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[Professeur] Tyrol - Aera

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Tyrol
Maître de l'Air
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MessageSujet: [Professeur] Tyrol - Aera   Jeu 22 Nov 2007 - 23:26




The Cursed Image - SoulCalibur III
Ballad of Ice and Snow - Guild Wars Eye of the North
Under The Dark Span (Asura Theme) - Guild Wars Eye of The North
Cycle - Wolf"s Rain

Spoiler:
 


=> Vers la Fiche de Tranlthanas, Frère adoré et Garde du Corps de Tyrol <=



Son nom de famille ? Tannier, nom inconnu de tous sauf de quelques privilégiés. Et son véritable prénom, connu de ces mêmes seuls privilégiés, est Lén, qui n'est que le diminutif de Lénantalas (en Solan, "Lén-an-talas" veut dire "Rêve de Cristal").

Mais ici, tout le monde ne le connaîtra que sous le court pseudonyme de Tyrol.


250 ans environ.


Elfe Solan (un genre de sous-race Noldor).


Assistant du Professeur de l'Air
(Professeur de l'Air depuis le 18/08/08 )


L'Air. Raisons ? Tout simplement une question de caractère, même si cela peut paraître stéréotypé : l'Air, agile et vif, changeant, pour quelqu'un à la fois doux et ferme.


Sans être doté d'une grande intelligence et d'une immense sagesse, c'est sans conteste quelqu'un de très raisonnable, très pondéré et prudent. Sa voix douce inspire au calme, ses paroles sont sensées – malgré une apparence très… décalée - et rassurantes. Il est dénué de toute mauvaise arrière-pensée, de tout calcul manipulateur, de toute bouffée de violence. Rien ne semble l'énerver, faisant croire de lui qu'il est insensible et froid, ce qui est faux. Cependant, s'il est d'une gentillesse et d'une capacité d'empathie inégalables, il ne le crie pas sur tous les toits.

On devine sa joie discrète derrière ses petites esquisses de sourires et l'on peut entendre parfois des rires clairs lui échapper, signes d'une bonne humeur, tout au moins d'une bonne disposition presque inébranlable. Pourtant, une fois la tristesse installée, même s'il ne la manifeste pas à grands cris, on peut la ressentir jusqu'au fond de soi tant elle peut être forte et sincère.

Il n'est parfois pas très bavard. Dans ces cas-là, on peut voir qu'il l'est malgré tout car il hésite souvent avant de parler, comme s'il avait appris à sélectionner ses mots au fil du temps afin d'aller droit à l'essentiel ; ainsi quand il parle peut-on le croire réservé, froid ou hautain, ce que la gentillesse et la chaleur de sa voix démentent aussitôt. En revanche, n'hésitez pas à l'arrêter quand il s'étale trop car sur certains sujets il pourrait bien vous refaire le monde, vous résumer 10 000 ans d'Histoire ou tout simplement changer de sujet sans s'en rendre compte... Le moins que l'on puisse dire malgré cela est qu'en parlant il met facilement les gens à l'aise. Ses anciens compagnons de route ont tous apprécié sa compagnie joyeuse et détendue. En fait, dans le but de rassurer les gens et/ou détendre l'atmosphère, il ne se gêne jamais pour placer une anecdote le concernant, évoquant parfois ses pires souvenirs avec un ton si décontracté qu'on en rit avec lui et qu'on oublie, un tant soit peu, ses propres problèmes.


A première vue, c'est une petite silhouette, pas frêle mais relativement fine malgré tout. Sa peau est un peu pâlotte, mais respire la vie et la santé. Son physique est relativement banal, à bien y regarder : Son nez est rond, discret, ses lèvres fines, la forme de son visage ronde et douce. Rien d'exceptionnel, surtout pour un elfe. Ses traits, fins comme le sont ceux de son peuple, ont toutefois une austérité laissant transparaître la fermeté d'un esprit calme, mais clairvoyant. Une force tranquille inexplicable qui inspire le respect...
Une cascade de cheveux blancs comme neige tombe jusqu'à ses reins et couvre ses oreilles pointues. Certaines mèches ondulent parfois au gré d'une fantaisie qui échappe à ses plus méticuleux brossages.
Ses cheveux ont l'air très jolis comme cela, mais ils ne brillent pas, n'ont pas de beaux reflets d'argent. La couleur ne semble pas naturelle, c'était comme si Tyrol avait vieilli de sept cent ans du jour au lendemain.

Ses yeux, eux, sont verts. Pas un joli vert profond, ni un magnifique vert clair : un drôle de vert pâle, trop pâle, tellement pâle que les yeux en paraissent blancs. Eux non plus n'ont pas l'air bien naturels et ils effraient parfois ceux qui découvrent le visage de Tyrol pour la première fois. Ce sont des yeux qui regardent sans voir, cherchent par-delà les apparences. Ils rêvent sans cesse.
Il n'est déjà pas évident de lire l'âge d'un elfe sur sa figure, mais chez Tyrol, cela est d'autant plus difficile qu'il peut avoir l'air aussi joyeux et enfantin que sérieux et grave, vous perdant constamment entre deux expressions.


Il a tout simplement peur de perdre des gens chers, et a peur de toute perte de personne en général. Les mauvaises surprises ou mauvaises blagues en tout genre peuvent aussi le refroidir pendant plusieurs jours. Il ne supporte pas non plus que l'on brise des objets fragiles comme les miroirs et tout ce qui peut être fait de verre ou de cristal.

