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 La nuit est à qui sait l'écouter

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Zeo
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MessageJeu 28 Mai 2009 - 15:35




Thème - Musique

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On entendait des bruits de pas s'écraser contre ce sol nocturne, ça allait vite, l'être ne s'attardait pas à la marche. Qui aurait-pu croire qu'un ange allait courir cette nuit, au milieux des étoiles, en dehors de la Cité, rempare contre le danger ?! Le souffle était rapide, le drapé du kimono se froissait, frottait et claquait dans le vent comme la rage d'un soir coléreux. L'ange au corps fin glissait dans le vent, une vague de fraîcheur aux allures sourdines. Une chose trottait dans la tête de cette femme aux cheveux blancs, un doute. Avoir un doute pour elle, était une chose insupportable. Le doute, l'incertitude. Déstabilisant. Les yeux cristallisés par la piqure du froid ne virent pas la racine un peu trop encombrante pour le passage de ses pieds, qui, déjà trop engagés dans leur foulés, butèrent contre cette enfoirée, et lle corps trébuchéa en un rien de temps. Mains en avant, erreur difficile à éviter qui fut suivie par un douleur qui remonta l'os jusqu'à ses coudes jumeaux. En relevant son visage, l'ange remarqua au loin, et pas si loin en réalité, la silhouette de l'arène qui se découpait dans la nuit. Ce bâtiment qui représentait tant de choses, les combats étaient à ses yeux, des combats acharnés contre sois même. Celui qui veut se connaître, doit y passer. C'est ainsi que l'ange voyait une arène, cette arène, tout combat quel qu'il soit en bref. Son corps se releva, la poussière s'évapora. Elle était douce et froide dans chacun de ses gestes. Mademoiselle se croyait enfin loin de toutes choses demandant à posséder en elle un cœur. Ses pas la rapprochaient de l'arène, l'entrée était immense, et les dalles étaient encore chaudes à son dernier passage... son dernier, il y a de ça, des années si nous ne prenions pas en compte cette humaine qu'elle défendit par obligation, un poste qu'elle dont elle devait faire honneur. Gardienne. Était-elle à la hauteur ? Non, bien sûr que non. En haut, porté par de longues plumes, l'étrange lézard volant n'avait pas faillit à sa présence, toujours à suivre l'ange, une amitié plus qu'une histoire d'animal de compagnie. La ressemblance de son plumage avec celui de l'ange était frappante. Le hasard a toujours raison, le hasard fait bien les choses.


Briser les chaînes du passé n'était rien de simple à accomplir, et le passé, son passé, n'était pas des plus terrible, il était d'ailleurs tout à fait normal. Seule cette rencontre après une longue solitude. Juste ce passage qui lui apporta plus de peur que de douleur... la peur, un bien grand mot... et c'est enfin arrivée au centre de l'arène, car les gradins ne lui faisait que mauvaise compagnie, qu'elle laissa son corps s'assoir dans la sombre poussière. On pouvait y voir par endroits, des restes de bavures rouges tachant soigneusement les grains de sable afin de les solidifier, de les allier, et d'en faire de minuscules et minutieux blocs. Son oreille lui apporta des nouvelles d'un autre individus. Un chat errant, une bestiole vagabond... des yeux malveillants ? Ici, la liste pouvait être longue et interminable !


Elle soupira, genoux à terre, du sable dans les mains, et toujours.... le doute. Une main se posa sur son visage, le regard dans le vide, cheveux détachés. Cette nuit là, elle ne portait pas son masque plumé, elle ne portait ni son bouclier ni son sceptre. Sa présence devrait lui suffire... que faisait-elle là ? Stupide femme. Ce n'était pas sa place, pourquoi ? Son kimono avait pris la poussière, un blanc cassé, salit. La beauté de l'ange était tâchée, et ça ne semblait en rien déranger ce petit bout de femme timide...

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Dernière édition par Zeo le Jeu 30 Juil 2009 - 15:08, édité 2 fois
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Iblîs Nemrodus
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MessageJeu 28 Mai 2009 - 20:13




Pas de lune cette nuit, pas de lune! Enfuie, disparue. Elle ne brille pas blanche et ronde, charmant de ses rayons les mille êtres des bois. Son globe rouge n'est pas suspendu au milieu du ciel, comme les nuits maudites où elle éveille les choses mauvaises. Pas davantage le croissant doré qu'elle présente quelquefois, faucille taillée d'or pâli et abandonnée là par le moissonneur. Elle ne brille que par son absence, et au ciel, seules les étoiles brillent.

Avez-vous déjà regardé le ciel briller? Oui? Ne répondez pas si vite. Bien sûr, je me doute que vous avez, comme nous tous, levé les yeux pour regarder ces petits points blancs. Vous vous êtes sûrement amusés à y chercher telle ou telle forme, ou à vous demander pourquoi ils semblent clignoter - certes. Mais les avez-vous vraiment regardées? Pris une couverture, cherché un endroit calme, tout seul si vous voulez être libre de penser, ou avec quelqu'un de cher si vous voulez partager leur magie. Allez là où vous pouvez - un coin de parc, un toit de bâtiment, une campagne proche, un sommet. Allongez-vous. Car le secret, voyez-vous, c'est de ne rien faire. Vous pouvez même dormir - l'important est d'attendre.

Alors, au milieu de la nuit, vous ouvrirez les yeux. Le ciel n'est plus noir, il est d'un bleu infiniment profond, un bleu que tous les peintres du monde échoueraient à rendre. Et merveille - les quelques points de lumière que vous regardiez tout à l'heure se sont multipliés. A présent, vous voyez qu'il ne sont pas des centaines, mais des milliers. Vous comprenez, peu à peu, qu'elles ne sont pas toutes à la même distance. Instinctivement, vous plongez au milieu d'elles, d'un infime mouvement de l'œil, à la vitesse de la pensée, et tous les astronomes de la Tour des Vents réunis en savent moins que vous. Vous regardez, tout simplement, et vous comprenez.

