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[Commerçante] Leïn Sithy - Aqua |
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Leïn Sithy
Commerçant(e)


Nombre de messages: 5
Race: Mi-elfe de lune, Mi-Fier Loup
Poste dans la cité: Gérant du Palais
Elément contrôlé: Eau
Date d'inscription: 21/06/2009
Feuille de personnage Puissance:
   (190/1000)
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Sujet: [Commerçante] Leïn Sithy - Aqua Jeu 9 Juil 2009 - 21:25 |
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Nom : Sithy
Prénom : Leïn
Age : 168 ans (24 ans en apparence même si on pourrait le prendre pour plus jeune qu’il n’est)
Race : Semi-elfe (père elfe de lune et mère fière louve)
Poste dans la cité : gérant d'un bar
Elément Contrôlé : Eau (j’aime énormément cet élément, essentiel à la vie, calme et tranquille en apparence mais qui peut cacher de violentes turbulences dans ses profondeurs)
Histoire :
- Reviens ici, sale monstre !
Mon sac serré contre ma poitrine, je ne me retournai pas. J’entendis mon oncle se mettre à ma poursuite mais je ne m’en inquiétai pas : il n’avait aucune chance de me rattraper. Non seulement j’étais rapide, mais j’avais surtout une bonne longueur d’avance et cet homme poilu n’avait aucune endurance. Il s’arrêterait sûrement avant d’arriver à l’orée de la forêt où il abandonnerait toute poursuite. Après tout, qu’étais-je pour lui ? Une gêne, un parasite, juste bon à faire les tâches ménagères tandis qu’il s’affalait dans son fauteuil, un verre d’eau-de-vie à la main, après une journée de travail. Il ne me regretterait pas, ou peut-être juste un peu, puis qu’il devrait désormais se mettre à faire la cuisine et à laver ses affaires… Un sourire s’étira sur mes lèvres. J’avais chapardé à mon oncle de quoi tenir une petite semaine mais je ne savais pas si cela suffirait. Peu importe. J’étais parti et je ne reviendrai jamais. Fini les coups, fini les injures, je laissai mon oncle derrière moi sans un seul regard, ni aucun regret.
Ma marche dura trois semaines. Je dormis souvent à même le sol ou était parfois hébergé par des âmes charitables… mais si une carriole m’épargnait parfois un bout de chemin, je faisais la plupart de mon trajet seul, à pied. La semelle de mes chaussures était usée au point que j’avais dû m’en débarrasser dès la deuxième semaine. J’avais poursuivi ma route à pieds-nus, sur des chemins de terre ou en forêt, tellement qu’à force, je ne sentais plus mes pieds. Tout en marchant, mon esprit fourmillait de centaines de réflexion et d’émerveillement sur ces nouveaux paysages que je voyais pour la première fois… mais la nuit, j’avais du mal à dormir, comme si, non content de travailler activement la journée, mon cerveau désirait encore fonctionner en me montrant des images fugaces de souvenirs que j’aurais bien voulu oublier.
J’arrivai dans la forêt de Sil’léone au bout de mon 27e jour de marche. J’étais exténué, affamé mais je refusais de me laisser aller alors que j’étais si proche du but. Je me rappelle encore du froid mordant de cette fin de journée, de l’odeur agréable de nature humide après la pluie. Je me souviens du ciel orageux, un mélange de bleu, gris foncé et de gris clair, chassée par la brise qui semblait me murmurer des paroles apaisantes. Je me souviens aussi de la mousse verte sous la plante de mes pieds écorchés à force de marcher sans chaussures et du sentiment d’accomplissement qui accompagnait la fin de mon voyage. J’y étais arrivé, enfin.