Plus que des peurs, ses faiblesses, qu'il dissimule assez bien de façon générale mais qui ont tout de même leur poids :
Like a Star @ heaven Il n'a que très peu de force : pour donner une idée, il ne peut pas soulever et manier une épée longue standard sans se fatiguer au bout de deux minutes (et l'on sait que les armes de l'époque étaient relativement lourdes).
Like a Star @ heaven Courir vite et longtemps lui est impossible (d'où l'utilité de la téléportation). Toute activité demandant un effort soutenu de respiration lui est de toute évidence impossible : il finira toujours par être saisi de quintes de toux allant parfois jusqu'à lui faire cracher du sang.
Like a Star @ heaven Au contraire des autres elfes, il peut tomber malade (cf. "Projet de Recherche - Les Aeras du Vent Intérieur).


Tyrol ne contrôle pas vraiment l'Air, c'est l'Air lui-même qui s'attache à lui et qui agit en devinant les désirs de son ami ; car ce Vent étrange qui l'entoure toujours, ce n'est pas le Vent au sens large du terme, c'est un Vent en particulier, un Vent qui lui ressemble, qui vit avec lui et en lui et qui disparaîtra comme lui, à sa mort.
Tyrol ne se sert donc que de ce Vent-là, pas des grands courants connus. Il est un Aera du "Vent Intérieur"
(voir ci-dessous).

Il n'attaque que très rarement et ses attaques sont très faibles. Créer des tornades destructrices et autres tourbillons violents, ce n'est pas pour lui : lorsqu'il se base sur l'offensive, son énergie s'épuise en quelques minutes à peine. Il se sert surtout de sa magie pour dévier des objets, les amener à lui, créer des boucliers de diverses formes et soigner ; Ces deux formes sont très bien maîtrisées, surtout le soin dans lequel il excelle.

Il sait aussi se téléporter sur de courtes distances et dissimuler les auras de façon permanente. Il a, de même, quelques autres notions dans des arcanes moins évidentes mais il les utilise trop peu pour en avoir une maîtrise complète et assurée, pour l'instant. Il ne maîtrise vraiment que l'Exorcisme, ayant une affinité inexpliquée - ou presque - avec tout ce qui touche au spirituel/mental et étant très sensible aux ondes négatives venant des personnes possédées. Il a une affinité très particulière avec tout ce qui relève de l'Invisible ou de l'Insensible (visions, rêves, cauchemars, esprits et âmes, auras, etc...)

Projet de Recherche : Les Aeras du Vent Intérieur (par Tyrol)
"Les "Aeras du Vent Intérieur", à défaut de meilleur nom pour les désigner, sont très rares. Ils peuvent naître parmi n'importe quelle race, indifféremment de leur sexe ou de leur apparence. Ce sont des Aeras étonnamment incapables d'utiliser l'Air naturel existant autour de nous et les grands vents connus comme le Mistral ou les Alizés. A l'inverse, ils peuvent "voir" l'Air : des banderoles, des grains, des courants… Tous différents selon la nature du vent (froid, chaud, violent, doux…) et tous composés de façon différentes. Les Aeras du "Vent Intérieur" voient le Vent en général en se concentrant bien, mais surtout, voient le leur : le Vent des Aeras du Vent Intérieur est accompagné, lui, de fées.

Cette particularité étrange trouve sa raison initiale dans une faiblesse immense, toujours physique et parfois mentale. Ils sont souvent sujets aux évanouissements, à toutes sortes de problèmes : maux de dos chroniques, migraines répétitives, troubles de la respiration… Et aux maladies orphelines, très souvent graves et/ou parfois mortelles, dont ils sont d'ailleurs les premières victimes. Des personnes si faibles, en temps normal, mourraient en bas âge ou survivraient fort difficilement ; Pour celles et ceux qui ont la Grâce de se voir attribuer un élément - et surtout la Grâce de vivre jusqu'à ce moment -, c'est l'élément lui-même qui s'adapte et se forme de façon à servir de protection, de défense en premier lieu, et non d'outil d'attaque. Le processus reste inexpliqué et supposer qu'une partie de l'Air naturel ou du Vent se détacherait de son rôle pour se faire Vent unique d'une personne serait bien trop facile et paresseux.

L'élément arriverait donc en soutient et compenserait les faiblesses de celle/celui qui a été touché par le don, non pas par sympathie, mais parce que la magie que le don diffuse agirait en seconde réserve d'énergie, supplantant la mécanique du corps. Quant à la capacité de voir, de distinguer ce dont est composé l'Air, cela reste encore un mystère ; Il se pourrait toutefois que, la force magique et la faiblesse physique paradoxalement liés dans un même corps prédétermineraient ces Aeras aux visions de l'Invisible, à défaut d'avoir un corps ou un psychique fiable. La plupart ignorent - consciemment ou non - la portée incroyable qu'un tel pouvoir peut avoir, et la dangerosité à laquelle il expose s'il n'est pas connu ni maîtrisé. Au mieux, ils seront un peu originaux, au pire ils sombreront dans la folie la plus totale, secoués de délires que personne ne voudrait croire.
Les fées quant à elles feraient office de containers, de catalyseurs d'énergie. Ces Aeras auront aussi souvent recours à des objets pour les aider à rassembler leur énergie et à la canaliser correctement, afin d'éviter les malaises et la faiblesse extrême que l'utilisation de la magie peut provoquer.

Si ces théories se tiennent, il existerait alors de même des Aquas, Ignis et Terras "intérieurs"."



