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 De l'homme au loup, du loup à l'homme [Privey]

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MessageJeu 20 Aoû 2009 - 22:12

Depuis combien de temps cela durait-il ? Des jours ? Des semaines ? Ou même des mois ?
Tapit dans l'ombre, le regard posé sur les lumières de la cité, il faisait la part des choses, cherchant à définir qui de l'homme ou de l'animal dominait, pour l'instant. Ils avaient été mélangés, fusionnés, pendant si longtemps que dissocier l'un de l'autre devenait difficile. D'autant que la bête ne prenait pas en considération ce genre de détails, inutile pour elle.


* *
*



Longtemps avant cela, un jeune cristalléen, assistant professeur dans la cité d'Elament, avait décidé de faire un petit séjour dehors. Un retour au sources, une isolation nécessaire pour lui permettre de réfléchir et dissiper des doutes. Il l'avait décidé presque sur un coup de tête, et n'avait laissé pour toute explication qu'une vague note, que personne l'aurait probablement comprit, à part peut-être l'autre représentante de son peuple. Ruby, le professeur aqua.

Les premiers temps n'avaient rien eut d'exceptionnel. Du camping à la belle étoile, de la chasse, ponctué par le calme de la nature. Une vie simple, sans regrets ou projets, comme celle d'un loup qui ne pense pas plus loin qu'à son prochain repas. La simplicité pure, et pourtant pleine de noblesse, quelque part. Cela ne devait durer que quelques jours, pas même une semaine, à l'origine...

… Et tout a basculé. Le jeune homme se laissa prendre à la simplicité apaisante de cette existence, laissant ressortir le loup qui habitait chacun des membres de sa race. La détente devint reconversion, l'homme devint loup. Il n'eut ni crainte, ni interrogation, ni regret. Il se sentait bien, voir mieux, parfois. Alors pourquoi ne pas continuer, juste encore un peu ?
Et le loup avait prit le pas sur le cristalléen, le lançant dans une vie sauvage d'errance, de chasse, sous le regard de la faune mais loin de celui de la cité. Le temps avait passé, les commodités telles que les feux de camps avaient disparues, de même que les quelques possessions que le jeune homme avait emporté. Rien de bien important ou précieux, heureusement. Après tout, quelle usage un loup pourrait-il faire de silex et d'amadou, d'un petit couteau, et d'autres choses du genre ? Ses crocs, ses griffes, cela lui suffisait amplement.

En quelques temps, les environs n'eurent plus beaucoup de secrets pour lui. L'homme-bête savait où dénicher ses repas, repérer les signes indiquant le passage de prédateurs plus dangereux que lui, interpréter marques et odeurs... Alors la plénitude fut complète.
Sous la tutelle de son animal totem, Ethan se dépouilla de ses doutes, ses craintes et ses regrets. Il n'y avait plus rien, à part eux, la nature, et l'insouciance d'une vie de loup. Alors, ses responsabilités d'assistant professeur lui parurent à peine plus qu'une futilité humaine.

Et il resta dans cet état longtemps. Plus longtemps qu'il n'aurait cru, piégé qu'il se retrouvait par l'attrait du calme et de la sérénité. Les notions de jours, semaines ou mois n'ayant plus cours pour lui, aucun moyen de savoir combien de temps il resta dans cette état.
Mais à mesure de ses errances, la cité se rapprochait, jusqu'à devenir aisément visible pour ses yeux de loup. Une vague émotion avait pointé en lui dés qu'il avait posé le regard dessus, ouvrant une porte au cristalléen, qui n'avait pas manqué de regarder au travers.
La Cité d'Elament...