Leur plus grand secret?
C'est que plus on regarde le ciel, plus on verra d'étoiles.


Est-ce cela que pense l'homme noir tout en haut de l'arène? Qui sait. Il est sur le dernier rang, celui d'en haut, allongé de tout tout son long sur le banc, les bras croisés sous sa tête, les yeux grands ouverts. Regarde-t-il vraiment ce qu'il y a là-haut? Ou rêve-t-il seulement à quelque chimère ? Qui sait - dans ces yeux sans pupilles, lisses et morts comme deux plaques de jais, les étoiles se reflètent. Comme deux miroirs. Et l'homme repose, ainsi, silencieux. Depuis le début de la nuit, il est là. Apparu avec les ombres, au départ de tous les élémentalistes. Et oui, c'est un démon, il ne s'en cacherait pas si vous lui poseriez la question. Mais tous les démons en sont pas des pyromanes brûlant tout sur le passage, certains aiment aussi se coucher et réfléchir à leurs propres problèmes. Ou dans certains cas, comme celui qui nous occupe, se coucher parce qu'il n'y a rien à faire cette nuit, ou encore par pure paresse. Ce qu'il pense est difficile à décrire. Décrire les pensées d'un chat ou d'un serpent est déjà assez difficile avec des mots - imaginez-vous à présent celles d'un être cent fois plus étranger à l'humain que n'importe quel animal ... et puis au fond, qu'importe de savoir ce qu'il pense? Si les Démons n'ont pas pour vous le droit de rêvasser, vous vous montrerez aussi intolérant qu'eux.

Et puis, Iblîs vient de se redresser. Il regarde à présent la chose étrange qui virevolte dans l'air de l'Arène, là en bas. Et l'autre forme, aux longs cheveux blancs, qui s'est assise au milieu de la place sable. Les yeux d'obsidienne regardent et regardent encore. Soudain l'être noir se lève - et sa longue robe de velours vire et volte - puis commence à descendre les escaliers.

Clac.
Clac.
Clac.
Clac.
Lentement.
Régulièrement.


A quoi bon conter la calme approche de deux être? Les faits sont simples, ils sont courts. Il n'est pas toujours besoin de paroles. Pas à pas, l'homme noir approche de la femme blanche. S'assied sur le sable, sans paraître craindre un possible coup. Il ne la regarde pas, pas encore, car il veut se réserver le plaisir de la découvrir. A la place et sans hâte, il dessine du doigt un croissant de lune, sur le sable mêlé de sang.

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Zeo
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MessageVen 29 Mai 2009 - 10:50

Spoiler:
 


Elle regardait le ciel et se demandait... Pourquoi ?
Elle regardait ses mains et se demandait... Comment ?
Elle regarda la terre et s'arrêta un instant... A bon ?


Il n'y avait pas de sourire sans larmes. Il n'y avait pas de questions sans douleur. Et elle le vit arriver, sortit de sa torpeur. Elle le vit prendre place dans ce théâtre d'incertitude. Elle le vit se mêler au sable, comme un mime, un reflet qui exécuterait les gestes. Elle n'aimait pas les miroirs, elle ne les aimait plus depuis ce jour. Mais que faisait-il, sans venir plonger son regard dans le sien,une forme fine humanoïde, une forme fine dans un drap noir qui claqua le vent à son arrivée ? Il était gracieux. La nuit masquait les couleurs. La nuit dormait dans son
nuage ou ici...

L'homme pointa du doigt sa jupe blanche enveloppée dans une couche de noirceur, de sang et de sable, il la dessina... là, comme ça, comme si de rien était. Et la lune, là haut, qui s'engouffrait dans son silence, éteignant sa
musique aux notes qui scintillent pétillantes, notes filandreuses aux multiples échos, observait l'arène. Vous l'avez déjà entendu, son chant charmeur
qui nargue quiconque y prêterait l'oreille.

Pourquoi ce bout de lune était-il pointé, dévisagé, dessiné sur un sol immaculé de sang ? Pourquoi cette attention soudaine pour un élément si loin ? Pour une personne inconnue ? Qui était-il pour venir s'incruster dans ce moment où toutes ses pensées étaient ailleurs ?



* Il n'y a pas de sourire sans larmes. Il n'y a pas de questions sans douleurs. Celui qui ne se risque jamais, ne sourit jamais. Il n'y a pas de tentatives sans ratures. Il n'y a pas d'actes sans blessures. Et c'est ainsi que la vie nous emporte. Nous la suivons avec efforts. Le jeu de cartes ne se finira que lorsque les bras se baisseront. * Murmura-t-elle dans sa tête, pour elle-seule, à côté de la plaque, en travers, en désaccord avec l'instant présent qui voulait que ses yeux se portent sur cette lune tranchée sur le sol. Le moment était doux. Il n'était finalement pas si mélancolique.

Le doute était grand, et la question planait au dessus de sa tête. Quelle était cette race ? Pourquoi ne montrait-il pas ses yeux, un visage plongé dans des pensées lointaines. Et, tout simplement, tout doucement, timidement, les mots défilèrent dans sa bouche, sans émotions apparente.


" - Que... "

Elle s'arrêta, toujours dans le doute, les lettres s'accordaient une à une, sans être écorchée, fluides, elles glissaient parfaitement.

