que Lysias tienne les « grands êtres » en admiration mais ce dernier révèle une certaine aisance majestueuse dans sa façon d’approcher. Impression étrange… qu’il oublie alors qu’il l’entend le mentionner.

-En voilà une manière sympathique de traiter son prochain de déchet, rétorqua Lysias qui a toujours été un modèle exemplaire en sympathie et en politesse. -Un déchet !

Il s’outrage encore, d’un air dédaigneux alors que ces derniers n’ont d’attention et d’yeux, que pour la minus au nom de Maitresse Faux. Mais oui, Maitresse Faux, et puis quoi d’autres encore. De toute façon, on parle de maitre et de maitresse que chez ces démons. En tout cas pas dans la cité. C’est absurde, ils se prennent maintenant pour des démons. Agacé, affamé, Lysias n’a pas le souci d’aller touiller la réalité pour mieux la voir en face, sa seule réalité étant tirée par ses propres besoins. Si bien que cet entêté serait parti dans une des directions indiquée par Sappho, quelques minutes plus tôt. Lysias n’en a que faire des discussions qui ne le concernent pas. Ce nymphe doté d’un excentrisme qui tombe parfois jusqu’à l’extrême idiotie ne se rend même pas compte que sa vie ne tient plus que soudain sur un seul et maigre fil. Encore plus étroit que lorsqu’il était chassé par Lui.

Et voilà qu’on l’attrape et l’empêche d’aller et venir librement. Ça par contre, ça semble encore plus outrageant à cet aveugle de nymphe. La bêtise le mènera loin. Voire même un peu trop ? Le « lâchez-moi ! » franchement énervé du garçon n’ébranlent en rien les deux acolytes qui attendent désormais les vœux de leur Maîtresse. Lysias jeta un coup d’œil singulièrement mauvais sur son hôte, qui lui au moins, ne lui arrivait pas à hauteur des chevilles. (Bon en exagérant un peu. Beaucoup). C’est quand même le comble, Lysias est maintenu par un grand et un petit, qui ont une poigne assurée, bien plus que s’apparentent leur physique bâti dans une certaine grâce. Et puis il croise ses pupilles.

…Des pupilles fines, mais surtout des pupilles verticales. Et ce n’est pas une paire de pupilles étrangères, parce qu’il a quelques temps, il y a quelques années, des années enterrées, il en a déjà vu des similaires. Thanis. Selectys. La nuit où leur trio s’est transformé en solo. Lysias. Pfff. Des prénoms futiles et oubliés, qui ne l’affectent plus aucunement à présent. Des prénoms qui n’ont fait que le dépouiller de son entourage, et de son élément. Mais quelle importance ? Lui, il est en vie.

Un sourire à dents pointues apparait sur le visage Sappho, la minimini aux airs de gamine éternelle. Mais elle n’avait pas cet air. Pas en cet instant. Le nymphe cessa de songer à se plaindre des deux sous-fifres l’emprisonnant, lorsqu’il vit la sucette du demi portion devenir… autre chose qu’une vulgaire sucrerie.
La faux se lève, se lève pour trancher, incision vive, incision précise, meurtrière et cruellement traitresse. Lysias a-t-il peur ? A-t-il craint pour sa vie ? Si oui, il n’en aura pas le temps. Si non, c’est idem. Sous ses yeux, ils tombent, la faux frappe, les ténèbres frappent, son voisin de droite puis celui de gauche périssent. Vite… et horriblement bien. Eux non plus n’auront pas le temps de voir quoique ce soit arriver. Encore moins de sentir. Lysias ne réalisera pas encore que cette scène marque les débuts d’un changement radical. Nous l’avions dit, c’est la nouvelle ère.


-

Et les ténèbres furent.

Depuis le début de son éducation à Elament, on le monte contre les démons. Enfin, c’est dans les mœurs de ne pas aimer les démons. Même bien avant, chez les elfes, nul ne disent grand bien de ces êtres maléfiques. Pourquoi. Ils sont vils, ils sont sans cœur, ils sont plein de vicissitudes, c’est vrai. De l’autre côté, haut se liguent contre eux, alors que le bien n’est pas non plus dans leurs rangs. Et pendant ce temps, les ténèbres grouillent pour un renouveau rempli d’effroi. Au final, ce sont deux clans voués à de monter l’un contre l’autre. Cercle vicieux, cercle sans fin. Et Lysias aurait bien aimé ne pas se prendre le chou avec ses histoires. Au final, qu’avait-il fait ? Il s’était rapproché on ne peut plus facilement d’une démone. Ivresse de la folie. Or, il est des choses qui jamais, ne demeureront conciliables.

Ce passage est horriblement désagréable, si bien que le nymphe ne se souvient pas d’avoir réclamé un nouveau passage au travers. Cette fois non plus, il n’a pas le temps de voir où il est, hormis l’obscurité qui l’entoure. La sensation que son corps se distord dans une pluie de lames finement taillées pour le torturer. C’est tellement désagréable. Dans sa tête, dans son corps résonne alors un élément, avec une puissance qui le surprend. Une force qui chuinte et vibre furieusement en lui, c’est une énergie qui semble si lointaine et à la fois tellement familière. L’ampleur du son est si intense que son cerveau s’y raccroche. Oubliant une douleur qui s’acharne à le maintenir dans les souffrances.


-

Lumières.

Quand il prend pleinement conscience de sa sortie des ténèbres, Lysias est misérablement étalé au sol, le corps crispé d’un mal qui a pourtant disparu. Haletant comme si on avait cherché à l’étouffer. Lui-même n’en sait rien, car c’est un mélange de maux, et existant ou non, ils sont là. Ils étaient là.

L’air frais de la nature lui remplit les narines et il épie ses alentours sans bouger. Du sang a éclaboussé partiellement ses vêtements. Le sang des congénères de Sappho. Cette minimini est complètement folle. Mais c’est une démone. Péniblement, l’adolescent se redresse, alors que son regard s’attarde sur la silhouette encore plus entachée que lui. Il ne la voit pas en démone.
Pourtant, elle a tué.

Insupportant cette confusion, Lysias agrippe la petite par les épaules.

-Bon sang Sappho ! Tu les as tué ! Mais bordel, mais tu te rends compte ! crie-t-il, agacé. Confus. Idiot encore plus idiot parce qu’il ne se rend pas compte lui-même. La démone a une faux, une faux qui pourrait le trancher à lui aussi. –Qu’est ce qu’on a fait… mais pourquoi ! Tu n’aurais pas pu me le dire plus tôt ?!

La belle blague. Comme si c’était quelque chose à balancer à tout bout de champ : Je suis un démon, je suis les enfers, je suis le Mal. Qu’a-t-on fait ? On n’a pas le droit de se côtoyer. Nos deux clans ne sont pas faits pour discuter autour d’un hydromel.

Mince alors, Lysias aurait juré avant cette scène, qu’il se moquait royalement du premier démon venu, démon ou pas démon. Mais le poids soudain de ce qui l’incombe est difficile à ingurgiter d’un coup. Le poids d’ «Elament ne s’amuse pas avec démon ». C’est étrange de voir ces sermons tomber en plein jour, comme ça, sans préparation. Tôt ou tard, si bien Lysias que Sappho seront confrontés à un choix qui n’en est pas un. Un choix qui au final ne relève pas de leurs personnes seulement, tant les enjeux sont grands.

-Mais regarde ces mains ! s’exclame Lysias furieux. Contre lui-même. Un démon qui lui sauve la vie, c’est un comble. –Regarde les tiennes ! Elles sont couvertes du sang de tes frères !

Il la lâche, et se calme d’un coup. A la Lysias.

-Et range cette faux ! Elle est moche et en plus elle m'énèrve! finit-il, d’un air mauvais.

Un Lysias qui en veut au monde entier. Plus à lui-même.
Pas un instant il a cru que Sappho l’aurait tué. Qu’il serait mort, qu’il ne l’aurait pas cru.
Folie d’une jeunesse bornée.

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MessageMer 24 Fév 2010 - 10:33

Spoiler:
 

Il l'avait suivie. Dans le noir, dans les ténèbres profondes. Il aurait pu s'enfuir, il aurait pu partir. Mais il l'avait suivie. Pour elle, le voyage d'à peine quelques secondes était des plus agréable, comme si elle était plongée dans un monde de coton, chaud et apaisant. En sortir, c'était se retrouver dans un monde hostile et froid, où son destin était décidé bien avant sa naissance. Cette dernière pensée ne l'avait jamais effleurée, elle s'était toujours sentie libre de faire ce qu'elle voulait. Mais, était-elle libre de faire ce qu'elle venait de faire ? De sauver un "ennemi" ?

Elle était sortie des ténèbres avec grâce, l'ensanglantée, et en se retournant, elle vit Lysias, haletant, se remettre de cet étrange passage sombre. Il tremblait un peu, et c'était normal. Elle se souvenait que Laewyn avait failli vomir après la même expérience. Mais quand il se redressa, elle baissa la tête. Pourquoi ? Quel sentiment la faisait agir ainsi ? Honte ? Tristesse ? Peur ? Qu'allait-il dire... Le choc fut entier quand elle sentit ses épaules entre ses mains, puis les secousses qui s'ensuivirent. Entre cette scène et la joie de tout à l'heure, où était passée l'innocence ? Et que lui reprochait-il ? D'avoir tué. Voir une enfant tuer sans broncher avait de quoi retourner un élamentien sans doute, pas un démon. Elle le laissa dire, alors qu'elle repensait à tout ceux qu'elle avait déjà massacrés, à toute la satisfaction qu'elle en retirait... Cette joie du carnage était réelle, alors pourquoi les simples mots de Lysias lui donnaient cette horrible sentiment de honte ? Et elle regardait le sang sur sa robe, sur sa peau, sur ses pantoufles. Et elle pensait que depuis le temps, elle avait dû recevoir l'équivalent d'un corps entier en liquide vital sur elle.

Autre question fatidique. Qu'avaient-ils fait ? Pourquoi elle n'avait rien dit avant qu'on en arrive là ? Si elle s'était démasquée avant, il se serait peut-être enfui, et rien de tout ceci ne serait arrivé. Elle aurait pu le tuer aux Étuves. D'une toute petite voix, à peine audible, et un peu vacillante, elle ne put que répondre :


" Je ne sais pas. Tuer... c'est tout ce que je dois faire ... "

C'était pathétique. Elle se le répétait avec joie tout le temps : tuer, c'est mon art, massacrer c'est un plaisir ! Et voilà que devant lui et ses reproches, elle pleurait à moitié. Pas seulement pour ça, ni pour ce qu'elle venait de faire -elle ne ressentait rien de particulier pour ces rotures-, mais pour l'impact que sa décision avait. Elle n'en voyait pas les perspectives totales, juste une idée : Lysias avait vu en Sappho l'enfant qu'elle désirait rester, et elle aimait ça. Comment pouvait-il voir encore une enfant chez une démone avec les mains aussi rouges ? Oh et puis, elle en avait marre de réfléchir sur un avenir qui n'était pas arrivé, elle en avait assez d'être au bord des larmes, comme une gamine de la surface. Tandis que lui s'énervait sur ses mains tâchée, et sur celles de la démone complètement rouges, elle releva la tête et ses pupilles s'étrécirent, pour devenir aussi effrayantes que celles d'un démon.

