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Archives de la bataille d'Elament : rapports de combat |
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Sujet: Re: Archives de la bataille d'Elament : rapports de combat Mar 23 Oct 2007 - 18:48 |
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Cinquième jour : Contre toute attente.
Elle avait écouté le récit de quelques élèves et habitants, afin de visualiser ce qu’avait pu être le combat en son absence. Ainsi, ce qu’elle redoutait était arrivé. Raziel n’avait attendu que cela pour lancer ses troupes et se ruer sur les portes. Elle le savait et pourtant, cela la mettait dans une colère noire. Ce monstre d’arrogance allait payer cher les dégâts qu’il avait infligé à ceux qui, il n’y a pas si longtemps, faisaient partie des siens ! Quelle lâcheté !
Pourtant, elle n’était pas au bout de ses surprises, car jamais elle n’eut entre les mains ce message, l’informant de la mort de Ruby, de la trahison de Lay-Ing et surtout, des forces invraisemblables qui restaient encore en retrait, prêtes à se jeter en avant comme autant de bêtes féroces.
Réajustant ses gantelets, elle s'apprêta à visiter un autre soldat afin d’en apprendre un peu plus sur les circonstances de la mort de Vilkya. Personne ne semblait être au courant des faits exacts et Naciniah le comprenait, car l’assaut semblait avoir été d’une violence extrême... Mais alors que ses pas résonnaient sur la pierre froide du chemin couvert, il y eu un frémissement. Aussitôt, elle en chercha la cause, jusqu’à ce que son regard se heurte à... Était-ce encore possible ?
Derrière elle, les soldats se reposaient enfin avec sérénité, rassuré par sa présence imposante.
« _ Mes amis, soyez prêts ! »
Elle qui n’avait encore jamais pris la parole pour annoncer un combat, venait de déchirer le silence de sa voix claire et calme. À son ton déterminé, tous se levèrent. Ils ne voyaient rien, parce qu’ils ne possédaient pas l’acuité visuelle des Elfes, mais sous leurs pieds, comme un chatouillis, le sol frémis de nouveau, par à-coups, comme un tambour de guerre, lent, terrible.
« _ Je veux un groupe d’Igni et d’Aera sur la place d’armes ! Souvenez-vous ce que je vous ai dit : soyez puissants, peu importe le temps que prendra l’incantation. Nous les retiendrons. »
Aussitôt, les élémentalistes désignés se dirigèrent au lieu indiqué. L’angoisse était palpable. Oui, ils avaient peur, mais ce n’était certainement pas le moment de craquer ! Ils seraient à la hauteur, pour celle qui les commandait, pour Elament, pour la vie.
« _ Archers ! Protégez-les ! Ce que vous allez voir va vous effrayer, mais nous ne devons pas reculer... Ne l’oubliez jamais ! »
L’injonction était claire et sans équivoque. Et si Naciniah parlait d’une chose effrayante, c’est qu’il y avait de quoi s’inquiéter...
Sur la place d’armes, le groupe était soudé, le cœur battant, le souffle court et les yeux rivés sur ce ciel horrible qui semblait vouloir aspirer toute vie. Ils se cherchaient du regard, tentant de se rassurer... en vain. Et puis lentement, la concentration se matérialisa en une aura chaleureuse. Ça y était pour de bon. Les quelques âmes encore en retard sur l’incantation trouvèrent dans cette atmosphère à la douceur du printemps la quiétude nécessaire et bientôt, le petit groupe ne fut plus qu’un autel de murmures abscons.
Ne subsistaient plus, sur les remparts, que les archers, nombreux et la troupe insolite, mélangeant l’air et le feu. Naciniah et le reste des troupes étaient descendus, marchant avec détermination à la rencontre de leurs ennemis invisibles, sous les pas desquels la terre vibrait funestement. Les tambours roulaient dans l’obscurité, à intervalles réguliers... mais était-ce bien des tambours ?
Et puis ce fut le silence, lourd. Chacun s’immobilisa, à l'affût du moindre bruit ou du moindre mouvement. Les secondes furent des heures interminables... Là ! Un feu s’alluma, exactement comme la veille, puis un autre, un autre encore et des centaines d’autres flammes vacillèrent à travers le brouillard opaque, illuminant la plaine qui retenait son souffle, au bord d’un grondement de colère. On entendit rugir – un rugissement caverneux à vous glacer le sang – et soudain, la terre se remit à vibrer, avec plus de force et surtout, plus rapidement. Campés sur leurs jambes, prêts à résorber le flot de créatures qui les chargeait, les soldats de la Cité venait de comprendre... les tambours n’en étaient pas !
Hélas, il n’était que trop tard...
Crevant le brouillard, la première ligne fut une horde de Nash grouillants, poussant d’affreux cris stridents, se faufilant comme des anguilles et attaquant avec une rapidité foudroyante. Les plus petits – qui ne mesuraient qu’une cinquantaine de centimètres – prenaient plaisir à trancher les tendons, aux mollets, aux talons, esquivant les coups avec une agilité déconcertante. Les plus grands se contentaient de charger moins stupidement que bestialement, empalant les imprudents au bout de leurs pieux.
Dans ce tumulte infernal, les flammes jaillissaient, notamment du côté de Naciniah, bien décidée à exterminer cette vermine aussi ridicule que dangereuse. Autour d’elle, des mains de feu surgissaient du sol pour saisir l’ennemi aux chevilles, et les doigts se resserraient, embrasant le corps en entier, faisant naître, de ci de là, d’impressionnantes torches « humaines »...
Mais les tambours, eux, ne seraient pas si faciles à éliminer... Surgissant de la brume comme l’avaient fait les Nash, ils écrasaient trois hommes sous un seul de leurs pas. Qu’étaient-elles, créatures dégénérées ? Leurs deux membres uniques, aussi imposantes que les jambes d’un éléphant, soutenaient une tête énorme, quasi dépourvue de corps tant ce dernier avait été atrophié par les croisements. Hauts de plus de cinq mètres, leur unique technique offensive consistait à charger et à piétiner sans relâche, sans faire la différence entre alliés et ennemis. Au sommet de leur crâne hérissé de pics, une dizaine de Lamias attendaient patiemment avant de se jeter sur leurs proies au sol. Ce faisant, il fouettaient l’air de leur queue reptilienne afin de déséquilibrer les soldats les plus proches. Les hostilités venaient de commencer et déjà, c’était un véritable massacre, les ennemis surgissant toujours plus nombreux d’un brouillard toujours plus opaque.
Et puis tout à coup, cette brume insupportable tourbillonna sur elle-même, chaque petite particule d’eau s’unissant dans une même tornade. Là haut, sur les remparts, quelques archers Aqua avaient momentanément déposés leurs arcs afin de dissiper cette humidité opaque qui les gênait, profitant de l’occasion pour retourner le phénomène contre leurs ennemis. C’est ainsi que le tourbillon se figea, gigantesque colonne de glace, avant d’éclater en un milliard de shrapnels qui laminèrent les jambes des abominations éléphantesques. L’une d’entre elles s’effondra, hurlant de douleur, broyant sous elle une vingtaine d’élémentalistes et de créatures démoniaques. Le ciel était sombre, mais la visibilité était revenue, dévoilant la troisième ligne qui se ruait sur eux : des Worsh !
