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 [Cours aera privé / Lysias] -Raison d'être-

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Lysias
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MessageMer 3 Fév 2010 - 18:24

Les falaises de Fellt.
Un lieu où Lysias avait déjà eu l’occasion d’y avoir les cours. Egalement un lieu où se jettent violemment les vagues contre les coteaux rocailleux. Pourquoi avoir besoin de se ramener si loin quand de confortables salles les attendaient bien en sécurité, à l’intérieur de la cité…

…Dans ses souvenirs, le nymphe rechigne encore à s’approcher des bords qui s’arrêtent là, en une pente brutale, comme un monstre aurait croqué un morceau de terre. Or, là où manque le pan de terre, l’eau l’a remplacé, et Lysias n’aime assurément pas l’eau. Et cela, Tyrol devrait le savoir, devait l’avoir deviné, devait aussi connaître un tant soit peu son élève, …alors pourquoi. Pourquoi pousser ce dernier si près de cet élément dangereux, si près d’une mer qui d’une heure à une autre, pouvait dévoiler ses facettes les plus redoutables et impitoyable.

Debout, à quelques centimètres du précipice, une silhouette longiligne se découpe d’une lumière matinale. Lysias jette un coup d’œil en contrebas, à l’heure où la mer se prélasse encore dans son sommeil inquiétant à l’orée de la marée haute. En contrebas, sont visibles les galets ainsi qu’un bout de plage qui tente de trahir le secret que protègent farouchement les vagues de cette mer.
Et qu’elle garde son secret encore longtemps, Lysias préfèrerait encore mourir plutôt que d’aller le lui chiper. Seulement voilà, il ferait mieux de se dépêcher à se rendre sur le lieu-dit parce que non, il n’y est pas arrivé. Et la ponctualité, il la respecte, le retard, il n’aime pas ça ; et sans doute que ni le professeur. Caractère frivole ou pas, chose dite, chose due, point à la ligne.

Il y a pourtant des fois, où Lysias se passerait bien des choses, et particulièrement s’accorderait bien quelques retards, histoire de filer en douce certaines choses qui ne lui plaisent pas forcément. Alors ça oui, il avait tenté de repoussé le cours, donnant mille et une raison propre à sa conscience, l’avait effectivement repoussé une fois, puis deux, puis trois… mais la quatrième fois n’avait pas fonctionné. C’est scandaleux, il n’y a jamais de deux sans trois mais alors trois sans quatre, si. La vérité, c’est que le dernier cours, -encore à Fellt-, s’était avéré désastreux pour le nymphe. Il n’en n’était pas sorti glorieux, après ces heures fastidieuses, où l’ennui n’avait même pas eu le temps de passer, où la persévérance –idiote, comme le percevait Lysias- avait inutilement mobilisé toute l’énergie de son organisme. Où ses muscles étaient restés douloureux la semaine durant, où son air n’avait fait que de partielles apparitions malgré tous ses efforts. Et aussi, où le temps s’était déchainé comme un chien enragé dans une cage, manquant à l’aera de basculer dans le vide. L’avant dernier cours aussi, –bien que remontant loin derrière-, avait eu le mérite de marquer l’esprit du nymphe, qui, d’une façon où d’une autre, venait à redouter la nature du cours prochain. Véritable cercle vicieux, où le monde s’acharnait contre lui, il en était certain. Car, l’air, son élément, l’abandonnait, car lui aussi avait beau s’acharner à le faire revenir, sans grand succès. Comme quoi, le monde s’acharnait bien contre lui.

Il se victimise peut être dans cette histoire… peu importe, il le ressent comme tel. Mais, pour une raison ou un autre, le nymphe est là, se trouve là, à scruter le paysage qui s’offre à lui, sous ses pieds, avec un sentiment de hauteur étrange.

Il y en a qui disent se sentir puissant dans ce genre de posture, à dominer le monde, à dominer la mer. Le nymphe, lui, s’obstine à croire qu’ils ont tous tord, parce que déjà, dominer le monde est une chose, mais alors dominer la mer, en l’occurrence l’eau… il faudrait être complètement fou. Encore qu’il n’y aurait pas eu cette masse aqueuse sous ses pieds, il aurait prit le temps d’apprécier le paysage ; mais à défaut, il se sentait quelque part oppressé, ou plutôt dérangé par sa présence. Et donc oui, le problème véritable, c’est que son point de départ est censé se trouver justement en bas de la pente, et non à son sommet, comme il y figure à ce moment. On se moquait de lui, ce n’était pas possible d’en venir là ; oui parce qu’on n’avait jamais dit à Lysias qu’il n’existait pas de chemin pour se rendre en bas de la falaise, à moins de faire un grand détour de plusieurs heures de marche. Et on ne l’avait pas non plus prévenu qu’il devrait se trouver en bas de cette falaise, là bas, dans l’inaccessible. Sentant déjà l’agacement le gagner, le nymphe jete un coup d’œil aux alentours, -au cas où un certain elfe passerait par là-, mais seul le bruissement perpétuel des feuilles contre une douce brise répond à son appel silencieux. Alors, du pied, l’adolescent avance d’un demi pas et du bout de l’orteil, pousse un caillou, qui poursuivra sa chute forcé, avant de disparaître parmi les gravas d’un sol qui semble si loin.

D’un regard scruteur, le nymphe cherche une paroi stable qui pourrait l’aider dans sa descente aux enfers, mais si il en existait, on aurait entendu plus souvent d’escaladeur de Fellt, ce qui, n’était jamais parvenu à ses oreilles jusqu’à là. Il fait quelques pas de côté, appréhende le terrain, et tente de sentir une trace de son élément. Elément qui ne répondra pas à son appel non plus. Au fond de lui, il sait que même si l’air avait répondu, il ne lui aurait pas fait confiance du fait de ses allers retours trop incertain. Alors une fois de plus, il va miser sur ses performances physiques.

Dans l’intention de descendre la pente façon escalade, le nymphe étudie son parcours susceptible de lui simplifier le chemin. Que valent des performances physiques face à la grandeur d’une nature impitoyable ? Lysias est parfois effronté mais il n’est pas encore fou à lier. Mourir n’est pas inscrit dans ses objectifs, aussi préfère-t-il tout bonnement s’asseoir en tailleur au bord de la falaise. Ainsi, Tyrol le verrait, ou alors, ce serait lui qui l’apercevrait. Il serait donc en cours, sans y être. Ou encore, mieux, il y aurait un quatre après trois.

Non, il ne descendra pas cette falaise.

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Tyrol
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MessageDim 21 Fév 2010 - 18:47

Spoiler:
 

"Ca va, dis-moi ?
-Oh bah, j'ai les crocs."


Tyrol se contenta d'un sourire : La réponse était tellement… prévisible. Tranlthanas avait toujours les crocs, au sens propre comme au sens figuré ! Et toujours une certaine tendance à se plaindre pour la forme, mais ça… C’était une constante pour beaucoup de personnes de ce bas-monde… Y compris pour l’élève qu’ils allaient retrouver de ce pas. Pas un des plus faciles de caractère, mais, habitué, l’elfe blanc n’en avait pas été formalisé le moins du monde. Il avait laissé glisser, se contentant de jouer son rôle : Au final, ce n’avait pas été le caractère le plus récalcitrant, mais le pouvoir ! Cela avait même fini par en être vexant pour Tyrol, qui ne parvenait pas à tirer le moindre tissu de magie viable du corps du dénommé Lysias. De façon très académique il devenait incompréhensible qu’il soit parvenu en troisième année de cette façon, mais le véritable problème n'était pas cette si basse considération : Il venait de ce véritable refus du pouvoir lui-même de se manifester à son "propriétaire". Entre les mains de Tyrol, le don une fois mis sous son emprise se révélait bien présent, quoique peu enthousiaste… Ce qu'il peinait à concevoir. Il s'était douté qu'il y avait un problème de fond, mais avait hésité à s'y prendre trop durement. Comment ça, y était-il réellement allé fort ? Oh, il avait simplement tenté de pousser un peu Lysias, comme il avait été obligé de pousser Runvan avant lui. Hélas, physiquement, on ne parlait pas du même gabarit, ni de la même volonté pour le mental, en vérité… Après nombres d'essais infructueux, Tyrol avait laissé son élève partir avant l'heure. Il n'avait pas cherché à insister, sachant que ceci aurait encore plus rebuté le nymphe ; Il avait déjà été assez rebuté comme cela au vu des refus qu'il avait opposés aux nouvelles propositions de cours ! Compatissant, l'elfe avait accepté de le laisser tranquille un temps… Puis un deuxième… Puis un troisième… Et puis zut ! Il aurait failli abuser de sa patience, à ce rythme ! Il fallait mettre un terme à ce manège, et, malheureusement pour Lysias, se confronter un peu plus de face à son problème…

-C'est pas son problème, ricana Tranlthanas en ouvrant grand la gueule pour bâiller.