Chaque nuit, depuis, il s'était prit à regarder les lumières brillantes pendant une heure ou deux, depuis le couvert des arbres. Et chaque nuit, Ethan regagnait un peu plus de nature humaine, repoussant un peu plus le loup, se rendant compte qu'il s'était écoulé plus de temps que prévu. Des images s'imposaient à lui, parmi lesquelles les portes de la cité, le grand bâtiment de l'école, certains de ses élèves, Ruby – seule autre cristalléenne qu'il connaissait - …


* *
*



Il en était arrivé à un état d'équilibre précaire, autant homme que loup. Et rien n'en devenait plus facile. Cela ne lui permettait que de remarques divers détails. L'état de ses vêtements, vestiges en lambeaux de ce qu'il portait en partant de la cité, sans parler de ses affaires disparues les dieux seuls savaient où. Mais aussi d'autres choses, plus étonnante, voir encourageante. Alors qu'avant, le don de sa race n'était que fluctuant et le résultat plutôt moyen, le jeune homme constatait, avec un certain plaisir, que ses attributs de loup s'étaient affinées. Finis, les crocs ridicules et les griffes tordues. Maintenant, il constatait qu'il s'était assez amélioré, assez uni avec l'animal pour parvenir à une meilleure unité.
Avec une légère amertume, il pensa à l'approbation de sa mère, qui lui arracha un sourire ironique et fit reculé un peu plus la bête.

Ainsi dissimulé, dans l'ombre, le jeune homme reprenait peu à peu pied avec la réalité, sa réalité, en contemplant les lumières de la ville. Bientôt, très bientôt, il serait redevenu lui-même, ou du moins assez pour rentrer s'occuper de ses responsabilités, que l'incessant sentiment d'urgence ne lui laissait pas oublier.

Mais en attendant, il voulait rester un peu, encore un peu, chasser une dernière fois. Aussi l'homme-bête s'éclipsa-t-il dans la nuit, se fondant dans le décor, et commença-t-il sa traque. Les traces et odeurs ne manquaient pas, cette nuit, et il n'eut pas de mal à commencer à suivre quelques pistes. Plusieurs se révélèrent infructueuses.
Puis, enfin, il en releva une autre. Apparemment, ce n'était pas du petit gibier, mais quelque chose de plus grand, plus lourd. Un meilleur repas en perspective.

Silencieusement, le prédateur se fondit dans l'obscurité et remonta la piste, entrevoyant une vague forme sombre dans l'ombre de la nuit. Impossible d'identifier la nature de sa proie, mais cela n'arrêta pas pour autant le chasseur. Elle ne semblait pas bien dangereuse, aussi le loup suivit, silencieusement, lentement, attendant le bon moment. Le temps n'avait plus cours, seule restait la concentration, le frisson de la chasse, l'attente de l'instant fatidique où toutes les conditions seraient réunit.
Et, enfin, après un instant qui sembla tant durer une éternité qu'être hors du court même du temps, l'occasion se présenta. Le prédateur sortit du couvert et, en un éclair, sauta sur sa proie...

...Et remarqua qu'il ne s'agissait pas d'un animal, mais d'une personne. La seule chose qui retint le jeune homme, le laissant hébété, à quatre pattes, plaquant sa victime au sol avec une expression incrédule sur le visage.
Le retour à la nature humaine était soudain et rude...
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MessageVen 28 Aoû 2009 - 14:48

Elle était trempée de sueur, de sang, et épuisée.
Comment décrire les évèvements antérieurs ? Ils n'avaient été qu'une succession de souffrances et de larmes, d'éclairs rouge de douleur. Tu parles d'une première mission ! C'était bien la dernière fois qu'elle acceptait un poste pareil. Espion. Dans les Enfers. Non mais quelle idée. Fallait-il être stupide pour avoir accepté ? Tout son corps n'était qu'une vague zone de souffrance, que chaque respiration, chaque mouvement, réveillaient. Le moignon de son bras droit avait, heureusement, été épargné. Mais les ongles de sa main gauche n'étaient qu'un souvenir. Son visage était une juxtaposition de bleus les uns sur les autres. Elle avait deux dents cassées, deux énormes yeux au beurre noir tellement gonflés et douloureux que la jeune femme avançait aveugle. Elle s'était échappée de justesse de la prison des Enfers, se jouant de cette gamine affreuse qui hantait ses rêves éveillés.

