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Iblîs Nemrodus
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MessageMar 12 Mai 2009 - 0:46



Ils venaient de très loin, au delà des mers et des horizons.
Ils avaient couru des lieues, des lieues et des lieues.
Ils franchirent la Grande Mer et atteignirent les Falaises.
Ils grimpèrent le long de la falaise et poursuivirent leur course.
Ils traversèrent la forêt Darke en un éclair, filant à travers les troncs.
Ils sautèrent les Collines Devëlites en quelques instants.
Ils arrivèrent à la Plaine au Cairn alors que leur maître paraissait à l'horizon.

Et à l'aube d'un nouveau jour, les rayons du soleil vinrent éclairer de plein fouet la Porte d'Elament. Ils rebondirent sur le bois et la pierre, les habillant de tons riches et satinés. Heurtant les quatre joyaux des Eléments, ils y explosèrent en un millier d'éclats brillants, avant de repartir à l'assaut du ciel, libres et nobles. Ils étaient les faisceaux blancs de la lumière solaire, la gloire de ce que les Dieux avaient peut-être créé de plus merveilleux pendant leur règne... car leur radiance célébrait l'aurore comme un cadeau renouvelé sans cesse, et leur pureté rappelait que le monde était beau encor.

Peut-être tout à l'heure, un Habitant sortira-t-il. Qui il sera, je l'ignore. Peut-être un simple quidam allant au champ. Peut-être un élève en promenade ou un artisan en course. Peut-être un Gardien pour sa ronde matinale, peut-être un professeur occupé à des tâches mystérieuses. Il - ou elle - verrait alors la splendeur du jeune soleil, le ciel de ce bleu si rare des matins qui suivent la pluie. Sans doute ne pourrait-il retenir un pincement au cœur en voyant s'étendre devant lui la Plaine au Cairn et les premiers vallonnements de la forêt, tous habillés de tons verts infiniment variés. Alors, celui qui sortirait respirerait tout simplement, et il serait heureux. Car certaines journées sont ainsi, comme si une grâce particulière leur était accordée, comme si quelque chose y vibrait en silence.

Et puis peut-être - ses yeux tomberaient sur la forme blanche, allongée sous l'arbre le plus proche, non loin de la Porte.

Ses pas le porteraient jusqu'ici, afin de se rendre compte de quel inconnu a bien pu passer la nuit en-dehors d'Elament. Celui qui repose là est un jeune homme aux cheveux bruns - plus exactement un Ange, au vu des deux ailes qui posent sous lui. Il est vêtu de vêtements assez abîmés, malmenés par une chute ou quelque autre accident. Mais son manteau est blanc, et l'enveloppe chaudement. On le reconnaît facilement - un ancien enseignant d'Elament : Roland Zaël, le Professeur de l'Essence Magique. On croirait presque qu'il dort seulement, les mains croisées sur la poitrine, d'un long et paisible sommeil. Oui... mais sur son visage, sous la peau, les veines sont apparentes comme un réseau d'un noir profond. Leur fin tracé est habituellement invisible, se confondant même dans la mort avec la teinte de la peau. Mais chez Roland, elles ont quelque chose de différent. Les vaisseaux sanguins semblent avoir été emplis d'encre, lui dessinant un masque étrange. Sous ses habits, en réalité, c'est tout son corps qui est teinté de cette grille noire, fine toile de mort jetée sous la peau. Jusqu'au cœur, les artères et les veines ont pris la couleur du deuil, ce cœur grand et noble qui a à présent cessé de battre.

Car Roland ne respire plus.
Et le corps refroidi indique que la mort remonte à plusieurs heures.


En vérité, c'est un mal étrange qui a parcouru le corps du professeur, tuant chacune de ces cellules. Et seul un Démon pourrait avoir tué ainsi, seul un Démon aussi pourrait avoir l'infernale insolence de laisser sa proie ainsi, en plein devant la porte de la Cité où veillent jour et nuit les Gardiens. Mais ainsi sont-ils. L'un d'eux est venu, pendant la nuit, sans doute pendant l'heure obscure qui précède l'aurore,, a déposé son fardeau funèbre, lui a enfin fermé les yeux. Puis il a disparu, évaporé. Comment a-t-il échappé à la surveillance des élémentalistes? Qui sait. Certains possèdent l'art de se rendre invisibles quand la nuit règne sur le monde, d'autres de cacher complètement leur esprit. Certains, plus rares, possèdent ces deux savoirs : les plus grands et les plus sauvages princes de l'enfer. Sans doute est-ce l'un d'eux qui vient ainsi d'achever sa besogne en déposant la dépouille mortelle de Roland, ultime ironie, à l'entrée de la Cité qu'il avait aimée.