Elle écouta encore son commentaire, certes calme, sur sa faux, puis, prestement, plaça la lame tranchante sous son menton, comme elle l'aurait fait avec sa sucette. Pour elle, c'était du pareil au même, mais se rendait-il compte du nombre de fois où il avait eu une faux devant son nez ?


" Mes mains sont plus rouges que tu ne le penses, et pas seulement du sang de mes "frères" comme tu dis ! Ceux-là n'étaient rien, les tuer ne signifie rien pour moi. Tu ne peux pas imaginer le nombre de tes camarades à toi qui sont passés au fils de ma faux ! Je ne suis pas un ange, mais une succube. Je suis au service direct du Roi... Je devrais te tuer comme tous les insectes ! ... "

Mais la fin de sa phrase fut noyée dans les larmes. Pourquoi ? Pourquoi ne pouvait-elle pas faire ce qu'elle disait ? Elle devrait... Oui, mais elle ne le fait pas. Pour la première fois de sa courte vie, ce n'était pas une question de puissance qui l'empêchait d'éliminer quelqu'un. Elle ne pouvait pas. Mais elle ne savait pas pourquoi. Sa faux était sortie, il ne se défendrait peut-être pas. Elle était à quelques centimètres, elle devait le... Mais même si elle voulait planter sa faux de toutes ses forces dans son crâne, elle ne le pouvait pas. Elle transforma sa faux en sucette, et la laissa tomber au sol, comme si l'arme elle-même reprochait sa faiblesse à Sappho. Elle ne devait pas rester là... Et s'il voulait la tuer, lui maintenant ? Cette pensée rationnelle n'arrivait cependant pas à l'atteindre, et elle ne bougeait pas. La petite ne faisait qu'essuyer ses larmes avec le dos de sa main.

" Mais je... peux... pas ? Qu'est-ce-que... j'ai fait ? Je voulais pas ça. Pourquoi je t'ai sauvé, hein ? "

Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait rien. Elle ne le voulait peut-être pas. Elle se croyait au-dessus des règles, suffisamment pour tuer sans distinction, tout en s'amusant comme une enfant. Mais pouvait-elle faire les deux sans que pareil malheur arrive ? Elle se souvint de Senector, de sa puissance qu'elle désirait obtenir... Des tortures sur Wind pour obtenir des informations, qui n'avaient été qu'un test pour apprécier le potentiel de Sappho. Cette violence qu'elle connaissait par cœur. A quel point elle était dépravée et avec combien d'incubes elle avait passé ses nuits... Tout ce qui creusait un fossé infiniment profond entre elle et Lysias.

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MessageMer 24 Fév 2010 - 19:57

Spoiler:
 


Un traitre. Une traitresse.
Traitres à leurs clans, traîtres à leurs destinées. Ce n’est pas comme ça que c’est censé se passer. Lysias ne le sait pas, mais il vient de regoûter au ténèbre, de gré ou de force. Il ne sait pas non plus qu’inconsciemment, ’il a suivi Sappho, alors qu’il aurait pu y la lâcher en cours de route. Mais sa main est restée agrippée à une petite démone, qui elle, maitrise et a l’habitude d’user et abuser de cette magie-là. Magie bannie, magie reniée.

Etait-elle libre de sauver un ennemi ? Etait-il livre de suivre l’ennemi ?
Le sang git encore sur leur deux corps, preuve ultime d’une faute qui leur appartient. Il ne fallait pas. C’est fait. Et tuer fait partie du quotidien de Sappho. C’est tout ce qu’elle doit faire. Parce que ses pupilles ne sont plus qu’un trait fin et meurtrier, parce que la faux est l’arme qu’elle brandit sous le menton de Lysias, et parce qu’elle est une démone. On ne change pas la nature des gens. Lysias le sait. Il a, face à lui, un être des plus redoutés qui soient, effrayant et sans pitié. Mais Lysias est aussi en colère. Il se sent débile, crétin. Crétin de voir que son propre caractère l’amène à tant d’imprévus. Lui qui pourtant, les cumule et les affectionne.

Mais le cliché infernal le mettant en garde contre les démons lui met un coup en plein dans la tête. Et maintenant ; que va-t-il se passer ? Il toise d’un air désagréable Sappho, parce qu’il ne sait pas quelle réaction adopter. On ne l’y a jamais préparé.

-Alors vas-y, découpe moi en rondelle comme tes frères ! Au moins je serai mort à cause de mon idiotie, vas y ! lui répliqua-t-il agacé.

Il ne la croit pas.
Elle ne le tuera pas. Elle ne peut pas le tuer… c’est la pensée qui ravive la colère confuse Lysias. Ça ne l’aide pas à s’y retrouver, tout comme il ne l’aide pas non plus. Il sera mort avec cette fureur idiote, et cet entêtement à vouloir croire qu’elle ne le tuera pas. Se raccrocher, derrière cette fureur. Il refuse de comprendre, parce qu’il se croit lui aussi au dessus des règles, non pour tuer, mais au moins s’amuser sans distinction. Retournons en arrière, retournons aux étuves, et je ne te marcherai pas dessus. Ainsi nos chemins ne se croiseraient pas et jamais, nous n’aurions à endosser une responsabilité qui n’est pas la nôtre, mais celle de nos clans. Celle du « bien » et du « mal ».

Pour autant Lysias sait qu’il n’est pas le Bien. Ni le mal.
Pourquoi faudrait-il se positionner ? Pourquoi tant de choses auxquelles réfléchir, réfléchir pour vivre et perdurer.

-Je me fous qu’ils ne signifient rien pour toi ! Je m’en fiche ! Moi non plus, ils ne représentent rien pour moi, je ne les connais pas ! Mais est ce que tu te rends compte !?

C’est un poids qui tombe brusquement sur les épaules de la gamine, sur les épaules d’un nymphe égoïste. Un poids qui empêche d’outrepasser certaines libertés. Ce n’est déjà plus de la liberté : ils devront choisir leur camp. Laissera-ton rentrer Lysias à la cité, l’être imprégné du sang démon, l’être qui se serait « baladé » coudes serrés avec une succube. Après tout, il a déjà menti avec Selectys et Thanis, dans son enfance. Il a déjà venté des mérites qui jamais ne leur ont appartenus. Les autres l’ont peut être écouté, mais aujourd’hui, le croiront-ils encore ? La légende de Pierre et le loup prend vie, à force d’enjoliver et mentir, on ne croit plus personne, et encore moins le moment fatidique. C’est peut être rassurant pour Lysias. De toute façon, qui donc peut l’écouter relater cet évènement ? Peu de monde. Personne. Lui, peut-être. Aujourd’hui, beaucoup ont déserté Elament, ville désormais inapte à assurer la protection de chacun. Ville peu à peu envahie par… autre chose. Ça sonne presque comme inquiétant. La pérennité n’est plus.

Lysias n’a pas tellement l’intention d’ébruiter son affaire. Ça ne lui serait simplement pas venu à l’idée. Et si jamais on le questionne ? A-t-il vu et entendu ? A-t-il senti quelque chose ?

-Est-ce que tu te rends compte des choses que tu as engendrées, de ton côté !

Que j’ai engendré de mon côté.
Traitresse. Traitre. …Trahison. C’est un mot qui fait froid au dos. Poignarder son peuple avec tant de facilité.
Lysias n’a jamais eu la prétention de trahir, oh si peut être quelques secrets de gamin, mais trahir des vies, trahir une ville. Trahir un peuple. Car, oui, oui et oui, il a vu, il a entendu, et même ressenti un pan des ténèbres. Que devra-t-il répondre vis-à-vis des siens, même s’ils ne sont pas parmi son entourage proche. « Je me suis promené en toute insouciance avec une succube », c’est une chose peu crédible. Pourtant c’est vrai, il l’a fait, ils l’ont fait. Sans arrière pensée, sans motif caché derrière cette rencontre fortuite. Sappho a lâché sa faux. Lysias ne devrait pas rester là.

-Et si tu tues si aisément, tes confrères seront tout aussi prêts à te tuer! Et puis j’en sais rien pourquoi tu m’as pas tué, lance encore le nymphe, visage crispé. Parler de la mort n’a jamais été un grand problème, lui qui ne la connait pas. Parler de tuerie semble plus difficile à imaginer. -Non, tu n’es pas un ange, je l’ai bien compris.

Il pourrait avoir envie de la tuer, tenter de le faire. Comme un idiot sans air, comme un élémentien sans son élément. Il pourrait, de ses propres mains, ne serait ce que pour prétendre l’avoir essayé. Mais Lysias n’a pas d’instinct meurtrier.

-Mais moi non plus, je ne suis pas un ange... soupire-t-il en se rasseyant au sol, tant ces choses semblent taillées dans trop de grandeur, trop de grandeur pour une frêle jeunesse. Il regarde ses mains entachées, et du bout d’un index encore vierge de sang, il essuiera les larmes que l’enfant tente d’arrêter. -Nous sommes en train de trahir nos clans, je ne sais pas ce qui va se passer, ni que je dois faire. Mais je ne suis pas un ange, parce que je n’ai pas non plus envie de te tuer, ni de te dénoncer, ni changer ta nature.

Tous deux parlent des autres, des frères, de leur peuple propre à chacun, comme s’ils faisaient partie intégrante d’eux-mêmes. Comme si c’étaient leur chère famille proche. Ce n’est pourtant vrai ni pour l’un ni pour l’autre, mais ils y sont obligés, pour pouvoir s’y forger une place. Pour grimper dans la hiérarchie. Le bien et le mal se ressemblent au final. Le nymphe a enserré la succube.

-J’arrive pas à voir autre chose qu’un minimini, maintenant encore… Tu peux avoir tué mes semblables avant, et tu continueras. Ça ne me fait ni chaud ni froid, je ne les connaissais pas.

Je ne suis pas un ange, ni son opposé, mais je vis. Egoïstement, c’est vrai, mais je vis pour moi, par ce qui me semble être le plus amusant, parce qu’au final la seule chose que je contrôle, c’est moi. Et c’est déjà difficile, pensa Lysias, les épaules affaissées.

-Arrête de pleurer, le minimini, tu vas me faire pleurer aussi! Vis et puis on verra, et moi j’ai faim alors on va manger. Et prend ta sucette, mais garde-là dans ton bec !

