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Sur les Frontières [PV: Di] |
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Iblîs Nemrodus
Démon


Nombre de messages: 543
Age: 25
Race: Seigneur de l'Ombre (Démon Majeur)
Poste dans la cité: Démon Libre
Elément contrôlé: Magie démoniaque (Tenebrae)
Date d'inscription: 27/03/2006
Feuille de personnage Puissance:
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Sujet: Sur les Frontières [PV: Di] Sam 10 Oct 2009 - 1:14 |
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La main pâle se lève, araignée blanche dans la pénombre.
Lentement, elle caresse le bronze poli. C'est une cloche de bonne taille qu'elle effleure, avec douceur, presque avec sensualité. Les doigts glissent le long de la courbe dorée, longent lentement le relief qui ceinture la taille, comme si ils épousaient avec douceur et passion les formes d'une femme. A l'aveugle, la main avance, se fiant à ce qu'elle découvre. Ce faisant, elle laisse une trace presque invisible, celle que laisse le moindre frôlement sur une surface qui n'a pas été troublée depuis longtemps. Quelle merveille solitaire est-elle ainsi réchauffée, éveillée lentement par un contact moins froid qu'elle?
Ce n'est pas une peau qui se révèle, juste le toucher dur et glacé du métal. L'objet effleuré avec la passion d'un amant ou l'amour d'un bijou précieux, ce n'est qu'une cloche. Une humble cloche, suspendue quelque part dans la Plaine au Cairn, non loin du Temple. Peut-être a-t-elle servi jadis à quelque réjouissance? Personne ne la remarque plus … son support de bois moisi ne tiendra plus longtemps, déjà à demi-mangé par les vers.
Peut-être l'aurait-on entretenue et chérie, si elle avait été capable de rendre un son. Mais sous sa coque de métal, la demoiselle de bronze est meurtrie : son battant ouvragé a disparu, endommagé ou volé. Désormais brisée, elle n'est plus qu'un objet inutile.
Aussi a-t-elle été laissée là. Bien qu'à proximité de l'édifice, plus personne ne viendra l'approcher, la faire sonner. Plus de jeune damoiseau faisant vigoureusement résonner son son d'airain, plus de coquette demoiselle venue se mirer dans sa surface brillante. Pourtant son reflet demeure, car c'est bien la seule chose qu'elle puisse encore faire, cette pauvre cloche. Elle avait peut-être espéré que si elle continuait de briller, tout lisse, quelqu'un reviendrait la mouvoir. Elle avait attendu, espéré, encore et encore et encore – elle avait conservé son poli contre vents et pluie – et personne n'était venu. Mais après tant d'années, la cloche attendait toujours. Elle était faite pour être sonnée, et jusqu'à ce qu'elle soit redevenue poussière, elle attendrait.
Et puis un soir … quelqu'un était venu.
* * *
Thème Musical : Extrait de la B.O. Du Parrain, modifié par Pancake (en espérant que Youtube ne la virera pas tout de suite).
C'était un soir comme les autres. Il faisait encore clair, un air très vif, presque un air d'hiver déjà. A l'horizon, le soleil devait se coucher, mais masqué par une épaisse couche de nuages qui barrait l'horizon, il inondait le monde d'une lumière fantomatique. Un de ces soirs d'hiver, où le blanc devient bleu, où le bleu vire au gris, où le gris noie le monde. Au fur et à mesure que passait le jour, la cloche avait reflété bien des choses. D'abord, la ligne horizontale de la plaine, déserte en cette journée. La silhouette solitaire du Temple, délaissé, en ruines, rien dans ses contours mornes n'y trahissant la splendeur qu'il renfermait.
Et alors que les ombres gagnaient insidieusement au sol, la cloche avait soudain reflété une main. Une main blanche, tout près. Celle d'un homme debout devant elle, vêtu d'un manteau tombant, à capuchon. Comment était-il arrivé là, comme s'il surgissait de nulle part? Il était simplement venu avec le crépuscule, comme naissant mystérieusement de la lumière qui décroissait. Et la cloche ne s'étonna pas – d'abord parce qu'elle ne pouvait s'étonner, ensuite parce qu'Elament était proche, et qu'Elament était cité de mystères! Elle s'était contentée de se réchauffer au contact de cette main, très froide pour un humain, mais néanmoins plus chaude que le métal. Elle avait légèrement vibré, satisfaite, sous la caresse. Il lui en aurait fallu plus cependant, pour être heureuse. Il aurait fallu qu'elle puisse être agitée, que son battant désormais perdu éveille en elle tous les échos de sa voix de bronze! Impossible. L'homme pouvait glisser sa main tant qu'il le désirait, il n'y éveillerait pas un son.