Et pourtant ... Les traits de l'Ange n'ont pas été défigurés, ni son corps mutilé comme le sont souvent les victimes des démons. Au contraire. Avec une étrange douceur, quelqu'un a même posé sur son front une fine couronne de fleurs tressées.

Des fleurs que la sorcellerie a teint d'un noir profond.


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MessageMar 4 Aoû 2009 - 10:13

Juste avant : Sur les chemins de garde {pv KöH}
Spoiler:
 
*°*°*°*°*°*°*°*°*


Elle n'avait pas bougé, attendant qu'il se décide sur la direction à emprunter. Son regard pourtant s'était attardé sur les yeux pâles, avec une lueur mi-étonnée, mi-blessée. Qu'en savait-il, si elle y retournerait ? Il n'était pas dans sa tête, pour décider. Mais avant que la colère ne la gagne, elle su. Le masque froid, l'armure, le corps sculpté, la voix et l'attitude posées, jusqu'à la monture même – prédateur à peine dompté – il connaissait son sujet. Loin du premier imbécile venu qui se permettait de beaux sermons, quand bien même il n'avait pas vécu la moitié de ce qu'avait vécu la petite Nymphe, KöH parlait par expérience. Et que cela ne lui déplaise, il avait sans aucun doute raison, les poings serrés de l'enfant en réflexe défensif n'y feraient rien. Peut-être. Alors, en attendant, elle s'éloignerait de ce lieu. Elle se contenta d'un bref hochement de tête, lui signifiant qu'elle comprenait, et qu'elle ferait attention, à défaut de s'y résigner et d'admettre l'inévitable.

Et comme le soleil qui repartait à l'assaut de la cité, traînant avec lui l'aurore et ses parfums, sa méfiance regagnait chaque recoin de son être. Au grand jour, il était bien plus difficile de se dissimuler et elle n'avait, pour seul masque, que son indifférence froide et austère – certains vous diront hostile. Consciente qu'elle n'allait pas tarder à redevenir détestable, même si elle n'en avait aucune envie en présence de Sentinelle, elle se força à détourner la tête afin de déposer son attention ailleurs. Là, à quelques pas, une nuée de Papillons Dorés voletait et leurs ailes jetaient des éclats d'or et de feu tout autour, comme mille Elamentias scintillants. Mais à l'approche des premiers rayons, ils se dissipèrent et semblèrent disparaître totalement, évanouis dans un coin d'ombre, immobiles et invisibles à qui n'y prêtait pas attention. Et puis par ici, autre chose encore. Les raclements sur le sol. La bête s'agitait, attirant de nouveau le regard de Coralline qui s'était perdue dans ses contemplations inutiles. Elle eut à peine le temps d'interroger KöH du regard que déjà, la créature s'était remise en marche. On descendait. Bien.

L'enfant sauta au bas des traverses et s'étonna du pas allant de Sentinelle et sa monture. Elle hésita, plantée bêtement au milieu du chemin de garde, se demandant si Sentinelle la laissait là par lassitude ou désintérêt. Elle avait l'habitude. Oui. Oui mais ce n'était pas pour cela que ça lui plaisait. Son cœur s'était mis à battre et elle se sentit gagnée par l'angoisse, la douleur aussi. Elle observa le couple monture-cavalier s'éloigner avec empressement, dégringolant l'escalier râpeux, tournant au coin d'une tour de garde, la cape de KöH flottant derrière lui et les rares habitants s'éloignant à son passage, un air inquiet sur leurs visages fatigués. Enfin, elle tressaillit, lorsqu'elle entendit le râle de KöH. À quelques mètres, le couple s'était retourné et le garde s'était réveillé. Ils jetaient quelques œillades inquiètes de ce côté et la jeune fille pensa qu'ils devaient être persuadés que le grondement émanait de la bête. Ce qu'elle aurait certainement été tentée de croire également, si elle n'avait pas passé quelques longues heures à se laisser bercer par cette même voix et être ainsi témoin qu'il ne s'agissait pas de la créature.