Importantes :
Like a Star @ heaven Tyrol possède une Etoile de Cristal et un Anneau de Subsistance.
Le premier, un bijou unique et enchanté par les elfes, taillé sur mesure, est le fameux objet pouvant canaliser son pouvoir Aera.
Sa façon de fonctionner pour réussir à interagir avec la Magie reste un mystère que l'elfe entretient avec un sourire énigmatique.
Spoiler:
 

Quant à l'anneau, il porte bien son nom : Grâce à lui, Tyrol n'a aucun besoin vital de se nourrir (ce n'est donc plus que de la gourmandise) et ne nécessite que de deux heures de sommeil par jour.

Like a Star @ heaven Il a un très léger accent, fort charmant ceci dit (celui d'un anglais qui parle français, pour exemple)

Anodines :

Like a Star @ heaven Il a pour compagnon équidé un grand cheval blanc ailé, nommé Haeris en hommage à son Dieu. L'animal obéit uniquement aux Aeras. Il vit toujours en liberté, flânant çà et là au gré de ses envies, et répond aux appels de l'Etoile de Cristal de son maître.
Autre compagnon, plutôt compagne cette fois, une petite chienne blanche elle aussi (de race Loulou de Poméranie) appelée Cynn. Elle n'est pas magique et ne possède rien de particulier si ce n'est une vitalité débordante et une bonne humeur tendant à la folie qui fatiguent vite Eal et Tranlthanas !

Like a Star @ heaven "Passer en coup de vent" est une expression qui lui convient parfaitement. Lorsqu'il se déplace, c'est le vent lui-même qui vous passe sous le nez, vif et insaisissable. Quant à l'odeur agréable de forêt et de fleurs qui se dégage de son corps est 100% naturelle, non, ce n'est pas un parfum bio, mais sans aucun doute un effet de Vent Unique. En tout cas il laisse dans son sillage une douce trace de son furtif passage.

_________________
"Combattre seul une armée d'archers, c'est comme lancer une
pierre dans un nid de guêpes : je ne souhaite l'expérience à personne !"
(
Tyrol)

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Dernière édition par Tyrol le Dim 8 Nov 2009 - 23:15, édité 60 fois
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MessageSujet: Re: [Professeur] Tyrol - Aera   Mer 16 Avr 2008 - 16:14



"Je suis né, j'ai vécu et je ne suis pas encore mort." Voilà tout ce qu'il vous dirait si la question de raconter son histoire lui avait été posée. Hélas elle m'est posée à moi narrateur et je suis contraint de développer.

Lén , puisque c'est sous ce nom qu'il est né, est le fils aimé du Roi Solansith et de son épouse Candys. Il naquit un jour de beau temps, soleil flambant et ciel bleu saphir... Et manqua de finir mort-né à cause d'une faiblesse physique et surtout respiratoire qui le poursuivrait toute sa vie.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, son haut lieu de naissance ne lui valut pas réellement le gratin des cours… Il vivait entouré de gens aimants et protecteurs, dans un pays absolument idyllique, parfait, et, comme il était fragile physiquement, on ne voulut pas en faire un dirigeant ou un guerrier de quelque sorte que ce soit.

Il fut placé à sa naissance sous la tutelle d'une nourrice nommée Tina, celle qui le sauva de la mort le jour-même où il naquit. Il s'attacha énormément à elle, et ce dès le début ; hélas, dès qu'il eut cinq ans, on l'en sépara pour le placer, comme tous les cadets de la Famille Royale, au Temple. Eloigné de tout et de tous, on lui imposa une éducation à sa mesure : calme, faite de prières et de livres. Comme il avait peu de personnalité, il s'en contenta grandement, et sa douceur et sa docilité naturelles le destinaient clairement à être prêtre d'Haeris, dieu d'Amour, de toutes ces choses pleines de bons sentiments et… de Vent.

La séparation lui déclencha tout d'abord quelques maladies dûes à l'angoisse, dans un pays où personne ne tombait jamais malade. L'enfant était depuis sa naissance sujet à divers maux plus ou moins graves, certes, mais quelques mois après son entrée au Temple, il en revenait plus malade que jamais : la maladie, inconnue, l'obligeait à rester alité, pris de fièvre, de sueurs froides et de délires nocturnes. Il ne pouvait plus dormir mais n'osa jamais l'avouer à quiconque, pas même à Tina.

Des semaines passèrent et Lén crut devenir fou. Il ne dormait pas, pas une seconde. Il arpentait sa chambre en pleurant sans que cela n'arrange quelque chose. Parfois, pris d'une soudaine envie de hurler, il laissait échapper une plainte stridente que personne dans le château ne semblait entendre. Impuissants, sa famille et sa nourrice se contentèrent de l'aimer, le tiraillant d'un côté avec l'avis négatif des médecins qui le voulaient là, à rester tranquille au lit et Tina, qui le sortait tous les jours dans les jardins, se fichant de savoir que son petit protégé ne tenait plus sur ses jambes depuis bien des jours.

La maladie guérit on ne sut jamais comment, par miracle, du jour au lendemain ou presque : Ce fut après plusieurs jours de convalescence où il dormit jour et nuit, harassé, que Lén put enfin reprendre une vie tout à fait normale, oubliant cette histoire avec une facilité étonnante. Sa joie de vivre était toujours intacte et son amour des choses et des gens aussi.

Puis il découvrit son pouvoir : Un jour, des fées lui étaient apparues devant les yeux. Elles tintaient comme les clochettes d'un tambourin et sentaient bon. Avec une surprise marquée, l'elfe se rendit compte que depuis tout petit, il était déjà entouré par cette sorte d'aura, invisible, mais dont les parfums rappelaient agréablement les senteurs de la forêt. Et que ces étranges chatouillis qui le prenaient parfois, à l'intérieur comme à l'extérieur du château, c'était les taquineries de ces petites choses magnifiques et colorés, accompagnées d'un multitude de bandelettes tout aussi chamarrées qui disparaissaient aussi vite qu'elles apparaissaient, et de paillettes brillantes, dorées ou argentées. Son vent venait de se révéler à lui, le décoiffant à loisir et le forçant à jouer avec lui toute la journée où il fêtait ses 140 ans.