Laewyn avait couru dans la forêt, à s'en briser les dernier os de son corps encore intact. Mais là, c'était trop, elle n'en pouvait plus. Que les habitants se trouvent quelqu'un d'autre pour faire cette besogne d'espionnage. Elle n'avait été ni bonne comme souveraine, ni bonne comme espionne. Plus rien ne la retenait ici bas. Elle appelait la mort à ses voeux, chantant de façon plaintive comme le font les elfes du Soleil. Mais l'astre éternel était masqué par les cépées de cette foutue forêt infestée de bestioles toutes plus repoussantes les unes que les autres. Quelques heures auparavant, alors que la jeune aqua tentait de trouver un sommeil réparateur, les bêtes en question étaient venu lui mordiller les orteils, et la souffrance, pure, aveuglante, l'avait réveillée de cette non-nuit sans rêve. Elle entendait encore ce rire à ses oreilles, cet affreux rire de petite fille gâtée.

Il fallait qu'elle vive, pour dire ce qu'elle savait. Pour se venger. Pour arracher de ce visage infantile ce méprisable sourire d'ange mauvais.

Elle avait reprit sa marche, chacun de ces pas étant un métronome à la douleur de son épaule luxée. Avec un bout de bois pointu, elle s'était percée les poches de sang qui diminuaient sa vision, retenant un gémissement de douleur de crainte que la chasse ne soit toujours donnée après elle. Elle avançait cahin-caha, se retenant de s'appuyer sur les arbres. Ses côtes semblaient percer ses poumons et sa peau, mais ce n'était là que son imagination. Son sang royal s'écoulait doucement par les blessures encore fraîches, même si certaines avaient coagulé, collant le tissu de sa tunique à ses plaies.

Et puis tout avait été très vite. Il lui semblait qu'elle s'approchait de la lisière de la forêt, mais c'était le cas depuis des heures. Son esprit la trompait : elle voyait des yeux brillants dans les ombres, et la lueur fugitive d'une lame aiguisée dans la percée des feuilles des arbres. Il y avait eu ensuite un poids lourd, énorme, sur elle, puis les ombres quelques secondes, à cause de la lumière qui ne passaient pas au travers d'une épaisse chevelure. Enfin, tout s'immobilisa. Elle était sur le dos, des larmes de souffrance coulant sur ses joues, traçant des sillons clairs dans le sang qui maculait son visage autrefois délicat. Etait-ce un ange ? Il avait les traits fins et beaux, les yeux empli d'une lueur vespérale et promesse de meurtre. Mais c'était du beau meurtre que l'on voyait dans son regard, un meurtre égal, juste. Ce n'était pas un ange, mais un prédateur, pourtant, Laewyn remercia tous les dieux de sa présence.

Un cri rauque lui échappa, et des bulles de sang vinrent éclater à la commissure de ses lèvres. Sa respiration était pareille à celle, chuintante, des agonisants.


" Elament.... " chuchota-t-elle, aussi fort qu'elle le pouvait.
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MessageMar 1 Sep 2009 - 23:42

Malgré son bref et violent retour à l'humanité, Ethan ne retrouva pas totalement ses esprits. Il pu à peine remarquer que sa proie était de race elfique, et dans un sale état à en juger par ses nombreuses blessures. Mais l'autre, le loup, tapis à la lisière de sa conscience mais pas totalement écarté, ne manqua pas de relever l'odeur de sang qui émanait d'elle. Les odeurs de sang et le léger relent de peur suffirent à le faire bondir au devant de la scène, reprenant le contrôle de l'enveloppe du cristalléen.
Si frêle, affaiblit et fragile, elle ne représentait pas une chasse d'exception. Mais une chasse restait une chasse, et il ne manquait que quelques bons coups de dents pour la terminer. Là était tout ce dont le loup se préoccupait. Aussi, lentement, approchait-il ses crocs de la gorge de la jeune femme.

Ce qui la sauva fût un mot. Un simple nom, en fait. Celui de la cité. Le prédateur se figea, hésita un instant qui parut une éternité. L'elfe pouvait aisément sentir le souffle du chasseur sur sa joue. Quelques centimètres et tout la situation pouvait basculer irrémédiablement...

Mais non. Le jeune homme soupira doucement, se redressa en portant une main à son visage, levé vers le ciel, au delà des frondaisons.