L'elfe blanc haussa tranquillement les épaules, un léger sourire peint sur les lèvres.

"Cela le deviendra…"

Il était déjà allé bien loin dans la provocation, mais, pour conserver un tant soit peu l'obligation à assister aux cours de son élève, il le ménageait toujours un peu trop. Drôle de paradoxe ! Voilà déjà deux fois qu'il s'était échiné à faire sortir quelque chose de lui, pour bien peu de résultat au final. Disons que le caractère n'aidait pas… Et l'on en revenait à ce facteur-là. Cette fois, pour aller au bout, Tyrol sentait l'approche psychique plus utile et plus inévitable que jamais. On ne le croirait pas s'il disait qu'il n'aimait pas tant jouer de cela, tellement il en usait et abusait ! Mais comment se passer d'outils aussi pratiques ? Tranlthanas avait bien sûr proposé son aide, à grands coups de crocs à la gorge et de secousses magiques, mais pas moyen, Blanche-Fesse était borné comme une mule. Sale manie que de vouloir respecter l'intégrité physique de ses élèves… Tout en acceptant de les rendre marteau à leur parler dans la tête et à les fouiller ! Tordu, j'vous dis…

"Tiens, le voilà !" dit l'elfe à voix basse à son félin enflammé. "Arrête de râler, je vais sûrement avoir besoin de tes jolies dents cette fois… J'espère que tu les as brossées !"

S'avançant contre le vent, emmitouflé dans son manteau bleu nuit, Tyrol héla son élève perché au bord de la falaise :

"Lysias ! Recule, on ne sent pas mieux le vent d'ici !"

Il savait évidemment que ce n'était pas réellement l'intérêt du nymphe de "mieux" le sentir, mais dans tous les cas, cela ne servait à rien de rester au bord du gouffre, sans mauvais jeu de mot. D'un geste et d'un sourire accueillants, Tyrol l'invita à se rapprocher de lui. Tranlthanas, retranché derrière les jambes de son comparse, émit un feulement quasi inaudible : Il avait… Comme un problème avec les nymphes mâles ! L'avoir vu échouer les deux dernières fois avait été d'un plaisir fin et sans fin... Mais il resta calme et droit, restant optimiste quant au rôle qu'on venait de lui promettre. Il était de toute façon obligé de le laisser approcher. Et l'elfe blanc de rester aussi serein que d'habitude, attendant que son élève s'avance.

"Alors ? T'es-tu remis de notre précédente rencontre ?"

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MessageMar 23 Fév 2010 - 23:07

Spoiler:
 

Lysias, dans son entêtement coutumier, s’était décidé à se lancer une partie d’osselets, avec quelques futiles cailloux au sol, histoire de tuer le temps. Non pas qu’il n’avait vraiment rien à faire, mais à tout avouer, il était scindé dans cet instant d’hésitation, à rester encore un peu ou à partir pour de bon. Et voilà que cette minute s’avérait vraiment fatale pour lui, entendant la voix familière s’élever à quelques pas de là. Voilà, c’est comme attendre gentiment en classe avec l’envie bien présente que le prof ne se ramène pas en cours. Que le retard dure encore un peu pour filer en douce au bout de quinze minutes tapantes, sauf qu’à la quatorzième il y a toujours un truc qui fait que finalement, on a nourri ces espoirs là pour rien. Que diantre.

-Recule… Dans le vide ? Vous plaisantez j’espère ! aboît le nymphe sitôt relevé, se tournant vers Tyrol, tout en pensant que c’est là une sale façon de saluer son élève de bon matin, lui suggérant de reculer dans le vide. D’un air déjà désenchanté, il affiche une expression réticente, annonçant son humeur pour la journée à venir.

-A reculer, ce n’est pas le vent que je vais sentir, c’est ma vie, oui. Vous voulez ma mort, comme toujours…

Aucun effort pour ménager ses mots.
Jeune tête brûlée et entêté de nymphe qu’il est. Tyrol arrive, de sa bienveillance et de son calme habituel. Lysias le trouve un brin charismatique dans son genre, mais cet elfe lui en a déjà fait tellement (tellement est une exagération coutumière) bavé, de ses exercices aériens, que le nymphe se refuse à lui attribuer quelconque admiration. Rancunier et pourtant. Tyrol, lui au moins, il réussit tous ses tours. Pas comme un Lysias par exemple. En même temps, l’autre peau-pâle est enseignant, certes. Malgré tout, le nymphe fait bien mauvais élève, du moins n’excelle en rien du tout dans ces domaines. Pire encore, l’air s’est estompé pour finalement disparaitre au début de sa troisième année. Ah ben bravo le soi-disant élément qui est censé protéger son réceptacle, croit encore fermement Lysias qui remet la faute à qui le veut bien, sauf à lui, bien entendu. Soupirant, l’adolescent approcha de l’elfe, résigné. Au moins fut-il satisfait de ne pas apercevoir dans les parages son affreux matou enflammé. Lors des derniers cours, Lysias aurait juré qu’il se foutait de ses échecs, pour ne pas attiser l’agacement général du nymphe. Qu’il brûle pour de bon ce chat ! Enfin bon, sans lui, aujourd’hui serait probablement un meilleur jour. Même si, qu’un tantinet meilleur.

-De notre précédente rencontre… répéta Lysias. Elle remontait à assez longtemps. Mais il n’en n’avait rien oublié, non ! –J’ai failli y rester, vous vous en souvenez, j’espère ! De toute façon, vous me donnez toujours des choses infaisables à faire.

Sur ce ton désinvolte, Lysias scruta le ciel, histoire de s’assurer une fois de plus que la tempête de la dernière fois ne repointerait pas son nez aujourd’hui. Sinon pour sûr, qu’il n’aurait pas sorti un pied de sa chambre, tout à l’heure.

-Dites, et pourquoi fait-on encore cours si proche de la mer ? fit-il il, revenant à Tyrol, avec un brin d’appréhension. Et comment vouliez-vous que je descende cette falaise!

-Moi je suis sûr que l'air n'est plus en moi, alors pourquoi s'acharner à chercher ce qui est parti? Vous même l'avez vu, que rien n'en résulte de toute cette mascarade.


Elève borné.

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Tyrol
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MessageMar 2 Mar 2010 - 22:10

Il n'avait pas fallu longtemps au nymphe pour se chauffer, en voilà un qui ne fonctionnait pas au diesel ! Tyrol en était à se demander s'il n'était pas un aimant à caractériels. A vrai dire, sans les aimanter, il savait pouvoir les garder dans son périmètre sans que rien n'explose de trop : Ils profitaient aisément d'un caractère plus transparent et plus flexible que le leur afin d'investir l'espace, les confortant ainsi dans une position qu'ils estimaient dominante. L'elfe n'en avait jamais pris ombrage, d'abord par paresse et par indifférence, et désormais par ruse.

"C'est vrai… je ne souhaite que ta mort", dit l'elfe serein en s'avançant lentement, un sourire toujours avenant aux lèvres. "J'y consacre ma vie, je n'ai que cela à faire !"

Il laissa Lysias approcher en râlant comme il savait si bien le faire, attendant que le fiel se déverse avant de sortir la serpillère, le tout dans cette métaphore d'un goût… Tout à fait unique. La tête enflammée de Tranlthanas sortit de derrière l'épais manteau de son comparse, ses crocs sortis semblant former un sourire malsain : A l'évidence, écouter le nymphe épuiser inutilement son énergie à faire le fier l'amusait grandement. Il attendait avec impatience le moment de le voir tomber encore de son piédestal, la tête la première et les dents dans la poussière ! Et ça, toutes les réprimandes convenues de Tyrol n'y changeraient rien. Tyrol qui, d'ailleurs, essayait de ne pas prêter attention aux souhaits sadiques de son garde du corps.