Ces brutes épaisses hautes de quatre mètres, bien que peu nombreuses, créèrent une percée dans la défense ennemi tant leur charge fut violente. Bavant de satisfaction, ils tuèrent avec plaisir, émettant d’horribles grognements comme s’il s’était agit de porcs... mais de porcs sanguinaires ! Leur mission était accomplie, les défenseurs de la Cité ne virent rien venir...
Un Chiropteran, un seul, survola le champ de bataille en poussant un hurlement strident avant d’être abattu d’une vingtaine de projectiles lancés depuis les remparts. Là où tous crurent à une victoire sur un démon ailé, s’enclencha le plan machiavélique de Raziel. Car doucement, de manière imperceptible, l’ennemi recula, donnant la sensation aux combattants de repousser l’invasion, de gagner du terrain, de prendre l’avantage. Seuls les Nash, trop stupides ou indisciplinés – ou les deux – continuèrent leurs assauts avec rage. Si bien que, en quelques heures, les troupes adverses furent presque entièrement retranchées dans leurs camps, poussés par des élémentalistes que le feu du combat rendait aveugle et sourd. Jusqu’à ce qu’une puissante déflagration ne leur donne l’alarme.
BAAAM
Ils s’étaient tant appliqués à repousser l’ennemi qu’ils en avaient abandonner la porte !
Loin derrière eux, ils virent une nuée de démons déferler de l’est et de l’ouest, menés par un homme monté sur un cheval ailé couleur de suie : Raziel ! Au milieu des deux coulées ennemis, une petite faction de combattants s’apprêtait à résorber le choc de cette avalanche démoniaque. Naciniah en faisait partie, car même si on ne pouvait distinguer les visages à pareille distance, sa colère colorait le ciel de flammes dévorantes...
« _ Demi tour ! Demi tour ! » cria un Terra en réalisant leur erreur.
Il fut fauché par la francisque d’une Succube et tomba, donnant le départ d’une longue fuite vers les portes de la Cité....
Là bas, chevauchant de monstrueux buffles de combat aux cornes affûtées et dardés de pics, c’étaient des Nakash qui chargeaient, armés d’arcs et d’arbalètes, s’affairant à abattre les combattants au sol, hurlant d’un rire gras et machiavélique. Puis une déferlante d’Orcs s’abattit droit sur la porte, provoquant un choc sourd qui se répercuta dans toute la plaine... et probablement dans tout Elament.
BAAAM
Naciniah brûlait tout ce qui passait à sa portée, usant d’une furie sans pareil, et pourtant, le flot d’ennemis ne cessait de se répandre sans jamais discontinuer, engloutissant tout espoir sous ses assauts démentiels...
BAAAM
« _ Acharne-toi imbécile, nul ne peut défaire la puissante magie de Layna ! » cracha Naciniah entre ses dents, rageant de ne pouvoir atteindre les portes assez vite pour se charger du sort de Raziel.
Autour d’elle, un véritable essaim de Soquiors sortis de nulle part venaient réduire ses effectifs en riant, aussi jolies que dépourvue de pitié ! Des Liches s'étaient mêlées à la partie, ainsi que des Trolls du chaos. Sifflant au dessus de toutes ces têtes, plusieurs factions de Chiropterans, entre autres créatures ailées, rejoignirent les troupes démoniaques massées près des Portes... Ce qui inquiéta Naciniah, ce fut le fait qu'ils n'attaquent personne, se contentant de rester en formation. Ceux-là avaient un but à atteindre et ce but ce nommait Raziel... des messagers ? Quelle nouvelle apportaient-ils ? Les projectiles des archers fendirent l'air depuis les remparts, clouant quelques créatures au sol, mais aucun ne répliqua...
BAAAM
*********
Message d’une élève Aera à sa famille : « Maman, Ne pleure pas. Tu ne voulais pas que j’aille combattre, mais je t’ai convaincu que je le devais, pour protéger Elament et pour vous protéger, toi et mes petits frères. Je t’ai promis que tu vivrais, et que tu verrais de nouveau le soleil briller, tu t’en souviens ? Pour toi, je tiendrais ma promesse. Aujourd’hui, l’ennemi est nombreux et puissant. Je ne sais pas si je reviendrais. Mon choix est fait. La Cité ne sera pas la proie des ténèbres. Regarde le ciel, maman. Cette incantation, je la ferais pour toi. Pour vous. Je t’aime. »
*********
Sur la place d’armes, certains ont les yeux fermés, d’autres tendent les bras, beaucoup fixent le ciel, tous sont concentrés. Les Aeras d’abord, en avant... là haut, les nuages sombres se mettent en mouvement. Ils tournoient doucement, sans qu’aucun souffle de vent ne se fasse ressentir, en bas. Quelques éclairs fugitifs, combustion spontanée de la colère qui se prépare, zèbrent brièvement ce qui ressemble à un œil, atrocement clair. C’est comme si le ciel siphonnait toute énergie dans la stratosphère et la déversait vers le sol. Et puis un appendice singulier se forma tout autour de l’œil, concentration de vents descendants tourbillonnants, s’allongeant, tâtonnant, tel un vers aveugle, luisant d’énergie électrique... aux deux tiers de son parcours, le même phénomène s’éleva brusquement du sol et les deux membranes se joignirent comme deux aimants, produisant une étincelle aveuglante qui embrasa littéralement la tornade.
BAAAM
Naciniah sourit. Ils avaient réussi. Elle avait guetté, du coin de l’œil, la formation de l’épouvantable tornade et l’ennemi, tout à coup alerté, regarda le phénomène fondre droit sur lui, sans espoir d’y réchapper.
La redoutable colonne de flammes s’engagea dans le champ de bataille, écrasant les corps qui ne savaient où fuir face à la trajectoire aléatoire et hésitante. Elle aspira nombre de créatures démoniaques avant de les rejeter quelques centaines de mètres plus loin, la chair à vif, disloqués, brûlés. Quelques uns finirent écrasés contre les remparts de la Cité, d’autres allèrent s’empaler sur les lances de leurs alliés terrifiés, fauchant les guerriers dans leur chute, comme des quilles. Le gros des troupes de la Cité qui avait été porté loin des portes venait de rejoindre les lieux et ils s’empressaient d’éliminer leurs assaillants comme leurs poursuivants, avec la force du désespoir.
Une nouvelle fois, un groupe ailé passa au-dessus des combats sans intervenir, obnubilés par la porte, filant à vive allure et se posant finalement en cercle autour de Raziel. Ce dernier ne manquait pas d'occire quelques élémentalistes au passage, mais le coeur n'y était pas, Naciniah s'en rendit compte. Il était occupé par autre chose...
BAAAM
Les coups sonnaient étrangement et Naciniah comprit que les portes allaient céder. Elle redoubla de fureur, entravée dans sa progression vers ce qu’elle était sensée protéger et nombre de démons en payèrent le prix chèrement. La tornade de feu balaya encore les troupes ennemies avant de se dissiper, vidée de ses forces...
Sur la place d’armes, beaucoup étaient tombés à genoux, épuisés par l’incantation destructrice. Ils avaient donné tout ce qu’ils pouvaient.