La porte d’entrée du Village, au cœur de la forêt, était en bois massif finement sculptés. Ses battants immenses m’interloquèrent. Quel arbre avait bien pu produire une telle quantité de bois ? Admiratif, je levai les yeux vers le sommet de la porte, si haute qu’elle paraissait toucher les nuages. À ses côtés, je me sentis soudain minuscule et l’effort fourni durant ces trois semaines ainsi que ma fatigue prirent soudain le dessus : je me mis à pleurer.
oOo
Encore aujourd’hui, je ne sais pas si ce furent mes larmes et le bruit de mes pleurs qui alertèrent l’elfe qui vint m’ouvrir ou si, dans un moment d’inconscience, j’avais frappé aux grands montants de bois qui se dressaient devant moi. Quoi qu’il en soit, je sursautai et m’arrêtai immédiatement de pleurer lorsque je sentis une présence étrangère tout près de moi.
L’individu qui vint m’ouvrir était plus petit et bien plus frêle que mon oncle mais mesurait tout de même presque deux fois ma taille. Ses oreilles en pointes me semblaient familières et j’eus le réflexe de palper les miennes qui, certes moins pointues, ne pouvaient cependant pas cacher leur lien de parenté. Mais là s’arrêtait toute similitude. L’homme (individu masculin) possédait une longue chevelure lisse et blanche, presque argentée qui n’avait aucun lien avec la courte tignasse emmêlée d’un noir de jais qui me dressait sur la tête.
Les yeux de l’homme, d’un vert aussi intense que la forêt qui nous entourait, se posèrent sur moi et il me sembla qu’ils lisaient en moi comme dans un livre. Je détournai rapidement les yeux et fixai, fasciné, la peau diaphane de l’inconnu. Tellement pâle qu’elle en paraissait translucide, je pouvais distinguer les veines qui parcouraient les avant-bras nus de l’homme et j’y voyais presque le sang y palpiter sous cette chair immaculée. Ma peau à moi était noire de crasse et parsemée de nombreuses plaies encore mal cicatrisées.
L’homme se taisait, il se contentait de m’observer d’un œil à la fois vaguement surpris et franchement curieux de ma visite tardive. Cette attitude me déconcerta et je me mis à bafouiller en trébuchant sur mes mots :
- Je… je viens voir… voir Seoman ! Seoman Sithy !
Les yeux de l’homme me transpercèrent et je dus soudain pris d’un doute. Et si je m’étais trompé ? Et si ce n’était pas la bonne forêt ? pas le bon village ? Je ne connaissais que le nom de mon père, ma mère n’avait jamais révélé l’endroit où il vivait alors je m’étais renseigné par moi-même. « Un village habité d’elfes ? » m’avait-on dit, « le seul qu’il y ait dans un rayon de cent kilomètres, c’est dans la forêt de Sil’léone, vers le Sud », et j’étais parti sur les traces de ces bois, vers ce père que je ne connaissais pas et qui peut-être m’avait déjà oublié.
-Et qui es-tu ? demanda l’homme d’une voix calme et douce, comme le reste de son apparence alors que je pensais tout espoir perdu.
- Leïn ! Je suis son fils !
Un moment de surprise s’afficha sur son visage puis l’homme sourit et me prit doucement par la main pour m’emmener dans le Village. Je ne jetai pas un seul coup d’œil derrière moi. Ma mère, mon oncle, les souvenirs que j’avais d’eux s’estompaient déjà, laissant seulement derrière eux, des cicatrices encore fraiches et des yeux toujours baignés de larmes.