" - Et que me vaut l'honneur de cette visite ? "

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Iblîs Nemrodus
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MessageDim 31 Mai 2009 - 9:09


Quand viennent les heures nocturnes, certains lieux restent inchangés. D'autres, en revanche, semblent revêtir un tout autre visage. Telle était l'Arène. Quand le soleil y brillait, il n'y avait que peu de jours où elle ne fourmillait pas d'une activité intense. Élèves venus s'entraîner, magiciens réglant un duel, assemblées venues se grouper en ces lieux propices aux débats, spectateurs désœuvrés, vendeurs de nourritures diverses, soigneurs prêts à intervenir ... tout un petit monde venu pour la plupart de la cité. Au soir, chacun s'éloignait par petits groupes, et ne restait sur les lieux qu'un homme aux cheveux violets, qu'on disait rester là chaque soir, à regarder le coucher du soleil. Était-ce Vega, le maître d'armes silencieux, ou un autre habitant porté à la mélancolie? Je l'ignore. Toujours est-il que même lui, la nuit tombée, finissait par partir. Mises à part les rares occasions d'entraînements ou de combats nocturnes, le grand colisée de pierre finissait par s'endormir, solitaire.

Oui, mais cette nuit, c'est différent. Ils sont deux à y avoir affaire, ou du moins, à s'y trouver par coïncidence. Sur le sable, un démon à la robe noire et une ange aux ailes blanches. Le serpent et l'aigle ont trouvé au milieu du sable un endroit où s'arrêter. L'une est perdue dans ses pensées, l'autre dessine à terre. Son œuvre finie, il relève la tête, pour de bon cette fois, et dévisage son interlocutrice.

Elle est belle, selon les critères des races de la surface. La race d'Otulin est affaiblie, depuis quatre mille ans que son âge d'or s'était achevé, mais pas dégénérée. Elle disparaissait peut-être lentement, à l'image de la vieille cité volante qui s'effaçait dans les nuages, mais elle ne s'abâtardirait jamais. Un enfant des Anges, portant sa voilure de blancheur. Pourrait-on dire cheveux de neige? Non, c'était une couleur différente - moins éclatant que celui de Ruby, dont la chevelure avait le blanc absolu du pôle, si pur qu'il en devenait dur et froid. C'était une nuance plus douce, un blanc délicat d'argent et de lune, celui qui teignait les nuages. Alors que lui se fondait dans la nuit, noir sur noir, elle s'en trouvait mise en valeur, comme une statuette d'ivoire sur un bois d'ébène.

Pourtant, elle était dure aussi, quelque part. Comme les nuages peuvent prendre l'aspect d'impénétrables murailles blanches, forteresses grandes comme cent et mille Elament, les yeux de cet ange avaient quelque chose d'un impénétrable mur de diamant. Si ses pensées étaient tristes, on ne pouvait le dire qu'à l'arc imperceptible de ses lèvres.

"Que me vaut l'honneur de cette visite?"

En réponse, l'étranger posa un index sur ses lèvres, les étirant de son sourire de sphinx.

Chut, chut, semblèrent murmurer les yeux noirs. Il ne faut pas encore parler, pas encore, pas encore ! Jouons un petit moment, puisque ni toi ni moi ne savons exactement ce que nous faisons ici. Sous l'oeil du petit compagnon qui vole devant les étoiles, ne joueras-tu pas un moment avec moi?

Jouer? A quoi? Suis la main du démon. Sur le sable, à côté de la première lune, voilà qu'il en esquisse une plus petite, arquée du côté opposée. A coté des deux croissants qui se frôlent, la main blanche ajoute deux traits imperceptibles - et voilà qu'à la place de deux lunes, l'on reconnaît soudain un symbole. Pas n'importe lequel, car Iblîs vient de tracer une rune dans le langage d'Otulin. Les anciennes runes du peuple ailé, encore gravé sur les temples et les portiques de la cité des cieux, défiant le temps.

Astor, disait le symbole. La rune de l'être. Celle qu'on utilisait pour écrire une phrase se traduisant par "je suis", mais aussi celle qui se dirait "je pense", et bien d'autres encore. Tout dépendait de quelle forme serait ajoutée au symbole, car c'est ainsi qu'écrivaient les anciens anges. Leur système n'était pas linéaire, mais concentrique. Plutôt que d'aligner des caractères différents sur une ligne, ils ajoutaient des formes autour du symbole central, puis des formes plus petites autour des symboles secondaires, et ainsi de suite, aussi longtemps qu'il le fallait. On disait que pour lire certaines inscriptions du Grand Temple, à Otulin, il fallait la regarder avec des yeux capables de voir plus petit qu'un grain de sable. Sans posséder l'art des anciens anges, Iblîs aimait cette façon d'écrire. Elle était un jeu plus intéressant encore que les échecs, car aux échecs les pièces ne parlaient pas. Sa main blanche se tend à nouveau, cette fois en un muet geste d'invitation.

Veux-tu jouer, enfant des anges?




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Zeo
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MessageMer 3 Juin 2009 - 12:06




Son visage s'étonna, innocent, fragile, inquiet... lorsque ses yeux se plongèrent dans le néant des deux bulles de l'étranger qui venait d'érafler ses lèvres. Un visage comme elle n'en avait jamais vu encore. Était-ce donc possible, de posséder de tels yeux d'un noir profond, tacheté comme un ciel dégagé la nuit, qui nous dévoilerait ses tâches de rousseurs ?! Il n'avait rien d'un ange, et tout d'une statue de marbre, grande et froide... belle statue qui pourrait être gardienne d'un temple quelconque, aux secrets tous les plus sombres les uns que les autres, un coffre qui cacherait bien des miracles, bien des frissons... la peur de l'inconnu. Et pourtant...