« Recule, maintenant. Il est temps que je retourne au sein de ma meute... »

Les mots, prononcés à mi-voix, ne s'adressaient pas à la personne sur laquelle il était encore à moitié assit, mais au loup, en lui, aux instincts de son animal-totem. Et il resta là, sans bouger, jusqu'à ce qu'il se fut assuré d'avoir reprit le contrôle de lui-même, en se répétant encore et encore ce fameux nom. Elament.

Puis, il baissa les yeux sur la jeune femme qu'il avait été à deux doigts de tuer – ou plutôt d'achever – et de dévorer, preuve qu'il était peut-être resté trop longtemps en tant que loup. Dans un soupire, il remercia l'elfe, quoiqu'il ne lui expliqua pas grand chose. Un simple oubli, mais qui ne l'aiderait pas à comprendre pourquoi celui qui la chassait un instant auparavant la remerciait maintenant.
Après s'être relevé pour ne plus l'écraser, Ethan détailla un instant la demoiselle, et ses yeux s'agrandirent progressivement. Son état, le nombre de ses bleus et blessures, l'étonnaient presque autant qu'ils le révoltaient. Rien, dans sa nature et son éducation, ne pouvait lui faire accepter facilement qu'on puisse mettre une femme dans un tel état.

« Nom de... Attendez une seconde... »

Le jeune homme se baissa, mais plutôt que l'aider à se relever, il la força malgré elle à s'asseoir. Rien que l'idée de la laisser dans un tel état sans rien faire lui laissait un sentiment de honte. Aussi fit-il de son mieux pour qu'elle puisse se reposer un peu, et détailla-t-il une nouvelle fois ses blessures.

« Je peux pas vous laisser dans cet état... »

Son éducation hurlait au cristalléen d'aider la jeune femme, par quelque moyen que se soit. Les mœurs que les siens lui avaient inculquées, malgré les années passées loin de ses terres natales, n'avaient pas vraiment faiblit, sous certains aspects.
Après un instant de réflexion, Ethan haussa les épaules et prit les restes de sa tunique en lambeaux, finissant torse nu, et les déchira pour en faire des bandages de fortune, ainsi que pour maintenir son bras qui, manifestement, n'était pas en très bon état, quoiqu'il ne diagnostiqua pas la luxation d'épaule.

« Désolé de vous embêter avec ça, mais ça sera mieux que rien, d'ici à ce que vous puissiez avoir mieux... »

Le jeune homme semblait décidé à panser un minimum les blessures de l'elfe, qu'elle l'y aide ou non, mais n'avait en même temps pas l'air de vouloir la brusquer. De temps à autre, il jetait un œil alentour. Avant qu'il ne lui saute dessus, le cristalléen avait remarqué qu'elle fuyait, et l'odeur de peur était assez éloquente. Et si elle fuyait, quelque chose ou quelqu'un la suivait peut-être, et Ethan n'avait pas envie que cela leur tombe dessus à l'improviste.
Et il ne fit même pas attention au fait que non seulement il ne s'était pas présenté, mais aussi que, alors qu'il avait faillit la tuer quelques instants auparavant, le changement radical de comportement devait sûrement dérouter la jeune femme...
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MessageVen 4 Sep 2009 - 17:26

Mais elle se foutait éperdument de ce changement de réaction, qu'elle ne nota même pas, à moitié inconsciente. Elle était tombée sur un élémentaliste, elle le savait, elle le sentait dans ce qui restait de ses os. Elle avait passé trop de temps sous terre à déterrer des restes d'informations pour ne plus reconnaître les siens. Les Siens. Les siens n'étaient plus son peuple d'elfes qui l'avait rejetée pour une blessure, dont les implications auraient pu être réparées. Elle aurait pu réapprendre à se servir d'une épée, créer un arc spécialement pour elle. Laewyn aurait pu vivre au sein de sa communauté avec un moignon, tout en restant une bonne combattante. Mais non, il l'avait rejetée. Tout ça était de leur faute.