Personne ne le considéra comme fou lorsqu'il avoua ces étranges visions : au contraire, pleins de joie, tous les Solans se mirent à le considérer comme un dieu vivant : la maladie qui l'avait saisi et dont il avait réchappé miraculeusement et le pouvoir du vent devaient forcément être liés ! C'était donc lui, l'incarnation d'Haeris, le vrai prêtre que l'on attendait, toutes ces choses invraisemblables qui le fatiguaient…

Aidé par ses parents, petit elfe se résolut à partir, prenant l'opportunité qui lui était offerte de fuir tous ces gens qui le prenaient pour un demi-dieu ou autre légende vivante… Enfin, surtout pour une bête de cirque que l'on visitait à loisir, les yeux admiratifs. Il fila donc en douce, avec sa nourrice, guerrière chevronnée, pour toute escorte. Partir, et pour aller où, bonne question ! Heureusement elle ne resta pas longtemps sans réponse : lors d'un arrêt dans une taverne, Lén se fit agresser verbalement par un grand baraqué sur le pied duquel il avait eu le malheur de marcher - par inadvertance, il faut bien le préciser. Quand le type voulut en venir aux mains, un vent étrange, comme venu de l'intérieur de la pièce, souffla brutalement et le repoussa contre un mur.

Tina en profita pour faire sortir son prince, mais à la sortie, un des clients les arrêta pour faire remarquer à Lén que ce qu'il venait de faire - lever du vent dans un lieu où il n'y en avait pas - était un véritable exploit. L'elfe prétexta un courant d'air, un coup de chance. Le client, qui se révéla être un elfe Sabrone, ennemi du peuple Solan, rétorqua que dans ce cas, il devrait apprendre à maîtriser ces "coups de chances". Il fit apparaître une boule de feu dans sa main pour lui assurer qu'il n'était pas seul à contrôler un élément et lui parla de la Cité d'Elament, dont on lui avait lui-même parlé et vers laquelle il se dirigeait.

Tina voulut forcer Lén à dire qu'il n'était pas intéressé, mais plein de bonne foi, l'elfe accepta de faire route avec l'homme. Le voyage fut long et profita à tout le monde. Les liens tissés en sortirent même étroitement liés les uns aux autres… La nourrice et l'elfe Sabrone se refusèrent alors à lâcher le petit prince, qui, tout le temps de ses études, resta sous leur surveillance accrue. Il le resta même à sa sortie, de la Cité trois ans plus tard, lorsqu'il revenait de ses études linéaires sans grand intérêt qui auraient dû faire de lui un combattant aguerri. Que nenni, il revint plus ignorant que jamais sur le plan pratique ! Incapable d'attaquer, manquant de volonté pour ces choses guerrières qu'il n'approuvait pas, il devint toujours plus le protégé de Tina et Tranlthanas, que l'on avait appris à connaître entre-temps.

Le groupe partit de la Cité pour rejoindre les Solans, puis revint, repartit. Il entrait et sortait sans jamais savoir où se placer, car il ne se sentait à l'aise ni entre les arbres, ni entre les remparts. Ils voyagèrent parfois, en duo ou en trio, cela dépendait des humeurs.

Des années plus tard, après un énième retour à Elament et presque un an de bonheur complet autant dans le travail qu'en amour – qu'il découvrait enfin, lui, ses joies et ses douleurs -, l'elfe repartait déjà, fuyant de justesse la guerre. Il voyagea à nouveau, fit des allers-retours sans fin entre son pays natal et le reste du continent, toujours flanqué de ses compagnons ; la solitude lui pesant facilement et n'appréciant pas d'être laissé de côté, il s'arrangeait toujours pour accompagner quelqu'un et lui servir à quelque chose. Les trois compagnons de choc étaient investis d'une mission, d'abord très triviale, qui se révéla extrêmement plus élevée et difficile ; Malgré ses terribles faiblesses, Lén, devenu Tyrol – ou tout autre nom que les inconnus lui donnaient –, essayait de se rendre utile de temps à autres et de mettre en pratique toute la théorie qu'il avait pu retenir de son unique cours intéressant à Elament. Se souvenant comme mince complément de ce que disaient certains livres ou ses recherches de jeunesse, il tenta de trouver sa voie dans la magie de l'Air, qui ne fut – on s'en doute - pas la voie offensive.

Tyrol revint forgé de ses expériences, sans savoir si c'était dans le meilleur ou dans le pire.

La guerre à Elament l'inquiéta à nouveau. Il l'espéra finie, depuis le temps, mais y retourna en s'apprêtant à retrouver un tas de cendres dans la plaine : il n'en fut rien. La cité était toujours debout.

Il y retourna donc, ne sachant pas pour combien de temps y rester encore et surtout ne sachant pas comment il y vivrait cette fois…

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Dernière édition par Tyrol le Lun 3 Aoû 2009 - 20:31, édité 18 fois
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MessageSujet: Re: [Professeur] Tyrol - Aera   Mer 16 Avr 2008 - 16:34


(Vu par Tina et Tranlthanas)
=>Et l'ambiance qui va avec<=


Spoiler:
 


-Moi je te dis qu'il va faire une connerie.
-Si tu me prévois le jour et l'heure, je peux peut-être faire quelque chose…


Hop, encore une phrase qui tue tout ! Un instant, Tina resta là, la bouche crispée, le regard tourné vers Tranlthanas qui s'accoudait à la rambarde du balcon pour mieux regarder son interlocutrice dans les yeux. Ils se fixèrent long moment en chiens de faïence, amers ; Autour d'eux, la nuit était paisible, chaude et parfumée. Loin au devant s'étendait la haute forêt Solane, et au travers des feuillages on voyait briller les lumières douces et colorées des maisons haut-perchées ; Pourtant l'atmosphère n'était en rien à la fête ou à la sérénité, pour les deux compagnons en tout cas.

