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 A toucher les étoiles [Monomessage]

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Archael
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Race : Ange (Trône)
Poste : Ex-Professeur; Bibliothécaire
Magie Contrôlée : Air

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880/1000  (880/1000)
MessageMer 8 Juil 2009 - 22:47

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Thème Musical : Salva Nos Deo (Yuki Kajiura)






Qu'il est long, le voyage...

De la main, Archael repousse une mèche qui lui bat la figure. Son geste est empreint d'un peu de lassitude. Après tout, il approche de la fin de sa seconde journée de vol.

Il a quitté Sharantyr hier matin, après les adieux à ses habitants. Comme il l'a fait si souvent, il a déployé ses ailes, les illuminant de magie, et s'est envolé, retrouvant ce qu'il n'hésite plus à qualifier de son élément naturel. Pour le plaisir, il a décrit quelques cercles au-dessus de l'île de ceux qui l'ont accueilli pendant quelques semaines, admirant les reflets sur la mer peu profonde. Puis il a entamé son périple, longeant les côtes des terres d'Erestrée, prenant rapidement de la hauteur pour rejoindre les alizés et profiter de leurs courants.

Quelques Voix d'Argent l'ont accompagné un moment, ces êtres célestes si semblables aux dauphins des mers d'en-bas. Ce sont ses compagnons de route préférés, rapides et gracieux voiliers des airs. Leur route, parfois, a croisé la trajectoire de plusieurs Grandes Ailes. Triangles gigantesques, mais aussi fins que des feuilles de parchemin, ces douces créatures dépourvues d'esprit se contentent de flotter sans but, se nourrissant de la lumière dans laquelle elles baignent, solaire et lunaire. Peu de mortels les ont jamais vues, incapables qu'elles sont de survivre aux altitudes inférieures, car la pression signifie pour eux l'écrasement.

Car ils sont haut, très haut dans le ciel.


Tellement haut que les nuages d'en bas paraissent se changer en un tapis de neige et que le dôme céleste lui-même est d'un bleu sombre. L'atmosphère est raréfiée, glaciale. Même un Aera doit continuellement produire de l'air pour ses propres besoins, et se protéger du froid intense qui règne à ces altitudes. Mais tout cela n'est rien. Car en ces lieux, ce qui compte, c'est l'incomparable pureté de la lumière. Le soleil aveuglant de plusieurs miliers de mètres d'altitude, ses rayons qui viennent gorger les ailes du Trône, lui fournissant toutes les forces nécessaires pour voler longtemps et vite, droit vers l'Est.

Il est regrettable que la couverture nuageuse dissimule la terre. Il a un instant distingué, dans une trouée de nuages, les côtes d'une terre boisée qu'il a reconnu comme le Luscanian. Contrée agréable, dont la capitale, Luxania, est une fidèle alliée d'Elament. Mais il doit continuer sa route, suivre les routes des vents qui l'emportent avec eux. Les Voix d'Argent l'ont quitté sur un dernier accord amical, rejoignant un banc de leurs semblables qui doivent planer un peu plus au nord. Les heures suivantes ont été fatigantes. A cette altitude, pas de pluie ni d'orage, mais de violents courants contre lesquels il faut parfois lutter, pour retrouver le calme. Mèches rageuses de la tempête, semblant vouloir vous retenir, vous retourner dans leurs brisants, précipiter sur la terre lointaine tous ceux qui osent s'aventurer aux frontières des cieux. Mais l'Ange, depuis le temps qu'il parcourt ces étendues, sait déjouer leurs pièges. Ses ailes, comme deux grandes voiles, s'irisent de lumière quand il y influe son pouvoir, afin de se donner l'impulsion nécessaire pour échapper à leur étreinte.

Quand vient la nuit, il est toujours en route, se guidant comme les oiseaux migrateurs, sur les mystérieuses lignes de route tracées sous les astres. D'habitude, il aime ces heures de vol nocturne, où les étoiles semblent si proches qu'on jurerait les toucher en étendant la main. Mais il fait trop froid, cette nuit. Malgré son épais manteau et la bulle d'air qui le protègent, il ne peut s'empêcher de sentir ses membres s'engourdir. Il faut ralentir, redescendre de quelques centaines de pieds, concentrer l'essentiel de ses forces à se protéger. Mais à mesure que les lieues défilent, il ressent à nouveau cette impatience délicieuse en voyant l'horizon s'éclaircir, lentement, patiemment ... c'est cela l'espérance, la certitude que la longue nuit finira, l'espoir fragile et indestructible du soleil qui se lève.