oOo
La pénombre avait envahi la pièce. Seule la faible lueur du croissant de lune filtrant au travers de la fenêtre lui permettait de distinguer le contour des objets qui l’entouraient. Une commode, une immense penderie, un lit double… l’odeur d’humidité et de pourriture mêlée à une autre, plus familière, lui chatouilla les narines. Il s’avança de quelques pas avant de comprendre l’erreur qu’il venait de faire : il n’aurait pas dû être là… et si son oncle l’apprenait, il le punirait sévèrement, encore une fois. Le jeune garçon s’apprêta à reculer lorsqu’il entendit soudain des voix qui s’élevaient de l’autre côté de la porte. Pris de panique, il chercha un endroit où se cacher puis, faute de mieux, se faufila dans la penderie. - Luna ! La voix de son oncle, qui ressemblait davantage à un grondement, fit sursauter l’enfant à tel point qu’il plaqua ses deux mains sur sa bouche pour éviter d’émettre un cri de surprise. La porte de la chambre s’ouvrit soudain et claqua contre le mur. - Arrête ça tout de suite ! poursuivit l’homme. - Tu n’as pas à me dire ce que je dois faire, Sam, j’ai pris ma décision. Un cri aigu, féminin. - Lâche-moi ! tu me fais mal ! - Je ne te laisserai pas sortir d’ici. - Je ne t’ai pas demandé ton avis, je m’en vais, et j’emmène Leïn avec moi. L’homme éclata d’un rire glacial qui fit frissonner l’enfant caché dans la penderie. - Je me fiche pas mal de ce petit merdeux, un bon a rien qui n’est même pas foutu de faire ce qu’on lui demande. - Il a trois ans, Sam ! Comment veux-tu qu’il mette la table et prépare le dîner, tes dîners lorsque je ne suis pas là ? - Il en a 21, Luna, vingt-et-un ! Et regarde-le ! un avorton qui ne grandit pas, un monstre de la nature ! ça fait dix ans que je le tolère sous mon toit pour toi, uniquement pour toi ! S’il ne tenait qu’à moi, je le fouterais dehors à coups de pied ! - Tais-toi ! Mon fils est parfaitement normal ! Sa croissance avance au ralenti parce que son père est un elfe… commença la femme avant de se faire brusquement interrompre. - Parlons-en de ce père ! Où il est ? Qui il est ? à part son nom, je ne sais rien de lui ! Pourquoi il t’a abandonné avec ce môme ? Pourquoi il n’est pas resté vivre avec toi ? Pourquoi… - Tais-toi ! répéta la femme. Le père de cet enfant est quelqu’un de bien ! C’est moi qui l’ai convaincu de ne pas rester avec moi parce qu’il avait déjà une famille et que je pouvais très bien m’en sortir seule ! - Lui trouve pas d’excuses, il est parti uniquement pour ne pas avoir un môme inutile dans ses pattes et maintenant c’est moi qui doit le nourrir et le loger ! Et tout ça pour quoi ? Rien ! Même pas capable de nettoyer mon linge correctement ! Trop bête, simple d’esprit, y a que les coups qui lui font comprendre qu’il a intérêt à m’obéir. Le bruit d’une gifle. - Ne touche plus jamais mon fils. Cette discussion est terminée. Je m’en vais. Tu ne me reverras plus jamais et tu ne pourras plus jamais faire de mal à Leïn. Le ton de la femme était ferme, bien décidé. L’enfant entendit soudain des bruits de pas qui se rapprochaient de la penderie où il était caché. Paniqué, il chercha un vêtement sous lequel se cacher mais ne parvint pas à décrocher le moindre bout de tissus de son cintre. La porte de l’armoire s’ouvrit doucement. L’enfant et la mère, surprise et inquiète, s’échangèrent un regard muet. La porte de la penderie se referma doucement. L’enfant entendit le bruit des tiroirs de la commode, qui s’ouvraient et se refermaient avec précipitation, le bruit de vêtements que l’on fourre dans un sac avec empressement… - Luna ! Cesse et range-moi ça. La femme ne dit rien et continua de faire ses bagages sans un mot. - Luna ! - je m’en vais ! - Tu vas rester ici ! Caché dans le placard de la chambre, l’enfant se boucha les oreilles pour ne plus entendre les cris de cette femme, de sa mère, ni les coups de son oncle. Le lendemain, lorsque Leïn demanda à l’homme où était sa mère, son oncle le regarda d’un air absent pendant quelques secondes puis finit par lui répondre d’une voix monocorde. - Elle est partie, elle ne reviendra pas. Non, elle ne reviendrait pas… Au fond de lui, Leïn l’avait déjà su la veille en entendant pour la dernière fois sa mère crier pour laisser place à un silence éternel.
Il était devenu orphelin ce jour-là et la douleur de cette perte lui crevait le cœur à tel point qu’il préféra oublier, oublier cet épisode trop douloureux pour un gamin de trois ans qui venait de perdre sa mère.