"Voyons, je ne t'ai jamais demandé de descendre… Pour se faire éclabousser ? Non merci, nos vêtements son bien assez propres ! Cette herbe suffira amplement."

Et puis, l'escalade n'était pas son activité favorite. Il n'avait pas répondu vraiment à la question de Lysias, qui était de savoir pourquoi faire cours à cet endroit… Parce qu'ici, le vent était plus violent qu'ailleurs, pardi ! Et parce qu'accessoirement, Tyrol y habitait. Oui, la vie est injuste, les professeurs sont des fainéants et en plus ils ne se doutent pas que les élèves ont une vie à côté de leurs cours ! Tout ceci est absolument terrible. L'elfe blanc était conscient de sa réputation de bourreau, mais, comment dire… Lysias avait signé. Rien ne l'y avait forcé, mais désormais, avoir apposé sa patte sur un bulletin d'inscription le forçait à assister aux cours puisqu'il s'y était ainsi engagé. Avec plus ou moins de bonne volonté, je vous l'accorde ! Et c'était bien là toute la problématique, mais l'elfe blanc ne l'accuserait jamais de cela. En tout cas, pas directement. Avec sa tête de mule, ce garçon était un défi à lui tout seul…

"Rien ne résulte de tout cela car cela t'arrange bien, mon ami ! Mais visiblement, même sous la torture rien ne te ferais lâcher le morceau, c'est sensationnel… Un don ne se perd pas comme une chaussette, allons donc !"

Enfin, cela il en avait déjà argumenté sans que Lysias n'en prenne tellement bonne note. Alors, plutôt que de tourner en rond par la parole, Tyrol était passé à la provocation magique : Là non plus, aucun résultat n'en était sorti. Mais il n'était pas à cours d'idée ! Ce petit rappel se perdrait vite dans la nature, il en avait conscience, toutefois, il était convaincu d'un écho ultérieur… Bon d'accord, peut-être pas formulé de cette façon, mais un écho tout de même. Il se lança en attendant dans un programme de cours, comme à l'accoutumée, détaillant chaque étape d'un ton très professionnel et chaleureusement pédagogue :

"Pour être franc avec toi, j'ai prévu deux choses : Te tuer à la tâche, dans un premier temps, et, éventuellement dans un deuxième temps, de te tuer à la tâche. Rien de bien nouveau, en somme ! Donc, nous allons d'abord voir s'il y a un moyen pour changer un petit peu la partie de ta tête qui refuse plus ou moins consciemment de croire en ton pouvoir, et, si vraiment elle ne veut pas, la remplacer par une nouvelle un peu plus coopérative. Evidemment, je fais cela pour ton bien, blablabla, et tu es forcé d'être d'accord ou bien… Je ne donne pas cher de ta peau vu l'ambiance qui plane autour de la Cité en ce-moment. Si tu as des questions, c'est le moment, ce sont peut-être les dernières que tu pourras poser avant un petit bout de temps !
-Oh la classe, ça tu me l'as piqué !"


Tyrol promit mentalement à Tranlthanas de lui payer les droits d'auteur dès qu'il le pourrait, levant en attendant une main à hauteur du visage de Lysias, levant ses pâles sourcils d'un air interrogateur : Des questions ? Vite, mon ami, ton énergie est déjà en train de s'échapper…

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MessageDim 14 Mar 2010 - 12:29

-Oui, évidemment, c’est bien ce que je disais, un jour vous aurez ma mort sur la conscience, répliqua Lysias, bougon.

On lui avait toujours connu ce caractère difficile depuis sa tendre enfance. Malgré toute la bonne ou mauvaise volonté pour lisser cette personnalité agaçante. Et Lysias lui-même, se fichait bien des conséquences qu’il pouvait semer dans son entourage, puisqu’il ne se jugeait ni supérieur ou inférieur à un autre : simplement, il vivait, à sa façon. A tord et à travers, parfois. Quoiqu’il en soit, le nymphe fit un pas en arrière, voyant surgir la tête de feu du matou. Tiens voilà, en pensant au loup, il est justement là, avec son sourire dépeint de toute bienveillance. Quelle malchance… Il fallait se demander d’où et pourquoi ce félin au sal caractère suivait Tyrol à la trace. A en croire que le sort s’acharnait sur Lysias. Au moins n’auraient-ils pas à descendre la falaise, voilà qui était plutôt de bon augure.

-Mais j’essaye de faire quelque chose avec l’air et j’aimerais bien le lâcher, le morceau, rechigna-t-il une fois de plus, un dernier regard sur le chat. Il était vrai que le nymphe avait apposé son accord, en passant le portail de la cité en tant qu’élève, et en signant le feuillet d’inscription aux cours. Paperasse faite, il ne lui restait plus qu’à se plaindre et à grommeler à qui mieux-mieux tout en s’exécutant.

Lysias s’accorda même un énorme soupir, entendant le programme de Tyrol, pour le tuer à la tâche, ainsi qu’il l’annonçait clairement, et aisément.

-Me tuer à la tâche, pour mon bien… où est le paradoxe ? Enfin bon, mis à part ça, en parlant de l’ambiance de la cité, ça concerne encore les démons, je suppose… commença Lysias en haussant des épaules, mais moi, j’ai une question… est-ce qu’ils sont immortels eux ? Parce qu’à entendre les rumeurs et les bruits qui courent, ils sont beaucoup plus puissants que les élémentalistes.

Dans ce cas, pourquoi s’obstiner à se battre si c’est déjà peine perdue ? Autant profiter de l’instant présent, faillit lâcher stupidement le nymphe, de façon irréfléchi.

On se bat pour une cause.
Préserver la cité, ses vestiges, et ceux qui en font la vie, en est une.

-Quant à aller changer les choses dans ma tête… allez-y, bouda Lysias, pas convaincu d’y voir grande modification. Il se montra pourtant plus ou moins coopératif à cette nouvelle opération. Ou exercice ? Va savoir ce que cet elfe lui réservait. -De toute façon, je n’ai pas grand-chose à cacher.

Lysias observa un instant la main de son ainé à quelques espaces de son visage, puis fit un pas de côté.

-Ah, dites moi au moins ce que je vais devoir faire avant de me triturer l’esprit ! Rester planté comme un pantin ? J’ai comme un mauvais pressentiment…

Il y eut comme un léger froid autour, et le nymphe fronça imperceptiblement les sourcils. Jusqu’à la dernière fois, la difficulté de ses cours était montée en crescendo, alors imaginer que cette séance serait de tout repos le laissait assez dubitatif. Surtout après ce qu’avait énoncé Tyrol, à l’instant. Rendant un regard noir au félin flamboyant, Lysias reporta son attention vers son professeur. Prêt à parer pour une éventuelle surprise, … ou pas.

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Tyrol
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MessageJeu 1 Avr 2010 - 13:25

"Oh… Les démons ne sont qu'une partie de l'ambiance générale, tu sais, la vie ne tourne pas autour d'eux et des élémentalistes, à part pour les partisans des deux camps bien entendu."

Autant dire que l'elfe ne s'incluait dans aucun des deux. Son pouvoir faisait de lui un élémentaliste, certes, pas un "gentil". De toute évidence, tous les Elamentiens eux-mêmes n'étaient pas tous "gentils", mais ceci était un autre débat tout aussi ennuyeux ; Il était magicien, comme l'on disait vulgairement dans d'autres mondes, sur d'autres terres… S'il était devenu professeur, c'était par devoir envers la Cité. Elle l'avait élevé, et pas qu'au niveau de sa magie ; A son tour, il devait aider les jeunes à se faire une place. Il n'apprenait pas qu'à taper sur des démons dont, au final, il n'avait vu que deux ou trois représentants en terre Elamentienne : Il ne s'estimait donc pas tout à fait objectif sur leurs motivations et le détail de leurs plans. Il apprenait simplement à maîtriser un pouvoir, pour que l'élémentaliste qui se l'était vu-e attribuer sache en appréhender chaque facette, pour qu'il-elle en soit conscient, fier… Et, accessoirement, pour qu'il ou elle ne finisse pas à l'autre bout de la terre à cause d'une bourrasque mal dosée ! Savoir maîtriser sa magie pour soi, ou pour les autres, mais pas uniquement pour mettre sur la face des "méchants", bien que Tyrol ne doutât jamais de leur réelle intention d'écraser tout ce qui les empêchait d'asseoir leur domination : Les Elamentiens en faisaient partie, et, par extension, tout ce qui maîtrisait un élément était tout bonnement susceptible d'être, au choix : Un obstacle, de la vermine à écraser, un bon pigeon à retourner contre son camp. Rayez la ou les mentions inutiles.