Mais au grand désarroi de Naciniah, la porte était béante. De l’autre côté, des habitants s’étaient improvisés soldats et repoussaient vaillamment les quelques démons qui tentaient d’entrer... des Nash, pour être précis. Car tout autre ennemi pourvu d’un semblant d’encéphale reculait, grandement amputé après cette furie contre nature, mais surtout brusquement pris au dépourvus par une force nouvelle qui les dépassait. Naciniah remarqua leur stupeur en même temps qu’elle pressentit cette aura magnifique... Layna était là !
Les lieux, quelques minutes à peine en proie à une violence sans nom, étaient devenus étrangement silencieux. Un vent glacial s’était abattu, présage de bien mauvais augure. D’ailleurs, si Layna avait fait le déplacement, ce n’était pas pour rien. Les soldats attendaient, sur un qui-vive affreux, mais les hostilités semblaient suspendues. À l’horizon, avançant d’un pas serein, transcendant ses troupes comme une reine, Apharez en personne se présentait à l’entrée d’Elament. Naciniah retint son souffle, le cœur battant. Les mots de la Reine des Enfers furent brefs, précis et arrogants. Layna les entendit et chacune fit demi-tour, retirant ses troupes respectives... Tout se déroula dans une gravité insoutenable et le temps sembla suspendu.
Apharez avait lancé un défi... et Layna l’avait relevé.
Effondrée, Naciniah regarda, impuissante et silencieuse, son amie rebrousser chemin. Layna ne lui adressa pas le moindre regard, absorbée dans des pensées qui ne regardaient qu’elle. La situation pouvait-elle être pire ?
Les portes se refermèrent sur la plaine dévastée par la guerre...
Dernière édition par le Dim 16 Déc 2007 - 13:42, édité 4 fois
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Sujet: Re: Archives de la bataille d'Elament : rapports de combat Mer 24 Oct 2007 - 14:24 |
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Sixième jour : L’abîme appelle l’abîme.
Épuisée, l’esprit confus, Naciniah déambulait sur le chemin de garde, sans parvenir à trouver le sommeil. Depuis quand n’avait-elle pas fermé l’œil ? Depuis la nuit dernière, où elle était partie récupérer Naja, l’arrachant des griffes d’une bande de Succubes arrogantes. Elle ferma les yeux, mais l’air qui lui caressa le visage ne l’apaisa pas, trop lourd, trop chargé de ces effluves de sang. Elle voulu réfléchir, mais sa pensée devenait lente et confuse, embrumée comme l’avait été l’entrée de la Cité, quelques heures plus tôt. Autour d’elle, les soldats l’observait faire les cent pas, sans espoir de la faire revenir au calme. Les heures filaient à une vitesse insupportable. Non. Elle ne dormirait pas cette nuit là encore.
Ce fut le bruit des battants de bois qui l’alerta et aussitôt, elle se précipita, avec un empressement qu’il n’était pas commun de lui voir. La porte avait été rudement malmenée par les béliers de Raziel et elle produisait un gémissement lugubre, souffrante sur ses gonds. Layna Timerta était sortie...
Là haut, postée seule au milieu de l’arche de pierre surplombant les portes, Naciniah guettait, le cœur serré. Le duel commençait...
Le spectacle qui se déroulait sous ses yeux fatigués n’avait rien de divertissant, au contraire. La tension était insoutenable. Chaque attaque était d’une puissance phénoménale et suspendait son rythme cardiaque. Fermant les yeux, l’Elfe pria pour que tout s’arrête... et sa prière fut exaucée... Nul besoin de replonger son regard dans les ténèbres, elle avait sentit, comme un glas funèbre, la Mort poser son doigt gigantesque sur la plaine, écrasant les deux combattantes de son index pâle et froid...
Elament avait tressailli.
Il y eu quelques minutes de flottement atroce, sans bruit, sans souffle, sans vie. L’espace temps s’était arrêté, dans une lueur blafarde, figeant le matériel, laissant aux esprits le soin d’encaisser ce terrible coup au cœur. Certaines personnes, lorsqu’elles disparaissent, emportent avec elles un morceau de votre âme...
Le visage inondé de larmes, Naciniah rouvrit les yeux pour ne plus voir que ces magnifiques particules de lumière, comme d’innombrables lucioles, s’évaporer vers des cieux plus cléments. S’y mêlaient des cendres aux reflets violacés, retombant en poussières vers le sol...
Un hurlement strident brisa le silence, long, profond, monstrueux. Un hurlement que L’Elfe Sylvain connaissait bien pour avoir déjà côtoyé ce genre de créatures. Elle ne le vit pas distinctement, au travers de ses pleurs, mais c’était inutile. Qui ne reconnaîtrait pas un Dragon lorsqu’il en avait un sous les yeux ? L’animal cracha une gerbe de flammes destructrices, créant un mouvement de panique dans les rangs. Des cris s’élevèrent, aussi brusquement que le temps avait reprit son cours et de nouveau, les armes furent brandies, prêtes à trancher la chair.
Naciniah avait sauté au bas de son perchoir, allant au devant des troupes démoniaques qui s’étaient élancées, au loin. Sur les remparts, on la vit disparaître dans l’obscurité, sans comprendre, jusqu’à ce qu’une flamme jaillisse tout droit vers le ciel, explosant comme un feu d’artifice. La lueur provoquée éclaira brièvement les plaines, englouties par une marrée noire de démons et autres bêtes malfaisantes ou traîtresses. Après avoir tué nombre de soldats, le Dragon avait repris de l’altitude et se dirigeait tout droit vers la Tour des Vents, abandonnant les lieux à d’autres tueries.
Pas de lignes, pas de vagues, pas de stratégie, en somme, chez l’ennemi, à part celle d’envoyer l’intégralité des troupes au devant d’un carnage. Le mot d’ordre était aussi simple que la majorité des esprits démoniaques : tuer ! Un ordre que tous comprenaient, qui leur parlait et suffisait, à lui seul, à les motiver ! Mais dans l’autre camp, la perte de la directrice avait réveillé une fureur sans pareille. Les regards étaient livides et les armes semblaient tout à coup mues d’une soif de sang inextinguible. Les démons seraient les victimes de la colère qu’ils avaient engendré.
Naciniah se heurta la première à une déferlante d’Orcs informes qui tombèrent, violemment fauchés par l’aura infernale qu’elle dégageait. Autour d’elle, formant une bulle orangée, un mur de chaleur carbonisait les imprudents, les jetant au sol, raide morts. Son objectif, car elle en avait un, n’était pas ces sous fifres méprisables, mais plutôt cet Igni dont la vue la remplissait de haine. Avait-il vu l’Elfe couler vers lui tel un magma bouillonnant ? Entouré d’une vingtaine de cavaliers aux montures aussi improbables qu’un Béhémoth, il ordonnait l’assaut aux oreilles sourdes de ces créatures assoiffée de tuerie. Mais brutalement, tous s’écroulèrent, littéralement coupés en deux à la taille. Naciniah, immobile, venait de projeter un souffle puissant, sans explosion, si ce n’était celle de sa colère. L’étalon que montait Raziel s’effondra, amputé de ses jambes.