Je me réveillai en sursaut, les yeux baignés de larmes. Un rêve ? Il semblait tellement réel que je vins à en douter. Ma mémoire défaillante refusa de m’aider à faire le tri entre songe et réalité. Incapable de me rendormir, je me levai et sorti respirer l’air frais de la nuit. Un mauvais rêve, ce ne pouvait être qu’un mauvais rêve… il valait mieux l’oublier.
Dernière édition par Leïn Sithy le Lun 13 Juil 2009 - 10:35, édité 5 fois
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Leïn Sithy
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Sujet: Re: [Commerçante] Leïn Sithy - Aqua Jeu 9 Juil 2009 - 21:26 |
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- Leïn ! Je levai la tête de mon livre avec une note de regret. La vie des papillons était incroyablement intéressante contrairement à ce que certains pouvaient penser. Le citron, le flambé, l’amaryllis, l’argus bleu, le machaon… il y en avait tant ! Les différents stades de ces créatures, de la chenille au papillon en passant par l’incroyable phénomène de la chrysalide, me fascinaient. Une véritable métamorphose ! Comment mieux illustrer l’existence d’une vie ? Mon cerveau s’égara fois de plus dans les innombrables pensées qui peuplaient mon esprit tandis que je caressai d’une main amoureuse la couverture du livre illustré que j’avais déniché quelques jours auparavant dans la bibliothèque de mon père. - Le – ï – n ! s’impatienta le jeune garçon planté devant moi, les mains sur les hanches. Je soupirai et abandonnai mon livre pour quelques instants. - Qu’y a-t-il, Nes ? Une urgence ? - Oui ! Mon père et le tien partent à la chasse dans quelques minutes ! - Et ? - Et tu dois venir avec nous ! - « Nous » ? l’interrogeai-je en fronçant un sourcil. - Enfin… bredouilla le jeune elfe, il y aura un « nous » seulement si tu nous accompagnes… mon père a accepté que je vienne uniquement si tu étais de la partie… alors… Je retins un sourire. Nes n’avait que 117 ans ce qui correspondait à la sortie de l’enfance et à l’entrée dans l’adolescence pour les elfes normaux. Mon côté « anormal » faisait que je n'avais que 93 ans alors que mon physique était celui d’un adolescent dans la fleur de l’âge. Malgré tout, pour Nes, j’étais sans conteste son ainé et ce n’était pas les quelques 24 années qui nous séparaient qui allaient affecter son jugement. Petit, mais vif et sans cesse dynamique, son rire cristallin et ses boucles blondes ravissaient le Village autant qu’il l’exaspérait. Je me demandais parfois comment ses parents parvenaient à le supporter plus de trois heures sans s’arracher les cheveux. Certes, physiquement parlant, Nes était un adorable chérubin… qui se transformait en véritable diablotin casse-cou et gaffeur lorsqu’il le décidait. J’observai ses petites dents blanches qui semblaient refléter les rayons du soleil au travers de son large sourire. - Alors je suis obligé de venir uniquement pour satisfaire ton caprice ? - Tout le monde sait bien que tu es le meilleur à la chasse ! Allez ! S’il te plait ! * Encore quatre et je cède* pensai-je en me retenant encore de plus de sourire. - Je ne sais pas, je suis bien installé ici… fis-je d’un ton neutre. - S’il te plait ! répéta le gamin. *Plus que trois* - … et mon livre est passionnant… poursuivis-je d’un air complètement désintéressé face à Nes qui trépignait d’impatience. - S’il te plait ! *deux* - Non, je crois que je vais rester ici, cet arbre est définitivement trop confortable pour que je lève mes fesses du tapis de mousse qui me mouille le derrière. - Allez ! Je t’ai dit « s’il te plait » ! *encore un… tu y es presque, Nes* - Et alors ? ripostai-je en gardant mon ton froid et distant. - Père m’a dit que si on demandait quelque chose avec cette formule magique, on l’obtenait alors accepte ! - Je pense plutôt que ton père a dû dire quelque chose du genre : « avec cette formule magique, on a de grandes chances d’obtenir ce que l’on désire », mais ce n’est pas toujours le cas… lui dis-je d’un ton