-Bah, si tu crèves d'une seconde à l'autre, je saurais que j'vous aurais paumés tous les deux ! lança la demi-elfe avec cynisme.
-Et ce sera trop tard.

Elle haussa les épaules, signe qu'elle ne pouvait pas prédire l'avenir, qu'elle était impuissante face aux réactions des gens et qu'elle verrait bien quelle serait sa peine au moment où les deux elfes seraient morts.

-Si on allait le voir, au moins ? Ca m'rassurerait !
-Nous le voyons tous les jours, et il a l'air de bien aller.
-C'est vrai qu'parfois, j'me dis qu'il le prend… Plutôt bien ! Mais ça peut pas être ça. Tu l'as vu rigoler avec tout l'monde, jouer d'la musique avec autant d'ardeur ? Nan, nan, ça cache un truc !


Tranlthanas ne répondit pas cette fois, se jugeant mal placé pour répondre : il ne connaissait pas Lén de cette façon-là, de cette façon domestique. Lui, c'était différent. Alors il se contenta d'un vague hochement de tête, ses yeux fixant un point loin dans la nuit ; une étoile sans doute, on les voyait si bien depuis les jardins suspendus… Quelques instants encore, les grillons chantèrent. Puis on entendit un chien hurler à la mort.

-Ca, par exemple, murmura Tina, horrifiée.

L'elfe l'agrippa par le bras et l'entraîna à l'intérieur du château.


~ Plus tôt dans la journée ~


Cela faisait deux mois que Lén était rentré au pays. Deux mois où la vie avait repris comme avant, comme toujours, la douce vie des elfes Solans, ces elfes au langage fluide et fleuri qui parlent art et politique en même temps, débattent avec calme et recul des problèmes du monde et se répètent heureux de ne pas y être mêlés.

La… "mission" n'avait pas encore commencé. Il s'agissait d'aller calmer quelques nations guerrières en usant de diplomatie : pour cela, Tranlthanas avait demandé l'aide de Lén et Tina, le premier comme orateur intelligent et mesuré, la seconde comme garde du corps zélée et… bourrine. Une missive venant du pays Sabrorne, la seule qui lui était parvenue depuis plus de cent ans, l'avait averti de problèmes à régler d'urgence. "Pourquoi moi ?", eh oui, il n'avait plus foulé le sol de ce pays de débiles depuis fort longtemps… Très, très longtemps… Mais quand on est descendant d'une lignée de chef elfes, on considère que vous avez le commandement dans la peau ; bref, les Sabrones ont besoin d'un chef quand ça les arrange. C'est vrai que 140 piges sans qu'on le rappelle, ça faisait long…

Le départ était prévu dans deux jours. Deux mois avant, les trois compères revenaient de la Cité d'Elament et de ses problèmes casse-pieds (c'est ça les grandes villes), bien contents d'avoir du fil à retordre dans un nouveau lieu : au moins ça dépaysait. Pourtant, pourtant…

Bien que très attaché à sa famille, Lén avait eu du mal à quitter la cité. Il avait voulu rester malgré une autre menace de guerre (il avait donc quitté une guerre pour une probable autre, il avait toujours eu l'esprit pratique ce petit), rester à attendre… Quelqu'un qui, depuis trois ou quatre mois déjà, l'avait abandonné dans sa grande maison des beaux quartiers. Un amant… Oui, "un". Finalement, Tina et Tranlthanas, prétextant que cela ne lui servirait à rien de rester dans le même coin et promettant qu'ils chercheraient Eal pendant le voyage, étaient parvenus à le rapatrier dans son pays natal, qu'il fut finalement bien content de retrouver.

La tristesse s'était-elle envolée ? On ne peut pas dire cela. Simplement, peut-être portait-il le deuil de son amour de vagabond avec plus de facilité que prévu ! Sa vie s'était à nouveau résumée à tout ce qu'elle avait toujours été : des livres, de la musique et des promenades dans les mille et uns jardins du château de son père. On préparait l'expédition sans lui ou presque, aussi pouvait-il retrouver tous ses loisirs. Il montrait avec fierté sa chienne Cynn aux autres Nobles, qui passaient leur temps à admirer son magnifique pelage blanc et touffu, et qui s'extasiaient de ce même blanc sur le pelage du cheval ailé que petit elfe avait aussi ramené d'Elament et nommé Haeris. De belles bêtes, oui.

Bien sûr, il ne pouvait s'empêcher de parler d'Eal. Il n'en parlait qu'à ses deux compagnons, jugeant peu recommandable d'avouer à ses parents qu'à son âge il était déjà en deuil d'amour : Condamné à aimer et à ressasser pour l'éternité le souvenir d'un cœur qui, au contraire du sien et de celui des autres Solans, pouvait aimer plusieurs personnes à la suite ou en même temps. Cependant, quand il en parlait, il paraissait heureux de ce qu'il avait vécu : il s'était de toute évidence toujours contenté de ce qu'il avait ! Tina et Tranlthanas se retenaient bien souvent de critiquer abondamment l'oréade et la situation dans laquelle Lén s'était mise à cause de lui, de peur de lui faire de la peine, sans doute… Ils ne voulaient pas entacher le peu de bonheur qui lui restait, et, pleins d'amertume, restaient silencieux devant les éloges du petit elfe à propos de "son" oréade.