Seuls restaient Raziel et Naciniah, au milieu d’un cercle de flammes et personne n’osa s’approcher, préférant leur laisser le soin de s’expliquer, à leur manière... Comment avait-il osé la défier ? Que n’était-il pas mort dans un coin, dévoré par sa propre prétention. Elle lui avait promis de lui faire payer et elle n’allait pas s’en priver ! Le Felistia avait dégainé Darkness, celle-là même qui avait profondément entaillé la jambe du professeur, quelques jours plus tôt. Les souvenirs cuisants de cette erreur d’inattention et du sourire narquois qu’avait affiché ce traître fit naître une flamme curieusement glacée dans les yeux noirs de Naciniah.
« _ Tu veux jouer ? Penses-tu que le moment soit bien choisit ? » dit-elle froidement.
Et dans ses mains, se matérialisèrent deux lames enflammées. Elle avait beau maîtriser parfaitement le feu, Naciniah n’en manipulait pas moins les armes blanches. « Viens par là... » semblait inviter son regard encore humide. Raziel paru hésiter, sans doute conscient qu’il n’était pas de taille, surtout devant pareil état de rage, mais il n’allait certainement pas se laisser dépecer sans réagir ! Alors il fendit l’air – agile comme un chat – et abattit son arme de toutes ses forces. Une flamme l’aveugla au même moment, éclair fugitif devant ses yeux étonnés, puis se fut la douleur, insoutenable. Car les lames embrasées de Naciniah s’étaient dépliées, exactement comme Darkness et, telles deux serpents sournois, s’étaient enroulées autour des bras de Raziel, l’arrachant du sol.
Il sentit l’air lui gifler le visage, signe qu’il devait effectuer un magnifique vol plané, avant que sa mâchoire ne rencontre brutalement la terre ferme, plus loin. Les doigts crispés sur la garde de son épée qu’il n’avait pas lâchée, il comprit... Elle ne le tuerait peut-être pas – quoi que – mais il se souviendrait longtemps de cette « correction ». Prenant appui sur ses bras écorchés et fumant, il toussa, gêné par l’odeur de chair brûlée qui se dégageait de ses plaies. Le choc l’avait fait se mordre les lèvres, ou la langue – ou les deux – et le sang commençait à couler, avec un goût détestable. On a beau être Vampire, lorsqu’il s’agit de son propre sang, ça n’a pas le même goût... Il souffrait horriblement, mais il s’obstinait à ne pas hurler. Brûler une créature de la nuit à petit feu, n’était-ce pas délectable ? Il voulu se retourner, cracher une ou deux injures ironiques pour ne pas perdre la face, mais les lames sinueuses avaient agrippées ses chevilles et de nouveau, il alla embrasser les nuages, avant d’être giflé au vol par une série de fouets enflammés...
Nul doute qu'il serait déjà mort s'il n'avait pas été du même élément et surtout, si Naciniah l'avait voulu. Mais pour l'heure, ce qui l'intéressait était de le faire souffrir attrocement. Non, il ne mourrait pas brutalement, il regretterait simplement chaque seconde à être encore en vie...
Raziel rassembla ses forces. Il devait se relever, non pas pour se battre, mais pour se protéger. Dans son esprit, il cherchait non pas le moyen de se défendre, mais celui de survivre. Autour de lui, un cercle de flammes se dessina rapidement, produisant un souffle macabre, se retrécissant à vive allure, comme un gigantesque serpent se glissant sournoisement jusqu'à lui... et pourtant, les jambes lacérées, le Vampire fut bien incapable de se mettre debout à temps pour éviter le jeyser de magma jaillissant sous lui... le projetant encore à plusieurs mètres au dessus du sol où l'une des lames enflammées de l'Elfe Sylvain vint le cueillir par le poignet...
Enfin, il hurlait. Naciniah sourit, avant de se raviser. Ce cri ne venait pas de lui, mais d’un Chiropteran. Délaissant Raziel, à moitié mort de toute façon, elle fit volte face, jetant un regard affolé vers la Cité. Sa haine l’avait tant aveuglée qu’elle avait cherché un bouc émissaire, abandonnant les siens à une bataille perdue d’avance. Devant elle, s’étalait un véritable carnage, dans lequel elle ne pu faire la différence entre les siens et ses ennemis, tant la folie destructrice se retrouvait en chaque être. Frôlant sa chevelure de suie, un Chiropteran passa en sifflant, s’abattant sur un groupe en pleine mêlée, repartant, une tête entre ses serres noueuses. Le suivant du regard, elle constata avec horreur que le ciel n’était plus qu’une gigantesque fourmilière de créatures volantes et il ne s’agissait pas d’oiseaux migrateurs ! D’aussi loin qu’elle était, elle compta deux Dragons et réalisa qu’Elament courait à sa perte.
« _ Naci ! »
D’où sortait-il, celui là ? N’était-il pas sensé être mené loin du front ? Et surtout, comment était-il parvenu jusqu’à elle sans finir découper en rondelles ? Naciniah se ressaisit soudain. L’heure n’était pas vraiment aux questions, d’autant que l’aide apportée était la bienvenue. Car l’Aasimar n’était pas venu les mains vides. Lui-même juché sur son fidèle étalon névrosé, il menait un superbe Cheval Infernal par la bride, de ceux que seuls les Ignis peuvent espérer chevaucher. Le professeur attrapa une touffe de crins au passage de l’animal et, d’une souplesse digne d’une Elfe, sauta sur le dos de l’équidé, sans en freiner son galop. Puis tous deux firent demi-tour, direction la Cité :
« _ Tu n’as rien à faire ici ! Retourne immédiatement à l’intérieur ! » ordonna Naciniah sans la moindre douceur.
Naja la regarda avec étonnement et s’éloigna soudain, emporté par Ily qui venait d’effectuer un écart affolé. L’Elfe remarqua que, loin d’être déstabilisé, le jeune homme chevauchait comme un beau diable, malgré la hauteur au garrot de sa monture. Tout était relatif, mais elle l’avait vu avoir le vertige pour moins que ça... et puis il disparu dans un peloton d’ennemis, plus loin, esquivant les projectiles et autres horreurs s’abattant sur lui avec une chance insolente.
Dernière édition par le Dim 16 Déc 2007 - 13:43, édité 2 fois
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Sujet: Re: Archives de la bataille d'Elament : rapports de combat Mer 24 Oct 2007 - 14:25 |
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Sous les sabots de son cheval Infernal, les étincelles s’étaient changées en flammes, laissant derrière eux, un sillage incandescent. Cavalière et monture semblaient unir leurs forces du même élément et les crins devinrent une moins splendide que destructrice traînée enflammée. Du haut des remparts, on ne vit plus qu’un météore incontrôlable percuter une constellation ténébreuse et la faire éclater de toute part, propulsant les corps les uns sur les autres avec une violence inouïe.
Pour quelle raison revenait-elle ? Et bien elle ne revenait pas ! À plusieurs centaines de mètres des murs d’Elament, elle décrivit un large arc de cercle et fit demi-tour, tandis que Naja s’engouffrait à l’intérieur, obéissant.