philosophe. J’observai Nes se pincer les lèvres, boudeur. J’adorais contrarier cette petite tête d’ange mais au final, le bonhomme finissait toujours par obtenir ce qu’il voulait. - Allez… - Et la formule magique ? - S’il te plait ! J’autorisai enfin mes lèvres à sourire et Nes poussa un cri de joie qui attira l’attention de la quasi-totalité du Village. Nes était le seul à parvenir à me faire plier. Ici, au Village, tout le monde savait que je détestais chasser… Oh j’étais doué, là n’était pas le problème, au contraire ! De part mon ascendance fier loup, j’avais hérité de l’odorat, de la ouïe et des réflexes affutés de la race de ma mère et j’étais tellement doué que même mon père me regardait avec une lueur d’envie et de respect dans les yeux. Je détestais ces moments-là. Avant d’arriver ici, les maigres souvenirs de ma vie avec mon oncle m’avaient laissé comprendre que je n’étais pas un enfant désiré, un fardeau, une épine dans son pied… et si ma mère m’avait aimé un jour, je ne m’en souvenais plus. De cette époque, je ne gardais que les cicatrices presque invisibles désormais sur ma peau blanche, vestiges de la frustration de mon oncle, et le souvenir amer de n’être rien de plus qu’un parasite indésirable et gênant. Quel changement radical au Village ! J’étais devenu le sujet favori des rumeurs et des racontars, le héros à la chasse et l’enfant prodige qui assimilait les savoirs plus rapidement que n’importe quel autre à cause de ma croissance plus rapide. Tout ce bruit autour de moi me donnait la nausée. Combien j’aurais préféré passer inaperçu ! Même rester indésirable me paraissait plus supportable que ces yeux pétillants de désir que je voyais jour après jour… et chaque jour qui passait, je maudissais un peu plus ma mère de m’avoir mis au monde.
oOo
Le jour où je quittai le Village, à l’âge de 128 ans, ma vie changea du tout au tout. Je sortais de l’adolescence pour commencer une vie d’adulte, mais surtout, une vie d’adulte libre. La cause de mon départ ? Un événement inattendu, ou peut-être l’événement que j’avais attendu depuis toute ma vie puisqu’il me permettait de quitter les « miens » pour vivre ma vie comme je l’entendais. Deux ans avant mon départ, je découvris soudain qu’en plus de l’odorat, de la vue, des réflexes de ma mère, et de la beauté et de la faculté à voir dans le noir de mon père, j’avais tiré un autre gros lot à la super loterie de la vie : la maîtrise de l’eau. Enfin, quand je dis « maîtrise », tout est relatif. La plupart du temps, je ne maîtrisais rien du tout et terminais trempé jusqu’aux os.
Je rencontrai mon maître, Din, lors d’un de mes nombreuses sorties en solitaire. Elfe, elle vivait malgré tout loin de sa tribu qui semblait parfois lui manquer à en juger ses yeux nostalgiques lorsqu’elle m’évoquait son village. Elle avait découvert très tôt son don et montrait une aptitude incroyable pour la maîtrise de grande quantité d’eau. Elle pouvait, d’un geste, stopper un torrent ou modifier le cours d’une rivière ! Mon don se révéla beaucoup plus médiocre et nettement moins puissant. Cependant, Din s’émerveillait chaque jour de ma capacité à manipuler et à modeler à ma guise une petite quantité d’eau, chose qu’elle ne parvenait pas à faire.
Il me fallut deux ans pour me décider à parler à mon père de mon don et de mon maître. Je craignais de voir ses yeux s’agrandirent davantage encore qu’au retour d’une partie de chasse en apprenant la nouvelle et j’appréhendais la réaction des autres villageois. Cependant, j’avais pris l’habitude durant ces deux années de m’éloigner du Village pour pratiquer cette nouvelle faculté qui me fascinait autant qu’elle m’horrifiait. Durant ces moments d’auto-apprentissage, j’appris à apprécier pleinement cette vie solitaire et bien plus paisible que tout ce que j’avais jamais connu. Peut-être était-ce la part fier-loup en moi qui s’exprimait, mais peu m’importait. Le désir de liberté grandissait chaque jour et finit par me pousser à dévoiler mon don à mon père.