"Les démons comme la Cité s'en fait toute une horreur… Puissants je n'en sais rien, je pense que oui mais je ne me suis jamais battu à mort contre le peu ce ceux que j'ai pu rencontrer. La dernière démone que j'ai vu était une dénommée Alouqua, qui n'a pas apprécié que je la prive de dessert au dîner. Elle ne m'a pas cru non plus quand je lui ai dis que je ne la détestais pas… Mais en général, je n'aime pas avoir affaire à des gens qui se vantent d'apprécier la Mort et je m'arrange pour ne pas avoir à leur adresser la parole. Je ne partage pas leurs passions... Mais l'immortalité est une bonne blague ! Non, ils ne sont pas immortels… Ils se reproduisent simplement très vite. Et puis, il y en a des puissants et des moins puissants, mais lorsque l'on est plus nombreux il est toujours plus aisé de frapper sur les autres. C'est un principe connu !"

L'énergie continuait d'échapper au corps du nymphe, lentement, Tyrol ayant ralenti la cadence afin de répondre. Et puis, à vrai dire, rien n'était vraiment pressé, pas vrai ?

"Oui, surtout reste bien planté là comme il faut bien longtemps ! Je vérifie l'état de ta magie. Par Haeris, c'est alarmant !"

Son poing sembla saisir quelque chose, et il se mit comme qui dirait à mimer quelqu'un déroulant un fil près de ses yeux pour l'examiner de près. Durant cet interlude, il continua sur le sujet des démons :

"Elament a trop longtemps été le joyau intouchable de ces Terres. Les démons ont passé des siècles à s'acharner, il y aura bien une fois qui finira par être la bonne : Et ce jour-là, cela va être une sacrée danse !"

Il rit un peu à cette idée, mais malgré un air toujours aussi concentré sur ce qu'il faisait, l'elfe parut un instant soucieux : Le sort de la Cité lui important peu dans le sens où, après tout, elle avait été une terre d'adoption relativement superficielle. Mais à l'idée qu'elle puisse tomber, entraînant avec elle son Art et ses écrits… Voilà qui serait une perte dommageable pour tous les amateurs de belles choses, dont il faisait partie ! Objectivement, il se sentait le cœur étreint à l'idée que des siècles entiers de culture puissent disparaître en un instant. Il préféra ne pas y penser tout de suite.

"Le tout, pour vivre au jour le jour, est de vivre jusqu'au lendemain pour savoir de quoi il sera fait. Après seulement, on avise !... Oh non, c'est pire que la dernière fois, ton énergie ne réagit même plus ! Cela en devient vexant. Regarde-ça ! Tranlthanas ?"

Tyrol sembla lâcher ce qu'il tenait, et la panthère s'approcha pour renifler dans le vide, sachant pertinemment qu'elle ne verrait ni ne sentirait rien du tout. Au hasard, elle ouvrit la gueule et la referma comme pour attraper quelque chose, plusieurs fois, jusqu'à tenir effectivement quelque chose entre ses crocs. Surprise, la bestiole resta un moment sans rien faire à y tenir, puis, levant le regard tour à tour vers Tyrol et Lysias, elle partit en courant avec le "fil" que son comparse avait laissé tomber : Par réaction logique, ce qui se trouvait au bout du fil… Autrement dit Lysias lui-même… Dut finir par suivre le mouvement, puisque c'était son énergie sur laquelle le félin tirait ! Elle n'opposait même pas de résistance, et même un Igni pouvait agir dessus sans craindre que quelque chose ne lui éclate à la figure. S'amusant comme un fou, l'Igni en question jouait à la façon d'un gros chat surexcité avec une pelote de laine qui se déroule, se fichant bien des protestations de la pelote en question. Il en ronronnait presque de plaisir en tirant dans tous les sens, courant autour de l'Aera. Tyrol haussa les épaules devant le spectacle.

"Au moins, le lien ne casse pas… Ceci dit, si cela arrivait, ce serait une grande première dans le monde des élémentalistes que d'être totalement privé de sa magie. La Mort serait plus douce… Oh, de toute façon, ce serait une conséquence inévitable ! Dis donc, gros chat, arrête de le martyriser !"

Tranlthanas, ayant consciencieusement ligoté Lysias dans son énergie, lâcha le bout qu'il tenait. Le gamin n'aurait qu'à essayer de bouger pour se rendre compte qu'il ne pourrait même plus séparer un bras de son corps ! A force de tirer, il avait comme déroulé sa fameuse pelote de laine, assez pour affaiblir le nymphe, pas assez pour le tuer.

-Je peux le pousser de la falaise, maintenant… ?

Montrant les crocs, Panthère vint faire mine de mordre l'élève aux mollets. Tyrol secoua la tête avec un sourire, s'approchant en tendant les mains pour aimanter l'énergie vers lui afin qu'elle libère son propriétaire : Presque molle, indifférente, elle s'était laissée manipuler par un porteur d'élément différent, sans jouer son rôle de protectrice…

"Ce ne serait pas raisonnable pour l'instant", dit-il en souriant à sa bête, la repoussant un peu de la main avant de s'en retourner à son élève : "Crois-tu que de te faire peur soit suffisant pour que ton pouvoir se manifeste à nouveau, Lysias ?"

L'énergie venait de se condenser, formant une sphère comme l'elfe avait l'habitude d'en faire pour rendre compte de la présence du don d'Aera dans le corps de ses élèves. Elle était bien présente, elle était bien magique, mais elle n'était rien de plus.

"A-t-elle déjà tant manqué à son rôle pour que tu ne lui fasses plus confiance à ce point ? Tout le monde a le droit à une deuxième chance, même la magie. Je te la rends, ce n'est pas en la tordant que je trouverais ce qui ne va pas."

Pourtant, il avait dit vouloir "cracher le morceau"… Mais à quel degré de volonté ? Mystère ! Tyrol ne savait où donner de la tête dans cette histoire. Il n'avait jamais été confronté à un cas aussi complexe, sûrement qu'il ne trouverait rien de nouveau aujourd'hui : Il ne désespérait pas, mais il se sentait réellement confus. Il tendit la main et la sphère se dissipa lentement, entrant dans le corps qui l'abritait plus tôt, réintégrant sa place.

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MessageSam 3 Avr 2010 - 14:33

-Ah ! Vous non plus vous ne les détestez pas !

Lysias, se rendant à peine compte que l’exercice à déjà commencé, se conforte dans son idée qu’il n’est pas le seul à vouer une telle haine aux êtres de l’obscurité. Jusqu’à présent, on n’est pas venu attenter après sa vie, alors le nymphe se fiche bien de ces démons contre lesquels la plupart se montent les uns contre les autres. Le nombre serait donc le point fort de ceux-là… Le nymphe hausse des épaules, face à des faits dont il ne s’est jamais donné la peine de se poser la question. Finalement, il se demande pourquoi il n’a jamais songé à poser toutes ses questions sur tout et n’importe quoi à Tyrol, jusqu’ici. Peut être parce que… quoi, qu’est ce qui est alarmant ? Lysias, sans vraiment comprendre ce qui se passe, sent quelque chose s’extirper de son être, et c’est une sensation étrange et plutôt désagréable. A coup sûr, l’elfe est encore en train de préparer quelque chose –si ce n’est pas déjà en train de se faire-, et ce froid de plus en plus perceptible rend Lysias un brin nerveux. C’est que, les exercices de Tyrol lui inspirent parfois un certain doute… pour ne pas dire une once de crainte.