Pourtant simple et agile, il venait de tracer sur le sable, un symbole ancien, un symbole qu'il semblait connaître parfaitement... alors oui, qui pouvait être cet être, invitant l'ange à un jeu. Le contraste du blanc et du noir était visible, même cette nuit noire. Un contraste plongé jusqu'aux pupilles des deux êtres. Alors, elle approcha sa main droite du symbole sur le sable. Et avec finesse, elle y ajouta un mot. Il s'imbriquait à l'intérieure de la demie lune renversée, c'était un cercle non terminé, enfermant un unique point en son centre... un point qui peinait à sortir de cette bulle, l'ouverture se trouvait face à la lune, petit labyrinthe... et la signification s'était ainsi complétait. "Je suis seule"... voulait-elle dire, en réponse à celui qui pense, celui qui est, qui existe, qui appartient à ce monde. Je suis seule. Le cercle pouvait tout aussi bien représenter le monde...





Son visage se redressa, avec un léger sourire. Un dialogue plus qu'un jeu. Malgré sa timidité, elle avait parlé trop vite, c'était un homme qui devait aimer le mystère, les rencontres imprévues, le décodage du caractère d'une personne, de sa manière de penser... il était proche d'elle, et elle n'avait pas pour habitude d'une telle approche. Dans cette arène, lors du rassemblement qui visait à débattre sur l'humaine, Zeo ne se sentait pas bien, et cette nuit-là, il n'y avait pas foule, mais il était proche, beaucoup trop proche, beaucoup trop sombre... beaucoup trop... ?! Proche et beau, proche et imposant tout en étant discret. Intrigant. Il avait quelque chose de démoniaque, et ses questions, tournaient toutes autour de cette race impure qu'elle avait jugé mauvaise, comme tout autre être normalement constitué les jugent déjà. Mais elle n'aimait pas fonder un jugement à la seule vue d'une créature de l'ombre, cachée au fin fond du monde, dans une montagne dont le nom ne reste plus qu'un mauvais souvenir épineux.

Elle souffla sur le sable, effacent le passage du symbole, après un temps court, mais assez long pour qu'il puisse le lire. Le sable partit s'évanouir sur le tissu noir de l'étranger qui avait pris place dans cette arène, probablement à la tombée du soleil. Ce ne devait pas être un adorateur du jour. Mais même si ses plumes étaient blanche, Zeo ne pouvait pas se dire aimante du soleil, ses plumes s'effondraient dans du bleu et du violet, terminant le bout de ses plumes... tout comme cette bestiole, qui restait calme, d'un calme profond, seul sa queue balayait le sable lentement, calmement, auprès de son amie l'ange. Un ange peu bavard.

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Dernière édition par Zeo le Jeu 30 Juil 2009 - 15:00, édité 1 fois
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Iblîs Nemrodus
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MessageMer 17 Juin 2009 - 22:56

Comme un enfant, l'homme battit des mains en voyant son interlocutrice accepter le jeu. Ses yeux noirs, immobiles comme ceux des reptiles, la contemplèrent avec intérêt tendre à son tour sa main - sa main si blanche sur le sable noir - et y dessiner un autre signe, le maillon suivant de la chaîne.

Silence... la main blanche s'était retirée, laissant au milieu des particules de pierre un autre caractère angélique. Les yeux noirs n'avaient pas bougé, reflétant le monde nocturne comme deux gouttes d'étain en fusion. Ainsi demeura l'étranger, immobile. Un infime mouvement de sa tête indiqua qu'il regardait à nouveau Zeo. Puis le signe, encore. Et l'Ange, à nouveau. Et l'on devine, à l'arc léger de ses lèvres, qu'il réfléchit profondément.

Il pense, il pense, et pense encore - tout simplement, comme vous et moi. Mais savez-vous qu'en ce mot demeure caché tout le pouvoir du monde? Quand vous imaginez une scène de vos souvenirs ou construisez des projets à venir, votre pensée immatérielle s'affranchit de toutes les lois, n'étant plus soumise au temps et à la distance. Plus vifs que dix mille éclairs, plus insaisissables que le vent, les lambeaux de rêve parcourent le monde et redessinnent l'histoire, et de leur vol acéré, dévoilent les secrets cachés et les vagues énigmes! D'un simple effort d'imagination, naissent et meurent pour vous seul une moisson de soleils, mille mondes dont vous seul êtes maître et Dieu.

Voulez-vous savoir ce qui sépare l'homme de la divinité? Peu de chose en réalité, car tout être pensant est un créateur en puissance, un dieu en devenir. Ce qui lui manque n'est pas le pouvoir de créer la matière, comme le disent les prêtres - c'est celui de la comprendre. Il n'est pas besoin qu'une chose soit faite de vos mains pour être créée, ni qu'une musique se fasse entendre pour en goûter la perfection - ce qui est nécessaire à atteindre la plénitude, c'est la capacité à imaginer. Et comme le mortel ne pourra jamais étendre son esprit au-delà de ce qu'il peut mesurer... ce qui définit la divinité, c'est le pouvoir de penser l'infini et d'imaginer l'éternité.

Aussi quoi d'étonnant, cet homme noir d'une race maudite, qui comme les autres poursuit une obscure quête de pouvoir et de mort, qui d'étonnant à ce qu'il prenne tant de temps pour penser? Bien nombreux étaient ceux qui croyaient une telle occupation futile et dérisoire! Mais après tout, il avait le temps. L'éternité, peut-être. La nuit, sûrement. Et c'est pour cela qu'il prend plaisir à prolonger le jeu. Avant d'en venir aux mots prononcés par les lèvres, il veut jouer un peu de temps - encore, encore juste un moment! Si nous devons parler l'un à l'autre, si nous devons nous battre l'un contre l'autre, si nous devons regarder les étoiles l'un avec l'autre - laisse-nous juste un instant pour penser, tout simplement, l'un et l'autre! Et avec une excitation presque fiévreuse, étonnante chez un être si calme, l'index squelettique vient tracer le prochain pas de la danse.



Au-dessus du symbole, lui donnant une nouvelle dimension, un trait noir vient de naître. Le symbole de l'envol, l'avenir ... ou, à cause du petit coin ajouté à son extrémité, celui de la conséquence. Là encore, la capacité à imaginer, à ne pas rester statique.