Émergeant de ses rêveries molles, Coralline se jeta soudain à la poursuite de Sentinelle, dévalant à son tour le grand escalier et manquant de se prendre les pieds dans sa robe à chaque enjambée. Il faudrait vraiment qu'elle revoie ses tenues vestimentaires ! Elle couru, ses petites jambes parvenant à peine à rattraper les larges foulées de la bête. Elle aussi, tourna à l'angle de la tour de garde, tournant le dos aux chemins couverts et rattrapant le chemin déjà parcouru en sens inverse, depuis les hauteurs des remparts. KöH revenait vers la porte, qui s'ouvrit, lui laissant le champ libre vers l'extérieur. Le temps de se refermer sur la cité endormie, grognant sa plainte sourde de gonds vibrant jusqu'au cœur du bois, et la jeune fille était parvenue à se faufiler dans l'entrebâillement, à la suite de Sentinelle. Le givre n'étincelait plus, léché par les rayons tièdes d'un soleil à peine éveillé. Le vent de râlait plus, engloutit par un silence pesant, comme le temps retient son souffle chaque matin avant de s'effacer au profit du chant mélodieux des oiseaux.

« KöH ?! » appela l'enfant.

Mais sa course un peu affolée s'interrompit lorsqu'elle aperçu, plus loin, la forme blanche que le matin irradiait comme une nacre éclatante. Elle ne s'approcha pas, partagée entre la crainte, naturelle, et une subit indifférence, masque protecteur.
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KöH
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MessageSam 8 Aoû 2009 - 16:27

Le nom de la sentinelle retenti.



C'était un poids mord qui prenait de l'altitude, alors que l'âme était déjà bien plus haute que lui. C'était un ange qui dormait à présent, avachit comme une larve sur le dos d'une étrange créature. C'était la fin d'une longue vie, dans une nuit qui chantait déjà son épitaphe, balancé par le corps de la créature. De vieilles cordes attachées à la selle, virent tenir l'ange pour pas qu'il ne choie une fois de plus, de trop sans doute. Mais hors mis ce chant, le silence et les derniers échos de cette douce et belle voix. Jeune aussi. KöH se dirigea à l'intérieur de la cité, suivie docilement par sa monture. L'immense et lourde porte se referma derrière eux, laissant un bruit sourd raisonner dans les quelques premières ruelles qui courraient à l'entrée de la Cité. Il vit, Coralline immobile. Et espérait que de ce mort, sorte des conclusions, et des avertissements.

" - J'espère que tu te souviendras qu'un ange est mort aux portes du paradis. "

Il n'ajouta rien. Cette phrase tomba nette lorsqu'il passa devant cette jeune fille, jeune femme même ! Elle était tombée tout comme le "non" qui tomba beaucoup plus tôt, alors qu'ils étaient encore loin de découvrir le corps. Malheureusement, même les preuves les plus intrigantes ne suffisaient pas pour jouer sur la destinée d'une âme. Car la curiosité passait outre ce genre d'actes. Elle est la plus forte, la plus fatale parfois. L'être vivant est curieux de nature. Parce qu'il est vivant, il veut savoir et ça, même s'il se contre fiche du monde entier. C'est imparable !

Avant qu'il ne dépasse Coralline, il remarqua un détail. Il lui fallait d'autres vêtements. Non pas qu'ils étaient moches et déchirés, mais peu pratiques. Mais il ne dit mot. Chaque chose en son temps. Elle ne devait pas dormir sur des tas d'or. Et, petit à petit, le cour le plus dur s'adoucissait. Rongé par des remords et des souvenirs, il voyait là, l'espoir de se racheter un jour d'avoir était trop aveugle, sauf lorsqu'il se regardait, comme bon Aasimar qu'il est. S'il pouvait avoir constament des yeux auprès d'elle... s'il pouvait...

Les trois corps allèrent s'engouffrer dans la Cité. Réveiller un gardien qui ne dormirait surement plus à cette heure-ci. Il fallait annoncer cette mauvaise nouvelle, et repartir sur les murs, en hauteur, épier l'horizon. Il se semblait faible, avoir loupé l'occasion d'épargner peut-être cette mort. A moins qu'il n'ait été déposé ici, comme pour venir narguer la Cité... ou pour le rendre à son chez-lui... qui sait. Il pouvait y avoir tellement de messages dans cet acte.