Vivre au jour le jour.
C’est un crédo que Lysias aime à suivre. Mais vivre au jour le jour pour vivre jusqu’à la nouvelle aube, c’est se fixer l’objectif de voir ce qui se passera le lendemain. Etrangement, ce sont des paroles qui reviennent faire écho dans sa tête et le voilà qu’il se laisse avoir par ce moment d’inattention. Non, pas le chat ! Lysias manqua de faire un pas de côté, lorsqu’il vit le matou approcher dangereusement, et le regarda d’un œil noir gnaquer un truc dans le vide.

-Mais j’ai essayé d’en faire quelque chose, mais toujours sans succès ! rétorque le nymphe, agacé par l’absence de son élément, ainsi qu’il le croit. Bon, certes, il n’aura pas persévéré des masses… L’abandon est un choix tellement plus simple et lâche quand le résultat escompté ne vient pas. A quoi bon tenter de jouer avec ce qui n’inspire pas confiance. Car, assurément, l’aera ne croit plus en l’air. Les années précédentes, il rechignait à exécuter ce qui lui était demandé de faire dans le cadre de l’apprentissage, et au fur et à mesure du temps, l’air avait fini par se faire de plus en plus discret, pour finalement se porter, comme absent. Parti, en congé.

Soudain, le félin se mit alors à courir, suivi par le regard toujours aussi suspicieux du nymphe… qui bientôt se sentit violemment tiré quelque chose. Il glapit de surprise et se surprit à palper quelque chose dans le vide, comme une toile d’araignée. Et lorsqu’il voulut reculer, il sentit ce lien invisible se resserrer dans son dos, et manqua de perdre son équilibre. La scène est un tantinet comique, hormis pour celui qui s’acclame déjà victime.

-Tyrol ! C’est vicieux ! Et pourquoi c’est ce… ce chat qui s’occupe de moi !

Il faut dire que Tranlthanas n’a cessé de lui courir autour et Lysias sentait que quelque chose le ligotait de plus en plus fermement sans qu’il puisse en voir ce quelque chose qui empêchait ses mouvements. Il se débâtit vainement grogna après la bestiole, pesta un moment devant un Tyrol aussi tranquille qu’à l’ordinaire. Le fourbe ! Et pour finir, il s’emmêla les pieds dans ce fil invisible et s’écroula par terre, comme un sac de pomme de terre.

-Et parce que vous le sentez, vous, le lien ? grommelle Lysias, contraint à rester sur place, et sentant clairement comme une baisse de tension. En fait, le mot est plutôt faible, parce qu’il s’en est pas aperçu plus tôt, à se débarrasser de toutes ses pensées contre le monde, mais à présent qu’il se tient figé, complètement ligoté, il se sent vidé de toute énergie, comme s’il avait jeuné pendant des jours et des jours durant. Pendant un moment, Lysias sent l’odeur du sol remplir ses narines, alors que le froid s’est intensifié autour de son corps. Il n’y a pas de tempête, ni de pluie, pourtant, ce violent vertige qui le surprend, lui donne l’impression d’être pris dans un déchaînement d’éléments. Une pensée confuse dans ses esprits lui confirme qu’il n’aimerait jamais se retrouver prisonnier de son élément. Faiblesse, faiblesse dérisoire.

Lysias est faible et pourtant, il croit qu’il est possible de vivre sans son élément. La voix de Tyrol continue à résonner dans sa tête, et le nymphe tente se concentrer ses efforts à empêcher l’autre panthère de l’approcher. A coup sûr, elle prépare quelque chose... le pousser de la falaise ?

-Non, non ! Hors de question, pas la falaise ! Ma parole vous allez vraiment me tuer à la tâche…
Il voudrait que sa voix soit plus ferme et mordante. Mais l’énergie lui manque, inlassablement. C’est la faute du chat, il lui a fait quelque chose. Et ce froid engourdissant…
Glacial.

Une sensation qui se dissipe à nouveau, pour refaire place à une température ambiante. C’est étrange comme l’absence de pouvoir peut conditionner et marquer le corps d’un élémentaliste. Mais à cette époque, Lysias ne l’a pas comprit. Ce dernier se redresse, pantois, et reste assis en tailleur au sol. Tentant d’évaluer les dégâts causés, alors qu’il n’y en a pas. Un son lointain et lugubre s’élève, imperceptiblement, comme pour désapprouver le jeu de Tranlthanas, à l’instant.

-Bon sang… j’ai vraiment cru qu’il allait m’y jeter, de la falaise… et vous vouliez me faire peur ? Vous savez que vous me faites déjà assez peur à chaque cours ! s’exclame-t-il, avisant Tyrol.

L’élève se retourne un moment, pour estimer la distance entre ici et là où la terre s’arrête brutalement. Complètement déraisonnable oui ! Et il regarde l’orbe réintégrer son corps, par la volonté de son professeur. Une orbe si malléable et si vulnérable au contrôle d’un autre.

-Dites, Tyrol. Vous avez parlé d’élémentalistes privés de leur magie. La mort est-elle vraiment préférable ? Parce que… je pense que j’aimerais pas savoir qu’on m’a volé mon élément. C’est à lui et ça lui appartient. A tord ou à travers, qu’il le dénigre ou non, Lysias n’aimerait pas qu’un autre vienne s’approprier de ce qui lui revient légitimement. -Et à l’instant, vous manipulez si facilement le mien, que je me dis qu’un autre pourrait facilement le faire.

Lysias soupire.
Le jour où il a le plus ressenti le besoin de manier l’air, l’air n’y était pas. C’est tout ce dont il se souvient, et il est incapable d’expliquer comment son élément a fini par se tasser tout au fond de lui. Il est juste difficile de miser sur là où on a perdu.

-L’air, enfin mon pouvoir, il ne se réveille que de temps à autre. Et encore, quand il se manifeste, ce n’est plus que sous forme de son, mais jamais comme tout ce que vous m’avez déjà appris.

De temps en temps, un son, un instant de murmure étrange, puis rien d’autre. Certains l’entendent, d’autres non. Lysias lui-même n’est pas toujours certain de le percevoir. Le nymphe se relève et s’étire un moment. L’autre jour, il a observé un angelot s’entrainer à sa magie. Un angelot qui parvenait à faire léviter des petits objets un moment dans les airs. Et si l’Air était un élément vivant à part entière. Et si l’Air était capable d’évoluer, tout comme celui qui l’hébergeait. Lysias ne sait pas bien, et c’est une confusion qui le gagne aussi.

-J’ai juste une autre question. Comment il s’est manifesté votre élément à vous ?

Et son élément à Tyrol. Ne lui avait-il jamais fait défaut. Balayant toutes ses questions accumulées dans la tête, Lysias finit par observer ses mains, comme s’il s’attendait à y voir une quelconque énergie affluer. Il finit par les laisser tomber, et tenta d’imaginer un Tyrol élève, par le passé.

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Tyrol
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MessageSam 10 Avr 2010 - 17:28

"Eh non, je ne les déteste pas."

Tyrol était un peu comme Lysias après tout : Tant que les démons ne troublaient pas son existence, il n'avait rien à leur reprocher, à part cet acharnement constant qui les caractérisait. Et s'il devait en détester, bien que ce mot soit bien trop fort pour le caractère empathique de l'elfe, il ne détesterait que ceux qui s'attaqueraient à ceux qu'il aime, à des innocents sous ses yeux, ou à lui-même. Pour le reste, il ne pouvait être partout et tout empêcher, ainsi l'avait-il compris. Après que Tranlthanas ait joyeusement martyrisé Lysias, l'elfe prit le temps de répondre à ce qu'il avait bien voulu lui dire sur ce qu'il essayait de faire avec son pouvoir ; Bon, sûrement disait-il vrai, il essayait…

"Si tu te méfies profondément de lui, il le sait, et cela le poussera effectivement à te fuir ! Il a sa volonté, pour peu qu'il soit aussi entêté que toi, et là, la tâche se complique ! Oh et puis, allons, j'aurais pu être plus vicieux encore."