Il se lève d’un bon alors que le cœur n’y est pas, la faim n’y est pas, l’envie non plus. Mais… il reste du temps. Un peu de temps avant… autre chose. Et puis si on te demande de rendre des comptes, dis que tes confrères n'ont pas fait leur boulot. Tuer est une banalité chez vous autres? Alors mens, si tu veux vivre. Vis.
Vivons. Cruelle pensée d'un élémentien. Et ce n'est pourtant que le reflet de la réalité.

Que sommes nous en train de faire.


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Sappho
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MessageMer 24 Fév 2010 - 21:37

" Ce que j'ai... engendré, hein ? Et toi ? Pourquoi tu ne fais rien ? Pourquoi tu ne t'es rendu compte de rien ? "

C'était si injuste. Elle était une traitresse. Mais lui était un traitre. Liés par une déloyauté commune. Ils ne pensaient pas dépendre d'une quelconque puissance, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Du moins, Sappho ne le pensait pas. Elle avait voulu s'amuser, pourquoi cela devait-il finir ainsi ? Mais pourtant, elle aimait tuer ceux d'Elament. Elle ne comprenait cette contradiction nouvelle qui l'habitait à présent. Cet étrange combat intérieur, trop difficile à mener pour une enfant. Elle voulait céder aux deux parties, mais ne le pouvait pas. Mais elle ne voulait pas en choisir un, car elle se refusait à choisir.

Sa sucette par terre, elle ne put qu'écouter cette vérité qu'il énonçait : oui, eux non plus n'hésiteraient pas à la tuer. L'indulgence n'existe pas. Le pardon est aboli. Sans jugement aucun, si on apprenait cela, elle serait au mieux exilée, au pire torturée à mort. Il n'y pas si longtemps, cette dernière perspective ne l'effrayait pas : la mort était son ami qu'elle côtoyait de près. Y plonger elle-même était en soi, une avancée. Et elle serait pour toujours dans les ténèbres noires. Mais dit comme lui le disait, elle frissonna.


" Ils ne pourront jamais savoir... Raah mais je m'en sortirai moi, je suis Chevalier démoniaque, je trouverai bien quelque chose s'ils l'apprenaient... "

Oui, si par hasard, la rumeur que Sappho avait sauvé un élamentien montait jusqu'aux oreilles du Roi, elle n'aurait qu'à trouver un coupable. Cela ne la gênait pas. Une petite cabriole politique, quelques nuits passées avec des dignitaires démoniaques, et le tour serait joué. Plus personne ne se souviendrait de cette rumeur. Enfin, techniquement. Mais qu'en dirait Senector ? Parfois, elle aimerait qu'Iblîs réapparaisse brusquement, un peu comme dans les contes, car elle savait qu'il aurait bien une solution. Remarquez, son professeur était sans doute aussi sage que lui, mais il était un peu plus... fou. Voilà bien la preuve qu'elle n'était encore qu'une gamine : elle avait toujours besoin de quelqu'un.

Un ange... Comme on pouvait avoir des goûts en musique, Sappho avait des goûts en torture : en l'occurrence, il était vrai que s'occuper de ces êtres ailés était un plaisir rare et particulièrement distrayant. Les ailes sans doute, jouaient beaucoup. Non, elle n'était pas un ange. Pourtant, tout à l'heure, avec sa tunique blanche courte et ses pantoufles, il aurait suffi qu'elle se mette à courir à travers champs en cueillant des marguerites pour donner l'image d'un petit ange. Mais à présent, couverte de sang sombre et bientôt sec, elle ressemblait à ce qu'elle était vraiment : une créature ignoble, contre-nature, née des pires sentiments des dieux. Alors que lui... Lui était un descendant des créations soignées et parfaites des mêmes dieux... En y repensant, dans un sens, ils étaient nés des mêmes divinités. Cependant, Sappho ne croyant qu'aux Ténèbres, elle ne pouvait se concevoir comme le voulait la légende.

Elle se calma enfin, lorsque, d'abord, elle entendit cette étrange parole : "Je ne suis pas un ange". Elle le regarda s'asseoir, puis l'interrogea du regard. Alors, une sensation de chaleur sur son visage finit de l'apaiser. Il essuya ses larmes. Il essuya les larmes d'un démon. Il constata très justement la situation que la succube avait du mal à saisir complètement. Mais il... Pourquoi ? Il ne ferait rien contre elle. Trahir un clan. Trahir son clan. J'ai trahi. Quitte à piétiner son camp, autant y aller franco. Elle semblait gênée en parlant, mais elle dit tout de même :


" Je ne pense pas que ça change grand chose mais, tout ce que tu m'as racontée sur Elament... Les troubles et la panique, je ne... je ne dirais rien. "

Et voilà. C'était comme un pacte. Scellé par le sang des démons. Ils étaient des traitres dans leur camp, des traitres à leur temps. Mais ils seraient loyaux entre eux. Elle ne savait pas ce qui allait arriver maintenant. Elle se sentait faible et inutile. C'était bien la première fois qu'une chose pareille lui arrivait. Elle ne put s'empêcher, cependant, de sourire lorsqu'il l'allégea d'un fardeau invisible. Elle aurait voulu lui dire merci, pour ne pas lui poser une barrière morale qui l'aurait tuée. Même si elle aimait être avec cet être de la Surface, elle adorait toujours massacrer. Et si l'un devait empêcher l'autre, ce serait un dilemme qui la tuerait aussi sûrement qu'un poison.

Plus surprenant encore de la part de cet égoïste de première, sa dernière réplique sonnait comme une tentative de réconfort sur sa personne. Elle le regarda bondir sur ses jambes, apparemment prêt à oublier, ou du moins à ignorer tout ce qui venait de se passer. Sappho décida de l'aider à ignorer.


"Vis et puis on verra alors... " Sa face s'illumina d'un sourire amusée " D'accord, mais avant de manger... il faudrait que je lave ça. Et puis, je te signale que tu sens les ténèbres à des kilomètres à la ronde ! On ne te laissera même pas rentrer dans la Cité comme ça. " Elle ramassa sa sucette, la débarrassa des brins d'herbes et la fourra dans sa bouche avant de continuer. " J'ai une idée, je vais te raccompagner jusqu'à Elament ! Et sur le chemin, on aura tout le temps de se laver et de trouver des trucs à manger, non ? "

Et il fallait bien qu'ils rentrent chez eux. Si Lysias était absent trop longtemps d'Elament, il serait encore plus suspect. Quant à Sappho, c'était l'inverse : plus elle s'éloignait du lieu du mini carnage, moins elle serait soupçonnée. Les enquêtes chez les démons, surtout de démons mineurs, n'étaient pas franchement creusées. Alors le mieux pour elle, c'était d'aller vers la Cité, et sur le chemin du retour, elle trouverait bien un élamentien à rapporter. Elle commença à avancer en direction d'un cours d'eau - du moins, elle en était presque sûre.

Mais une pensée l'obsédait.
J'ai trahi.
Je trahis.
Je trahirai.
Encore et encore.

Car je veux vivre.
Encore.


"Dis donc, maintenant que j'y pense, ça fait deux fois que je te sauve la vie... Quoique, j'aurais pu t'emmener chez moi aussi... Bref, comment tu comptes me rembourser ? "

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MessageLun 1 Mar 2010 - 9:49

-Je ne voulais pas me prendre la tête…, lâcha-t-il bêtement à mi-voix, au bout d’un moment.

Sappho, Chevalier démoniaque.
Quand Lysias était-il devenu si négligent. Oui, pourquoi ne s’était-il rendu compte de rien ? En même temps… s’il avait su, rien ne se serait passé. Il n’aurait pas fait le fanfaron non plus, en criaillant les troubles d’Elament en ce moment. Il se la serait bouclé oui ! Mais c’était Sappho. Sappho, la demi-portion qui passait son temps à lui pialler dessus. Rien de plus… rien de plus.


Je ne dirai rien. Tu ne diras rien…
-Pacte avec un démon-


Sans jamais savoir ce à quoi ce pacte engage. Sans savoir non plus, quelles conséquences pourraient en sortir. Là réside la force de frappe du destin. Dans un revers comme dans un autre. Lysias aimerait oublier.

-Je sens vraiment les ténèbres ? demanda-t-il pour la énième fois, suivant la gamine tout en s’inspectant les bras et les mains. –Bon d’accord, je pue le guerrier (le sang), mais les ténèbres, tu es sûre ?

Tout en marchant, l’oreille aux aguets, la perspective de penser à retourner en ville n’enchante guère Lysias. Oui, c’est vrai, s’il sent le camp adverse, on va le griller à coup sûr. Mince alors, mais il n’a rien fait de mal pourtant, c’est vrai. Bon, hormis le mensonge à inventer sur le moment, si on lui posait des questions, mais pour l’instant, il n’avait rien fait ! Enfin, exception près qu’il continuait à blablater avec l’Ennemi numéro un de la cité. Il trahissait encore.

Mais Sappho n’était pas son ennemi à lui.
Il n’avait pas envie de l’affronter, pour aucune finalité. Alors pour la gloire peut-être ? Le nymphe, incapable de se dépatir de ces questions à la chaîne, soupira bruyamment, à présent conscient d’une source d’eau toute proche. Finalement, l’eau n’était pas si loin que ça. Bweurk, l’eau…
Mettant de côté son appréhension, il scruta les alentours. Devant lui, trottinait encore la garce, entachée de sang, le même sang qui l’avait aussi scellé dans cette trahison. Oui, ils sont dans la même mouise, aussi opposés que leurs camps sont. Et cette vilaine impression qu’une paire d’yeux, celles de la Trahison le suit désormais, ne le quitte pas. Tais-toi Lysias. Quoiqu’il arrive, tais-toi.
Et parle, mais juste si tu veux mourir.

-J’en sais rien moi, ce serait ennuyeux si je prévois déjà de te sauver à l’avance, badina-t-il, pensif, approchant, écartant une feuille tropicale violacée. -et puis de toute façon, t’es plus puissante que moi. Alors comment tu veux que je te rembourse, espèce de machiavélique ! Quant à venir chez toi… dans les ténèbres ?

Lysias pile un moment, haussant des sourcils, une brindille d’herbe dans le bec. Il lève les yeux, observant ces oiseaux étranges faire leur vie plus haut, dans la cime des arbres, dans une insouciance libre.

-Chez toi pour mieux nous faire trucider ? Hm. Hors de question… c’est déjà assez éprouvant comme ça.

Hors de question, ils ont déjà assez trahi comme ça.
Où se trouvent donc les limites de la trahison… Et toujours ce sentiment d’avoir mal agi ; chut, Lysias. Il aimerait bien être totalement ignorant des fois. Et agir. Ils ne sont plus en sécurité, ni chez eux, ni chez le côté adverse. Il faut maintenant jouer en équilibre sur les deux, et Lysias a déjà l’impression de faillir à cette responsabilité. Mordillant un autre bâtonnet aux saveurs sucrée et acidulée, il avance.
Avance pour vivre.