Comme toujours, la Sentinelle faisait son chemin, sans demander d'être suivit ou d'être laissé seul. Il avançait. Nous sommes tous seul dans ce monde, et chacun prenait la route qu'il souhaitait, quitte à faire un bout de chemin avec quelqu'un d'autre. Dans tous les cas, ici, on se croise et on se recroise, parfois sans même avoir remarqué qu'on c'était déjà croisé.

Et il y avait cette couronne de fleures noires... ce visage doux... rient ici, ne montrait que l'ange avait combattue jusqu'à sa mort.
C'était étrange, quel personnage pouvait en être l'auteur... ?

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MessageLun 10 Aoû 2009 - 19:26

« Je le connais... » souffla à peine sa voix lorsque KöH et sa monture passèrent à proximité.

Oui, elle s'en souvenait. Elle l'avait croisé et elle l'avait haït. Le souvenir venait de ressurgir soudain, la bousculant sans douceur. C'était lui, la voix étrange, les livres jetés par terre dans un fracas assourdissant au beau milieu de la bibliothèque. C'était lui, l'insupportable fauteur de trouble qui avait interrompu ses recherches. Que cherchait-elle, ce jour là ? Quelque chose d'important, ou dénué d'intérêt. Son identité, sans doute. Mais peut-on mettre son fardeau sur le nom d'une race ? Quelle importance, qu'elle soit Elfe ou Halfling ? Cela ne l'aiderait pas mieux à traîner ses douleurs dans son sillage. Et lui, Ange aux ailes diaphanes, n'avait plus rien à traîner. Comment un Ange pouvait-il mourir ? Pourquoi l'avait-elle haït ? Et puis ? Elle n'avait pas souhaité sa mort, quand bien même elle s'était juré de le tuer de ses propres mains lorsqu'il avait osé lui adresser la parole, ce jour là. Comment mourait-on ? Était-ce le destin ? Le hasard ? Suffisait-il que quelqu'un souhaite votre mort ?

À tant de questions aucune réponse, sinon la mise en garde de Sentinelle, froide et coupante comme le fil des lames des épées. L'enfant n'avait pas bougé, figée face aux propos qui semblaient l'accabler. Était-ce sa faute, à elle ?

Elle suivit KöH et sa monture étrange et s'engouffra dans la Cité à leur suite, mais le cœur n'y était plus et elle n'avait pas pour habitude de jouer les toutous. Lorsque la porte claqua derrière elle, elle fit quelques pas dans l'allée principale dont le soleil réchauffait doucement les pavés. Fatiguée. La mort, brute, l'avait assommée. C'était idiot peut-être. Elle en avait vu d'autres, des morts, lors de la bataille. Mais aujourd'hui, elle ne le supportait pas. Bientôt, les rues se mettraient à grouiller d'habitants mais elle, petite Nymphe à peine sortie d'un long sommeil, n'avait envie de voir personne. Elle suivait pourtant Sentinelle de loin en loin, aussi mollement que si son sang l'avait quitté, la laissant sans force et hagarde. Un peu plus loin, accroché aux branches d'un buisson ardent, elle vit le nœud qui lui avait échappé quelques heures plus tôt. Comme quoi tout se retrouve. Elle s'en saisit du bout des doigts, pensive. Autre chose occupait à présent son esprit. KöH revenait sans son fardeau, les griffes de la créature claquant sur l'allée principale.

« Pourquoi protégez-vous cette Cité ? » demanda subitement la voix, lointaine et inquisitrice.
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MessageMar 11 Aoû 2009 - 13:32

Il revenait sur sa bête, lentement, chaque pas se faisait de plus en plus lourd, de plus en plus grave. Le tempo des morts, celui de la désolation et du regret. Derrière, la cloche d'un nouveau jour battait déjà l'heure avancée, le soleil éclairait déjà la Cité, les rayons s'éclataient contre son armure en reflets scintillants. Avait-il entendu dans son départ, les dernières paroles de Coralline ? Sans doute, mais qu'importe, qui ne connaissait pas cet ange après tout ? La main de la sentinelle s'étala sur le masque d'os, comme pour cacher la dentition, puis... il le retira. Les yeux baissés sur le mouvement de l'encolure de la bête attentive à ses gestes. Le masque resta dans la main droite de KöH, tendue vers le sol, laissée pendue comme à l'abandon, le dos légèrement courbés par le poids du monde. Plus loin, elle était encore là, mais elle n'était déjà plus vraiment la même, inquiète et méfiante... elle semblait déjà plus sombre. Ce n'était qu'un mauvais passage, voyez le soleil revenir... mais déjà, cette journée arrivait avec un vague goût amer, comme si la chaleur de ce soleil n'était que mensonge, et que notre peau ne la ressentait déjà plus vraiment. Des paroles sortirent de sa bouche, une question importante, non pas pour meubler la conversation. La bête fit quelques pas encore, et la sentinelle démasqué, sans mettre pieds à terre, soupira lentement avant d'apporter une réponse des plus sincère.