Sa réaction ne fut pas aussi désastreuse que je me l'étais imaginé. Certes, il savourait le fait que son fils unique ait acquis une nouvelle faculté, mais il semblait cerner le problème avec sagesse. D’après lui, les dons élémentaires, si rares, devaient à tout prix s’épanouir et le Village ne pouvait m’offrir l’apprentissage adéquat. Prenant ses responsabilités de père et refoulant son désir de me garder près de lui, mon père décida, avec l’approbation de mon maître de m’envoyer à la cité d’Elament où je pourrais développer mes pouvoirs et bénéficier d’un enseignement adapté comme l’avait fait mon maître quelques dizaines d’années auparavant. J’acceptai sa proposition sans hésiter même si, au fond de moi, la Cité ne m’intéressait pas réellement. Sac sur le dos, adieux déchirants pour mon père et pour Nes, je franchis les immenses portes du Village en laissant comme soixante ans auparavant, une vie derrière moi. Je mis 12 ans à me décider enfin de pénétrer dans la Cité d’Elament. Durant cette douzaine d’année, je profitai pleinement de mes moments de libertés, travaillant de temps à autre pour pouvoir répondre à mes besoins même si l’essentiel de ma nourriture se constituait de plantes, de fruits et du résultat de ma chasse en solitaire qui me convenait tellement mieux que la chasse en « meute ». Au cours de ces années, je tentai d’appliquer au mieux l’enseignement de mon maître qui m’accompagna durant une bonne partie de mon voyage. Je chérissais de tout mon être ce nouveau don qui m’avait offert un allé simple pour la liberté et m’entrainé d’arrache-pied. Cette faculté n’était pas le fruit de mon ascendance fier loup, ni l’héritage de mon père. Il était mien, entièrement mien et l’utiliser signifiait pour moi avoir gagné le droit de vivre dans ce monde.
Petite précision : l’ « oncle » dont parle Leïn n’est en réalité pas le sien. C’était le compagnon de sa mère… et surtout : il était humain (et très poilu). Après la mort de la mère de Leïn, l’homme s’est occupé du jeune garçon uniquement parce qu’il se sentait coupable et qu’il avait besoin de lui pour les tâches ménagères.
Caractère :
De nature calme et paisible, Leïn n’a jamais été un garçon turbulent même s’il lui arrive de se laisser aller à une espièglerie enfantine. Leïn est aussi très curieux, il s’émerveille parfois d’un petit rien et part ensuite dans des conjectures et des réflexions mentales qui amènent parfois les autres à croire à tort qu’il est peu attentif au monde et à ses alentours. Leïn aime la nature, il adore se promener, surtout en forêt pour y sentir la mousse fraichement imprégnée de rosée sous ses pieds nus et déteste ceux qui ne la respecte pas. Leïn est aussi quelqu’un de très sociable. Il aime rire, s’amuser, bavarder de sujets aussi divers que variés. Il aime beaucoup les arts (particulièrement la sculpture) et la musique qu’il assimile à des moyens d’expression hors du commun.
Mais Leïn est aussi un solitaire qui aime vagabonder. S’il apprécie la compagnie, il a aussi découvert depuis quelques années le plaisir d’être seul et de voyager, parcourant de nouveaux paysages, rencontrant d’autres personnes.
Leïn déteste par-dessus tout ceux qui loue les capacités qu’il a héritées de ses parents, surtout de son côté fier loup. Il veut que les gens le regardent tel qu’il est vraiment et ne voient pas en lui seulement le fils d’un fier loup et d’un elfe.