Être seul, n'est qu'un état.
Un état est, mais être ... être ne suffit pas, ne suffira jamais.
Car seul les dieux sont. Les mortels deviennent.

Je suis seule, et parce que je suis seule, alors ...


Et plus que jamais, l'étranger né de la nuit se penche vers son hôte, et son regard interroge et questionne, sans crainte d'avouer cette fièvre qui l'habite, cet espoir d'en connaître plus sur celle qui est aussi blanche qu'il est sombre. Assis en tailleur, les mains sous son menton, son regard aveugle vous fixe, immensément ouvert ...

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Zeo
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MessageJeu 9 Juil 2009 - 13:23




Les paroles se dessinaient lentement, avec assurance. Et de ce dialogue, un symbole naquit. L'écriture des anges... quoi de plus beau ? Quoi de plus vrai ? On l'interprète à notre manière. Pour l'un, ce serra blanc, pour le second ce serra noir, le troisième y verra du bleu. Zeo inspira profondément, retenant une larme gênante. Ce n'était pas une larme d'enfant, d'un caprice comme un autre. Mais une larme qui était constamment là, dans le désir de couler, s'éclipser un temps. La solitude n'était pas sans espoir, car dans les plus sombres des destins brillait toujours une étrange lumière. Encore fallait-il vouloir la voir.

L'envol... la marche vers le haut, l'effort. Que voulait-il dire ? Que solitude où pas, il y avait toujours un échappatoire à cette éternité ? L'être lui semblait de plus en plus proche, au regard insolite qu'elle ne pouvait décrire. Il fallait l'avouer, c'était des yeux hypnotisant. Elle ferma les siens. Peur de fléchir sous le désir de mieux comprendre cette personne. Mieux comprendre, c'était s'exposer obligatoirement, car pour comprendre, fallait-il encore donner un peu. Par la suite, enfin, on reçoit l'échange. Mais se dévoiler n'était pas chose simple, pas forcément pour cette peur d'être mis à nu, mais parce qu'il fallait de ce fait, apprendre à se connaître. Et se dévoiler à nous même. Zeo racla le sable à son tour. Déclarant ainsi, le signe de l'infini. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais seuls ce qu'elle ressentait venait parler en cet instant. Elle n'avait pas chercher à répondre à quoi que ce soit, juste à finaliser ce symbole par une chose qui, ironiquement, n'a aucune fin.





Puis, du bout des doigts, elle effaça le discourt à moitié. Des paroles trottaient dans sa tête, des vas et viens, image d'un chemin lointain incertain. Image de la vie, tout simplement, qui dit oui avec le vent, mais non d'un coup de vague. Les pieds qui ne savent pas trop où se poser au milieu d'un monde disloqué en diverses races qui, au final... n'ont rien de si différent.



L'ange se leva, presque du bout des pieds, les mains dans le dos. Un sourire entre le désespoir et la fatalité. Puis elle entama un petit chant. Mimant les paroles à cloche pieds. Trois pas en avant, trois pas à reculons.

La Marée Haute

" -La route chante
Quand je m’en vais
Je fais trois pas…
La route se tait

La route est noire
À perte de vue
Je fais trois pas…
La route n’est plus

Sur la marée haute
Je suis montée
La tête est pleine
Mais le cœur n’a
Pas assez

Mains de dentelle
Figure de bois
Le corps en brique
Les yeux qui piquent

Mains de dentelle
Figure de bois
Je fais trois pas…
Et tu es là."


Zeo, à cet instant, se trouvait face à l'homme, levant la tête haute. Elle n'avait jamais été aussi proche de lui, aussi proche d'un démon depuis... puis le chant repris son refrain...

" -Sur la marée haute
Je suis montée
La tête est pleine
Mais le cœur n’a
Pas assez."


La voix se tue. Laissant le silence reprendre sa place de Roi. Elle était debout, dans le vent qui s'engouffrait au creux de l'arène. Les yeux pétillant sous la lune. Pétillant face aux deux billes noires. _ Abîmes, plonge moi dans le néant_ semblait-elle dire. Avait-elle peur ? Non. Impressionnée ? Oui. Le destin pouvait-être formidable. Oh... le cœur ne pouvait le nier. Alors, qu'attendait-elle après ce chant ? Qu'allait-il répondre ? L'homme énigmatique ! Pourquoi elle, ce soir, lui ici ? Pourquoi ? Le monde était fait de questions, mais beaucoup étaient sans réponse. Un vaste théâtre ou les rôles se chevauchent avec ironie.

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Dernière édition par Zeo le Jeu 30 Juil 2009 - 15:05, édité 1 fois
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Iblîs Nemrodus
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MessageLun 20 Juil 2009 - 14:47

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Thème musical : Pan's Labyrinth Lullaby


Immobile, Iblîs contemplait la rune. Obscurément, il avait conscience que leur communication devrait s'arrêter là. Il ne comprenait pas tout à fait le sens du dernier geste de la jeune femme. Tant qu'ils demeuraient dans les concept établis, ils n'avaient pas besoin de mots pour se comprendre. Mais d'un petit geste, Zeo venait de transcender complètement ce système, laissant son compagnon d'une nuit sur place. A son esprit de fer et de rouage, il manquait cette part d'émerveillement et d'intuition qui était le trésor des mortels. Le Démon était enchaîné aux choses que l'on pouvait comprendre et dominer. De la même façon qu'il avait été jadis incapable de répondre à une jeune aveugle, le jeu lui avait échappé. Il en fut contrarié, frustré de son loisir préféré.