Le chemin improvisé dans la forêt, s’élargit pour une lisière bordant un petit lac, qui semble calmement dormir entre les arbres. La nature est calme aujourd’hui, pour un beau temps qui serait encore plus appréciable sans cette végétation haute. Mais Lysias aime la forêt, aime la nature, aime la terre ferme.

-Et ho la minus, j’te ferai dire que je te vois plus au milieu de ces plantes ! Et puis tu n’avais qu’à pas me sauver la vie, zut ! finit-il par rétorquer.

Chose facile à dire, au moins.
Lysias est quand même très satisfait de ne pas y être passé. En y pensant, c’est vrai que la démone lui a écarté l’épée de Damoclès suspendue au dessus de sa tête, et ce par deux fois. Ça fait beaucoup, en une seule journée. Et quelle journée ! Il s’assied en tailleur devant là où commence à se creuser la terre de ce grand étang. Ciel qu’il n’aime pas l’eau. La dernière fois, avec l’autre garçonnet, de l’eau en est sorti des créatures étranges… à moins que ce ne soit de la terre. Lysias hausse des épaules, hésitant encore avant de se jeter dans l’eau. Finalement, il choisira une place assise sur le grand rocher poli, pour y réfléchir encore par deux fois et y tremper le bout des orteils.

-Et je me sens pas redevable ! crie-t-il les mains en coupe autour de la bouche, pour crier à qui veut l’entendre. Là bas, au lac, au vide, à lui-même. -Je suis redevable envers personne !

Personne, personne, sonne l’écho entre les troncs.
Tandis qu’il s’affale de tout son long sur le rocher, observant probablement pour la dernière fois, ses mains souillées. Lysias se demande si c’est l’odeur du sang qui est celle des ténèbres. Finalement, il croise ses bras derrière la tête. Il se ficherait de sentir le démon, si on le laissait rentrer tel quel.

-Hey, Sap’. J’en sais rien comment te rembourser moi, figure toi.

Là haut, le ciel libre le nargue.
Une liberté inatteignable à portée de main. Il ricane, puis cherche l’autre demi portion du regard.

-Bah... tu fais trois requêtes, et je choisis deux de tes trois caprices. A réaliser aujourd'hui ou pour plus tard… hasarde Lyly, avant de se redresser, renfrogné,-…que si j’ai envie.

Quelle balance équitable. Le vieux sage serait-il un brin égoïste ? Oui, oui.
Bah. Mais il mettra cette dette sur le compte de l’autre soir, là où il lui a écrabouillé de bras. Agacé, il finit par se forcer à glisser dans l’eau depuis son rocher. Dans une moue encore plus renfrognée, il sent déjà sa peau s’écailler.

-Et si t'es pas contente, et bien... tant pis pour toi! s'exclame l'égoïste finalement amusé, disparaissant momentanément dans l'eau.




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Sappho
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MessageLun 1 Mar 2010 - 20:42

" Crois-moi, quelqu'un ayant déjà rencontré un sorcier des ténèbres reconnaitrait cette odeur entre toutes ! Déjà que t'es plein de sang de démon... Bah, tu pourrais dire que tu les a tués mais... c'est pas crédible ! Ahahah"

Elle l'avait laissé perplexe face à son insouciance, et en même temps, elle devait faire face aussi, à sa propre inattention. Tous deux auraient dû réfléchir avant. Si elle ne l'avait pas revu depuis les Etuves, alors elle serait en train de faire la sieste. Mais à quoi bon tenter de remodeler le passé dans son imaginaire ? Tout cela restait de fait, imaginaire et purement pensée. Non, elle ne pouvait plus faire machine arrière, impossible de se rétracter. Elle ne pouvait pas le tuer maintenant. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais elle se disait à elle-même que, si elle l'achevait là, l'avoir sauvé deux fois auparavant aurait été inutile.

Techniquement, elle avait un ennemi dans le dos. Ce qui était la pire des situations possibles. Mais bizarrement, elle avait... confiance ? Jamais elle n'avait employé ce mot. Elle n'avait confiance, ni en Iblîs qui manigançait dans les Ombres, ni en Senector qui masquait toujours ses vrais desseins, ni en Khisath, car il était Roi. Non, personne, si elle voulait vivre, elle ne devait jamais placer sa confiance ailleurs qu'en elle-même. Mais là, si elle pouvait marcher comme ça sans craindre un coup poignard dans sa gorge, c'était bien qu'elle croyait en lui, non ? C'était presque contre sa nature. Elle l'écouta en ricanant, gaiement.


" C'est vrai que t'es plutôt faible dans ton genre ! Ah, pendant que j'y pense, je ne t'ai jamais vu utiliser ton élément, t'es du genre bloqué ? Et merci du compliment, c'est vrai que plus machiavélique, c'est difficile à trouver... "

Elle pouffa. Oui, car ce qu'il prenait pour une insulte, elle le voyait comme un compliment et vice-versa. C'était amusant de voir que ce n'était pas seulement leur clan ou leur race qui les opposaient, mais aussi leur nature, leur langage et leurs attitudes. Elle savait par exemple, que si tout les deux utilisaient leur magies respectives, ils ne pourraient pas se toucher sans se blesser. Même s'ils ne le voulaient pas, les ténèbres attaqueraient le pur, et l'élément attaquerait l'infecte. Encore une fois, elle ria, en s'arrêtant pour l'attendre un peu.

" Tu crois que j'habite dans les ténèbres ? Ah, même moi, je n'y survivrai pas je crois ! Non non, j'ai mes quartiers aux Enfers bien sûr, décorés par mes soins, avec ma salle personnelle de... euh laisse tomber. "

Elle allait dire salle de torture bien sûr, mais ça ne devait pas vraiment l'intéresser. Si elle avait failli en parler, c'était la faute à l'habitude de discuter avec des démons uniquement. Et elle continuait à avancer, dans les plantes et les branches, à travers la forêt. Elle savait que le lac n'était plus très loin maintenant. En même temps, elle essayait de repérer s'il y avait d'autres démons, mais heureusement, elle ne sentait rien, non strictement rien. Elle pensait qu'ils étaient encore trop loin pour que des élamentiens soient dans les parages. Oui, ça, c'était impossible. Et l'autre là, la courge derrière, qui se plaignait d'être en vie, non mais, on aura tout vu !

" Si tu veux, on peux arranger ça tout de suite aussi ! ... Non mais, et puis, t'as qu'à être plus petit toi, t'es trop grand. "

Voilà, ça c'était dit. Et voici le lac, scintillant dans les rayons de soleil matinaux. La pureté incarnée liquide. Elle leva un sourcil en voyant Lyly se posait devant l'eau, avant de s'installer sur un rocher. Elle en tout cas, elle aimait bien se baigner. Bon, d'habitude, elle avait un bain avec des savons, mais là, c'était un cas d'urgence. Elle entra dans la surface fraîche du lac sans trembler. Non pas qu'elle ne ressente plus le froid ou la chaleur, mais disons que son court voyage pour arriver ici l'avait habituée à ce genre de douche froide. En entrant, sa robe colla à sa peau, et elle aurait pu être nue que cela ne changerait rien -sauf pour la culotte éventuellement.

Elle commençait à retirer sa robe pour la laver quand elle entendit le cri de Lysias. D'un bloc, elle se retourna en en haussant les sourcils. Alors comme ça, lui non plus ne voulait dépendre de personne ? En y repensant, elle n'était pas si indépendante que ça : elle devait à Iblîs de lui avoir présenté Senector, et à ce dernier de l'avoir enseignée. Mais ils jouaient dans une autre catégorie qu'elle, leur pouvoir n'avait aucune commune mesure avec le sien. Elle laissa l'écho répondre à Lyly. Personne. Personne. On pensait toujours n'être redevable envers personne. Et pourtant, un jour dans sa vie, on avait une dette à payer. Pour un rien, pour un tout, pour un mort pour une vie.

Elle lui tourna le dos avec un sourire vague, retira sa robe blanche et commença à frotter les tâches de sang. Autour d'elle se formait une mare rouge. Ses omoplates étaient terriblement visibles et ressortaient comme jamais, de même que sa colonne. En fait, elle n'avait jamais été aussi maigre, et cela était dû à l'entrainement avec Senector. Apprendre à maitriser les ténèbres n'était pas une partie de plaisir tout le temps. De fait, elle paraissait plus squelettique que jamais, et on aurait pu croire à une enfant des rues, abandonnée. Elle n'avait pas fini son apprentissage, alors elle n'avait terminé d'endurer ses ténèbres. Mais elle était prête à cela. Elle ne laissait pas mourir non plus, cependant, elle suivait les directives de son maitre à la lettre. Enfin, elle essayait, et si elle était de bonne humeur seulement.

Elle l'entend réfléchir à un moyen de la rembourser... Elle disait ça à moitié pour plaisanter, mais apparemment, il le prenait plus sérieusement que prévu. Bah si ça lui faisait plaisir. Elle l'écoute, lui, son ricanement et sa proposition. Elle remit sa robe, mouillée mais désormais blanche -enfin, moins qu'avant mais pas rouge-, et le chercha du regard. il commençait à plonger dans l'eau, et elle, elle venait de penser à quelque chose. Une rumeur était à la mode en ce moment chez les démons : Khisath préparerait une offensive importante contre Elament, imparable ou elle-ne-savait-quoi. Rien n'était encore officiel. Mais on chuchotait qu'on avait trouvé un moyen d'entrer dans Elament... Il ne fallait pas croire toutes les rumeurs mais... Le Roi avait ordonné une réunion des démons les plus puissants il y a peu de temps... Était-ce un signe ? Elle ne pouvait pas ne pas dire quelque chose.


" Trois vœux... Trois vœux... Hé, tête d'haricot, où est-ce que tu es ? J'ai un truc important à dire là ! C'est assez vital... " Elle attendit qu'il ressorte, il ne pouvait pas respirer sous l'eau non plus ?! " Mon premier souhait est un peu particulier, alors écoutes bien, ok ? J'aimerais que tu me fasses une promesse. C'est ça mon souhait. La promesse de ne jamais transmette, dire, ou écrire ce que je te dirais si tu es d'accord. Voilà, ça c'est le premier."

En même temps, elle voulait et ne voulait pas qu'il accepte. S'il le faisait, elle lui parlerait de la rumeur, sinon, rien. D'un côté, elle s'enfonçait dans la traitrise, de l'autre, elle le menait peut-être à sa mort. Elle continua sur un ton plus guilleret.

" Hum, le deuxième c'est... de m'apporter toujours des bonbons d'Elament quand tu me verras ! Je me suis toujours demandé quel goût ils avaient... Et le troisième, c'est de... "elle réfléchit un instant. Elle aurait voulu souhaiter quelque chose puéril, comme ça, elle n'aurait rien de plus sur sa maigre conscience. Mais elle voulait autre chose... " ... en fait, je voulais savoir si... si tu avais l'intention de me revoir un jour... "

Comme elle se comportait bizarrement. Oui, la petite démone, la succube démoniaque, le Chevalier des Enfers seraient plus normaux à côté de son comportement actuel. Elle ressemblait à une enfant perdue.