Deux jour avant le départ, donc. Le Roi avait fait une fête qui durerait un après-midi entier et toute la soirée. L'après-midi était plus ensoleillé que d'habitude, signe du premier jour de l'été, et, par déduction naïve, Tranlthanas s'était dit que ce soleil annonçait une mission, tout au moins un début de mission prometteur. Comme les Solans appréciaient peu les Sabrones malgré l'alliance qu'ils devaient former – et avaient conclue en deux mois – l'elfe resta assis dans l'herbe sans rien dire, en retrait sous un arbre dont l'ombre le rafraîchissait un peu ; il supportait mal la température élevée de cet étrange pays où, malgré la chaleur, l'eau coulait en abondance et les plantes poussaient dans toute leur splendeur. Lén était à son côté, et tergiversait avec d'autres Nobles, assis en rond dans l'ombre de l'arbre eux aussi.

Tina amena un verre à Lén, soucieuse qu'il boive, en bonne nourrice. L'elfe prit le verre en la remerciant avec un large sourire. Puis, dès que la demi-elfe eut tourné le dos, il baissa la tête, portant le verre à ses lèvres avec une conviction soudainement disparue, envolée sans rien dire. Ses cheveux, devenus très longs, cachaient sans doute son visage aux Nobles, mais pas à Tranlthanas.


-Lén, quelque chose ne va pas ?

Petit elfe releva la tête, comme surpris de constater qu'on avait vu son sourire se refroidir, se crisper, et son visage passer de la joie extrême à l'inexpressivité la plus complète. Tout d'abord, un nouveau sourire se dessina sur ses lèvres roses, un petit sourire rassurant et étrange qui disparut aussi vite qu'il était apparu.

-Rien ne va, dit-il alors. C'est le néant.

Sa voix était calme, tranquille, le ton paraissait serein lui aussi, très doux… Et pourtant il était rempli de froideur, tout comme son regard, empreint d'une incroyable intensité.

Il échappa un bref pouffement de rire et son sourire en coin revint quelque secondes, se figea, glacé, et disparut encore. Il paraissait se moquer de ses propres paroles et de l'inquiétude que Tranlthanas avait manifestée pour lui. Alors dans ses yeux verts, le chef elfe crut y voir sa propre froideur, sa propre haine du monde, des gens et des choses. Secoué d'un frisson, il voulut presque se reculer, horrifié de voir son miroir lui renvoyer, pour une fois, le reflet exact de lui-même.


-C'est fini, Tranlthanas, termina Lén d'une voix volontairement teintée d'une joie plus que fausse.

Et il termina son verre, détournant son regard pour reprendre sa conversation avec les Nobles, enjoué, laissant le Sabrone pétrifié sur place et incapable de prononcer un seul mot même avec toute la bonne volonté du monde.

Plus tard, alors que l'on rentrait le matériel – tables, couverts etc – qui avait servi durant l'après-midi, ce fut au tour de Tina de prendre peur : elle marchait dans l'herbe bien verte, sous un magnifique soleil d'été, aux côtés de Lén, qui avait l'air d'un ange dans sa tunique blanche et or. Il paraissait réfléchir, le regard dirigé vers le sol, et Tina lui lança spontanément, un peu malgré elle :


-Et si on abandonnait les r'cherches pour Eal ? C'était son choix, d'partir, après tout !

Elle savait que c'était la méga-boulette, mais penser à chercher un type qui ressemblait à Eal dans chaque recoins des trente mille lieux où ils allaient passer la barbait d'avance. Surtout qu'après ce qu'il avait fait à son petit elfe, elle tenait pas vraiment à lui retomber dessus... Au risque de lui défoncer la tête. Ca ferait pas plaisir au prince. D'ailleurs, l'idée même lui plaisait pas du tout : Lén se stoppa brutalement, comme foudroyé sur place. Il leva la tête vers Tina, les sourcils levés à la manière de quelqu'un simplement étonné devinant à l'avance une mauvaise blague.

-Pas avant que je sois mort.

Qu'il avait dit, calme, froid et déterminé, la fixant dans les yeux avec quelque chose de presque malsain, comme cette petite ombre, ce soupir de rire qu'il laissa échapper. Malsain, bref et cinglant. Et il repartit à l'avant, ses cheveux blonds d'ange flottant dans son vent surnaturel.

C'est là que la demi-elfe comprit qu'elle avait perdu pour de bon une partie de son "petit" elfe... Qu'elle retrouvait le soir-même baignant dans son propre sang.

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MessageSujet: Re: [Professeur] Tyrol - Aera   Jeu 17 Avr 2008 - 9:49

Le soir-même.

Une bonne baffe à vous en faire tomber un cheval, et Lén finissait à terre pour la seconde fois, sous les cris de furie de Tina que l'on pouvait entendre jusqu'à l'autre bout du château. Folle de rage, elle filait une chiasse monstre au prince dont on percevait parfois les sanglots, au milieu des insultes et remontrances diverses.

-Tu voulais crever ? Mais j'vais m'en occuper, moi, s'tu veux ! T'en veux un ? (elle lui montrait son poing serré, prête à frapper encore une fois) ou tu préfères l'épée, hein ? Réponds, pour voir !