Physique :
Si certaines femmes aimeraient l’entendre à longueur de journée, pour Leïn, ce n’est que la stricte vérité : il ne fait pas son âge ! À 168 ans, il devrait avoir l’apparence d’un jeune homme de 24 ans et pourtant… Plus petit et plus frêle que la normale, on lui retirerait bien quelques années. Son physique a tout d’un elfe : silhouette gracile, traits fins, peau claire qui dissimule relativement bien ses nombreuses cicatrices… Souple et agile, Leïn n’est pas fait de muscles mais tout en finesse.
Leïn a cependant hérité des yeux légèrement en amandes de sa mère (la seule chose qu’il ait hérité d’elle physiquement d’ailleurs), mais la couleur de l’iris est identique à son père : d’un bleu profond tirant vers le gris les jours de pluie. Il porte une tignasse de cheveux noirs de jais mi-longs et raides qu’il prend soin de coiffer chaque matin. Si Leïn n’est pas un maniaque pour son apparence, il aime cependant rester présentable en tout temps. D’un point de vue vestimentaire, Leïn aime beaucoup les vêtements foncés qui accentuent la pâleur de sa peau. Peur(s) :
Deux grandes peurs accompagnent la vie de Leïn…
La première est d’être reconnu uniquement par son ascendance, d’être avant tout le fils d’une fière louve et d’un elfe avant d’être lui-même. C’est pour cette raison qu’il n’aime pas faire étalage de ses capacités à la chasse ou de sa beauté… par contre, rien ne l’empêche de « crâner » avec son talent (tout est relatif) d’élémentaliste.
Sa seconde peur s’appelle la trichophobie : la peur des poils ou plutôt la peur des gens trop poilus ! Leïn ne sait pas trop d’où lui vient cette peur et cette répulsion mais il est fort probable que ce soit à cause de son oncle qui avait une pilosité abondante... Si Leïn ne garde pas beaucoup de souvenir de l’époque où il vivait avec lui, les cicatrices blanchâtres qui lui parcourent la peau, elles, se rappellent des mauvais traitements que son oncle lui infligeait.
Niveau de maîtrise du pouvoir :
Le pouvoir de Leïn se trouve surtout dans sa maîtrise de l’eau à l’échelle presque moléculaire. De ce fait, il est particulièrement doué pour la maîtrise d’une petite quantité d’eau. Il sait, par exemple, récupérer l’eau qui se trouve dans l’humidité de l’air. S’il n’arrive pas en rassembler une énorme quantité, cela lui permet cependant de ne jamais être à court d’eau. En petite quantité donc, Leïn peut modeler l’eau à l’état liquide ou sous forme de glace : lui faire par exemple prendre la forme d’un objet ou d’un visage avec une finesse et un don pour l’art hérité de son ascendance elfe. Leïn arrive aussi aisément à manipuler l’eau. Par exemple : faire évaporer une assez petite quantité d’eau (tout est relatif bien sûr), retirer l’eau d’une éponge sans la tordre, stopper les gouttes de pluies pour ne pas être mouillé ou, au contraire, « chatouiller » un nuage pour que la pluie tombe sur lui.
En grande quantité, Leïn éprouve plus de difficultés et lui demande beaucoup plus d’énergie. Il préfère donc autant que possible éviter de se surmener.
Particularités :
De part sa nature fier loup, il possède un odorat et une ouïe extrêmement développés, mais là s’arrête toute ressemblance qu’il pouvait avoir avec la race de sa mère.
De son côté elfe, il a hérité de la beauté de son père et de la capacité à voir dans le noir.
Il a un tatouage de la silhouette d’un loup hurlant à la lune qui rappelle l’ascendance de Leïn, mi-elfe-de-lune, mi-fier loup, qu’il porte sur l’omoplate gauche qui date de son départ du Village. Même s’il ne veut pas qu’on le voit avant tout par son ascendance, il ne veut pas non plus oublier d’où il vient et ce qu’il est. Il désire seulement monter aux autres qu’il est avant tout lui-même, tout en étant fils de fière louve et d’elfe.
Exemple de Message :
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Si possible, j’aimerais avoir un parrain. Merci.
Dernière édition par Leïn Sithy le Lun 13 Juil 2009 - 10:40, édité 3 fois
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Ruby
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