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Lysias
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MessageMar 2 Mar 2010 - 0:06

…faiblesse, Faiblesse quand tu nous tiens.

-Je suis faible moi ? C’est parce que tu ne connais pas mes ressources insoupçonnées, hahAha, se targua Lysias, bombant le torse. –Pff, dis pas n’importe quoi, je me servirai de mon élément quand j’en aurai vraiment besoin… c'est-à-dire pas aujourd’hui ! Et puis sérieusement, à quoi ça me servirait d’étaler ça partout ? Les Elémentiens affichent fièrement leurs pouvoirs, mais je ne vois pas à quoi ça rime. A part mitrailler le démon, on s’en passe très bien !

C’est vrai quoi, les Elfes chez qui il avait grandi, ils se débrouillaient très bien sans élément à cultiver à leur basques. Alors pourquoi avait-il fallu qu’on lui détecte autre chose que le stricte nécessaire, et qu’on l’envoie péter à Elament ? Il n’avait jamais demandé son reste lui. M’enfin. Lysias aurait menti s’il avait prétendu avoir mordu l’ennui à pleine dent, en arrivant dans cette cité.
Tandis qu’il s’amuse à découvrir une gamine heureuse du compliment qui, à la base sortait d’une insulte moqueuse-, Lysias continue à traverser cette forêt riche et dense, se disant qu’il va devoir parler à l’envers pour être bien compris! Qu’est ce qu’il ne faut pas faire, hein. Et puis remarque, elle ne devait pas avoir tord celle là. Vivre dans les ténèbres devait être aussi difficile que vivre dans les airs.

-Tu rigoles ! Moi je suis parfaitement normal, et toi, tu es minus ! objecta Lysias, écartant les bras. -Ah mais dans ce cas, ne te gêne pas, tue moi, allez ! Allez !



...
Mais je t’en prie, ne parlons pas de nous entretuer, entre nous au moins.
Je ne voudrais pas mourir pour de vrai.



Revenant sur cette pensée, Lysias s’était tranquillement installé, alors l’autre minimini, était déjà partie se jeter dans l’eau. Enfin, jeter, pas avec tant d’élan que suppose le terme. Sans hésitation. Alors que lui, réfléchissais –ou songeait- à rendre les dettes qu’il s’était contractées quelques instant plus tôt.

-Bah... *tu fais trois requêtes, et je choisis deux de tes trois caprices,* est-il sur le point de dire, quand l’autre garce retire sa robe, comme ça. Il hausse des épaules et avise le ciel, finissant sa phrase. Comment une espèce aussi petite et maigrelette parvient à tirer autant de puissance ? C’est un mystère. Tout autant que son quotidien. Lysias se dit qu’il n’aimerait surement pas le savoir. Mais à cet instant, entourée d’une eau pourpre, c’est une enfant qui lui paraît plus frêle que jamais. Fragile et innocente, si ce bain de sang ne suivait pas ses mouvements, avant de s’estomper lentement au gré des remous du lac. Et pour échapper à cette vue contradictoire, le nymphe finit par plonger dans l’eau, pour arriver une brassée plus loin. Lui aussi a laissé échapper du sang d’un étranger, bien que moindre.

-

L’eau est ni très claire, ni très sombre, mais Lysias a l’impression d’y voir clair, sous la surface. Assez clair, du moins, pas comme l’aveugle qu’il est dans un paysage nocturne. Il n’aime pas se sentir à l’aise dans l’eau, et il ne s’y sent pas tellement bien non plus. Pourtant, il étend la distance dans un dernier mouvement étrangement fluide. Quand il revient à la surface, ses membres se sont déjà entièrement recouverts d’une écaille orangée. Il n’aime pas ça non plus. Parce que si cette écaille est là depuis toujours aux abords de l’eau, Lysias, lui, ne sait toujours pas qui il est. Et ça le dérange. La voix de Sappho le tire de cette réalité encombrante.

-Quoi ? Bon sang, forcément, si tu parles pendant que je suis dans l’eau… grommelle le nymphe, se rapprochant. –Hein, une promesse ? Mais pourquoi faire !

Il avait adopté un ton plaintif.
Et si j’ai pas envie ?, allait-il même se prendre le loisir de rajouter, avant de finalement, l’écouter. Repoussant ses cheveux pourpres venus lui coller au visage, le nymphe resta attentif, tout en s’affairant. S’examinant pas la même occasion, les différentes griffures occasionnées par les branches, dans la course poursuite avec Lui.

-Et tu es drôle toi, comment veux tu que je me taise sans me dire de quoi il s’agit avant… tu fais exprès de me narguer, lui reprocha Lysias en se frottant derrière le coude, mine préoccupée.

L’adolescent ne relèvera la tête que lorsqu’elle lui quémande des bonbons pour les prochaines fois.
Les prochaines.
Ainsi, les incertitudes du nymphe se forgent. Il a cette vague impression que le sang de la trahison menace désormais ses rencontres avec le minimini. Une étrange sensation de dernière fois, qui ne le quitte pas. Se reverront-ils ? Le pourront-ils seulement. Il croise le regard de la démone, dans un questionnement silencieux. La troisième requête de Sappho… est elle une simple question ou un vœu ?

-…

Puis il hausse des épaules, scrutant un moment l’être non loin de lui.

-Je sais pas. J’en sais rien, finit-il par dire. -J’ai l’impression que la prochaine fois qu’on se verra, ce sera en ennemi, peut-être à notre insu, peut être de notre propre gré. Et ça, j’ai même pas envie d’y penser. Je n’aimerais pas te croiser en tant qu’adversaire, après… après aujourd’hui, après maintenant. Après ce que tu vas me raconter, et après tout ce que tu veux.

La succube parle comme si les élémentiens allaient l’empêcher se sortir de ville. Lysias n’aime pas cette lourdeur qui soudain pèse l’ambiance. Pourtant, il ne fait rien non plus pour s’en débarrasser, ricaner et passer du coq à l’âne, comme ce qu’il fait d’ordinaire. Parce que tôt ou tard, il y sera de nouveau confronté. A faire un choix.
L’adolescent a beau se dire que ses ennemis sont seuls ceux qui nuisent à son train train routinier, il semble déjà qu’il en ait bien plus que ce qu’il ne soupçonne lui-même.

-J’ai l’impression que si on se revoit, ce sera parce qu’on on aura failli à nos promesses. Ou même en tentant de ne rien révéler.

Il y a trop d’enjeux qui se dessinent.
Surement trop pour être portés par de simples épaules. Lysias a toujours grandi en égoïste, c’est un trait qu’on ne lui change pas.

-Alors si c’est pour ça, je préfèrerais ne plus jamais te croiser, ni même t’apercevoir, Sappho.

Elle ressemble à une enfant égarée.
Enfant égarée à qui l’élémentien tend le bras. Au fond, ils ne sont que deux mômes sans attaches. Sans père, sans mère à leur connaissance actuelle. Livrés à la vie, livrés à une bataille vieille comme le Temps.

-Mais on n’en est pas encore là. Tant qu’on vit, on peut bien se revoir, se revoir et aviser.

Après tout c’est tout ce qu’on sait faire : vivre pour vivre jusqu’au possible.
Oui, le nymphe vit pour vivre, et non pour mourir.

-Tant que personne ne sait, on ne fait rien de mal, ni à mon clan, ni à ton clan. Je crois.

Et puis je te ramènerai des bonbons de la ville.
J’essayerai. Mais tant que je ne l’ai pas fais, je ne te dirai rien de tout ça.

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Sappho
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MessageMar 2 Mar 2010 - 21:55

Sers toi de ton élément quand tu en as besoin. Est-ce que ça veut dire, en face d'un démon ? A quoi d'autre peut bien servir ce genre de pouvoir, sinon à se défendre ? Tue-moi qu'il disait ! Oui, remédions à ce problème épineux, et pour cela, il n'y avait qu'une seule solution : que l'un des deux meurt. Mais aucune des deux ne le voulait, mourir ou tuer. Alors elle essaya d'en rire, nerveusement, distraitement, elle essaya de lever les yeux au ciel dans un signe trompeur.

Au lac, une fois dans l'eau, elle attendit que Lyly remonte à la surface pour lui parler. Et sa réaction fut prévisible, un peu drôle et burlesque. Elle ne put s'empêcher de sourire à moitié en observant sa peau écaillée. Elle n'avait pas remarqué le phénomène la dernière fois. Mais elle aurait peut-être dû s'arrêter à son premier souhait. Car elle se rendit compte trop tard de ce que le reste impliquait comme choix. Trahir encore et pour toujours sa race ou son clan. Elle savait ce sujet inévitable, et pourtant, elle aurait préféré ne pas en parler. Le revoir. Pour un temps, stopper la guerre. Pour un temps, vivre seulement avec lui. Elle écouta ce qu'il disait, et retint encore ses larmes toutes fraiches. Non, elle ne pleurerait pas encore.

Mais elle aurait voulu se boucher les oreilles pour ne rien entendre. Car ce qu'il disait était le cruel destin. Avec un peu de logique, il était évident que les démons préparait un assaut, et les rumeurs sur l'état d'Elament laissait présager une victoire pour les démons, même si rien n'était encore joué. Et s'il était sur la défense de la Cité ? Elle ferait quoi, elle, en première ligne ? Il fallait qu'elle le dise. Quand il souleva l'éventualité de ne plus la revoir, elle n'en pouvait plus. Sans prévenir, elle s'élança et enlaça Lysias de ses bras frêles et mouillés. Elle sentait la peau écailleuse, elle sentait sa respiration, et son cœur battre. Et comme une enfant égoïste, elle ne voulait pas le lâcher.


"Tu me laisses pas... On est pas ennemis, hein ? Y'a pas de raison... Je veux pas. "

Elle se comportait comme une enfant, alors qu'elle avait quinze ans, presque seize en équivalent humanoïde. Elle grandissait et mûrissait, certes, mais parfois, elle ne pouvait pas s'empêcher de retrouver cet air insouciant, pour un temps. Et elle qui, il n'y a pas si longtemps affirmait vivre pour tuer, vivre pour mourir ! Oui, elle était folle, assez pour tuer et torturer de sang-froid, assez pour n'avoir ni pitié ni compassion. Assez aussi, pour se lier à un "ennemi" héréditaire. Elle avait peut-être franchi un pas de plus dans la folie. Peut-être un pas de plus vers sa mort aussi. Elle ne savait pas et ne voulait pas savoir. Trop de questions sans réponses, trop d'affirmations excentriques.