Dans le couloir, une servante passa avec hâte, la tête basse. Contre un mur, Candys, la reine, pleurait à chaudes larmes ; le roi, le regard grave, maintenant les yeux fixés sur le sol, la mâchoire serrée. Tranlthanas n'était pas dans un meilleur état : vous savez quoi ? J'ai failli crever. Il se le répétait, ça. Une seconde de plus peut-être et j'y passais aussi ; alors, c'était ça de vivre liés ? Il s'imaginait un peu mieux ce que devait penser Lén tous les jours en sachant que d'une seconde à l'autre il pouvait mourir là, sans raison, juste parce que lui, le Sabrone, serait mort dans un énième combat.

Et mierda.

Il ne savait plus où se mettre, et trouvait malsain (et surtout maso) de rester contre le mur du couloir à écouter toute la scène. On n'avait pas même pris la peine de fermer la porte et la voix de Tina, qui portait loin et fort, vous crevait les tympans. Elle n'avait pourtant rien d'aigu.

On entendit une nouvelle gifle tomber, et cette fois Tranlthanas sentit Lén s'écraser lourdement contre le mur ; là aussi, il risquait la mort, si la demi-elfe s'acharnait… Que faire ? Lorsqu'elle était hors d'elle, elle ne distinguait plus ses alliés de ses ennemis et frappait sur tout ce qui passait. D'un autre côté, il ne valait mieux pas la laisser continuer à frapper sur plus faible qu'elle : il n'osait pas imaginer la gueule que le prince devait avoir à force de se prendre des pains dans la tronche… Elan d'héroïsme ?… Eh… J'vous emm*rde. J'ai pas envie de crever moi.

L'elfe, resté glacé par la découverte de Lén, plus tôt, parvint enfin à se décoller du mur contre lequel il s'était adossé, et voulut passer le pas de la porte ; hélas, arrivé dans l'encadrement, il ne supporta pas le spectacle : Lén, recroquevillé contre le mur, semant des flaques de sang partout dans la chambre, et Tina, rouge de fureur, qui s'acharnait sur lui. Elle lui fila un coup de pied, lui arrachant un nouveau cri déchirant, et releva la tête vers Tranlthanas qui disparut à nouveau derrière le mur. Eh beh, sensible, l'assassin ?…

Non, mais là c'était surréaliste : Tina n'avait jamais, absolument jamais levé la main sur ce qu'elle disait être son petit protégé. Elle aurait préféré mourir que de le frapper, lui. Et aujourd'hui elle était prête à le tuer de ses mains, à l'aider à suicider, comme elle le hurlait :


-Mais la prochaine fois demande, bougre d'imbécile ! Je t'aide, moi ! Tiens, tu veux que j't'ouvre la f'nêtre ? J't'ouvre la f'nêtre, y a pas d'problème ! Jte donne de l'élan, même, s'tu veux !! Un coup de pied dans le train, ça t'ira ?

Oui, Lén avait tenté de se suicider. Heureusement, si l'on puis dire, il avant enfermé avec lui dans sa chambre sa chienne, Cynn, et c'était elle que l'on avait entendu hurler à la mort. Tina et Tranlthanas étaient arrivés à temps pour défoncer la porte et découvrir l'elfe étendu sur le sol déjà inondé de sang de sa chambre. Ce con avait mal visé avec sa dague, et si la blessure n'avait pas touché un point important, en tombant par terre il s'était littéralement empalé sur l'arme. En voyant cela, le Sabrone avait senti quelque chose qu'il n'avait jamais cru pouvoir ressentir encore dans sa vie : la trouille. L'impuissance devant la mort. Lén était là, par terre, et lui encore debout… Pour combien de temps, s'était-il répété dans une peur panique ! D'une seconde à l'autre, il pouvait flancher, tomber aussi par terre, mort sans blessure, sans rien…

La loose totale.

On avait fait venir d'urgence un médecin tandis qu'une Noble aux connaissances de médecine étendues était venue aider à stopper l'hémorragie. Plusieurs heures plus tard, la doctoresse de profession ressortait de la chambre, horrifiée, incapable de prononcer un mot. En cet instant, Tranlthanas se dit que ce à quoi devait réfléchir Solansith, ainsi planté, immobile et raidit, était de comment déguiser le suicide en tentative d'assassinat : Un Solan qui se suicide, on n'avait jamais vu cela. C'était la honte suprême, le blasphème à ne pas commettre !… Pour un prêtre d'Haeris, prince de surcroît, ça l'affichait quand même mauvais, comme exemple.…

Un nouveau cri tira l'elfe de ses pensées confuses, et cette fois il se décida à passer la porte. Il se jeta sur Tina, absolument sûr de se faire jeter : gagné, deux secondes plus tard il finissait par terre aussi. Physiquement, elle le surpassait de loin, de très loin. Et la rage décuplait ses forces. En plus, il n'avait même pas réussi à détourner son attention. Tant pis, s'il fallait crever, au moins, allons crever en même temps en étant conscients de crever !

Tranlthanas resta à terre et se traîna à quatre pattes jusqu'à Lén qu'il prit de ses bras, couvrant de son corps tout ce qui pouvait être couvert et protégé. Evidemment, il attendit de se prendre un bon coup… de poing : et c'est une épée qu'il entendit se faire dégainer. Oh my god ! Il ne sut si parler pour arrêter cette espèce de malade mentale (plus que lui en cet instant, c'était incroyable !) serait efficace… Il devinait que, quoi qu'il dise, elle allait répondre "je m'en fous". Bon tant pis, crevons sans dignité, avec un espèce de truc tout blanc et couvert de sang dans les bras… Mourrons avec une tunique dégueulasse, wééé !


-Moi qui me disais qu'on avait un voyage sympa de prévu…, commença-t-il précipitamment sans espoir de finir sa phrase.