" - Il faut bien quelqu'un pour le faire... "

La tête qui venait de regarder cette belle jeune plante, se baissa de nouveau, avant de replonger ses yeux dans ceux de la fille, il avait un sourire étrange, marqué, prolongé, basculant entre la moquerie de ce monde qui se joue de tout un chacun, et une tristesse presque acceptée.

" - Quand on a vécu le cœur et les yeux bandés, on doit se racheter... quand on a vu la mort arracher presque avec complicité ce qu'on a aimé. Alors, on se doit de prendre du recul et voir plus loin que son propre visage. J'en fait les frais. Et cette guerre... ne doit pas revenir. La jeunesse doit être préservée."

KöH soupira une nouvelle fois. Le silence parfois, était plus simple et plus imposant. Alors, lui répondait.

" - Mais cette jeunesse n'est déjà plus la même... je protège les fantômes du passé plus que ceux du présent salit..."

Il y avait pourtant des vieux, des gens de tout âge, mais l'innocence des enfant était ce qu'il voulait préserver avant toute chose. Cela dit, ses désirs semblaient déjà s'écrouler. Et cette jeune femme qui le questionnait, avait peut-être un caractère peu commun, elle était curieuse et non sans cœur. Une lueur d'espoir dans ce désastre. Mais qui sait, l'avenir pouvait s'assombrir encore et encore, jusqu'à prendre tout ce qu'il protège, tout ce qui aime. La vie n'était pas un beau compte de fée ou le bien gagnait toujours. Fallait pas trop rêver !

Il avait accroché son masque contre la selle. Avec amour, il tapota l'encolure de la bête. Son sourire fut déjà moins crispé. Mais ce sourire était comme un second masque. Pourquoi devoir se cacher derrière des masques d'émotions ?


" - Et que comptes-tu faire de ta journée ? "

Ajouta-t-il après une petite pose. Cette question ne venait pas forcément parler de cette journée, mais de ce qu'elle faisait en général. Manière plus subtile d'en savoir plus sur cette fille. Il mit enfin pieds à terre. Mais ne s'approcha pas plus d'elle.

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MessageJeu 13 Aoû 2009 - 20:42

Sa tête se pencha doucement, étonnée et attentive à ce nouveau visage que KöH avait choisit de lui dévoiler. Elle le détailla brièvement, sans insister, absorbée déjà par autre chose. Elle se redressa et joua un moment avec le ruban qu'elle tenait entre les doigts, le pliant et le tortillant mollement, l'air pensif. La première réponse ne l'aidait pas. Elle hocha subrepticement la tête afin de lui signifier qu'elle avait entendu et le regarda plus intensément, appuyant son incompréhension. La lueur pâle, dans les yeux de Sentinelle, semblait demeurer un souvenir de sa lassitude. Une image, idiote sans-doute, vint alors à l'esprit de la jeune Nymphe et elle se demanda s'il était possible que ce vert presque éteint soit le résultat d'un excès de larmes versées. Et lorsqu'il eut fini de parler, elle secoua la tête d'un geste désolé, regarda autour d'elle les habitants qui s'éveillaient et sortaient de chez eux, chacun attiré vers son occupation journalière.

« Je n'ai pas connu cela. Perdre, par la mort, un être aimé. Je n'ai fait que passer dans leur vie, comme un objet change de main. J'ai été aimée, puis haïe. Combien de fois, je n'ai pas compté. Chaque fois, j'ai espéré. Chaque fois, j'ai donné ce que j'avais. Chaque fois, je les ai aimés sincèrement, parce que je pensais que cela suffirait à me faire accepter en retour. En vain. Et j'aurai préféré qu'ils meurent, parce que cela aurait été moins douloureux et parce que j'aurais eu, moi aussi, une raison de me racheter. »

Elle s'arrêta, partagée entre le désir dévorant de se confier et une méfiance galopante. Ses yeux sombres s'attardèrent sur quelques stalactites suspendues au bois d'une enseigne et qui fondaient paresseusement sous le soleil timide de ce début de matinée.