« Sonne, voix éteinte » murmura pourtant sa voix, et elle était telle le vent soufflant en silence. « Quelqu'un doit venir, ce soir. Jusqu'à la Cité qui t'a abandonnée, l'Ombre noire ne portera pas ma voix... »
En silence, langoureusement, les doigts viennent s'allonger le long de la courbe pleine. Elles communiquent au métal, lentement, quelque chose de la chaleur et de la force qui les emplit.
« Jusqu'à ce qu'il vienne » chuchote encore l'étranger, « Tu sonneras pour moi, voix des hommes... »
Et soudain, un puissant coup de gong emplit l'air du crépuscule. Par quelque étrange magie, la main amie posée sur le métal lui a transmis quelque chose. Une force inconnue a soudain inondé la cloche, empli ses contours, se relâchant soudain pour y réveiller les sons presque oubliés. Dooooong – le son magique disparu pour toujours, revenu aussi pur que jamais. La cloche ignore que c'est la magie et non un morceau de métal qui la fait mouvoir, que c'est un Démon qui l'actionne au lieu d'un prêtre d'Elament. Elle n'est qu'une humble cloche, et pour celui qui lui permet de sonner une fois encore, heureuse, elle donne tout ce qu'elle possède : sa voix, son seul trésor.
Est-ce pour cela que ce son est si particulier ce soir? Il porte clair et loin, très loin. Ses accents courent le long de la Plaine au Cairn, sur les Marais et la Forêt Darke, venaient mourir au pied même des Monts Décharnés, comme si les vents du soir les prenait sous son aile. Est-ce l'air cristallin de l'hiver qui porte ainsi les sons? Les anciens ont-ils placé cette cloche ici car une bizarrerie de la nature amplifie son timbre? Ou en vérité, la main qui la fait sonner ne lui transmet-elle pas quelque chose d'autre qu'une note? Debout, immobile, le sonneur noir enlace toujours de ses doigts l'instrument, et sonne, inlassablement !
Le glas de bronze entoura le Temple – et les vieilles pierres peut-être se souvinrent de sa voix. Le glas de bronze remonta la plaine – et les corbeaux noirs se levèrent pour voler avec lui. Le glas de bronze alla à la Cité – et son timbre affaibli souffla sur Elament.
Alors qu'il venait mourir au pied des maisons, le son est presque imperceptible, et pourtant il est plus qu'un bruit. Il a beau être très faible, il pénètre partout, pour ceux qui tendent l'oreille. Dans ce son, il y a quelque chose qui transcende les mots – une volonté presque imperceptible à cette distance, mais qu'on devine démesurée. C'est un appel puissant, impérieux. Cette magie qui a permis au chant de la cloche de revivre, et qui en échange lui a emprunté ses ailes... Oui, beaucoup l'entendraient, cette nuit, la cloche fantôme qui sonnait dans toute la région. Oh, bien sûr, il faudrait qu'ils y prêtent attention, par dessus les bruits de la ville.
La majorité croiront à une hallucination, ou à un glas porté de loin par le vent de la mer. Mais ici où là, un sage vieillard secouerait la tête, un enfant gémirait, un peu effrayé par ce son fantôme. Les Sentinelles, sur les murailles, échangeraient un regard perplexe. Une légende naîtrait peut-être, d'une cloche qui sonnait quelquefois, sur la Plaine au Cairn, au soir des jours d'hiver. Mais son message, son vrai message, une seule personne pouvait le comprendre. A ceux qui savent, parce qu'il leur a été dit, que la Nuit un jour chuchoterait, que viendrait l'heure de l'écouter. A ceux qui attendaient le moment où les Ombres appelleraient, ceux qui voyaient l'invisible et entendaient les mots du silence... Peut-être même l'un de ceux-là penserait-il y entendre leur nom, chuchoté dans le soir, et se mettrait en route pour répondre à l'Appel... ni la vieille cloche ni le noir sonneur ne sont pressés. Revenons une heure plus tard, alors que sur la plaine morne et vide brille la lune indifférente, à la frontière ténue du jour et de la nuit...
Dans le bleu crépuscule qui peu à peu s'endort, Infime atome, la cloche muette sonne et sonne ; et sonne encor...
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Di
Traqueur


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Sujet: Re: Sur les Frontières [PV: Di] Mer 4 Nov 2009 - 15:45 |
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| Spoiler: | | | Désolé c'est un peu court... |
Dans le vent sournois d'un soir d'automne, L'appel résonne au creux de longues oreilles ; il s'éveille.