Il laissa son élève tranquille un instant, l'écoutant parler. Pour parler, il en avait toujours, de l'énergie ! Il ne fallait pas s'en faire de ce côté-là. Le jour où Lysias se murerait dans l'aphonie, il lui serait sûrement arrivé quelque chose de grave. Tyrol se contenta de proposer son aide, si jamais. Il souriait malgré les protestations, le regard levé vers l'invisible, l'oreille tendue, comme s'il cherchait quelque chose… La voix du nymphe finit par faire revenir son attention où il fallait : Il ne devait pas manquer ce qu'il disait, chaque petite chose pouvait être importante pour sa compréhension du phénomène ! Mais Tranlthanas, qui semblait aussi avoir entendu, coucha les oreilles en reculant. La question à laquelle Tyrol se heurta fit osupirer la bête, tandis que l'elfe affichait un air chagriné. Il expliqua à mi-voix :

"On peut empêcher un élémentaliste de se servir de son pouvoir, pas le lui enlever. C'est sa seconde réserve d'énergie, celle qui double et supplée celle de son corps : L'éradiquer purement et simplement est impossible… Ou bien je n'entrevois que la Mort comme issue. De là à dire qu'elle est préférable, non, vraiment je ne pense pas ! A moins qu'il n'existe un état alternatif, comme celui des morts-vivant ayant un corps inerte, sans esprit propre… Mais… Ne serait-ce qu'empêcher le don de se manifester, voilà une torture suffisante pour préférer mourir, je suppose."

Tyrol aimait bien trop la Vie pour préférer mourir, mais si l'on se risquait à le priver ne serait-ce qu'un peu de son élément, ce sort serait inévitable. La Mort ne lui demanderait pas son avis de toute évidence ! Cela était encore plus vrai pour lui, car s'il ne pouvait plus "l'utiliser", ou plutôt si l'on empêchait son Vent de rester en lui et de jouer son rôle, il dépérirait en quelques heures faute de force physique suffisante pour vivre. Serait-il ne serait-ce que capable de se tenir debout ? Il l'ignorait. Avant la découverte de son pouvoir, on devait souvent le porter d'un endroit à un autre, et lorsqu'il restait debout cela n'était jamais que pour quelques minutes. Faible et malade, il avait survécu parce qu'il y avait assez de gens pour se relayer à l'assister ; Le Vent lui avait donné une nouvelle Vie, il lui avait donné l'autonomie, si on le lui retirait il reprendrait tout avec lui. Là où les autres Aeras avaient une chance de se trouver simplement empêchés de manipuler la magie qu'ils avaient en eux ou qui les entourait sans se retrouver dépouillés, ou de subir des douleurs à chaque utilisation, l'elfe n'avait aucun filet de secours. Et surtout pas sa résistance, qu'elle soit physique ou mentale.

"Tu poses beaucoup de questions, finalement…", remarqua l'elfe blanc avec un sourire en coin, doucement amusé mais pas importuné pour un sou. "Mon don m'a fait une surprise pour mon anniversaire… C'était fascinant à voir, toutes ces couleurs ! Ca l'est toujours, d'ailleurs, même quand on est habitué. Le voir a été une sacré chose, mais surtout, il a redonné la vie à un enfant malade, ce n'est pas rien. Définitivement, il est devenu moi, pour sûr que cela crée un lien ! S'il m'avait fait défaut, je ne serais pas là ; Et si j'avais osé dédaigner son aide non plus, d'ailleurs ! En cela, tu as beaucoup plus de chance que moi, ta cohabitation difficile avec ton élément ne peut pas t'affecter aussi radicalement !"

Voilà, c'était dit sans trop en dire. L'elfe riait. Il tendit les mains dans le vide, comme pour attraper quelque chose, et sembla nouer un nœud invisible ; Aussitôt, le Vent de Tyrol fit son apparition, et les fées prises sur le fait alors qu'elles voletaient autour de leur ami sursautèrent, avant de filer se cacher derrière lui. Le reste du Vent, quelques rubans de couleurs et plusieurs paillettes d'or, continuèrent leur course sans se troubler, ondulant avec sérénité. Quelques secondes à peine, avant de disparaître comme s'ils n'avaient jamais existé.

"C'est grâce à lui je peux contrôler le flux magique des autres Aeras", reprit-il. "Ils peuvent le faire entre eux aussi, à condition de maîtriser la leur ; Mais je suis le seul – à ma connaissance - à pouvoir le faire avec autant de facilité sur les détenteurs d'autres pouvoirs, qu'ils soient élémentaires ou démoniaques. Donc, oui, je ressens ton lien. Très bien même ! Et j'ai entendu ce qu'il disait tout à l'heure. Tu ne l'as pas entendu, cela veut dire ? Il n'était vraiment pas content, je n'avais jamais entendu une telle manifestation chez un Aera ! Cela ressemblait à une dissonance démoniaque... A la différence près que tu n'es pas possédé. Un grondement sourd et mauvais : A cause de ma panthère, mais pas seulement…"

Bien que ne pouvant se servir du vent présent dans l'environnement naturel, Tyrol pouvait en percevoir les variations, par la vue ou l'ouïe s'il se concentrait suffisamment. Il avait bel et bien entendu un grondement sinistre, sans trop savoir d'où il venait, mais Lysisas avait fini par l'éclairer sans le savoir ; Sans savoir non plus qu'il avait émané de lui, sans doute. Vu qu'il ne l'avait pas mentionné, il était probable qu'il ne s'en soit pas aperçu lui-même : Cela était-il possible ?... Visiblement, oui. L'elfe blanc pinça les lèvres d'un air gêné.

"Il a laissé comprendre que tu t'étais laissé faire. "Comme la dernière fois", a-t-il dit… Et qu'il ne pouvait plus t'aider. Je ne vais pas te jeter de la falaise, Lysias, mais je crains que l'expérience soit tout aussi douloureuse. Toi et ton élément, vous avez quelque chose à vous dire."

Lysias allait se retrouver à terre une nouvelle fois ! Mais il ne s'en rendrait pas compte. Tyrol tendit encore une main vers lui, la déposant sur son front.

"Pour l'instant tu n'as rien à faire", dit-il d'une voix rassurante. "C'est en toi que tout se jouera…"

La main de l'elfe était chaude malgré sa pâleur, et elle sembla se contenter de prendre la température d'un enfant qui a de la fièvre ; Enfant qui se trouva traversé d'un choc étrange, sec mais sans violence, avant de se sentir tomber, tomber dans un profond sommeil forcé. Un sommeil fait d'un rêve, un unique rêve, celui de son souvenir : Cette fameuse dernière fois dont son pouvoir avait parlé, et qui conduirait Tyrol jusqu'à ce qu'il voulait comprendre. En obligeant Lysias à revivre cet instant, il trouverait sans doute la cause de leur mésentente. Il rattrapa de justesse le corps du nymphe qui tombait en arrière, l'entraînant à moitié avec lui. L'ayant couché dans l'herbe comme il pouvait, l'elfe blanc glissa sa main dans les cheveux du jeune garçon, afin de lui maintenir la tête légèrement surélevée ; De l'autre, il retira de son cou la chaîne à laquelle pendait son Etoile de Cristal. Ce n'était pas de l'exorcisme, mais cela y ressemblait… La main au contact de Lysias servirait de lien, l'Etoile de miroir. L'énergie du nymphe fut forcée de l'amener loin en arrière, sommée de montrer ce qu'elle avait voulu dire par "comme la dernière fois" : En espérant que revivre cet instant soit suffisant pour l'agiter… Peut-être trouverait-il la réponse par ce biais, peut-être que non, et, n'en connaissant pas la teneur, Tyrol ignorait si cela suffirait. Il ne demandait qu'à revoir la chose à travers les yeux du nymphe.

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MessageMar 13 Avr 2010 - 22:03

Lysias, malgré ses protestations, reste attentifs aux réponses qui lui sont données –parce qu’évidemment, ça l’intéresse. Il aimerait, de temps à autre, comprendre ce sixième sens qui fait de lui un élémentaliste, afin de pouvoir mieux s’en débarrasser à tord et à travers. Désagréable nouvelle que d’entendre que ces pensées lui étaient en fait, impossibles. C’était à se demander pourquoi on avait fait de lui un aéra, alors qu’il n’avait rien demandé ! Ecartant ses interrogations absurdes mais toujours présentes, Lysias observa l’elfe manier avec une aisance sereine les fils dorés que forme son air. Avec les fées qui disparaissent tout aussi harmonieusement, c’est un spectacle féérique, il faut l’avouer. Assis en tailleur, le nymphe croise les bras, agacé par lui-même, et son Air à lui. Parce son élément, lui, ne fait pas des choses en toute sérénité et délicatesse, non. Il se contente de mugir comme un geignard, tantôt lugubre, tantôt plaintif. Et alors que Tyrol lui explique ce qu’il vient d’entendre, Lysias n’y croit qu’à demi, sceptique au possible. Oui, c’est vrai que de temps à autre, un son se laisse entendre, si bien que le nymphe n’y prête même plus attention. Mais de là…

-L’air dit des choses ? Alors pourquoi moi je ne comprends jamais rien de ce qu’il raconte !