« Je ne peux pas protéger ceux-là même qui ont fait de moi ce que je suis. KöH, je ne suis plus même capable d'aimer à nouveau, alors, qu'ai-je à protéger ? Rien, sinon moi-même. Et s'il est égoïste de souhaiter se préserver des douleurs les plus amères, alors soit. Je suis égoïste. »

Il n'y avait plus ni sourire sur son visage d'enfant, ni sérénité dans sa voix. Juste une souffrance, vive et cruelle, qui porta à ses yeux une rancœur humectée. Et comme si la petite Nymphe réalisait trop tard qu'elle devenait vulnérable, elle se redressa tout à coup et battit des paupières jusqu'à chasser l'émotion indésirable de son regard. À la place, elle se réfugia derrière un visage étrangement froid, presque austère. De ce voile qu'elle avait appris à revêtir et duquel surgissait le mépris ou la fureur, tour à tour. Pour l'heure, KöH ne lui inspirait aucune défiance et elle ne déversait, pour lui, que le flot continue de ses craintes et de ses doutes. Elle posa un regard sur la bête, se forçant à une inspiration profonde et tranquillisante.

Et elle chassa l'enfant fragile, répondant à la dernière question avec un détachement ébouriffant.

« Aller à la bibliothèque. Et lire. »
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KöH
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MessageSam 22 Aoû 2009 - 13:20

Aujourd'hui je ne pleur plus


Il écoutait et entendait, il retiendra. KöH regardait ce petit bout de chiffon retrouvé, pour lui, tout était de chiffon. Des ébauches, des ratures, des loupés, des espoirs peut-être. Il faisait le vide en lui, c'est un peu ce qu'il faisait de toutes ses heures passées à rester éveillé. La bibliothèque, disait-elle. C'était un lien intéressant et malgré tout ce qu'on pouvait en dire, il pouvait aussi devenir dangereux. Si ouvrir un livre, voir ses images et ses écrits n'apportait aucune conséquence, c'est que la personne tenant dans ses mains, les pages d'une ou de plusieurs histoires, n'a fait que lire entre les lignes. Certaines révélations, qu'elles soient justes ou fausses, peuvent conduire un être à faire un acte qu'il pourrait regretter toute sa vie. Une bibliothèque était aussi l'endroit où se cachaient beaucoup de secrets non lus depuis des siècles. KöH n'y allait que très rarement, il détenait déjà une petite perle au milieu de quelques bijoux. La perle en question, Coralline en avait déjà vue une page. L'écoutant toujours en acquiesçant de la tête, il sortit de la même poche où se trouvait son livre, un papier chiffonné, couleur de terre sèche. Un texte y avait été gravé. Oh, il pouvait ne rien signifier du tout, comme au contraire, être très révélateur. Les choses bougeaient depuis bien longtemps, elles se répétaient et se répèteront inlassablement tant qu'il restera de la vie sur terre. Si ce ne sont pas les anges et les démons, ce serra l'un d'eux et les humains? Si ce ne sont ni les uns, ni les autres, ce serront les bêtes sauvages. Et quand elles non plus, ne seront plus là pour défendre une cause quelconque, alors ce serra le temps contre la terre. Tant qu'il y aura cette terre, les guerres ne cesseront jamais, les insectes sont les premiers et sûrement les derniers à se chamailler. Ils survivent à tout et n'importe quoi, lorsqu'on pense les avoir exterminé, ils reviennent plus forts, plus nombreux.