Lorsqu'il lui fit une attelle de fortune, la réalité la frappa d'un coup sec, d'un seul, et elle hurla, le frappant avec son bras amputé, mais sans force. Laewyn tomba en arrière, sa tête claquant durement sur l'humus de la forêt. Des étoiles vinrent danser devant ses yeux, occultant les arbres, le bois, l'écorce. Elle aurait bien voulu se laisser glisser dans le confort cotonneux de l'inconscience, mais la vie était plus forte, et lorsque le jeune homme en haillon la rassit, elle ne résista pas, pas plus lorsqu'il la fit souffrir encore et encore en bandant ses plaies avec du tissu sale. Ses plaies risquaient de s'infecter, mais c'était là le cadet de ses soucis. Il devait y avoir, à Elament, des guérisseurs de talent, capable de guérir une directrice d'une maladie rare. En deux mois.

C'était fou comme, au bord de la mort, les choses pouvaient vous apparaître différemment. Naciniah devait être morte, ou partit. Laewyn en était maintenant convaincu. Sinon, pourquoi Ruby recevait-elle tard, chez elle, des bataillons d'Administrateurs, de chefs de guildes, d'espions ? Ah ? Comment l'Elfe le savait ? C'était un peu son travail d'être au courant des choses avant les autres. Ciel... si les habitants étaient au courant de ce fait... Les implications en étaient difficilement prévisible. Emeutes ? Guerres civiles ? En tout cas, la nouvelle ne serait pas prise avec philosophie. Laewyn affichait un sourire songeur et apaisé. Un frisson la prit et elle tressaillit.


" Je dois aller à Elament. " Elle lui lança un regard ferme, malgré la nouvelle raideur de ses muscles, perclue de douleur. Il ne sembla pas réagir, concentré exclusivement sur ses soins, par ailleurs inutiles. " C'est une affaire d'Etat, une question de vie ou de mort. "

Elle se voulait convaincante, mais sa voix fallit sur les derniers mots, s'étouffant dans le sang qui lui remontant des poumons. Elle se tourna sur le côté juste à temps pour vomir, et sa respiration se coupa à cause de la douleur qui naquit dans son torax, là où ses côtes brisées rapaient probablement contre ses viscères. Dieux... elle n'osa pas imaginer les dégâts qu'il y avait à l'intérieur de son corps. Il fallait qu'elle arrive à Elament, il le fallait. Elle tenta de repousser les mains du jeune homme dont elle ne connaissait pas le nom - cela avait-il réellement de l'importance ? - et elle se releva péniblement.

Il était torse nu, maintenant. Ses chausses étaient trouées en de nombreux endroit. Que faisait-il dans la forêt ? Depuis combien de temps y était-il ? Laewyn se doutait qu'il devait sentir mauvais, ou plutôt, il devait sentir une odeur naturelle de prédateur, mais la propre fragrance qui se dégageait d'elle lui donnait déjà la nausée. Sueur, excréments et sang. Elle avait été emprisonnée plusieurs jour durant, et les seuls soins qu'on lui donnait consistait à la nourrir avec du pain rassis et de l'eau croupit. L'angaraa qu'elle avait bu à l'Ancang n'avait pas fait effet assez longtemps pour lui faire passer la séance de torture...


" Merci... " murmura-t-elle, le goût du sang et de la bile à la bouche, avant de faire deux pas et de chanceler.
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MessageDim 4 Oct 2009 - 13:07

Je me permets un up.
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MessageVen 9 Oct 2009 - 9:30

Chaque seconde passant ne faisait qu'augmenter l'indignation et la pitié d'Ethan. Les raisons pour lesquelles les gens pouvaient être si cruels avec leurs semblables, qu'ils soient de la même race ou non, lui avaient toujours échappés. Et il en valait de même avec les démons. Tout cela le dépassait, mais il faisait avec. Si personne n'avait trouvé de réponse avant lui, peu de chance que lui y arriva.
Tout ce qu'il pouvait faire, dans la situation présente, était d'aider la jeune femme. Non seulement il ne pouvait s'en empêcher en voyant son état, mais il devait lui aussi retourner à la cité, et la laisser se débrouiller revenait à la laisser risquer la mort. Non, mieux valait qu'il agisse ainsi. De plus, cela lui permettait de reprendre de mieux en mieux le contrôle, en laissant les réflexes du loup enfouis un peu plus loin.