Les bras en croix, Naciniah se concentrait, accumulant en elle les sentiments qui la torturait : douleur, colère, rancoeur, violence, peine... elle allait tout retourner à l’envoyeur avec la puissance de la haine ! Le tourbillon d’air bouillonnant qui tournoyait au dessus d’elle présageait d’une sentence sans appel. Elle emmagasina toute énergie, se nourrissant des scènes monstrueuses qui se déroulaient encore sous ses yeux, jusqu’à ce qu’émane, comme un clone d’elle-même, cette forme curieuse, mélange de lumière et de braises. Dans sa course folle, elle laissa la « chose » derrière elle et continua sa cavalcade embrasée, rudement efficace.
Laissée seule, la forme ovoïdale frémissait, gueule ouverte, puisqu’elle avait une gueule ! On aurait dit qu’elle semblait se délecter de chaque âme perdue, grossissant chaque fois, jusqu’à prendre des proportions effarantes. Et tout à coup, l’ovale se brisa, déployant deux ailes gigantesques, effroyables étendards. Le cou se déplia, les serres se détendirent et le Phœnix, car c’était bien de cela qu’il s’agissait, poussa un hurlement intolérable et strident, à vous vriller le cerveau. Beaucoup tombèrent, les tympans déchirés, un filet de sang leur coulant des oreilles... et l’animal mythique commença son oeuvre d’extermination, filant droit vers le ciel et happant toute créature, dans un bruit horrible d’os broyés entre son bec crochu. La nuée de Chiropterans volant autour de lui eu le don de l’agacer, décuplant sa rage, mais lorsqu’il aperçu les Dragons, il s’élança, la mort dans ses yeux de braises et disparut aux alentours de la Tour des Vents.
Les trous laissés par ses attaques dévastatrices dans les troupes ennemies furent autant de trouée dans un ciel sombre, laissant passer les rais d’un soleil rempli d’espoir. Entrevoir une victoire démultipliait la fureur des combattants de la Cité, tandis que l’ennemi n’apercevait même pas l’ombre de sa défaite. Était-il au complet ? Non à cette seconde, oui à la seconde suivante. Arrivaient, de toute part, des Liches, des Kîsh volubiles, des Vouivres, des hordes de Lamias perchés sur le dos d’une vingtaine de Mastodontes de combat... Ces créatures étant déjà monstrueuses par nature, nul besoin de vous décrire à quoi pouvaient ressembler celles taillées pour la guerre ! Des Nash par vagues grouillantes, des Nakash, des Trolls de toute sorte et des cavaliers Orcs monté sur des bêtes aux origines improbables, hideuses, informes, ulcérées. Une déferlante de Succubes, d’Incubes et de Soquiors chargèrent impitoyablement, suivis par une foule de Worsh enragés. Tous avaient des allures de chiens trop longtemps affamés, à qui on venait de briser les chaînes. Les Chiropterans attaquaient en raid, les Minotaures surgissaient, lents et puissants, enfin, quelques rares Ardents, redoutables, semblaient participer en parfait curieux...
Elament perdait son fragile avantage. Naciniah, au milieu de toutes ces abominations de la nature, sa monture déchiquetée à ses côtés, lançait ses sorts les plus puissants, sans parvenir à gagner le moindre centimètre. L’ennemi semblait toujours plus nombreux et l’encerclait, elle et les siens, dans un débordement inévitable. Ils perdaient et pourtant, ils continuaient de se battre, leur propre mort dansant devant leurs yeux en guise d’avertissement. C’était comme si plus rien n’avait d’importance, puisque leur avenir était déjà tracé. Ils mourraient, mais ils ne mourraient pas en faibles.
Et puis il y eu un dernier espoir, vague blanche et grise qui galopa dans leur direction, se jetant sur l’ennemi, plantant leurs crocs dans les jugulaires, engloutissant toute vie dans un bain de sang épouvantable. Des loups, par centaines ou plus, qui sait ? Leur intervention fut salvatrice et d’une efficacité redoutable. Ils ne vinrent pas à bout de l’armée adverse, mais ils redonnèrent foi en ceux qui l’avait perdu. Alors tout ne s’arrêterait pas là ?
Naciniah recula, son périmètre enfin dégagé et son aura explosa, dans une détonation qui fit trembler le sol. Loin au dessus de leurs têtes, les plumes maculées de sang, le Phœnix attendait, petit point jaune orangé au milieu du ciel anthracite. Il battit des ailes, compte à rebours avant la mort.
... 3 ...
Ses yeux lançaient de fulminants regards et à sa posture dominatrice, tous comprirent que l’assaut serait sans pitié.
... 2 ...
Quelques élémentalistes reculèrent, effrayés. Était-il capable de faire la différence entre les deux camps, magnifique oiseau ?
... 1 ...
Les troupes avaient rejoint Naciniah, bien décidées à la protéger pendant son invocation. Beaucoup furent tués, car l'ennemi avait comprit que tuer l'invoqueur les débarrasserait de la menace grandissante. Le dernier battement d’ailes avait rabattu un vent brûlant, avant de se replier contre le corps de l'oiseau. Courbant le cou, il plongea la tête la première dans un piqué vertigineux et s’embrasa soudain, véritable comète !
À quelques mètres du sol, il déploya brusquement ses ailes et carbonisa, sous son envergure infernale, les Trolls imbéciles restés là, le nez en l’air. La suite fut brève et définitive. Planant au ras du sol, il embrasait tout, capturant les Mastodontes et autres montures monstrueuses entre ses serres, les relâchant plus loin, broyés, éviscérés, leurs entrailles brûlantes écrasant dans leur chute ceux qui tentaient de s’enfuir. La traîne de sa queue, qui produisait déjà un souffle caniculaire et mortel, s’enroulait autour des membres, arrachait, dépeçait, fouettait aussi avec une telle vigueur qu’elle en coupait les corps, fauchés comme autant de vulgaires épis. Rien n’échappa à son envergure enflammée, car il reprenait chaque fois de l’altitude, faisait demi tour et retournait à l’oeuvre avec un acharnement indéfectible.
Lorsqu’il ne resta plus qu’une cinquantaine de démons à peine, le Phœnix remonta tout droit vers le ciel en tourbillonnant, avant d’exploser soudain en un gigantesque et fabuleux feu d’artifice. Les flammes retombèrent en pluie, illuminant la nuit, luisant encore au sol avant de s’éteindre enfin. Vingt démons furent abattus dans leur fuite par les archers postés sur les remparts...
Elament avait vaincu !
Au milieu des siens, Naciniah s’était effondrée, inconsciente, terrassée d’épuisement...
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Inou
Sentinelle


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Sujet: Rapport de bataille : Inou Dim 28 Oct 2007 - 21:43 |
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Rapport d'Inou, sous la bannière d'Elament
Prélude :
On m'as demandé de faire une lettre, alros je la fais... Mais je n'ai jamais eut de prof pour m'apprendre à écrire correctement. Excusez les fautes d'orthographes, de syntaxes et de languages.