Mais voilà que la jeune femme dansait. Silencieux, le Démon contempla sa danse, sans perdre un mot de la comptine qu'elle égrenait. Un nuage passait dans le ciel, éteignant quelques-unes des étoiles. Autour d'eux, les contours de l'Arène devinrent indistincts, se perdant dans l'ombre. Ebène sur ébène, la silhouette d'Iblîs épousa le noir ambiant, rendant difficile de distinguer son visage. Mais blanche, la silhouette de la femme était bien visible dans le noir, se détachant sur le Néant. Et pétrifié, aussi immobile que s'il était lié par des chaînes d'acier, l'être de nuit la contemplait, gravant dans sa mémoire le souvenir de sa danse.

Quand tout s'immobilisa, il ne répondit pas. Ne répondant pas, n'ajoutant ni questions, ni énigmes, ni réponses. Silencieusement, face à face, la femme blanche regardait l'homme noir. Et celui-ci lui rendait son regard. Certaines choses ne peuvent ni ne doivent être troublées. Même un geste infime pouvait briser l'enchantement ... Aussi, ce fut avec une lenteur infinie que les bras du démon s'avancèrent. Lentement, chacune de ses mains vint toucher celles de la danseuse arrêtée en plein vol. Doucement, elles les forcèrent à monter, encore, encore, jusqu'à se trouver entre eux, formant une coupe de leurs paumes. Se baissant alors, Iblîs ramassa une poignée de sable taché de sang et l'y versa.

A son tour, le démon se mit à fredonner.
Et sa voix était étrange, ni homme, ni femme.


Ses deux longues mains blanches virent envelopper celles de l'ange, les refermant sur le sable. Comme une nuée de lucioles, les étincelles de magie y scintillèrent. Traversées d'irisations violettes, répandant une odeur douceâtre, elles n'avaient pas la pureté de la magie des Eléments. C'était la magie noire qui dansait là, celle qui gardait comme une cicatrice indélébile la malédiction qui avait présidé à sa naissance. Ainsi était-elle: souillure avanie, blasphème ... et pourtant. Quand la lumière des étoiles revint et que les paumes d'Iblîs s'ouvrirent délicatement, celles de Zeo contenaient à présent un objet d'une étrange beauté...

C'était un chant sans paroles.
Juste une mélopée enfantine que les mères murmuraient.


C'était une pierre très lisse, née du sable, de l'obscurité et du sang. Elle n'était pas cristalline, bien au contraire : semi-opaque et sans pureté, elle avait une teinte d'un noir profond. Pourtant, juste sous sa surface, sa robe d'ébène semblait chatoyer d'étranges reflets. Incapable de pénétrer la pierre, la lumière stellaire, au lieu de s'y briser, s'y répandait délicatement en vagues irisées, sans cesse changeante, comme une soyeuse prunelle de félin. Ils avaient quelque chose de fascinant, ces reflets, comme les flammes que l'on peut rester à regarder des heures, car jamais elles ne dessinnent le même motif, dessinant dans le noir cent et mille formes fugitives pour ceux qui y plongent leur regard et restent sous le charme, des heures durant. Elle paraissait avoir gagné quelque chose du sang qui la composait, cette pierre, peut-être le souvenir qu'elle avait été autrefois un élément d'une vie mortelle. Lentement, le Noir avança la main et la toucha, la retaillant d'une traînée de magie, y dégageant peu à peu les formes d'un ovale parfait, plat de chaque côté.

Et la berceuse continuait, reprise au début.
Les notes en montèrent, lentement, se perdant quelque part dans le noir.


L'Obsidienne ... la gemme qu'on disait ensorcelée, le même matériau qui composait les deux pierres inscrustées dans la peau des mains du démon. Comme une troisième jumelle, libre celle-ci, elle avait à la fois la noirceur de l'obscurité et ce feu discret qui ne s'allumait qu'en reflétant une autre lumière. Mais à la différence de ces deux soeurs, la pierre qu'Iblîs fondait avait quelque chose en son centre. Une autre clarté semblait sourdre du coeur de la pierre. Discrète, mais riche de tons violets, une forme s'y distinguait. Loin d'être naturelle, elle adoptait exactement les formes et les contours de la rune qui était tracée à leurs pieds. L'inscription créée à deux dans le sable, destinée à être effacée demain par le vent ou le pas d'un passant indifférent, était à présent enchâssée au creux de l'obsidienne, rapellant au souvenir.

Peu à peu, le chant ralentit.
Pour les tout-petits, c'était la venue de l'ange du sommeil.


Et comme une pierre qui a un sens nécessite d'être portée par quelqu'un, Iblîs porta la main à ses cheveux et en ramena une longue mèche, l'amalgamant d'un geste en un lacet noir. Passée dans le trou percé dans le haut de la pierre, elle le changea en un pendant tout simple, et pourtant unique. Il ne chercha pas à le reprendre, ni à le passer au cou de la jeune femme. Les Démons et la romance ne vont pas bien ensemble. Et les bijoux qu'ils créent, s'ils tentent de vous les mettre, sont certainement des pièges destinés à vous entraîner à leur suite. Mais celui-là fut simplement laissé dans les mains de l'ange, cadeau muet et chargé de sens.



Si elle décidait de le garder, chaque nuit la pierre reprendrait son reflet irisé, chuchotant à la place du démon noir les mots qu'il ne pouvait aller jusqu'à dire, même lors d'une nuit où les barrières semblait abolies. Et son toucher resterait toujours aussi froid, rappel menaçant que celui qu'elle avait croisé, tout comme son don, avait quelque chose de mort, d'aussi sombre et glacé que l'abîme qui séparait les diables et les dieux.

Déjà, les mains d'Iblîs se détachèrent, ne laissant derrière elles que le souvenir d'un doux toucher. Reculant de quelques pas, le démon se rassit sur le bord des gradins, le dos contre la pierre, la tête levée comme lorsque l'ange était arrivée...

Après tout, même un démon devait le reconnaître.
Elles étaient belles, les étoiles.