KöH fixa Coralline, qui avait un regard des plus sérieux. Elle avait connu des déceptions. Mais la Sentinelle n'était pas trop du genre à poser des questions personnelles. Chacun sa route, si on veut parler, on parle. Si on ne veut pas, alors on se tait. Si c'est trop tôt, alors c'est que ça viendra en temps voulu. Il pouvait peut-être paraître totalement indifférent, mais il ne l'était pas. C'était sa manière d'être, de fonctionner. Les choses venaient toujours de toute manière, avec le temps. Alors il laissait filer, il oubliait parfois même, lorsque ça n'avait pas d'importance à ses yeux. Mais qu'est-ce que l'importance ? Toutes choses étaient vues d'une perspective différente, alors il ne jugeait pas, mais ce qu'il faisait le mieux et on le répétait autour de lui, c'était son silence et son écoute. Les gens se confiaient à lui parfois, même ce garde de cette nuit passée, qui avait piqué un gros somme. Oui, cet homme à l'allure imposante comme tout bon garde. Oui, ce qu'il lui avait dit, n'était que des broutilles de tous les jours, aux yeux de KöH ça n'avait donc, pas d'importance, tout simplement parce que ce n'était que des problèmes et des soucis appartenant à une autre personne et il savait que pour ce mec, ça faisait du bien d'en parler. Et là, c'était un peu différent, le passé de cette jeune femme semblait sinistre et douloureux. Oui, c'était important, il ne fallait pas fermer les yeux sur le malheur des autres, mais une fois encore, il était aux autres ce malheur. Voilà aussi et surtout ce qu'il protégeait. Le bonheur. Préférant montrer la lumière, plutôt que de les laisser dans une ombre douteuse.

Le papier chiffonné attendait d'être attrapé. Et sur son visage, son sourire était toujours aussi grand et énigmatique, légèrement plus haut du côté gauche que du droit, un tic sûrement, une manie. Il forçait un peu plus sur ses muscles de ce côté-là.


" - La bibliothèque t'attend alors."

Il était inscrit sur ce papier, un vieux poème des plus mortuaire. Comme un mauvais présage, une mise en garde. De qui c'était, il n'en avait aucune idée, la signature avait était cachée par de la sève d'une plante quelconque. De quand datait-il, pourquoi avait-il était écrit, décrivait-il une scène inventée, une scène rêvée, crainte.. un cauchemar, peut-être les ambitions d'un démon... KöH s'en fichait pas mal, c'était en tout cas, une preuve que ce monde pouvait être sombre et mauvais.



Spoiler:
 

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MessageMar 25 Aoû 2009 - 7:41

Spoiler:
 
« Non, mais ça reviendra ! »
*°*°*°*°*°*°*°*°*



Le secondes semblaient s'être suspendues, juste le temps pour le soleil de prendre de la hauteur et d'irradier la cité avec plus d'ampleur et d'arrogance. Il faisait jour. Un jour froid, une lumière crue. Et comme Coralline l'avait prédit, les habitants sortaient mollement de chez eux, leur sommeil encore collé aux paupières. Quelles occupations pouvaient être suffisamment importantes pour mériter qu'ils se lèvent si tôt, elle l'ignorait. À vrai dire, elle s'en moquait un peu. Ceux-là ne lui prêtaient pas vraiment d'attention et cela lui convenait mais, dans quelques minutes, elle le savait, ce serait autour du commun des Elamentiens de pointer son nez dehors et cette idée l'effrayait. Non pas qu'elle soit victime d'agoraphobie, mais elle n'aimait pas les gens, tout simplement, et la perspective de les voir vivre sottement autour d'elle la rendait nerveuse. Devant elle, KöH n'avait pas bougé. Comment diable faisait-il pour conserver son calme ? Et elle, enfant exécrable, comment était-elle parvenue à passer d'une émotion à l'autre sans la moindre transition...?

Elle soutenait à présent le regard de Sentinelle, sans crainte ni méfiance, attendant la suite qu'il voudrait bien donner à cet instant insolite, apaisée par son sourire curieux. Quelques mots, après un long silence. Il mettait fin à l'entretien. D'accord. La bibliothèque avait toujours été un refuge pour la simple et bonne raison que peu de monde s'y aventurait. Lire ou s'instruire, ce n'était pas la préoccupation préférée des habitants et encore moins des élèves. Tant mieux pour elle ! Elle n'y était que plus tranquille et moins entourée de leur niaiserie. Là-bas, elle se plongeait dans ses lectures avec une telle ferveur qu'elle en oubliait tout ce qui se déroulait autour d'elle, et cela l'apaisait. Bien. Alors elle irait.

« Merci, KöH. Et si l'envie me reprend de retourner voir ces maudites lucioles, alors je viendrais vous voir. » lui sourit-elle.

Un rapide coup d'oeil autour d'elle la renseigna sur la direction à prendre. Par là, le chemin était plus long mais plus tranquille. Des ruelles tortueuses, idéales pour éviter la foule bruyante, et c'est par là qu'elle se faufila, disparaissant sans bruit et sans empressement.
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