J’avais seulement entendus parler de cette bataille, un certain chacal m’en avait sifflé deux mots lors d’une soirée étrange et arrosée à la Chope Hurlante. Je n’avais pas voulu le croire, une guerre à Elament me paraissait trop… Irréelle. Pour moi cette citée n’avait jamais été que paix et douceur, rien ne laissait présager les évènements futurs. Et pourtant… Je ne suis resté que trois jours dans cette bataille, un os m’était tombé dessus sans que je ne m’en aperçoive et m’as obligé à rester à l’intérieur de la citée, mais vous comprendrez vite que rester bien sagement dans son panier n’est pas ma méthode. Je préfère de loin l’action.
Jour 1 : L’appel de la bannière
Le lendemain un ciel menaçant couvrait la citée et ses environs. Je devais avouer que les paroles du chacal tournaient dans ma tête à ce moment-là, je commençais à le croire malgré moi. Pour en avoir le cœur net, je suis monté sur les remparts et je les ais vu. Une horde complètement désordonné sous le commandement d’une seule femme. Tous ces démons se divisaient en rang serrés et ayant chacun une cible :
Le Square Xéna, un bel endroit fleuri… Le Lac Yuta, une grande baignoire… La Tour des Vents, un grand phare L’entrée de la citée, avec ses grandes portes…
Et le ‘front nord’, une petite armée s’était déjà mise en route pour ce front là, menée par Layna Timerta, la rousse qui dirigeait Elament. C’était la première fois que je la voyais aussi longtemps, d’habitude c’était toujours entre deux rue à la sauvette, je ne lui avais jamais parlé et sa voie m’étais inconnue. Mais lorsqu’elle parla de la bataille ce son que j’entendais pour la première fois est entré très facilement dans mes oreilles… Ca avait l’air d’être quelqu’un de très sensée, sévère mais juste. Je regrettait un peu de la voir partir ainsi au combat, elle devait se faire violence pour paraître forte au yeux de tous, elle représentait à elle seule un grand espoir pour la ville.
J’avais à peine le temps de penser cela que déjà une voie rauque et claquante parvint à mes oreilles, je me retourne et je le vois. Déjà à la soirée du jour précédent je lui avais trouvé un charisme incroyable, mais là, debout sur le toit et la bannière d’Elament à ses cotès… Chilk Agony, dit le chacal, je ne le connaissais que très peu et pourtant je l’avais déjà cerné… Le genre de type imbuvable, toujours sûr de lui et qui a toujours raison, il mettait trop facilement le doigt sur ce qui clochait dans votre vie. Et ça, que vous soyez chien ou chat ; ça fait mal et c’est insuportable. Il était donc debout à hurler pour recruter, il avait qu’à s’y prendre avant… En même temps je devais avouer que je les ai bu ses paroles, elles me captivaient littéralement, entraient pour ne plus sortir de mon cerveau, tournaient à l’intérieur et me préparaient à l’incroyable randonnée que nous allions faire : Chilk, moi et la Troupe de Choc. On est sortit par l’entrée, bah oui, notre ‘capitaine’ est d’une logique… Enfin l’important c’est qu’il m’ignora, je détestais l’idée d’être venue dans cette troupe alors que le soir d’avant je l’avait un peu insulté de menteur et… Enfin bref, je vais pas vous raconter ma vie… Ca a été très rapide, la prof des ignis était là elle aussi, elle nous à vu sortir et n’as rien fait pour nous en empêcher.
La suite a été très rapide, on a porté la bannière de front en front pour redonner courage aux combattants de la citée. On était qu’une petite vingtaine de fous mais Chilk en valait facilement dix et moi je pense en valoir trois… Non en fait, j’en vaux cinq. Mais là n’est pas le plus important, non… Le plus important c’est qu’on à ainsi voguer de front en front.
Jour 2 : L’appel du coeur
Bon je dois avouer qu’à un moment donne Chilk m’as tellement casser les oreilles que je me suis un peu éloigné sur ce que j’appellerais un front mort. Y avait que des cadavres et des corbeaux qui les bouffaient… C’est ici que j’ai rencontré Sen Chizu. Au début je comprenais pas pourquoi cette gamine avait les yeux d’un psycopathe, et je comprenait surtout pas comment elle pouvait être aussi forte en étant aussi jeune… Bon après je dois avouer que c’est grâce à ma brutalité naturelle que je l’ai réveillée. La gamine était possédée par un mauvais esprit qui l’habitait. Au fond les anciennes méthodes de grand-mère ça marche toujours : un bon coup de boule et hop, plus de mauvais esprit. Mais bon, vous vous souvenez de l’os qui m’as empêcher de continuer la bataille ? Et ben maintenant vous le connaissez : la gamine, le démon qui la possédait était bigrement fort et malin, il m’a lassérer le dos en plus de vilaines petites écorchures un peu partout… Je pensais être immunisé face au feu, mais il faut croire que seul le feu naturel ne me fais plus rien, pour le feu élémentaire c’est une autre paire de manches…
Quand je suis retourner vers la Troupe de Choc avec une gamine évanouie sur le dos et moi-même bléssé autant vous dire que j’ai eut droit aux leçon de Monsieur Chilk. Oui je refusais de l’appeler capitaine, être ici, sur le champs de bataille, à ses cotés c’était déjà suffisamment honteux, si en plus je devais l’appeler capitaine et ainsi avouer sa supériorité… J’en ai des frissons rien que d’en parler. À cause de moi (soit disans) la Troupe de Choc à du retourner dans la citée pour nous déposer moi et Sen ainsi que d’autres bléssés. Je l’ai vu, au fond des yeux de chacun : une lueur de joie de revoir la citée… Bon les portes étaient fermées et il a fallu escalader les remparts à l’aide d’une corde que des gardes nous avaient lançés.
Jour 3 : L’appel du corps
Je me suis reposer un bon moment dans l’infirmerie, la plaie était presque refermée. Mais je n’en pouvais plus de rester cloitrer, un bandage sur le ventre et les coupures me revoila dehors. La gamine était partie se battre à nos cotés dans la troupe du chacal, moi j’ai du rester… Ils étaient tous repartis. Comme je n’avais plus d’attache, j’ai du m’occuper comme je pouvais, plus personne ne voulait prendre une bléssé dans leur rang, alors j’ai fais quelque chose que je ne pensais jamais savoir faire : J’ai rassurer, je suis rester des heures, assise, accroupie, debout, à tenir une main, une tête ou simplement un lien avec le regard. J’ai tenue compagnie aux blessés, je les rassurait, je les empêchait de tomber dans le noir…
Jour 4 : L’appel de la cité
J’ai entendu dire que le chacal était au front du Square… J’aurais pu aller les rejoindre… Mais un halfing me tenait la main, il pleurait, il lui manquait une jambe et un rein, il était condamné et le savait, il parlait de sa famille, de sa femme qui attendait un enfant… J’aurais pu aller le rejoindre, faire quelque chose qui aiderait réellement… Mais cet halfing avait besoin d’aide… On dit que Layna est tombée au combat, mais elle a emportée la démone avec elle… Ou quelque chose du genre. J’entendais au loin les cris de victoire des élamentiens… La main dans la mienne me lâcha alors, lorsque je l’ai regardé il souriait, les yeux à demi ouvert. Je n’ai pas eut le courage de les fermer.
Je crois que c’était la première fois de ma vie que j’ai pleuré pour autrui…
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Sujet: Rapport de bataille ~ Naja Mar 30 Oct 2007 - 18:59 |
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Rapport de Naja, camp des prisonniers
Shack... shack... shack...