Non, ils ne faisaient rien de mal. Alors pourquoi ce sentiment au creux de son ventre ? Ce vide et cette boule dans sa gorge ? Elle sentait le goût âpre de la trahison dans sa bouche et elle imaginait même un scénario où même son statut et son grade ne pourraient la sauver : si on les espionnait plusieurs fois d'affilée, il n'y aurait aucune échappatoire. Elle pouvait parfaitement imager la suite. On la jetterait au cachot, on la battrait et la torturerait pour savoir ce qu'elle aurait appris. On l'empêcherait de se nourrir, on la réduirait à l'état de larve insignifiante. Finalement, ils la brûleraient ou bien l'ébouillanteraient pour en finir. Et elle n'aurait rien dit. Pour une promesse, une malheureuse promesse. Elle ne croyait pas aux promesses.

Sappho, sans le lâcher, releva la tête pour regarder Lysias. Elle s'apprêtait à faire du mal à son clan. Mais alors vraiment. Elle ne savait pas si ce serait utile ou non, s'il en ferait quelque chose ou pas. Mais elle devait le dire quand même.


" Lyly... C'est peut-être plus qu'une rumeur, je ne sais pas vraiment, mais, il y a de fortes chances pour que ce soit vrai : mon Roi prépare une offensive majeure contre la Cité. Apparemment, on aurait trouvé un moyen d'y entrer... directement. Tu comprends ce que ça veut dire ? Et d'après ce que j'ai cru comprendre, Elament n'est pas au mieux de sa forme... "

Ces yeux étaient ceux d'un chien battu, aux abois. Elle savait ce que cela impliquait : il y avait toujours une probabilité pour que les démons l'emportent. Et cela signifierait que les élamentiens seraient réduits en esclavage, ou s'enfuiraient... Que valait-il mieux pour Lysias ? Qu'il reste à Elament en espérant que Sappho le retrouve et le couvre ? Ou qu'il s'enfuie ? Dans le dernier cas, les chances de se rencontrer à nouveau seraient infinitésimales. En outre, l'extérieur de la Cité ne sera pas plus sûr qu'avant : les démons quadrilleraient tout les alentours pour retrouver les fuyards.

Mais à quoi pensait-elle ? Elle voulait encore le sauver ? En s'occupant du tri des esclaves et en dirigeant des patrouilles ? Mais qu'imaginait-elle ? Dans son monde à elle, elle pouvait avoir tout ce qu'elle voulait. Elle voulait rester avec Lysias, alors pourquoi ne le pourrait-elle pas ? Impossible. Et pourtant, ça, elle le voulait plus que tout ce qu'elle avait souhaité avant : les jouets, les incubes d'un soir, les missions. Tout, elle choisissait tout. Alors, pourquoi ? Et si elle voulait vraiment rester avec lui, il faudrait que, pour un temps, pour un temps suspendu, pour un temps à deux, elle vive pour vivre. Elle qui avait toujours vécu dans la mort et le carnage. Rien en changerait sa nature, mais elle pouvait la masquer au moins. Et lui, pourrait-il accepter un jour de la voir telle qu'elle était ? Pleine du sang de ses victimes, toujours entourée de cris et de plaintes ? Pas sûr.


" Tu sais quoi ? Moi, on m'a toujours appris à vivre pour tuer, à vivre pour mourir. Mais malgré ça, je veux te revoir. Même si les circonstances étaient différentes, je veux te retrouver. Mais toi, est-ce que tu pourrais me regarder en face si je participe à l'attaque d'Elament ? Si je massacre ces gens, même si ce sont des inconnus pour toi ? "

Et elle ne lâchait pas prise. Comme si elle avait peur qu'il s'envole, qu'il disparaisse, qu'il s'évanouisse. Ils étaient là, dans ce lac pur, une démone et un nymphe qui voulaient échapper au temps, même pendant un instant.

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MessageSam 13 Mar 2010 - 12:02

Pf ! Ennemi ? Tant qu’on me laisse vivre, vivre comme j’ai envie, je n’ai pas d’ennemi.


A quoi bon s’obstiner à faire perdurer cette rancœur qui remonte à des siècles lumières.

Lysias touche à sa vingtaine. En langage humain, on dit qu’il a vingt ans. Enfin, c’est peut-être un âge donné à la louche ; mais que ce soit 17, 18 ou 19 exactement, quelle importance ? Le temps n’a pas le même impact chez toutes les espèces. La seule chose qu’on peut dire, que Lysias est un nymphe qui se comporte encore en un gamin irréfléchi, et aujourd’hui, il aimerait réellement être ce garnement insouciant, pour échapper à la responsabilité qui vient naturellement avec l’âge. Lysias ne devrait pas être là. Il ne devrait pas non plus rester ici. Pourtant, il est, et il reste.

Pourquoi…

Tant de question pour si peu de réponses.
Est-il en train de détruire la raison pour laquelle tant d’individus se battent jusqu’à la mort ? Se jetant avec tant d’aisance dans la gueule du loup… c’est insensé. Tout autant qu’il rattrape et accueille dans ses bras, une enfant, une démone, qui le supplie de ne pas être son ennemi. Ou est le paradoxe, ou est la contradiction, le discernement en est difficile, mais tels sont les faits. Des faits qui aboutissent inexorablement, à une histoire.

Au final, nous sommes de faux ennemis.

Mais nous sommes ennemis quand même.

-On peut faire semblant de l’être, répond-il scrutant Sappho, tentant d’y assimiler les pupilles dilatées et démoniaques de quelques heures plus tôt. -Juste semblant…

Et au camp… pourraient-ils faire semblant ? Pourraient-ils faire semblant de se battre ? Absurdité, quand tu nous tiens.
Posant la tête sur l’épaule de la succube, Lysias fixe la forêt, pensif.

-Il va y avoir une autre guerre alors… finit-il par lâcher, d’une voix atone.

La guerre, elle fait des morts, elle blesse et elle laisse des plaies qui jamais ne se referment. On dit qu’elle change ceux qui la vivent, et Elament n’est pas prête à en subir une autre. La guerre est mot qui donne matière à frissonner. Et elle est d’autant plus parlante pour ceux qui l’ont déjà vécue. Lys’, lui, appartient au groupe des bienheureux qui jusqu’à présent, ne l’ont pas connue. Etrangement, l’avant-goût d’une cruauté s’annonce, et se confirme à la parole de la succube. Lysias ne sait qu’en penser.

Leur échange de regard en dit long sur tout ce qu’une offensive démoniaque envers la cité, implique.

-…Mais on peut pas gagner éternellement.

Comme c’est simple, comme c’est facile, et comme c’est cruel à dire.
Chacun pour sa peau et que le meilleur gagne : une phrase égoïste au possible, mais qui au final ne s’avère pas si fausse que ça.

- On verra ce qui se passe en temps voulu… je verrai, et j’aviserai.

Et puis sur ces dernières paroles, Lysias serait parti se connaissant. Parti vaquer à ses affaires, attendant que sonne le glas. Mais un petit-être s’accroche encore à lui, et rend la tournure de page vraiment difficile. Et, s’envoler, disparaître, et s’évanouir, il ne le pourra pas. Sappho a un air malheureux que Lysias ne lui a jamais vu jusqu’à là.

-Prends pas cet air, là, tu vas me rendre triste, et j’aimerais pas, déclare-t-il enfin en tapotant maladroitement le dos du minimini. -et puis de toute façon, on se reverra bien un jour ou l’autre. En attendant, vis, c’est tout.

Vis pour vivre.
Fais ce qui a à faire, et je ferai du même de mon côté.

Et si, et si, et si.
Et si Sappho faisait partie des massacres les plus inimaginables ? Et si elle ressortait sa faux pour trancher et tailler tous les adversaires sur son passage ? Et si un jour, Lysias y passait aussi ?
Toutes les solutions sont à envisager, mais le nymphe n’y croit pas.
C’est étrange, cette demi-portion lui fait penser à Selectys et Thanis. Le souvenir d’un trio enfermé dans le passé. Une amitié passée à se lancer des défis possibles et imaginables. Mais ça fait longtemps que le nymphe a décidé de passer au travers. Les liens sont difficiles à défaire, et Lysias se targue de ne pas en avoir. Il ne connait pas ses géniteurs, il ne reconnait plus ses proches, connaissances, professeurs, et toute la sphère protectrice d’Elament. Alors pourquoi devrait-il risquer sa vie à côtoyer un être, susceptible d’attenter à sa vie ? Cette foultitude de questions insupporte un nymphe sans attache, et il resserre son étreinte autour de ce corps frêle.

-Et puis ça me dérangerai d’apprendre que tu n’es plus là.


Que va-t-on faire.

Un air lugubre se lève et gémit à ses oreilles, dans un chuchotement qui n’annonce rien de bon. C’est un murmure lointain, qui résonne sinueusement dans sa tête, tel un appel.


Dis Sappho, pourquoi tu as encore trahi ton clan.


-Est-ce que tu le sais, dans combien de temps éclatera la première offensive ?

Sais-tu seulement, combien de temps il reste à notre trahison.


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MessageSam 13 Mar 2010 - 22:27

"Semblant ? ... Comment feras-tu semblant quand tu te retrouveras à protéger Elament ? Il faudra bien que..."

Toi comme moi fassions un choix.
Elle aurait aimé dire ça. Mais les mots restèrent coincés au fond de sa gorge. Imprononçables. Indésirables. Et elle sentit sa tête sur son épaule, et une culpabilité plus forte encore la rongeait. Elle espérait ne pas avoir à dire ça, qu'il comprendrait ce qu'elle pensait. Et ce poids sur son épaule, était-ce lui ou bien sa trahison ? Sappho ne savait plus. Qu'allait-il se passer alors ? Si elle ne voulait pas le tuer, ni le laisser, et que lui refusait de l'abandonner, alors... quoi ? En Lysias, elle trouvait quelque chose de plus, peut-être son reflet ou bien un simulacre d'elle-même. Cette insouciance, cette égoïsme de prime abord, ... Ils étaient pareils. Similaires. Semblables. Si leurs camps ne s'affrontaient pas, sans doute que tout serait différent. Elle sentait qu'ils se répondaient mutuellement, presque sans parler. Et elle ressentit sa quasi-détresse. Elle entendit ce constat que jamais un élamentien ne prononcerait : on ne pouvait pas toujours gagner. Et pourtant, les élémentalistes en étaient convaincus.

Est-ce-qu'il essaie de la rassurer ? De se rassurer ? "J'aviserai"... Qu'est-ce-que ça signifiait ça ? Il n'y avait pas trente-six possibilités pourtant. Ne comprenait-il pas ce que Sappho voulait dire ? Et encore, il lui dit de vivre. Et il veut l'amuser ou détendre l'atmosphère. Il cherche quelque chose pour... l'apaiser. Mais elle, la succube, l'infâme, s'inquiète. Pour lui. Elle angoisse, car elle sait que si massacre il y a, elle en sera, et que lui sera dedans. Et s'il s'enfuit ? Et s'il reste ? Et pourquoi elle se posait toutes ces questions ? En bonne démone égocentrique, elle ne devrait s'inquiéter que pour sa petite personne. Mais non, elle se souciait de lui, et posait un regard inquiet sur lui. Dans un tentative vaine de lui répondre, elle tenta un vague sourire, mi triste mi rassurant.