Il sentit Lén échapper un début de rire pour le moins ensanglanté entre ses larmes. Et c'est en y regardant bien, baissant les yeux en le tenant là contre lui, que Tranlthanas se rendit compte que, sous le sang, les cheveux du prince avaient viré au blanc, hormis quelques pointes encore blondes. Il leva la tête vers Tina qui les menaçait toujours de son épée.

-Arrête.

Bon, peut mieux faire. Il espéra que son autorité suffirait, mais non… La demi-elfe poussa un véritable rugissement de fureur, recula son bras pour donner de l'élan à son geste… Et envoya un grand coup à plat, juste à la bonne hauteur pour décapiter les deux elfes. Un grand coup qui, dans un grand bruit métallique, s'écrasa avec force sur une barrière lumineuse ; sous la violence du choc, Tina lâcha son arme qui rebondit sur le bouclier et alla glisser dans une flaque de sang avant de disparaître sous le lit.

Elle s'agrippa le bras, surprise et furieuse en même temps, fixant ses yeux écarquillés sur Lén qui releva lentement la tête, souriant. Il émit à nouveau une sorte de petit rire étranglé qui paraissait se vouloir joyeux malgré tout. Et il se laissa tomber contre Tranlthanas, les yeux fermés.

A cet instant des servantes pénétrèrent dans la chambre. Pour nettoyer, sans aucun doute. Alors Tranlthanas se leva, portant un elfe ensanglanté entre les bras. Cet abruti s'était évanoui… Ou plutôt endormi. Ce qui était encore plus démentiel étant donné ce qu'il venait de se prendre dans la poire. Tina lâcha un grand soupir, de découragement et de tristesse mêlés, sans doute, et quitta la chambre avec le Sabrone.


-Non, ce n'est pas elle qui l'a mis dans cet état, lança ce dernier, à peine arrivé dans le couloir.

Il ne se souvenait plus exactement de la différence entre l'état de Lén post-suicide et son état post-passage-bourrin-de-Tina. Les bleus au visage, peut-être. Pour le sang, impossible de savoir, le prince ayant littéralement nagé dedans ! Ses vêtements avaient tout épongé. Bref, il était dégueulasse…

Le Roi osa à peine regarder son fils. Il lui semblait qu'on le lui ramenait de guerre, lui présentant son cadavre avec déférence comme pour dire "mon roi, votre enfant est mort". Pas grave, il lui restait une fille, pensa Tranlthanas en sachant que Solansith ne devait sûrement pas se dire la même chose… Candys appela encore de nouvelles servantes et les pressa de s'occuper de son enfant, indifférente au fait qu'il ait tenté le suicide. Tina s'éclipsa, les poings serrés. Tranlthanas fut contraint de lâcher Lén pour le laisser aux domestiques.

Le lendemain, dans la journée, à peine le prince émergea-t-il de son sommeil que Tina jetait ses affaires sur son lit.


-Que fait-on ? interrogea-t-il surpris, la voix et les yeux encore pleins de sommeil.
-On se casse !
-Nous devions partir demain matin… Et… Je n'ai pas encore récupéré…
-'Ta faute !
hurla la demi-elfe. Tu t'lèves, tu t'habilles et on décolle ! Tu risques le bannissement jte signale ! Alors on y va maintenant, comme ça personne peut nous en empêcher et ça nous évite un procès qui va durer trente piges !
-Je ne peux pas partir.
-Jte laisse pas l'choix ! Tu ramènes tes fesses, dussé-je te les coller dans une brouette pour t'emmener ! T'es pas mort, malheureus'ment pour toi, alors t'accompagnes et comme ça tu cherch'ras ton Eal ! Dépêche !


Elle le pressait, mais en vérité s'agitait toute seule. Tandis qu'elle finissait les sacs, Lén se trouva forcé de s'habiller, mettant des vêtements qui n'étaient pas à lui, sans doute dans l'espoir qu'on le confonde… Au moment où il voulut prendre la seule chose à lui, sa cape verte, Tranlthanas fit irruption dans la chambre et lui en colla une noire sur les épaules. Et il ressortit aussitôt avec le sac que Tina lui avait lancé ; vu le regard qu'il accorda au prince en sortant, ce dernier comprit que la cape n'était pas seulement un souci de camouflage.
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MessageSujet: Re: [Professeur] Tyrol - Aera   Dim 26 Avr 2009 - 18:53


RPs de Lén, avant sa fuite de la Cité et de la Guerre :
Le grand amour (peu) idéal (Après-midi pas loin de chez Soi – Eal)
Rincez-vous l'oeil ! (Vagabondage - Eal)
Cours sur l'Air (Surtout, Ne pas Paniquer - Archael)
Cours du Sang (Je t'Aime Moi Non Plus -Tranlthanas)
Achat non prévu d'une bête magique (Ca Déménage ! - Naja)

RPs Tyrol :
Un petit coup de pouce ? (Archael)
En devenant son assistant, Tyrol s'engage donc à succéder à Archael...
Le Destin Ou Le Hasard (Eal)
Le Destin Ou Le Hasard - Suite (Eal)
Quand on Arrive en Ville (Eal)

COURS :
Ceinwyn (En cours)
Eniphia/Nusirion (Terminé ~ Redoublement d'Eniphia)
Evanescent/Shaloa (Terminé ~ Passage à la Seconde Année)
Hambut (Terminé ~ Absence prolongée d'Hambut)
Lalaith (Terminé ~ Lalaith compte supprimé)
Odereur (En cours)
Saphy (Terminé ~ Absence prolongée de Saphy)

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