Naja tourna son regard vers l’homme, toujours impassible, attablé plus loin. Après avoir englouti plusieurs morceau de pain, il était à présent tout occupé à tailler un morceau de bois à l’aide de son couteau. L’Aasimar trouva étrange qu’on ai laissé un couteau à un prisonnier, mais il n’en fut pas mécontent. Un coup d’oeil à ce morceau de bois lui fit penser qu’il le planterait volontiers dans le cœur d’Alouqua. Ses yeux se fermèrent. Blottie sur son flanc gauche, la minuscule petite fée répondant au nom de Bess ne cessait de pleurer, effrayée. Pendue à son bras droit, la jolie Ange jetait des regards effarouchés autour d’elle et lançait parfois à Naja des œillades suspicieuses... Et bien quoi ? Ce n’est pas parce que l’ennemi vous appelle par votre prénom que vous êtes fatalement de mèche avec lui, non ?
Shack... shack...
Le bruit s’était tu soudain.
« _ Ils doivent être loin maintenant. C’est le moment. » dit l’homme d’une voix monocorde.
Naja le regarda, étonné, avant de comprendre. Lui qui pensait faire preuve d’originalité en projetant s’enfuir venait d’être devancé. Oui, c’était sans doute le moment, car les meneurs s’étaient retirés depuis quelques heures déjà. Il avait raison... et il était moins indécis que Naja. Mais avant de partir, Alouqua avait fait poster quelques Succubes autour de la tente des otages, afin d’être bien certaine de retrouver son « repas » à son retour... L’homme se leva, son pieux de bois pointé vers l’avant. Il glissa sans bruit jusqu’à l’ouverture de toile et attendit, comme un prédateur tapis dans l’ombre.
« _ Allez, courage mesdemoiselles... » murmura Naja à l’intention des deux jeunes filles.
Il leur tapota gentiment les épaules et se leva, les griffes de ses pieds frôlant l’herbe jaunie sous la tente. Mais Naja n’était pas fait pour se battre. Le combat, la violence, la stratégie, tout cela lui était parfaitement inconnu. Il revit Raziel en pensées, lui coupant une grosse mèche de cheveux avec un sourire de traître satisfait.
Et puis tout à coup, l’homme s’était rué vers l’extérieur et on entendit hurler. Un cri moins humain qu’animal qui figea l’Aasimar. De ses deux protégées, l’Ange se précipita vers la sortie, bien résolue à en découdre avec ces maudites Succubes.
« _ Naja ! » supplia Bess restée à ses côté.
Le gérant la regarda, un instant paniqué, avant de se décider à réagir...
Dehors, l’homme et l’Ange s’acharnaient sur une Succube qui ne souhaitait manifestement pas rendre l’âme ! Et ses neuf consoeurs, alertées, rappliquèrent en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Alors seulement, il parut évident à Naja qu’avant de s’enfuir, il allait être obligé de se débarrasser de ses gardes aux formes plus que généreuses. Arrachant une lampe à pétrole du sol, il s’en servit d’arme de fortune afin de frapper, au hasard du tas. Mais le cœur et l’expérience n’y était pas et il fut rapidement débordé.
« _ Défends-toi imbécile ! » cria l’homme en voyant l’Aasimar se débattre de façon désordonnée.
Un hurlement terrifié déchira la nuit, puis se fut le silence. Bess, dans la tente, était soudain devenue silencieuse. Ses sanglots s’étaient tus. « Combien mourront, par ma faute ? » pensa Naja à qui les larmes montaient. Ce qui ressemblait à une gifle partit subitement, sans qu’il ne l’ai vraiment voulu, et ses griffes imposantes taillèrent la chair, tranchèrent une artère. Éclaboussé par une gerbe de sang, il recula, effrayé par ce qu’il venait de faire. Ôter la vie ? Ce n’était pas lui. La Succube s’effondra pourtant, vidée de ses forces... mais une autre lui sauta à la gorge, enragée...
Dernière édition par Naja Notos le Mar 23 Sep 2008 - 13:41, édité 2 fois
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Naciniah Naûr

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Sujet: Re: Archives de la bataille d'Elament : rapports de combat Mer 31 Oct 2007 - 10:49 |
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La bataille faisait rage dehors, nombre de personnes avaient péris sous les éclairs d'un combat sanglant dont seuls les plus forts pourraient sortir indemnes et raconter à toute génération le combat d'Elament. Sur le front tout n’était que ruines et désespoir, la mort était dans l’air, chaque brise que le vent pouvait procurer n’était qu’une odeur de cadavres brûlés mélangée au soufre d’une tornade de flammes qui n’avait pour seul but que de détruire tout ce qui osait encore survivre. La haine emplissait le coeur des combattants désespérés qui ne pouvaient qu’attendre la fin... de leur vie? Non, Naciniah ne laisserait jamais une telle chose arriver. Il ne fallait non pas limiter les pertes, mais sauver ceux qui combattaient pour un monde sans peine et sans souffrance. Mais même si ses troupes semblaient pouvoir vaincre l’ennemi, il manquerait quelque chose pour le coeur de l’Elfe...
Raziel l’avait mise dans une colère telle qu’elle aurait pu anéantir tout ce qui se trouvait autour de son corps enflammé, ennemis... comme alliés. Tenant cette mèche de cheveux rouge dans ses mains, elle ne pensait plus qu’à une seule chose... aller le secourir. Mais pouvait-elle délaisser tout ces jeunes gens qui n’avaient de cesse de sauver tout ce qui leur était cher, eux qui croyaient en elle... Non, elle ne pouvait pas. Mais alors pourquoi avait-elle un sentiment de grand vide... presque une peur... Au fond, malgré l’aura puissante qu’elle dégageait, quelque chose se briser en elle... Elle ne pouvait pas le laisser mourir...
Sa décision prise, Naciniah chercha un de ses élèves les plus puissants, qu’elle connaissait depuis son arrivée à Elament... Sa meilleure élève... Vilkya a qui elle confia toutes ces vies. La professeur avait pleinement confiance en elle et savait celle-ci pourrait dégager assez de puissance pour repousser des attaques aussi puissantes que périlleuses... Seulement... Naciniah ne savait que trop bien vers quoi elle l’envoyait... et la jeune fille, sans doute aussi préoccupée que sa professeur, devait être tout aussi consciente de cela... mais... soit dans le soucis de ne pas désobéir ou alors prenant cela comme un honneur, la jeune fille ne montrait aucun signe qui aurait laissé supposer des pensées plus obscures que la peur de mettre fin à sa courte existence.
Sans se retourner, Naciniah courait dans les forêts afin de retrouver la trace de celui qu’elle aimait tant... Son armure semblait extrêmement pesante mais en réalité elle était aussi légère que du mithril et tout aussi résistante... Son instinct la guidait entre les arbres, traversant ce qui semblait être autrefois une petite rivière... Plus elle s’approchait, plus elle sentait l’aura de Naja... mais celle-ci semblait perdre de sa puissance... il était blessé...