Comme la dernière fois.

-Quoi, comme la dernière fois ! aboie le nymphe déjà sur la défensive. Mais un étrange choc le traverse de part en part et il se sent tiré en arrière, par une torpeur sans nom. C’est étrange, cette sensation de se retrouver immergé dans l’eau, d’y voir floue, de ne plus percevoir les choses distinctement… Lysias panique. Mais il chute quand même, sans aucune prise à laquelle se raccrocher. Tyrol ! Tente-t-il de crier, sans qu’aucun son ne parvienne à sortir de ses lèvres.

Puis il heurte le sol violemment.

L’odeur du sol a changé, elle est sèche et la température est celle d’un été estival. Cette fragrance que dégage la Nature Mère… il la connait, c’est celle des bois du peuple Argenté, chez les elfes, là où il a grandi. A l’époque, il fait probablement une tête de moins, et un jour où il soufflait au pipo, un son affreux s’en est sorti, -singulièrement plus affreux qu’un simple couac musical-, et a résonné de tronc en tronc, autour de lui. Bien qu’adolescent Lysias est un grand froussard, les elfes le savent. L’instrument est balancé loin derrière, et alors qu’il panique par ces sons étranges et plaintifs qui lui emplissent les oreilles, il fuit, fuit retrouver les autres, loin de cette horreur qui le suit depuis quelques jours. Il en est sûr, il est maudit par un esprit, avec toutes les histoires que racontent le Vieux Sage du village, ce ne peut être qu’une malédiction qui plane autour de sa tête. Angoisse. Doute. Répulsion.

||Par tous les dieux.
Qu’est ce que je suis en train de traverser. Tyrol ? Tyrol !||

-Lysias, fait taire ton air, c’est vraiment désagréable…
-Mais je le fais pas exprès Thanis ! Je t’ai déjà dis que c’est pas moi qui fait ça ! Et j’en suis sûr, c’est pas mon élément, les gens disent n’importe quoi !
-Bien sûr que si ça l’est !


Et alors qu’à Elament, Selectys et Thanis font des choses « plus artistiques » avec l’eau et la terre, Lysias lui, ne sait que faire « apparaître » un espèce de truc sans nom, qui ne se voit qu’à peine et qui, soit passe son temps à murmurer soit à chanter des mélodies les plus lugubres à en donner les frissons dans toute l’échine. En cours, il peine à suivre les éléments pratiques, et lorsqu’il y arrive, le résultat n’est jamais vraiment brillant. Ses examens ne sont obtenus que d’extrême justesse. Mais dans les pensées du nymphe, l’air, c’est censé faire voler, faire la télékinésie, ou des choses comme ça ; pas terroriser son porteur.
Peurs, peurs refoulées.

Pour fêter leur passage en deuxième année, le trio décide de s’aventurer hors de la ville en catimini. Il fait nuit, les environs, les bruits des grillons, les prennent des proportions démesurées, et alors qu’ils décident de dormir à la belle étoile, un mugissement inhumain les ramène droit vers la cité, la peur au ventre. Lysias en reste le premier terrifié, car, s’il a en entendu son air, les autres ne l’ont pas reconnu. Et si l’air est capable de l’effrayer à ce point… jusqu’où l’est-il ?
Peur de l’Inconnu.

||Je veux sortir de ces souvenirs.
Je veux.||

Peur de cet étau, cette glace qui lui scie les tripes, et qui monte en crescendo, au fur et à mesure que son air, le suit depuis la matinée, de son chuchotement infatigable. Jusqu’au soir, où, Selectys est tuée d’un coup. Ou Thanis disparait, dans sa fuite, poursuivie par un démon, qui n’a fait que suivre les bruits étranges qu’émet un pouvoir élémentaire. Et alors que Lysias se tient là, debout près d’un corps gisant au sol dans une position anguleuse, l’Air disparait ne plus jamais se manifester clairement. Mais sa totale disparition lui fait l’effet d’avoir perdu un organisme nécessaire à sa vie. Plus tard encore, quand Lysias fera appel à son traitre d’élément, ce dernier ne lui répondra même plus. Au final, si on compte trop sur quelque chose, si on compte trop sur quelqu’un, c’est une dépendance qui finit par se briser d’elle-même. Lysias n’a jamais voulu dépendre de l’Air. Il ne faut pas lui faire confiance.
Peur de l’abandon.

||L’air a disparu, parce que je l’ai banni de mon corps.||

Souffle une brise, sonne un air ponctué de murmures, toujours dans cette ambiance lugubre.
Lysias ouvre les yeux, et laisse son regard se perdre là bas, quelque part dans le ciel entre les branches. Pendant un instant, il aimerait se rendormir, mais d’un sommeil sans rêve, mais il finit par se redresser et s’assoir plus en retrait, dos clairement tourné à l’elfe blanc.
Une des premières peur de Lysias : l’eau. Mais c’est sans doute son propre élément qui vient en tout premier rang. Quant aux souvenirs fraichement remontés… Il a assez perdu de larmes pour avoir envie de s’en apitoyer encore dessus. Malgré tout, ça fait toujours mal de se rappeler de ce qu’il faudrait oublier. Murmures imperceptibles et lointains, comme rameutés par les images antérieures. Qui se rapprochent et tantôt s’éloignent, comme un parcours libre entre les arbres.

-Je l’entends. Mais je ne peux pas lui faire confiance.

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MessageMer 21 Avr 2010 - 20:21

Un long soupir échappa à l'elfe, qui resta assis dans l'herbe. Sa main se referma sur l'Etoile et il ne bougea plus, prostré. Tranlthanas vint se coucher à son côté, le regarda un instant sans avoir de retour puis, agacé, ouvrit grand la gueule pour faire claquer ses crocs de flammes dans un genre de sourire aimablement malsain.

-… Falaise ?

Tyrol sourit mais lui repoussa la tête en signe de désaccord.

-Et après ? Arrête de croire que tu peux arriver à tout, va. Pff.

Tranlthanas s'éloigna, lassé de l'entêtement naïf de son comparse et sentant ses oreilles bourdonner, l'ouïe troublée par un salaud de bruit de fond. Allez, tu m'feras signe le jour où ça tournera vraiment au vinaigre… Un long silence s'imposa, puis Tyrol, les yeux écarquillés par l'indignation, s'exclama avec surprise :

"C'est ça, le jour où j'aurais besoin de brûler un village ! Empaffé !"

Mais la Panthère était déjà partie. Elle ne rentrerait pas, parce que malgré elle, elle sentait son lien de vie tirer chaque fois qu'elle s'éloignait trop du corps de l'elfe, comme une corde qui les maintenait liés ensemble pour l'éternité et qui menaçait de rompre chaque instant, sans jamais y arriver. Il savait qu'il n'arriverait rien à Lén. C'était comme ça, c'était une règle : Il ne lui arrivait jamais rien. Mais Tranlthanas avait pris la – mauvaise – habitude de rester avec lui sitôt qu'il s'aventurait dans une entreprise un peu hasardeuse, comme ce cours bancal. Et bien qu'il ne soient que rarement d'accord tous deux, ils s'estimaient. Ils étaient incapables de se lâcher. Tyrol se sentit comme toujours un peu mal à l'aise, mais il n'avait pas à démordre de son objectif ! C'était son cours, et il avait ses méthodes : Certes parfois fourbes, mais jamais malveillantes. Et la Falaise n'était pas de son goût. Point à la ligne. Tyrol s'avança vers Lysias, abandonnant son manteau sur place. Accrochant de nouveau son Etoile à sa chaîne, il prit le parti de s'asseoir à côté du nymphe.

"En même temps, c'est vrai qu'il n'est pas très engageant…", admit-il avec un sourire détendu, se penchant un arrière en prenant appui dans l'herbe à l'aide de ses mains.