" Tu me promets qu'on se reverra alors ? "

L'enfant n'en est plus une. Elle a trouvé Lysias, ou lui l'a trouvée, et depuis, inexorablement, tout les deux, ils sont entrés dans un conflit millénaire. Héréditaire. Ils devraient se haïr. Se détester. S'entretuer. Mais non, et à la place, ils n'étaient pas loin de l'amour, dans ce que l'on appelait l'amitié profonde et sincère, indestructible selon certains, fragiles selon d'autres. Une complicité de grands enfants semblables, qu'une guerre proche faisait mûrir en relation adulte.

Et la jeune fille sent une réponse à son étreinte, elle sent que lui la resserre. Lui aussi, il s'accroche, il cherche un appui, ailleurs que dans cette opposition futile et pourtant vitale. Il parle encore. Encore, elle aimerait dire merci. Mais elle ne sait pas comment le dire. Elle veut le faire. Elle baisse la tête et plaque son front mouillée contre lui. Presque un murmure inaudible, cependant, elle sait qu'il l'entendra.


" Merci, Lyly. "

Encore, il lui demande de trahir. Mais comment mesure-t-on une trahison ? Y a-t-il un seuil à ne pas dépasser ? Une limite ? Que pouvait-elle ou ne pouvait-elle pas dire ? Avant, elle n'y avait jamais pensé. Maintenant, elle s'en fiche. Elle lui dirait tout. Tout ce qu'elle savait du moins. Relevant la tête, elle le fixa de ses grands yeux expressifs, pleins de volonté.

" Des réunions entre les conseillers et le Roi ont déjà eu lieu. On raconte que l'offensive est pour bientôt... En fait, les Chevaliers sont convoqués pas le Haut-Roi la nuit de la demi lune... C'est sûrement pour l'annonce officielle. Je crois. Et sa Majesté n'est pas réputée pour sa patience : il est, comment dire ? très... chaud pour lancer une attaque rapide. " Elle avait souris, un peu plus gaie que tout à l'heure, de sa petite blague. " Donc c'est certainement pour très bientôt... "

Elle imagina cette victoire. Les combattants élémentaires vaincus, les habitants asservis, les fuyards pourchassés. Tout les jours, il y aurait des exécutions. Elle pourrait se prélasser en compagnie d'incubes et d'esclaves autant qu'elle le souhaitait. Une belle vie pour elle. Mais... et lui ? Esclave ? Résistant ? Mort au combat ? Dans tout les cas, ce ne serait qu'un cauchemar interminable pour ce nymphe. Une vie misérable, emplie de peur et de mort. Et elle ne pourrait rien faire. C'était si frustrant. Elle n'avait aucune influence là-dessus, elle ne pouvait pas savoir comment ça allait se passer, et même si elle le savait, ce serait trop tard. Elle ne le retrouverait pas. Jamais. Alors peut-être que cette promesse ne pourrait jamais être tenue. Sauf en mourant. Bien sûr, où qu'ils aillent ils... Non, Sappho savait qu'elle était trop proche des ténèbres : en décédant, elle offrirait son corps et son âme à la magie qu'elle utilisait de son vivant. Elle disparaitrait dans le noir, sans trace, sans personne pour la pleurer...

Vraiment personne ? Et lui, est-ce-qu'il s'inquiéterait pour elle s'ils ne se revoyaient pas ?


" Si... Si guerre il y a, alors, je te chercherai. "

Pas besoin de rajouter : je le promets. Il y avait tellement de promesse dans sa voix, que c'était presque explicite. Tellement d'ardeur, de confiance, d'intensité, qu'elle s'étonna elle-même de son ton. Elle secoua sa tête, dégageant ses cheveux de son visage et le regarda, non plus avec un air inquiet, mais avec une mine décidée, prête à chercher un Lysias dans toute une Cité. Et à le trouver.

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Lysias
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MessageJeu 18 Mar 2010 - 0:19

Etrangement, Lysias se sent fautif.
L’impression bizarre d’avoir fait un faux pas. La détresse n’est pas encore là, mais elle ne saurait tarder, lorsque la situation dégénérerait. Les questions que Sappho pose, ont le mérite de le rendre mal à l’aise. Ça le déstabilise, parce qu’il ne sait pas. Il ne sait pas ce qu’il va arriver. Enfin, il s’en doute, sans vraiment le savoir. Ça pue les conflits à plein nez... dans quelques jours, dans quelques semaines. Une lunaison entière n’aura peut-être pas le temps de passer. Ce que Lysias redoute, c’est d’être pris à son mensonge. Ce que cette vérité détournée va engendrer ou non, sur son sillage.

-Je sais pas quand, mais on se reverra. Probablement.

Le nymphe hausse des épaules, et scrute un point, loin derrière. Un détail qui probablement n’existe pas, et qu’il fixe sans voir.

-Arrêtons les promesses… elles font carrément flipper, alors qu’on n’y est pas encore.

Un égoïste ne se répand pas en promesses et Lysias n’en fait que très peu. Trop peu.
Si bien que se retrouver en face de toutes ces promesses informulées nourrit cette appréhension restée jusqu’à là, totalement ignorée. Pour la première fois, c’est une guerre dont il va se sentir concerné, lui, son entourage, Elament et tout ce qui gravite autour. Une bataille qui va l’impliquer encore plus que ce qu’il ne le croit à présent. Sappho dit que l’offensive ne saurait tarder. Et lorsqu’elle le remercie, Lysias, déconcerté, la toise d’un air interrogateur, avant de se taire un moment. Puis, ne tenant plus en place, il se lève déjà, essorant ses vêtements alourdis par l’eau, avant de ricaner, sarcastique. A la Lysias.

-Tu vas me chercher ? demande-t-il, espiègle, -héhé… parmi les cadavres ?

Affairé à triturer les tissus pour chasser l’eau, il éclate de rire.
C’est que le ce regard intense de la demi portion le dérange, d’une façon ou d’une autre. Comme ses questions. Il ne soutient pas davantage cet air expressif. Il ne peut pas. Ou bien il est convaincu qu’il ne sait pas.
Alors il se détourne, et lui lance un regard narquois.

-Je suis plein de ressources, j’effraye les Lui, je pactise avec le démon, et je suis un élémentaliste. Tu t’inquièterais pour moi ? …Toi ? Haha ! J’ai pas besoin qu’on s’inquiète pour moi.

Je le fais déjà pour moi.
C’est déjà suffisant.

-Je m’en sors très bien tout seul.

Et ça a toujours été comme ça.
Alors inquiète-toi pour toi.
La vie de Lysias ne tient que sur un quota de chances.

-Si tu me cherches, ça va se savoir. Tout ce qu’on ne doit pas dire, tout ce qu’on a dépassé.

Et alors tu seras bien plus dans le pétrin que moi.
Tu vois ? Inquiète-toi pour toi.

-Et maintenant, je ne veux pas en savoir plus. J’en sais déjà trop.

Lysias finit par s’étirer de tout son long, et se perche un moment sur le même rocher que tout à l’heure. Il se sent encore libre et aime palper cette liberté qui semble filer sous son nez à mesure du temps. Pas un vent, pas une brise ne se faufile dans ce havre de paix. C’est calme, et le nymphe savoure cet instant, observant d’un œil dubitatif, ses écailles qui déjà, disparaissent. Se disant qu’il ne pourrait jamais vivre sans ces moments comme tel.
Mais le jamais n’existe pas.

-Et puis me remercie pas, fait-il d’un ton bourru, -J’ai l’impression de t’avoir rendu un service et j’aime pas ça. Pf ! Je te rappelle, c’est moi qui ai une dette envers toi, grimace-t-il, avant d’enchaîner, presque agacé, –et à t’entendre, on dirait vraiment qu’il va m’arriver quelque chose !

Déjà, le voilà qui saute de son petit perchoir, pour se diriger vers la forêt.
Pour échapper à cette guerre, il suffit de rester en dehors d’Elament, et ses environnements. Rester en dehors de l’histoire de la ville, et ne pas y prendre part, un peu comme l’autre elfe de Tyrol. Pourtant, en retournant à la cité, Lysias sait qu’il s’enfonce à même, dans les prémisses d’une guerre sans merci.

-A l’heure voulue, fais juste ce que tu as à faire.

-

S’amuser à se perdre, c’est peut-être drôle, mais alors retrouver son chemin et aller vers la cité, c’est de suite une partie de déplaisir. La route semble effectivement longue et parsemée d’embuche, -si étant donné qu’on puisse parler de « route » au milieu de cette forêt hostile, où la végétation empêche une démarche assurée et régulière. Même Lysias qui aime la nature et la terre, se retrouve à sautiller entre les rochers, se baisser ou contourner les branches basses, et ce grignotant le long de la journée, sans que cette forêt semble prendre fin. En même temps, voilà quelques jours qu’il marche pour s’évertuer hors de la cité, et son coup semble absolument réussi. Et, malgré son sens d’orientation plus ou moins mitigé, le nymphe aurait simplement été incapable de reconnaitre les lieux. Quelque part, une succube est là pour lui indiquer le chemin.

-
Et si tu n’es plus, comment le saurais-je ?


[Une semaine plus tard]
Des bruits courent, toujours plus touffus, toujours plus éparses.
Lysias ne sait qu’en penser. Les ruelles d’Elament sont lourdes, lourdes d’atmosphère, lourdes de ragots qui se racontent. Les élèves ne démontrent plus le même dynamisme qu’on a l’habitude de leur déceler, l’ambiance de la jeunesse fraiche et enjouée n’est plus. C’est terne, horriblement terne.

Il se passe des choses, mais Lysias ne sait quoi.
Enfin… si, il sait. Mais il n’est pas censé. Est-ce lui qui devient paranoïaque, à s’imaginer cette ambiance ? Il ne le pense pas. Certains se tuent dans des entraînements, pour acquérir plus de puissance. Comme toujours. Nul ne sait encore, quand la foudre va frapper. Nul n’est censé le savoir. Alors on attend. On se prépare au mieux. Et cette perspective met Lysias mal à l’aise. Le nymphe ne s’est jamais senti aussi étranger chez lui. Il aurait bien aimé en parler avec quelqu’un, ne serait-ce que pour en échanger les opinions. A un professeur. A un habitant. A un ami. N’importe qui. Mais que vaut les soucis d’un nymphe excentrique et casse-pied face à tant de préoccupations primordiales. En bon égoïste, l’adolescent aurait œuvré pour qu’il passe prioritaire avant tout. Mais… il a juré de ne pas le faire. Poids d’une promesse, poids de la trahison, il a pensé à l’autre demi portion. Alors de nouveau, il est sorti de la ville. Il est sorti avant-hier, hier et aujourd’hui encore.