Ce n’est qu’au bout de quelques minutes que le professeur arriva sur les lieux où un spectacle assassin se déroulait... La première chose qui attira le regard de l’Elfe fut cette créature qui tenait Naja entre ses griffes, et bien qu’elle se tenait à une centaine de mètres de la succube, Naciniah pu en délivrer son amant... Un lasso de feu vint s’enrouler au cou de l’ignoble tandis qu’elle s’avançait doucement dans sa direction, le regard à la fois fort et posé... Elle serra un peu plus le noeud de feu et lui brûla tant la chair que sa tête n’ayant plus son support, tomba à terre...
Sans doute agacées par ce qui venait de ce dérouler devant elles, la mort de leur soeur, les autres succubes vinrent se former en cercle autour de Naci qui ne montrait aucune crainte quant à son sort... Un petit rictus se forma sur son visage et claquant simplement les doigts, des flammes jaillirent du sol pour aller carboniser ses ennemies dont on ne pouvait que compter les restes lorsque le feu mit fin à sa danse macabre... Et ne se souciant guère de leur état, Naciniah se précipita vers l’être aimé le serrant fort dans ses bras, elle se sentait délivrée et heureuse que la mort ne l’ai pas emporté loin d’elle.
Elle posa ses mains sur le visage de l’Aasimar et sans attendre quoi que ce soit, l’embrassa tendrement... Lorsque ses lèvres se détachèrent de celles de Naja, elle se blottit dans ses bras tel une petite fille cherchant un quelconque réconfort, et murmura à son oreille...
« J’ai eu si peur de ne jamais vous revoir... »
Rares étaient les occasions d’entendre l’Elfe prononcer de tels mots, mais elle ne pensait à rien d’autre qu’à lui en ce moment présent malgré la bataille qui perdurait dans la cité... Mais lorsqu’elle reviendrait sur le front, elle n’en serait que plus forte...
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Invité
Invité
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Sujet: Re: Archives de la bataille d'Elament : rapports de combat Ven 2 Nov 2007 - 14:14 |
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Oui, les Succubes s’étaient déchaînées... L’homme et la jolie Ange étaient finalement parvenus à se défaire de leur assaillante à force de la ruer de coups. L’avaient-ils tuée ou était-elle simplement inconsciente, à vrai dire, ils ne se posèrent pas la question. L’homme surtout, jeta un regard en direction de Naja – débordé par les huit démones restantes – et sans doute jugea t-il plus judicieux (et plus dans son intérêt) de déguerpir en vitesse. Aussi tourna t-il le dos à l’Aasimar, détalant à toutes jambes vers les bois. La jeune fille aux ailes blanches resta indécise et surtout sidéré par ce manque de solidarité.
Hélas, les Succubes n’étaient pas dupes et quatre d’entre elles se lancèrent à la poursuite du fugitif... Quant à Naja, les doigts crispés sur les poignets de la folle furieuse qui tentait de l’étrangler, il repoussait ses assaillantes à l’aide de ses pieds, les griffant jusqu’au sang au passage :
« _ Sauve toi ! » Souffla t-il à l’attention de l’Ange restée là.
Mais cette dernière avait décidé de lui désobéir et elle se rua vers les quatre Succubes restantes avec la force du désespoir. Il en est ainsi des Anges, dont la destinée semble être de venir à l’aide de leur prochain. Pourtant, quel triste spectacle qu’une âme si pure se battant comme une chiffonnière avec des démons lubriques... On entendit un cri, plus loin. L’homme qui leur avait faussé compagnie venait manifestement d’être rattrapé et ses poursuivantes n’allaient pas tarder à rappliquer ici ! Finalement, ce n’était pas une si bonne idée cette évasion...
« _ Sau... ve... toaaaaa... » répéta Naja la voix étranglée, sans air.
Le sifflet d’une arme fendit l’air... et la jeune Ange tomba, dans une gerbe de sang qui brilla dans l’obscurité. Morts. Tous morts et son sort ne saurait tarder. Pour ne jamais avoir su se battre, pour manquer de réflexes, pour sa profonde nullité au combat, il allait mourir ici, comme un faible.
L’oxygène lui manquait atrocement et son bourreau le regardait virer au violet avec un sourire sadique, se pourléchant les lèvres de satisfaction. Nul doute que la mort excitait cette chose. Les autres, restées en cercle autour d’eux, savouraient le spectacle en riant... Plus d’air... la nuit s’assombrissait, les sons s’étouffaient... et puis...
Et puis un éclair passa devant les yeux révulsés de l’Aasimar et, sans qu’il ai eu le temps de comprendre quoi que ce soit, les mains autour de sa gorge se desserrèrent. Lorsqu’il tomba à genoux, vidé de ses forces, il eut à peine le temps de voir la tête de son exécutrice rouler plus loin, tranchée net et fumante... brûlée ? Les autres Succubes n’apprécièrent pas vraiment cette intervention dans leur petit jeu cruel et se mirent à siffler entre leurs dents, furieuses. Elles délaissèrent Naja... et ne revinrent pas. L’Aasimar, lui, retrouvait peu à peu ses esprits, le sang irriguant de nouveau son cerveau. « Qu’est-ce que... » s’entendit-il penser lorsqu’il sentit des bras l’enlacer. Encore des ennemis qui en voulait à sa vie ? Non.
« _ Naciniah... Vous... Je... » dit-il d’une voix brisée.
Mais sa phrase fut interrompue, étouffée sous un baiser de l’Elfe Sylvain. Ce n’était pas vraiment le moment, il fallait bien le reconnaître, mais Naja ne la repoussa pas pour autant, entre surprise et soulagement. Sa belle Elfe allait bien. Sa belle Elfe était venue le secourir... sa belle Elfe l’aimait donc ? Il était le plus heureux des imbéciles heureux, mais le plus triste aussi qu’une telle révélation lui parvienne dans des circonstances aussi funestes. Le contraste entre la mort et l’amour était si criard qu’il en était désagréable à ressentir...
« _ Moi aussi, j’ai bien cru ne jamais vous revoir... » avoua t-il avant d’être coupé par une violente quinte de toux.
Il se releva et observa, l’air incrédule, les corps calcinés des Succubes jonchant le sol. La tente dans laquelle il avait été retenu avait également brûlé en partie et s’était effondrée, laissant apparaître le petit corps sans vie de Bess, atrocement mutilée. Ses magnifiques ailes de Fée, translucides, étaient froissées, déchirées même. L’Ange, pâle, faisait face au ciel avec un regard étonné, une larme au bord des cils. Ses mains s’étaient crispées sur son joli ventre d’où jaillissait un pal, ruisselant de sang. Et là bas, plus loin encore, une petite tâche brune sur le sol le renseignait sur la distance qu’avait parcouru l’homme, avant de se faire dépecer vivant. Mais lui, Naja, était vivant... Avait-il mérité de vivre plus qu’un autre ? Non. Et pourtant, il était toujours là.
« _ Naciniah... Il faut partir... » dit-il avec difficulté.
Sa voix était rauque tant sa gorge avait été comprimée. Il jeta un coup d’oeil circulaire, angoissé, avant d’ajouter, comme s’il s’agissait d’un scoop.
« _ ... La Cité, ils vont l’attaquer.. Il faut rentrer ! »
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