Alors qu'elle essayait de s'en aller seule, le cristalléen la vit chanceler et manquer de s'écrouler, s'il ne s'était pas précipité pour la rattraper. Elle semblait à bout de forces, mais compte tenu de son état, cela n'avait rien d'étonnant.

« Je dois aussi retourner à la cité. Laissez-moi vous aider. »

Et, alors qu'il l'incitait à grimper sur dos dos pour la porter, il le sentit. Il sentit le pouvoir de son élément, en elle, et cela lui arracha un petit sourire. S'il pouvait reconnaître cela aussi distinctement, alors il était en état de rentrer.
Une fois qu'il l'eut convaincue de se laisser faire, il la souleva doucement et commença à avancer. Quelque part, il garda son attention braquée sur l'environnement autour d'eux, pas plus sûr qu'avant que ce qui poursuivait l'elfe n'était pas quelque part autour d'eux. Même si, quand le loup avait encore la main-mise sur son corps, il n'avait remarqué personne d'autre, cela ne signifiait pas que tout risque était écarté.

Malgré tout, il ne fallut que quelques temps pour qu'il ne finisse par laisser tomber le silence. Depuis le temps qu'il n'avait été en contact avec personne d'autre, la compagnie de la jeune femme lui donnait envie de renouer des liens avec l'humanité.
Après tout, il l'avait plus ou moins torturée malgré lui en la soignant, et maintenant il la portait, les mains posées sur ses jambes, alors qu'il était torse nu. S'il état inconvenant qu'il se présente et discute un peu, alors le monde avait bien changé depuis le début de son escapade naturelle.

« Je m'appelle Ethan. Désolé pour la frayeur, quand je vous ait sauté dessus. » Sa voix trahissait une certaine gêne quant à cet épisode de leur rencontre. « Pour faire court, je n'étais pas totalement maître de moi-même. »

Ethan lui laissa le temps de répondre, de se présenter elle-même. Dans le fond, il espérait surtout qu'elle voudrait bien discuter un peu alors qu'ils cheminaient, la cité se rapprochant lentement. Revenu à lui en tant qu'être humain, l'idée de faire le trajet jusqu'à Elament dans le silence total l'attirait autant que manger de la terre : uniquement s'il n'y avait pas le choix.
Devant eux, les lumières de la cité se rapprochaient petit à petit, mais paraissaient toujours aussi loin. L'impatience, probablement, de se retrouver derrière ses murs.

« Je ne sais pas ce qui vous est arrivé, mais... Je ne comprends pas comment on peut mettre quelqu'un, surtout une femme, dans un tel état. J'espère seulement que je n'ai rien aggravé en essayant de vous aider... Et je tiens à m'excuser si je vous ait fait mal, mais je ne pouvais pas vous laisser sans rien faire. Je suis comme ça, je ne pouvais pas faire autrement que vous aider. Donc essayez de vous détendre, et laissez-moi m'occuper du trajet jusqu'à la cité, d'accord ? »

Sentir la jeune femme contre son dos lui laissait une impression étrange. Comme s'il se souvenait d'une sensation oubliée depuis longtemps. Cela le troublait légèrement mais, quelque part, ce n'était pas désagréable. Le jeune homme mit simplement cela sur le compte de la longue période passée en tant que prédateur, sans trop chercher à comprendre.
Pourtant, c'était cette chaleur humaine, contre lui, qui lui avait manqué. Après tout, il s'était retrouvé seul depuis un moment, déjà. La dernière fois qu'il avait été aussi proche de quelqu'un, physiquement parlant, remontait à loin...

Écartant ces préoccupations, il porta plutôt son attention sur les environs et son infortunée compagne. Autant s'occuper de points plus urgents, il pourrait toujours chercher à comprendre après l'avoir ramenée à la cité et trouvé quelqu'un qui puisse la soigner.
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MessageSam 28 Nov 2009 - 13:27

Au final, elle grimpa sur son dos.
Elle avait l'impression que maintenant, elle pouvait se laisser aller : à lui seul restait la responsabilité de l'emmener dans la cité, elle-même avait fait ce qu'elle pouvait, et les informations qu'elle détenait était assez importante pour permettre aux élamentiens de se prémunir contre le nouveau roi. Elle eut un ricanement nerveux. Une fièvre soudaine la prit. Depuis combien de temps son bras était-il cassé ? Combien de jours s'étaient-ils écoulés depuis que Sappho l'avait enchaînée à un mur, tel un chien mal apprivoisé ?! Mais elle l'avait bien eut, cette garce de démone, à ça oui, elle l'avait bien eut !