Et à chaque coin de hors de la ville où il s’est rendu, il a déposé un petit paquet de bonbon. Sa première parole a-t-elle été honorée ? La démone n’a pas précisé qu’il fallait qu’il les lui donne en main propre. Mais Lysias aimerait bien les lui offrir en face à face. Ne serait-ce pour voir si la minimini est encore là…

-
Pour ne pas avoir fait exprès…

[J-2 avant la demi-lune décroissante]
Mais quelque part en lui, Lysias est quelque part rassuré de ne pas voir Sappho dans les parages : ce n’est bon ni pour aucun d’entre eux. Malgré tout, le nymphe profite encore de ses dernières escapades pour échapper à cette confusion générale qui règne en ce moment. Confusion, pression, rumeurs. Ce n’est pas un quotidien bien amusant. Depuis quand, Elament n’est plus apte à surveiller et préserver la future génération, les élèves qui font la vie de la cité ? On ne sait plus. On ne se pose plus la question.

Lysias est sorti frauduleusement. Il fait nuit, mais rester enfermé ne lui va plus. Il sait que c’est insouciant, que c’est dangereux, mais le fait quand même. Il n’aurait pas dû.

Le nymphe se trouve au bord de l’eau lorsqu’elle arrive. Une démone.
Elle empeste les enfers à plein nez, des enfers comme Lysias n’en a jamais fait face. Elle empeste la mort, le sang de la douleur et de la souffrance. Elle empeste les maux. L’odeur est telle qu’il se retourne avant qu’elle ne se jette brutalement sur lui. Vêtue de haillon, couverte du sang dont le nymphe ignore s’il lui appartient ou pas. Trop surprit, il ne réagit pas et se laisse tomber au sol, par la violence de l’impact. L’affront aura été tellement rapide… Lysias maudit sa faiblesse, alors que son élément se met soudain à hurler en lui. Il ne sait pas si ceux qui sont à l’extérieur l’entendent, mais lui, le sent bien présent. Il se débat, de sa force physique, de ses bras frêles de nymphes, contre la puissance d’une démone déchaînée. Elle a les oreilles pointues, l’une d’elle qui porte la boucle d’un peuple en particulier. La boucle lui à la lumière de la lune, et elle appartient aux Elfes Aquatiques. Il fait nuit, mais le feu de camp que Lysias a allumé illumine brièvement ses traits. Des traits familiers mais tellement déformés…

-…Thanis ! Thanis !

Déformée par le temps, déformée par les ténèbres, déformée par la haine.
L’elfe qui s’apprêtait à lui arracher un morceau du coup, le griffe en se redressant soudain, comme appelée par une voix lointaine. Elle fait un bond en arrière et observe Lysias en train de se relever.

Thanis lui balance un orbe noir, que Lysias esquive en sautant sur le côté. Mais l’orbe noir le suit, dans sa trajectoire, et le frappe en pleine poitrine alors qu’il tente d’exécuter un déplacement rapide comme enseigné en cours. C’est un mécanisme qui ne vient pas, qui ne se déclenche pas, et alors que son air s’affole et hurle comme jamais, Lysias sent l’explosion dans son corps et tombe au sol, près de la rive. La démone bondit et lui arrache un bout de peau entre ses dents étrangement aiguisées.

Des confiseries s’échappent d’une de poches du nymphe. Elles sont couvertes de sang.
Des sucreries innocentes qui finiront piétinés par une elfe devenue démoniaque, qui se charge de balancer le corps du nymphe dans l’eau limpide du soir.

-
A l’aube des ténèbres
[suite + Nuit, mère des ténèbres +]

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MessageJeu 18 Mar 2010 - 20:23

Bizarrement, ses promesses la rassurent. Pour autant, ce ne sont que des promesses. Des mots, des phrases lancées au milieu d'une mare. Rien de solide, pas de contrat, ni d'ordre. Rien que des sons. Mais elle y croit, un peu, pour une fois. Elle ne se fiait pas vraiment aux paroles, seuls comptaient les actes en théorie. Mais là... De simples mots, un simple échange, devint soudain plus lumineux et clair que n'importe quelle action. Mais trop de promesses, tant de choses qu'elle vient de dire et qu'elle n'aurait pas dû dire, voilà qu'elle ne peut qu'acquiescer, et regarder Lysias sortir de l'eau. Oui, ça fait flipper, oui, tout peut encore arriver, mais non, Sappho n'est pas prête de le lâcher pour autant. Cependant, elle le laisse dire. Cependant, elle se prend au jeu de rire avec lui, sur les sujets les moins drôles de l'existence.

" Ah ça... C'est bien parmi les cadavres que j'ai le plus de chance de te retrouver ! A part moi, aucun démon ne te supporterait ! "

Elle aussi, elle rigole, moqueuse. Elle sort de l'eau à son tour, et essore sa robe rosâtre. Marrant tout de même, la coloration sanguine... Et encore, ils s'amusent. Peut-être une dernière fois, peut-être pas. Qu'importe, ils rient.

" Rectification : tu te fais courser par Lui pendant une demi-journée, un démon te sauve la peau deux fois, et bonjour l'élémentaliste qui n'utilise jamais son pouvoir ! Alors ouais, pas besoin de s'inquiéter, ah !"

Son sourire coupe son visage en deux, et ses petites dents pointues mordent l'air tandis qu'elle s'esclaffe. Après tout, c'est un grand garçon, non ? Il peut bien s'occuper de lui-même tout seul. Oui, peut-être. Mais pour la succube, il lui parait et bien, comment dire ? en danger.

" Très bien alors... Je chercherai juste un nymphe. "

Il en sait trop, mais elle, elle en sait plus. Il a une approximation, à lui maintenant de choisir. Elle n'y peut plus rien. Elle ne peut rien faire d'autre. Cette impuissance face à ce futur passait en boucle dans sa tête. Elle n'était pas une Conseillère ou une proche du Roi, et lui, il n'était ni professeur ni quoi que ce soit de la sorte. En fait, ils n'étaient que des pions sur le grand échiquier de la guerre. Elle un soldat, lui un soldat. Ça se résumait à ça.

" Ouais et t'a intérêt à pas crever, sinon, ta dette, tu pourras pas la rembourser na. "

Elle faisait comme si elle s'en fichait, de sa vie, que seule cette dette comptait. Était-il nécessaire de préciser qu'elle pensait à l'envers ? Durant l'attaque, si attaque il y a, une bonne partie des élamentalistes qui se rebelleront seront tués. Le mieux serait qu'il se laisse faire s'il n'arrivait pas à s'enfuir. Mais elle ne pouvait pas lui demander ça. Elle ne pouvait pas lui demander de regarder les habitants mourir sans rien faire, de sa propre main peut-être...

Il commence à partir, Sappho le rattrape et lui montre le chemin. Fais ce que tu as à faire. Que devait-elle faire ? Tuer des êtres de la surface. C'était clair ça... Mais elle voulait protéger Lyly, quand même. Malgré lui, s'il le fallait. Tant pis s'il la déteste après la guerre, tant pis si l'un d'eux est dans le camp adverse, prisonnier, tant pis. Elle tiendra sa promesse. Et si l'un d'eux meurt ? Elle n'avait pas de réponse à cette question, même si, durant le long trajet pour retourner à Elament, elle y réfléchit. Même quand elle le regarda rentrer, même après, elle resta là, à regarder ces murs qui seraient peut-être, bientôt, à eux.


[Une semaine après] L'effervescence était à son comble. L'annonce avait été faite, officielle. On avait trouvé un tunnel pour rejoindre le cœur de la Cité. Les démons s'affairaient à forger armes et armures, à s'enivrer en perspective du combat. Les missions étaient plus nombreuses que jamais, pour éliminer un maximum de gêneurs. Elle enchaînait réunions sur assemblées, missions en extérieure et fêtes d'avant-guerre. Sous terre, dans les montagnes, ça grouille de démons qui courent partout. Sappho en est. Elle fait ce qu'elle a à faire, comme tous ses congénères. Sans hésiter, elle regarde les plans du tunnel, de la Cité, les manœuvres et autres tactiques (assez simplistes dans l'ensemble) qui assureraient la victoire. Elle s'amuse à imaginer la tête des passants quand ils surgiront des profondeurs, comme dans les récits de la première guerre contre les dieux...

Mais il y a lui.
Non, pas Lui, mais lui. Elle y pense, tout le temps. Elle se l'imagine, sa torture, de devoir rester avec tous ces gens, avec un secret, avec l'information qui pourrait les sauver. Parfois, elle se détestait d'avoir révélé autant d'informations. Et s'il manquait à sa promesse ? Si, après tout, il avait dit tout ça pour survivre ? Mais encore plus étrange, elle n'arrivait pas à y croire vraiment. Car elle aussi, elle gardait le secret. Elle ne disait rien de ce dont ils avaient discuté. Mais en fait, elle savait qu'il tenait sa promesse.

Toutes les nuits, elle sortait des Enfers, sans raison apparente. On se moquait en disant qu'elle chercher de la chair fraîche pour s'entraîner. Elle répondait que oui, elle partait s'amuser un peu en prévision du grand soir... Mais elle s'approchait d'Elament, en ignorant ceux qu'elle croisait. Elle évitait les sentinelles et autres promeneurs nocturnes, et inexorablement, ses pas l'emmenaient vers la Cité. Et elle se postait près de l'entrée, regardait les allers et venus, avec l'irrépressible envie d'y aller, de le chercher. Mais elle restait dans l'ombre, dans les ténèbres. Noirs. Et à chaque fois, elle les trouvait. Les sucreries de leur promesse. Les bonbons d'Elament, colorés et sucrés. Elle sentait l'odeur de Lyly dessus. Alors il se souvenait, alors elle le savait. Mais jamais ils ne se croisèrent. Et bientôt, que le temps passe vite !, il serait temps. Elle ne peut plus sortir la nuit, elle se demande si les bonbons sont toujours là. Elle doit organiser son escadron. Elle est toujours une succube. Mais elle n'est plus sûre d'être animée de cette foi guerrière qui devrait la prendre et l'emmener sur le champ de bataille sans hésiter. AU contraire, elle sent une peur, une honte mêlée, qui la retient, qui lui fait compter les jours et les nuits et les heures qui la rapprochent de la date fatidique.

Elle ne sait pas, elle ne sait plus, mais il trop tard. Car déjà, elle a enfilé son armure -si l'on peut appeler ces quelques morceaux de métal une armure-, sortie sa faux, et elle s'avance et elle descend dans le souterrain, des démons devant elle et derrière elle. Le Roi, les autres chevaliers... Eux, sont sûrs. Ils rient et piaillent. Mais elle, elle hésite, et regarde le bout du tunnel pensivement. Jamais on ne l'avait vue si concentrée, si douce. Les autres disent qu'elle imagine déjà les milles tortures qu'elle infligera aux insectes de la surface. Seule elle sait.

Elle pense à lui.


[Suite : Nuit, mère des ténèbres ]

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