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Zeo
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MessageLun 10 Aoû 2009 - 16:42

Il avait fredonnait au milieux de cette douce nuit. Sans était-elle rendue compte ? Qui sait... ce chant s'était intégré à celui des étoiles, et ne perturba pas le calme qui rôdait dans l'arène. Elle l'avait entendu sûrement comme s'il chantait depuis leur rencontre sans s'être arrêté depuis. Depuis, mais ce chant pris fin, tout comme l'espace entre les corps pris plus d'ampleur. Avait-elle baissé les yeux pendant qu'il lui tenait les mains ? Avait-elle regardait l'infini de ses sombres yeux étoilés ? L'histoire préfère dire en toute poésie qu'elle ne regarda le creux de ses mains qu'après avoir laissé cet homme s'écarter d'elle et reprendre sa place sur les gradins. Mais entre la poésie qu'on aime se raconter, la celle de la vie, il y a beaucoup de nuances, aussi, avait-elle sûrement jeté un coup d'œil sur les mains du démon. Que pouvait-il être d'autre, caché derrière ce masque sans expression ?! La création des êtres était tout à fait surprenante. Certains comme celui-ci, avaient un masque, et pour des raison que l'ange ignorait, il ne cachait finalement pas la douceur de cet être. Elle avait croisé tellement de grands bavards sans cervelle, tellement de muets sans cœur, qu'elle était étonnée. Une rencontre à ne pas oublier. Une rencontre qui, d'ailleurs restera pendue autour de son cou. Pourquoi rejeter un tel objet après avoir gravé de manière strictement éphémère sur le sable, un court dialogue aux significations pourtant multiples dont le sujet était peut-être le centre de questionnements de tout être vivant ayant conscience de la mort ?!

Cet objet, elle le passa à son cou, laissant glisser ses cheveux raides au creux de sa main afin de pouvoir passer la fine cordelette par-dessous. Quand elle releva les yeux, elle vit cet fine silhouette noire, regarder le ciel. Elle avait envie de lui murmurer à quel point ce ciel étoilé ressemblait à ses yeux, mais elle mordis ses lèvres. Elle en avait déjà trop dit face à ce silence. Trop parlé, trop chanté. Elle s'en était même trouvée trop bavarde. Mais, le silence vaut tous les mots du monde, car il se dispense de toutes justifications quelconque. Il est fort, et n'a de compte à rendre à personne. Le silence à toujours était roi sur terre. Il entend, mais ne dis mot. Derrière elle, l'animal volant se roulait dans le sable, salissant sa belle couleur blanche. Zeo arracha soigneusement la plus longue plume de ses ailes presque identiques à celles de Rÿo. De blanc, de bleu et de violet et de rayures noires. Elle attendis un moment, contemplant l'Obsidienne.

Il semblait aimer la solitude, et ce serrait mentir de dire qu'elle ne craignait pas de l'étouffer avec sa présence, mais elle garda courage en elle, et s'avança. Finalement, c'était peut-être chacun son tour, il était venu à elle, voir la blancheur, c'était à elle, maintenant, de s'avancer au fond de la nuit, une plume blanche au bout des doigts. Contrairement au présent de cet silhouette, ce n'était qu'une plume sans enchantement, comme une pétale qu'on arrache à une fleure. Juste une partie d'elle. Zeo n'avait pas de sourire au coin des lèvres. Sérieuse et curieuse, elle pris à son tour les mains de l'homme, et y déposa la plume. Mais elle ne lui fit pas refermer les mains. C'était à lui seul, de la garder, où de la laisser au vent. Quoi qu'il fasse, il l'aurait eut au creux de ses mains, et c'était suffisant pour elle.

La différence entre un ange et un démon ? Y'en avait-il seulement une...


Elle s'approcha d'un pas encore, le seul qui restait à faire tout en faisant attention à ne pas bousculer ses fines mains. Comme pour dire merci. Elle n'avait pas la tête à repartir. Toute chose avait une fin, mais elle refusait de l'admettre. Sa tête se posa sur le torse recouverte d'un fin drapé noir, de l'homme. Les doigts de ses mains écartées, eux aussi appuyés contre le torse de parte et d'autre de sa tête. Comme un coussin qu'elle emprunterait pour un court instant. C'était doux, d'écouter la vie éternelle couler dans un tel corps. Ses cheveux calmes, reprirent leur danse dans une nouvelle vague formée par le vent qui s'était tu, écoutant lui aussi, le dialogue du bien et du mal. Ses grandes ailes étaient totalement dépliaient, comme mortes, balayant le sol de ses longues plumes.

La différence alors entre l'ange et le démon ? La romance sans doute...


Mais elle n'était pas resté longtemps, c'est après pas même une minute qu'elle repris du recul. Heureuse d'avoir gardé son courage face à sa plus grande peur atténuée par le caractère improbable de cet ange noir. Elle baissa la tête et lui tourna les talons. Elle repris le chemin de la sortie, s'efforçant de garder la tête droite. pas de retour en arrière ni de coups d'œil. Rÿo revint sur son épaule avec quelques battement d'ailes. La sortie n'était qu'à quelques pas. L'ange n'avait pas regardé les mains et la plume depuis que celle-ci avait été posée dans les mains. Bien qu'il ne soit pas loin, elle se demandait déjà quand serrait leur prochaine rencontre, si celle-ci prenait réellement fin. Les images de la cité et de sa chambre revinrent douloureusement comme les portes d'une prison l'attendant à bras ouverts...

Ses yeux ne se plongèrent pas sur la pierre à son cou. Plus tard, elle la contemplera, cachée de toutes indiscrétions.