L'œil frétille en s'ouvrant pendant que le voisin tarde encore. Les muscles roulent sous la peau, hérissant les poils de la bête. La gueule s'entre-ouvre, laissant seulement le bout de la langue laper les babine à plusieurs reprises avant d'y aller sans hésitation jusqu'au bâillement à la limite du son. La langue crispée, roulée, presque à l'envie d'aller chatouiller le palais. Les deux yeux sont enfin synchronisés, plusieurs os craquent. La mâchoire se remet en place. Une patte griffue écrase la nuque engourdie pendant que le dos se voûte. Et à côté de la bête, c'est un spectacle presque similaire que nous joue la petite à quatre pattes. Le ciel était encore le refuge des petites lumières et de la majestueuse dormeuse. Le Chacal pris appuie sur le mur, le pauvre dormais encore dans une de ces nombreuses petites ruelles. La chaîne racla le sol, réveillant l'ivrogne du coin. L'hybride avait enfin tous ses esprits lorsqu'il compris enfin, qu'il n'avait pas la journée à lui. C'était un de ces jours dont il pourrait se souvenir à sa mort, des jours marquants. Oui, c'était prévisible, car son réveil avait était voulu, car plus qu'un réveil, c'était un appel. Et il allait répondre présent. Qui d'ailleurs, pouvait se venter d'inviter le chacal en ayant véritablement sa présence de manière presque docile ? Personne. Ou presque. Et le duo amical se mit en route.
La Cité derrière eux, le temple ouvrit les bras. L'hybride n'était pas vraiment amoureux du son de la cloche, préférant la voix de sa chaîne. Mais faut pas trop compter sur les goûts d'un sac à puces. Comment savait-il ? Pourquoi lui ce soir ? Il ne le savait pas, c'était instinctif. Comme s'il venait de repenser aux paroles du démon tout juste en cet instant, et que par curiosité, ses pas le guidaient à l'appel. Avait-il réellement entendu une cloche ? Ou l'avait-il imaginé ? Peut importe, il n'était plus très loin à présent, sa petite crinière en éventail plissait sous le vent et ses yeux tombèrent sur les parois du grand, de l'unique... Temple. Di n'était pas très aimant d'un Dieu quelconque. Mais il aimait se dire que la nature était seule déesse du Monde. Un Temple... Ha ! Oh moins, c'était un endroit paisible, silencieux, accueillant... le voilà enfin là... Plus loin, c'était lui. L'être le plus étonnant que Di avait pu rencontrer. Qu'y avait-il de si important ? De l'œil droit, il contempla sa pièce d'argent au creux de ses griffes avant de la faire virevolter dans l'air et de la plaquer contre la pomme de sa patte. Face _ okay, je parle _
" - Ma pièce n'est pas toujours très coopérative. Qu'est-ce qui... m'amène ici ?"
Étrange question il faut l'avouer, d'ordinaire elle n'est pas vraiment posée dans ce sans... M'enfin ! Le Chacal n'avait pas une gueule spécifique, il ne tirait pas la tronche ni ne souriait. Seul un sourcil s'était légèrement élevé en signe d'interrogation. Le corps parle beaucoup mieux que les mots et Di le savait pertinemment d'ailleurs, mais lorsqu'une pièce décide, il faut obéir... du moins, si l'envie est présente ! Le chacal piétinait le sol, tournant un peu comme s'il était question d'une conversation de lui... à lui ? Un peu inquiet de connaître la réponse à cette question en réalité. la petite à côté, c'était tout son contraire. Droite sur ses pattes, fière, les yeux écarquillés visant Iblîs... toujours prête à donner sa vie pour son Chacal. Ha... ces êtres fidèles sont si rares !
* - Dis moi... t'es vraiment certain que cette pauvre cloche presque rouillée est celle que tu as entendu ? Ne me dit pas que tu crois en cette magie !
- Et pourquoi pas ? Tu devrais toi même l'avoir entendu pauvre couillon. N'as-tu pas la même envie qui roule dans mes veines ? Celle de savoir le pourquoi du comment ? Et de te plonger dans un avenir proche ? J'adore cette vie de chien !
- Bien sûr... mais n'oublie jamais une chose. Le mal peut avoir un petit brin d'ange au coin des lèvres.*
Il l'avait presque oublié celui-là... pourquoi n'était-il pas resté dans l'Artifice quand ils ont tout deux crevés ? Un de moins à entendre ça aurait été un véritable miracle ! Et peut-être paradoxalement un vide intense et trop lourd.
_________________ J'irais au Paradis _ Jouant au suicide _ J'irais en Enfer
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