Elle posa sa tête sur l'épaule nue du jeune homme et sentit son odeur. Il sentait la sueur, l'homme en plein exercice, et cette odeur différente du sang et de la mort la ravie au plus profond de son âme, semblant déchirer quelque chose en elle : la corde trop tendue d'un pendu, le cri de la Mandragore. Mais il n'arrêtait pas de parler. Etait-ce pour la rassurer elle, prise de tremblement, oui lui-même, se demandant si la chasse était encore donnée, attendant l'hallali ?


    Le sol se déroba sous elle et elle entendit distinctement le piaulement de l'acier chauffé rouge plongé dans une barrique d'eau froide, le battement appaisant du coeur d'une forge. Elle essuya sa sueur de sa main droite, avant de voir celle-ci tomber au sol, avec son bras. D'eux deux poussa un fier et puissant orme qu'elle nomma Folletti, ce qui dans sa langue signifiait Ivresse, car sa pousse avait été tellement rapide que son coeur n'avait pas eu le temps de battre, enivrant son esprit, le noyant dans un maëlstrom d'ondes de couleur qui faisait flotter ses cheveux


Son propre poids sur son bras l'acheva presque : elle valsait avec l'inconscience, y sombrant plusieurs fois, ne revenait à la réalité que pour entendre la litanie apaisante du jeune homme (Ethan, avait-elle cru entendre) et voir la muraille se rapprocher de plus en plus, petit à petit. Elle aspirait à se trouver déjà dans son ombre réconfortante, dans sa majestueuse ombre tellement protectrice, et à se laisser aller au repos, dormir, oublier la souffrance et la douleur, ne plus sentir au fond de sa gorge le coup acide de la fin... Elle se secoua.

*NON*

Il ne fallait pas qu'elle lâche maintenant, sa fierté le lui interdisait. Se trouvaient-ils déjà sous l'arche somptueuse de la grande porte ? Avait-il touché de sa main puissante un symbole ? L'elfe ne l'avait pas vu, elle ne voyait que la silhouette pointue de son oreille qui lui traduisait une appartenance à la race elfique - ou pas. Elle gémit quand il attaqua la côte menant à la cité. Devant lui, la foule se fendait, derrière eux quelques curieux suivaient le mouvement, intrigués, dégoûtés, étonnés. Elle ferma les yeux une nouvelle fois.


    Devant elle se trouvait un jeune garçon, son frère. Il leva la main et tenta d'attraper un rayon de soleil dans l'ombre moucheté des futaies, alors qu'un papillon se battait avec la radiance claire du jour. Et dans ses cheveux, les grains du pollen des fleurs de leur ville piquetait sa chevelure d'étoile. Elle partit dans un éclat de rire bon enfant en le voyant faire. Une voix la héla dans son dos, et Laewyn se retourna lentement. Elle était plus grande maintenant, sa poitrine dardant fièrement sous sa tunique. Son père tenait sa mère par sa taille. Elle trouva cela étrange.


Elle se trouvait dans l'obscurité, quand elle les ouvrit de nouveau, et une haine la prit aux tripes : elle leva brutalement le visage, serrant les dents face à la douleur, cherchant des yeux la démone, se promettant de l'écorcher avec les ongles s'il le fallait, ou avec le tranchant de ses os brisés et à nus. Mais elle n'entendit que la voix suave et douce d'un homme, et celle, tranchante et froide, d'une femme, et monde bougea de nouveau...


[Hop, va donc ouvrir le nouveau topic dans le bureau de Ruby, petit fat : p Et désolée pour la taille du message mais on ne va pas faire 6 messages de "noon, vite, la cité !". Je ne pense pas avoir à te préciser que Laewyn est en plein délire XD ]
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