Il resta longuement là-dessus, sans rien dire. Non, vraiment, c'était logique : Lui non plus n'aurait pas aimé une telle surprise. Son Vent avait su se montrer plus jovial ! Au fond, si la relation s'était mal passée dès le départ, il ne serait plus de ce monde pour en parler, alors cela fut une bonne et fort logique idée de la part de son pouvoir de ne pas lui avoir joué de mauvais tour ce jour-là !

"Tu n'as jamais su ce qu'il te disait car tu n'as jamais essayé. Crois-moi, on ne peut pas te blâmer de ne pas avoir eu envie ! Ce n'est pas un son bien agréable... Non, en fait il est réellement affreux !"

Il fallait dire ce qui était. Mais là, Tyrol ne pouvait pas vraiment agir sur cela. Il maîtrisait mieux la Lumière que le Son, et la dernière fois qu'il avait eu affaire à de telles dissonances… La… La dernière fois… L'elfe se laissa tomber dans l'herbe. La dernière fois, c'était ici, sur ces mêmes Falaises. Avec Archael. Mais où était-il passé, depuis qu'il lui avait laissé le post de Professeur ? Pourquoi était-il parti ? La guerre contre les démons l'avait-elle affaibli à ce point pour qu'il n'ait plus souhaité continuer ? Il n'avait jamais pu savoir. Et l'Ange était parti avant qu'il n'ait pu lui dévoiler sa véritable identité, sans qu'il n'ait pu le remercier pour ce qu'il avait fait pour lui avant son départ de la Cité. Lui dire, simplement, qu'il l'avait aidé à devenir ce qu'il était : Quelqu'un de plus fort. Tyrol flotta un instant dans ce sentiment d'intense regret, avant de se souvenir que ce jour-là, son Etoile avait contenu les dissonances du Chantepierre… Mais ce n'était pas pareil, aujourd'hui ! Il ne pouvait annihiler chaque note du pouvoir de Lysias, il ne pouvait pas l'annihiler tout court et ce n'était vraiment pas dans son esprit de le faire ; Ce n'était pas un simple sort. Il se sentait encore plus démuni qu'avec Eniphia, mais cette fois ce n'était pas tant la faute du caractère du nymphe que celle de son pouvoir, dont la manifestation lui était purement inconnue. Tranlthanas avait raison : Il ne pouvait pas tout faire. C'était un fait acquis et logique. Il avait eu les clés qu'il voulait, mais à l'évidence, il ne saurait pas s'en servir lui-même : Il devait les donner à Lysias, pour que ce soit lui qui sache comment s'en servir. Et combien de temps cela lui prendrait-il ? Ah ! Bonne question. Non, il ne pouvait pas tout faire. Il pouvait juste essayer. Il pouvait essayer de faire en sorte que les autres fassent le reste.

"N'as-tu jamais tenté de dépasser la peur qu'il t'a causée ? Peut-être est-ce aussi la seule façon qu'il a eu de se montrer à toi : Comme un bébé à qui l'on n'a jamais appris à parler, il n'a jamais appris à se moduler… Parce que tu ne l'y as pas éduqué. Il est resté à un stade où il ne peut pas communiquer autrement, pas même avec toi. Je sais qu'il n'a pas été ce que tu attendais ; Mais il se peut qu'il soit aussi seul et aussi amer que toi face à cette situation…"

Fonctionner en binôme, avec un élément. Apprendre à vivre à deux d'abord avant de ne faire qu'un… Un stade que Tyrol avait tout bonnement zappé. Ne faire qu'un au point que vos fées se chargent elles-mêmes de vous faire la traduction de ce pouvoir dissonant qui circule dans l'Air.

"La dernière fois… Il voulait vous prévenir", avoua-t-il finalement dans un souffle.

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"Combattre une armée d'archers, c'est comme lancer une
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Lysias
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MessageVen 21 Mai 2010 - 17:26

La panthère s’éloigna pour finalement disparaître.
Ce qui, pour Lysias ne fit pas vraiment une source de remords. Il faut dire que le tempérament du félin marquait tout de même un sacré contraste avec la personnalité de Tyrol. Un moment durant, Lysias l’écouta, observant le pendant replacé à sa chaîne. Etrange objet dont l’elfe s’était servi, sans que le nymphe en détermine comment et pourquoi. En entendant son professeur poser clairement la vérité à plat, Lysias se retourna vivement, le regard noir. Il n’avait jamais essayé ?!

C’est vrai.

Tout le problème résidait là d’ailleurs : il n’avait jamais essayé. Parce qu’au fond, il redoutait encore des effets de l’air. Sans parler des sons à en donner la chaire de poule. Cercle vicieux dont lui seul était en mesure d’y mettre un terme. Non il n’avait jamais tenté de dépasser ses propres peurs, les repoussant encore et encore à plus tard. Renforçant de jour en jour la frontière entre lui et son air.

-Vous parlez de cet élément comme s’il était vivant, lâche finalement Lysias, confit. L’idée même qu’un autre habite son corps est un concept qu’il n’a jamais réussi à assimiler. Ne prenant pas le temps de réaliser que, plus qu’un corps étranger, l’air est en fait un sens supplémentaire, destiné à vivre en lui depuis toujours. Un sens qui se cultive et qui se forge à la longue des années, comme il a apprit à le faire, en développant son ouïe et son odorat.

C’est étrange de se contraindre à voir son élément, comme un nouveau-né vulnérable dans son état. Qu’on ne comprend pas, et qui lui-même ne doit pas comprendre grand-chose de ce qu’on attend de lui. Pour autant, jusqu’ici, Lysias n’avais jamais pris le temps d’écouter les conseils et remarques avisés de son mentor. Mais peut être qu’à ces moments là, lui-même n’était pas prêt d’entendre et d’accepter la réalité telle qu’elle est.

Ce retour dans le passé a bien bouleversé le nymphe dans ses pensées. Comme quoi, il n’est pas inutile de replacer quelqu’un les yeux en face des trous, comme on le dirait si bien. Parce qu’on a beau sermonner Lysias, s’il ne teste pas de lui-même, il a de ces tempéraments difficilement manipulable, peu enclin à changer d’avis, et ce, allant parfois jusqu’à l’idiotie.

Imaginer que l’air se retrouve aussi rebuté que lui, est une drôle d’image, pour le nymphe. Poser les problèmes à l’inverse, au lieu de se concentrer que sur les inconvénients engendrés sur sa chère personne… C’est une séance qui lui donne déjà matière à réfléchir par deux fois, et qui plus tard, sera un levier à la nouvelle page qui est sur le point de se tourner. Lysias se rendra compte plus tard, ô combien la présence de Tyrol, lors de leur séance lui aura été bénéfique, lui et son calme serein, lui et sa patience comme on en rencontre pas des doublons tous les jours. Ce sont dans ces moments qu’on regrette de ne pas avoir mis davantage du sien pour tenter de passer au travers des obstacles, tant qu’il en était temps. Aura-t-il l’occasion de revoir cet Elfe d’Argent une autre fois ? En quittant les lieux, dans un état d’esprit encore rempli de doute, Lysias ne peut s’empêcher de ressentir cette appréhension qui donne l’impression de « dernière fois. »


-La dernière fois, il voulait essayer de vous prévenir.
avait-il dit.

Prévenir.
Il y aurait-il une autre fois ?
Quoi qu’il en soit, Lysias frissonne encore, à cette pensée.

Ce jour là, -jour de cours personnel qu’il redoutait tant-, l’aera se souvient de s’être finalement retourné complètement vers l’elfe, continuant à lui poser toutes les questions qui s’était mises à envahir son esprit. Il avait bien aimé entendre quelques bouts d’expérience de son professeur, de son air, réalisant de fait que chaque élément était au final bien différent, autant qu’il existait de porteurs/réceptacles différents. Non cette fois, il n’avait pas eu à faire face à une brutale confrontation avec son air, hormis ce plongeon dans le passé. Et quelque part, il s’en était rassuré. Puis, en fin de journée, se retournant un instant vers la falaise où il avait quitté Tyrol... il s’était dit que la prochaine fois, à son prochain cours, il aimerait bien lui dire merci. Comme ça.


La prochaine fois…

[End]

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