Et bientôt, comme une amie fidèle au rendez-vous, vint l'aube et toute sa gloire.

C'est l'Est tout entier qui s'embrase de rose, puis de jaune, puis de blanc. Combien savent le prix qu'a cette sensation merveilleuse de planer doucement droit vers cette fournaise de clarté, complètement aveuglé, mais attiré par elle aussi sûrement que le papillon par la flamme? Rien pour vous bruler les ailes - le globe de feu blanc continue sa course habituelle, de plus en plus haut, vous enveloppant de sa chaude couverture. Les membres glacés se réchauffent à ses rayons, les ailes brillent à nouveau de leur feu blanc, reprenant leur course plus vite que jamais. Pour passer le temps, l'Ange glisse la main sous son manteau et en retire le Chanteciel. Affectueusement, sa main glisse le long des délicates cordes de verre, en tirant quelques accords. Son instrument bien-aimé, brisé lors de l'affrontement contre Chilk ... il ne sait plus combien de temps il lui a fallu pour le faire renaître, lentement, sculptant la magie au creux de ses paumes, échouant dix, vingt, cent fois ... puis recommençant encore, sans se lasser. C'était pour cela qu'il avait quitté Elament. Le Cité n'avait plus besoin de lui, la Guerre terminée pour un temps, Tyrol capable de le remplacer. Il pouvait enfin prendre la liberté de goûter à nouveau à la solitude, à l'errance - le temps de goûter, dans le silence du ciel, cette paix profonde qui panse et guérit les blessures du coeur.

Ce ne fut que vers le milieu de l'après-midi qu'il s'arrêta. S'étirant après les longues heures passées immobiles, il examina les nuages sous lui, décrivant de larges cercles. Compte tenu de sa vitesse et du temps écoulé, il devait se trouver au-dessus de la région des Monts Décharnés. Il n'en fut toutefois certain qu'en reconnaissant, tout en bas, la forme familière d'un sommet plus haut que les autres, dépassant des nuages. L'ange sourit. Il s'est plusieurs fois guidé sur cette aiguille irrégulière. Le terme du voyage n'est plus loin - presque exactement en-dessous de lui ...

Laissant derrière lui des bribes lumineuses de magie, le Trône plongea vers le sol, savourant le rugissement du vent qui accompagne sa descente verticale. Il chuta ainsi pendant une longue minute, bras en croix, avant de trouer brutalement la couche de nuages. Pendant quelques secondes, il ne voit plus que du coton, un univers blanc et gris tournoyant à toutes vitesse. Puis soudain, la surface, beaucoup plus près. L'espace d'une seconde, il aperçoit une tache claire sous lui, quelques lieues à l'Est. Archael sourit. Elament...

Il est temps de replier à demi ses ailes, qui commencent à devenir douloureuses. Les yeux fermés, l'Ange respire profondément et laisse la magie l'inonder. Un instant, une voix lui revient, souvenir embrumé d'une salle de classe où il étudia, il y a déjà longtemps ... la voix tranquille de Caroline Dilden, la femme qui leur enseigna tout, à lui et aux autres ...

N'essayez pas de posséder l'air, car il n'appartient à personne. Écoutez-le, aimez-le, épousez-le .. Vous ne commandez pas au vent, vous êtes le vent ...


Il étendit sa volonté, s'appuyant sur l'air ambiant pour se freiner, influant dans son dos le don enchanté des magiciens. Quand il fut prêt, il ouvrit soudainement les paupières et laissa la vague qui montait en lui se répandre à l'extérieur. Avec un bruissement doux, puissant, la magie de l'Air l'entoura, le freinant comme une main invisible. Et dans son dos, ses ailes flamboyaient toujours de cette lueur blanche, comme si elles emportaient un souvenir des espaces de là-haut, où la lumière ressemble encore un peu à celle qui baignait le monde quand le temps était jeune.

Et alors qu'il abordait les plus hautes tours d'Elament, il laissait encore derrière lui, comme une traînée lumineuse, un peu de cette brillante clarté qu'il était allé chercher. Elle ne durerait pas, mais annonçait son retour dans la cité des éléments, lui apportant en présent un peu de ces étoiles qu'elle lui avait appris à aller chercher.

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