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Iblîs Nemrodus
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MessageMer 2 Sep 2009 - 16:00



Lorsqu'entre ses mains quelque chose fut déposé, Iblîs leva lentement le bras. Et ce fut à travers la blancheur d'une plume qu'il continua de regarder briller les étoiles, tandis que quelque quelque chose de léger se posait sur son torse. Il baissa un instant les yeux : Zeo s'était étendue sur lui, sans paraître craindre quoi que ce soit, car ses yeux d'acier lunaire ne laissaient rien transparaître. L'homme noir ne bougea ni ne parla, et nul n'aurait pu déceler si cette présence lui déplaisait ou l'agréait. Ainsi restèrent-ils pendant quelques instants, aussi immobiles que des gisants de pierre. Autour d'eux, comme un tapis de deux couleurs, s'étendaient la pureté de d'ailes sacrées et l'ébène d'une robe de sorcier. Pour un moment volé, la nuit se faisait leur complice, étendant sur eux son manteau. Sous cette étreinte de silence, tout semblait être permis, même un moment de douceur entre un destructeur et une protectrice. Comme deux aimant opposés, que tout éloigne, mais que des lois mystérieuses autorisent parfois, pour quelques instants, à vibrer ensemble sans s'affronter.

Mais ils savaient, tout en refusant d'y penser, que cet instant n'était que fugace, la violation d'un obscur interdit. Certaines choses ne pouvaient être changées, certains abîmes ne pouvaient être comblés, car le monde lui-même semble s'y proposer de toute sa volonté. Leur fraternité, aussi ténue soit-elle, allait contre l'ordre des choses. Si quelqu'un les avait surpris à cet instant, la nuit se serait emplie d'hostilité. Ni Elament ni les Enfers n'auraient pu le tolérer. Jamais. La jeune Ange appartenait à la Cité, le Démon était ... ce qu'il était. On ne peut réécrire le passé, et le passé, silencieusement, vous enchaînait. Aussi tout devait-il, pour cette nuit, s'achever ainsi. Il était écrit que la Trône se relèverait et s'éloignerait sans se retourner, que le Sombre restât que la plume et la pierre soient les seules choses qu'ils échangèrent.

Là-bas, l'Ange blanc partait, pieds nus sur la terre ...


Elle ne partit pas totalement seule pourtant. Le fredonnement du démon l'accompagna, repris lentement à travers l'ombre, comme si celle-ci leur prêtait mille échos impossibles. De plus en plus faibles, ils rythmeraient ses pas à travers la forêt, et ne mourraient que quand elle franchiraient les portes de la Cité. Et il était heureux que la jeune femme aie décidé de ne pas se retourner. Que se serait-il passé si elle faisait demi-tour pour continuer à écouter les voix de la nuit? Peut-être cette berceuse était comme ces fleurs empreintes d'une attirance étrange, mais enduites d'un poison mortel. Qui pouvait le dire, à mesure qu'elle s'éloignait de l'Arène !

Là-bas, l'homme noir restait, couché sur les pierres ...


Il ne faisait plus rien. Même les étoiles n'attiraient plus son regard, car il contemplait le présent qui lui avait été laissé. Une plume couleur d'étoile – le seul véritable présent qu'il aie jamais reçu de sa longue vie, sans calcul ni piège. Mais entre ses doigts pâles, la plume, lentement, changeait. Instant après instant, sa base perdait sa blancheur de perle. Quelque chose de sombre y montait, très lentement, mais aussi inéluctable que la marée sur le rivage. Brin après brin, la plume de neige se teignait d'encre. Comme jadis, l'eau qu'il avait à peine effleurée était devenue poison pour une jeune fée aveugle, l'Obscurité suintait de son corps et entrait dans ce qu'il touchait. Si les deux lacs de mercure au milieu du visage d'Iblîs avaient pu exprimer une émotion, sans doute aurait-elle été celle du regret. Car d'un simple frôlement, quelque chose de très précieux avait été perdu. Toute chose inerte que ses mains touchaient se teintait irrémédiablement de noir. Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi Iblîs ne prenait jamais la peine de se métamorphoser en quelque chose de semblable à un mortel? C'était peine perdue. Il était la Souillure Noire, et la moindre toucher le trahirait. Toute sa volonté n'y changerait rien, car rien ne pouvait stopper la marche insidieuse de l'Ombre. Il n'était pas son maître, seulement son vecteur. Son pouvoir sur elle n'était pas illimité. Les Ténèbres avaient leur volonté propre, comme une entité avide et tâtonnante. Peut-être, autrefois, celui qu'il avait été en retirait de la jouissance et de la gloire, fier d'arborer ainsi la marque des Destructeurs. Mais malgré la froideur de glace qui imprégnait son cœur, l'être qu'était le Marcheur d'Ombre en éprouvait de la frustration.

Mais qu'était-ce? Par quelque tour de sorcellerie, sans qu'il n'aie rien fait d'autre que le souhaiter, la plume ne devint pas entièrement de jais. Avec la précision d'un artiste dépeignant de son pinceau le joie et la souffrance, la noirceur remontait sur toute sa longueur, mais s'arrêtait précisément le long de l'arrête centrale. Quand tout s'interrompit, le Démon tenait dans sa main la plus étrange des plumes d'Ange : teintée pour une moitié de lune, et pour l'autre moitié de nuit. Sans savoir vraiment pourquoi, au creux de l'obscurité, Iblîs sourit. Alors, à présent que l'Ange était partie, il pouvait peut-être briser le sort de silence qui régnait sur les lieux.

Avant de refermer les paupières comme s'il dormait, au beau milieu de l'arène de ses mortels ennemis, les lèvres du démon révélèrent leur sens à la chanson qu'il fredonnait. Et furent libérés les mots d'une vieille et innocente comptine chantée depuis toujours aux enfants d'une ville lointaine. Peut-être, si l'avenir leur réservait une chance de se revoir, aurait-il à lui redire les paroles muettes ...

« L'Enfer à ta droite, le Paradis à ta gauche, l'Ange de la mort derrière toi... »






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